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 Errare humanum est [Samaël, Théo & Théodore Cromwell]

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Théodore Cromwell

15 juillet 2007

Théodore jeta un coup d’œil à son reflet, et s’adressa un sourire qu’il voulait assuré et confiant. Le miroir lui renvoya l’image d’un homme au teint pâle, fatigué, presque maladif. Il bomba le torse, passa une main sans ses cheveux noirs, et posa ses deux mains de part et d’autre du lavabo en émail. Il s’observa attentivement, avant de secouer la tête. Il sortait de vingt ans de prison, il ne pouvait décidément pas avoir bonne mine. De plus, il ne se sentait pas foncièrement bien depuis ce matin. Il fallait dire que la perspective de la rencontre avec son fils avait beau le réjouir, il se sentait néanmoins un peu anxieux. Son fils, par Merlin ! Alors un peu de nerf Cromwell, se morigéna-t-il en se redressa, avant d’allumer l’eau pour se passer le visage sous l’eau froide. Il attrapa une serviette qui traînait au sol et se l’essuya, avant de quitter la salle de bain pour se rendre dans le salon. Quel salon impersonnel, nota-t-il en laissant vagabonder son regard autour de lui. Un canapé, deux fauteuils, une petite table basse grise, un tapis. Pas de photos, pas de petites babioles à entreposer. Il avait été coupé du monde pendant vingt ans, et il le ressentait pleinement. Cependant, malgré ça, il avait tenu à recevoir Samaël chez lui, plutôt que de le rencontrer dans un lieu public. Il préférait que cela se passe dans la plus grande intimité, plutôt que d’être exposé au regard des autres. Aussi, dans une lettre, il avait donné au jeune homme l’adresse de son petit studio, qu’il avait acheté quelques temps auparavant. Dans un quartier pas très bien fréquenté de Londres, dans un vieil immeuble qui tombait en ruine. Une chambre dans laquelle il y avait tout juste la place de mettre un lit, une cuisine, un salon, une salle-de-bain minuscule. Et pourtant, il y était tout à son aise, après avoir vécu si longtemps dans une cellule lugubre. Il soupira. Les autres ne devaient pas savoir la chance qu’ils avaient, d’avoir toujours pu vivre dans le confort.

Il ne manquait plus qu’une chose à son petit bonheur personnel : Samaël Smith. Et, même s’il portait le nom de cet homme, il ne restait pas moins pour lui Samaël Cromwell, son fils biologique. Il y avait longuement songé, en prison. Il avait réfléchi à son acte, à ce qu’il entraînait. Il avait revu le visage d’Evangeline, avait réfléchi à ce qu’il avait ressenti, lui, en commettant son crime. Il avait longuement essayé de s’imaginer le visage de son fils, de se le représenter, en vain. Puis, plus les jours, les mois, les années, passaient, plus l’idée de le rencontrer avait fait son chemin dans son esprit. Quelques fois, il s’était reprit. Samaël n’avait sûrement pas envie de le voir, et c’était compréhensible. Puis, bien souvent, l’orgueil, la prétention et la vanité qui le caractérisait reprenait le dessus. Si le jeune homme était là, c’était grâce à lui. Sans son crime, jamais Samaël ne serait venu au monde. Alors certes, son acte était condamnable, il le reconnaissait. Mais son fils lui devait la vie, malgré tout. Et ne disait-on pas que les liens du sang étaient plus forts que tout ? Il soupira, lança un regard vers la fenêtre.

Evidemment, il ne demandait pas forcément d’avoir une relation père/fils avec lui. Juste à le rencontrer, à le connaître. Et cette idée était tant ancrée dans son esprit qu’elle était devenue une obsession pour lui. Un jour, il rencontrerait Samaël, et ce jour était arrivé, après plus de vingt ans. Enfin. Il se redressa, releva la tête. A ses yeux, il devait être un monstre sans cœur, mais espérait que le jeune homme saurait passer au dessus de ça, au dessus de la mort de sa mère. Il n’avait qu’une notion très vague de la mort, du deuil. Mais cela faisait longtemps qu’Evangeline avait mis fin à ses jours, Samaël pouvait aisément oublier cela, il y croyait avec la force du désespoir. Il fit nerveusement les cent-pas dans son petit salon, en marmonnant. Son fils ne pouvait nier leur lien de parenté. Il était son père, son réel père, même si cet inconnu avait pris sa place après son arrestation. Et il était bien décidé à expliquer cela à Samaël. C’était son plus grand souhait, après tout, trouver une place dans la vie de son fils, si infime soit elle. Le souhait qui l’avait fait tenir, pendant ces vingt longues années.

Il s’arrêta brusquement, il entendait des pas, dans les escaliers. Il prit une longue inspiration, se posta devant sa porte d’entrée, et attendit. Lorsque quelques coups retentirent sur la porte, Théodore posa immédiatement sa main sur la poignée. Après quelques secondes, il ouvrit, et resta sans voix quelques instants en tombant sur deux jeunes hommes. Il observa moins d’une seconde l’un, petit, et reporta immédiatement son attention sur le plus grand des deux. Il lui ressemblait tellement, nota-t-il avant stupéfaction. C’était quasiment son portrait craché, lorsqu’il était plus jeune.

« Bonjour Samaël. déclara-t-il, la voix vibrante d’émotion ; un léger sourire s’afficha brièvement, sur son visage. « Bonjour, jeune homme, vous êtes… ? » demanda-t-il ensuite en posant son regard sur celui qui accompagnait Samaël. « Entrez ! » fit-il en s’effaçant pour les laisser pénétrer dans l’appartement, et les conduisant jusqu’au canapé, où il les pria de s’asseoir, les yeux toujours fixés sur son fils.

« Comment vas-tu ? » questionna Théodore avant de se reprendre, prenant conscience qu’ils n’étaient pas seuls. « Je veux dire, comment allez-vous ? » Il s’assit à son tour. « Je peux vous offrir quelque chose à boire ? » finit-il, plus par politesse qu’autre chose, impatient de commencer cette conversation.
Samaël SmithAncien personnageavatar
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Samaël ajusta son col de chemise et observa quelques instant son reflet dans le miroir, il était vêtu simplement, un jean et une chemise bleue à carreaux ouverte sur un T-shirt blanc. Le tout accompagné de baskets en toile. De légères cernes étaient visibles sous ses yeux, il avait très mal dormi, angoissé à l'idée de cette rencontre. Il se demandait si c'était réellement une bonne idée d'avoir accepté de voir cet homme. Il avait peur, peur de ce qu'il allait découvrir, peur de ce qu'il pourrait entendre et pendant un instant, il ne voulait plus y aller, il ne voulait plus voir ce Théodore Cromwell. Cet homme sans qui rien ne serait jamais arrivé. Mais il voulait savoir, il voulait comprendre et il voulait le voir, au moins une fois, savoir à quoi il ressemblait, mettre un visage sur ce nom qui avait marqué toute son enfance.

Il inspira profondément et caressa frénétiquement Creepy entre les oreilles, il aurait bien emmené sa petite boule de poil avec lui, rien que pour avoir son ronronnement rassurant avec lui mais ce n'était pas possible, un si petit chat, il était hors de question que cet homme pose les yeux sur le chaton. Heureusement Théo l'accompagnait, ça l'aiderait c'était certain, il était heureux que son petit-ami l'accompagne dans cette épreuve et il lui en serait éternellement reconnaissant, une belle preuve d'amour qu'il lui faisait là, un léger sourire étira ses lèvres et il se passa nerveusement la main dans les cheveux avant de sortir de sa chambre et de descendre l'escalier pour rejoindre le salon où l'attendait Théo.

Lorsqu'il croisa son regard il se força à lui sourire joyeusement, sa soeur était là et elle n'avait aucune idée de ce qu'il s'apprêtait à faire, elle n'était pas au courant et ne le serait certainement jamais ou si elle l'apprenait ce ne serait pas de sa bouche. Aby semblait avoir enterrée toute cette histoire et il était hors de question qu'il lui fasse revivre tout cela à cause d'un homme qu'il ne reverrait certainement jamais après cette rencontre.

"Salut Théo ! Tu vas bien ? J'espère que tu es prêt."

Il s'approcha de son petit-ami, l'embrassa rapidement et attrapa sa main pour l'entraîner dans le vestibule avant que Aby ne commence à poser trop de questions. Ils ne voulaient plus réfléchir, s'il continuait, il allait faire machine arrière et il savait qu'il le regretterait tôt ou tard. Il salua donc sa soeur rapidement et sortie sur le perron pour rejoindre une ruelle sombre. Il sortit la dernière lettre que Cromwell lui avait envoyé et mémorisa l'adresse inscrite sur le parchemin. Il s'assura que Théo le tenait fermement et transplana. Ils atterrirent entre deux immeubles en mauvaise état, pendant un instant il crut qu'il s'était trompé avant de voir un panneau un peu plus loin, il était à la bonne adresse, il ne lui restait plus qu'à trouver le bon immeuble et le bon appartement. Il esquissa une légère grimace de dégoût alors qu'il poussait le porte délabrée du bâtiment 9.

A quoi s'était-il attendu ? A un palace ? Son géniteur sortait de prison, ça semblait logique qu'il n'ait rien trouvé de mieux qu'un appartement dans un quartier miteux de Londres. Il jeta un regard en coin à Théo alors qu'il commençait à monter les escaliers sales de la tour, essayant le plus possible de ne pas prendre de grandes goulées d'air pour limiter l'odeur désagréable qui planait dans la cage d'escalier de venir imprégner ses narines. Ils montèrent plutôt rapidement les trois étages nécessaires pour atteindre le logement 307 et arrivèrent dans un long couloir. Commença alors la recherche de l'appartement, courte recherche puisque c'était l'un des premiers à gauche après les escaliers.

Sam prit une profonde inspiration lorsqu'il fut devant la porte, il pouvait encore repartir, c'était le moment ou jamais, il pouvait très bien décider de ne pas toquer à cette porte. Il n'avait pas tellement envie de le voir finalement, il ne lui devait rien après tout à cet homme. Pourquoi lui ferait-il le plaisir de le voir et pourquoi c'était à lui de se déplacer ? Si l'autre voulait tellement le voir, il n'avait qu'à venir le voir lui même. Oui, enfin non, ce n'était pas une bonne idée, hors de question qu'il franchisse sa porte d'entrée donc finalement valait mieux qu'il se déplace. Il expira lentement, tendit le bras et frappa quelques coups légèrement hésitant sur la porte qui s'ouvrit presque aussitôt. A croire qu'ils étaient attendu de pied ferme, ce qui était sans doute le cas.

Samaël se sentit pâlir légèrement lorsque ses yeux se posèrent sur Théodore Cromwell qui le saluait en souriant. Il n'entendit pas le reste de ses paroles, trop concentré à le fixer. Cet homme... lui ressemblait tellement. C'en était presque inhumain, comment pouvait-on autant ressembler à quelqu'un ? Surtout à lui. Il en aurait pleuré de désespoir s'il n'avait pas été autant sous le choc. Il reprit ses esprits lorsque le mot "entrez" lui effleura les tympans. Il s'exécuta machinalement et détailla la pièce dans laquelle il venait de pénétrer. Un endroit dénué de personnalité, lisse et fade, deux fauteuils et un canapé trônaient dans le petit salon, séparés par une petite table basse grise.

Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de dévisager cet homme, qu'attendait-il de lui ? Que voulait-il ? De l'argent ? Il n'en avait pas alors si c'était la seule raison pour laquelle il l'avait fait venir, il pourrait toujours attendre. Il s'assit dans le canapé à côté de Théo et baissa la tête, il ne pouvait pas soutenir ce regard si semblable au sien plus longtemps. Il était légèrement mal à l'aise et ne se sentait pas à sa place dans cet endroit. Il se rapprocha instinctivement de son petit-ami lorsque Théodore lui demanda comment il allait avant de se reprendre et de mettre la question au pluriel. Comment était-il censé se sentir ? Il n'était pas vraiment certain de la réponse qu'il devait donner ne sachant pas lui même ce qu'il ressentait, sans doute une profonde pitié pour cet homme après avoir détaillé le lieu dans lequel il vivait.

"Non merci, je ne veux rien. C'est... gentil."

Les mots avaient tellement de mal à sortir, il n'arrivait pas à s'exprimer correctement. Comment lui faire comprendre qu'il n'avait pas l'intention de s'attarder ? Qu'il voulait juste qu'il en vienne au fait, qu'il lui dise la réelle raison de sa présence.

"Et... je vais bien. Enfin... je crois. Et... vous ?"

Question retournée uniquement par politesse, il se fichait bien de comment ce Théodore pouvait se sentir. Il n'oubliait pas ce qu'il avait fait à sa mère, à sa famille. Il ne pourrait jamais l'oublier malgré toute sa bonne volonté.

"Honnêtement, je ne sais pas trop pourquoi je suis venu. Pour obtenir des réponses, j'imagine, il détourna la tête un instant et fixa un crochet qui dépassait du mur. Vraiment passionnant. Et donc... pourquoi ?"

Il plongea son regard dans celui de l'homme face à lui, il n'était même plus sûr de vouloir entendre la réponse mais maintenant que la question était posée il ne pouvait plus faire marche arrière. Et il n'en avait pas tellement envie non plus. Au fond de lui, il voulait savoir même si ce qu'il allait entendre n'allait pas lui plaire. Mais il lui semblait qu'il avait le droit de savoir, il avait le droit de comprendre pourquoi cet homme s'était permis de détruire la vie de toute une famille.




Théo NottAncien personnageavatar
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Théo claqua la langue avec agacement en sentant sa paupière tressauter une nouvelle fois. Il avait eu ce petit tic irritant toute la matinée, et ne parvenait pas à s'en débarrasser. Le jeune homme échangea un sourire de façade à la soeur de Samaël, désireux de ne pas laisser paraître sa nervosité, et inspira profondément. Théo ne comprenait même pas pourquoi il était si angoissé, ce n'était pas lui qui allait rencontrer son géniteur. Il n'était là qu'en guise de soutien, pour que Sam ne soit pas seul, voilà tout. Pourtant, ces derniers temps, Théo avait l'impression d'être une éponge qui aspirait toutes les émotions de son petit-ami. Depuis quelques mois, sa vie tournait vraiment autour du jeune homme, à un point qui devenait légèrement effrayant. Peut-être que les vacances arrangeraient cela, il allait se faire une cure de Samaël et serait peut-être heureux de retrouver un peu de solitude après... Théo avait toujours été quelqu'un d'indépendant, de fait, et il n'était pas habitué à ce que quelqu'un prenne autant de place dans sa vie, et surtout dans ses pensées. C'était déroutant, surtout dans des journées comme aujourd'hui où il avait l'impression que c'était lui qui s'apprêtait à vivre une expérience éprouvante.

Quand Samaël les rejoignit, Théo comprit à son attitude qu'il n'avait pas dit à sa soeur où il comptait se rendre. Ce n'était pas vraiment étonnant, lui non plus n'en aurait pas parlé à sa place. Le jeune homme se garda donc d'évoquer leur destination et répondit avec entrain qu'il était prêt, avant de dire au revoir à Aby et de suivre son petit-ami. Quelques minutes plus tard, ils avaient transplané dans un quartier mal-famé de Londres, qui fit se froncer le nez de Théo. L'endroit n'était pas très engageant, songea-t-il en suivant Samaël jusqu'au bon bâtiment, mais il fallait s'y attendre pour un ex-détenu qui ne devait plus guère avoir famille ou amis. Le jeune homme poussa un soupir intérieur en songeant à son propre père, qui lui n'aurait jamais l'opportunité d'avoir une seconde chance, une nouvelle vie. Lui, il était attendu avec ferveur par sa famille, pourtant, et il avait une maison qui l'attendait... Mais non, on estimait que les violeurs étaient moins dangereux pour la société qu'un homme qui s'était battu pour ses idées et pour sa vision du monde. Certes, Théo ne contestait pas que les mangemorts étaient des criminels mais Lord Voldemort était parti pour de bon et il n'y aurait pas grand danger à libérer son père, à son avis. Ses visites à la prison lui prouvaient bien que son père n'était pas un fou dangereux qui assassinerait le premier venu, s'il était en mesure de le faire...

Il ressassait ces pensées amères quand ils parvinrent devant la porte de l'appartement. Sentant Sam hésiter, et son propre estomac se nouer, Théo serra brièvement l'épaule de son petit-ami en guise d'encouragement, avant de la lâcher quand la porte s'ouvrit. Théo eut un choc en voyant l'homme qui leur faisait face. Théodore Cromwell ressemblait tellement à Samaël que s'en était presque indécent. Il lui ressemblait comme Théo ressemblait à son propre père, de façon si évidente qu'il était inutile de nier la parenté. Les mêmes cheveux sombres, les mêmes traits et surtout le même regard... Mais il y avait quelque chose de différent dans celui de Théodore, ses yeux bleus clairs dégageait quelque chose de magnétique et de légèrement pervers que l'on ne retrouvait pas chez Samaël. Ou alors, c'était parce qu'il savait ce qu'il avait fait, et qu'il cherchait à tout prix une différence...

Théo jeta un coup d'oeil à Samaël, sentant un élan de tristesse l'envahir. Il pouvait imaginer aisément ce qu'il devait penser en se trouvant face à cet homme. Même sa voix rappelait celle de Samaël, constata-t-il en réprimant un frisson, tandis que l'homme s'adressait à eux.

"Théo Nott", répondit-il d'une voix grave, posant sur lui un regard indéchiffrable.

Théo entra dans l'appartement à la suite des deux sorciers en observant autour de lui, avant de s'asseoir sur le canapé nerveusement. Gardant le silence, il laissa Cromwell et Samaël parler, son regard ne lâchant pas l'ancien détenu. Cela le démangeait de sortir sa baguette magique et de faire payer à cet homme tout ce qu'il avait fait subir à son petit-ami, mais il savait que ce n'était pas à lui de faire cela. Il refusa sa proposition de leur offrir à boire d'un simple signe de tête et se retint difficilement de ne pas saisir la main de Samaël quand il sentit celui-ci se rapprocher de lui. Garder le silence pendant cette entrevue allait être très difficile, réalisa-t-il tandis que Samaël posait LA question à son géniteur... Pourquoi ?


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Théodore Cromwell

Théodore n’eut même pas le temps à la question de Samaël, que celui-ci en posait déjà une autre. La question. La réalité le frappa alors de plein fouet. Son fils n’était certainement pas venu pour lui, mais pour avoir des réponses aux questions qui le hantaient depuis sa plus tendre enfance. Et évidemment que c’était cette question en particulier. Pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi. C’était un des mots qui avait rythmé sa vie lors de ces vingt dernières années. C’était un des mots qui rythmé celle de nombreux prisonniers. Parce que c’était ça aussi, la prison, le fait d’être enfermé seul avec ses pensées. Se remettre en question, et puis s’en poser. Qu’avait-il fait ? Pourquoi l’avait-il fait ? Pour combler quoi, pour assouvir quoi ? Un besoin de vengeance ? Et il en avait trouvé, des réponses, des excuses, pendant vingt ans. Mais là, devant son fils, sous son regard, il se sentait désemparé. Il fut tenté de lui demander de revenir à des sujets moins glissants pour l’instant, avant de se raviser. Cela ne servirait à rien de se défiler. Parce que ce serait encore et toujours la même question, tout le temps. Aussi, sans répondre, il soupira, s’assit sur un des fauteuils, en face d’eux, et observa les deux jeunes hommes. Mais que dire ? Pourquoi quoi ? Il aurait pu en raconter, des choses, à Samaël, mais n’était pas certain qu’il voudrait les entendre. Il prit une longue inspiration, et tenta de rassembler ses pensées. Ce qui avait fait qu’il était devenu cet homme, ce qui justifiait – ou non – son acte, son envie de le revoir aujourd’hui, de le connaître. Parce qu’il était loin de l’ancien Théodore Cromwell ! Samaël l’aurait apprécié, celui-là, peut-être même admiré. Celui que tout le monde appelait « Théo », un adolescent populaire, joueur de Quidditch. Quelqu’un de sympathique, aimé, apprécié. Tout avait basculé vingt-et-un ans plus tôt. Et il était devenu ça, cette personne capable de la pire chose. Sortant de ses pensées, Théodore vrilla son regard dans celui si semblable au sien de Samaël.

« Pourquoi ? Pourquoi quoi ? Pourquoi j’ai eu envie de te revoir ? Parce que tu as beau ne pas vouloir le reconnaître, je suis ton père, et tu restes mon fils. Tu es un Cromwell, Samaël, et tu en seras un toute ta vie, même si tu le nie. Si c’est cela qui t’effraie, notre famille n’est pas maudite, loin de là. Tes grands-parents vivent tranquillement à Cardiff, et je suis certain qu’ils seraient ravis de te rencontrer. Et tu as une tante – ma grande sœur – également. Elle est mariée, a deux enfants, et vit dans une grande maison, pas très loin de Londres. Avec beaucoup de bégonias. » ajouta-t-il avec un sourire. « Elle est médicomage à St Mangouste depuis plusieurs années. Une des meilleures de l’hôpital, à ce que l’on dit. Moi ils ont préféré ne plus trop m’inclure dans le cercle familial, tu comprends. Mais tous m’ont déjà dit qu’ils aimeraient beaucoup te rencontrer. A bon entendeur. Alors oui, j’ai voulu te rencontrer parce que ça me tuait de savoir que j’avais un fils sans pouvoir m’imaginer son visage. Au final, j’aurai pu, tu es mon portrait craché, lorsque j’avais ton âge. Donc c’est très égoïste, comme motivation mais c’est une chose que j’ai toujours voulu, pendant ces dernières vingt longues années. Tu auras beau le refuser, tu es mon fils biologique, Samaël. Le nier serait stupide, on ne ressemble comme deux gouttes d’eau. » constata-t-il avant de reprendre sa respiration.

« Voilà le pourquoi de mon envie de te rencontrer. Maintenant le pourquoi de mon acte, de mon crime ? » demanda-t-il posément en garder un contact visuel avec son fils. « Aussi stupide que cela puisse paraître, il n’y a pas de réponse à cette question. Il n’y en a jamais, ou très rarement. Sur le moment, ça nous paraît toujours la meilleure chose à faire, puis, plus tard, on remet en question nos motivations, et on ne trouve plus aucune réponse pour se justifier. Alors je ne sais pas. Est-ce que je pensais, à ce moment là, que je m’apprêtais à briser la vie de ta mère ? Est-ce que je pensais à tout ce que cet acte entraînait ? A ta naissance ? Non assurément.. D’aussi loin que je me souvienne, je ne pensais à rien, sur le coup. Les questions sont venues après. En vingt ans, tu as le temps de réfléchir, crois-moi. » déclara-t-il avant garder le silence quelques secondes, pour reprendre ensuite : « Mais je ne peux pas te donner de réponse, cet acte n’avait aucun sens. De vieilles rancœurs d’adolescents, une haine qu’on continuait à cultiver depuis longtemps, Smith et moi. L’élément déclencheur a été stupide, mais après ça, j’avais une envie de vengeance, un besoin de lui rendre la pareille. Mais j’imagine que ta dernière envie d’entendre tous les détails de cette histoire. »

Il se redressa, se cala confortablement dans le dossier de son fauteuil. Et reprit :

« Je ne sais pas à quoi tu t’attendais, Samaël. Si tu te poses la question, oui, je regrette d’avoir fait ça à ta mère. D’un autre côté, sans ça, tu ne serais pas là. Un mal pour un bien, dirons-nous. Mais ce qui est fait est fait. J’aurai beau me repentir, cela ne changera rien. Mais je ne peux pas te présenter mes excuses, n’est-ce pas ? M’excuser pour ta venue au monde, je veux dire. Tu as d’autres questions ? Sinon, peut-être que l’on peut revenir sur des sujets moins glissants comme… Comment s’est passée ta scolarité ? J’ai manqué dix-neuf ans de ta vie, Samaël, j’aimerai bien les rattraper – en partie. » expliqua-t-il, avant de se tourner vers Théo.

« Nott ? Comme Théophane Nott, n’est-ce pas ? Tu dois être son fils, tu lui ressembles énormément. J’ai eu l’occasion de lui parler quelques fois, là-bas. Il parle souvent de ses enfants, tu dois être une de ses grandes fiertés. »

Il reporta ensuite son attention sur Samaël, anxieux de connaître sa réaction. Certes, son récit n’avait rien d’agréable à entendre pour le jeune homme, mais il espérait avoir répondu à sa question. Quelle idée, aussi, ce pourquoi.
Samaël SmithAncien personnageavatar
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Samaël retenait son souffle, attendant la réponse à la question qu'il se posait depuis presque vingt ans, enfin pas tout à fait, celle qu'il se posait depuis qu'il était capable de comprendre ce qu'il était et comment il était venu au monde. Il regarda donc son géniteur s'installer lentement dans un fauteuil, à croire qu'il en faisait exprès de prendre tout son temps, il lui aurait bien hurlé de se dépêcher un peu mais peut-être pouvait-il se permettre d'attendre un peu, d'être patient et de laisser à Cromwell le temps de bien assimiler sa question. Mais les premiers mots de cet homme lui fit l'effet d'une gifle. Il allait vraiment jouer à ce petit jeu là ? Il allait vraiment essayer de se faire une place dans sa vie ? Il voulait vraiment le reconnaître comme son fils ? Mais c'était hors de question, non, il ne niait rien, non, non et non. Il n'était pas un Cromwell, il était un Smith, un vrai. Il n'avait pas été élevé par cet homme, il ne connaissait rien de sa vie et ce n'était pas parce qu'il lui avouait qu'il avait des grands-parents et une tante avec des cousins quelque part que ça faisait plus de lui son père.  

Mais d'un certain côté, ça le rendait plus humain aussi, il avait une famille qu'il avait déçu par son acte. Mais les rencontrer c'était peut-être beaucoup, beaucoup trop qu'il ne pourrait le supporter, ça rendrait réel cette partie de lui, vraiment réel. Rencontrer cet homme ne l'engageait à rien, il le méprisait, il savait qu'il ne pouvait pas l'apprécier, il ne pouvait pas n'est-ce pas ? Mais ces autres gens, il pourrait les apprécier réellement et finirait par les considérer comme sa famille peut-être un jour, malgré lui et cela voudrait dire qu'il donnait de l'importance à Théodore Cromwell, que d'un certain côté, il le reconnaissait comme son père. Et John Smith dans cette histoire ? Que deviendrait-il ? Un fantôme de son passé ? Non, il ne voulait pas, il ne pouvait pas.

Ses poings se crispèrent lorsque Théodore mit en évidence leur grande ressemblance. Oui, il lui ressemblait c'était indéniable et il ne pouvait le nier et c'était ce qui avait tué sa mère. La colère l'envahit, comment cet homme pouvait-il prétendre quoique ce soit sur lui ? Comment arrivait-il à se regarder dans un miroir. Lui-même avait été rongé de l'intérieur pour quelque chose qui n'était pas sa faute, pour un crime qu'un autre avait commis à sa place et c'était lui qui en avait payé le prix fort, c'était injuste, c'était anormal alors peut-être qu'il avait eu le temps de réfléchir sur ses erreurs en vingt-ans mais ça ne changeait rien. D'un autre côté, il semblait sincèrement repentant, il n'avait pas réfléchi à son geste, tout le monde avait le droit à une seconde chance non ? Une erreur, un manque de discernement, un coup de folie, rien de plus. Mais il avait détruit des vies.

Il inspira profondément et détourna le regard, le posant sur ses mains. Oui, à quoi s'attendait-il ? A un monstre sans famille ? A un fou, à un homme très différent de lui ? Mais non, ils n'étaient pas pareil, il fronça alors les sourcils. Un mal pour un bien ? Cet homme avait donc autant d'estime que cela pour lui ? Il le voyait donc comme quelqu'un de bien ? Il pensait donc que sa naissance était une bénédiction ? Avait-il demandé son avis à sa mère et à sa famille ? Non sa naissance n'était pas une bénédiction, loin de là, il était un enfant du mal. Et lui avait la prétention et l’extrême suffisance d'affirmer que sa naissance était une bonne chose, il ne le connaissait même pas. Qu'est-ce qui lui permettait d'affirmer qu'il était quelqu'un de correct ? Et non, il ne voulait pas changer de sujet, non il ne voulait pas rattraper dix-neuf ans avec cet homme. Il secoua alors la tête de droite à gauche en signe de négation. Et comment se permettait-il de parler du père de Théo ? C'était trop, beaucoup trop pour lui.

"Je ne suis pas votre fils ! sa voix claqua sèchement dans le petit appartement. Un mal pour un bien, vraiment ? Je ne crois pas non. Comment pourrais-je être un bien quand ma mère revoyait son agresseur tous les jours à cause de moi ? Je vous ressemble à un tel point que ça en a tué ma mère. Alors non, je suis désolé mais ce n'est pas un mal pour un bien. Savez-vous ce que signifie mon prénom ? Samaël veut dire l'ange de la mort, donc vous voyez ce n'est pas un mal pour un bien. Toute mon enfance, on m'a reproché votre crime, ma mère a même fini par se suicider à cause de cela, la seule personne capable de m'aimer à été John Smith, mon père. Mon vrai père ! Alors, oui je vous ressemble mais je ne suis pas votre fils et ne le serais jamais. Nous avons un lien du sang, c'est indéniable, je vous dois la vie, c'est indéniable mais ça s'arrête là. J'ai eu tellement de mal lorsque j'étais enfant à accepter qui j'étais et à me faire accepter par ma famille, point qui n'est d'ailleurs pas une grosse réussite mais j'ai réussi à trouver un équilibre. Et vous, vous arrivez la bouche en coeur et vous voulez prendre une place qui ne vous appartient pas ? A quoi vous vous attendiez sérieusement ?"

Sam reprit alors son souffle devenu court, son regard coléreux dans celui de son géniteur, le même que le sien. Il tourna la tête vers la fenêtre essayant de digérer les paroles de cet homme, essayant de faire abstraction de sa colère.

"Donc ne m'en voulez pas si je n'ai pas très envie de rattraper dix-neuf ans d'une absence justifiée. Quand à votre famille, je ne lui en veux pas, elle ne m'a rien fait et je suis sûr que ce sont des gens très bien mais je ne crois pas être encore prêt pour les rencontrer."

Il tourna alors la tête vers Théo, il allait certainement rebondir, confirmer qu'il était bien le fils de Théophane Nott et ils pourraient partir. Il voulait partir, ne pas rester plus longtemps, il n'était pas certain de pouvoir continuer à nier l'évidence encore plus longtemps. Il rêvait depuis toujours d'avoir une famille qui l'accepterait complètement et totalement et cet homme lui offrait cette oportunité avec son envie de le connaître, avec le rêve d'une famille solide, une tante, des cousins, des grands-parents qui voulaient le rencontrer. Un rêve qu'il ne voulait pas se voir se réaliser de peur de perdre celle qu'il avait eu du mal à construire au fil des années avec Aby, Tom, Angèle et sa famille.




Théo NottAncien personnageavatar
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Les mains de Théo se crispèrent sur ses cuisses tandis qu'il posait un regard ulcéré sur leur hôte, n'osant pas en croire ses oreilles. Avait-il réellement osé dire une chose pareille ? Samaël n'était pas son fils, il était le fils de John Smith, l'homme qui l'avait aimé et élevé. La naissance et les gènes ne suffisaient pas à faire naître un lien de parenté et d'amour entre deux personnes, Théo le croyait désormais. Il avait longtemps pensé différemment, du fait de son éducation, mais avait bien été forcé d'évoluer sur la question. S'il aimait son père, ce n'était pas seulement parce qu'il était responsable de sa naissance mais surtout parce qu'il l'avait élevé, avait contribué à forger la personne qu'il était devenu, parce qu'il admirait les sacrifices qu'il avait fait pour sa famille. Et s'il avait des enfants un jour, il était possible que ces enfants ne soient pas les siens au sens biologique du terme. Théo avait préféré éluder cette question et ne pas s'y attarder pour l'instant, mais il lui faudrait bien voir la vérité en face un jour ou l'autre. A moins d'avoir une nouvelle épiphanie sexuelle, ce qui devenait de moins en moins probable à mesure qu'il s'affirmait dans sa relation avec Samaël, Théo n'aurait pas d'enfants d'un point de vue scientifique. Cependant, le jeune homme savait parfaitement qu'il n'abandonnerait pas cette idée fixe qu'il voulait être père un jour, et si cela devait passer par l'adoption, il considérerait ces enfants comme siens. Il serait leur père et eux seraient ses enfants, peu importait qui les avaient fait naître au monde. Partant de ce principe, Samaël n'était pas le fils de cette pourriture, et il n'était certainement pas un Cromwell. Samaël était un Smith, voilà le nom qu'il avait toujours porté et qu'il porterait toujours, et il devait en être fier.

Le monologue de Cromwell mit Théo en rage, mais il s'efforça de ne pas le montrer par respect pour Samaël. Si son petit-ami parvenait à se contenir, il devait le faire également. Néanmoins, il tourna un visage soucieux vers le jeune homme, et eut envie de le prendre dans ses bras en le voyant le regard baissé sur ses mains. Intérieurement, Théo pria pour que les propos de cet homme ne touchent pas Sam trop durement. Il n'avait vraiment pas besoin de ça... Absorbé par ses pensées et par la conversation, Théo fut surpris quand Théodore s'adressa à lui. Il tourna un regard inexpressif vers l'homme en retenant la remarque pleine de morgue qui lui brûlait les lèvres. A l'idée que cet homme avait côtoyé son père, qu'ils avaient parlé ensemble de leurs "enfants", il avait envie de lui faire ravaler son air suffisant. Qui était-il pour connaître la fierté d'un père pour son enfant ? Théo n'eut pas l'occasion de répondre, ce qui était heureux car il ne voyait pas comment répondre à Théodore de manière civilisée. Tout chez cet homme le dégoûtait, depuis son foutu regard jusqu'à la façon qu'il avait de parler à Samaël, sans oublier son nom. Théodore, c'était un nom de Nott, ça, le nom que Théo aurait pu donner à son propre fils...

Si Théo approuva d'un demi-sourire soulagé l'éclat de Samaël, qui venait affirmer haut et fort qu'il n'était pas le fils de Cromwell, la suite de sa réponse lui plut beaucoup moins. Le jeune homme baissa la tête et se mit à observer fixement le sol, sentant sa gorge se serrer à mesure que Samaël parlait. Merlin, il n'aimait pas ce qu'il entendait. Samaël était un bien, c'était un garçon bourré de qualités qui se destinait à la profession de médicomage, rien que ça. Et surtout, Sam avait changé sa vie, il l'embellissait jour après jour, ce qui n'était pas une mince affaire. Théo avait connu la dépression, après tout, et il ne savait pas dans quel état il serait si Sam n'avait pas été là pour lui toutes ces années. Et Samaël était le plus beau nom du monde, il avait de belles sonorités, peu importait sa signification mythologique, pour Théo il signifiait tout autre chose. Mais comment lui faire voir cela ? Comment combattre cette vision que Samaël avait de lui-même quand sa mère s'était suicidée, quand Cromwell l'appelait "son fils" ?

A ses dernières paroles et au regard qu'il lui lança, Théo comprit que Sam était prêt à partir. Il soutint un quart de seconde le regard de son amant puis tourna à nouveau la tête vers Cromwell, hésitant. Il le méprisait, et il lui en voulait tant pour avoir dit toutes ces choses. Pour avoir mentionné cette famille, comme si Samaël avait besoin d'avoir ce dilemme en plus... Théo repoussa fermement le petit ange posé sur son épaule, qui le conjurait de se taire et de partir sagement, et succomba aux conseils du petit diable. Avant même d'avoir prit le temps de peser ses paroles, il s'avança légèrement et vrilla un regard sombre dans celui de Cromwell.

"Vous connaissez donc mon père, gronda-t-il, parfait. Vous avez raison, je lui ressemble énormément, et contrairement à Samaël et vous, la ressemblance n'est pas que physique. Tout comme mon père, je suis capable d'aller très loin pour protéger quelqu'un auquel je tiens. Gardez cela en tête la prochaine fois que vous décidez d'appeler Samaël un Cromwell, ou votre fils. Vous avez beau vous ressembler de visages, je n'ai jamais vu de personnes aux caractères aussi dissemblables. Si vous aimez Samaël et si vous savez où se trouve votre intérêt, vous n'insisterez pas."

Théo se laissa retomber dans le canapé et se mordilla la lèvre inférieure, tandis qu'une pointe de remords l'envahissait. Sam lui en voudrait peut-être pour ces paroles, il n'aurait pas dû s'en mêler... Mais c'était plus fort que lui. C'était quelque chose de très important qui se jouait là dans la vie du jeune homme, et Théo ne parvenait pas à rester simple spectateur en regardant Cromwell causer plus de dégâts qu'il n'en avait déjà fait. Légèrement honteux, Théo tourna la tête vers Sam et lui adressa une petite moue d'excuse, avant de l'interroger à voix basse :

"Tu veux y aller ou tu souhaites rester ?"

Priant pour que Sam ne veuille pas s'éterniser, Théo se garda bien de regarder Théodore Cromwell. Il avait beau faire le malin, il s'attaquait très probablement à plus fort que lui. Contrairement à ce qu'il venait de dire, Théo avait toujours pensé qu'il était incapable de commettre certains actes, contrairement à son père. Aujourd'hui, cependant, il n'en était plus si sur. Jusqu'où était-il prêt à aller, pour Sam ? Loin, lui souffla une petite voix dans sa tête.

*Bravo Nott, bien joué*, se réprimanda-t-il intérieurement. *Menacer un violeur tout juste sorti de prison, ça, c'est fait !*


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Théodore Cromwell

Il n’était pas son fils. Du moins, il ne se considérait pas comme tel. Mais c’était compréhensible, tenta de se raisonner Théodore. Après tout, il sortait de vingt ans de prison, avait manqué toute son enfance, et toute son adolescence. Puis, il le tenait responsable de la mort de sa mère, et de celle de John Smith. Il retint un sourire sarcastique à cette pensée, et haussa les épaules. Que dire de plus ? Samaël avait été clair : il n’était pas, et ne serait jamais son enfant. C’était sa décision, et c’était peut-être ce qu’il y avait de plus sage, de lui laisser ce choix, non ? D’un autre côté, il attendait cette rencontre depuis tellement longtemps ! A Azkaban, c’était à ça, qu’il avait songé, jour et nuit, notamment lors des dernières années. Ça le rendait malade, de savoir qu’il avait un fils, quelque part dans le monde, et qu’il n’en savait rien. Dans quelle maison avait-il été réparti ? Quelles étaient ses matières préférées ? Que voulait-il faire, comme études ? Pourquoi ? Et quel était son caractère ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, sans qu’il ne puisse trouver les réponses. Il ne les trouverait probablement jamais, d’ailleurs. Jamais. Alors ce serait toujours les mêmes doutes qui reviendraient ? Toujours ces mêmes interrogations ? Il soupira imperceptiblement, et leva les yeux vers Samaël, qui venait de terminer de parler. Il l’observa attentivement, détaillant ses traits. Il lui ressemblait oui. Et c’était indéniable. Physiquement, du moins. Peut-être était-il aussi semblable à celui qu’il se plaisait appeler « l’autre Théodore ». Celui d’avant la prison. Celui qui avait des projets, des rêves, un avenir. Celui qui avait aussi tout brisé. Peut-être qu’il ne souhaitait pas qu’il lui ressemble tant que ça, finalement. Peut-être était-ce mieux si la ressemblance s’arrêtait au physique. Qu’il n’ait pas ce besoin de toujours tout détruire, lui compris. Qu’il n’ait pas cette envie de vengeance à tout prix, cette haine qui s’ancrait en lui, qui coulait dans ses veines.

Il allait lui proposer de s’en aller – s’il le désirait -  lorsque son ami, Théo Nott, prit à son tour la parole. L’homme darda sur lui un regard noir, alors qu’il le menaçait. Vieux réflexe qu’il avait acquit en prison, celui de se défendre. Aussi, il vrilla son regard dans celui du jeune homme, et lâcha un éclat de rire sans joie. Qui était Théo Nott, pour parler ainsi ? Se rendait-il compte de jusqu’à où il était allé lui juste par vengeance ? Que savait-il de la peur, de la crainte, de la mort, de la vengeance, du crime, ce jeune homme tout juste sorti de Poudlard ? Avait-il connu Azkaban ? Les détraqueurs et ce sentiment de froid, de déprime ? Cette envie de mettre fin à ses jours, qui s’emparait de vous ? Cette forme noire qui, sur son simple passage vous faisait devenir l’ombre de vous-même ? Non. Non, il n’en savait rien, parce que Théo Nott était encore un enfant. Certes, un enfant de Mangemort. Mais un enfant, qui avait été probablement choyé par sa mère, et qui, à dix-neuf ans, se donnait de grands airs d’homme mûr, sage. Il sourit tout en se passant la main sur la mâchoire, peut enclin à subir ce genre menaces. Il se força à se calmer, avant de fermer brièvement les yeux. Cela lui était souvent arrivé, depuis sa sortie de prison, de devoir se faire violence pour ne pas laisser libre court à sa colère. C’était normal, pensait-il, parfois. Il se plaisait à se rassurer, Théodore.

« Je ne suis pas certain que vous ressembliez tant que cela à votre père. Par exemple, il faisait preuve de bien plus de sagesse et de réflexion que vous ne venez de le faire en me menaçant stupidement. » déclara-t-il, fixant Théo avec un regard sombre. « Soyez donc un peu plus fidèle à cette image d’homme mûr que vous voulez vous donner. » conclut-il avec un sourire narquois.

En réalité, il n’en savait rien. Il avait deux ou trois fois à Théophane Nott, pas plus. Cependant, il lui avait semblé être l’habitant d’Azkaban qui sombrait le moins dans la folie. Ses enfants le retenaient dans sa lucidité à toute épreuve, disait-on. Détournant les yeux du fils Nott, il les reposa sur le sien et resta silencieux quelques instants.

« Tu seras toujours mon fils, Samaël, mais je ne serai jamais ton père, puisque tu as décidé de donner ce titre à John Smith. Ce sont des choses qui arrivent, malheureusement,  et tu me vois désolé de devoir tirer un trait sur un semblant de relation que j’aurai aimé bâtir avec toi. Mais c’est ton choix, ta décision. Je suis heureux d’avoir pu rencontrer mon fils, et c’est dommage que tu ne veuilles pas rester, j’aurai apprécié en apprendre un peu plus sur toi, ne serait-ce que le temps d’une rencontre, pour me faire une idée de qui tu es. En contrepartie, tu aurais pu me poser toutes les questions que tu voulais. Enfin ! Si tu veux partir, je ne te retiens pas. Il est juste dommage que notre rencontre – notre seule rencontre - se termine aussi rapidement. »

Conscient de ce chantage – assez honteux, il devait l’avouer – il fixa Samaël, avant de jeter un regard à Théo, voulant le dissuader d’intervenir. Les dés étaient jetés, et c’était maintenant au jeune homme de décider de la suite des choses.
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Samaël fut surpris par le coup d'éclat de Théo, il ne s'attendait pas à ce que son petit-ami menace ouvertement Théodore Cromwell, oui il avait été touché par les paroles de l'homme, oui, il s'était senti mal à l'aise et en colère mais rien selon qui n'était insurmontable alors l'emportement de Théo le gêna autant qu'il le flatta. Il était heureux et touché que Théo prenne son bien-être à cœur de cette manière. Cela prouvait encore à quel point le Poufsouffle l'aimait, une preuve supplémentaire de l'amour qu'il lui portait et lui en comparaison avait l'impression de faire beaucoup moins d'effort, d'être moins à l'écoute, d'être moins ouvert aux demandes de Théo, de pas l'aimer comme il fallait, de ne pas être à la hauteur tout simplement. Cette constatation lui fit baisser la tête, il n'était pas digne de Théo, il l'aimait pourtant, à la folie, à en perdre la raison mais il avait l'impression que ce n'était pas aussi évident que cela, qu'il ne le montrait pas à Théo comme il aurait dû le faire.

Alors lorsqu'il lui proposa de partir, il était prêt, il allait répondre par la positive, il lui semblait qu'il n'avait plus rien à dire à cet homme, il plongea son regard dans celui de Théo et lui sourit timidement alors que Théodore prenait la parole. Sam tourna la tête vers lui et lui lança un regard noir, Théo n'était pas dénué de raison et c'était vrai, il ne ressemblait pas autant à son père qu'il le pensait parce que lui n'était pas en prison, lui n'aspirait pas à se plier en quatre pour un psychopathe. Alors, il ne put s'empêcher de répliquer sèchement, ce fut plus fort que lui.

"Oh c'est clair qu'il a fait preuve d'une grande sagesse et d'une grande réflexion puisqu'il s'est retrouvé en prison. Vraiment admirable je dois dire."

Il espérait lui avoir rabattu son caquet, il lança néanmoins un regard désolé à Théo, il savait que son père comptait beaucoup pour lui et que dire du mal de son père était une chose peu conseillé mais ça avait été plus fort que lui, il avait fallu qu'il coupe le sifflet à cet homme qui pensait tout savoir et qui commençait un peu l'énerver. Il serra les poings lorsque Théodore affirma une nouvelle fois qu'il était son fils. Et bien soit, si ça lui faisait plaisir, il serait son fils mais lui ne serait jamais son père, voilà qui mettait fin au débat. Et voilà que maintenant, il lui faisait du chantage, lui poser toutes les questions qu'il voulait ? Il posa un regard intrigué sur son père biologique.

"Que voulez vous savoir sur moi ? Ma vie n'a pas été fascinante à ce point, comme la votre j'imagine. Mais bon pourquoi pas. Comment c'était là-bas ? Vous étiez comment... avant ?"

Des questions, il pouvait en avoir encore beaucoup d'autres mais les principales étaient sans doute comme avait-il vécu son incarcération, avait-il était en colère, chagriné ou alors horrifié par ce qu'il avait fait ? Et comment était-il avant tout ça, était-il normal comme tout le monde, qu'est-ce qui pouvait pousser un homme à cela, la vengeance était-ce vraiment la chose la plus importante pour lui. Pourquoi avoir sombré ainsi ? Beaucoup de questions sans doute sans réponses.




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Théodore Cromwell

Théodore se raidit à la remarque sèche de Samaël, et prit sur lui pour ne pas répondre, pour ne lancer aucun regard noir, pour ne pas laisser ses émotions apparaître sur son visage. Il était devenu assez fort à ça, en prison. Ne pas chercher les ennuis pour ne pas en trouver, éviter les conflits pour ne pas alourdir sa peine. Ce n’était pas bien compliqué, de faire semblant que rien ne pouvait l'atteindre. Il pensait à son fils, qu’il allait retrouver, à cette vie, qu’il avait laissée derrière lui. Mais maintenant qu’il œuvrait pour récupérer sa vie d’avant, maintenant que son fils se tenait face à lui, à quoi penser ? A son image, décida-t-il. Celle que Samaël avait en tête pour lui n’était pas glorieuse, alors s’il pouvait la rattraper, ne serait-ce qu’un peu. Il posa un regard interrogateur sur le jeune homme alors qu’il semblait réfléchir aux questions qu’il voulait lui poser. Tout. Il voulait bien répondre à tout. Maintenant qu’il avait passé l’étape difficile du « pourquoi » il se sentait prêt à affronter n’importe quelles interrogations de son fils. Au moins, même s’il ne voulait plus jamais le revoir par la suite, il aurait répondu à ses questions, celles qui devaient le hanter depuis des années. Des réponses qui le hantait lui depuis des années.

Merlin, cette rencontre n’était pas aussi facile qu’il avait pu se la représenter pendant vingt ans. Oh, bien entendu, il ne s’était pas attendu à ce que Samaël lui tombe dans les bras et lui pardonne tout. Peut-être espérait-il seulement un peu moins de mépris. Il ne pouvait pas lui en vouloir, évidemment. Il se présentait comme ça, du jour au lendemain, et souhaitait avoir une place dans sa vie. Certes cela pouvait sembler surprenant, comme requête, mais Samaël était son fils, son enfant. Il ne serait jamais son père, puisqu’il avait attribué ce rôle à Smith, mais aurait bien aimé avoir un peu de nouvelles de lui, de temps en temps. Entretenir une correspondance, peut-être, au rythme d’une lettre tous les deux mois, juste pour savoir le strict nécessaire. Il ne lui demandait pas de se confier à lui complètement ! Mais savoir comment il allait, ce qu’il faisait, comment vivait-il sa sortie de Poudlard, lui aurait beaucoup plu. Encore une fois, cela restait du ressort de Samaël, et non du sien, malheureusement.

Les deux questions posées par le jeune homme le plongèrent dans une réflexion qui dura quelques instants. Avant… Il eut un sourire nostalgique à cette pensée, revoyant le jeune Théodore Cromwell marcher dans les couloirs de Poudlard avec sa bande d’amis. Cela avait été une si belle époque. Il aurait aimé pouvoir y revenir, parfois. Retrouver la sensation grisante des matchs de Quidditch, revenir plusieurs années en arrière et se retrouver assis dans le parc à plaisanter avec ses amis.

« La prison… » commença-t-il avec un sourire douloureux. « C’était dur. Très dur. Les débuts surtout, lorsque les détraqueurs étaient encore présents. Je ne sais pas si vous avez déjà senti la présence d’une créature comme celle-ci. C’est comme si tout vous étiez enlevé. Comme si on vous enlevait chaque souvenir heureux, un par un. Les pires idées s’installent dans votre tête. L’envie de mourir, qui est toujours présente. Après, lorsque les détraqueurs furent retirés d’Azkaban, le niveau de vie s’est légèrement amélioré. Pas de beaucoup, évidemment, mais c’était notable. On passait le plus clair de notre temps dans des cellules, mais on bougeait, parfois. C’était agréable, de parler à d’autres humains, d’autres détenus. »

Il stoppa là son discours, préférant éviter de remuer les sujets encore douloureux. La prison avait été difficile, pour lui, comme pour tous les autres. Et son souvenir était encore présent, notamment les premières années, même vingt ans après. Il décida d’orienter son discours sur sa vie d’avant. Sur l’ancien Théodore Cromwell, celui qui n’avait rien à voir avec celui qui était en en train de parler.

« J’ai été réparti à Serdaigle, lorsque je suis arrivé à Poudlard. J’étais le premier de ma famille à y être, les autres finissaient bien plus souvent à Gryffondor ou à Poufsouffle. J’étais très curieux, dès ma première année. J’aimais les études, j’aimais tout savoir. Je me suis fait plusieurs amis, là-bas. Mes camarades de dortoir, quelques Gryffondor et un ou deux Poufsouffle. A cette époque, Serpentard était encore une maison à part, et je dois l’avouer, assez mal vue. Ce n’est plus le cas maintenant, j’imagine ? Bref. On était une grande bande d’amis. J’étais un adolescent normal, j’avais quelques difficultés en Astronomie et en Divination, mais j’étais assez apprécié par mes camarades. Tout le monde m’appelait « Théo », et pendant bien longtemps que n’ai plus entendu le prénom « Théodore. » En troisième année, je suis entré dans l’équipe de Quidditch de ma maison. Je visais le post de gardien, et je l’ai eu. J’adorais jouer, j’adorais les matchs. On était une bonne équipe, avec un bon capitaine. J’étais quelque de normal, j’ai eu mes ASPIC haut la main. Tout a basculé vingt ans plus tôt. » conclut-il avec un sourire nostalgique.

« Tu veux bien me parler un peu de toi, Samaël ? Je ne te demande pas de te confier entièrement, juste… Un peu ? » demanda-t-il, presque suppliant.  
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Samaël attendit légèrement anxieux la description de son passage en prison et puis celle de son enfance, l'histoire du jeune homme qu'il avait été avant que tout ne bascule, avant qu'il ne se transforme en homme méprisable et dénué d'intérêt, du moins à ses yeux, il n'en représentait pas beaucoup plus que lorsqu'il ne l'avait pas rencontré. Il pouvait maintenant appréhender les différences qui les séparaient, il pouvait apporter des réponses à ses questions et tourner la page sur cet homme qui avait détruit la vie de sa mère. Maintenant qu'il avait ses réponses, il aurait pu partir sans demander son reste, disparaître sans donner de réponses aux interrogations de l'homme face à lui. Mais il avait conclu un deal, des questions contre des réponses et il tenait toujours ses promesses. Ce n'était pas dans sa nature d'être malhonnête et il n'allait pas commencer sous prétexte qu'il n'aimait pas son géniteur, qu'il trouvait un peu trop sûr de lui pour quelqu'un qui sortait de prison.

Il écouta attentivement le récit de son incarcération, retenant avec peine la légère pointe de compassion qui l'envahit lorsqu'il entendit la dureté du supplice et notamment la partie sur les détraqueurs. Il jeta un léger coup d'oeil à Théo, essayant de déchiffrer sur son visage ce qu'il pensait de tout cela mais son amant restait impénétrable. Un don que lui même ne possédait pas, il ne savait pas garder ses émotions pour lui, tout se lisait sur son visage, sa joie comme sa déception et parfois, il aurait aimé pouvoir être comme Théo et rester insondable. Il aurait peut-être était moins à fleur de peau, peut-être qu'il aurait été moins facile à atteindre et d'une certaine façon moins replié sur lui même afin d'éviter les moqueries et méchancetés de ses soeurs.

Sam esquissa un léger sourire ironique lorsque Théodore laissa échapper que tout le monde l'appelait "Théo" et qu'il avait été normal. Oui, il l'avait été, dans une autre vie, dans son passé, il avait été un jeune homme, joueur de Quidditch adulé mais aujourd'hui, il n'était plus que l'ombre d'un homme. A peine un homme et visiblement, il voulait vivre dans le passé, il semblait tellement fier de son ancien lui, de celui qu'il était avant de faire une chose affreuse mais ce n'était pas parce qu'il avait été quelqu'un de respectable autrefois, avant, il avait longtemps, qu'il y était encore aujourd'hui. Il l'avait dit lui même, la prison changeait les gens alors que restait-il de l'adolescent qu'il avait été ? Et quelle part occupait le monstre qui l'avait possédé pendant une toute petite portion de sa vie ? Malgré tous ses efforts, il n'arrivait pas à passer outre et pour lui Théodore Cromwell resterait à jamais un homme abjecte qui inspirait plus la pitié qu'autre chose. Ce sentiment de pitié s'intensifia lorsque l'homme le supplia de lui parler de lui et Samaël ne se sentait pas de refuser. Il sourit faiblement à Théo et prit sa main dans la sienne pour se donner un peu de courage avant de prendre une profonde inspiration.

"J'ai été réparti à Poufsouffle lors de ma première année. J'ai été un peu surpris au début, je ne pensais pas que je possédais les valeurs de cette maison après toutes les choses de mon passé, je pensais que je serais envoyé à Serpentard après qu'on m'est répété sans arrêt que Serpentard était la maison des monstres et des sans-coeurs et des parasites. Ce que j'étais sans aucun doute aux yeux de ma mère et de mes deux soeurs les plus âgées. Donc lorsque le Choixpeau m'a envoyé dans la maison de l'honnêteté et des travailleurs, je me suis efforcé durant toute ma scolarité à rendre honneur à ma maison. A être honnête, droit, attentionné avec mes proches et travailleurs. Autant pour faire pardonner ma naissance que parce que j'en avais envie et parce que je sentais que c'était bien, que c'était ce qu'on attendait de moi. Réparer le mal que vous aviez commis. Ensuite, j'ai toujours été un peu renfermé sur moi-même. A part Théo, je n'avais pas vraiment d'amis les premières années. Mon passé me collait beaucoup trop à la peau et puis petit à petit, j'ai commencé à m'accepter tel que j'étais, m'ouvrant plus aux autres et arriver à la conclusion que je n'étais pas responsable de vos erreurs. J'ai intégrer l'équipe de Quidditch de ma maison au poste de batteur. Puis, il y a eu la découverte de mon homosexualité, difficile au début. Maintenant, je me sens entier et fier de moi. Je pense avoir parfaitement bien réussi mes aspics dont je n'ai pas encore les résultats. Etant donné ma grande facilité en potion, je ne me fais pas trop de soucis pour cette matière, là où j'ai plus de doute c'est la métamorphose. Voilà, je crois que vous savez tout de moi."

Il vrilla son regard clair dans celui de son géniteur, il avait sans douté était dur avec lui, lui faisant bien comprendre que c'était sa faute à lui si toute son enfance, il avait été peu sûr de lui, si renfermé et chétif, émotionnellement instable et bégayant. Un peu laissé à l'écart de part sa peur de mal faire et de faire du mal aux autres sans le vouloir. Parce que tous ses proches, ceux auxquels il avait énormément tenu avaient tous fini par disparaître. Il resserra ses doigts sur la main de Théo, il ne voulait pas le perdre lui non plus, pas comme il avait déjà perdu la majorité de sa famille.




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Théodore Cromwell

Théodore attendit avec anxiété la réponse de Samaël, une fois son propre récit terminé. Il espérait évidemment de tout son cœur que le jeune homme accepterait de lui en dire plus sur lui. Au moins pour qu’il ait l’impression de savoir quelque chose de son fils. Son fils, par Merlin. Depuis dix-neuf ans, cette pensée le troublait. Devant lui, se trouvait son fils. Qui ne portait certes pas le nom de Cromwell, mais qui en avait le sang. Il avait le physique des Cromwell, même s’il reniait visiblement son appartenance à cette famille. Et ça lui déchirait le cœur, ça le lui brisait, de l’entendre sous-entendre qu’ils ne se reverraient jamais. Evidemment, qu’il s’en était douté ! Mais il n’avait pas pu s’empêcher d’espérer. De penser que peut-être, il restait toujours une chance pour que Samaël accepte de le revoir. Pas forcément maintenant, mais dans un an. Une rencontre annuelle, dans un lieu neutre, juste pour entretenir un semblant de relation. Il l’avait tellement espéré que cette déception lui laissait un goût amer dans la bouche. Mais peut-être pouvait-il toujours lui proposer, non ? On ne savait jamais, après tout…

Cependant, Théodore Cromwell finit par sortir de ses pensées, lorsque son fils tendit le bras pour saisir la main du jeune Nott. Sous la surprise, l’ancien détenu écarquilla les yeux, avant de tourner la tête vers le jeune homme. Son air pincé ne lui disait rien qui vaille… Se pouvait-il que… Qu’ils forment un couple ? Qu’ils soient… homosexuels ? Il vrilla son regard dans celui de Samaël, et ne sortit de ses pensées que lorsqu’il prit la parole. Se concentrant sur ces dernières pour ne pas penser à la quasi-révélation que venait de lui faire son fils, il se contenta d’inspirer un grand coup. Peut-être se trompait-il.

Devant le récit du jeune homme, Théodore se mordit nerveusement l’intérieur de la joue. Il était certain que les mots employés par Samaël n’étaient pas choisis au hasard, mais bien pour lui montrer l’étendu des dégâts qu’avaient occasionné son acte, vingt ans plus tôt. Honteux, il baissa les yeux, tout en écoutant son fils. Petit à petit, il se détendit, et releva la tête. Le passé était le passé. Et il ne pouvait rien y changer. La seule chose qu’il était capable de faire, c’était de changer l’avenir. Evidemment, il ne pouvait pas le faire seul. Mais si Samaël acceptait d’y mettre un peu du sien… Juste pour essayer, se dit-il avec espoir.

« Puis, il y a eu la découverte de mon homosexualité, difficile au début. »

Théodore manqua de s’étouffer. Pas parce qu’il n’était pas ouvert, pas parce qu’il n’acceptait pas l’homosexualité, mais parce qu’il ne s’était pas imaginé une seule seconde que Samaël soit gay. A vrai dire, il aurait presque pu parier qu’il avait une charmante petite-amie… Or, il semblait que le jeune homme soit plutôt axé sur les charmants petits-amis. Ça ne changeait pas grand-chose, au final. Il ne connaissait pas son fils, et ne pouvait pas se targuer de l’avoir connu « avant » aussi, qu’il se révèle maintenant être homosexuel ne le choquait pas tant que ça. Par contre, c’était celui qui était assit à côté de lui, qui le surprenait. Théo Nott ? Le fils de Théophane Nott ? Il fronça légèrement les sourcils, et son regard se posa successivement sur les deux jeunes hommes.

« Je ne peux pas changer le passé, Samaël. » commença-t-il enfin, après quelques instants de silence. « Je suis désolé de ce tu as pu penser de toi, je regrette de tout mon cœur ce qui est arrivé à ta mère mais… Mais je ne peux rien changer. La seule chose que je peux faire, c’est te souhaiter d’être heureux, dans ta vie future, de t’épanouir dans tes études – vers quel métier te diriges-tu, d’ailleurs ? – et dans tes… tes relations. » finit-il, après un instant d’hésitation.

Autant ne pas trop s’attarder sur ça, songea-t-il en jeta un regard fugace à Théo. Sérieux, il vrilla son regard dans celui de Samaël.

« Ecoute, Samaël, j’aimerai savoir si tu accepterais d’entretenir une correspondance avec moi. Pas régulière, évidemment. Une lettre, de temps en temps ? Ou alors une rencontre annuelle. Juste pour me tenir au courant de ta vie. S’il-te-plait. » demanda-t-il gravement.

Ne dit-on pas que qui ne tente rien n’a rien ?
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L'hésitation dans sa voix, Samaël l'avait repéré lorsqu'il avait évoqué ses relations. Il retint un sourire narquois laissant juste la commissure de ses lèvres se relever légèrement. Sa révélation avait eu le but escompté malheureusement, ce n'était pas assez visiblement, il ne voyait aucun dégoût sur son visage, aucune colère, comme s'il l'acceptait complètement, tel qu'il était, comme s'il n'en avait rien à faire. Sam se surprit alors à penser que cet homme était sans doute beaucoup plus tolérant que d'autres qui se targuaient d'être d'honnêtes hommes parfaitement bien sous tout rapport avant de se flageller mentalement. Cet homme avait tout de même commis un acte immonde sans raison apparente.  

"Je m'oriente vers la Médicomagie. Et merci, je souhaite mon bonheur et mon épanouissement également."

Encore une fois, il s'était montré sec mais encore une fois, il n'avait pas plus apprécié que ça le fait qu'il lui rappelle sans aucune gêne apparente que le passé était le passé et qu'il ne pouvait pas revenir en arrière. Ça il l'avait bien compris et ce n'était pas ça qui dérangeait le plus Samaël, c'était le fait que malgré qu'il affirme à tout bout de champ qu'il était désolé au plus profond de son cœur, il ne montrait pourtant aucun signe de culpabilité apparente. Sam avait la nette impression qu'il essayait juste de l'amadouer pour obtenir ce qu'il souhaitait de lui.  

Et son soupçon fut plus ou moins confirmé lorsque Théodore lui demanda une nouvelle faveur. Lui écrire ou une rencontre annuelle. Non hors de question pas de rencontre. Mais pour les lettres, il ne savait pas trop. Il jeta un regard en coin vers Théo pour essayer de savoir ce qu'il pensait de tout ça, pour savoir s'il pensait que c'était une bonne idée ou non. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure en plein dilemme. Sa requête n'était pas si exubérante que cela, juste l'informer des grandes lignes de sa vie, d'un autre côté était-ce sain de garder un tel contact avec un homme comme son géniteur. De son côté, il n'y aurait jamais de confusion Théodore Cromwell n'était pas et ne serait jamais son père. Mais si le fait d'entretenir cette correspondance l'encourageait à croire que son point de vu vis à vis de lui avait changé ?

"Euh... honnêtement, je ne sais pas quoi répondre. Je... Je crois que ce ne serait pas raisonnable de se revoir. Je... Oui, je crois qu'il vaut mieux en rester là, je n'ai pas envie de vous connaître plus que ça, je vous ai vu une fois, j'ai vu quel genre d'homme vous étiez et ça me suffit. Je suis désolé mais je crois que je... que nous allons vous laisser maintenant."

Samaël se leva alors du canapé, oui, il en avait assez vu, il ne voulait plus voir le regard complaisant de cet homme, il voulait l'oublier, passer à autre chose, construire sa vie comme il l'entendait et il ne voulait surtout pas que son géniteur croit qu'il lui pardonnait quoique ce soit, qu'il croit qu'il avait obtenu ce qu'il avait voulu, ce n'était pas et ne serait jamais le cas.

"Merci pour l'invitation et désolé pour le dérangement."

Sam posa alors son regard sur Théo pour l'inviter à le suivre et se dirigea vers la porte d'entrée avant de jeter un dernier regard à son géniteur, il voulait voir s'il avait enfin réussi à le blesser dans son amour propre ou non.




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Les sourcils froncés, les poings fermés et la mâchoire contractée, Théo ne lâchait pas du regard le sorcier qui lui faisait face, retenant de son mieux l'envie de se jeter sur lui pour lui faire comprendre sa façon de penser. Il détestait cet homme, décida-t-il en écoutant avec attention la discussion entre le fils et son père. Il détestait le fait qu'il prétende si bien connaître son père, il haïssait l'hypocrisie avec laquelle il tentait d'amadouer Samaël, auquel il ressemblait tant. Il aurait largement préféré que Samaël accepte sa proposition de partir, mais la curiosité semblait encore le retenir ici, ce qui n'avait au fond rien d'étonnant. Théo était tellement tendu qu'il sursauta lorsque Samaël prit sa main, et se retint à grand peine de la retirer brusquement. Aussitôt, il tourna vers lui un visage incrédule, mais son petit-ami ne lui prêtait déjà plus attention, occupé à répondre à la question de Théodore. Théo se résigna donc à ronger son frein en silence, une légère appréhension s'infiltrant en lui alors qu'il sentait venir la révélation de Samaël. Son pressentiment se confirma lorsque le jeune homme annonça qu'il était homosexuel, provoquant le trouble des deux autres hommes de la pièce. Théodore semblait surpris, évidement, et Théo se sentit au bord de la crise cardiaque. Les joues en feu, il se racla la gorge pour attirer l'attention de Sam, tout en le fusillant du regard, mais son petit-ami était concentré sur son interlocuteur.

Soupirant intérieurement de frustration, Théo se contenta donc de redresser les épaules et de soutenir le regard de Théodore, une lueur de fierté au fond des yeux. Il se fichait bien du jugement de cet homme, mais il pouvait sentir sa surprise et s'il décidait de s'entretenir avec son père à ce sujet... Heureusement, cela n'était pas la préoccupation première de Théodore, qui fit bonne figure pour tenter de s'attirer la sympathie de son fils. Théo envoya des ondes mentales à son amant, le priant intérieurement de ne pas se laisser avoir par cet homme méprisable, et sentit le soulagement l'envahir lorsque Samaël affirma qu'il ne tenait pas à garder contact, avant de se lever pour prendre congé. Théo ne se fit pas prier, et il sauta sur ses jambes avant de rejoindre Samaël dans l'entrée. Après avoir jeté un sombre regard à leur hôte, Théo attrapa impulsivement le menton de Samaël pour capturer brièvement ses lèvres. C'était sans doute un peu stupide de sa part, mais Théo tenait à ce que les choses soient bien claires. Samaël était à lui, et tant que c'était le cas, il ferait tout pour que Théodore Cromwell ne s'en approche pas.

"Adieu, monsieur Cromwell", lâcha-t-il alors d'une voix basse, avant de tourner les talons. Il ouvrit la porte d'entrée et fit quelques pas dans le couloir, désireux de laisser quelques minutes Sam avec son géniteur s'il le désirait.

"Ca va aller ?", s'enquit-il doucement lorsque Sam le rejoignit, avant de ronchonner : "Tu sais, si tu veux annoncer ton homosexualité cela te regarde mais tu n'étais peut-être pas obligé de le faire en tenant ma main... Il connait mon père, après tout. Même si je doute qu'ils soient si proches que ça, mais bon."

Son père avait peut-être beaucoup de défauts, mais il choisissait tout de même un peu mieux ses fréquentations, du moins Théo osait l'espérer... Il garda cette pensée pour lui, ne souhaitant pas blesser Sam, et lui adressa un sourire de réconfort. Cela avait été dur, mais c'était maintenant terminé, et il espérait bien ne plus jamais avoir affaire à Théodore Cromwell.

Fin pour Théo


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Théodore Cromwell
Théodore se raidit à la réponse de Samaël, blessé par son ton sec, cassant. Oh, évidemment qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il l’accepte bras ouvert mais il s’attendait à plus… D’enthousiasme ? De curiosité ? Peut-être. Il avait envie de connaître Samaël depuis des années, depuis qu’il avait appris que son crime avait également conçu son fils. Son fils, par Salazar ! Et comprendre brutalement que cette envie n’était absolument pas partagée l’avait fait tomber de haut. De très haut. Il se redressa, prenant une longue inspiration, et posa un regard pénétrant sur le jeune homme, s’appliquant à ignorer son petit-ami pour se concentrer uniquement sur les traits si semblable aux siens de son fils. Il allait le perdre. Il le sentait. Il pouvait déjà appréhender son départ, le dernier regard qu’il poserait sur lui, la porte qui claquerait, le silence qui s’ensuivrait. Il ne pouvait pas laisser faire ça. Il voulait continuer à avoir des nouvelles de Samaël. Pas forcément régulières, par forcément longues. Juste pour savoir. Pour ne pas vivre en sachant qu’il avait un fils sans pouvoir le voir, lui adresser la parole. Alors oui, sa proposition était peut-être malhonnête, mais elle venait d’un homme désespéré, prêt à tout tenter pour garder un semblant de lien familial.

Plein d’espoir, il attendit la réponse de Samaël. Peut-être qu’il accepterait, peut-être même qu’ils arriveraient finalement à nouer une relation. Parce que, malgré tout, il restait son père. John Smith avait bien pu revendiquer ce rôle pendant qu’il était en prison, à présent il n’était plus là pour l’assurer auprès du Poufsouffle. Il ne comprenait même pas comment Samaël pouvait tenir cet homme en si haute estime. Il lui était tout bonnement insupportable, depuis qu’ils étaient entrés en guerre ouverte, à Poudlard. Tout avait commencé tellement stupidement, pourtant ! Une petite rivalité pour s’accorder les faveurs d’une femme. Rivalité qui avait mal tournée. Rivalité qui l’avait amené à commettre un crime. Rivalité qui avait donné naissance à Samaël. Est-ce qu’il regrettait ? Oui, évidemment. Il regrettait le suicide de cette femme qu’il avait aimé d’une façon malsaine, dans les dernières années. Il regrettait son acte, aussi. Peut-être un peu moins qu’il ne l’aurait dû. Il secoua doucement la tête pour chasser des souvenirs qui menaçaient de ressurgir, et reporta son attention sur Sam.

Ce qu’il entendit, en revanche, le pétrifia. La réponse était loin de tout ce qu’il avait pu imaginer. Il serra les poings, tout en redressant les épaules, avant de rompre le contact visuel avec son fils. Alors voilà. C’était terminé. Tout l’espoir qu’il avait placé dans cette rencontre venait de s’envoler. C’était la première et la dernière fois qu’il voyait Samaël, la seule chance qu’il avait eu de connaître son fils. Il se raidit une nouvelle fois lorsqu’il se leva, Théo le suivant. Se mettant debout à son tour, il fit quelques pas, pour les accompagner à la porte, silencieux. Il s’apprêtait à parler, lorsque le jeune Nott saisit le menton du Poufsouffle pour l'embrasser. Les lèvres pincées en une grimace, il observa l’étreinte des deux jeunes hommes, avant de dévisager froidement Théo. Marmonnant une phrase peu charitable à l’encontre du fils de Théophane, l’ancien détenu tourna vivement la tête vers Samaël, l’observant avec attention. La dernière fois, souffla une petite voix désagréable dans sa tête. La tout dernière fois qu’il le verrait.

« Adieu, dans ce cas. » souffla Théodore. Il tendit une main vers Samaël avant de laisser retomber son bras le long de son corps. « J’espère que… » il s’interrompit, préféra changer de formulation. « Bonne continuation. »

C’était plus formel, plus distant, plus froid. La porte ne tarda pas à se refermer, sur le visage défait de Théodore. Terminé, tout était terminé. La vie de Samaël se ferait sans lui. Il n’aurait jamais son mot à dire, jamais une visite, jamais une lettre. Il était son fils, par Merlin  Son fils. Il était né grâce à lui, il avait son sang, ses gênes. Il était prêt à lui offrir tout ce qu’il désirait, à lui offrir une famille. Et il le rejetait. Saisissant une bouteille de mauvais whisky qui lui tombait sous la main, il en avala une longue rasade, avant de se laisser tomber sur le canapé et d’en reprendre une deuxième. Il eut un sourire mauvais, renversa la tête en arrière, ferma les yeux, porta la bouteille à ses lèvres une nouvelle fois. Ce n’était pas comme si quelqu’un comptait sur lui ou qu’on l’attendait quelque part.  

RP terminé.
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Errare humanum est [Samaël, Théo & Théodore Cromwell]

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