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 Broyer du noir ou conduire il faut choisir [OS]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
Messages : 386

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1er Juillet 2007

« Tu crois qu’il faut que je l’appelle ? demanda Eliott avec un soupir en observant son téléphone portable, posé sur la table de la cuisine, beaucoup trop silencieux à son goût. Dylan, assise en face de lui, se contenta de lever les yeux au ciel.
- Non.
- Elle m’en veut encore, hein ?
- Sans doute. »
 
Ce n’était pas la réponse qu’il avait espéré. Il avait eu l’impression que les choses s’étaient plutôt bien passées lors de sa dernière conversation avec Charlotte. Certes il n’était pas optimiste au point de penser que tout serait oublié en quelques heures et que ce serait comme s’il ne s’était jamais rien passé, mais cela faisait une semaine et il avait l’impression que la jeune femme l’évitait. Elle ne l’avait pas appelé et n’avait pas cherché à le voir, se contentant de lui envoyer un message de temps en temps pour dire qu’elle travaillait tard, qu’elle avait pris une garde à la dernière minute, ce genre de choses. Au début il ne s’était douté de rien, mais il commençait à trouver bizarre que les Aurors se retrouvent soudainement avec une semaine si chargée juste après que Charlotte ait découvert qu’il avait embrassé sa meilleure amie. C’était un peu trop gros pour être une simple coïncidence.
 
Le problème était qu’il ne savait absolument pas quoi faire pour arranger la situation. Il ne pouvait tout de même pas la harceler en lui téléphonant dix fois par jours. Et il n’allait pas non plus camper sur son palier jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle dans l’espoir de la croiser. Si elle ne voulait pas le voir et bien…C’était qu’elle ne voulait pas voir. Constat aussi simple que déprimant. Il soupira à nouveau et avala une gorgée de café avant de tourner les yeux vers Dylan. La jeune fille était un peu étrange, et avait une conception des relations humaines bizarre, mais elle était le seul avis féminin qu’il avait à sa disposition.
 
« Qu’est-ce que je dois faire, à ton avis ?
-T’attends. Et tu te tais, parce que ça commence à m’gonfler ton histoire, interdiction de me prendre la tête avant onze heures du mat’ j’te rappelle. »
 
Pour la compassion et la compréhension, il irait chercher ailleurs. Le commentaire de Dylan lui rappela qu’il avait une course à faire, une famille à aller chercher à l’aéroport, et il jeta un coup d’œil sur l’horloge de la cuisine. Il avait encore du temps devant lui, il serait en avance en partant maintenant, mais conduire lui changerait les idées. Il attrapa ses clés, enfila une paire de baskets et récupéra son téléphone avant de sortir de l’appartement en claquant la porte. Il hésita un instant avant de mettre son portable dans sa poche. Cela faisait cinq mois qu’il sortait avec Charlotte aujourd’hui, si on datait le début de leur relation du 31 Janvier –ce qui était le cas- et il trouvait dommage de passer cette journée à s’ignorer. Il se fit violence pour ne pas céder –il avait dit pas de harcèlement- et fourra finalement l’appareil dans sa poche avant de descendre les escaliers en vitesse.
 
Son frère, qu’il avait également sollicité pour ses séances de lamentation, assurait que Charlotte avait sans doute juste besoin de temps. En vérité c’était plus Andrew qui en avait besoin, de temps. Il était visiblement trop débordé pour jouer les conseillers matrimoniaux. Il prétendait être sur une grosse affaire et devoir travailler jour et nuit mais d’après les lettres de Paige, c’était plutôt Daphnée Greengrass qui occupait tant l’ainé des Warlock. Son frère fréquentait cette dernière depuis la réception des Harris en Mars, et les choses semblaient bien se passer, même si Andrew n’en parlait jamais. Il ne parlait jamais beaucoup de lui de toute façon, et Eliott en était réduit à extorquer des informations à Paige, qui était suffisamment curieuse pour fouiner un peu dans les affaires de leur ainé. De toute façon elle obtenait à peu près n’importe quoi avec un grand sourire, c’était presque effrayant. Cette pensée lui arracha un sourire et c’est l’esprit un peu plus léger qu’il claqua la portière de sa voiture.
 
Une vingtaine de minutes plus tard il aidait une mère de famille visiblement débordée à charger deux énormes valises dans le coffre. A en croire ses épaules écarlates et le chapeau de paille de l’un de ses enfants, ils rentraient tout juste de vacances. Il aimerait bien partir en vacances avec Charlotte, quitter un peu Londres et passer quelques jours au soleil…Mais pour cela il faudrait qu’elle lui adresse de nouveau la parole. Eliott se morigéna intérieurement, penser à la jeune femme toute la journée ne servirait qu’à le faire déprimer. Il n’allait pas se prendre la tête avec ça et il n’allait pas l’appeler. Pas avant ce soir. C’était une excellente résolution. Il répondit au sourire édenté que l’un des deux gamins lui adressa dans le rétroviseur et mit le contact mais n’eut pas le temps de démarrer avant qu’une exclamation ne le fasse sursauter.
 
« Eh, Monsieur, je peux mettre mon nounours devant ? Il a pas de place derrière. »
 
Eliott tourna un regard surpris vers le petit garçon qui s’appliqua à lancer un ours en peluche sur le siège avant. Sa mère jeta à ce dernier un regard réprobateur, tout en surveillant son plus jeune fils qui mordillait un jouet en plastique.
 
« Arthur, le mot magique ! Etrange comme les moldus voyaient de la magie là où il n’y en avait pas. Et n’embête pas le Monsieur. Excusez-le, ajouta-t-elle à l’intention d’Eliott qui lui répondit que ce n’était rien.
-Faut lui mettre sa ceinture ! s’exclama le jeune Arthur alors qu’Eliott démarrait. S’il-vous-plait… » ajouta-t-il après avoir jeté un regard en direction de sa mère.  
 
Eliott eut toute la peine du monde à ne pas éclater de rire mais se contenta d’un sourire amusé et boucla la ceinture de sécurité du dénommé Nounours, à qui il manquait d’ailleurs une oreille, le pauvre. Il se passa quelques minutes, pendant lesquelles le jeune Arthur s’amusa à compter les voitures bleues, puis à deviner quelle direction ils allaient prendre, et enfin à déchiffrer les panneaux de signalisation. Le gamin avait beau être assez remuant, et carrément bruyant, Eliott ne pouvait s’empêcher de le trouver attendrissant.
 
« Vous avez des enfants ? lui demanda finalement la jeune maman.
-Pardon ? s’étonna-t-il, manquant de s’étouffer sous la surprise. D'ordinaire on lui demandait plutôt dans quel lycée ou dans quelle université il étudiait. Enfin je veux dire : non, pas encore. »
 
Tandis que la jeune femme lui vantait les mérites et les (nombreux) inconvénients de la parenté, Eliott réfléchissait à sa réponse. Il avait dit ça comme ça, spontanément, sans réfléchir au fait que cela signifiait qu’il avait l’intention d’avoir des enfants un jour. Il n’y avait jamais vraiment réfléchi, il se trouvait encore beaucoup trop jeune pour ça, mais maintenant qu’il y pensait ça lui paraissait évident. Il aimerait bien avoir des enfants. Pas tout de suite, certainement pas, mais dans quelques années. Et il aimerait bien que ce soit avec Charlotte…Hum, il s’égarait un peu. Ils sortaient ensembles depuis cinq mois, n’avaient que vingt-trois ans –à peine, pour lui- et ne s’étaient de toute façon pas parlé depuis une semaine, ça semblait donc compromis. Trouvant qu’il s’égarait un peu loin, Eliott reporta toute son attention sur la route et, après s’être un peu perdu, déposa la joyeuse petite famille dans une banlieue pavillonnaire qui lui était complètement inconnue.
 
Il observa avec un sourire la jeune maman s’éloigner, un enfant accroché à sa jupe et l’autre sautant à cloche pied à côté d’elle, avant de redémarrer. Il aurait pu retourner du côté de l’aéroport, pour prendre une autre course, ou simplement prendre quelqu’un en chemin mais il avait envie de rentrer chez lui. Non en fait il avait envie d’appeler Charlotte, ce qu’il s’empresserait de faire s’il rentrait. Et il s’était juré de ne pas le faire, il n’avait pas si peu de volonté que ça quand même…
 
Il roula encore quelques minutes, observant les maisons autour de lui sans parvenir à se repérer. A ses yeux elles étaient toutes identiques, les mêmes briques rouges, les mêmes fenêtres blanches, les mêmes escaliers qui menait directement sur la rue. Il remarqua que le jeune Arthur avait oublié son nounours  et soupira. Il n’allait pas faire demi-tour pour un ours en peluche quand même ? Bien sûr que si il allait le faire. Restait à retrouver la maison maintenant. Il finit par repérer un square qui lui disait vaguement quelque chose, il avait dû passer devant à l’aller et en prit donc la direction. Il s’arrêta au passage piéton pour laisser passer une jeune fille blonde qui ressemblait étrangement à…Charlotte. C’était un signe, non ? Tout en guettant le feu tricolore du coin de l’œil, il sortit son téléphone de sa poche et appuya à deux reprises sur la touche verte pour rappeler le dernier numéro.
 
*Répond. Je t’en supplie, répond*
 
Il aperçut le feu qui passait au vert et démarra en continuant de prier Merlin, Morgane, Godric et tous les autres pour que Charlotte décroche. Il était tant absorbé par ses supplications muettes qu’il ne vit qu’au dernier moment un adolescent surgir du square sur son vélo pour traverser la route. Surpris, et terrifié par le peu de distance qui le séparait du jeune cycliste, il donna un brusque coup de volant vers la droite, se déportant sur la voie d’à côté sans voir le bus qui arrivait en face. Il écrasa la pédale de frein, trop tard. Les pneus crissèrent sur la chaussée dans une plainte aiguë. Il y eut un grand bruit. Puis plus rien. Le noir.

[Attention, ceci est un message de ministère de l'intérieur : téléphoner au volant, c'est mal. Ne le faites pas, parce que si vous mourrez je vous tue.]


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