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 Le repentant [Margot]

Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Lundi 18 Juin

Dire qu'Edmund n'était pas bien aurait été un splendide euphémisme. Ana Sorden avait été arrêtée par les Aurors vendredi dernier et cela avait sûrement été la plus grande claque de sa vie et Rowena savait qu'il n'était plus si jeune que cela désormais. Ana Sorden était une criminelle. Et il avait trahit ses propres convictions pour elle, il avait trahit Poudlard. Par sa faute, par son soutien, elle aurait pu devenir Directrice. C'était la plus grande erreur de sa vie et il n'arrivait toujours pas à la digérer. Il avait quitté Poudlard le vendredi au soir pour retourner passer le week-end dans le New Hampshire, dans le manoir Harris, afin de réfléchir. Réfléchir, réfléchir, se torturer oui. Ressasser ses erreurs, sa plus grosse erreur et tous ses regrets. Il avait trahit son école, ses collègues, ses convictions, il s'était trahit lui même par ambition et pour une telle femme, une meurtrière, une criminelle. Lui qui avait toujours voulu protéger Poudlard avait failli mettre un tel fléau à sa tête par ambition. Lui qui se vantait d'être intelligent n'avait pas su percer à jour les mensonges de sa collègue. Et il se dégoûtait. Il avait refusé de voir qui que ce soir à part les Elfes durant ce week-end - et Rowena savait à quel point sa mère pouvait être insistante - et n'avait cessé de penser à ce qu'il devait faire. La solution s'était imposée d'elle-même : il devait présenter ses excuses à Margot ainsi qu'au reste de l'équipe pour son attitude et démissionner. Sa place n'était plus à Poudlard, il avait failli à sa tâche, il avait manqué de jugement. Il ne pourrait plus jamais regarder ses collègues en face, plus jamais se donner le titre de Professeur. Il allait retourner aux Etats-Unis, sa décision était prise. Il était désormais indigne de pouvoir enseigner dans les murs de Poudlard. Il avait été rongé par l'ambition, la volonté de reconnaissance et il était tombé. Son erreur lui était fatale, il ne pouvait plus continuer ainsi.

Alors en ce lundi matin, il était revenu à l'école, drapé dans sa cape à défaut de l'être dans sa dignité et était monté dans la salle des professeurs afin de trouver Margot. Il lui avait manqué de respect, ne lui avait pas apporté le soutien qu'elle aurait dû avoir de sa part alors qu'il savait très bien que c'était elle, qui devait devenir la Directrice de l'école. Il avait failli à son devoir pour des avantages personnels et en était mortifié. Et il avait certes beaucoup de défaut mais il savait reconnaître ses torts. Il n'attendait pas de pardon mais il avait le devoir de présenter ses excuses à Margot et à tous ses collègues, ainsi qu'à l'ensemble du Conseil et à Minerva. C'était une humiliation publique mais une humiliation méritée et il devait l'endurer. Il poussa la porte de la salle, heureusement vide à cette heure - il voulait d'abord parler à Margot seul - et se dirigea vers sa collègue, assise à une table. D'un geste un peu brusque, il réajusta son monocle et se racla la gorge.

- Margot ? J'aimerai te parler si tu me le permets. Et je vais te demander de ne pas m'interrompre, je te prie.

Ce serait suffisamment difficile comme cela sans en plus être coupé.

- J'ai fais une erreur. Sûrement l'une des plus importantes dans ma vie. J'ai apporté mon soutien à Ana Sorden parce qu'elle me promettait le poste de Directeur de Serdaigle, tu sais à quel point j'ai toujours voulu ce poste. Je ne me cherche pas d'excuses, j'ai agi par pure ambition, dévoré par cette volonté de reconnaissance, par une rancœur envers cette école et ses décisions. Je me suis laissé avoir par les discours d'Ana, j'ai été d'une bêtise sans nom, j'ai manqué de jugeote, j'étais aveuglé par mon bien-être personnel, je me suis trahis moi-même, j'ai trahis mes convictions politiques, Minerva, toi. J'ai trahis cette école, sciemment trahis. J'ai fais passé mes propres avantages en lieu et place de ceux de Poudlard. Et je m'en excuse. Je veux te présenter mes excuses pour t'avoir manqué de respect, pour ne pas t'avoir apporté le soutien que tu méritais. Car je t'ai toujours estimée Margot, en tant qu'enseignante et en tant que sous-directrice. Tu es et tu as toujours été le meilleur choix pour cette école et je l'ai toujours su. Et en cela, j'ai fauté. Et je m'en excuse humblement.

Edmund lissa sa moustache dans un geste nerveux et posa les yeux sur sa collègue.

- J'ai échoué à mon poste de professeur, les intérêts de l'école auraient dû passer avant les miens. Je ne suis plus digne d'enseigner ici si je suis incapable de mettre de coté mes désirs personnels au profit de ceux de l'école. Tu seras directrice Margot et j'ai foi en toi pour l'avenir que tu donneras à Poudlard. Je n'aurai jamais dû m'y opposer, j'ai honte de mes actions. Sache Margot, même si cela ne réparera rien, que tu auras mon vote, vote que j'aurai dû te donner depuis le début. Et en tant que future directrice, je t'annonce que je suis inapte à exercer au sein du collège Poudlard.

Il inspira profondément.

- Je te présente ma démission. Et mes plus sincères excuses.



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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Le regard dans le vague, Margot était plongée dans d'obscures pensées, à mille lieux de la lettre d'un parent d'élève qu'elle avait sous les yeux et à laquelle elle devait répondre. Margot avait reçu une quantité astronomique de courrier ce matin, et savait qu'il en était de même pour Minerva. Mais en tant que future directrice, et vu l’aura de popularité dont bénéficiait Minerva à l'aube de sa retraite, c'était tout naturellement vers le successeur de celle-ci que les parents s'étaient tournés. Ils lui avaient adressé leurs lettres stupéfiées, inquiètes, soulagées, leurs félicitations comme leurs indignations. Une criminelle à Poudlard, encore ?! Sous le nez de la directrice et des professeurs, à nouveau ? Leurs chers enfants ne seraient-ils donc jamais en sécurité dans cette école ? Toutes ces folies n'avaient-elles dont pas cessé avec la fin de la guerre ?

Si la majorité des missives étaient plus positives, à l'instar de l'article de la Gazette qui présentait Margot sous un jour plus que favorable par rapport à son ancienne rivale folle à lier, Margot avait eu beaucoup de mal à ne pas se laisser atteindre par toutes ces critiques. En effet, ces dernières ne faisaient jamais que répéter ce que lui dictait sa propre conscience, depuis les révélations d'Emma. Dire que sans elle, Ana n'aurait peut-être jamais été appréhendée... Quoi qu'en pense la petite, ils lui devaient une fière chandelle. Une fois Ana au pouvoir, qui sait ce qu'elle aurait pu faire ? Cette femme était aussi folle que dangereuse, et Margot n'avait pas de mots pour exprimer son soulagement à la pensée qu'elle était enfin derrière les barreaux. Pourtant, l'enseignante ne se sentait pas victorieuse, mais coupable. Elle avait failli à sa tâche d'enseignante et de directrice adjointe, elle n'avait pas su protéger les élèves en dépit de ses nombreux soupçons. Personne ne semblait la lui contester, tant elle paraissait comme une alternative souhaitable face à Ana, mais elle n'était plus sure de mériter cette place de directrice. Margot était une bonne enseignante, elle le savait. Mais diriger une école telle que Poudlard, qui était bien plus qu'une école mais le coeur de la société magique anglaise, nécessitait un discernement dont elle avait clairement manqué cette année...

Sous le choc depuis l'arrestation d'Ana deux jours plus tôt, Margot se sentait à deux doigts de renoncer, et la seule chose qui l'empêchait de fuir cette responsabilité étaient les mots de soutien que Minerva avait eu à son égard après l'arrestation d'Ana. La lettre du Ministre en personne, reçue ce matin, ferait probablement pencher la balance d'un côté ou de l'autre mais elle n'avait pas eu le courage de la lire pour l'instant. Fiennes n'avait pas le pouvoir de nommer le directeur de Poudlard, bien sûr, mais il pourrait tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues l'an prochain s'il le souhaitait. Or Margot renvoyait une image bien plus traditionnelle que le vigoureux Ministre de la Magie... Enfin, quand bien même il la blâmait pour tout cela et souhaitait la voir renoncer, elle ne serait pas obligée de le faire. Le choix restait sien. Ce ne serait pas la première fois que Poudlard irait dans une direction opposée de celle du Ministère, après tout.

Elle en était à ce point dans ses réflexions quand la porte s'ouvrit sur la dernière personne qu'elle s'attendait à voir, son collègue Edmund. Comme il s'approchait d'elle et demandait à lui parler sans être interrompue, elle posa la lettre qu'elle avait entre les mains et leva sur lui un regard interrogateur. Vu le contenu de leur dernière réelle discussion, elle avait une petite idée de ce qu'il s'apprêtait à dire, mais ne s'attendait pas à... ça. Des excuses sincères et humbles, une reconnaissance qu'elle n'attendait plus depuis longtemps, et pour finir, une démission. Quand il eut terminé de parler, Margot resta silencieuse un moment, n'en croyant pas ses oreilles. Puis elle se leva pour lui faire face et vrilla son regard bleu pâle dans celui de son collègue.

"Démissionner ? Certainement pas !", répondit-elle d'un ton sec, avant de s'adoucir légèrement.

"Nous avons tous notre part de responsabilité dans cette affaire, Edmund, moi la première. Je me suis opposée à Ana au Conseil, c'est bien, mais je n'ai rien fais pour l'empêcher de commettre ces atrocités. Et pourtant, j'avais des soupçons !"

Elle se mordit la lèvre inférieure avec frustration, incapable de se débarrasser de cette culpabilité qui l'étreignait. Et voilà qu'Edmund voulait partir ! Comme si elle avait besoin de ça, en plus de tout le reste.

"J'étais justement en train de me demander si je ne devais pas abandonner, laisser la place à quelqu'un d'autre. Je ne sais pas quoi faire, pour être honnête, mais je sais au moins une chose : si je reste, je vais avoir besoin de toi. L'équipe est affaiblie, entre cette histoire et les nombreux départs..."

Départs, auxquels s'ajouterait probablement celui de Samuel. Margot rejeta fermement cette pensée loin d'elle. Elle ne pouvait pas penser à cela maintenant, sinon elle allait s'effondrer. Ses problèmes personnels viendraient après, en juillet, quand l'orage serait passé et l'année -enfin- achevée.

"Et je te fais confiance, même si je ne suis pas sure de pouvoir compter sur la réciproque, cela n'a pas d'importance. Un directeur n'a pas à faire l'unanimité ni à se faire apprécier, tu dis que tu estimes mes capacités pour amener cette école dans une bonne direction, et cela me suffit. Tu es un excellent professeur, Edmund, c'est tout ce qui devrait compter. Tout le monde s'est laissé berner par cette bonne femme, c'est ainsi, nous allons tous devoir vivre avec ça et avancer. Je ne veux pas fuir, cette fois, et tu ne fuiras pas non plus."

Lorsque cette phrase s'échappa de sa bouche, avec une fermeté inattendue, Margot se sentit instantanément mieux. Oui, c'était la chose à faire, rester et affronter ses responsabilités, contrairement à ce qu'elle avait pu faire dans le passé. Poudlard était sa maison désormais.

"Je ne vais pas nier que j'ai eu du ressentiment à ton égard, et que le mot "traître" m'a effectivement effleuré l'esprit. Je suis déçue que notre collaboration de longue date dans cette école n'ait pas été plus importante que ton ambition personnelle. Mais je suis prête à mettre ça dans notre passé, et tes excuses sont acceptées."



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Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Edmund fut surpris de la virulence de la réponse de Margot quant à sa démission. A ses yeux, c'était la seule solution possible. Il avait fait une faute grave, une faute professionnelle, il avait soutenu et cautionné indirectement la politique d'une meurtrière. Ana avait tué Septima, sa collègue, son amie. Ils avaient travaillé ensemble pendant des années, c'était une femme brillante, une enseignante excellente, c'était quelqu'un qu'il admirait. Et Ana Sorden l'avait assassinée de sang-froid. Et il l'avait soutenue, publiquement, la culpabilité de cette acte le rongeait. C'était une offense à la mémoire de Septima et il n'y avait pas de mot pour exprimer la honte qu'il ressentait lorsqu'il repensait à tout ce qu'il avait pu faire cette année, en faveur d'Ana Sorden. Et comme si l'assassinat de Septima ne suffisait pas, Ana Sorden avait tenté de tuer des élèves et ses collègues. Des élèves. Parfois si jeunes, comme la petite Cindy Hamilton ou des membres de sa propre famille, comme Cassandre. Cassandre, la fille d'Elizabeth, la fille de sa cousine, qui n'était encore qu'une petite fille, une petite qu'il avait vu grandir au fil des années. Et tout ses collègues, qu'Ana aurait assassiné sans remords. Et qui avait menti, joué la comédie - avec talent, il fallait le reconnaître - qui avait trompé leur confiance, sa confiance, qui avait couvert d'opprobre l'école, qui l'avait couvert d'opprobre, qui avait ramené Poudlard à des temps sombres que l'on croyait dépassés. Comment pourrait-il rester à l'école après tout ce qui s'était passé ? Comment pourrait-il encore avoir la prétention d'enseigner aux enfants qu'il avait mis en danger ? Comment pourrait-il encore regarder ses collègues dans les yeux sans voir dans leur regard tout ce qu'il avait fait en faveur d'Ana ? Comment pourrait-il faire face à Cassandre, à Elizabeth et Cornélius sans penser que sa fille aurait pu mourir parce que son jugement avait été aveuglé par ses ambitions ? Il ne pourrait pas. Il ne pouvait pas rester en Angleterre, où la marque d'Ana Sorden était bien trop présente. Il n'en n'avait pas le droit, pas après ce qu'il avait fait.

Il pourrait retrouver un poste aux États-Unis, il en était certain. Il avait déjà fait ses preuves dans ce pays, il pourrait retrouver un emploi là-bas. Mais Margot ne semblait pas décidée à accepter sa démission, même si cela lui semblait la proposition la plus logique. Oui, l'équipe allait connaître des changements, il faudrait un nouveau professeur d'Arithmancie, un professeur d'Astronomie avec le départ à la retraite de Crispin, on murmurait que Samuel Nolan quitterait également l'école, sans compter qu'il faudrait un remplaçant en potions et il connaissait les projets de Daisy pour l'année prochaine. Il s’apprêtait à protester quand Margot affirma que la réciproque de la confiance qu'elle lui portait n'était peut-être pas vraie, mais elle ne lui en laissa pas le temps. L’allégeance qu'il avait portée à Ana n'avait rien à voir avec un manque de confiance en Margot, il avait toujours su qu'elle était la meilleure candidate pour succéder à Minerva, il n'avait jamais contesté sa nomination en tant que directrice-adjointe. Tout comme elle ne contestait pas sa place de professeur à cet instant, malgré tout ce qu'il avait pu faire. L'enseignement avait toujours été sa vocation, il avait toujours voulu former les jeunes génération aux sortilèges, même s'il devait avouer que sa motivation n'avait pas été de fréquenter des enfants. C'était de les voir progresser, de les voir devenir de grands sorciers, de voir les adultes qu'ils pouvaient devenir, de les voir passer de leur premier Wingardium Leviosa à Hominium Revelio. Il aimait enseigner, il aimait voir ses élèves progresser. Il se rappelait des sorts de tellement d'élèves, que ce soit ici ou aux États-Unis. La petite Gwen Frost, qui malgré son caractère très Gryffondor, était tellement douée avec une baguette entre les doigts, avec ce style un peu flamboyant qui caractérisait souvent les Gryffondor, d'ailleurs, songea-t-il en pensant à Cassandre qui s'illustrait par des sortilèges puissants, ce qui le rendait toujours très fier, même s'il ne le dirait jamais. Ou le petit Ahren Keller, si prometteur malgré son caractère abominable, la petite Marianne Wolf, qui derrière sa timidité montrait un vrai talent pour les sortilèges, tout comme Sean Fitcher, qui n'aurait sûrement aucun mal à insuffler de la magie à ses tableaux. Et il y en avait tant d'autres, que soit Jeremy Baker ou Théo Nott, Perséphone Harrington qui excellait dans la précision et l'élégance de ses sorts, ou bien Jordan, qui était décidément un excellent sorcier. Tous ces élèves, et c'était lui qui les avait formé. C'était ça, sa plus grande fierté. Savoir qu'il formait des Médicomages, des Aurors, des futurs enseignants. C'était pour cela qu'il était devenu professeur.  

- Je comprends et j'accepterai tout ce que l'on pourra me reprocher, Margot, je me le reproche déjà moi-même. Et tu peux compter sur la réciproque de ma confiance, ce qui a pu se passer cette année n'a jamais été à cause d'une quelconque sous-estimation de tes capacités à diriger cette école, ou à cause d'un manque de confiance que j'aurai pu te porter. Ce n'était que... Mes ambitions personnelles qui ont pris le pas sur ma raison, sur mon devoir, sur ce que j'aurai dû faire.

Il tira la chaise en face d'elle pour s'y assoir, soupirant. Il ne s'était pas attendu au refus de sa démission, ni au fait qu'on puisse accepter ses excuses. Il était persuadé que ses collègues n'attendait que cela pour le voir quitter l'école, lui qui avait failli à son devoir et à la cause qu'il aurait dû défendre. Il avait déjà prévu de demander à Stuby de faire ses bagages, à vrai dire. Il n'avait jamais été très intégré dans l'équipe, même s'il n'avait jamais été exclu. Il était plus âgé que la plupart de ses collègues et avait toujours été d'un tempérament assez solitaire, il fallait le dire. Il n'avait pas noué de liens étroits comme certains avaient pu le faire et les relations qu'il entretenait avec le reste de l'équipe avaient toujours été strictement cordiales et professionnelles.   

- J'avais pourtant cru avoir dépassé le stade de cette ambition de jeunesse, si dévorante et si égoïste. Il faut croire que non, que ce n'était que des flatteries à mon propre égard. Tu sais, on a toujours dit que j'étais un vrai Serdaigle, même avant ma Répartition. Mais ce que personne ne sait, sauf toi désormais, c'est que le Choixpeau a songé quelques instants à m'envoyer à Serpentard. Le dernier fils des Harris, toujours dans l'ombre de ses grands-frères, si valeureux, si appréciés, si Gryffondor. J'ai longtemps cru que c'était une de mes caractéristiques à onze ans, lorsque mes frères étaient encore en vie. Mais visiblement, je me suis trompé. C'est bien un de mes défauts, qui n'avait rien à voir avec la présence de mes frères.

Il ne savait pas pourquoi il avait évoqué ce sujet, réalisa-t-il soudainement. C'était la première fois qu'il en parlait à quelqu'un à Poudlard. Il n'avait jamais cherché à cacher ce qui s'était passé mais ne l'avait jamais évoqué non plus. Il faut dire qu'il n'avait jamais été assez proche de ses collègues pour évoquer son enfance. Si on s'intéressait suffisamment aux Résistants, on pouvait savoir que deux Harris étaient morts en combattant les Mangemorts mais c'était tout. A part les gens qui avaient été à l'école avec lui, personne ne se rappelait du petit Edmund, martyrisé par Alan et Peter, si appréciés, si populaires, si brillants, qui avaient réussi à entrainer beaucoup d'adolescents avec eux. Même ses parents n'avaient jamais réalisé à quel point. Ils voyaient des disputes entre frères, des jalousies d'enfants. Après tout, eux n'avaient jamais fait de différences entre leurs enfants. Alan et Peter étaient les aînés et s'ils étaient plus populaires à l'école, ils étaient traités à la maison comme Edmund et Elizabeth Ann. Ils n'avaient jamais compris la profondeur du ressentiment entre les trois frères, même à l'âge adulte. Et ils ne le comprendrait jamais. Il ne savait pas pourquoi ses frères étaient venus sur le tapis, sans doute parce qu'ils restaient, malgré les années, malgré leur décès, un élément récurrent dans sa vie. Alan et Peter avaient fait de ce lui ce qu'il était aujourd'hui, en bien ou en mal. Mal à l'aise et désireux de ne pas s'attarder sur le sujet, même si maintenant Margot allait sûrement se questionner, il se racla la gorge et lissa sa moustache dans un geste nerveux.

- Quoi qu'il en soit, si tu veux de moi dans l'équipe enseignante, je t'aiderai sans compter. Je ferai tout pour renouer une relation de confiance entre nous, afin de faire avancer Poudlard, de lui faire oublier ce qui a pu se passer cette année. Et je ferai pareil avec les autres membres de l'équipe.

Il hésita un instant, avant de rajouter :

- Ne laissons pas cet ultime plaisir à Ana Sorden, celui de voir l'école se disloquer.



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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Margot esquissa un demi-sourire quand Edmund reconnut que son comportement passé n'avait rien eu à voir avec un manque de confiance en ses capacités pour diriger Poudlard. C'était toujours bon à entendre, car Margot avait été bien plus touchée par le ralliement d'Edmund à Ana qu'elle ne l'avait laissé paraître. Elle avait toujours pensé qu'un certain respect mutuel, à défaut d'amitié, les unissait. De plus, Edmund était son allié naturel, lui qui avait rejoint Poudlard en même temps qu'elle à l'issue de la guerre, lui qui partageait ses opinions politiques et sa façon d'appréhender l'éducation. Peut-être pas complètement, mais toujours plus qu'Ana et ses grands projets grandiloquents qui auraient conduit Poudlard à la ruine financière... Or, Margot avait beau savoir que son collègue avait de l'ambition, elle le pensait également investi d'une droiture toute Serdaigle. Elle s'était donc demandé si ce surprenant revirement de sa part ne cachait pas autre chose que de la simple ambition, mais c'était visiblement sous-estimer la convoitise d'Edmund envers ce poste.

Margot n'aurait pas été contre lui donner plus de responsabilités. Elle était persuadée qu'il ferait un tout aussi bon directeur de Serdaigle que Peter, et il y aurait été tout aussi légitime, si ce n'est plus. Peter n'avait jamais étudié à Poudlard, venait de fonder une famille et portait un lourd secret, trois raisons qui auraient dû la pousser à le rétrograder. Mais c'était justement à cause de ce secret, et à cause de l'ambition d'Edmund, qu'elle ne pouvait se le permettre. Il aurait paru étrange et déplacé de sa part de remplacer un directeur de maison compétent, dont personne n'avait eu à se plaindre, par un collègue qui avait soutenu publiquement Ana Sorden. De plus, elle ne pouvait adopter une telle attitude ambivalente vis-à-vis du secret de Peter. Soit elle le soutenait complètement, soit pas du tout, ainsi elle pourrait justifier d'une attitude cohérente si les parents d'élèves venaient à l'apprendre et criaient au scandale. Vis-à-vis de Chloé, il lui semblait préférable de maintenir Peter en place. Elle n'aurait pas été la première directrice de l'école à avoir au sein de son équipe des enseignants au passé discutable...

Edmund semblait sincèrement perturbé par son comportement passé, et Margot éprouva une once de compassion à son égard. Si, en son for intérieur, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver quelques pensées peu charitables à son égard, elle devait bien reconnaître que son collègue se trouvait dans une situation fort inconfortable. Ses remords prouvaient bien que l'ambition n'était pas le seul sentiment qui l'animait... La sorcière garda le silence, un peu surprise par les confidences inattendues de son aîné. Edmund ne lui avait jamais rien dit d'aussi personnel, et elle l'écouta avec attention, notamment lorsqu'il mentionna ses frères disparus. Margot ne connaissait l'histoire de son collègue que parce que Minerva lui en avait parlé, ainsi que des autres enseignants, dans l'optique de sa future prise de fonction. Le Serdaigle était très discret à ce sujet et elle fut étonnée et légèrement touchée par sa confidence. Elle voulut le questionner à ce sujet, mais son collègue n'avait visiblement pas l'intention de s'attarder sur le sujet, puisqu'il enchaîna aussitôt. Margot ne put l'en blâmer. S'il y avait bien quelque chose qu'elle-même n'aimait pas évoquer, c'était ses proches disparus pendant la guerre. Prise d'une impulsion, Margot tendit la main et serra brièvement l'avant-bras de son collègue en un geste qui se voulait réconfortant, puis ramena son bras vers elle avant de le taquiner pour tenter de détendre l'atmosphère.

"Tu réalises tout de même à qui tu dis que ton côté Serpentard est un défaut ?", commenta-t-elle avec une pointe d'amusement dans la voix. "Tu vas me vexer. Je n'ai rien contre une pointe d'ambition, tu sais, il en faut pour diriger cette maison de filous qui a été la mienne pendant neuf ans ! Il ne faut pas en oublier ses valeurs et sa droiture au passage, deux choses dont tu ne manques pas. Je sais que cela n'a rien d'évident... Ne vas pas croire qu'il n'y ait rien dans mon passé dont j'ai honte et que je regrette."

Margot haussa les épaules avec fatalisme et reprit :

"Mais tu as raison, il est temps de laisser dans le passé ce qui appartient au passé et de penser à l'avenir. J'ai quelques petites idées pour cette école, et j'aurais bien besoin de ton aide précieuse et de ton expérience à l'étranger pour me conseiller... Enfin, nous verrons, ce n'est pas pour tout de suite, de toute façon. Mais je pense que nous pourrons travailler ensemble sans problèmes."

Considérant son collègue avec hésitation, elle finit par proposer du bout des lèvres :

"Nous pourrions même devenir amis. Si tu le souhaites, bien sûr."



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Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Edmund fut surpris du geste réconfortant de Margot et il baissa les yeux sur sa main en un réflexe. Il venait d'un milieu très particulier en un sens où ce genre de gestes spontanés étaient très rares, généralement ils étaient réservés à l'étroit cadre familial. La spontanéité n'avait pas sa place dans le milieu des grandes familles sorcières. Tout était prévu, planifié, tout était impeccable et lisse, tout se devait être parfait. Le désordre n'était pas le bienvenue parmi eux, tout comme les imprévus ou les choses qui pouvaient sortir de la norme. Les sorciers issus de ces familles se devaient de représenter de nombreuses valeurs, se devaient d'être l'exemple d'une éducation sans failles. Un véritable modèle d'humanité, voilà à ce qu'on aspirait à faire dans les rangs guindés de la noblesse magique. Néanmoins, contrairement à ce que les gens pouvaient se figurer, cette exigence et cette retenue ne faisaient pas d'eux des êtres sans cœurs. Les gestes d'affections étaient en effet rares et toujours mesurés, dans sa famille notamment, mais cela n'empêchait en rien l'amour et le respect. Edmund n'avait jamais souffert d'une quelconque distance de la part de ses parents, il savait parfaitement qu'il était aimé et chéri par eux, même s'ils n'étaient pas exubérants. Un regard affectueux de sa mère ou la main de son père sur son épaule lui suffisait largement à comprendre. On le disant guindé, ennuyeux, d'un autre siècle, Edmund le savait très bien. Mais il aimait ses valeurs et s'appliquer à les respecter, parce qu'il avait toujours connu cela. Pendant des années, ils s'était fichu de ce qu'on racontait sur ses manières. Mais il savait très bien aujourd'hui qu'il ne supporterait pas les regards accusateurs de ses collègues sur lui suite à l'affaire Ana. Des regards mérités, certes. Mais qui n'en n'étaient pas plus agréables. Et il savait déjà comment il réagirait. Il se draperait dans sa dignité et se renfermerait derrière ses grands airs, ce qui ne ferait qu'accentuer leur ressentiment à son égard. Mais les choses étaient entre Margot et lui, principalement, il n'y a qu'à elle qu'il devait quelque chose. Il refusait de s'écraser devant les autres, même s'il présenterait des excuses. Il ne se repentirait pas des courbettes si c'est cela qu'ils voulaient.

- Je pense que ce coté Serpentard est une bonne chose lorsque l'on a appris à composer avec, répondit-il avec un vague sourire. L'avantage d'étudier dans la maison de ce cher Salazar, c'est que le reste de vos camarades vous apprennent à vous tenir. Cela devient un défaut lorsque, sûrement éteint depuis trop longtemps, il balaye tout le reste.

Il avait toujours respecté la maison Serpentard et aurait été fier d'y faire ses études même s'il préférait cette chère Rowena, depuis des années. C'était peut-être parce qu'il avait eu beaucoup d'amis parmi eux, beaucoup d'enfants de Sang-Pur s'y retrouvant, ou parce que les maisons étaient souvent assez liées. Il y avait certes des rivalités au sein de l'école mais aussi des amitiés. Les Serpentard et les Gryffondor étaient le plus bel exemple d'animosité mais il était de tradition que les Poufsouffle se tournent plus vers les Gryffondor tandis que les Serdaigle avaient plus tendance à soutenir les Serpentard. Toutes les maisons avaient évidemment leurs fiertés mais il avait l'impression que les Serdaigle et les Serpentard se ressemblaient sur bien des points, à souvent vouloir le meilleur. Ou c'était peut-être parce qu'il aurait pu être un Serpentard lui-même. Lorsqu'il était élève, plongé dans le bain bouillonnant des rivalités inter-maison où il se battait pour rapporter des points à Serdaigle, il avait pensé que sa maison et la maison de Salazar étaient les plus nobles. Les Gryffondor étaient des idiots impulsifs et les Poufsouffle de grands naïfs, à qui on pouvait néanmoins accorder le goût du travail. Mais les Serpentard étaient malins et ambitieux tandis que les Serdaigle étaient brillants, créatifs et débordaient de connaissance. Aux yeux d'Edmund, les deux maisons étaient complémentaires. Deux même types de personnes, certaines étant simplement plus ambitieuses tandis que d'autres aspiraient plus à la connaissance, c'était tout. Et il était certain que cette complémentarité pouvait donner de bonnes choses s'ils travaillaient ensemble, comme le suggérait Margot. Il pourrait peut-être rattraper en partie ses erreurs en travaillant avec ferveur pour Poudlard, afin de faire oublier cette année. Que pouvait-il faire d'autre, de toute manière ? Swann partait pour Milan, elle le lui avait annoncé quelques jours plus tôt. Edmund soutenait son projet, même s'il aurait aimé avoir l'occasion de passer un peu plus de temps avec elle maintenant qu'elle quittait Poudlard. Mais il était certain qu'elle réussirait. Et sa mère avait déjà prévu de l'inviter prendre le thé. Elle l'appréciait, avait constaté Edmund en souriant. Même si elle préférerait mourir que de l'avouer.

- J'en serai... J'en serai enchanté, déclara-t-il avec un sourire lorsque Margot proposa qu'il puisse devenir amis.  

Il avait d'abord été surpris par la proposition, le manque d'habitude, sûrement. Il n'avait jamais eu beaucoup d'amis. Beaucoup de camarades avec qui il était en bon termes et avec qui il passait beaucoup de temps à travailler mais Edmund était un solitaire. Il ne parlait pas beaucoup et se confiait encore plus rarement. Les personnes qu'il avait appelées "ami" dans sa vie se comptaient sur les doigts d'une main. Et pourtant, il n'avait pas été long à accepter la proposition de Margot. Il ne savait même pas pourquoi, la réponse était sortie toute seule. Presque spontanément, aurait-il dit, même si ce terme ne faisait pas vraiment parti de son vocabulaire. Mais après tout, pourquoi ne pourrait-il pas être ami avec Margot Adamson ? C'était quelqu'un qu'il respectait, admirait sur certains points, en qui il avait confiance sur d'autres points. Et n'était-ce pas cela, la définition d'une amitié ? Assez ironiquement, Edmund aurait pu sortir sans réfléchir la définition de milliers de choses. Pas pas d'un concept qui était pourtant censé faire parti du quotidien. Tout ne s'apprenait pas dans les livres, visiblement.



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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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La réponse positive d'Edmund provoqua un sourire chez Margot. Il n'était jamais trop tard, même après huit ans à côtoyer quelqu'un, pour s'en faire un ami... Il n'était pas trop tard pour commencer à se faire enfin une vraie place dans ce pays, le pays de sa naissance, de son enfance. La France lui avait beaucoup apporté mais elle ne restait qu'une terre d'exil, et elle ne pourrait continuer à s'y réfugier toute sa vie. Sa mère ne se faisait plus toute jeune et sa santé déclinait, Margot en était persuadée, même si Coleen ne lui en parlait pas. Quant à André, il avait refait sa vie et elle ne pouvait donc se permettre de l'envahir à chaque vacances comme elle l'avait fait pendant longtemps. Oui, il était temps qu'elle assume enfin totalement son retour et cesse de se reposer systématiquement sur ses attaches françaises.

L'avenir ne s'annonçait pas si sombre à Poudlard, après tout. Même s'il lui fallait renouveler la moitié de l'équipe, l'autre moitié restait auprès d'elle, solide et unie. Du moins, elle le serait, Margot s'en assurerait. L'enseignante savait qu'elle pouvait compter sur Edmund, Chloé, Daisy, Peter, Myrdhin, Rachelle, William et Hagrid. C'était déjà beaucoup. Si elle parvenait à trouver deux bons collègues de métamorphose et potion, deux matières phares, elle serait assurée d'avoir une équipe qui tenait la route. Du moins, si elle évitait d'embaucher une nouvelle psychopathe... Le regard de Margot parcourut la salle des professeurs un instant. Pensive, elle se rappela de la scène qu'elle y avait surpris un jour de novembre, entre Samuel et Ana. Cette femme était quand même particulièrement dérangée... Mais quelque chose titillait Margot. Elle n'avait jamais su si l'arithmancienne avait réellement des vues sur Samuel ou si tout cela n'était que calcul et machinations. Son regard glissa sur Edmund et elle le considéra un moment, songeuse. Comment Ana l'avait-elle acquis à sa cause, exactement ? La promesse de satisfaire ses ambitions avait-elle suffit ou Ana avait-elle donné de sa personne ? Des images inappropriées et légèrement traumatisantes se matérialisèrent dans son esprit et elle s'efforça de les en chasser. Non, elle ne voyait pas Edmund céder aux avances d'une femme comme Ana. D'ailleurs, elle n'imaginait pas Edmund céder aux avances de qui que ce soit mais elle se trompait forcément, puisque miss Twilfit était là pour en attester. Qu'il ait cédé ou non le regardait, de toute façon, mais elle était curieuse de savoir si Ana avait essayé. L'arithmancienne avait déjà prouvé être capable de choses horribles pour arriver à ses fins et cela n'était qu'une façon, certes extrême, de manipuler un homme...

"Je peux te poser une question ?", finit-elle par demander, légèrement hésitante.

Elle vrilla son regard dans celui d'Edmund et se décida à poser sa question sans ambages. Il ne servait à rien de tourner autour du pot, et puisqu'ils en étaient aux confidences...

"Ana, comment est-ce qu'elle t'a joint à sa cause, exactement ? Je veux dire...Est-ce qu'elle a tenté de te séduire ? Je demande cela parce que je l'ai surpris en train de tenter de le faire avec Samuel, ici même, en pleine salle des professeurs, l'automne dernier. D'une façon tout à fait explicite, il faut bien le dire, je ne suis pas prête d'oublier cette image, d'ailleurs. Alors je me demandais..."

Elle se demandait si Ana avait tenté sa chance avec l'ensemble de la population masculine de l'équipe, mais elle décida de le tourner autrement.

"...Enfin, tu vois. Je me demandais quelles étaient au juste les limites de cette femme. Ce n'est pas pour te juger, tu fais bien ce que tu veux, et on ne savait pas encore de quoi elle était capable, mais... Cela me titillait. J'aurais bien posé la question à Myrdhin mais je crois que je risquerais de le faire partir en courant..."

Un petit sourire amusé s'étira sur ses lèvres à la pensée de leur collègue si discret et retint un rire en imaginant sa réaction à une telle question. Reportant son attention sur Edmund, elle lui adressa un petit sourire d'excuse pour son indiscrétion.



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Edmund était plongé dans ses pensées lorsque Margot reprit la parole. En réalité, il était en train de compter les amis qu'il avait pu avoir au fil de sa vie. Sans prendre en compte sa chère petite sœur, qui était de toute manière bien plus qu'une amie. Il avait cinquante-sept ans et le nombre de ses amis se comptaient sur les doigts d'une seule main. Il avait pris en compte l'un de ses camarades de dortoir de qui il avait été assez proche durant sept ans même s'ils s'étaient perdus de vue lorsqu'il était parti étudier aux États-Unis, l'un de ses camarades de promotion à Salem qui était devenu un Briseur de Sort renommé et il s'entendait très bien avec Cornélius, le père de Cassandre et le mari de sa cousine Elizabeth. Ses amis se comptaient donc sur trois doigts. Ce n'était pas vraiment glorieux même si Edmund pouvait toujours se gargariser de privilégier la qualité à la quantité. Non, pas trois, songea-t-il en posant les yeux sur Margot qui annonçait avoir une question. Quatre désormais. S'il continuait dans cette voie, il pourrait même en avoir cinq, ce qui serait un énorme effort de sociabilité. Il n'était pas asocial pourtant, il le savait très bien. C'est juste qu'il estimait peu de personne, était très exigeant vis à vis de son entourage et mettait beaucoup de temps à accorder sa confiance, ce qui limitait beaucoup les interactions sociales. C'était en partie dû à l'éducation qu'il avait reçu, il ne fallait pas se leurrer, c'était quelque chose qui revenait assez souvent dans leur milieu. A force d'entendre toute leur enfance qu'il ne fallait pas se fier aux apparences et de fréquenter un grand bal des hypocrites, comment deviner quand les gens étaient sincères ou pas ? Surtout que certains excellaient dans l'art du mensonge, Ana l'avait bien prouvé en leurrant tout un pays et plus particulièrement les enseignants qui étaient censés être des sorciers réputés et intelligents. Il revint à la réalité quand Margot exposa ce qui la questionnait et il lui adressa un regard incrédule. S'il avait acquiescé à sa demande, il ne s'attendait pas à ce qu'elle demande quelque chose de ce genre.

A ses yeux, c'était évident la manière dont Ana l'avait convaincu, tout le monde l'avait deviné. Il ne fallait pas non plus être Rowena pour comprendre, il n'avait jamais dissimulé ses ambitions ni sa volonté de devenir directeur de Serdaigle. Même les élèves le savaient, comme tout le monde savait qu'en son temps, le Professeur Rogue avait brigué le poste de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, toute l'école – et pas que l'école – était au courant qu'Edmund voulait devenir Directeur de Serdaigle. Et comme Dumbledore et Rogue en leur temps, Minerva lui refusait le poste. Son manque de pédagogie, invoquait-elle, le traitement qu'il imposait aux Gryffondor. Il n'avait jamais rien fait aux Gryffondors, il ne fallait pas noyer pousser la licorne dans les bras d'un centaure non plus. Peut-être qu'il manquait un peu d'objectivité à leur égard, il pouvait admettre cela. Peut-être que sa relation avec ses deux Gryffondors de frères influait sur la manière dont il traitait les élèves de cette maison. Mais quel professeur était complètement objectif ? Ils avaient tous leurs maisons ou élèves préférés et faisaient plus ou moins d'efforts pour le cacher. Tout le monde avait ses têtes et ses élèves favoris. Et il pouvait apprécier des Gryffondor, ce qui était une preuve de sa bonne volonté. Dans cette maison, il appréciait... Hum... Cassandre. Et cela n'avait évidemment aucun rapport avec leur lien familial. Enfin quoi qu'il en soit, il avait toujours brigué le poste de Directeur de Serdaigle et avait souvent espéré le décrocher. Il savait qu'il n'y avait aucune chance que Margot destitue Peter, qui effectuait de toute manière un bon travail même si Edmund se refusait à l'admettre à voix haute, il avait une réputation à tenir. Quoi qu'il en soit, Ana n'avait pas dû déployer beaucoup d'efforts pour le convaincre de se ranger à sa cause et cette idée ne ferait qu'augmenter sa honte : il n'avait même pas cherché à résister même s'il n'était pas tombé dans son jeu et l'avait forcée à parler clairement. C'était peut-être cette facilité à céder qui l'avait en quelque sorte « protégé » des autres méthodes de son ancienne collègue et maintenant que Margot évoquait cet événement avec Samuel – dont il ignorait l'existence jusqu'à présent – qu'il se demandait également jusqu'où Ana serait allé pour le convaincre. Qu'on se le dise : il n'aurait jamais cédé à de telles avances. Il préférait les femmes bien plus élégantes, bien plus discrètes qu'Ana Sorden. Il avait toujours été exigeant en matière de femmes, c'était pour cela qu'il en avait connu peu. Il aimait les femmes ambitieuses, belles, élégantes, distinguées, intelligentes et cultivées. Autrement dit, pas Madame Tout le Monde. Sheba était la femme qui avait le plus correspondu à ses critères dans sa vie amoureuse. Ils avaient vécu un amour d'été mais si elle avait été d'une famille plus élevée, elle aurait fait une excellente épouse. Et il ne regrettait rien de cette relation. Puisqu'il y avait eu Swann. Quoi qu'il en soit, Ana se serait mise sur la mauvaise pente vis à vis de lui si elle avait usé de ses charmes. Il trouvait cela vulgaire et elle aurait perdu tout crédit à ses yeux immédiatement.


- Non, elle n'a pas essayé, déclara-t-il en repensant à la soirée où elle était venue le trouver pendant sa ronde. Et elle aurait échoué si elle avait tenté. C'est d'une vulgarité sans nom et elle aurait saboté toutes ses chances d'avoir ma voie si elle avait tenté cette méthode là. C'est non seulement vulgaire mais dégradant pour la gente masculine qui apparaît incapable de résister à quelques courbes. Ce n'était pas mon genre de femme, de toute manière, affirma-t-il sincèrement.

Il connaissait peu Samuel Nolan, leurs relations n'ayant jamais dépassé le cadre strictement professionnel mais il se demandait sincèrement ce qui avait pu pousser Ana à se servir de cette technique avec lui. Serait-ce par qu'elle estimait que cela fonctionnerait ou était-ce son dernier recours quand toutes les autres techniques avaient échouées ? Même avec lui, dans son discours, elle avait usé de plusieurs approches jusqu'à trouver la plus efficace.

- Tu sais, commença-t-il lentement, je pense qu'on peut reprocher énormément de choses à Ana Sorden. Mais c'était une femme indéniablement intelligente et elle savait parfaitement ajuster ses techniques de manipulation à la personne qui lui faisait face. Je pense qu'elle avait un excellent esprit d'analyse : après tout, elle restait une Arithmancienne, elle avait un esprit calculateur et logique. Elle était animée d'une froide logique je pense et savait comment utiliser nos travers et comment nous pousser à bout s'il le fallait. Elle avait dû comprendre que cela échouerait avec moi. Ou n'a pas eu le temps d'en venir à cette extrémité car j'ai cédé trop vite, finit-il par ajouter, honnête avec Margot.

Il n'en n'était pas fier mais c'était un fait et cela aurait été de la mauvaise foi pure de prétendre le contraire.

- Me mettre de son coté n'a pas été très difficile, tu le sais bien, tu t'en doutes bien. Je n'ai jamais caché mes ambitions et ce que je voulais le plus dans cette école, elle n'a eut qu'à s'en servir... Quant à Myrdhin. Je pense qu'il était bien trop méfiant pour qu'Ana réussisse à l'approcher. Au premier sourire de sa part, il aurait été capable de découvrir toutes ses intentions et mille autres encore, tu le connais. Je me demande s'il n'est pas le plus intelligent de cette école, finalement, ajouta-t-il amusé, avec une certaine affection à l'égard de son collègue.

Il posa ses yeux noirs sur Margot, ayant lui aussi une question à lui poser.

- Comment s'est conduit Ana toute l'année avec toi ? Je ne parle pas du Conseil, j'étais là. Mais en privé, quand il n'y avait personne d'autre que vous. Gardait-elle son masque ? Ou révélait-elle un peu de ce qu'elle est véritablement ?



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Margot sentit une pointe de colère l'envahir face aux propos d'Edmund, alors qu'une année entière de provocations d'Ana lui revenaient en tête. Avait-il raison ?, se demanda-t-elle avec tristesse et amertume, savait-elle réellement adapter ses techniques aux travers de ses cibles ? Car Samuel ne lui avait jamais semblé être le genre d'hommes à se laisser attraper par les courbes généreuses d'une femme comme une mouche attirée par du miel, pas plus qu'Edmund. Et pourtant, Ana avait essayé... Mais l'état actuel de leur relation semblait indiquer que Margot ne le connaissait pas aussi bien qu'elle l'avait cru. Peut-être que si elle n'était pas entrée dans la salle des professeurs, ce fameux jour de novembre, les choses auraient été bien différentes... Un léger frisson d'angoisse la parcourut alors qu'elle se sentait prise de vertige. Comment un tel danger avait-il pu s'abattre sur l'école sans qu'ils s'en aperçoivent ? Elle avait été aveugle ! Ils étaient passé si près de la catastrophe...

A l'entente de la question d'Edmund, elle sentit son coeur se serrer légèrement et elle baissa les yeux en se mordillant la lèvre inférieure. Envahie par la culpabilité, elle considéra un moment les lettres de parents d'élèves qui s'étalaient sur la table et les repoussa loin d'elle en un geste brusque, faisant tomber un peu d'encre au passage. Croisant les mains sur la table, elle se pencha légèrement pour vriller un regard franc dans celui de son interlocuteur.

"La triste vérité, Edmund, c'est que j'ai toujours su qu'il y avait quelque chose d'anormal chez cette femme. Mais j'ai pensé... J'ai pensé que je devenais aussi paranoïaque que Myrdhin. J'ai pensé que le fait qu'elle ait un problème avec moi, personnellement, ne signifiait pas qu'elle était derrière tout ça. La Laponie, l'incendie... L'idée m'a traversé l'esprit, une fois, qu'elle soit la raison de tout cela, mais cela me paraissait tellement invraisemblable, et je n'avais pas le début du commencement d'une preuve. J'ai pensé qu'il s'agissait d'une simple histoire de rivalité et c'était crédible car, à part avec moi, elle se comportait de façon tout à fait charmante. Oh, et à part les Gryffondor, aussi, mais elle n'aurait pas été la première à avoir du mal avec eux, n'est-ce pas ?"

Elle adressa un léger sourire taquin à son interlocuteur avant de retrouver son sérieux, se perdant dans ses souvenirs.

"Elle a très vite perdu son masque avec moi, en effet, mais jamais complètement. Elle n'a jamais rien laissé paraître quant à son appartenance aux mardoliens, bien évidemment, mais ses intentions à mon égard ne sont pas restées dissimulées bien longtemps. Dès notre première discussion en tête-à-tête, en réalité... Elle était venue me voir dans mon bureau en pleine nuit sous un prétexte ridicule, elle voulait des potions pour sa stupide nomination de beauté automnale, je crois que cela en dit long sur le personnage, d'ailleurs... Bref, je pense que tu as raison, avec le recul je me dis qu'elle a tenté de tâtonner pour découvrir sous quel angle m'apprivoiser. Elle a commencé par tenter de m'attendrir avec ses histoires de veuvage, plutôt efficace d'ailleurs. Puis elle m'a interrogé sur ma vie sentimentale, non sans une bonne dose de flatterie. Je ne souviens plus exactement comment nous en sommes venues à parler de mon père, accusé d'être un mangemort, mais je me souviens très bien que c'est à ce moment là que notre haine réciproque à commencé à se développer."

Margot imita l'horripilante voix mielleuse d'Ana et répéta des paroles qu'elle n'avait jamais pu oublier :

"Alors que le monde sorcier entier se tourne vers les moldus, vous persistez coute que coute à suivre des idées profondément conservatrices, au détriment des risques que cela peut faire peser sur l'évolution de votre carrière."

Avec une petite moue méprisante, elle ajouta :

"Bien sûr, critiquer le soutien inébranlable que j'apporte à mon père depuis mon adolescence n'était pas exactement le meilleur moyen de me mettre de son côté, tu peux bien l'imaginer. Mais j'imagine que ses convictions de mardoliennes étaient trop fortes pour qu'elle pousse l'hypocrisie jusque là. Et puis, au fond, Ana n'avait pas besoin de moi dans son camp puisque j'étais sa compétition. Alors elle a cessé de faire semblant de m'apprécier et une réelle rivalité s'est instaurée entre nous. Au départ, je n'en comprenais pas réellement l'enjeu, et puis ses intentions se sont révélées : séduire Samuel et devenir directrice. Quant au second, je comprends désormais qu'il ne s'agit pas que d'une histoire d'ego, mais ses tentatives d'approche de Samuel me laissent perplexe. Elle aurait pu se passer de sa voix... Soit il lui plaisait réellement, au-delà de ses plans, soit il s'agissait d'une vendetta personnelle contre moi. Cela fait un peu égocentrique, dit comme ça, mais elle m'a dit au CA avoir pitié de moi car j'allais perdre tout ce que je pensais acquis, ou quelque chose du même goût. Donc, pour répondre à ta question, oui, j'ai pu voir son vrai visage dans certaine mesure... Des petites piques au CA, des phrases assassines lorsque personne ne pouvait nous entendre, ce genre de choses... Rien de bien méchant mais, Merlin ! J'ai parfois eu envie de l'étrangler à mains nues. Au CA, surtout, cela a été le sommet de mes pulsions meurtrières, quand j'ai vu...hum...l'influence qu'elle avait réussi à obtenir en quelques mois, en intriguant dans mon dos."

Elle jeta un rapide coup d'oeil à Edmund et se rappela le sentiment de trahison qui l'avait envahi à ce moment là. Peu désireuse de revenir sur ce moment délicat de leur passé, elle s'empressa d'ajouter :

"Je n'estime pourtant pas avoir un ego surdimentionné mais côtoyer cette femme si vaniteuse et compétitrice me donnait envie de gagner, de la surpasser, dans tous les domaines. De lui faire ravaler sa fierté et ses prétentions sur l'école, sur Samuel... Au final, on ne peut pas dire que j'ai réussi."

Non, elle avait échoué, elle n'avait rien fait ravaler du tout à Ana et elle devait s'estimer chanceuse d'être encore en vie pour se faire élire directrice. Quant à Samuel, Margot avait le sentiment diffus qu'Ana avait fini par s'insinuer entre eux, tout compte fait, que cette année avait été trop dure à supporter pour le couple fragile qu'ils avaient formé.

"Désolée pour cette longue réponse, mais je crois que j'ai besoin de prendre un peu de recul sur tout cela. C'est tellement... Je ne sais pas, je suis encore sous le choc, je crois. L'avalanche de Laponie, je ne suis pas prête de l'oublier."

Elle secoua la tête avec incrédulité, revivant ces moments terribles où elle avait craint que le bâtiment ne s'effondre sur ses habitants, élèves et enseignants confondus. Poussant un léger soupir, elle considéra Edmund et, repensant à ses paroles précédentes, décida de faire dévier la conversation sur un sujet plus léger.

"Qu'est-ce que c'est, ton genre de femmes ?", s'enquit-elle alors, un léger sourire aux lèvres et la curiosité visible dans son regard.

La vie sentimentale d'Edmund Harris faisait partie de ces mystères de la vie que tout scientifique digne de ce nom rêvaient de percer. Le professeur de sortilège avait le parfait profil de l'éternel célibataire, un peu comme Margot d'ailleurs, et cette dernière s'était longtemps demandé s'il avait seulement eu une femme dans sa vie. Une partie du mystère s'était cependant levé il y a quelques mois, lorsque l'étonnante nouvelle de sa paternité avait été révélée. Margot n'avait jamais eu l'occasion de l'interroger à ce sujet, notamment parce qu'elle n'avait pas osé, mais maintenant qu'ils étaient officiellement amis, elle n'allait pas se priver !



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Edmund fut surpris par le geste brusque de Margot qui repoussa loin d'elle sa correspondance, sûrement des lettres de parents d'élèves pour la féliciter de sa nomination. Elle les méritait, pourtant, ces courriers et ces congratulations. Néanmoins, dans le lot, certaines ne devaient pas être sincères et plus intéressées qu'autre chose. Ana Sorden avait réussi à conquérir les foules durant son année à Poudlard et il serait faux de nier qu'elle n'avait pas ses chances pour devenir directrice. Si sa véritable nature n'avait pas été découverte, c'est peut-être qui siégerait dans le bureau de Minerva à l'heure qu'il est. Rien que l'idée l'indisposait. Le poste  de directeur ou de directrice de l'école de sorcellerie Poudlard était sûrement le poste le plus prestigieux du pays, bien plus encore aux yeux d'Edmund qu'une élection comme Ministre de la Magie ou à un un haut-poste du Ministère. Le Directeur de Poudlard, ainsi que ses enseignants, avaient entre leurs mains l'avenir de la population magique britannique, les futurs dirigeants du pays, les futurs inventeurs, les futurs travailleurs, les futurs sorciers. C'était eux qui façonnaient leur société, d'une certaine façon, et ce n'était pas une chose à prendre à la légère. Mais il semblait que Poudlard attirait régulièrement des personnes malintentionnées, il n'avait même pas besoin de rédiger une liste pour trouver des exemples de nom. Dolorès Ombrage, Alecto et Amycus Carrow et évidemment Ana Sorden, qui rejoignait la longue liste des sorciers qui avaient cherché à faire du mal au collège Poudlard. Que serait devenue l'école, entre les mains de cette dernière ? Car Edmund avait beau détester ses actes, détester la manipulation qu'elle avait fait subir à cette école, les dangers qu'elle avait fait prendre à leurs élèves, il ne pouvait s'empêcher d'être intéressé par le personnage qu'elle avait été, comme un scientifique qui souhaite disséquer une espèce rare. Il aurait aimé comprendre Ana Sorden, la questionner, étudier la personnalité qu'elle possédait sous son véritable jour, sans ses artifices et ses sourires. Même si ce n'était sûrement pas quelque chose qu'il irait crier sur les toits, Edmund aurait aimé lui parler une dernière fois, ne serait-ce que pour comprendre son cheminement de pensées, qui elle était, qui était Ana Sorden et comment était-elle devenue ce qu'elle était. C'est sûrement pour cela qu'il serait au procès, plus que par vengeance ou pour assister à la chute finale d'Ana devant une ire populaire. C'était sa curiosité et sa soif de comprendre toute Serdaigle qui la poussait encore inébranlablement vers elle.

Mais ce désir de comprendre, cette volonté d'avoir une dernière confrontation avec leur ancienne collègue, il n'irait jamais l'avouer à Margot, surtout pas avec ce qu'elle était en train de lui confier, à sa demande. Il aurait pu rebondir sur ses propos, notamment lorsqu'elle évoqua Myrdhin mais se douta que ce n'était pas approprié alors qu'elle était en train de se confier et visiblement en train de replonger dans ce qui avait pu se passer cette année. S'il avait pris la parole, il aurait néanmoins dit que - malgré tout le respect qu'il se devait de porter à son collègue historien - il trouvait Margot plus censé que ce dernier qui poussait la méfiance à une telle extrémité que l'on pouvait utiliser le terme paranoïa sans même être péjoratif étant donné que c'était le terme clinique parfaitement adapté au mode de vie de Myrdhin. Même si plus de paranoïa de leur part aurait été la bienvenue, cette année. Margot semblait avoir effleuré du doigt un peu de la véritable personnalité d'Ana mais comme elle le disait, qui aurait pu penser qu'une de leur collègue, aussi nouvelle et vaniteuse soit-elle, aurait pu aller jusqu'à tenter de tuer la moitié de l'équipe enseignante, sans parler de leurs élèves ! Ana voulait-elle régner sur un royaume vide de tout enfant ? Jusqu'où serait-elle allée pour conquérir Poudlard et sa patrie ? Aurait-elle pu assassiner froidement chacun de leurs élèves, chaque personne qui se serait mise en travers de son chemin ? Encore une des questions qu'il aurait aimé lui poser même s'il doutait qu'elle réponde à cœur ouvert. Mais une part de lui-même affirmait déjà connaître la réponse, il suffisait pour cela de se pencher sur l'assassinat dans un incendie criminel de la petite Fiona Longwood, assassinat qu'Ana n'avait pas même daigné faire de sa propre main, laissant Emma Blackbonnes s'en occuper. Et pourtant, malgré tout ce qu'Ana avait fait durant l'année, Margot, qui était sûrement l'un de ses plus grands obstacles à la direction de l'école, était encore là à la fin de l'année. Pourquoi ? Pas qu'il s'en plaigne, bien évidemment. Mais si Ana était prête à tout pour arriver à ses fins, qu'est-ce qui l'empêchait de s'occuper de Margot ? Peut-être parce qu'il serait trop étrange si la seule opposante d'Ana décédait brusquement, les Aurors se tourneraient forcément vers cette dernière.

- Le recadrage des Gryffondor n'est pas forcément une mauvaise idée, répondit-il en se drapant dans sa dignité.

Ils étaient les élèves les plus agités de l'école, c'était bien connu. Insolents et tempétueux, c'étaient les élèves de cette maison qui posaient le plus de problème. Il n'irait pas dire qu'ils étaient les seuls, toutes les maisons avaient leurs défauts et leurs têtes dures, voire insupportables, même Serdaigle. On pouvait citer pour cette dernière les deux première année, Ahren Keller et Linnet Sneals. Mais Gryffondor avait le mérite de rassembler des élèves difficiles et une sorte d'émulation s'était installée entre eux, à celui qui serait le plus rebelle. Jayden Valentyne, Gwen Frost, Mary Coldwater, Donald McWilde... Et tant d'autres. Mais ce n'était pas vraiment la question du moment. Attentif, il écouta consciencieusement le récit de Margot, se demandant encore et toujours comment personne n'avait pu se rendre compte de la véritable nature d'Ana Sorden, durant toute une année. Ils étaient les Professeurs du Collège Poudlard, par Merlin ! Ils étaient censés être l'élite intellectuelle du pays, du moins pour les véritables matières comme les potions, les sortilèges, la DCFM ou la métamorphose, et voilà qu'ils s'étaient tous fait rouler dans la farine par une seule femme. Comment est-ce que cela avait pu arriver ? Comment pourraient-ils se regarder dans la glace après cela ? Ils avaient tous vécu une année difficile, notamment avec l'avalanche et le voyage en Laponie, mais Margot semblait avoir souffert bien plus que les autres, même si ce n'était pas surprenant, elle avait été la rivale directe d'Ana, comme elle le disait elle-même. Et elle avait subi les foudres de leur collègue durant un an. Cela avait dû être lassant et fatiguant. Mais personne, au sens dans le reste de l'équipe enseignante, il ne parlait pas de Chloé et de Daisy, ne semblait s'en être rendu compte. Comment Margot avait-elle pu subir cela pendant un an sans rien dire ? Il n'aurait pas pu tenir durant tout ce temps, il aurait fait éclaté l'affaire au grand jour. Il n'aurait pas eu la patience de Margot, il le savait. Il n'aurait pas supporté ces messes-basses et ce genre de persifleries. A l'entente de ces derniers mots, il plongea son regard dans le sien.

- Tu as réussi, déclara-t-il gravement. Tu es la Directrice de l'école Poudlard. La Directrice Suprême, même, ajouta-t-il avec un demi-sourire au coin des lèvres, faisant référence à ce qui avait pu se passer au CA de l'annonce des candidatures. Tandis qu'Ana va régner sur sa cellule d'Azkaban, ce qui manque, tu le reconnaitras, de... glamour.

Ce genre de mot n'était pas vraiment dans son vocabulaire habituel mais c'était un mot qu'Ana aurait pu employer et il avait envie d'amuser Margot un peu, de la faire sourire, car il voyait très bien que se plonger dans les souvenirs de cette année n'était pas quelque chose de facile et d'agréable pour elle et il souhaitait alléger l'atmosphère, quitte à singer la reine de beauté automnale.

- Quant à Samuel... S'il lui a a résisté, c'est une victoire pour toi. Une frustration et un sacré coup dans son immense égo. Mais si perdre Poudlard aurait été un échec, ne définis pas ta réussite personnelle par la présence d'un homme à tes cotés, Margot, tu vaux bien plus que cela.

Et si elle le souhaitait, Edmund était persuadé que Margot retrouverait quelqu'un. C'était une belle femme, intelligente et intéressante, elle n'aurait aucun mal si elle le voulait à partager la vie d'un autre homme que Samuel Nolan. Il était sûrement trop jeune pour apprécier la juste valeur d'une femme comme Margot, voilà tout. L'inexpérience de la jeunesse, dirons-nous.

- Tu n'as pas à t'excuser, répondit-il simplement. J'aime écouter.

C'était vrai. Il était quelqu'un d'assez calme, qui ne parlait pas beaucoup en temps normal, même s'il pouvait disserter pendant des heures sur des sortilèges, c'était sa passion, c'était normal. Il était facilement agacé par des futilités, c'est vrai, mais pouvait passer des heures à écouter quelque chose qui l'intéressait ou d'intéressant. Et en l’occurrence, cette année relatée du point de vue de Margot était plus qu'intéressante. Il en était là dans ses pensées quand Margot posa justement une question disons... Intéressante et surprenante. Il n'avait jamais parlé de cela avec personne, selon ses souvenirs, surtout pas avec une collègue. Mais c'était sûrement cela, l'amitié. Des questions un peu embarrassantes auxquelles on devait répondre, tant bien que mal. Mal à l'aise, il promena son regard sur la pièce et se racla la gorge, cherchant comme tourner sa réponse. Il savait ce qu'il voulait mais c'était un sujet délicat à évoquer.

- Et bien...

Il toussota.

- J'aime les femmes qui ont de la conversation. J'ai grandi dans un milieu assez intellectuel, tu dois connaître les aspirations de ma famille, ne serait-ce que de réputation. Il m'a toujours semblé inenvisageable de ne pas pouvoir parler de culture avec la femme qui partagerait ma vie. J'aime... Les femmes élégantes. Je pense que cela vient également du fait d'avoir grandi au milieu des réceptions et des thés de ma mère. C'est quelque chose de terriblement classique, me diras-tu, lança-t-il avec un sourire amusé. Une femme belle et intelligente, quel homme n'en voudrait pas ? Mais j'ai toujours eu une image très précise de la femme que j'aimerais épouser, une image tellement précise que je n'ai jamais trouvé la bonne. Je ne me suis jamais marié, tu dois le savoir. Je crois aussi que j'aimerais une femme de Sang-Pur, si c'était pour le mariage, afin de contenter ma famille. Les traditions ! expliqua-t-il avec un signe vague de la main. Ma mère - je ne sais pas si tu as l'occasion de la rencontrer un jour ? - m'assassinerait si je faisais le contraire. Et j'ai beau être duelliste, je ne m'opposerai pas à ma mère.

Qui oserait, en même temps ? Helen Harris était redoutable. Lorsqu'il était enfant, elle l'effrayait même, alors qu'elle était tout de même sa propre mère. Il posa les yeux sur Margot en songeant un instant qu'elle aurait pu être la candidate parfaite, mais se détourna bien vite de ce genre de pensées inappropriées vis à vis d'une collègue de travail.

- Et toi ? interrogea-t-il. Quel est ton type d'homme ?

Après tout, l'amitié était à double-sens et il pouvait également poser des questions gênantes.



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Les sages paroles d'Edmund tournaient en boucle dans la tête de Margot. Elle n'avait jamais déterminée sa réussite personnelle en fonction de la présence d'un homme à ses côtés, jamais, et ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait commencer. Edmund avait raison, elle n'avait pas à se remettre en cause parce que Samuel était parti, au contraire, c'était peut-être à lui de réfléchir à son comportement cette fois. Margot avait été prête à s'engager réellement pour la première fois depuis longtemps, et c'était sans doute pourquoi la déception était si grande, au-delà de ses sentiments pour le jeune homme. Elle avait abaissé ses barrières au mauvais moment, avec la mauvaise personne... Allait-elle les redresser, bannir à nouveau l'amour et la vie de couple de sa vie, ou bien se donnerait-elle une dernière chance de connaître le bonheur ? C'était une question à laquelle elle n'avait pas encore de réponse. Il était bien trop tôt pour penser à l'après, la blessure était encore à vif...

Cela ne l'empêcha pas d'écouter la réponse d'Edmund avec attention, néanmoins. Son petit sourire taquin s'effaça doucement alors qu'elle se demandait si elle ne possédait pas certaines des qualités qu'il décrivait. L'intelligence et la culture, certainement, elle n'aurait pu devenir "Directrice Suprême" en en étant dénuée. La pureté du sang également, et même si elle rejetait parfois cet héritage, il n'en était pas moins visible parfois dans son comportement. Quant à la beauté, c'était une affaire de goût, bien sûr. Soudain, Margot réalisa ce qu'elle était en train de penser et se donna une gifle mentale, manquant à grand peine d'éclater de rire. Edmund et elle, c'était parfaitement risible ! Ce serait tellement...étrange et perturbant. Elle ne pouvait même pas imaginer l'embrasser, ce serait tellement bizarre. Il s'agissait d'Edmund, tout de même. Elle l'avait toujours trouvé un peu trop attaché à son statut du sang et un peu trop coincé à son goût, même s'il lui semblait aujourd'hui voir au-delà. Plus important encore, elle n'imaginait pas leurs relations de travail une fois que leur hypothétique relation aurait atteint son terme inéluctable... L'amour éternel, Margot n'y croyait plus depuis longtemps, depuis que son premier amour avait disparu, dévoré par les ténèbres de Lord Voldemort.

"Non, je ne crois pas avoir déjà eu l'honneur de rencontrer ta mère. Il faut dire que je ne vais jamais aux réceptions mondaines et que je ne fréquente pas particulièrement les autres sang-pur", répondit-elle doucement, s'efforçant de se concentrer à nouveau sur la conversation.

Quand Edmund lui retourna sa question, ce qui était de bonne guerre, elle réalisa qu'elle n'avait pas la moindre idée de réponse. Elle n'était pas sur d'avoir un type d'hommes, ses différentes conquêtes passées étant assez différentes les unes des autres. Il fallait bien reconnaître néanmoins que les rares qui avaient compté présentaient quelques points communs.

"Mon type d'hommes...", répéta-t-elle, pensive. "Hum, les enseignants, de toute évidence. Je crois que j'aime les hommes cultivés et avec de la conversation, moi aussi. J'aime les hommes discrets, un peu dans la lune parfois, des solitaires comme moi. Mais avec le sens de l'humour ! Il en faut ! Et, pour finir sur une note complètement superficielle, je préfère les bruns."

Elle ponctua sa remarque d'un léger clin d'oeil, avant de ramasser les parchemins qu'elle avait éparpillé sur la table, les joues légèrement rosies. Cette conversation était étrange et un peu embarrassante, même si elle était ravie d'avoir éclairci les choses avec Edmund. Elle se sentait un peu mieux armée pour affronter les ires des parents d'élèves et l'année à venir avec le professeur de sortilèges à ses côtés. Malgré leurs différends, elle l'avait toujours considéré comme un bon pédagogue, du moins tant que les Gryffondor n'étaient pas dans le coin. Et il n'était pas désagréable non plus d'avoir un ami de plus au sein du château... Margot se sentait donc un peu plus légère lorsqu'elle se remit sur ses pieds, sa pile de parchemins dans les bras.

"Bien, je te laisse, j'ai beaucoup de choses à faire", dit-elle avec un regard d'excuse. "Merci d'être venu me parler, Edmund."

Après un dernier sourire, elle quitta la salle des professeurs.

RP Terminé



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Le repentant [Margot]

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