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 L'amour de la musique [Libre]

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NarrateurNarrateuravatar
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22 Juillet 2007

Il faisait trop chaud en ce dimanche du mois de Juillet. Le thermomètre montait bien trop haut pour l'Angleterre, ce qui poussait les plus sceptiques à croire au réchauffement climatique. Les marchands de glace et autres douceurs faisaient fortune et les vendeurs de chapeau prenaient leur revanche sur les vendeurs de parapluie, bien désœuvrés en ce moment. Quoique, à défaut de parasol... Les touristes exhibaient fièrement leur bermudas et les chaussettes dans les tongs, tandis que les locaux ne trouvaient de réconfort que dans les terrasses climatisées du centre-ville, ou sur les bords de la Tamise, qui offrait fraicheur et moustiques dans le même lot. Les familles avaient profité du week-end pour sortir - et bien oui, songeait le monsieur en costard y'en a qui travaillent encore, même le week-end - avec leurs enfants et les rues étaient pleines, ce qui n'arrangeait rien à la température et à l'air lourd qui reposait sur Londres. Mais malgré tout ces désagréments de la période estivale, il y avait également de bonnes choses, des choses qui donnaient envie d'être en vacances et qui faisaient soupirer de plaisir. Les badauds du centre ville avaient aujourd'hui le plaisir de voir s'installer une scène, au pied du London Eye, et quelques groupes qui répétaient déjà. L'esplanade était en plein soleil, un peu ombragée par l'immense grande roue qui tournait tranquillement, pour le plus grand plaisir des enfants qui faisaient la queue, sous la surveillance étroite de leurs parents. On ne savait jamais, avec tous ces gens bizarres, et puis la Tamise, et les voitures et tous les dangers qui peuvent menacer un enfant en ville.

D'ailleurs, en parlant de gens bizarres, songea une dame du Yorkshire affublée d'un bob "I love London", certains spectateurs du concert en prévision étaient habillés de manière assez particulière. Et cette remarque venait d'une dame vêtue d'un couvre-chef du meilleur goût, bien évidemment. Certains semblaient ne pas avoir compris la différence entre des vêtements féminin et masculins, voire carrément entre les vêtements de nuit et de jour, remarqua-t-elle, stupéfaite, en avisant une femme vêtue de ce qui ressemblait largement à une chemise de nuit. Les amateurs de rock'n'roll étaient vraiment étranges. Il faut dire que les concerts de l'après-midi organisés par la municipalité avaient attirés des amateurs de musique de tous les styles, des métalleux aux t-shirts recouverts de sigles ainsi que des punks à la coiffure remarquable, colorée, nota Madame au bob en plissant le nez. Lorsque le premier groupe commença à jouer, elle jeta un regard méprisant aux pré-adolescents qui se dandinaient sur une musique de sauvage, par cette chaleur, et elle redressa son bob pour se draper dans sa dignité. Enfin, toute la dignité que l'on pouvait avoir avec un bob sur la tête, bien évidemment. Les groupes s'enchainèrent et l'esplanade se remplit de plus en plus, attirant une foule hétérogène, des familles avec enfants au pré-adolescents qui ne lâchaient pas leur portable et envoyaient des SMS à la personne à coté d'eux. La communication moderne, mes amis ! De nombreux groupes défilaient cet après-midi, des amateurs aux groupes en chute libre célèbres dans les années 90 mais dont plus personne ne connaissait le nom aujourd'hui.

Parmi cette programmation hétéroclite, un groupe semblait plus attendu que les autres, si on en jugeait par les t-shirts et panneaux sur lesquels était écrit "Voldy" en toutes lettres. Pour quelqu'un d'initié - c'est à dire qui n'était pas la dame au bob d'un goût discutable - ces cinq petites lettres formaient le nom d'un groupe de musique célèbre dans le monde sorcier. Composé de trois sorciers et deux Cracmols dont "l'amitié d'enfance avait survécu aux aléas de la vie" dixit Sorcière Hebdo, Voldy avait connu un succès fulgurant auprès de la jeunesse magique après la fin de la deuxième guerre magique avec des paroles satyriques qui avaient plu à des adolescents qui recherchaient du divertissement. Après plusieurs albums à succès, le groupe était retombé dans l'oubli au profit de nouveaux chanteurs possédant des mèches et des styles capillaires tout à fait discutables. Néanmoins, il avait fait un retour impressionnant sur les ondes de la RITM l'année dernière, avec son nouveau tube "Proud to be a Muggleborn". La chanson "Sea, Sun and Spell" était le tube de cet été et il était impossible d'y échapper dans le monde magique. Néanmoins, Voldy avait la volonté de rassembler les moldus et les sorciers par la musique et possédait donc des chansons beaucoup plus classiques qu'on pouvait écouter dans les deux mondes comme "Kidnap My Heart" qui avait fait vaciller les cœurs de toutes les filles de treize ans qui l'avait entendue. Quoi qu'il en soit, Voldy avait réussi à conquérir un public assez hétéroclite, moldu et sorcier, et cela se ressentait dans la foule qui s'était amassée pour leur prestation. L'ambiance était bon enfant et à part un accident de glace à l'italienne renversée par une fille au chouchou rose sur un top blanc qui devait valoir son pesant de sucreries, tout le monde discutait joyeusement des chansons qu'il aimerait entendre, sans vraiment se soucier de la provenance de leur interlocuteur, ce qui était sûrement la plus grande fierté de Voldy.

Pas de doute, c'était une belle après-midi, songèrent les spectateurs en voyant les membres de Voldy sur la scène tandis qu'une petite brise fraiche arrachait un soupir de contentement aux promeneurs harassés. Les premières notes de musique retentirent pour la plus grande joie du public qui bougeait beaucoup trop pour la température, affirma Madame au Bob qui avait réussi à monter dans une nacelle du London Eye, qui dominait l'esplanade du concert. Des sorciers et des moldus réunis pour l'amour de la musique - voilà qui aurait fait plaisir à feu Albus Dumbledore - du beau temps et de la bonne musique, pas de doute, rien ne pouvait venir troubler cette après-midi, songea un vendeur de glace en empochant une jolie liasse de billet tendue par une vingtaine d'adolescents qui annonaîent les paroles de la chanson, de manière un peu approximative. Les plus observateurs auraient repéré les quelques policiers moldus en civil qui patrouillaient pour éviter les débordements et ceux qui avaient encore plus l'oeil auraient pu remarquer les deux personnes qui expliquaient patiemment que non, Madame, ce vêtement n'est pas fait pour sortir chez les moldus. Mais il y avait du bruit, du monde, il faisait chaud, les gens se bousculaient alors les observateurs étaient rares. Quelques personnes étaient montées sur des bancs pour mieux apercevoir la scène, tandis que le guitariste se faisait acclamer après un solo sur la chanson "May Bloody May". Les vacances, c'était vraiment cool, non ? 

HRP : Vous êtes parfaitement libre d'amener qui vous le voulez à ce concert, profitez bien de la musique ;)Et n'ayez pas l'air si méfiant, ce topic est évidemment tout à fait innocent :mrgreen:
Juliet E. BakerSans emploiavatar
Messages : 1968

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Les yeux rivés sur le plafond de sa chambre, Juliet jeta un coup d’œil à son réveil moldu, avant de se redresser, pour se retrouver assise sur le bord de son lit. 14h16. Elle était censée retrouver Ariane dans un quart d’heure. Non, quatorze minutes, précisément. Elle soupira, et maudit intérieurement la fatigue qui l’avait poussé à monter faire une sieste après le déjeuné. Il fallait dire, en même temps, qu’elle n’avait pas beaucoup dormi, la nuit dernière. En effet, elle avait retrouvé sa cousine, et son cousin Louis, pour fêter dignement les dix-neuf ans de ce dernier. Aussi, elle était rentrée assez tard chez elle, et avait été réveillée tôt – bien trop tôt – ce matin par le soleil, qui avait profité du fait qu’elle ait oublié de fermer ses volets pour venir l’embêter dès le matin. Soit, elle avait fini par se lever, manger, se doucher, s’habiller. Aider sa mère pour des tâches ménagères, regarder sa sœur dessiner. Ce n’était qu’ensuite que la fatigue s’était vraiment faîte sentir, et qu’elle était partie se recoucher pour dormir plus d’une heure… Et constater qu’elle était toujours aussi fatiguée. Elle étouffa un bâillement, et se lever dans le but de gagner la salle de bain. Elle n’avait pas intérêt à être en retard, pas cette fois-ci, du moins, à moins de vouloir s’attirer le regard courroucé d’Ariane. Elle se passa le visage sous l’eau, attrapa une brosse pour se démêler les cheveux qu’elle releva ensuite en un chignon haut. Se maquillant légèrement, elle adressa un regard à son reflet, se déclara prête, retourna dans sa chambre, attrapa son sac en bandoulière, et dévala les escaliers qui menait au salon. Elle s’approcha de Leah et lui déposa un baiser sur le haut de crâne, alors que la petite levait la tête vers elle.

« Tu vas où ? »
« A un concert, avec Ariane ? Tu veux venir ? » proposa-t-elle avant d’embrasser une nouvelle fois la joue de sa petite-sœur qui venait de secouer la tête en signe de négation. « A ce soir, Lee. » lança Juliet en s’éloignant. « Maman, j’y vais ! » s’exclama-t-elle ensuite, sur le point de transplaner.
« Ne rentre pas trop tard, je ne suis pas certaine d’être là pour dîner ! » lui recommanda Adriana, s’attirant le regard interrogateur de ses filles, qu’elle évita en se détournant.

La jeune fille haussa les épaules, et se concentra sur l’endroit où elle souhaitait arriver. Une petite ruelle, non loin de l’appartement de sa cousine, à Londres. Quelques instants plus tard, elle avait disparu, pour réapparaître dans cette fameuse ruelle sombre. Elle en sortie rapidement, se dirigea vers l’immeuble de sa cousine. Elle appuya sur l’interphone, et attendit.

« Oui ? » lui répondit la voix si reconnaissable de sa cousine.
« C’est moi, je suis juste en bas ! »
« J’arrive dans deux minutes ! »

S’adossant au mur à côté d’elle, Juliet patienta quelques instants, jusqu’à ce que la porte d’entrée s’ouvre sur Ariane, qui affichait un grand sourire et qui s’empressa de l’embrasser sur la joue. Aussitôt, elles se mirent en marche, la sorcière suivant sa cousine, qui la guidait dans le métro, tout en parlant avec animation du concert qu’elles s’apprêtaient à voir toutes les deux.  Hochant la tête pour approuver ses paroles, Juliet se fit une nouvelle fois la réflexion qu’elle n’aurait jamais cru se rendre à ce genre d’évènement en compagnie d’Ariane, qui était moldue. Parce que certes, elles se rendaient à un concert – rien de bien extraordinaire. Sauf que le groupe était composé de sorciers et était connu dans le monde sorcier. Aussi, lorsque sa cousine lui avait proposé de l’accompagner au concert de Voldy, la Gryffondor était restée quelques secondes stupéfaite, avant de se souvenir que la particularité du groupe était justement que les deux mondes le connaissaient. Elle avait donc accepté avec plaisir de s’y rendre avec elle.

« …J’espère juste que Josh ne sera pas là. » finit par conclure Ariane en fronçant les sourcils, sortant sa cousine de ses pensées.
« Qui ? »
« Josh. Mon ex petit-ami. »
« Vous avez rompu ? » s’étonna-t-elle. « La dernière fois qu’on en a parlé, c’était l’amour fou entre vous, non ? »
« Il y a un mois environ. Je l’ai quitté. C’est bon, j’arrête de tenter ma chance avec les sportifs arrogants. » conclut-elle en levant les yeux au ciel, faisant référence à Ethan, avec qui sa relation avait mal tournée.
« Et… » débuta-t-elle en descendant du métro, avant de se faire interrompre.
« De toute façon Louis a dit que je devrai plutôt me trouver quelqu’un de sérieux. Ça doit pas être pour moi, les sportifs. Plutôt ton truc, non ? » la taquina-t-elle, s’attirant un coup de coude de Juliet. « Même Erwan faisait du foot ! »
« J’avais dix ans ! » rit Juliet. « Et j’ai dû le voir deux fois dans ma vie. »
« Et alors ? J’ai toujours dit que mon amoureux de primaire resterait à jamais l’amour de ma vie… » plaisanta Ariane « Plus sérieusement, moi, je le rencontre quand, ce fameux Jeremy ? »
« Euh… Un jour ? » répondit Juliet en évitant de justesse une Londonienne visiblement très pressée.
« Je n’ai jamais rencontré personne de ton école. » fit-elle remarquer.
« Parce que c’est un internat… » répondit la sorcière en fuyant le regard de sa cousine. « Il y aura peut-être des personnes de mon école aujourd’hui, qui sait. » conclut-elle en haussant les épaules, désireuse de changer de sujet.
« Ce serait cool ! Dis Ju, d’ailleurs, j’en parlais avec ma mère la semaine dernière, tu m’as dit que tu allais dans quelle université prochaine ? »
« Une université à Aberystwyth ! »
« C’est pas tout près de Londres ça… Et tu vas étudier quoi ? »
« C’est hum… Encore assez général, je me spécialiserai plus tard, je pense. » répondit-elle rapidement.   « Et toi, les arts, ça marche toujours ? »
« Ouaip, je commence ma deuxième année l’année prochaine ! « répondit-elle avec un grand sourire. « Mais… Tu n’as toujours pas de projet d’avenir ? Même pas une vague idée de ce que tu aimerais faire ? »

*Si, je veux devenir joueuse de Quidditch professionnelle, c’est un sport dans le monde sorcier, où tu joues sur un balai volant.* fut-elle tentée de répondre. Idée qu’elle éloigna bien rapidement de son esprit, restant silencieuse, tout en haussant une nouvelle fois les épaules.

« Tiens, regarde un chat. » lança-t-elle pitoyablement pour changer de sujet, en lui désignant l’animal du menton. « On dirait celui de mamie lorsque Simon l’approche. » ria-elle.
« C’est vrai ! » approuva-t-elle en hochant la tête. « Quand est-ce qu’il rentre d’Australie, déjà, d’ailleurs ? »
« Mi-août, je crois ! » s’exclama-t-elle, en lâchant un soupir imperceptible. « Bon viens, on s’approche un peu ! » déclara-t-elle en la tirant par le bras pour la faire avancer vers la scène.

Par Merlin, ce n’était pas possible d’avoir une cousine aussi curieuse. D’un côté, elle ne pouvait pas lui en vouloir, car ses questions étaient légitimes. Ariane voulait simplement savoir faire quoi elle se dirigeait. Sauf qu’elle ne pouvait rien dire. Rien. Elle ne pouvait pas lui expliquer qu’elle était spéciale, qu’elle avait des dons, qu’elle était une sorcière, qu’elle avait une baguette magique, qu’elle pouvait lancer des sorts, qu’elle était allée à Poudlard, une école de magie, qu’elle était joueuse de Quidditch, qu’elle voulait passer professionnelle, que son petit-ami pouvait se métamorphoser en Golden Retriever. Elle ne pouvait pas. Et même si c’était difficile, de mentir à toute sa famille, elle le faisait. Parce que c’était le Secret Magique, et parce qu’elle s’y pliait. Tant pis.

Enfin, songea-t-elle en secouant la tête pour chasser ses pensées, ce concert était déjà un événement inespéré. Réunir sorciers et moldus autour de la musique, c’était quelque chose qu’elle n’aurait jamais cru possible. Une nouvelle fois, elle songea qu’elle aurait aimé s’y rendre avec Irving et les Dark Boursoufs. Mais ce n’était pas possible, puisque le jeune homme partait en France avec sa mère. Elle sentit la nostalgie s’emparer d’elle, qu’elle tâcha d’ignorer. C’était qu’il allait lui manquer énormément, son ami ! Adressant un sourire à Ariane qui marchait à ses côtés, elle sautilla quelques instants au rythme de la musique qui commençait. Elle observa autour d’elle, et un sourire se dessina sur son visage. Moldus et sorciers étaient mélangés, complètement. Et pourtant, les paroles étaient sur toutes les lèvres. Elle se détourna, et s’apprêtait à parler à Ariane, lorsque son regard tomba sur deux visages familiers.

« Tiens, eux, par exemple, ce sont deux garçons de mon école. » expliqua-t-elle en se dirigeant vers eux, suivie par sa cousine. « Salut ! » les salua-t-elle avec un grand sourire. « Vous allez bien ? » demanda la jeune fille avant de se tourner vers Ariane. « Ariane, je te présente Théo et Samaël. Les garçons, je vous présente Ariane, ma cousine, du côté de mon père » insista-t-elle, alors que ses lèvres formaient silencieusement le mot « moldue ».

« Bonjour ! Enchantée. » répondit l’artiste en souriant timidement.



Kit par Irving Ship
Théo NottAncien personnageavatar
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Des moldus. Des dizaines, des centaines de moldus, partout autour d'eux ! Des moldus qui parlaient tout seul, la main contre l'oreille, des moldus aux vêtements bariolés et indécents, des moldus mal élevés et bruyants... Oui, Théo Nott fendait une véritable foule de moldus à la suite de Samaël qu'il ne lâchait pas d'une semelle, tout en lâchant des regards effarés autour de lui. Que faisait-il là, par Merlin ? Pourquoi avait-il accepté d'assister au concert de ce groupe hérétique qui trouvait amusant de se nommer "Voldy" et de jouer pour les deux mondes à la fois ? C'était ridicule. Ces gens n'avaient pas la moindre idée ce que pouvait bien dire "Proud to be a Muggleborn", paroles que l'on retrouvait pourtant sur toutes les lèvres. Ils ne savaient même pas qui était Lord Voldemort, et voilà qu'ils acclamaient un groupe qui le caricaturait. Théo n'approuvait pas ce groupe, quand bien même il devait reconnaître sa musicalité et l'aspect très populaire de ses rengaines. Ce type de mélange entre les mondes, que le Ministère aimait tant promouvoir depuis l'élection de ce fou de Fiennes, était dangereux. Ah ! Les gros bonnets du MIM feraient moins les malins le jour où le Secret serait tombé et où la communauté magique internationale demanderait des comptes à l'Angleterre, tandis que les moldus recommenceraient à construire des bûchers... Ils avaient beau jouer les sophistiqués et les civilisés avec leurs smartphones, quoi que ces engins diaboliques puissent être, mais le retour au Moyen-Âge n'était jamais loin. C'était la nature humaine, après tout.

Ces sombres pensées en tête, Théo se raccrochait à chaque vision familière pour éviter de fuir cette abominable foule. Ici, des aurors en civil, là, une femme dont l'habillage dépareillé laissait clairement deviner son origine sorcière... Théo, lui, avait fait un sans-faute vestimentaire, bien sûr. Ce n'était pas parce qu'il était sang-pur qu'il ignorait tout de la culture moldue, au contraire, il avait fait un devoir de se renseigner pour protéger le secret et pour rester digne, même vêtu comme un moldu. En savoir plus sur ce monde lui serait de toute façon essentiel s'il voulait devenir un Oubliator, alors cette petite excursion aurait au moins cet avantage. S'il voulait vivre à Aberystwyth, de toute façon, il faudrait bien qu'il se familiarise avec ce monde... Néanmoins, il ne faisait pas le malin, pour l'instant, dans son t-shirt et son pantalon moldus. Si son père le voyait...

Quand les membres de Voldy montèrent sur scène, acclamés par la foule, Samaël et Théo s'immobilisèrent et se tournèrent vers la scène.

"Je ne sais pas comment tu as fais pour me convaincre de venir", lâcha Théo d'un ton pincé, dardant un regard acide sur la scène. "Cet endroit est insensé, et le taux de moldus y est bien trop élevé à mon goût. Ils sont étranges, ces gens, avec ces longs fils qui pendent de leurs oreilles. Et cette fille avec les cheveux rasés... Aucune féminité ! Et ces choses métalliques dans ses narines, mais quelle idée ! J'aurais du prendre mon appareil photo, tiens, pour montrer ça à Cassandre. Oh, et là, regarde-moi cet enfant qui fait un caprice ! On ne voit pas ça dans notre monde, les enfants sont mieux élevés."

Le jeune homme esquissa un sourire en coin à son petit-ami pour lui indiquer qu'il râlait plus pour la forme qu'autre chose. De toute façon, il avait des chances d'entendre les deux ou trois chansons de Voldy qu'il aimait bien, comme "Kidnap My Heart" - même s'il n'avouerait jamais, même sous la torture, apprécier ce tube - et cela suffirait à améliorer son humeur. Comme le groupe entamait sa première chanson, la foule se resserra quelque peu et Théo profita d'être pressé contre Sam pour glisser sa main dans la sienne, le coeur battant.

"La foule a quand même quelques avantages", murmura-t-il tout bas, de façon à ce que seul Sam l'entende.

Heureusement, Théo aperçut Juliet qui se dirigeait vers eux suffisamment tôt pour ôter sa main de celle du jeune homme. Il adressa un sourire à la jeune femme, avant d'en faire de même pour la demoiselle qui l'accompagnait. Il ne fut pas surpris lorsqu'elle mentionna leur lien de parenté, car Ariane et Juliet se ressemblaient. En revanche, son sourire se crispa sensiblement quand il devina le mot qu'elle mimait avec ses lèvres. "Moldu". Décidément, ils étaient vraiment partout ! Théo oubliait parfois que si Juliet avait une origine Flint, toute une partie de son arbre généalogique était moldu... et il aurait préféré pouvoir continuer à l'oublier, d'ailleurs. Théo n'avait jamais eu de véritable conversation avec une moldue, et ne se sentait pas à l'aise du tout. En apparence, cette Ariane n'avait rien de bien différent avec un sorcier, mais Théo ne pouvait lui parler normalement sans oublier le fait qu'elle était tout bonnement incapable d'opérer la moindre magie. Qu'elle n'avait même pas conscience de l'existence de ce monde, de la véritable nature de sa propre cousine. C'était triste, réalisa-t-il en sentant une certaine pitié l'envahir. Le jeune homme échangea un rapide regard avec Juliet, avant de répondre en pesant ses mots. Il ne s'agissait pas de faire une gaffe involontaire.

"Bonjour, Ariane, heureux de rencontrer la cousine de Juliet."

Qu'est-ce que l'on pouvait bien demander à un moldu ? D'ailleurs, qu'est-ce que cela pouvait bien faire, une moldue de leur âge ? Des études, probablement.

"Alors, hum... Qu'est-ce que tu fais, dans la vie ?", questionna-t-il en passant une main nerveuse dans ses boucles châtain.


Donald McWildeCinquième annéeavatar
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« Dépêche-toi, c'est déjà commencé ! » beugla Donald dans le dos de son oncle Ed.

Ils chevauchaient tous deux une grosse moto rutilante, l'adulte au volant et son neveu cramponné derrière lui. Ce dernier se délectait de cet étrange sentiment d'exaltation qui prenait possession de lui lorsqu'ils prenaient de la vitesse, quand le vent sifflait à ses oreilles et que l'air chaud lui montait au visage par bouffées enivrantes. Par ailleurs, l'oncle Ed avait eu toutes les peines du monde à lui enfiler un casque. Une mesure de sécurité pourtant essentielle mais qui passait pour une bizarrerie chez cet homme si imprudent. Peut-être parce qu'il tenait à ne pas commettre d'impair : le père de Donald avait eu beaucoup de mal à accepter que son rejeton passe quelques jours de vacances chez son beau frère, tout juste sorti de prison ! Ce séjour passé derrière les barreaux avait légèrement terni l'image que le garçon avait de son oncle. Sa conversation sur le sujet avec Silverster, quelques mois plus tôt, l'avait poussé à réfléchir sur son aveuglement à l'égard des mauvais côtés de son modèle. Malgré cela, il adorait toujours son oncle et encore plus sa moto noire.

Ils s'arrêtèrent au coin d'une ruelle ombragée. Le désagréable crissement de pneus du deux-roues étourdit une vieille dame qui somnolait sur le rebord de sa fenêtre et fit grincer des dents un jeune couple enamouré. Donald sauta en bas de l'engin et ricana : l'oncle Ed avait toujours eu un don pour déranger les honnêtes gens.

« Je viendrai te chercher en fin d'après-midi, prévint celui-ci en réceptionnant le casque que Donald lui tendait.
- Tu ne viens pas ? demanda inutilement Donald sans cacher sa déception.
- Non, j'ai des affaires à régler dans le coin, désolé p'tit mec, s'excusa-t-il en remontant ses lunettes de soleil.
- Tu peux me passer des sous ? »

L'oncle Ed, toujours sur sa moto noire, feint de n'avoir pas entendu la dernière question et voulut démarrer, mais sa main cherchant la clef de contact ne rencontra que du vide. Il se tourna vers Donald qui lui offrit un sourire carnassier tout en brandissant l'objet subtilisé. Tout en grommelant, il sortit son portefeuille d'une poche interne de sa veste de cuir et en sortit quelques pièces que le garçon réceptionna avant de lui rendre la clef, tout en attrapant au passage un regard fier de son ancien héros.

« Tu es bien le neveu de ton oncle ! » s'exclama Ed en riant.

Donald joignit son hilarité à celle du motard qui fit vrombir le moteur. La vieille dame à sa fenêtre se réveilla en sursaut alors que son rire se noyait dans la fumée du pot d'échappement qui s'éloignait, jusqu'à être hors de vue. Sacrée fripouille, aurait dit son père. Peu auparavant, Donald aurait défendu l'honneur du frère de sa mère, ébloui par ses exploits de mauvais garçon. Tout comme lui, il voulait montrer au monde ses prouesses, de quoi il était capable, faire ses preuves sans cesse. Sous bien des aspects, il lui ressemblait. L'adulte ne supportait pas de mener une vie tranquille et sans anicroche : il avait besoin de jouer avec le feu, de chercher les problèmes, de braver l'interdit. Il ne respirait que pour l'excitation que le danger lui procurait. À l'identique, l'enfant avait le goût du risque et recherchait constamment l'Aventure. L'oncle était incapable de se fixer, le neveu ne tenait pas en place. Tous deux prenaient tout à la légère, ne faisaient pas attention aux conséquences, profitaient de la vie comme si c'était leur dernier jour sur Terre. Il possédaient la même tendance à tourner les autres en bourrique, ce penchant à faire marcher les gens et des habitudes d'affabulateur. Mais là où son oncle se trompait, c'est qu'il ne serait jamais comme lui. Il ne serait jamais un voleur.

Le Gryffondor déboucha sur le lieu du concert où il se rendait. C'était une aubaine que Voldy se produise durant la courte période où il quittait son Pays de Galles natal pour Londres. Il avait connu ce groupe grâce aux numéros de Rock'n'Sorc que Danny lui avait fait découvrir. Ravi de constater que la musique sorcière ne se limitait pas à Celestina Moldubec et aux Bizzar'Sisters, il s'était donc intéressé de près à leurs chansons, sa préférée étant « Proud to be a Muggleborn » qui lui correspondait particulièrement bien. Il se jeta dans la foule avec la volonté de s'approcher le plus près possible de la scène dans l'espoir d'apercevoir jouer le batteur. Pressé de toutes parts, il avait peine à se faufiler entre les fans en délire. Il bouscula une petite fille au chouchou rose qui renversa sa glace – elle lui disait vaguement quelque chose, elle devait être à Poudlard – et rentra dans un jeune homme à coiffure de punk. Bredouillant vaguement des excuses, il continua son chemin. Il fallait avouer que les conditions étaient loin d'être idéales : il faisait trop chaud et seule la grande roue apportait un peu d'ombre sur l'esplanade. La tête de Donald commençait à chauffer, il allait attraper une insolation ou un coup de soleil, c'était certain. Entre la chaleur et la foule, il étouffait.

Mais le pire dans cette histoire, c'est qu'il y était embarqué tout seul. Encore une fois seul, comme au début de sa troisième année où il n'avait pas d'amis. Après, il avait rencontré Ben, puis fait la connaissance des autres membres de Dark Boursouf. Le petit batteur n'avait pas de nouvelles d'eux. En revanche, il avait appris qu'Irving partait en France, et cette nouvelle le minait. Il était frustré d'avoir eu seulement quelques mois pour passer du temps avec lui. Il allait lui manquer. Il regrettait plus que tout de ne pas pouvoir se rendre à ce concert avec lui.

*Arrête de penser* se dit-il soudain en secouant son visage buriné par le Soleil et ses cheveux en pétard à cause du casque.

Il était à un concert, c'était une trop belle opportunité pour la gâcher. Alors peu importe ses rougeurs et la sueur qui perlait sur son front, peu importe sa tristesse, il se fondit dans la masse, se laissa aller et se mit à chanter. Malgré tout, il aimait cette ambiance, Sorciers et Moldus réunis, applaudissant le solo du guitariste sur la chanson « May Bloody May », il aimait cette unité autour de la musique, il aimait cette diversité chez les spectateurs... Il y avait de tout : t-shirts bariolés à l'effigie de groupes de musique, vêtements légers d'été qui laissaient entrevoir quelques formes féminines pour son plus grand plaisir, ...robes de sorcier ? Sérieusement ? Comment les Sorciers osaient-ils se présenter dans leur tenue de tous les jours ? Où avaient-ils la tête ? Donald n'était pas myope, il avait bien lu sur le prospectus du concert « Tenue moldue exigée » ! Ce n'était pas crédible d'expliquer la présence de ces habits loufoques par l'étrangeté des amateurs de musique, on pouvait apprécier tel style de musique sans pour autant porter des tenues extravagantes. Lui-même était vêtu d'un bermuda et d'un t-shirt : rien de plus ordinaire comme accoutrement pour un jour d'été. Certes, il était né-moldu, mais il trouvait que faire l'effort de s'habiller ainsi, ce n'était pas sorcier – enfin ce n'était pas bien difficile, quoi.

Les mensonges à répétition et les imprudences des Sorciers finiraient un jour où l'autre par mettre la puce à l'oreille. Les Moldus n'étaient peut-être pas très clairvoyants, mais il ne fallait pas exagérer, ils n'étaient pas tous stupides non plus. Se mélanger avec eux, c'était une chose, mais briser le Secret Magique, c'en était une autre. Même s'il prétendait ne pas s'intéresser à la politique, Donald, lui, était contre. Ses idéaux avaient beau rejoindre quelques uns de ceux du MIM, il s'opposait catégoriquement aux actions des Mardoliens et à leur but. D'après lui, l'identité des sorciers devait rester cachée. Briser le Secret Magique, ce serait anéantir des centaines d'années d'efforts pour le conserver. Ce serait provoquer de violentes controverses à travers le monde moldu, en plus de celles qui déchiraient déjà le monde magique. Ce serait courir au désastre. En effet, Donald pouvait compter sur ses doigts les améliorations que ça apporterait à la société, tandis que les conséquences, elles, seraient  incommensurables. Comment les Moldus accepteraient la nouvelle ? Beaucoup prendraient peur ; Donald était né-moldu, donc bien placé pour le savoir. Si son père avait bien réagi, sa mère avait fait une crise de nerfs et était encore persuadée à ce jour que son fils chéri était anormal. D'autres n'en croiraient pas un mot ; les Moldus étaient si doués pour faire correspondre les éléments surnaturels à leur vision de la réalité ! Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Pourtant, au London Eye, tout semblait bien se passer. Moldus et Sorciers chantaient ensemble, pour l'amour de la musique. Mais c'était juste un concert. L'image d'un monde où Moldus et Sorciers marcheraient main dans la main était complètement utopique... Donald se morigéna : ce n'était pas le moment de parler politique et encore moins de réfléchir. Il était en vacances, il écoutait Voldy et il adorait ça. Il sentit monter en lui la douce insouciance de ses jours d'enfance heureux et laissa l'euphorie le gagner. Quand la chanson fut terminée, il se dirigea vers la camionnette d'un marchand de glace. La langue pendante, il contempla le panneau en se demandant quel parfum il allait bien pouvoir prendre et, incapable de se décider, opta finalement pour plusieurs boules.

« Banane-vanille-melon ! claironna-t-il joyeusement à l'homme en tablier en lui tendant les sous de l'oncle Ed, puis il se reprit devant son air désapprobateur : S'il-vous-plait. »

Au moins, une chose était sûre : les glaces moldues étaient aussi bonnes que les glaces sorcières.
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En Laponie. En Islande. Au Pôle Nord. Un endroit bien froid, en tout cas. Depuis quelques semaines, Charlotte rêvait d'y habiter, pour échapper à cette chaleur étouffante, nuit et jour. Son appartement était orienté plein sud et si cette caractéristique lui permettait de ne pas avoir froid l'hiver, elle mourrait de chaud l'été, sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Elle avait le choix entre rester dans le noir pour bloquer les rayons du soleil ou fondre sur son parquet. Le pire étant la nuit, où la température de la pièce, malgré le ventilateur, l'empêchait de trouver le sommeil un long moment. Elle n'aimait pas ouvrir la fenêtre, tout simplement parce qu'elle n'avait pas du tout envie que des insectes - elle détestait les insectes, même à manipuler en potion - rentrent. Oui, elle était Auror, Gryffondor, tout ce qui allait avec mais ne supportait pas les araignées, les mille-pattes - quelle horreur - ou même les papillons qui rentraient dans une pièce et voletaient partout. Elle supportait les papillons de loin et les coccinelles. Pas grand chose de plus. C'était Eliott qui insistait pour ouvrir les fenêtres - c'était ça ou mourir étouffés, aussi - et elle avait fini par céder à condition qu'ils s'occupe d'écraser les moustiques et autres bestioles. Pas de pitié. En plus, elle avait plein de piqures de moustiques, justement, et avait pris un coup de soleil en déjeunant dans le jardin de ses parents. Bref, c'était l'été, c'était chouette. De plus, elle s'était rendu compte qu'elle ne connaissait aucun sort pour alléger un peu la chaleur. Elle avait ressorti ses grimoires de son armoire pour les feuilleter, mais évidemment, rien de bien utile dans "Combattre les Mages Noirs", "Manuel de l'Aspirant Auror", "Les sortilèges de défense" ni même dans "Sortilèges et Enchantements niveau 7" ou "Réussir ses ASPICS de sortilèges". Même dans les manuels de magie quotidienne, il n'y avait rien, que ce soit dans "Sortilèges ménagers" ou bien dans "Votre maison magique". En désespoir de cause, son vieux ventilateur tournait à plein régime et elle avait ressorti son attirail de potion pour faire une lotion pour ses coups de soleil, étant donné que l'apothicaire de Bristol était en rupture de stock, celui d'Edinburgh en vacances et ceux du Chemin de Traverse pratiquaient des prix exorbitants. Rowena bénisse son O en potions aux ASPICS, songea-t-elle. Concocter une potion sur sa gazinière moldue, cela avait au moins le mérite d'être original.

Des coups retentirent à sa porte et elle nettoya son vieux chaudron d'un coup de baguette avant de dissimuler ses fioles sous un torchon, de peur que ce soit un de ses voisins moldu qui venait pour quelque chose. Enfin, elle aurait toujours la présence du chaudron à justifier, réalisa-t-elle soudainement. C'était pour... les confitures. Elle était en train de faire de la confiture. Après tout, personne n'était censé savoir qu'elle ne savait pas comment faire, même si elle croyait se rappeler qu'il fallait mettre autant de sucre que de fruits. Heureusement, ce n'était pas un voisin moldu curieux mais juste Eliott, qui avait passé la nuit ici, qui était repassé chez lui, et qui était revenu pour le concert. Voldy en concert, elle avait l'impression de revenir à ses quinze ans. Elle avait été voir leur concert Londonnien avec Lilly et Harriet, une amie qui était dans leur dortoir - et qui travaillait aux USA - et cela restait à la fois l'un des meilleurs moments de sa vie et l'un des plus gênants. Elles étaient supervisées par son père, qui avait dû supporter pendant tout le trajet des adolescentes hystériques à l'idée de voir leur groupe préféré. Le pire étant qu'il avait également un billet pour les surveiller dans la salle - condition sine qua non pour que leurs parents les laissent y aller - et il avait assisté pendant des heures à un concert sous les cris d'une foule, avant de les reconduire à Oxford - tout ce petit monde dormait chez les Meyer - sous les cris toujours excités et refaisant le concert en long, large et en travers à l'arrière de la voiture. Sans compter la nuit qu'elles avaient passé à discuter, alors que ses parents dormaient - essayaient de dormir - pas très loin. Ce concert avait été génial, être avec autant de fans, avec ses amies et elle avait même tenter d'utiliser ce souvenir pour son Patronus, même si cela n'avait pas marché. Elle utilisait ses retrouvailles avec ses parents à la fin de la guerre, quand elle le devait. Mais même si c'était un souvenir génial, il restait également le moment où elle avait perdu toute crédibilité en jouant les groupies et en perdant toute retenue. Mais Voldy avait été son groupe péféré après la guerre, il y avait des posters dans le dortoir, elle chantonnait leurs chansons tout le temps, en cœur avec Harriet et Lilly, n'écoutait que ça sur la RITM, consultait des magasines de fan derrière son livre d'Histoire de la Magie en cours, faisait des tests idiots et fantasmait sur les membres du groupe, avec Lilly. Le chanteur, le guitariste ou le batteur ? Elle n'arrivait pas à choisir entre les deux premiers, à vrai dire.

Aussi, quand elle avait appris qu'ils se produiraient à Londres aujourd'hui, elle avait sauté sur l'occasion, animée d'une certaine nostalgie. Puis cela serait également l'occasion de passer un peu de temps avec Lilly, étant donné qu'elles faisaient toutes les deux des efforts pour oublier ce qui s'était passé le mois dernier. En théorie, passer un après-midi avec Lilly à écouter le groupe de leur adolescence et à prendre des photos pour les envoyer à Harriet qui ne pouvait pas faire le déplacement, c'était un bon plan. Le problème était que Jensen n'avait rien contre la musique du groupe - même s'il détestait l'émoi qu'il avait provoqué chez les jeunes filles à l'époque, et toujours aujourd’hui, comme tout garçon un peu jaloux qui avait tendance à reluquer les filles  - il avait donc décidé de les accompagner, ne serait-ce que pour leur rappeler leurs cris hystériques d'adolescentes de quinze ans. Dans sa grande générosité - et totale ignorance de ce qui avait pu se passer entre Eliott et Lilly - il avait proposé à ce dernier de les accompagner, pour une sortie à quatre. Et si en temps normal, cela aurait pu être sympathique, Charlotte était juste complètement mal à l'aise à cette idée. Parce que même si elle n'était plus en colère, elle n'avait pas très envie de voir Eliott et Lilly côte à côte et ce serait surtout vraiment étrange vis à vis de Jensen, qui n'était au courant de rien. Sauf qu'elle ne pouvait pas décemment dire non à cette proposition. Eliott était sorti de l'hôpital, elle était en vacances depuis hier matin et encore sur Londres et surtout, Jensen savait très bien qu'elle n'avait rien de prévu vu qu'elle avait dit oui à Lilly avant qu'Eliott ne rentre dans le projet. Ils étaient donc partis pour une après-midi assez délicate. Avec un peu de chance, personne ne parlerait. Ou ils se perdraient dans la foule. C'était de bonnes solutions, tiens, même si complètement lâches et immatures, bien évidemment. Elle avait le droit à une journée d'enfantillage par mois, c'était dans le code des faux adultes, songea-t-elle en adressant un sourire à Eliott, qui se tenait sur le pas de la porte.

- Hey, souffla-t-elle tandis qu'elle se hissait sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Ce garçon était vraiment trop grand. Elle s'apprêtait à l'embrasser une nouvelle fois tandis qu'il glissait ses bras autour de sa taille, mais se ravisa bien vite en sentant une vive brûlure dans le bas de son dos. Même à travers sa robe blanche, c'était vraiment trop douloureux.

- J'ai des coups de soleil, expliqua-t-elle en reculant. Même le matelas me faisait mal, la nuit dernière.  

L'idéal, quand on avait des coups de soleil d'un joli rouge écrevisse qui pourraient faire concurrence au blason de Gryffondor, c'était la lévitation. Aucun contact avec quoi que ce soit. Mais elle avait beau être une sorcière, elle n'allait pas pouvoir s'auto-jeter des Levicorpus en permanence. Elle s'effaça pour laisser passer Eliott, non sans lui déposer un baiser sur la joue au passage, et referma la porte, regrettant le léger courant d'air frais qui s'était installé. Sa porte donnait sur l'escalier, elle ne pouvait pas la laisser ouverte.

- Paré pour ce super après-midi ? interrogea-t-elle avec un léger sourire, tout en faisant léviter son chaudron jusqu'au placard sa chambre.  

Elle lui aurait bien demandé comment il pensait que cela allait se passer avec Lilly, mais elle n'avait pas envie de remettre le sujet sur le tapis, elle n'aimait pas en parler. Elle le verrait bien de toute manière. Et puis c'était terminé, de toute manière, se morigéna-t-elle en attrapant une paire d'espadrilles à talons dans le bas de son armoire. L'affaire était bouclée, oubliée, il n'y avait pas de raison de revenir dessus. Et c'est avec ce genre d'attitudes que Jensen risquait de comprendre qu'il y avait quelque chose de louche et elle n'avait pas très envie que cela arrive. Lilly gérait avec son fiancé, même si elle n'aimait pas trop l'idée de lui cacher des choses, c'était le choix de Lilly et elle n'avait pas à l'outrepasser. C'était assez compliqué, à vrai dire, dès qu'il se passait quelque chose dans le couple de ses meilleurs amis parce qu'elle était partagée entre les deux et elle avait toujours du mal à savoir quelle position adopter, pour être juste envers les deux. Même si elle s'était vite rendue compte qu'être juste envers les deux était quasiment impossible. Là par exemple, elle était injuste avec Jensen étant donné qu'il serait le seul à ne pas savoir ce qui s'était passé, alors qu'ils étaient tous les trois au courant. Mais peut-être que l'après-midi se passerait tout à fait normalement, espéra-t-elle en repassant au salon après avoir récupéré son joli chapeau d'été qui était rangé dans sa commode, un peu écrasé.

- Je suis désolée, je suis en retard, je faisais des potions, lança-t-elle à Eliott tout en fouillant dans le placard de l'entrée pour trouver son sac. L'apothicaire du Chemin de Traverse, celui après Ollivander, il vend ses potions pour les brûlures un Gallion et quinze Noises ! Presque deux Gallions ! Alors que les ingrédients ne te reviennent pas à plus de seize Mornilles, et tu en as plus. Je suis prête dans cinq minutes, promis ! 

Elle finit par mettre la main sur son sac, repassa devant Eliott pour récupérer son portable, qu'elle prenait toujours quand elle sortait dans le monde moldu, mit cinq bonnes minutes à farfouiller pour trouver ses lunettes de soleil, utilisa finalement un Accio, attrapa une bouteille d'eau dans le réfrigérateur, mit un peu de crème solaire sur ses épaules - sinon elle allait brûler, c'était évident, elle avait la peau très claire - essaya de mettre de la potion sur ses coups de soleil, manqua de s'en mettre sur sa robe, finit par demander à Eliott de lui appliquer dans le dos, répondit brièvement à un appel de sa grand-mère, chercha son portefeuille avant de se rendre compte qu'il était dans son sac et fut finalement prête à partir, trente minutes après son "je suis prête dans cinq minutes". Cinq longues minutes, on va dire. Après leur transplanage, ils étaient certes en retard, elle devait l'avouer et le concert avec déjà commencé. Elle reconnut May Bloody May et ne put retenir un sourire - cette chanson était triste mais elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer - en glissant ses doigts dans ceux d'Eliott. Retrouver Lilly et Jensen n'allait pas être facile dans la foule, surtout que son amie n'était pas particulièrement grande... Contrairement à Jensen, qui dépassait le mètre quatre vingt, même s'il était plus petit qu'Eliott. Elle avait toujours dit qu'il était bien trop grand, ce garçon. Elle se dirigea vers eux, naviguant dans la foule - cela n'allait pas aider à avoir moins chaud, ça - et lui tapota l'épaule.

-  On est en retard, désolée ! s'exclama-t-elle en essayant de se faire entendre.
- Tu préparais tes pancartes de groupie et ton t-shirt "Leo, je t'aime" ? interrogea-t-il narquoisement, en faisant référence au chanteur du groupe.
- J'ai voulu t'en prendre un, mais il n'y avait plus ta taille, j'espère que tu sauras gérer la déception !

Il lui adressa un clin d’œil avant de serrer la main d'Eliott, chaleureusement.

- Ça fait un bail ! le salua-t-il. Enfin, un bail que je t'ai pas vu réveillé, je veux dire. Sans vouloir être insultant. Ça va ? Quoi de neuf ? Ça doit faire cinq ans, non ?

Tandis que Jensen parlait avec Eliott, Charlie ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil vers Lilly, en se demandant ce qu'elle pensait à cet instant-là, ce qu'elle ressentait. Ce n'était pas très correct, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle reporta son attention sur la scène, où le groupe entamait "Kidnap my heart", ce qui fit hurler une bande de pré-adolescentes regroupées sur le devant de la scène. La situation arracha un sourire nostalgique et amusé à Charlotte et elle se détourna de ses pensées pour donner un coup de coude de connivence à Lilly. Harriet et elles étaient exactement comme cela il y a moins de dix ans. C'était amusant de retrouver le même genre de personnes en plein centre ville du Londres moldu, comme on avait pu en trouver dans le monde magique il y a quelques années. Voldy était vraiment un groupe fédérateur, qui réunissait moldus et sorciers dans une même assemblée. Voilà qui plairait aux Mardoliens, songea-t-elle malgré elle, une sorte de déformation professionnelle. Ils prônaient ce monde là, où les sorciers et les moldus seraient unis. Mais c'était impossible, les deux mondes ne pourraient pas s'entendre, la culture des différences était trop bien ancrée chez chacun d'eux. Le monde utopique des Mardoliens - et de Mardol, surtout, car elle avait l'impression que c'était un grand idéaliste, de ce qu'elle avait entendu de sa conversation avec Sorden, un idéaliste plus qu'un dangereux terroriste, même s'il restait un criminel - n'existerait jamais. Ce serait une guerre et elle se refusait à prendre parti entre son monde de naissance et son monde d'adoption. Alors oui, le Secret Magique avait des défauts, elle le reconnaissait. Mais c'était la meilleure solution, qui garantissait un équilibre aux sorciers et aux moldus et qui leur permettait de vivre en paix, sans savoir à se confronter les uns aux autres. Les sorciers pouvaient vivre tranquillement chez les moldus, tout en s'épanouissant dans leur culture magique. A ses yeux, c'était cela la clé : que les sorciers connaissent les moldus pour pouvoir profiter de leur monde et cesser de se sentir à l'étroit. Elle-même avait trouvé son équilibre et était bien, comme ça, entre les deux cultures. Après, elle avait la chance d'être une sorcière née-moldue, donc de connaître les deux. Peut-être changerait-elle d'avis si elle tombait amoureuse d'un moldu à qui elle devrait mentir, par exemple. Mais les choses finissaient toujours par trouver un équilibre, même quand des moldus apprenaient l'existence des sorciers. Ils étaient bien comme cela, il n'y avait pas de raisons de changer cela. Elle sortit de ses réflexions en croisant le regard de l'Aspirant de troisième année Wheeler, qui était en train de patrouiller avec son formateur, observant la foule avec attention. Il avait beau être en civil moldu, il pourrait repasser pour la discrétion. Elle nota de lui faire la remarque, si elle avait l'occasion de lui parler. Pour surveiller ce concert, la municipalité avait bien évidemment envoyé des policiers moldus mais la Police Magique et deux binômes d'Aurors étaient également présents, afin de gérer les fans magiques de Voldy. Avec cette sécurité, ils étaient tranquilles, songea-t-elle, amusée.

- Alors, mesdemoiselles, pas de cris hystériques ? interrogea Jensen à la fin de la chanson.
- Et toi ? Je croyais que tu aimais bien le groupe ? répliqua-t-elle, en lui donnant un coup de coude.
- Jouer les groupies, c'est typiquement féminin ! N'est-ce pas Eliott ?
- Hé ! s'insurgea Charlotte devant le sexisme de cette phrase. Approuve ça Eliott et je te jure que je dors sur le canapé.

Elle aurait peut-être moins chaud, en plus.

- Ne brime pas la liberté d'expression de ton petit ami, Meyer.
- Lilly, lança Charlie sans quitter Jensen des yeux, brime donc la liberté d’expression de ton fiancé.
- Nous sommes oppressés ! répondit Jensen d'un air faussement dépité. Enfin, si c'est par toi, Lils, je veux bien, glissa-t-il en baissant la voix, même si Charlotte l'entendit quand même.

Finalement, cet après-midi se déroulait plutôt normalement, constata-t-elle avec satisfaction tandis que le groupe entamait une nouvelle chanson. Il n'y avait rien d'étrange et cela la soulageait, vu qu'elle avait un peu appréhendé ce qui pourrait se passer. Elle s'appuya contre le torse d'Eliott et leva les yeux vers lui pour lui adresser un sourire. Le London Eye projetait leur ombre sur eux et tournait tranquillement, tandis que la foule se dandinait sur une chanson rythmée. Tout s'arrangeait, finalement, et cette sortie à quatre n'avait rien de dérangeant malgré ce qui avait pu se passer. Tant mieux.

- Déjà fait un tour ? demanda-t-elle à Eliott en désignant la grande roue d'un léger signe de tête. On pourrait y aller, après, si tu veux.

Elle avait cru au premier abord que la chanson qui était en train d'être jouée était une nouvelle, mais elle reconnut les paroles au détour d'une phrase.

- Oh, Lilly ! s'exclama-t-elle soudainement. C'est une nouvelle version de "Thinking of you" !

Gossip était la chanson de leur adolescence, qu'elles avaient chanté à tue-tête pendant des années dans tous les couloirs, dès qu'elles entendaient l'air. Dans un geste machinal, irréfléchi, elle glissa son bras sous le sien, ce qu'elle n'avait pas fait depuis des semaines, gardant une certaine retenue sans vraiment s'en rendre compte. Oui, elle avait bien fait de venir à ce concert, vraiment.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Nathalie ParkerMolduavatar
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Elle avait vu ça dans la Gazette du Sorcier, en buvant un café, un matin. Elle avait découpé l’illustration qui montrait l’affiche, et l’avait mis sur le frigo à l’aide d’un aimant. Elle avait tergiversé plusieurs jours, puis avait finalement annoncé à son fils qu’ils allaient aller à un concert tous les deux. Lennon avait été ravi, avait sauté partout, nargué ses copains à l’école, prévenu la voisine…avant de demander, trois jours plus tard ce que c’était exactement, un concert. Nathalie avait rit, et lui avait expliqué. Et puis elle lui avait raconté tous les souvenirs qui étaient liés à ce groupe, les karaokés improvisés avec les copines, la moindre petite pièce mise de côté pour acheter le prochain disque de Voldy, les nuits d’été qu’elle passait avec sa radio dans son lit sous la couette pour ne pas réveiller ses parents… Elle avait dû avoir l’air nostalgique, puisque son fils lui avait ensuite demandé si c’était il y a si longtemps que ça. Répondre que cela faisait environ dix ans lui avait fait tout drôle. Le temps passait si vite ! Cela avait paru être une éternité au petit Lennon, qui avait alors décrété d’un air grave « T’es vieille, Maman ! ». Cela l’avait fait rire, et elle avait répondu qu’elle ne l’était pas tant que ça. Loin de là, même, mais les années passaient tout de même. Revoir ses anciens camarades de Poudlard dernièrement lui avait fichu un coup de vieux. Par Morgane, être nostalgique à vingt-cinq, c’était comique, tout de même ! Qu’est-ce que ce serait dans trente ans ! Dans trente ans, elle serait peut-être grand-mère, songea-t-elle en passant la porte de son appartement et en attrapant la main de son fils après avoir fermé à clé. Ils transplanèrent un peu plus loin. Nathalie avait longtemps eut un peu peur de transplaner avec Lennon, peur de mal faire quelque chose et qu’il se désartibule. Mais il n’était jamais rien arrivé de tel, et elle avait fini par prendre parfaitement confiance en elle. Et puis il fallait reconnaitre que c’était bien pratique.

Lorsqu’ils arrivèrent, et que le petit garçon eut envie de marcher au devant de sa mère, celle-ci le retint.

« Tiens-moi la main, il y a du monde, Lenny, il ne faudrait pas qu’on se perde. »

Il acquiesça et lui prit la main. Par ce temps magnifique, il n’était pas étonnant qu’autant de personnes soient de sortie, surtout lorsqu’un groupe aussi populaire venait jouer. Voir des sorciers ainsi mêlés à des moldus inquiétait quelque peu Nathalie, mais la joie d’être parfaitement à l’aise, de pouvoir être pour une fois dans les deux mondes à la fois, parfaitement à son aise, l’emportait. Elle reconnu par-ci, par-là, des personnes qu’elle connaissait, auxquelles elle adressa un gentil sourire. Oui, elle souriait. Cela promettait d’être une belle journée, agréable et ensoleillée. La musique qui résonnait déjà lui rappelait son adolescence, l’époque où elle était encore un peu insouciante, malgré les épreuves. Elle regarda son fils en souriant, espérant que lui aurait droit d’être insouciant aussi longtemps qu’il le voudrait, que jamais il n’aurait à traverser ce que sa génération à elle avait dû subir. C’était peut-être pour cela, qu’elle avait tellement aimé ce groupe, Voldy. Parce qu’il symbolisait cette génération alors un peu perdue car projetée brutalement dans le monde violent des adultes, parce que c’était des gens qui comprenaient, parce qu’il lui rappelait cette époque, et il lui semblait que ces airs lui avaient rappelé alors, qu’elle avait droit d’être encore un peu insouciante.

« Maman ? Maman ? Maaaaamaaaaan ? »

Lennon la tira de ses pensées.

« Excuse-moi, chéri, je réfléchissais. Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Tu m’écoutais paaas ! On pourra monter dans la grosse roue ? »


« Pourquoi pas…on verra tout à l’heure, d’accord ? »


« Chouette ! »


Nathalie sourit, et ne prit pas la peine de rappeler qu’elle n’avait pas totalement dit oui. Elle avait décidé qu’aujourd’hui était l’occasion d’être, l’espace de quelques heures, à nouveau insouciante, optimiste, joyeuse, et d’humeur enfantine. Si ce n’était pas le cas aujourd’hui, alors quand ?

« Tu veux une glace ? »


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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« Lilly ? Lilly dépêche, je te jure qu’on va finir par être en retard ! »
« C’est de ta faute aussi. » répliqua Lilly en faisant couler l’eau du robinet. « T’as occupé la salle de bain en premier ! »
« Parce que tu ne voulais pas te lever. » fit remarquer Jensen à travers la porte.
« Même. »
« Donc la prochaine fois que je suis censé te traîner sous la douche en pyjama ? »
« Exactement. »
« Ne me tente pas… »

La jeune femme s’essuya la bouche et se termina de se brosser les cheveux, avant de sortir de la salle de bain. Elle se retrouva face-à-face avec son fiancé qui lui sourit malicieusement. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser.

« Tu n’oserais pas. »
« On parie ? Même si j’avoue que ce n’est pas exactement la première pensée qui me vient à l’esprit lorsque tu me dis le mot « douche », m’enfin… »

Elle rit, et l’embrassa une nouvelle fois.

« Allez, on va être en retard, sinon ! »
« Et il ne faudrait pas rater ça, n’est-ce pas ? Voldy en concert ! » s’exclama-t-il en prenant une voix aigue et en sautillant, tentant une imitation féminine, ce qui lui valu un coup de coude de la part de Lilly.

Voir Voldy en concert, c’était comme retomber dans son adolescence. Revenir à ses quinze ans, où elle débâtait avec Charlotte du membre le plus beau du groupe, magasines de fan à l’appui. Revenir au jour où elle était allée voir son groupe préféré avec sa meilleure amie et Harriet. Elle s’en souvenait encore, de ce moment, comme s’il s’était déroulé hier. Elle avait chanté à tue-tête, puis avait prit un plaisir immense à discuter de chaque minute – que dis-je, seconde – du concert en compagnie des deux filles. Rien qu’en y songeant, ça lui donnait le sourire. Alors, lorsque l’occasion s’était présentée de retourner voir Voldy en concert elle avait sauté sur l’occasion, d’autant plus que c’était Charlie qui lui avait proposé, et qu’elle tentait de passer le plus de temps possible avec elle, depuis leur réconciliation, même si elle se doutait que cet après-midi pouvait être particulièrement gênant, lorsqu’on savait qu’elle s’y rendait avec Jensen, et qu’Eliott accompagnerait Charlotte. Or, des quatre, son fiancé était le seul à ne rien savoir sur ce qui s’était passé, quelques semaines plus tôt. Et elle comptait bien que cela continue ainsi, puisqu’elle n’avait aucune envie de lui dire. C’était très égoïste, comme comportement, mais elle ne pouvait se résoudre à lui avouer qu’elle avait embrassé Eliott. Ou qu’elle avait partagé plusieurs nuits avec Adonis Greengrass, mais ça, c’était une autre histoire, un autre secret – qui la rongeait tout autant. Mais tout était terminé, à présent. Elle avait fait des choses dont elle n’était pas fière, des choses qui la rendaient honteuse, mais c’était fini. Elle n’avait plus de pensées déplacées, et Jensen était présent dans les siennes, tout le temps. Elle se surprenait même à parler d’elle-même de son mariage ! Non vraiment, tout était bien, maintenant.

« C’est bon, tu as tout ? Ta pancarte, ton tee-shirt de fan ? » plaisanta-t-il en l’attrapant par la taille pour lui déposer un baiser dans le cou.
« Moque toi encore une fois, et je te fais dormir sur le canapé. »
« Hé ! C’est mon appartement, je te signal. »
« Et je suis ta fiancée, et comme tu n’as absolument pas envie de dormir loin de moi, tu vas arrêter de te moquer… N’est-ce pas ? »
« Hum… » souffla-t-il avant de l’embrasser. « Rêve. »

Elle lui envoya son coude dans les côtes en s’écartant de lui, puis lui saisit la main pour l’entraîner à l’extérieur de l’appartement. Galamment, il lui offrit son bras, sans se départir de son sourire narquois. Elle l’ignora royalement, et transplana. Quelques secondes plus tard, ils étaient à une dizaine de mètres du lieu où se déroulait le concert. Lilly glissa sa main dans celle de son fiancé, et lui adressa un sourire. Ils s’approchèrent de la foule, alors que les membres du groupe Voldy montaient sur scène. Elle se hissa sur la pointe des pieds, prenant appui sur l’épaule de Jensen pour ne pas tomber, et un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle aperçu la scène. Ça lui rappelait tellement de souvenirs ! D’excellents souvenirs, d’ailleurs, songea-t-elle en reposant ses talons à terre – ce que c’était pénible, d’être petite. Elle sentit une main se glisser dans son dos et leva la tête vers Jensen qui lui adressa un sourire.

« Toujours amoureuse du chanteur ? »
« Hum… J’hésite encore avec le guitariste, à vrai dire… » déclara-t-elle très sérieusement, retenant de justesse un sourire lorsqu’elle le vit se renfrogner. « Ne me dis pas tu es jaloux ! »
« N’importe quoi ! »
« Parce que tu n’as pas de raison de l’être, de toute façon. » déclara Lilly – peut-être un peu trop rapidement. Elle glissa un regard vers sa bague de fiançailles, qu’elle avait prit l’habitude de porter tout le temps, à présent. Elle était sa fiancée, et elle l’était complètement, avait-elle décidé, quelques semaines plus tôt.

Pour toute réponse, il l’embrassa, avant de se retourner, se trouvant face-à-face avec Charlotte et Eliott. Les saluant à son tour, Lilly jeta un regard amusé à sa meilleure amie après la remarque de son fiancé. Il fallait dire que, à quinze ans, elles étaient des groupies affirmées de Voldy. Mais elles avaient grandi à présent, enfin ! Un peu du moins. Elle observa avec un mélange de crainte et d’appréhension Eliott et Jensen parler, avant de s’intimer intérieurement de se détendre. Tout allait bien se passer. Ce baiser, c’était de l’histoire ancienne. Elle s’était réconciliée avec Charlie, et sa relation avec Jensen s’améliorait de jour en jour, après avoir connu quelques moments difficiles. Elle retrouvait leur complicité d’avant, et elle aimait ça, réellement. Ça lui plaisait, de retrouver son fiancé, son meilleur ami, l’homme qui la connaissait depuis ses onze ans. Plongée dans ses pensées, ce fut les premières notes de « Kidnap my heart » qui la fit en sortir, et elle adressa un Charlotte un regard complice. Elle se souvenait de cette chanson, pour avoir été une des adolescentes qui défaillaient et hurlaient à son entente, comme faisaient celles qui étaient regroupées vers le devant de la scène. Mais quelle groupie elle avait été, songea-t-elle une nouvelle fois, en balayant le lieu où il se trouvait du regard. Une femme vêtue d’une robe de sorcière retint son attention, et elle fronça les sourcils, tandis qu’elle la suivait des yeux. Si on avait prié les sorciers de se vêtir comme les moldus, c’était qu’il y avait une raison, par Merlin ! Et en tant qu’Oubliator, elle sentait une alerte de mettre en marche dans son esprit. Enfin, pensa-t-elle en détournant les yeux de cette femme qui avait disparu dans la foule, les sorciers étaient peut-être assez intelligents pour ne pas se montrer au grand jour aux Moldus, du moins, l’espérait-elle…  Elle reporta son attention sur ses amis, qui se chamaillaient gentiment sur une remarque – assez sexiste, elle l’avouait – de Jensen.

« Typiquement féminin, hum ? Attend, rappelle moi qui sautillait partout lorsqu’on est allés voir les Bizarr’Sisters en concert ? » demanda-t-elle avant un sourire innocent. « Groupie... » souffla-t-elle en riant avant de lui voler un baiser.
« Qu’est-ce que je disais, oppressés et humiliés… » grommela-t-il.
« Tiens, faire mon entrée sur « Kidnap my heart » pour le mariage, ça me semble être une bonne idée, t’en penses quoi, Charlie ? » continua-t-elle, imperturbable aux ronchonnements de son fiancé.

Elle lui adressa un sourire amusé, avant de reporter son attention sur la scène, ou le groupe entamait une nouvelle chanson, plus rythmée. Elle soupira de bien-être. Tout se déroulait bien, pour l’instant, et elle comptait bien que cela continue tout au long de la journée. L’exclamation de Charlie la tira de ses pensées, et elle écouta avant attention la chanson que Voldy venait de débuter.

« Oh mais oui ! » s’exclama-t-elle à son tour, avant de chanter les paroles. Le contact avec Charlotte lui arracha un sourire et elle se détendit complètement. Tournant la tête vers elle, elle demanda :

« Tu te souviens, lorsqu’on la chantait dix fois par jour, minimum ? Je crois que même Harriet n’en pouvait plus… Elle préférait May Bloody May, de toute façon. » ajouta Lilly – assez inutilement, elle devait l’avouer. « Je lui ai promis de lui envoyer des photos, d’ailleurs ! »

Sauf qu’elle n’avait pas pris son appareil, songea-t-elle en lançant un regard paniqué vers Jensen, qui lui sourit tendrement avant de tapoter sa poche de jean, pour lui montrer qu’il y avait pensé.

« Qu’est-ce que tu ferais sans moi… » soupira-t-il en secouant la tête.
« Heureusement tu es là ! » concéda-t-elle en riant, et en réceptionnant l’appareil qu’il lui lançait.

Cette journée s’annonçait prometteuse.  


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Samaël SmithAncien personnageavatar
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Samaël fendait la foule rassemblée devant la scène qui allait bientôt accueillir les "Voldy", il avait réussi, il ne savait par quel miracle à convaincre Théo de l'accompagner malheureusement, il n'arrivait pas à décider si c'était ou non une bonne idée. Le jeune ne faisait que ronchonnait depuis qu'ils étaient parti, au début c'était à cause du nom du groupe et maintenant qu'il faisait face à la scène et que le concert allait bientôt démarrer, son petit-ami était désormais en train de geindre à propos du taux de moldus présent, beaucoup trop élevé à son goût visiblement. Sam se contenta de soupirer en restant silencieux. Il lui lança alors un sourire légèrement narquois alors qu'il critiquait le manque d'éducation des moldus.

"Et qu'est-ce qui te fait dire que c'est un moldu ? Il y des chances que ce soit un sorcier puisque le groupe est mixte. Et puis, t'es bien placé pour parler tiens. T'es pas en train de nous faire un caprice pour rentrer là par hasard ?"

Il lui fit un léger sourire compréhensif pour atténuer la réprimande mais Théo pouvait se montrer assez pénible quand il commençait à râler et même si la remarque était faite avec une petite pointe d'humour pour mieux faire passer la pilule ça n'en restait pas moins, une remarque. Son sourire s'agrandit lorsque pressé contre Théo à cause de la foule, il sentit la main du jeune homme se glisser dans la sienne. Oui la foule avait des avantages, il pressa la main son petit-ami dans la sienne et plongea son regard dans le sien, il sentit alors Théo retirer vivement sa main de la sienne. Sam tourna la tête dans la direction où regardait son amant et aperçut Juliet et une jeune fille qui lui ressemblait vraiment beaucoup qui approchaient dans leur direction.

Il adressa un sourire éclatant aux deux jeunes filles alors que Juliet les saluait et leur présentait sa cousine Ariane. Il adressa un sourire à cette dernière et lui rendit son salut à la suite de Théo qui lui demandait ce qu'elle faisait dans la vie. Il se tourna alors vers Juliet et la serra contre lui.

"Ju d'amour ! Tu commençais à me manquer choupie. Alors qu'est-ce que tu fais de tes vacances ?"

Et ses paroles étaient tout à fait justes, il venait juste de remarquer que Juliet lui avait effectivement manqué, il se demandait d'ailleurs s'ils allaient continuer à se voir comme à Poudlard lorsqu'ils seraient à Aber. D'ailleurs, il se demandait bien si la jeune fille avait trouvé où se loger pour l'année prochaine parce que lui, il séchait encore un peu et surtout, il allait falloir qu'il trouve rapidement, très rapidement s'il voulait pouvoir partir en vacances tranquillement avec Théo, c'était toujours mieux de partir l'esprit tranquille non ?

" Et comment vas-tu ? Tu as trouvé où te loger pour septembre ?"

Il posa son regard sur Juliet alors que les premières notes du concert commençait, il murmura les premières paroles en coeur avec le public et se tourna à nouveau vers son amie en souriant. Il jeta un coup d’œil à Théo au passage qui ne semblait pas si traumatisé que ça d'avoir dû parler à une moldue. On se faisait à tout après tout.




Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Il faisait décidément plus frais dans l'East End qu'à Dalston, songea Eliott en poussant la porte de son immeuble pour entrer dans le hall où la température, à défaut d'être agréable, était au moins supportable. Il fallait bien que ce quartier ait des avantages -outre le fait que le taux de criminalité assez élevé fasse baisser les loyers. Il allait s'installer ici, dans la cage d'escalier. C'était le seul endroit où l'on ne mourrait pas de chaud. Enfin, tant qu’on n’avait pas eu à grimper cinq étages, parce qu'à l'arrivé c'était une autre histoire. C'était étonnant que personne ne soit encore mort, liquéfié. Il se demandait comment faisait les gens qui habitaient au sixième et dernier étage, lui-même aurait été incapable de monter une marche de plus. Il lança un "Salut" en entrant dans l'appartement mais n'obtint aucune réponse, signe que Dylan était sortie. Il prit rapidement une douche -presque glacée- avant d'enfiler un jean et un t-shirt. Il attrapa son portefeuille, ses clés, une paire de lunettes de soleil et balaya rapidement l'appartement du regard au cas où il aurait oublié quelque chose. Il y avait bien un tas de paperasse qui le narguait depuis la table de la cuisine mais il était hors de question qu'il s'en occupe maintenant. Il attrapa un magazine de Dylan qui trainait sur la canapé et le lança sur la table par-dessus le petit tas d'enveloppes. Parce que oui il était un fervent adepte du "si on ne voit plus un problème c'est qu'il n'existe plus". Un véritable mode de vie.

Une ruelle déserte et quelques secondes plus tard il avait transplané près de chez Charlotte, chez qui il avait passé la nuit. il était simplement retourner chez lui pour se changer avant d'aller voir Voldy en concert avec la jeune femme, ainsi qu'avec Lilly et Jensen. Il avait beau se dire qu'ils allaient sans doute passer un bon moment, ce rendez-vous à quatre ne l'enchantait pas tant que ça. Il n'était pas certain d'avoir envie de se retrouver à Lilly, même s'il avait bon espoir que le malaise se dissipe vite -après tout c'était de l'histoire ancienne maintenant. Mais c'était surtout de devoir agir comme si rien ne s'était passé devant Jensen qui le mettait mal à l'aise. Il serait le seul à ne pas savoir, alors que les trois autres étaient au courant, s'étaient expliqué, avaient tourné la page, et Eliott trouvait plutôt dérangeant à vrai dire. Il appréhendait donc un peu ces retrouvailles, malgré lui. Il frappa quelques coups à la porte de l'appartement de Charlotte et celle-ci lui ouvrit un instant plus tard. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, baiser qu'il voulut lui rendre après qu'elle ait refermé la porte derrière lui, mais la jeune femme recula quand il glissa ses bras dans son dos.

"Oh, désolé... grimaça-t-il quand elle lui expliqua qu'elle avait des coups de soleil. Paré !" répondit-il avec un sourire un peu forcé quand elle lui demanda s'il était prêt pour leur super après-midi.

Charlotte avait raison, ils allaient passer une bonne après-midi, peu importe ce qui avait pu se passer avec Lily. Les deux meilleures amies s'étaient réconcilié, tout le monde avait oublié cette histoire, tout irait bien. Et puis, Voldy en concert, ça leur rappellerait leur jeunesse. Par merlin, il parlait comme un vieillard de soixante ans. Disons que ça leur rappellerait leurs années Poudlard. Il n'avait jamais été voir le groupe en concert lors de leur apogée il y a une dizaine d'année, mais Charlotte lui avait raconté qu'elle avait vu leur concert à Londres avec Harriet et Lilly, ça leur rappellerait de bons souvenirs. Lui avait, comme tous les garçons, un peu détesté Voldy, tout en écoutant leurs chansons en boucle quand même. Le groupe avait provoqué de véritables émois chez toutes les sorcières âgées de dix à cinquante ans et toutes les filles de Poudlard étaient amoureuses du chanteur et du guitariste, avec qui ils avaient bien du mal à rivaliser, eux, pauvres adolescents de quinze ans. Mais une fois la jalousie mise de côté, il devait reconnaitre qu'il avait une certaine admiration pour ce groupe qui avait réuni moldus et sorciers grâce à la musique, sans jamais menacé le secret magique. Une belle réussite.

Eliott s'était vite intéressé à la musique moldue, en partie conseillé par Jensen d'ailleurs. Il avait passé des heures entières à découvrir les intégrales de groupes mythiques comme les Beatles ou les Rollings Stones. Il avait écumé les boutiques de disques à la recherche de vinyles, qu'il pouvait lire sur le tourne-disque du salon, ce qui énervait son père au plus haut point. Un peu avant ses dix-sept ans il avait même fait le mur et transplané à Londres -sans permis, évidement- pour voir un concert de Judas Priest. Il avait adoré l'ambiance du concert, la musique, le fait d'enfreindre toutes les règles, aussi. Autant dire qu'il avait pris un sacré savon en rentrant, et depuis ce jour la porte du manoir des Warlock était équipée d'une très bonne alarme magique. Eliott s'extirpa de ses souvenirs d'adolescence et reporta son attention sur Charlotte, remarquant avec surprise que celle-ci faisait léviter un chaudron, ce qui lui fit hausser les sourcils. La jeune femme lui expliqua qu'elle faisait des potions pour ces coups de soleil puisque l'apothicaire du chemin de traverse vendait les siennes une fortune.

"Tu aurais dû me le dire, je t'aurais acheté de la crème solaire en venant", répondit-il alors qu'elle rangeait son chaudron dans un placard.

Charlotte lui promis qu'elle serait prête dans cinq minutes et il s'adossa contre le mur avec un sourire amusé, persuadé qu'il lui faudrait bien plus de temps que ça pour être prête. Il observa, sans se départir de son sourire, la jeune femme enchainé les allers retours à travers son appartement à le recherche de son sac, son chapeau et ses lunettes de soleil. Elle finit par s'arrêter pour lui demander de lui étaler sa lotion dans le dos et il s'exécuta en s'efforçant de ne pas tâcher sa robe blanche -qui lui allait particulièrement bien d'ailleurs- et en essayant de ne pas trop appuyer sur ses coups de soleil. Il termina par ses épaules et en profita pour déposer quelques baisers au creux de son cou avant de la laisser reprendre sa course folle à la recherche de son téléphone, qu'elle finit par trouver juste à temps pour discuter quelques minutes avec sa grand-mère. Elle fut finalement prête une bonne demi-heure après qu'elle soit arrivé.

"Cinq minutes hein..."lança-t-il avec un sourire moqueur en ouvrant la porte pour quitter l'appartement.

Ils transplanèrent et ne tardèrent pas à se retrouver non loin de l'esplanade où avait lieu le concert -au pied du London Eye- et où s'amassait déjà quelques centaines de personnes. Ils se frayèrent tant bien que mal un chemin parmi la foule, et il dut plusieurs fois se retenir de rire en reconnaissant des sorciers vêtus de vêtements féminins ou de pyjama. Heureusement qu'ils étaient à un concert de rock. Les moldus étaient eux-mêmes habillés de façon suffisamment étrange -on n'avait pas idée d'accrocher autant de chaines à un pantalon ou de porter un bob si laid- pour ne pas remarquer ces drôles d'accoutrements. Le Charlotte finit par repérer Jensen dans la foule en Eliott la suivit jusqu'à leurs deux anciens camarade, qui accueillirent la jeune femme en se moquant gentiment de son ancien caractère de groupie. Il serra chaleureusement la main que Jensen lui tendait en répondant au sourire de son ancien camarade. C'était étrange, de le revoir après tant d'années sans se donner de nouvelles.

"Cinq ans, c'est ça. En pleine forme, j'essaie de survivre à cette chaleur, et toi ?"

Finalement il s'en sortait plutôt bien. Il arrivait à discuter normalement avec son ancien camarade, et même à le regarder dans les yeux, sans penser sans cesse au fait que lui et la fiancé de ce dernier s'étaient embrassé. Il n'était pas certain que ce soit une bonne chose, en fait, d'être capable d'occulter toute culpabilité et de mentir de la sorte, mais pour le moment ça sauvait la situation, alors tant mieux. Ils n'eurent pas le loisir de poursuivre longtemps cette conversation de toute manière puisque les premières notes de "Kidnap my heart" -oui bon, il connaissait quand même tous les titres des chansons- résonnèrent, provoquant des hurlements hystériques de tous les côtés. Lilly et Charlotte conservèrent toutefois toute leur retenue, ce que ne manqua pas de faire remarquer Jensen à la fin de la chanson, ajoutant que c'était typiquement féminin de jouer les groupies.

"Toute seule au milieu des moustiques et autres papillons ? répondit-il avec un sourire amusé quand Charlie menaça de dormir sur le canapé s'il approuvait les propos de Jensen. Un jour nous serons des elfes libres, ajouta-t-il à l'intention de Jensen qui se plaignait d'être opprimé. Si ces demoiselles le veulent bien."

Une nouvelle chanson démarra, coupant de nouveau court à la discussion. Eliott déposa un baiser sur les cheveux de Charlotte, qui s'était appuyé contre son torse, et profita de la musique. La jeune femme avait raison, ils allaient passer une bonne après-midi. Il avait craint que la situation ne soit pensante, la gêne palpable et eux mal à l'aise, mais tout se passait bien.

"Avec plaisir !" répondit-il quand Charlotte lui proposa d'aller faire un tour de grande-roue un peu plus tard.

Il habitait Londres depuis bientôt trois ans et il n'avait jamais pris le temps d'aller faire un tour du London Eye, il serait temps de remédier à ça. Il rendit son sourire à sa petite amie et se laissa emporter par la musique. Il avait réellement l'impression de retrouver ses seize ans, à profiter ainsi d'un concert de Voldy avec ses anciens camarades. Il n'était visiblement pas le seul à avoir régressé de quelques années puisque Lilly et Charlotte se mirent à entonner ce qui avait visiblement été une de leur chanson préféré.

"Qu'est-ce qu'on disait ? De vrais groupies..." lança-t-il avec un éclat de rire en lançant un regard amusé à Jensen.



Zoé ZonkoTroisième annéeavatar
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"Allez Zoé, souris !"



Zoé était dans le métro londonien, et elle faisait la tête.  Son frère,  Ulysse, essayait de la faire sourire, en faisant l’imbécile. Il faisait des grimaces ridicules. Les gens le regardait comme si c’était un attardé mentale et disait en grommelant :

"Maudit garnement."


Une vieille femme avait dit :

"Ah, la jeunesse de nos jours, elle n’a plus aucune éducation !"


Bref, son frère lui faisait honte, elle avait donc arrêté de bouder un instant et avait dit :

"Ulysse, on peut sortir stp. On finira à pieds."


Il avait dit :

"Oui, mais à condition que tu me fasses à un gros sourire."

Zoé avait fait un sourire qui ressemblait plus à une grimace qu’a un sourire mais son frère s’en était contenté. Et ils étaient descendus du métro.
Ulysse avait tenté de faire la conversation en marchant vers le London Eye.

"Tu devrais être contente, tu verras peut-être tes amis de Poudlard."


"Mouais"
, avait répondu Zoé.

"Athéna  Zoé Zonko, arrête de …"


"Ne m’appelle pas Athéna, je déteste ce prénom, c’est Zoé !"
Avait  t’elle dit en colère.

"Holà, Zen, c’est bon ! Je t’appellerai plus comme ça. Mais j’ai enfin eu une réaction de ta part. De toute manière, tu n’a pas le choix, c’est  Papa et Maman qui m’ont dit de t’emmener à ce concert ! Ils veulent qu’on tisse des liens de frère et sœur, et que tu te sociabilise un peu. Est-que tu as des amis ici que je sache et les livres ne comptent pas des amis."
"Non'', avait t’elle grommelé.

"Tu vois, tu n’en as pas ! Et c’est aussi moi qui t’accompagnerait chercher tes livres au chemin de traverse."

Cette nouvelle mit Zoé d’encore plus mauvaise humeur.

"Est- que tu as des amis à Poudlard ? A mon avis, ça m’étonnerait ! Je te connais, insociable comme tu aies."


Zoé se fit un malin plaisir à lui clouer le bec !

"Oui, j’en aie !"

Et là, Ulysse restât bouche bée et Zoé savoura une petite minute de plaisir.

"C’est bien, c’est bien", dit-il devant le sourire de Zoé. "Voila un vrai sourire au moins!"

Certes, elle n’aimait pas les sortie avec son frère, mais elle serait bien obligeait alors autan si faire.
Ils arrivèrent enfin et c’était bondé. Toute à coup, Zoé vit un marchand de glace. Elle demanda :

"Je peux avoir une glace stp ?"

"Oui, bien sur, j’en prendrais une aussi."

Ils s’avancèrent jusqu’au marchand, Zoé demanda une glace au chocolat tandis que Ulysse, une à la fraise. Puis Ulysse paya avec l’argent que ses parents lui avait donnée le matin même. Puis quelqu’un bouscula Ulysse et il renversa la glace sur son t-shirt noir ou maintenant s’étalait une trainée rose. Zoé ne put empêché de rire.

"Très drôle, sœurette. Dommage que je ne puisse utiliser la magie entourée de tout ces moldus. Bon Zoé, je vais au toilette pour me nettoyé, tu ne bouge pas en mon absence, c’est compris ? Tu es sous ma responsabilité et si te je te perds, Papa et Maman vont me tuer ! C’est compris ? Tu reste là !"

"Oui, c’est compris ! Et je suis plus un bébé, je te rappelle ! J’ai presque 12 ans, enfin c’est demain ! avait-elle dit quand son frère commençait à partir."
Puis elle commençait à manger sa glace. Et elle était délicieuse !


NarrateurNarrateuravatar
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Il y avait du monde partout. L'esplanade était remplie, tous les bancs étaient occupés, certaines personnes avaient même renoncé à avoir un siège et s'étaient installées par terre, comme pour un grand pique-nique. Le London Eye était également plein et tournait lentement, laissant ses passagers profiter de la vue sur la Tamise ou sur la ville, apercevant des monuments comme Big Ben et ayant une vue plongeante sur les docks et sur les bateaux qui transportaient des touristes au gré du fleuve. Il y avait même du monde dans les petites ruelles avoisinantes, c'était dire. D'ailleurs, c'était des gens qui ne semblaient pas dans le même état d'esprit que le reste de l'esplanade. Oh, évidemment, tous les gens qui étaient là pour assister au concert ne vivaient pas ces minutes dans la joie et la bonne humeur, il y avait des exceptions. Comme ce couple, près du marchand de glaces, qui était en pleine crise de ménage. Monsieur avait même balancé son sorbet à la framboise de rage et la crème glacée était en train de fondre lentement sur le béton, sous les yeux réprobateurs d'un petit garçon qui aurait bien aimé en avoir une, de glace. Même qu'il ne l'aurait jamais lancée par terre, lui. La demoiselle du couple semblait bouillir de rage tandis que monsieur était en train de hurler, visiblement quelque peu irrité par un certain Ken. Et puis en dehors de ce couple, il y avait cette petite fille aux tresses blondes qui cherchait désespérément son père dans la foule, des trémolos dans la voix et des larmes aux yeux au fur et à mesure qu'elle paniquait, cette dame qui fusillait ses enfants du regard avec l'air de quelqu'un qui regrette fermement une décision - les avoir emmené au concert ou les avoir mis au monde, au choix - ce garçon à l'air complètement déprimé, le regard dans la vide, hochant la tête pour suivre le rythme d'un air approximatif, cette fille qui venait tout juste de recevoir un SMS de rupture composé en tout et pour tout de trois mots - quel goujat -, ce garçon qui venait d'apercevoir son ancienne copine - c'est à dire il y a trois jours et deux heures - au bras d'un autre ou encore Madame avec son bob qui incendiait dans sa tête ses partenaires de London Eye, deux enfants braillards qui collaient leurs nez aux vitres.

Quoi qu'il en soit, tout le monde n'était pas dans le même état d'esprit même si l'ambiance restait festive, légère, joyeuse. Une jolie journée d'été ensoleillée, de la musique, il fallait voir le bon coté des choses. C'était du moins ce que venait de se dire un élégant vieux monsieur moldu au bras de sa femme - cinquante ans de mariage aujourd'hui - alors qu'il venait de se faire percuter par un monsieur à l'air sombre qui s'était empressé de s'enfoncer dans l'ombre d'une des ruelles, sans même s'excuser. Les jeunes de nos jours ! Sauf qu'il n'était plus si jeune, le monsieur pressé, il devait bien avoir la quarantaine. Il avait rejoint un groupe un peu hétéroclite de personnes, qui discutaient à voix basse, serrant dans leurs mains des baguettes magiques. Si les gens qui étaient dans le London Eye avaient fait attention, ils auraient pu remarquer plusieurs groupes ainsi postés dans les ruelles qui entouraient l'esplanade. Il y en avait même dans les docks, toujours avec le même air concentré et de l'autre coté de la rive, fixant le London Eye, yeux plissés et air concentré. Ces gens là n'avaient pas l'air dans l'ambiance du concert. Peut-être qu'ils n'étaient pas des fans de Voldy. Cela arrivait, aussi. Certains étaient en train de désigner des points du London Eye du bout de l'index, avant de se pencher de nouveau les uns vers les autres. Quelqu'un d'un peu paranoïaque aurait dit qu'ils avaient l'air louche et qu'ils étaient sûrement en train de préparer un mauvais coup. Mais quels sorciers voudraient organiser un mauvais coup devant toute une assemblée de sorciers et des moldus réunis dans la joie et la bonne humeur, en plein cœur du monde moldu alors qu'ils sont en surnombre par rapport aux Aurors et à la Police Magique ? On se le demande, franchement. Il était évident que cet endroit et ce moment n'étaient évidemment pas le moment parfait pour une attaque Mardolienne. C'était juste des sorciers à l'air louche avec des baguettes magiques à la main qui conspiraient dans une ruelle plongée dans l'ombre en fixant d'un œil mauvais l'un des symboles de Londres, avec des centaines de moldus qui pourraient le voir, sans oublier les personnes de toutes les nationalités qui faisaient un tour dedans. Rien de louche là-dedans, c'était une jolie journée ensoleillée et tranquille.

Big Ben sonna non loin, ce qui fit sursauter l'un des sorciers dans la ruelle. Il échangea un regard avec l'un de ses collègues et leva lentement sa baguette magique pour la pointer vers le London Eye. Lancer un sortilège n'était pas un exercice facile, tous les sorciers l'apprenaient dès le début de leur apprentissage de la magie. Il fallait se concentrer, connaître la formule, le bon mouvement et d'autres détails pour obtenir une réussite parfaite. Évidemment, il y avait des sortilèges plus difficiles que d'autres. Et des sorciers plus doués que d'autres, également. Parmi ces charmes difficiles, il y avait le sortilège de Désillusion. Très pratique pour camoufler quelqu'un. Ou quelque chose. A Poudlard, l'une des plus grandes écoles de sorcellerie au monde, tous les Britanniques le disaient, ce sortilège s'apprenait en sixième année. Il devenait rapidement le meilleur ami de ceux qui aimaient les petites escapades nocturnes, surtout quand Argus Rusard - qui ne pouvait jeter d'Hominium Revelio - était là. Même les élèves les plus récalcitrants aimaient ce sortilège, qui leur permettait de se livrer à quelques infractions au règlement. Que celui qui n'avait jamais rejoint ses petits camarades d'une autre maison après le couvre-feu jette le premier sort ! Alors comme tout le monde ne pouvait pas avoir de cape d'invisibilité - comme un certain héros de guerre qui ne sera pas cité aussi - de nombreux sorciers connaissaient le sortilège de Désillusion. Ce n'était pas un charme facile et plus l'objet sur lequel on souhaitait l'appliquer était gros, plus difficile était la tâche. Autant dire que pour Désillusionner quelque chose d'aussi gros que le London Eye, les Mardoliens avaient dû battre le rappel des troupes. Des sorciers de tout âge et de toutes professions se retrouvaient réunis par un seul objectif : faire tomber le Secret Magique. Et quoi de mieux que de faire disparaître temporairement une grande roue géante en plein cœur de Londres ? L'opération était prévue depuis des mois et ce concert mêlant moldu et sorciers était la meilleure occasion que l'on puisse espérer pour enfin réunir les deux mondes. Il avait fallu étudier le London Eye de près, trouver combien de sorciers il faudrait pour arriver à faire disparaître toute la grande roue, quelle puissance donner au sortilège. Les points où seraient placés les Mardoliens avaient été choisis méticuleusement. Ils devaient être en dehors de la foule pour pouvoir lancer leur sort tranquillement et assez loin de la Police Magique et des Aurors pour pouvoir transplaner rapidement. Tout avait été choisi méticuleusement, tout était réglé à la seconde près : cela devait être parfait et il ne devait y avoir aucune bavure. Mardol avait orchestré cela comme un véritable petit chef d'orchestre pour la grande représentation.

De leur coté, la Police Magique et les Aurors avaient bien évidemment placé des effectifs pour surveiller la foule et éviter tout débordement. Le Commandant Mario Casablanca n'était pas idiot, il savait très bien que ce concert était un évènement à risque, surtout avec les Mardoliens, c'est pourquoi des Aurors étaient là, alors que d'habitude, pour ce genre de manifestation, seule la Police Magique était présente. Il y avait également des membres du Ministère chargés d'expliquer leurs erreurs aux sorciers présents, afin d'éviter que les moldus ne remarquent trop de choses étranges. Et pour le moment, cela se passait plutôt bien. La Police Magique était habituée à surveiller ce genre de foule et patrouillait tranquillement, en civil. Après tout, toutes les mesures de sécurité avaient été prises. Quant aux Aurors, ils avaient estimé que c'était tout de même un bon entrainement pour leurs Aspirants et beaucoup d'entre eux étaient présents aujourd'hui, surveillant la foule avec plus ou moins de discrétion. Et oui, la subtilité n'était pas innée pour tout le monde. Même pour la Police Magique, qui était entrainée à cela, ce n'était pas très facile à surveiller, comme endroit. Il y avait du monde dont beaucoup de moldus, ce qui les empêchaient de communiquer par Patronus entre eux. Et puis ils ne pouvaient pas avoir leur baguette magique en évidence, ce qui n'était pas très pratique s'ils devaient intervenir en cas d'urgence. Pour le moment, leur seul souci avait été un sorcier complètement soûl qui avait tenu à débattre avec de jeunes moldus sur la qualité du gardien de l'équipe de Quidditch des Canons de Chudley et il n'avait pas été très difficile à coffrer. Même pas besoin d'appeler les Oubliators, le sorcier était tellement soûl que la bande de jeune avait mis ça sur le compte de l'alcool. Quoi qu'il en soit, les forces de l'ordre magique était plutôt tranquilles en cet après-midi, allant même jusqu'à s'accorder le luxe de se tourner un peu vers la scène, sans pour autant relâcher leur attention.

Et pourtant, elles n'auraient jamais pu s'attendre à ce qui allait arriver. Peu importe toutes les réunions de services, la préparation, les entrainements, les années d'expériences, leur formation. Le Commandant des Aurors et le Commandant de la Police Magique avait envisagé une attaque Mardolienne, Fiennes et Dalnox aussi, et ils avaient agi en conséquences en placant des Aurors sur place. Mais rien de toutes ces précautions, de toutes ces anticipations n'avait pu empêcher ce qui était en train de se dérouler devant leurs yeux. Y'avait-il eu des erreurs ? demandera la presse le lendemain. Il y aura des reproches, des questionnements. Pourquoi les forces de l'ordre n'étaient pas plus nombreuses ? Pourquoi les Aurors n'ont-il pas pu arrêter les Mardoliens ? Pourquoi toutes les forces du Ministère n'étaient pas mobilisées ? Quoi qu'il en soit, peu importe les potentiels erreurs, c'était en train d'arriver. Devant les yeux ébahis de toutes les personnes présentes, moldus ou sorciers, le London Eye était en train de disparaître lentement. Tout doucement, comme si on posait un voile sur lui, il s'effaçait, comme s'il n'avait jamais était là. Et pourtant, il était encore là. Sinon toutes les personnes présentes à l'intérieur seraient tombées dans le vide. Or, elles constataient simplement avec désespoir que tout était en train de s'effacer autour d'eux, le sol et le reste de la cabine, et qu'elles se retrouvaient comme suspendues dans le vide. Madame au Bob manqua de faire une crise cardiaque et se raccrocha en hurlant aux enfants braillard. Elle était dans le vide. Enfermée dans une bulle dans le vide, à cent trente cinq mètres du sol. Seigneur. Et Madame au Bob n'était pas la seule à paniquer ainsi. En même temps, il y avait de quoi. Tout autour d'elle, dans ce qui avait été les cabines du London Eye qu'on était en train d'arrêter lentement, en urgence, les gens étaient suspendus dans le vide et poussaient des cris, comme dans les montagnes russes. Sauf que là, c'était sûrement plus angoissant. Après tout, se retrouver à tourner dans le vide à cent trente cinq mètres du sol, soudainement, était loin d'être une expérience banale.

Au sol, il était difficile de dire qui avait remarqué ce qui se passait en premier. Certes, une grande roue de cent trente cinq mètres qui devenait soudainement invisible n'était pas le genre de choses à passer inaperçu mais la plupart des gens avaient leur attention rivée sur le concert et sur Voldy, qui avait entamé une chanson lancinante. Le couple en pleine crise avait même commencé un slow, oubliant visiblement Ken. Quoi qu'il en soit, c'est un homme qui pointa le premier son doigt sur le London Eye. De toute manière, les premiers cris des passagers commençaient à retentir et la foule s'était entièrement tournée vers la grande roue, qui disparaissait lentement. Même Voldy avait arrêté de jouer, cherchant ce qui pouvait bien se passer derrière son dos. Des gens criaient, sûrement tout à faits surpris de voir des personnes suspendues dans le vide ainsi et la foule s'agitait. Les policiers moldus n'en croyaient pas leurs yeux. Quant aux forces de l'ordre magiques, elles avaient rapidement compris se qui se tramait et plutôt que de la surprise, c'est de la colère qu'elles ressentaient, de s'être laissées prendre au piège comme cela. Les policiers magiques furent les plus prompts à réagir quant à la sécurisation de la zone et se précipitèrent pour encercler l'esplanade, secondés par les policiers moldus dirigés par un policier au courant de la magie, qui travaillait de temps en temps avec la Police Magique, pour ce genre de cas. Les Aurors eux n'avaient qu'une seule chose en tête : attraper les Mardoliens. Les premiers Patronus furent envoyés au Ministère, profitant du fait que tous les regards étaient tournés vers le London Eye. La situation était critique et un seul mot tournait dans l'esprit des sorciers présents : la rupture du Secret Magique. On était en train de briser le Secret Magique. Tous les sorciers savaient reconnaître l’œuvre de leurs pairs quand ils voyaient de la magie et c'était la seule explication plausible pour expliquer la soudaine disparition du London Eye. C'était néanmoins quelque chose qu'on ne pouvait décemment pas avouer aux moldus comme cela. Si les sorciers avaient sûrement fait le lien avec les Mardoliens, dont la présence sur le territoire britannique - et les intentions - avaient été révélées dans les médias. Mais quoi qu'il en soit, il fallait contenir la foule qui s'agitait et commençait à paniquer - voir des personnes suspendues dans le vide était assez effrayant, tout de même - surtout qu'une rumeur de menace à la bombe dans le métro un peu plus - pour expliquer le bouclage de la zone avait été répandue par les policiers moldus, qui prétendaient que les gens étaient hors de portée ici et devaient rester là. La zone était immobilisée en attendant qu'on en sache plus, lança un policier à une dame qui voulait absolument partir de là.

Les premières forces magiques commençaient à arriver sur place, ainsi que de nouvelles forces moldues pour aider à sécuriser la zone. Dire que le Ministère avait mobilisé toutes ses forces était un euphémisme. Les premiers Patronus étaient arrivés quelques minutes auparavant et avaient eu le mérite de faire paniquer tous les QG des forces de l'ordre. Les agents en congés étaient rappelés et des ordres de missions étaient envoyés à tout va. On avait interrompu la réunion des directeurs de Départements avec le Ministre et la situation d'urgence avait été déclarée. C'était une atteinte au Secret Magique de  niveau cinq. Un immense sortilège avait été réalisé devant des centaines de moldus ébahis. C'était une véritable catastrophe. Les Aurors s'étaient précipités dans les ruelles, ayant calculé l'endroit d'où le sort avait pu être lancé mais les Mardoliens avaient déjà transplané, après avoir vu que leur sort commençait à œuvrer. Aucune interpellation n'avait pu être faite, c'était une réussite totale pour les Mardoliens. Et la panique totale chez les sorciers. Une atteinte au Secret Magique de ce niveau était quelque chose de rare et très difficile à endiguer. Ce qui avait commencé par être une bonne après-midi se révélait finalement cauchemardesque. Oui, Voldy voulait réunir le monde magique et sorcier à travers la musique. Mais quand Alcyd Mardol se mettait à jouer les chefs d'orchestre, le résultat était plutôt surprenant. Le London Eye venait de disparaître. Le Secret Magique était en train de tomber.
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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- Alors pour ta gouverne, Warlock, je serai parfaitement capable de m'occuper des papillons et des moustiques seule. Je vise plutôt bien, en plus ! C'est juste que j'aime pas ça. Et je me débrouillais avant toi, tu sais, répliqua-t-elle en lui envoyant un léger coup de coude.

Elle avait même une technique plutôt bien rodée, depuis qu'elle avait quitté la maison de ses parents où son père se chargeait fièrement des insectes. Il ne les tuait même pas ! Il se contentait de les redescendre dans le jardin. Quoi qu'il en soit, depuis qu'elle était tombée sur une énorme araignée quelques jours après son déménagement, elle savait comment y remédier. Elle pétrifiait ou stupéfixait l'insecte selon le sort qui lui venait à l'esprit à ce moment-là - excellent entrainement sur les cibles mouvantes pour son boulot d'ailleurs - avant de les faire léviter dehors, sur son balcon. Cette méthode avait échoué une seule fois, sur une guêpe. Elle l'avait raté en lançant son sort et cette horrible bestiole n'avait pas apprécié de se faire attaquer ainsi et Charlotte avait dû se résoudre à taper à la porte de ses voisins de palier, avec qui elle était en bons termes, heureusement. Mais avoir quelqu'un pour gérer ça était quand même plus pratique.

- Et ce n'est pas moi qui avait un, d'elfe de maison, quand j'étais petite, lança-t-elle à voix plus basse, un sourire narquois aux lèvres.

Quand elle passa son bras sous celui de Lilly, dans un geste spontané, elle lui adressa un sourire avant de se détendre. Après tout, elle avait promis de faire des efforts et d'essayer. Et ce geste spontané montrait bien que cela fonctionnait et que les choses se rabibochaient lentement, mais sûrement. De toute manière, elles partaient toutes les deux en vacances dans quelques jours, en tête à tête, ce qui leur donnerait l'occasion de parler beaucoup. En temps normal, Charlie devait bien reconnaître qu'elle passait beaucoup de temps avec Eliott, un peu au détriment du temps passé avec les autres, c'était sûr. Même ses parents avaient fini par s'en rendre compte et elle leur avait tout expliqué. Ils avaient été ravis d'ailleurs, lui confiant qu'ils trouvaient qu'elle passait beaucoup trop de temps à son travail pour son propre bien et que c'était bien si elle avait "rencontré quelqu'un". Un quelqu'un qu'ils aimeraient bien rencontrer également, avait précisé son père à la fin du repas. Quoi qu'il en soit, ces vacances avec Lilly leur donnerait l'occasion, loin de Londres, de remettre tout à plat et de faire comme avant. Elles avaient toujours passé des vacances en tête à tête, sans Jensen. D'un coté parce qu'elles aimaient se retrouver toutes les deux et de l'autre parce que Charlotte n'avait pas forcément très envie de se retrouver à tenir la chandelle à coté de ses deux amis, comme cela arrivait parfois sans qu'ils ne rendent compte. C'était le désavantage d'avoir des amis en couple.

- J'ai passé tout un mois à l'apprendre au piano ! répondit-elle en riant, quand Lilly affirma qu'elles la chantait au moins dix fois par jour. Je crois que je la connais encore par cœur. J'ai eu un hibou d'Harriet, justement. Elle avait plein d'idées pour l'enterrement de vie de jeune fille, précisa Charlie avec un sourire entendu. Elle dit que c'est une institution aux États-Unis ! Ses parents sont en Croatie à la date du mariage, je lui ai dit qu'elle pourrait rester à la maison, pour ne pas avoir à payer l'hôtel.

Elle était à la fois le témoin et la demoiselle d'honneur de Lilly, pour son mariage le trente-et-un Octobre. Elle se demandait qui aurait pris sa place si elles ne s'étaient pas réconciliées. Elle serait tout de même venue au mariage, ne serait-ce que pour Jensen mais sûrement pas en tant que témoin et demoiselle d'honneur. En attendant, elle gérait l'enterrement de vie de jeune fille et la mère de Lilly l'avait réquisitionnée pour plein de petits détails, vu que sa fille ne semblait pas forcément prompte à s'attarder sur la couleur des ronds de serviette. Maintenant que la couleur de ces dernières étaient choisies, il fallait s'occuper des ronds de serviettes, très important. Mrs Callaghan lui avait également délégué le choix des dragées et leur commande et elle était réquisitionnée pour la décoration de la salle la veille du jour J. Elle aimait beaucoup Mrs Callaghan, elle la connaissait depuis qu'elle avait douze ans. Elle connaissait bien la famille de Lilly en réalité, tout comme Lilly connaissait bien la sienne. Et puis Mrs Callaghan avait tenu ses parents informés pendant la guerre, ce qui avait noué des liens entre eux. Leurs familles étaient amies, même. Même si elle l'avait complètement voulu, elle n'aurait jamais pu rompre complètement les liens qui l'unissaient à Lilly. Heureusement que cette période était passée. En attendant, elle avait pas mal d'idées pour l'enterrement de la vie de jeune fille, avait déjà fait quelques réservations, avait contacté les demoiselles concernées : leurs anciennes copines et amies de Poudlard et des filles de la famille de Lilly. Cela promettait d'être prometteur. Après tout, il fallait profiter de cette soirée. Elle avait également quelques idées pour son discours, en tant que témoin. Mine de rien, le mariage était dans trois et dix jours. Les choses allaient arriver très vite.

- Tu devrais avoir honte de te moquer de ta copine comme ça, riposta-t-elle avec un sourire quand Eliott réaffirma qu'elles étaient des groupies. Ce sont des choses qui ne s'oublient pas... lança-t-elle laconiquement, à l'intention des deux garçons.

Dès qu'elle serait en position de le faire - quand ils se seraient éloignés de la foule et des moldus qui pourraient les voir - elle ensorcèlerait le t-shirt de Jensen pour qu'il affiche un splendide "I love Voldy". Et un "I love Leo" aussi, en dessous. Rose, décréta-t-elle. Avec des paillettes, si elle retrouvait la bonne formule. Elle le faisait sur les pancartes de soutien pour l'équipe de Gryffondor - en rouge et or bien évidemment - et devrait pouvoir la retrouver. En voyant l'appareil de Lilly, elle songea qu'elle avait peut-être le sien, pour avoir des photos à montrer à sa sœur, qui appréciait également le groupe même si elle préférait de la musique plus ancienne, comme les Beatles. Quoique, elles s'accordaient largement sur les Beatles. Et sur Elvis. Et sur Queen. Et sur beaucoup d'autres choses, d'ailleurs. Elle aurait peut-être dû lui demander si elle voulait venir, elle serait passée la prendre à Oxford en transplanage. En attendant, elle aurait au moins les photographies, songea Charlotte en farfouillant dans son sac. Il devait être dans la petite pochette, elle n'avait pas le souvenir de l'avoir sorti de là la dernière fois qu'elle l'avait transporté. Le premier cri lui fit relever brusquement la tête. Le London Eye était en train de disparaître devant leurs yeux. Disparaître littéralement. Cela commençait par le haut de la grande roue et descendait lentement, laissant des gens suspendus dans les airs dans les nacelles désormais invisibles du London Eye. Et les miroitements étaient parfaitement caractéristiques d'un sortilège de Désillusion, elle en aurait jeté sa baguette au feu. Un tel sortilège ne pouvait pas aboutir à ce résultat s'il était le fruit d'un sorcier isolé, c'était forcément quelque chose de minutieusement préparé. Foutus Mardoliens. Le Commandant avait également mis des forces mais c'était une chose d'envisager une possibilité d'attaque et de la voir se dérouler devant vos yeux. Ils devaient attraper ces abrutis, maintenant. Elle parcouru l'esplanade du regard et ses yeux se posèrent sur quelques ruelles excentrées qui pourraient avoir le bon angle d'attaque.

Au lieu de se refermer sur son appareil photo, sa main se referma sur sa baguette magique. Les moldus ne faisaient pas attention à elle, trop obnubilés par la lente disparition du London Eye qui en était à plus de sa moitié. Son sac s'écrasa sur le sol tandis qu'elle se faufilait dans la foule. L'Aspirant Wheeler était à l'extérieur de la masse, elle l'avait repéré tout à l'heure. Elle l'aperçu de dos, fixant le London Eye.

- Wheeler ! lança-t-elle.

Il se retourna avant de se précipiter vers elle.

- Les ruelles. Tu me couvres, on fait le tour.

Impossible d'envoyer un Patronus pour le moment, il y avait bien trop de monde autour. Et si elle avait su qu'elle interviendrait, elle n'aurait sûrement pas porté ce genre de chaussures.

- Où est Anthony ? interrogea-t-elle en faisant référence à son formateur tandis qu'ils se faufilaient derrière le gros de la foule pour rejoindre les ruelles.
- Perdu de vue. J'ai vu la PM s'agiter, je crois qu'il bloquent la zone.

La foule aussi commençait à s'agiter ce qui n'allait pas faciliter leur travail. S'ils tombaient sur des Mardoliens encore présents, il y aurait forcément échange de sort. Quoique, le Secret Magique n'en n'était pas à ça près, songea-t-elle, amère. Ils approchèrent de la première ruelle, sans que personne de moldu ne remarque rien de leurs baguettes à la main. De toute manière, qui s'en soucierait alors que le London Eye venait de disparaître ? Ainsi un peu éloignés de la foule et protégés par l'ombre des immeubles, ils étaient plus libres d'agir. Charlotte jeta un coup d'oeil autour d'elle avant de lancer son Patronus, chargé d'un message pour le Commandant. Elle avait dû attendre d'être isolée pour l'envoyer et elle espérait que certains sorciers avaient pu joindre la justice avant. Elle fit un signe de tête à Wheeler avant qu'ils ne s'engagent dans la ruelle, baguettes tendues. Personne. Elle était persuadée qu'il était trop tard, ils avaient dû transplaner dès leur méfait accompli mais elle était obligée de vérifier. Elle lança un Hominium Revelio par acquis de conscience - vu qu'ils maitrisaient bien le sortilège de Désillusion, apparemment - mais toujours personne. Ils étaient en train de vérifier une autre ruelle, parallèle à la première quand un craquement sonore retentit derrière elle et elle se retourna brusquement, baguette brandie.

- Stupéfix !

Un bouclier magique s'éleva avant que son sort n'atteigne sa cible et fut rapidement dissipé par l'Auror McDougal, bientôt rejointe par le transplanage d'autres Aurors, qui arrivaient en masse. Les Aurors qui travaillaient aujourd'hui avaient dû repéré le site auparavant pour connaître ces ruelles, pour un transplanage d'urgence. Au moins ils savaient où arriver sans se faire voir, voilà la seule chose qu'ils avaient réussi dans cette affaire. Ils ne trouveraient plus personne, maintenant.

- Désolée, chef, lança-t-elle en abaissant sa baguette.

McDougal lui adressa un signe de tête en retour avant de se tourner vers ses hommes.

- On vérifie tous les recoins de la zone. Envoyez les Aspirants aider la PM au bouclage. Les Oubliators sont en chemin.
- Y'a des centaines de moldus là-bas, répliqua Charlotte. Les Oubliators seront jamais assez nombreux.

McDougal pinça les lèvres avant d'envoyer un Patronus.

- Interrogez les sorciers, je veux une description physique des Mardoliens présents, au possible. Et vérifiez leur version, des Mardoliens se sont peut-être glissés dans la foule, soyez vigilants. Pas de baguette visible, ordonna-t-elle en leur faisant signe de se dissiper. Les Aurors présents, vous allez parler aux Oubliators, pour tout leur expliquer et la durée qu'ils devront effacer dans les mémoires. Et Bohamson, Stormborn, Stein et leurs partenaires, vous allez voir les gens du London Eye, faut qu'on fasse descendre les gens dessus.

Charlotte hocha la tête et sortit de la ruelle suivie de Wheeler, afin de se mêler de nouveau à la foule. Les Oubliators avaient transplané dans la ruelle voisine et elle ne tarda pas à les rejoindre, tandis qu'autour d'eux la foule s'agitait. Le London Eye était sur toutes les bouches, ainsi qu'une histoire de bombe. Des membres de la PM se dirigèrent vers eux d'un pas rapide.

- On a bouclé la zone avec les moldus, précisa-t-il en baissant le ton. Et une menace d'alerte à la bombe a été lancée pour les contenir.

L'Auror McDougal se dirigea alors vers eux, l'air préoccupé.

- On efface rien pour le moment, ordre du Ministre. Les gouvernements sont en train de parler. Pour le moment, on endigue la panique et on empêche les gens de partir. Nos propres concitoyens sont très agités, faut gérer ça aussi. Meyer, Wheeler, passez-le mot à nos concitoyens : ne pas s'agiter et surtout pas de magie. 

Charlie hocha la tête.

- Wheeler, tu retrouves Anthony. Prenez ceux qui sont visibles et repérables. Passe le mot aux collègues que tu croises.

Elle devait trouver Seamus et s'occuper de trouver des sorciers aussi. Si elle avait eu son badge, cela aurait été plus facile, ils seraient sûrement venus vers elle parce qu'elle était Auror. A défaut d'autre chose, elle allait commencer par ceux qu'elle connaissait. Trouver Eliott, Jensen et Lilly dans la foule ne fut pas facile mais elle finit pas les repérer, pas très loin de là où elle les avait quitté. Elle se dirigea vers eux en surveillant la foule, mais elle eut l'impression d'être entourée juste de moldus.

- Attentat Mardolien, annonça-t-elle à voix basse. Interdiction de quitter la zone ou d'utiliser vous-savez-quoi.

Et elle avait sa baguette à la main, réalisa-t-elle. Elle attrapa son sac que Jensen lui tendait et la rangea dedans - les ordres de McDougal - mais toujours à portée de main.

- Lilly, tes collègues sont là mais vous n'avez pas le droit d'intervenir pour le moment. Je dois calmer les... Les gens comme nous - c'était difficile de ne rien dire de peur qu'on l'entende - mes collègues sont là également. Et j'ai même pas mon insigne.

Elle l'avait tout le temps d'habitude. Et pour une fois qu'elle avait besoin, elle ne l'avait pas sur elle. Pas d'insigne, pas de plaque... Et rien ne criait Auror chez elle.

- C'est une véritable pagaille, soupira-t-elle. Vous allez bien ? s'enquit-elle. Désolée d'être partie vite, je voulais les coffrer. C'est raté, constata-t-elle, amère. Faut que je trouve les sor... Vous-savez-quoi, mais qui ne sont pas visibles au premier abord. Vous connaissez personne ?



All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Nathalie ParkerMolduavatar
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La gourmandise était un vilain défaut, aurait-dit sa grand-mère en voyant l’énorme glace qu’elle venait d’acheter. Dans un pot, ça n’aurait probablement pas tenu dans un cornet, et cela n’aurait pas fait long feu avec la chaleur qu’il faisait. Le soleil tapait fort, et elle se félicita d’avoir emporté de la crème solaire. Elle confia la glace poire-menthe-chocolat avec supplément d’amandes et de copeaux de chocolat à son fils et lui demanda de ne pas bouger et de lever légèrement le visage. La jeune femme sortit un tube de crème de son sac à main. Il était drôlement pratique, ce sac qu’elle avait eu en solde, et assez solide et grand pour contenir la foule de choses plus ou moins utile qu’elle trimbalait, du paquet de pastilles à la menthe au vieil appareil photo, en passant par la brosse à cheveux et les paquets de Kleenex. Elle n’avait même pas eu besoin d’utiliser un sortilège d’extension indétectable, avec celui-là. Avec un sourire de satisfaction, elle tartina rapidement le visage de Lennon de crème de protection, avec une couche supplémentaire sur le bout du nez et les oreilles. Ça faisait tellement mal, les coups de soleil sur les oreilles, et ce petit brûlait si facilement ! Nathalie rangea le tube et s’essuya les mains sur un mouchoir en papier. Elle ne supportait pas d’avoir les mains grasses. Surtout avec de la crème solaire, après, cela faisait des traces blanches sur tout ce qu’elle touchait, et la poussière venait s’y collait. Et puis ça tachait les vêtements. D’ailleurs, son regard aiguisé remarqua aussitôt qu’une longue trace de glace fondue dégoulinait sur le bord du pot duquel son fils tirait des cuillérées de glaces aussi grosses que le permettait la minuscule cuillère de plastique qu’avait donné le marchand.

« Attention, Lenny, ça coule ! »

Rapide comme l’éclair, elle essuya la goutte qui menaçait de tomber sur le t-shirt du petit garçon. La glace au chocolat aurait vite fait de tacher le haut rouge, et il aurait été obligé de rester sale tout le restant la journée, Nathalie ne pouvant pas arranger cela d’un coup de baguette. Cela aurait attiré les guêpes, et elle avait horreur de ces insectes piquants. Et puis elle ne voulait pas que des gens qui la connaissaient trouvent que son fils était sale. Elle avait toujours l’impression que certaines personnes la regardaient d’un mauvais œil et scrutaient ses moindres faux pas, guettant la moindre occasion de placer que « si ce petit avait un père, ce genre de choses n’arriveraient pas ». Il était hors de question de donner du grain à moudre à ces gens-là, aussi mettait-elle un point d’honneur à ce que Lennon soit toujours impeccable. Ce qui n’était pas très compliqué au final, puisqu’elle aimait la propreté et l’organisation, et que Lenny était d’une gentillesse exemplaire. Sa mère le lui rappelait tout le temps, faisant la comparaison avec Brogan, Sunshine ou elle au même. Sarah gardait souvent son petit-fils à l’école de danse comme elle le faisait avec ses propres enfants autre fois, après avoir été le chercher à l’école maternelle moldue où il passait ses journées. Et comme Nathalie au même âge, Lenny s’était rapidement fait des amis dans les petits groupes des cours de Sarah auquel il participait généralement, et avait au moins deux ou trois amoureuses, dont une petite Sophie qui avait le même âge que lui et lui faisait toujours des dessins, que le petit garçon avait soigneusement rangés dans un tiroir. Oui, c’était vraiment un enfant adorable se dit-elle en souriant alors qu’il finissait sa glace, à laquelle Nathalie avait prélevé quelques gros morceaux. Son seul petit défaut était qu’il était peut-être un peu trop bavard, ce qui l’inquiétait parfois un peu, de peur qu’il ne se mette brusquement à parler de baguette magique à la voisine de palier. Heureusement, au vu de son jeune âge, il n’y aurait probablement personne pour le croire. Et puis il avait promis maintes et maintes fois de faire attention. Alors quel mal y avait-il à ce qu’il papote à longueur de journées et de soirées, décrivant ce qu’il voyait, racontant ce qu’il avait fait, posant des questions, le tout entrecoupé d’onomatopées et de diverses exclamations de joies ? Mis à part que c’était légèrement  fatiguant au bout d’un moment. Et les jours, comme aujourd’hui, où elle était déjà un petit peu fatiguée, Nathalie devait avouer qu’elle ne prêtait pas toujours une très grande attention aux longs bavardages de son fils. Alors elle n’écoutait plus que d’une oreille distraite, après l’avoir entendu disserter de longues minutes durant sur le monde qu’il y avait, le vieux monsieur bizarre qu’il avait croisé, le petit garçon qu’il avait vu manger ses crottes de nez, le joli ballon violet un peu plus loin, et surtout, la grande roue. Celle-ci semblait, de part sa taille, exercer sur lui une certaine fascination, et il ne pouvait pas s’empêcher d’en faire part à sa mère, en long, en large, et en travers. Est-ce qu’on pouvait monter dedans ? Est-ce que c’était très lourd ? Est-ce qu’on pouvait l’escalader ? On voyait très loin, une fois tout en haut ? Il avait bien envie de monter tout en haut, il ferait des coucous à son copain Jerry, comme ça, est-ce que Jerry pourrait le voir, hein, dis, Maman ? Et puis c’était très joli, cette roue ! Est-ce que ça allait vite ? Au bout d’un certain temps, Nathalie se contentait de hocher la tête en souriant, répondant vaguement par oui ou non, écoutant la musique et chantonnant par moment, sans pour autant lâcher la main de Lennon. C’est pourquoi il lui fallu un certain temps pour se rendre compte de ce que son fils disait, lorsqu’il commença à s’exclamer.

« Maman ! Maman, regarde ! ça disparait ! Maman, regarde, regarde, y’a presque plus de roue ! »
« Qu’est-ce que… »

Elle s’aperçut alors que de plus en plus de gens regardaient dans la même direction que Lennon. Le London Eye. Qui, en effet, semblait disparaitre. Nathalie fronça les sourcils, ce n’était pas possible, cela devait être un effet d’optique, un quelconque reflet du soleil, qui…Non. A présent, la grande roue semblait s’être complètement effacée, la seule chose qui permettait de savoir qu’elle avait été là quelques secondes plus tôt était les pauvres passagers flottant dans le vide.

« Les gens, ils volent, Maman ! » s’écria le petit garçon, partagé entre la peur et la fascination.

La panique gagnait progressivement la foule. L’ambiance de fête qui régnait auparavant semblait s’être totalement envolée, évaporée en même temps que la roue. Alors que l’angoisse montait en elle, elle sentit son fils lui lâcher la main.


« Ne me lâche surtout pas la m… » commença-t-elle d’une voix blanche.

Elle avait baissé les yeux vers lui, et voulut sourire pour le rassurer, mais le petit garçon avait disparu. Elle se retourna le cherchant des yeux, hésitant sur la conduite à suivre. Partir à sa recherche ? Mais où, dans quel sens ? Il y avait tellement de monde ! Mieux valait peut-être rester ici, pour qu’il retrouve son chemin ? Non, là, encore, la foule rendait la chose presque impossible, songea-t-elle alors qu’un petit groupe de personne la bousculait violement. Elle imaginait déjà son petit garçon perdu, apeuré, bousculé, piétiné et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle glissa sa main dans sa poche, serrant sa baguette à l’intérieur, au cas où, car seuls des sorciers, elle le savait bien, avait pu faire cela, et, se forçant à calmer sa respiration malgré les larmes qui menaçaient de couler, attrapa le bras d’une jeune fille qui essayait visiblement d’en rassurer une autre en pleine panique.

« Excusez-moi, je cherche mon fils, un petit brun de quatre ans ? Je l’ai perdu dans la foule, il était à côté de moi il y a deux secondes, je comprends pas comment…c'est arrivé si vite... »

Les larmes roulèrent sur ses joues alors qu’elle jetait un énième regard désespéré autour d’elle dans l’espoir d’apercevoir Lenny.


Alastair BrennanOubliatoravatar
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Alastair rédigeait un énième rapport d'intervention, moins bizarre que celle qu'il avait faite avec l'Auror Finnigan. Il n'avait pas oublié cette intervention éclair, il avait néanmoins fait son travail normalement sans poser de question et avait rédigé un rapport correct sans faire part de ses impressions après tout Seamus était un héro de guerre, il devait savoir ce qu'il faisait et Al ne porterait pas la responsabilité de cette acte en cas de scandale. Il avait fait son travail avec l'accord du Magenmagot et il avait traité ce cas comme tous les autres cas. La pitié lorsqu'il effacé la mémoire de pauvres moldus qui n'avaient rien demandé ne se faisait plus sentir depuis longtemps, au début, il rechignait à devoir enlever des parcelles de souvenirs mais c'était pour préserver le secret magique, aujourd'hui, il ne pouvait pas dire que c'était devenu routinier mais il se sentait moins touché par le sort de ses gens, ils vivraient certainement plus heureux en ne sachant pas, surtout depuis ce qu'il avait vu avec l'affaire d'Emma, il ne doutait pas qu'elle aurait été beaucoup plus heureuse et beaucoup plus épanouie si l'oubliette de Sorden avait été effectué correctement. C'était certain que c'était horrible ce qui s'était passé mais d'un autre côté, cette fillette avait l'âge de sa fille et il n'osait imaginer les conséquences que cela auraient eu sur Lillybeth. Protéger ses enfants était ce qu'il y avait de plus important pour lui, peu importait le prix qu'il devrait payer pour cela. Il avait perdu sa femme, hors de question qu'il perde ses enfants.

Ces derniers temps pourtant, il avait l'impression que l'absence de Lucy s'était moins faite ressentir, parler avec Margot lui avait fait plus de bien qu'il ne l'avait cru et il se sentait... bien, tout simplement, en sa compagnie. C'était assez étrange d'ailleurs, il savait pourtant qu'ils n'étaient qu'amis, leurs conversations ne laissaient rien apparaître de plus mais il ne savait pas vraiment pourquoi, il se surprenait parfois à sourire un peu bêtement quand il pensait à la jolie brune. Ce n'était certainement rien, juste une passe, il connaissait Moïra depuis longtemps donc son amitié avec l'Auror ne l'impressionnait plus, c'était devenu naturel elors qu'avec Margot comme c'était récent, cela devait jouer sur comment il vivait cette nouveauté. Il ne pouvait s'agir que de cela n'est-ce pas ?

Il en était là de ses préoccupations existentielles lorsqu'un patronus se matérialisa devant lui, il sentit ses poils se redresser, alerte de niveau cinq, il n'avait plus revu ça depuis les débuts de la seconde guerre. Lorsqu'il entendit l'adresse du lieu dans lequel il devait se rendre, il attrapa son insigne dans le tiroir de son bureau et se leva prestement de son siège, son fils et ses filles étaient là-bas, à ce concert des Voldy, ou un truc dans le même genre. Et penser que le secret magique était sur le point d'être brisé à l'endroit précis où se tenait ses enfants lui glaça légèrement le sang. Il interpella Daniel et pesta que Lilly soit en congé ce jour là, enfin, elle les rejoindrait sur place, tout le monde devait être convoqué pour une force majeur de ce genre. Il accéléra dans les couloirs du Ministère, se rua dans l'ascenseur et se mit à prier pour qu'il aille plus vite, lorsqu'il arriva dans le Hall suivi de ses collègues, il transplana sans demander son reste.

Lorsqu'il arriva sur le lieu de la manifestation, il remarqua immédiatement les personnes en l'air qui semblaient légèrement paniqués, il entendait les enfants crier et un mouvement de foule commençait à se déclarer, rapidement refréné par la police magique et moldu. Les Aurors arrivèrent en même temps qu'eux et la consigne fut clair et nette. Ne pas agir tout de suite. De toute manière vu le nombre de moldus présent, ils allaient en avoir pour des heures à effacer toutes les mémoires et il allait falloir connaître avec certitude combien de temps il fallait effacer.

Alastair inspira donc profondément et prit son mal en patience, essayant de trouver le visage d'Owen, Lillybeth et Maureen dans la foule en délire. C'était la panique totale chez les moldus, il vit quelques sorciers sortirent leurs baguettes magiques, sans doute pour se rassurer mais sans grand résultat, cela ne ferait qu'effrayer encore plus les non sorciers. Il entendit alors un ordre se répandre, les sorciers devaient ranger leurs baguettes. L'oubliator rangea bien sagement la sienne dans son étui, attendant qu'il puisse jouer son rôle dans toute cette pagaille. Le secret magique tombait et lui restait étrangement calme, tout ceci allait finir par s'arranger, il en était certain. Il fallait juste attendre les ordres.



Kit par Ju choupie Choupi
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet rendit son étreinte à Samaël, alors qu’Ariane, à côté d’elle, saluait les deux garçons d’un autre sourire. Cette après-midi était dangereuse, réalisa-t-elle en glissant un regard du côté de sa cousine. Réunir les moldus et les sorciers étaient une très bonne chose, elle n’en doutait pas, mais c’était également risqué. La moindre erreur pouvait être fatale. Au fil des années, elle s’était habituée. En rentrant chez elle, en sortant dans le monde moldu, elle redevenait Juliet Wilson, une adolescente parfaitement normale qui étudiait dans un internat éloigné, et mettait un point d’honneur à éviter tous les sujets glissants. Parfois, elle avait un juron sorcier sur le bout des lèvres, une expression de son monde qui lui venait, un air d’une chanson des Bizarr’Sister qui lui restait en tête, et qu’elle s’efforçait de ne pas chanter. Souvent elle restait évasive lorsqu’on lui demandait quelles étaient ses matières de prédilection, ses notes ce mois-ci, ou son projet d’avenir. C’était difficile, au début, mais elle y arrivait. Par contre, elle ne savait si elle avait eu l’idée du siècle en présentant Ariane à Théo – sorcier de Sang-Pur. Elle éloigna rapidement cette pensée de son esprit. Théo était assez grand et intelligent pour faire attention à ce qu’il disait. Et puis, connaissant à Haute Société, il n’était pas sans savoir qu’elle avait un arbre généalogique moldu.

« Vous commenciez à me manquer également ! » répondit-elle avec un sourire. « Là j’aide mon père à déménager dans son nouvel appartement, et j’en profite pour voir mes cousins, puis je pars en vacances début août ! Et vous, vous faîtes quoi ? »
« Je fais mes études à l’école d’Art de Londres. J’entre en deuxième année à la rentrée ! Et vous ? » répondit à son tour Ariane avant d’interroger les deux garçons du regard.

Une artiste, sa cousine en était une, et une prometteuse. Ce don devait sauter quelques générations, visiblement, puisqu’elle qu’elle se débrouillait aussi bien en dessin qu’en potion – c’était pour dire – alors que sa petite sœur excellait dans ces deux matières. En tout cas, Ariane était douée, réellement, et personne ne doutait de sa place dans les arts. Elle avait toujours un carnet à dessin sur elle, se plaisait à dessiner dès qu’elle avait cinq minutes devant elle, était passionnée dès qu’on parlait de ses études, ou de l’art en général. Elle était d’une patience à toute épreuve, lorsqu’elle avait un crayon en main, et pouvait recommencer inlassablement le même dessin, jusqu’à en être satisfaite. Sa cousine était patiente, douée, raisonnable, réfléchie, bien plus calme qu’elle. A nombreuses reprises, elle l’avait sortie de situations désespérées, et elles avaient – selon leurs parents – une bonne influence l’une sur l’autre. Pensive, elle fut tirée de ses réflexions par Samaël, qui lui demanda si elle avait trouvé un endroit où se loger, l’année prochaine.

« Oui ! Je suis en colocation avec Aaron, à Aber, mais on cherche une troisième personne. Et toi ? » demanda-t-elle avec intérêt – on ne savait jamais, après tout, si Samaël n’avait encore personne…

La conversation continua, joyeuse, insouciante. Il faisait chaud, ce jour là, constata Juliet en regrettant de ne pas avoir amené un chapeau – elle en avait un joli, en paille. Les marchands de glace devaient faire fortune aujourd’hui, au vu de toutes les personnes qui attendaient devant les camions ou les petits stands. La musique s’élevait dans les airs, les paroles étaient sur les lèvres, les visages épanouis. C’était une belle journée, pensa la jeune fille en reportant son attention sur le petit groupe et en adressant un sourire à sa cousine, qui s’éloigna quelques secondes pour répondre au téléphone. Sa mère, expliqua-t-elle après avoir raccroché. Elle voulait savoir si Juliet voulait dîner chez eux, ce soir. L’ancienne Gryffondor accepta avec plaisir. Sa tante et son oncle étaient adorables avec elle, depuis quelques temps. Oh, ils l’avaient toujours été, évidemment, mais redoublaient d’attention à son égard depuis la séparation de ses parents. C’était agréable, de se sentir soutenue par sa famille, dans ce genre de situation. Vraiment, il s’agissait de personnes formidables, songea-t-elle en fermant brièvement les yeux, laissant les trois autres converser et profitant des rayons de soleil qui venaient caresser son visage.

« Juliet ! Juliet ! » s’exclama alors Ariane, d’une voix angoissée, la tirant de son état de bien-être.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Regarde ! » incita la moldue et la tirant par le bras pour la forcer à se retourner. « Ça… Ça disparait ! Le London Eye, il disparaît. » déclara-t-elle d’une voix étrangement calme, trahie par son regard paniqué.

Fronçant les sourcils, Juliet reporta son attention sur la grande roue, avant d’avoir un mouvement de recul et d’écarquiller les yeux, sous le coup de la surprise. Le London Eye disparaissait réellement. Sous leurs yeux, sous les yeux de centaine de moldus, la grande roue, symbole de Londres, s’effaçait. Instinctivement, par réflexe, elle plongea sa main dans son sac, effleura sa baguette magique, avant de souvenir de la présence d’Ariane, de moldus.

« Ce n’est pas normal ! » s’égosilla la jeune fille en jetant des coups d’œil autour d’elle.

Non, ce n’était pas normal, c’était magique. C’était un sortilège qui agissait sur le London Eye, pour le faire disparaître. Le Secret Magique qui était en train de tomber, devant elle. Elle jeta un coup d’œil à Samaël et à Théo, et se rapprocha d’eux, contemplant la foule qui – paniquée – devenait incontrôlable. Une femme hurlait, plus loin, pointant du doigt la grande roue. On se poussait, on bousculait, on voulait sortir. Ariane jetait des regards paniqués à ceux qui passaient devant elle, se fit bousculer par un homme qui lui décrocha un coup de coude dans l’estomac pour passer. Elle grimaça, se tourna vers les trois sorciers.

" Bordel Ju, le London Eye disparaît. Pourquoi tu restes sans rien faire ?"
« Calme-toi, Ari. » intima-t-elle en lui attrapant le bras. A vrai dire, elle ne savait absolument pas comment réagir. « C’est rien, c’est même peut-être un jeu de lumière pour nous surprendre ! Calme-toi, ça va bien se passer. » répéta-t-elle, les yeux fixés sur la grande roue.
« Aucun jeu de lumière ne peut faire disparaître le London Eye, tu le sais très bien ! Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Juliet soupira imperceptiblement et serra doucement le bras de sa cousine en la tirant vers elle.

« On fait quoi ? » chuchota-t-elle aux deux garçons.

Rien, ils ne pouvaient rien faire. Mais rester en plein milieu d’une foule en panique ne lui plaisait pas, mais alors vraiment pas. Elle s’apprêtait à proposer de s’éloigner lorsqu’une femme vint la trouver, lui demandant si elle n’avait pas vu son fils. Elle se mit sur la pointe des pieds, histoire d’essayer d’apercevoir le fameux petit garçon en question, mais rien. Elle secoua la tête avant de poser un regard désolé sur la femme.

« Non, je suis désolée… Il s’appelle comment ? Vous avez besoin d’aide pour le chercher ? » proposa-t-elle ensuite.



Kit par Irving Ship
Steven HarrissonPréfet en Chefavatar
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Dernière édition par Steven Harrisson le Dim 1 Sep 2013 - 14:38, édité 1 fois
- Amély grouilles-toi ! On va être en retard !
- Oh relax ! J'arrive !
- Y aura plus de places après et si tu veux voir le concert, allez !
- Oh mais tu me fais chier avec tes places !
- On ne crie pas comme ça dans cette maison. Et on ne dis pas ce genre de mots, Mlle Storm.
- Excusez-moi, madame !
- Emma...
- Excusez-moi, Emma !


Steven se tenait en bas de l'escalier menant à l'étage supérieur. Lui, sa meilleure amie moldue Amély Storm qu'il avait invité pour l'occasion, sa mère, son petit cousin de 7 ans et sa petite sœur se préparaient à partir pour le concert des Voldy. Amély traînait à n'en plus finir. Esther, la petite sœur de Steven, dévala l'escalier, ses sandales non-bouclées, et se rua dans la cuisine rejoindre sa mère. Steven entendit sa mère répéter les précautions qu'il fallait prendre avec Amély: "Ne dis pas que maman fait de la magie des fois... non en fait ne dis rien du tout. Ne lui parle pas. Kevin aussi est au courant et il dira rien. D'ailleurs..."


- Kevin ? T'es prêt mon chou ?
- J'arrive Tata ! Mais z'arrive pas à faire mes lacets...
- Steven, tu peux aider ton cousin.


Le petit Kevin zozotant descendit les marches de l'escalier d'un pas mal assuré avec ses lacets défaits. Steven se baissa pour lui faire ses lacets.


- C'est bien regarde, celui-là, tu l'avais presque réussi !

Une fois les lacets de son cousin fait, Steven partit aider sa mère à préparer un sac de goûter et de boisson tandis que Kevin enfonçait sa casquette sur sa tête. La voix étouffée d'Amély leur parvint de la salle de bain de l'étage.


- Tu as de la chance que nous vivons dans une maison parfaitement semblable à celles des moldus et que nous nous comportons presque comme eux. Parce que sinon, on ne pourrait jamais inviter Amély. Lui souffla sa mère à l'oreille.
- Oui je sais. Merci maman.
- J'arrive, j'ai bientôt fini !

C'est pas trop tôt. Steven espérait vraiment que cette après-midi allait se passer sans encombre lorsqu'il ferma la cinquième et dernière bouteille d'eau. Quelques instant après, toute la petite troupe était devant la porte. Amély avait revêtu une robe colorée et s'était coiffée comme si elle allait à une fête de la plus haute importance, ses cheveux noirs et raides étaient sûrement très dur à coiffer, ce qui expliquait tout le temps qu'elle avait pris. Après que la mère de Steven ait récapitulé toutes les règles de déplacement dans Londres, ils quittèrent la maison et s'aventurèrent sous la chaleur extraordinairement écrasante de cette journée d'été et se dirigèrent vers une station de métro.


Le trajet de métro se passa sans soucis hors mis Esther qui s'entrava dans le cadis d'une vieille dame et qui s'écroula sur les pieds du mari de cette dame, et Kevin qui failli manquer l'arrêt. Lorsqu'ils sortirent de la station, la chaleur et l'ambiance gagna l'esprit de Steven. Beaucoup de monde était déjà présent et il était difficile de se faufiler au travers de la foule en étant cinq dont deux enfants plutôt petits. Steven jeta un regard triomphant à Amély qui ne s'était aucunement inquiéter pour le manque de place. Celle-ci éclata d'un rire sonore qui fit retourner plusieurs personnes. "On va bien voir, t'inquiètes pas !" Avait-elle assuré. Finalement la troupe trouva un banc près de la Tamise et en diagonale de la scène. Les musiciens et chanteurs se préparaient au spectacle pendant que d'autres sorciers ou moldus arrivaient. L'ambiance était festive, le London Eye tournait lentement dans le ciel bleu.


- On pourra en faire, maman ? Demanda Esther en tirant le short de sa mère.
- Oui ! Z'il te plaît tata !
- On verra après. D'abord, laissez moi profitez du concert quand même.


Les deux petits soupirèrent et redirigèrent leur regard vers la grand roue et ses nacelles bondées. Dix bonnes minutes passées, une introduction à la guitare résonna dans l'air et une acclamation s'éleva du public. Tous les regards se tournèrent vers la scène et beaucoup se mirent à danser aux sons du morceau. Steven se laissa entraîner dans le rythme et jeta des regards autour de lui, peut-être allait il voir un de ses camarades de Poudlard. Mais dans ce monde, la probabilité se révéler être à 0,5%. Au bout d'un moment, sa mère lui confia la tâche d'aller chercher des glaces pour tout le monde en lui glissant de l'argent moldu dans les mains. Il partit donc, flanqué d'Amély, en direction du marchant de glaces. Après avoir pris un quart d'heure pour savoir quel goût préférait telle ou telle personne devant le choix considérable de parfum chez le marchand, les deux amis retournèrent sur le banc où était installée le reste du groupe.


Au bout de plusieurs morceaux de rock et un slow dansé avec Amély, Steven s'assit un instant sur le banc et but de l'eau à grande gorgée. C'est alors que sa mère annonça à Esther et à Kevin qu'ils pouvaient aller faire un tour de grande roue. Les deux jeunes poussèrent des cries de joies et Mme Winston fouilla dans son sac pour prendre son porte-feuille. Steven leva alors les yeux par pur hasard sur la roue et réprima un effroyable cri en voyant le haut de la roue commencer à disparaître. Il n'était pas le seul à l'avoir aperçu, plusieurs doigts se pointèrent sur le London Eye, certains plaquèrent leurs mains sur leur bouche, les yeux exorbités. Steven se pencha vers sa mère toujours occuper à fouiller son sac.


- Euh... Je crois que ce n'est pas une bonne idée... Regarde.
Il pointa le doigt sur la roue et les premières nacelles qui commençaient à disparaître, laissant leurs occupants suspendus dans le vide.
- Seigneur... Sûrement un attentat mardolien... Souffla-t-elle.
- Mais, c'est pas possible, non.


Steven n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles. Un attentat mardolien. En tant qu'honnête et bon sorcier, il avait déjà entendu parler de ces horribles sorciers ayant pour seul but de briser le secret magique. Mais le London Eye ! Comment osaient ils ? Steven jeta un regard à l'esplanade où les musiciens avaient arrêtés de jouer. Bien sûr, le concert. Il fallait y penser. Ce concert réunissait sorciers et moldus. L'occasion idéal pour tout attentat visant à briser le secret magique. Des cris de panique s'élevaient désormais de la foule et de la grande roue maintenant à moitié disparue. Elle s'arrêtait lentement, laissant ses occupants suspendus dans le vide, complètement paniqués. Amély fixait la roue, bouche entrouverte, l'air paniqué et impressionné à la fois.


- Mais c'est quoi ce truc, il se passe quoi ? On dirait une putain d'illusion ! Comme les trucs que font des fois les magiciens au cirque !


Oui c'est ça Amély, un tour de magie... Songea Steven. Les moldus et sorciers commençait à s'agiter tout autour d'eux, semant la panique. La mère de Steven lui murmura à l'oreille.


- Un sortilège de Désillusion...


Steven avait déjà entendu parler de ce sort, il savait que le Magicobus y était soumis. Pendant que tout le monde s'agitait et cherchait à partir, Steven jeta un regard attristé à sa meilleure amie qui fixait toujours le London Eye, à présent quasiment disparu. Quand la panique sera passée, des Oubliators jetteront des sortilèges d'amnésie à tous les moldu présents et elle y sera soumis elle aussi. Il la voyait déjà se faire heurter de plein fouet par un sortilège après avoir poussé un cri de stupeur en voyant un Oubliator pointer sa baguette magique sur elle...
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- Mamaaaan ! Dépêche-toiiii !

Devin, excitée comme une puce, jouait des coudes pour se rapprocher de la tribune. Respirant bruyamment la Poufsouffle essuyait la sueur de son front, euphorique bien que complètement épuisée. Elle était tombée amoureuse du groupe Voldy dès qu’elle l’avait découvert à Poudlard, et rien au monde ne pouvait faire retomber sa passion pour « Kidnap my heart ».
 Devin avait passé des jours à supplier ses parents de l’emmener à Londres pour LE concert live tant attendu. Et finalement, après des faibles arguments à propos de la longueur du trajet Ile de Wight-Londres et de la canicule estivale, Devin se trouvait ENFIN devant la tribune de ses idoles. Sa mère la rejoint après quelques instants de lutte contre la foule, les joues rouges mais souriante sous son chapeau de paille à larges bords.

- Ah, ma chérie, tu es là! souffla Mrs. Downpour en se tenant les cotes. Ne t’enfuie pas comme ça, je ne veux pas te perdre !
- Oui-oui maman t’inquiètes, répondit Devin, occupée à scruter les environs à la recherche de camarades de classe.

La foule était compacte et la chaleur insupportable. Devin sortit une paire de lunettes de soleil ultra mode chez les moldus et fit un grand sourire à sa mère.

- Ca commence !

Ce à quoi Mrs Downpour répondit par un sourire tout aussi éclatant que celui de sa fille.
Les premières notes de guitare se firent entendre, et Devin se mit à sautiller et à pousser des petits cris aigus.

- Voldyyy !

La 3ème année jeta des regards rapides et excités sur le coté, et s’attarda soudainement sur une figure familière. Les yeux scintillants et le sourire encore plus large (si c’était possible), Devin s’élança joyeusement vers la petite personne replète.

- Lys ! Lysooou !!! Ma choupiiie !!!!

Devin serra sa camarade dans une étreinte fébrile, avant de la lâcher et de se remettre à sautiller.

- J’suis trop contente que tu sois là Lysou ! C’est trop génial ! Et en plus Voldy y sont trop trop bieeen !

Devin saisit le bras de son amie et riva son regard vers la tribune.


- C’est une de mes chansons préférées !

Devin se mit à scander les paroles tout en se trémoussant, toujours accrochée au bras de Lys. Elle observait amoureusement le guitariste, qui était décidément trop beau. Peut-être était-il un vampire, comme Edward Cullen dans Twilight ? Mais le peu de logique dont pouvait faire preuve la groupie ado qu’était Devin lui suffit pour se dire que non, c’était impossible, tout simplement parce que manifestement le guitariste ne brillait pas au soleil.

* Dommage, songea rêveusement Devin, parce que dans Twilight les vampires ils sont super beaux et romantiques…*

Mais les fantasmes vampiriques de la petite Poufsouffle furent interrompus lorsque Lys lui fit un petit coup de coude. La mine alarmée, son amie pointait vers le London Eye, qui… (Devin cligna des yeux pour vérifier si ce n’était pas une illusion optique due au soleil) était en train de disparaitre lentement devant la foule ébahie.
Devin cligna encore une fois des yeux et se tourna vers Lys, sur le bras de laquelle elle était toujours crispée.

- Lysou, balbutia faiblement Devin, qu’est-ce qui se passe ?

Malheureusement son amie ne semblait pas comprendre plus qu’elle.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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C’était une bien jolie journée d’été, songea Lilly en prenant une photo du groupe qui entamait une nouvelle chanson. C’était vraiment dommage qu’Harriet soit coincée aux Etats-Unis, elle était certaine qu’elle aurait adoré revoir Voldy en concert. Et puis, ça lui plairait, de revoir son ancienne camarade de dortoir, surtout. Il fallait dire qu’elle n’était pas revenue souvent en Angleterre depuis son déménagement. Elle était passée la voir lorsqu’elle voyageait, et était restée quelques semaines chez Harriet. Aussi, lorsque la question des demoiselles d’honneur s’était posée à son mariage, elle n’avait pas eu à réfléchir bien longtemps. Charlotte, évidemment, et Harriet. La première était également son témoin, et tenait ce rôle à la perfection, choisissant à sa place couleur des ronds de serviette et autres détails futiles. Que ferait-elle sans elle ? Lilly se le demandait sérieusement. Sa mère lui avait souvent posé la même question. C’était Charlotte, la responsable. Jensen aussi, évidemment. Il y avait bien longtemps qu’elle aurait dû rendre son appartement si un des deux ne lui avait pas rappelé de payer son loyer. Parce qu’elle avait beau être débrouillarde, elle restait très distraite sur ce genre de chose. Si on lui coupait l’électricité, elle prenait des bougies. Si on lui coupait l’eau, elle allait toquer chez ses voisins, ou se rendait chez Jensen. A chaque problème, elle trouvait une solution, mais n’œuvrait pas plus que ça pour réduire les problèmes. Et c’était ça le problème.

« Je suis impatiente de voir ça… » rit-elle alors que sa meilleure amie mentionnait son enterrement de vie de jeune fille.
« Oui enfin… » grommela Jensen à ses côtés, visiblement peu enclin à la laisser se rendre à cet événement – surtout s’il comportait des garçons par très habillés.
« Je ne veux même pas savoir ce que te réserve tes frères, chéri. » répliqua Lilly, alors que Jensen hochait la tête, et se rendait à l’évidence.

Elle lui adressa un sourire, avant de l’embrasser brièvement sur les lèvres, et glissa sa main dans la sienne. Son enterrement de vie de jeune fille… Voilà quelque chose qu’elle attendait ! Sa dernière soirée en tant Lilly Callaghan, puisqu’elle deviendrait madame Arcker par la suite. Lilly Arcker. Madame Jensen Arcker, se répéta-t-elle intérieurement en fronçant les sourcils. Elle ne s’y habituait pas. Pour elle, elle restait Lilly Callaghan, miss Callaghan. Peut-être garderait-elle son nom de jeune fille ? Ce n’était pas impossible. Encore faudrait-il que Jensen soit d’accord. Evidemment, si elle désirait garder son nom, cela ne regardait qu’elle, mais elle préférait toutefois avoir l’approbation de son fiancé. Enfin, elle aurait encore le temps d’y réfléchir plus tard. Pour l’instant, elle voulait juste profiter de cette magnifique journée, qu’elle passait avec sa meilleure amie, à écouter le groupe qui avait marqué leur adolescence. Ah, ce qu’elle aimerait, parfois, retourner à ses quinze ans, où elle était encore insouciante, où elle n’avait pas à se préoccuper du travail, ou d’un mariage ! Elle glissa toutefois un regard affectueux vers Jensen. Quinze ans, c’était aussi le début de sa relation avec le jeune homme. Huit ans, déjà. Cela lui semblait à la fois incroyablement court et immensément long. Et elle s’apprêtait à lui jurer amour, confiance et fidélité jusqu’à la fin de sa vie, réalisa-t-elle avec un sourire. Elle s’apprêtait à faire part d’une de ses réflexions à son fiancé, lorsqu’un cri lui fit relever la tête.

Un cri, puis un autre. Puis une dizaine. Sous leurs yeux, le London Eye disparaissait. Il s’effaçait. Cela avait commencé depuis le haut de le grande roue, et se propageait vers le bas, laissant les gens suspendus dans les airs, assis sur des nacelles rendues invisibles. De la magie, sans aucun doute. Un acte magique, là, en plein Londres. Devant des dizaines, non, des centaines de moldus ! Lilly laissa échapper une flopée de jurons sous le regard étonné de Jensen. Les Mardoliens. Ce groupe, c’était la bête noire des Oubliators. Au dessus des sorciers amoureux qui bafouaient le Secret Magique pour le révéler à leur compagne, au dessus des sorciers un peu trop ivres qui déambulaient dans le monde moldu. Au dessus de tout. C’était un danger pour le Secret, un danger pour le monde magique. Elle remarqua que Charlotte était partie – probablement pour retrouver ses collègues. Elle balaya le lieu du regard, pour apercevoir les siens. Il n’allait pas tarder à arriver, par transplanage d’urgence. Elle effleura sa baguette, en observant les visages paniqués des moldus, puis soupira. Sans ordre, elle ne pouvait rien faire. Et puis, ils étaient trop peu nombreux pour intervenir ! Les moldus étaient présents à centaine ! Elle tapa nerveusement du pied.

« Bordel. » jura-t-elle une nouvelle fois en se faisant bousculer par un moldu, qui s’attira le regard noir de Jensen. « Vous allez bien ? » s’enquit-elle alors – il n’était pas rare de se faire pousser dans cette foule un peu trop paniquée.

Quelques minutes plus tard, Charlotte revint vers eux, annonçant un attentat Mardolien. Elle en était certaine, et jura une nouvelle fois. Pas de magie, pas de baguette, comprit-elle suite aux paroles de Charlotte. Cela lui semblait normal, en soit. Mais c’était tout de même très perturbant. A l’entente des paroles de sa meilleure amie, Lilly se redressa.

« Pas le droit d’intervenir ? » répéta-t-elle en sortant la main de son sac. Elle soupira une nouvelle fois. « Je t’aide à les calmer ? On fait ça la plupart du temps. » ajouta la jeune fille en balayant les alentours du regard, pour voir si elle connaissait quelqu’un. Au loin, elle aperçu Daniel et Isy, qui lui indiquèrent l’endroit où ils se rendaient, puis Alastair, et de nombreux autres Oubliators. « Je ne vois que mes collègues. » déclara Lilly en se mettant toutefois sur la pointe des pieds.
« Lilly ! » s’exclama Jensen en la tirant par le bras, dirigeant son regard vers un petit garçon – trois ou quatre ans – qui semblait être seul au milieu d'une foule paniquée, et qui se faisaient bousculer de tous les côtés.

Elle fit un pas vers le petit, suivit de Jensen.

« Vous venez ? » lança-t-elle à Charlotte et Eliott.

Elle s’agenouilla devant le garçon, dont les larmes coulaient sur ses joues.

« Ma maman, j’ai perdu ma maman… » balbutia-t-il en cherchant à partir. "Vous savez où elle est, maman ?" demanda-t-il alors que des grosses larmes roulaient sur sa peau.
« Hé, bonhomme, du calme... On va la retrouver, ta maman. Je m'appelle Lilly, et eux ce sont Jensen, Charlotte, et Eliott. On va tous t'aider à la trouver. Comment tu t'appelles ? »
« Le… Lennon. »
« Tu vas venir dans mes bras, d’accord Lennon ? Parce que c’est un peu dangereux de rester par terre avec autant de gens. »

Le petit acquiesça, visiblement troublé de ne pas voir sa mère à ses côté. Elle se pencha vers lui, le prit dans ses bras, et se releva. Merlin, c’était un peu lourd, un enfant de quatre ans, constata-t-elle en croisant le regard de Charlotte.

« Tu veux bien le prendre, s’il-te-plait ? » demanda-t-elle en Eliott avant de lui tendre l’enfant. « Bon alors bonhomme, dis-nous… Elle est comment, ta maman ? »

Elle interrogea Charlotte du regard. C’était elle l’Auror, après tout.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Donald McWildeCinquième annéeavatar
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« Merlin tout puissant... » souffla une voix à deux pas de Donald.

Ce dernier cessa de dodeliner de la tête, ouvrit les yeux et jeta un regard mi-courroucé mi-indigné à celui qui, d'une part, l'empêchait de savourer pleinement la chanson « Thinking of you », et d'autre part, proférait un juron purement sorcier entouré de Moldus. Le garçon se fichait bien de préserver la sensibilité des gens face aux grossièretés – d'ailleurs, il s'agissait d'une simple exclamation de surprise teintée d'effarement – mais il trouvait que les Sorciers pourraient faire un peu plus attention...

C'est alors qu'il aperçut le London Eye, ou plutôt son absence.

« Nom d'un Troll en rut ! » vociféra Donald sans aucun égard pour les sages précautions qu'il louait une minute plus tôt.

Suite à un court instant d'égarement devant la catastrophe en train de se produire, le premier sentiment qui l'assaillit fut l'excitation. Une forme de fièvre primitive qui se matérialisait lorsque des évènements inattendus surgissaient dans son quotidien monotone d'adolescent. Elle faisait grimper l'adrénaline, aiguisait ses sens, le rendait prêt à s'activer sans qu'il eût son mot à dire dans les agissements de son cerveau. Donald avait toujours aimé l'imprévu, contre lequel l'apprentissage avait un rôle minime face à l'action. Certes, l'un facilitait l'autre, mais en tant qu'individu peu enclin aux études et à la réflexion, savoir agir en cas d'accroc était une qualité qu'il appréciait à sa juste valeur. Elle lui avait maintes fois été utile. Principalement après ses plus grosses bêtises, lorsqu'il lui fallait fuir la fureur de son père et l'exaspération de ses professeurs. Également quand il jouait des mauvais tours à Tom Fields et qu'il n'avait pas envie se faire réprimander par les Préfets. Ou encore ce jour maudit où il avait du affronter l'irritation de Sorden et que son petit numéro ne lui avait pas plu... Il devrait vraiment faire du théâtre.

Sans se poser de questions, le garçon contempla le spectacle avec fascination. Les passagers dans leurs nacelles, suspendus dans le vide, poussaient des cris stridents, en particulier une dame affublée d'un bob dont l'objectif semblait de percer les oreilles de tous les occupants de l'esplanade. Donald ne voyait pas pourquoi : qu'est-ce qu'il aurait donné pour être à leur place ! Voler, c'était un vieux rêve courant chez la plupart des gens que même le monde sorcier n'avait pas pu réaliser. Il se débrouillait très mal sur un balai, surtout pour le diriger et garder son équilibre sur le manche. Les quelques essais infructueux de ses cours de vol en première année – qui avaient occasionné de nombreuses chutes plus ou moins douloureuses – l'avaient dissuadé de goûter un jour la sensation de s'élever dans les airs. Et voilà que des Moldus avaient la chance de pouvoir en profiter sans pour autant la saisir ! Ce fut la boule à la banane de son cornet qui, en dégoulinant sur sa main, le ramena brusquement à la réalité. Sa glace était en train de fondre au soleil, si bien qu'il se dépêcha de la lécher avec des petits bruits gutturaux.

Voldy s'arrêta de jouer. Peu à peu, les visages figés de stupeur se multipliaient, des doigts tremblants se pointaient, des exclamations incrédules montaient de la foule. Donald réalisa alors l'ampleur du désastre et s'interrogea sur les causes de la disparition de la grande roue. Un miroitement caractéristique était visible et même s'il n'était pas très studieux, il connaissait l'existence du Sortilège de Désillusion. L'œuvre de qui ? Il s'agissait d'un attentat mardolien, c'était la seule solution plausible. L'occasion parfaite : Sorciers et Moldus réunis assistant à l'évaporation de l'un des symboles de Londres. Donald sentit la panique grimper chez les spectateurs et se demanda ce qu'il devait faire. Plusieurs possibilités s'offraient lui. À deux pas de là, le marchand de glaces avait les yeux rivés dans la même direction que les autres tandis que sa camionnette remplie de délicieux sorbets laissés sans surveillance faisait de l'œil à l'adolescent. Sa conscience – oui, il en avait une – le dissuada de s'adonner aux pratiques de l'oncle Ed, même si elles étaient fort alléchantes. Il se força à ne pas loucher sur le parfum citron et vrilla lui aussi son regard sur le London Eye. Et s'il bondissait lui aussi dans une nacelle ?

« C'est une hallucination, pas possible qu'il en soit autrement ! » lança un certain Ken.

Donald, stoppé dans son élan, ne put se retenir de répondre :

« Oui, vous avez dû attraper une insolation. Vous savez, c'est dangereux de rester trop longtemps sous un soleil qui tape aussi fort ! Vous devriez vous acheter quelque chose pour vous couvrir la tête, comme le ravissant bob de la dame qui fait de grands gestes tout là-haut... »

On avait vu plus crédible, comme excuse. Il ferait mieux la prochaine fois, songea-t-il en mâchant le dernier bout de son cornet – car il avait fermement décidé qu'il donnerait un coup de main aux agents de l'ordre, bien qu'il n'en ait vu aucun par ici. Soudain, quelqu'un lui agrippa violemment l'épaule. Une Moldue complètement paniquée s'accrochait à lui (ce n'était pas pour lui déplaire), à côté de laquelle une autre fille, complètement indifférente à l'émoi de sa copine, pianotait à toute vitesse sur son portable – elle devait sûrement mettre au courant les trois quarts de son école.

« Calme-toi, bredouilla-t-il pour la rassurer, c'est probablement un effet d'optique, une attraction qu'ils ont mis en place. Ils ont voulu nous faire une surprise, un petit tour de magie... termina-t-il en butant sur le dernier mot. »

La Moldue ne se calmait pas, aussi redoubla-t-il d'efforts. Il sentit à peine une main lui tapoter le bras. Il était occupé ; il ne prêta donc aucune attention à cette personne. Cependant, celle-ci ne cessait pas de l'interpeller et de lui tirer la manche, si bien que Donald, énervé d'être ainsi dérangé dans sa tâche, se retourna d'un coup et aboya :

« Toi, je t'ai pas demandé la couleur de ton caleçon ! »

Il regretta de n'avoir pas fait preuve d'un peu de délicatesse en se rendant compte que la personne sur laquelle il avait rugi et postillonné était une tout petite fille. Bouche bée, il avisa sa mine défaite et effrayée et les larmes qui ravageaient ses joues rondes. Il lui fit un grand sourire édenté (une de ses dernières dents de lait était tombée voilà trois jours).

« Tu as perdu tes parents ? » demanda-t-il le plus gentiment possible.

Pour toute réponse, elle s'enfuit en courant.

Grommelant des insanités à l'envers de la pagaille générale, Donald prit la décision de ne pas abandonner ce petit bout de femme à une mort certaine par piétinement. Il abandonna l'hystérique aux bras de son ami/petit-ami/frère/cousin/gars qui passait par là. Celui-ci l'apaisa instantanément – en voilà un qui rendait un fier service à la communauté, se dit Donald tout en rejoignant le marchand de glaces, son point repaire depuis le début du chaos. Il commença à escalader la camionnette et se retrouva sur le toit en moins de deux. En règle générale, il n'était pas très sportif, mais grimper était comme une seconde nature chez lui. Il adorait sauter de branche en branche, atteindre la cime des arbres, poser ses pieds dans les interstices des murs et marcher sur le toit. En grimpant, il avait l'impression qu'un jour, avec un peu de chance, il pourrait s'élever au rang des étoiles. La main au dessus des yeux, le garçon jeta un regard circulaire sur l'esplanade mais bien entendu, impossible de localiser la gamine aux tresses blondes. C'était comme chercher sa baguette dans un tas de fagots. Il remarqua cependant une silhouette s'éloigner en courant et transplaner dans une ruelle avoisinante. Sûrement un Auror. Donald haussa les épaules et descendit de son perchoir. Il avait déjà oublié la petite fille.
Steven HarrissonPréfet en Chefavatar
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Dernière édition par Steven Harrisson le Dim 1 Sep 2013 - 14:40, édité 1 fois
Le regard fixé sur le London Eye complètement disparu, le cœur battant aux tempes, Steven réfléchissait à toute vitesse. Que fallait-il faire ? Rester planté là à attendre que la panique passe ou bien chercher à aider ? Mais aider qui ? Et faire comment ? Il jeta un coup d’œil à sa mère qui tenait à présent sa sœur dans ses bras. Kevin regardait partout, complètement affolé par la foule qui cherchait à partir. Avant tout le monde était tourné dans le même sens: vers la scène. Mais là, on cherchait à partir en panique, bousculant au passage des personnes paralysé par la peur ou la surprise. Des forces de l'ordre magique et moldu s'étaient organisées pour sécuriser le périmètre et beaucoup de monde leur hurlait dessus en se demandant ce qui se passait ou demandait tout simplement à partir. Soudain, pas très loin vers sa droite, Steven aperçut une tête brune, portée par un corps élancé et athlétique. Le Poufsouffle connaissait cette silhouette, elle apparut dans sa tête sur un balai volant renvoyant un Cognard. Il agita les bras.

- Samael ! Samael attends !


Trop tard, Samael s'éloignait déjà sans l'entendre. Sans savoir pourquoi et sans savoir en quoi l'aiderait son camarade, il tira Amély par le bras et s'élança à la recherche de Samael. Il entendit vaguement l'appel de sa mère qui lui disait de ne pas s'éloigner, mais sa voix se perdit dans le tumulte de la foule. Il chercha un bon moment mais ne retrouva pas Samael qui, visiblement, sembler enjamber tout le monde puisqu'il avait disparu comme il était apparu, il se rendit même compte au bout d'un certain temps qu'il tournait en rond. Un groupe le bouscula lui et Amély et Steven fut forcé à lâcher son bras. Il se retourna pour la voir mais il se retrouva le nez sous une aisselle bien odorante. Il grimaça de dégoût et quand il eut contourné l'homme, Amély avait disparue. Il l'appela à grands cris, en vain. Il décida donc d'essayer de retourner vers le banc où il s'était trouvé il y a quelques minutes. Il failli heurter une femme de plein fouet qui semblait avoir les larmes aux yeux et qui criait à la cantonade si quelqu'un avait vu son fils. Il eut tellement de peine pour cette jeune femme qu'il lui tapota l'épaule.


- Excusez-moi, vous avez perdu votre fils ? Moi j'ai perdu ma meilleure amie... Vous voulez que je vous aide ? De toute façon, avec tout ce monde, je retrouverai pas ma mère. Vaut mieux attendre. Et...


Il hésita. Il avait envie de demander à cette femme si elle était une sorcière ou non. Mais il allait quand même pas lui demander: "Bonjour ! Seriez-vous une sorcière?". Il fallait trouver un moyen de se faire comprendre, comme un code. Il pointa un doigt sur des gens suspendus dans leur cabine désillusionnées et balbutia.


- Vous... vous savez ce que c'est ? Enfin je veux dire... euh... vous... vous voyez ? Soudain il trouva. Une idée lumineuse lui traversa l'esprit. Seul les sorciers pouvait connaître ça. Enfin, normalement.... Il risqua donc de lui demander, l'air tout à fait innocent Est-ce que la date du 2 mai 1998 vous évoque quelque chose ?


Bah oui, après tout. Le 2 mai 1998, une date historique et célébrée chez les sorciers. Enfin, peut-être chez certains moldus aussi. Pour une date de naissance par exemple. Il rougit, conscient qu'il avait peut-être fait une énorme bêtise.


HRP:
 
Nate WindstomQuatrième annéeavatar
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Dernière édition par Nate Windstom le Jeu 1 Aoû 2013 - 16:18, édité 1 fois
Les vacances avaient commencé depuis un bon moment déjà et Nate était ravi, il avait retrouvé son chez-lui et malgré ses craintes, tout était rapidement redevenu naturel. Bien entendu, il y avait eu quelques malaises, des conversations comprises de travers mais dans l'ensemble rien de bien grave et puis, cette année, il n'était pas le seul à être dans ce cas-là. Jude était rentré une semaine après lui et ils avaient retrouvé leurs automatismes, avec bonheur Nate pouvait affirmer qu'il n'y avait plus de tension entre eux, Jude avait désormais tourné la page et digéré le fait qu'il ne serait jamais sorcier, enfin, presque... Il était encore bien souvent nostalgique et ne voulait pas sortir dans le monde magique. C'est pourquoi lorsqu'un hibou était arrivé annonçant un concert de Voldy à Londres pour le 22 juillet, Nate avait sauté sur l'occasion. Il n'était pas un fan du groupe même si voir des sorciers et des Cracmols en symbiose était rassurant pour lui ; il n'était pas tellement musique tout court et puis les foules c'était pas son truc mais il était prêt à faire des efforts pour Jude, il avait tellement envie de partager des moments inédits avec son frère. Au final, c'est Jude qui avait été le plus emballé par l'idée, ravi d'aller à un concert et puis, malgré tout, le monde magique lui manquait un peu et c'était un bon compromis. C'est ainsi que les deux frères se retrouvèrent main dans la main avec leurs parents, chacun couvert de crème solaire, lunettes sur le nez, grâce à leurs forces conjuguées ils avaient échappé à la casquette (qui portait encore des casquettes de nos jours ?) mais ils n'avaient pu empêcher leur mère de leur fournir à chacun une bouteille d'eau enfermée dans un sac hysotherme du plus bel effet.

Ils transplanèrent dans une ruelle obscure, Nate fronça le nez face à l'odeur que dégageait une poubelle abandonnée, avec cette chaleur... Ils quittèrent l'ombre de la ruelle pour rejoindre les rues plus fréquentées, se mêlant à la foule. Guidés par leurs parents, les jumeaux parvinrent rapidement au pied du London Eye, ils n'étaient venu qu'une ou deux fois dans le Londres moldu, préférant aller à Cardiff, bien plus proche de chez eux. Comme tout bon touriste, ils fixèrent un moment les nacelles tournant en hauteur, bien trop haut pour Nate et il le fit savoir à son frère lorsque celui-ci commença à embêter leur mère pour y monter, de toute façon, vu la file d'attente c'était hors de question. Les jumeaux écoutèrent plus ou moins attentivement les dernières recommandations de leurs parents, le point de rendez-vous, l'heure de départ, ne pas suivre des étrangers... Oui, oui, Maman, on n'a plus 3 ans... Et enfin, ils purent se joindre à la foule patientant avec énervement face à la scène encore vide.

Bien vite, la chaleur devint vraiment insupportable et - un peu à contrecœur - Nate remercia mentalement sa mère de les avoir obligé à prendre de l'eau avec eux, ils n'auraient pas trop de deux bouteilles. Pour patienter, Nate s'adonna à son passe-temps habituel : observer ses voisins, sauf que cette fois, il pouvait discuter de ses impressions avec Jude, comme avant.

"Hey Nate ! On aurait pu mettre nos casquettes finalement, y'a pire que nous."

Nate tourna la tête dans la direction que lui indiquait son frère et après avoir observé pendant quelques instants la dame vêtue d'un bob du plus bel effet, il entreprit de l'imiter alors qu'elle critiquait visiblement l'accoutrement d'un groupe de punk. Il tourna ensuite la tête et manqua de s'étouffer :

"Jude ! T'as pas l'appareil photo ? Nan parce que lui, faudrait l'immortaliser. Sérieusement, une chemise hawaïenne avec une jupe de tailleur !"

Pendant que Jude prenait discrètement le sorcier avec son appareil photo moldu - souvenir, souvenir - Nate tenta de reconnaître quelques visages familiers, devant lui Zoé Zonko, une première année de sa maison, il lui fit un petit sourire lorsqu'elle se retourna mais n'osa pas aller la voir, ce n'était pas dans ses habitudes et puis, elle était visiblement de bien mauvaise humeur. A sa droite se tenait un groupe de septième ou septième bis, il ne savait pas trop, il ne les connaissait que de vu, ils n'étaient pas de sa maison. L'arrivée des musiciens lui donna une nouvelle source d'amusement et après quelques chansons, il se mit à se trémousser, emporté par l'ambiance et un peu poussé par Jude.

Il s'amusait comme un fou, sautillant en l'air, fredonnant des airs inconnus et chantonnant un charabia incompréhensible sur les chansons qu'il avait entendu à la radio.

"I'm proud to be a Muggleborn ! Proud to be a Muggleborn !"

Ces paroles, criées par Jude résonnaient étrangement aux oreilles de Nate mais bien vite il passa son bras sur les épaules de son frère et sauta avec lui en chantant de plus en plus fort. Il avait eu raison de faire cette sortie, ça lui faisait un bien fou de se défouler un peu pour une fois et puis, il était en si bonne compagnie. Il réalisa soudainement qu'il n'était pas ressorti en présence de sorciers avec son frère depuis l'arrivée de sa lettre de Poudlard. Un bail... Il chassa rapidement ces idées somme toute pas très joyeuse alors que Voldy entamait "Sea, Sun and Spell" faisant danser tout le monde malgré la chaleur étouffante, d'ailleurs, une jeune fille vêtue d'un "magnifique" tee-shirt violet imprimé du visage des membres du groupe venait de s'évanouir, elle était évacuée par le service de sécurité moldu. Les chansons défilaient et emporté par la musique, Nate ne remarqua pas directement le mouvement de panique qui enflait, ce n'est que lorsqu'il entendit une femme pousser un cri strident à sa gauche que Nate arrêta de se trémousser. Saisissant le bras de son frère, il pointa le doigt vers la grande roue.

"Regarde !"

Tous deux regardèrent avec ébahissement la grande roue disparaître peu à peu du paysage.

"Qu'est-ce qu'il se passe ?"

Inquiet, Jude regarda Nate semblant attendre de lui des réponses à ces questions. Nate resta un instant interdit, ne sachant que répondre, pourtant, il lui fallait dire quelque chose, ça avait toujours été comme ça, c'était lui qui avait la réponse aux questions. Alors, il se lança :

"Un sortilège, Désillusion peut-être ? Je ne sais pas trop, je n'ai pas encore étudié ce sort..."

La réponse sembla satisfaire Jude qui hocha la tête.

"Mais, heu, pourquoi ? Qui ?"
"J'ai... J'ai entendu parler d'un groupe terroriste, les Mardoliens, ils veulent abolir le Secret Magique. Tu n'en as pas entendu parler ?"
"Heu si, maintenant que tu le dis Maman a dû m'en parler mais, tu sais, je vis un peu coupé du monde magique..."

Oui, il savait, c'était bien le problème, enfin, des problèmes, il en avait d'autres en ce moment... Bousculé par la foule, ils devaient prendre une décision :

"Jude, on fait quoi ?"

Voilà, les réponses aux questions c'était lui, les décisions d'urgence, c'était Jude.

"Heu... Faut qu'on retrouve Papa et Maman, ils vont s'inquiéter."

Ils tentèrent alors de se frayer un chemin dans la foule de plus en plus paniquée. Main dans la main pour ne pas se perdre, ils marchaient - piétinaient serait plus juste - en tâchant de ne pas trop bousculer leurs voisins. Jude tira vivement Nate et celui-ci percuta l'épaule d'une jeune femme brune qui tourna vers lui un visage baigné de larme en demandant désespérément s'il n'avait pas vu son fils. Heu... A vrai dire, il n'avait pas fait attention dans la précipitation et puis, un petit bonhomme, c'était pas bien haut... mais il ne pouvait pas laisser la jeune femme ainsi alors il tâcha maladroitement de la réconforter :

"Je, je ne l'ai pas vu mais ne vous inquiétez pas, il y a des policiers partout qui gèrent la foule, vous devriez aller les voir. Ne vous inquiétez pas, quelqu'un va vous le ramener."

Il eut juste le temps de lui lancer un vague "bon courage" avant d'être entraîné dans une autre direction. Ils arrivaient à la limite de la foule, soulagés ils pensèrent à leurs parents qu'ils allaient retrouver, ils avaient beau faire les grands, eux aussi dans de telles circonstances avaient envie d'être auprès de leurs parents et avec un pincement au cœur, Nate pensa au petit garçon perdu... Il n'avait même pas demandé son nom... Mais alors qu'ils s'avançaient, un homme en uniforme les arrêta : interdiction de quitter les lieux, risque d'attentat à la bombe. Attentat à la bombe ? Nate doutait fort de cette version mais il acquiesça et ils s'éloignèrent un peu, prenant leur mal en patience, attendant de voir ce qui allait se passer.

 
Nora WeaverAubergisteavatar
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Il faisait une chaleur insupportable, et la chambre de Nora, juste sous les combles, était une vraie fournaise. La jeune fille n'arrivait à rien d'autre qu'à rester allongée toute la journée, à feuilleter des magazines, écrire des lettres à Irving ou simplement fixer le plafond. Elle aurait adoré habiter en bord de mer, ou près d'un lac, d'une rivière, d'un étang, de n'importe quelle surface d'eau fraiche à vrai dire. Malheureusement elle était perdue au beau milieu de la campagne anglaise, entourée de...rien. D'herbe desséchée et de champs de céréales. La jeune fille soupira et se décida à se lever pour descendre chercher un verre de jus de fruit frais à la cuisine. Ses parents travaillaient, comme tous les été -l'inconvénient du Département des Transports Magiques- mais Amely et Paul étaient à la maison, et tournèrent tous les deux la tête en l'entendant arriver.

"Tu es sûre que tu ne veux pas venir avec nous ? Je croyais que tu aimais bien Voldy !"

Oui, Nora aimait bien Voldy. Elle était un peu jeune au moment de leur apogée presque dix ans plus tôt mais elle adorait leurs dernières chansons, elle connaissait Kidnapp My Heart par cœur. La vérité était qu'elle aurait adoré se rendre à ce concert, mais pas avec Paul et Amely. Irving adorait Voldy lui aussi, et elle était certaine qu'ils se seraient beaucoup amusé au concert, tous les deux. Elle n'avait envie d'y aller avec personne d'autre, parce que ce serait forcément moins bien que ce que ça aurait pu l'être. Ce n'était pas très positif comme état d'esprit, et il faudrait bien qu'elle arrête de se morfondre un jour où l'autre. Mais l'une des personne auxquelles elle tenait le plus venait de s'installer outre-manche, elle estimait qu'elle avait le droit de trainer des pieds tout l'été.

"Et puis ça te fera prendre un peu l'air, suggéra Paul avec un large sourire.
-Et quelques couleurs aussi ! Ça ne te fera pas de mal !"

Charmante façon de lui dire qu'elle avait une mine de cadavre fraichement déterré. Nora se servit un verre de jus d'orange et en but une gorgée avant de hausser les épaules. Après tout pourquoi pas, elle croiserait peut-être des camarades de Poudlard là-bas. Elle n'était pas sortie depuis le début de l'été, ça lui ferait du bien de discuter un peu avec des amis. Elle baissa alors les yeux sur sa tenue, un vieux short gris et un débardeur bleu délavé, et grimaça.

"Bon, je vais me changer, j'arrive."

Elle ponctua sa phrase d'un sourire, l'idée de se rendre au concert commençait à lui plaire même si elle risquait de tenir un peu la chandelle. Elle remonta dans sa chambre en courant et se décida pour un autre short, et un autre débardeur. Pas follement original, mais pratique. Elle détacha ses cheveux et attrappa un grand sac dans lequel elle fourra son appareil photo, sa baguette et un peu de monnaie. Cinq minutes plus tard elle sortait de sa chambre, après avoir posé ses lunettes de soleil sur son nez. Sa sœur l'attendait au bas des escaliers, ravissante dans sa longue robe d'été à fleurs. Nora adorait les robes longues, mais son pauvre mètre cinquante-cinq ne lui permettait malheureusement d'en porter. Elle n'avait pas du tout la silhouette pour, contrairement à sa sœur à qui cela allait particulièrement bien. Amely expliqua qu'ils ne pouvaient pas directement transplaner jusqu'à l’esplanade ou aurait lieu le concert étant donné qu'il y aurait beaucoup de moldus et ils choisirent donc de voyager par cheminée.

Quelques minutes plus tard, ils arrivaient au pied du London Eye, où se trouvaient déjà des centaines de personnes, peut-être même des milliers, Nora avait du mal à évaluer. Ils se frayèrent un chemin parmi la foule pour se rapprocher un peu de la scène. La Poufsouffle promena un regard amusé sur les sorciers qui s'était un peu trompé en voulant s'habiller en moldu et se retrouvaient en pyjama ou en tenue de femme pour les hommes. Ses deux parents étaient sorciers mais sa mère était née-moldue, ce qui évitait à Nora de faire ce genre de bêtises. Son père avait mis fin à la lignée des Weaver avec son mariage. Les Weaver était une petite famille de sang-pur qui n'avait jamais été très influente et qui aurait dû s'éteindre depuis déjà plusieurs générations. Nora ne connaissait pas du tout sa famille paternelle. Elle croyait vaguement se souvenir du fait que la cousine de son père s'était mariée avec un Keller, et était la mère d'Ulrich, Ahren et Kathrina, actuellement à Poudlard.

"J'adore cette chanson ! s'écria Amely alors que le groupe entamait "Thinking of you".
-Elle est connue jusqu'en France celle-ci, lui répondit Paul en passant ses bras autours de sa taille. C'est une de mes préférés aussi."

Nora reporta son attention sur la scène alors que sa sœur embrassait son petit-ami à pleine bouche. C'était une des raison qui faisait qu'elle n'aimait pas plus que ça sortir avec Amely et Paul. Elle aurait bien aimé passé des moments seule avec sa sœur pendant les vacances, mais visiblement Paul avait l'intention de squatter tout l'été. C'était un garçon très gentil bien entendu, trop gentil même, mais elle avait l'impression qu'il l'éclipsait complètement. Nora secoua la tête pour chasser ces pensées peu charitables de son esprit et se joignit au reste de la foule pour applaudir avec enthousiasme. En jetant un regard du coté d'Amely, elle remarqua que son ainé était en train de fouiller dans la pochette qu'elle portait en bandoulière. Elle en sortit quelques pièces qu'elle tendit à Nora avec un sourire.

"Tiens, tu veux bien aller nous chercher des glaces Poussin ?
-Euh....Oui, bien sûr...répondit Nora en promenant son regard sur les environs à la recherche d'un marchand de glace, qu'elle finit par apercevoir, de l'autre coté de l'esplanade.
-Pistache pour moi et...?
-Chocolat.
-D'accord."

La jeune fille entreprit alors de jouer des coudes pour traverse la foule, s’arrêtant de temps en temps pour regarder ce qui se passait sur scène. Elle crut apercevoir Steven Harrison à un moment donné, mais n'était pas certaine que ce soit lui et ne s'arrêta pas. Elle était presque arrivée jusqu'au vendeur de glace, et se demandait comment elle allait pouvoir faire le trajet inverse avec trois glaces dans les mains, sans utiliser la magie. Elle n'eut toutefois pas le temps de se pencher plus longtemps sur cette question épineuse car un cri derrière elle la fit se retourner vivement. Plusieurs personnes avaient le regard rivé sur la scène, et les yeux arrondis de surprise. Certains semblaient même avoir....peur ? Nora tourna la tête vers la scène et laissa tomber les pièces qu'elle tenait sous le coup de la surprise. Le London Eye disparaissait, lentement mais surement. C'était comme si un liquide transparant dégoulinait le long de la grande roue pour l'effacer au fur et à mesure. Un sortilège de désillusion, sans aucun doute. Les cris se firent plus nombreux, plusieurs personnes s'agitèrent dans tous les sens, bousculant tout le monde sur leur passage. C'était la panique totale et une seule question était sur toutes les lèvres "Qu'est-ce qui se passe ?"

Nora n'en savait rien, de ce qui se passait. Tous les sorciers présents savaient parfaitement qu'il y avait des moldus dans l'assemblée et qu'il ne fallait pas utiliser la magie. Et puis, il fallait forcément s'y mettre à plusieurs pour désillusionner un si gros objet. Qui pourrait vouloir faire une telle chose ? Peut-être les Mardoliens, songea-t-elle avec effroi. Ils étaient en train de faire tomber le secret magique. Par le caleçon le plus avachi de Merlin ! La panique gagnait de plus en plus de monde, elle entendit même un moldu parler de bombe. Il fallait absolument qu'elle retrouve sa sœur. Mais elle ne voyait pas à deux mètres devant elle, entourée de gens qui la dépassait de quelques dizaines de centimètres. Elle tourna sur elle-même, cherchant désespérément du regard un visage familier. Elle dut retenir une exclamation de victoire en reconnaissant Donald McWilde, debout sur la camionnette du marchand de glace. Elle connaissait un peu le Gryffondor, pour l'avoir vu au nouvel an et croisé lorsqu'elle rejoignait Irving après les répétitions des Dark Boursoufs. Ils n'étaient pas vraiment amis, mais elle l'aimait bien, et puis c'était rassurant de se trouver face à une connaissance, au milieu de tous ces inconnus. Elle se dirigea aussitôt vers la camionnette mais quand elle l'atteignit enfin, Donald en était descendu. Elle remarqua que le Gryffondor était seul et se demanda s'il avait lui aussi perdu la famille qui l'accompagnait.

"Salut Donald ! T'es tout seul ? demanda-t-elle en criant un peu pour se faire entendre. Tu sais ce qui se passe ?
"

Il y avait peu de chances que la réponse à cette dernière question soit positive, personne en semblait comprendre ce qui était en train de se passer, mais elle pouvait toujours espérer.

"J'ai perdu ma sœur, tu penses que tu peux m'aider à grimper là-haut pour que j'essaie de la voir ?"

Elle ne l'avait pas remarqué en y voyant Donald, un instant plus tôt, mais cette camionnette était quand même assez haute et maintenant qu'elle y était, elle ne voyait pas du tout comment elle pourrait s'y prendre pour l'escalader. Mais elle n'avait pas le choix, si elle voulait repérer sa sœur et Paul, elle devait prendre de la hauteur.


Lys BluesQuatrième annéeavatar
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Lys venait arriver devant le London Eye. Mrs Blues dit alors à sa fille:


-Ma chérie je vais bientôt aller chez le docteur. N'oublie pas ne parles  à personnes que tu connaît pas,je vient te chercher a 16h je t'attendrait ici et si le concert se termine avant tu m'attend ici d'accord.

-D'accord maman je te promet. Maintenant tu peux me laisser le concert va commencer.


- Bon d'accord ma puce j'y vais à tout à l'heure.


-A tout à l'heure maman


Lys pénétra dans la foule quand elle entendit quelqu'un l'appeler "Lysou" elle se retouna pour voir qui c'était même si elle le devinait. Quand notre troisième année se retourna elle vit sans surprise son amie Devin lui faire un câlin. Devin là lâche et commença à sauter sur place puis dit:

 -J'suis trop contente que tu sois là Lysou ! C'est trop génial ! Et en plus Voldy sont trop trop bieeen!


-Oh oui j'adore  Voldy c'est mon groupe préféré du coté sorcier et du côté moldu!


-C'est un de mes chansons préférées ! dit Devin en attrapant le bras de Lys. 

-Ah bon ! Moi aussi j'adore cette chanson ! Je l'as chante tout le temps ! répondit Lys.

Puis nos deux sorcières chantèrent  les paroles des chansons qui défilait et Lys dansa en même temps.Tout en pensant que les musiciens sont plutôt mignons. Quand tout à coup elle entendit des personnes hurlaient. Lys tourna alors là tête vers l'endroit où le cri le plus proche venait. Puis elle vit plusieurs doigts désignant le London Eye. Lys regarda alors le London Eye et vus qu'il commença à disparaître et voit les gens a l'intérieur terrifier. Lys se tourna pour voir la réactions de Devin,mais celle-ci était plongées dans ses pensées. Lys lui donna alors un coup de coude à Devin se retourna et Lys lui montra alors le London Eye. 
 
-Lysou,dit faiblement Devin,qu'est-ce qui se passe?


-Je sais pas Devin, je sais pas. Mais je sûre que c'est de la magie,répondit tout aussi faiblement Lys.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott échangea un regard dépité avec Jensen et haussa les épaules alors que Charlotte et Lilly évoquait l'enterrement de vie de jeune fille de cette dernière. Il ne voulait même pas savoir ce qui allait se passer pendant cette soirée. Avec un peu de volonté il arriverait à se convaincre qu'elle allait juste faire un peu la fête entre filles, et il préférait s'en tenir à cette version sans doute édulcorée. Ce qu'il ignorait ne pouvait pas lui faire de torts après tout. Et puis, si c'était une institution, elles ne pouvaient pas passer à coté. Il reporta son attention sur le groupe qui entamait une nouvelle chanson, la préférée des deux meilleures amies visiblement. Oubliant momentanément la chaleur, il passa ses bras autours de la taille de Charlotte, qui s'était appuyée contre son torse, en faisant tout de même attention à ses coups de soleil.

Il s'amusait à promener son regard un peu partout autour de lui, s'amusant à se demander qui était moldu et qui était sorcier. C'était parfois facile à deviner, cet homme en chemise de nuit ne pouvait venir que du monde magique, mais ce n'était pas toujours évident. Cette dame avec un bob affreux qui montait dans une nacelle du London Eye avait-elle simplement des goûts douteux ou était-elle plus habituée aux couvre-chefs sorciers ? Il reportait son attention sur la scène quand un cri derrière eux le fit se retourner. Plusieurs personnes levaient les yeux vers le ciel et certains pointaient même la grande roue du doigt. Il suivit leurs regards et ses yeux s'arrondirent de surprise quand il vit le London Eye disparaitre. Petit à petit, le sommet de la grande roue devenait invisible, comme si on le couvrait lentement d'une cape d'invisibilité. Un sortilège de désillusion, c'était certain. Devant des moldus, des dizaines, des centaines, peut-être des milliers de moldus. Une vraie situation de crise.

Avant même qu'il ne s'en rende compte, Charlotte avait quitté ses bras et s'était volatilisé. Il savait qu'elle était certainement partie pour retrouver ses collègues, mais s'inquiétait malgré lui et ne serait rassuré que lorsqu'elle serait de retour, et qu’ils sauraient ce qui se passait. Seuls plusieurs sorciers réunis pouvaient jeter un sortilège de désillusion d'une telle puissance. Un seul groupe pouvait vouloir réaliser une telle opération, les Mardoliens. Eliott comprit à la flopée de jurons que laissa échapper Lilly qu'il avait vu juste. Les Oubliators ne devaient pas beaucoup les aimer ceux-là. Et ils avaient bien raison, songea-t-il en observant les moldus paniqués qui se retrouvaient suspendus dans le vide, les nacelles du London Eye disparaissant les unes après les autres. C'était sans doute la plus grosse entorse au secret magique depuis des décennies. Comment allaient-ils pouvoir rattraper ça ? Il y avait trop de témoins et c'était quelque chose de trop énorme, prétendre à un effet d'optique aurait été prendre les moldus pour des idiots, il faudrait un mensonge plus convaincant que ça. Mais les moldus n'étaient pas les seuls à paniquer, le groupe avait cessé de jouer et la peur gagnait tout le monde. Il aperçut même une jeune fille se frayer un chemin parmi la foule, sa baguette brandie devant elle et l'air complètement perdu. Il n'était plus à une entorse au secret magique près après tout.

Charlotte revint après quelques minutes, et leur confirma que c'était bel et bien un attentat mardolien. Eliott pressa doucement sa main dans la sienne, rassuré de la retrouver si rapidement. Elle leur expliqua qu'elle ne pouvait pas intervenir pour le moment -pas plus que Lilly- et qu'ils n'avaient qu'à essayer de trouver les autres sorciers pour les calmer. Ça n'allait pas être facile, Eliott s'était prêté à l'exercice quelques instants plus tôt et mis à part quelques originaux, il était quasiment impossible de distinguer les sorciers des moldus. Ils balayèrent tous les environs du regard, à la recherche de visage familiers, et Jensen attira leur attention sur un enfant de trois ou quatre ans perdu au milieu de la foule. Ils s'en approchèrent doucement et Lilly lui demanda son prénom avant de le prendre dans ses bras. Il s'avéra que le petit Lennon avait en effet perdu sa maman. La pauvre devait être folle d'inquiétude de savoir son fils tout seul au milieu de toute cette agitation.

Eliott attrapa le petit garçon que Lilly lui tendait et le cala dans ses bras avant de sécher les grosses larmes qui avaient coulé sur ses joues. Le pauvre avait l'air terrifié. Tout devait paraitre encore plus impressionnant, quand on était si petit.

"Gentille" répondit le petit avec un hoquet quand Lilly lui demanda comment était sa maman.

La réponse, bien qu'attendrissant, n'allait pas leur être très utile. Il y avait sans doute des tas de jeunes femmes très gentilles parmi la foule, et ce n'était pas vraiment un critère de distinction très visible. Eliott échangea un regard mi-amusé mi-attendri avec Charlotte avant de reporter son attention sur le petit garçon. Il était adorable, ce petit, mais il devenait urgent de le ramener à sa mère.

"Tu connais le prénom de ta maman ? tenta-t-il avec un sourire qui se voulait rassurant, en priant pour que le petit ne lui réponde pas que sa maman s'appelait maman, évidement.
-Nathalie."

C'était déjà mieux. Ils cherchaient une gentille Nathalie. S'ils n'avaient pas été parmi des centaines de moldus, un sonorus et l'affaire aurait été réglée en quelques minutes malheureusement ils n'avaient pas le droit de se servir de la magie. Eliott promena son regard autours de lui, dans l'espoir d'apercevoir une jeune femme paniquée en train de chercher quelqu'un, mais ne vit rien. Dépité, il interrogea les trois autres du regard. Devaient-ils rester ici, en partant du principe que le petit était resté là où sa mère l'avait laissé et que celle-ci reviendrait forcément à cet endroit ? Ou devaient-ils sillonner la foule à la recherche d'une Nathalie, prenant le risque de la croiser sans la voir ?


Donald McWildeCinquième annéeavatar
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Donald sourit à la personne qui l'avait interpellé. C'était Nora Weaver ; il l'aimait bien, elle était très gentille. Il n'avait jamais vraiment discuté avec elle mais la connaissait en tant que meilleure amie d'Irving. Ce prénom lui rappela que son nouvel ami partait en France, et un voile de tristesse passa momentanément devant ses yeux. S'il était mal en raison du départ d'Irving, il n'osait même pas imaginer ce que devait ressentir Nora. Elle était son amie depuis déjà plusieurs années. Et même sa meilleure amie, si ce n'était plus, mais Donald n'était pas très doué pour identifier ces choses-là.

« Salut Nora ! Ça va ? Mon oncle m'a juste amené au concert, précisa-t-il, donc oui je suis tout seul. »

Pas très prudent d'abandonner un garçon d'un peu plus de treize ans dans cette foule monstrueuse. Pas que Donald se soit déjà plaint de cette liberté inhabituelle dont il profitait, il était débrouillard. Ses parents n'ignoraient pas que l'oncle Ed était irresponsable, ce pourquoi ils avaient beaucoup hésité avant de laisser leur fils partir à Londres avec lui. Ils avaient finalement cédé pour une bonne et simple raison : contrairement aux personnes qu'elle rendait molles et amorphes, la chaleur énervait Donald. Il avait donc passé les premières semaines de ses vacances à courir partout comme un forcené, s'agiter dans la maison et jouer de la batterie – la vieille de son frère, puisqu'Ana Sorden avait confisqué la sienne. Cela avait eu le don d'irriter fortement son père dont le seul désir en ces jours d'été était de faire la sieste au calme et au frais.

Nora lui demanda s'il savait ce qu'il se passait.

« J'en sais pas plus que toi, avoua-t-il en se grattant la nuque. Une attaque mardolienne, sans aucun doute, ajouta-t-il inutilement. Je crois que les Aurors et les policiers tentent pour l'instant de rassurer tout le monde. »

Il avait baissé la voix par sécurité, mais la cohue était si forte qu'il était si forte que les Moldus qui les entouraient ne risquaient pas de les entendre. Ça criait des insanités de partout, la bombe, la fin du monde, les enfants cherchaient leurs parents et vice-versa, bref, une pagaille la plus totale. Donald se demandait comment le Ministère allait réussir à gommer les traces de cet attentat. Les Oubliators effaceraient-ils la mémoire de centaines de personnes ? C'était une entreprise considérable, d'autant plus que grâce aux nouveaux moyens de communication, la nouvelle aurait bientôt fait le tour du monde. Un certain nombre de personnes devait avoir déjà averti leurs familles et amis par téléphone, d'autres avaient peut-être quitté le périmètre avant qu'il ne soit encerclé par les forces de l'ordre, et c'était sans compter les habitants de cette partie de Londres qui avaient sûrement fait circuler l'information à une vitesse incroyable. Tout compte fait, le Secret Magique était peut-être en train de tomber. Et Donald était persuadé que c'était une mauvaise chose.

Il essaya d'imaginer une vie sans se cacher des Moldus. Il se vit en train d'annoncer à ses anciens copains d'école et au reste de sa famille que lui aussi était un Sorcier. Vu comment ses parents avaient réagi, il n'attendait pas avec impatience de retenter l'expérience. Sa mère avait failli le mettre en observation dans un hôpital psychiatrique et avait rendu visite à une vingtaine de médecins pour déceler quelle était la tare dont son fiston était atteint. Pas par rejet de la magie. Surtout par refus d'y croire. Ce fut une des périodes les plus sombres de la courte existence de Donald ; à ce jour, il détestait encore les docteurs. Aussi ne parvenait-il pas à accepter que les Sorciers dévoilent leur nature au grand jour. Certes, certains Moldus seraient compréhensifs, mais il ne pouvait s'empêcher d'entrevoir une armée de scientifiques fascinés par ce nouveau mystère que serait pour eux la Magie, désireux d'étudier les Sorciers, de chercher l'origine de leur pouvoir, d'expliquer ce phénomène, de tenter de rendre rationnel ce qui ne l'était pas. Donald ne voulait pas qu'on le coupe en morceaux pour découvrir ce qu'il y avait à l'intérieur.

Les Moldus s'immisceraient dans leur univers, or la dernière fois qu'ils avaient débarqué à Poudlard, il s'était retrouvé enfermé en compagnie d'un fauteuil volant en feu. Qu'adviendrait-il alors si... La requête assez singulière de Nora eut le mérite de l'extirper de ses pensées. C'était la première fois que quelqu'un sollicitait l'aide de Donald, aussi fut-il très fier que la jeune fille lui ait demandé de monter sur la camionnette.

« Comment est ta sœur ? Je peux peut-être t'aider à la chercher. »

Il n'avait pas réfléchi en posant cette question, mais peut-être connaissait-il la grande sœur de Nora Weaver. Weaver... Amely Weaver ! Il n'en avait qu'un vague souvenir puisqu'il venait d'entrer à Poudlard tandis qu'elle y passait sa dernière année. Elle était assez populaire ; malgré cela, il n'en gardait qu'un très vague souvenir... Son visage ne lui revenait pas, mais il lui semblait qu'elle avait les cheveux blonds.

« Viens ! Tu verras, c'est facile ! » lança-t-il à Nora, enjoué.

Dans la plupart des situations, Donald trouvait le moyen de s'amuser, preuve que son optimisme était quasiment irréductible. Lui qui détestait l'ennui, se morfondre n'était pas dans ses habitudes. Il vivait dans l'optique que c'était bien plus agréable d'agir dans la bonne humeur que de subir dans la morosité. Il vérifia que le marchand de glaces était toujours occupé – celui-ci était en pleine conversation avec un jeune garçon à l'air apathique – et se hissa sur le rebord de la large fenêtre ouverte sur un assortiment de glaces plus appétissantes les unes que les autres. Il tendit sa main à la jeune fille, l'incitant à l'attraper pour qu'elle le rejoigne à son tour. Ainsi perché, la tête de Donald dépassait le toit de la camionnette. Il attrapa l'une des barres du toit et passa une des jambes par dessus. Le reste de son corps suivit. Il aida Nora à faire de même ; elle était un peu plus grande qui lui, ce ne fut pas bien difficile.

« Le secret, quand on grimpe, c'est de trouver les bons appuis » dit Donald d'un ton docte.

Le garçon se mit à chercher dans la foule une chevelure semblable à celle de Nora, éclatante de soleil. Ils avaient une vue d'ensemble sur l'esplanade, c'était bien plus pratique que d'être ballotté au milieu d'une marée humaine sans rien voir de ce qu'il se passait – et avec la peur de se noyer.
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