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 Gryffondor esseulé recherche ami [Maeva]

Noah ForesterPréfetavatar
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Dernière édition par Noah Forester le Sam 28 Déc 2013 - 18:35, édité 1 fois
3 juillet 2007


La baguette était jolie, lisse au toucher, souple entre les doigts, peut-être même un peu trop. Etrangement trop. De toute évidence, ça n’était pas une baguette ordinaire. Noah la scrutait dans ses moindres recoins, avec curiosité. Sa concentration était telle qu’il en oubliait le bruit environnant. Il ne s’appelait pas Ollivander, mais quelque chose clochait avec cette baguette, c’était flagrant.
Il brandit brusquement l’objet et l’agita d’un coup sec, puis… Rien. Quelques secondes s’écoulèrent sans que rien ne se produise. Un peu déçu, il s’apprêta à le reposer dans la boîte où il l’avait trouvé, mais il lui glissa entre les doigts et devint soudainement incontrôlable. Noah ne put retenir un petit cri lorsque la baguette se mit à lui donner des coups sur le nez sans crier gare.
Quelques cris et débattements plus tard, le Gryffondor parvint à reprendre le contrôle sur la baguette. Il la tenait serrée entre ses deux mains quand la voix de sa mère l’interpella, dans le rayon voisin :

« Noah ? Où es-tu ?  Viens, on s’en va ! »

Il lança des coups d’œil furtifs autour de lui, pour vérifier que personne ne l’avait surpris dans cet instant assez honteux, puis reposa précipitamment l’objet. Son regard se reposa sur l’étiquette correspondante. « Baguette farceuse ». C’était donc ça. Lui qui pensait qu’elles ne faisaient que se transformer en poulet en caoutchouc... Il lança un regard mécontent à l’objet farceur, vexé de s’être fait attrapé.

« J’arrive ! »

Les couleurs vives de la boutique l’agressèrent quand il sortit de son rayon assez étroit. Les rires reprirent du volume, des enfants que Noah reconnut comme élèves de Poudlard, pour certains, se pressaient autour de lui, si bien qu’il finit par se sentir un peu étouffé. Il aimait beaucoup la boutique des frères Weasley, mais en plein été, c’était difficilement supportable. Le chiffre d’affaires faisait sûrement des merveilles, beaucoup cherchaient de quoi s’amuser pendant les vacances. Pas particulièrement farceur mais curieux, Noah était simplement venu voir les nouveautés. Il reconnaissait volontiers que la boutique était très sympathique. Tout en sachant qu’il n’achèterait rien, le plus souvent, il aimait beaucoup déambuler dans les rayons, à la recherche de la perle du magasin. Il tombait toujours sur des choses amusantes en chemin. Il fallait reconnaître que ces Weasley étaient forts, très forts.

Lorsqu’il rejoignit enfin sa mère, près de sa porte d’entrée, celle-ci lui demanda, se doutant déjà de la réponse :

« Tu ne veux rien prendre ? »

Noah se contenta d’hausser les épaules. Il scrutait sa mère. Quelque chose d’autre avait retenu son attention. Sa mère semblait étrangement soucieuse. Son impression se renforça quand elle l’empoigna par l’épaule, une fois qu’ils furent sortis :

« Je vais passer à Gringotts, j’ai des choses à régler… Tu peux faire un tour sans moi en attendant, ça ne durera pas plus d’une demi-heure. On se retrouve au  Chaudron Baveur comme d’habitude.
-Bah je peux venir avec toi, non ?
-Je suis sûre que tu préfères aller déguster une bonne glace ! »
 
Jolie esquive qui signifiait en réalité que Diana Highlands ne souhaitait pas avoir son fils dans les pattes pendant qu’elle serait en train de « régler des choses » à Gringotts. Noah n’était pas dupe. Il ignorait ce qui préoccupait sa mère mais elle avait bien raison : il préférait largement flâner et manger des glaces plutôt que de se retrouver embarqué dans une réunion d’adulte, entre les deux yeux d’un gobelin aigre.
Il accepta donc les quelques mornilles que sa mère lui laissa pour faire ses achats. Il ne grogna même pas quand elle lui ébouriffa les cheveux en guise d’au revoir, mais il les remit en place une fois qu’elle eut le dos tourné.
 
*Bon. Où aller maintenant ?*
 
Il resta planté devant la devanture de Farces pour sorciers facétieux, à évaluer le périmètre. Les glaces Fortarôme étaient un peu plus loin, Fleury et Bott juste en face.  Sinon, il pouvait simplement déambuler, ou retourner au Chaudron Baveur, attendre sa mère en sirotant un jus de citrouille. Il se sentait un peu bête, tout seul, mais il était surtout déçu que sa mère l’ait laissé en plan. C’était sensé être une journée de lèche-vitrine et de détente pour bien commencer les vacances, rien qu’à eux deux, et elle l’abandonnait après une heure à peine… Noah en venait presque à être jaloux des gobelins qui venaient de lui piquer sa mère. 

Un cri derrière lui interrompit ses pensées. Il se retourna, convaincu d’avoir entendu son nom, mais ne vit rien en particulier. A moins que la voix venait d’en face ?

« Noah ! »


Allons donc, il entendait des voix ? C’était difficile de discerner quelqu’un dans ce monde grouillant autour de lui.
Maeva HellsoftPréfèteavatar
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Quand son père lui avait proposé de se rendre sur le chemin de Traverse, la fillette n’avait point fait de difficulté,
Elle devait avouer que faire du lèche-vitrine, rentrer dans les boutiques, ça lui plaisait.
Aussi elle avait chaussé ses jolies ballerines sans se faire prier, et était partie se balader.
Elle était heureuse de ce moment d’intimité,
Loin de sa belle-mère, qui les envahissait !
Elle adressa un sourire à son père, qui marchait à ses côtés, portant dans ses bras quelques paquets,
Plus tôt dans la matinée, il avait pourtant refuser de lui acheter le moindre jouet,
Car c’était la valeur de l’argent, qu’il voulait lui inculquer.
Mais bien rapidement, il avait cédé,
Un joli petit foulard en plus, qu’est-ce que cela pouvait bien coûter ?

Alors qu’elle marchait au milieu de la rue principale bondée,
son père lui demanda de rester sagement sur le côté.
« Je vais dans cette boutique, je reviens, ne bouge pas » prit-il le temps de lui expliquer.
Sagement, elle le regarda entrer dans une boutique vendant des cigares sorciers.
Quand tout un coup, son regard fut attiré,
Par une figure qu’elle connaissait.
Intérieurement, elle chercha à mettre un nom sur ce visage familier,
avant d’être frappée par un éclair de lucidité !
C’était son ami et coéquipier !

Vite, elle s’élança à sa poursuite, et tant pis si elle avait promis de ne pas bouger.
Elle bouscula un couple en pleine confession afin de le rattraper.
Elle l’appela, une fois, deux fois. « Hé ! »
Jusqu’à ce qu’il finisse par se retourner.
« Comment vas-tu ? » demanda-t-elle avec un sourire rayonnant bien qu’essoufflée.
« Comment se passe tes vacances ? » ajouta la rouge et or avec intérêt.


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Noah ForesterPréfetavatar
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Un deuxième appel le fit se retourner, cette fois-ci dans la bonne direction. Noah venait de reconnaître la voix de Maeva Hellsoft. Une tornade blonde s’élança vers lui et un sourire d’un blanc éclatant s’arrêta, juste sous son nez.

« Comment vas-tu ? Comment se passe tes vacances ? »


Noah lui rendit son sourire,  à la fois content et surpris de la voir, mais aussi soulagé d’avoir trouvé quelqu’un avec qui passer un peu de temps, en attendant sa mère. Il haussa les épaules –un tic chez lui, décidément- et répondit :
 
« Ca va. Ca se passe tranquillement. On va surtout rendre visite à de la famille, en fait, c’est un peu chiant parfois mais bon… Je suis chez ma mère, en ce moment. D’ailleurs je l’attends, elle vient de me laisser. »
 
Le rouge et or désigna le bâtiment grisâtre de la banque des Gobelins derrière lui, pour lui faire comprendre que sa mère avait décidé d’y faire un tour. Il lui retourna la question, machinalement :
 
« Et toi, tes vacances ? »
 
Elle devait être comme lui chez l’un de ses parents, le professeur Hellsoft ou son ex-mari, qu’il n’avait jamais rencontré. Il s’était d’ailleurs souvent demandé pourquoi Maeva ne portait pas son nom. Ses parents étaient aussi divorcés mais il s’appelait toujours Forester, comme son père, et il lui semblait que c’était la règle générale. Des longues démarches administratives et judiciaires avaient sans doute été nécessaires pour faire changer le nom de naissance de Maeva, pour des raisons que Noah ignorait et n’osait pas demander. Cela ne le concernait pas.
Il jeta un œil aux  alentours, appréhendant de voir surgir le visage de leur directrice. Non qu’elle lui faisait peur, mais c’était toujours étrange de croiser l’un de ses professeurs en dehors du cadre des cours. Cependant, personne ne semblait suivre Maeva, ni directrice des Gryffondor, ni grand homme blond comme l’imaginait Noah. C’était étonnant. Sa propre mère ne le laissait jamais se rendre sur le Chemin de Traverse seul, arguant que treize ans, c’était encore jeune. Ceci dit, elle venait de le laisser tout seul, preuve qu’elle lui faisait confiance pour se débrouiller… Noah se promit de ressortir cet argument, la prochaine fois qu’il voudrait sortir tout seul.
 
« Personne n’est venu avec toi ? » finit-il par demander avec étonnement.
Maeva HellsoftPréfèteavatar
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Maeva adressa un immense sourire à Noah, alors qu’il lui racontait son début de vacances. Elle hocha ensuite la tête, compatissante. Il fallait dire que ce n’était pas forcément ce qu’il y avait de plus excitant, les visites chez la famille. Elle le savait pour avoir fait la même chose, cette semaine. Elle avait rendu visite à ses grands-parents. Bon. Elle les aimait bien, ça passait encore. Mais comme si cela ne suffisait pas, elle avait aussi rencontré la famille de cette Eden. Son père avait presque dû la traîner là-bas, en la priant de ne plus faire l’enfant. Mais ce n’était pas de sa faute si elle n’aimait pas la petite-amie de son père, par Merlin ! Elle avait essayé, pourtant, elle avait réellement essayé. Oui, vraiment, aussi incroyable que cela pouvait sembler. Mais elle n’y arrivait pas. Elle avait vraiment un problème avec Eden. Elle était trop gentille, trop dégoulinante, trop présente, trop étouffante, trop différente de sa mère. Elle ne disait pas que Peter ressemblait à son père non plus ! Mais ce n’était pas la même chose. Elle l’aimait bien, Peter, bien plus qu’elle ne pouvait aimer Eden. Elle savait que ça ne plaisait pas du tout à son père, qui ne se gênait pas pour le faire remarquer, arrachant des soupirs d’exaspération à sa fille. Elle n’y pouvait rien si elle s’entendait mieux avec Peter qu’avec Eden ! Dans le même registre, ce n’était pas de sa faute si elle craquait devant sa petite sœur, qui était tout bonnement adorable ! Elle secoua la tête pour chasser ses pensées loin de son esprit, et se reporta son attention sur Noah.

« Je suis chez mon père, pour le moment ! » répondit-elle à sa question. « Mais elles se passent plutôt bien… Enfin, mon père passe beaucoup de temps au club, du coup, soit je dois l’accompagner, soit je reste avec Eden » marmonna-t-elle, avant d’hausser les épaules.

Elle n’allait pas embêter son ami avec ses histoires de famille, qui devenaient bien trop compliquées à son goût, d’ailleurs. Elle jeta un regard derrière elle lorsque Noah lui demanda si personne n’était venu avec elle. Elle en connaissait un qui n’allait pas être content s’il se rendait compte qu’elle était partie, malgré son interdiction. Elle haussa les épaules : elle était grande maintenant ! Elle avait quatorze ans, et entrait bientôt en quatrième année, elle avait bien l’âge de sortir toute seule non ?

« Je suis venue avec mon père, mais il est euh… » elle se retourna, un balaya la rue principale du chemin de Traverse avec sa main. « Quelque part. »

Elle jeta un coup d’œil derrière son ami, histoire de voir si une femme, ou un homme, qui ressemblait à Noah attendait derrière lui qu’ils aient terminé leur conversation. Mais non, seulement de nombreux passants, sa mère devait encore être à la banque des sorciers, visiblement.

« Dis, tu pars quelque part, pendant les vacances ? » demanda-t-elle ensuite avec un grand sourire.

Elle, elle voulait partir là où il y avait la mer. Parce que la mer, c’était vraiment quelque chose de chouette. Déjà, c’était vraiment drôle de s’y baigner, parce que souvent, il y avait des vagues, et qu’elle adorait ça. Puis, parce que généralement, il y avait des rochers, qui bordaient le bord de mer. Et donc, elle pouvait y partir en exploration. En tant que bonne Gryffondor, elle adorait ça. Vraiment, elle avait l’impression de revenir cinq ans en arrière, lorsqu’elle était sur la plage, songea-t-elle, les yeux brillants. Et puis, elle réussissait toujours à se faire des amis sympas, là-bas ! Enfin, encore fallait-il que son père accepte de l’y emmener. Ou bien sa mère, tiens. Elle serait drôlement mignonne, Lou, à la plage, pensa la jeune fille en étouffant un rire.


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Noah ForesterPréfetavatar
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Maeva restait radieuse en lui parlant, comme très souvent. C’était un trait de caractère qu’il appréciait chez la jeune fille, sa joie quasi-continuelle. Lui était incapable de se comporter ainsi, il pestait plus souvent qu’il ne souriait. Heureusement qu'il était  entouré de personnes plus enjouées que lui, cela le déridait un peu. Maeva tenait d'ailleurs très bien ce rôle de lui secouer les puces quand Noah se laissait un peu trop aller à son indolence. Et lui se chargeait de la canaliser quand elle s'envolait dans des excès. Ils se complétaient en quelque sorte. 
Mais cette fois-ci, la mine de son amie s’assombrit légèrement en évoquant un nom qu’il ne connaissait pas, ce qui l’interpella :

« Eden ? »

Sa baby-sitter, peut-être… Ou alors, la petite amie de son père. Voire, sa belle-mère. A Poudlard, Maeva était tellement associée au professeur Hellsoft qu’on avait tendance à oublier qu’elle avait aussi un père,  même si elle ne portait pas son nom. Il était plus que probable que ce dernier ait trouvé une autre compagne depuis son divorce. Noah frissonnait rien qu’à cette idée, en pensant à ses propres parents. Ils n’avaient eu aucune aventure –à sa connaissance, du moins- durant ces deux années de séparation, et c’était justement ce qui l’inquiétait. Aux yeux de Noah, cela signifiait que la fameuse paire de chaussures inconnue posée dans l’entrée était pour bientôt. C’était une source d’angoisse, pour lui. Il avait beau s’imaginer la scène, il ne saurait comment réagir face à quelqu’un qui voudrait partager sa vie avec son père ou sa mère, et du même coup, lui prendre un peu de ses parents. Il finissait par éviter d’y penser, préférant se dire qu’il aviserait le moment venu, selon le caractère du futur intrus.

Maeva lui expliqua que c’était bel et bien son père qui l’accompagnait –pas de professeur Hellsoft qui surgirait par surprise, donc- mais elle resta bien évasive. Noah la scruta quelques secondes, avant qu’un sourire moqueur ne se glisse sur ses lèvres.

« Je vois. Tu t’es pas perdue au moins ? »

Ou alors, elle avait lâchement abandonné son paternel. Noah n’allait pas la gronder pour ça, il n’aurait pas eu l’occasion de lui parler sinon. Et puis, ils étaient tout de même grands, ils pouvaient bien se promener seuls, non ?

« Je pars à la plage avec ma mère la semaine prochaine, normalement, pour quelques jours. Mais on reste en Angleterre, on va juste sur la côte... Après, avec mon père, je sais pas, on verra. Et toi, tu pars ? »

Noah n’eut pas l’air particulièrement ravi en répondant, et pour cause, il n’aimait pas beaucoup la plage. D’accord, c’était relaxant, il faisait beau et c’était le cadre des vacances par excellence, mais c’était plus fort que lui, il ne parviendrait jamais à aimer la chaleur écrasante du mois de juillet. A la plage, c’était pire, le soleil le cramait littéralement. Cette année, il ne bronzerait pas plus que les années précédentes. Il avait tendance à se cacher sous un gigantesque parasol  avec un bon bouquin, ou à faire la sieste en attendant que l’envie lui vienne de faire trempette, ce qui durait en général longtemps. La seule chose qu’il aimait faire là-bas, c’était attendre quelques minutes avant le coucher du soleil, quand la plage était quasi-vide et que soufflait un vent agréable, puis se promener pieds nus dans les rochers et s’asseoir tremper ses pieds dans l’eau.

En résumé, la montagne, c’était mille fois mieux.

Ses mains dans ses poches rencontrèrent à ce point de ses pensées les quelques pièces que sa mère lui avait laissées avant de partir, et il se souvint qu’il se demandait quoi en faire avant que Maeva n’arrive. Avec cette chaleur, le plus judicieux était encore de trouver de quoi se rafraîchir.

« Au fait, ça te dit, une glace ? Je t’invite. »


Puisqu’il ne savait pas quoi faire de cet argent, autant faire plaisir à son amie.


Maeva HellsoftPréfèteavatar
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« Je ne t’ai jamais parlé d’elle ? Eden, c’est la copine de mon père. »

Elle prononça le mot « copine » avec une légère pointe dégoût. Oui parce qu’elle était très gentille, Eden, elle le savait bien ! Mais elle était trop gentille, et trop envahissante, et trop collante, et trop souriante, et trop aimante, et trop, et trop… Trop tout. Et surtout, pas assez comme sa mère, ce qui était, à vrai dire, son principal défaut. De toute façon, elle ne la supportait pas, Eden. Encore moins lorsqu’elle se mettait à parler mariage et enfants, tout en lui assurant qu’elle aurait toujours une place dans la famille. Mais elle n’était pas dans sa famille, par Merlin ! Elle était la compagne de son père, certes. Mais elle n’était pas – ne serait jamais – sa mère. Elle était une pièce rapportée, comme disait son grand-père, que sa grand-mère corrigeait, excédée, par valeur ajoutée, puisqu’elle trouvait ce terme bien plus joli. Mais sur ce point, Maeva était bien d’accord avec son grand-père, et trouvait ce terme assez juste pour désigner la jeune fille. Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour que son père quitte Eden comme il en avait déjà quitté quelques autres ! Elle acceptait l’idée à présent que ses parents veuillent refaire leur vie mais son père aurait pu choisir une meilleure personne ! Moins cruche, en tout cas, moins naïve. L’espoir faisait vivre, après tout.

« Non, pas du tout ! J’ai lâchement abandonné mon père. »

… Qui allait d’ailleurs faire une crise en voyant qu’elle était partie sans sa permission, qui allait alerter la Police Magique, voir les Aurors, pour la retrouver, et qui l’enfermerait dans une tour jusqu’à sa majorité. Elle jeta un coup d’œil derrière elle, dans l’espoir de voir le visage familier de son père dans la foule, en vain. Elle reporta son attention sur Noah. De toute façon, elle était assez grande maintenant – elle avait quatorze ans, enfin ! – pour se balader toute seule, papa protecteur ou non. D’ailleurs, ça lui apprendrait à se débrouiller toute seule, et ce serait très bien, décida-t-elle. Elle ne pouvait pas rester dépendante de ses parents éternellement ! Bon, cette année avait été particulière, parce que de nombreux changements étaient venus bouleverser sa vie et qu’elle avait eu besoin de se rapprocher de sa mère, juste pour s’assurer qu’elle comptait encore pour elle, malgré Peter, malgré Lou. Mais elle comptait bien commencer à revendiquer sa liberté. Dans trois ans, elle serait majeure, ce n’était pas rien ! Et puis, il y avait de nouvelles choses qu’elle avait envie de tester, de toute façon !

« Je vais chez mes grands-parents, sûrement. Et puis voir ma mère et Lou, aussi. Et on part en Italie, avec mon père ! »

Elle était pressée de revoir ses grands-parents maternels, pour tout avouer. Elle était très proche d’eux, pour avoir vécu pendant plusieurs années chez eux, alors que sa mère travaillait à Poudlard, et ils adoraient leur petite-fille. En plus, avec un peu de chance, elle reverrait son oncle Matt, et ça, ça promettait d’être génial. Elle adorait Matt, et il le lui rendait bien. Furtivement, elle se demanda si Peter les accompagnerait chez les parents de sa mère. Probablement, songea-t-elle. Après tout, il était le père de leur deuxième petite-fille, ils devaient avoir envie de le connaître un peu plus. Et puis, c’était aussi le chéri de leur fille. D’ailleurs, est-ce qu’ils se marieraient un jour ? L’adolescente fronça les sourcils à cette question. Est-ce que sa maman deviendrait un jour Chloé Virtanen ? Elle préféré chasser cette pensée de son esprit. Pour l’instant, le mariage ne semblait pas présent dans leurs esprits, et c’était presque tant mieux, pour le moment.

« Oh, ce serait avec plaisir Noah ! » s’exclama-t-elle en lui adressant un immense sourire. « Merci beaucoup ! On va chez Florian ? » proposa-t-elle – et de toute façon, c’était un peu le seul glacier qu’elle connaissait.

« Et toi, comment ça se passe chez toi ? Tu as revu des gens de Poudlard ? »


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Noah ForesterPréfetavatar
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Sa seconde hypothèse était juste, Maeva avait bien affaire à une belle-mère. Noah grimaça, pas forcément à l’encontre d’Eden qu’il ne connaissait pas et qui était peut être charmante, mais plutôt en compassion avec Maeva. Il n’aurait pas aimé être dans cette situation de devoir partager l’un de ses parents avec une nouvelle venue de nulle part. Pour aggraver les choses, s’il en jugeait par le ton qu’elle employait, Eden n’était peut-être pas la meilleure des belles-mères.

« Oh je vois… Elle est si horrible que ça ? » demanda t-il, sans pouvoir retenir un sourire. « Mais je compatis. A ta place, je crois que je lui mènerais la vie dure. »

Il pouvait avoir très sale caractère quand il s’y mettait, encore plus si ça touchait au fait de partager ses parents. Il avait toujours été fils unique, il ne se sentait prêt à partager quoique ce soit, ni avec un frère ou une sœur, et encore moins avec une belle-mère ou beau-père. Pour l’instant, ni l’un ni l’autre ne s’étaient présentés à sa porte… Pour l’instant. Il osait espérer que cela continuerait.
Noah perçut une forme d’inquiétude dans l’expression de Maeva lorsqu’il évoqua son père, il la rassura donc :

« Bon, on va pas aller trop loin alors, on sait jamais s’il te cherche. »

Cela serait difficile pour lui de le savoir, il ne le connaissait pas de visage. Cela serait cependant l’occasion de le rencontrer. Il hocha la tête à la réponse suivante de son amie. Son programme à elle aussi était ponctué de visites familiales, comme beaucoup d’enfants de Poudlard. La vie en internat pouvait se montrer très exaltante, mais elle avait aussi certaines contreparties, dont les visites de famille parfois ennuyeuses qu'on accumulait pendant les vacances.

« En Italie, carrément ? C’est chouette, t’en as de la chance ! Tu me raconteras. J’ai l’impression que ça fait une éternité que j’ai pas dépassé la Manche, moi. » plaisanta t-il.

Son dernier vrai voyage remontait à avant le divorce de ses parents, juste avant sa première année à Poudlard. Autant dire un sacré bout de temps. Il n’avait pas visité beaucoup de pays dans ses treize années de vie et n’avait pas dépassé l’Europe. L’Angleterre avait déjà beaucoup à offrir, mais à force, Noah connaissait toutes les bonnes destinations par cœur. Il n’était pas contre un peu de nouveauté, même s’il était encore trop tôt pour la demander. Ses parents se reconstruisaient encore leur nouvelle vie loin l’un de l’autre, et qui disait séparation, disait aussi moyens financiers divisés par deux.

Maeva accepta son invitation, ce qui lui rendit un sourire sincère.

« Chez Florian, bien sûr. Qui d’autre ? »

Personne ne faisait de meilleures glaces que lui, Noah en était convaincu. Sur le  Chemin de Traverse, il était le seul, à vrai dire. Il avait peut-être un obscur concurrent dans l’Allée des Embrumes, Noah n’en savait rien, il n’y était jamais allé, mais pour l’instant, il ne lui faisait pas d’ombre et c’était tant mieux. Ce fut donc en marchant vers le glacier qu’il répondit aux questions de Maeva :

« Ca se passe bien. Bah, pour l’instant, j'ai pas vu pas grand-monde, mis à part toi. Les vacances viennent à peine de commencer, c’est assez logique… Ah, j’ai revu  Nate aussi, dans le train du retour, on a un peu discuté. »

Il lui avait déjà dit à Poudlard qu’ils se connaissaient grâce à leurs parents et qu’ils étaient ce qu’on pouvait appeler amis d’enfance. Il interrompit un instant la conversation le temps de commander leurs glaces, car ils venaient de franchir l’enseigne du glacier. Il prit pour lui deux boules pistache-framboise avec un supplément chantilly, et laissa Maeva choisir la sienne, tout en payant d’avance pour eux deux. Il lui resta tout juste quelques Noises qu’il fourra machinalement dans sa poche, en proposant d’une main à son amie de s’asseoir bien en évidence sur la terrasse. Comme ça, si son père les cherchaient, il pourrait facilement les trouver, on était jamais trop prudents.

Sa première cuillerée de glace engloutie et savourée, il reprit la conversation en posant lui aussi une question :

« Au fait, Lou va bien ? Alors, ça te fait quoi d’avoir une petite sœur ? »


Il était curieux de savoir à quoi ressemblait la petite Hellsoft. Il n’avait pas eu le loisir d’observer le poupon dans les langes près de sa maman. Oh, il n’aimait pas les bébés, non, ça pleurnichait trop à son goût. Simplement, tout élève de Poudlard qu’il était, il se montrait curieux de voir la progéniture de leur professeur. Certes, il en avait déjà une sous les yeux et la côtoyait même régulièrement, mais Maeva ne comptait pas, il l’avait vue comme son amie avant de savoir qu’elle était la fille de leur directrice de maison. Il était curieux d'ailleurs de savoir si Lou ressemblait à Maeva. Ca lui semblait tellement étrange de l'imaginer, un petit frère ou une petite soeur alors qu'ils avaient déjà treize ou quatorze ans ! Noah, lui, s'était déjà trop fait à sa position de fils unique.


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« Ce n’est pas qu’elle est horrible mais… Elle est étouffante. Eden c’est comme… Une meringue. Une meringue rose bonbon saupoudrée de paillettes dorées. Tu vois ce que je veux dire ? Elle est collante et naïve au possible. Et on ne peut pas dire que je lui mène la vie facile, en fait. »

Au contraire, elle était plus du genre à bien lui faire comprendre qu’elle ne l’appréciait pas. Elle rechignait lorsqu’elle lui proposait une sortie, elle soupirait fortement lorsqu’elle lui demandait de descendre, elle levait les yeux au ciel lorsqu’elle osait la moindre petite remarque. Et pourtant, Eden semblait persuadée qu’un jour, elles s’entendraient divinement bien. Elle pensait quoi ? Qu’elle allait lui confier le moindre de ses petits secrets ? Sûrement pas. Au contraire, elle se faisait bien plus secrète chez son père qu’elle ne l’était avant. Elle se souvenait de l’époque où elle s’asseyait sur les genoux de son père, se blottissait dans ses bras, et lui racontait sa vie à Poudlard. Ses amis, les cours, les professeurs. Les notes qu’elle avait, les bêtises qu’elle avait faites, ce qu’elle avait vécu, pendant les mois où ils étaient séparés. Maintenant, ce n’était plus vraiment pareil. Elle ne s’asseyait plus sur les genoux de son père, elle ne se blottissait plus dans ses bras, elle ne lui racontait presque plus rien. Et c’était dommage, c’était vraiment dommage. Mais elle avait l’impression de se faire piquer sa place par Eden, et elle n’appréciait vraiment pas ça. Peut-être que oui, elle était un peu jalouse. Juste un peu. Mais maintenant, c’était elle qui collait son père tout le temps, qui lui racontait ses journées. Et elle avait beau vouloir l’intégrer aux conversations, Maeva, en adolescente butée, refusait d’y prendre part.

« Au pire, s’il me cherche, bah, il se fâchera. Je ne risque pas grand-chose. » fit-elle avec désinvolture en haussant les épaules.

En réalité, elle risquait fortement d’être punie, mais son père devait bien comprendre qu’elle était grande, à présent ! Elle pouvait parfaitement se promener toute seule sans problème. Et puis ce n’était pas comme si Noah était un homme un peu étrange qui lui aurait proposé des bonbons avec un regard peu rassurant. C’était Noah, son ami de Gryffondor ! Rien ne pouvait lui arriver.

« Oui, j’ai hâte d’y aller ! Ça a l’air d’être beau, là-bas… » souffla-t-elle, rêveuse. « Quand on sera grands – vraiment grands, pour le coup – on pourra partir où on voudra. » déclara-t-elle très sérieusement pour rassurer son ami.

Les premières vacances sans les parents… Ça devait être quelque chose ! Bon, elle n’était pas prête de partir sans eux, mais elle avait bien le droit de rêver ! Des vacances avec des amis, dans un endroit paradisiaque… Oh oui, il y avait de quoi avoir des étoiles dans les yeux ! Dans quelques années, se promit Maeva. En attendant, elle passerait ses vacances avec ses parents, comme d’habitude. Oh, elle n’était pas à plaindre ! L’Italie, ce n’était pas la porte à côté, et elle était heureuse de pouvoir y aller. Elle devait reconnaître que son père gagnait particulièrement bien sa vie. Joueur de Quidditch renommé dans le club Flaquemare, il touchait une somme importante chaque mois. Bien qu’il soit désormais à la retraite, songea Maeva. Elle avait dû mal à se faire à l’idée ! Suivant Noah vers le glacier, la jeune fille l’écouta répondre à sa question.

« C’est vrai. » approuva-t-elle lorsqu’il déclara que c’était plutôt logique qu’il n’ait revu personne, puisque l’été au début de l’été. « Oh, Nate est gentil ! Je l’aime bien. » ajouta la Gryffondor en repensant à sa rencontre avec lui, dans un des couloirs de Poudlard.

Ils arrivèrent finalement chez Florian, et se turent tous les deux le temps de commander leurs glaces. Après une légère hésitation, elle finit par choisir deux boules framboise-cassis, supplément chantilly. Elle adorait la framboise. Et encore plus le cassis. Même si c’était très rose, songea-t-elle en recevant sa couple glacée. Elle suivit Noah jusqu’à la terrasse, s’installa en face de lui.

« Merci beaucoup, en tout cas ! La prochaine fois, c’est moi qui paie pour toi, du coup ! A une sortie à Pré-au-Lard ? » proposa-t-elle avec un sourire, avant de plonger sa cuillère dans sa glace pour déguster.

« Oui, Lou va bien ! Enfin, quand je l’ai quitté, elle allait bien du moins. Et en fait, c’est assez étrange, parce que maintenant, j’aime beaucoup avoir une petite sœur, alors qu’avant, j’haïssais vraiment la pensée. Sa naissance a dû être un déclic. » déclara-t-elle en haussant les épaules. « Elle est super mignonne, en tout cas ! Et toi, tu aimerais bien être grand-frère ? Tes parents se sont remariés ? » demanda-t-elle en reprenant une cuillère de glace.

Une glace, en plein mois de juillet, c’était comme un bon feu en hiver. Délicieux.


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Noah fut partagé entre rire et grimace à la description que Maeva lui fit de sa belle-mère. Une meringue. Il aimait les sucreries, mais à petite dose, et la meringue rentrait dans la catégorie « écoeurant » pour lui. Il comprit donc sans peine la métaphore de son amie. Chez une éventuelle belle-mère pour lui, « étouffante » était un défaut qu’il n’aurait sans doute pas toléré. Il aurait été suffisamment embêté de devoir partager l’un de ses parents avec une intruse sans qu’elle ne vienne prendre toute la place.

« Je te plains, alors. » conclut-il simplement la description, avec un sourire désolé.

Maeva évoqua son père avec une désinvolture qui amusa Noah. Ils en étaient tous au même point de conflit plus ou moins fort avec leurs parents, pour grignoter un peu de liberté. L’adolescence, qu’ils disent. Ils commençaient tout juste à entrer dans cet âge ingrat, mais Noah était encore sage. Pour l’instant.
Et à côté de lui, Maeva commençait déjà à rêver de voyages sans les parents. Noah n’y avait jamais songé, encore trop attaché au cocon familial.

« C’est vrai que ça pourrait être chouette… J’aimerai bien aller en France ou en Suisse, moi, à la montagne, un de ces jours. »

Il se souvenait avoir déjà passé des vacances aux Pyrénées quand il était encore dans une école primaire moldue et il avait adoré.  Les Alpes ne devaient pas être moins attrayantes.
Les deux Gryffondor continuèrent de marcher vers le glacier en discutant un peu. Ils firent chacun deux commandes quasiment identiques, jetant tous deux leur dévolu sur la framboise et la chantilly. Maeva lui promit qu’elle l’inviterait la prochaine fois, ce à quoi il répondit un sincère « Avec plaisir. »

Une fois assis, la discussion dériva sur Lou, la toute jeune sœur de Maeva. Noah l’écoutait en hochant la tête et dégustant sa glace avec lenteur. Il se souvenait comme elle était devenue plus irritable en apprenant que sa mère était enceinte. Toute l’école n’avait pas tardé à être au courant et si cela en réjouissaient certains, Maeva n’en faisait pas partie à l’époque. Elle n’avait pas dû se sentir prête à accueillir un nouveau membre dans sa famille. Entre son beau-père, sa belle-mère et Lou, pour elle, les nouveaux venus s’enchaînaient et pas toujours avec le même accueil, songea Noah.

« Tant mieux, alors. Y a plus qu’à espérer qu’elle te fasse pas changer d’avis en grandissant » ajouta t-il avec un petit sourire narquois.

Il reprenait une cuillère de glace quand Maeva lui posa une nouvelle question :

« Et toi, tu aimerais bien être grand-frère ? Tes parents se sont remariés ? »

Noah avala de travers et toussa un peu pour libérer sa gorge. Réaction stupide, mais il ne s’y attendait pas. Quand il eut repris son souffle, il répondit d’une voix un peu étranglée :

« Noooon ! Ils sont tous les deux célibataires… je crois. Enfin, je suppose que s’ils avaient quelqu’un, ils m’en auraient parlé. »

Noah ne doutait pas pour son père, mais pour sa mère, c’était une autre question. Il avait déjà fait part de ses doutes à Joy et il avait de plus en plus l’impression qu’elle lui cachait quelque chose. Cela n’avait peut-être aucun rapport, mais Noah espérait que ça ne soit pas un amant caché, il ne manquerait plus que ça.
Il ne voulut pas trop montrer ses doutes à Maeva, alors il enchaîna rapidement sur l’autre partie de sa question, sur un ton un peu gêné :

« Je crois pas que je serai un bon grand frère. Et puis, je sais que c’est un avis très égoïste, mais je me sens pas prêt à partager… J’ai toujours été fils unique, ça serait bizarre d’avoir un petit frère ou une petite sœur maintenant. »

En y réfléchissant, Maeva avait été exactement dans sa situation avant la naissance de Lou. Treize ans d’existence en tant que seule prunelle des yeux de ses parents, et maintenant, elle devait faire de la place un peu partout. Peut-être qu’il pourrait tirer d’éventuels conseils de sa part. Il demanda avec une certaine hésitation :


« Toi, tu ressentais peut-être la même chose avant que Lou naisse, nan ? »


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Maeva étouffa un rire lorsque Noah avala de travers suite à sa question. Ce n’était pas très gentil, mais c’était tout de même drôle. Cela dit, on lui aurait dit la même chose avant la naissance de Lou, elle aurait sûrement eu la même réaction. Car dans son esprit – et à cause de ce que lui disait son père – elle était persuadée que ses deux parents se remettraient ensemble rapidement. Tout cela n’était plus qu’une question de temps pour elle. La réalité l’avait fait cruellement redescendre sur terre. Chloé n’avait plus de sentiments pour son ex-mari, et les sentiments de ce dernier à l’égard de l’enseignante avaient rapidement disparu lorsqu’il avait été au courant de l’existence de Peter. Enfin, on s’y habituait. C’était parfois un peu délicat, mais elle finissait par s’y faire. Qui aurait cru ça d’elle quelques mois auparavant ? Sûrement pas Maeva, en tout cas. Mais elle était heureuse d’avoir trouvé une petite place dans cette famille recomposée. Evidemment, elle avait toujours du mal avec Eden, mais à présent elle était certaine que malgré tout, elle resterait la fille de Chloé, et celle de James. Même s’ils n’étaient plus ensemble, même s’ils refaisaient leurs vies avec d’autres personnes. Prendre conscience de cela avait grandement contribué à faire évoluer son point de vu, sans aucun doute. Ça, et la naissance de sa petite sœur.

Aussi, quand Noah lui avoua ne pas être prêt à partager ses parents, elle ne pu qu’hocher la tête, compréhensive. Elle était très possessive aussi, et ne plus avoir l’attention de ses deux parents focalisé sur elle l’avait déstabilisé. Elle avait toujours été la petite princesse de son père, celle qu’il couvrait de cadeau. Alors quand Eden était arrivée, avec ses grands yeux et ses sourires, Maeva s’était tout de suite sentie menacée. Oui, elle était jalouse. De sa belle-mère, parfaitement. Plus qu’elle ne l’était de Lou, en tout cas. Mais avec Lou, c’était encore différent. Elle avait eu plusieurs mois pour se préparer à sa venue. Alors qu’Eden avait débarqué comme ça dans sa vie, du jour au lendemain… Mauvais souvenir.

« Exactement la même chose, même ! » approuva-t-elle avec un léger sourire. « J’étais fille unique, et je voulais le rester. J’avais toujours eu toute l’attention de mes parents, celle de mes grands-parents… Et du jour au lendemain, Lou, Peter, Eden débarquent dans ma vie… » elle plongea sa cuillère dans sa coupe de glace. « Ça m’a fait vraiment bizarre, sur le coup, c’est vrai. Et quand ma mère m’a dit qu’elle était enceinte et que le père était mon prof de runes… Je ne suis pas très fière de ma réaction, mais elle a été assez… virulente. »

Et le mot était encore bien faible. Elle avait piqué une jolie crise. Maintenant, ça allait beaucoup mieux, et heureusement. Elle trouvait même des avantages à être une grande sœur. Et puis, Lou était absolument craquante, aussi.

« Je ne sais pas si tes parents retrouveront quelqu’un mais… Dans tous les cas, on s’y fait. Crois-en une fille de parents divorcés ! » lança-t-elle avec humour, tout en reprenant un peu de glace. « Ils s’entendent toujours bien, tes parents ? »

C’était un peu le problème, lorsqu’on avait des parents divorcés. Il y en avait qui s’entendaient vraiment bien, qui continuaient même parfois à se voir régulièrement. Et puis, il y avait les autres. Ceux qui ne pouvaient plus entendre parler l’un de l’autre, qui étaient en guerre ouverte. Un peu comme les siens. Même si sa mère faisait des efforts. Contrairement à son père qui ne cessait de médire sur elle. Enfin, on ne choisissait pas sa famille non plus.


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Noah écouta attentivement les explications de son amie, comme s’il voulait y puiser des enseignements. Maeva était dans un cas de figure assez proche du sien, mais en même temps différent. Elle avait mis du temps à digérer le divorce de ses parents, tandis que Noah en avait été au contraire presque soulagé. C’était davantage l’avenir qu’il craignait, plutôt que le passé qu’il regrettait. Il ne voulait pas que quelque chose vienne de nouveau perturber l’équilibre familial. Noah était ainsi, très –trop- attaché à sa routine et ses repères.

« C’est normal. Ca faisait trop de nouvelles d’un coup. » commenta t-il sur un ton pensif, regard fixé sur la fillette, lorsqu’elle avoua avoir eu honte de sa réaction.

Il imaginait sans peine le choc que cela devait faire de savoir que votre propre mère était en couple avec l’un de vos professeurs. Pas étonnant que Maeva ait mal réagi, à moins d’être quelqu’un de très patient, il était difficile de réagir à une telle nouvelle avec le sourire, car elle impliquait beaucoup de choses. Les relations familiales entre élèves et professeurs étaient un peu taboues et l’arrivée d’un beau-père ou d’une belle-mère n’était jamais facile,  alors que dire quand la situation impliquait les deux cas de figure ? Noah se serait senti doublement fliqué, complètement pris au dépourvu et très mal à l’aise, à sa place. Si on y ajoutait la naissance d’une petite sœur, nul doute qu’il l’aurait très mal pris.

Maeva lui demanda alors comment s’entendaient ses parents, et Noah se surprit à réfléchir quelques secondes avant de répondre. Est-ce qu'ils s’entendaient toujours bien ? C’était difficile à dire, ils ne se voyaient presque plus. Et ils évitaient même soigneusement d’évoquer l’autre. Comme s’ils ne s’étaient jamais connus.

« Moui, ils s’entendent plutôt bien…  Enfin, ils ne sont plus entrés en conflit depuis le divorce, c’est déjà ça. Ils s’ignorent plus qu’autre chose, en fait. » conclut-il en abaissant sa cuillère.

Il se mit à jouer avec son fond de glace, en posant sa joue sur sa main. La discussion avait coupé son envie de sucre. Ses parents s’ignoraient, c’était exactement ça. Ils ne se voyaient que pour déposer leur fils chez l’un ou chez l’autre, selon les tranches convenues, de la façon la plus… neutre possible. Il n’y avait rien d’autre entre eux que cette habitude, qui avait déshumanisé leur relation au point de la rendre automatique. Pourtant ils s’aimaient avant, Noah en était sûr, il avait trop de souvenirs d’enfance en tête qui pouvaient le prouver. Comment tout leur amour avait pu s’envoler si vite, au point de ne laisser que de l’indifférence, au mieux, du respect ? C’était incroyable, invraisemblable, quand il y réfléchissait. C’était triste. Quelque part, il regrettait que cela ait du se terminer ainsi, parce qu’il n’était pas aveugle, ses parents étaient bien moins heureux. Ils étaient juste plus calmes, plus tranquilles. Comme s’ils s’étaient délestés d’un fardeau.
 
« J’ai pas envie qu’ils trouvent quelqu’un, pour l’instant. » avoua t-il en posant sa cuillère dans un cling sonore.

C’était en grande partie pour son petit confort personnel, Noah en avait conscience. Mais peut-être que quelque part, ça briserait aussi quelque chose de beaucoup plus profond en lui. Quel enfant n’idéalisait pas la relation entre ses parents ? Le fait qu’ils restent seuls cristallisait en quelque sorte le souvenir de l’amour qu’ils se portaient, et cela convenait très bien à Noah. Cela lui laissait l’impression que rien n’avait vraiment changé, cela lui laissait la place de s’illusionner.
Quand il se rendit compte qu’il avait laissé ses pensées s’égarer, il reporta son regard sur son amie, la mine plutôt défaitiste.

« Mais si jamais ils se remarient, j’ai plus qu’à espérer que ça soit quelqu’un de bien et de pas trop étouffant, ça aidera à faire passer la pilule... D’ailleurs comment il est, Virtanen ? En dehors des cours, je veux dire » précisa t-il avec un sourire.


Il n’était pas un fana de ragots, mais s’ils pouvaient rendre la discussion un peu moins déprimante pour lui, il prenait volontiers.


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Les parents qui s’ignoraient, Maeva connaissait. Enfin, non. Sa mère ignorait son père. Son père, lui, avait maintenu pendant longtemps qu’il aimait encore son ex-femme, avant de tenir un tout autre discours sur elle, tentant par tous les moyens possible de la décrédibiliser aux yeux de l’adolescente, qui, par esprit de contradiction, et par solidarité, refusait d’y croire un mot. Mais elle se sentait désolée pour Noah, parce qu’elle savait pertinemment que cette situation n’était pas des plus faciles. A la longue, on parvenait à trouver quelques avantages à avoir des parents divorcés, mais, le plus souvent, c’était la lassitude de les voir si indifférents l’un de l’autre qui prenait le dessus. Parfois, Maeva n’arrivait même à croire qu’ils avaient été mariés un jour. Et amoureux. Aussi, elle posa un regard compréhensif sur son ami, et lui adressa un léger sourire, un peu mal à l’aise d’avoir amené la conversation sur un sujet sensible comme celui-ci. Elle ferait attention, la prochaine fois, nota-t-elle en fronçant les sourcils, tout en plongeant sa cuillère dans sa coupe de glace.

« Je comprends. » répondit-elle, lorsqu’il déclara ne pas vouloir que ses parents retrouvent quelqu’un tout de suite. « Puis, de toute façon, tu n’as pas à te préoccuper de ça. » lança la jeune fille avec un sourire qu’elle voulait réconfortant.

Si le père ou la mère de Noah retrouvait quelqu’un… Eh bien, son ami ne pourrait que faire avec. Mais, en attendant, il n’avait pas à se tracasser avec ça. Et puis, il pouvait se considérer comme chanceux, lui, au moins, il n’aurait pas Eden comme belle-mère ! A moins qu’elle ait des sœurs, évidemment. Ou pire, une sœur jumelle. Chose qui, vraiment, serait vraiment – mais alors vraiment – horrible.

« Comment est Peter, en dehors des cours ? » l’adolescente, ravie de pouvoir changer de sujet, se mit à réfléchir au sujet de leur professeur. « Il est… Normal. Comme un adulte, en fait. Il est même plutôt sympa, en vérité. Mais il ne boit pas de thé. » se sentit obligée de préciser Maeva – et elle trouvait ça étrange. « Mais ça va. Je pensais que ce serait plus difficile de l’accepter. »

En même temps, vu la réaction qu’elle avait eu lorsque sa mère lui avait annoncé qu’elle était enceinte de son professeur de runes, c’était compréhensible. Esquissant un sourire un peu coupable lorsqu’elle se repassa la scène intérieurement, Maeva finit par reporter son attention sur Noah. Les deux amis parlèrent longuement en dégustant leurs glaces, avant de se quitter sur la certitude qu’ils se reverraient le premier septembre, dans le Poudlard Express. La quatrième année, songea Maeva alors qu’elle marchait sur le Chemin de Traverse, oui, ça sonnait définitivement bien. Cette année allait être formidable, elle en était certaine !

RP TERMINE


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Gryffondor esseulé recherche ami [Maeva]

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