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 Pile ou face [Cassandre]

MerlinCompte fondateuravatar
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Jeudi 28 juin 2007

La Gazette titrait sur l'élection de Margot, constata Chloé avec un sourire en attrapant le journal qui trainait dans la salle des professeurs. Ca n'était pas une surprise, évidemment. L'arrestation d'Ana Sorden, une quinzaine de jours plus tôt, la laissait sans concurrents et en faisait une directrice plus que légitime. Chloé était soulagée de travailler sous la direction de son amie de longue date. Elle n'avait jamais vraiment cru qu'Ana avait une chance, mais cette femme était tellement déplaisante qu'elle aurait été capable de gagner malgré tout. Chloé se serait retrouvée avec un choix très difficile: démissionner, ou rester pour éviter que les élèves ne subissent la tyrannie de l'Américaine. Un choix qui n'était pas sans rappeler la situation lors de l'année des Ténèbres.

C'était effrayant de constater à quel point cette femme avait fait ressortir le passé douloureux de l'école, songea la jeune maman en s'asseyant sur un fauteuil. Elle qui prenait Ana pour une simple ambitieuse égocentrique avait été horrifiée en découvrant qu'elle était responsable de la mort de Septima, de l'avalanche laponienne qui avait failli leur coûter la vie, de l'incendie de la ferme à Pré-au-Lard et probablement de bien d'autres choses encore. Chloé ne savait pas encore quoi en penser. 

La presse en faisait des gorges chaudes. Minerva avait été ensevelie sous les hiboux de protestation des parents depuis quinze jours, qui réclamaient sa démission. C'était stupide, évidemment puisqu'elle partait à la retraite. Nul doute que Margot aurait une forte pression sur l'engagement des professeurs l'année suivante. Et il allait y en avoir! Entre le poste d'Ana qui était vacant, Crispin qui partait à la retraite, un nouveau professeur de potion et directeur de Serpentard à trouver... sans compter le départ de Samuel, dont elle avait vaguement entendu parler (elle ne savait pas ce que Margot en pensait, mais probablement peu de bien), et peut-être celui de Mary-Ann. Heureusement que personne n'était au courant du secret de Peter, sans quoi on réclamerait probablement sa démission! Chloé ne savait même pas si Margot voudrait encore de lui dans l'école. Elle comprendrait qu'elle refuse. Cela faisait beaucoup de changements en plus de la nouvelle directrice. Avec tant de pression pour recruter des gens de confiance, la marge de manoeuvre de Margot serait réduite. Certains murmuraient le nom d'un célèbre potionniste, un ancien Serpentard... Mr Stirling, avait lu Chloé dans un filet de la Gazette.

Elle espérait cependant que Margot pourrait faire des choix pas trop dictés par la politique. La presse et le gouvernement multipliaient les déclarations en faveur de tel ou tel candidat, mais Chloé ne leur faisait pas confiance. Après tout, Dalnox, numéro deux du gouvernement, avait eu une liaison avec l'arithmancienne toute l'année sans se douter de rien. Certes, il avait peut-être conduit l'enquête contre elle au final, mais Chloé songeait qu'il avait simplement voulu sauver sa carrière. Il était aussi naïf que les autres et se positionner en justicier était la seule chose qui lui avait évité que la population ne réclame sa démission à corps et à cri. Dalnox avait été autant abusé par Ana que Minerva, et il n'était pas un héros de guerre, contrairement à elle.


Elle se servi une tasse de thé, attendant que l'élève qu'elle avait convoqué arrive. Cela faisait plus d'un mois qu'elle avait bouté Ana hors de la direction des Gryffondors, et elle avait été bien occupée depuis. Heureusement que Parvati et Lavande continuaient ses cours, car elle n'aurait pas tenu le choc. Elle avait du reprendre en main une maison en ébullition, préparer à la dernière minute tous les entretiens d'orientation... La vague se calmait depuis la fin des examens, et le décret d'éducation publié par la nouvelle pensionnaire d'Azkaban, dont le procès aurait lieu cet été, semblait dérisoire comparé à toutes les horreurs qu'elle avait pu commettre.

Mais dérision ou pas, ce décret avait eu un impact, notamment sur la jeune Harper, que Chloé attendait. Elle souhaitait revenir avec elle sur son comportement. En effet, Chloé s'était récemment penchée sur les nominations de préfets l'année prochaine et le choix pour les cinquième année était réduit. Côté garçon, c'était facile - elle n'imaginait pas nommer Victor Llyod préfet - mais côté filles... Lisa était bien trop écervelée pour faire une bonne préfète. Chloé hésitait entre Emily MacDougal et Cassandre Harper. Elles avaient des profils similaires. Deux jeunes filles issues de grandes familles, peu sociables mais bonnes élèves. Instinctivement, Chloé aurait choisi Emily. Elle était plus douce, moins virulente et orgueilleuse que Cassandre. Mais un préfet devait savoir faire preuve d'autorité, et Chloé n'était pas sûre qu'Emily sache s'imposer. A l'inverse, elle n'avait pas de doute pour Cassandre.

Le problème était que Cassandre en faisait beaucoup, voir trop. Le poste de Préfète lui gonflerait encore la tête, et nommer une petite peste à un poste à responsabilité n'était pas rendre service à sa maison. Aussi Chloé avait-elle convoqué la jeune fille pour voir ce qu'elle avait dans le crâne. On frappa à la porte.

"Entrez" dit Chloé en se levant. Elle posa son thé et rejoignit la table des professeurs. "Bonjour Miss. Asseyez-vous."

Elle lui désigna une chaise, et s'assit en face d'elle.

"Je vous ai fait venir pour discuter de votre comportement avec la délégation des Gryffondor. J'insiste sur le mot discussion. Qu'avez-vous à dire à ce sujet, Miss Harper?"


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Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre n'avait jamais été convoquée dans le bureau d'un professeur. Edmund ne comptait pas, ce n'était jamais pour des raisons disciplinaires, c'était juste sa manière de signifier qu'il voulait lui parler. Et si elle n'avait jamais été convoquée, c'est tout simplement parce qu'elle n'avait jamais rien fait de répréhensible. Elle avait de très bonnes notes, n'avait jamais été prise en train d'enfreindre le règlement de l'école et n'avait jamais eu de soucis - du moins de soucis rapportés aux enseignants - avec d'autres élèves. Cassie était donc une bonne élève qui aurait dû être surprise d'être convoquée par le Professeur Hellsoft. Elle aurait dû se demander ce qu'elle lui voulait, s'inquiéter, s'angoisser et y aller l'estomac noué. Ça, c'était la théorie. En pratique, elle savait très bien ce que sa directrice de maison à deux noises voulait. Elle avait été un peu lente à réagir, d'ailleurs, peut-être était-elle trop occupée avec le Professeur Virtanen. Cassandre savait très bien que ses propos lors de l'affaire "Sorden" avait quelque peu déplus aux oreilles sensibles d'Hellsoft.

A la pensée du professeur Sorden, Cassie sentit les doigts qui nouaient sa tresse trembler. Cela avait été officiellement annoncé dans les médias, le professeur Sorden était responsable de ce qui s'était passé en Laponie. C'était à cause du professeur Sorden qu'elle avait été blessée, c'était à cause de cette femme qu'elle aurait pu mourir sous la glace, à quatorze ans, loin de chez elle. C'était à cause d'elle qu'il lui arrivait de se réveiller en sursaut la nuit, le coeur serré et avec l'impression d'étouffer, comme si le balcon s'effondrait de nouveau avec elle en dessous. C'était à cause d'elle que son Epouvantard avait changé. Tout était de sa faute et elle avait été là, sous ses yeux, pendant tout ce temps. Elle l'avait saluée dans les couloirs comme si de rien n'était. Comme si Sorden n'avait pas essayé de tous les tuer. Elle pensait que Sorden était une enseignante tyrannique. Elle s'était bien trompée : c'était une sociopathe égocentrique et meurtrière. Et maintenant, le Professeur Hellsoft la convoquait pour parler de ses propos "déplacés" envers la femme qui aurait pu la tuer. Et Hellsoft était parfaitement au courant de ses blessures en Laponie. Quelle belle pédagogie, songea Cassandre en nouant le ruban qui terminait sa tresse. Elle redressa le menton face à son miroir avant de sortir de la pièce pour rejoindre la salle des professeurs.

Elle frappa trois coups avant d'entendre le mot qui lui intimait d'entrer. C'était étrange de convoquer des élèves en salle des professeurs et pas dans le bureau des enseignants. Hellsoft voulait avoir cette petite discussion en public ? Libre à elle. Mais c'était encore une des nombreuses choses que Cassandre désapprouverait chez elle. Elle ne pouvait vraiment pas la voir en peinture et c'était merveilleusement réciproque. Une belle relation de mépris partagé. Le seul souci étant qu'Hellsoft était censée être l'enseignante remplie de pédagogie équitable avec tous ses élèves et Cassandre l'adolescente qui se rebellait contre l'autorité. Il y en avait au moins une qui tenait son rôle, dans cette histoire. Après avoir salué Hellsoft d'un signe de tête - elle n'en n'avait pas particulièrement envie mais elle avait tout de même quelques notions de politesse - Cassandre s'assit face à son enseignante et lissa sa jupe d'un revers de la main. Elle se força à n'aborder aucune expression quand Hellsoft prit la parole et surtout pas le regard de mépris et le haussement de sourcils qu'elle rêvait d'afficher. Heureusement qu'elle avait l'habitude de ces choses-là, merci les soirées mondaines. Une discussion. Elle la convoquait pour une discussion. Mais bien sûr. On ne convoquait pas les gens pour discuter, sauf quand on s’appelait Edmund. Finalement, Hellsoft s'était peut-être trompée de Serdaigle, elle fricotait avec le mauvais.

Quand elle avait appris qu'Hellsoft la convoquait, Cassandre s'était promis d'être sage. Pas par respect ou amour de son enseignante, mais tout simplement parce qu'elle savait que si cet entretien dérapait, Hellsoft enverrait une lettre à ses parents. Pendant l'année, cela n'aurait pas eu d'importance parce qu'elle était loin d'eux et qu'ils n'auraient jamais eu le mauvais goût d'envoyer une Beuglante pour laver leur linge sale en public - n'est-ce pas Mrs Hellsoft ? - mais nous étions maintenant proches des vacances d'été et ses parents auraient tout le loisir de la réprimander, voire de la punir s'ils étaient pris d'un sursaut d'autorité, comme cela pouvait leur arriver de temps à autres. Et elle avait la ferme intention de profiter de ses vacances. Cassandre s'était donc promis d'être sage comme une image et de ne pas envoyer le professeur Hellsoft se faire voir ailleurs. C'est pourquoi elle ne prononça aucune pique sur le fait qu'on ne convoquait pas les gens pour discuter, surtout pas en salle des professeurs. Et quand elle prit la parole, elle essaya de mettre le moins d'ironie possible dans ses mots, ce qui fut très difficile. Que Hellsoft remarque l'effort, tout de même.  

- Si je puis me permettre, Professeur, je pense qu'il est inutile de tourner autour du pot.

Si vous avez quelque chose à me dire, dites-le, sinon retournez biberonner.

- Nous étions toutes les deux présentes à ce moment-là et je sais très bien que mes propos vous ont déplu et que je suis ici pour que vous puissiez exprimer cette dépréciation. Vous me connaissez assez bien pour savoir que mes propos n'avaient rien à voir avec une quelconque volonté de provocation et étaient seulement l'expression de ma pensée profonde.

C'était vrai, elle disait juste ce qu'elle pensait. Mais Hellsoft était tellement susceptible, sûrement les hormones. Elle ne pouvait pas voir Sorden, tout le monde l'avait compris et elle la défendait quand même. C'était tellement hypocrite ! Hellsoft était tellement... fausse. Elle jouait la carte de l'amabilité et de la proximité avec les élèves mais Cassandre était persuadée qu'elle n'en pensait pas moins sur chacun d'entre eux. Et sa manie de faire du favoritisme flagrant... C'était infect. Vraiment, elle ne pouvait pas la voir en peinture. Plus que trois ans. Ou peut-être qu'Hellsoft se ferait virer avant, elle pouvait toujours espérait.

- Si vous attendez de moi que je retire mes propos quant au professeur Sorden, je ne le ferai pas. Je ne l'ai jamais insultée, j'ai uniquement fait preuve d'ironie. Ce n'est peut-être pas un mode de communication qui convient à tout le monde, mais je n'ai jamais manqué de respect à l'enseignante en elle-même, juste à ses actes et décisions.

Actes que vous avez détesté aussi mais vous ne l'avouerez même pas sur la torture parce que aimez bien vous donner l'image de quelqu'un de respectable et de droit.

- Et j'estime qu'au vu de ce qu'est le professeur Sorden et ce qu'elle a fait, j'ai été d'une politesse extrême, professeur.

Elle n'a pas failli me tuer, sinon.


   
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
La jeune Harper s'installa, arborant une expression neutre qui ne trompa pas Chloé. Cassandre était de ces élèves qui avaient toujours une arrière pensée piquante à l'esprit, et Chloé était ravie de ne pas être légilimens. Bien sûr, elle avait de la distance par rapport à ses obligations professionnelles et savait pertinemment qu'on devait en raconter sur son compte, mais il y avait une différence entre savoir et entendre. C'avait toujours été dans sa nature, de se ficher de l'opinion des autres, mais elle était aussi quelqu'un de très sociable. Elle suivait les mêmes élèves durant sept ans, inlassablement, et aimait que les choses se passent bien. L'enseignante savait qu'elle n'avait pas le professionnalisme de Margot, et n'essayait pas de l'avoir. Elle savait qu'on pouvait la critiquer pour cela, elle avait déjà dû s'expliquer avec certains parents, mais elle savait également qu'elle n'avait jamais outrepassé les limites. Sauf peut-être avec Irving, et franchement, il n'y avait rien à lui reprocher.

La franchise avec laquelle Cassandre répondit à Chloé fut à la fois désarmante et pas si surprenante. Désarmante, parce que Chloé connaissait des élèves, et elle avait classé la jeune Harper dans la catégorie "reine du bal des hypocrites" depuis longtemps. Elle lui semblait être une jeune fille ambitieuse qui aurait eu sa place plus à Serpentard qu'à Gryffondor, et s'attendait à ce que son coup d'éclat ne soit qu'un écart de conduite qu'elle voulait corriger. Au vu de l'interprétation que Cassandre faisait de sa convocation, Chloé se serait plutôt attendue à des excuses réticentes mais polies.

Pas surprenant, car depuis le début de l'année, la jeune fille avait changé. Elle ne savait pas si c'était le licenciement de son père, sa blessure en Laponie ou juste la crise d'adolescence, mais, subtilement, Cassandre Harper devenait une vraie Gryffondor, bien de son âge. Franche, elle l'était sans doute auparavant, puisqu'elle ne prenait pas la peine de cacher son mépris pour les autres. Mais impliquée dans la vie de l'école, de sa maison? Chloé avait du mal à y croire.

Elle décida cependant de ne pas lui faire le plaisir de mordre à l'hameçon, du moins, pas tout à fait. Cassandre se croyait maline, à deviner ce qu'elle voulait, mais elle avait tout faux. Chloé l'avait effectivement convoquée pour discuter, et non pas pour lui demander des excuses. Elle-même n'avait pas apprécié Ana longtemps, et même pour le principe, elle ne risquait pas de demander à quelqu'un de s'excuser de son comportement auprès d'une meurtrière.

"Je suis navrée de vous dire que vous faites fausse route. Si j'avais voulu que vous retiriez vos propos, je l'aurai fait dès que je les ai entendu. De plus, j'ai déjà exprimé ma dépréciation à ce moment-là, j'estime que vous êtes assez intelligente pour comprendre le message et qu'il n'y a pas à revenir dessus. Mais je suppose que mes propos sont vains, puisque vous savez très bien ce que je pense et qu'il n'y a rien que je puisse dire ou faire pour vous faire changer d'avis."

Chloé fixa son élève, impassible. Elle aussi pouvait jouer au petit jeu de l'ironie, même si elle venait du peuple. La raison de la convocation de Cassandre, outre le poste de préfète en jeu, était aussi qu'elle voulait lui montrer ce que son comportement pouvait provoquer chez son interlocuteur. Elle savait que jouer la mesquine ne lui ferait pas gagner l'oreille attentive de la jeune fille, et comptait bien là-dessus.

"Comme vous pouvez déjà deviner tout ce que je vais vous dire, je vous laisse regagner votre dortoir. Je ne voudrais pas que nous perdions notre temps."

Elle désigna la porte d'un ample geste de main, se demandant si la gamine saisirait sa chance sans réfléchir et partirait. C'était le test. Si elle le faisait, lui donnerait une bonne raison de lui refuser le poste de préfète, quelque chose à présenter comme "immature et colérique". Si elle ne le faisait pas, Chloé avait bien l'intention de lui expliquer son étrange pédagogie. Elle ne voulait pas que Cassandre s'excuse et supplie pour savoir ce qu'elle voulait - c'était complètement irréaliste et ce n'était pas son but. Elle voulait juste qu'elle reste. Car, contrairement à ce que disait la jeune Harper, Chloé ne la connaissait pas plus que Cassandre ne la connaissait elle.


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Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Soit Cassandre avait un seuil de tolérance très bas, voire carrément inexistant, soit Hellsoft était naturellement exaspérante. Peut-être un mélange des deux, même si Cassie voulait bien concéder qu'elle n'était pas particulièrement tolérante. Voire carrément intolérante, en fait. Mais Hellsoft n'était pas en reste, non plus, il ne fallait pas pousser. En temps normal, Cassandre adorait l'ironie, les bons mots, la condescendance et le mépris à peine déguisé. Quand c'était elle qui le pratiquait, bien évidemment. Quand cela venait des autres, elle était bien plus partagée. Soit elle appréciait brusquement la personne pour son esprit et sa manière d'être - qui se ressemble s'assemble - soit elle était fondamentalement agacée et classait la personne en question dans la longue liste des personnes qu'elle n'aimait pas. En fait, quand on y pensait bien, elle n'était jamais tombée sur le premier cas. Mais elle était sûre que sa théorie pourrait tout à fait fonctionner. Du moins, elle l'espérait. Il était inutile de rajouter une autre catégorie de personnes aux gens qu'elle ne pouvait pas faire en peinture. Quoi qu'il en soit, Cassie était de ceux qui admirait l'ironie et le sarcasme quand ils étaient bien utilisés. Et surtout, lorsqu'ils n'étaient pas utilisés à son encontre. Autant dire qu'elle n'avait pas du tout apprécié le petit sarcasme d'Hellsoft à son encontre. Et encore. "Ne pas apprécier" était un très joli euphémisme. Pourquoi, par Merlin, ne pouvait-on pas être honnête envers les enseignants et leur répondre correctement ? Par correctement, dans la bouche de Cassandre, entendez bien "leur dire ce qu'on pensait d'eux sans pincettes et retenue vaine imposée par la bienséance dans la société qui voulait qu'on respecte les enseignants les plus insupportables en leur faisant des courbettes et en leur adressant une hypocrite parodie de respect". Mais c'était bien trop long à dire, alors elle préférait employer le terme "correctement".

Elle n'avait pas toujours été exaspérée comme cela par les enseignants, elle s'en rappelait très bien. Lorsqu'elle était entrée en première année, elle n'avait même rien contre eux et sa première année dans l'école de sorcellerie s'était déroulée de manière tout à fait correct du coté du corps professoral, même si on avait écrit à ses parents pour leur signaler que leur fille avait quelques difficultés - oh, le joli euphémisme encore une fois - à s'intégrer. Elle avait toujours eu d'excellents résultats et n'était pas du tout en difficulté. Pourtant, les choses s'étaient gâtées lors de sa deuxième année, quand elle avait commencé à remarquer les défauts des professeurs. Elle savait déjà depuis un an qui elle appréciait et qui elle n'appréciait pas, d'un point de vue totalement subjectif d'élève de onze ans, reposant notamment sur la charge de travail donné par chaque enseignant, mais elle avait surtout commencé par comprendre pourquoi. Elle avait commencé à voir ses professeurs non plus comme une masse uniforme de tuteurs avec des méthodes pédagogiques différentes mais comme des humais, avec des défauts, des qualités et des manières d'être. Et le naturel était alors revenu au galop : si les professeurs étaient des êtres normaux, ils rentraient donc dans les catégories de sa liste de personnes qu'elle n'aimait pas, déjà bien fourni à cette époque là. Mais c'était à partir de la troisième année que ses enseignants avaient sérieusement commencé à l'embêter et qu'elle avait pris l'habitude - bonne ou mauvaise, cela dépendant des points de vue - d'adopter une attitude beaucoup déférente vis à vis d'eux, contrairement à ses premières années où les recommandations et les principes de ses parents étaient encore bien marqués dans son esprit. C'est à ce moment-là qu'elle avait commencé à ne vraiment plus du tout apprécier Hellsoft et qu'elle avait commencé à cultiver une certaine rancœur à son égard, sans même savoir de là où c'était parti, à lister ses défauts, ses manies, comme des cartouches qu'elle pourrait ressortir lorsque l'envie de la critiquer se ferait ressentir. Elle faisait ça avec tout le monde bien évidemment. Elle accumulait les connaissances, analysait les gens, leur manière d'être, le monde qui l'entourait afin de toujours savoir à quoi s'en tenir et toujours savoir quoi dire.

Néanmoins, elle adoptait cette attitude vis à vis de tout le monde, plus ou moins assidument d'ailleurs. Cela n'expliquait en rien son exaspération constante à l'égard de la personne qu'était Chloé Hellsoft, cette irritabilité continuelle, ce qui faisait qu'elle ne supportait rien chez elle, que ce soit dans ses mots, ses gestes ou ses paroles. Elle avait peut-être un élément de réponse quant à ce questionnement mais elle ne l'aimait pas vraiment car il ne lui était pas très favorable. Néanmoins, quand on y pensait bien, c'était la réponse la plus logique à cette attitude et la plus cohérente. Elle n'était pas bien compliquée à trouver, même des adeptes de la psychologie de comptoir auraient pu mettre le doigt sur cela après quelques connexions neuronales. Ses parents avaient eu énormément de mal à avoir un enfant et sa naissance était inespérée, soudaine et tardive. Si dans leur jeunesse, empreints encore des valeurs de leurs propres parents et d'un idéalisme propre au couple qui s'apprête à fonder une famille, ils avaient fait de grandes promesses concernant l'éducation de leur descendance à venir, ces promesses s'étaient étiolées au fil des années et de l'attente. Sa venue au monde avait été un tel soulagement pour ses parents qu'ils en avaient oublié tous leurs jolis principes et n'avaient souhaité pour leur fille unique que le meilleur, le plus confortable et la vie la plus agréable possible, pour que jamais leur chère tête blonde, brune en l’occurrence, ne soit contrariée. Aidés de moyens financiers confortables, les Harper avaient choyé leur fille, choyé étant encore une fois un joli euphémisme. Cassandre avait été gâtée, surprotégée, ses moindres désirs - caprices en réalité - avaient été exaucés. Évidemment, imposer une ferme autorité et des contraintes à une petite fille qui vivait dans une bulle dorée qu'elle dictait d'un claquement de doigt aurait été plus que contrariant. Ses parents s'étaient contenté du minimum, comme ne pas mettre ses doigts dans la cheminée, et avaient laissé leur petite princesse s'épanouir partout, mettant ses caprices sur un caractère affirmé, ses exigences sur des revendications de la descendante Harper qu'elle était et son insolence sur un répondant déjà bien épanoui pour une fillette. Et après avoir vécu onze ans dans ce monde dont elle était reine, Cassandre Harper était arrivée à Poudlard. Quel dépaysement, ne serait-ce que sur le plan social. Mais la plus grande contrariété de Cassandre n'avait pas été ses camarades de classe mais l'autorité qu'on voulait lui imposer - de manière tout à fait légitime d'un point de vue objectif mais de manière abusive dans l'esprit d'une petite fille bien trop gâtée - et cette autorité était particulièrement représentée par une seule personne, qui était bien évidemment Chloé Hellsoft. De là, il n'était pas bien difficile de faire le lien entre cette autorité soudaine et brusque et l'antipathie que Cassie éprouvait vis à vis de sa directrice de maison.

Aussi, lorsque cette dernière lança à Cassandre de partir retrouver son dortoir, une partie de la jeune fille en fut tout à fait satisfaite. Plus elle était loin d'Hellsoft, mieux elle se portait. Néanmoins, une autre partie se questionnait quand même sur la véritable raison de sa présence ici, qui n'était donc pas les propos tenus à Sorden, comme l'avait notifié Hellsoft avec un sarcasme qui n'avait rien de pédagogique. Entendons-nous bien, Cassandre n'avait rien contre l'ironie. Mais elle estimait que les enseignants avaient ce devoir moral de s'abstenir. Bien évidemment, c'était encore quelque chose qui manquait à Hellsoft, cela ne serait que quelque chose en plus. Au bout d'un moment, Cassie ne comptait même plus. Quoi qu'il en soit, même si elle n'avait pas très envie de donner cette satisfaction à Hellsoft - pas très envie étant encore un bel euphémisme - mais cela la questionnait. Après tout, elle n'avait rien fait de mal et n'avait strictement rien à se reprocher si Hellsoft ne voulait pas l'entretenir de ce qui avait pu se passer lors de leur petite révolution. Et Edmund n'était sûrement pas proche de sa directruce de maison, aussi ne pourrait-elle le questionner quant à ce qu'elle pouvait bien vouloir. Sa curiosité était piquée et pour l'amour de la connaissance, dirons-nous, Cassie pouvait bien faire quelques sacrifices. Il était évidemment hors de question qu'elle rampe devant Hellsoft et qu'elle s'excuse - elle ne sacrifierait sûrement pas sa fierté pour cela, il ne fallait pas pousser. Mais quelques manières ne coûtaient rien, elle le savait très bien, elle en servait en permanence à la bonne société. Et elle n'était pas assez bête pour laisser passer cela sous prétexte qu'elle ne voulait pas prononcer quelques mots, elle avait assez grandi et avait assez appris pour pouvoir faire cet effort. N'était-ce pas beau, la maturité ?

- De quoi souhaitiez-vous m'entretenir, Professeur ? s'enquit-elle, sans se lever.

Elle n'avait même pas haussé un sourcil pour sortir un sarcasme. Elle était fière d'elle parfois.  


   
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé fut presque déçue de ne pas voir Cassandre se lever et quitter la salle d'une démarche hautaine et digne. Elle était prête à parier que la moitié des élèves de sa maison aurait adopté un tel comportement et aurait bien aimé que, pour une fois, Cassandre Harper agisse comme le commun des mortels. Mais elle était apparemment trop ambitieuse, trop intelligente ou trop bien élevée pour tomber dans le piège, et resta assise, de marbre, lui demandant d'une façon très polie ce dont elle souhaitait l'entretenir. Cependant, elle était également ravie que la jeune fille ait aditionné deux plus deux, lui permettant ainsi de continuer son petit discours pédagogique, quoique certainement peu plaisant. Pour Cassandre, car elle-même pressentait un entretien dont elle se souviendrait. Se renversant sur sa chaise, elle considéra la jeune fille un instant, afficha une moue approbatrice et entama ses explications:

"Je pense qu'après ce que je viens de vous dire, vous êtes assez... contrariée par mon comportement, et donc peu disposée à prêter une oreille neutre, attentive et ouverte à ce que je pourrais vous dire."

Elle laissa passer quelques secondes pour que Cassandre écoute ce sentiment de colère, de résignation, ou quelque soit l'impression déplaisante qu'elle lui faisait, puis repris:

"Vous m'avez fait exactement cette impression le jour où vous êtes venue avec la délégation de Gryffondor. Vos demandes étaient légitimes, mais vous - et vos camarades - veniez inopinément dans mon espace privé, durant un congé professionnel, et vous vous êtes permise des réflexions déplacées et arrogantes. Si j'avais été juste un peu moins professionnelle, je vous aurais renvoyé dans la salle commune avec pertes et fracas, et vous aurait laissé subir ce décret d'éducation parfaitement injuste."

Bien sûr, Chloé n'aurait jamais fait une telle chose. Dans d'autres circonstances, peut-être aurait-elle cédé à la tentation. Il aurait fallu un enseignant plus juste et moins détestable, qui prenne une décision controversée; là, elle aurait commis une faute professionnelle grave si elle n'était pas intervenue. La décret était le premier pas vers une dictature tyrannique et injuste, et Ana Sorden était une professeur anthipathique, mal intégrée à l'école, qui souhaitait imposer des règles d'un autre âge qui n'avaient plus lieu d'être. Bien sûr, elle était seulement cela aux yeux de tous à l'époque. Maintenant qu'ils savaient la triste vérité, Chloé était heureuse d'avoir laissé son anthipatie pour l'américaine la guider.

"Je n'ai pas compris les raisons de votre comportement ce jour-ci, Miss Harper. Lorsque j'ai quitté mes appartements, j'avais en tête que vous étiez à l'origine de ce soudain accès de sagesse, que vous étiez celle qui avait suggéré de venir me voir plutôt que de partir en guérilla. Imaginez ma surprise lorsque j'ai appris que c'était Donald McWilde qui avait milité pour venir me trouver, et vous qui vouliez mener la vie dure à Ana Sorden."

Surprise, était un euphémisme. Chloé avait été sidérée. Surtout par Donald, à vrai dire, ses réflexions sur Cassandre étaient venues après. La jeune fille était un personnage complexe, entouré de barrière, mais Chloé avait cru, jusqu'à présent, à défaut de la comprendre, réussi à déchiffrer sa grille de comportement et être capable de prévoir ses réactions. Elle qui se targuait de bien connaître ses élèves avait eu du mal à admettre qu'elle avait pu se tromper à ce point.

"La seule raison pour laquelle je vous ai reprise si durement était que votre comportement jouait en défaveur de votre action."

Bon, et peut-être un peu parce que son côté Miss-je-sais-tout-et-je-contrôle-tout l'agaçait, qu'elle avait été trop sidérée par la situation pour agir en tant que professeur à part entière et qu'elle avait laissé son instinct l'emporter. Mais cela, Cassandre n'avait pas à le savoir.

"Vous auriez pu ruiner l'entreprise de vos camarades par vos paroles, car votre comportement donnait raison au professeur Sorden. Vous en rendez-vous compte? Et dans ce cas, pourquoi les avoir accompagné, pourquoi ne pas vous être tue lorsque je vous ai reprise pour la première fois? Vous n'êtes pas du genre à agir contre votre propre intérêt, mais vous n'êtes pas non plus altruiste au point de vous investir dans la vie de votre maison."

Et c'était bien pour cette dernière raison que Chloé hésitait à la nommer Préfète. Car l'insolence de Cassandre ce jour-ci n'était certainement pas à mettre sur le compte du manque de réflexion. Comment faire confiance à une personne aussi peu intéressée par les autres, aussi butée et autoritaire, dont le comportement s'avérait être imprévisible?


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Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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A cet instant précis, Cassandre aurait pu parier sur sa baguette, la fortune des Harper ou ses résultats aux examens qu'Hellsoft avait été surprise, au moins un minimum, qu'elle reste. Et rien que pour cela, elle ne regrettait pas d'être restée. Ce n'était pas être dans la provocation, contrairement à ce que des mauvaises langues auraient pu dire, car elle savait très bien qu'elle pouvait être mille fois plus provocante si elle le voulait sans même le regretter. Bon, la dernière partie de l'affirmation n'était peut-être pas foncièrement vraie étant donné qu'Hellsoft restait sa directrice de maison et une enseignante de l'école Poudlard et qu'elle pouvait très bien lui causer du tort si l'envie l'en prenait. Parce que Cassandre avait peut-être un certain culot, certes, mais elle ne pousserait pas le vice jusqu'à se faire renvoyer de l'école. Elle ne connaissait Killian Gray que de nom et à vrai dire, elle se fichait de Killian Gray, mais son renvoi avait marqué l'école et le message avait été plus que clair pour tous : ils avaient intérêt à ne pas pousser le bouchon trop loin. Évidemment elle ne se retrouverait jamais ivre dans les couloirs de l'école, surtout qu'elle ne buvait pas, mais elle savait très bien que ce n'était pas le seul motif de renvoi disponible et que cela ferait sûrement un peu trop plaisir à Hellsoft. Elle avait besoin de ses ASPICS et de bonnes notes à ces derniers pour accéder à la carrière qu'elle voulait et ne pas se retrouver empêtrée dans un mariage qui la rendrait dépendante de quelqu'un d'autre, aussi avait-elle un fort intérêt à rester à Poudlard jusqu'à ses dix-sept ans afin de décrocher ce qu'elle voulait. Si elle recroisait un jour, par le plus grand des hasard, Hellsoft après son diplôme, peut-être lui dirait-elle ce qu'elle pensait d'elle, plutôt que de devoir se retenir parce que Hellsoft était une figure d'autorité. Enfin, contrairement à certains de ses camarades, elle savait où s'arrêter et se contentait juste d'effleurer la limite sans la dépasser. Quand Hellsoft lança qu'elle était sûrement "contrariée" par son comportement, Cassandre retint un haussement de sourcil sarcastique, dans le genre "Non, sans blagues ?". Ne jamais trop forcer sa chance.

Néanmoins, si Cassandre estimait préférable de garder ses sarcasmes pour ce qui en valait la peine - c'est-à-dire quand elle ne pouvait plus se retenir - elle fusilla Hellsoft du regard quand celle-ci revint encore une fois sur l'affaire de la révolution des Gryffondor. Elle n'en n'avait pas marre de parler sans cesse des même choses ? C'était vraiment nocif de vieillir. "Un peu moins professionnelle" ? Et voilà qu'elle s'auto-complimentait, ben voyons, songea Cassandre en réadoptant néanmoins une expression parfaitement neutre, même si ses doigts s'étaient crispés. Si Hellsoft avait été un peu plus professionnelle et avait eu un peu plus de jugeote, elle n'aurait jamais nommé Ana Sorden à la tête des Gryffondor. Même son cousin Edmund aurait fait un bien meilleur directeur de maison que cette psychopathe et Merlin savait très bien qu'il était loin de porter les Gryffondor dans son cœur. Nommer Ana Sorden à la tête des Gryffondor avait été une faute professionnelle grave, faute qu'Hellsoft n'aurait pas commise si elle avait fait autre chose que fricoter avec Virtanen. S'améliorer en tant que pédagogue ou enseignante, peut-être ? Et engager Sorden avait également été une monstrueuse bêtise et Cassandre espérait que McGonagall le regretterait jusqu'à la fin de ses jours. Des élèves, dont elle faisait partie, avaient failli mourir et tout le monde semblait s'en ficher. Il y avait bien Mrs Bloomwood qui avait invité les élèves à venir lui parler - ce qu'elle n'avait pas fait parce qu'elle ne voulait pas s'épancher auprès d'elle, ni auprès de personne d'autres - et les autres enseignants qui avaient fait de même mais maintenant, tout semblait avoir oublié, tout le monde passait au dessus alors qu'elle, elle en faisait encore des cauchemars et se réveillait glacée, au bord des larmes et le cœur battant alors qu'il faisait bien trop chaud dans le dortoir à cette époque de l'année. Tous les profs auraient dû être renvoyés. Ils avaient fréquenté Sorden pendant une année et ne s'étaient rendus compte de rien ? Quelle vaste blague. Soit ils le faisaient exprès, soient ils étaient véritablement abrutis. Alors voir Hellsoft se vanter de son professionnalisme, cela la faisait bouillir de rage. Il était où son professionnalisme face à une meurtrière, hein ? Mais cela ne servait à rien de l'évoquer. Parce qu'Hellsoft était bien trop imbue d'elle-même pour le reconnaître et aussi parce que Cassandre ne voulait pas parler de cela. Ce serait reconnaître que cela l'affectait encore et elle ne voulait que personne ne le sache. Ni ses parents, ni ses amis.

- Je croyais que nous n'étions pas ici pour revenir sur les évènements concernant Ana Sorden étant donné que vous aviez déjà exprimé votre avis sur le moment, répondit Cassie en reprenant exactement les mots préalables de son enseignante.

Et blablablabla. Encore les même bêtises et les même répétitions, c'était vraiment pathétique, affligeant, agaçant, exaspérant et tout un tas d'autres adjectifs que Cassandre mourrait d'envie de crier à l'égard de son enseignante. Est-ce que les autres avaient encore eu le droit à un savon ou c'était un traitement spécialement pour elle ? C'était tellement chouette, des entretiens avec Hellsoft en privé pour qu'elle puisse refaire la donneuse de leçons parce qu'elle, elle était évidemment si vertueuse et si professionnelle et si méritante. Et bien. Elle n'avait pas besoin d'être complimentée décidemment, elle arrivait à se passer de la pommade toute seule. Aimez moi, aimez moi, je suis la formidable Chloé Hellsoft, youhouh ! J'aime me donner des airs cools et proches des élèves mais tout en étant une enseignante responsable et à l'écoute, n'est-ce pas formidable ? Alors qu'en réalité, je ne suis qu'une allumée qui regarde dans des boules de cristal et fricotant furieusement avec mes collègues dans la salle des professeurs et en nommant des meurtrières pour s'occuper d'adolescents mais je me permets quand même de faire la leçon parce que je suis tellement mieux que tout le monde. Cassandre faisait un énorme effort pour prendre sur elle, vraiment. Elle aurait voulu crier tout cela au visage de Hellsoft, l'affaire Sorden, ses cauchemars, la Laponie et lui hurler que tout ça, c'était de sa faute ! Et après comment osait-elle se pavaner ainsi devant elle en la prenant de haut alors que tout ce qu'elle aurait dû faire, c'était s'excuser publiquement auprès des Gryffondor pour la nomination d'Ana Sorden ? Et les autres enseignants auraient dû s'excuser aussi ! Mais ils étaient là, fiers, comme s'il n'y avait jamais eu d'erreur, comme s'il n'était rien arrivé, comme si cette foutue année avait été parfaitement normale ! C'était fantastique, pas de soucis, on recommence l'année prochaine ? Et évidemment, c'était elle qu'on réprimandait, elle qui avait fait une bêtise, elle qui avait manqué de contrarier Ana Sorden, la femme qui avait failli la tuer, franchement, Cassandre, tu exagères. Comment Hellsoft pouvait-elle avoir ce culot là, hein ? C'était infect. Elle attendait quoi, hein ? Qu'elle s'excuse ? Qu'elle écrive une jolie carte à Sorden avec des chocolats ? Ou un bouquet de jasmin ? Désolée professeur d'avoir été méchante avec vous, j'ai été légèrement contrariée par votre tentative d’assassinat, j'espère que les chocolats vous plairont, bisous ? Le coup de grâce fut quand Hellsoft affirma qu'elle n'était pas assez altruiste pour agir pour le bien de sa maison? Cassandre éclata d'un rire sans joie, sarcastique et regarda son professeur sans vraiment y croire. Mais pour qui elle se prenait, à la fin ? Elle avait fait beaucoup d'efforts pour prendre sur elle. Mais il était hors de question qu'elle se laisse insulter en plus.

- Mais pour qui est-ce que vous vous prenez ?

La question était sortie comme cela. Et Cassandre ne disait même pas cela pour le plaisir de la formule, elle était véritablement incrédule, interloquée par tant de culot et cela se lisait sur son visage. Pas de défi, d'insolence, rien de tout cela. Rien qu'une franche surprise et une vive interrogation. Comment osait-elle lui dire des choses comme cela ?

- Vous ne me connaissez pas, Professeur Hellsoft. Vous ne m'avez jamais connue. Vous vous êtes fait une image de moi dès ma Répartition à Gryffondor et vous l'avez conservée, vous n'avez pas cherché à en savoir plus. Est-ce que cette image a été vraie ? Oui, elle l'a été, je ne dis pas le contraire. Je ne suis pas une aimable Poufsouffle qui veut la paix dans le monde et des paillettes dans les pancakes du petit-déjeuner. Et je ne le serai sûrement jamais. Mais c'était tellement plus confortable de continuer à voir ça que d'essayer de reconnaitre que j'ai fais des efforts. Avez-vous la moindre idée de ce qu'a été mon année ? Mon père a perdu son poste, on a perdu notre maison et on a dû emménagé dans un quartier où rien que notre nom, notre seul nom, faisait tâche. Les seuls personnes que je connaissais là-bas avaient exactement la même image que vous. Est-ce qu'elles avaient tort aussi ? Pas foncièrement. Cette année, il y a eu deux sortes de personnes. Celles qui ont accepté mes efforts et celles qui se sont dit "Harper ? Une peste, rien à faire, l'affaire est bouclée". Que ce soit mes camarades, je m'en fiche, ils pensent ce qu'ils veulent. Mais si vous voulez me faire la morale, Professeur Hellsoft, alors ayez au moins la correction d'actualiser vos données. Il s'est passé plein de choses cette année, vous ne trouvez pas ? Mon père a été viré comme un malpropre et on a perdu nos revenus et si c'était arrivé à un autre élève, vous auriez eu un peu de compassion. Mais non, moi, ça n'en valait pas la peine, de toute manière, elle est tellement hautaine Cassandre Harper, je suis sûr que cela ne lui fait absolument rien ! Elle va aller gambader dans les champs tellement elle est heureuse ! Et puis je me suis fait écrasée par un balcon en glace en Laponie à cause de ma professeure d'Arithmancie, je suis vraiment désolée de lui avoir manqué de respect, vous pensez qu'elle m'en voudra ? Peut-être que j'aurais pu y rester, en Laponie, tout le monde aurait été tranquille comme ça ! Après tout, une Harper, qu'est-ce que ça vaut ? Et ce n'est pas comme si elle était altruiste envers sa maison, non ! Parlons-en, de l'altruisme, hein. Je ne m'investis pas dans la vie de ma maison ? Et je peux savoir qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Allez en parler à Irving, tiens, il sera ravi. Vous n'aviez pas remarqué qu'Irving et moi étions devenus amis ? Oh que non, suis-je bête, Cassandre Harper n'a pas d'amis. C'est ce que tout le monde dit. Et si je suis si horrible que cela, pourquoi est-ce qu'Irving me parlerait ? C'est vrai que c'est un monstre, cet Irving. Tiens, d'ailleurs, l'un de mes seuls amis part en France, je suis tellement heureuse, encore un truc cool pour finir cette super année ! D'ailleurs, vous savez celle qui est très touchée par ce départ ? C'est mon amie Nora Weaver tiens ! Comment je le sais ? Bonne question, je ne suis pourtant pas assez altruiste pour consoler les autres, non ? Et Nora Weaver est une peste tout comme moi, c'est pour cela qu'on s'entend bien, vous ne trouvez pas ? Parce que je suis une personne horrible et si je dois par le plus grand des miracles me trouver des amis, ce sont les caïds de l'école ! Et Théo Nott aussi, c'est un monstre, je pense qu'on va monter un groupe et racketter les première année.

Elle s'interrompit pour reprendre son souffle, les joues roses, et eut un instant de réflexion.

- Darren ne compte pas dans le lot des gentils, je dois l'avouer.

Se rendant compte de tout ce qu'elle venait de dire, elle se rassit. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle s'était levée.

- Il y a plein de choses que je veux bien vous accorder, Professeur Hellsoft, reprit-elle calmement. Je n'ai pas un caractère facile, j'ai même un mauvais caractère. Je ne suis pas du genre à être sociable et à organiser des cueillettes de fleurs ou je ne sais quoi, les trucs que font les gens très sociables. Je suis sarcastique, pas forcément sympathique, facilement agacée, relativement égocentrée et d'autres qualificatifs peu flatteurs. Mais s'il y a bien une chose que je ne veux pas qu'on vous disiez ou pensiez de moi, c'est que je ne me préoccupe pas des gens à qui je tiens. Alors, certes, il n'y en a pas beaucoup. Mais ils sont là. Et la réponse à votre question est simple. Si j'ai voulu me retourner contre le Professeur Sorden à ce moment-là, ce n'était pas pour le plaisir de prendre des risques et de me faire renvoyer. C'était ça, mon investissement dans la vie de ma maison. Ma proposition était une erreur ? Peut-être, sûrement ! Est-ce que pour autant je l'ai appliquée ? Non. Je suis venue vous voir avec les autres alors que j'aurai pu aller voir seule le Professeur Sorden. J'ai eu tort avec mes propos ? Peut-être. Pourquoi est-ce que j'ai prononcé ces mots ? Parce que malgré tout, vous restiez et vous restez notre Directrice de Maison et que j'avais suffisamment confiance en cet état de faits pour dire ce genre de choses en votre présence. Parce que je savais que votre premier réflexe ne serait pas de tout redire au Professeur Sorden.

Elle croisa les bras sur sa poitrine. C'était sûrement la première fois qu'elle parlait autant au Professeur Hellsoft.

- Oui, j'ai été impulsive et j'ai parlé sans réfléchir et sans penser aux conséquences. Oui, défier l'autorité et les règles ainsi n'était pas forcément une bonne idée. Mais Professeur, c'est dans mon caractère. Et si je n'avais pas eu ces traits de personnalité... Et bien je ne serai pas une Gryfffondor, répondit-elle en relevant le menton.


   
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
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- Mais pour qui est-ce que vous vous prenez ?

Chloé resta bouche-bée devant l'insulte. Elle regarda Cassandre avec des yeux ronds, mais avant même qu'elle ne puisse réagir, celle-ci s'était lancé dans un monologue effarant. Elle parlait, parlait, sans s'arrêter, prenant à peine le temps de respirer, crachant tout ce qu'elle avait sur le coeur. Avant même de saisir le contenu de ses paroles, Chloé fut soufflée par toute la violence que Cassandre contenait. Tout cela qui sortait d'un coup, si brusquement, si violemment. La jeune Harper n'allait pas bien, et cela ne tenait pas forcément de la crise d'ado. Elle encaissait moins bien que ce qu'elle croyait, et il avait suffit de la titiller un peu pour que tout cela sorte. Cassandre Harper était sur les nerfs, elle ne tenait qu'à un fil. Chloé nota cette information avant le reste.

Elle laissa Cassandre parler en conséquence, puis parce qu'elle était ébahie par ce qu'elle entendait. Pourtant, il y avait des choses banales, typiquement adolescente dans le lot. "Vous ne m'avez jamais connue", ah, la belle époque des 15 ans! En même temps, Chloé ne se targuait pas de la connaître, Cassandre ne se laissait pas connaître. Et elle avait sûrement raison lorsqu'elle avançait que Chloé s'était faite une image d'elle qu'elle avait conservée. Seulement, Chloé ne se l'était pas faite dès la répartition. Il avait même été dur pour elle d'avoir la jeune fille dans sa maison, tant elle détonnait par rapport aux élèves que Chloé avait l'habitude de gérer. Elle ne s'était plus penchée sur le cas Harper jusqu'à la Laponie, et là, elle s'était heurtée à un mur. Cassandre refusait de parler, prétendait s'être remise, était redevenue Cassandre Harper. Emportée par ses soucis personnels et professionnels, Chloé n'avait pas cherché plus loin. Peut-être était-ce une erreur. Mais elle-même avait été blessée, vivait la trahison de Peter, était partie en congé maternité. Etre prof était un métier, après tout, pas un sacerdoce.

Pourtant, malgré son désamour pour Cassandre, et ses réticences à admettre son erreur, Chloé avait noté le changement. Irving lui avait parlé de la jeune fille, et elle ne l'avait pas convoquée par hasard. Si elle avait cru que Cassandre ne changerait jamais, Emily aurait été Préfète sans la moindre hésitation. Elle ne savait pas qu'elle avait fraternisé avec Nora Weaver, Théo Nott était bien le genre de fréquentation qu'elle lui imaginait, quant à Darren O'Connor... Chloé préférait oublier ce détail, sans quoi Cassandre perdait toute chance de devenir préfète. Chloé pouvait faire des efforts sur beaucoup de choses, mais pas sur les O'Connor. Elle n'avait aucun recul sur le sujet, malgré les années.

Et puis, brusquement, Cassandre s'arrêta, fit une concession, se rassit. Chloé enregistrait encore le flot d'informations qu'elle venait de prendre en pleine figure, et cela permi à la jeune fille de conclure. Et la fin était bien plus agréable à entendre que le reste. Car c'était exactement ce qu'elle voulait, depuis le début de l'entretien. Elle était très surprise par le chemin que cela avait pris. Elle s'était attendu à simplement demander à son élève pourquoi elle lui confierait le poste de Préfète étant donné ses antécédents, et à entendre un plaidoyer froidement raisonné du genre "j'aime ma maison". Mais là, c'était sorti tout seul, ça venait du coeur, et cela valait mille fois ce qu'elle avait anticipé.

Ce qui marquait surtout Chloé, c'était le "Mais s'il y a bien une chose que je ne veux pas qu'on vous disiez ou pensiez de moi". Cassandre accordait de l'importance à son avis, ou du moins, à l'avis des autres. Quelque part, au fond, elle voulait qu'on ait une image d'elle plus agréable. Plus juste? Elle admettait lui avoir fait suffisamment confiance, même si Chloé ne s'arrêta pas à cela. Elle se doutait déjà que Cassandre était venue, outre pour le plaisir qu'elle lui prêtait à participer à une étape importante dans la vie de l'école, mais également parce que c'était son investissement dans la vie de sa maison. Elle voulait l'entendre dire, et la voir en plus admettre qu'elle avait été maladroite couronnait le tout. Cependant, mieux que tout le reste, Cassandre avait fini par dire qu'elle était comme ça. Qu'elle était une Gryffondor.

Qu'elle y tenait, au fond. Qu'elle pouvait être préfète.

Chloé avait eu ce qu'elle voulait. Difficilement, de façon surprenante, mais elle avait atteint son but. Elle aurait pu dire à Cassandre qu'elle avait réussi l'épreuve, clore l'entretien, mais elle ne le fit pas. Car avant les mots sacrés, il y en avaient eu d'autres. Des mots douloureux, le cri du coeur d'une ado qui n'allait pas bien. Les mots blessants, la colère qui avait besoin de sortir. Chloé avait l'habitude des adolescents. Elle aurait du réagir froidement, lui répondre point par point, ne pas être touchée. Margot aurait fait preuve d'un sang-froid exemplaire, Daisy d'une compassion à toute épreuve, Peter d'une logique froide. Mais voilà, le problème, c'est que lorsqu'elle écoutait Cassandre, outre son véritable mal-être, elle l'entendait aussi geindre. Se plaindre que les gens avaient une image d'elle, image qu'elle avait volontairement contribué à construire. Râler parce qu'ils ne passaient plus au dessus des préjugés. Et ça, elle ne le laisserait pas passer.

Car au delà, Cassandre l'attaquait elle, lui reprochant de ne pas compatir, de ne pas dépasser ses propres préjugés. Elle fixa Cassandre un long moment, se demandant par quel angle commencer à répondre. Elle savait qu'elle n'aurait pas du mentionner la Laponie, se taire. Au fond, elle avait pitié de la jeune fille, mais elle savait que jamais Cassandre Harper n'accepterait de la pitié. Finalement, elle ouvrir la bouche et parla d'un sec.

"Avez-vous terminé de geindre, Miss Harper?"

Intérieurement, elle se morigéna. Elle avait eu ce qu'elle voulait, elle devait se calmer et agir en adulte responsable.

"Vous n'avez aucun droit de blâmer les gens qui vous repoussent parce qu'ils ont des préjugés sur vous. Votre image, vous l'avez construite soigneusement durant trois ans. Trois longues années pendant lesquelles ils ont du supporter votre langue acérée, votre mépris, votre distance. Et soudainement, parce que votre père perd son poste et parce que vous avez été gravement blessée, vous réclamez qu'ils deviennent gentils et compréhensifs?"

Bon, c'était un peu raté. Chloé se renversa dans son fauteuil, poussant un profond soupir. Le problème c'était que Cassandre touchait des cordes sensibles. Ana Sorden, la Laponie, Darren O'Connor... Tant de choses avec lesquelles elle était en conflit permanent à l'intérieur d'elle-même. 

Nommer Ana Sorden à la tête des Gryffondor avait été une erreur. Une terrible erreur, Chloé s'en voulait encore depuis qu'elle avait appris toute la vérité sur son ancienne collègue. Mais c'était la seule volontaire pour le poste. Neville refusait, Edmund les détestait, Ana s'était proposée. Son antipathie pour l'enseignante ne remettait pas ses qualités de professeur en cause, alors Chloé avait cédé. Minerva avait approuvé, et pourtant, il y avait de quoi grincer des dents quand on savait les vues de l'arithmancienne sur le poste de directrice. Il y avait une chose que Chloé ne pourrait jamais avouer aux élèves, mais elle avait bien compté sur l'échec d'Ana à diriger la maison Gryffondor. Elle se doutait qu'elle n'était pas du tout qualifiée pour le poste et avait espéré pouvoir retenir cette inaptitude contre elle dans le dernier débat avant les élections afin de faire gagner Margot. Après tout, si l'on n'arrivait pas à diriger une maison, comment prétendre diriger une école? Question échec, Chloé avait été servie. Ana s'était grillée en beauté et avait perdu toute chance d'être élue. Mais elle avait été tellement loin, c'en était incroyable. A croire qu'elle avait voulu se tirer une balle dans le pied. La professeure de divination n'aurait jamais cru qu'elle irait jusque-là. Elle s'était attendue à des punitions peu pédagogiques, de la contestation du comportement de ses collègues, des plaintes de parents... pas à une telle dictature.

Il y avait la Laponie, aussi. Elle aurait voulu reprendre Cassandre là-dessus, mais elle ne pouvait pas. Parce que c'avait été causé par Ana Sorden. Mais Chloé aussi avait terminé en service de soins intensifs. Son épaule avait été transpercée par un pic de glace. La blessure en elle-même était grave, mais elle avait en plus manqué de perdre Lou. Cela l'avait bien plus traumatisée que tout le reste. Elle avait tenu, parce qu'elle n'avait pas réalisé, sans doute, avant de tenir sa fille dans ses bras, ou parce que la guerre l'avait habituée à ce genre de situation. Parce qu'il avait fallu tenir, pour les élèves, pour l'enquête. Elle n'y pensait jamais, parce qu'elle était courageuse, ou inconsciente, ou qu'elle ne voulait pas faire face à la vérité.

Après plusieurs secondes de silence, elle repris d'un ton lent, presque las, se faisant violence pour ne pas passer sa main sur son visage, ne pas laisser paraître de signe de faiblesse.

"Je n'ai jamais, au grand jamais, eu la prétention de vous connaître, Miss Harper. Contrairement à vous qui croyez pouvoir me cerner, comprendre les raisons de mes actes, je n'ai jamais pensé vous connaître. Et vous savez pourquoi? Parce que vous faites bien comprendre au monde que vous ne voulez pas qu'on vous connaisse. Vous êtes Cassandre Harper, et qu'ils se contentent de cela. Vous n'aurez pas la faiblesse de laisser des gens vous approcher, vous blesser.Et après cela, vous me reprochez de ne pas avoir 'actualisé mes données?' J'ai tenté de vous parler plusieurs fois après la Laponie, vous n'avez rien voulu entendre. Pourtant, je crois que je suis bien placée pour comprendre ce que vous avez vécu, vous ne croyez pas?"

Bon, elle n'aurait pas du en parler et elle l'avait fait quand même. Tant pis. Lui rappeler qu'elle n'avait pas été la seule en Laponie lui ferait du bien - si elle était au courant de ce qui était arrivé aux autres, évidemment.

"Pourquoi suis-je ici aujourd'hui, si ce n'est pas justement pour parler avec vous? Vous êtes rentrée dans cette pièce en ayant décidé que je ne pourrais que vous dire des choses négatives et vous blâmer. Vous aviez la tête remplie d'idées préconçues à mon encontre avant même que j'ai ouvert la bouche. Vous n'avez entendu que des condamnations à la place des questions, vous avez décidé que je pensais du mal de vous et que rien ne me ferait changer d'avis. Et vous vous plaignez des préjugés des autres?"

Chloé se redressa, croisa les mains et les posa sur la table, vrillant son regard dans celui de Cassandre. Il n'y avait aucune agressivité dans son regard, même si ses mains tremblaient légèrement. Elle voulait surtout que Cassandre comprenne qu'elle n'était pas l'ennemi. Elle avait eu ce qu'elle voulait, elle était son enseignante, pas son bourreau. Sa voix était moins sèche, plus douce. Après tout, Cassandre allait mal.

"Si je vous avais classé dans une catégorie et que je ne tenais pas à ce que vous en sortiez, vous ne seriez pas ici aujourd'hui. Pourquoi voyez-vous le mal partout?"


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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- Je pense que oui, répondit Cassandre d'un ton neutre à la question de son enseignante.

Après tout, elle n'avait plus rien à ajouter, elle avait dit tout ce qu'elle avait sur le cœur, tout était sorti. Elle avait l'impression d'être vidée, lasse, presque apaisée. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas parlé ainsi. Mais l'avait-elle fait un jour ? Elle avait eu une vie facile pendant des années, tout lui était livré sur un plateau d'argent. Et puis après l'été dernier, après le commencent du chamboulement dans sa vie, quand tout s'était enchainé avec l'emploi de son père, la Laponie, la Cité Nimbus, à qui aurait-elle parlé ? Elle n'avait pas d'amis à l'époque, elle n'allait sûrement pas parler à ses parents ou à sa famille, ni à de parfaits inconnus ou des personnes qu'elle n'aimait pas remplies de bons sentiments après la Laponie. Alors elle avait prit sur elle, elle avait intériorisé et elle avait avancé, parce que c'était ce qu'il fallait faire. C'était la vie, il fallait continuer, on ne pouvait pas s'arrêter au bord du chemin. Et puis elle avait eu l'illusion qu'elle allait mieux, elle l'avait cru elle-même et c'était sans doute un peu vrai, elle allait mieux qu'avant, elle avait avancé. Elle avait rencontré de nouvelles personnes, avait fait de nouvelles choses, avait pu se raccrocher à des éléments de sa vie. Mais visiblement, tout n'était pas terminé, au vu de ce qu'elle avait pu dire au professeur Hellsoft sans même s'en rendre compte. Elle était encore en colère mais Cassandre était le genre de fille qui pouvait s'énerver pour un rien, au point qu'elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle était en colère. Elle avait mis ça sur le dos de l'antipathie naturelle qu'elle ressentait à l'égard de plus de la moitié de la société.

Elle posa un regard neutre - crier lui avait fait beaucoup de bien tout de même, elle devrait faire ça plus souvent - sur le Professeur Hellsoft quand elle reprit la parole d'un ton rêche. Pour une fois, Cassandre ne pouvait pas la blâmer au vu de ce qu'elle venait de lui sortir. Elle avait de la chance de ne pas s'être faite reprendre sur le "mais pour qui est-ce que vous vous prenez ?" qui même s'il était sorti tout naturellement aurait pu lui coûter un aller simple pour le bureau de McGonagall, sûrement le dernier cas d'élève rebelle de sa carrière, quel honneur ! La dernière punition de McGo, elle en avait de la chance. Heureusement que son insolence avait dû se noyer dans le flot de parole qui était sorti spontanément, elle faisait toujours ça, elle parlait, parlait et parlait encore, animée par une véritable logorrhée verbale, déversant toute sa verve sur un interlocuteur qui n'avait parfois rien demandé de tout cela. Elle devrait apprendre à doser, elle le savait, mais n'y arrivait pas. Cassandre n'était pas une grande bavarde en temps normal, elle se murait dans le silence et ouvrait la bouche de temps à autres pour lancer quelques petites piques mais n'était pas une grande adepte des discussions amicales voire même aimables. Alors quand elle avait l'occasion de parler, c'est comme si tout ce qu'elle avait sur le cœur sortait soudain, les mots qu'elle retenait pendant des jours voire des semaines. Elle vrilla son regard dans celui du Professeur Hellsoft lorsqu'elle lui demanda comment elle pouvait attendre des gens qu'ils soient compréhensifs alors qu'elle avait été imbuvable avec eux durant trois années entières. Cassandre était tout à fait conscience de ceci et du comportement qu'elle avait pu avoir et même si elle regrettait certains points elle ne niait rien. Mais elle savait également pourquoi elle attendait le contraire des autres.

- Mais tous les gens ne sont pas comme moi, Professeur, répondit-elle avec un sourire en coin, sans pouvoir s'en empêcher. Une grande partie du problème se trouve là. Quand je suis arrivée à l'école, j'ai trouvé les gens tellement... Bizarres. Et encore, ce n'est pas le terme adéquat je pense. Et si j'ai trouvé qu'ils étaient tellement étranges, c'est bien parce que nous sommes différents. Et c'est aussi pour cela que j'attends cela d'eux aujourd'hui. Parce que la majorité de la population est bien plus tolérante et affable que moi, je peux bien leur accorder cela. 

Et Merlin savait à quel point elle pouvait mépriser beaucoup de gens, souvent au niveau de leur quotient intellectuel ou de leur éducation. Mais elle restait tout de même un minimum réaliste et avait conscience que le reste de la population de l'école, voire de la population tout court, était un peu plus sociable qu'elle, sinon le monde irait très mal, Cassandre en avait conscience. Elle avait mauvais caractère, c'était un fait qu'elle reconnaissait sans problème et elle n'en n'avait pas honte. Après tout, on n'arrivait à rien sans caractère. Heureusement donc que le monde n'était pas constitué que de personnes comme elle, avec un caractère semblable, leur société pourrait frôler la guerre civile si tout le monde avait le même esprit de compétition. Enfin, quoi qu'il en soit, si elle avait réussi à s'entendre avec des gens malgré les trois années qu'elle avait déjà passé à Poudlard, pourquoi est-ce que ce qu'elle attendait du reste de l'école serait trop demandé ? Nora, qui était une crème dessert, c'était évident, y arrivait très bien, elle. Certes, Nora était adorable avec tout le monde. Mais Irving y arrivait également, Théo et Darren aussi même si ces derniers n'étaient pas forcément des exemples de sociabilité non plus, tout comme elle. Enfin, quoi qu'il en soit, Cassandre comptait de manière assez paradoxale sur ce qu'elle avait longtemps méprisé chez le reste de l'école pour désormais se faire sa place au sein de Poudlard. Hellsoft allait sûrement la trouver présomptueuse ou quelque chose dans ce genre mais tant pis, Cassie reconnaissait et admettait la contradiction et ses espérances.

Elle observa attentivement le visage du professeur Hellsoft qui s'était tue pendant quelques secondes, cherchant sur ses traits ce qu'elle pensait. Elle nota le changement de ton qui s'était opéré dans la voix de son enseignante mais garda néanmoins sa posture, le dos droit et le menton haut, ses yeux bleus vrillés dans le regard de son enseignante, refusant de détourner le regard sans même qu'elle sache pourquoi, dans un réflexe de fierté, de dignité et peut-être encore de défi même si elle se sentait apaisée depuis qu'elle s'était rassisse, même si elle avait l'impression d'avoir abandonné toute l'agressivité qu'elle pouvait ressentir en rentrant dans la salle des professeurs quelques minutes auparavant. Mais malgré sa position, elle écouta Hellsoft sans faillir et sans laisser ses pensées s'agiter de colère comme elle l'avait fait précédemment, laissant sa colère et sa rancœur enivrer son esprit jusqu'à hurler et à déverser toute sa haine sur Hellsoft. Cassandre n'était pas devenue une Poufsouffle soudainement mais elle avait désormais l'esprit plus clair et le cœur apaisé et pouvait dorénavant écouter sans avoir envie de faire une tentative de meurtre sur enseignants, ce qui était déjà un immense progrès, il fallait le reconnaître. Malgré cela, elle n'était pas d'accord avec les affirmations du Professeur Hellsoft. Bien sûr que si, elle avait prétendue la connaître. Elle l'avait fait encore quelque instants auparavant en affirmant qu'elle n'était pas "du genre à agir contre son propre intérêt" ou bien qu'elle n'était pas "altruiste au point de s'investir dans la vie de sa maison."  Émettre un jugement de ce genre sur une personne, c'était prétendre la connaître, Hellsoft ne pouvait pas se dédouaner de cela même si Cassie voulait bien lui accorder que tout le monde le faisait. Elle se tut quand son enseignante évoqua la Laponie parce qu'elle n'était pas renseignée sur le sujet. Elle avait perdu connaissance très tôt et ne s'était réveillée que le lendemain, à l'hôpital. Elle ne savait pas ce qui s'était passé le reste du temps, elle avait refusé d'entendre les récits de ses camarades et comme elle n'avait parlé à personne...

Néanmoins, le Professeur Hellsoft évoqua un point intéressant lorsqu'elle affirma qu'elle était entrée ici avec des idées négatives. En même temps, Cassandre ne pouvait décidément pas avoir d'autres idées que ces dernières en allant voir son enseignante, elles ne s'étaient jamais entendues et Cassie doutait qu'elles puissent y arriver un jour. Il fallait en plus avouer que si Hellsoft n'avait pas eu - accordons lui le bénéfice du doute - comme intention première de la blâmer de quoi que ce soit, elle s'y était prise comme un manche à balai Nimbus défectueux dès le début, en commençant par lui faire des reproches. Cassie, par acquis de conscience, repassa néanmoins l'entretien dans sa tête, essayant de se rappeler comment ce dernier avait pu commencer. Il était peut-être possible, peut-être, que ce soit elle qui se soit dédouaner avant même qu'Hellsoft lui fasse un reproche. Peut-être. Mais en même temps, c'était logique. Pourquoi son enseignante voudrait lui parler ? Elle n'était pas dans les petits papiers de cette dernière, elle voulait donc lui faire un reproche, c'était normal, c'était ainsi que fonctionnait un enseignant. Et comme Hellsoft et elle ne prenaient pas le thé ensemble... Enfin, dans un élan de mansuétude, Cassandre voulait bien accorder à Hellsoft qu'elle avait peut-être raison sur ce point. Après lui avoir balancé quelques amabilités, elle pouvait bien se montrer un tant soit peu de bonne foi, ne serait-ce que pour rattraper son précédent discours.

- Parce que je ne vois pas de quoi vous voudriez m'entretenir, Professeur, répondit-elle simplement et honnêtement.

Il n'y avait aucune ironie dans sa voix cette fois-ci et plus de défi dans ses yeux. Elle devrait vraiment hurler plus souvent, cela faisait un bien fou, plutôt que de se contenter de quelques médisances persiflantes de temps à autres. Retenir tout ce qu'elle avait sur le cœur ne lui avait pas fait de bien visiblement, cela avait juste repoussé l'explosion pendant six mois. Mais Cassandre refusait de parler parce qu'elle refusait de voir la pitié dans les yeux des gens, leur fausse compassion, leurs phrases d'usages. Elle ne comptait que sur elle-même, voilà tout. Pourquoi leur faire confiance alors qu'ils ne se connaissaient pas ? Elle avait géré cela toute seule, avec plus ou moins de succès, c'était vrai. Mais elle avait tout assimilé seule, avait avancé seule et personne ne pourrait lui retirer cela. Alors certes, son Epouvantard avait changé, elle l'avait vu avec Irving. Mais elle avait continué, était retournée à Poudlard, avait passé ses examens avec succès - elle le savait sans voir ses notes, elle en était persuadée - avait continué de grandir et tout cela, sans avoir besoin d'aller raconter ce qui la tracassait à des gens emplis de bonnes intentions comme Mrs Bloomwood. Alors certes, il y avait eu ces cris sur le Professeur Hellsoft. Mais ce n'était rien, non ? Pas grand chose, du moins. Une perte de contrôle, une crise de nerfs, cela arrivait à tout le monde.

- Je ne vois pas le mal partout.

Elle avait froncé les sourcils et secoué imperceptiblement la tête en prononçant ces mots.

- C'est tout simplement la vérité, la vie se passe comme ça et vous le savez aussi bien que moi, Professeur. On classe les gens dans des catégories, cela aide à la compréhension du monde. Tout le monde fait ça, ne nous nions pas la face. C'est tellement plus facile de retenir une seule partie d'une personne afin d'identifier sa place dans la société et sa place par rapport à nous. C'est normal, c'est même humain. Je ne dis pas que c'est juste, c'est même injuste, ou la meilleure méthode, mais tout le monde fait ça dès qu'il rencontre quelqu'un. Après, libre à la personne de passer outre ces cases mais tout le monde est classé.

C'était peut-être un peu cynique comme vision du monde, mais c'était la sienne. Elle ne voyait pas le mal partout mais le monde et la société, qu'elle soit sorcière ou moldue, n'était pas un endroit sympa empli d'amour et de personnes qui s'adoraient. Il y en avait, certes. Il y avait des personnes comme Nora qui débordaient de confiance dans le monde et dans les gens. Mais il y avait aussi des gens emplis d’amertume que la vie n'avait pas épargnés, comme Théo ou Darren, il y avait des gens qui n'aimaient pas grand monde, comme elle, et puis des gens normaux, un peu entre les deux, des gens complètement extrémistes ou fous, des gens méchants, gentils, idiots ou naïfs. C'était vieux comme le monde et la société marchait comme ça. Il y avait des conflits, des tensions et elle restait persuadée que c'étaient ceux qui tiraient leur épingle du jeu qui s'en sortaient le mieux. La loi du plus fort, en un peu plus évoluée. Ceux qui se faisaient écraser, ceux qui ne se laissaient pas faire. Ceux qui réussissaient et ceux qui échouaient. Et pour rester dans le haut du panier, c'était une action de tous les jours. Cassandre en était persuadée, c'est comme cela qu'on l'avait éduquée. Et elle avait l'impression que c'était ça, la bonne vision du monde. Parce qu'elle ne voyait pas comment il pourrait en être autrement. Alors, non, elle ne voyait pas le mal partout. Elle s'efforçait juste de poser un regard réaliste sur ce qui l'entourait. Ce n'était pas un monde de sauvages, elle ne disait pas cela. Tout le monde ne passait pas son temps à planter des couteaux dans le dos de ses semblables mais il y avait et il y aurait toujours ce rapport de force sous-jacent. Et elle faisait partie de ces gens qui voulaient tirer leur épingle du jeu. Elle garda le silence quelques secondes, plongée dans ses réflexions, avant de relever les yeux vers le Professeur Hellsoft.

- Pourquoi vouliez-vous me voir, vraiment, Professeur ?  

Parce que, quand on y réfléchissait, tout ce qu'avait énoncé Hellsoft après les cris de Cassandre les ramenaient à cette question. Son enseignante s'était appliquée à contrer ses idées reçues à propos de cet entretien, alors il était temps qu'elle livre sa propre version de l'histoire, maintenant que des choses avaient été mises au point. Un travail nécessaire, visiblement.


   
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Cassandre était, heureusement, calmée. Elle avait vidé son sac et se concentrait maintenant pour ne pas s'effondrer, probablement. C'était le genre de personne qui ne supporterait pas de montrer une once de faiblesse. D'ailleurs, elle allait déjà mieux, puisqu'elle fit une réflexion totalement déplacée. Chloé haussa un sourcil devant tant d'arrogance. La suite du discours était du même acabit. Pour une fille aussi jeune, elle avait une vision du monde froide, carré, méprisante, carrément désespérante. Elle pensait comme une mamie aigrie, comme ces gens qui avaient assouvi leurs ambitions au détriment de leur équilibre mental, songea peu charitablement Chloé. Et c'était probablement ce qui l'attendait. Cassandre Harper irait loin, c'était sûr, mais Chloé doutait qu'elle devienne jamais quelqu'un d'apprécié, autrement dit, jamais Ministre de la Magie. Si la jeune fille n'avait pas donné une noise de l'opinion des autres, son manque de sociabilité (à défaut d'autres mots), n'aurait pas été un problème. Mais l'ironie était qu'elle voulait s'intégrer, finalement. Après quatre ans, elle s'était enfin lassée de l'îlot de glace sur lequel elle régnait. Petite fille capricieuse, va, songea Chloé. Cassandre était trop bornée, trop froide, trop exigente... Chloé ne comprenait vraiment pas son état d'esprit. Estimait-elle que c'était se trahir, qu'accepter d'arrondir ses angles, de faire des concessions pour les autres?

Elle était partagée entre l'exaspération et la tristesse face au phénomène qu'elle avait en face d'elle. La tristesse parce qu'elle doutait jamais que Cassandre Harper connaisse la définition du bonheur. L'exaspération parce qu'elle savait d'avance qu'elle aurait toujours ce qu'elle voulait, au détriment des autres, parce qu'elle ne céderait jamais d'un pouce et écraserait tout sur son passage. Concept de vie avec lequel Chloé avait un peu de mal. Juste un peu.

"Vous exigez donc des autres quelque chose que vous êtes incapables de leur donner en retour - pire, que vous refusez de leur donner?" dit-elle en haussant un sourcil. "Vous feriez bien de faire un peu de psychologie, si vous aspirez à être appréciée. Excepté quelques personnes qui ont plus que leur part de bonté, la plupart des gens s'adaptent à leur vis-à-vis. Ce n'est pas parce que vos camarades sont plus tolérants et ouverts d'esprit que vous qu'ils vous accueilleront à bras ouvert à la demande. Je crois que les enfants de Mangemorts en savent quelque chose. Personne n'a envie de se lier avec quelqu'un qui le méprise."

Par exemple, elle-même aurait été prête à nommer Cassandre préfète sans hésitation si celle-ci avait été une élève et une camarade de classe moins hautaine. La jeune fille ne récoltait là que ce qu'elle avait semé.

"Vous êtes agressive parce que vous ne voyez pas ce que je veux vous dire? Et donc vous en déduisez que c'est forcément une réprimande? Belle vision du professorat, qui traduit une maturité certaine. Vous croyez vraiment que votre ami Irving a passé tant de temps dans mon bureau parce que je le punissais?"

Quel genre d'amie faisait-elle? Chloé n'aurait pas du rebondir là-dessus, vraiment pas. Mais elle sentait le mépris que Cassandre éprouvait pour elle et trouvait cela insupportable et mal placé. Elle avait compris que la jeune fille n'estimait pas grand monde, mais trouvait qu'elle avait tout de même droit à un minimum de respect. Seul les réflexes acquis par son éducation empêchait la jeune Harper de lui sauter à la gorge, elle le sentait, et elle n'avait aucune tolérance pour cela. Chloé espérait simplement lui faire admettre qu'elle n'était pas le mal incarné. Elle n'espérait aucune reddition d'aucune sorte, juste que les sentiments mal placés que l'adolescente entretenait à son égard disparaissent.

Quant aux classements auxquels on soumettait les gens, Chloé approuvait, mais pensait que Cassandre faisait précisément partie de cette catégorie de personnes incapables d'outrepasser les cases, ou alors au prix d'efforts extrêmes auxquels elle n'était pas prête à consentir facilement. Il fallait une démonstration de force remarquable de la personne face à elle pour la faire changer d'avis, ou une patience digne de dix Helga réunies. Chloé ne faisait pas partie de cette seconde catégorie, et n'estimait d'ailleurs pas à avoir adopter cette attitude. Du moins, pas avec des 'rebelles' de ce genre. Cassandre était son élève, elle s'écrasait et écoutait lorsqu'on le lui disait, point. Elle ne lançait pas des remarques méprisantes infondées et ne prétendait pas être dans sa tête. L'enseignante ne comprenait pas la raison du ressentiment de la jeune Harper à son égard, ce qui la rendait d'autant moins tolérante.

Elle considéra un instant la jeune fille, se demandant si elle devait lui expliquer pour de bon la raison de sa présence ici ou lui faire payer son insolence et la renvoyer dans son dortoir. Après un court moment de réflexion, elle jugea que c'était inutile et puéril. Elle avait pris sa décision et toute la conversation perdrait son sens si elle lui envoyait le badge malgré son honteux comportement.

"Je voulais voir si vous étiez apte au poste de Préfète." Parce que contrairement à ce que vous croyez, petite sotte, je ne suis pas une Dolorès Ombrage qui n'a pas deux sous de réflexion. "Quel est votre avis sur la question?"

Chloé nota intérieurement de ne pas oublier de lui signaler, à la fin de l'entretien, qu'elle ne passait pas l'éponge sur son comportement. Elle avait encore le "mais pour qui est-ce que vous vous prenez" en travers de la gorge, et savait que laisser Cassandre s'en tirer aussi facilement ne lui apporterait rien. Elle lui laissait une seconde chance que jamais, jamais, l'adolescente face à elle ne lui accorderait, et elle le savait.

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Cassandre était rarement honnête : pas qu'elle soit foncièrement malhonnête, non, elle était une jeune fille plutôt franche quand elle prenait la parole mais elle restait plutôt secrète sur ce qui lui importait vraiment. Elle se confiait rarement, par manque de personnes un peu, par tempérament secret beaucoup. Elle prenait beaucoup sur elle - même si c'était difficile à croire parfois - et tout ce qu'elle laissait apparaître en temps normal, elle le voulait bien. Toutes ses piques étaient étudiées et maitrisées, tout ce qu'elle laissait apparaître, elle le maitrisait relativement et savait ce qu'elle faisait. Elle avait confiance en elle, elle savait où elle allait, d'où elle venait et ce qu'elle faisait. Du moins, la plupart du temps. Ce qui venait de se passer avec le Professeur Hellsoft n'était pas dans les habitudes de Cassandre, elle n'explosait jamais comme cela, elle détestait cela. Être ainsi mise au jour, c'était se mettre en position de faiblesse, d'infériorité par rapport à l'autre qui restait si solide et Cassie haïssait se retrouver en état de faiblesse. Elle préférait mourir que de vivre ainsi. Mais un peu paradoxalement, elle avait l'impression d'être un peu plus apaisée et un peu plus calme qu'en entrant dans la salle des professeurs ce qui lui permit de ne pas s'emporter de nouveau quand le Professeur Hellsoft reprit la parole.

Elle n'avait jamais dit qu'elle était parfaite ou sa méthode sans défaut mais c'était la sienne et elle ne voyait pas comment faire d'autres sans se mettre à découvert, la chose qu'elle exécrait le plus au monde. Et contrairement à ce qu'affirmait son enseignante, la technique n'était pas aberrante puisqu'elle avait plutôt fonctionné, dans un certain sens. Elle avait Darren, Irving, Nora. Ce n'était pas si mal comparé à l'année dernière, c'était même bien. Elle n'aspirait pas à devenir une de ces K-Girl sans esprit appréciées - ou moquées - par l'école, juste... quelqu'un. Et c'était chose faite. Qu'est-ce qu'Hellsoft pensait ? Qu'elle aspirait à devenir Miss Poudlard ? Cassandre ne voulait pas forcément être amie avec tout le monde, elle restait bien trop exigeante pour cela, mais juste pacifier ses relations avec autrui. Un peu de politesse, ce n'était pas trop demandé, non, maintenant qu'elle en faisait preuve avec les autres ? Elle avait dû prendre sur elle pour tout cela, cela pouvait quand même être un peu réciproque. Et les autres élèves n'étaient pas que des victimes dans l'affaire, elle avait été pénalisée par son nom depuis le début et son attitude n'avait pas que confirmer ce que les autres pensaient d'une petite héritière, certes, mais les torts étaient un peu partagés, dans un sens.

- Vous et moi n'avons pas les mêmes relations que vous et Irving, Professeur, c'est évident.

Relations qu'elle trouvait tout à fait déplacées par ailleurs mais pour une fois, ce n'était pas complètement le sujet et Cassie avait suffisamment ressassé à ce propos. Ce fut uniquement le sentiment de calme qu'elle ressentait à ce moment-là qui l'empêcha de rebondir sur le manque de maturité. Elles en revenaient sans cesse aux mêmes sujets, aux même griefs et aux mêmes contestations. Hellsoft ne la connaissait pas pour un sou, comment pouvait-elle prétendre connaître son niveau de maturité ? Elle croyait qu'enseigner la divination - une matière - lui donnait la faculté de connaître les gens ? Cassandre pouvait concéder que parfois, il lui arrivait d'avoir des jugements un peu rapide. Mais Hellsoft n'était pas mieux derrière ses grands airs supérieurs de moralisatrice.

Néanmoins, Cassandre fut sortie de ces critiques mentales par des mots du Professeur Hellsoft et elle cligna plusieurs fois des yeux. Préfète ? Évidemment, en entrant à Poudlard, c'était un poste qui l'avait tentée, une excellente chose sur un dossier scolaire et un poste important dans l'école qui lui avait évidemment fait de l'oeil. Mais Cassie était réaliste et avait vite compris qu'il était hors de sa portée : elle n'était pas assez appréciée de Hellsoft pour ça et des autres élèves afin de le décrocher. Et pourtant, Hellsoft avait pensé à elle. Le raisonnement la perturbait complètement et elle resta coite quelques instants avant de se rappeler qu'il fallait reprendre la parole, sans chercher à dissimuler son étonnement.

- Et bien... J'ai les résultats pour.

C'était un fait indéniable, Cassandre était l'une des têtes de sa promotion et la tête de classe des Gryffondor la plupart du temps.

- L'assurance.

Encore une fois, c'était indéniable. Cassie avait été tellement surprise et déstabilisée par la proposition qu'elle en avait perdu sa morgue habituelle et se retrouvait à rechercher ses mots et à réfléchir plutôt que d'avoir son habituelle morgue sans faille. Elle posa son regard clair sur son enseignante, cherchant à appréhender son cheminement de pensée. Pourquoi voudrait-elle comme préfète alors qu'elle ne l'estimait ou ne l'appréciait même pas ?

- Mais il est indéniable que je n'ai pas encore le contact qu'il faut avec le reste de l'école, même si cette année est placée sous le signe des efforts en ce sens, notamment au sein de la maison.

Cassandre aurait pu se forcer à recouvrer ses esprits et improviser un discours logique et argumenté pour montrer qu'elle était la mieux placée à ce poste. Mais étonnamment, elle avait été trop sincère tout au long de l'entretien pour changer de ligne de conduite maintenant.

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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:39, édité 1 fois
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Oh non, Chloé n'avait pas la même relation avec Irving qu'avec Cassandre, et heureusement. Elle se voyait mal tenir la main d'une jeune fille éplorée dont le plus grand drame de la vie avait été de passer d'un manoir à une villa dans la Cité Nimbus, ou de se rendre compte que, surprise, les relations sociales participaient au bien être de l'individu. Pour autant, il ne semblait pas à Chloé qu'elle s'acharnait sur elle et la punissait dès que l'occasion s'en présentait. Bon, d'accord, les occasions ne se présentaient pas vraiment, mais si elle était vraiment injuste, elle n'en aurait pas eu besoin. Une réponse fausse en cours de divination aurait suffit à justifier une perte de points, une retenue ou n'importe quoi d'autre. Enfin. Il n'y avait pas plus buté qu'une enfant unique et riche.

Au moins venait elle de lui rabattre son caquet en lui parlant du poste de Préfète. L'air qu'affichait la jeune Harper avait de quoi réjouir. Peu de personnes devaient avoir eu le privilège de surprendre Cassandre autant que Chloé ce jour-là. Entre la perte de contrôle, la colère et la surprise, elle avait eu un sacré aperçu de la jeune fille. Mais tout cela n'apprenait au final qu'une chose, un peu triste à son âge: Cassandre ne perdait jamais vraiment le contrôle.

Chloé se garda bien de toute réaction. Ce n'était pas le moment de brusquer Cassandre – elle l'avait suffisamment fait, et avec peu de concessions. Non, elle voulait voir ce qu'elle avait vraiment dans le ventre, lorsqu'on lui parlait d'ambition. L'enseignante était à peu près certaine qu'elle ferait tout pour avoir le poste. Il n'y aurait pas de fausse modestie ou de réponse rebelle comme « après tout ce que vous venez de voir, vous songez encore à ça? Ne vous moquez pas de moi ». En revanche, il existait plusieurs méthodes pour avoir ce que l'on souhaitait. Laquelle utiliserait Cassandre? Tenterait-elle de charmer son interlocuteur? De corriger ses bourdes? De mettre ses qualités en valeur?

Chloé s'attendait à un long plaidoyer froid et démonstratif, et fut un peu surprise par les quelques mots qu'aligna drastiquement la jeune fille. Elle ne s'attendait pas à ça, et si elle n'apprécia pas d'être prise de court, elle du reconnaître que Cassandre était bien plus convaincante de cette manière. Il n'y avait rien à réfuter, pas de quoi la renvoyer à ses propres contradictions. Quant à la faiblesse, soulignée et habilement mise en valeur, elle relevait plus de la concession que de la fausse modestie. Oui, Cassandre ferait sans doute l'affaire pour les Préfets. Il faudrait lui choisir un homologue adapté, et les élèves ne seraient sans doute pas ravis de la nouvelle, mais elle pourrait toujours prétendre s'adoucir à défaut de vraiment le faire. L'honneur de la fonction allait de pair avec la charge et la pression. Elle aurait d'autres élèves au dessus d'elle, les Préfets-en-Chef, qu'elle ne pourrait pas considérer comme les professeurs, pour modérer ses ardeurs et lui apprendre les bienfaits du travail d'équipe.
La décision de Chloé n'était pas tout à fait prise – elle devrait voir Emily, ne serait-ce que par acquis de conscience, mais elle jugeait l'entretien très instructif, en dépit des multiples tensions. Cassandre avait marqué plus de points positifs que de mauvais (un exploit). Elle se redressa sur sa chaise.

« Merci pour votre franchise, Miss Harper. Avez-vous quelque chose à ajouter? » Court silence. « Dans ce cas, je ne vous retiens pas plus longtemps. Bonne journée. »

Car enfin, Chloé s'accordait un plaisir: celui de lui laisser deviner si elle avait visé juste. Ce n'était même pas en profiter: les préfets devaient apprendre par lettre leur nomination, et pas autrement. Par tradition.


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Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cet entretien avait été étrange. Perturbant, chargé en émotions, surprenant et inattendu. Cassandre était venue dans le bureau de son enseignante persuadée qu'elle allait se faire réprimander et voilà que cette dernière lui avait fait miroiter le poste de préfète. Elle n'avait jamais pensé parler ainsi au Professeur Hellsoft - pas lui parler de manière incorrecte, parce que ça, ça lui avait déjà traversé l'esprit et plus d'une fois - mais lui révéler tout ce qu'elle lui avait révélé, sans vraiment le vouloir. C'était sorti tout seul et Cassandre était partagée entre deux sentiments contraire, le soulagement d'une part et la honte de s'être autant confiée de l'autre. Elle détestait savoir que Hellsoft avait ces informations sur elle sans savoir ce qu'elle allait en faire ou ce qu'elle pourrait en faire. Mais que pouvait-elle faire ? Ce qui était fait était fait et elle ne pouvait pas revenir en arrière. Elle ne pouvait que regretter et se questionner.

Elle avait beau scruter le visage de son enseignante après qu'elle eut terminer de parler - brièvement, il fallait le souligner - elle ne sut pas ce qu'elle pensait. Cassie avait été prise de court pour le poste de préfète et n'avait pas eut le temps de préparer un discours dont elle aurait pu être fière. Elle aurait préféré pourtant que de bafouiller quelques mots de manière un peu pathétique comme elle l'avait fait. Au moins, tout était sincère, c'était déjà ça. Pas qu'elle soit une menteuse d'habitude mais le but des entretiens était quand même de se vendre et de se mettre en valeur, donc d'enrober un peu les choses. Mais elle n'en n'avait pas eut l'occasion et c'était encore une fois trop tard. Décidément, cet entretien l'avait prise de court dans tous les sens du terme. Enfin, Hellsoft n'avait pas l'air trop contrariée parce qu'elle venait d'entendre puisqu'elle la remercia pour sa franchise. Cassie n'avait pas grand-chose à ajouter, encore trop circonspecte par rapport à ce qui venait de se passer aussi secoua-t-elle la tête. Elle avait l'impression que si elle ouvrait la bouche, ce serait le mot de trop et elle n'avait pas très envie de se retrouver une nouvelle fois sur cette pente glissante.

Elle ne se fit pas prier lorsque le Professeur Hellsoft lui permit de prendre congé et elle se leva de sa chaise sans attendre, peu désireuse de s'attarder encore un peu dans la salle des professeurs. L'entretien avait été trop étrange - et désagréable - pour qu'elle veuille retenter l'expérience avant longtemps. Enfin, jamais de préférence mais elle avait la nette impression qu'elle ne s'en sortirait pas comme ça aussi facilement et qu'elle recroiserait le Professeur Hellsoft de manière frontale avant de quitter l'école.

- Bonne journée, Professeur.

Et elle avait l'impression que cela arriverait plus vite que prévu. Surtout si elle devenait préfète. Enfin, elle n'était sûre de rien. Hellsoft l'avait convoquée dans l'optique de lui parler du poste et avec tout ce qui s'était passé, elle avait sûrement fichu en l'air toutes ses chances. Néanmoins, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher d'espérer que ce soit le cas. Elle l'avait un peu effleuré du bout des doigts et elle savait qu'elle serait déçue si elle ne le décrochait pas. Enfin, l'été apporterait sa réponse ainsi qu'un peu de paix d'esprit.

Il n'y avait pas à dire, Cassandre avait vraiment besoin de vacances.

RP TERMINE


   
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Pile ou face [Cassandre]

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