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 Etiquette et ronds de serviettes [Leopold]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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15 Juillet 2007

- Lequel vas-tu choisir ? interrogea Rosaleen, postée derrière sa petite sœur.

Reda promena son regard sur les différentes parures qui s'offraient à elle avant d'interroger sa soeur du regard. Rosaleen ne répondit rien mais lui adressa un sourire d'encouragement.

- Hum... Celui-là ? tenta-t-elle, en désignant un lourd collier serti d'une belle émeraude.

Le goût était là, en effet : le collier irait parfaitement avec sa robe. Mais il était beaucoup trop imposant pour un simple dîner. C'était le genre de collier que l'on sortait dans les réceptions.

- Beaucoup trop voyant, répondit Rosie, en refermant délicatement la boite.
- Celui là alors ?

Reda désignait une petite chaine en or, élégante et délicate. Rosaleen acquiesça et la noua au cou de sa sœur avant de ranger les bijoux d'un coup de baguette. Apprendre à s'habiller et à choisir ses bijoux en fonction de l'occasion était un exercice important que Reda ne maitrisait pas encore. C'était avec sa mère que Rosie l'avait appris et elle s’efforçait de transmettre ce savoir à sa petite sœur, un peu plus doucement que leur grand-mère, qui était beaucoup plus sèche. Les Rosier organisaient ce soir un dîner rassemblant une petite dizaine de convives, notamment les Marchebank et Rosaleen devait s'occuper d'Oreste et Reda pendant que l'elfe s'activait en cuisine. Ses grands-parents tenaient à maintenir ces petites traditions, afin que personne n'oublie les Lestrange et leur présence dans la bonne société magique. C'était également l'occasion de montrer les descendants Lestrange, tout à fait présentables et qui n'avaient pas de raison d'être ostracisés. Ses grands-parents voulaient redonner du mérite au nom des Lestrange et faisaient beaucoup d'efforts pour cela. C'était important afin d'assurer un avenir à Reyna, Reda et Oreste. Ses grands-parents pensaient avoir réussi lorsque Rosie s'était fiancée avec Arthur Bones, les Bones étant une grande famille tout à fait respectable et honorable, mais la fuite d'Arthur aux États-Unis avec un autre homme n'avait en rien arrangé leurs affaires. Surtout que Rosaleen vieillissait, comme le répétait souvent sa grand-mère, elle avait désormais vingt ans et il faudrait vraiment se dépêcher à trouver un mari. Le nom d'Andrew Warlock avait été chuchoté un temps, mais sa relation avec Daphné Greengrass n'en faisait plus le candidat idéal. Mais la grand-mère de Rosaleen ne désespérait pas - une Rosier ne laissait jamais tomber - et était persuadée qu'elle pourrait trouver un excellent parti à sa petite fille. Il n'y avait aucune raison après tout : Rosaleen était de Sang-Pur, jeune, belle, bien éduquée et docile. En théorie, tout était parfait. En pratique, les choses étaient plus compliquées. Son grand-père déplorait le temps des mariages arrangés, où tout était beaucoup plus simple et où elle aurait été mariée dès sa sortie de l'école. Cela se passait de mode, désormais.

Après avoir inspecté Reda et Oreste - Reyna étant bien assez âgée pour se préparer seule - Rosaleen descendit dans le salon, suivie des petits. Sa grand-mère les observa d'un œil critique, lissa la robe d'Oreste, ordonna à Reda de remonter coiffer ses cheveux mieux que ça et eut un sourire satisfait à l'égard de Reyna et Rosaleen. Rosie devait constater en effet que sa sœur était ravissante, ce qui n'échappa pas à leur grand-père. Elle sortirait bientôt de Poudlard, il faudrait songer à la marier également, ou du moins, à lui trouver un prétendant de bonne famille. Mais c'était déjà difficile pour une Lestrange, alors deux... L'autre jour, Rosie avait clairement entendu sa grand-mère disserter avec Grace Selwyn sur Théo Nott, qu'elle connaissait personnellement. Un mariage Nott - Lestrange, voilà qui effrayerait bien le monde, c'était sûr. Deux familles avec d'anciens Mangemorts connus, les gens crieraient au scandale. Mais depuis la fin de la guerre, il était devenu difficile pour les familles les plus marquées de se mêler à la haute, il n'était donc pas très étonnant qu'elles se replient sur elle-même. Juste avant que les premiers coups ne résonnent à la porte - et que Reda soit descendue impeccablement coiffée -  la grand-mère de Rosaleen s'était penchée vers elle.

- Tu es placée à coté de Leopold Marchebank, ce soir. C'est le Directeur de la Régulation des Créatures Magiques. Fais lui donc la conversation.  
- Bien, grand-mère.

Elle n'avait jamais parlé à Leopold Marchebank, même si elle connaissait évidemment le nom de sa famille et tous ses membres, sur le bout des doigts. Elle connaissait tous les membres de la bonne société magique et elle savait que Monsieur Marchebank était quelqu'un d'influent, tout comme le reste de sa famille. Elle savait également qu'il était le supérieur d'Adonis Greengrass, avec qui elle s'était entretenue la veille, après avoir malencontreusement renversé quelque chose sur lui de son service. Elle ignorait pourquoi sa grand-mère souhaitait qu'elle parle à Monsieur Marchebank et à vrai dire, Rosie ne savait pas vraiment de quoi l'entretenir.  Contrairement à quelqu'un de son âge, c'était beaucoup plus difficile. Et puis elle ne savait pas quel était le but de cette conversation. Peut-être que ses grands-parents projetaient de présenter Reda à Leopold et Meredith Marchebank, pour leur fils Dave ? Ils avaient peu de différence d'âge. C'était sûrement cela. Reda était une jeune fille adorable, il ne serait pas bien difficile de la présenter à Dave.

Bientôt, le salon fut rempli et Rosaleen passa d'invités en invités pour les saluer. Elle s'attarda plus particulièrement auprès de Dave Marchebank et fit venir Reda auprès de lui, ce qui sembla ravir sa grand-mère. Elle parla aussi longuement à Griselda Marchebank, qui se montra très intéressée par ses études en métamorphose et la félicita pour son admission à Lycaon, ce qui fit grandement rougir Rose. Mrs Marchebank était reconnue pour sa direction du Comité des examens magiques. Elle avait vu de grands sorciers et recevoir un compliment de sa part, c'était quelque chose d'inattendu. Aux yeux de Rose, les Marchebank faisaient parti de ces grandes familles qui accordaient beaucoup de place à la culture et à la connaissance, tous comme les Harris. Ses grands-parents voyaient dans ses études une perte de temps, ce qui lui faisait un peu de peine, il était vrai. Elle était sûre que si elle avait été une Harris ou une Marchebank, on l'aurait encouragée dans cette démarche. Mais il est vrai que les Harris et les Marchebank n'étaient pas dans la même nécessité financière que les Lestrange. Après avoir parlé également à la branche Harper qui était présente, Monsieur Sebastian Harper et son épouse Grace Selwyn, que sa grand-mère appréciait beaucoup, ainsi que leur fille aînée et absolument adorable Cordélia, Rosaleen alla saluer d'une manière très affable Monsieur Marchebank et son épouse, qu'elle savait être une Warlock de naissance. Elle hésita quelques instants à parler de la politique du SPAM, menée par John Warlock, mais se rappela à la dernière minute que Leopold Marchebank soutenait le MIM, ce qui lui évita un écart qui aurait sûrement été très mal vu.

- J'ai lu le compte-rendu du dernier procès où plaidait votre neveu, Andrew Warlock, et j'ai été très impressionnée. On dit que c'est le meilleur avocat de sa génération et qu'il tient beaucoup de son père, votre frère, Mrs Marchebank. Je n'ai jamais eu l'occasion de lui parler en dehors de quelques politesses échangées au détour d'une réception mais si ce n'est pas trop entreprenant, pourriez-vous lui transmettre ma sincère admiration ? demanda-t-elle avec un sourire.

Les compliments pour Mrs Marchebank, c'était fait. Rosaleen passa rapidement tous les sujets qu'elle pourrait aborder avec Monsieur Marchebank et choisit finalement de continuer sur l'actualité, qu'elle suivait beaucoup. Cela permettait d'éviter les compliments tout faits et cela montrait qu'elle s'intéressait à autre chose que des ronds de serviette pour un déjeuner dominical informel avec de la famille proche, la dernière leçon de Reda par leur grand-mère.

- J'ai beaucoup aimé votre discours pour l'ouverture du centre de réinsertion des loups-garous, à Norwich. Beaucoup de politiciens auraient sûrement été tentés de tomber dans la grandiloquence mais j'ai trouvé la sobriété de votre ton parfaitement adaptée à ce moment. Le faste dans les mots aurait desservi une telle cause, à mes yeux.

Elle sentit le regard de sa grand-mère peser dans son dos et se reprit bien vite : parler politique n'était pas ce qu'on attendait d'une jeune fille comme elle. Qu'elle se concentre sur des choses beaucoup plus adéquates. L'une des leçons de sa grand-mère était que flatter le physique des gens était toujours un bon point.

- Et vous étiez très élégant, ajouta-t-elle, avec un léger sourire.

Monsieur Marchebank apprécierait sûrement de parler chiffons, n'est-ce pas, grand-mère ?


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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Un rendez-vous ? Quel rendez-vous ? Qui a un rendez-vous ?"

Le regard acéré de Leopold se posa sur les deux femmes d'un air soupçonneux. Meredith le lui retourna, haussant un sourcil légèrement moqueur, et commenta :

"Pas moi, hélas..."

Leopold traversa la salon et rejoignit les deux sorcières, s'arrêtant pour observer  son épouse de pied en cap. Elle portait une nouvelle robe qu'il ne lui avait jamais vu et qui lui allait à merveille. L'avantage d'avoir épousé une femme plus jeune que lui était qu'elle restait magnifique tandis que lui voyait ses cheveux se strier de blanc. La présence de Meredith à son bras était tout à son avantage et lui donnait un air plus vigoureux, c'était comme si sa beauté les englobaient tous deux. Une petite moue approbatrice aux lèvres, il entoura sa taille de son bras avant de déposer un léger baiser au creux de son cou, humant au passage son parfum capiteux.

"Tu es sublime, mon amour, je ne pourrai jamais te laisser divorcer."

"Jamais est une longue période, Leo. Mais je ne m'en fais pas, tu finiras bien pas trouver une autre femme dont tu voudras gâcher l'existence."

"Nous verrons."

Lâchant Meredith, il se tourna vers sa soeur et rit doucement à son air désapprobateur. Leopold n'appréciait guère la complicité qui existait entre les deux femmes, mais il savait également en jouer. Rien n'agaçait plus Coraline que lorsqu'il titillait Meredith, et rien n'enthousiasmait plus Leopold que d'agacer Coraline... Cela dit, aujourd'hui, c'était lui qui était agacé. Coraline ne se rendait pas au dîner des Rosier, alors que faisait-elle ainsi engoncée dans l'une de ses plus belles robes ? A en croire la conversation qu'il avait surpris, sa soeur avait un rendez-vous galant, chose inhabituelle et profondément déplaisante...

"Et toi ? Pour quel homme t'es-tu ainsi apprêtée ?", questionna-t-il d'un ton faussement léger, qui ne dissimulait pas tout à fait la jalousie qui l'étreignait.

"Oh, crois-moi, il vaut mieux que tu ne le saches pas."

Leopold claqua la langue avec agacement et retint une remarque acide en voyant son fils arriver, fort élégant dans une robe de sorcier richement brodée. Comme son père, Dave avait pourtant tendance à adopter la mode moldue lorsqu'il s'agissait de se vêtir, mais il avait adapté sa tenue à leurs hôtes. Politesse que Leopold n'avait pas tenu à rendre, lui, puisque la seule touche sorcière de sa tenue était la baguette magique qu'il avait glissé dans la poche de son costume. Il s'était tout de même débarrassé pour l'occasion de la barbe qu'il entretenait depuis deux mois, et se sentait légèrement mis à nu sans elle. Étrange sensation, songea-t-il en passant une main sur sa mâchoire.

Leopold sentit le regard interrogateur de son fils et il se contenta de sourire avec malignité. Bien sûr, les Rosier et Harper risquaient de ne pas apprécier sa tenue, mais cela ne le décourageait pas une seconde. Leopold aimait à rappeler qu'il faisait partie de ces familles qui avaient tout : la pureté du sang, le prestige de la situation professionnelle et un compte en banque à faire pâlir un gobelin de jalousie. Avec cela, il pouvait à peu près tout se permettre, et ce n'étaient pas les Rosier ou les Lestrange qui avaient le pouvoir de faire des commentaires... Les couleurs du MIM seraient donc affichées à ce dîner, et Leopold en tirait une certaine satisfaction personnelle.

"Et voici la plus belle !, s'exclama Leopold en voyant Griselda rejoindre la pièce à son tour. "Vous êtes prêts ? Très bien, allons-y. Coraline, ma tendre soeur... Soit sage."

Leopold se baissa pour accorder une caresse à son matou, qui feula de mécontentement en se voyant ainsi abandonné, puis se redressa pour attraper l'excellente bouteille de Vin d'Erkling qu'il amenait pour l'occasion. Voilà qui compenserait largement l'affront de sa tenue moldue, puisqu'il était quasiment impossible de se procurer ce Vin en temps normal. Seules ses relations avec le Ministre Allemand lui avait permis d'obtenir une bouteille, les Erkling étant des créatures fort semblables aux elfes que l'on ne trouvait que dans la Forêt Noire allemande. Les Marchebank quittèrent ensemble le Manoir. Dave attrapa la main de sa mère, tandis que Leopold en faisait de même avec son arrière-grand-mère. Griselda comme Leopold avaient du mal à transplaner, l'une à cause de son âge avancé et l'autre du fait de son incapacité magique, mais en joignant leurs forces ils pouvaient y arriver. Une minute plus tard, ils étaient arrivés devant la résidence des Rosier. Leopold attendit que les battements erratiques de son coeur se soient calmés avant de frapper à la porte.

Une fois entrés, Leopold et Meredith commencèrent à faire le tour des invités tandis que Dave en faisait de même. Leopold donna sa bouteille à la maîtresse de maison qu'il complimenta de son ton le plus charmeur, dissimulant à la perfection le mépris qu'il éprouvait pour ce genre de personnes. Daria et Elbert Rosier avaient tout des sang-pur affiliés aux mangemorts et cela transparaissait dans leur attitude. Tout en allant saluer les Harper, Leopold avisa son fils qui conversait avec Reda Lestrange et pria intérieurement pour que les deux adolescents ne s'entendent pas. Il préféraient encore que son fils épouse une moldue... Leopold soupira intérieurement tandis que l'aînée des Lestrange, Rosaleen, complimentait les talents d'avocat de son neveux. Oui, Andrew était absolument merveilleux, il ne comptait plus le nombre de fois où il avait entendu cela ! Meredith elle-même ne tarissait pas d'éloges à son égard, au grand déplaisir de Leopold qui, s'il était content d'avoir un avocat dans la famille au cas où, trouvait Andrew plutôt ennuyeux. Eliott, lui, avait la faveur de son oncle par alliance, mais cela faisait bien longtemps que Leopold ne l'avait pas croisé, hélas.

La jeune Lestrange attira cependant son attention quand elle vint le saluer à son tour, mentionnant son discours de Norwich. Ce n'était pas un sujet courant dans la bouche d'une jeune fille ! Bien sûr, le discours avait été relayé par la Gazette du fait du caractère sensible et polémique de ces centres, mais Rosaleen semblait avoir une opinion bien à elle. Opinion qui correspondait parfaitement à celle de Leopold, qui se demanda si elle était sincère dans ses propos ou simplement suffisamment maligne pour savoir quoi dire. De la part d'une Lestrange, il n'aurait pas été étonné qu'il s'agisse de la seconde hypothèse, d'autant plus que la jeune fille ne manqua pas de le complimenter sur son élégance. Leopold esquissa un sourire surpris, et répondit :

"Je vous remercie, miss Lestrange. Vous avez parfaitement raison, au sujet de ce discours. C'est un dossier trop sensible pour que l'on se permette des fioritures..."

Il soupira légèrement, soucieux tandis que les retours qu'il avait eu de l'inauguration lui revenaient en mémoire. Leopold avait l'impression que les loups-garous s'agitaient, ce qui n'avait rien d'exceptionnel mais qui pouvait être potentiellement problématique. Ces malheureuses créatures avaient été si longtemps mises au ban de la société que Leopold ne tenait pas à voir leur émancipation. Pourtant, il oeuvrait pour, à sa façon, mais il était constamment obligé de ménager la chèvre et le chou. Ah, la politique...

Meredith lui adressa un signe de tête pour lui indiquer qu'elle partait converser avec madame Rosier. Leopold savait à quel point son épouse était lasse de l'entendre parler loups-garous, depuis le temps qu'il travaillait sur ce centre.  De toute façon, les deux époux restaient rarement ensemble lors de leurs apparitions publiques, et les spéculations sur leur séparation allaient bon train depuis plusieurs années. Leopold se plaisait à contredire les rumeurs, pour l'instant, mais le désamour entre son épouse et lui était si évident qu'il lui faudrait probablement regarder la vérité en face un jour ou l'autre. Même s'il aimait l'asticoter, Meredith avait raison, il se lasserait fatalement un jour ou l'autre. Meredith n'était probablement pas la personne avec qui il passerait le restant de ses jours... Leopold ne la retint donc pas et se contenta d'un haussement d'épaules, avant de reporter son attention sur Rosaleen. Converser avec la jeune Lestrange promettait d'être intéressant, de toute façon. Curieuse créature, songea-t-il en se laissant imprégner par l'exquise beauté de sa jeune interlocutrice. C'était à se demander par quel miracle elle n'était pas encore mariée et mère de famille...

"Belle et intelligente, voilà des qualités qui devraient vous mener loin, commenta-t-il avec un petit sourire appréciateur. Vous êtes serveuse au Circé, c'est bien cela ? J'y étais il y a deux jours, et il me semble bien vous y avoir vue."

Leopold avait passé une soirée à siroter des verres avec Richard Dalnox. Les deux hommes ne s'entendaient guère, l'un étant un vieux filou à l'humour grinçant et l'autre un jeune coincé et sérieux, qui ne se prenait pas pour de la crotte de Sombral. Pourtant, du fait de l'importance de leurs départements respectifs et de leur propre rôle au sein du MIM, ils étaient amenés à souvent travailler ensemble et s'efforçaient donc de nouer quelques maigres liens. Sans grand succès, il fallait bien l'avouer. Leopold avait l'impression que Richard se méfiait de lui, à raison d'ailleurs, et ne tenait donc pas à s'en rapprocher outre mesure. La seule façon avec laquelle il tenait à avoir affaire à la Justice Magique était en tant que Directeur, et non en tant que futur résident d'Azkaban. De plus, il trouvait cet homme profondément ennuyeux, ambitieux et imbus de sa personne, ce qui avait tendance à le placer sur la liste des gens qu'il aimait asticoter. Ils parvenaient à maintenir les apparences d'une franche cordialité pour l'instant, mais Leopold doutait que la mascarade dure bien longtemps... Il avait donc passé la moitié de la soirée à laisser discrètement traîner son regard sur les jolies jambes de la charmante serveuse, tout en écoutant d'une oreille les monologues de Dalnox qui se gargarisait de l'arrestation Sorden, sans rien ajouter à ce que Leopold savait déjà.

"J'ai également entendu dire que vous faisiez des études. Agréable surprise qu'une jeune femme issue d'une famille comme la votre souhaite s'instruire, je pensais vous trouver sur le point de vous marier", murmura-t-il en penchant légèrement la tête vers Rosaleen pour qu'elle soit la seule à l'entendre. "Voilà qui laisse de l'espoir à tous les bons partis du pays, n'est-ce pas !"

Il la dévisagea avec amusement, curieux de savoir si elle se laisserait déstabiliser par son franc-parler, puis se redressa pour reprendre d'un ton plus léger :

"Parlez-moi donc de vos études, Rosaleen. Vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? Il va de soi que vous pouvez utiliser le mien."



Christoph Waltz, merci à Roy
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Un bon point, constata Rosaleen lorsque Monsieur Marchebank affirma qu'elle avait raison. Il aurait été très délicat de rattraper une bêtise, surtout sur un sujet politique, chose qu'elle ne maitrisait pas forcément. Sa grand-mère ne s'attardait pas sur cela dans ses leçons, même si cela faisait parti de la culture générale. Une jeune femme de bonne famille n'avait pas à se soucier de politique, ce n'était pas son rôle. Ce qu'elle savait de la politique, elle l'apprenait à la lecture de la Gazette du Sorcier et elle écoutait toujours attentivement son grand-père lorsqu'il évoquait parfois ce sujet, avec ses amis ou à table, lorsqu'il avait été particulièrement marqué par quelque chose. Et puis fréquenter Lycaon ouvrait beaucoup l'esprit : elle croisait des sorciers de toute nationalité et de tout bord politique et il n'était pas rare de voir des discussions dégénérer en véritable débat politique. Elle ne s'en mêlait pas, elle détestait les conversations houleuses. Mais elle se nourrissait de tout ce qu'elle pouvait entendre pour se forger sa propre opinion politique et avoir de quoi la défendre, si on venait un jour à lui demander son avis. Enfin, on ne le lui demandait jamais. L'avis d'une jeune femme n'avait rien d'intéressant et ne valait rien face à celui d'un homme politique qui savait exactement de quoi il parlait. Même si elle avait été en désaccord avec Monsieur Marchebank, elle aurait dû conserver ses opinions pour elle et acquiescer à ses mots. Ce que sa grand-mère entendait par "faire la conversation", c'était écouter son interlocuteur parler et être d'accord avec tout ce qu'il pourrait proférer. C'était le rôle de toute jeune fille bien éduquée. Et s'il y avait bien quelque chose sur laquelle Rosaleen pouvait se reposer, c'était son éducation. Faite tout d'abord par un précepteur et sa mère puis poursuivie par sa grand-mère, elle la savait excellente et irréprochable, même ses exigeant grands-parents le reconnaissaient. Irréprochable selon les uns, rétrograde selon quelques camarades de Lycaon. Il est vrai que l'éducation qu'elle avait reçu était très traditionnelle, sûrement plus que celle des autres jeunes filles d'autres familles, qui s'estimaient plus modernes. Quoi qu'il en soit, Rose pouvait se débrouiller dans toutes les situations et aurait pu être à l'aise à deux époques : maintenant et avant la première guerre, où les familles Sang-Pur étaient plus reconnues.

Les Marchebank était l'une de ces familles plus modernes, c'est sûrement pour cela que son intervention sur la politique de lui avait pas attiré de rabrouement. C'était également pour cela qu'elle se l'était permis, elle savait adapter son discours à son interlocuteur. C'était d'ailleurs une valeur qui se perdait, selon sa grand-mère. Les jeunes gens ne savaient plus se tenir, disait-on. L'étiquette aurait voulu qu'elle réfute le compliment de Monsieur Marchebank sur son intelligence, sans le nier - une fille devait avoir de l'esprit - elle aurait dû répondre qu'elle avait forgé son avis à l'aide d'autres personnes ou qu'elle se contentait de répéter ce qu'elle avait pu entendre d'hommes bien plus cultivés qu'elle. Mais par orgueil, prétention ou simplement pour savourer le compliment, elle se contenta d'incliner la tête, reconnaissante. Elle se permit même un petit commentaire, profitant du fait que sa grand-mère soit en pleine conversation avec Mrs Marchebank.

- On dit souvent que la première devrait me suffire à tracer mon chemin. N'est-ce pas la seule chose que les hommes attendent des demoiselles ? répondit-elle avec un sourire affable, comme si elle venait d'évoquer le temps estival. 

Elle dû faire un effort pour que son expression avenante ne se fane pas à l'évocation de son travail de serveuse. Si sa grand-mère apprenait que les Marchebank étaient au courant, elle ferait sûrement un infarctus. Les Lestrange avaient essayé de garder une discrétion totale sur cet emploi, jugeant que les gens qu'ils aspiraient à fréquenter ne se rendraient jamais dans des bars tels que le Circée, qui n'avait rien d'élégant ou de recherché. Elle-même ne savait pas vraiment ce qu'un Directeur d Département tel que Leopold Marchebank pourrait bien faire au Circée. Elle n'avait même pas le souvenir de l'avoir croisé, India ou Millie avaient dû s'occuper de sa table. Adonis Greengrass, qui fréquentait le bar régulièrement, était certes au courant mais il avait eu eu la galanterie de ne pas l'ébruiter. Elle n'était pas particulièrement fière de ce travail, même si elle n'en n'avait pas honte. Il lui permettait de soutenir sa famille et de participer aux frais qu'entrainaient l'éducation de ses soeurs et de son frère et cela lui donnait également une certaine indépendance dans ses propres achats. Mais une descendante de la noble famille Lestrange qui travaillait dans un bar de Bristol, c'était quelque chose qui ne faisait pas. Mais les temps n'étaient pas faciles depuis la fin de la guerre pour les familles associées au Seigneur des Ténèbres et il fallait savoir faire des sacrifices. Ce travail en était un. Et pour sauver la donne face à Monsieur Marchebank, il allait falloir tourner les choses à son avantage et ne pas avouer que ce travail était pour l'argent, afin de soutenir ses grands-parents. Oh, le monde s'en doutait bien de toute manière. Les armoiries Rosier et Lestrange avaient perdu de leur éclat. On avait vendu le manoir de ses parents, ainsi que l'ancestrale demeure de ses grands-parents. Leur nouveau manoir était certes élégant, mais n'avait pas le faste des anciens domiciles. Ils participaient beaucoup moins aux soirées mondaines, ils n'avaient plus de place en société ni de postes importants dans le monde magique, leurs robes les plus élégantes commençaient à se passer de mode et ils économisaient toute l'année pour éviter de devoir offrir trop d'affaires d'occasion à Reyna et Reda, pour que leurs camarades ne se rendent compte de rien. Le dépérissement de leurs comptes était certes malheureux mais c'était la réalité, même s'ils ne l'avoueraient jamais. Ils avaient encore leur fierté.

- En effet, je le suis, concéda-t-elle. Mes grands-parents ont estimé qu'il serait bon que leurs petits-enfants apprennent la valeur du travail, comprennent ce qu'était le goût de l'effort et la valeur de l'argent. Grandir dans une bulle dorée n'est pas bénéfique à leurs yeux. Ce travail m'apporte de nombreuses choses et c'est une chance, à mes yeux. Sans compter qu'il vous dicte un équilibre parfait, à faire pâlir de jalousie n'importe quelle jeune fille de bonne famille ! ajouta-t-elle sur un ton léger, sourire amusé aux lèvres.

Comme si ses grands-parents avaient pu la pousser vers un travail de serveuse. S'il n'y avait eu qu'eux, elle serait déjà mariée à Gregory Yaxley à l'heure qu'il est et très sûrement mère de famille. Si le dernier point la contentait, imaginer qu'elle puisse fonder une famille avec Yaxley la dégoûtait au plus haut point. Elle avait pris ce travail pour que ses études ne soient pas un coût financier supplémentaire, afin de leur retirer cet argument lorsqu'ils viendraient à critiquer ses études, ce qui arrivait bien souvent. Et s'ils avaient pu, Elbert et Daria Rosier auraient élevé leurs petits-enfants dans une bulle dorée, i n'y avait aucun mal à cela. A une époque, les Lestrange s'étaient fichu de la valeur de l'argent, fortunés comme ils étaient. Quant au goût de l'effort, ce n'était pas ce qu'on attendait d'une jeune fille destinée au mariage dont le seul souci serait d'entrenir un domaine et d'organiser des réceptions. Et puis elle était une Poufsouffle après tout, ceux qui aimaient le dur labeur. Quoi qu'il en soit, elle s'était donné pour mission de redorer le blason de ses grands-parents et ne manquait jamais une occasion pour cela. Elle avait été relativement bien acceptée par la bonne société et s'échinait à changer l'image de la famille Lestrange afin d'offrir la même chose à ses sœurs et son frère et ce changement passait par louer ses grands-parents et leur éducation. Si elle avait dû dire la vérité à Leopold Marchebank, sa version aurait été tout autre. En plus, si sa grand-mère souhaitait rapprocher Reda et Dave Marchebank, autant que le père de ce dernier ait une excellente vision de leur famille. C'était sûrement pour cela que Daria s'était assurée qu'elle lui parlerait. Même si Monsieur Marchebank semblait assez spectique sur sa version des grands-parents qui poussaient leur petite-fille à décrocher un travail de serveuse, vu qu'il rappela qu'il était rare qu'une jeune femme de son éducation fasse des études. En effet, si son père n'était pas intervenue, elle serait déjà mariée.

- J'ai bien peur que votre vision de ma famille soit alors erronée, Monsieur Marchebank, déclara-t-elle, mutine. Mes grands-parents ont toujours accordé une grande importance à la culture et à l'épanouissement intellectuel de leur descendance et ils étaient absolument ravis que je sois admise à l'Académie Lycaon.

Mais bien sûr. Enfin, ce n'était qu'un demi-mensonge. Évidemment que ses grands-parents ne souhaitent pas que leur petite-fille ait la cervelle d'un Niffleur mais de là à souhaiter qu'elle soit admise dans des études poussées de Métamorphose, il y avait un pas. Ils avaient attendu d'elle d'excellents résultats à Poudlard et cela s'arrêtait là : elle se devait d'être une bonne sorcière et l'enseignement de Poudlard suffisait à cela. Qu'elle étudie à Lycaon n'était absolument pas dans leurs plans. C'était Oreste qui était très attendu étant donné qu'il était le seul héritier de la famille. Ses études à lui seraient très importantes, ainsi que le poste qu'il obtiendrait. L'avenir de la famille Lestrange reposait sur ses épaules. Ses études à elle étaient une source de contrariété, même si cela pouvait leur permettre d'être bien vu de familles telles que les Harris qui encourageaient le développement intellectuel des Sang-Pur, afin qu'ils soient également une élite de ce coté-là. Prétendre que ses grands-parents avaient été ravis était un mensonge. A leurs yeux, cela ne ferait qu'effrayer de bons partis et c'était une perte de temps. Pour Rosaleen, c'était ce qui maintenait sa santé mentale, afin qu'elle ne tourne pas en rond dans le manoir toute la journée. Elle ne cilla pas lorsque Monsieur Marchebank se pencha vers elle pour murmurer que cela laissait de l'espoir à tous les bons partis du pays et ne se départit pas de son sourire. Elle avait bien vu ses intentions mais il en fallait plus que cela pour la déstabiliser. Une éducation à toute épreuve, qui faisait la fierté de ses grands-parents. C'était au moins cela.

- J'aurai détesté contrarier ces jeunes hommes, je dois l'avouer, répondit-elle avec un sourire en coin.

Jeunes hommes qui se manifestaient très peu, visiblement, même si ses grands-parents ne l'entretenaient pas de tout. Il faut dire que le fait de appeler Lestrange et d'appartenir à l'une des familles les plus détestées du pays ne devait pas aider les prétendants à se manifester.

- Je suis toute à vous, Monsieur Marchebank, soyez libre d'utiliser mon prénom, bien évidemment.

Sa grand-mère en aurait été ravi, elle l'imaginait tout à fait. Elle n'avait même pas besoin de l'imaginer, songea-t-elle en croisant son regard appréciateur. Néanmoins, si elle concédait à son interlocuteur le droit d'utiliser son prénom, elle n'avait aucune raison de refuser selon l'étiquette : il était bien plus âgé qu'elle, elle était encore jeune et on appelait les enfants par leur prénom et pas encore mariée - si cela avait été le cas, Monsieur Marchebank et elle n'auraient pas été assez intime pour qu'il abandonne le Mrs et le nom de son époux - et devait donc accepter, surtout qu'il n'y avait rien d'offensant. En revanche, l'étiquette voulait qu'elle continue à lui donner du Monsieur Marchebank, étant donné qu'elle lui devait un grand respect. Elle ne tomberait pas dans ce piège-là, c'était pour les débutants.

- Je suis les cours de l'Académie de Métamorphose Lycaon, à Bristol. Je viens de terminer ma deuxième année et j'ai été admise en troisième année, avec les félicitations du Directeur en personne. Je dois avouer que c'est un cursus passionnant, la métamorphose m'a toujours fascinée, depuis ma première année à Poudlard. J'espère me spécialiser dans l'étude de la Métamorphose sur les humains : j'aimerais énormément étudier les Métamorphomages, ainsi que les Animagus, même si le premier domaine me semble plus intéressant. Je crois que ce qui me passionne, dans la métamorphose humaine, c'est la conscience. Un Animagus conserve ses facultés humaines en grande partie alors que tout change chez lui, son essence même est modifiée mais sa conscience, son âme reste identique. N'est-ce pas merveilleux ? Quant à la Métamorphagie, certaines études pensent que c'est un trouble magique, plus qu'une faculté. C'est un dérèglement, une anomalie. C'est étudier l'essence même de la magie et comprendre comment elle affecte les individus, pourquoi certains sorciers sont plus puissants que d'autres... Ces sujets me passionnent et j'aimerais en faire mon domaine d'étude.

Elle avait parlé beaucoup, réalisa-t-elle à la fin de son laïus. Monsieur Marchebank allait la prendre pour une pipelette écervelée. Fais un peu attention, se morigéna-t-elle.

- Pardonnez-moi, j'ai tendance à me laisser emporter lorsque le domaine de la métamorphose est abordé, s'excusa-t-elle avec un sourire. L'apanage des passionnés, je suppose. 


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"Pas tous les hommes", répondit Leopold en vrillant son regard sur celui de Rosaleen. "Je ne nie pas que les plus simples se laissent charmer par la simple beauté d'une femme, mais il en est heureux d'autres qui savent apprécier les autres qualités d'une demoiselle. Cultivez-donc votre intelligence, elle vous servira au moins autant que votre sourire, aussi renversant soit-il."

Non, il ne suffisait pas à une femme d'être belle pour tracer son chemin dans la vie. Les femmes qui se reposaient un peu trop sur leur beauté étaient bien souvent reléguées au rang de potiche, d'autant plus dans le milieu qui était celui de Rosaleen, où l'on n'en demandait pas trop aux femmes. Bien sûr, si sa vision de la réussite était de se marier et d'élever ses enfants, alors mademoiselle Lestrange n'avait plus qu'à trouver un mari, ce qui ne devrait pas lui causer trop de mal. Le handicap de son nom était largement compensé par ses attributs physiques, au regard de Leopold et, il en était persuadé, aux regards de beaucoup d'autres hommes. Mais si la jeune fille avait de plus hautes ambitions, alors il lui faudrait se battre pour dépasser ce stade de la gentille épouse sang-pur qui doit rester à sa place. En était-elle seulement capable ? Peut-être, puisqu'elle cumulait dores et déjà un petit boulot peu gratifiant et des études de haute volée, affirmant haut et fort que sa famille chérissait la valeur de l'argent et l'épanouissement intellectuel. Mais Leopold n'était pas dupe au point d'avaler le fait que les époux Rosier étaient ravis de la situation de leur petite-fille. Voir une Lestrange servir des bières n'avait rien de gratifiant pour une famille telle que celle là, et il était persuadé que Rosaleen ne le ferait pas s'ils en avaient la possibilité. D'ailleurs, il serait bien étonné de voir la jeune soeur de Rosaleen suivre le même chemin si jamais l'aînée se mariait ou entrait suffisamment vite dans le monde du travail pour subvenir aux besoin du restant de la fratrie... Rosaleen était dans une situation délicate, de toute évidence. Il suffisait de l'entendre parler de la métamorphose avec le regard brillant d'une passionnée pour comprendre qu'elle rêvait d'y consacrer sa vie, mais la façon si policée et respectueuse de l'étiquette avec laquelle elle s'adressait à lui rappelait ses origines. Les attentes dues à son nom et à son rang ne disparaîtraient pas, et ces deux pressions contradictoires qui s'exerçaient sur elle la rendaient vulnérable. Or, Leopold aimait cela, les personnes vulnérables... Cela lui donnait envie d'appuyer et de manipuler leurs faiblesses de telle sorte à les attirer en son pouvoir.

Réprimant le sourire fourbe qui lui démangeait les lèvres, Leopold porta sur Rosaleen un regard intéressé et ponctua ses paroles de quelques hochement de tête.

"Je vous en prie, continuez, c'est un plaisir de vous entendre. Certaines personnes, à votre âge, semblent déjà blasées par leurs études ou leur travail. Si vous voyiez les stagiaires du Département ! Ils font parfois face aux créatures les plus fabuleuses que l'on puisse imaginer avec une désinvolture et un désintérêt atterrants. Je préfère largement votre enthousiasme, fort communicatif..."

Il lui adressa un sourire approbateur, puis ajouta :

"Je comprends tout à fait votre intérêt pour ces domaines, quoi qu'il en soit. Nous sommes souvent amenés à traiter de la métamorphose humaine avec les loups-garous, l'une des composantes les plus importantes du Département, et je trouve personnellement que c'est l'une des branches les plus intéressantes de la magie. Même si dans mon cas, il s'agit plutôt des aspects juridiques et des problèmes éthiques et de sécurité qui sont posés, et non la technique de métamorphose elle-même... Vous dites vous intéresser aux Animagi. Projetez-vous d'essayer de devenir Animagus vous-même ?"



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Lorsque Monsieur Marchebank vrilla son regard dans le sien en prétendant que tous les hommes ne recherchaient pas uniquement la beauté chez une femme, Rosaleen ne put s'empêcher de se demander s'il n'y avait pas un sous-entendu derrière ce regard. Bien sûr que non, se morigéna-t-elle tout de suite après. Monsieur Marchebank était marié à Meredith Warlock et les divorces étaient quelque chose d'assez mal vu. Toujours moins que l'homosexualité, certes, concéda Rose en pensant à Arthur Bones et Arthur Greengrass, mais ce n'était pas quelque chose de très accepté. Et puis de toute manière, Monsieur Marchebank avait l'âge d'être son père, il devait avoir dans la cinquantaine. Elle se faisait peut-être des illusions ou il était juste quelqu'un de charmeur, ce qui arrivait souvent quand elle parlait aux hommes. Elle s'en serait tenu à cette explication là si elle n'avait pas croisé le regard de sa grand-mère par dessus l'épaule de Monsieur Marchebank et elle sentit son cœur manquer un battement. Non, elle ne pouvait tout de même pas penser à cela. Daria Rosier était prête à beaucoup de choses, Rosaleen n'en n'avait jamais douté. Mais elle ne pouvait décidément espérer qu'elle plaise suffisamment à Monsieur Marchebank pour qu'il l'épouse, c'était complètement irréalisable. Elle avait d'abord cru que c'était pour Reda si elle devait à parler au Directeur de Régulation des Créatures Magiques. Mais au regard de sa grand-mère, Rosaleen comprit bien vite que le fils n'était que le deuxième choix et elle se retint de serrer les poings. Elle ne pouvait pas séduire un homme marié, qui avait plus du double de son âge. Mais à quoi pensait sa grand-mère ? C'était injuste de l'envoyer comme cela lui parler. C'est pour cela qu'elle les surveillait depuis tout à l'heure, ce n'était pas pour surveiller qu'elle ne faisait pas d'impairs. Au contraire, elle avait parfaitement confiance en ses capacités. Si elle n'avait pas été surveillée d'aussi près, Rosie aurait pris congé de suite. Mais elle ne pouvait pas décemment se le permettre aussi inspira-t-elle pour s'apaiser et colla sur son visage un sourire affable. Elle était tout à fait capable de deviser de manière complètement innocente avec Monsieur Marchebank - qui s'avérait être très affable lui aussi - et sans devoir répondre aux attentes ridicules de sa grand-mère.

- Je tâcherai de me souvenir de votre conseil, Monsieur Marchebank, déclara-t-elle.

En réalité, elle partageait parfaitement et complètement l'avis de son interlocuteur. A ses yeux, les qualités morales et intellectuelles prévalaient largement sur les qualités physiques. Personne ne voudrait d'une jolie jeune fille si elle était futée comme un Niffleur. Mais elle savait parfaitement, et assez paradoxalement, qu'une jeune femme intelligente et gentille mais qui n'avait pas été forcément très gâtée par la nature aurait du mal à trouver un prétendant. Aux yeux de ses grands-parents, sa plus grand chance dans la vie était son apparence physique, qui compensait largement ce que les gens pourraient penser de son nom, à leurs yeux. Rosaleen n'irait jamais jusqu'à dire qu'elle était déçue de ce fait, cela aurait été un mensonge. Elle était satisfaite de son apparence physique. Mais parfois, de temps en temps, elle aurait bien aimé qu'on dise qu'elle était quelqu'un de gentil ou qui faisait des études difficiles plutôt que de dire en premier lieu qu'elle était une jolie jeune femme. Mais c'était idiot, comme préoccupation, sa grand-mère le lui avait déjà dit. Elle devrait être contente qu'on lui trouve des qualités, plutôt que de geindre sur son sort. C'était des choses d'enfant gâté, affirmait Daria. Et elle avait tout à fait raison, songea Rosaleen en relevant les yeux vers Monsieur Marchebank. Elle était ridicule et capricieuse. Heureusement, la conversation dériva sur un sujet qui l'intéressait beaucoup plus, à savoir ses études, et elle ne put se retenir d'adresser un grand sourire reconnaissant et sincère à Monsieur Marchebank lorsqu'il affirma que son emportement pour la métamorphose ne l'avait pas gêné. D'habitude, à part quand elle en parlait avec les gens de son école, les gens étaient très vite lassés. Elle était ravie de pouvoir parler un peu avec Monsieur Marchebank, qui semblait en plus très renseigné et ne cessa pas de sourire, rayonnante.

- Et bien en réalité... Je le suis déjà. Depuis trois ans. Le Professeur Duke, qui enseignait à l'époque la métamorphose, a commencé à me parler de ce projet lors de ma cinquième année et j'ai finalement réussi en septième année. Ma forme Animagus est le colibri, comme mon Patronus.

Sa grand-mère disait que cela pouvait faire fuir les hommes, qu'elle soit un Animagus mais elle avait l'impression que Leopold Marchebank était suffisamment intelligent de ne pas voir dans cette magie une quelconque tare. Au contraire, ce n'était pas donné à tout le monde, de devenir Animagus, le professeur O'Flaherty pensait qu'il fallait des aptitudes particulières que tous les sorciers ne possédaient pas. Après, il fallait beaucoup de travail et la puissance magique nécessaire, bien évidemment. Certains, pourtant experts en métamorphose, n'y arrivait jamais. A l'Académie, ils avaient plusieurs Animagi, dont elle et Jeremy Baker, ainsi que le Professeur O'Flaherty. Tant pis pour ce qu'en penserait sa grand-mère, c'est Monsieur Marchebank qui avait évoqué le sujet, elle n'allait pas lui mentir non plus.

- Et vous ? s'enquit-elle. Vous vous intéressez particulièrement à la métamorphose ? Ou à toute autre domaine magique. Ma sœur benjamine Reda, qui discute avec votre fils, est particulièrement attirée par l'astronomie.

Elle ne donnerait pas satisfaction à sa grand-mère en séduisant Monsieur Marchebank - de toute manière, elle ne devait être qu'une enfant à ses yeux  - mais pouvait bien œuvrer pour sa petite sœur, surtout que Reda était bien plus agréable que Reyna. C'était une jeune fille enjouée et travailleuse, adorable qui étudiait à Poufsouffle. La présence de leur elfe attira leur attention, ce dernier étant porteur de coupes de vin.

- Prendriez-vous un peu de vin, Monsieur Marchebank ? demanda-t-elle avec un sourire. Le dîner ne devrait pas tarder à être servi.

Ils ne possédaient qu'un elfe et ce dernier devait à la fois faire le service pour les invités et s'occuper du dîner, ce qui faisait qu'il avait pris un peu de retard. Elle espérait qu'il ne se punirait pas trop durement, c'était un elfe travailleur, mais toujours vite débordé pour ce genre de petits évènements.

- Quoi qu'il en soit, Monsieur Marchebank, si je puis me permettre, c'est un plaisir de converser avec vous, déclara-t-elle, honnêtement, en souriant.



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Leopold ne manqua pas le sourire éclatant que lui adressa Rosaleen. Par l'épée de Ragnuk Ier ! Ce qu'elle était belle, songea-t-il en s'efforçant de ne pas laisser traîner son regard trop longtemps sur ses lèvres roses. Rosaleen n'avait pas attiré son attention au premier abord mais à bien la regarder, et surtout à bien l'écouter, il réalisait qu'il avait affaire à une sorcière exceptionnelle. Aussi gracieuse, jolie, bien élevée que ce que l'on pouvait attendre d'une sang-pur, mais ce n'était pas tout. Elle semblait également vive, intéressée, brillante. Et il n'était pas bien difficile de savoir ce qui faisait palpiter son petit coeur de colibri... Les études, la métamorphose, et certainement pas l'étiquette et les ronds de serviette. Mais il pouvait deviner son sens du devoir, comme si le moindre de ses actes était épié par sa grand-mère. Ce qui était peut-être le cas, d'ailleurs... Quand elle mentionna Reda, Leopold se tourna pour apercevoir la benjamine et croisa au passage le regard de Mrs Rosier, qui semblait les surveiller avec attention. Esquissant un fin sourire, il lui adressa un regard appuyé jusqu'à ce qu'elle détourne le regard, les joues pourpres. Allons donc, lisait-il bien entre les lignes ? Qui essayait-on de rapprocher ici, Reda et Dave, ou Rosaleen et lui ? La dernière proposition, si elle lui plaisait assurément, comme il se surprit à le réaliser, était plutôt étonnante si jamais elle se vérifiait. Non seulement Leopold était marié - du moins, jusqu'à ce qu'il se décide à céder au divorce - mais il était surtout vieux. Même s'il aimait se croire plutôt bien conservé, Leopold savait pertinemment qu'il n'avait probablement même pas traversé l'idée de Rosaleen de le voir d'une telle façon. La jeune fille devait probablement rêver à bien d'autres jeunes hommes, quand bien même elle ne pouvait les approcher s'ils ne correspondaient pas au fiancé idéal. Leopold, lui, n'avait aucun mal à la voir de cette façon. Elle était jeune, oui, c'était indéniable, mais il avait toujours eu un faible pour les femmes plus jeunes. Et il retrouvait un peu chez elle ce qui lui avait plus chez la Meredith des origines, la même présence qui illuminait une pièce, la même passion. Le même challenge... 

"Un colibri, vous m'en direz tant !", s'exclama-t-il avec une expression de surprise non feinte sur le visage. "C'est vraiment très impressionnant, vous faites partie d'une élite privilégiée... Quel homme n'a jamais rêvé de pouvoir se glisser dans la peau d'un animal ? Un oiseau, qui plus est ! Quelle merveille de pouvoir voler sans balai ni avion... Je dois vous avouer que j'éprouve une pointe d'envie à votre égard."

Il eut une pensée pour son patronus, un chat qui ressemblait à s'y méprendre à Machiavel. Le chat et le colibri, voilà une image qui lui plaisait...

"Pour répondre à votre question, je ne m'intéresse pas particulièrement à une branche précise de la magie. Je suis un bien piètre sorcier, pour tout avouer, la faute à une maladie génétique peu connue. Les médicomages ne savent pas vraiment de quoi il retourne, à vrai dire. Et aucun de mes..."

Il retint de justesse le "enfants" et continua, avec une aisance née d'une longue pratique : 

"...parents n'en est atteint. Par la force des choses, j'en suis venu à m'intéresser à la politique et aux relations qu'entretiennent les sorciers avec le reste du monde, magique ou moldu, humain ou non. Ces relations ont toujours été complexes et sujettes à polémiques, c'est bien là tout l'enjeu des deux guerres des ténèbres... Et je trouve cela fascinant."

Leopold s'interrompit en réalisant qu'il était sur le point de s'emballer à son tour, ce qui n'était pas l'idéal pour un repas parmi des Rosier et Lestrange. Son affiliation au MIM n'était pas un secret, après tout. Il saisit la coupe de vin que leur servait un elfe de maison, qu'il remercia avant de reporter son attention sur Rosaleen. 

"Plaisir partagé, miss Lestrange."

Se penchant légèrement vers la jeune fille comme pour partager un secret, il ajouta à voix basse :

"Il y a bien longtemps que mon épouse ne me fait plus le plaisir de converser avec moi, comme vous pouvez le voir... Je ne peux l'en blâmer. Notre amour n'est plus ce qu'il était, il faut bien le reconnaître, la faute à la différence d'âge, peut-être. Il était naïf de ma part de penser que l'amour pouvait dépasser cela."

Leopold se redressa et adressa un sourire d'excuse à son interlocutrice :

"Mais mon divorce imminent n'est pas un sujet approprié pour un tel repas, veuillez m'excuser. Continuez à me parler de vous. J'imagine qu'une jeune femme aussi talentueuse que vous doit avoir des projets d'avenir."

Divorce imminent... Si Meredith l'entendait parler, elle sauterait au plafond. Leopold glissa un regard affectueux à l'égard de son épouse, conscient que leurs relations s'amélioreraient s'il lui accordait sa liberté. Il n'avait pas été disposé à la lui donner jusqu'à présent, n'y voyant pas son intérêt, mais la jolie jeune femme qui lui faisait face pouvait potentiellement en représenter un, d'intérêt. Cela restait à déterminer.



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Lorsqu'elle avait commencé à travailler pour devenir Animagus, Rosaleen s'était souvent demandée en quel animal elle pourrait se changer. Lors de ses études de Métamorphoses, lorsqu'elle était encore à Poudlard, sous la tutelle distante mais bienveillante du Professeur Duke, elle avait appris que la forme Animagus d'un sorcier correspondait à sa personnalité, tout comme la forme de son Patronus. Certaines étaient assez évidentes et se retrouvaient régulièrement dans les maisons. Elle avait notamment remarqué que plusieurs anciens Gryffondor qu'elle connaissait ou qui étaient dans les registres du Ministère, avaient des formes assez canines. Jeremy, qui serait sous sa tutelle à la rentrée prochaine, et qui était un ancien Gryffondor illustrait assez bien ce phénomène en étant un Golden Retriver. Sa première transformation avait été... surprenante. Elle l'était toujours, de toute manière. A l'époque, quand elle avait commencé à voir la théorie, en cinquième année, et à se poser des questions, elle n'avait pas encore réalisé de Patronus. Ce n'est qu'après qu'elle avait compris qu'elle serait un Colibri. Un oiseau. Le Professeur Duke lui avait d'abord interdit de se servir de ses capacités et ce n'est que bien plus tard, sous la surveillance étroite de son enseignante, qu'elle avait pu voler pour la première fois. La sensation avait été... particulière et assez désagréable, la première fois. Parce qu'elle avait du mal à coordonner ses mouvements et avait été ballotée par le vent. Ce n'est qu'à force de travail qu'elle avait pu enfin y arriver et obtenir cette grisante sensation de liberté, cette légèreté. Elle ne le faisait pas très souvent mais aimait cela. C'est juste que ses grands-parents n'aimaient pas qu'elle le fasse. Parfois, elle se demandait pourquoi un colibri et pas autre chose : elle avait fait quelques recherches, mais ne savait pas vraiment quoi en tirer. Dans les livres qu'elle avait consulté, dans la grande bibliothèque de Lycaon, le colibri représentait la beauté et l'esthétique, il était d'une apparence délicate et fragile, alors que c'était un oiseau solide. Dans la magie Améridienne, les plumes de colibri sont utilisées pour les potions et les sortilèges d'amour. D'autres livres disaient aussi que le colibri représentait la joie, la gaieté, la renaissance et la guérison. Monsieur Marchebank semblait véritablement intéressé par ce qu'elle disait et affirma que tout le monde rêverait d'être à sa place. Elle coula un regard à sa grand-mère, qui avait amené Grace Harpe auprès d'elle et de Mrs Marchebank. Ses grands-parents n'étaient pas vraiment ravis, eux. Ce n'était pas très correct de l'avouer à Monsieur Marchebank, mais cela lui échappa.

- Pas tout le monde, j'en ai bien peur...

Elle se reprit immédiatement en relevant le menton. Elle n'avait pas à faire ce genre de confidences, ou seulement à ses amies comme Aisling, ou bien même Théo, qui connaissait suffisamment ses grands-parents pour comprendre la situation. Ce n'est pas parce que Monsieur Marchebank était sympathique avec elle et s'intéressait à la métamorphose, chose qu'elle retrouvat rarement chez ses interlocuteurs, qu'elle devait se laisser aller ainsi. Ce n'était vraiment pas correct et elle s'en voulait. Elle aurait volontiers essayé de se rattraper mais elle avait peur d'aggraver la situation et que Monsieur Marchebank comprenne à qui elle faisait allusion. Cela aurait été véritablement malvenu, surtout qu'elle chantait les louanges de ces derniers depuis le début de la conversation, elle n'avait pas envie de voir ses efforts réduits à néant par une parole malheureuse, même si elle était vraie. Rosaleen fit le choix d'occulter ce qu'elle venait de dire de son esprit et se concentra sur les paroles de Monsieur Marchebank. Elle avait entendu parler de cela, par sa grand-mère et ses ragots, mais n'aurait jamais pensé qu'il aborderait ainsi le sujet. Si elle avait été atteinte par un tel trouble, elle l'aurait sûrement caché du mieux qu'elle pouvait. Les Lestrange avaient toujours été des sorciers puissants, comme le lui avait enseigné son père autrefois. Les Rosier l'étaient également et l'alliance de deux familles aussi prestigieuses était forcément bénéfique et produirait forcément de puissants sorciers, comme il aimait à le répéter. Elle aimait se dire qu'il était fier d'elle, même si son père ne parlait plus depuis des années. Qu'il aurait été fier d'avoir une sorcière puissante dans la famille et de voir que tous ses enfants étaient d'excellents sorciers. Leurs grands-parents exigeaient des notes élevées, sous peine de punitions. Il était important de montrer la valeur de la famille. Après tout, c'était bien connu, les sorciers de Sang-Pur étaient plus puissants. Rosaleen avait mis de l'eau dans sa potion depuis des années, depuis son entrée à Poudlard en réalité et respectait les nés-moldus et les Sang-Mêlé, comme son amie Aisling, qui avait été la seule à lui tendre les bras. Mais les sorciers de Sang-Pur étaient bien plus puissants, étant donné qu'ils étaient les descendants de nombreux sorciers. C'est pour cela qu'ils devaient s'unir entre eux : pour protéger cette puissance magique. Néanmoins, songea-t-elle, Monsieur Marchebank ne rentrait pas dans ce schéma, malgré sa naissance Sang-Pur. Mais s'l était le seul affecté, c'est peut-être un cas tout à fait isolé. Elle restait persuadée que la puissance étaient présentes dans les sorciers de haute lignée, il y avait de nombreux exemples !

- J'espère que les progrès de la Médicomagie sauront aider et trouver ce qui vous importune, Monsieur Marchebank, déclara-t-elle. Mon jeune frère Oreste rêve de devenir Médicomage ! avoua-t-elle, attendrie.

Ainsi qu'éleveur de dragons, dresseur de Trolls de sécurité, maître du monde, chasseur de membres de l'Ordre du Phénix et autres métiers qui semblaient très agréables aux yeux d'un petit garçon de neuf ans. Ce matin encore, il lui avait confié souhaité devenir explorateur de zones sauvages qui devaient regorger de créatures magiques. Mais il lui avait promis avec sérieux qu'il reviendrait sain et sauf, en abordant ce petit air emprunté qu'il avait copié sur leur grand-père. Rosaleen adorait Oreste, réellement. Elle l'avait vu grandir et même si cela n'avait pas été facile au tout début, elle s'était juré de veiller sur lui. Elle était sa soeur aînée et c'était la dernière volonté de sa mère. Electre et Oreste, les si célèbres frère et sœur de la mythologie moldue. Elle voulait offrir à Oreste ce que elle et ses sœurs n'avaient pas eu. Elle avait deux ans pour se marier, deux ans pour lui apporter une protection grâce à un nouveau nom, deux ans pour pouvoir acheter les plus belles affaires pour Poudlard, deux ans pour accomplir le reste de sa promesse. Et plus Oreste grandissant, plus Rosaleen angoissait de ne pas pouvoir tenir ce délai. Si elle avait quelques exigences auparavant, lorsqu'elle était plus jeune, elle savait qu'elle accepterait le premier mariage avantageux qu'on lui proposerait, pour Oreste.

- Je suis sincèrement désolée pour votre mariage, Monsieur Marchebank,affirma-t-elle, tout à fait sincère. Mais rien n'est perdu, les liens du mariage sont indéfectibles.

L'amour était passager, elle le savait très bien, on le lui avait appris. C'était un agréable sentiment, mais éphémère et fragile, comme elle l'avait découvert lors de sa septième année, dans sa relation cachée avec Matthew. Mais le mariage était la chose la plus solide au monde, à ses yeux. La base de toute famille, le premier jour du reste d'une vie. Le mariage posait les fondations d'un foyer, le cadre dans lequel des enfants grandiraient. Le mariage n'était pas l'accomplissement d'un amour, c'était le commencement d'une affection, voire d'un amour, conjugale et solide. On épousait la personne qui serait la plus à même de fonder un foyer avec nous, d'élever des enfants. L'amour conjugal se tissait autour de valeurs solides, de confiance et de respect, ainsi que des principes éducatifs. Un mariage solide était un mariage de raison, où les deux époux se respectaient et s'appréciaient. L'amour était tempétueux, imprévisible et mettait à mal la quiétude du foyer, tandis que l'affection et le soutien conjugal étaient sources de réconfort et de solidité. Elle savait cela depuis toujours et c'était pour cela qu'elle savait que le mariage était la solution la plus raisonnable. Les liens du mariage étaient indestructibles, tout simplement parce qu'ils reliaient deux personnes à vie, ne serait-ce que par leurs enfants. C'était également pour cela que les gens de bonne lignée se mariaient entre eux, car ils partageaient les même valeurs, appartenaient au même monde et éduqueraient leurs enfants dans la continuité de leurs ancêtres. Les jeunes gens déraisonnables qui désobéissaient à leurs parents s'en mordaient toujours les doigts un jour. Tout le monde avait entendu parler de l'impétueuse Adriana Flint qui avait convolé avec un moldu alors qu'elle aurait pu avoir un époux cent fois meilleur. Le moldu l'avait trompée et quittée et elle s'était retrouvée avec ses enfants sur les bras. Un époux de bonne famille ne ferait jamais cela. Rosaleen savait que si sa mère n'était pas décédée, elle n'aurait jamais quitté son père, même après son incarcération. Les mariages Sang-Pur étaient solides. Les divorces étaient d'ailleurs très rares.

- Votre divorce ? Mais... Et votre fils ?

Rosaleen avait papillonné des yeux lorsque Monsieur Marchebank avait prononcé le mot "divorce". Cela semblait tellement inconcevable à ses yeux ! Le désamour n'était pas une raison, l'amour n'était qu'un plus dans un mariage, quelque chose d'agréable mais rien d'indispensable. Elle ne comprenait pas comment pouvait-on faire le choix de rompre son foyer, de bouleverser l'équilibre qui avait accueilli des enfants. Cela devait être traumatisant ! Rompre un mariage était quelque chose d'invraisemblable et elle était surprise que Monsieur Marchebank l'envisage réellement. Divorcer ? Elle dû néanmoins se reprendre lorsqu'il lui posa une nouvelle question.

- Dans l'immédiat, j'espère continuer mes études de Métamorphose. Être diplômée de Lycaon serait évidemment un grand honneur. Néanmoins, je n'oublie pas mon devoir de fonder une famille tant que je suis encore jeune et... J'espère me fiancer dans les années à venir.

Ces deux plans étaient incompatibles. Si elle voulait tenir sa promesse et se marier avant l'entrée d'Oreste à Poudlard, elle devrait abandonner ses études. A moins que son mari ne la laisse continuer, évidemment, mais la place d'une femme mariée était auprès de ses enfants et de sa famille, elle se devait d'être présente, pas de travailler toute la journée.


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Leopold suivit le regard que sa jeune interlocutrice glissait vers sa grand-mère, et haussa légèrement les sourcils à sa remarque. Quels parents - ou, dans le cas présent, grands-parents - n'auraient pas été fiers de voir leur rejeton devenir animagus ? C'était probablement l'une des plus prestigieuses réussites d'un sorcier, rare et prisée, qui témoignait d'une grande capacité magique. Pour lui, qui avait le plus grand mal à lancer le plus simple des sorts, c'était un don qui forçait l'admiration. Et il en fallait beaucoup pour l'impressionner... Leopold pouvait tout à fait comprendre les raisons qui pouvaient pousser une famille de sang-pur sur le déclin à ne pas approuver les études d'une jeune femme comme Rosaleen. Le mariage et les enfants, voilà la voie qui lui était toute destinée. Mais il y avait d'autres façons d'honorer un nom que par le mariage. Les Lestrange pouvaient être fiers de ce talent de la jeune femme, or ce n'était pas une famille qui avait beaucoup de choses dont elle pouvait se vanter... Leopold se retint tant bien que mal de relever les yeux au ciel.

"Eh bien, certaines personnes ont un drôle de sens des priorités", lâcha-t-il en un souffle tout en haussant les épaules. "J'espère que vous me ferez l'honneur d'une démonstration, un jour."

Il lui aurait bien demandé de le faire maintenant, pour enquiquiner ses grands-parents, mais il y avait peu de chances pour que la jeune femme accepte. De toute évidence, et malgré cette remarque qui venait de lui échapper, Rosaleen était très respectueuse de sa famille. Elle faisait ce que l'on attendait d'elle et s'exprimait avec une naïveté qui aurait été touchante si elle n'avait pas été si navrante. Par Merlin ! Cette jeune sorcière avait été conditionnée par une idéologie d'avant-guère, et ne jurait que par les convenances sociales. Prisonnière d'une foule de règles et de normes poussiéreuses, Rosaleen ne semblait agir que mue par la pression familiale qui pesait sur elle. C'était bien triste, songea Leopold. Comment pouvait-on se conformer ainsi à ce que l'on attendait de soi ? C'était quelque chose qu'il n'avait jamais fait lui-même, au contraire. C'était le monde qui se pliait à ses exigences, parce qu'il faisait en sorte qu'il en soit selon ses désirs. Rosaleen ne semblait avoir un contrôle que très limité de sa propre vie, même si elle n'en avait probablement pas conscience. Ce que désirait la haute société, ce que désiraient ses grands-parents, elle le désirait également. Pourtant, il y avait une flamme chez cette jeune femme, il pouvait le voir. Elle était faite pour s'émanciper et étudier la métamorphose parmi les meilleurs, et non se marier et avoir une ribambelle de gamins qui perpétueraient encore les idioties des sangs-purs...

Plongé dans ses réflexions, Leopold répondit du bout des lèvres à sa remarque au sujet de la médicomagie. Il se moquait bien que la médicomagie trouve ce qui l'importunait. Depuis le temps, Leopold avait appris à vivre sa vie sans magie ou presque et, quand on avait atteint son niveau professionnel et son compte en banque, ce n'était plus vraiment un handicap. Du moment qu'il n'avait pas transmis cette chose en lui à ses trois enfants, c'était tout ce qui comptait. Mais à en croire leurs résultats scolaires, qu'il surveillait de loin à travers ses relations à Poudlard, c'était loin d'être le cas. Dave était excellent en potions, en bon Serpentard, et Cassandre excellait dans bon nombre de matières. Quant à Kessy...oh, elle avait hérité de son sourire charmeur et de la beauté ravageuse de sa mère, c'était déjà bien.

Leopold prit beaucoup de plaisir à savourer le choc que le mot "divorce" avait provoqué chez son interlocutrice. Ah, le doux parfum du scandale ! Il avait presque hâte d'être à la prochaine grande réception mondaine pour pouvoir provoquer quelques remous avec cette histoire. Si jamais il décidait effectivement de divorcer, bien entendu, ce qui n'était pas garanti. Leopold observa son épouse un instant, avant d'adresser un sourire légèrement amer à Rosaleen. Si sa surprise était amusante, elle était également révélatrice de l'intolérance de la jeune femme à l'égard de tout ce qui ne correspondait pas aux convenances.

*Les liens du mariage sont indéfectibles... Quelle ineptie...*

"Mon fils est presque un homme. Il est fort, il peut comprendre. Je ne peux retenir mon épouse contre son gré, miss Lestrange. Certains oiseaux ne supportent pas de rester en cage..."

Délicatement, Leopold saisit la main de la jeune femme et se pencha légèrement pour lui faire un baisemain. Il conserva sa main dans la sienne un instant et vrilla son regard perçant dans le sien.

"Je suis persuadé que vous ferez un très beau mariage, Rosaleen, avec un homme qui saura vous apprécier à votre juste valeur. Continuer vos études et fonder une famille ne sont pas forcément des désirs contradictoires, vous savez."

Relâchant sa main, il s'écarta un peu et tourna la tête en direction de Meredith, qui n'avait rien manqué de la scène. Il leva légèrement son verre en sa direction, portant un toast silencieux à la fin de leur union, et put clairement lire la désapprobation dans son regard. Leopold dissimula soigneusement son amusement. Croyait-elle réellement qu'il resterait sage et célibataire si elle obtenait son cher divorce ? Il pouvait jeter son dévolu sur n'importe qui, et tenter de le conquérir. Même une jeune-femme de trente-cinq ans sa cadette. Peut-être qu'il ne réussirait pas, mais il pouvait bien mettre toutes ses forces dans la bataille, et elle ne pourrait strictement rien y faire...



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Rosaleen perçut immédiatement l'agacement dans la voix de Leopold mais comprit rapidement qu'il n'était pas contre elle. Il devait avoir compris pour ses grands-parents, elle se doutait bien que le Directeur du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques n'était pas idiot et son coup d’œil n'avait pas été assez discret. Pourquoi Merlin n'avait-elle pas pu se retenir ? Un peu de tenue, tout de même, elle n'avait pas le droit de blâmer ses grands-parents. Ils s'occupaient d'eux depuis la fin de la guerre et ils faisaient comme ils pouvaient, elle ne pouvait pas leur reprocher de vouloir qu'elle ait un avenir serein auprès d'un mari qui pourrait veiller son frère. Elle avait vingt-ans désormais, elle ne pouvait pas plus être entretenue au domicile familial comme une enfant, elle devait céder la place à Oreste qui rentrerait bientôt à Poudlard. Elle avait promis à sa mère qu'elle s'occuperait de lui et qu'elle veillerait sur lui et s'était faite à elle-même la promesse de lui donner une vie confortable. Pour lui donner une vie confortable, il fallait de l'argent et pour avoir de l'argent, il lui fallait un mari, le calcul était simple. Ses grands-parents avaient bien raison de lui rappeler l'échéance. Ou alors... Et bien, il y avait cette hypothétique alternative qui lui traversait de temps en temps l'esprit, tard le soir dans son lit, quand ses pensées s'égaraient vers son avenir incertain. Elle pourrait trouver un travail. Évidemment, elle ne resterait pas serveuse toute sa vie mais des études aussi poussées en métamorphose lui permettrait forcément de faire quelque chose. De temps en temps, elle se surprenait à rêver de l'étranger, là où personne ne connaissait son nom. Elle pourrait donner des cours de métamorphose ou faire de la recherche, elle avait plein de pistes de recherche. Elle pourrait travailler et vivre de son salaire. Cela serait une possibilité, cela n'avait rien d’extravagant, des milliers de personnes faisaient cela. Mais ce n'était jamais comme cela qu'elle avait imaginé sa vie, pas comme cela qu'on l'avait éduqué. Alors elle chassait vite cette idée de son esprit pour revenir à des choses bien plus raisonnables.

- Disons plutôt que l'on ne choisit pas toujours notre sens des priorités, que la vie a son mot à dire également, répondit-elle avec un sourire, un peu de malice dans le regard. Et je vous montrerai avec plaisir, Monsieur Marchebank, si un jour nous nous retrouvons seuls.

En revanche, elle regretta immédiatement sa vaine politesse sur la Médicomagie en voyant son interlocuteur lui répondre du bout des lèvres. En même temps, qu'aurait-elle pu répondre ? Elle n'allait pas se taire, ils étaient dans un dialogique, ce n'aurait pas été poli de se taire. Enfin, il aurait mieux valu se taire que de dire une bêtise, peut-être. Mais elle n'avait pas dit de bêtises, si ? Sa grand-mère lui avait dit de faire la conversation et d'être agréable à Monsieur Marchebank, il fallait qu'elle rattrape cette erreur. Quitte à aller un peu au delà de ce qu'elle avait prévu au départ, c'était à dire se montrer polie et curieuse vis à vis du travail de Monsieur Marchebank. Il y a avait plusieurs niveaux de discussion en société. Le niveau un et ses banalités. Elle avait prévu cela au préalable, n'ayant pas d'idée sur les sujets qu'elle pourrait aborder avec un homme inconnu qui avait trente-cinq-ans de plus qu'elle. Il y avait le niveau deux, la discussion amicale lorsque vous connaissiez votre interlocuteur et le niveai trois, lorsque vous étiez amis ou proches. Si sa grand-mère apprenait qu'elle avait indisposé un Directeur de Département, un Marchebank qui plus est, elle serait furieuse. Surtout qu'elle devait être encore en train de surveiller leur conversation. Rosaleen était certaine que si elle avait pu le faire en toute discrétion, Daria aurait utilisé une Oreille à Rallonge pour écouter ce qu'ils disaient. Peut-être même qu'elle aurait essayé de lui souffler des réponses. Si Rosie savait ce que sa grand-mère, les choses seraient beaucoup plus simples. Ce n'est pas comme si elle avait peur de dire les choses franchement, Rosaleen avait déjà reçu l'ordre d'essayer de plaire à un parti potentiel, même si cela avait échoué. Et elle savait également sa grand-mère capable de tout. Leopold Marchebank était bien trop riche pour que Daria n'ait pas posé ses yeux sur son compte en banque. Le problème principal étant qu'il était marié depuis des années à Meredith Warlock... Sauf s'il songeait au divorce comme il venait de lui confier. Sa grand-mère n'en n'était pas à songer à la marier à un homme déjà père et qui avait trente-cinq ans de plus qu'elle, n'est-ce pas ? Elle pouvait toujours épouser quelqu'un de plus jeune, n'est-ce pas ? Lorsque Monsieur Marchebank saisit sa main pour y déposer un baisemain, affirmant que certains oiseaux ne supportaient pas de rester en cage, elle soutint son regard, sentant ses joues chauffer légèrement. Elle s'apprêtait à répondre à la dernière affirmation de son interlocuteur lorsqu'elle croisa le regard de Meredith Marchebank, ce qui lui fit immédiatement baisser les yeux, gênée et mal à l'aise. On parlait d'un homme marié. Elle n'irait jamais faire cela, jamais. Elle avait les joues brûlantes et voir sa grand-mère se déplacer imperceptiblement sans la quitter du regard la gêna encore plus. Elle avait l'impression d'être le point de mire de tous les regards, que toutes les intentions de sa grand-mère se lisaient sur son front et ces dernières n'étaient pas toutes honorables. Elle avait l'impression d'étouffer soudainement, dans cette pièce, il y avait trop de monde, trop d'attention portée sur elle.

- Souhaiteriez-vous voir nos roses, Monsieur Marchebank ? Elles sont magnifiques à cette période l'année.

Elle avait besoin de prendre l'air, absolument. Et elle ne pouvait décemment pas abandonner Monsieur Marchebank maintenant, sa grand-mère le lui reprocherait trop. Heureusement, ce dernier accepta et elle lui retourna un sourire reconnaissant. Elle ne voulait plus rester là. Elle devait en plus tenir tout le dîner, elle avait besoin de faire une pause, songea-t-elle en se dirigeant vers le jardin. Elle appréciait les dîners et réceptions d'habitude mais ce soir-là, elle avait l'impression d'être au milieu de deux courants contraires qui voulaient tous les deux l'amener quelque part sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Elle espérait que sa grand-mère se déciderait bien vite à arrêter de manigancer ainsi derrière son dos. Le jardin des Rosier était plongé dans une certaine obscurité mais Rosaleen, qui portait toujours sa baguette sur elle, alluma les chandelles présentes dans les réverbères d'un sortilège. Plantés au pied de la maison, les rosiers embaumaient l'air ambiant d'une odeur suave et sucrée. Il faisait un peu frais étant donné que la nuit commençait à tomber et elle frissonna légèrement. Elle avait toujours aimé ces fleurs - elle faisait mieux avec son prénom et le nom de jeune fille de sa mère - et adorait venir ici. L'Elfe s'occupait du jardin comme de son bébé, plus particulièrement de ces roses, qui étaient présentes dans toutes les demeures des Rosier. Épaisses, énormes et abondantes, elles étaient magnifiques.

- Vous disiez tout à l'heure que faire des études et me marier n'étaient pas des désirs incompatibles, commença-t-elle en effleurant un pétale du bout des doigts. Mais combien d'hommes présents ce soir appréciaient que leur épouse travaille à plein temps plutôt que de se consacrer à organiser leur vie sociale et à élever leurs enfants ?

Elle fit quelques pas dans le jardin, sans que sa main ne quitte les rosiers. Elle avait envie d'en détacher une mais ne pourrait pas la ramener dans sa chambre, elle devrait retourner à la soirée juste après, c'était donc inutile.

- Je pense que certains choix sont plus des nécessités que des volontés, Monsieur Marchebank, affirma-t-elle en se redressant et en se tournant vers lui. Et tout le monde doit choisir à un moment de sa vie.

Elle vrilla son regard dans le sien quelques instants avant de se détourner, un léger sourire aux lèvres.

- Si vous obtenez le divorce, Monsieur Marchebank, que ferez-vous de votre nouvelle vie de célibataire ? interrogea-t-elle, ayant finalement cédé à la tentation de cueillir une rose rouge qu'elle observa attentivement.

Sa grand-mère aurait soit été offusquée par son culot soit aurait applaudi son initiative. Quoi qu'il en soit, de la part d'une jeune femme comme elle, ce genre de phrase ne laissait jamais indifférent. Et n'était jamais anodin.


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Leopold leva un sourcil avec un mélange d'étonnement et de satisfaction lorsque Rosaleen lui proposa de lui montrer les fleurs du jardin. Le directeur s'était à moitié attendu à ce que la jeune femme trouve rapidement une excuse pour se soustraire à sa compagnie, mais c'était tout l'inverse qui se produisait. Oh, Leopold n'allait pas en tirer de conclusions hâtives, mais il n'en était pas moins ravi de pouvoir profiter d'un peu d'intimité avec la jeune femme.

"Avec plaisir", répondit Leopold avec un petit sourire en coin, qui s'accentua lorsqu'elle le remercia. Leopold la suivit donc hors de la pièce, non sans gratifier son épouse d'un discret clin d'oeil au passage, et inspira à pleins poumons l'air embaumé par les fleurs. Rosaleen n'avait pas menti, il y avait réellement quelque chose d'enchanteur dans ce jardin plongé dans une obscurité crépusculaire, avec ses rosiers opulents qui croulaient sous des fleurs magnifiques. Cette vision était d'autant plus belle avec Rosaleen qui admirait les roses, sublimée par la lueur que projetaient les chandelles sur sa chevelure d'or. La convoitise était en train de s'emparer lentement du coeur du sorcier, qui s'approcha à son tour des rosiers pour les englober d'un regard possessif. Il s'en détourna lorsque Rosaleen reprit la parole, les lèvres pincées en signe d'agacement. Ce type de discours lui sortait par les narines, même s'il savait pertinemment que ses propos étaient justifiés, si bien qu'il nota à peine sa dernière question - pourtant stupéfiante d'audace.

"Quels hommes présents ce soir apprécieraient une telle femme ? Moi, pour commencer, lâcha-t-il en revenant sur sa première question. "Meredith a toujours été heureuse de ne pas travailler et, comme j'avais largement les moyens de lui assurer cela, je n'allais pas protester. Mais je n'ai jamais vu les femmes comme de simples poupées potiches seulement bonnes à enfanter et à organiser des dîners mondains. Je pense que les femmes peuvent être aussi talentueuses, professionnelles, ambitieuses, retords, fortes et intelligentes que les hommes. Je pense que le monde a besoin des femmes, de leurs visions, de leur passion. Regardez Hermione Granger, Minerva McGonagall, Bethsabée Dickinson, Ana Sorden ! Votre tante, Bellatrix ! Elles n'étaient pas de simples femmes au foyer et ont tenté de façonner le monde, pour le meilleur ou...eh bien, pour le pire. Chacune à leur façon, elles ont réussi à obtenir du pouvoir et de l'influence, et notre pays serait aujourd'hui bien différent sans l'impact de chacune d'entre elles. Pour vous donner un exemple moins dramatique, ma propre soeur a su transformer une petite boutique familiale en une enseigne qui domine le marché, et cela malgré deux guerres, tout cela par sa volonté de fer."

Le sorcier redressa légèrement les épaules, empli par la fierté qu'il éprouvait toujours en pensant aux accomplissements de Coraline, même s'il était prompt à se les approprier. Leopold se pencha ensuite sur une rose pourpre et en huma le parfum, sentant ses élans impétueux s'apaiser légèrement. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut avec un sourire dans la voix :

"De plus, les hommes sont tout aussi capables d'élever un enfant convenablement qu'une femme, vous savez. C'est un petit secret bien gardé par notre genre, mais c'est la vérité. Et il existe plein de façons pour des parents pour s'arranger pour que leurs enfants reçoivent une bonne éducation tout en travaillant à plein temps. De nombreux moldus agissent ainsi et de plus en plus de sorciers les imitent... Je peux vous citer les nourrices, bien entendu, mais également les crèches et les écoles primaires, où ils rencontrent d'autres enfants de leur âge. Ce qui, d'ailleurs, les rend plus autonomes avant leur entrée à Poudlard, où ils se retrouvent moins démunis, loin d'une famille qui aura été leur seul repère, leur seul univers durant toute leur vie."

Leopold s'interrompit en réalisant qu'il commençait à dériver légèrement du sujet. Défauts de politicien habitué à défendre bec et ongle ses idées contre ses semblables un peu trop conservateurs à son goût... Il n'était pas toujours facile d'avoir ses opinions dans le milieu dans lequel il évoluait, mais provoquer des visages scandalisés en tenant ce type de discours l'amusait follement. Pourtant, ce soir, il ne s'agissait pas d'amusement. Leopold réalisa qu'il avait envie de convaincre, envie de bousculer cette jeune fille avant qu'elle ne se laisse recouvrir par la même vague de poussière que ses aînées au sang un peu trop pur pour leur propre bien...

"Je vous l'accorde, j'ai là un discours bien différent que celui que vous tiendrons l'immense majorité des hommes de notre rang. Mais je peux me le permettre, n'est-ce pas, puisque l'on continue de m'inviter à de charmants repas tels que celui-ci... Le pouvoir est une chose fascinante, Rosaleen. Quelqu'un qui possède autant de pouvoir et d'argent que moi peu à peu près tout se permettre... Grisant, n'est-ce pas ? Je ne laisse jamais personne me dicter ma conduite. Tout le monde doit choisir à un moment dans sa vie, vous dites ? Prendre le contrôle de sa propre vie est un choix comme un autre."

Haussant les épaules avec fatalité, il reporta son attention sur les roses, les effleurant du bout des doigts. Leopold se battait probablement contre du vent, mais il aurait au moins la satisfaction d'avoir essayé, le jour où il apprendrait les fiançailles de son interlocutrice avec un insipide sorcier de bonne famille.

"Quant à moi, je ne crois pas que je resterai célibataire très longtemps", reprit-il avec un léger sourire. "En profiter un temps, oui, probablement, mais la solitude ne me réussit pas. De plus, en politique, il ne fait pas bon s'afficher seul. Les valeurs familiales sont importantes pour nos électeurs, même ceux du MIM qui se prétendent si ouverts d'esprit. Voilà pourquoi j'ai si longtemps rechigné au divorce, outre l'affection que j'éprouve pour mon épouse. Ce raisonnement peut paraître très pragmatique, mais je ne suis pas un Serpentard pour rien."




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Rosaleen observa attentivement la rose qu'elle venait de décrocher et la porta à son nez pour en humer le parfum. Les roses avaient toujours été ses fleurs préférées et cela n'avait rien à voir avec le prénom qu'elle portait. Elle aimait leurs formes, leurs couleurs, leurs senteurs. Lorsqu'elle était jeune, il y avait toujours un bouquet de roses fraiches sur la table de la salle à manger des Lestrange, un bouquet qui était changé tous les jours. Elle avait ce souvenir des roses qui embaumait la salle à manger et cette odeur persistante, entêtante, même lorque la table était mise. Les roses les renvoyaient toujours à son enfance, à ses parents et à sa maison. Et puis les roses étaient en toute originalité le symbole des Rosier et elle avait été élevée par ses grands-parents, elle était une Rosier en quelque sorte. Rosaleen Lestrange. Rosaleen Rosier. Et un jour un autre nom. Elle avait presque l'impression d'avoir plusieurs familles, parfois. Sa vie chez ses grands-parents était si différente de la vie chez ses parents ! Elle se demandait souvent qui elle serait désormais si ses parents l'avaient élevée. Peut-être que ses objectifs de vie seraient différents, peut-être qu'elle ne serait plus ici. Elle ne le saurait jamais, la guerre lui avait pris cette possibilité. Elle n'avait plus que sa vie actuelle et des choix à faire, des choses à réaliser. Elle avait gardé les yeux posés sur sa rose rouge sang mais posa un regard empli de curiosité sur Monsieur Marchebank lorsqu'il reprit la parole. Il y avait quelque chose de vindicatif dans son ton, quelque chose qui surprit Rosaleen. D'habitude, et surtout dans ce genre de réceptions, les gens gardaient un égal, ils ne s'emportaient pas, ils ne s'emportaient jamais en public. Même si elle n'avait pas connu la situation sociale de son interlocuteur, Rose aurait reconnu un politicien rien que dans la verve de ses mots.

Elle se retint de dire qu'il était bien le seul à apprécier un tel genre de femmes. Combien d'épouses dans leur milieu travaillaient ? Sa propre mère ne travaillait pas et ne parlons pas de sa grand-mère. Même si des hommes pouvaient attendre cela de leur épouse, c'était rarement ce qu'on leur inculquait. Oh, Rosaleen n'était pas aveugle, elle voyait très bien que sa famille était l'une des familles les plus traditionnelles, qu'il y avait des familles plus modernes, plus ouvertes. Mais Rosie n'avait jamais grandi dans l'idée qu'elle travaillerait plus tard. On lu avait dit qu'elle éduquerait des enfants, qu'elle tiendrait une maison, qu'elle serait une mondaine mais jamais on ne lui avait affirmé qu'elle travaillerait. Et que ferait-elle, actuellement ? Elle passerait ses journées au Circée, à essuyer des tables ? Et malgré ce que disait Monsieur Marchebank, quel homme aimerait que sa femme soit serveuse surtout lorsqu'il occupait lui-même une position de pouvoir ? Si elle décrochait son diplômes, les choses seraient différentes, elle pouvait toujours se diriger vers la recherche qui était un domaine qui la passionnait et lui permettait de travailler à la maison, ce qui serait bien pour une famille. Mais pour cela, il faudrait qu'elle arrive à son diplôme final, celui en cinq ans, et elle serait sûrement mariée avant trois ans. Du moins elle l'espérait. Plus le temps passait, plus elle doutait d'arriver à trouver un mari et la pression que la grand-mère installait sur ses épaules en affirmant qu'elle se faisait vieille ne l'aidait pas. Certes, elle avait vingt ans mais c'était encore la force de l'âge, vingt-ans, elle était encore loin des trente. Malheureusement, sa grand-mère ne partageait pas son avis, affirmant qu'à son âge, elle était mariée depuis deux ans.

Elle eut un sourire quand Monsieur Marchebank se mit à énumérer les femmes qui avaient pu changer l'avenir de leur société. Rosaleen connaissait tous ces noms, surtout celui de sa tante Bellatrix bien évidemment, mais ces femmes avaient une chose en commun, si on exceptait Bellatrix qui avait tout de même agit de manière plus que particulière. De Hermione Granger à Bethsabée Dickinson en passant par Ana Sorden, cette folle, aucune n'était de Sang-Pur et aucune n'avaient eut de grands-parents comme ceux de Rosaleen. Et aucune n'avait eu à assurer l'avenir financier de leur famille. Elle ne pouvait tout de même pas être serveuse toute sa vie ! Quant à ses études, ses grands-parents ne la laisseraient jamais terminé, elle n'avait pu entrer à Lycaon que parce qu'elle était fiancée alors. Ces femmes avaient été libres de choisir leur vie tandis que Rose n'avait pas le choix, elle avait des promesses à respecter et elle devait bien cela à ses grands-parents à et Oreste. Elle n'était pas dans la même situation qu'elles, ce n'était pas comparable.

- Si je dois me mettre à assassiner des Nés-Moldus pour obtenir le respect des hommes, Monsieur Marchebank, je pense que je me contenterai de leur indifférence, répondit-elle en posant sur lui un regard entendu. Quant à votre sœur... Et bien si mes informations sont exactes, cette dernière n'est pas mariée.

Et la fortune des Marchebank était bien assez conséquente pour la faire vivre le cas échéant. Les Rosier n'avaient pas ce luxe et ne l'avaient jamais eu. Leurs comptes à Gringott's étaient désespérément vides et ne se rempliraient pas sans l'apport d'une autre famille. Ses grands-parents avaient six personne à faire vivre, dont deux enfants, bientôt trois, scolarisés à Poudlard avec des rentrées coûteuses. La rentrée était toujours une période douloureuse à vivre et elle travaillait tout l'été pour aider ses grands-parents à finir le mois, passant ses journées au Circée. Elle n'avait pas détaché son regard de lui et continua dans cette voie lorsqu'il reprit la parole, affirmant que les hommes étaient tout à fait capables d'élever un enfant. C'était quelque chose qu'elle savait, son père avait été présent durant son enfance et elle avait des souvenirs merveilleux avec eux. Mais puisque les femmes travaillaient rarement, il fallait bien que les hommes le fasse. Leur société était construite sur des principes ancestraux et malgré les bonnes paroles de Monsieur Marchebank, les mentalités ne changeraient pas. Leur monde avait toujours tourné comme cela, pourquoi vouloir y remédier alors que cela fonctionnait bien ? Souvent, les seules femmes qui travaillaient le faisaient par nécessité plus que par véritable plaisir, les femmes de leur rang du moins. Certes, les moldus faisaient autrement depuis longtemps comme le soulignait Monsieur Marchebank mais ils avaient toujours agit différemment des moldus. Et au vu des idées défendues par certaines familles - et elle était parfaitement consciente que c'était le cas de la sienne, elle était moins bête que ne le pensaient ses grands-parents - mettre leurs enfants dans une école serait prendre le risque de voir leur éducation s'envoler. C'était bien pour cela que son précepteur avait été soigneusement choisi par son père et que sa mère quand celui-ci s'était éloigné. Et elle avait aussi conscience de faire partie de ces enfants qui avaient grandi en huis-clos, n'ayant connaissance du monde que par la vision de leur famille. Mais elle n'avait pas mal tourné pour autant, non ? La vision de sa famille n'était pas mauvaise, peut-être un peu classique, mais pas erronée.

Elle finit finalement par détourner le regard lorsque Monsieur Marchebank mentionna le pouvoir. Le pouvoir, ce que tous les Hommes de ce monde voulait ? Elle comprenait que cela puisse être grisant, mais c'était quelque chose qu'elle n'avait jamais vraiment comprise. Elle l'avait effleurée, voilà longtemps, lorsque sa famille était encore puissante, lorsque son nom suffisait à forger le respect, lorsqu'elle se baladait avec son héritage familial comme une bannière. Les choses étaient bien différentes maintenant et les Lestrange avaient été jetés à bas de leur piédestal, avaient perdu le pouvoir qu'ils avaient pu avoir. Rosaleen n'avait plus rien, elle n'avait plus aucune influence, aucun moyen d'agir sur la vie des autres, la guerre lui avait pris cela. Mais elle savait une chose : c'est qu'en plus de l'argent, un mariage prometteur lui permettrait peut-être de regagner une position sociale, de retrouver un peu l'aplomb que sa famille avait pu avoir dans son enfance. Et si on pouvait gagner de l'argent par son travail, c'était plus difficile de gagner du pouvoir simplement par son dur labeur. On obtenait le pouvoir en se rapprochant des gens de pouvoir, voilà tout. C'était aussi pour cela que ses grands-parents cherchaient à la marier, elle le savait bien. Pour retrouver un peu de prestige d'antan, cette grandeur passée à laquelle ils se raccrochaient désespérément. Leopold Marchebank ne se laissait peut-être jamais dicter sa conduite, mais il en avait la possibilité. Rosaleen s'était toujours promis qu'elle en aurait la possibilité un jour, lorsqu'elle aurait retrouvé suffisamment d'équilibre pour se construire à nouveau. Qu'elle reviendrait un jour à son enfance, quand tout allait bien. Mais pour le moment, ce n'était pas son heure. Elle attendait. Et elle attendrait jusqu'à trouver le bon moment.

- J'étais une Poufsouffle, répondit-elle avec un sourire. Loyauté, fidélité, travail et justice. Vous voyez Monsieur Marchebank, nous parlions auparavant des choix de vie et j'ai répondu que nos choix étaient dictés par nos priorités. J'attache beaucoup d'importance à la loyauté que je dois envers ma famille. Il y a les choses que je peux faire pour moi et les choses que je dois faire pour eux.

Elle releva les yeux vers son interlocuteur, posant un regard inquisiteur sur lui, un léger sourire au coin des lèvres.

- Vous êtes un homme de pouvoir, Monsieur Marchebank. Mais lorsque nous n'avons pas de pouvoir, il faut savoir faire autrement.

Elle releva le menton.

- Ma famille n'a pas d'influence, pas de richesses, pas de relations. La seule chose que nous avons, c'est un prestige passé, un nom gravé dans l'histoire et des magnifiques chandeliers datant des révolutions gobelines.

Elle fit un pas vers lui, une lueur de défi dans les yeux, le même sourire au coin des lèvres.

- Lorsque j'étais enfant, ma mère me disait souvent que j'aurais toujours deux choses à moi, des choses que personne ne pourrait m'enlever. Un joli sourire et un caractère agréable, c'était les mots qu'elle employait. Vous avez l'influence et l'argent pour arriver à vos fins, Monsieur Marchebank. J'ai l'espoir de faire un bon mariage avec un homme pas trop regardant sur mon nom et le passé de ma famille parce qu'il sera contenté par un joli sourire.

Elle déposa la rose sur le rebord de la fenêtre.

- Il est facile d'avoir des convictions lorsque l'on peut se le permettre. Je n'ai pas cette chance, Monsieur Marchebank. Je l'aurais peut-être un jour. Mais en attendant, je me contente d'ambitions à ma portée. Je dois apporter un avenir à ma famille, Monsieur Marchebank, c'est cela ma contribution à la société, je suis loyale envers eux. Je n'ai pas le pouvoir de le faire autrement que par un mariage et un mariage que je ne pourrais obtenir que parce que je rencontrerai quelqu'un qui ne soit pas exigeant. Cela manque sûrement de prestige, je le sais, ou d'ambition. Mais c'est ainsi que les choses sont faites. 


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Leopold répondit par un simple sourire à la réponse de Rosaleen, conscient que ses exemples n'étaient peut-être pas les plus pertinents, ou du moins les plus politiquement corrects. Il n'empêche que c'était un peu étrange de voir la condition féminine défendue par l'homme politique cinquantenaire face à une jeune femme dans la fleur de l'âge. Leopold écouta tout le discours de Rosaleen avec un intérêt inépuisable. Il avait presque l'impression d'être un chercheur en pleine expérience sociologique, tant il trouvait que ses propos trahissaient un esprit façonné par une éducation et une façon de penser si lointaine de leur époque. Il devait reconnaître qu'elle avait raison sur certains points, bien sûr, mais il trouvait en effet qu'elle manquait singulièrement d'ambition et surtout d'ouverture d'esprit. Certes, les données de base n'étaient pas en sa faveur mais rien ne l'empêchait de modifier les règles du jeu si ça la chantait. Il n'existait pas que deux choix possibles, se marier ou disparaître, la vie était pleine de possibilité qu'elle pouvait embrasser en se montrant un peu plus créative...

Leopold ne pouvait s'empêcher d'essayer de lui ouvrir les yeux, de lui faire voir les choses de la même façon que lui. Lui, qui dans sa jeunesse ne s'était jamais laissé influencer par son milieu et ce que l'on attendait de lui. C'était au contraire son entourage qui avait dû s'adapter à lui, ou disparaître, de façon brutale parfois. Leopold observa la jeune femme en songeant qu'elle avait bien plus pour elle qu'un simple sourire. Le monde devrait appartenir à Rosaleen Lestrange, mais elle n'osait réclamer son dû. L'envie de l'y aider le tiraillait légèrement et il ne put s'empêcher de répliquer :

"Les choses sont faites pour évoluer. Le pouvoir, cela s'acquiert. Je vous accorde cependant qu'un mariage peut être un bon moyen de l'acquérir, un mariage judicieusement choisi du moins..."

Leopold vrilla un regard intense dans celui de la jeune femme, arborant un petit sourire en coin. Que verrait-elle dans ses paroles ? Cela la regardait, mais il tenait à lui faire comprendre qu'elle avait bien plus le choix qu'elle ne le pensait. Les alternatives étaient là, à lui tendre les bras, et elle n'avait qu'à les saisir...

"Vous aurez toujours deux choses pour vous, de l'esprit et un caractère bien affirmé. Je suis sur que vous saurez vous donner les moyens de votre ambition... Et si votre ambition est de faire honneur à votre famille, visez haut ! Ne vous contentez pas de faire oublier un nom, un passé... Sublimez-les. Epousez un homme qui saura redonner son prestige au nom de Lestrange."

Un léger silence suivit ces propos un peu trop sérieux, puis il secoua la tête avant de se détourner. Il était temps d'abréger cette conversation, pour la laisser mûrir dans l'esprit de Rosaleen.

"Mais ce ne sont que les conseils d'un politicien véreux, mieux vaut ne pas les écouter", conclut-il avec un petit rire. "Rentrons, voulez-vous, j'imagine que vos grands-parents doivent nous attendre pour commencer le dîner."

Leopold offrit son bras à la jeune femme puis ils regagnèrent l'intérieur du Manoir, où leurs familles les attendaient.

RP Terminé



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Etiquette et ronds de serviettes [Leopold]

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