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 [OS] Douce France

Gillian Forest-WhitakerTroisième annéeavatar
Messages : 416

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Août 2007
 
Clic.
 
" C'est bon, Gillian! "
 
La fillette se laissa tomber du rebord de la fenêtre où elle était assisse, lançant un regard moqueur à son frère, qui abordait un regard refrogné tandis qu'il prenait sa place. C'était leur rituel, chaque année, au début de leurs vacances en France.
Chaque année, toute la famille se retrouvait une semaine, dans la même petite ville du Sud de la France, là où vivaient les parents de Mams. Ils avaient une immense maison, qui était dans la famille de sa mère depuis de nombreuses générations. Même si Hélène Desmoulins avait quitté la France à ses dix-huits ans, était tombée follement amoureuse d'un sorcier anglais et y avait passé la majorité de sa vie, la France était son pays, ses souvenirs, l'endroit où elle se sentait le mieux.
Elle avait même réussi à en faire tomber amoureux son époux, et dès que leurs enfants avaient été adultes, ils étaient retournés vivre dans la grande propriété familiale, un peu délabrée, qui tombait un peu en ruine, où elle avait passé toutes son enfance.
 
Et, tous les étés, Vivienne y partait, emmenant avec elle Irving et tous les enfants de ses belles-filles. Et maintenant, elle y restait, y emménageait avec Irving, tombée elle aussi sous le charme de cette douce France où elle avait passé une partie de son enfance.
 
Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j'étais écolier
Sur le chemin de l'école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d'autrefois
 
Elle y avait vécu, y avait passé une partie de son école primaire, ses parents trouvant important qu'elle garde en partie sa culture française. Et même si elle avait oublié une partie de son français, ayant vécu toute sa vie en Angleterre, et y avait gagné un accent anglais, Mams aimait toujours la France. Même si elle était plus anglaise, plus proche de son père dans ses mentalités, la France était réconfortante, symbole de joie et de vacances.
 
Et, chaque année, les vacances commençaient dans l'atelier de Mams, où toute la famille passait sous son objectif, toujours assis dans l'encadrement d'une fenêtre, tandis que dans un coin, un vieux tourne-disque chantait des chansons françaises.
Gil s'approcha du mur blanchi à la chaud, observant les photos accrochés à des grands fils tendus contre le mur. Il y avait Pops, Irving, elle et Cairàn et Penny… grandissant sur chaque photo, toujours reconnaissables.
Son regard s'arrêta sur la photo datant juste de l'année précédante… Elle avait énormément changé, en un an. On ne s'en rendait pas compte, mine de rien. Elle était plus petite, ses cheveux moins longs, ses joues plus rondes… Plus gamine, en quelque sorte.
Les gens changent vite, grandissent trop vite, et de toute manière… ils finissent toujours par partir. La photo de Pops en haut du mur, le lui rappelait bien. Jamais il n'y aurait de photo suivante. Pops resterait à tout jamais en vieux monsieur de soixante ans, souriant et heureux. Si elle avait détesté sa mère sur le moment, maintenant elle la remerciait de lui avoir interdit d'aller voir Pops à St-Mangouste. Elle préférait largement se rappeller de lui comme celui qui jouait avec elle dans leur jardin, qui les regardaient avec un sourire et des yeux pétillants, que cloués dans un lit d'hôpital. Même si c'était dur de se rappeler de lui sans trop de tristesse, c'était mieux ainsi.
 
" Gillian! On a b'soin de toi pour la photo de groupe! "
 
Elle se détourna, adressa un regard faussement exaspéré à Irving avant d'aller se mettre sur le rebord de la fenêtre, de prendre Penny sur ses genoux et de sourire de toutes ses dents à Mams qui tenait l'appareil.
Alors oui, Pops lui manquait. Mais à ce moment-là, où elle avait tous ses cousins, son frère et sa sœur autour d'elle, souriant tous à Mams qui riait derrière son appareil photo.
Mais ce n'était pas grave, parce qu'elle savait qu'il aurait voulu qu'ils soient heureux. Qu'ils continuent à vivre.
 
Clic.
 
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon coeur!
Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
La France, c'était les vacances. C'était la joie, la bonne humeur, le soleil, la plage, tout ce qui peut rendre folle de joie une fillette de douze ans. Et cette maison, c'était un peu la sienne, d'une certaine manière. Hélène et Edward avait adopté les petits-enfants de leur fille, les considérant un peu comme les leurs, même si ils n'avaient aucun lien du sang. Alors, tandis que Mams et Irving partaient s'installer de l'autre côté du village, dans la maison qui deviendrait la leur, les trois frères et sœurs restaient chez eux.
Hélène, c'était Grand-maman, Edward c'était Grand-père. Même s'ils ne l'étaient pas, techniquement.
 
C'était pareil, pour eux. Hélène, c'était la vieille dame distinguée, qui se transformait en fée de fourneau dès qu'elle avait de la visite. Et avec trois enfants, elle n'était pas déçue.
 
Et alors… on met la sauce tomate tout de suite, ou on attends que ça cuise? "
" Cairàn, est-ce que ça t'arrive d'écouter? Elle vient de dire dans vingt minutes! "
" Oui, mais dans la recette… "
" La recette, on s'en fiche! "
 
Gillian finit par croiser ses bras sur la poitrine, jetant un regard noir à son frère cadet. La cuisine, c'était vraiment la seule chose qu'ils partageaient. Avec un père boulanger, ils avaient toujours extrêmement bien mangé à la maison, et si Penny préférait largement manger que préparer, les deux aînés aimaient énormément aller assister leur père à la boulangerie, lorsqu'ils en avaient la possibilité. Mais il fallait dire que dès qu'ils s'attaquaient à des plats salés, c'était tout de suite plus compliqués. Surtout que Gil avait tendance à y aller au petit bonheur la chance, tandis que Cairàn préférait suivre scrupuleusement la recette et les instructions qu'on lui donnait.
 
" Qu'est-ce qu'on a dit, déjà, les enfants? "
 
Les deux tournèrent un regard contrit vers la veille dame, qui les regardaient d'un air amusé. Avec ses cheveux blancs qui auréolaient son visage, son grand sourire et son tablier plein de farine, elle était vraiment semblable à l'idée d'une petite fée de la maison comme se les représentait Gillian.
 
" Qu'on arrêtait de se disputer pour des choses stupides? "
" Oui… Et ? "
 
Les deux enfants échangèrent un regard avant que Cairàn ne lâche du bout des lèvres, visiblement aussi désespéré que sa sœur à cette idée saugrenue qu'avaient eu leurs parents et leurs grands-parents:
 
" Pas d'anglais dans la maison… "
" Parfait! Maintenant, on peut continuer! "
 
Oui, à force de passer tous leurs étés en France, ils comprenaient le français. Mais le parler… C'était une toute autre histoire. Et leurs parents avaient trouvé que ce serait une bonne opportunité pour eux d'apprendre une autre langue. Irving le parlait plutôt pas mal, ce qui était un plus pour lui vu qu'il allait aller à Beauxbâtons, mais les plus jeunes avaient toujours parlé anglais…
Mais bon, l'avantage avec le français, c'était que même si la phrase était complètement déstructurée, on parvenait toujours à comprendre plus ou moins le sens. Et puis quand c'était une gamine comme elle, avec un accent anglais à couper au couteau, les gens étaient toujours indulgents.
 
Même Edward, qui pourtant parlait un français parfait, sans accent, et qui était la seule personne à ne pas utiliser son prénom. Gillian, c'était "jeune fille".
Mais Grand-père, c'était celui qui corrigeait sans gronder, qui souriaient aux inventions loufoques de mots par les enfants, avec qui Gil parvenait presque à aimer l'étude. Il avait une manière de raconter les choses d'une telle manière que tout, même les potions – matière qu'elle détestait, habituellement – paraisse intéressant.
D'un certain côté, il lui rappelait Pops. Avec son sourire, ses yeux qui brillaient, cette manière de lui trouver un surnom, sa manie de lui ébouriffer les cheveux…
 
Et puis il y avait Alban, Lucie, Louis, Emanuelle.
Toute la bande d'enfants du village, qui avaient accueilli la petite anglaise, se moquant gentiment de son accent anglais qui la rendait parfois incompréhensible, de ses phrases un peu déstructurées. Elle se moquait de leur anglais un peu hésitant, de leurs clichés sur la culture anglaise. Et ils passaient leurs journées ensemble. Ce n'était pas comme avec Jeremy, comme avec Megan, ni comme avec Andrew ou Aby. C'était moins fort, moins complice, mais tout aussi savoureux.
Alban, c'était le "cousin", le fils du frère de Mams. C'était plus simple, de le présenter comme ça. Leur histoire familiale était beaucoup trop compliquée, de toute manière. C'était celui dont Gil se sentait le plus proche, et pas seulement parce qu'il parlait anglais. Parce qu'il était joyeux, parce qu'il était vif, amusant, parce que ses yeux pétillaient toujours lorsqu'ils se posaient sur elle, et qu'elle sentait vraiment qu'ils étaient amis.
 
Eux, c'étaient ceux avec qui elle allait à la plage, ceux avec qui elle jouait au volley, ceux avec qui elle pouvait être quelqu'un d'autre que ce qu'elle était habituellement, avec ses amis qui la connaissaient depuis si longtemps. Et d'un certain côté, c'était extrêmement réjouissant, de ne pas être la Gil que tout le monde connaissait durant quelques temps. Même si ça ne durerait pas.
 
Oui je t'aime
Et je te donne ce poème
Oui je t'aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur
 
" Tu pourras rentrer à la maison le week-end, au fait! "
 
Gillian avait relevé la tête du plan qu'elle observait, et où elle avait enfin réussi à approximativement placer Beauxbâtons. Irving venait de rentrer d'acheter toutes ses fournitures, dont son nouvel uniforme, qui était négligemment jeté sur la table de la salle à manger.
Et on pouvait dire que pour le moment, il faisait preuve d'un enthousiasme plutôt limité. Elle ne comprenait pas tellement, à vrai dire, pourquoi Irving avait dû changer d'école quand sa mère avait décidé de déménager. Ils étaient en internat, aux dernières nouvelles, donc ça n'aurait pas tellement posé de problème…
Mais elle sentait qu'il y avait quelque chose d'autre, et elle n'avait pas tellement envie de mettre son "oncle" mal à l'aise.
 
" J'sais pas… sans doute, pour aider Maman. "
" Elle a retrouvé du travail, d'ailleurs? "
" Oui, dans une imprimerie, près de Montpellier. Elle voulait pas tellement continuer à travailler dans l'industrie des balais, après… tu sais. "
 
Il avait passé sa main dans ses cheveux, l'air un peu gêné, ne sachant visiblement pas tellement comment parler à sa nièce, de six ans sa cadette, n'étant pas encore tellement ado, alors que lui était bientôt majeur.
Gil haussa les épaules, avant de se replonger dans sa contemplation de la carte, tentant de deviner où se situait la plage où Alban avait promis de l'emmener. Un endroit magnifique, avait-il dit. Elle attendait toujours de voir.
 
Mais lorsqu'ils y arrivèrent enfin, elle dut admettre qu'il n'avait pas tout à fait tort. C'était un décor de carte postale, une grande plage de sable fin, de vieilles maisons se tenant juste derrière, et miracle suprême, pas trop de monde pour en profiter.
 
" Je te déteste, Alban! "
 
Gillian se releva, repoussa toutes les mèches brunes trempées qui étaient tombées sur son visage avant de se mettre à poursuivre le garçon qui s'échappait en riant, quelque peu ralenti par l'eau de mer.
Les trois autres étaient assis sur la plage, fatigués par l'après-midi qu'ils avaient passé dans l'eau. Mais les deux autres étaient infatigables, et leurs amis les regardaient avec un sourire un peu désabusé se chamailler comme des enfants de quatre ou cinq ans.
 
Penny, un peu plus loin, construisait un immense château de sable, aidé par son frère aîné qu'elle menait à la baguette. Si jeune, et déjà si capable de faire faire aux autres ce qu'elle-même n'avait pas envie de faire… ça promettait.
 
" Mais non, tu m'aimes, Gil, c'est juste que tu le caches bien! "
 
Au même moment, la brunette lui sauta dessus, le faisant enfin couler.
Il émergea en toussant, un sourire toujours vissé aux lèvres, ses yeux noisette cachant une lueur rieuse.
 
C'était ça, la France. C'était le temps de l'insouciance. C'était grandir, sans s'en rendre compte. Se rapprocher d'Alban, améliorer son français à son contact, ne pas voir les jours, les semaines passer…
Et puis, finalement, se retrouver à la veille du départ.
 
J'ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d´autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.
 
" Tu reviens l'année prochaine? "
" Normalement, oui. Ma grand-mère habite ici, je te signale. "
" On t'avais jamais vu avant. "
" Je suis jamais restée assez longtemps. "
" Tu m'écriras? "
" Promis. Si tu le fais aussi! "
" J'ai ton adresse, du papier, des stylos, et je sais écrire! Aucune raison pour que je ne t'écrive pas. "
" La France va me manquer. "
" Tu vas me manquer aussi. "
 
Ils restèrent longtemps allongé l'un à côté de l'autre, dans l'herbe, à regarder les étoiles dans le ciel, à simplement apprécier le fait d'être ensemble, sans avoir besoin de parler.
Ils savaient tous les deux que ce serait dûr, de rester en contact, alors qu'ils s'étaient rencontrés à peine un moi auparavant. Mais ils étaient déterminés à essayer.
Alban, c'était la France, c'était les souvenirs de joie et de bonheur qu'elle avait ici. Elle avait visité beaucoup d'endroits, en Angleterre pour la majorité. Mais le seul endroit où elle se sentait bien, vraiment chez elle sans pourtant y être, c'était ici, dans ce petit village perché sur les collines, un peu perdu dans le sud de la France.
Parce que c'était ça, la douce France.
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