AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Les anciens binômes [Alicia]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
14 Août 2007

Accoudée au comptoir du service des poisons de Sainte-Mangouste, Charlotte patientait, enroulant machinalement une longue mèche de ses cheveux blonds entre ses doigts. Le Médicomage à qui elle s'était adressée il y a trente minutes lui avait promis de revenir dans cinq minutes. Après tout, elle n'était pas pressée, elle avait terminé sa journée et savait très bien que les Médicomages pouvaient avoir des urgences. Et le coup des cinq minutes qui sont en fait trente minutes, elle l'avait suffisamment fait pour ne pas être en position de critiquer. Elle était juste passée après le travail pour chercher des résultats d'analyses d'empoisonnement. Elle et Seamus bossaient sur une affaire de meurtre, où un mari était soupçonné d'avoir empoisonné sa femme. Et voilà que le père de ladite femme, fortuné et veuf, se retrouvait lui aussi soudainement empoisonné. Il avait été trouvé de justesse par sa voisine et soigné en urgence à Sainte-Mangouste. Tout aurait pu accuser le mari - qui criait son innocence quant à la mort de sa femme - s'il n'avait pas été en cellule au moment où le vieil homme avait été empoisonné. Si le poison utilisé était un poison long, on pouvait encore accuser le mari. Mais si c'était un poison à effet immédiat, cela pouvait signifier deux choses : soit il avait un complice, soit il était réellement innocent. Les histoires de meurtre en famille étaient vraiment ses préférées, réellement. Tout le monde mentait à tout le monde et faisait semblant de s'aimer. On ne s'ennuyait jamais dans ce genre d'enquêtes. Si le père n'était pas coupable, elle pariait sur l'un des enfants, qui pourrait alors hériter. C'était tout de même horrible de se dire qu'ils auraient pu tuer leur mère et leur grand-père pour de l'argent mais... Comme le disait Seamus, les gens tuaient pour trois raisons : l'argent, l'amour et la vengeance. Elle avait donc parié sur l'un des enfants. Ce métier vous faisait penser des choses horribles. Mais elle adorait son boulot et cette enquête.

Elle se pencha pour essayer d'apercevoir quelque chose derrière la porte mais il n'y avait personne, à part l'infirmier qui passa quelques secondes plus tard, remarquant avec sa surprise sa robe d'Auror. Elle n'avait pas pris le temps de se changer en sortant du travail, après être porté sa robe pour aller chercher quelqu'un à son domicile. C'était toujours plus impressionnant que leurs tenues civiles, c'était sûr. Elle n'avait pas grand-chose en particulier à faire ce soir, même si elle allait peut-être voir Eliott, mais aimerait bien rentrer chez elle, tout de même, après une longue journée de travail. Elle savait que les Médicomages avaient un travail compliqué et prenant, mais s'ils pouvaient juste lui donner son parchemin histoire qu'elle rentre chez elle, ça l'arrangerait. Elle avait un temps songé à repartir le déposer au Ministère mais si cela prenait autant de temps, elle se contenterait de rentrer et l'ajouterait au dossier demain matin. Mais elle enverrait tout de même un Patronus à Seamus, histoire d'étayer leurs différentes théories sur cette histoire. Un coup d’œil à sa montre lui indiqua que cela faisait désormais trente-cinq minutes. Si elle voulait appeler Eliott pour lui demander s'il voulait sortir, elle devrait peut-être se dépêcher avant qu'il ne prévoie autre chose. Elle ne pouvait pas lui envoyer de Patronus étant donné qu'il était en monde moldu et devrait donc attendre d'être rentrée pour pouvoir lui téléphoner. Elle serait bien passée chez lui mais elle était en robe d'Auror et pas en jean comme d'habitude et cela passerait difficilement aux yeux de Dylan. Elle avait bien envie d'aller boire un verre dans un endroit sympa. Si le gentil Médicomage voulait bien se dépêcher de revenir, ça l'arrangerait bien. Il avait dû l'oublier, à tous les coups, et elle allait rester plantée là comme cela pendant encore longtemps. Soupirant, elle se détacha du comptoir pour scruter le couloir et aperçu au bout une robe caractéristique des Médicomage. Pressant le pas pour rattraper la silhouette, elle finit par arriver à sa hauteur.

- Excusez-moi ! lança-t-elle. Auror Meyer. Je suis venue pour les résultats de Monsieur Kane.

Le Médicomage se retourna et Charlie fit face avec surprise à Alicia Jones, qui avait été dans sa promotion mais à Serdaigle. Alicia et elle étaient copines à Poudlard, elles travaillaient souvent ensemble, notamment en sortilèges et en potions. C'était une fille sympa.

- Salut Alicia, lança-t-elle avec un sourire. Ça fait plaisir de te revoir !

Si elle ne pouvait pas joindre Eliott, peut-être qu'elle pourrait aller un boire un verre avec Alicia. Si elle avait terminé son service, bien évidemment.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
Alicia était fatiguée de sa journée. Elle s’était réveillée chez Gladys, en retard, avait dû repasser chez elle pour se changer et prendre une douche, n’avait pas eu le temps de grignoter quelque chose – elle n’avait surtout pas pensé à faire des courses – et avait dû transplaner à St Mangouste plus tôt parce qu’il lui restait des dossiers de patients à rédiger. Chose qu’elle n’avait pas pu faire, puisque, à peine avait-elle posé le pied dans le hall, qu’on l’avait appelé sur un cas. Elle était devenue titulaire fin juillet, et la majorité de ses collègues étaient partis en vacances. Alors elle avait hérité des externes, et s’appliquait à gérer les cas qu’on lui confiait. Ce matin, c’était un enfant  qui se plaignait d’avoir mal à l’estomac, après avoir ingéré une mixture qu’il avait trouvé dans la cuisine et qu’il avait prise pour du jus de citrouille. Le cas en lui-même n’était pas bien compliqué, l’enfant coopérait, et très vite, elle avait trouvé le problème, et tout avait été réglé. Le réel souci de cette histoire avait été la mère qui, terrifiée, l’avait assailli de questions. C’était son rôle de rassurer les parents, évidemment. Mais elle ne pouvait rien faire contre son angoisse. Finalement, elle avait conseillé à une de ses externes de l’amener à la cafétéria. Un bon thé, voilà quelque chose qui la calmerait peut-être.

Après ce petit garçon, il y avait eu une femme de vingt-deux ans qui se plaignait de douleur dans la gorge, puis une fillette de cinq ans, dont la langue avait étrangement gonflée après avoir bu l’eau du robinet. Elle avait profité de sa pause déjeunée pour remplir ses dossiers – ce qu’elle avait voulu faire ce matin en arrivant – tout en grignotant rapidement un sandwich. Bien vite, elle avait dû cesser cette occupation pour se pencher sur un cas bien plus préoccupant. Celui d’un jeune garçon qui crachait du sang et manquait de s’étouffer à chaque fois. Ça lui avait occupé son après-midi entier, et elle venait tout juste de terminer sa journée. Elle avait rempli ses dossiers et pouvait partir l’esprit tranquille de l’hôpital. L’été, ils étaient surchargés, souvent. Les adolescents en quête de nouvelles sensations avalaient n’importe quoi, notamment. Les bambins faisaient de même, pour tester les limites de leurs parents, qui d’ordinaire leur interdisaient, mais qui étaient forts distraits par le beau temps. Aussi, ses journées étaient complètes. Elle ne s’en plaignait pas, évidemment ! Elle adorait son travail, elle adorait être titulaire, elle adorait pouvoir gérer seule des cas.

Lorsqu’elle terminait le travail, généralement, elle transplanait chez sa petite-amie, et elles passaient la soirée, puis la nuit ensemble. Ce soir, ce n’était pas possible, lui avait expliqué Gladys, parce qu’elle avait une réunion pour son travail, qui risquait de se terminer tard. Pour la forme, Alicia avait un peu râlé, avant de rassurer son amante. Evidemment qu’elle pouvait se passer d’elle une nuit, tout de même ! Elle n’était pas si dépendante que ça. Même si elle lui manquerait quand même un peu, songea-t-elle intérieurement avec un léger sourire. Elle secoua la tête pour garder les idées claires, et prit le chemin pour gagner les vestiaires. Il fallait qu’elle se change. Tiens, peut-être irait-elle acheter de quoi se faire à dîner se soir, à moins qu’elle ne mange dans Londres. Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua pas qu’on la suivait, et ne s’en rendit compte que lorsqu’on l’appela. Elle se retourna pour se retrouver face à un visage étrangement familier…

Charlotte Meyer, évidemment. Elle sourit en reconnaissant le visage de son ancienne camarade. Autant elle n’avait jamais aimé les filles de son dortoir à Serdaigle, autant Charlotte Meyer lui avait toujours parue sympathique. Elles travaillaient souvent ensemble, en potion et en sortilège. C’était une fille agréable, gentille.

« Charlotte ! » s’exclama-t-elle avec un sourire. « Plaisir partagé, ça faisait longtemps ! »

Elle n’avait changé pour autant, nota Alicia.

« Ecoute, je dois juste aller me changer, je te rapporte les résultats de monsieur Kane en revenant, j’en ai pour deux minutes. »

Avec un sourire, elle la quitta, se dirigea d’un pas rapide vers les vestiaires, et se dévêtit pour se rhabiller de vêtements simples par la suite. Voilà qui était mieux, songea la jeune femme, en relevant ses cheveux pour les attacher en queue de cheval, dégageant ainsi son visage. Sur le chemin du retour, elle fit un léger détour pour aller chercher le dossier de monsieur Kane. Elle retrouva Charlotte quelques minutes plus tard.

« Tiens. » fit-elle en lui tendant les résultats. « Alors, que deviens-tu ? Je crois comprendre que ton rêve professionnel s’est réalisé… »



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
Elle recroisait beaucoup d'anciens camarades en ce moment, tout de même. Eliott, mais ça, ça avait été fantastique, Adonis Greengrass, c'était mal parti, certes, mais cela s'était arrangé et maintenant Alicia. Sachant qu'elle allait revoir Harriet en Octobre. Elle s'attendait presque à tomber sur d'autres camarades de Poudlard au détour d'un couloir de Sainte-Mangouste, ce qui aurait pu s'avérer plutôt plausible étant donné que c'était le seul hôpital magique en Angleterre. Cela faisait toujours assez étrange de retrouver des personnes qui avaient fait parti de votre quotidien pendant sept ans et que vous aviez perdu de vue rapidement après la sortie de Poudlard. Toutes les promotions faisaient pareil, elle se promettait de garder le contact, de se voir de temps à autres, mais ces promesses s'étiolaient très vite. On se retrouvait pris dans un apprentissage souvent difficile et prenant, on rencontrait de nouvelles personnes, on construisait une autre vie. Les premiers mois, voire la première année, on revoyait les gens, à l'occasion des anniversaires et de quelques rendez-vous dans  un bar, pour prendre un verre. Puis on passait aux lettres, assez courtes, un peu pour se donner bonne conscience. Et on finissait par oublier les gens, trop plongé dans une nouvelle vie d'adulte. Elle avait gardé le contact avec ceux qui étaient ses amis à l'école et encore, que les plus proches. Elle voyait les autres de temps en temps, une ou deux fois par an, allait de temps en temps prendre un verre avec une de ses anciennes camarades de dortoir mais cela s'arrêtait là.

D'ailleurs, elle avait toujours considéré Alicia comme une copine. Pas vraiment une amie, parce qu'elles n'étaient pas assez proches mais une bonne copine, une fille vraiment gentille et agréable, avec qui elle appréciait de parler ou de passer du temps de temps en temps. Elles s'étaient mises en binômes parce qu'elles se retrouvaient dans leur manière de travailler. Charlotte adorait Lilly, c'était un fait. Mais son amie avait tendance à remettre les choses au lendemain et à travailler dans l'urgence alors qu'elle-même aimait prévoir et s'organiser, planifier des séances de travail pour avancer consciencieusement et avoir fini bien avant la date limite afin d'avoir l'esprit tranquille. C'était souvent Harriet qui travaillait avec Lilly, beaucoup moins obsédée que Charlie par le fait de rendre les devoirs à l'avance. Ou Jensen. En temps normal, il aimait aussi travailler tranquillement et pas la veille au soir mais il avait toujours été prêt à tout faire pour se rapprocher de Lilly, quand ils ne sortaient pas encore ensemble. Et quoi de mieux qu'une Salle Commune vide un soir de semaine à une heure du matin, quand vous ne rêviez que d'envoyer vos manuels de sortilèges et vos  dissertations de soixante centimètres au feu ? Jensen lui racontait toujours tout en détails, elle avait l'impression de tout connaître de leur vie. Enfin, pas tout. Presque tout. Il y avait des choses qu'il ne racontait pas et qu'elle ne voulait pas vraiment savoir. Question de principes.

Elle saisit les résultats que lui tendait Alicia avec un sourire de remerciement et sortit sa baguette pour tapoter le dossier d'un sortilège informulé. C'était des résultats confidentiels qui seraient exposés au Magenmagot dans le cadre de l'enquête et personne ne devait pouvoir les consulter en plus. Au début, elle lançait des sortilèges de protection un peu classiques, ceux qui étaient dans le manuel de l'Aspirant Auror. Et puis un jour, son bureau l'avait mordue. Quand elle était Aspirante, elle occupait le box neuf, celui juste à coté des toilettes, ce qui était loin d'être agréable. Elle avait été déplacée lorsqu'elle avait été titularisée et l'ancien bureau de son actuel box avait été relégué dans une remise, étant beaucoup trop usé. On l'avait remplacé par un autre qui trainait là, en assez bon état. Quand elle avait essayé d'ouvrir le premier tiroir pour y ranger ses dossiers, la poignée l'avait mordue jusqu'au sang et elle en avait encore la trace sur le majeur. On venait de lui refiler l'ancien bureau de l'Auror Maugrey, qui était ensorcelé de partout pour protéger les secrets de feu son propriétaire. Elle avait essayé de retirer les charmes par elle-même mais n'avait réussi à s'occuper de tous, notamment de la poignet. Elle avait fait appel à des Briseurs de Sorts mais Maugrey était un excellent sorcier qui avait bien réussi la protection de son lieu de travail : certains sorts résistaient encore et encore. Elle avait dû s'acclimater et amadouer le bureau par elle-même si elle souhaitait y travailler. Cela avait été long et fastidieux, mais il avait fini par s'habituer à sa présence et ne grognait même plus quand elle s'en approchait. La poignée ne mordait plus et ronronnait même quand elle la grattait. C'était un excellent bureau de garde et rares étaient ceux qui arrivaient à récupérer des dossiers chez elle, même avec son autorisation. Seuls les plus agguéris comme Seamus, Mika qui avait trouvé la parade, Stormborn et quelques autres Aurors qui avaient connu Maugrey. Elle avait complété les sorts de Maugrey avec certains des siens au fur et à mesure et faisait désormais confiance à son bureau. C'est ainsi qu'elle avait appris que les sorts classiques pouvaient être désamorcés de manière classique, donc plus facilement qu'un charme qui allait surprendre le sorcier. Quoi de plus surprenant qu'un bureau qui mordait ? Elle s'était renseignée sur le charme utilisé – le charme de base, car Maugrey l'avait modifié de manière complexe – et s'était entrainé à le lancer. Désormais, ses dossiers aboyaient quand on s'approchaient de trop près et se sauvaient quand on essayait de les attraper sans qu'elle ait désactivé le sort. Elle se rappellerait toujours de l'Aspirante Weaver courant après un dossier à travers tout le BDA, sans que personne ne vienne à son secours. Oui, il lui arrivait d'oublier de lever le sortilège, elle le reconnaissait. Elle s'apprêtait à ouvrir le dossier quand la voix d'Alicia lui fit relever la tête, un immense sourire aux lèvres sans qu'elle puisse le contenir.

- En effet ! Et merci beaucoup, j'aurais pu attendre longtemps sinon, ajouta-t-elle en désignant le dossier. J'ai été prise au BDA quelques mois après nos ASPICS et je suis titulaire depuis trois ans.

Elle ouvrit le dossier doucement, en faisant attention à ne faire tomber aucun des parchemins qui y étaient rangés. Alors, poison lent ou poison rapide ? Le père était-il innocent – pour la tentative de meurtre de son beau-père du moins – ou pas ? Elle parcouru du regard l'écriture serrée du Médicomage avant poser ses yeux sur le nom de la substance qu'il avait ingurgité. Du sang d'Inferi. Évidemment, ce n'était pas réellement du sang d'Inferi mais le nom avait le mérite d'être évocateur. C'était une substance grisâtre qui se plaçait non dans un verre mais dans des aliments solides, lors de leur préparation, ce qui permet de reculer l'ingestion et d'éloigner les soupçons. Le père était dans une de leurs cellules depuis deux semaines. Il aurait pu placer le poison il y a deux semaines dans un aliment offert à son beau-père. Mais pourquoi ce dernier aurait-il attendu autant de temps pour le consommer ? Il était également probable que quelqu'un ait essayé de l'empoisonner récemment. Mais qui ? Monsieur Kane était toujours plongé dans un profond sommeil par les Médicomage et elle ne pouvait pas l'interroger et pas sans Seamus. Cette affaire était décidemment fantastique. Pas le fait que Monsieur Kane se soit fait empoisonner quelques temps après avoir perdu sa fille, évidemment. Mais elle adorait les affaires compliquées de ce genre. Petits meurtres en famille, c'était très fréquent mais toujours intéressant à traiter. Généralement, quand elle disait cela à ses amis, il la regardait étrangement. Seuls d'autres Aurors voire des membres de la Police Magique pouvaient comprendre comment on se sentait dans ces moments-là. La piste première était que c'était une question d'héritage. En tuant son épouse et son beau-père, leur suspect empochait une jolie somme. Mais si ce n'était pas lui, peut-être que c'était une histoire personnelle aux Kane. Mrs Kane était morte voilà dix ans dans un accident de Transplanage, une horrible histoire de désartibulation, un soir où elle avait trop bu, alors que son époux avait affirmé qu'elle ne supportait pas le goût de l'alcool. L'enquête de l'époque, menée par la Police Magique, avait conclu à un décès accidentel. Elle avait relu le dossier et il n'y avait rien de louche. Mrs Kane avait été aperçue dans trois bars différents ce soir-là – alors qu'elle avait prétendu qu'elle serait chez une amie – et l'un des patrons d'un des établissements avait même affirmé qu'elle était une habituée, ce qui était confirmé par plusieurs témoins. L'accident avait eut lieu vers trois heures du matin, Mrs Kane s'était désartibulée à trois kilomètres de chez elle. Si c'était une histoire personnelle aux Kane, peut-être que quelqu'un avait fait boire Mrs Kane ce soir-là et l'avait obligé à transplaner. Mais si l'un des patrons affirmait qu'elle était une habituée... Elle pourrait toujours essayer de voir s'il était en activité mais les faits remontaient à plus de dix ans, il ne devait se souvenir de rien. Mais qui irait commettre un meurtre il y a dix ans puis reviendrait pour en commettre deux autres en l'espace de quelques mois ? Ce n'était pas logique. Plongée dans ses pensées, Charlie ne revint à la réalité qu'en voyant deux Médicomages passer en courant à coté d'elle et son attention se focalisa de nouveau sur Alicia.

- Excuse-moi, je réfléchissais, lança-t-elle en papillonnant des paupières. Affaire un peu compliquée. Mais passionnante ! ajouta-t-elle avec un sourire.

Elle réduit le dossier d'un Reducto informulé et le rangea dans sa poche.

- Tu as du temps devant toi ? On pourrait peut-être aller boire un verre ? Il faut juste que je passe chez moi pour me changer et déposer ça, mais après je suis libre !

Après tout, il était un peu tard pour appeler Eliott, il avait sûrement prévu d'autres plans pour la soirée et cela faisait des années qu'elle n'avait pas vu Alicia. Tandis qu'elle se dirigeait vers le hall, où le transplanage était autorisé, Charlie adressa un grand sourire à son ancienne camarade.

- Et toi, que deviens-tu ? Je vois que tu as aussi atteint tes ambitions ! C'est fantastique, tu dois être une Médicomage géniale, je te voyais vraiment réussir quand on était encore à l'école. Spécialisée en potions, c'est ça ? Ça doit être passionnant ! On  a toutes les deux réussi ce qu'on voulait faire, n'est-ce pas beau ? interrogea-t-elle avec un rire sincèrement amusé.

Elle se rappelait encore de leurs discussions lorsqu'elles faisaient des pauses dans leur travail et de leurs murmures discrets parfois en classe – elles étaient de bonnes élèves mais tout de même, on ne pouvait pas être parfait en permanence – et l'avenir était quelque chose qui revenait souvent, surtout au fil des années et plus particulièrement en septième lorsque leur sortie de l'école se profilait dangereusement. Si Charlie avait eut la chance de s'entendre avec beaucoup de camarades dans sa promotion, notamment les filles, ces dernières avaient toujours eu tendance à faire courir des rumeurs pas très sympas sur Alicia alors que cette dernière était vraiment gentille quand on prenait le temps de la connaître. Elle revoyait encore Karen, de son dortoir, la traiter de pimbêche parce qu'elle avait soi-disant un air « hautain ». Mais rares étaient les filles qui n'avaient pas admiré le joli port de tête d'Alicia. Aux yeux de Charlotte, c'était tout simplement de la jalousie.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
C’était toujours étrange, de retomber sur d’anciens camarades de Poudlard. Des personnes avec qui elle avait passé sept longues années, qu’elle avait apprécié, ou, au contraire, qu’elle avait détesté cordialement. Elle avait recroisé Eliott, quelques mois plus tôt, qui était censé être en étude de médicomagie, tout comme elle, alors qu’elle ne l’avait jamais croisé dans une salle de classe, ou dans un couloir de l’hôpital. Cependant, outre ce détail un peu flou, elle avait aimé pouvoir échanger quelques mots avec lui. C’était quelqu’un de sympa, Eliott. Ils ne s’étaient jamais vraiment fréquentés, mais ils avaient été ensemble dans quelques matières, et le jeune homme n’était pas foncièrement méchant ou cruel. Cependant, elle était ravie de revoir Charlotte. Elle l’avait toujours bien aimé, depuis Poudlard. Elles avaient souvent travaillé ensemble – parce qu’elles avaient les même méthodes – et c’était une fille vraiment gentille. Une des seules avec qui elle avait vraiment sympathisé, puisque ses camarades de dortoir lui menaient la vie dure. Elles n’étaient pas vraiment amies, mais plutôt de simples copines, qui se parlaient parfois, au détour d’un couloir.

« C’est normal. » répondit Alicia avec un sourire tout en haussant les épaules lorsque Charlotte la remercia de lui avoir apporté le dossier. « Et félicitations ! Je suis ravie pour toi. » fit-elle, sincèrement.

C’était formidable, de voir ses rêves se réaliser. Après des années d’études – en comptant les études supérieures – d’arriver enfin à son but. Auror, médicomage… Elles avaient travaillé pour ça. Alicia ne comptait plus le nombre de nuits blanches qu’elle avait passé, pour réviser. Le nombre de fiches qu’elle avait rédigé, le nombre de manuels qu’elle avait lu, et relu, encore. Elle s’était investie dans ses études, parce qu’elle savait que se destinait à ce métier. C’était son rêve, depuis longtemps. Alors pour le réaliser, elle avait sacrifié de nombreuses choses – bien futiles en comparaison. Et maintenant qu’elle était titulaire – enfin ! – elle ne s’était jamais sentie aussi bien. Elle s’épanouissait parfaitement dans la médicomagie. Evidemment, il y avait eu également la découverte de son homosexualité qui l’avait aidé, petit à petit, à vivre sa vie pleinement. Avec son métier, sa relation avec Gladys… Elle ne s’était jamais sentie aussi heureuse de sa vie.

« Je comprends ça. » sourit-elle lorsque Charlotte mentionna une affaire passionnante. « Et oui, j’ai tout mon temps ! »

Puisque, de toute façon, elle ne pouvait pas retrouver Gladys, elle avait toute sa soirée. Et elle n’avait pas envie de la passer seule dans son petit appartement lugubre. Et puis, elle n’avait pas vu Charlie depuis des années, après tout ! Elle se mit en marche vers le hall, et répondit au sourire de son ancienne camarade.

« Je viens d’être titularisée ! » s’exclama Alicia, fière. « Oui, je suis spécialisée dans les potions en les empoisonnements. Et si, c’est très beau ! Enfin, je savais que tu allais réussir. Et puis, Auror, ça te correspond parfaitement. » déclara la jeune femme. « Il y a un bar, juste devant l’hôpital, assez sympa. On peut s’y retrouver, si tu veux, une fois que tu te seras changée. » proposa Alicia.

L’Auror accepta, et Alicia se dirigea vers ce fameux bar. Les médicomages venaient souvent là, après leur service, et elle-même l’avait déjà fréquenté quelques fois. Elle poussa la porte et salua de la main quelques collègues, qui se trouvaient au bar. Des yeux, elle chercha une table libre, et finit par s’y installer, en attendant Charlotte. La musique était un peu trop forte, mais de bon goût, et l’ambiance était sympa. Elle resta seule plusieurs minutes, avant de voir la porte s’ouvrir sur son ancienne camarade. Elle lui adressa un signe de main pour se faire repérer, et lui sourit alors qu’elle prenait place. Un serveur s’approcha alors, pour prendre leurs commandes, avant de repartir tout aussitôt, visiblement débordé.

« Alors, brièvement, que s’est-il passé pendant ces cinq années ? » questionna Alicia avec curiosité.



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
- Je suis également très heureuse pour toi, assura-t-elle, plus que sincère. La blouse te va très bien, ajouta-t-elle sur ton taquin.

Visiblement, leur travail à Poudlard avait plus que payé étant donné qu'elles avaient toutes les deux réussi dans la vie. C'était dans ces moments qu'elle aurait aimé pouvoir recroiser ses anciens professeurs, pour les remercier de leurs cours, c'est ce qui lui avait permis d'aller aussi loin dans la vie, de faire le métier qu'elle aimait, de vivre une vie qu'elle n'échangerait pour rien au monde. Enfin, elle remercierait sûrement McGonagall, Hellsoft, Duke, Adamson, Chourave et Harris. Oui, oui, même Harris. Après tout, malgré son caractère abominable et le fait qu'il soit complètement anti-Gryffondor, il avait été son professeur de Sortilèges et lui avait donné un assez bon niveau pour qu'elle puisse postuler au BDA, ce qui n'était pas rien tout de même. Mais étant donné que les professeurs étaient toute l'année à Poudlard... Elle pourrait toujours leur envoyer une lettre, certes, mais elle ne savait pas même s'ils se rappelaient d'elle, ils voyaient passer des centaines d'élèves. Enfin, elle espérait que McGonagall et Hellsoft se souvenaient d'elle quand même, elles avaient été toutes les deux ses directrices de maison et c'était McGonagall et d'autres membres de l'Ordre qui lui avait sauvé la vie l'été qui précédait sa troisième année, juste après la chute du Ministère, avec d'autres nés-moldus. Peut-être qu'elle leur écrirait, elle pourrait toujours tenter... Elle n'était pas sûre d'avoir une réponse, mais tant pis. Elle adressa un grand sourire à Alicia quand elle lui annonça être disponible. Elles allaient pouvoir passer un peu de temps ensemble, parler de ce qu'elles étaient devenues, ça serait bien. Puis comme elle n'allait sûrement pas voir Eliott ce soir... C'était dommage, certes, mais elle pouvait se passer de son petit ami pendant une soirée, elle n'était pas non plus complètement dépendante de lui, elle avait vécu vingt-deux ans sans le connaître tout de même, un peu de nerfs. Enfin, elle avait vécu onze ans sans le connaître, si on devait pinailler sur les dates. Ils s'étaient rencontrés le soir de leur Répartition à Gryffondor, lorsqu'ils n'avaient que onze ans. Puis ils avaient passé six ans ensemble - elle avait passé un an en France pendant l'année des Ténèbres - s'étaient quitté à dix-sept ans et s'étaient revus en début d'année, quand ils avaient commencé à sortir ensemble. Non, corrigea-t-elle. Elle n'allait pas commencer à céder à la version d'Eliott, tout de même. Ils sortaient ensemble depuis Avril, pas depuis Janvier. Cela lui ferait sûrement trop plaisir, songea-t-elle avec tendresse.

- Félicitations ! s'exclama-t-elle quand Alicia lui annonça qu'elle avait été titularisée. Oh, oui, pourquoi pas ! Je t'y retrouve dans... Charlie consulta sa montre. Dix bonnes minutes ?

Cela avait dû être long d'attendre cinq ans pour être titularisée quand même, songea Charlotte tandis qu'elle prenait congé d'Alicia pour transplaner chez elle. Les études en Médicomagie étaient un cursus très long et difficile. Mais Alicia avait toujours été une bonne élève et quand on était passionné, les cinq ans devaient passer plus facilement. Elle-même savait qu'elle aurait pu faire cinq ans en tant qu'Aspirante Auror si elle avait dû le faire pour pouvoir être titularisée. Elle passa dans le hall rempli d l'hôpital avant de se diriger vers la salle de transplanage. Elle ne pouvait pas aller boire un verre en robe d'Auror, surtout pas dans un bar moldu. Déjà que rejoindre son immeuble à partir de sa ruelle n'allait pas être facile... Elle réapparu dans cette dernière dans un craquement sonore et jeta un coup d'oeil aux alentours avant de sortir. Sa rue était vide même si une voiture s'éloignait au loin. Elle se dépêcha de remonter la rue jusqu'à sa porte. Au pire, on penserait qu'elle avait juste une robe pas très flatteuse, étant donné qu'elle était plutôt large. Ce n'est pas comme si elle était un homme, cela aurait été plus problématique. Elle appuya sur le bouton pour passer la première porte, récupéra son courrier moldu dans sa boite aux lettres, tapa le code de la deuxième porte, se dirigea vers les escaliers qu'elle remonta jusqu'à son pallier avant de farfouiller dans ses poches pour trouver ses clés. Peanut l'accueillit avec un miaulement en se frottant à ses jambes et elle se dirigea vers sa chambre pour se changer. Elle enfila un short en jean et une blouse légère et transplana cinq minutes plus tard pas très loin de Sainte-Mangouste, pour se diriger vers le bar à pieds. La musique était forte et le bar plein, mais l'endroit avait l'air sympa. Elle chercha Alicia des yeux avant de la repérer et de se diriger vers elle avec un sourire, s'asseyant face à elle.

- Brièvement ?

Résumer cinq années d'une vie en quelques phrases ? Oh, ce n'est pas comme si elle avait fait des choses extraordinaires non plus, pas comme Lilly qui avait couru le monde et vu tant de choses. Elle-même avait eu une vie assez tranquille, en somme, même si son métier était quelque chose de prenant qui lui permettait de vivre des situations rares. Enfin, elle n'allait pas faire un rapport de ses missions à Alicia, tout de même.

- Et bien je suis entrée chez les Aurors deux mois après nos ASPICS, j'ai fais mes trois ans de formation avant d'être titularisée. J'aimerais me spécialiser en infiltration mais pour le moment, ce n'est pas pas le cas. Je... Hum... Je vis à Dalston, dans le Londres moldu, seule. Je vois toujours Lilly et Jensen, tu te rappelles d'eux ? J'ai enfin fait le voyage en Italie dont je rêvais, il y a deux ans, lança-t-elle en riant, après en avoir parlé durant toute ma septième année. Je travaille beaucoup, je dois l'avouer. Rien de bien passionnant, en fait. Je partage ma vie entre mes amis, mon boulot, mon petit-ami... La routine, en fait, comme pas mal de gens !

Elle prit une gorgée de son cocktail avant de relever les yeux sur Alicia.

- Et toi alors ? A part sauver des gens toute la journée, qu'est-ce que tu deviens ? Dis-moi tout ! lança-t-elle avec un grand sourire.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
Alicia remercia d’un sourire le serveur qui leur apporta leurs boissons, et saisit la sienne pour en boire une gorgée. Merlin, songea-t-elle en fermant rapidement les yeux. Elle en rêvait depuis des heures, de cette boisson. Pas qu’il fasse particulièrement chaud dans l’hôpital, mais plus parce qu’elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de boire quoique ce soit tout au long de la journée, trop prise par son travail. Il lui arrivait également de sauter quelques repas, et de sacrifier plusieurs heures de sommeil. Elle l’avait remarqué lorsqu’en début d’année, elle passait des heures plongée dans ses livres pour tenter de découvrir quelle potion Harmonie Fernoys avait bien pu ingérer. Ah, le cas Fernoys, songea-t-elle à la fois amusée et frustrée. Certes, la jeune fille avait été consciente de ses actes au moment du crime, mais qu’est-ce qu’était donc cette potion qu’ils avaient retrouvé ? Alicia devait bien l’avouer, elle était plus que perturbée par cette affaire, catégorisée comme étant classée. Enfin, il ne servait à rien d’aller à l’encontre de ses supérieurs, surtout qu’aucun de ses soupçons n’étaient fondés…

Aussi, au lieu de s’attarder sur ce sujet, elle reporta son attention sur Charlotte, qui venait d’entreprendre de lui raconter ce qu’il s’était passé pendant les cinq années qui avaient suivi leur sortie de Poudlard. Elle hocha la tête lorsque la jeune femme lui demanda si elle se souvenait de Jensen et de Lilly. Vaguement, oui. Deux Gryffondor de son année, qui formaient un couple depuis la cinquième année. Elle avait toujours trouvé le garçon gentil, mais n’avait jamais vraiment apprécié la fille. Trop insolente, se disait-elle à l’époque. Pas spécialement bien élevée non plus. Et Lilly devait penser d’elle qu’au contraire, elle était trop coincée, trop maniérée. Les deux jeunes filles s’étaient donc cordialement ignorées pendant leur scolarité. Mais mieux valait ça que de s’en faire une ennemie jurée, n’est-ce pas ? Puis, à l’âge de seize ans, Alicia considérait qu’il valait mieux qu’elle soit seule que mal accompagnée. D’ailleurs, elle pensait toujours ça. Elle préférait nettement avoir quelques amis sur qui compter, plutôt qu’une foule d’amis qu’elle ne connaîtrait jamais vraiment.

« A part sauver des gens ? Pas grand chose, les premières années. » avoua-t-elle. « Après les vacances d’été, je suis entrée en école de médicomagie et… Disons que ce sont des études très prenantes. Je me suis plongée dedans, j’avais besoin de… De faire le point avec moi-même, disons. Je suis sortie quelques mois avec William Silverster, que j’ai recroisé il y a quelques temps. Il s’est marié avec Rachelle Bloomwood il y a quelques jours, j’étais témoin. Sinon… Ma vie pendant ses cinq dernières années a été beaucoup axée sur mes études, c’est vrai. Maintenant je partage ma vie entre mon boulot et ma petite-amie. Tu la connais peut-être, elle était à Gryffondor aussi. » finit-elle en portant son verre à ses lèvres pour dissimuler sa gêne.

C’était encore récent, d’avouer tout haut qu’elle était homosexuelle, qu’elle aimait une fille, qu’elle vivait quasiment avec ladite fille. C’était récent, et puis ça lui faisait encore étrange, pour elle qui avait pris l’habitude de se cacher. Mais elle devait s’affirmer. Elle devait montrer qu’elle s’acceptait. Elle devait se le montrer à elle-même, d’ailleurs. Cependant, désireuse de ne pas s’épancher sur le sujet, elle préféra interroger Charlotte sur sa propre vie.

« Tu revois beaucoup de personnes de notre promotion ? » demanda Alicia, curieuse, alors qu’une question lui traversait l’esprit. « Tu as revu Eliott Warlock, d’ailleurs ? Je n’ai jamais osé te demander ce qui n’avait pas marché entre vous. Vous sembliez plutôt proches, après la fête de fin d’année – celle de notre sixième année, tu t’en souviens ? Honnêtement, j’aurai pu me passer du spectacle. » conclut-elle avec un sourire malicieux.

Heureusement pour eux que les professeurs n’étaient pas passés par là, d’ailleurs. Harris en aurait fait une attaque. Ces Gryffondor, songea Alicia avec une pensée pour son ancien professeur, qui n’avait jamais porté les rouges et ors dans son cœur.



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
Charlotte fit tourner sa paille dans son verre pour mélanger sa boisson avant d'en reprendre un peu. Elle aurait voulu un jus de fraises, mais il n'y en avait pas à la carte. Elle avait envie de fraises en ce moment, elle verrait si elle avait le temps de passer au supermarché pour en acheter une barquette. A manger avec du chocolat. Fondu, de préférence. Son déjeuner lui semblait soudainement bien trop loin. Elle avait juste mangé un sandwich sur un coin de table entre deux dossiers avec Seamus mais avait pris le temps de prendre un café avec ses collègues, afin d'entendre le récit d'une arrestation relatée par Weasley et Potter. C'était vraiment à mourir de rire, elle avait envie de sourire rien que d'y penser. C'était une longue histoire mais qui incluait un transplanage en plein milieu d'un cours d'entrainement à l'accouchement, enfin, bref. Une arrestation avec des péripéties, en tout cas. Peut-être que Alicia et elle pourraient aller dîner en ville ? Parce qu'à vrai dire, ce soir, elle n'avait pas très envie de cuisiner. Si elle rentrait, elle finirait par manger des coquillettes et du jambon et c'était ce qu'on appelait un repas régressif. Elle aimait cuisiner, pourtant. Elle ne savait pas vraiment innover ni créer de nouvelles recettes mais elle avait appris plein de choses chez ses parents, assez pour se nourrir de manière variée on allait dire. Enfin, quand elle voyait Eliott, elle avait l'impression d'être un véritable cuistot. Mais bon, elle le trouvait adorable. Même quand il voulait faire une omelette. Après tout, ce n'était pas sa faute. Grandir avec des Elfes de Maison avait dû être une épreuve terriblement difficile ! Elle le taquinait souvent avec ça. Elle écouta attentivement sa camarade et hocha la tête, compréhensive, quand elle affirma qu'elle s'était plongée dans le travail et ses études. Elle avait fait également la même sage. Du coup, à raconter, leurs vies ne semblaient pas très passionnantes alors qu'elles avaient fait et découvert plein de choses quand on y pensait bien. Mais raconté simplement, cela semblait presque ennuyeux. Alicia cita elle aussi des noms mais Charlie ne voyait pas qui était William Silverster ni Rachelle Bloomwood. En revanche, quand son ancienne camarade mentionna sa petite-amie, qui était à Gryffondor, un sourire intéressé naquit sur les lèvres de Charlotte. Elle ne savait pas qu'Alicia aimait les filles vu qu'elle était sortie à Poudlard avec un garçon mais si Charlie connaissait l'heureuse élue alors elle voulait un nom. Oui, elle était une grande curieuse et aimait les potins. Elle songea un instant que cela n'avait pas dû être facile pour Alicia, elle croyait savoir qu'elle était issue d'une famille assez stricte. Charlotte, elle, avait grandi dans un milieu assez tolérant même si son premier contact avec l'homosexualité s'était fait avec les séries télévisées étant donné que c'était un tabou dans le monde sorcier. Et puis elle vivait à Dalston alors si cela n'avait pas été le cas auparavant, elle se serait vite trouvé confrontée à cela.

- Elle s'appelle comment ? s'enquit-elle, plus que curieuse. Elle était dans notre année ? Une fille de mon dortoir ? Et vous êtes ensemble depuis longtemps ? Jouons aux filles superficielles, parlons donc de ta vie sentimentale ! lança Charlie avec un battement de cils exagéré.

Elle porta la paille à ses lèvres sans cesser de sourire. Elle adorait les histoires d'amour, elle trouvait ça tellement adorable. C'était le fait d'avoir été biberonnée aux films Disneys ça. Et aux films américains. Les films pour ado américains. Oui, bon, elle adorait ça, avec tous les clichés qui allaient avec, la cheerleader et le quaterback. Elle avait encore le droit, elle n'avait que vingt-trois ans, ses copines moldues étaient encore étudiantes pour la plupart.

- J'ai gardé le contact avec Jensen et Lilly, ils vont se marier d'ailleurs ! Hum... Patrick Mudler, de Poufsouffle, est entré au BDA avec moi... Mon amie Harriet Russo, tu te rappelles ? De Gryffondor ? Et bien elle est aux États-Unis. Je revois également des filles de mon dortoir, on a gardé contact.

Et il y avait Eliott, bien évidemment, mais comme Alicia la questionnerait sûrement sur sa vie sentimentale en retour, elle préférait le garder pour la fin. D'ailleurs, son ancienne camarade sembla lire dans ses pensées puisqu'elle le mentionna spontanément. Elle s'apprêtait à répondre par la positive quand Alicia enchaina par quelque chose qu'elle ne comprit pas. Il ne s'était rien passé entre eux, pas à Poudlard du moins. Ils s'étaient toujours bien entendu mais n'avaient jamais dépassé le stade de bons camarades même si Charlotte avait eu le béguin pour lui en septième année. Mais à part ça... Quand Ali enchaina avec la fête d'année de sixième année - fête dont elle ne se rappelait pas une miette - et le fait qu'ils aient été "plutôt proches", Charlie la dévisagea avec des yeux ronds.

- Quel spectacle ? interrogea-t-elle, stupéfaite. Je ne me rappelle de rien, ce soir-là, expliqua-t-elle, un peu gênée.

Lilly et Jensen l'avaient poussée à la consommation et... Charlotte s'était rendu compte qu'elle ne tenait pas l'alcool. Elle se rappelait s'être préparée puis elle s'était réveillée dans son lit, encore toute habillée, le lendemain matin. Et avec un sacré mal de tête. Mais s'il y avait eu la moindre chose entre Eliott et elle ce soir-là, leurs amis leur aurait dit, non ? Mais si Alicia les avait vu... En train de faire quoi, d'ailleurs ? Bon, c'était Eliott et ils sortaient ensemble depuis des mois, ce n'était pas comme apprendre qu'elle avait fricoté avec un parfait inconnu. Mais tout de même ! Qu'est-ce qui avait pu se passer ce soir-là ? Et cela changeait complètement leur calcul de relation, encore une fois, parce qu'Eliott allait sauter sur l'occasion.

- Enfin... Quand ça dans la soirée ? Et où ? Et... Quoi ? Je ne me rappelle même pas d'avoir parlé à Eliott... T'es sûre ? demanda-t-elle, toujours aussi stupéfaite.

Parce que ça, c'était de l'information. Elle qui aimait les potins, elle était servi. Elle en apprenait sur elle-même, carrément.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
Alicia se détendit lorsqu’elle entendit les réponses de Charlotte. Elle n’était pas choquée. Elle ne la regardait pas avec un air dégoûté. Elle semblait même heureuse pour elle. Et c’était rare, une telle réaction. La jeune femme lui adressa un léger sourire, avant de reprendre une gorgée de sa boisson. Depuis que sa famille était au courant de son homosexualité, la Médicomage veillait à ne plus le cacher. Avant, lorsqu’on lui posait des questions sur sa vie sentimentale, elle mentait sans ciller. A présent, elle avouait être en couple avec une fille. Pas avec n’importe quelle fille, cependant. La fille. La plupart du temps, elle obtenait des regards surpris, et ses interlocuteurs préféraient changer de sujet. Parfois, elle avait le droit a des paroles méprisantes, blessantes. Et, par moment, comme là, elle avait un retour positif. Comme si cela ne faisait aucune différence qu’elle soit en couple avec une femme. Comme si le plus important était qu’elle soit heureuse. Et que c’était agréable. Parce qu’elle était heureuse. Elle était vraiment pleinement heureuse. Elle se sentait elle-même, pour la première fois depuis bien longtemps. Elle avait quelqu’un qui la comprenait, qui l’aimait, et qu’elle aimait en retour.

« Jouons aux filles superficielles. » approuva Alicia avec un hochement de tête. « Elle s’appelle Gladys Bell, mais elle était en troisième année lorsqu’on entrait en première. Une amie de Lune Lovegood, elle est entrée dans l’AD. Et elle est journaliste, maintenant, au Chicaneur. » résuma la jeune femme avant de poursuivre. « On est ensemble depuis février donc… Six mois. »

Six mois, réalisa-t-elle, stupéfaite. Le temps était passé tellement vite ! Elle avait l’impression que c’était hier, le soir où Gladys se penchait vers elle pour l’embrasser, chez William, lorsqu’il les avait conviées à une petite soirée entre adultes, pour leur annoncer qu’il pensait faire sa demande en mariage à Rachelle sous peu. Six mois. C’était à la fois court, et extrêmement long pour Alicia, qui n’était jamais restée en couple très longtemps. C’était sa première véritable relation sérieuse. Celle qui comptait vraiment. Celle qu’on pouvait projeter dans le futur. Elle fut tirée de ses pensées par Charlotte, qui entreprit de la mettre au courant de la vie actuelle de leurs anciens camarades. Jensen Arcker et Lilly Callaghan allaient se marier ? Première nouvelle. Elle n’aurait jamais cru que leur couple allait durer si longtemps. Elle hocha la tête lorsque Charlotte mentionna Harriet qui vivait à présent aux Etats-Unis, avant de reprendre la parole en esquissant un sourire :

« C’est sympa ça. D’avoir gardé contact avec du monde. »

Pour sa part, elle n’avait revu personne. Ni ses camarades de dortoir, ni ses quelques amis. Parce qu’elle savait qu’elle n’était pas très appréciée, et parce qu’elle n’avait pas vraiment envie de s’imposer, une fois sortie de Poudlard. Et puis, elle s’en sortait très bien seule, après tout. Elle avait Adrian pour écouter ses états d’âmes, ses études pour s’occuper. Oh, évidemment, la solitude pesait, souvent. Mais elle se contentait de l’ignorer. Charlotte, elle, avait toujours été plutôt populaire, à Poudlard. Une fille vraiment gentille. Dont la vie sentimentale était également remplie… Et qui semblait franchement stupéfaite de sa déclaration. C’était bien Charlotte et Eliott, qu’elle avait vu dans ce couloir, elle pouvait y mettre sa main au feu… La phrase qui suivie l’éclaira et elle hocha la tête avec compréhension.

« Ceci explique cela… » lança-t-elle, songeuse.

Boire à un point de ne plus se souvenir de la soirée au réveil lui était déjà arrivé quelque fois. Et elle n’avait franchement pas aimé cette sensation. Elle pouvait avoir fait n’importe quoi, elle ne s’en rappelait plus. Et elle n’aimait franchement pas ça.

« Je suis certaine que c’était vous deux, oui. » affirma-t-elle. « Je ne sais pas trop quand c’était, vers le milieu de la soirée, je pense, les autres élèves étaient encore dans la salle. J’étais partie plus tôt, parce que je m’étais disputée avec Dean – je ne sais pas si tu t’en souviens, mon petit-ami, à l’époque. Serpentard de notre année. Bref, je prenais un raccourci pour éviter la ronde Rusard et rejoindre la salle commune et… Je suis passée à côté de vous. »

Elle laissa traîner son récit le temps de reprendre une gorgée de son cocktail.

« J’ai reconnu Eliott, d’abord. Et toi ensuite. Et vous échangiez des baisers… Assez poussés, je dois dire. J’ai continué mon chemin, je n’avais pas trop envie de m’attarder, comprends-tu… » elle sourit une nouvelle fois. « Je t'ai souhaité de passer une bonne soirée, d’ailleurs, mais tu étais trop occupée pour me répondre… Eliott n’a aucun souvenir de cette soirée non plus ? » questionna-t-elle finalement.



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
En réalité, quand on y pensait bien, lorsqu'elle avait quatorze ou quinze ans, on aurait pu facilement classer Charlotte dans les filles superficielles, au premier abord du moins. Elle avait toujours aimé ce que les méprisants appelaient communément les "trucs de filles" et revendiquait le droit d'appartenir au club de sortilèges tout en assortissant son vernis à sa tenue. Elle lisait Sorcière Hebdo et des livres avancés de DCFM, se battait en duel et portait plus de jupes et de robes que de pantalons dès qu'elle sortait du travail. Alors oui, il était facile de la classer dans les filles superficielles, elle en avait fait les frais en arrivant au BDA, qui était tout de même un milieu assez machiste où il fallait vraiment se faire une place. Cela avait pris du temps et de l'énergie et elle savait très bien que c'était encore précaire, comme situation, mais elle était fière de là où elle était et comptait bien sur le fait que rien ne se mette en travers de son chemin. Elle comptait faire carrière, c'était sa priorité du moment et pour les quelques années à venir. Elle aurait bien le temps de se poser et de fonder une famille quand elle aurait trente-ans. Pour le moment, elle profitait de sa jeunesse pour faire le métier qu'elle aimait plus que tout au monde, sans compter. Elle savait que ce n'était pas au goût de tout le monde, de ses parents notamment qui affirmaient qu'elle devrait justement profiter de l'énergie de sa jeunesse pour devenir mère. Une fois qu'elle aurait le père, évidemment. Ses pensées s’égarent un instant du coté d'Eliott avant qu'elle ne revienne à la réalité et au bar trop bruyant dans lequel Alicia et elle s'étaient installées. L'avis de ses parents ne comptait pas vraiment, elle était née quand ils étaient assez jeunes, sa mère ne travaillait pas encore, étant donné que son père était plus âgé que cette dernière et avait les moyens financiers d'entretenir un foyer. Mais comme il était hors de question qu'elle dépende d'un homme, elle comptait sur son propre salaire - et celui du père évidemment, un combo - pour élever ses enfants. De toute manière, elle aimait trop son métier pour devenir femme au foyer, ce n'était vraiment pas pour elle. Qu'est-ce qu'elle ferait de ses journées ? Non, décidément, ce n'était pas pour elle. Elle farfouilla dans son esprit quand Alicia lui annonça le nom de sa petite amie et cela la renvoya immédiatement à février dernier, justement.

- Je la connais ! lança Charlie avec enthousiasme, un grand sourire aux lèvres. Elle était dans l'AD, déjà.

Et tous les Gryffondor connaissent tous les noms des membres de l'AD.

- Et je l'ai interrogée en février, justement ! Quand l'affaire Skeeter a éclaté. Une jolie fille, ajouta Charlotte avec malice. Heureusement qu'elle n'a pas été accusée, cela aurait été dommage... termina-t-elle laconiquement avec un regard entendu à l'adresse de son ancienne camarade.

Et oui, elle était une grande romantique et elle adorait les histoires de couple, surtout les plus mignonnes. Jensen se fichait suffisamment d'elle avec cela mais elle était incorrigible sur ce point-là. Comme sur beaucoup d'autres points, d'ailleurs. A croire qu'elle était trop ancrée dans ses habitudes désormais. Mais c'est qu'elle devenait vieille, songea-t-elle avec un certain amusement. Quand Alicia annonça que le fait qu'elle ait bu ce soir-là pouvait justifier les choses, Charlotte ne put s'empêcher de baisser les yeux, gênée. Elle avait honte de ce qui avait pu se passer ce soir-là, même si elle ne s'en souvenait pas, et d'avoir cédé si facilement à ses amis. Elle avait voulu prouver qu'elle en était capable et avait effacé entièrement une soirée de sa vie où elle s'était sûrement ridiculisée. Elle en avait un peu voulu à Jensen et Lilly aussi et à tous les amis qui l'avaient incité à boire. Évidemment, elle avait cédé mais c'était aussi sous la pression de ses amis. Elle trouva soudainement très intéressantes les écritures inscrites sur son sous-verre et s'abandonna à leur déchiffrage, espérant que le rideau de ses cheveux blonds cachait ses joues roses. Elle reposa néanmoins les yeux sur Alicia quand elle reprit la parole, visiblement songeuse. Ainsi, elle avait réussi à être complétement ivre alors qu'ils n'en n'étaient qu'au milieu de la soirée. Et bien Charlie, c'était du joli.

- Non, je ne m'en souviens pas, répondit-elle plus par réflexe que par véritable effort de mémoire.

Elle était trop intéressée par le récit d'Alicia. Parce qu'elle n'arrivait pas à croire que cela ait pu vraiment se passer, qu'Eliott et elle aient pu passer du temps ensemble bien avant l'heure. Et dire qu'ils débattaient sur la date de leur premier baiser ! Et pourtant, en sixième année, ils n'avait pas été vraiment proches... Ils étaient dans la même classe évidemment, dans le même grand groupe de copains, partageaient des soirées révisions et des travaux de groupe mais elle était sortie avec un autre tout l'année et ne ressentait rien à l'égard d'Eliott à ce moment là. Elle était célibataire, lui aussi, et c'était sûrement la seule chose qu'ils avaient en commun. Comment est-ce qu'ils avaient pu... ? Enfin, ce  n'était pas comme si c'était incroyable. Elle l'aimait, était amoureuse de lui depuis quelques mois déjà et elle était heureuse avec lui, vraiment. C'était la première fois qu'elle était aussi bien avec quelqu'un, qu'elle était aussi amoureuse alors ce n'était pas vraiment si étonnant que cela s'ils avaient pu se plaire en sixième année. Mais c'était tout de même... étrange, d'imaginer qu'ils aient pu se voir alors qu'ils n'avaient que seize ou dix-sept ans.

- Oh, Morgane, souffla-t-elle avant d'avaler une gorgée de son cocktail lorsque Alicia entra dans les détails. C'est affreusement gênant.

Surtout qu'elle était très pudique sur ces choses-là alors imaginer que... Non, c'était vraiment gênant. Et si... Non. Non, ce n'était pas possible. Elle se serait souvenue, tout de même. Et elle aurait si cela s'était passé. Malgré l'alcool. Enfin, elle espérait. Non, elle était sûre. De toute manière, elle s'était réveillée habillée dans son lit le lendemain matin. Donc il n'y avait pas de doutes à avoir. Aucun doute à avoir. On savait ce genre de choses, tout de même.

- Non, non, enfin, je ne crois pas, répondit-elle quand Alicia lui demanda si Eliott était au courant. Il m'en aurait parlé... souffla-t-elle, songeuse. On est ensemble depuis Avril, expliqua-t-elle en se rendant soudain compte qu'Alicia n'était pas encore au courant.

Janvier selon ses dires, mais bon. C'était Avril, elle l'avait décidé. Non, il lui en aurait parlé. Lors de leur septième année, lors de leur premier rendez-vous, après leur premier baiser - qui n'était pas le premier en fait ce qui était assez perturbant - ou après leur première nuit. Non, s'il l'avait su, il lui en aurait parlé, tout comme elle lui en aurait parlé. Ils avaient tous les deux oublié ce soir-là.

- Et... Hum... Tu es la seule à... A nous avoir vu ?

Eliott et elle ? Elle n'en revenait pas.

- Tu aurais dû m'en parler, fit-elle avec un sourire gêné.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
« Cela aurait été dommage, effectivement. » répondit Alicia avec un sourire en coin.

Elle n’était pas certaine d’apprécier une histoire avec Gladys si cette dernière était en prison, étonnement. Non, elle préférait pouvoir la voir dès que l’envie la prenait, débarquer chez elle le soir, à l’improviste, pouvoir s’endormir dans ses bras. Elle s’efforça de détourner ses pensées de la jolie journaliste pour reporter son attention sur Charlotte. Qui d’ailleurs, semblait légèrement gênée face à ses dernières paroles concernant la soirée de fin d’année. Et Alicia, d’un côté, pouvait la comprendre. Apprendre au bout de quelques années des choses dont on ignorait complètement l’existence, ça devait être sacrément étrange. Et quelque chose de légèrement embarrassant, en plus de ça, songea Alicia alors qu’elle rougissait à son tour, au fur et à mesure de son récit. Charlotte confirma sa pensée, et la Médicomage lui adressa un regard d’excuse, également gênée de la situation. Elle avait toujours été persuadée que Charlotte était consciente d’avoir embrassé Eliott à la soirée de fin d’année, et qu’elle avait juste préféré ne pas l’ébruiter, parce qu’elle avait pris la décision de ne rien avoir de concret avec Eliott, voilà tout.

Pourtant, ce n’était absolument pas le cas, se rendit compte Alicia devant l’air incrédule de Charlotte. Mais le hasard faisait bien les choses, puisqu’ils étaient ensemble, depuis Avril, même. Si ça ce n’était pas une sacrée coïncidence… Cependant, ni l’un ni l’autre ne se souvenait de ce détail qui… Eh bien, qui n’était pas vraiment un détail. Enfin, si, ce n’était qu’un baiser, en soit, mais tout de même. Cela dit, la situation était assez drôle, avec le recul qu’Alicia pouvait se permettre, puisqu’elle venait de recroiser Charlotte. Si on lui avait dit que son amie n’avait jamais été au courant de cet épisode là de sa vie, elle n’y aurait jamais cru.

« Oui, je pense que je la seule à vous avoir vu… On vous aurez vendu à Radio Poudlard, sinon. » elle avait toujours haït les rumeurs, et il ne lui serait jamais venu à l’esprit de faire ça. « C’était dans un couloir peu fréquenté, pour rejoindre la tour des Serdaigle. » précisa-t-elle.

Qu’est-ce que deux Gryffondor étaient venus faire là ? Voilà quelque chose qu’elle s’était demandée, sur le coup, avant de l’oublier. Il faisait ce qu’ils voulaient, après tout, et Alicia n’allait sûrement pas faire la morale à Charlotte alors qu’elle l’appréciait. Peut-être aurait-elle dû lui en parler, oui, songea la jeune femme en s’agitant légèrement sur chaise sous le regard de Charlotte. Et avala une gorgée de son cocktail pour se donner contenance.

« En réalité, je pensais que tu n’avais pas envie d’en parler. » avoua Alicia en vrillant son regard dans celui de l’Auror. « Je savais que tu m’avais vu, et comme tu ne m’as rien dit le lendemain, et que votre « relation » n’a pas été officialisée, j’ai cru que ça s’était mal passé, et que tu préférais garder ça pour toi, quelque chose dans le genre. » elle rougit légèrement face à sa propre stupidité. « Excuse-moi, Charlie. »

Replaçant une mèche châtain derrière son oreille, Alicia demeura silencieuse quelques instants, avant de reprendre :

« Mais le destin fait plutôt bien les choses, cela dit. » fit-elle remarquer. « Je suis désolée de t’apprendre ça comme ça, j’étais persuadée que tu étais au courant. »



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
Oui, Alicia devait avoir raison, si quelqu'un les avait vu, cela aurait fait le tour de Poudlard dès le lendemain et Charlotte en aurait entendu parler pendant des semaines voire des mois d'Eliott et elle, ses amies l'aurait charriée sur ça et leurs copains respectifs ne se seraient pas privés non plus. Mais personne n'avait rien mentionné, ce qui corroborait donc la thèse d'Alicia. S'ils étaient sortis de la soirée, forcément... Du coté de la Tour des Serdaigle, songea Charlotte, encore surprise. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire du coté de la Tour des Serdaigle qui était complètement opposée à la Tour des Gryffondor où ils étaient censés rentrer tous les deux ? Certes, Charlotte n'avait pas un immense sens de l'orientation et cela ne devait pas s'arranger lorsqu'elle était soûle, même si elle connaissait relativement bien Poudlard. Quant à Eliott, c'était un peu pareil. Elle avait encore un peu de mal à se remettre de ce qu'elle venait d'apprendre et avait un peu de mal à imaginer ce qui s'était passé ce soir-là. Enfin, pas la partie embrasser Eliott et tout le reste parce que ça, elle connaissait plutôt bien - et c'était peu de le dire - mais elle se demandait comment ils en étaient arrivés à ça.

Eliott et elle avaient été des camarades de classe pendant des années, ils faisaient partie du même groupe de copains de Gryffondor de la même année, ils avaient la chance d'avoir une promotion qui s'entendait bien, qui s'était rapprochée suite à la guerre aussi. Eliott était un copain de Jensen, Charlotte était la meilleure amie de Jensen, ils se parlaient de temps à autre, de leurs devoirs, des profs, de leurs amis communs un peu, passaient du temps avec le même groupe dans la Salle Commune, avaient bossé sur des travaux en commun plusieurs fois dans leur scolarité, avaient dû passer des moments seuls tous les deux qui devaient se compter sur les doigts des deux mains en six ans mais cela n'allait plus loin. Certes, en septième année, elle avait eut le béguin pour lui pendant quelques mois, mais elle avait toujours été une grande fleur bleue qui s'amourachait très facilement du premier garçon qui lui souriait régulièrement même s'il était dans une année supérieure et dans une maison différente, elle parlait d'expérience. Mais en sixième année, il n'y avait strictement rien entre eux, alors comment étaient-ils arrivés à s'embrasser dans des couloirs déserts d'une manière que leurs parents désapprouveraient plus que tout au monde ? L'alcool avait quand même un sacré pouvoir. C'était peut-être ça qui lui avait donné le béguin pour Eliott en septième année, cette soirée-là et ce qui avait pu se passer entre eux. Elle avait eut le béguin des mois, puis il était sorti avec Sandy Reynolds, son béguin tenait encore et il s'était estompé au fil du temps et de l'année scolaire avant de disparaître en fin d'année. Puis ils s'étaient perdus de vue avant de se retrouver en janvier dernier. Un peu plus proches qu'avant, tout de même, songea Charlotte avec amusement et tendresse à l'égard de son petit-ami.

- C'est rien, assura Charlotte quand Alicia s'excusa. Elle tendit la main par dessus la table dans un geste spontanée et serra brièvement celle de son amie. Tu ne pouvais pas savoir, après tout. Même si je t'aurais sûrement raconté en long et en large le pourquoi du comment pour faire passer plus vite certains cours, expliqua Charlie avec un léger sourire. C'est vrai qu'Eliott et moi aurions pu décider de ne pas aller plus loin, c'est quelque chose qui aurait été possible. Mais je dois avouer qu'on s'entend plutôt bien, lui et moi, confia-t-elle sans pouvoir réprimer le grand sourire qui naissait à chaque évocation de leur relation.

Ils commençaient à être ensemble depuis un  peu de temps et Charlotte n'avait jamais été aussi bien dans une relation, aussi heureuse et elle n'avait jamais vécu une relation amoureuse aussi facilement, sans se questionner tous les jours et sans interpréter le moindre des mots ou des gestes d'Eliott envers elle. Et ça faisait un bien fou de vivre une histoire aussi naturellement et que même au bout de cinq mois, tout soit comme au début, contrairement à son autre grande histoire où ils ressemblaient à un couple qui trainait vingt ans de mariage derrière lui. Elle l'aimait énormément, il avait pris une place immense dans sa vie en quelques mois et était devenue une part énorme de son quotidien. A vrai dire, et c'était parfois un peu inquiétant, elle se demandait ce qu'elle ferait sans lui dans sa vie. Oui, elle était vraiment très amoureuse et étonnamment, elle ne s'en inquiétait pas. Elle avait une confiance absolue en Eliott et en eux deux. Elles avaient l'impression qu'ils pourraient continuer ensemble longtemps et c'était une idée qui la rendait heureuse, vraiment.

- Oui, le destin fait bien les choses au final, comme tu dis, répondit-elle avec un sourire. Ne t'en fais pas, vraiment. Ce fut juste... Surprenant.

Et c'était peu de le dire. Charlotte sirota son cocktail quelques instants, songeuse. Il fallait vraiment qu'elle en parle à Eliott, dès qu'elle le verrait. Elle voulait savoir ce qu'il se rappelait de cette soirée, de son côté. C'était vraiment dommage qu'elle n'ait vraiment aucun souvenir de ce moment, c'était... frustrant, en fait. Et elle n'allait pas demander à Lilly d'utiliser ses compétences d'Oubliator pour pouvoir récupérer un souvenir de ce genre, quand même.

- C'est peut-être indiscret, mais vous en êtes où, avec Alicia ? s'enquit Charlotte avec un sourire. Nous sommes dans les sujets gênants ce soir, autant en profiter. Tu pourras me retourner la question ! lança-t-elle, malicieuse.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
« Et j’aurai adoré savoir le pourquoi du comment. » renchérit Alicia, malicieuse. « Enfin, le principal est que cette histoire se termine finalement bien – avec quelques années de retard. » conclut-elle en avisant le sourire de Charlotte.

La jeune femme avait l’air vraiment amoureuse, ça se voyait presque sur son visage, dans ses yeux, et dans son sourire. Et pour l’être également, Alicia connaissait cette sensation de planer dès qu’elle se mettait à penser à la personne aimée. Souvent, elle se disait qu’elle avait tendance à idéaliser beaucoup trop sa relation avec Gladys, et que la chute n’en serait que plus douloureuse si la journaliste en venait à la quitter, mais elle se reprenait bien vite, et s’efforçait de penser à autre chose. Pour une fois qu’elle vivait pleinement sa vie, sans s’interroger continuellement sur ce qui l’entourait, elle n’allait pas commencer à penser à une telle situation, qui, pour l’instant, n’avait pas lieu d’être. Et puis, au pire des cas, la vie était ainsi faîte. Le plus important à retenir était qu’à présent, elle vivait essentiellement pour elle, et non pour les autres, ou pour sa famille. Et Merlin, ça faisait un bien fou.

« Surprenant, je n’en doute pas, oui. » rit-elle avant d’adresser un sourire à son amie.

Elle aussi avait été surprise d’apprendre que Charlotte  ne connaissait absolument pas l’existence de ce moment de sa vie. L’alcool vous faisait faire de drôles de choses parfois, assurément. Alicia aussi avait déjà oublié la fin d’une soirée à cause de la quantité d’alcool qu’elle avait ingurgité – ne vous rendez jamais aux soirées des étudiants en Médicomagie sans y être préparé, vraiment – mais elle avait toujours trouvé une bonne âme pour lui rappeler comment elle avait terminé la nuit. Rien de trop compromettant à chaque fois, fort heureusement. Mais tout de même, c’était gênant de se mettre dans un tel état, au point de ne plus se rappeler de rien le lendemain, mais d’hériter d’une gueule de bois phénoménale. Par Merlin, heureusement qu’il existait une potion pour contrer ça.

Rougissant légèrement face à la question de Charlotte, Alicia saisit son verre et le porta à ses lèvres pour se donner contenance, avant de vriller son regard dans celui de son ami, tout en réfléchissant à la réponse qu’elle pourrait bien donner.

« On en sommes-nous ? Eh bien, ça fait six mois qu’on est ensemble et elle a rencontré ma famille en juin. Ça ne s’est pas vraiment bien passé, à vrai dire. » avoua-t-elle avec un petit sourire, pour dédramatiser la situation. « Mes parents ne supportent pas l’idée que je sois homosexuelle et du coup… Pour faire court, ils m’ont renié. Enfin, ce n’est pas comme si je ne m’en doutais pas. Dans tous les cas, j’avais besoin de leur dire, pour vivre ma vie comme je l’entendais, au lieu de me cacher dans des relations sans suite avec des hommes. Bref. » écourta-t-elle, avant de reprendre sur un sujet plus léger. « On habite toujours séparément – et ça me convient, en soit. Et… Tout se passe vraiment bien, réellement. Ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi heureuse. » confia la jeune femme en esquissant un sourire confiant.

Elle avala une nouvelle gorgée de son cocktail, avant de poser un regard interrogateur sur Charlotte :

« Et toi alors, avec Eliott, où en êtes-vous ? Vous avez des projets ensemble ? » demanda-t-elle, tout en songeant, une nouvelle fois, que le hasard était vraiment bien fait, de temps en temps.  



Kit par Daisy ♥
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 545

Voir le profil de l'utilisateur
- Qu'est-ce que cinq ans de retard dans une vie ? interrogea Charlotte, amusée, en secouant la main comme si les années qui les séparaient de Poudlard n'étaient que menue monnaie.

Et pourtant, Merlin savait à quel point cinq ans pouvaient faire une différence dans une vie. Il serait mentir de dire qu'ils n'avaient pas évolués en cinq ans de vie d'adulte, tout comme ils avaient énormément changé durant toutes leurs années à Poudlard. Ils ne faisaient pas partie des générations les plus chanceuses, aussi. Ils étaient l'une de ces générations de guerre, qui avait été à Poudlard au temps des Carrow et qui avait subi des pertes malgré leur jeune âge. Charlotte avait était préservée, elle le savait et en avait parfaitement conscience depuis des années. Elle avait eu la chance d'échapper aux rafles des Mangemorts et de passer une année en sécurité, loin des combats et du climat tendu de l'Angleterre. Si elle était restée là-bas, elle ne savait pas ce qu'elle serait devenue. Après tout, elle n'était qu'une Née-Moldus parmi d'autres qui n'aurait pas pu justifier ses pouvoirs magiques. C'était arrivé, comme ça. Peut-être qu'elle avait des sorciers dans son arbre généalogique, un Cracmol dans les méandres de leur famille, un Sang-Mêlé ou quelque chose comme ça. Les théories sur les origines de la magie et la manière dont elle apparaissait étaient diverses et contestées mais Charlie aimait bien celle qui affirmait que tous les Nés-Moldus avaient au moins un sorcier quelque part dans leur arbre généalogique, le gêne de la magie réapparaissant parfois des générations plus tard de manière aléatoire. Et c'était tombé sur elle.

Mais elle ne se faisait pas d'illusions : si elle avait dû passer devant la Commission d'enregistrement des Nés-Moldus en 1997 ou 1998, elle ne serait plus là aujourd'hui, peu importe les théories qu'elle aurait pu avancer. Et puis elle n'avait que quatorze ans à l'époque, elle n'aurait pas pu se défendre. Elle avait n'avait pas participé à la Bataille de Poudlard non plus, elle avait eu connaissance de cet épisode quelques jours après et n'avait pas perdu d'amis proche même si apprendre que certains élève de son année ne reviendraient jamais l'avait beaucoup marquée à l'époque. C'était difficile de se rendre contre de la réalité des choses en étant protégée à l'étranger : elle avait toujours su que c'était la guerre mais n'avait réalisé vraiment ce qui s'était passé à Poudlard qu'au travers du récit de ses camarades de classe, quand elle avait fait sa quatrième année. Ils avaient tous été marqués par la guerre, d'une manière ou d'un autre et tous les enfants qui étaient à Poudlard à ce moment-là avaient forcément souffert de la guerre et du régime des Carrow. Ils avaient tous un peu changé, forcément, même si ce n'était pas forcément perceptible. Enfin, c'était terminé depuis des années désormais, presque dix ans. Il était temps de passer à autre chose, ils avaient tous dû le faire en reprenant une scolarité normale et en menant plus tard une vie normale. Mais ils restaient influencés par cela : elle avait choisi son métier en lisant les procès de guerre, peut-être qu'elle ne serait pas Auror si Vous-Savez-Qui n'était pas revenu au pouvoir.   

Elle chassa ces pensées un peu morne de son esprit en sirotant une gorgée de sa boisson et attendit patiemment que Alicia, qui semblait songeuse, formule ce qu'elle voulait lui dire. Charlotte avait abordé un sujet un peu délicat, elle avait conscience, elle-même n'aurait pas su quoi répondre à chaud comme cela, la réponse était rarement évidente. Enfin si, peut-être après vingt ans de mariage quand on connait l'autre par coeur et que rien n'a vraiment changé depuis des années. Des couples comme ses parents par exemple, qui étaient ensemble depuis vingt-six ans. Sa mère entrait à peine à l'université lorsqu'elle avait rencontré son père, qui était alors plus âgé et qui avait fini ses études, même. Inutile de dire que cela avait fait scandale chez ses grands-parents maternels à l'époque, qui étaient offusqués devant la différence d'âge. Et pourtant, des années après et deux enfants plus tard, ils étaient encore ensemble. Cela ne devait pas être désagréable, quand même, c'était assez enviable comme situation à ses yeux, d'aimer assez quelqu'un pour rester plus de trente ans avec lui.

- Oh... ? interrogea Charlotte doucement pour pousser Alicia à continuer après qu'elle lui ait avoué que la rencontre avec sa famille ne s'était pas très bien passé.

Elle n'avait jamais rencontré la famille d'Alicia mais elle avait cru comprendre au fil de ses confidences que cette dernière était assez traditionnelle, comme calquée sur le modèle des Sang-Pur, modèle qui était très loin d'être glorieux aux yeux de Charlotte et pour plusieurs raisons. Après tout, nous n'étions plus au dix-neuvième siècle et les familles de Sang-Pur n'étaient même plus traditionnelles voire même traditionalistes : elles étaient purement et simplement rétrogrades, avaient une image désastreuse de la femme et ne parlons même pas de l'épanouissement personnel de l'individu dans des familles si étouffantes. Et encore, elle n'avait même pas évoqué leur petit monde aristocratique complètement désuet et élitiste. Non, elle ne portait pas vraiment les familles de Sang-Pur dans son cœur et si elle avait auparavant plutôt tendance à les ignorer, sa rencontre avec John Warlock et ce qu'elle apprenait d'Eliott suffisait à nourrir un agacement constant à leur égard, sans parler d'un certain mépris.

Ce qu'Alicia lui confia - même si sa famille n'appartenait pas au cercle fermé et abberant des familles de Sang-Pur, elle semblait cultiver les même valeurs - la conforta dans son idée et elle tendit la main par dessus la table pour serrer celle de son amie dans la sienne, dans un geste spontané pour la réconforter. Elle savait qu'Alicia n'était pas très tactile mais elle-même avait tendance à l'être un peu trop, notamment avec ses proches et elle ne réalisa qu'après que son geste pouvait peut-être embarrasser Alicia. Elle lui adressa un sourire réconfortant avant de ramener sa main vers elle.

- C'est quelque chose de définitif ou tu penses que c'était juste un coup de colère ? Enfin, tu vas me dire, tu n'as peut-être pas envie de leur reparler, ça serait compréhensible. Les parents de ce monde- étaient-ils incapables d'aimer leurs enfants correctement ou n'était-ce qu'une impression ? Et ton frère et ta sœur, ils en disent quoi ? Peut-être qu'ils avaient plus de jugeote que les parents. Je suis vraiment heureuse si ça se passe bien, en tout cas, affirma-t-elle, sincère. Et si tu es heureuse maintenant, c'est l'essentiel, peu importe le reste !

Charlotte termina son cocktail avec un peu de regrets, se morigénant pour ne pas en commander parce qu'elle savait très bien que boire un peu trop ne lui réussissait jamais. Mais vraiment jamais du tout, elle venait encore une fois d'en avoir la preuve.

- On a pas encore passé l'étape de la présentation aux familles respectives mais la mienne, c'est pour bientôt ! Mais je ne me fais aucun souci. Quant à la sienne... Ils ont essayé de faire un procès ?[/color] C'est un peu plus... Compliqué, on va dire. De base, déjà, je ne viens pas du bon milieu. Elle avait prononcé le mot assez clairement pour laisser entendre ce qu'elle pensait du milieu en question. Et on s'est aussi rencontrés dans des circonstances assez délicates et je n'ai pas eu un comportement exemplaire, c'est le cas de le dire. Puis je suis Née-Moldus en plus, bref, c'est vraiment pas ça.

Quel euphémisme.

- Mais ce n'est pas grave, on fait avec. Et puis, Eliott est déjà un peu fâché avec son père, donc... Je crois que vous pourriez vous entendre ! fit-elle en riant.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Alicia L. JonesMédicomageavatar
Messages : 146

Voir le profil de l'utilisateur
Evidemment, la situation d’Alicia n’était pas des plus enviables, en ce qui concernait la famille. Pourtant, elle ne souhaitait pour rien au monde qu’on la plaigne pour ça. Elle n’avait jamais été proche de ses parents. Jamais. Elle avait essayé d’être à la hauteur de sa sœur, de Jade, la fille parfaite, la femme parfaite, la future mère qu’on considérait déjà également comme « parfaite. » En vain, évidemment. Elle exerçait pourtant une profession des plus nobles, elle avait brillamment réussi ses études. Mais ce n’était jamais assez pour ses géniteurs, qui en attendaient toujours plus. Lassée de vouloir les satisfaire, Alicia avait très rapidement abandonné l’idée, et s’était contentée de faire ce qu’il lui plaisait. Or, sortir avec Gladys était une chose qui lui plaisait infiniment. Mais qui, clairement, n’était pas du tout au goût de ses parents. Elle s’était attendue à cette réaction de leur part, bien évidemment ! Elle avait été blessée lorsqu’elle l’avait entendue, oui. Elle avait longuement pleuré après, aussi. Mais c’était tellement prévisible que cela ne l’atteignait plus aujourd’hui. Puis franchement, songea-t-elle avec un léger sourire, elle était épargnée de tous les déjeunés ennuyants à mourir en compagnie de sa famille.

« Oh, c’est définitif. » répondit-elle en retournant son sourire à Charlotte, touchée par son inquiétude. « Je m’y attendais, vraiment, ce n’était pas une surprise. Ma sœur dit la même chose que mes parents – son fiancée aussi. Mon frère est de mon côté, évidemment. Il a été mon seul allié pendant des années. » répondit-elle avec une pensée pour Adrian.

Heureusement qu’il était là. Heureusement qu’il avait toujours été là. C’était tellement rassurant, de savoir qu’elle avait quelqu’un sur qui compter et se reposer, qui était là pour la soutenir, quoiqu’il advienne, pour faire face au reste du monde. Alicia était encore plongée dans ses pensées lorsque Charlotte commença son récit, et elle releva la tête pour l’écouter attentivement, esquissant un sourire compréhensif lorsqu’elle évoqua la famille d’Eliott. Les Warlock étaient une famille de Sang-Pur étendue et reconnue dans leur monde. Et que John Warlock, le leader du SPAM aux idées conservatrices, désapprouve que son fils se soit entiché d’une née-moldue n’était pas étonnant. La famille d’Alicia était seulement bourgeoise, et la Médicomage trouvait déjà que les contraintes qu’avaient tenté de lui imposer ses parents étaient beaucoup trop strictes pour être suivies. Elle eut une pensée charitable à l’égard d’Eliott, dont la vie ne devait pas être facile tous les jours.

« Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. » déclara-t-elle. « Mais que ce soit dans votre relation ou dans la mienne, les parents ne comptent pas plus que ça, après tout. Le principal, c’est que tu sois bien avec lui. »

Et tant pis pour la belle-famille, ce n’était clairement pas le plus important. Les deux amies continuèrent à parler encore un long moment, avant de rentrer, se faisant la promesse de se revoir bientôt. C’était agréable, songea Alicia, de retrouver une amie.

RP TERMINE



Kit par Daisy ♥
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Les anciens binômes [Alicia]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Alicia [Validé]
» Alicia Fox vs AJ
» Alicia Fitch
» Alicia von Ludvig [Terminé]
» Carnet de Rp de Alicia [Demande de RP: On]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Londres, :: Sainte-Mangouste,-