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 Les anciennes [Amelia & Nathalie]

Amelia PevensieAncien personnageavatar
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15 juin 2007

Que faisait-elle là? Pourquoi avait-elle écouté Eden? Pourquoi se retrouvait-elle dans un endroit où elle n'avait strictement aucune envie d'être?
Elle jeta un regard noir à la grande maison se trouvant devant elle, se demandant si elle pouvait encore avoir le temps de s'enfuir, de rentrer chez elle et d'occuper son après-midi à quelque chose de plus important que cette stupide réunion.
Mais Eden avait toujours sa main sur son bras, la tenant fermement comme pour lui montrer qu'il n'avait strictement aucune intention de la laisser se défiler. Alors elle se laissait entraîner, ne laissant rien paraître sur son visage de ses pensées, mais ayant néanmoins une envie furieuse de tuer son meilleur ami.
 
Elle n'avait rien vu venir, au premier abord. Il était arrivé chez elle, comme souvent, et s'était assis dans son atelier tandis qu'elle lavait ses pinceaux. Elle lui avait juste sourit, finissant calmement de tout nettoyer. Elle était debout depuis cinq heures, réveillée par un mauvais rêve, et avait travaillé sur la toile de Léopold Marchbanks depuis. Les mauvais rêves, les cauchemars s'étaient fait fréquents depuis qu'elle avait quitté la Chine, et elle ne savait pas pourquoi. Elle se réveillait très souvent en sueur, terrifiée par des images qu'elle oubliait aussitôt, mais qui la laissaient dans un état tel qu'il était impensable pour la jeune femme de se rendormir.
Alors elle se levait, quittant sa chambre plongée dans la pénombre, et se préparait un thé, avant de se plonger dans sa peinture. Cela l'aidait à oublier, à se relaxer, à ne plus faire attention à rien si ce n'est à la peinture qu'elle posait sur la toile et aux sorts qu'elle y lançait.
Elle s'était débarassée de la grande blouse blanche qu'elle portait, avait d'un coup de baguette fait léviter son plateau et avait servi une tasse de thé à son meilleur ami, lui demandant ce qui l'amenait chez elle si tôt.
 
Il avait bu une longue gorgée de thé avant de lui répondre posément:
 
" J'ai été invité à la réunion des anciens élèves de notre année. "
" Comme chaque année, non? "
 
C'était ce qu'il lui écrivait lorsqu'elle habitait encore en Chine, que chaque année les mêmes anciens élèves lui écrivaient pour l'inviter à une fête qu'il qualifiait "fête de l'hypocrisie ambiante". Selon lui, tous cherchaient à donner l'image qu'ils s'entendaient tous parfaitement bien, ignorant les morts et les prisonniers qui ne venaient jamais. Alors chaque année depuis qu'il était sorti de Poudlard, il avait toujours trouvé des excuses, invoquant son travail ou sa vieille mère malade pour ne pas avoir à s'y rendre.
Quand à Amelia, elle n'y avait tout simplement jamais été invitée. Peu étaient ceux, en dehors des Serpentard, qui devaient se souvenir de son existance. Elle avait été discrète, effacée, toujours plongée dans ses dessins, ne cherchant pas tellement la compagnie des autres et avant tout une Serpentard durant la guerre. Elle n'était donc pas le genre de personne dont on cherchait la compagnie. Avoir entendu de la bouche d'Adonis qu'Astoria se souvenait d'elle avait presque été un choc, vu que sa camarade l'avait toujours traitée comme si elle était transparente.
 
" De toute manière, tu ne vas pas y aller, alors ne me dit pas que tu es venu simplement pour me dire ça. "
" Je voudrais que tu viennes avec moi. "
 
Elle s'était immobilisée, complètement incrédule. Il plaisantait. Il avait refusé de s'y rendre chaque année, et maintenant qu'il était là il voulait l'entraîner avec elle?
 
Mais pourtant, elle était là. Pour faire plaisir à son meilleur ami. Alors que tout le reste d'elle-même mourrait d'envie de se trouver ailleurs.
Amelia ouvrit la bouche, tentant de dire à Eden qu'elle ne se sentait pas suffisamment bien pour continuer, mais cet idiot avait déjà toqué à la porte. Avec un grand sourire. Alors elle se contenta de jurer intérieurement et de planquer sur son visage un sourire de circonstance. Elle était très douée pour cela.
Mais lorsque la porte s'ouvrit et qu'une jeune brunette se jeta sur son meilleur ami avec un cri aiguë, le serrant de toutes ses forces dans ses bras, son sourire se figea. Qui c'était, cette folle? Et de quel droit se jetait-elle ainsi sur son meilleur ami?
 
" Eden! Tu as enfin pu venir! "
" Oui, oui, moi aussi je suis content de te voir, Lucia… Tu pourrais me lâcher, s'il te plaît? "
 
Elle s'écarta enfin, et Amelia lui offrit un sourire visiblement forcé. Lucia Goodwill. Elle était dans leur année, à Poufsouffle si ses souvenirs étaient exacts. Les seuls souvenirs qu'elle en gardait étaient ceux d'une espèce de pie jacassante, toujours à parler trop fort et à glousser devant les garçons. Et qui la méprisait ouvertement, accessoirement.
 
" Et tu es… "
" Amelia Pevensie. J'ai quitté l'école en troisième année, c'est possible que tu ne te rappelles pas de moi. "
 
Elle la détailla  de haut en bas, de manière très peu subtile, et la blonde dut se retenir de croiser ses bras sur sa poitrine dans un geste défensif.
 
" Tu ne m'avais pas dit que tu t'étais trouvé une fiancée, Eden. "
 
La jeune femme faillit s'étouffer en entendant ça, ouvrant la bouche pour la contredire mais Eden dans le dos de Lucia lui jeta un regard suppliant en secouant la tête de gauche à droite. Visiblement, il n'avait strictement aucune envie de devoir supporter la compagnie de la jeune femme, habillée comme une allumeuse et outrageusement maquillée. Alors elle referma la bouche, se contentant d'un sourire forcé.
 
" Nous préférerions garder ça pour nous, Lucia, tu comprends… "
" Oh, mais bien sûr que tu peux compter sur moi, tu sais, on se connaît depuis tellement longtemps… "
 
Et tout en continuant à jacasser, elle les entraîna à sa suite dans la grande maison. Eden se glissa à ses côtés, tout en lui chuchotant qu'ils pouvaient être sûrs que toute l'assemblée serait au courant de leurs prétendues fiançailles dans l'heure qui suivrait. Amelia se retint de lui répondre qu'elle n'avait strictement aucune envie de jouer les fausses fiancées à chaque fois que cela l'arrangeait lui. Elle comprenait que des jeunes femmes lui fassent les yeux doux: il était jeune, il était plutôt mignon, il avait une situation stable et il avait réussi à garder une grande partie de l'argent familial, ce qui faisait qu'il était plutôt à l'abri du besoin.
Et elle comprenait également qu'Eden n'ait qu'une envie : les fuir.
Mais ce n'était pas une raison pour lui faire porter le chapeau de la fiancée!
 
Alors, durant plus d'une heure, elle sourit, répondit de manière polie et calme à toutes les questions qu'on lui posait, rougissant franchement aux sous-entendus que quelques-uns lançaient quant à sa relation avec Eden. Ils avaient bien compris qu'elle était censée être secrète, mais elle eut droit à tout. Des félicitations discrètes aux sous-entendus salaces.
Et elle en avait assez. Elle avait toujours été capable de faire face aux réunions mondaines, elle en avait vécu beaucoup en Chine, mais habituellement elle n'avait à faire face à aucune remarque sur sa vie privée, mis à part quelques personnes demandant quand Liu et elle avaient l'intention de se marier.
Elle n'était absolument pas préparée à faire face à tout ça.
 
Dès qu'elle le put, elle se précipita à l'intérieur, fuyant les gens à l'extérieur. La plupart ne se rappelaient pratiquement pas d'elle, et elle n'avait strictement rien à leur dire. Elle se laissa choir dans un des grand canapés, fermant les yeux et tentant d'oublier tout ce qui se passait autour d'elle. Elle aurait tellement voulu être ailleurs…
 
Mais aussitôt, Lucia entra dans la pièce, signifiant de sa voix stridente:
 
" Amelia, le déjeuner est servi dans le jardin! "
 
Elle avait vraiment envie de s'enfouir la tête dans le sol, de ne plus prêter attention à qui que ce soit. Mais elle devait rester, pour l'honneur. Alors elle eut un sourire pincé, et suivit la brunette vers le jardin.
Avec un sourire prétendument complice, Lucia lui glissa qu'elle ne la mettrait bien entendu pas à côté d'Eden, pour éviter les racontars. Comment devait-elle le prendre, franchement? C'était elle qui l'avait dit à tout le monde!
Mais elle était déjà partie, alors la blonde se laissa tomber sur une chaise, comptant mentalement les heures qui lui restait avant de pouvoir s'éclipser sans sembler grossière. Il en restait trop. Beaucoup trop.
 
Elle s'aperçut que tous s'étaient assis. Il y avait quantité de petites tables rondes, où avaient pris place une petite dizaine de personne à chaque fois. Elle aperçut Eden à l'opposé d'elle, en grande discussion avec un garçon qu'elle reconnut vaguement comme un ancien Serdaigle, et il ne semblait pas du tout avoir l'intention de venir la tirer de là.
 
Et à sa table ne se trouvait pour le moment qu'un groupe d'hommes en grande discussion sur un sujet extrêmement philosophique auquel elle ne comprenait rien. Absolument génial. Elle releva juste la tête lorsqu'une jeune femme s'installe à sa gauche. Une brunette, avec un grand sourire, qu'elle ne connaissait pas. Mais bon, cela ne voulait absolument rien dire, parce qu'elle ne connaissait pas la moitié des personnes présentes, à part peut-être Astoria qu'elle avait aperçu lorsqu'elle était arrivée, avec sa famille au complet.
Mais au moins, elle n'était plus seule à une table où tous les autres parlaient entre eux. Alors même si c'était pour entendre de nouveau des commentaires sur sa "relation" avec Eden, elle était prête à faire des efforts. Rester là sans rien dire, sans rien faire, non merci.
 
" Bonjour! Je suis Amelia Pevensie. Je suis désolée, j'ai quitté l'école tôt, donc je ne me rappelle pas de tout le monde… Tu es? "



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Nathalie ParkerMolduavatar
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Nathalie aimait les dimanches. C’était le meilleur des jours de la semaine, celui où on pouvait traîner au lit plus longtemps que d’habitude, puis se traîner jusque dans la cuisine pour le petit-déjeuner, et continuer à traînasser ainsi…jusqu’à ce qu’un petit garçon en pleine forme et n’ayant aucune envie de traîner le dimanche matin se jette sur elle pour la persuader de faire quelque chose. Ce dimanche matin-là, ce moment était arrivé un peu plus tôt que d’ordinaire, Nathalie était encore dans son lit, appréciant que le réveil ne sonne pas, les yeux encore mi-clos, avachie sous sa couette. Le soleil perçait entre les stores de la chambre, et elle plissa les yeux lorsqu’un rayon les atteignit. Il avait l’air de faire beau, aujourd’hui. Tant mieux, puisqu’elle avait prévu de sortir. Cette réunion d’anciens élèves était vraiment une bonne idée, il faudrait qu’elle pense à remercier l’organisateur de ce projet. Il y avait tellement de personnes qu’elle avait perdues de vue, après avoir quitté Poudlard ! Elle se rappelait de sa partenaire de potions, Patty…Patty comment, déjà ? C’était fou comme on oubliait vite les gens. Elle était gentille, cette fille, c’était dommage d’avoir perdu le contact. Perdue dans ses pensées, la jeune femme sursauta lorsqu’elle entendit la porte de sa chambre grincer. Elle se retourna et vit la frimousse de son fils apparaître dans l’encadrement de la porte.

« Je suis réveillé, Maman ! »

Nathalie sourit. En effet, elle voyait bien qu’il était réveillé. Réveillé et levé, même. Elle se redressa sur un coude pour regarder l’heure qui s’affichait sur le radioréveil. 8h47. Elle soupira et se laissa retomber sur les oreillers.

« Il est tôt, Lenny, tu ne veux pas dormir encore un peu ? On a tout le temps de dormir, le dimanche. »

Maintenant entré dans la chambre, doudou à la main, le petit garçon paru prendre un temps de réflexion avant de répondre.

« Non, j’suis plus fatigué ! »

Il bondit sur le lit de sa mère, dont les ressorts commençaient sérieusement à fatiguer et s’amusa quelques instants à les faire grincer en sautillant à genoux sur le matelas. Nathalie regarda son fils. En effet, Lennon n’avait pas vraiment l’air fatigué. En revanche, elle n’avait pas besoin de miroir pour savoir qu’elle avait très certainement l’air encore endormi, elle. Le sommeil avait été long à venir, et elle avait besoin, comme souvent, de son dimanche matin pour rattraper la fatigue accumulée sur la semaine.

« Je suis encore un peu fatiguée, moi, tu sais. Je voudrais bien me reposer encore un peu, il n’est même pas neuf heures. »

Arrêtant de faire grincer le lit, au grand soulagement de Nathalie qui sentait le mal de crâne venir s’il avait continué, le petit garçon eut un petit air déçu.

« Tu peux aller regarder la télé, si tu veux, mais moi, je reste encore un peu au lit. »

« ‘Peux rester avec toi ? J’fais pas de bruit, promis ! »

Aussitôt, il se glissa sous la couette, et se roula en boule contre sa mère. Nathalie l’entoura de ses bras, laissa reposer son visage contre ses cheveux et ferma les yeux. Elle se rendormit presque instantanément.

La jeune femme fut brusquement réveillée une heure plus tard par sa chouette Mimmi, qui s’était mise à pousser des cris aigus, ayant visiblement décidé que c’était l’heure de son petit-déjeuner. Nathalie s’extirpa de son lit, en prenant soin de ne pas réveillé son fils qui s’était profondément rendormit, lui aussi. Elle enfila ses chaussons et sortit de la chambre à pas de loup, refermant doucement la porte derrière elle. Elle se dépêcha de nourrir Mimmi, qui se tut aussitôt pour mieux s’empiffrer. La jeune femme brancha sa cafetière, qui faisait un raffut épouvantable, et songea qu’un de ces jours, cette vieille machine n’allait pas tarder à lâcher… Elle sortit la margarine du réfrigérateur et l’étala sur son pain d’un air distrait, et mangea sa tartine, encore un peu endormie, assise le plan de travail, en attendant que la cafetière termine de crachoter laborieusement son café dans son mug « Best Mom Ever », que Lennon avait peint à l’école. Mimmi vint se percher sur son épaule et farfouiller dans ses cheveux avec son bec. Elle s’attacha rapidement les cheveux pour éviter d’avoir des nœuds et caressa vaguement le plumage de la chouette. C’est à ce moment-là que son fils sortit de la chambre en se frottant les yeux, la trace rouge de l’oreiller encore marquée sur sa joue. Nathalie eut un sourire attendri et posa sa tartine pour venir le prendre dans ses bras. Mimmi quitta son épaule et voleta dans la pièce avant de se poser autre part. Lennon se blottit contre sa mère et posa sa tête sur son épaule.

« Bien dormi ? » demanda-t-elle.

« Non, j’ai pas dormi ! »

Il secoua la tête pour tenter d’en persuader Nathalie, ce qui fit rire celle-ci. Elle haussa un sourcil et sourit.

« Ah bon, tu n’as pas dormi ? Ah, j’avais cru. »

Elle sourit affectueusement et lui ébouriffa les cheveux et alla sortir de quoi prendre le petit-déjeuner sur la table.

« Tu manges tout seul comme un grand ? Je vais prendre ma douche. D’accord ? »

Lennon hocha la tête et s’installa à la table, tandis que la jeune femme entrait dans la salle de bain. Elle prit une rapide douche fraiche, et enfila un jean et un chemisier rouge assez simple qu’elle aimait bien. Au contact du carrelage froid, elle s’aperçut qu’elle avait dû laisser ses chaussons dans la pièce à vivre. Lorsqu’elle quitta la salle d’eau, elle trouva son fils attablé au même endroit qu’elle l’avait quitté, en train de faire les labyrinthes au dos du paquet de céréales au chocolat. Il se retourna aussitôt.

« Mamaaan, les crayons de couleurs, ça marche paaaas dessus ! »

En effet, avec un crayon de couleur jaune sur du carton imprimé, il y avait de grandes chances pour que le petit garçon n’arrive pas à grand-chose.

« C’est normal, chéri, c’est du carton. Et puis le jaune, ça se voit pas. Prend un stylo à bille dans le tiroir, plutôt. »

Ayant récupéré ses chaussons, elle retourna dans la salle de bains donner un coup de brosse sur ses cheveux, après les avoir séchés d’un coup de baguette. Elle entendit Lennon pester dans le salon.

« Maman, le stylo, il a fait un trou dans le paquet ! »

« Appuie moins fort, Lenny ! »

« D’accoooord ! »

Elle l’entendit fouiller sans grande délicatesse dans un tiroir, et passa la tête par l’encadrement de la porte. Elle le sourit en voyant son air triomphant lorsqu’il en extirpa un rouleau de scotch pour réparer le labyrinthe perforé tout le long du chemin parcouru par le stylo. Nathalie revint dans la cuisine et ouvrit le frigo, constatant qu’il allait être nécessaire de faire les courses.

« Je te fais un sandwich pour ce midi, Lennon, qu’est-ce que tu veux, dedans ? »

« Des bonbons ! »

Au vu du sourire malicieux qu’il avait sur la figure, le petit garçon devait trouver sa plaisanterie très amusante. Nathalie rit, et se replongea dans le frigidaire. Elle en ressortit le ketchup, élément invariable des sandwichs de son fils, ainsi que des tomates et du fromage.

« Tomate/fromage, ça te va ? »

« Oui ! Avec des cornichons ! »

Nathalie acquiesça. Ces derniers temps, Lennon s’était mis à adorer les cornichons et profitait de chaque occasion pour en manger. Tartines de cornichons au goûter, cornichons dans les sandwichs, cornichons en guise de pop-corn devant la télé…elle l’avait même surpris un matin à manger des cornichons à la confiture. Ce gamin était devenu une ruine en cornichons ! Elle lui fit donc son casse-croûte et l’emballa dans un plastique. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge. 11h.

« Tu termines ce que tu fais, et je t’emmène chez la voisine, compris ? Emmène quelque chose à faire, je ne rentrerais pas avant longtemps. »

« Tu vas où ? »

« Je te l’ai déjà dis, Lenny, je vais voir des amis de quand j’étais petite. Ça fait longtemps que je ne les ai pas vus. »

Le petit garçon hocha la tête, et une demi-heure plus tard, il était chez la voisine et Nathalie profita du temps qui lui restait avant de partir pour ranger la pièce à vivre et nettoyer la cuisine. Elle effaça un post-it collé sur le frigo d’un coup de baguette et inscrivit une nouvelle liste de courses dessus. Puis elle enfila sa veste légère, mis ses chaussures, emporta son sac à main après avoir pris le soin d’y ranger un parapluie et quitta l’appartement, verrouillant soigneusement la porte derrière elle. La jeune femme descendit par les escaliers. L’ascenseur de l’immeuble était réputé pour tomber en panne régulièrement, et puis un peu d’exercice ne faisait pas de mal. Elle sortit du bâtiment, se retourna vers les fenêtres de l’immeuble et fit un signe de la main à son fils qui attendait à la vitre de la voisine. Elle alla ensuite dans une minuscule impasse un peu plus loin, qui servait de local à poubelle, pour transplaner. La jeune femme avait rapidement fait le choix de ne pas transplaner de chez elle : les voisins finiraient par trouver étrange de ne jamais la voir quitter l’immeuble ou la croiser dans les couloirs.

Nathalie arriva devant une grande maison, qu’elle trouva très jolie, bien qu’un peu impressionnante, avec un jardin fleuri. Elle alla sonner à la porte, replaçant une mèche de cheveux qui lui revenait sans cesse dans le visage. Elle allait voir des gens qu’elle n’avait pas vus depuis ce qui lui semblait être une éternité, elle tenait à être présentable. Dès qu’elle entendit le déclic de porte qui s’ouvrait son sourire aimable s’afficha automatiquement sur son visage. Quelques millièmes de secondes plus tard, son ancienne camarade de dortoir lui avait sauté dans les bras. Nathalie lui rendit gentiment son étreinte, et eut la politesse de ne pas lui faire remarque qu’elle l’écrasait un peu. Lucia se mit à papoter joyeusement, ou plutôt à monologuer joyeusement pendant quelques secondes, lui disant à quel point elle était heureuse de la voir – « ça faisait une éternité ! » - et combien elle lui avait manqué, et comme elle était contente d’avoir enfin de ses nouvelles.

« Oui, Lucia, moi aussi, je suis ravie de te revoir ! »

Son ancienne condisciple la conduisit auprès des autres convives. La plupart était des visages plus ou moins familiers mais certains semblaient être venus avec leur conjoint. Tant mieux, elle aimait bien faire de nouvelles connaissances, en plus de renouer avec ses anciens camarades de classe. Le temps avait passé tellement vite, depuis Poudlard ! Tant de choses s’étaient passées ! Mais le contact fut relativement facile à renouer, pour la jeune femme, et rapidement, au fil des discussions, on essaya de rattraper le temps perdu. L’ambiance était légère et agréable, et les anciennes compagnes de dortoir riaient des querelles d’autre fois.

Vint ensuite l’heure de passer à table, dans le jardin, et Nathalie prit place aux côtés d’une jeune femme dont elle n’avait pas le souvenir. Celle-ci se présenta et lui expliqua qu’elle avait quitté Poudlard tôt. Voilà pourquoi son visage ne lui rappelait pas grand-chose.

« Je m’appelle Nathalie Parker, enchantée de refaire ta connaissance ! J’étais à Poufsouffle, et toi ? »

Elle promena son regard sur toutes les personnes rassemblées dans le jardin.

« C’est fou comme le temps passe vite, hein ? Il y a tellement de gens que j’avais oublié…des souvenirs que j’avais oublié aussi. On a tous bien changé, depuis Poudlard ! Mais tu m’as dit que tu avais quitté l’école plus tôt que nous, c’est ça ? »

Leur scolarité avait été plutôt mouvementée, les premières années, sans compter sa cinquième année qu’elle avait passée à l’étranger. Elle comprenait que certains parents aient pu vouloir mettre leurs enfants en sécurité ailleurs, elle aurait probablement fait la même chose pour son fils dans un tel contexte.


Amelia PevensieAncien personnageavatar
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Nathalie Parker… Elle l'observa tout en parlant, tentant de retrouver au fond de sa mémoire quelque chose, un souvenir, un son de voix, un rire, une image qui pourrait la rattacher à quelque chose. Mais rien. Ce n'était pas très étonnant, de toute manière. Même les visages des gens qu'elle avait fréquenté durant trois ans, même ceux dont elle avait partagé la chambre avait tendance à être un peu flous. Elle avait eu un choc en revoyant Astoria, se souvenant de son visage d'une manière totalement différente.

Alors essayer de se rappeler de quelqu'un qui n'était même pas dans sa maison, avec qui elle avait donc peu de chance d'avoir travaillé ou d'avoir eu des liens, c'était mission impossible. Peut-être qu'un jour, en rouvrant ses carnets d'enfants, elle redécouvrirait son visage sur un croquis, mais il ne lui disait rien.

" Non, j'étais à Serpentard, répondit-elle à la question de la jeune femme. "

Elle n'avait plus qu'à espérer que cela ne la bloque pas dans sa discussion… Quoique, la guerre était loin, les rancœurs devaient s'être aplaties, les inimités s'être adoucies. Elle avait entendu que les Serpentards de Poudlard n'avaient plus du tout la même réputation, qu'ils étaient beaucoup plus mixtes dans leurs origines également. Le changement avait été long à venir, pensa-t-elle de manière amère. A son époque, le Choixpeau l'avait placé à Serpentard en pensant qu'une Née-Moldue parviendrait peut-être à faire changer les mentalités… C'était toute la maison des verts et argents qu'il aurait fallu changer. Pas juste la rajouter, elle.

Elle hocha la tête lorsque la jeune femme évoqua tous les souvenirs qui remontaient à la surface. C'était vrai, dans un sens. Pas forcément des souvenirs joyeux, même si elle n'avait pas été foncièrement malheureuse à Poudlard. Pas à sa place, pas désirée, mais elle avait eu Eden, elle avait eu le dessin, elle avait eu les cours pour s'échapper un peu du quotidien un peu dur de la salle commune des Serpentards.

" Je suis partie en Chine au milieu de ma troisième année. Ma mère trouvait que c'était trop dangereux pour nous de rester en Europe, avec la guerre. "

Ils avaient été les premiers à partir, elle le savait. Après, beaucoup d'enfants, les nés-moldus et quelques Sang-mêlés, avaient été envoyés à l'étranger l'année où Voldemort avait pris le contrôle de Poudlard. Peut-être que Nathalie avait été envoyée à l'étranger, elle n'en savait rien.
Elle évitait, habituellement, de parler de la guerre. Déjà parce qu'elle ne l'avait pas vécu, et qu'en Chine, personne n'en parlait. Pourquoi s'inquiéter de quelque chose qui se passait de l'autre côté de la Terre, sérieusement? La seule manière dont elle avait été touchée, c'était parce que ses proches s'étaient retrouvés blessés par celle-ci. Eden, sa mère… Et elle avait été lâche, elle était restée en Asie. Refusant de rentrer tant que les blessures de la guerre n'avaient pas commencé à cicatriser.

" Et puis… j'ai fini ma scolarité à Pékin, j'y suis rentrée à l'université, j'ai commencé à travailler là-bas. Maintenant, c'est avec l'Europe que j'ai un peu de mal à me réacclimater, sourit-elle. "

Elle avait vraiment eu du mal, au départ. Elle était Anglaise, mais tout était tellement différent de ce qu'elle avait quitté presque dix ans auparavant que c'était comme si elle redécouvrait un nouveau pays. Elle avait fait des faux pas, elle s'était pris des claques, parfois. Heureusement qu'elle avait eu Eden, heureusement qu'elle savait que ses parents, de l'autre côté de la Terre, croyaient en elle.

" Mais, tout ça, c'est du passé. Qu'est-ce que tu fais, dans la vie? "

C'était loin, tout en étant proche. Mais elle, elle avait décidé de le laisser derrière, de ne pas trop réfléchir dessus. C'était passé, on ne pouvait plus rien y changer. Autant regarder devant, vers le futur, et apprécier le présent. Et son présent, pour le moment, c'était rencontrer cette jeune femme, qu'elle avait côtoyé durant trois ans sans jamais la connaître. On peut toujours rattraper le temps perdu, de toute manière.



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
Nathalie ParkerMolduavatar
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Amelia déclara avoir été à Serpentard, mais cela n’aida pas du tout Nathalie à se la rappeler.

« Pour tout te dire, je ne me souvenais pas de toi non plus ! » avoua-t-elle en riant.

A son époque, la rivalité entre les maisons était plus qu’exacerbée, et les élèves se mélangeaient trop rarement à son goût. Avec son caractère naturellement sociable, ouvert et avenant, Nathalie avait été étonnée, à son arrivée à Poudlard, de voir certains des enfants avec lesquels elle avait sympathisé dans le train ne plus lui adresser la parole par la suite. Des petits Serpentard pour la plupart, d’ailleurs, qui la snobaient à cause de son statut du sang, ou qui prenaient les Poufsouffle pour des imbéciles, mais Amelia n’avait pas l’air d’être de ceux-là. Les raisons de son départ de Poudlard vinrent appuyer sa première impression. Elle avait fui la guerre, elle ne faisait donc pas partie de la première catégorie, et Nathalie en était bien heureuse car la situation aurait pu être légèrement embarrassante dans ce cas. Même si elle n’était pas rancunière, elle savait bien que ce n’était pas le cas de tout le monde, son père, par exemple, faisait toujours la tête à un certain Billy Griffiths qui lui avait volé ses billes quand il avait six ans et ne le saluait jamais quand ils se croisaient. Mais puisqu’elles ne se souvenaient absolument pas l’une de l’autre, et que Poudlard devait paraître à Amelia encore plus lointain qu’à Nathalie, ce qui n’était pas peu dire, la jeune femme profita du fait qu’elle mentionne la Chine pour embrayer sur un autre sujet de conversation que leur court passé commun à Poudlard.

« En Chine ? C’est génial ! Ça a dû être une super expérience ! »

Quoique sûrement un peu brusque et dépaysant pour une enfant de treize ans. Elle-même aurait probablement été totalement déstabilisée. Nathalie avait besoin de sa routine et de ses habitudes, elle avait toujours été comme ça. Cependant, entendre parler d’une aventure comme celle-là l’intriguait et lui faisait envie. Cela lui paraissait tellement lointain et exotique, la Chine ! Et même si elle n’imaginait pas une seule seconde se déraciner et quitter travail, famille et amis pour partir loin et longtemps, l’idée d’un petit voyage à l’étranger la faisait rêver. Peut-être un jour, qui sait…
Elle sourit lorsqu’Amelia confia qu’elle peinait maintenant à se ré-acclimater à l’Angleterre. C’était compréhensible, sûrement, mais Nathalie n’arrivait pas à imaginer ce que cela faisait de se sentir dépaysée par son propre pays. Lorsqu’elle avait dû quitter l’Angleterre, en cinquième année, elle n’avait eu qu’une hâte : rentrer. Elle y avait pensé tous les jours, sans exception, et avait accueilli le retour avec une joie indicible. Mais la situation d’Amelia était très différente, elle était partie bien plus longtemps, et avec les siens. Elle avait eu le temps de faire sa vie, là-bas. D’ailleurs, en parlant de faire sa vie, la jeune femme venait de lui demander ce qu’elle devenait.

« Oh, je travaille pour le SPAM ! » s’exclama-t-elle avec un enthousiasme sincère. Elle avait plus que pris goût à son rôle d’espionne, même si elle avait toujours un petit pincement de cœur à se jouer de certains de ses collègues qu’elle appréciait beaucoup. « Je suis secrétaire, rien de bien glorieux, mais j’aime ça, c’est un chouette métier. »

Elle aimait se sentir utile, savoir que grâce à elle tout était bien organisé, rangé, efficace.

« Je vis à Bristol avec mon fils. »

Comme à chaque fois qu’elle mentionnait Lennon, elle craignait un peu qu’on lui demande où était le père, ce qui avait bien pu arriver pour qu’elle se retrouve toute seule ou d’autres questions indiscrètes, sans compter les exclamations affligées de certains qui se demandaient comment le petit allait pouvoir grandir ainsi sans repère masculin ni autorité –parce qu’une femme, évidemment, était incapable de faire preuve d’autorité, voyons. Cela avait le don d’agacer Nathalie, qui restait généralement calme malgré l’énervement que cela lui causait et s’efforçait de répondre posément que ce n’était pas de sa faute, que Lenny passait beaucoup de temps avec ses grands-parents (surtout aux cours de danse de sa grand-mère, en vérité, mais elle préférait passer sur ce détail face à ce genre de personnes), et que, si elle voulait, elle était entièrement capable de faire preuve d’autorité, mais que là n’était pas son but avec son fils. Elle voulait que Lennon soit un enfant épanoui capable de réfléchir par lui-même, pas un petit robot. C’était fou ce que les personnes de son âge pouvaient se montrer conservatrices, parfois ! songea-t-elle.

« Et toi, qu’est-ce que tu deviens ? » demanda-t-elle, curieuse.


Amelia PevensieAncien personnageavatar
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La jeune femme lui assura en riant qu'elle ne se souvenait pas d'elle non plus, ce qui permit à Amelia de se sentir moins coupable. Elle n'avait strictement aucune raison de l'être, elle le savait, cela faisait plus de dix ans qu'elle n'avait plus vu aucune des personnes présentes. Et qu'est-ce que les gens pouvaient changer en dix ans… Ou bien était-ce juste les impressions, les souvenirs, les images qu'on avait d'eux qui changeaient?
Elle n'avait jamais été très intégrée, de toute manière. Que ce soit à l'école primaire, dans le Londres moldu, ou à Poudlard, ou même en Chine, même si la situation était différente. Elle n'avait jamais eu besoin de beaucoup de gens autour d'elle, et ne comprenait pas vraiment ces gens avec un nombre d'amis pharaonique. Elle avait eu Eden à Poudlard, puis Li Wei et Liu en Chine, et cela lui avait toujours suffit. Elle n'avait jamais été quelqu'un de très sociable, qui ait besoin des autres et de leur présence pour survivre. La solitude lui allait très bien, elle en avait même besoin, pour vivre. Elle appréciait la présence des autres, mais au bout d'un moment, la seule chose qu'elle voulait faire était partir et passer du temps seule, avec elle-même, à réfléchir et faire le point.
Elle adressa un sourire à Nathalie, puisque tel était son nom, lorsque celle-ci évoqua la Chine, et l'expérience magnifique que cela avait dû être pour elle. Lorsqu'elle était partie, elle se rappelait en avoir un peu voulu à ses parents, de l'arracher de Poudlard alors qu'elle commençait enfin à trouver sa place. Mais elle était tombée amoureuse de la Chine, elle y avait grandi, s'y était épanouie, y était devenue une adulte.

" C'était… très étrange, au départ, vu que tout me semblait différent: la langue, les mentalités, l'enseignement… Mais j'ai plus de souvenirs en Chine qu'en Europe, vu que c'est là que j'ai passé la majeure partie de ma vie. Elle me parait plus être mon pays que l'Angleterre, assez étrangement. "

Elle était partie avec sa famille, sans vraiment savoir quand est-ce qu'ils rentreraient, ni même si ils rentreraient. Et le futur leur avait montré qu'elle avait été la seule à le faire. Ses parents étaient toujours à Shanghai, Loïs était parti aux Etats-Unis, Eleane était dans les environs de Hong Kong et Lena était on ne savait trop où en Europe. Elle était celle qui, selon les dires de tous, était le plus à l'aise, avait le plus adopté la culture de son pays d'adoption, et pourtant elle était celle qui était revenue dans son pays d'origine. Et qui n'avait aucuns plans de repartir dans l'empire du milieu. Elle savait que Loïs, une fois ses études finies, voulaient monter un entreprise en Chine, elle savait qu'Eleane avait l'intention d'y rester, et Merlin seul savait ce que Lena voulait.

Elle ne se sentait pas tellement chez elle en Europe, mais elle savait également que se croire chez elle en Asie avait été une illusion: sa nationalité était écrite sur son visage, dans ses boucles blondes, dans ses yeux bleus. Elle n'était chez elle nulle part, au fait, toujours à cheval entre deux pays sans vraiment se sentir vraiment appartenir à l'un ou à l'autre. Elle enviait, d'un certain côté, tous les gens qui possédaient une vie normale, qui n'avait pas l'impression de ne pas appartenir au pays dont ils habitaient. Des gens comme Nathalie, par exemple, qui n'étaient jamais partis de leur pays avec l'idée qu'ils n'y retourneraient sans doute jamais.
Et en plus, elle travaillait pour la SPAM, un des grands partis politiques sorciers anglais. Elle s'investissait dans la vie de celui-ci, cherchait à faire bouger les choses… Quelque chose qu'Amelia n'avait jamais eu envie de faire. La politique lui passait largement au-dessus de la tête, du temps qu'on ne lui demandait pas de changer sa manière de vivre.

" Je pense que j'ai déjà du vous croiser dans les rues, j'habite Bristol également. Et ton fils, quel âge a-t-il? Il est encore petit, non? "

Elle aimait beaucoup les enfants, Amelia. Elle s'était beaucoup occupée de Lena, de huit ans sa cadette, lorsqu'elle était enfant, sous la supervision amusée de son père et de sa mère. Elle n'avait pas tellement accordé d'attention aux deux plus grands, lors de leur naissance, et bizarrement, elle se transformait en grande sœur protectrice quand on en  venait à la cadette. Et elle avait gardé ce rôle de protectrice envers la dernière de ses sœurs, en grandissant. Loïs avait pris la place du grand frère protecteur, Eleane s'était éloignée du reste de la famille.
Elle avait eu une famille géniale, elle le savait. Et elle espérait vraiment que si un jour elle fondait une famille, si un jour elle avait des enfants, ils auraient la même confiance les uns dans les autres qu'elle avait eu en ses parents et en ses frères et sœurs. Elle avait même confiance en Eleane, même si elles avaient du mal à se voir sans se disputer.

" Je suis artiste peintre, j'ai une galerie à Bristol. Sinon, mon crétin de meilleur ami que tu vois là-bas n'a rien trouvé de mieux que de dire à Lucia que nous étions fiancés pour qu'elle lui fiche la paix, mais sinon j'habite seule au-dessus de ma galerie. "



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Nathalie ParkerMolduavatar
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Nathalie était très intéressée par ce que sa voisine de tablée lui racontait. Elle aimait écouter les autres, et le récit d’Amelia était particulièrement intéressant, et la touchait personnellement, tant cela faisait écho, en elle, à son exil durant sa cinquième année.

« J’imagine, oui, je comprends. Vous avez au moins eu la chance de pouvoir vivre loin de la guerre. J’ai dû partir vivre en Norvège, durant l’année de la Terreur, cela a été une chose bien difficile à expliquer à mes parents… Cela aurait pu être une opportunité enrichissante dans d’autres circonstances, mais je n’y ai malheureusement pris aucun plaisir, évidemment. Il faudrait que j’y retourne, une fois, pour voir tout cela sous un jour nouveau. Mais Lenny est encore trop petit pour ce genre de choses, je pense… »

Et elle n’en avait ni les moyens ni l’occasion. Elle ne se voyait pas débarquer chez Jarle, après tant d’années sans avoir de contact mis à part un échange annuel de cartes de vœux, pour savoir ce qu’il devenait et poser un regard d’adulte sur lui et son environnement. De plus, Nathalie avait certes envie de revoir les jolis paysages norvégiens et les gentilles personnes qui l’avaient prise sous leur aile, mais elle n’avait pas envie de se souvenir de l’angoisse, de la peur, de la colère qui l’avaient habités durant cette année, pas plus qu’elle ne voulait réveiller les cauchemars qui hantaient ses nuits et qui la réveillaient encore parfois, rarement, aujourd’hui ; ni se rappeler des heures passées à pleurer sous les couvertures, et du rythme infernal qu’elle s’était imposé pour ne plus penser, espérant tomber de sommeil et dormir d’un sommeil de plomb sans cauchemars le soir. L’ancienne Poufsouffle n’avait jamais, d’ailleurs, réussi à se défaire de ce besoin de routine. La présence de Lennon l’aidait à se laisser aller un peu, pour lui permettre de vivre sa vie d’enfant au rythme qui lui convenait. Mais chassez le naturel, et il revient au galop, songea-t-elle avec un bref sourire pour dissimuler son embarras passager.

Elles embrayèrent sur un sujet plus banal et léger, ce qui rendit tout son enthousiasme et sa bonne humeur à Nathalie. La jeune femme fut agréablement surprise d’apprendre qu’Amelia vivait elle aussi à Bristol. Elle-même ne connaissait pas grand-monde là-bas, à l’exception de ses parents et de la belle-famille de son frère. Elle avait perdu contact avec tous ses amis d’enfance, et passait ses journées à son travail, et son temps libre avec son fils à l’appartement ou en promenade. Elle s’était fait violence pour ne pas chercher à nouer contact avec les autres parents qu’elle côtoyait régulièrement au parc, elle n’aurait supporté de devoir leur mentir sur son passé et sur son métier. Elle passait bien assez de temps à mentir comme ça à son goût.

« Lennon a quatre ans. Presque quatre ans et demi, comme il aime à le dire ! »

Elle rit légèrement en disant cela. Les amis de Lenny avaient tous leur « et demi », et le petit garçon aimait rappeler que ce serait son cas également dans quelques temps. C’était amusant de le voir accorder tant de considération à une chose, qui, avec le recul, n’avait que peu d’importance.

« Je passerais peut-être vous voir, un de ces jours, alors ? Qu’est-ce que tu peins ? » dit-elle en apprenant que l’autre jeune femme avait une galerie d’art dans sa ville.

Nathalie ne s’était jamais vraiment intéressée à ces choses-là, mais il n’était jamais trop tard, n’est-ce pas ?
L’ancienne Poufsouffle rit en apprenant que le meilleur ami d’Amelia avait inventé qu’ils étaient fiancés pour éloigner Lucia.

« Elle a toujours été un peu…envahissante, c'est le moins qu'on puisse dire ! C’est à croire que ça ne va pas en s’améliorant ! » dit-elle en jetant un coup d’œil à Lucia qui parlait un peu trop fort un peu plus loin, s’étant manifestement incrustée dans une conversation entre deux autres anciens Poufsouffle.


Amelia PevensieAncien personnageavatar
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Amelia hocha doucement la tête lorsque Nathalie lui affirma qu'elle n'avait pris que peu de plaisir à son année en Norvège. Dans d'autres circonstances, elle était sûre que son année aurait été magique. Si elle était partie avec toute sa famille, comme elle, si la guerre n'avait pas été là, sans doute qu'elle aurait adoré son voyage et n'aurait sans doute jamais voulu repartir. C'était ce qui lui était arrivé, à elle. Même quand la guerre avait été finie, elle avait refusé de rentrer en Angleterre alors que ses parents le lui avaient proposé. Pour Loïs, Eleane et Lena, cela n'avait pas de sens vu qu'ils avaient toujours été scolarisés en Chine, mais elle avait passé presque trois ans à Poudlard, le fait qu'elle ait voulu y revenir aurait pu être logique. Elle avait refusé. Elle ne voulait pas revenir dans un pays qu'elle ne reconnaissait pas, elle voulait rester là où elle savait qu'elle avait sa place.
C'était dans ces moments-là qu'elle se rendait compte à quel point son histoire était différente de celle que partageaient la plupart des gens de son âge. Elle n'était pas la seule à être partie à l'étranger, cela avait été le cas de beaucoup de Nés-Moldus. Mais elle faisait partie des seules à être partie sans avoir envie de revenir.

" Même s'il ne comprend pas forcément, je pense qu'il apprécierait. Ma plus jeune sœur avait cinq ans quand nous sommes partis en Chine, et elle a adoré. Elle aimait beaucoup plus Shanghai petite qu'en grandissant, à vrai dire, rit-elle doucement. "

Lena petite avait adoré Shanghai, qui lui offrait tellement plus de possibilités. Elle allait à l'école française, et revenait tous les soirs avec des histoires extraordinaires que lui racontaient ses petits camarades. Sa meilleure amie de l'époque était russe, son "namoureux", comme elle le disait, était franco-allemand…
Et quand elle avait grandi, elle avait pris l'habitude de partir à l'assaut de la ville, ce qui rendait sa mère complètement folle. Shanghai était une ville dangereuse, elle n'avait pas envie que sa dernière fille soit seule dans les rues, sans que personne ne sache jamais où elle était. Lena aimait la Chine, Amelia en était persuadée. C'était juste avec le système qu'elle avait un problème.

Elle rit également lorsque Nathalie commença à aborder son fils, avec ses manières d'enfants, sa manière de voir le monde qu'on ne possédait uniquement lorsqu'on avait quatre ans, et que rien n'importait plus que de voir ses amis et de s'amuser dans la cour de récréation de son école. C'était une période heureuse, où les soucis étaient minimes et l'émerveillement présent à chaque instant, où on pouvait trouver de l'extraordinaire dans n'importe quelle partie de son existence. Ensuite, on grandissait, on découvrait d'autres choses, et on perdait cette capacité à s'émerveiller de tout et n'importe quoi. Amelia se laissait convaincre, parfois, qu'elle ne avait gardé une partie, qu'elle était toujours capable de voir plus de détails, de prêter attention aux petites choses que la plupart des choses, mais elle savait qu'elle se leurrait.

" Tu es la bienvenue, assura-t-elle avec un sourire. Et Lennon peut venir également, j'ai remarqué que les petits avaient tendance à adorer mon atelier! "

Lena, plus petite, avait tendance à venir s'asseoir à côté d'elle lorsqu'elle peignait et à lui piquer ses pinceaux et ses pots de peintures. Amelia avait toujours, rangé au fond d'une boîte, l'empreinte d'une main en différentes couleurs que Lena avait un jour fait sur un de ses crayonnés. Elle s'était absentée une minute, le temps d'aller chercher quelque chose dans sa chambre, et lorsqu'elle était revenue, elle avait trouvé ses peintures complètement mélangées, avec Lena très sérieusement occupée à appliquer ses mains dégoulinantes sur sa feuille de papier. Heureusement pour elle que ce qu'elle était en train de dessiner avait le seul but de lui vider la tête, autrement elle ne savait pas réellement comment elle aurait réagi.
Elle eut un sourire gêné lorsque son ancienne camarade lui demandait ce qu'elle peignait. La question piège par excellence. Amelia n'avait jamais été tellement capable de répondre correctement à cette question. Elle peignait quoi? Eh bien… des tableaux. Evidemment. C'était ce qui venait après qui était beaucoup plus dur.

" Eh bien… J'ai une partie moldue, majoritairement abstraite, et une partie magique où j'essaye surtout de faire de la recherche. J'essaye d'associer différentes techniques pour arriver à mes fins, de mélanger la magie européenne et chinoise. Certaines fois, ça peut rendre de manière très étrange, et il m'est arrivé plusieurs fois que ce que je fasse se retourner contre moi, mais… J'ai choisi cette voie par passion, donc ça ne me gêne pas. "

Ou comment détourner la discussion de la question initiale. Elle n'avait jamais été tellement capable de vraiment expliquer en quoi consistaient ses peintures. C'était peut-être un de ses grands défauts, en tant qu'artiste: elle n'arrivait pas à se centrer sur quelque chose. Elle avait tendance à s'éparpiller, à expérimenter quantité de nouvelles choses, au lieu de se focaliser sur ce qu'elle savait faire. Elle connaissait beaucoup d'artistes qui préféraient expérimenter uniquement une branche, comme le portrait, la nature morte, l'abstrait…
Elle n'avait jamais réussi à se contenter de cela. Et même si elle avait des domaines qu'elle explorait moins, comme le portrait, elle finissait toujours par y revenir d'une manière ou d'une autre.

" Je serai ravie de t'accueillir, en tout cas. J'habite au-dessus de ma galerie, donc on peut normalement toujours m'y trouver. "

Et ce serait, pour elle, une occasion de discuter avec quelqu'un d'autre à Bristol que les rares personnes qu'elle connaissait. Elle n'ait pas très sociable, n'avait pas forcément besoin de contact avec beaucoup de personnes pour se sentir bien, mais elle appréciait une bonne discussion avec quelqu'un.

Elle secoua la tête lorsque la jeune femme utilisa le terme envahissante pour qualifier le comportement de l'ancienne Poufsouffle. Amelia aurait plutôt utilisé celui de fouineuse, même si elle était bien trop peu directe pour l'exprimer à haute voix. Elle n'avait jamais tellement apprécié Lucia lorsqu'elle était élève à Poudlard, et elle était sûre qu'elle ne l'appréciait pas plus maintenant.

" Tu étais dans son dortoir, tu as du apprendre à l'apprécier. Ne pas l'avoir vu pendant plus de quinze ans et ensuite la voir t'arriver dessus comme si elle était ta meilleure amie… C'est un peu dur pour moi, honnêtement. Ce n'est pas pour rien que j'ai été envoyée à Serpentard, rit-elle doucement. "

Et ce n'était pas à Serpentard non plus qu'elle s'était beaucoup fait d'amis. Elle laissa son regard tomber sur Astoria, qui riait aux éclats à ce qu'Enola, une autre fille de son dortoir, venait de lui dire. Elle ne s'était jamais entendue avec elles. Elles étaient cinq dans le dortoir des Serpentard, et jamais personne n'avait vraiment fait l'effort de vouloir l'intégrer, même si elles n'étaient pas forcément méchantes avec elle. Pour beaucoup d'enfants, elle savait que Poudlard était comme une seconde maison. Cela n'avait jamais été le cas pour elle.

" Tu travailles pour la SPAM, c'est bien ça? Excuse-moi, je dois avouer avoir un peu du mal à suivre avec la politique sorcière… Quand on vient de Chine, qui est quand même une dictature communiste, c'est un petit peu étrange de repasser à la démocratie. "

Autant dire qu'elle était dans le noir complet lorsqu'on en venait à la politique. Elle savait en gros que les trois grands partis politiques anglais étaient la SPAM, l'APPEL et le MIM… et ça s'arrêtait là. Elle était même plus au point lorsqu'on en venait aux partis moldus, c'était dire.



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Nathalie ParkerMolduavatar
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Amelia lui rapporta l’expérience de sa sœur, et Nathalie sourit. Elle était convaincue par ce que disait son ancienne camarade, cependant elle ne pouvait pas se permettre ce genre d’extras en ce moment. Ni avant longtemps, probablement. Mais elle n’osait pas en faire la remarque. On ne parlait pas d’argent, encore moins pour se plaindre à des personnes inconnues ou presque.

« J’y penserais, alors. C’est vrai que les enfants sont très sociables à cet âge ! »

Lennon était un amour de petit garçon, très affectueux et câlin avec sa mère, mais il était loin d’être toujours dans ses jupes et asocial comme le supposaient parfois les mauvaises langues qui jugeaient Nathalie trop laxiste et protectrice envers lui. C’était un enfant ouvert, joyeux et curieux, qui posait très sérieusement des questions au monsieur qui balayait les couloirs de l’immeuble, aux « poubelleux » du camion-poubelle et à la policière qui habitait au rez-de-chaussée. Il était doué pour se faire des amis, et attendrissait tout le monde, même le petit vieux rabougri qui ne sentait pas très bon et que Nathalie n’aimait pas trop car il tenait absolument à lui faire la bise quand il la croisait. Cette grande sociabilité et son côté bavard inquiétait parfois un peu Nath, qui avait toujours peur que le petit révèle accidentellement leur existence de sorciers. Mais, si elle lui rappelait la règle de temps en temps, pour être certaine qu’il l’avait toujours à l’esprit, elle s’efforçait de lui faire confiance et de ne pas lui montrer ses angoisses. Parce que, tout de même, cela l’embêterait un peu qu’on ait à effacer une partie de la mémoire de la voisine de palier.

L’ancienne Serpentard lui déclara gentiment qu’elle était la bienvenue à la galerie, et cela fit sincèrement plaisir à Nathalie, surtout lorsqu’elle précisa que Lenny pouvait l’accompagner. Elle était certaine que cela lui plairait, et elle aimait l’idée de lui faire découvrir de jolies choses. Elle l’avait déjà emmené dans des musées, quelques fois, mais le calme requit n’était pas toujours du goût d’un enfant de cinq ans, et Lennon restait parfois à fixer une œuvre durant de longues minutes, persuadé qu’elle allait bouger comme dans les photos qu’il avait vu de Poudlard.

« On viendra voir ça de nos yeux, promis ! »

La conversation déboucha ensuite sur Lucia, et son caractère quelque peu particulier. Amelia n’avait pas l’air de l’apprécier grandement, et Nathalie la comprenait sans grande peine. Son ancienne camarade de dortoir était un peu fatigante.

« Il faut savoir la laisser parler, je pense. Elle se lasse et trouve quelqu’un d’autre auprès de qui babiller encore un peu ! »

Lucia était quelqu’un de sympathique, pourtant, et elle avait un don pour consoler les gens.

« Et puis elle est…gentille. »

Nathalie n’aimait pas dire du mal des gens, mais effectivement, Lucia était gentille.
Amelia lui semblait être au contraire quelqu’un de vif d’esprit, d’intelligent, et converser sérieusement avec elle devait s’avérer plaisant, notamment de par son expérience originale. D’ailleurs, comme à chaque fois ou presque qu’elle mentionnait son métier pour la première fois, la discussion finit par se porter sur la politique. Nathalie sourit. A force, son discours était bien rodé, et elle n’éprouvait même plus le léger malaise qu’elle ressentait autrefois à ses débuts.

« Oui, c’est ça. Enfin, je ne suis que secrétaire. Mais j’aime beaucoup, il y a une bonne ambiance, c’est agréable de travailler là-bas. Oui, j’imagine qu’après tant de temps…comment ça se passe, exactement, là-bas ? Je peux t’expliquer un peu ce qui se passe ici, si tu veux, ce n’est pas bien compliqué… »

L’ancienne Poufsouffle sourit gentiment. Si elle pouvait se rendre utile, c’était toujours avec grand plaisir.

[RP TERMINE]


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