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 Les maladresses [Adonis]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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14 Juillet 2007

Aujourd'hui, c'était samedi et le Circée était bondé. Rosaleen était de service et elle avait des commandes de partout alors qu'elle partageait la salle avec une seule autre serveuse, Millie étant tombée malade ce matin. India, sa collègue, affirmait qu'elle faisait semblant parce qu'elle avait un nouveau petit ami mais en attendant, elles n'étaient que deux pour servir tout le monde. Milie savait très bien que le samedi était leur journée la plus chargée, elle ne les aurait jamais laissé tomber si elle n'avait pas été vraiment malade. Si elle n'était pas attendue par ses grands-parents pour le dîner à dix huit précises, Rosie serait passée la voir, afin de lui souhaiter un bon rétablissement. Elle nettoya une table d'un coup de baguette, fit léviter des verres jusqu'à une table - Bob, le directeur du bar n'aimait pas qu'elles fassent cela mais il y avait vraiment trop de monde -  et repassa derrière le bar pour servir des cocktails. Elle travaillait à ce rythme depuis le début de l'après-midi et commençait sérieusement à fatiguer. Elle vit avec soulagement une vingtaine de membres de la Police Magique se lever en même temps et elle s'empressa de récupérer la note en leur adressant de grands sourires reconnaissant. Leur départ atténua considérablement le bruit de la salle et elle se permit de soupirer de soulagement en passant un coup de chiffon sur leurs tables.

Elle travaillait au Circée régulièrement, cinq soirs par semaine et quatre samedis par mois et connaissait son travail mais cela restait fatiguant et physique de rester debout toute la journée, à courir partout entre la salle et les deux petits salons privés. Il y avait du bruit, il faisait chaud en plein été et certains clients étaient vraiment mal élevés et mettaient leurs mains là où ils ne devaient pas. Mais elle ne se plaignait pas car ce travail permettait de payer ses études, ce qui était un poids en moins pour ses grands-parents qui avaient quatre enfants à charge et faisaient de leur mieux pour maintenir le standing de la famille Lestrange. Il était malvenant de voir les enfants Lestrange avec de vieilles robes, aussi sa grand-mère et leur vieille elfe de maison s'arrangeaient pour changer régulièrement les couleurs et adapter les coupes, pour essayer d'atténuer ses effets. Lorsqu'elle désirait quelque chose pour elle, elle faisait des heures supplémentaires afin de ne pas avoir à demander à ses grands-parents, qui donnaient déjà suffisamment. Travailler ici n'était pas des plus faciles mais Bob était gentil et elle s'entendait bien avec ses collègues, qui n'avaient jamais rien dit sur son nom. Les clients laissaient souvent des pourboires et même s'il y avait des malotrus, Bob était toujours très ferme et les agents de la Justice Magique n'hésitaient jamais à intervenir quand quelqu'un embêtait une serveuse.

Enfin, même si le travail n'était pas horrible, cela prenait sur le travail qu'elle fournissait pour l'Académie Lycaon et elle passait de longues nuits - ou plutôt matins - après la fin de son service à une heure du matin, à compléter ses devoirs. Sa grand-mère affirmait que ce n'était pas la peine, étant donné qu'elle n'exercerait jamais, son mari ne voudrait pas. Mais Rosie y tenait, par amour de la métamorphose et par amour du travail. Elle conciliait les deux, même si ce n'était pas toujours très facile. Ele adorait Lycaon et voulait continuer tant qu'elle le pouvait. Elle savait que tous ses soucis se régleront une fois mariée, qu'ils soient financiers ou ses inquiétudes pour son frère mais en attendant, elle profitait de cette liberté que pouvaient lui apporter ses études et son travail. Et puis de toute manière, l'année était terminée à Lycaon et elle attendait ses résultats, pour savoir si elle passait en troisième année ou pas. Elle avait l'impression d'avoir plutôt bien réussi, elle avait travaillé dur. Plus elle vieillissait, plus elle savait que ses grands-parents seraient pressants alors elle profitait de l'école au maximum. Elle apporta sa consommation à un couple avec le sourire avant de jeter un coup d’œil à l'horloge. Le départ des policiers avait fait du bien au bar, elle pouvait prendre sa pause, India pourrait gérer la salle sans problèmes et les salons étaient de toute manière vides. Un dernier service et elle prenait sa pause. Bob, installé derrière le bar, lui tendit la commande de la table sept et elle se dirigea vers cette dernière, tandis qu'on l'appelait à une autre table, vers laquelle elle détourna la tête. Sans savoir comment, elle s'emmêla et sentit son plateau lui échapper des mains et un grand fracas résonna soudain, suivi immédiatement d'un bruit de verre brisé.

- Oh, je suis tellement désolée ! s'empressa-t-elle de dire à l'adresse du client.

Son regard croisa en premier lieu des yeux très bleus avant qu'elle ne comprenne qu'elle n'avait pas uniquement renversé son plateau : la robe du client était maculée de boisson et du verre brisé avait atterri à ses pieds. Navrée, elle chercha immédiatement Bob du regard et croisa son regard désapprobateur avant de reposer son attention sur le client. Oh, Helag, non. Elle venait de renverser sa consommation sur un Greengrass, sur Adonis Greengrass. Sa grand-mère la tuerait. Renverser quelque chose sur un membre de la haute société était une énorme erreur, révéler sa maladresse signifiait un défaut dans son éducation. Oh, Merlin. Ne jure pas, Electre, la reprit la voix de sa mère, comme dans son enfance. En plus, elle venait de montrer qu'elle travaillait comme serveuse dans un bar, ce qui était loin d'être flatteur. Ses grands-parents avaient toujours caché cette situation. Une Lestrange qui travaillait comme serveuse, c'était quelque chose de profondément insultant pour sa famille. Et en plus, elle n'était même pas capable d'être une serveuse compétente : voilà qu'elle renversait des choses sur Adonis Greengrass. Un bon parti, disait souvent sa grand-mère, avec un bon poste au Ministère.

- Veuillez m'excuser Monsieur Greengrass, ma maladresse est impardonnable.

C'était la première fois que cela lui arrivait et il fallait que ce soit face à un Greengrass. Merlin n'était pas avec elle, aujourd'hui. Rosaleen s'empressa de sortir sa baguette magique de la poche de son tablier et elle nettoya les débris de verre d'un coup de baguette, fit disparaître la consommation et son plateau lui sauta dans les mains.

- Si vous le permettez, Monsieur, laissez moi nettoyer votre robe. La maison va vous l'offrir, bien évidemment. Je vous présente encore une fois mes plus plates excuses ! ajouta-t-elle, révérencieuse.

Elle n'était pas présentable pour faire face à un Greengrass. Des mèches s'échappaient de son chignon et venaient lui caresser le visage, elle avait les joues roses de honte et de chaleur, elle portait la robe de l'établissement et un tablier. Elle n'avait pas l'air d'une Lestrange, elle ne ressemblait qu'à Rosie, la pauvre serveuse incapable et maladroite.


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Adonis sirotait songeusement un verre de whisky pur feu, l'alcool lui paraissait légèrement fade à côté de l'alcool gobelin que lui avait offert Leopold un peu plus tôt dans la journée. Il voulait savoir où en était ses recherches sur les Mardoliens mais malheureusement ça n'avançait pas comme il l'espérait, il n'y avait rien à dire, à part des évidences et s'était rageant de n'avoir rien à donner à son patron. Il avait l'impression qu'il allait laisser s'échapper le post de sous-directeur qui semblait lui tendre les bras. Il semblait que Blackbonnes voulait le post également, il semblait que le service était plus disposé à accepter ce type plutôt que lui. Pourtant, il avait une arme massive contre lui, le père d'une gamine naïve qui était responsable de la mort d'une fillette de cinq ans n'avait pas sa place en tant que sous-directeur d'un département tel que le département de contrôle et de régulation des créatures magiques.

Il était certain qu'avec ça, il pourrait évincer Anthony mais en avait-il vraiment envie au fond ? Sa vie sentimentale était un vrai désert, il s'amusait à enchaîner femme sur femme, son oncle commençait à vouloir lui passer la corde au cou et ça jasait dans les chaumières. Et lui, il faisait passer sa carrière avant tout, il voulait continuer à s'amuser, quoi de plus normal ? Il n'était pas pressé de se marier à une sang-pure sans intérêt, fade et glousseuse. Pour l'instant, il n'avait pas à mentir lorsqu'il sortait tard le soir pour ses missions, il n'avait pas besoin de se justifier, là il lui faudrait trouver un prétexte. C'était sans compter qu'il avait ce petit truc qui faisait battre son cœur plus vite quand il apercevait Rosaleen Lestrange, il était incapable de justifier un tel phénomène, c'était juste... comme ça et il avait fini par l'accepter sans jamais vraiment oser l'approcher, la regarder de loin lui suffisait la plupart du temps. Et le fait qu'elle travaillait au Circée n'était pas pour lui déplaire d'ailleurs, lui donnant une occasion de pouvoir la contempler un peu plus souvent que lors des dîners mondains.

Il en était là de ses préoccupations existentielles lorsqu'il vit la jeune femme approcher de sa table, il vit alors le plateau qu'elle tenait dans ses mains pencher dangereusement et son contenu se renverser, il n'eut pas le temps de reculer qu'il sentait un liquide imbiber sa robe et des éclats de verres s'éparpiller autour de lui. Il eut de la chance que l'un des éclats ne le coupe pas, il regarda un instant sa robe, un peu désabusé, ne sachant quelle attitude adopter. Il avait l'air malin comme ça. Il redressa alors la tête lorsqu'il entendit les excuses de Rosaleen, excuses qui se firent encore plus penaudes lorsqu'elle le reconnut. Il esquissa un sourire à cette pensée, elle l'avait reconnu, il n'était donc pas complètement un inconnu pour elle.

Il se rabroua mentalement, non c'était juste parce qu'il était un Greengrass qu'elle le connaissait, son nom devait être murmuré à chaque soirée, il devait être désigné comme un bon parti encore libre, il attisait la convoitise des mégères qui rêvaient de voir leurs filles à son bras. Ou alors cette rumeur, selon laquelle il était gay, était plus sérieuse qu'il ne l'avait imaginé.

"Il n'y a pas de mal Miss Lestrange. La maladresse peut arriver à tout le monde même aux meilleurs."

Il esquissa un sourire poli qu'il voulait gentil, il n'avait pas l'habitude de ce genre d'expression lui qui était plus sujet aux sourires charmeurs hésitait à s'en servir contre la jeune femme. Il la regarda sortir sa baguette et réparer le verre brisé, faire disparaître le liquide répandu au sol et récupérer son plateau. Elle se tourna alors vers lui et lui demanda si elle pouvait nettoyer sa robe, il hocha la tête pour donner son accord alors qu'elle lui affirmait que sa consommation lui serait offerte alors qu'elle s'excusait encore fois.

"Il n'y a vraiment pas de mal croyez-moi. Il ne m'est rien arrivé de fâcheux, je vais parfaitement bien, ne vous accablez pas ainsi. Et vous m'avez l'air complètement exténuée. Voulez-vous vous asseoir un instant avec moi ? Ce sera la condition pour que j'accepte vos excuses."

Il esquissa un nouveau sourire alors qu'il se rasseyait en invitant la jeune serveuse à en faire de même en désignant la chaise face à lui. Lui donnant ainsi tout loisir de la contempler, elle avait l'air vraiment épuisée, ses cheveux n'étaient pas aussi disciplinés que d'ordinaire mais ça ne le dérangeait pas plus que cela, au contraire, ça lui donnait un certain charme, un peu plus sauvage, un peu moins conformiste, un peu plus humain, loin de la parfaite petite sang-pure guindée dans sa jolie robe de haute manufacture. Il avait tellement de chose à lui dire, des choses qu'il n'avait jamais osé dire, des choses qu'il savait impossible à dire, il aurait aimé lui parler de son frère mais maintenant qu'il l'avait en face de lui, il était incapable d'ouvrir la bouche.


Adonis Greengrass
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Non, la maladresse ne pouvait pas, ne devait pas arriver à tout le monde. Depuis qu'elle était jeune, on lui avait enseigné le maintien et l'élégance, elle ne pouvait pas se permettre d'être aussi empotée, c'était bon pour les jeunes filles qui n'avaient pas reçu la même éducation qu'elle. Une Lestrange se devait d'être irréprochable. Sa grand-mère serait furieuse si elle avait vu cela. Et si cela remontait à ses oreilles... Rosaleen recherchait un mari, elle ne pouvait pas se permettre ce genre d'écarts qui remettaient en cause toute son éducation et sa capacité à se tenir et à agir comme une jeune femme de son milieu. Elle ne savait pas ce qui lui était arrivée, elle ne faisait jamais ce genre de bêtises d'habitude. Elle s'était emmêlée, son attention avait été détournée et la catastrophe était arrivée. Sur un Greengrass en plus, sur Adonis Greengrass. S'il rapportait cela, les ragots iraient bon train sur son compte. Surtout qu'elle ne criait pas sur les toits qu'elle travaillait au Circée, c'était un secret honteux et elle avait la hantise que quelqu'un de malintentionné l'apprenne et répande ce bruit. Elle ne pourrait plus jamais se montrer en public et pourrait dire adieu à un bon mariage si on apprenait qu'elle était serveuse dans un bar de Bristol. Certes, c'était pour terminer leurs fins de mois et subvenir aux besoins de la famille mais c'était tout de même honteux pour une Lestrange de devoir s'abaisser à ce niveau. De plus, Adonis Greengrass était le cousin de Daphné et Astoria Greengrass. S'il en parlait à ses cousines, elle était fichue et plus aucune jeune femme digne de ce nom ne voudrait lui adresser la parole. Surtout que l'opprobre retomberait sur tout le reste de sa famille alors que ses sœurs n'étaient présentes en société que depuis peu de temps. Complètement atterrée, Rosaleen sentit une boule se former dans sa gorge tandis qu'elle nettoyait la robe de Monsieur Greengrass d'un sortilège informulé.

Elle était tellement plongée dans ses pensées à se maudire pour sa bêtise, sa maladresse et son incompétence qu'elle releva des yeux ouvertement surpris vers Adonis lorsqu'il l'invita à s'assoir auprès de lui. Certes, elle l'avait entendu la rassurer et lui affirmer que ce n'était rien de bien grave mais elle avait mis cela sur le compte d'un légitime agacement dissimulé sous un vernis de courtoisie et de politesse. Monsieur Greengrass était quelqu'un de bien élevé, issu d'une famille respectable et noble, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il l'accable d'injure comme un vulgaire client trop alcoolisé et n'ayant pas reçu de ses parents la retenue nécessaire pour bien réagir à un incident tel que celui-ci. Mais elle avait pensé que derrière son amabilité, Adonis Greengrass était furieux et il y avait bien de quoi ! Elle avait renversé quelque chose sur sa robe de haute manufacture et elle aurait pu le blesser. A sa place, elle aurait également été furieuse. Il aurait pu la congédier, ce qui aurait été la chose la plus normale à faire. Mais à la place, il voulait qu'elle s'assoit avec lui, sous peine qu'il n'accepte pas ses excuses. Surprise et étonnée, elle papillonna des paupières, ne sachant que répondre. C'était une demande si surprenante et elle ne savait pas vraiment comment y répondre, sur le coup. Elle prit quelques secondes pour se reprendre et recouvrer ses esprits, encore rosissante. Elle tourna ses yeux vers le comptoir où Bob, son patron, guettait toujours la scène.

- Je vais vous chercher une autre consommation, qui vous sera évidemment offerte par la maison, expliqua-t-elle simplement, un sourire un peu tremblant aux lèvres.

Elle s'empressa de retourner vers le comptoir, où Bob avait préparé le verre, qu'il lui tendit d'un air désapprobateur. C'était la première fois qu'elle faisait une erreur de ce genre mais elle savait très bien que Bob était très exigeant avec ses serveuses, il voulait que tout soit impeccable. Et pourtant, ce n'était pas à la formation qu'il les recrutait, il le reconnaissait lui-même ouvertement. Il recrutait des jolies filles, "pour le plaisir des yeux" comme il aimait le dire. Le plaisir des yeux des clients surtout. Mais il ajoutait toujours que "ses filles" savaient se tenir et que les clients avaient intérêts à être sages avec elle et à tenir leurs mains à distance. On touche avec les yeux, ajoutait-il souvent avec un rire gras.

- Il veut que je m'assoie avec lui, chuchota-t-elle précipitamment.

Rosaleen ne voulait surtout pas qu'il croit qu'elle faisait des entorses à la politique de l'établissement et la limoge pour cela. Elle vit Bob jauger Monsieur Greengrass avant qu'il ne lui donne son assentiment d'un signe de tête, précisant que ça compterait comme son temps de pause. Temps qu'elle avait de toute manière prévu de prendre avant de renverser ce plateau. Précautionneusement, elle apporta sa commande jusqu'à Adonis et la déposa devant lui, avec un nouveau sourire contrit.

- Je vous présente encore toutes mes excuses, Monsieur Greengrass.

Avant de s'assoir, elle lissa son tablier comme si elle avait porté une robe de chez T&T et coinça quelques mèches de cheveux blonds derrière son oreille. Elle ne savait pas pourquoi il lui avait demandé de s'assoir, ils ne s'étaient jamais parlé, même dans les réceptions. Peut-être qu'elle avait salué, mais elle n'en n'avait pas souvenir. De quoi Adonis Greengrass pouvait-il pouvoir l'entretenir ? Quoi qu'il en soit, sa grand-mère aurait été outrée qu'elle reste là sans ouvrir la bouche. Il fallait qu'elle se reprenne et qu'elle passe outre l'incident qui venait de se dérouler.

- Vous souhaitiez m'entretenir de quelque chose en particulier ? interrogea-t-elle, un sourire aimable aux lèvres.


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Adonis regarda Rosaleen s'éloigner en affirmant encore une fois que la consommation lui serait offerte par la maison. Chose dont il se moquait bien en réalité, les fautes d'inattention arrivaient et celles-ci étaient souvent dû à la fatigue ce qui signifiait que la jeune femme n'avait pas pris de pause depuis un certain temps, ce qui à son avis était inacceptable. Il jeta un léger coup d’œil au patron du bar qui regardait d'un air désapprobateur sa serveuse. Il se retint de se lever pour lui expliquer que s'il permettait à ses employer de se reposer un minimum se genre de chose n'arriverait pas mais ce n'était pas le moment de faire une esclandre et surtout, il ne voulait pas mettre Rosaleen dans l'embarras. A coup sûr cela ne lui vaudrait que des ennuis supplémentaires et il ne voulait surtout pas que cela se produise.  

Il resta donc sagement assis à sa place, regardant distraitement la jeune femme revenir avec sa boisson et s'installer face à lui en souriant, sourire qu'il lui rendit sans aucun artifice. Pour une fois, sans doute une des premières fois de sa vie, il ne simulait pas ses expressions faciales. Rosaleen s'excusa encore une fois et Adonis balaya ses excuse d'un revers de la main.

"Adonis ! Appelez moi Adonis, Monsieur Greengrass c'est mon oncle. Et arrêtez donc de vous excuser, je vous ai dit que c'était sans importance."  

Il esquissa un nouveau sourire afin de mettre en confiance la jeune femme mais cette dernière ne semblait vraiment pas à son aise alors lorsqu'elle lui demanda de quoi il voulait l'entretenir, il baissa les yeux sur son verre et commença à le faire tournoyer dans sa main. Il avait tellement de choses à lui dire mais par où commencer ? Certainement pas par ses sentiments qui le rongeait de l'intérieur de toute manière, elle ne le connaissait pas, ils ne s'étaient d'ailleurs sans doute jamais réellement parlé. Il devait aborder un sujet de conversation beaucoup moins risquée et qui lui tenait presque autant à cœur.

"Et bien, cela fait un certain temps déjà que j'aimerais vous faire part d'une chose. Je ne sais pas trop pourquoi je ne vous en ai pas parlé avant, peut-être parce que j'avais honte, c'est sûrement ça. Il se trouve que j'ai bien connu votre frère, Regulus. Je l'ai même très bien connu puisque c'était mon meilleur ami à Poudlard. Du moins, jusqu'à ce qu'il..., la voix d'Adonis se serra et il but une gorgée de sa boisson avant de reprendre la parole. Nous étions très proche et je tenais à vous dire que je suis désolé, profondément désolé de ne pas avoir réussi à le retenir le jour de la bataille. Il était à mes côtés, nous allions sortir pour rentrer chez nous, je le tenais fermement parce que je savais qu'il voulait aller se battre pour défendre ses idées. Mais nous n'étions que des gamins, quelle chance avions nous de survivre ? Alors je l'ai obligé à me suivre mais... j'ai eu un moment d'inattention et... je l'ai perdu de vu. J'ai été propulsé vers la sortie, j'ai voulu le rejoindre mais on m'en a empêché, je n'ai pas pu rejoindre l'école pour l'aider. Et depuis, je m'en veux terriblement et je sais également la perte terrible que cela a dû représenter pour vous alors je pense qu'il fallait que vous sachiez que votre frère était la personne la plus courageuse que je n'ai jamais connu. Toujours à vouloir aider les autres, un vrai Gryffondor."

Il esquissa un léger sourire nostalgique, les années avaient passé mais il n'avait rien oublié. Regulus lui manquait, leurs discussions animées, leurs fous-rire. Tout cela lui manquait et il se sentait encore coupable de ne pas avoir pu retenir son ami, de ne pas avoir su le protéger pour qu'il reste vivant auprès de sa famille. Il ne savait pas du tout comment Rosaleen allait réagir à ses aveux, il posa donc un regard empli de tristesse sur la jeune femme, attendant une réaction de sa part.

"Je suis désolé de ne pas être venu vous parler avant mais ce n'est vraiment pas évident pour moi de parler de tout cela, on ne reconnait pas souvent ses torts dans ma famille."

Il se permit alors un léger sourire amusé, il espérait ainsi détendre l'atmosphère qu'il avait alourdi avec son récit, il but une nouvelle gorgée d'alcool et observa silencieusement la jeune femme face à lui, elle était quand même très belle cette petite Rosaleen, la petite soeur de Regulus. Est-ce qu'il aurait approuvé leur union s'il trouvait un jour le courage de faire sa déclaration ?


Adonis Greengrass
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L'appeler Adonis ? Oh, évidemment, ce ne serait pas la première fois qu'elle appellerait quelqu'un par sa prénom. Outre ses soeurs et son frère, il y avait aussi ses camarades de Lycaon, avec qui elle abandonnait un peu de son éducation guindée, mais également les autres serveuses du Circée et ses amis proches, ou du moins ses amis, comme Théo. Mais Adoni Greengrass, c'était vraiment différent. Tout d'abord, il était plus âgé qu'elle, il avait exactement le même âge qu'aurait eu son frère, ils étaient dans la même année. En revanche, elle ne savait pas s'ils étaient dans la même maison, il lui était impossible de retrouver dans quelle maison Adonis Greengrass avait été réparti. Et pourtant, Rosaleen était censée connaître de nombreuses choses sur les gens qui faisaient parti du même milieu qu'elle. Elle connaissait de nombreux arbres généalogiques afin de pouvoir savoir quelles familles étaient reliées ensemble, connaissait les prénoms des gens de sa génération, les métiers des adultes, les études des enfants et sa grand-mère tenait particulièrement à ce qu'elle connaisse de nombreuses informations sur tous les bons partis disponibles. C'est ainsi qu'elle avait pu le reconnaître au premier regard - et se maudire pour sa bêtise - et qu'elle savait qu'il travaillait au Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques et qu'on murmurait que sa famille aurait peut-être l'occasion de nouer un mariage avec les Warlock. Les Greengrass étaient une famille influente avec une fortune assez conséquente, qui en plus restait assez pro-Sang-Pur. Si cet incident venait aux oreilles de sa grand-mère, Rosaleen n'osait pas imaginer les réprimandes qu'elle subirait pour avoir raté sa chance auprès d'un bon parti riche, beau et de son âge en agissant comme une "gourde". Rosie aurait pu parier sa baguette sur le fait qu'elle utiliserait le mot "gourde". Elle répondit timidement au sourire d'Adonis, un peu mal à l'aise. Elle n'était déjà pas très réjouie à l'idée de devoir continuer à lui imposer sa présence alors qu'elle lui avait renversé un verre dessus, elle n'avait pas non plus envie qu'il y ait des blancs dans la conversation, de quoi aurait-elle l'air sinon ? Elle était censée avoir appris à faire la conversation correctement mais le faire en pleine pause dans son travail de serveuse - qu'elle dissimulait - à quelqu'un de la bonne société était tout à fait différent que de le faire dans une réception où elle était plus à l'aise et présentable. Elle releva les yeux lorsqu'Adonis reprit la parole et posa ses mains sur ses genoux pour qu'il ne la voit pas triturer la bague qu'elle portait, signe d’inconfort et de nervosité.

Si on lui avait demandé de quoi Adonis Greengrass aurait pu l'entretenir, elle aurait pu citer une bonne dizaine de sujets assez variés, allant de la météo au fait que l'une des petites-filles de Mrs Flint allait faire du Quidditch professionnel, ce qui n'était vraiment pas un métier pour une jeune fille respectable. Mais elle n'aurait jamais pu penser qu'il puisse souhaiter l'entretenir de son frère Regulus. Ce dernier était toujours présent dans son coeur évidemment, et il le serait toujours. Mais elle s'efforçait d'éviter d'y penser étant donné que cela l'attristait et lui rappelait de très mauvais souvenirs. Elle l'évoquait auprès de Reda et d'Oreste, pour qu'ils connaissent leur frère ainé mais la plupart du temps, le nom de Regulus restait loin d'eux, c'était bien moins douloureux que de l'évoquer. Mais visiblement, comme il le disait lui-mêm, Adonis avait souhaité depuis longtemps lui en parler. Rosaleen eut soudain envie de fuir loin d'ici pour ne pas repenser au décès de son frère et ce fut sa seule bonne éducation qui l'empêcha de se lever en prétextant que sa pause était terminée et qu'elle devait reprendre le travail. Elle ne voulait pas repenser à son frère. C'était peut-être égoïste et irrespectueux mais c'était cent fois mieux que de sentir le malaise la gagner et son cœur battre la chamade chaque fois qu'on évoquait son nom. Mais c'était trop tard, Adonis était lancé, elle ne pouvait plus fuir. Elle se força à le regarder dans les yeux tandis qu'il lui annonçait qu'il avait été le meilleur ami de Regulus à Poudlard. Il devait donc être à Serpentard également, comme son frère. Elle ne le savait pas, qu'ils étaient amis. Ou ne s'en souvenait pas. Au fur et à mesure qu'elle vieillissait, ses souvenirs d'enfance se brouillaient, c'était une impression étrange. Et de toute manière, elle ne se souvenait pas bien de l'année des Ténèbres, il n'y avait que la nuit du deux et la journée du trois mai qui étaient claires dans son esprit. Et évidemment, c'était la Bataille qu'Adonis voulait évoquer. Ses doigts se crispèrent sur son tablier dans un réflexe involontaire tandis qu'il s'excusait de ne pas avoir pu le retenir. Il n'avait pas à s'excuser. Regulus était un Lestrange, ils étaient tous déterminés dans leur famille, c'était caractéristique. Ils se démenaient toujours pour avoir ce qu'ils voulaient. Et si Regulus avait voulu rester, alors rien n'aurait pu l'en empêcher. Adonis ne devait pas culpabiliser pour cela. Et ce qui était fait était fait, il ne servait à rien de vivre dans le passé, il fallait aller de l'avant et se construire un futur. Elle l'avait appris avec le décès de sa mère et de son frère, même si c'était douloureux, elle l'avait accepté et sa vie avait continué. Elle papillona des paupières pour chasser l'humidité de ses yeux, mais cela ne fit que faire couler une larme sur sa joue, qu'elle chassa vite d'un revers de la main.

- Vous n'avez pas à vous en vouloir, assura-t-elle avec douceur. Regulus était quelqu'un de buté. Et pétri de courage et de détermination. Personne n'aurait pu l'arrêter s'il avait fait son choix et vous n'avez pas à culpabiliser de ce qui s'est passé ce soir-là. C'est également un trait de famille, assura-t-elle avec un sourire.

Regulus avait fait un choix ce soir-là. Et il n'était pas un garçon bête, il l'avait fait en toute connaissance de causes, en sachant les risques qu'il prenait. Mais il voulait se battre pour une cause, Rosaleen avait suivi son évolution entre sa rentrée à Poudlard et son décès lors de sa troisième année. Elle l'avait vu dans ses lettres, dans ses mots, dans ses actes, dans ses gestes, dans ses yeux. Rien n'aurait pu l'arrêter ce soir-là, même pas elle. Il aurait fallu le stupéfixer et le trainer jusqu'à sa chambre en l'enfermant à l'intérieur pour qu'il renonce ç l'idée de participer à la Bataille. Et encore, elle savait qu'il aurait tambouriné au panneau jusqu'à ce qu'on lui ouvre, ou trouvé un moyen de passer par la fenêtre. Oui, son frère était un vrai Gryffondor, il n'avait fini à Serpentard que parce qu'il l'avait demandé, il le lui avait confié. Elle admirait Regulus. Il avait eu un courage qu'elle aurait aimé avoir elle-même.

- Mais je vous remercie d'être venu me parler. J'ignorais que vous et Regulus étaient amis, j'étais encore jeune lorsque vous étiez à Poudlard.

En réalité, ils avaient fréquenté l'école en même temps à la fin de la guerre mais elle n'avait jamais parlé à Adonis Greengrass. Même dans les réceptions, ils n'avaient dû échanger que des saluts et de banales politesses.

- Qu'est-ce qui vous amène à Bristol ? s'enquit-elle pour alléger l'atmosphère pesante qui s'était installée à leur table. Si ce n'est pas trop indiscret, bien sûr.

Elle ne voulait pas qu'Adonis Greengrass croit qu'en plus d'être maladroite, elle avait reçu une éducation désastreuse. Cela ferait vraiment mauvais genre.


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Adonis dut retenir un mouvement de recule quand les yeux de Rosaleen s'humidifièrent, non, non, non, elle ne devait pas pleurer. Par Salazar, pourquoi les femmes étaient-elles toujours aussi émotives ? Mais si habituellement, il était dégoûté par la faiblesse dont faisait preuve les pleurnicheuses, étrangement ce n'était pas le cas pour la jeune Lestrange. Il se sentait confus et un peu coupable, c'était lui qui été responsable de cette unique larme sur la joue de la jeune femme, lui qui se disait amoureux d'elle, lui qui s'était juré qu'il ne lui arriverait jamais rien et qu'il ferait tout son possible pour qu'elle soit heureuse avec ou sans lui. Et visiblement, il avait échoué. Son trouble s'accentua alors qu'elle lui affirmait qu'il n'avait pas à s'en vouloir pour la mort de Regulus. Il était étonné de la douceur avec laquelle la jeune femme s'adressait à elle.

Pas parce qu'il n'avait jamais eu aucune preuve d'affection durant son enfance, au contraire, il avait été aimé, par sa mère, puis ses grand-parents à leur façon et enfin par son oncle et surtout par ses cousines. Il n'était pas en manque, il avait également reçu l'amour de tout un tas de filles, plus idiotes les unes que les autres mais le pardon de Rosaleen était différent à ses yeux, c'était plus important, plus pure. C'était inespéré. Il but une gorgée de sa consommation avant de porter à nouveau son attention sur la jeune serveuse. Tandis qu'elle le remerciait, il hocha négligemment la tête pour montrer que ce n'était rien, il avait juste fait ce qu'il aurait dû faire il y avait plusieurs années.

"Ne me remerciez pas. Je n'ai rien fait d'admirable, à part vous rappeler de mauvais souvenirs et vous exprimer ma sympathie, ce que j'aurais dû faire il y a des années."

Il tourna alors le regard et ce dernier se posa sur la patron du bar qui semblait les observer de derrière son bar, un torchon entre les mains, essuyant quelques verres. Le jeune homme soutint un instant le regard de l'homme avant de détourner à nouveau le regard pour le reposer sur Rosaleen qui semblait curieuse de sa présence ici. Il esquissa un léger sourire avant de répondre, d'un ton détaché, pour ne pas montrer qu'il était légèrement vexé qu'elle ne l'ait jamais repéré auparavant.

"Pour être honnête, je viens souvent ici avec mes collègues et certains de mes amis. Et aujourd'hui j'avais besoin de penser à autre chose qu'au travail, lorsque vous avez interrompu mes rêveries, il esquissa un nouveau sourire à son attention. Je ne vous en veux pas naturellement, je dois avouer que votre compagnie est beaucoup plus agréable que mes songes."

Oui, beaucoup plus. Il avait enfin eu l'occasion de lui adresser la parole et aujourd'hui, elle était là face à lui et elle lui souriait aimablement, peut-être un peu trop d'ailleurs. Il devait certainement l'incommoder, elle n'avait sûrement pas envie de passer plus de temps en sa présence, peut-être le trouvait-elle dénué d'intérêt.

"Mais je comprendrais que ma présence ne vous soit pas plaisante. Je ne tiens pas à vous retenir plus que vous ne le voudriez. Si je vous incommode n'ayez pas peur de me le dire, je n'en prendrais pas ombrage."

Il serait certainement désappointé mais après tout, on ne pouvait pas plaire à tout le monde et bizarrement, c'était souvent pour les personnes à qui l'on tenait le plus et celles dont on souhaitait à tout prix l'affection que l'on était le plus insignifiant. Il espérait tout de même que Rosaleen le considérait au moins un petit peu.


Adonis Greengrass
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Son frère n'avait jamais mentionné Adonis Greengrass ou bien peut-être était-elle trop jeune pour s'en souvenir. Elle se rappelait de Regulus s'asseyant sur son lit au milieu de la nuit pour lui parler de ce qu'il venait d'entendre dans le salon ou de lui travaillait sagement à la bibliothèque tandis qu'elle l'observait, se demandant quel cours pouvait bien l'absorber mais sans oser le déranger alors qu'il semblait si studieux. Elle avait des souvenirs de balades dans le jardin, de jeux le soir dans le salon, de réceptions où il l'embêtait pour combler son propre ennui. Elle n'était qu'une enfant à l'époque, la mention du nom d'Adonis avait dû lui échapper, elle était beaucoup plus passionnée par la description de Poudlard ou par ce que Regulus lui confiait sur les Nés-Moldus de l'école. Elle le regrettait à présent, elle aurait dû l'écouter plus attentivement, faire plus attention à toutes ses paroles. Elle ne se doutait pas qu'ils n'auraient que onze ans ensemble. Mais il ne servait à rien de ressasser le passé, sinon elle allait gâcher sa soirée et serait morose pendant quelques jours. Elle préférait se concentrer sur le présent, qui était bien moins tragique que ce qui avait pu se passer lorsqu'elle était jeune.

- Cessez de vous blâmez, vous ne nous deviez rien, répondit-elle avec un sourire.

Ce qu'il avait fait été généreux et attentionné mais Adonis Greengrass n'était pas redevable envers eux, d'aucunes façons. Il y avait des responsables dans ce qui était arrivé à Regulus, il y avait même des coupables et Rosaleen et sa famille les connaissaient très bien. Monsieur Greengrass n'en faisait pas partie et n'en n'avait jamais fait partie. Quand il lui annonça qu'il venait souvent ici, elle posa sur lui un regard surpris. Elle ne l'avait jamais remarqué. Il fallait dire qu'elle était toujours très concentrée sur son travail quand elle était au Circée. Elle sortait souvent d'une journée de cours et elle devait se focaliser sur ses mouvements pour éviter de faire une bêtise, maladresse qu'elle n'avait pu éviter aujourd'hui. Elle enchainait les commandes, les tables et n'avait pas le temps de s'attarder sur les personnes qu'elle servait, ils n'étaient qu'une myriade de visages, elle en voyait des centaines toute la journée. Elle servait une table et oubliait aussitôt les clients, pour repasser à d'autres. Elle finissait par déposer son tablier vers minuit avant de rentrer chez elle, éreintée. Elle se levait tôt pour pouvoir travailler et repartait pour une nouvelle journée de cours suivie d'une soirée au Circée. Elle aurait aimé remarquer Monsieur Greengrass auparavant pour ne pas paraître impolie comme elle venait de l'être mais elle servait tellement de personnes que c'était utopique de penser qu'elle aurait pu le faire.

- Je suis désolée, je n'avais jamais prêté attention à votre présence auparavant. Je m'efforce de rester concentrée. J'ai échoué ce soir, visiblement, conclut-elle, mal à l'aise.

Elle jeta un coup d’œil à Bob qui les observait avant de reporter son attention sur Monsieur Greengrass. Après tout, c'était l'heure de sa pause et elle venait de la prendre, autant en profiter pour converser avec un interlocuteur qui lui paraissait sympathique et affable plutôt que de se retrouver seule dans la pièce d'à coté à ressasser ce qu'elle venait d'apprendre sur son frère. Il n'y avait rien d'inconvenant ou d'indécent dans le fait de parler avec lui, aussi décida-t-elle de lui adresser un sourire pour le rassurer.

- C'est un plaisir de discuter avec vous, Monsieur Greengrass, assura-t-elle sincèrement. Je n'ai que peu de temps devant moi mais je serai ravie de le passer avec vous.

Elle avait des pauses de vingt minutes et la sienne était déjà entamée. C'était la dernière avant la fin de son service, à minuit. Mais elle était de fermeture ce soir et elle allait donc devoir ranger et nettoyer le bar. Heureusement que la magie existait dans ces moments-là, elle ne savait pas comment les serveuses moldues faisaient. Le travail des moldus était cent fois plus difficile que celui des sorciers, c'était quelque chose qu'elle voulait bien leur accorder sans peine.

- Vous travaillez au Ministère, c'est cela ? Au Département des Créatures Magiques ? Cela doit être intéressant ! Je n'avais pas Soin aux Créatures Magiques à l'école mais j'ai songé le prendre. L'idée des blessures m'a découragée, je dois l'avouer ! lança-t-elle en riant. Vous réalisez un travail de terrain ?


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Adonis rendit son sourire à la jeune femme, elle était réellement jolie et il pouvait déceler une certaine fragilité en elle. Une fragilité qui lui donnait envie de la protéger, de toujours faire en sorte qu'elle ne souffre pas, de veiller sur elle comme sur un petit oiseau tombé du nid trop tôt. Il était évidemment hors de question qu'il lui fasse part de ses sentiments. Mais il pouvait se permettre d'espérer un peu plus qu'auparavant qu'elle le remarque, ils discutaient ensemble, elle ne semblait pas le repousser ni le trouver désagréable, peut-être y avait-il un espoir pour qu'un jour elle le trouve sympathique. Rosaleen était la seule avec qui il ne trichait pas, il voulait qu'elle découvre le vrai Adonis, pas celui qu'il montrait à ces gourdes qui avaient l'impression que parce qu'ils passaient une nuit ensemble, elles seraient la femme de sa vie. Rosaleen n'était pas comme toutes ses femmes, elle était délicate comme une fleur et il fallait prendre soin d'elle pour ne pas la froisser.

Il ne prit pas ombrage lorsqu'elle lui avoua ne l'avoir jamais aperçu auparavant même si son amour propre en prit un léger coup, c'était toujours un peu désagréable d'entendre que l'on passait inaperçu néanmoins, elle avait raison sur un point, elle ne pouvait pas se souvenir de tout le monde, il y avait tellement de clients au Circée, trop de clients. Trop de potentiels goujats prêts à abuser de la gentillesse de la jeune fille. Si il avait pu, il aurait tout fait pour qu'elle s'éloigne de cet endroit et de son patron à l’œil lubrique qui ne cessait de les observer depuis le début de leur conversation. Il n'aimais pas beaucoup cet homme, il reporta alors son attention sur la jeune femme et esquissa un nouveau sourire sincère alors qu'elle lui confiait qu'elle était ravie de passer le peu de temps qu'elle avait avec lui.

"C'est un plaisir partagé."

Il avala une gorgée de Whisky et écouta avec attention les questions de Rosaleen, esquissant un sourire amusé alors qu'elle avouait que les blessures l'avait découragé pour prendre l'option Soins aux Créatures Magiques. Lui même n'avait pas été rebuté par cet aspect même s'il devait bien avouer que s'occuper de Scroutt à Pétard l'avait fortement agacé.

"En effet, c'est bien cela, je travail au Département des Créatures Magiques, c'est un travail très intéressant, en effet, et très enrichissant. Les Créatures qui nous entourent sont plus fascinantes les unes que les autres et parfois peuvent se montrer beaucoup plus astucieuses que les sorciers, il esquissa un léger sourire pour atténuer la virulence de ses paroles. Mais c'est sans doute parce que mon travail consiste à trouver toutes sortes d'accord avec les Gobelins. Et je dois dire qu'ils ne sont pas facile à convaincre."

Il laissa échapper un léger éclat de rire, les Gobelins étaient de vrais teignes quand ils s'y mettaient mais Adonis aimaient son travail. Même si il devait bien avouer qu'il ne serait pas mécontent de changer de secteur et d'obtenir un peu plus de responsabilité mais cela ne dépendait pas réellement de lui et pas seulement de son travail officiel. Il jeta un nouveau regard en direction du bar, ce vieil hibou mal luné ne semblait pas vouloir les lâcher du regard c'était assez désagréable.

"Votre employeur ne semble pas me porter dans son coeur", lâcha le jeune homme mi-amusé, mi-sérieux.


Adonis Greengrass
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Sans savoir pourquoi, Rosaleen baissa les yeux devant le sourire d'Adonis. Elle n'avait pas pu s'en empêcher mais elle n'avait pas pu soutenir ce regard qui l'avait embarrassée sans qu'elle sache pourquoi, sans arriver à trouver ce qui la gênait et l'intriguait dans le regard d'Adonis. Elle devait se faire des idées, elle devait imaginer quelque chose et s’embarrasser seule. La salle était obscure, éclairée seulement par les chandeliers et elle n'avait pas encore renouvelé les chandelles et certaines commençaient à être usées. Il n'y avait rien à imaginer, Adonis et elle ne se connaissait, c'était la première fois qu'ils se parlaient même s'il prétendait avoir été un ami de son frère, ce que Rosie ne remettait pas en cause. Elle n'avait pas à baisser les yeux, songea-t-elle en relevant le menton. Sa grand-mère disait qu'elle n'avait jamais à baisser les yeux, qu'elle était une Lestrange. C'était une politique que Rose n'avait pas vraiment appliquée, ne serait-ce que lors de ses années à Poudlard où elle n'avait fait que raser les murs pour conserver une certaine tranquillité loin de la verve de ses camarades. C'était comme si ses grands-parents étaient hors du temps, hors de leur époque, comme s'ils n'avaient pas conscience de ce qu'était le monde extérieur aujourd'hui. Peut-être qu'ils l'ignoraient juste sciemment.

Le nom des Lestrange n'avait plus rien de prestigieux et Rose doutait qu'on puisse un jour restaurer son prestige d'antan, de l'époque où ce fut le nom d'une grande famille admirée et respectée. Tout avait changé depuis l'époque de ses grands-parents, la société et même le monde des Sang-Pur, plus rien n'était comme avant, comme à leur époque d'où ils avaient tiré les principes qu'ils appliquaient toujours. Même le monde des Sang-Pur avait évolué ! Rosie voyait très bien que les générations post-guerre avaient reçu une éducation bien plus moderne, la guerre avait bouleversé fondamentalement les mentalités et les héritiers qui sortaient de Poudlard désormais étaient radicalement différents de leurs parents. C'était quelque chose que Daria et Elbert Rosier ne semblaient pas avoir compris : à leurs yeux, les enfants de maintenant étaient les même que ceux d'hier, comme si la guerre n'était pas passée par là et que rien n'avait été remis en cause ces dernières années. Et Merlin savait à quel point le monde était désormais différent et était toujours en pleine mutation. Sa famille avait toujours été une famille conservatrice et traditionnelle, elle le savait depuis des siècles. Mais elle pouvait dire sans se tromper que désormais, ses grands-parents étaient sûrement les Sang-Pur les plus conservateurs qui soient, embourbés dans des principes désormais dépassés mais qu'ils continuaient d'enseigner à leurs petits-enfants.

Rose se demandait souvent si les choses auraient pu être différentes si c'était ses parents qui s'étaient chargés de leur éducation, si son père et sa mère avaient été là après la guerre. Sa mère était plus tolérante et plus ouverte que ses parents, Rosie le savait depuis des années... Quant à son père... C'était un Mangemort, inutile de prétendre le contraire. Mais Rosaleen aimait à penser que leur vie aurait été beaucoup plus facile avec ses parents. Ses parents auraient été fiers de ces études, elle aimait s'en convaincre, ils auraient été fiers de ses talents de sorcière et n'auraient pas cherché à ce qu'elle se marie au détriment de ses études, comme elle aimait à le penser. Reyna aurait été toute différente également. Mais souvent, lorsque ses pensées s'égaraient du coté de ses parents, elle se reprenait. Il ne servait à rien d'imaginer ce qui pourrait être, elle devait composer avec ce qui était. Et dans leur situation actuelle, elle savait parfaitement que ses grands-parents avaient raison et faisaient de leur mieux pour leur apporter la meilleure vie. Certes, ils n'étaient pas parfaits et avaient fait des erreurs mais Rosaleen savait qu'ils agissaient pour le mieux et pour le plus grand bien. Ils faisaient ce qu'ils pensaient être le mieux pour leurs petits-enfants et il était vrai qu'un mariage résoudrait beaucoup de leurs problèmes rapidement quand ses études prenaient du temps et ne donnaient pas la certitude d'aboutir à quelque chose de tangible. Ses parents avaient tout sacrifié pour eux et sacrifiaient beaucoup au quotidien, elle leur devait bien cela.

Elle écouta attentivement Adonis lui parler de son métier et sourit en voyant l'enthousiasme qu'il mettait dans ses mots. Elle aimait rencontrer des gens passionnés par ce qu'il faisait, c'était aussi pour cela qu'elle s'épanouissait à Lycaon : il n'y avait que des grands passionnés de métamorphose, tout comme elle et elle aimait parler avec eux pendant des heures, débattre de points qui pouvaient paraître insignifiant aux yeux de celui qui n'était pas initié mais qui étaient passionnants et fantastiques pour les étudiants qu'ils étaient. Malheureusement, elle ne pourrait pas débattre de créatures avec Adonis, elle n'avait jamais été vraiment attirée par ce domaine et les seuls animaux qu'elle fréquentait étaient les cobayes de Lycaon pour la métamorphose. Et elle n'avait jamais eu affaire aux Gobelins, c'était toujours ses grands-parents qui allaient à Gringotts, même pour déposer son salaire étant donné qu'il finissait sur le compte familial, elle n'avait pas de compte personnel. Mais elle ne doutait pas qu'elles soient des créatures passionnantes, elle les avait étudié à Poudlard, notamment en Histoire de la Magie ce qui lui avait permis de cerner un peu leur manière d'être. Le travail d'Adonis devait être plus que difficile, les Gobelins semblaient être animés d'une grande fierté et d'une défiance vis à vis des sorciers qui ne devaient pas rendre les discussions faciles. Elle suivit le regard de son interlocuteur vers Bob qui les observait ostensiblement derrière son comptoir, essuyant un verre machinalement, avant de détourner le regard, un sourire un peu gêné aux lèvres.

- Bob veille sur ses employées, expliqua-t-elle. C'est quelque chose qui lui tient très à cœur, il refuse que nous soyons importunées durant notre service. Il ne nous laisse jamais faire seules la fermeture également, au cas où. C'est quelqu'un de gentil, affirma Rosaleen avec conviction.

Certes, lorsqu'il l'avait engagée, il avait bien spécifié que c'était parce qu'elle était jolie mais il expliquait aussi, de manière peu élégante, que sa devise était "toucher avec les yeux" ce qui avait horrifié Rosaleen au début. Mais elle travaillait ici depuis deux ans et avait appris à composer avec, à gérer les clients, leurs regards et leurs sous-entendus. Travailler était un calvaire auparavant mais cela allait mieux, elle avait l'habitude désormais et Bob veillait au grain, intervenait avant le moindre dérapage. Et puis il y avait tout le temps les services de l'ordre ce qui garantissait une certaine tranquillité au bar même s'il était loin d'être un endroit chic. Et puis ce n'était pas trop mal payé et ses collègues étaient sympathiques, alors Rosaleen faisait avec. Ils avaient besoin de cet argent à la maison de toute manière, même si serveuse n'était pas un travail très reluisant. Elle se mordilla légèrement la lèvre avant de relever les yeux sur Adonis, gênée.

- Pourrais-je vous demander une faveur, Monsieur Greengrass ?

Elle avait certes besoin de cet emploi mais elle était loin d'en être fière. Une Lestrange, serveuse ! Elle avait la hantise que cela s'apprenne dans les hauts cercles, de devoir affronter les regards méprisants des autres, de devoir faire face à leurs remarques condescendantes. Et elle préférait garder pour elle que sa famille avait des problèmes d'argent même si ce n'était un secret pour personne que les familles de Mangemorts avaient durement été touchées par les saisies du Ministère après la guerre.

- J'aimerais que vous gardiez pour vous le fait que je sois employée ici. Vous savez comment sont les gens...

Elle rosit légèrement, et coinça une mèche de cheveux derrière son oreille pour se donner une contenance.




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Adonis hocha la tête peu convaincu lorsque Rosaleen lui fit l'éloge de son employeur, lui il connaissait les hommes, ce type voulait juste être le seul à pouvoir s'offrir le privilège de regarder un peu trop longtemps ou d'apostropher un peu trop familièrement ses serveuses. Il retint à temps l'expression de dégoût qui menaçait de déformer les traits de son visage alors qu'il jetait un coup d'oeil furtif à l'homme. Il réussit même à sourire poliment alors que son attention se portait sur la jeune femme, il vida son verre avant de le reposer songeur sur la table, il ne voulait pas enlever les illusions que semblait porter Rosaleen sur son employeur, il se contenta donc d'un platonique :

"Si vous le dîtes, je veux bien vous croire."

Il n'allait pas polémiquer sur le sujet pendant des heures, après tout, il ne le connaissait pas cet homme même si à son goût, il surveillait d'un peu trop près ses employées. Dans un certain sens ce n'était pas plus mal car cela leur évitait des ennuis mais d'un autre cela pouvait se révéler légèrement mal sain. Il remarqua alors la gêne soudaine de la jeune femme et se redressa légèrement sur sa chaise, la mine soucieuse, une faveur ? Que pouvait-elle bien lui demander ?

"Oui bien sûr, tout ce que vous voudrez."

Bon, peut-être pas exactement tout ce qu'elle voulait quoique, il était prêt à faire beaucoup de chose pour la jeune femme, elle n'avait qu'à demander, battre un peu des cils et il tombait dans ses filets, il se traita mentalement d'imbécile, ce qu'il pouvait être faible parfois et surtout avec Daphné et Rosaleen, les centres de ses fantasmes les plus profonds et les plus inavoués. Il n'osait même pas savoir pourquoi Daphné apparaissait dedans d'ailleurs, elle était sa cousine, il ne pouvait pas, la seule vraiment inaccessible, celle qu'il ne pourrait jamais avoir et Rosaleen était attrayante, il ne savait trop pourquoi, peut-être parce qu'elle était la sœur de Regulus ou parce qu'elle dégageait la même innocence et la même fragilité apparente que Daphné. La demande de la jeune femme le laissa un instant décontenancé, il s'attendait à tout sauf à ça, en quoi cela l'aurait-il avancé d'aller dire partout que Rosaleen Lestrange travaillait dans un bar mais visiblement cela semblait la toucher et la rendre relativement honteuse. Il se reprit et esquissa un léger sourire pour tenter de la réconforter.

"Ne vous inquiétez pas, je ne dirais rien. Vous avez ma promesse. Mais vous n'avez aucune honte à avoir, beaucoup de femmes de bonnes familles travaillent désormais, le rôle des femmes n'est plus le même que celui qu'elles avaient à l'époque de nos grands-parents ou même de nos parents et les richesses de certaines familles ne sont plus les mêmes non plus. Mais je comprends votre gêne, je me tairais."

Il appuya sa promesse d'un nouveau sourire avant de jeter un œil à sa montre, il laissa échapper une légère grimace avant de relever la tête vers Rosaleen, un sourire d'excuse sur les lèvres.

"Ce fut un plaisir de pouvoir discuter avec vous Rosaleen. J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir malheureusement le devoir m'appelle. Passez une bonne fin de journée."

Sur un dernier sourire, il se leva, jeta un dernier coup d’œil au barman, un léger hochement de la tête pour Rosaleen et il partit. Il serait volontiers rester mais il avait encore quelques petites affaires à régler et il ne pouvait pas se permettre de les repousser au lendemain celles là.

Fin pour Adonis


Adonis Greengrass
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Rosaleen - tout comme ses collègues même si elles ne l'avaient jamais exprimé clairement - avait été embauchée au Circée parce qu'elle "présentait bien" pour reprendre les termes de Bob. Sa fierté en avait pris un coup lorsqu'il lui avait annoncé cela après qu'elle ait répondu à la petite annonce qu'elle avait trouvée dans le hall de Lycaon mais elle et sa famille avaient trop besoin de cette emploi pour faire la fine bouche. Et puis il devait y avoir pire, elle en était certaine. Le Circée était un bar relativement bien fréquenté, dans un quartier sécurisé et sécurisant, c'était un endroit propre loin de certaines petites gargottes où Rose n'aurait jamais osé poser les pieds. Des bars où les serveuses avaient des tenues plus que légères alors qu'ici, on s'habillait comme on le souhaitait sous condition de porter le tablier de l'établissement ce qui permettait à Rosie de porter ses robes de sorcière. Travailler au Circée était un bon emploi d'appoint et elle était heureuse de l'avoir trouvé même si elle n'en ferait jamais sa carrière. Rester serveuse toute sa vie, très peu pour elle ! Il fallait de tout pour faire un monde mais si elle devait plus tard travailler pour gagner sa vie, cela serait dans le domaine de la Métamorphose. Même si elle ne quitterait pas cet emploi pour le moment, en ayant trop besoin, elle n'était pas fière de travailler comme serveuse dans un bar. Elle était persuadée que sa mère se retournait dans sa tombe à cette idée sans parler de ses nobles ancêtres et des grands sorciers de leur famille. Les Lestrange avaient vraiment chuté de leur piédestal et de leur position sociale et ses ancêtres, s'ils étaient encore là, ne pourrait jamais croire que c'était au point de voir l'une de leurs descendantes devenir serveuse.

Malheureusement, les choses étaient comme elles étaient et Rosaleen n'avait pas vraiment le choix, sans son salaire, ses grands-parents ne pouvaient pas finir les mois, toutes leurs économies étant épuisées. La situation avait toujours été juste depuis la saisie de leurs biens par le Ministère mais ils possédaient encore un coffre à Gringott's à l'époque et un peu d'argent de sa mère, argent qui était désormais épuisé. Son grand-père touchait une retraite du Ministère étant donné qu'il y avait exercé pendant des années mais ce n'était pas suffisant pour entretenir six personnes dont deux enfants scolarisés à Poudlard où les affaires étaient très chères. Leur situation devenait vraiment précaire et toutes leurs dépenses étaient strictement nécessaires, rien de plus. Pour gagner plus, il aurait fallu qu'elle travaille plus mais elle travaillait déjà tous les jours, le reste du temps étant réservé à ses cours et ses devoirs qu'elle faisait la nuit, en lieu et place d'une longue nuit de sommeil. Elle n'avait plus un instant de libre et commençait même à travailler durant ses pauses pour essayer de se coucher plus tôt le soir. Elle faisait souvent la fermeture du Circée et travaillait même le dimanche toute la journée. Elle était au maximum de sa capacité de travail mais ce n'était pas suffisant et l'idée du mariage, si elle avait toujours été plus que présente dans son esprit, devenait de plus en plus urgente ne serait-ce que pour des questions matérielles urgentes. Certes, les Rosier possédaient des richesses matérielles à travers de splendides bijoux de famille, héritage des siècles de grandeur, et des livres rares dans leur bibliothèque mais son grand-père se refusait à les vendre tant qu'ils ne seraient pas à la rue. C'était leur héritage familial et il était hors de question de le dilapider dans la nature, de le laisser tomber dans les mains de Sang-Mêlés ou pire, selon lui. 

Elle adressa un sourire à Adonis lorsque celui-ci affirma qu'il ferait tout ce qu'elle voulait ce qui la ravit sans qu'elle ne sache pourquoi. Ce n'était peut-être qu'une formule de politesse, c'était même sûrement une formule de politesse mais elle l'avait appréciée. Quoi qu'il en soit, elle ne souhaitait pas que l'information concernant ici se propage, elle tenait trop à sa fierté et à celle de sa famille. A Lycaon, cela ne posait pas de problèmes, elle n'était pas la seule à avoir un petit emploi à coté mais dans la Haute Société, c'était inimaginable, les rumeurs iraient bon train sur sa famille et Rosaleen n'y tenait pas. Les gens ne se faisaient pas de cadeaux entre eux et personne ne lui en ferait si cela venait à devenir publique, elle connaissait certaines filles de bonnes familles qui seraient ravies d'avoir cet ascendant sur elle. Son amie Caecilia était au courant mais c'était bien la seule et Rosie tenait à ce qu'elle le reste. Heureusement, Adonis promit de garder le secret et Rose lui adressa un sourire rayonnant, reconnaissante. Parce qu'Adonis avait beau lui assurer qu'il n'y avait rien de honteux, Rosaleen imaginait aisément les réactions de la bonne société si cela venait à se savoir et elle n'avait pas envie de se retrouver au cœur des médisances, son nom l'y entrainait déjà bien trop facilement. Elle eut un léger rire lorsqu'il affirma que les femmes n'avaient plus le même statut que du temps de leurs grands-parents.

- J'ai été élevée par mes grands-parents, souffla-t-elle, sans se départir de son sourire.

Et c'était très significatif. Tout simplement parce que ses grands-parents contestaient tous les changements du monde, figés dans une société qui n'existait plus depuis quarante un. Ils restaient figés dans leurs manières d'être et d'éduquer leurs petits-enfants et rien ne leur ferait entendre raison. Pour eux, le monde des Sang-Pur était identique depuis des années et ils avaient ainsi tracé l'avenir de la famille. C'était inutile de les contredire, ils n'entendraient jamais raison. Ils avaient été éduqués comme cela, comment auraient-ils pu voir le monde autrement ? Rosaleen comprenait et faisait avec.

- Mais je vous remercie pour votre gentillesse, Monsieur Greengrass, fit-elle sincèrement.

Elle répondit à son sourire et jeta machinalement un coup d’œil à l'horloge au dessus du bar lorsqu'Adonis regarda sa montre, pour vérifier le temps de pause qui lui restait : plus que quelques minutes.

- Le plaisir fut réciproque, s'empressa-t-elle de répondre.

Après tout, Monsieur Greengrass était une personne sympathique et qui avait été amie avec son frère, Rose ne pouvait pas ne pas l'apprécier.

-  Et j'espère vous revoir vite, fit-elle sincèrement, avec un sourire, en se levant en même temps que lui.

Elle ne fit pas de révérence étant donné qu'elle était en plein milieu de son lieu de travail mais inclina la tête avant de le regarder s'éloigner. Aussitôt qu'elle eut passé la porte, elle débarrassa la table d'un coup de baguette magique et se dirigea vers le comptoir où Bob l'attendait, l'air un peu contrarié.

- Il t'enquiquinait ? demanda Bob, bourru, en essuyant un verre.
-   Pas du tout, répondit Rose en reposant le plateau. C'était un ami de mon frère.


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