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 Tel fils tel père [Jeremy]

Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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31 Juillet 2007

Elle ne comprenait pas exactement comment c’était arrivé. Quand elle pensait à ce qui venait de se passer, maintenant que la fièvre du moment était retombée, elle trouvait ça étrange. Plus qu’étrange même, c’était complètement absurde. Le père de Jeremy Baker. Son papa, un homme qui avait plus du double de son âge. Pourtant, tout s’était enchainé si naturellement. Les choses s’étaient passées comme ça, simplement. Elle avait croisé Gregory Baker au Chaudron baveur, ils avaient d’abord échangé de simples politesses, puis il avait proposé de lui payer une autre limonade, elle avait accepté, ils avaient discuté. Oh elle se revoyait clairement, assise sur sa chaise, à siroter sa boisson en lançant des regards brûlants à son interlocuteur. C’était sa façon d’être, elle était toujours comme ça avec les hommes. Et puis Mr. Baker était un bel homme, son fils avait de qui tenir, et elle en avait marre des garçons. Elle ne supportait plus les adolescents qu’il fallait toujours rassurer sur leurs performances, ou qui faisaient ça en dix minutes, elle voulait les hommes, les vrais. Et elle en avait marre que ceux-ci la repoussent en raison de son âge et continuent de la voir comme une adolescente. Cela faisait déjà bien longtemps qu’elle avait tout d’une femme, trop longtemps peut-être, du haut de ses dix-huit ans.

Alors oui, elle avait apprécié que Monsieur Baker paraisse s’intéresser à elle, qu’il oublie qu’elle avait l’âge d’être sa fille et qu’il la laisse glisser des sous-entendus et des sourires aguicheurs dans la conversation sans la remettre à sa place.  Le divorce des Baker était arrivé dans la discussion, elle ne savait plus vraiment comment, elle avait posé une main sur son bras, avait assuré qu’il devait se sentir seul, mais qu’elle serait ravie lui tenir un peu compagnie. C’était peut-être à ce moment que tout avait changé. Là qu’elle avait abandonné le vouvoiement, qu’il avait cessé d’être le père d’un camarade de classe et elle une gamine de dix-huit ans. Ils avaient continue de parler, plus librement, comme d’adulte à adulte. Il avait réglé leurs consommations et au moment de se dire au revoir elle avait refusé la main qu’il lui tendait et avait préféré lui faire la bise afin de lui souffler à l’oreille qu’ils n’étaient pas obligés de se quitter tout de suite.

Il lui avait proposé son bras et ils avaient transplané tous les deux. Elle ne savait pas exactement pourquoi il avait accepté. Elle aimait se dire que c’était parce qu’il la trouvait attirante, parce qu’elle avait l’air d’une femme et qu’il avait envie d’elle, mais était consciente que c’était peut-être simplement parce que sa femme l’avait trompé, et qu’il cherchait à se rassurer sur son sex-appeal. N’importe quel homme de quarante-cinq ans serait flatté de se faire draguer par une femme si jeune. Peu importait pourquoi de toute façon, ils étaient arrivés dans l’appartement de Gergory et ils l’avaient fait. Et pendant ces longues minutes, elle avait eu l’impression qu’il y avait quelque chose entre eux. Cette impression s’était bien sûr évanouie sitôt qu’ils s’étaient allongés, fatigués et la respiration profonde, chacun d’un côté du lit. Mais ça avait été très agréable. Passionné, fusionnel presque. Elle en avait encore le tournis, et les reins en feu. Elle avait rarement connu d’amant si performant, et pourtant il y en avait eu.  Non, décidément elle ne regrettait rien.

Sauf que maintenant qu’ils étaient allongés côte à côte, les yeux rivés sur le plafond, dans un silence uniquement troublés par leurs respirations, un malaise parfaitement justifié commençait à naitre entre eux. Aucun n’osait parler. Que dire de toute façon ? Ils avaient presque trente ans de différence d’âge, et la dernière fois qu’ils s’étaient croisés elle n’était qu’une camarade de son fils. C’était trop bizarre pour que l’on puisse mettre des mots là-dessus.  Et encore, Gregory ignorait qu’elle s’était livrée à cette même activité avec son fils, cette fameuse fois. Par Merlin, c’était presque un peu glauque. Elle aurait aimé savoir ce que pensait Monsieur Baker à cet instant précis, elle-même était partagée entre « Wahou ! On recommence ? » et « Oh Bordel de Troll, qu’est ce qui m’est passé par la tête ? ». Elle n’osa toutefois pas lui demander et garda le silence. Ne rien dire, c’était une bonne solution. Ne pas chercher à expliquer ce qui venait de se passer, ne pas en discuter, ne pas culpabiliser, ne pas se justifier. Ça c’était passé, voilà tout. Elle lui avait plu, il lui avait plu, ils étaient adultes tous les deux, et ce qui devait arriver était arrivé. Ils n’avaient rien fait de mal, ils n’avaient qu’à agir normalement.

« Je devrais y aller, lança-t-elle finalement d’une voix un peu enrouée. On m’attend. »

C’était faux mais mieux valait donner une raison à son départ précipité. Elle n’avait pas vraiment envie de s’attarder. Elle ne restait jamais bien longtemps dans les bras de ses partenaires après l’acte, même si elle n’appréciait pas que ceux-ci l’abandonnent dès leur affaire terminée. Quelques minutes à reprendre son souffle, en silence, à savourer et à revivre les derniers instants, c’était parfait. Ni plus ni moins. Elle agissait toujours ainsi, et il n’y avait pas de raison que cela soit différent aujourd’hui.

« Hum, oui. » répondit-il simplement.

Il avait l’air mal à l’aise, presque honteux.  Elle aurait voulu dire qu’il n’avait pas à regretter quoi que ce soit et qu’ils n’avaient rien à se reprocher, pourtant elle n’ouvrit pas la bouche. Peut-être parce qu’elle savait qu’elle n’avait pas entièrement raison. On ne couchait pas avec le père d’un de ses amants. Ça pouvait sembler plutôt simple comme règle, et pas trop contraignant, et pourtant même celle-ci elle n’avait pas réussi à la respecter. Elle avait un problème avec les convenances, elle avait toujours ce besoin presque pathologique de flirter avec l’interdis, d’avoir ce qu’elle aurait dû fuir. Elle était attirée par tout ce qui était mauvais pour elle, elle récoltait tous les types à problèmes et s’en attirait elle-même constamment.

Avec son impudeur habituelle, Kelsey finit par se lever et chercha des yeux sa robe d’été. Elle remarqua que Gregory évitait de la regarder, accentuant le malaise entre eux. Elle finit par trouver sa petite robe orange –un bon investissement cette robe, elle faisait toujours de l’effet-  et l’enfila rapidement, abandonnant ses sous-vêtements ici. Elle se décida finalement à faire face à Monsieur Baker, croisant son regard depuis la première depuis qu’ils avaient repris leurs esprits. Il lui parut plus vieux que lors de leur rencontre, sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi.

« Ne me raccompagnez pas » assura-t-elle alors qu’il esquissait un geste pour se lever.

Le vouvoiement était revenu tout seul, comme si elle voulait à nouveau instaurer une distance entre eux. Ils avaient passé un bon moment, un très bon moment même, mais ils devaient en rester ça. Ce serait fou de vouloir se revoir, et elle n’était même pas certaine d’en avoir envie. Ils n’avaient pas grand-chose en commun au final. Rien du tout même.

« Fais attention à toi. » répondit-il simplement sur un ton presque…paternel. C’était étrange.

La bonne blague. Elle était incapable de faire attention à elle, elle ne serait pas ici sinon. Elle lui adressa toutefois un maigre sourire, presque gêné, attrapa ses chaussures et se dirigea vers la porte de la pièce.

« Au revoir Monsieur Baker.
-Au revoir Kelsey. »

Kelsey sortit rapidement du petit appartement et, une fois sur le pallier, entreprit de remettre ses sandales à talons. Elles lui faisaient atrocement mal aux pieds mais lui donnaient aussi des jambes incroyablement fines. Beaucoup trop, ses jambes tenaient plus des fils de fer que d’autre chose en ce moment, mais évidemment elle ne s’en rendait pas compte. Kelsey releva la tête en entendant des bruits de pas dans l’escalier, délaissant un instant sa chaussure gauche, en équilibre sur le pied droit. Elle se figea d’horreur en reconnaissant Jeremy Baker et lâcha sa chaussure sous le coup de la surprise.

Elle se redressa maladroitement, avec toute la grâce dont on pouvait faire preuve lorsqu’on tenait en équilibre sur douze centimètre de talons et voulu ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais aucun son n’en sortit. Que pouvait-elle bien dire ? « Salut, ne dérange pas ton père en rentrant, il doit dormir, je crois que je l’ai bien fatiguée » ? Mauvaise idée. Elle réalisa après coup que Jeremy n’était absolument pas au courant de ce qui venait de se passer et se détendit un peu. Elle avait un tas de raison de se trouver pieds-nus sur son pallier. Comme…Comme elle ne savait pas quoi, mais il y avait forcément une excuse possible.

« Salut, tenta-t-elle finalement avant de se baisser pour attraper sa chaussure gauche, qu’elle entreprit d’enfiler en se retenant à la poignet de la porte. Qu’est-ce que tu fais là ? »

Question très idiote. Il habitait ici, lui. Mais elle avait été tellement surprise de le voir que c’était la seule chose qui lui avait traversé l’esprit.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Les mains dans les poches, Jeremy arpentait les rues de Londres en sifflotant. La joie et l'allégresse l'envahissaient en ce jour torride, malgré l'atmosphère étouffante qui régnait dans la capitale. La perspective de partir en vacances à Paris le lendemain le rendait particulièrement heureux, et il avait passé toute la journée de la veille à organiser son voyage. Il avait appris plusieurs mots de français, dont il était assez fier malgré sa prononciation épouvantable, et avait acheté un guide de voyage sorcier-moldu pour ne rien louper. Le portoloin était prêts et les valises aussi, à l'exception de son maillot de Flaquemare qu'il avait laissé chez son père. Jeremy ne pouvait tout de même pas partir sans, il lui fallait arborer les couleurs de son équipe préférée en terre étrangère afin de répandre la bonne parole ! Son maillot, floqué Dubois, l'attendait sagement dans le placard de la chambre qu'il avait chez son père, et où il vivait en attendant son installation à Bristol. La nuit dernière, cependant, il était resté dormir chez Horace après une nuit à jouer aux jeux vidéos avec ses anciens camarades de dortoir, et ils avaient recommencé au matin. Heureusement qu'ils étaient là, ses sempiternels acolytes de Gryffondor, car sans eux l'été de Jeremy aurait été bien triste, maintenant que Killian avait disparu de la circulation et qu'Irving était parti en France...

Sans oublier Juliet. Sa relation avec la jeune fille était au beau fixe et il était très impatient à l'idée de pouvoir passer deux semaines avec elle à découvrir les trésors de Paris. Ce fut donc de particulièrement bonne humeur qu'il entra dans l'immeuble où vivait son père et grimpa les escaliers deux à deux, pressé de finir ses valises pour retourner profiter du la chaleur. Hélas, sa joie de vivre était sur le point de disparaître pour un moment... Jeremy ne réagit pas tout de suite en voyant une jolie jeune femme sur le pallier de la porte et esquissa même un petit sourire amusé. Son père était incorrigible, vraiment ! Il avait été fidèle pendant des années de mariage, mais le jour où il se retrouvait célibataire à nouveau, il ne lui fallait pas bien longtemps pour retrouver ses vieilles habitudes de jeunesse ! La jeune femme se redressa alors et sa cascade de cheveux blonds se mouva de sorte à laisser apparaître un visage que Jeremy aurait pu reconnaître entre mille. Celui de Kelsey.

Sous le choc, Jeremy ouvrit de grands yeux abasourdis et avança encore d'un pas pour être bien sur qu'il n'y avait pas erreur sur la personne. Que faisait Kelsey ici, là, sur le palier de l'appartement de son père, une chaussure dans une main et l'autre à son pied ? Ce n'était tout de même pas possible que...que sa première impression ait été la bonne ? Kelsey, et son père ? Comment se seraient-ils rencontrés, déjà, et surtout pourquoi ?! Pris de nausée, Jeremy observa un long instant la jeune femme dans sa robe orange, son visage se fermant peu à peu alors que la certitude qu'il ne se trompait pas s'instaurait en lui. Ce furent les images traumatisantes qui apparurent devant ses yeux qui le firent sortir de son état d'ébahissement, et il finit par répondre d'une voix froide qu'il ne reconnut pas :

"Ce que je fais là ? J'habite ici. La vraie question c'est, toi, qu'est-ce que tu fais là ?"

La réponse était si évidente, mais il ne pouvait l'accepter. C'était trop horrible, glauque, bizarre, malsain pour qu'il l'accepte. Et surtout c'était tellement décevant...

"Dis moi qu'il y a une autre explication que celle qui me vient en tête", lâcha-t-il en dardant sur elle un regard brûlant de colère contenue. Merlin, ce n'était pas possible. Son père n'avait pas fait ça.



Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Le ton glacial de Jeremy la figea sur place et elle abandonna aussitôt l'idée d'enfiler maintenant sa deuxième chaussure. Elle se redressa mais ne parvint pas à soutenir le regard du Gryffondor, qui semblait en proie à une colère froide. Elle comprenait sa surprise, elle l'acceptait. C'était un peu bizarre. C'était carrément étrange. mais il n'y avait pas mort d'homme non plus. Pas de quoi s'énerver. Et puis, s'énerver contre quoi ? Contre elle ? Elle faisait ce qu'elle voulait, avec qui elle voulait. Son père ? Il était divorcé. Ils avaient agi en tout bien tout honneur finalement. Alors oui, la situation était délicate, mais il n'y avait pas de quoi se mettre en colère. Pourtant, elle n'avait aucune envie de lui dire la vérité. Elle s'efforçait de se convaincre qu'il n'y avait rien de grave là-dedans, que la situation était normale, et pourtant elle n'avait aucune envie que Jeremy l'apprenne.

Celui-ci ne semblait toutefois pas avoir besoin d'elle pour tirer des conclusions, hâtives mais justes. Elle releva les yeux vers lui et se mordit la lèvre en croisant son regard empli de colère. Cela l'ébranla plus qu'elle ne l'aurait cru. Finalement Jeremy était un des rares garçons à avoir toujours été gentils avec elle. Elle ne l'avait jamais entendu faire de remarques déplacées à son sujet, et il s'était conduit comme un gentlemen l'été dernier. A un tel point qu'elle se souvenait avoir trouvé ça presque ridicule. Ridicule mais mignon, presque attendrissant. Et elle n'avait pas envie que Jeremy la déteste. Et au vu de l'état dans lequel il se trouvait alors qu'elle n'avait même pas encore confirmé ses soupçons, cela ne manquerait pas d'arriver. Elle ne pouvait pas lui dire la vérité.

"Tu..Tu habites là ? tenta-t-elle, essayant de feindre la surprise. Moi je...Je passais."

Elle passait. Dans une cage d'escalier. Bien sûr. Quel meilleur endroit pour faire une promenade après tout ? Admirer l'architecture des cages d'escaliers londonienne était un passe-temps des plus répandus, évidement. Ce n'était pas crédible du tout. Elle aurait voulu pouvoir lui donner une bonne excuse, lui présenter un mensonge potable, qu'il se forcerait à croire parce que c'était mieux comme ça pour tous les deux, mais rien ne lui venait à l'esprit. Elle ne réussit qu'à baisser la tête et soupirer profondément. Mentir n'était pas la solution, elle aurait dû le savoir dès le début. Lui dire la vérité, lui expliquer, l'assumer, était la seule chose à faire. Si elle lui présentait les choses correctement, sans essayer de les cacher, il verrait qu'il n'y avait pas de quoi se mettre dans tous ses états. Comment pouvait-elle espérer lui présenté la situation comme quelque chose de normale si elle-même essayait de la caché, comme on le ferait avec une grosse bêtise ?

"Je peux t'expliquer, assura-t-elle finalement en se décidant enfin à redresser la tête. C'est pas c'que tu crois..."

Tout dépendait de ce qu'il croyait à vrai dire. Mais à voir son regard brûlant de rage, il lui en voulait. Comme si elle avait fait ça juste pour le mettre mal à l'aise, pour l'atteindre ou pour le blesser de quelque manière que ce soit. Ce n'était pas du tout le cas. Ce n'était qu'une énorme coïncidence qu'elle soit tombée sur Monsieur Baker aujourd'hui. Elle aurait pu sortir de l'appartement de beaucoup d'autres. Alors oui, c'était tombé sur Gregory Baker, mais comme ça aurait pu tomber sur n'importe qui. C'était juste le hasard. Quelques instant plus tôt elle aurait parlé de chance -elle avait passé un moment plus qu'agréable- mais elle commençait à croire que ça n'avait rien à voir avec de la chance.

Elle n'aimait pas du tout cette situation. Elle détestait se sentir coupable alors qu'elle avait envie de croire qu'elle n'avait rien de mal. Elle avait l'esprit parfaitement tranquille avant que Jeremy n'arrive, elle ne voyait rien à se reprocher, et à vrai dire elle était même plutôt contente d'elle. Mais il venait semer le doute dans son esprit, avec son regard plein de rage, et elle n'aimait pas ça, douter. Elle avait toujours été à la limite de l'indécence, de l'incorrect, de l'immoral, et s'était même amusé à franchir un peu la limite de temps en temps, avec Jay notamment. Mais jamais elle n'avait eu l'impression d'aller trop loin -sauf avec Ulrich, mais c'était très différent- et c'était justement l'impression que Jeremy lui donnait.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy ne comprenait pas pourquoi il était tellement en colère. Kelsey n'aurait rien dû représenter, à ses yeux. Il avait toujours su quel genre de fille elle était, elle ne l'avait jamais caché, ni le jour où ils s'étaient embrassés ni celui où ils avaient passé la nuit ensemble. Mais voilà, depuis ce jour, Jeremy avait toujours pensé qu'il y avait plus chez Kelsey que ce que tout le monde voulait bien y voir. Il avait éprouvé pour elle une drôle d'affection, que l'on ne pouvait guère qualifier de sentiments amoureux mais qui le conduisaient tout de même à lui accorder un statut particulier, à part. Parce qu'elle était la première, peut-être, et qu'il ne voulait pas croire que sa première fois avec la traînée de service, la fille que l'on méprisait et que l'on utilisait avant de la jeter. Jeremy aurait d'ailleurs bien aimé en apprendre plus à son sujet, et tenter de devenir son ami, mais il aurait fallu pour cela qu'il fasse l'effort d'aller la voir. Or il avait l'impression d'avoir passé l'année en apnée, concentré sur tous les obstacles et objectifs qui se présentaient sur son chemin, et n'avait pas pris le temps d'avoir ne serait-ce qu'une vraie conversation avec la jeune fille. Il ne savait pas ce qu'elle avait fait ces derniers mois ni avec qui, mais aucune des possibilités qu'il avait en tête ne pouvait la conduire sur le pallier de l'appartement de son père de façon logique et raisonnée. Aucune.

Sa pitoyable tentative pour trouver une excuse ne fit qu'accentuer la colère de Jeremy, qui éclata d'un rire cynique et désagréable, avant de croiser les bras sur sa poitrine.

"C'est ça, prend moi pour un abruti ! Tu l'as pas déjà assez fais, hein ? Tu veux pousser l'humiliation un peu plus loin, c'est ça ? Le gentil petit Jeremy n'était pas suffisant, alors t'as été voir le père ? Ou alors tu cherches à faire une combo, t'en as fini avec les dortoirs de Poudlard alors tu tentes une nouvelle collection, père et fils ?"

L'ampleur de la chose le frappa de plein fouet alors qu'il tentait d'imaginer la conversation qu'il pourrait avoir avec son père. Sa nausée s'intensifia alors qu'il se voyait distinctement donner un grand coup de poing dans le visage de son père. Son père, qui avait été son point d'ancrage ces derniers mois, alors que l'estime qu'il portait à sa mère avait profondément baissé. Et voilà qu'au moment où les choses s'arrangeaient avec elle, c'était pour son père qu'il perdait tout respect. Tout le dégoût qu'il ressentait pour cet homme se déversa sur Kelsey, qui avait le malheur d'être en face de lui à cet instant, prise sur le fait dans sa jolie robe et sur ses talons vertigineux.

"Y'a pas assez d'hommes sur Terre, il a fallut que t'ailles te taper mon père ? Mon père, Kelsey ! Il pourrait être le tien, il en a l'âge ! Tu t'es pas dis que peut-être ça pourrait me déranger, légèrement ? Comment je suis censé le regarder dans les yeux moi maintenant ? Mais tu t'en fiches, pas vrai. Tu passais par là, et tu t'es dis que t'allais foutre un peu plus le bordel dans une famille qui implose. Bah ouais, quelle importance, y'a que toi qui compte, après tout. Une pauvre salope qui ne pense qu'à sa gueule. Voilà l'image que tu renvoies, ça t'es égal ? Est-ce qu'il y a seulement quelque chose qui t'émeut, Kelsey, ou bien est-ce que tu vis seulement pour ça ? Te faire séduire par le premier pauvre type qui passe ?"

Il lui jeta un regard incrédule, se demandant comment quelqu'un pouvait vouloir une telle vie pour soit. Pendant longtemps, il avait pensé que Kelsey était une fille vulnérable, qui cachait ses faiblesses derrière une attitude aguicheuse. Que les regards emplis de désir que lui lançaient les hommes lui permettaient de gagner de la confiance en elle. Mais ce n'était que de la psychologie de bas étage, tout ça. Kelsey n'était pas vulnérable, elle n'était pas sensible, elle n'était rien d'autre qu'une nymphomane sans ambition. Et Jeremy éprouvait un certain plaisir féroce à vomir tout le mépris qu'il ressentait pour elle en cet instant, voilà pourquoi il ne lui laissa pas le temps de réagir. Trop, c'était trop, trop de repères moraux qui s'évaporaient en trop peu de temps. Trop de situations bizarres, étranges, dérangeantes, mais pas interdites en soit. Il y avait des limites à ne pas franchir, par simple bon sens, si ce n'était par amitié, et Kelsey les avaient piétinées allègrement. S'avançant encore un peu vers elle, il plongea son regard dans le sien et cracha avec méchanceté :

"Je ne sais vraiment pas pourquoi je m'embêtais à te défendre, franchement. Mon dortoir était probablement le seul où les gars ne parlaient pas de toi comme d'une traînée, parce qu'ils savaient que je n'aimais pas ça. Parce que stupidement je me suis mis en tête que tu valais mieux que ces racontars, qu'une fille avait le droit d'avoir des aventures sans qu'on lui donne une telle réputation. Franchement, j'avais plus de respect pour toi que pour ces prudes coincées qui croient tout connaître de la vie mais... Bordel, Kelsey, j'avais tort en fait, c'est ça. T'es aussi creuse qu'une coquille vide, y'a rien, derrière tes regards aguicheurs, tes talons de trois mètres, tes jambes si fines que mes bras sont plus gros. Y'a rien, pas de personnalité, juste une cruche insipide qui se prend pour une femme. Mais c'est pas ça, être une femme, Kelsey. Tu seras une vraie femme le jour où tu parviendras à éprouver autre chose pour quelqu'un, quelque chose d'autre que du simple désir bestial."

A bout de souffle, Jeremy s'interrompit le temps de prendre quelques inspirations et sentit sa colère s'apaiser quelque peu, tandis qu'une honte mêlée de culpabilité menaçait de l'envahir. Il la repoussa fermement, encore trop secoué par le choc qu'il avait ressenti en comprenant ce que Kelsey et son père avaient fait.

"Ca aurait pu être moi, j'aurais pu être ton ami, reprit-il sur un ton légèrement plus calme. "J'ai été assez stupide pour avoir envie d'essayer, fut un temps, mais je suis heureux de ne pas avoir perdu mon temps. Il n'y a qu'une seule chose qui t'intéresse, on dirait. Je te prierais de ne plus venir la chercher auprès de mon père."




Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Elle avait bien réalisé que Jeremy était en colère. Elle avait vu ses traits de durcir, elle avait senti la rage dans son regard, et elle s'était préparée à subir sa foudre. Mais rien n'aurait pu la préparé à entendre ça. Parce que jamais elle n'aurait imaginé Jeremy Baker capable de tant de brutalité, de mépris, de vulgarité, de cruauté. Parce que Jeremy avait toujours été un gentil garçon à ses yeux. Ce Gryffondor tellement différent de ses autres conquêtes, celui qui l'avait embrassé  en la quittant le lendemain matin, qui l'avait sauvé des griffes d'un type pas net dans une ruelle sombre. Elle avait toujours vu Jeremy comme quelqu'un qui ne pourrait lui faire que du bien. Jamais elle n'aurait cru qu'il pouvait lui faire si mal que ça. Elle ne comprenait même pas comment il réussissait à la blesser de la sorte. Elle aurait dû n'en avoir rien à faire. Elle n'était pas amoureuse de Jeremy, il n'avait été qu'une aventure parmi des dizaines d'autres, son avis n'aurait pas du compter. Ses insultes n'auraient pas dû la toucher. Pourtant elles la touchaient, profondément, douloureusement.

Elle reçut chacun de ses mots comme une gifle, refusant de croire ce qu'elle entendait. Elle avait envie de poser ses mains sur ses oreilles, de ne plus écouter, ne plus rien entendre de ces reproches qui sonnaient trop juste. Ces mots durs, ces insultes, ils avaient un horrible goût de vérité. Parce qu'elle les avait déjà entendu trop de fois, parce qu'elle les avait pensé un peu, aussi. Et chaque fois qu'on les lui lançait au visage, elle avait un peu plus de mal à ne pas y croire. Et elle ne voulait pas croire tout ça, elle ne voulait pas avoir cette vision d'elle, elle refusait d'ouvrir les yeux sur une vérité si laide que ça. On ne pouvait pas vivre avec une telle image de soit. Qu'on lui laisse ses œillères, qu'on la laisse croire à ses propres excuses, qu'on lui laisse ses mensonges et ses paillettes. Elle ne voulait pas de cette réalité, de ces horreurs, de ce désespoir. Elle ne voulait pas de cette pauvre fille, de cette cruche insipide, de cette coquille vide. Au fond peu importait ce qu'elle était, ce qui comptait c'était ce qu'elle pensait être, et elle voulait qu'on la laisse dans ses illusions. Et il était là, à les briser une à une, à lui imposer une vision d'elle-même contre laquelle elle luttait depuis trop longtemps et à la rabaisser plus bas que terre. Mais il n'avait pas le droit. Il n'avait aucun droit de la traiter de la sorte, songea-t-elle alors que la surprise et l'humiliation laissaient place à la colère. Elle ne lui devait rien, elle n'avait pas à lui rendre compte. Elle était libre, et elle faisait ce qu'elle voulait avec qui elle voulait. Elle n'avait rien fait d'interdit, et il ne pouvait pas la démolir de la sorte simplement parce qu'elle avait exercé cette liberté d'une façon qui ne lui plaisait pas.

"Mais qu'est ce que t'en sais hein ? finit-elle par crier, folle de rage. Jeremy s'était rapproché d'elle pour lui cracher son venin au visage et elle s'approcha encore. Tu sais pas ce que je peux ressentir ! T'en as aucune idée, tu ne me connais même pas ! Parce que t'es comme les autres Jeremy. Ne me dis pas que t'aurais pu être mon ami, c'est n'importe quoi. Me la fait pas, pas à moi. On lui avait trop fait, on lui avait trop menti, inutile d'essayé de l'avoir à ce jeu-là. T'as jamais voulu être mon ami. T'as fait comme tout le monde, tu m'as sauté et ensuite tu m'as plus adressé la parole. Réfléchis bien et dis-moi si tu m'as reparlé une seule fois depuis l'été dernier. Elle lui laissa à peine une seconde pour réagir, consciente qu'ils connaissaient tout les deux la réponse à cette question de toute façon. Alors d'accord, ce que j'ai fait te plait pas, j'aurais peut-être pas dû, mais c'est fait, c'est tout et ça ne te regarde pas. Accepte-le. Elle se recula un peu, remettant une certaine distance entre eux et se força à sa calmer, avant de reprendre, un peu moins fort. Et puis grandis un peu...Ton père est un homme, il en a connu et il en connaitra d'autres des femmes."

Sauf qu'elle sentait bien, au fond d'elle, que ce n'était pas le fait que son père ait des aventures qui mettait Jeremy hors de lui. C'était que ce soit avec elle. Mais elle voulait occulter cette vérité pour le moment, parce que quelque part c'était réaliser qu'elle avait quand même un statut un peu particulier aux yeux du Gryffondor. C'était dire qu'elle comptait plus qu'une autre, d'une manière ou d'une autre. Et elle ne voulait pas compter pour lui. Elle ne voulait pas se faire insulter de la sorte par quelqu'un d'autre qu'un étranger. C'était suffisamment dur comme ça. Elle refusait d'accorder la moindre valeur à sa relation avec Jeremy parce que c'étaient en accorder également à ses propos. Elle serra un instant les dents pour retenir les larmes qui lui brûlaient les yeux et planta son regard dans celui du Gryffondor.

"Et ne viens pas me dire que le fait que ça soit moi change quelque chose, je ne suis rien pour toi Jeremy, cracha-t-elle, les mâchoires serrées. Ne nous voilons pas la face, on s'est suffisamment menti comme ça. Je suis la trainée qui a bien voulu te déniaiser et toi t'as juste été assez malin pour profiter de l'occasion."

Elle n'était même pas vraiment en colère contre Jeremy. C'était juste tellement plus facile, tellement moins douloureux de se réfugier derrière la rage et de chercher un moyen, n'importe lequel, de le blesser lui aussi. Tout ce qu'elle voulait, en cet instant précis, c'était réussir à l'atteindre aussi profondément que lui l'avait touché. Lui faire mal autant qu'il l'avait blessé. Parce qu'elle avait cette impression idiote, ce sentiment étrange que sa douleur serait moins forte si elle lui infligeait la même. L'envie de vengeance, la colère, la rancœur, tout lui paraissait plus supportable que cette douleur, ce mal profond qu'elle avait relégué tout au fond de sa poitrine, sous des couches et des couches de mensonges.

"Alors maintenant continue de faire ce que tu fais si bien depuis toujours et oublie-moi, ordonna-t-elle finalement, glaciale. Tu m'as jamais accordé plus d'importance qu'à n'importe quelle autre fille que ton père aurait pu se taper, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd'hui. Va donc passer tes nerfs sur quelqu'un d'autre, Baker."



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Non !", s'écria-t-il, buté et colérique. Non, il n'allait pas passer ses nerfs sur quelqu'un d'autre, même si son père y passerait probablement plus tard. C'était elle, là, elle qui le mettait dans cet état, même s'il ne saisissait pas vraiment pourquoi. Elle avait raison, il avait couché avec elle, l'avait oubliée, fin de l'histoire. C'était ce que racontaient les apparences, du moins, mais la vérité de Jeremy était toute différente. Ce n'était pas ce qu'il ressentait, lui, ce n'était pas ce qu'il avait éprouvé à mesure que les rumeurs sur les exploits sexuels de Kelsey lui parvenaient aux oreilles, à Poudlard, et ce n'était pas ce qu'il avait ressenti non plus en la voyant sur le pas de la porte. Une inconnue l'avait fait sourire avec indulgence à l'égard de son père, jusqu'à ce qu'il la reconnaisse, elle. Depuis, une colère, probablement démesurée étant donné leur absence de relation, bouillait dans ses veines et il ne parvenait pas à réfléchir clairement. Elle était là, crachant son venin contre lui comme il l'avait fait auparavant, affirmant son indépendance, sa liberté, et cela le mettait en rage. Il avait l'impression que chaque mot sorti de la bouche de Kelsey sonnait faux, comme un mensonge, mais qu'il serait impuissant à lui faire entendre raison.

Saisi d'une impulsion qu'il ne prit pas la peine de maîtriser, il attrapa son poignet et le serra entre ses doigts, avant de la repousser sans douceur contre la porte de l'appartement de son père. Il bloqua son corps avec le sien, ce n'était pas difficile, elle était si mince. Il serait si facile de lui faire mal, de la blesser, mais elle savait se défendre, alors il glissa sa main libre dans sa poche pour en sortir sa baguette magique qu'il pointa contre sa gorge. Kelsey ne faisait pas le poids au niveau magique, il en était à peu près certain.

"Ouais, je vais t'oublier, mais pas avant de t'avoir dis une petite chose", gronda-t-il en vrillant son regard dans le sien. "Tu fais quoi, maintenant, hm ? Si j'ai envie de te faire du mal, là, parce que tu m'as mis en colère ou tout simplement parce que ça me plait, y'aura qui pour te défendre ? T'as raison, on ne se connait pas vraiment tous les deux... Tu crois que tu peux t'approcher de ma famille, et me parler de la sorte, impunément ?"

Resserrant un peu sa prise sur la jeune fille, il esquissa un sourire mauvais, le sang bouillant dans ses veines. Il voulait lui faire peur, il voulait lire la peur dans ses yeux. Parce que lui, il ne lui ferait rien, mais ce ne serait peut-être pas le cas de la prochaine personne qu'elle offenserait en menant ce train de vie pour le moins libéré. Après un instant, il la relâcha légèrement et perdit son expression ulrichienne de psychopathe.

"Franchement Kelsey tu feras quoi, le jour où tu tombes sur un vrai taré ? T'as oublié Pré-au-Lard ? Il se serait passé quoi si j'étais pas intervenu, à ton avis ? Tu crois qu'à te frotter à des types de cinquante balais tu auras toujours la chance de tomber sur des pères de famille un peu paumés ? Et si le fils qui te surprend la prochaine fois n'est pas très compréhensif, s'il se met en colère, tu comptes te défendre comment, au juste ? OK, je suis comme les autres hommes, très bien. Je peux donc te dire que les hommes sauront profiter de toi de façon un peu plus violente que des ados. Et certains peuvent être violents. T'as peut-être eu de la chance jusqu'à présent mais si tu continues ainsi il va vraiment t'arriver quelque chose. Et pour être honnête, ouais, ça me fait un peu peur que tu ne trouves pas ça au moins un petit peu glauque, ce que t'as fais. Ce que mon père a fait l'est encore plus, profiter d'une gamine de dix-huit ans, une camarade de son fils, c'est juste..."

Il s'interrompit, envahi par un dégoût sans nom à l'égard de son père. Et dire qu'il avait passé des mois à le plaindre, il ne méritait vraiment pas les pensées de compassion qu'il lui avait accordé... Mais le cas de Gregory Baker arriverait plus tard, pour l'heure, il devait achever sa mise en garde. Probablement inutile, probablement un peu ridicule aussi, mais il tenait à le faire. Peut-être que ses paroles auraient un impact sur Kelsey, même minime, ce serait déjà une victoire.

"Tu te mets en danger, tu t'auto-détruis et tu ne t'en rends même pas compte. Et c'est ça qui me met en colère, au fond. Parce que tu peux penser ce que tu veux de moi, je m'en fiche royalement à partir de maintenant, il n'empêche que oui, tu étais importante pour moi. Tu étais la première, et crois le ou pas je ne passe pas mon temps à draguer tout ce qui bouge pour attirer les filles dans mon lit. Tu comptes pour moi, comme Georgiana et Juliet, même si c'est d'une façon différente bien sûr. Tu ne m'as rien promis, j'en suis conscient. Et, bien sûr, je ne t'ai pas adressé la parole de l'année mais t'es pas la seule avec qui j'ai été con, hein. J'ai eu une année compliquée et je n'ai pas été présent pour grand monde, j'étais tourné vers moi, voilà. Demande à Killian ce qu'il en pense, ou à mon père et mon frère, tiens ! Alors oui ça me fait quelque chose quand je t'imagine en train de faire ... ça, avec mon père, et ça me désole de voir ce que tu fais de ta vie, voilà. Je pense que tu vaux mieux, malgré ce que j'ai dis tout à l'heure. Je sais que je ne suis rien ni personne pour te juger mais je le fais quand même parce que maintenant, y'a plus Poudlard pour te protéger. Maintenant il peut vraiment t'arriver quelque chose de grave."

Il resta silencieux un instant, réalisant qu'il la tenait toujours emprisonnée contre lui, sa baguette pointée contre son cou, et la relâcha avec empressement. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire ça ? Cette fille lui faisait perdre la tête, mais pas dans le bon sens du terme. Là où Juliet faisait ressortir ses qualités, Kelsey semblait faire resurgir son côté obscur. Adouci et honteux, il fit un pas en arrière et détourna le regard un instant, avant de reporter son attention sur elle.

"Mais va, vis ta vie, je vivrai la mienne. Fin de l'histoire", conclut-il d'un ton résolu. Au moins, elle ne pourrait pas dire que personne ne l'avait prévenue.


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Kelsey sursauta et s'arrêta momentanément de respirer quand Jeremy la saisit brutalement par le poignet pour la repousser contre la porte de l'appartement qu'elle venait de quitter. Elle leva un regard paniqué vers son camarade. Elle ne l'avait jamais vu comme ça. Elle ne l'avait pas beaucoup fréquenté, mais après sept ans dans la même classe elle pensait le connaitre un peu. Sauf qu'elle ne le connaissait pas du tout. Le Jeremy Baker qu'elle connaissait n'était pas si cruel, il n'était pas violent ou agressif. Elle ne le reconnaissait pas, elle ne retrouvait rien dans son regard, et son expression menaçante déformait ses traits. C'était un étranger qui se tenait contre elle, son poignet serré entre ses doigts et son regard mauvais vrillé dans le sien. Et elle n'aimait pas ça, il était hors de question qu'elle se laisse faire.

La jeune femme s’apprêtait à lever brusquement le genoux mais Jeremy sortit sa baguette et la pointa contre son cou, limitant considérablement sa capacité de mouvement. Elle le dévisagea un instant avec stupeur alors qu'il lui demandait ce qu'elle pouvait faire pour se défendre à présent. Jamais elle n'aurait pensé devoir se défendre face à Jeremy Baker et, derrière la colère et la douleur de l'humiliation, elle sentait un profond sentiment de déception grandir en elle. Parce qu'elle s'était encore trompé, parce qu'elle avait encore oublié de voir les défauts d'un de ses amants, parce qu'elle l'avait idéalisé comme toutes ses autres conquêtes. C'était comme si elle n'apprenait pas. Elle tombait toujours de haut, se relevait difficilement, pour refaire la même erreur deux mois plus tard. A croire qu'elle n'apprendrait jamais. Elle finit par éclater d'un rire amer, sans joie, qui lui déchira la gorge. Un rire triste à pleurer, presque lugubre.

"Bah vas-y, qu'est-ce que t'attend ? Fais-moi mal, vas-y !" cracha-t-elle, une lueur de défi dans le regard, sans détacher ses yeux de ceux du Gryffondor.

Elle voulait encore croire que Jeremy Baker n'était pas capable de ça. Même si ses gestes criaient le contraire, même s'il avait ce regard de tueur fou, même s'il la menaçait, elle voulait encore croire qu'il n'était pas si mauvais que ça. C'était impossible. Il ne ferait rien. Et il ne fit rien Il se contenta de resserrer son emprise sur son poignet, lui arrachant une grimace. Elle sentit malgré elle les battements de son cœur s'accélérer un peu. Il lui faisait mal, finalement. Ce n'était rien du tout, il lui serrait simplement le poignet trop fort, mais c'était douloureux. Parce que c'était Jeremy. Jeremy qui lui faisait du mal, et que jamais elle n'aurait cru sa possible. Elle avait beau réaliser que son camarade n'était peut-être pas celui qu'elle croyait, il ne lui faisait pas peur. Qu'il fasse ce qu'il voulait, au pire. Que pouvait-il lui faire qu'on ne lui ait déjà fait, là, dans une cage d'escalier où tous les voisins pouvaient les entendre. Qu'il la blesse, qu'il essaye, on lui avait déjà fait tellement mal, ça ne changerait plus grand chose maintenant. Elle continua de le fixer, le visage fermé, les mâchoires serrées, impassible, alors qu'il la mettait en garde contre le jour où elle tomberait sur un taré. Elle ne put conserver son calme quand il affirma qu'elle avait eu de la chance jusqu'à présent.

"De la chance ? s'étrangla-t-elle. Comment tu peux parler de ma vie et dire des trucs pareils alors que t'en sais rien du tout, hein ? Qui t'es pour parler de ce que tu connais pas ? Arrête de balancer des conneries plus grosses que toi, j'ai jamais eu de chance. O'Connor et Keller tu crois que c'est quoi, des enfants de cœur ? Tu sais pas ce que les hommes m'ont fait Jeremy. Tu crois peut-être que tu vas me blesser avec tes insultes, mais y a aucune chance, t'es encore beaucoup trop gentil."

C'était faux, les mots de son camarade lui avaient fait mal. Vraiment. Mais il était hors de question qu'elle le reconnaisse. En partie parce qu'elle ne voulait rien laisser à Jeremy, mais aussi parce que c'était ridicule. Ridicule de se laisser atteindre par des insultes, par des paroles un peu dures, après tout ce qu'Ulrich lui avait infligé, après les mots que Darren avait eu pour elle. Elle aurait dû être endurcie, les reproches de Jeremy auraient du glisser sur elle comme de l'eau, mais il fallait croire que c'était le genre de choses auxquelles on ne s'habituait jamais. Elle s'efforça ne pas accorder trop d'importance aux paroles de son camarades quand celui-ci affirma qu'elle avait été importante pour lui, d'une façon ou d'une autre. Elle s'en fichait de ça. Elle ne voulait pas avoir compté pour lui, parce que si c'était le cas, alors elle l'avait perdu aujourd'hui. Et elle en avait marre, de tout perdre. Elle préférait ne rien avoir, au moins elle n'était jamais déçue. Elle se fichait de ses excuses, de son année difficile, elle non plus n'avait pas eu une année facile.

"Poudlard te protège jamais que de l'extérieur, répondit-elle froidement. Qu'est-ce que ça change, quand le danger vient de l'intérieur ? Y a eu des tueurs entre ces murs et il y en aura encore. Et elle ne faisait pas référence qu'au professeur Sorden. Pourtant j'suis vivante, de là à dire que c'est une chance...ajouta-t-elle avec amertume. Y a des tarés partout, et j'ai survécu toute seule jusque ici, y a pas de raisons que ça change."

Elle soupira quand Jeremy la lâcha enfin. Elle se massa le poignet en lui jetant un regard noir et s'éloigna un peu de la porte. Il détourna les yeux un instant mais finit par relever la tête vers elle pour lui dire de vivre sa vie, lui vivrait la sienne.  Ça sonnait comme des adieux. Ils continueraient de vivre l'un à côté de l'autre, comme si jamais rien ne s'était passé, parfait. Ils étaient doués pour ça.

"Au revoir alors."

Son ton était plus sec qu'elle ne l'aurait voulu. Tant pis, de toute façon c'était ridicule de se quitter comme ça, comme s'ils mettaient fin à quelque chose. Ils n'avaient rien partagé de plus qu'un lit, le temps d'une nuit. Ils avaient toujours vécu l'un sans l'autre et ils allaient continuer comme ça, les choses redeviendraient exactement comme avant. Rien n'avait changé, elle le savait, pourtant elle avait le sentiment désagréable que c'était terminé. Que c'était la fin de quelque chose, elle ne savait pas quoi, mais c'était fini.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy secoua la tête avec incrédulité devant la réponse de la jeune femme. Ainsi donc, elle s'était déjà frotté à bien pire que lui, il n'en doutait pas une seconde - même si la mention d'Ulrich le fit tiquer. Mais n'était-ce pas justement pour cela qu'elle aurait dû savoir ce qu'elle risquait, à vivre ainsi ? N'était-ce pas le genre d'erreurs que l'on faisait une fois, mais pas deux ? Jeremy ne comprenait pas pourquoi elle se complaisait dans un tel style de vie, persuadé qu'elle avait envie tout le loisir de changer. Elle avait l'avenir devant elle, elle avait encore des camarades prêts à l'aider, mais dans cinq ans, dans dix ans, que resterait-il de Kelsey Lorgan si elle poursuivait sur cette voie ? Et qui subsisterait dans son entourage ? Il ne le savait pas, mais lui en tout cas, il ne serait pas là pour le voir. Un fossé d'incompréhension s'était creusé entre eux et il n'y avait aucun moyen de le remplir, d'autant plus qu'aucun des deux ne semblait en avoir la volonté. Se balancer des horreurs à la tête ne serait bon pour aucun d'entre eux, Jeremy regrettait déjà, d'ailleurs. Jeremy préférait se dissimuler derrière une indifférence qu'il était loin de ressentir et derrière son ego blessé, et tirer un trait définitif sur tout ce qui se rapportait à la jeune fille. Elle ne le respectait même pas assez pour rester éloignée de sa famille, de toute façon, alors pourquoi aurait-il fait le moindre effort ?

Cependant, malgré sa rancoeur et son dégoût, malgré les paroles dures qui avaient volé entre eux, Jeremy se sentit désarmé par son "au revoir". Une boule se forma au fond de sa gorge, sans qu'il ne comprenne pourquoi, et il amorça un geste en sa direction. Qu'il interrompit tout aussi vite. Se mettre à genoux, lui présenter toutes les excuses de la terre, qu'est-ce que cela aurait changé ? Ils resteraient les deux même. Lui, qui était trop gentil, ou peut-être pas assez. Et elle, qui savait se défendre...du moins le disait-elle. A quoi bon, se demanda Jeremy en lui adressant un petit sourire triste. Ils n'étaient rien, l'un pour l'autre, alors à quoi bon...

"Adieux", rectifia-t-il avant de se détourner. La main légèrement tremblante, il fit pénétrer sa clef dans la serrure et ouvrit la porte, avant d'entrer dans l'appartement et de la refermer derrière lui. Il n'avait pas eu un regard en arrière pour la jeune fille, et il n'en aurait pas. Il ne la regarderait plus, ne penserait plus à elle, c'était terminé. Rien de bon ne pouvait venir d'une fille comme Kelsey, il l'avait toujours su, il aurait du suivre son instinct qui lui dictait de fuir, plus d'un an auparavant. Au lieu de cela, il avait fait comme tous les autres et s'était laissé charmer, si facilement, avec tant de complaisance. Mais c'était fini, il ne voulait plus ressentir cette étrange impression, qu'elle faisait ressortir le pire de lui. Cette impression qu'il retrouva aisément dans le regard de son père, côtoyant la tristesse et la honte au fond de ces yeux sombres. De qui avait-il honte, au juste, de lui ou de son fils ? Jeremy n'aurait su le dire, probablement un peu des deux. Il était évident que Gregory avait entendu l'explosion de colère de son fils, que pas un mot ne lui avait échappé. Jeremy devina même à la baguette qu'il serrait entre ses doigts que son père avait hésité à intervenir. Sans le faire, puisqu'il avait confiance en son fils, au fond, le gentil Jeremy... Mais Jeremy avait plus hérité de Gregory que ce que les deux hommes avaient pu croire...

Tel père, tel fils, songea Jeremy en vrillant un regard noir sur son aîné. Un silence lourd, abasourdi, s'instaura dans la pièce pendant quelques secondes avant que Gregory ne retrouve suffisamment ses esprits pour lâcher, d'une voix rauque, presque hésitante :

"Jeremy... Je ne t'ai pas élevé comme ça..."

Des reproches ? Jeremy éclata d'un rire emprunt d'ironie, un aboiement qui n'était pas sans rappeler sa forme animagus.

"Au contraire, tu m'as exactement élevé comme ça."

A la vue de son père, coupable et emprunté, la colère de Jeremy était revenue l'habiter, plus vive que jamais. Comment avait-il pu faire une chose pareille ?! Kelsey avait son âge, par le nez de Voldemort ! Et elle était sa camarade ! Sans un regard pour son père, il se dirigea vers sa chambre et s'assit sur son lit, se prenant la tête dans les mains. Il se revoyait debout dans ce couloir, à balancer toutes ces horreurs à Kelsey, et se maudit intérieurement. Il avait été dur, trop dur... Pour rien. Elle avait connu bien pire que lui, après tout, à l'en croire. Et ce n'était pas prêt de s'arrêter, songea-t-il avant de se relever. Mais cela ne le regardait plus. Il attrapa son maillot de Flaquemare, le jeta en boule dans sa valise pour Paris, et la tira dans le couloir. Son père n'avait pas bougé, et il passa devant lui sans faire mine de le remarquer.

"Jeremy, où est-ce que tu vas co..."

"La ferme", coupa-t-il sans réfléchir, le visage fermé.

"Pardon ? Je suis ton père, tu me parles..."

"LA FERME !!!"

Il avait hurlé, si fort que son père se tut instantanément, les yeux arrondis par le choc. Jeremy l'observa un instant, fulminant de rage, puis fit rouler sa valise jusqu'à la porte d'entrée. Se retournant en direction de son père, toujours immobile, il lâcha :

"Je vais chez maman, tu sais où me trouver si tu veux l'adresse d'une de mes copines. On ne sait jamais, j'voudrais pas que tu te sentes seul."

La porte claqua derrière lui, et il se retrouva à nouveau dans le couloir. Kelsey était partie. Il descendit en hâte, regagna la rue, agita sa baguette pour appeler le Magicobus. Quelques instants plus tard, il demandait l'asile politique à sa mère, chez les Lloyd.

RP terminé pour Jeremy


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Son "Au revoir" se retrouva changé en un "Adieu" qui lui resta en travers de la gorge. Pourtant c'était ça, c'était des adieux. Ils ne se reverraient sans doute plus jamais maintenant qu'il n'y avait plus les couloirs de Poudlard pour les réunir. Ils empruntaient des chemins radicalement opposés et se destinaient à des modes de vies complètement différents. Ils n'étaient plus du même monde, pour peu qu'ils l'aient déjà été. Alors non, ce n'était pas qu'un au revoir, et elle le savait bien. Mais c'était dur de l'entendre. Elle n'avait jamais dit "adieu" à quelqu'un avant. Pourtant de nombreuses personnes étaient sorties de sa vie ces derniers mois. Trop même. Mais personne ne lui avait jamais dit Adieu. Que ce soit avec Darren ou avec Katy, ça c'était terminé par des mots insultants, des cris, des larmes, ou des portes claquées.

Elle n'était pas habituée aux séparations. Elle avait eu des aventures avec des dizaines de garçons, ils s'étaient toujours quitté, et pourtant elle n'avait jamais vécu de rupture. Jamais il n'y avait d'aux revoirs, de conversation désagréables, de silences, de regrets. Ces adieux, ça y ressemblait un peu, et elle détestait ça. Elle détestait ce nœud dans sa gorge et cette envie de partir en courant qui luttait contre celle de ne pas en rester là. Elle voulait fuir, fuir le regard accusateur de son camarade, fuir ses mots durs, les oublier, mais partir c'était ne jamais revenir. C'était accepté que ce soit fini. Cette idée n'aurait pas dû la déranger, comment quelque chose qui n'avait jamais existé pouvait-il être terminé de toute façon ? Mais ça la dérangeait.

"Adieu"

Jeremy était déjà dos à elle, et il ne se retourna pas. Elle se demandait si elle aurait voulu qu'il se retourne. Peut-être pas. C'était peut-être mieux comme ça. Ils n'étaient même pas amis après tout, ils n'avait aucune raison de s'imposer des adieux sentimentaux et des regards pesants. Ils n'avaient qu'à se quitter, comme ça. Ça avait l'air simple, ça ne l'était pas. Le bruit de la porte qui claqua la tira de ses pensées, elle n'avait même pas vu Jeremy entrer dans l'appartement. Elle resta un instant là, les bras ballants, à fixer la porte close d'un regard vide. Ce fut une voix derrière elle qui la tira de sa léthargie.

"C'est à vous cette chaussure ?"

Kelsey se retourna et attrappa la sandale qu'une voisine d'un certain âge lui tendait. Elle la remercia d'un vague sourire alors que la femme la détaillait rapidement des pieds à la tête. La voisine disparut alors que Kelsey enfilait sa chaussure, elle prit mécaniquement la direction des escaliers, qu'elle descendit rapidement. Alors qu'un instant plus tôt elle se sentait sur le point de fondre en larme, déchirée entre la tristesse et la colère, elle était maintenant comme vidée de toute émotion. Elle n'avait plus envie de rien, ni de pleurer, ni de crier, ni de sourire. Oublier, elle avait juste besoin d'oublier. Ne plus repenser à ce qu'avait dit Jeremy, et laisser ses mots s'effacer peu à peu. Elle sortit de l'immeuble et fut agressé par un soleil radieux. Le temps aurait au moins pu s'assombrir, comme son humeur.

Remarquant que la rue était plutôt fréquentée, elle décida de marcher un peu pour trouver un endroit où transplaner, et pour lui changer un peu les idées, aussi. Elle n'avait pas envie de rentrer chez elle, finalement. Aucune envie de voir ses parents, de passer la nuit seule. Elle se disputerait avec sa mère de toute façon, comme toujours, alors autant que ce soit pour avoir passer la nuit dehors sans les prévenir plutôt que pour une bêtise sans importance. Elle s'arrêta à la hauteur d'un bar, passa une main dans ses cheveux blonds, et en poussa la porte après avoir plaqué un sourire sur ses lèvres. Les vieilles habitudes étaient tenaces, et ce n'était pas la colère d'un Gryffondor qui viendrait changer ça. Elle aurait gagné beaucoup à écouter les conseils de Jeremy plutôt qu'à essayer de les oublier pour continuer de vivre comme elle l'avait toujours fait, mais c'était tellement plus facile. C'était dur de changer, alors que la facilité pouvait lui procurer tout ce qu'elle cherchait pour le moment. La acilité ça pouvait être ce beau brun accoudé au bar, ou ce type avec une casquette, dans le fond. Des gens qu'elle n'avait jamais vu, mais qui pouvait l'aider à oublier, un peu.

RP Terminé



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Tel fils tel père [Jeremy]

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