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 La Reine Margot [OS]

Margot AdamsonAncien personnageavatar
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1er juillet 2007

Les deux petites silhouettes franchirent le portail de l’école, puis disparurent. Margot expira bruyamment, réalisant alors qu’elle avait retenu sa respiration, et sentit la tension dans ses épaules se relâcher. C’était fini, ils étaient partis. Il était parti. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir tenté de le retenir. Mais rien n'y avait fait, c'était ainsi. Samuel avait décidé de partir, et Margot ne pouvait rien y changer, elle n'avait qu'à l'accepter. Le doux renard retournait à la vie sauvage...

« Ca va aller, professeur ? »

La voix grave du demi-géant la fit sursauter. Elle avait presque oublié sa présence, étouffée par ses émotions, et elle tourna vers lui un visage bouleversé. Comme elle sentit sa large main serrer son épaule avec compassion, Margot s'efforça de se reprendre, peu désireuse de se laisser aller en compagnie de son collègue et ami. Ce n'était pas la première fois qu'elle se séparait de quelqu'un, au contraire, sa vie semblait être composée d'une succession ininterrompue d'adieux. Pourquoi ceux-ci la touchait-elle tant ? Elle n'aurait même pas dû être surprise. Samuel et lui ne se seraient pas si bien entendus s'ils n'étaient pas si semblables, l'un et l'autre, or Margot finissait fatalement par quitter les gens qu'elle aimait à un moment ou à un autre. Il n'y avait pas de raison qu'il en soit différent pour son jeune compagnon... Ancien compagnon, désormais. Le seul problème, c'était que pour la première fois depuis bien longtemps, Margot ne voulait pas dire au revoir. Pour une obscure raison, elle s'était convaincue que Samuel et elle avaient un avenir, un réel avenir, et elle y avait cru avec ferveur. Et, au moment où elle se jetait à corps perdu dans cette histoire, c'était lui qui s'en désengageait.

Margot esquissa un sourire à l'égard de son interlocuteur. Oui, cela allait aller. Elle avait une école à diriger, désormais, et Poudlard valait bien tous les hommes du monde... Les deux enseignants se détournèrent du parc et regagnèrent le Hall, non sans que Margot ait eu la chance d'embrasser la vision familière du château au passage.

"Oui, Hagrid, ça va aller. Et vous ? Je sais à quel point vous êtes attachés au professeur McGonagall."

Le demi-géant haussa les épaules d'un air fataliste, mais l'expression mélancolique de son visage ne trompait personne. Minerva était l'une des dernières membres de l'équipe d'avant-guerre. C'était une véritable institution à Poudlard, puisque l'ensemble des sorciers d'Angleterre devait se rappeler l'avoir côtoyé ici, que ce soit en tant qu'élève, professeur ou directrice, et voilà qu'elle prenait sa retraite. Dire que Margot était intimidée de prendre sa suite était un euphémisme, mais la longue lutte d'influence qu'elle avait mené avec Ana Sorden avait au moins eu ça de bon. Margot avait été forcée de réclamer son dû, en quelque sorte, et cela lui avait permis de gagner confiance en elle. Une confiance bien entamée par l'affaire Blackbonnes, et les récentes révélations de l'appartenance d'Ana aux mardoliens, mais Margot avait décidé de ne pas se laisser abattre. Comme elle l'avait dit à Edmund, il fallait tous qu'ils apprennent de leurs erreurs et se concentrent sur le futur de l'école. Margot avait le sentiment que Mardol ne lui rendrait pas la tâche facile. Les soubresauts politiques qui agitaient le monde extérieur ne restaient jamais sans conséquences sur l'école... Même si Margot avait l'intention d'être une enseignante moins impliquée en politique que son illustre prédécesseur, Albus Dumbledore, elle n'était pas naïve et savait pertinemment qu'on ne laissait jamais les enseignants de Poudlard enseigner tranquillement bien longtemps. C'était en partie ce qui faisait la légende de cette école, et sa grandeur.

"Tout le monde part un jour !", répondit Hagrid avec philosophie, et ses paroles firent écho dans l’esprit de Margot. Oui, tout le monde partait un jour...

"Mais pas vous", remarqua-t-elle alors.

"Poudlard est ma maison. "

"Je comprends, c’est la mienne également, désormais."

"Vous ferez une bonne directrice, professeur Adamson."

"Merci, Hagrid, c'est gentil."

Les deux sorciers grimpèrent les escaliers de marbre et se dirigèrent à travers les étages jusqu'à atteindre l'aile sud du château, où ils atteignirent la salle des professeurs. Margot y avait entreposé un nombre relativement impressionnant de valises, sacs et cartons miniaturisés, dans lesquels étaient entreposés tous ses objets personnels, amassés dans ses appartements depuis huit ans. Un carton entier était notamment empli de potions qu'elle avait concocté pour son usage personnel, et qu'elle n'avait pu se résoudre à abandonner dans les châteaux. Margot espérait sincèrement qu'elle parviendrait à embaucher un maître des potions supportable. Nombre de ses confrères étaient généralement imbuvables, comme si respirer trop de vapeurs de potions avait fait disparaître toute notion de bonne humeur et de politesse de leur esprit. Généralement, Margot s'entendait beaucoup mieux avec les experts en métamorphose ! Elle espérait néanmoins se trouver un successeur agréable, car elle avait bien l'intention de retourner pratiquer son art dans les cachots dès que son emploi du temps le permettrait. L'un des avantages de son nouveau poste était qu'elle pourrait à nouveau se concentrer sur la recherche, quand les élèves indisciplinés et les parents d'élèves mécontents ne se feraient pas trop nombreux.

Margot et Hagrid se saisirent des sacs miniaturisés et se rendirent quelques couloirs plus loin, pour s'arrêter devant la fameuse gargouille qui gardait le bureau du directeur.

"Senteur Jasmin", annonça Margot d'une voix claire, une lueur d'amusement au fond des yeux.

Le choix de son premier mot de passe s'était fait naturellement, comme une évidence. Ainsi, elle se rappelait ce qui s'était passé sous son nez et se promettait d'être plus vigilante dans le futur, tout comme elle se permettait une petite moquerie à l'égard de son ancienne rivale. Après tout ce qu'Ana leur avait fait endurer, Margot pouvait bien se permettre de se sentir victorieuse. Suivie par Hagrid, Margot grimpa les escaliers en colimaçon et fit tourner la poignée de la porte de chêne, avant d'entrer dans son nouveau sanctuaire. Elle déposa ses valises dans un coin, imitée par le demi-géant à qui elle donna congé.

"Merci pour votre aide, Hagrid ! Le château parait bien vide, maintenant que tout le monde est parti en vacances, n'est-ce pas ? N'hésitez pas à venir boire le thé avec moi si vous voulez de la compagnie, à l'occasion !"

Hagrid lui répondit qu'il n'y manquerait pas puis s'en alla, laissant Margot seule au milieu du grand bureau. Un sentiment indéfinissable l'envahit quand elle s'assit sur le confortable fauteuil qui avait été celui du professeur McGonagall pendant si longtemps. Cette fois, c'était fait. Elle était la nouvelle directrice de Poudlard. Elle avait affronté le démon et conquis le trône... Une voix rompit alors le silence et Margot sursauta à nouveau, avant de se tourner vers son origine, surprise. Elle en avait presque oublié la présence de l'ensemble de ses illustres prédécesseurs sur les murs... Une pensée légèrement vaniteuse l'envahit à l'idée qu'un jour, elle aussi aurait son portrait aux côtés de celui du professeur McGonagall, qui y avait été ajouté le matin même.

"Bienvenue à la nouvelle directrice ! Une Adamson à Poudlard, quelle joie, et ancienne Serpentard qui plus est ! Enfin, le prestige de l'école va être restauré !", avait dit Phineas Nigellus, s'attirant un regard sévère du tableau de Minerva.

Les autres tableaux y allèrent tous de leur petit commentaire, mais ce fut le fier "bienvenue" de Severus que Margot retint. La sorcière s'était senti tellement coupable après la mort de ce dernier qu'elle n'avait pu regarder ce tableau en face, pendant sa première année d'enseignement à Poudlard. Avec le temps, elle avait fait la paix avec elle-même et ne gardait désormais que de bons souvenirs de l'ancien maître des potions. Elle était d'ailleurs heureuse de le voir sur ce mur, et remercia intérieurement Harry Potter pour s'être assuré qu'il y figure. Ainsi, elle aurait un ancien camarade de classe et collègue avec elle, au milieu de tous ces vieux directeurs barbus. Margot jeta un léger coup d'oeil au tableau du professeur Dumbledore, mais il était profondément assoupi, ses lunettes en demi-lune reposant de travers sur son nez aquilin. Après avoir remercié les tableaux - chose étrange, en réalité, que de converser avec des personnes décédées, mais elle finirait par s'y faire -, Margot se leva de son siège. Une impression de plénitude l'envahit alors, et elle se plaça devant une grande fenêtre, qui donnait une vue imprenable sur les montagnes. Un sourire venait de fleurir sur ses lèvres quand quelques coups furent frappés à sa porte, qui s'ouvrit pour laisser passer la tête hirsute d'Hagrid.

"Professeur ? J'ai trouvé un visiteur pour vous..."

Intriguée, Margot se détourna de la fenêtre et fit signe à Hagrid de faire entrer le mystérieux visiteur. Elle reconnut aussitôt sa haute stature, son allure soignée et son air aristocratique. C'était l'apparence qu'il prenait toujours pour lui rendre visite, même si Margot savait qu'il pouvait en prendre tant d'autres... Un sourire illumina son visage et elle s'élança à travers le bureau, pour se pendre à son cou, avant de l'embrasser passionnément. Merlin, quelle douce surprise, avec le départ de Samuel ! Elle perdait peut-être l'amour, mais ce qu'elle gagnait était si grand en comparaison...Elle gagnait le frisson du pouvoir.

"Alcyd !", lâcha-t-elle d'un air mi-heureux, mi-victorieux. Ils avaient réussi.

"Margot, ma chère, quel plaisir de te voir ici. Tu avais raison, Ana n'a rien vu venir. Je ne pensais pas qu'il serait si simple de me retourner contre elle..."

"Sa vanité l'a perdue. Je te l'avais bien dis", murmura-t-elle en laissant glisser sa main le long de son torse, tandis que ses lèvres venaient jouer avec les siennes.

"Dois-je conclure de ces effusions que tu me pardonnes d'avoir tenté de te tuer ?"

"Oh, je dois bien reconnaître qu'il m'a fallut du temps pour adhérer à ta cause, alors... Non seulement je te pardonne, mais je t'offre également les clefs de Poudlard sur un plateau..."

"Coupez !", s'écria une voix aiguë et surexcitée. "Mais qui m'a écrit ce scénario ?! On n'est pas dans un épisode de Gossip Girl ici ! Pas d'alliances machiavéliques découvertes à la fin de l'histoire, merci ! Bon, on tournera ça demain, le temps de réécrire le script."

"Professeur ? J'ai trouvé un visiteur pour vous..."

Intriguée, Margot se détourna de la fenêtre et fit signe à Hagrid de faire entrer le mystérieux visiteur. Elle se figea de surprise quand elle reconnut Samuel, une expression indéfinissable sur son visage. Il avait un bouquet de fleurs à la main et l'observait avec un mélange de fierté et d'amour, qui lui fit chaud au coeur.

"Mais qu'est-ce que tu fais là ?!"

"Il fallait que je te parle. Merlin, ça fait bizarre de te voir ici ! Je suis fier de toi, tu sais."

Elle traversa le bureau à la hâte et se jeta autour de son cou, pour le serrer contre son coeur, inspirant profondément. Il lui avait manqué...

"Merci. Je t'aime", souffla-t-elle contre son oreille.

"COUPEZ !"

La voix aïgue et surexcitée était de retour, et Alana se frotta la tempe avec irritation. Jouer cette Margot était parfois si fatiguant ! Heureusement qu'elle donnait la réplique à Ryan, sinon, elle n'aurait jamais accepté le rôle. Elle était trop douée pour la télé, de toute façon, elle était une grande star de cinéma, elle ! Mais cette série avait son petit succès, il fallait le reconnaître...

"C'est pas le bon acteur !!! Ryan, ton rôle est fini, enfin ! Allez me chercher François, et plus vite que ça... François ! Voilà, parfait, mon chéri, tu es magnifique ! On reprend, et ne lésine pas sur l'accent français, surtout. Tout le monde est en place ? ...ACTION !"

"Professeur ? J'ai trouvé un visiteur pour vous..."

Intriguée, Margot se détourna de la fenêtre et fit signe à Hagrid de faire entrer le mystérieux visiteur. Elle se figea de surprise quand elle reconnut Arthur, une expression indéfinissable sur son visage. Il avait un bouquet de fleurs à la main et l'observait avec un mélange de fierté et d'amour, qui lui fit chaud au coeur.

"Mais qu'est-ce que tu fais là ?!"

"Il fallait que je te parle. Merlin, ça fait bizarre de te voir ici ! Je suis fier de toi, tu sais."

Elle traversa le bureau à la hâte et se jeta autour de son cou, pour le serrer contre son coeur, inspirant profondément. Il lui avait manqué...

"Merci. Je t'aime", souffla-t-elle contre son oreille.

Se détachant de son fils, elle lui fit signe de prendre place en face de lui et s'installa à son bureau, l'air ravi. Arthur s'exécuta et l'observa avec un air mi-moqueur, mi-affectueux.

"Ma mère, la directrice de Poudlard ! Je vais pouvoir me la raconter avec ça. Dommage que cela arrive au moment où je quitte Beauxbâtons, j'aurais fais sensation à l'école !"

"Comment se sont passés tes examens ? Je suis censée voir ton père ce week-end, il a dit qu'il avait quelque chose à me dire, en rapport avec toi. Qu'est-ce que vous complotez ?"

Le regard de Margot se fit plus soupçonneux à mesure que le sourire de son fils s'agrandissait. L'enseignante l'avait rarement vu si rayonnant, lui d'ordinaire plutôt taciturne, et en déduit qu'il avait une grande nouvelle à lui annoncer. Elle avait d'ailleurs une petite idée de la nouvelle en question, ce qu'il finit par lui confirmer, n'y tenant plus :

"Ce matin, j'ai signé mon contrat avec une grande équipe de Quidditch."

"Bravo, mon fils ! C'est moi qui suis fier de toi ! Laquelle ? Les Cerbères lyonnais, j'espère ! Quand même pas les Chimères de Paris, rassure-moi ?"

Margot avait longtemps suivi le Quidditch professionnel français dans sa jeunesse, dans la ville de ses études, et aurait adoré que son fils joue pour les couleurs de son ancienne équipe favorite. Mais la réalité était plus réjouissante encore...

"Les Pies de Montrose."

Il fallut quelques secondes à Margot pour assimiler, puis son regard s'agrandit sous l'effet de la surprise, avant de laisser place à un immense sourire.

"Les...Les Pies ? Ca veut dire que..."

"Je viens vivre en Angleterre, avec toi !", s'exclama Arthur avec un enthousiasme qui lui fit chaud au coeur. "Enfin, avec toi...Pas vraiment, je prendrai un appartement, mais on pourra se voir bien plus souvent."

"C'est génial, Arthur, bravo. Je suis tellement heureuse que tu viennes vivre ici, tu verras, c'est un pays formidable."

La mère et son fils discutèrent un long moment, des étoiles plein les yeux à l'idée des perspectives qui s'ouvraient à eux avec ce nouveau départ. Quand Arthur la quitta, Margot était d'une humeur excellente, prête à affronter le long été à préparer la rentrée qui l'attendait. Mais sa tristesse s'était évaporée en partie, sa peur aussi. Elle n'était pas seule. Elle avait son fils, et elle avait Poudlard.



Isabelle Adjani, kit par Juliet
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