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 Bonjour, je suis l'amante de votre fille [Alicia]

Gladys BellMolduavatar
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4 Juillet 2007, New Hampshire 

Gladys s’observa pour la énième fois dans son miroir, replaçant nerveusement une mèche rebelle derrière ses oreilles. Ses cheveux remontés de manière très sobre mais très classe en un chignon haut sur sa tête, sa frange lui tombant sur les yeux, eux même légèrement poudrés et encerclés de noir, la jeune femme était tout à fait présentable, très digne. Tout pour plaire à la belle-famille. Et, pourtant, Gladys sentait une boule grosse comme un dinosaure dans son ventre, qui s’agrandissait au fur et à mesure que les minutes défilaient et se rapprochaient de l’heure fatidique. D’ici une demi-heure, elle serait chez ses parents, dans son salon, présentée officiellement comme… petite amie.

Malgré sa boule au ventre, Gladys ne put s’empêcher de sourire en songeant à ceci. Elle était la compagne d’Alicia, la femme qui partageait sa vie depuis bientôt quatre mois, son amoureuse, sa chérie, celle qu’elle aimait. Niaise, la jeune journaliste se vit rougir dans son miroir et, avec un rire gêné, elle s’en détourna, allant s’avachir dans son canapé. Elle observa la bouteille de whisky, posée sur le comptoir, qui la narguait, l’incitant à prendre un verre « pour se sentir bien », mais finit par secouer la tête et se rasseoir convenablement. Allez, calme-toi Gladys, tu as survécu à la guerre, à tes parents, à la mort de Miranda – qu’est-ce qu’une simple présentation aux parents de la femme que tu aimes, hein ? Ridicule, chérie, reprends-toi.

Alors Gladys se redressa, respira profondément et offrit un dernier coup d’œil hésitant à son reflet, remettant une mèche ainsi, son col comme ceci, peut-être un peu moins de khôl, non ? avant de se fustiger mentalement et de tourner définitivement le dos au miroir. Elle devait absolument se calmer. Si elle rejoignait Alicia ainsi, nerveuse comme elle l’était, elle n’arriverait jamais à apaiser son amante, qui devait être dans un état pire que le sien encore.

Ce n’était pas évident, évidement, comme situation. Il y avait elle, Gladys, qu’elle connaissait depuis cinq mois peut-être, et d’un autre côté, ses parents, qui jamais ne les accepteraient. Et, pourtant, malgré tout, Alicia voulait tenter, voulait faire l’effort de la présenter « parce que je t’aime, tu sais ? ». Alors elle s’en fichait si cela tournait mal, elle voulait tout de même montrer à tous, parents compris, qu’elles étaient ensembles. Et jamais Gladys n’avait été aussi heureuse, aussi épanouie et aussi effrayée de sa vie. 

Alicia risquait sa relation avec ses parents pour elles ; comment pourrait-elle jamais lui témoigner assez d’amour pour l’en remercier ? Comment faire en sorte que ses parents l’acceptent un minimum, dans l’espoir de préserver leur lien ? Certes, Alicia ne les aimait pas, mais elle devait leur accorder un minimum d’importance pour que la présenter soit important, n’est-ce pas ? Alors il fallait qu’elle soit parfaite, absolument parfaite ; il ne fallait pas réagir s’ils l’insultaient, s’ils réagissaient mal. Garder la tête basse, le cœur rempli d’amour pour Alicia. Simplement. Cependant, en se remémorant combien cela avait été difficile pour Alicia d’admettre son amour pour elle, Gladys avait vraiment de mauvais pressentiments vis-à-vis de leur rencontre. En tout cas, avant d’être dans leur fichu salon, il fallait absolument qu’elle se calme.

Brusquement, Gladys transplana de son appartement, apparaissant dans le salon d’Alicia, en train de se coiffer. Tremblante, elle posa sa veste sur l’accoudoir du canapé et fit quelques pas en sa direction, lui souriant. Elle la prit dans ses bras, effleura son visage des doigts et déposa un long baiser sur ses lèvres – frissonnant de délice et de joie, toujours aussi surprise de pouvoir effectuer ces gestes. Elle huma son parfum, respira l’odeur de son corps, la serrant contre elle aussi fort que possible.

« Désolée, je suis en avance, » susurra la jeune femme alors que ses lèvres se perdaient dans le cou de son amante. « J’avais besoin de te voir avant de… Enfin… Tu es prête ? » s’enquit-elle en reculant légèrement, souriante, les mains toujours posées sur son corps, dans un désir constant de contact, comme pour s’assurer qu’elle était vraiment là, qu’elles s’aimaient vraiment et, mon dieu, peut-être pour s’assurer qu’elle était bien chez Alicia, debout, faussement paisible, et pas dans son appartement à boire pour oublier le trou dans son estomac.

Et, une fois qu’Alicia eut répondu, Gladys respira profondément, l’embrassa une dernière fois avec tout son amour puis saisit sa main et murmura :

« On y va ? »

Elle était prête à faire face aux parents. Enfin, elle se plaisait à y croire. Ou pas, d’ailleurs.



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Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Alicia était debout depuis plusieurs heures. En réalité, elle se demandait même si elle avait réussi à dormir, cette nuit. Elle s’était tournée, retournée, dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Parce que c’était aujourd’hui. C’était aujourd’hui, et ça l’effrayait à un point qu’elle ne tenait pas en place depuis le lever du jour. Elle avait demandé à ses parents, la semaine dernière, d’organiser un repas, pour dimanche prochain, et d’y convier Jade et Adrian. « Je dois vous présenter quelqu’un. » avait-elle expliqué, restant volontairement vague. Et ce quelqu’un, c’était Gladys Bell, la femme qui partageait sa vie depuis presque quatre mois. Un sourire s’étira sur ses lèvres. Il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi entière, aussi elle-même, malgré la peur qui la tenait depuis. Dimanche était arrivé vite – bien trop vite à ton goût, songea-t-elle en saisissant une brosse à cheveux. D’ailleurs, pourquoi avait-elle demandé à ce qu’on organise ce repas ? La réponse apparue aussitôt clairement dans son esprit, et elle soupira. C’était pour elle, qu’elle avait voulu ça. Elle en avait eu, du mal, à admettre qu’elle n’était pas attirée par les hommes. Elle avait essayé de se rassurer, par tous les moyens possible, qu’elle était normale, qu’elle était comme on voulait qu’elle soit. Au final, cela faisait de nombreux mois qu’elle le savait, tout au fond d’elle. Et c’était grâce à Gladys qu’elle avait réussi à l’assumer – partiellement. Partiellement, parce que personne ne savait, encore. Alors, au bout de quatre mois, elle avait prit la décision de tout avouer à ses parents, à sa sœur – elle soupçonnait son frère de s’en douter depuis longtemps – mais elle avait prit cette décision pour elle. Pour aller jusqu’au bout,  parce qu’après plusieurs années, elle en avait marre de se cacher, de rester sur ses gardes.
 
Alors tant pis. Tant pis si elle dégoûtait sa propre famille, tant pis si elle serait amener à ne plus la voir. Ce n’était qu’une question de temps, depuis des années, de toute façon. Alors pourquoi cette boule dans l’estomac ? Pourquoi cette peur, toujours plus grande, toujours plus forte ? Peut-être, tout simplement, parce qu’elle avait passé une trop longue partie de sa vie à vouloir rendre fière ses parents, elle, fille non-désirée, dernière de la famille. Elle avait fait sa scolarité sans heurt, entreprit des études en Médicomagie, était sur le point de recevoir son diplôme. Elève brillante, intéressée, douée. Mais qu’était-elle, à côté de Jade, qui travaillait pour la justice magique, qui avait fait un beau mariage avec un bon parti, et qui semblait réussir tout ce qu’elle entreprenait ? Elle soupira. Ce n’était pas dans sa nature, de se montrer aussi défaitiste, enfin ! Elle remonta ses cheveux en un chignon compliqué et était en train de le parfaire lorsque le bruit caractéristique d’une arrivée par transplanage se fit entendre. Observant dans le miroir Gladys arriver, elle se retourna vers elle, répondit à son baiser, avant de sourire alors que les lèvres de son amante s’égaraient dans son cou.
 
 « Gladys, si on commence comme ça, on ne risque pas d’y aller. » ria-t-elle doucement avant de l’embrasser une dernière fois.
 
Elle se retourna vers le miroir, saisit son maquillage, en appliqua légèrement, et pencha pour saisir ses escarpins, qu’elle chaussa rapidement. Elle se releva, attrapa son sac, jeta un dernier coup d’œil à son reflet, se déclara prête.
 
 « On y va. » répondit-elle en effleurant la main de sa petite-amie.
 
« Ça va bien se passer » voulut-elle rajouter, avant de se raviser. Ce n’était pas la vérité, loin de là. Elle l’espérait, pourtant, mais ne comptait pas trop dessus. Elle attrapa Glady, ferma les yeux, et visualisa la maison de son enfance, à New Hampshire. Quelques secondes plus tard, elles y étaient. Par Merlin. La jeune femme déglutit difficilement, alors qu’elle marchait en direction du manoir. Elle tremblait, un peu. Elle prit une longue inspiration, adressa un vague sourire à son amante, aucun mot n’arrivant à franchir ses lèvres. Elle annonça son arrivée et, très rapidement, la porte s’ouvrit sur sa mère, qui incendiait ce pauvre elfe de maison, qui selon elle, était trop lent.
 
 « Alicia ! » s’exclama-t-elle avec un grand sourire – probablement hypocrite.  « Entre ! »
 
Elle fit quelques pas, gagnant le salon à la suite de sa mère, incita du regard Gladys à la suivre.
 
 « Nous t’attendions en plus… charmante compagnie. » poursuivit sa mère, sans se départir de son sourire qui sonnait horriblement faux, avant de glisser un regard vers son père.
 
Elle salua tout le monde, sa mère, son père, son frère – qui avait un étrange sourire aux lèvres – sa sœur et son fiancé, dont elle oubliait le nom une fois sur deux. Puis, elle se retourna vers sa petite amie, alors que sa mère les priait de bien vouloir s’assoir.
 
 « Je vous présente Gladys Bell, elle est journaliste et… » elle hésita sur ce qu’elle devait dire.
 
Ne devait-elle pas les laisser apprécier Gladys ? Elle décida que oui, et déclara posément, avec un regard toutefois peut-être trop appuyé :
 
 « Et c’est une très bonne amie à moi. »



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Gawain Jones - Vil papa d'Alicia

Gawain ajusta sa robe de sorcier et se tourna vers Mary qui lui resserra sa cravate avant de lisser tendrement le devant de sa robe. Il se détourna d'elle pour faire face à la psyché. Il observa son reflet un instant, épiant les émotions de sa femme. Elle avait toujours eu tendance à trop montrer ses émotions et à trop protéger ses enfants même Alicia qui s'était révélée une source de déception perpétuelle depuis sa naissance. D'ailleurs, elle n'aurait jamais dû voir le jour mais lorsque Mary était tombée enceinte, il n'avait pas eu le choix, il avait été mis au pied du mur, lui n'avait voulu qu'un héritier se retrouvait avec trois enfants.

Trois enfants dont un seul le contentait parfaitement, Jade était la fille idéale, brillante, elle était entré au département de la justice magique, allait très bientôt faire un très beau mariage. Il était plus que fier de sa fille, la seule pour qui il ressentait réellement de l'affection. Même si elle n'avait pas été son héritier tant attendu, elle était parfaite. Quant à son fils, il ne faisait qu'enchaîner les petits boulots sans jamais rien trouver de stable, il l'avait plus d'une fois exhorté à trouver mieux, quelque chose de digne, quelque chose qui le rendrait fier. Pourquoi n'avait-il donc pas suivi ses traces ? Mais Adrian s'était montré plus que décevant et ce dès son plus jeune âge. Alors, il avait arrêté de se convaincre que son fils pourrait un jour devenir autre chose qu'un bon à rien, heureusement qu'il avait Jade. La seule qui devenait ce qu'il avait toujours rêvé pour elle.

Et il y avait Alicia qui tentait visiblement de suivre les traces de sa grande soeur mais qui échouait inlassablement, non, il n'était pas satisfait de son entrée en école de Madicomagie, elle aurait dû faire mieux, beaucoup mieux, prouver qu'elle n'était pas qu'un simple erreur qu'il s'était trompé sur son compte mais rien chez sa fille ne l'avait détrompé, il n'était donc pas déçu, il s'y était toujours attendu, sa fille était une ratée et le resterait jusqu'à la fin de ses jours.

"Alicia s'est enfin décidé à faire quelque chose de sa vie. Enfin, je ne me fais pas d'illusion, la personne qui l'accompagne doit être à son image. Je n'attend rien de ce repas. Elle t'en a dit plus sur cet invité ? Qu'on sache un peu à quoi s'attendre ?"

"Non, elle n'a rien dit."

Il hocha la tête fataliste, il s'y attendait de toute manière lorsque l'elfe de maison annonça l'arrivé de Jade et de son fiancé, un fin sourire apparut sur ses lèvres et il descendit accueillir sa fille. Il salua poliment son futur gendre et s'attarda un instant auprès de sa fille en la faisant entrer dans le salon, le demandant des nouvelles sur son travail et sur sa santé qui heureusement était parfaite. Ils furent bientôt rejoint par Adrian qu'il salua froidement, il avait eu la chance de sortir avec Ellen Perkins et avait maladroitement laissé filé la belle ou avait plutôt fait fuir la jeune fille avec sa muflerie habituelle. Il aurait dû s'en douter comme tout ce qu'entreprenait son fils, il avait encore une fois essuyé un échec et cela le mettait hors de lui de voir autant d'incompétence dans un garçon en pleine possession de ses capacités physiques, mentales et magiques.

Puis ce fut au tour d'Alicia de pénétrer dans le salon familiale mais elle n'était pas accompagnée d'un homme comme il s'y était attendu, à la place, une jeune femme se tenait à ses côtés. Il retint l'expression de dégoût qui menaçait de l'envahir en commençant à avoir des idées peut-être hâtive lorsque sa fille présenta son invitée comme étant une journaliste et une très bonne amie. Mais il n'était pas réellement dupe quant aux sentiments que semblaient entretenir sa fille avec cette personne.

"Bonjour Alicia. Comment vas-tu ?"

Il s'avança vers sa fille et l'embrassa sur la joue pour les convenances et pour ne pas faire trop de peine à Mary qui semblait certainement encore espérer que sa fille ne venait pas de commettre la pire des erreurs. Cette honte serait la dernière qu'elle ferait subir à cette famille, il allait y veiller personnellement si elle ne mettait pas fin à cette relation ignoble et écœurante à la fin de ce repas. Il se tourna alors vers la jeune femme qu'Alicia avait osé amener sous son toit et esquissa un sourire de circonstance.

"Miss Bell, c'est un plaisir de faire votre connaissance."  

Il perdit son sourire alors que Mary prenait la parole pour les inviter à s'installer autour de la table et partit en direction de la cuisine. Il se tourna alors vers son fils avant de s'adresser à lui d'une voix sèche.

"Va donc aider ta mère dans la cuisine."
Gladys BellMolduavatar
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Gladys sourit à Alicia, saisissant sa main. Ça y'est, c'était l'instant, elles allaient transplaner et se retrouver devant le manoir familial, lieu où tout allait se passer, où rien que de tout imaginer nouait terriblement le ventre de Gladys. Aussi, lorsque sa petite-amie se prépara à transplaner, Gladys ferma les yeux et adressa une prière silencieuse à Godric, Merlin et tous les Saints sur Terre. Lorsque la jeune femme rouvrit les yeux, elles étaient devant l'entrée d'une jolie demeure, luxueuse à tout égard et qui renforçait la gêne de la journaliste. Avec son appartement une pièce, elle était bien loin de ces endroits luxueux. 

Respirant profondément, Gladys adressa un sourire à sa jeune amie puis se tourna vers la porte, qui venait de s'ouvrir sur les réprimandes d'une femme, que Gladys supposait être la mère d'Alicia. Cette dernière criait contre son elfe de maison, et Gladys serra les dents. Voilà qui commençait mal, et pourtant, le trois quart de la population sorcière agissait ainsi, n'est ce pas ? La mère de son amante se tourna finalement vers elles, saluant sa plus jeune fille avant de poser son regard sur elle. 

Immédiatement, Gladys put voir la désillusion dans ses yeux. Évidemment. Elle s'attendait à un homme, de bonne famille sûrement, peut être ayant déjà achevé ses études, ne demandant pas une énorme dot... mais certainement pas elle, une femme, dont la figure devait lui paraître inconnue. Son sourire se crispa mais elle parvint tout de même à balbutier un petit 《 Enchantée 》. 

Alicia pénétra dans la demeure à la suite de sa mère. Elles s' arrêtèrent dans le salon, où se trouvait le reste de la famille. Absolument toute. Le père, la soeur, le beau frère, le frère. Mon dieu. Son sourire se crispa encore davantage lorsqu'elle vit le regard terrifiant du père, si dédaigneux que Gladys se sentit fondre, brûler et glacer tout à la fois. Alicia alla saluer le reste de sa famille, tandis que sa mère les invitait à s'asseoir. 

Polie, Gladys salua également les autres membres de la tribu Jones puis demeura immobile, ne sachant quoi faire ou que dire. Heureusement, Alicia prit la parole, la présentant. Gladys se crispa. Une très bonne amie ? Seulement ? Voulait elle y aller doucement, pensait elle que ses parents comprendraient ainsi, avait elle changé d'avis ? Cependant, Gladys n'eut pas le temps de se poser plus de questions, son père s'étant rapproché, la saluant. La journaliste eut un sourire amical, digne du prix du meilleur hypocrite. 

C'est un plaisir partagé, Mr Jones. 》 

Elle pouvait voir, derrière l'homme de la famille, le frère d'Alicia, peut être le seul dont elle avait parlé en bien, sourire effrontément devant le spectacle qu'il observait. Gladys se demanda aussitôt s'il avait compris et s'il riait d'avance de la scène que les véritables révélations feraient. Alors que la mère d'Alicia les invitait à table, le père de sa chérie envoya son frère aider la femme en cuisine, et Gladys sentit un poids encore plus lourd tomber dans son estomac. 

Son seul allié, du moins celui qu'elle avait auto proclamé comme tel, lui était retiré. Ne restaient que ceux qui lui faisaient le plus peur, ceux dont Alicia avait beaucoup parlé, mais de manière bien moins avantageuse que pour son frère cadet. Mon dieu, mon dieu. A table, Gladys suivit le geste d'invitation de la belle-soeur, qui la plaçait à droite d'Alicia et à gauche du père. Fabuleux. Ainsi, les deux parents étaient en bout de table, le couple en face d'elle et le frère à côté d'Alicia. Crispée, Gladys adressa un petit sourire à Alicia en prenant place. Il n'y avait pas encore eu de coup de théâtre, mais ceux ci arrivaient toujours en plein repas, n'est ce pas ? Pour mettre un peu d'ambiance.

Alors que Gladys tripotait distraitement la manche de sa robe, hésitant presque à se mordiller les ongles, le frère de sa petite-amie revint en déclarant que le repas allait être servi sous peu, puis s'installa à côté d'Alicia. Il adressa un large sourire à la journaliste qui, soulagée de le voir revenir, lui répondit avec joie. Sa présence était agréable et elle se sentait rassurée de ne plus être seule face à la famille qui, dans un silence tendue, attendait le retour de la maîtresse de maison. 

... Et maintenant ? Elle prenait la parole, ou elle les laissait l'exploser selon leurs envies ?

Gladys, charitable, décida de se taire.



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Alicia L. JonesMédicomageavatar
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Le repas s’annonçait mal. Très mal. A vrai dire, il suffisait de capter les regards étonnés, voir moqueur, que sa sœur et son mari échangeaient pour le comprendre. L’envie de transplaner, loin, très loin, de cette maison était bien présente. D’attraper la main de Gladys et de partir, de ne plus jamais revenir. Elle ne pouvait pas affronter les regards qu’on poserait sur elle, dans cette maison où elle avait grandi. Elle ne pouvait pas les décevoir encore un peu plus, après avoir passé des années à s’employer à satisfaire leurs attentes, devenant une Médicomage renommée. Elle ne pouvait pas, c’était de dessus de ses forces mais… Si, elle pouvait le fait. En réalité, elle devait le faire. Elle avait passé suffisamment de temps à se chercher, à rester à l’écart des autres, pour tout laisser tomber maintenant. Elle était heureuse, aux côtés de Gladys. Elle n’avait jamais été aussi heureuse. Elle ne pouvait pas renoncer à son bonheur pour sa famille. Elle avait besoin de vivre pour elle. Forte de ces nouvelles résolutions, elle suivit sa sœur jusqu’à la salle à manger, et se laissa conduire jusqu’à sa place, alors qu’Adrian se faisait sèchement envoyer à la cuisine. Réprimant de justesse un sourire moqueur, Alicia prit place à table, glissa un regard vers Gladys, esquissa un imperceptible sourire qui se voulait rassurant.

« Tu n’as pas répondu à la question de papa, Alicia. Comment vas-tu ? » répéta sa sœur avec un sourire affable.
« Excusez-moi, je suis un peu fatiguée. » lança-t-elle avec un sourire désolé. « Je vais très bien, et vous ? Tout se passe bien au ministère, Jade ? » s’enquit-elle poliment.
« Merveilleusement bien ! Je pense pouvoir dire, sans me tromper, que je ne suis pas loin d’avoir une promotion. » annonça-t-elle en inclinant la tête, faussement modeste. « Mais j’imagine que tu dois être fière de ton petit succès dans la Médicomagie Ali. Tu vas devenir titulaire, n’est-ce pas ? Il était temps ! » elle éclata d’un rire aigu.
« Je ne pense pas que quiconque puisse changer la durée des études en Médicomagie. » répondit-elle avec un sourire de façade.
« De longues études pour un métier peu reconnu, c’est vraiment dommage ! Le ministère, c’est tellement plus gratifiant ! »
« Je ne pense pas que l’on peut trouver plus gratifiant que de sauver des vies. » intervint Adrian, qui venait d’arriver, et qui se laissa tomber à côté d’Alicia avec nonchalance.

Jade se contenta d’hausser les épaules et de saisir la main de son fiancé, alors qu’un silence pesant retombait sur la tablée. Silence qui fut finalement brisée par sa mère qui prit place à table, alors que l’elfe de maison de la famille arrivait, l’entrée dans les mains. Alors qu’il faisait le service, Alicia se tourna vers Gladys et lui adressa un sourire.

« J’ai oublié de te présenter les membres de ma famille, excuse-moi. Mon frère, Adrian, ma sœur, Jade, et son fiancé… Louis ? » il hocha la tête, et elle poursuivit, « Ma mère, Mary, et mon père, Gawain. »

Elle remercia intérieurement son frère, seul personne à avoir murmuré un « enchanté » à la mention de son prénom. Elle soupira imperceptiblement, attendit que sa mère commence le repas, et saisit sa propre fourchette pour commencer à manger, se désintéressant de la conversation qui avait lieu entre sa sœur et son fiancé. Elle resta longtemps silencieuse, se contentant d’hocher la tête, de temps en temps. Pensive, elle se garda bien de prendre la parole, et eut une pensée désolée pour Gladys. Elle n’aurait jamais dû la traîner là. Elle aurait dû annoncer ça toute seule à sa famille, sans la mêler à cette histoire. Elle pianota doucement de la main gauche sur la table, alors que tous les regards se tournaient vers elle. Elle s’empourpra, et failli secouer la tête négativement et s’excuser. Elle se retint de justesse au dernier moment, se redressa.

Non. Non, elle ne pouvait décemment pas leur dire maintenant. Elle devait attendre, elle devait attendre encore un peu ! Le temps de les laisser apprécier Gladys, de l’accepter. Elle lâcha un soupir. Evidemment, que ça ne changerait rien. Parce que Gladys était une femme, qu’elle était sa petite-amie, et que ce n’était pas normal. Qu’elle n’était pas normale. Elle déglutit, difficilement, leva les yeux. C’était trop difficile ! Elle ne pouvait pas, elle ne pourrait jamais ! Elle s’efforça de se calmer, se mordit l’intérieur de la joue.

« Il faut que je vous dise quelque chose. »

Sa voix était étrangement calme, assurée. Elle prit une longue inspiration. Il fallait qu’elle se lance. Qu’elle leur avoue. Elle avait trop longtemps gardé ce secret, elle s’était menti à elle-même pendant des années, tentant de se convaincre qu’elle était comme tout le monde, qu’elle aimait les hommes. Un peu de courage, s’intima la jeune femme, elle fermant brièvement les yeux. Juste quelques phrases. Quelques phrases qui allaient changer le cours de sa vie. Mais elle avait envie de ce changement, n’est-ce pas ? Elle avait envie de vivre sa vie comme elle était, elle avait envie de s’afficher publiquement avec Gladys. Quant à savoir si leur relation durerait un an, deux ans, vingt ans… Elle n’en savait rien. Elle l’espérait, évidemment. Elle voulait que ce soit le cas. Quoiqu’il arrive, elle devait le faire. Pas forcément pour Gladys, mais pour elle. Elle devait le faire, maintenant, tout de suite. Même si les mots semblaient bloqués au fond de sa gorge. Elle s’apprêtait à tirer un trait sur sa vie d’avant. Et malgré tout, c’était difficile, et ça lui faisait peur, à elle, qui s’était toujours vantée d’être dépendante. A côté d’elle, elle sentit Adrian se tourner vers elle. Elle tourna la tête, et il lui adressa un sourire encourageant. Evidemment, qu’il savait. Peut-être même avait-il comprit avant elle. Elle reporta son attention sur la tablée, glissa sa main vers celle de Gladys, la saisit.

« Gladys n'est pas qu'une très bonne amie. C'est ma petite-amie. Depuis quelques mois.» avoua-t-elle. Hésitante, elle baissa les yeux, avant de les relever, de fixer son père.
« Je suis ravi pour toi, Ali. » lança son frère avec un sourire, avant de lancer un regard impertinent à son père.

Un sourire en coin s’étira sur les lèvres d’Alicia. Elle avait le meilleur des alliés.



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Gawain Jones - Vil papa d'Alicia

Le repas était délicieux comme toujours, c'était une pensée pas trop douloureuse, une pensée pas trop pénible, moins pénible que de se rendre à l'évidence que la fille que vous aviez élevé, celle qui avait toujours était une source de déception une fois encore montrait à quelle point elle était insignifiante. Il écouta sans vraiment y prêter attention la légère prise de bec qu'elle eut avec Jade. Jade, sa perfection, il était tellement fier d'elle, ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire alors qu'elle rappelait qu'elle allait avoir une promotion. Sourire qui disparut alors que Adrian prenait la parole, il fallait toujours qu'il se range du mauvais côté celui là, encore un échec. Ses enfants se montraient si décevant et c'était d'autant plus difficile de l'admettre quand il s'agissait de son fils.

Le début du repas se réalisa dans un silence qui ne déplaisait pas à Gawain, seulement interrompu par Jade et son fiancé, il était heureux de constater que sa fille semblait heureuse en ménage comme dans sa vie professionnelle. Son attention fut alors attiré par un bruit, il tourna son regard froid sur Alicia qui tapait le bout de ses doigts sur la table comme pour attirer l'attention sur elle, il lui avait répété un nombre incalculable de fois dans son enfance qu'elle devait se tenir convenablement à table et aujourd'hui se n'était visiblement pas le cas, avachie sur sa chaise, les coudes sur la table. Ses lèvres se pincèrent de mécontentement mais il ne fit aucune réflexion, après tout peut-être souhaitait-elle leur parler de quelque chose.

Et effectivement, elle souhaitait les entretenir de quelque chose, cependant elle était bien longue à dire de quoi et Gawain commençait sérieusement à s'impatienter, allait-elle se décider oui ou non ? Il poussa un léger soupir avant qu'elle ne se décide enfin et finalement il aurait mieux valu qu'elle se taise, qu'elle ne dise et ne fasse rien. Il entendit le léger hoquet de Mary à ses côtés, il lui jeta un regard désapprobateur, comme si elle ne s'y attendait pas. Jade regardait sa sœur avec dégoût et son fiancé ne savait plus vraiment où se mettre. Quand à Adrian, il adressa son soutien à Alicia, comme c'était prévisible. Lui même se contenta de poser un regard rempli de dégoût et de haine mêlé sur cette fille qu'il n'avait jamais aimé, qu'il n'avait jamais considéré, rien qu'une bouche de plus à nourrir et voilà qu'elle apportait le déshonneur sur sa famille, c'était hors de question.

Il refusait d'avoir dans sa famille cette étrangère qui prétendait pouvoir s'attribuer le titre de fille, elle n'était rien du tout qu'une espèce de vile manipulatrice avec des goûts pervertis. Elle n'était plus rien à ses yeux, elle n'avait d'ailleurs jamais occupé une grande place dans son cœur ni dans son estime, cette fille non désirée. Mais de là à avoir la confirmation de ce qu'il avait toujours soupçonné, elle avait une tare, c'était indéniable et prouvé désormais. Comment supporter le regard des autres s'il acceptait une telle anomalie dans sa famille ? Il n'était pas un faible, il saurait faire ce qu'il fallait pour le bien de sa famille. C'est donc d'un ton froid et serein qu'il prit la parole.

"Tout ceci est inacceptable Alicia mais il semble que tu aies mûrement réfléchi à ce que tu allais dire. Je ne tolérerais pas tes penchants contre nature dans ma maison, ni dans ma famille. Si tu es certaine de vouloir être cette chose dégoûtante et bien vas-y, de toute manière tu n'as toujours été qu'une source de déception mais sache qu'à partir d'aujourd'hui, tu ne fais plus partie de cette famille, tu n'as plus rien à faire ici. Je vous demanderez donc de partir toutes les deux, votre vision m'est insupportable."

Il n'y avait rien à rajouter, il avait dit ce qu'il avait à dire, désormais Alicia Jones n'était plus sa fille. Il continua donc son repas comme si de rien était, pas la peine de s'emporter pour une chose sans importance de toute manière.
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Bonjour, je suis l'amante de votre fille [Alicia]

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