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 Les perdants subissent l'Histoire [Théo]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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31 Juillet 2007

Les cheveux remontés en un élégant chignon pour dégager sa nuque et vêtue d'une robe de sorcière légère, Rosaleen avait néanmoins beaucoup trop chaud et ne put retenir un soupir de contentement en pénétrant dans l'épicerie de Pré-au-Lard, délicieusement fraiche. Il faisait beaucoup trop chaud à son goût et elle n'avait quitté le manoir qu'à regrets, en constatant qu'il fallait faire des courses et que leur Elfe, habituellement chargé de cette mission, avait été réquisitionné par son grand-père pour une tâche inconnue. Elle avait donc quitté son fauteuil de la bibliothèque, où les vieilles pierres du manoir Rosier conservait la fraicheur pour sortir. L'épicerie du Chemin de Traverse étant fermée pour congés estivaux, elle s'était rabattue sur celle de Pré-au-Lard. Elle avait proposé à Reda ou Oreste de l'accompagner mais l'idée de sortir aujourd'hui ne semblait pas les tenter plus que cela et ne parlons pas de sa grand-mère. Celui qui demanderait un jour à Daria Rosier si elle voulait faire les courses serait un idiot. Daria Rosier ne faisait jamais de courses elle-même, excepté les vêtements pour qu'elle puisse essayer. De plus, nous étions le trente-et-un Juillet, le jour de l'anniversaire d'Harry Potter, qui avait donc vingt-sept ans. C'était à la radio ce matin tandis qu'elle s'habillait et elle avait beau changer de fréquence, il était impossible d'y échapper. Elle avait donc éteint la radio. C'était également dans les pages de la Gazette du Sorcier et elle en avait entendu parler dans Grand Rue quand elle avait transplané. A l'intérieur même de l'épicerie, des petits fanions animés représentaient Harry Potter. Et les sucettes Harry Potter étaient en promotion, à quatre mornilles au lieu de dix. Honnêtement, même si elles avaient été données, Rosaleen n'aurait pas acheté de sucette Harry Potter ni quoi que ce soit qui pouvait représenter ce dernier, songea-t-elle en adressant un regard méprisant à un fanion, planté au milieu des fruits et des légumes.

Il aurait été facile de dire que c'était parce qu'elle s'appelait Lestrange si elle n'aimait Harry Potter et si son anniversaire ne lui faisait ni chaud ni froid. Quoique, plutôt froid en réalité. Et c'était peut-être vrai, en un sens. Potter était l'instrument indirect qui avait détruit sa famille et de nombreuses autres familles de Sang-Pur. Certes, tout n'était pas de sa faute et se rallier au Seigneur des Ténèbres n'était pas une idéologie qu'elle approuvait. Mais Potter, ce héros. Cette idée l'hérissait. Oui, il avait détruit le Seigneur des Ténèbres et avait ramené la paix dans le monde des sorciers, c'était indéniable et on ne pourrait jamais lui retirer ce mérite là. Mais l'Ordre du Phénix et tous les résistants, tous ces gens qui étaient du "bon coté", du coté des gagnants, ils avaient tué aussi. Ils avaient tué des membres de sa famille, des amis de ses parents, des Sang-Pur. Et ils étaient là, dehors, à parader, avec leur Ordre de Merlin, libre et admirés, tandis que de nombreuses personnes comme son père étaient à Azkaban, en train de dépérir dans leur cellule. La différence entre un tueur de l'Ordre et un tueur Mangemort ? Le premier a eu l'intelligence d'être dans le bon camp. Oh, ils se trouvaient toujours des excuses. Ils se battaient pour une idéologie, qu'ils disaient. Pour un monde juste. Mais ils avaient tendance à oublier que les Mangemorts se battaient exactement pour la même chose. S'ils avaient voulu un monde réellement juste, tout le monde aurait été jugé pour ses actes. Dans les deux camps. Et les deux auraient été punis. Pas simplement les perdants. Elle était là, l'injustice. Les gagnants prenaient tout. Leur vérité devenait la vérité. Leurs actes, aussi méprisables soient-ils, devenaient admirables. Parce qu'ils avaient gagné. Et s'ils avaient gagné, c'est qu'ils avaient raison. C'était la loi du plus fort. C'était vainqueurs qui écrivaient l'Histoire. Alors non, elle ne voulait pas fêter l'anniversaire d'Harry Potter. Elle ne voulait pas s'en réjouir. Tout comme à ses yeux, le deux mai ne serait jamais que le jour de la mort de sa mère et de Regulus, ainsi que la naissance d'Oreste, le trente-et-un Juillet resterait une date comme les autres. Peut-être un peu plus triste, certes. Mais pas quelque chose de bien pour sa famille et elle.

Songeuse, elle attrapa deux bouteilles en verre de jus de citrouille qu'elle déposa dans le cabas agrandi magiquement qui servait à leur Elfe pour faire ses courses. Peut-être trois, songea-t-elle, avec cette chaleur. Et Oreste aimait beaucoup le jus de citrouille, il en consommait beaucoup. Mais peut-être qu'ils ne pouvait pas se le permettre. Elle déposa le cabas à ses pieds pour sortir sa bourse et en compter le contenu. Leur Elfe avait pour consigne d'être très vigilant sur les dépenses et elle faisait de même. En même temps, elle avait été payée aujourd'hui par Bob, le patron du Circée mais n'était pas passé à Gringotts. Elle pouvait dépenser un peu plus et remplir de nouveau la bourse avec son argent, en passant à la banque. Elle pouvait bien acheter une bouteille de plus pour Oreste, quand même. Il adorait cela. Et puis c'était agréable, pour le goûter. Elle en prenait trois, se décida-t-elle en prenant une nouvelle bouteille. Et peut-être aussi une tarte à la citrouille, pour le dessert. Celles que faisaient la femme de l'épicier étaient vraiment bonnes. Rien ne les empêchait de faire un petit extra. Après tout, n'était-ce pas jour de fête ? pensa-t-elle, sarcastique. Elle en était là de ses réflexions à parcourir la petite surface, tandis que l'épicier lisait le journal derrière son comptoir. Elle en était là de ses réflexions, à regarder autour d'elle pour trouver quoi prendre, quand la sonnette de l'épicerie retentit et que l'épicier lança un salut jovial. L'entrée lui était dissimulée par une étagère, mais elle ne tarda pas à se retrouver nez à nez avec l'autre client au rayon du lait et des œufs, ainsi que tous les autres produits fermiers. Elle avait pris trois bouteilles de laits en verre, ainsi que une boite d’œufs quand son regard se posa sur Théo Nott, ce qui fit immédiatement naître un grand sourire sur ses lèvres.

Théo était entré à Poudlard un an après elle, alors que les ressentiments contre les enfants de Mangemorts étaient encore très vifs. S'appeler Nott ou Lestrange à l'époque était loin d'être quelque chose de facile et les élèves de Poudlard n'hésitaient pas à s'en prendre aux enfants des Mangemorts, comme par vengeance de ce qu'ils avaient subi, eux ou leurs familles. Rosaleen avait réussi à se faire oublier un petit peu, en étant toujours discrète et effacée et en prouvant qu'elle n'avait rien de l'image que l'on avait des Sang-Purs à l'époque. Sa Répartition à Poufsouffle avait également aidé. Il faut dire qu'il valait mieux pour une Lestrange d'après-guerre être répartie chez les loyaux, tolérants, travailleurs et patients que chez les Serpentard, maison qui souffrait énormément de ce qui avait pu se passer durant l'Année des Ténèbres. Elle le reconnaissait, elle avait été lâche. Théo avait subi les même choses qu'elles lors de son arrivée à l'école et elle n'avait pas osé intervenir, de peur de perdre le peu de sécurité, le peu de confort qu'elle avait acquis en faisant profil bas pendant toute une année. Elle n'avait même pas sacrifié ce confort pour sa propre sœur Reyna, alors pour un garçon qu'elle ne connaissait que peu, en réalité, à travers les réceptions et les liens de leurs familles. Elle se contentait d'être là, de loin, de lui adresser des sourires ou de ramasser ses livres quand on le poussait. Ce n'était pas grand-chose, mais elle espérait que c'était déjà cela, juste une présence un peu réconfortante, un sourire au milieu des visages hostiles, parce que vous n'aviez beau avoir que onze ans, vous vous appeliez Nott ou Lestrange. Quand les choses s'étaient apaisées, elle avait pu aller lui parler, sans que personne ne hurle au scandale, sans qu'on dresse un bûcher d’exécution. Elle appréciait Théo, c'était quelqu'un de gentil et de cultivé et qui avait en plus le mérite de parfaitement comprendre sa situation ou ce qu'elle pouvait ressentir, étant donné qu'il était dans la même. Les deux héritiers de familles déchues, les deux aînés sur lesquels reposaient beaucoup d'espoirs, les deux enfants de Mangemorts, les deux ostracisés par leurs camarades, les deux grands perdants au jeu de l'Histoire. Elle posa doucement le cabas qui lui pesait sur le bras sur le sol, faisant s'entrechoquer doucement les bouteilles dans un bruit de verre.

- Théo, le salua-t-elle, agréablement surprise de le croiser. Comment vas-tu ? Comment se sont passés tes ASPICS ? Tu connais déjà les résultats ?

Elle se demandait sincèrement dans quoi s'orienterait-il l'année prochaine. Surtout que le système avait changé depuis sa propre sortie de Poudlard : une université était désormais obligatoire. Cela déplaisait fortement à ses grands-parents, qu'on force leurs petits-enfants à faire quelque chose, surtout que Poudlard même n'était pas obligatoire. Ils haïssaient le MIM, profondément, et chacune de ses réformes. Obliger d'honnêtes sorciers à aller étudier parmi les moldus, c'était répugnant, affirmaient-ils. Très honnêtement, même si Rosaleen n'était pas aussi extrême que ses grands-parents sur les moldus, elle était ravie d'échapper à cette réforme et plaignait ses cadettes et Oreste.

- Tu prépares un banquet pour ce grand jour de fête ? interrogea-t-elle, un sourire un peu triste aux lèvres.


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"Vous voulez une sucette Harry Potter, monsieur ?"

Théo vrilla son plus beau regard noir sur la jeune fille au t-shirt rouge Gryffondor qui venait d'oser lui faire une telle proposition. Une sucette Harry Potter, et puis quoi encore ?! Même gratuite, Théo n'en voulait pas.

"Non. Et vous, vous souhaitez une sucette Marque des Ténèbres ?", lâcha-t-il d'un ton acide, avant de s'éloigner à grands pas. Réponse de bien mauvais goût, il fallait le reconnaître, qu'il ferait mieux ne pas répéter à un représentant des forces de l'ordre s'il ne voulait pas être condamné pour apologie de crimes racistes. Mais c'était si jouissif de voir le visage offensé des deux hippies qui distribuaient les sucettes pour il ne savait quelle opération publicitaire que Théo n'éprouva pas le moindre remord. Enfin, on n'avait pas idée de célébrer ainsi l'anniversaire d'une célébrité ! Les gens n'avaient-ils donc rien de mieux à faire ? Certes, Harry Potter était un être admirable, l'Elu, le monde lui devait une fière chandelle, etc... Mais était-ce une raison pour lui vouer un tel culte ? La guerre était encore présente dans tous les esprits, elle était récente et avait été trop douloureuse, pour trop de personnes. Pour Théo, ce type d'évènement ne serait jamais jour de fête.

S'éloignant à grands pas des deux sorcières, Théo traversa la rue principale de Pré-au-Lard avec empressement. Il faisait une sacré chaleur en plein soleil et il avait hâte de pénétrer dans la petite épicerie pour recevoir un peu de fraîcheur. Et dire qu'il allait probablement faire bien plus chaud en Italie... Le jeune sorcier n'était vraiment pas habitué à ces températures et n'appréciait guère la chaleur. Il se sentait bien plus à l'aise en hiver, enveloppé dans une confortable cape en fourrure, à observer la neige tomber. L'été, on transpirait, on manquait d'air, on prenait des coups de soleil, on avait soif... C'était l'enfer. Théo entra donc avec soulagement dans l'épicerie et attrapa un paquet de papier toilette qu'il jeta dans son cabas en retenant un soupir. Ce qu'il pouvait détester faire les courses ! C'était ennuyeux, agaçant, il fallait se décider entre tel et tel produit, et payer un prix toujours trop salé. Même si sa famille n'était pas exactement dans le besoin, elle était également bien loin de sa richesse d'antan, la guerre était passée par là.

La guerre...On en revenait toujours à ça, songea-t-il quand son regard tomba alors sur une sorcière qu'il n'avait pas vu depuis un moment. Aussitôt, il arrêta de râler intérieurement et lui adressa un grand sourire, heureux de cette rencontre inopinée. Théo avait toujours apprécié Rosaleen, pour la simple et bonne raison qu'elle était comme lui. Elle avait vécu la fin de la guerre plus durement que lui encore, ayant perdu plusieurs membres de sa famille, dont son père qui avait été incarcéré. D'après ce que lui racontait son propre père quand il allait lui rendre visite, le pauvre monsieur Lestrange n'avait plus toute sa tête. Rosaleen était donc bien placée pour savoir ce que cela faisait que d'être une enfant de mangemort, et en avait subi les conséquences tout comme lui, entrée à Poudlard un an auparavant. Quand à son tour il avait rejoint le château, Rosaleen avait représenté le visage le plus bienveillant que l'école pouvait lui offrir. Théo avait eu quelques points d'ancrage, ainsi, des personnes qu'il ne connaissait pas mais dont il était proche du simple fait de leur histoire. Margot, Ulrich, Rosaleen... Les enfants de mangemort, de fait, avaient cette connexion, cette compréhension tacite, encore renforcée en un jour comme celui-ci.

Théo salua Rosaleen avec un sourire, qui se fana légèrement à ses propos.

"J'organiserai un banquet le jour où nos pères seront libérés de prison", répondit-il d'un ton amer.

Autrement dit, jamais. Leurs pères étaient enfermés à perpétuité à Azkaban pour avoir rejoint le mauvais camp. Certes, ils avaient commis des crimes mais, par Merlin, c'était la guerre ! Son père ne faisait pas partie des grands lieutenants de Lord Voldemort, il n'avait rejoint les rangs que la seconde fois, son frère se faisant vieux. Soutenir sa famille et défendre une cause qui était la sienne n'aurait pas du être puni, pas si sévèrement, du moins. C'était la guerre. Théo avait toujours ressenti cette injustice avec virulence, même s'il gardait généralement cette opinion pour lui. Il méprisait cette justice à deux vitesses, cette justice qui avait cru bon de laisser un homme tel que Lucius Malefoy en liberté pendant des années mais qui estimait nécessaire de le priver de son père pour toujours. Quelques visites, quelques fois par an, entre les murs sinistres d'Azkaban, voilà tout ce à quoi il avait droit. Et ce n'était pas suffisant, et c'était injuste, étant donné les crimes de son père. Même s'il ne les connaissait pas avec exactitude, même s'il restait une question qu'il n'avait jamais osé poser à son père. Une question dont il pourrait probablement trouver la réponse facilement, dans le compte-rendu du procès, peut-être... Mais il n'en avait jamais trouvé le courage.

Théo s'efforça de chasser ces pensées sinistres de son esprit et répondit à Rosaleen.

"Je devais faire quelques courses. Notre elfe de maison est malade, je ne sais pas exactement ce qu'il a attrapé mais ça a l'air très douloureux... Bref, je me suis dis que j'allais en profiter pour aller boire un verre aux Trois Balais. Peut-être souhaites-tu m'accompagner une fois nos achats terminés ?"


Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Le triste sourire de Rosaleen se fana lorsqu'elle entendit la réponse de Théo et son ton amer. C'est un ton qu'elle aurait pu utiliser si elle ne s'était pas interdit de laisser transparaître quoi que ce soit à Oreste, qui était encore bien trop jeune pour comprendre tous les enjeux de la guerre. Rosaleen le lui avait expliqué, une version plus délicate que celle livrée par leurs grands-parents, beaucoup trop amers pour un petit garçon de neuf ans. Il y avait eu deux guerres, parce que les gens n'étaient pas d'accord sur des choses. Leur famille était dans un camp. Et ils avaient perdu. Alors on avait mis leur père en prison. Et quand Oreste avait demandé si c'était pour toujours, Rosie n'avait pas eu le cœur de lui dire la vérité. Que Rasaben Lestrange mourrait en prison, son esprit s'en étant allé depuis longtemps. Le père et le fils ne s'étaient jamais rencontré. Azkaban n'était pas un endroit pour un enfant en bas-âge, Oreste venant de naître quand leur père avait été arrêté, et personne n'avait voulu infligé à Oreste la vision de leur père perdant l'esprit. Reyna et Reda venaient de temps en temps, Reyna plus souvent que leur benjamine, plus sensible. Rasaben ne parlait plus depuis des années, Rose n'était même pas sûre qu'il l'entende. Mais elle venait, elle s'asseyait face à lui et elle lui parlait, lui racontait toute leur vie, à elle et aux petits. Elle montrait des photos, les lettres qu'Oreste écrivait. Et puis elle partait. Et son père n'avait pas bougé de tout l'entretien. Ses grands-parents avaient une version beaucoup plus brusque de la chose et avaient clairement expliqué pourquoi tout cela avait eu lieu et ce que le reste de la société magique leur avait fait. C'est depuis ce jour-là que Oreste voulait devenir chasseur de membres de l'Ordre du Phénix et Rosie l'avait surpris à dessiner des semblants de Marques des Ténèbres. Elle avait été très ferme sur ce point là : il ne devait jamais recommencer et ne jamais répéter ce que leurs grands-parents avaient dit. Elle n'avait pas envie qu'il soit ostracisé plus qu'il ne le serait déjà, parce qu'on ne l'avait pas assez protégé. Reyna souffrait déjà bien assez de cette erreur et elle voulait éviter que Oreste connaisse la même chose.

- Nous serons deux, répondit-elle en lui adressant un sourire en coin. Ce sera l'occasion de montrer à mon père que je suis la digne fille de ma mère quand il s'agit d'organiser des réceptions.

Sa mère avait été célèbre au début de son mariage pour ses qualités de maîtresse de maisons et ses soirées furent un temps les plus courues. Puis elle était devenue mère avec la naissance de Regulus et leur père avait demandé à ce qu'elle passe le plus de temps possible auprès de leur fils et les réceptions de Circée Lestrange étaient passées dans l'oubli. Mais Rosaleen avait beaucoup appris de sa mère, qui cuisinait parfois certaines choses elle-même, pour le plaisir, et qui supervisait les Elfes de très près. Rosaleen s'était appliquée à transmettre cela à Reda, à défaut de pouvoir le faire avec Reyna, leurs relations étant beaucoup trop tendues. Selon sa mère, le meilleur moyen de conquérir un mari était de l'accueillir le soir avec un dîner parfaitement préparé par les Elfes et de lui servir en dessert quelque chose réalisé par les soins de l'épouse. Sa grand-mère disait que l'on séduisait un homme en commençant par son estomac, adage qui avait toujours amusé Rosaleen, ayant du mal à imaginer sa grand-mère aux fourneaux. Enfin, de toute manière, même si son père sortait de prison, il ne verrait sûrement pas ses efforts. Il avait perdu l'esprit depuis longtemps et ne le recouvrerait sûrement jamais, elle avait arrêté d'y croire. Elle avait toujours admiré son père, elle se rappelait de sa vigueur et de son emportement dans ses discours, elle, petite fille qui le regardait avec de grands yeux. Elle savait également que c'était lui qui l'avait sauvée d'un mariage désastreux avec Gregory Yaxley. Son père avait toujours été son héros, celui qui protégeait la famille, celui qui la protégeait, l'homme qui lui effleurait la joue du bout des doigts il y a quelques années et qui l'appelait "ma fille." Son cœur se serra brusquement à cette pensée et elle papillonna des yeux. En dérivant vers son père, ses pensées dérivaient également vers sa mère qu'elle revoyait, assise devant sa coiffeuse et qui lui parlait d'une voix toute douce, une voix caressante qu'elle avait encore l'impression d'entendre quand elle sentait les larmes perler à ses yeux, le soir dans son lit. Et son frère, son Regulus, qu'elle revoyait bondir sur Yaxley à un dîner, lorsqu'il avait été incorrect. Ils étaient tous partis. Arrachés par la guerre. Et aujourd'hui, c'était cela que l'on célébrait à travers Harry Potter. Des familles déchirées. Des gens assassinés. Et ils étaient là, ceux qui étaient resté, à voir ce jour célébré.

- J'aimerais beaucoup, accepta-t-elle avec un sourire.

L'invitation de Théo lui changeait les idées, songea-t-elle en éloignant sa famille de son esprit. Elle souleva de nouveau son panier et prit deux paquets de farine, elle avait entendu leur Elfe marmonner à ce sujet dans les couloirs du manoir hier soir.

- As-tu pu lire tes résultats d'ASPICs avant de partir ? s'enquit-elle en avançant dans les rayons. Ta mère en parlait à ma grand-mère il y a quelques jours. Je la vois beaucoup en ce moment, je lui ai d'ailleurs demandé de te saluer. Et comment va ta sœur ? Ses BUSES se sont bien passées ? Je ne doute pas de votre réussite respective, affirma-t-elle en se retournant pour lui adresser un grand sourire. Nous pourrions organiser un petit dîner pour fêter cela ! Je serai enchantée de revoir Artémis et ma grand-mère serait sûrement ravie de te voir. Que prévois-tu pour les vacances ?


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Théo NottAncien personnageavatar
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"Je suis persuadé que tu excelles dans cet art", répondit Théo avec un sourire en coin. Il ne la connaissait pas beaucoup mais à première vue, Rosaleen correspondait tout à fait à l'idéal de la fille de bonne famille et Théo ne doutait pas un instant qu'elle serait un jour une maîtresse de maison raffinée et réputée. Il y avait d'ailleurs quelque chose d'assez symptomatique dans la façon dont elle s'était exprimée. "Ce sera l'occasion de montrer à mon père"... Une formulation qui franchissait souvent les lèvres de Théo, et qui se matérialisait plus souvent encore dans ses pensées. Théo songea avec une pointe de tristesse que le père de Rosaleen n'était plus exactement à même d'apprécier les talents de sa fille, mais ne dit rien à ce sujet. En ce jour sombre, Rosaleen et lui avaient besoin de pensées plus positives et ce fut dans cette optique qu'il lui proposa d'aller boire un verre aux Trois Balais. Théo fut ravi qu'elle accepte, et lui adressa un sourire de gratitude tout en attrapant un paquet de gâteaux distraitement. Cette journée prenait un tour particulièrement inattendu et agréable, étant donné la date. Pourtant, elle avait très bien commencé, avec le courrier du matin, mais il avait suffit que Théo mette le nez hors de chez lui pour que les amoureux de Potter n'assombrissent son humeur. Grâce à cette rencontre inopinée, le jeune Nott allait pouvoir oublier tout cela et célébrer ses ASPICs en compagnie d'une jeune femme charmante dont il avait bien l'intention de se faire une amie maintenant qu'il pouvait la voir n'importe quand. Quelque chose lui disait que si Rosaleen et lui avaient eu le même âge, ils seraient amis depuis bien longtemps.

Un grand sourire de gamin illumina le visage du jeune homme quand Rosaleen mentionna ses résultats d'ASPICs. Merlin, ce qu'il avait appréhendé l'ouverture de cette enveloppe ! Tout d'abord, il avait prié tous les dieux moldus et sorciers existants pour ne pas connaître à nouveau l'intense frustration de voir ses copies brûler sans que les résultats ne soient divulgués. Ensuite, une fois la précieuse missive entre les mains, il avait senti toute couleur s'échapper de ses joues et le regard de sa mère brûler sur lui. C'était le moment, celui pour lequel il avait travaillé pendant huit ans, celui sur lequel reposait son futur au département des oubliators. Son dossier avait beau être bon et son entretien s'être bien passé, Théo savait pertinemment que le choix des stagiaires se ferait ultimement sur les résultats d'ASPICs. Toute sa vie, il avait rêvé d'un bon emploi au ministère et la réussite aux ASPICs en était un présupposé. Alors il avait travaillé, avec acharnement et passion, en bon Poufsouffle, mettant de côté ses pensées quant à sa dispute avec Samaël le temps des épreuves. Il avait l'impression de s'en être bien sorti, mais le moment venu, lorsqu'il avait tiré la feuille de parchemin de l'enveloppe, toutes ses certitudes s'étaient envolées. Et s'il avait échoué ?

Mais il n'avait pas échoué. Ses résultats avaient été très bons, dépassant de loin ses attentes, lui qui espérait surtout avoir un Optimal en sortilèges pour sa carrière à venir. Heureusement, il l'avait obtenu et cela n'était pas le seul. Un véritable soulagement l'avait alors envahi mêlée d'une grande fierté. Théo était peut-être loin d'être l'élève le plus brillant de sa promotion mais il était l'un des plus travailleurs, étant aussi l'un de ceux qui passaient le moins de temps avec ses amis ou au terrain de Quidditch et le plus de temps à la bibliothèque. Et il était revenu de loin, songea-t-il en se remémorant ses résultats de première année, bien loin de ce dont il était capable en temps normal... Finalement, Théo avait l'impression que les changements qui avaient bouleversé sa vie les mois précédant les épreuves l'avaient aidé plus qu'ils ne l'avaient perturbé dans la préparation des ASPICs. Il avait trouvé dans ses manuels et ses notes de cours un refuge familier, un point d'ancrage face à sa vie qui déraillait quelque peu et se concentrer sur les ASPICs lui avait permis de cesser de penser à Samaël pendant quelques heures. C'était rassurant, de savoir qu'il était capable de faire front et de garder le sens des priorités, même quand sa vie affective prenait beaucoup de place. Ces résultats, ces trois petits O, ne semblaient pas signifier grand chose, là, sur le parchemin. Mais pour lui, ils avaient énormément de sens. Ils voulaient dire qu'il était capable de s'investir et de travailler pour obtenir quelque chose, lorsqu'il ne le prenait pas pour acquis comme l'an passé. Ils voulaient dire qu'il avait su tirer les leçons du passé...

"J'ai eu mes résultats, oui !", lâcha-t-il, rayonnant de fierté et de bonne humeur. "J'en ai eu six, sur sept passés ! Désolant en Arithmancie, évidemment. Cela dit, je ne sais pas si tu as entendu parler du professeur Sorden mais je ne suis pas trop déçu d'avoir raté sa matière..."

Théo avait toujours eu un peu de mal avec le style de la pétulante bonde, à cause de son manque de retenue. Américaine, voilà un qualificatif qui lui correspondait fort bien... Mais les révélations de fin d'année avaient jeté un éclairage tout différent sur leur année et il n'avait pu empêcher un frisson d'horreur l'envahir à la pensée qu'il avait suivi les cours d'une mardolienne, et une qui n'hésitait pas à tuer, qui plus est. Une qui était responsable de l'avalanche qui aurait pu tuer sa soeur... Il espérait de tout son coeur qu'elle passerait le restant de ses jours à Azkaban, cette terroriste, car il était hors de question qu'elle ait une peine moins lourde que son père. Il était prêt à mettre le feu au Ministère le cas échéant.

"A en étude des moldus, ce qui est...eh bien, parfait. Je me demande si ma mère aurait apprécié un Optimal", ajouta-t-il avec un bref éclat de rire.

Tout en discutant, il avançait doucement dans les rayons en jetant des articles un peu au hasard dans son cabas. Théo ne voulait que quelques articles pour pouvoir se sustenter lors de son arrivée en Italie, mais Samaël et lui trouveraient ensuite à manger directement sur place.

"A en étude des runes également, un peu décevant mais bon je n'étais déjà pas persuadé de réussir la matière. E en astronomie, O en potions, sortilèges...et métamorphose ! Tu peux être fière de moi."

Il lui lança un petit clin d'oeil amusé avant de bomber un peu le torse, ravi. Elle était la première de ses amies à qui il annonçait ses résultats, hormis Samaël qu'il avait contacté immédiatement, évidemment.

"Trois Optimal, dans mes trois matières phares qui plus est, je suis vraiment fier de moi, ce n'était pas gagné d'avance... Même si j'imagine sans mal que tu avais fais tout aussi bien voire mieux, pour réussir Lycaon ! Quant à Artémis, je ne sais pas pour ses BUSEs, malheureusement. J'avais pas mal de choses à faire ce matin et j'ai dû partir tôt, avant qu'elle soit levée. Ma mère et moi nous sommes fait violence pour ne pas ouvrir son enveloppe. Je le saurai ce soir, en rentrant. Je croise les doigts pour elle mais je ne m'inquiète pas trop."

Semi-vérité, songea Théo en se rappelant le comportement parfois étrange qu'avait adopté sa soeur ces derniers mois. Il avait hâte de rentrer pour savoir ce qu'il en était... Mais pas hâte au point de sacrifier sa discussion avec Rosaleen, cependant, songea-t-il en jetant un dernier coup d'oeil à sa petite liste. Parfait, il avait tout.

"Organiser un dîner pour célébrer me paraît être une excellente idée, quoi qu'il en soit ! Je serais ravi de voir ta grand-mère également. Je suis content si ma mère passe du temps avec ta famille, ça m'attriste de penser qu'elle est seule toute l'année lorsque nous sommes à Poudlard..."

Tout à son excitation post-résultats, Théo ne réalisa pas qu'il était peut-être un peu étrange que Rosaleen ait vu souvent sa mère, ces derniers temps. Pourquoi sa mère passerait-elle du temps avec les Rosier ? Bah, elle devait bien avoir ses raisons ! Il en était ravi, car il y avait bien pire compagnie parmi leur entourage que Rosaleen et sa famille. Les Parkinson, pour ne pas les citer...

"Et toi, comment se déroulent tes études ? Qu'est-ce que tu envisages pour l'avenir, au juste ?", l'interrogea-t-il avec intérêt, tout en se dirigeant vers les caisses.



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Rosaleen baissa les yeux sur son cabas pour regarder ce qu'il lui manquait et tendit la main pour attraper deux marmelades d'orange. Leur Elfe avait un problème avec les confitures et marmelades, les siennes n'étaient pas vraiment très bonnes et il n'arrivait pas à s'améliorer. Il fallait aussi dire qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour lui avec tout ce que sa grand-mère lui faisait faire. Il faut dire qu'auparavant, Daria avait deux Elfes. Mais avec la loi Granger sur la liberté des Elfes, Freaky avait estimé que l'herbe était plus verte ailleurs et était devenu un Elfe qui travaillait en libéral et n'appartenait plus à aucune famille, choisissant les personnes pour qui il travaillait. Mercy, leur deuxième Elfe, était lui resté et faisait le travail de Freaky en plus du sien. Il était payé comme la loi l'exigeait et bien traité, c'était un fait. Daria était peut-être exigeante, mais pas cruelle. Enfin, quoi qu'il en soit, ils étaient réduits à acheter leurs confitures à l'épicerie, surtout qu'Oreste en consommait énormément tous les matins avec ses pancakes. Ce n'était même plus des pancakes à la marmelade mais de la marmelade aux pancakes au vu des quantités qu'il étalait dessus. Elle songea au contenu de sa bourse et s'abstint de prendre de la confiture de framboises, qui était sa préférée. Oreste n'aimait pas ne pas avoir sa marmelade, cela le mettait de mauvaise humeur. Elle posa les yeux sur Théo en entendant son ton et le voir aussi fier et épanoui fit naître sur ses lèvres un grand sourire réjoui et même un peu attendri. Elle aussi avait attendu ses résultats avec tellement d'impatience et avait été plus qu'heureuse de ses notes. Elle l'était encore chaque année, à la fin de ses examens. Et Théo avait de quoi être heureux ! Six ASPICS, c'était quelque chose de fantastique !

- Oh, Théo, c'est vraiment merveilleux, je suis très heureuse pour toi ! assura-t-elle, chaleureuse et sincère. Avec ces résultats, tu vas embrasser une carrière fantastique, j'en suis certaine !

Elle hocha la tête quand Théo mentionna Ana Sorden. Rosaleen avait lu son interview en automne, dans Sorcière Hebdo et elle avait trouvé qu'elle manquait de classe. Mais c'était son point de vue de jeune fille de bonne famille anglaise face à une exubérante américaine, ce n'était pas très objectif. Ana Sorden avait été pendant longtemps un nom mentionné de temps à autre dans les lettres de ses sœurs ou lorsqu'elles revenaient à la maison. Elle avait été horrifiée de ce qu'elle avait appris dans le journal. Une enseignante de Poudlard qui était en réalité une Mardolienne, ce qui était déjà un crime grave, mais qui était en plus une meurtrière qui avait essayé de s'en prendre aux élèves de Poudlard, à des enfants innocents ! Reyna et Reda n'étaient pas parties en Laponie mais c'était tout de même horrible ce qui c'était passé, elle l'avait appris dans leurs lettres et dans la Gazette du Sorcier. Elle ne comprenait pas comment des humains pouvaient agir de cette manière, surtout envers des enfants. Théo n'avait pas eu de chance d'avoir des cours avec elle. Tous les élèves de Poudlard étaient malchanceux de l'avoir connue. L'avantage de l'arrestation d'Ana Sorden était le fait de pouvoir désigner un coupable pour l'avalanche en Laponie qui avait blessé des élèves de l'école, ainsi que des enseignants. Rosaleen était ravie qu'elle paye pour ses actes, elle l'avait vraiment mérité, pas comme son père, pas comme le père de Théo. Elle devait finir ses jours à Azkaban, ainsi que tous les autres Mardoliens. Eux étaient une véritable menace pour le monde magique et le Ministère n'arrivait pas à les faire tomber. Le MIM était véritablement d'un laxisme et d'une incompétence rare ! Le SPAM voire même l'APPEL aurait dû arriver au pouvoir. Elle attendait les prochaines élections avec impatience et sa voix irait sûrement de nouveau à John Warlock s'il se représentait, en opposition au MIM et à Fiennes.

- Oui, j'ai entendu parler d'Ana Sorden. Nous ne sommes vraiment plus en sécurité nul part, soupira-t-elle en faisant quelques pas dans les rayons, laissant ses yeux s'attarder sur quelques bocaux remplis de douceur. Non, ce n'était pas raisonnable. Tes notes sont vraiment remarquables, quatre O !

Elle rit lorsque Théo affirma qu'elle pouvait être fière de lui pour son O en Métamorphose. Elle avait beau adorer cette matière, elle pouvait comprendre qu'elle ne soit pas au goût de tout le monde, c'était un art délicat, rigoureux et difficile mais tellement gratifiant et puissant.

- Je suis très fière de toi ! affirma-t-elle. Et de tout le chemin que tu as parcouru depuis ta première année.

Tous les enfants de Mangemorts revenaient de loin et Théo Nott ne faisait pas exception à la règle : ils avaient un an de différence et il était rentré à l'école l'année suivant la guerre, quand la blessure était encore à vif dans toutes les mémoires. Ils n'avaient pas eu des scolarités faciles, brimés et martyrisés par leurs camarades alors qu'ils n'étaient que des enfants. Néanmoins, au fil des années, elle avait l'impression qu'elle s'en était sortie mieux que Théo, qu'elle avait fini par être mieux intégrée que lui qui semblait profondément malheureux. Il faut dire que Théo et elle n'avaient pas le même caractère, elle avait fait de nombreux efforts pour se faire apprécier ou du moins respecter des autres, coûte que coûte. Reyna lui reprochait de s'être écrasée devant la pression populaire et Rosaleen comprenait son point de vue : elle avait fait des choses dont elle n'était pas très fière aujourd'hui. Elle n'avait pas soutenu sa propre sœur lorsqu'elle était arrivée à Poudlard et qu'elle avait beaucoup souffert de l'attitude des autres, elle n'avait pas non plus soutenu Théo, de peur de perdre le peu de confort et de sécurité qu'elle avait acquis en un an. Sa place était précaire, elle le savait, elle l'avait toujours su, et le moindre faux pas aurait pu tout faire basculer. Elle avait été lâche, elle le savait, elle le reconnaissait et elle n'en n'était pas fière. Mais est-ce qu'elle changerait les choses si elle devait revenir dans le temps ? Elle n'aurait pas la prétention d'affirmer que oui, elle ne le savait pas elle-même. Les choses étaient ce qu'elles étaient de toute manière, pourquoi revenir sur le passé ? C'était un sujet qu'elle évoquait rarement, surtout à Lycaon où il y avait beaucoup d'étudiants étrangers qui n'auraient pas pu comprendre le climat d'après-guerre de l'Angleterre. Elle n'en n'avait jamais vraiment discuté calmement avec Reyna, elles se disputaient dès que le sujet venait entre elles, ce qui arrivait à presque chaque conversation. Alors elles ne parlaient pas. Quant à Théo, elle n'avait pas non plus envie d'évoquer ce qui avait pu se passer, elle avait trop honte. Elle rosit légèrement quand Théo affirma qu'elle avait sûrement fait mieux à ses propres ASPICS.

- J'ai obtenu sept ASPICS mais nous n'avons pas du tout le même profil, tu as été excellent sur les matières principales, par exemple. J'ai obtenu un O en Métamorphose - pour Lycaon, c'est normal - ainsi qu'en Astronomie. Mais je n'ai eu qu'un A en Potions, en Botanique, en Sortilèges et en Histoire de la Magie. Un E en Runes, aussi. Tu as eu plus d'Optimal que moi, conclut-elle, et de meilleures notes en globalité. Pour Lycaon, c'est surtout mon entrainement depuis ma cinquième année qui a payé, ainsi que ma capacité Animagus, évidemment.

Elle avait travaillé dur pour ses ASPICS mais avait également énormément préparé son concours à coté de cela, ce qui l'avait poussé à faire un tri dans ses matières, en faisant des impasses en potions par exemple et sur l'énorme programme d'Histoire de la magie. Elle l'avait vraiment regretté lorsqu'elle s'était retrouvée devant sa copie mais elle avait eu de la chance et était tombée sur des sujets qu'elle maitrisait relativement bien, ce qui lui avait permis d'obtenir sept ASPICs sur sept passés. Elle avait eu de la chance d'être prise à Lycaon, malgré des résultats qui n'étaient pas très élevés pour une école prestigieuse. Elle était très bien préparée pour l'écrit et avait réussi l'épreuve pratique relativement bien. Sa capacité d'Animagus - qui n'était pas généralisée à Lycaon, tout le monde ne l'était pas - et son entretien avaient sûrement beaucoup pesés dans la balance.

- Tu me tiendras au courant pour Artémis même si je pense qu'elle est aussi talentueuse que son frère aîné ! lança-t-elle en se dirigeant vers le comptoir où l'épicier était accoudé.

Cette remarque la ramena immédiatement vers Regulus. Il aurait sûrement eu d'excellents résultats s'il avait eu la chance de les passer un jour. Et il aurait sûrement un excellent métier aujourd'hui, qui ferait la fierté de toute la famille. Peut-être dans les potions ? Il avait toujours aimé les potions. Il aimait énormément les créatures magiques aussi mais leurs grands-parents trouvaient cela moins noble que les potions. Leur père avait eu des parts dans une entreprise de potions, cela aurait été une jolie manière de lui rendre hommage. Rosie ne savait pas si son frère serait rentré au Ministère, avec son nom. Elle espérait que ce serait le cas pour Oreste, les plaies seront moins béantes dans huit ans, il aura plus de chance de réussir sa carrière sans que son héritage familial ne l'entrave trop dans son avancement. Après tout, le nom des Lestrange et l'avenir de toute la famille reposait sur ses épaules. Il n'avait que dix ans mais il portait ce poids depuis sa naissance, le deux mai 1998, lorsqu'il était devenu le seul héritier mâle des Lestrange.

- Ta mère et ma grand-mère seront trop heureuses de ce dîner, affirma-t-elle, amusée, tandis que l'épicier annonçait ce qu'elle devait. Ma grand-mère adore les ragots matrimoniaux.

Elle compta les pièces de sa bourse avec appréhension et laissa échapper un soupir de soulagement en constatant qu'elle avait pile le compte. Elle avait additionné mentalement pendant toute la durée de ses courses, pour s'assurer de ne pas avoir à vivre l'humiliation de devoir reposer un ou plusieurs articles. Ils devaient se serrer la ceinture durant l'été, les rentrées de Reyna et Reda coûtaient très chères à chaque fois, avec tous les nouveaux livres et nouvelles affaires à acheter, ainsi que des robes pour Reda qui grandissait encore... Et Rosaleen aussi continuait ses études, ce qui était un poids pour ses grands-parents. Heureusement, ses heures au Circée lui permettait d'assurer ses frais scolaires et de soutenir la rentrée des filles, notamment en achetant quelques nouvelles robes aux filles, de chez Madame Guipure, qui était moins chère que T&T. Elle reprit son cabas et s'effaça pour laisser Théo payer ses achats, tandis qu'il l'interrogeait sur ses études.

- J'ai validé ma deuxième année ! annonça-t-elle avec un sourire réjoui. Je suis quelque peu déçue de ma note d'analyse des formes animales et de leur rapport avec le subconscient humain, l'enseignante m'a dit que j'avais fait des contresens et que j'étais tombée dans des pièges trop faciles.

C'était une matière très difficile en même temps, Rose avait eu des difficultés toute l'année et ce n'était pas faute d'avoir travaillé et d'avoir dévoré des livres entiers sur le sujet. Tous les experts en Métamorphose se questionnaient sur la forme animale que pouvait prendre un humain et le pourquoi de cette forme particulière et pas une autre. C'était un travail d'argumentation, de supputations et de suppositions long et difficile, surtout que les experts n'étaient pas foncièrement d'accord entre eux.

- Et pour l'année prochaine... Et bien, je vais entamer ma troisième année et je suis censée réfléchir à mon domaine de spécialisation, mais je pense que je l'ai déjà trouvé. Mon domaine préférée, c'est la métamorphose humaine et plus particulièrement les Animagii et les Métamorphomages, surtout les Animagii en fait. Tu n'es pas sans savoir que les Animagii conservent leurs facultés mentales humaines sous leur forme animale et cela me passionne. Je pense que cela sera mes sujets de recherche, quand j'entamerai ma quatrième année, c'est une année tout à fait particulière destinée à ceux qui veulent devenir chercheur ou mener des études très poussées. C'est ce que j'aimerais faire.

Enfin, si elle en avait l'occasion. Pour le moment, elle n'avait pas de prétendant en vue mais on ne savait jamais ce qui pouvait arriver en un ou deux ans. Oreste allait bientôt avoir onze ans et il allait entrer à Poudlard, elle ne pourrait pas se permettre, elle le savait. Ses grands-parents ne la laisserait pas faire de toute manière. Elle baissa un peu les yeux avant de reporter son attention sur Théo.

- Quoi qu'il en soit, c'est de la théorie, on ne sait jamais ce que l'avenir peut nous réserver.

Elle lui adressa un sourire tandis qu'ils sortaient de l'épicerie pour se diriger vers les Trois Balais, l'établissement étant bien plus agréable pour discuter que les rayonnages de l'épicerie.

- Et toi, Théo ? Que te réserve l'avenir et cette toute nouvelle liberté de jeune adulte ? Que vas-tu faire, maintenant ?

Elle avait plein de questions à lui poser, sur son choix de carrière notamment ou sur ses plans personnels. En effet, elle avait appris par sa grand-mère qui le tenait elle-même de la mère de Théo que ce dernier avait toujours souhaité se marier et avoir des enfants dès sa sortie de Poudlard et elle était curieuse de savoir s'il avait trouvé l'heureuse élue. Elle fit défiler mentalement les noms de jeunes filles qu'elle connaissait et qui pourraient être suceptibles de plaire à Théo. L'aînée des filles Prewett, Roxanne, était encore à Poudlard et devait être en sixième ou septième année si ses souvenirs étaient bons. Il y avait également des demoiselles Wolf si elle ne se trompait pas, ainsi que la jeune Paige Warlock et... Une Highlands également dont elle avait oublié le prénom, ainsi que Reyna, bien évidemment, même si Théo et Reyna ne se fréquentaient pas, elle l'aurait su dans le cas contraire. Dans les plus jeunes, elle croyait savoir qu'il y avait Emily McDougal, une fille Harper et une autre Prewett, ainsi que Reda mais Théo ne fréquentait pas plus une enfant qu'il ne fréquentait Reyna. Enfin, aux dernières nouvelles.

Quoi qu'il en soit, Théo et Rosaleen passèrent l'après-midi ensemble à bavarder tandis que le reste du monde sorcier fêtait ce qu'ils osaient appeler un heureux évènement, comme si la naissance d'Harry Potter n'avait amené que du bon dans ce monde. C'était une vision des choses, une vision que ni Théo ni Rosaleen ne partageaient. Alors aujourd'hui, et comme tous les jours, ils étaient les perdants au milieu des gagnants.

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Les perdants subissent l'Histoire [Théo]

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