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 Bienvenue chez les vrais adultes [Eliott]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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15 Août 2007

Charlotte avait failli en crier de joie, comme une adolescente de quinze ans. Mais elle était une adulte responsable de vingt-trois ans, elle était Auror, elle ne criait pas de joie comme une adolescente de quinze ans. Elle devait se montrer professionnelle. C'est ce qu'elle n'avait pas arrêter de se répéter depuis que le Commandant lui avait annoncé la nouvelle. Elle ne pouvait pas courir dans tout le QG d'un air extatique, ce qui aurait sûrement été sa réaction première. Mais cela manquait absolument de dignité et elle ne pouvait plus se permettre de manquer de dignité maintenant qu'elle allait devenir lieutenant des Aurors. Depuis le début du mois se tenaient les grandes réunions de préparation à la rentrée. On validait les dossiers des futurs Aspirants sélectionnés, on validait les années des Aspirants déjà au BDA, on rédigeait les comptes-rendus d'évolution, on vérifiait les prochains effectifs, on changeait des binômes, des affectations... Et on faisait les nominations. Cette année, un lieutenant était parti à la retraite et ses dossiers avaient temporairement été réaffectés à ses collègues et un prochain lieutenant - il y en avait neuf en tout - devrait partir au cours de l'année qui suivait. Charlie connaissait bien évidemment ces données mais n'était pas directement concernée étant donné que ces deux Aurors n'étaient pas ses supérieurs. Aussi, quand elle avait été demandée ce matin dans le bureau du Commandant, avant sa pause-déjeuner, elle ne s'était doutée de rien. Elle avait même cru qu'il voulait des précisions sur l'une de leurs affaires du moment, avec Seamus, notamment celle d'empoisonnement familial. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant Stormborn, ainsi que le sous-Commandant McDougal tous réunis ! Elle avait eu l'impression de redevenir quelques instants l'adolescente convoquée dans le bureau de McGonagall. La dernière fois qu'elle avait vu le Commandant et Stormborn ensemble, c'était quand on lui avait demandé d'être l'un des membres de la commission d'admission des Aspirants. Soit elle avait fait la bêtise de sa carrière et allait être renvoyée soit on venait lui décerner une médaille. La première option était bien plus probable. Elle s'attendait à beaucoup de choses. Mais pas à être nommée lieutenant. Qu'on lui annonce que Donna la secrétaire avait été nommée Auror à sa place était beaucoup plus logique.

Alors certes, elle était Auror depuis six ans. Mais n'était titulaire que depuis trois ans. Certains de ses collègues étaient là depuis dix, vingt ou trente ans. Elle n'était encore qu'une bleue, comme le disait si souvent Stormborn. Le lieutenant dirigeait plusieurs binômes et elle n'était pas en position de diriger des binômes, des collègues plus âgés, plus expérimentés. Oui, elle avait l'impression d'être une bonne Auror, on la félicitait régulièrement pour son boulot, avec Seamus. Mais il y avait des Aurors beaucoup plus talentueux qu'elle, beaucoup plus expérimentés. Pourquoi elle ? Sa nomination sur le dossier M était déjà une récompense énorme et elle n'arrivait pas à se rendre compte de ce qu'on lui annonçait. Elle, lieutenant ? Alors certes, elle ne serait pas la première à être nommée si jeune, Stormborn l'avait été alors qu'il venait juste d'être titularisé. Mais qu'est-ce qu'elle valait, par rapport à des Aurors comme Stormborn ? Le Commandant avait continué de parler, affirmant que son nom avait été proposé par Stormborn et elle n'avait pas pu s'empêcher de tourner des yeux surpris vers ce dernier, qui lui avait retourné un sourire moqueur. Il avait été son formateur et ils étaient restés en très bons termes, mais Godric, qu'est-ce qui lui été passé par la tête ? "Que j'texplique, la bleue", avait-il lancé en reculant dans son fauteuil. "Mario et moi, on savait qu'il fallait apporter du sang neuf dans les réunions des lieutenants, deux regards nouveaux. On avait déjà commencé avec Potter il y a deux ans et continué avec Baker l'année dernière. Pourquoi toi ? T'as été major de ta promo d'Aspirants déjà, de deux, je te connais, c'est moi qui t'ait formée et on pense que t'es parfaitement capable de gérer nos collègues. Tu peux remercier Furtinus, on a repéré ça grâce à lui. Puis on pense, enfin, Moïra pense qu'on ne peut pas avoir que des lieutenants hommes et t'es la seule Auror que je voudrais nommer, s'il faut nommer une femme"." D'un coté, c'était plus que flatteur de voir que Stormborn l'estimait assez pour proposer son nom. Mais devenir lieutenant signifiait donner des ordres à des Aurors plus expérimentés qu'elle. Comment était-elle censée prouver sa légitimité ? Elle s'entendait avec la plupart de ses collègues et n'avait pas de problèmes à travailler avec les autres. Mais si elle devait leur donner des ordres, comment cela se passerait ? Le rôle d'un lieutenant était de superviser les binômes, de vérifier leurs dossiers, de conseiller et d'orienter. Comment était-elle censée faire ça après six ans seulement quand d'autres étaient là depuis des années ? Honnêtement, Charlotte ne s'en croyait pas capable.

"Je ne vais pas te mentir, Meyer," avait repris le Commandant, "mais tu n'as pas fait l'unanimité. Moi même, je n'étais pas convaincu, c'est Elbert qui a argumenté. Tu es passée à six voix contre cinq, ce qui signifie que tu as une avance très faible. Quatorze noms ont été proposés et tu fais partie des plus contestées. On reconnait tes capacités mais on affirme que tu es trop jeune." Stormborn avait grogné à ces mots. "Ils disaient ça aussi pour moi. Ecoute la bleue. J'ai pas dit que ça sera une promenade tranquille, je l'ai vécue, j'avais vingt-et-un an quand on m'a nommé. Et j'étais censé dire quoi faire à des types de plus de trente ans de carrière, c'te blague. J'ai appris à mettre de l'eau dans mon vin et a gérer les choses. C'est pas facile, j'dirais jamais le contraire. Mais dans ce boulot, ce qui compte, c'est pas l'expérience. C'est ce que tu as apportes à tes collègues. Avec le recul, je dirai que c'est l'instinct et la rigueur que j'ai donné à mes binômes. Toi, ça sera un peu pareil. T'as de l'instinct et t'as ce truc qui m'a toujours manqué qu'on appelle poliment la diplomatie. On va pas te coller avec des gens comme Furtinus, moi j'veux que tu sois là pour diriger les jeunes, parce qu'il y aura pas ce fossé habituel entre la bleusaille et les Aurors expérimentés, tu piges ?" Elle avait hoché la tête, comprenant où voulait en venir Stormborn. Gérer les Aurors plus jeunes, elle savait faire et voulait devenir formatrice plus tard, dans quelques années. Elle aimait travailler avec "la jeune génération", les Aurors de la trentaine et de la vingtaine, qui avaient des techniques et des opinions plus modernes, c'était principalement avec eux qu'elle s'entendait le mieux et elle ne se sentait pas en décalage avec eux. Cela lui ôtait un grand poids si elle devait travailler avec eux. "On va faire une période d'essai", avait déclaré le Commandant. "Trois mois. On verra ensuite." Stormborn s'était relevé et lui avait tapoté l'épaule avec force. "J'taiderai au début. J'ai tout intêret à ce que tu ne te plantes pas, c'est moi qu'ait insisté au moment du vote. J'veux pas avoir l'air d'un troll." Elle avait ensuite appris que l'autre Auror nommée lieutenant était Angie Jones, qui n'avait que quatre de plus qu'elle, ce qui la rassurait un peu. "Que des filles cette année" avait constaté Stormborn en jetant un regard équivoque au sous-Commandant Moïra McDougal. Ce n'est que quand le Commandant avait commencé à lui expliquer tout ce qu'elle auriat à faire en lui montrant des dossiers exemples qu'elle avait pris la mesure de ce que cela représentait. Elle allait devenir lieutenant des Aurors. Lieutenant. Un poste qu'elle ne convoitait pas avant des années. Lieutenant. Elle allait prendre la place du Lieutenant Auror March qui partirait en Novembre et la formerait en attendant pour qu'elle ne vole pas en solitaire tout de suite. Il allait lui présenter les dossiers et l'introduire progressivement auprès des binômes qu'elle devrait diriger afin que tout le monde s'habitue à son nouveau poste. C''est à partir de ce moment là qu'elle avait dû retenir son sourire.

Le premier à qui elle l'avait appris avait été Seamus, qui avait eu un petit temps de réaction, pour finalement sortir qu'elle devenait sa supérieure hiérarchique. A partir de là, l'information avait parcouru le Bureau. Les réactions étaient plutôt mitigées. Angie Jones, qui venait d'apprendre sa nomination était tout aussi ravie de ne pas être la seule jeune et l'avait félicitée chaleureusement. Les Aurors avec qui elle s'entendait habituellement étaient également venus la féliciter, certains affirmant qu'ils s'y attendaient, d'autres que c'était une surprise totale. Les gens qui le prenaient le mieux étaient les Aurors les plus jeunes, ainsi que les Aspirants et il n'avait pas été difficile pour Charlie de voir les lieutenants qui avaient voté pour elle grâce au ton de leurs applaudissements. Elle avait donc notamment la voie de de Moïra McDougal, en tant que sous-Commandant, elle votait, du Commandant lui même "après de l’indécision" selon ses propres mots, de Stormborn, évidemment, de Harry Potter et de Gaetan Baker et de l'Auror March. Certains lieutenants avaient été très polis mais un peu froid et deux n'étaient pas venus lui dire un mot. Elle savait très bien que si elle voulait garder la place, elle avait intérêt à travailler dur, comme lorsqu'elle avait voulu finir major de promotion. Depuis six ans, elle consacrait la plus grande partie de sa vie à son travail. Elle arrivait à huit heures, partait après dix-neuf heures, assistait à tous les entrainements du samedi matin, ne comptait pas ses heures et était toujours volontaire pour les gardes. Au début, elle voulait prouver qu'elle avait sa place dans un milieu assez machiste. Et puis elle adorait son travail et voulait toujours donner le meilleur d'elle, sur chaque affaire. Travailler pour les Aurors n'était pas une corvée, c'était une passion. Évidemment, elle s'était dit que ses efforts payeraient et elle avait cru que sa grande récompense était sa nomination sur le dossier M. En réalité, c'était le fait de devenir lieutenant. Elle n'irait jamais sûrement plus haut, étant donné qu'elle ne voulait pas devenir Commandant mais devenir lieutenant, c'était son rêve depuis qu'elle était devenue Aspirante. Et le voir se réaliser aussi tôt, c'était... incroyable. Ses collègues lui avait proposé d'aller boire un verre pour fêter ça mais elle avait reporté l'invitation. Elle avait rendez-vous avec Eliott sur le Chemin de Traverse, étant donné qu'il avait eu un rendez-vous plus tôt dans la journée avec le professeur Mason. Et elle avait encore tellement de gens à qui annoncer la nouvelle : Lilly, Jensen, ses parents, sa sœur... Lieutenant Auror Charlotte Meyer.

Un sourire naquit sur ses lèvres au moment où elle transplanait dans la salle des arrivées du Chaudron Baveur. Elle n'arrivait toujours pas vraiment à réaliser. Lieutenant ? Cela faisait tellement étrange ! Elle remonta tout le Chemin de Traverse, d'une humeur excellente. Elle avait rendez-vous devant Gringotts avec Eliott, pour qu'ils aillent boire quelque chose. Elle ne l'avait pas vu hier soir, elle était allé boire un verre avec Alicia et était rentrée assez tard, alors elle était allée se coucher directement. Lieutenant des Aurors. Elle était devenue Lieutenant des Aurors. Sous essai, certes. Mais quand même. Lieutenant des Aurors ! Son sourire s'accentua et un homme qui devait avoir le double de son âge lui en renvoya un plein de sous-entendus. Si on ne pouvait même plus exposer son bonheur dans la rue alors ! songea-t-elle en le dépassant. En arrivant aux abords de Gringotts, elle chercha Eliott dans la foule et finit par le repérer, ce qui raviva son sourire. Elle se précipita vers lui pour lui sauter au cou et déposa un baiser sur ses lèvres, sans se départir de son sourire et sans quitter ses bras. Lieutenant Auror Meyer. Elle avait l'impression d'être encore plus joyeuse que le jour où elle avait reçu sa lettre d'admission. Les bras autour du cou d'Eliott, elle avait l'impression de prendre pleinement conscience de tout ce que cette nomination impliquait. Et même si cela lui faisait peur, toutes ces responsabilités et le fait qu'elle allait devoir s'imposer, elle avait surtout l'impression d'être sur un nuage, complètement euphorique.

- Tu devineras jamais ! affirma-t-elle, un immense sourire aux lèvres. Tu as devant toi le nouveau lieutenant du Bureau des Aurors ! révéla-t-elle en laissant éclater sa joie, ne résistant pas à l'envie de déposer un nouveau baiser sur ses lèvres. Je l'ai appris ce midi !


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott avait frappé chez son frère en pensant lui apporter une nouvelle es plus surprenantes. Il sortait tout juste ‘un entretien avec le professeur Mason et celle-ci aimerait qu’il la remplace quelques mois. Rien n’était encore sûr, évidement, mais il avait ses chances. Eliott Warlock, professeur à Poudlard, cela avait de quoi en étonner (ou effrayer ?) plus d’un. Mais contre toutes attentes, ce fut Andrew qui surprit son cadet avec une annonce encore plus inattendue. Il allait se marier, lui avait-il dit en ouvrant la porte. Andrew allait se marier. Eliott avait du mal à assimiler, il avait l’impression d’avoir pris une claque en plein visage. Son frère avait toujours été le plus mature des deux, celui qui faisait ce qu’on attendait de lui, qui prenait les décisions les plus sages, mais le mariage ça faisait tellement…adulte. Depuis quand son frère était-il si vieux ?

Il avait gardé le silence un instant, trop abasourdi pour réagir, avant de féliciter Andrew chaleureusement. Ce dernier ne fréquentait pas Daphnée depuis très longtemps, mais s’ils étaient suffisamment amoureux pour sauter le pas, Eliott ne pouvait que se réjouir pour eux. A moins que cela ne soit un mariage de raison…songea-t-il avec une certaine appréhension. Il posa sur son ainé un regard plein e question, n’osant toutefois pas formuler ses interrogations à voix haute. Andrew appréciait beaucoup Daphnée, il le lui avait dit, ils s’entendaient bien et avait de nombreux points communs, leur travail d’avocat notamment. Et ils avaient paru assez proches la fois où Eliott les avait vu ensembles, mais jamais il n’avait entendu son frère parler de sentiments, jamais Andrew n’avait évoqué un avenir commun avant aujourd’hui. U haut de ses vingt-sept ans, ce dernier souffrait de la pression familiale depuis déjà quelques temps. On le trouvait un peu trop vieux pour être encore célibataire. Et si Eliott faisait partie de ceux qui comptaient se marier avec la bonne personne –quitte à attendre encore et encore- il commençait à croire que son frère appartenait plutôt à ceux qui se mariaient simplement au bon moment.

« Tu l’aimes ? »

Ça avait fini par lui échappé, de façon peut-être un peu trop soudaine puisque cela fit sursauter son ainé, occupé à servir deux verres de whisky-pur-feu. Ce dernier se tourna vers Eliott avec un regard mi-amusé mi-désespéré, et haussa les épaules.

« Daphnée est une personne formidable.
-Et ? insista Eliott, pas vraiment convaincu.
-Et nous serons très bien tous les deux, c’est l’épouse parfaite.
-C’est tout ? »

C’était plutôt maigre comme raison. Si Eliott épousait Charlotte un jour, et il en avait bien l’intention, ce serait parce qu’il était amoureux d’elle, parce qu’il ne pouvait plus se passer de sa présence, qu’il pensait à elle en permanence et qu’il voulait finir sa vie à ses côtés. Pas parce qu’elle serait une « bonne épouse ». C’était plutôt rétrograde comme concept. Visiblement ce n’était pas l’avis de son frère puisque celui-ci lui adressa un sourire rassurant.

« Tout le monde ne tombe pas amoureux avant son mariage, et ça ne veut pas dire que ça ne va pas marcher. Les sentiments viendront. Papa et Maman sont bien mariés depuis trente ans.
-Oui, mais ils s’aimaient eux quand ils se sont mariés ! »

Andrew laissa échapper un éclat de rire désabusé avant de porter son verre à ses lèvres. Il but une longue gorgée u liquide ambré avant de poser à nouveau les yeux sur son cadet.

« Un jour il faudra que tu arrêtes de croire toutes les bêtises qu’on raconte aux enfants

Eliott ouvrit la bouche, sidéré, mais ne réussit pas à articuler le moindre mot et la referma aussitôt. Il savait qu’il était né dans une famille avec des valeurs plutôt traditionnelles –et c’était un euphémisme- mais il avait toujours pensé que ses parents s’étaient mariés par amour. C’était terminé les mariages de raison, on était au vingt-et-unième siècle, n’importe qui était libre d’épouser qui il voulait. Et il refusait e croire que ses parents et son frère puissent se priver de cette liberté. Comment pouvait-on se condamner à partager la vie de quelqu’un que l’on n’aimait pas ? C’était renoncer au bonheur que l’on aurait pu trouver dans les bras de quelqu’un d’autre. C’était dur de s’imposer ça, et il ne comprenait pas que son frère choisisse cette voix. Il garda toutefois ses réflexions pour lui, ne tenant pas à avoir une discussion houleuse avec Andrew sur le sujet. Il se contenta donc de boire à son tour une gorgée de Whisky, il lui fallait bien ça. Sa désapprobation devait toutefois se lire sur son visage car son frère, qui l’observait avec attention, fronça les sourcils.

« Ne fait pas cette tête ! Je serai très heureux avec Daphnée, je t’assure. Alors contente toi de te réjouir pour moi et e m’aider à finir cette bouteille, tu veux ? »

Eliott se força à sourire et hocha la tête. Andrew avait raison, il aurait dû être content pour lui. Il l’était, évidement, mais l’incompréhension qui les séparait l’empêchait de se réjouir complètement de cette nouvelle. Jamais il n’avait réalisé à quel point lui et son frère avaient des conceptions différentes de la vie, du mariage, de plein de choses.

« Pardon, marmonna-t-il. Et je suis heureux pour toi, vraiment, assura-t-il avec un sourire, sincère cette fois.
-J’espère bien, il ne manquerait plus que mon témoin fasse la tête."

Eliott rit, sans prendre conscience de ce que son frère venait de lui apprendre. L’information finit par se frayer un chemin dans son esprit et il ouvrit de grands yeux, stupéfait.

« Tu plaisantes ? Andrew fit non de la tête, un sourire amusé aux lèvres. J’en connais un à qui ça ne va pas plaire, reprit Eliott avec un soupir.
-Ce mariage lui fait trop plaisir pour qu’il me fasse le moindre reproche.
-Comme s’il t’avait déjà reproché quelque chose… »

C’était sorti tout seul et sur un ton plus grave qu’il ne l’aurait voulu. Il s’excusa auprès d’Andrew d’un sourire désolé, excuses que ce dernier balaya d’un geste de la main et d’une haussement d’épaules.

Ils discutèrent encore un moment, de tout et de rien. Ils parlèrent du mariage, un peu, de Paige, de Daniel Rowles et du FMI, de la coupe de Quidditch et de pleins d’autres choses plus ou moins importantes. Eliott en oublia complètement de parler à son frère de la proposition du Pr. Mason. Ils se quittèrent finalement près de deux heures plus tard, après qu’Andre lui ait rappelé au moins dix fois la date de la réception qu’organisaient les Greengrass pour les fiançailles de leur fille. Eliott promit d’être là, et d’être à l’heure, et transplana directement pour le chemin de Traverse où il avait rendez-vous avec Charlotte. Il prit tranquillement le chemin de Gringotts, où ils étaient censés se retrouver, et arriva finalement devant la banque avec quelques minutes d’avance. Comme quoi, il était parfaitement capable ‘être à l’heure, quoique son frère en dise. Mais bizarrement il était plus prompt à être ponctuel quand il s’agissait de rendez-vous avec Charlotte que lorsqu’il était question d’obligations moins réjouissantes. Il observa distraitement les passants tout en repensant à cette histoire de mariage. Voir son frère prendre le chemin de l’autel c’était réaliser qu’il était lui aussi en âge de faire ce genre de choix, et c’était un peu effrayant. Il avait l’impression d’avoir vieilli de dix ans d’un seul coup.

Charlotte apparut finalement dans son champ de vision et fit apparaitre un grand sourire sur son visage. Elle était littéralement rayonnante et il songea qu’elle était encore plus belle que quand ils s’étaient quittés, le matin même. Elle se jeta dans ses bras et, bien qu’un peu surpris par tant d’entrain, il ne se posa pas plus de questions et referma ses bras autours de sa taille et répondit à son baiser avec tendresse. Elle se sépara finalement de lui, sans se départir de son immense sourire. Eliott posa un regard interrogateur sur sa petite amie, qui paraissait plus enjouée que d’habitude sans qu’il ne sache pourquoi.

« J’espère que c’est moi qui te fait cet effet là… » plaisanta-t-il.

Mais la joie de Charlotte n’avait évidemment rien à voir avec sa simple présence –on avait le droit d’espérer, hein- puisqu’elle lui annonça qu’elle venait d’être nommé lieutenant. Il laissa échapper un « Wahou » d’admiration et afficha à son tour un immense sourire.

« Félicitations Lieutenant Meyer ! lança-t-il chaleureusement avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Lieutenant Meyer…ça sonnait bien, songea-t-il en posant un regard plein de fierté sur la jeune femme. Elle devait être folle de joie, et il y avait de quoi, c’était une belle promotion, et il ne connaissait personne qui la méritait plus qu’elle. Ça doit être rare d’être nommé si jeune, no ? Tu peux être fier de toi ! Moi je le suis en tout cas. »

Il l’embrassa à nouveau avant de prendre sa main dans la sienne et de se mettre doucement à marcher. C’était la journée des grandes nouvelles, nouveau travail, promotion, mariage…Ca faisait beaucoup de choses d’un seul coup, presque trop. Il avait le sentiment que le temps se mettait tout à coup à passer trop vite. Parfois il aurait aimé qu’il ralentisse un peu.

« Un Lieutenant et un Professeur…On fait drôlement sérieux d’un coup, tu ne trouves pas ? reprit-il avec un sourire amusé. Il semblerait qu’on ait pas mal de choses à fêter, où voulez-vous diner Lieutenant Meyer ? »

Il était conscient qu’il allait qu’il allait finir par agacer sa petite amie en l’appelant toujours ainsi, mais pour le moment il imaginait que cela devait plutôt lui plaire. Et puis, il fallait bien qu’il s’habitue, il fréquentait un lieutenant des Aurors maintenant !



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- En partie, répondit-elle, malicieuse, lorsqu'Eliott lui parla de l'effet qu'il pouvait lui faire.

Elle était toujours plus qu'heureuse de le voir, évidemment, et ses journées étaient cent fois plus agréables quand elle savait qu'elle le verrait dans la soirée, tout comme elle se réveillait bien mieux – et de bien meilleur humeur – à ses cotés que seule dans son lit. Mais cette fois-ci, ce n'était pas vraiment Eliott qui lui avait fait sa journée, mais plutôt son Commandant et Stormborn, en tout bien tout honneur, évidemment. Son sourire s'accentua encore plus lorsque son petit ami la félicita chaleureusement. Elle était le premier, en dehors du Bureau, à qui elle l'annonçait et même si elle s'était doutée qu'il serait heureux pour elle, c'était quand même loin d'être déplaisant de l'entendre le dire. Elle avait hâte de l'annoncer à ses parents, également, qui même s'ils auraient voulu qu'elle s'oriente dans une carrière un peu plus posée, comme rentrer à la Justice Magique ou devenir Médicomage, l'avaient toujours encouragé à faire de son mieux, et surtout à faire le meilleur ou devenir la meilleure, malgré leur désapprobation. Entendons-nous bien, savoir que leur fille était formée à se battre contre d'autres sorciers n'était pas la carrière rêvée pour leur progéniture. Néanmoins, lorsqu'elle avait été prise au Ministère, ils l'avaient aidé à trouver son appartement, à le meubler, à s'installer et l'avait soutenue pendant trois ans, quand elle rentrait fatiguée et lassée dans un appartement vide et où elle avait envie de tout envoyer en l'air, tellement c'était difficile. Elle n'aurait sûrement pas le temps de passer à Oxford ce soir, mais elle leur passerait un coup de téléphone et irait demain soir, pour les voir en personne. Elle devait également prévenir Lilly – qui allait la charrier à coup sûr, Charlie en était certaine, elle connaissait son ami – et Jensen, puis Harriet et... Presque toutes les personnes qu'elle connaissait et avec qui elle était en bons termes, en fait. Juste pour le plaisir de l'annonce. Elle passa ses bras autour du cou d'Eliott quand il l'embrassa de nouveau, se fichant pour une fois qu'ils soient en plein milieu du Chemin de Traverse et qu'ils devaient sûrement gêner des gens. De toute manière, elle était Lieutenant des Aurors, naméoh.

- Stormborn,  mon formateur, a été nommé encore plus jeune que moi. Il avait tout juste vingt-et-un, je crois. Mais lui, c'était évident qu'il deviendrait Lieutenant un jour. On parle même de lui comme Commandant et ça serait logique, c'est le meilleur Auror que je connaisse.

Peut-être quelle n'était pas objective, c'était possible. Elbert Stormborn l'avait toujours impressionnée, dès le jour où elle l'avait rencontré, au moment où on l'avait assignée à lui, quand elle était rentrée chez les Aurors en tant qu'Aspirante. Au début, il avait été vraiment désagréable, il l'avait déjà un peu démontée lors de son entretien, au point qu'elle était sortie persuadée qu'elle n'était pas prise. Elle avait appris après coup qu'il faisait ça avec tout les candidats et en avait eut une jolie démonstration le mois dernier en faisant parti du jury d'admission. Et puis, il fallait le dire, Stormborn n'était pas la personne la plus délicate ou la plus aimable du monde et il ne prenait jamais de gants. Les premiers mois, elle en avait bavé, et encore, c'était un euphémisme. Il était désagréable au possible, ne s'était pas gêné pour participer allégrement à son bizutage en lui confiant des missions ou des tâches farfelues, qu'elle s'était toujours appliquée à mener au bout, ne serait-ce que par fierté. Elle le détestait, même si elle l'admirait. C'était un Auror talentueux et efficace et elle le regardait travailler en permanence, sur le terrain comme au Bureau. Et si elle avait tenu, malgré ses envies de tout laisser tomber parfois, c'était pour lui démonter qu'elle n'était pas qu'une « poupée » comme il l'avait affirmé lors de son entretien d'admission. C'était par fierté si elle  n'avait jamais protesté malgré tout ce qu'il avait pu lui dire. Et c'était par passion qu'elle avait travaillé trois fois plus, jusqu'à obtenir son respect. Stormborn lui avait tout appris, avait fait d'elle l'Auror qu'elle était désormais, elle lui devait tout. Sans lui, sans ce qu'elle tenait de lui, elle n'aurait sûrement pas pu travailler comme elle le faisait. Tous les nouveaux Aspirants étaient persuadés qu'ils étaient de bons sorciers, de bons duellistes. Ils étaient souvent les meilleurs en sortilèges, en DCFM, en métamorphose ou en potions, ils étaient des élèves excellents, qui avaient obtenu de nombreux ASPICS, souvent avec des E ou des O. Et ils comprenaient vite en arrivant qu'ils étaient trompés. Elle s'était toujours débrouillée avec une baguette entre les doigts mais Stormborn lui avait appris ce que c'était un véritable duel et ce que c'était de véritablement jeter des sorts efficaces. Elle avait toujours été douée pour viser et doser la puissance de ses sorts, mais c'était encore une fois Stormborn qui lui avait donné d'autres techniques. Si elle manquait de force physique contrairement à certains de ses collègues, elle pouvait faire valoir sur le terrain le fait qu'elle manquait rarement une cible, même en mouvement. C'était également Stormborn qui s'amusait à lui lancer des sorts au moment où elle s'y attendait le moins afin de développer ses réflexes et lui apprendre à entendre un sortilège qui venait dans son dos. Sans Stormborn, elle avait l'impression qu'elle aurait été blessée – voire pire – bien plus souvent. Et puis au fil du temps, au fur et à mesure qu'elle apprenait et qu'il se montrait moins froid avec elle, elle avait appris à l'apprécier. Aujourd’hui, c'était l'un de ses collègues favoris, même si elle ne le considérait pas vraiment comme un collègue. Jusqu'à maintenant, il était resté son supérieur hiérarchique. Et même maintenant qu'elle était Auror, elle voyait Stormborn comme un professeur plutôt d'un collègue, impression qui ne la quitterait sûrement jamais. De toute manière, il l’appelait encore « la bleue »  et il était le seul à le faire, cela la confortait dans cette idée. Elle ignorait si tous les Aurors avaient une relation comme cela avait leur ancien formateur. Seamus avait été formé par l'Auror March – de qui elle allait prendre la place   lorsqu'il partirait à la retraite – et s'ils ne rechignaient jamais à se parler, ils ne semblaient pas particulièrement proches. Elle était tellement plongée dans ses pensées qu'elle répondit d'abord à la question simple d'Eliott avant que la première partie de sa phrase soit assimilée.

- A la Marmite Magique ? On sera plus tranquilles qu'au Chaudron. Mais il est encore un peu tôt, on peut marcher un peu.

Elle songea à leur envoyer un Patronus pour réserver une table mais en pleine semaine, même si c'était encore les vacances d'été, ils devraient pouvoir s'installer sans trop attendre. La Marmite était un restaurant agréable, bien plus tranquille que le bruyant Chaudron Baveur. Et un peu plus chic que le Chaudron, il fallait le reconnaître. Elle n'avait rien contre ce dernier – c'est là-bas qu'ils avaient dîné pour la première fois avec Eliott – mais un restaurant un peu plus soigné était agréable de temps en temps. C'est à ce moment-là que l'idée de « Professeur » lui fit comprendre la chose.

- Tu as eu le poste ? interrogea-t-elle, surprise en tournant de grands yeux vers lui.

Ce n'était vraiment pas sympa, réalisa-t-elle. Et pourtant, ce n'était pas pour être méchante qu'elle avait dit cela, elle était juste véritablement surprise. Elle ne doutait pas des capacités d'Eliott dans de nombreuses choses mais elle avait vraiment du mal à l'imaginer professeur, c'est pour cela qu'elle avait été étonnée lorsqu'il lui avait parlé des lettres du Professeur Mason. Oui, il était passionné par l’Étude des Moldus et elle adorait le voir en parler, elle trouvait cela absolument adorable. D'ailleurs, elle avait hâte que le déjeuner chez ses parents arrivent – la semaine prochaine – ne serait-ce que pour lui montrer de nouveaux appareils électroniques. Enfin, quoi qu'il en soit, Eliott était passionné par la matière, c'était sûrement cela qui avait dû décider le Professeur Mason. Mais c'est vrai qu'imaginer son petit ami professeur était assez surprenant, surtout quand on savait qu'il n'avait pas vraiment été un élève modèle. Elle le savait, ils étaient dans la même classe.

- C'est super ! le félicitât-elle chaleureusement, s'arrêtant face à lui et posant une main sur sa joue avant de l’embrasser. Vraiment, assura-t-elle. Tu feras un super prof !

Elle n'avait aucun doute sur le fait qu'il puisse intéresser des élèves à sa matière ou expliquer les choses de manière à ce que les enfants comprennent. Eliott serait un bon pédagogue, elle en était certaine. Néanmoins, elle avait un peu plus de doutes sur la partie disons... Sérieuse de la chose, connaissant son petit ami. Mais elle ne devrait pas, se morigéna-t-elle. Elle avait confiance en lui, pleinement, et elle n'avait aucune raison de douter, il serait un excellent professeur. Le bon professeur n'était-il pas celui qui savait intéresser les élèves et leur donner envie d'apprendre afin qu'ils soient à l'aise dans une matière ? Certains professeurs étaient certes très compétents mais ne savaient pas agir avec des élèves, ce qui en poussaient certains à délaisser la matière en question, elle pensait notamment au professeur Dérébusor, voire même au Professeur Harris dans une moindre mesure. Elle avait beau être à Gryffondor, elle préférait Harris à Dérébusor. Et pas seulement parce que le premier n'avait pas essayé de projeter sa meilleure amie à travers la fenêtre de la plus haute tour du château. Elle renoua ses doigts aux siens et recommença à marcher. Songer à Harris lui avait fait réaliser que si Eliott avait vraiment le poste, il allait devenir le collègue de leurs anciens enseignants. Déjà, ça, c'était assez étrange étant donné qu'ils étaient encore élèves il n'y a pas si longtemps. Et puis devenir le collègue du Professeur Harris... Un Gryffondor, qui plus est. C'était une expérience... Elle hésitait entre « exceptionnelle » ou « effrayante ».

- Tu vas fréquenter la salle des professeurs ! lança-t-elle avec un rire. Et Harris. Adamson. Dérébusor. Oh, Godric, Dérébusor quoi ! Et Harris ! Prendre un thé avec le professeur Harris, tu imagines ?

Quoique, Dérébusor prenait peut-être sa retraite cette année. Depuis qu'elle était revenue à Poudlard après la guerre, elle avait passé chaque rentrée à espérer qu'il prenne sa retraite. Il était déjà tellement vieux ! Peut-être que l'affaire de la Laponie, pour laquelle elle l'avait interrogé, l'avait poussé vers la sortie. En tout cas, quoi qu'il en soit, il y avait de fortes chances qu'Harris-Anti-Gryffondor soit encore là.

- On en avait parlé, se rappela-t-elle soudain. A notre troisième rendez-vous. Et on avait dit qu'Harris se jetterait sûrement du haut de la salle des professeurs si tu devenais un jour enseignant. J'aurais peut-être dû prendre divination finalement, songea-t-elle à voix haute, un sourire amusé aux lèvres. Il faut prévenir le Professeur Adamson qu'il va falloir qu'elle cherche un nouveau professeur de sortilèges...

Ils étaient désormais tout près du restaurant mais Charlotte n'avait pas envie de rentrer maintenant, aussi s'appuya-t-elle contre un mur, gardant la main d'Eliott dans la sienne.

- C'est à partir de Septembre ? On se verra beaucoup moins, si tu as des appartements à Poudlard... Et tu feras des gardes de nuit, toi aussi, pour surveiller les élèves en dehors des dortoirs ! lança-t-elle, amusée par cette idée. Et je vais devoir bosser plus dur, maintenant que je suis Lieutenant, j'ai une période d'essai de trois mois, je ne peux pas me permettre de faire un faux pas et faut que je me fasse aux nouvelles tâches, et March – celui que je remplace – va devoir me former et Stormborn compte sur moi, il faut que je fasse mes preuves et...

Elle s'interrompit brusquement car elle savait que si elle continuait, elle allait commencer à s'angoisser et c'était dommage de gâcher sa joie ce soir avec des choses qu'elle pourrait traiter dès le lendemain.

- Ça va faire étrange, soupira-t-elle.

Ils se voyaient presque tous les jours depuis qu'ils étaient ensemble – soit depuis Avril, quoi qu'Eliott en pense – même si ce n'était que le matin parce qu'elle était de garde la nuit. Évidemment, elle savait très bien que ce n'était pas bénéfique de passer tout son temps avec son copain parce que après on se lassait et toutes les autres choses que racontaient les magasines féminins. Oui, bon, elle lisait Sorcière Hebdo et d'autres magasines moldus et elle le reconnaissait. Mais ils étaient ensemble depuis cinq mois et elle avait l'impression que c'était à la fois très long, comme s'ils étaient ensemble depuis longtemps et que si c'est pour cela qu'elle était si bien avec lui, mais à la fois très court comme si leur premier baiser remontait à hier. Et puis de toute manière, elle n'avait pas tout abandonné au profit d'Eliott. Elle voyait encore ses amis, elle travaillait encore beaucoup et n'avait pas l'impression qu'elle avait axé sa vie autour de cette relation. C'est juste que les journées où ils ne se voyaient pas étaient devenues quelque chose de désagréable.


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Eliott acquiesça quand Charlotte lui proposa d'aller diner à la marmite magique, mais de marcher un peu avant. Il était encore tôt, et il n'était sans doute pas utile d'arriver en avance un soir de semaine. Il ne put retenir un éclat de rire devant l'expression surprise de la jeune femme lorsqu'elle saisit l'information qu'il avait glissé dans sa précédente remarque. C'était à peu près la tête qu'il avait dû faire quand il avait reçu la première lettre du professeur Mason. Il fallait un peu de temps pour se faire à l'idée, lui-même n'en revenait toujours pas. Elle le félicita toutefois chaleureusement avant de l'embrasser tendrement. Il laissa sa main s'égarer un instant dans le dos de la jeune femme pour la serre un peu contre lui, puis ils se séparèrent avant de se remettre à marcher. Il haussa les épaules quand elle assura qu'il ferait un super prof. Il n'en était pas toujours convaincu, même si les encouragements du Professeur Mason l'avait un peu rassuré.

"Rien n'est sûr pour le moment, je dois encore voir le Professeur Adamson." Et celle-ci verrait peut-être sa candidature d'un moins bon œil, il avait été bien moins assidu dans ses cours que dans ceux du Professeur Mason.

Ce n'était pas tant de devoir intéresser des adolescents à l'étude des moldus qui l'inquiétait, c'était de le faire en tant que Professeur. Autant il avait la passion pour la matière, autant il n'était pas certain d'avoir l'autorité nécessaire, il était même plutôt persuadé du contraire. Et il fallait l'avouer, il manquait un peu de crédibilité en tant que professeur. Il avait beaucoup trop fréquenter le bureau de Rusard et quitter Poudlard un peu trop récemment. Une autre chose qui l'effrayait était de savoir comment Paige prendrait la nouvelle, s'il venait à obtenir véritablement ce poste. Elle n'avait pas pris étude des moldus en options mais suivait les cours depuis que le MIM les avait rendu obligatoire. Faire cours à sa sœur serait...étrange, et il n'était pas sûr qu'elle apprécie la situation. Paige était toujours si sage à la maison, toujours d'accord avec tout, toujours souriante, toujours calme, et il commençait à croire qu'elle n'était pas toujours ainsi. Elle ne serait sans doute pas ravie d'être surveillée même à Poudlard.

Charlotte le tira de ses réflexions avec une constatation aussi intéressante qu'effrayante. Il allait peut-être fréquenter la salle des Professeur, et surtout avoir comme collègue des personnes qui étaient ses enseignants il n'y a encore pas si longtemps. Bizarrement il avait un peu de mal à s'imaginer prendre le thé avec le Professeur Harris. Le Directeur des Serdaigle l'avait toujours détesté, il n'aimait pas les Gryffondors de manière général mais Eliott faisait probablement parti de ceux qu'il aimait le moins, ce qui n'était pas peu dire. Cela venait certainement du fait qu'il passait ses cours au fond de la classe, à se balancer sur sa chaise en discutant avec Jensen ou à dormir, ou alors du nombre de fois où il l'avait attrapé dans les couloirs bien après le couvre-feu, probablement un peu des deux en fait. Et dire qu'il allait peut-être se retrouver de nouveau en face de son enseignant, mais en tant que collègue. C'était vraiment étrange.

"J'espère que Dérébusor n'est plus là quand même, il était déjà beaucoup trop vieux à notre époque alors maintenant..."

Charlotte lui fit alors remarquer qu'ils avaient déjà abordé le sujet, en plaisantant, lors de leur troisième rendez-vous. Ils avaient en effet imaginé que le professeur Harris se jetterait par la fenêtre de la salle des professeurs si Eliott venait à enseigner u jour. A ce moment-là il était bien loin de se douter que cela pourrait être le cas un jour. Il ne restait plus à imaginer que le reste de leur prédiction ne se révèlerait pas vraie elle-aussi. Il n’appréciait pas Harris outre mesure mais ne le détestait pas au point de lui souhaiter une chute de trente mètres. Il rit quand Charlotte affirma qu’elle aurait dû faire de la Divination et s’appuya à coté d’elle contre un mur, pas loin du restaurant.

La jeune femme évoqua alors un sujet auquel il n'avait pas du tout songé. Il avait déjà du mal à se faire à l'idée qu'il allait devoir donner des cours, alors penser au fait qu'il allait à moitié retourner vivre à Poudlard, qu'il allait devoir surveiller les élèves, faire respecter le règlement -lui qui l'avait enfreint de si nombreuses fois- c’était trop d’un coup. Mais cela signifiait surtout s'éloigner de Charlotte, qui aurait elle aussi plus de travail avec sa nomination. Il s'était habitué à la voir presque tous les jours et n'aimait pas l'idée de devoir rester loin d'elle longtemps. Comment faisait donc les autres professeurs pour avoir une vie couple ? Pour certains c'était évident, ils n'en avaient pas, mais les autres alors ? Charlotte ajouta que cela leur ferait bizarre, de ne plus se voir tout le temps et il hocha tristement la tête. On disait que le changement était positif, mais certains n'étaient pas les bienvenus et celui-ci en faisait partie.

"On se débrouillera, assura-t-il avec un sourire qui se voulait confier. Il avait toujours été de nature optimiste, il n'y avait pas de raison pour que cela cesse aujourd'hui. Je trouverai bien un moyen de filer en douce, j'ai de l'expérience dans le domaine... Il eut un rire amusé en pensant au trop grand nombre de fois où il s'était fait prendre par Rusard en essayant de quitter le château par tel ou tel passage secret, passage qui n'en était parfois même pas un. Et puis, ce ne serait que de Septembre à Décembre." Ça passait vite quatre mois, non ? Pas quatre mois sans Charlotte.

Parler du mois de Septembre lui rappela aussitôt une date importante, son frère la lui avait déjà répété tant de fois qu'il ne pouvait pas l'oublier, celle des fiançailles d'Andrew. Ce dernier lui avait demander s'il viendrait accompagné et Eliott avait spontanément répondu que oui, et n'avait réalisé que plus tard que Charlotte n'aurait sans doute aucune envie de venir avec lui. Il pouvait comprendre, lui-même n'était pas vraiment ravi de se rendre à cette réception. Son père y serait -inévitablement- toute sa famille aussi, les Greengrass, le simple fait d'y penser le mettait déjà mal à l'aise. Mais c'était son frère, son frère qui allait se marier, il était obligé d'y aller, il s'en voudrait trop de ne pas avoir été présent. C'était important pour lui, et il aimerait que Charlotte soit avec lui ce jour-là.

"En parlant de Septembre, il faut que je te demande un truc, commença-t-il, un peu hésitant. Andrew va se marier. Autant commencer par le début. Avec Daphnée Greengrass, elle était à Serpentard, la grande sœur d'Astoria, précisa-t-il. Ils organisent une réception pour leurs fiançailles, le vingt-six Septembre, et...Nous sommes invités."

Il ponctua sa phrase d'un sourire engageant, cherchant déjà des arguments pour essayer de la convaincre. Tâche qui s'avérait assez difficile, sans doute parce qu'il n'y avait aucun bon coté à ce genre de réunion de famille. Une réception avec John Warlock, la moitié du SPAM et tous les Greengrass, on pouvait difficilement faire pire. Mais ce n'était qu'une journée après tout, et tout le monde serait forcément d'excellente humeur. Ça se passerait bien, il en était persuadé. Ou presque.


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Charlotte hocha la tête lorsqu'Eliott mentionna un autre entretien avec le Professeur Adamson, ce qui était plutôt logique quand on y pensait. Avec le départ du Professeur McGonagall, elle était devenue la nouvelle directrice de Poudlard. Charlie avait été attristée d'apprendre le départ en retraite de Minerva en début d'année. Cette dernière avait toujours été un pilier de Poudlard, elle avait été la sous-directrice du vénérable Professeur Dumbledore et elle avait été également la directrice des Gryffondor lors de sa première et deuxième année. Puis elle avait été la directrice, la seule qui méritait de remplacer Dumbledore. Charlotte avait suivi avec attention les nouvelles candidatures et s'était retrouvée particulièrement plongée dedans lorsqu'elle avait hérité du dossier Furtinus concernant Margot Adamson et l'incendie de Pré-au-Lard, puis sur l'affaire Sorden dans le cadre du dossier M. Le professeur Adamson avait l'avantage d'avoir été la sous-directrice de McGonagall mais même si Charlie lui reconnaissait des capacités d'enseignante, elle ne savait pas ce qu'elle donnerait en tant que directrice. Cela ne devait pas être facile de succéder à Dumbledore et Minerva McGonagall - elle passait sur la période Rogue - et le monde magique avait les yeux braqués sur elle. Enfin, qui vivra verra comme on disait. Elle aurait bien aimé être encore à Poudlard dans ces instants pour voir ce que donnerait le changement de direction. Si Eliott avait le poste, peut-être qu'il la tiendrait au courant. Et Charlie espérait plus que tout qu'il aurait, elle ne connaissait personne de plus passionné que lui quand il s'agissait des moldus. A part le Professeur Mason elle-même, peut-être, évidemment. Certes, Eliott était peut-être un peu jeune vis à vis des autres enseignants mais il fallait bien faire confiance à la jeunesse à un moment ou un autre, non ? Si le BDA y arrivait, Poudlard devrait y arriver également.

Elle avait été très fière de sa promotion mais Eliott la battait largement sur ce coup-là. Professeur du Collège Poudlard. C'était sûrement l'un des titres les plus prestigieux du monde magique, avec Ministre de la Magie, Membre du Mangenmagot et les Directeurs de Département. Professeur Warlock... Elle avait beau le retourner dans sa tête, cela lui faisait assez étrange. Et il y avait de quoi fermer le clapet de John Warlock. Charlotte n'avait pas revu le père d'Eliott depuis qu'il était venu le voir à l'hôpital et ce n'était pas vraiment dans ses projets immédiats, moins elle le voyait, mieux elle se portait. Eliott avait parlé à son frère au sujet du projet de procès contre elle et elle n'en n'avait plus entendu parler, ce qui l'arrangeait fortement. Elle appréciait d'avoir un casier judiciaire vierge : on exigeait cela des candidats, ce n'était pas pour en ouvrir un une fois qu'ils étaient Aurors. Et puis cela ne faisait pas très sérieux pour le tout nouveau Lieutenant qu'elle était. Lieutenant Auror Meyer. Mine de rien, cela sonnait plutôt bien. Et cela faisait très sérieux, comme l'avait fait remarquer Eliott. C'était d'ailleurs cela qui l'avait ramenée vers John Warlock, qui aurait tant voulu que son fils ait un métier sérieux, allant jusqu'à raconter à tout le monde qu'il faisait des études de Médicomagie. Professeur de Poudlard, il n'y avait absolument rien à redire sur le sérieux de la chose. Quoique, c'était Professeur d'étude des moldus et cela ne plairait pas au dirigeant du SPAM. Mais qu'est-ce qui pouvait lui plaire, en même temps, à celui là ? Ce n'était pas des pensées très charitables - et elle ne parlerait jamais de son opinion à Eliott - mais John Warlock était véritablement à un niveau très bas sur son échelle de considération. Plus les mois passaient, plus elle en apprenait sur lui à travers les récits de son petit-ami et cela n'arrangeait rien. Mentir aux gens sur le métier de son fils juste pour faire "bien", c'était ridicule. Et dire qu'il devait avoir plus du double de leur âge. Et d'ailleurs...

- Ton père est au courant ? s'enquit-elle. Parce que cela va devenir public alors que tu es censé être un Médicomage titulaire... 

Elle adressa un regard soucieux à Eliott. Malgré tout ce qui pouvait se passer entre son père et lui, elle savait qu'il avait à coeur de ne pas nuire à sa famille et si ce mensonge là tombait, le reste suivrait facilement. Après tout, pourquoi un Médicomage titulaire deviendrait soudainement Professeur d’Étude des Moldus à Poudlard ? De plus, si Charlotte se rappelait bien, Eliott avait encore sa petite sœur Paige en septième année. Faire cours à sa sœur. Ce point-là était peut-être légèrement problématique, quand on y pensait bien. Elle-même n'avait pas de frère ainé mais elle savait pertinemment qu'elle n'aurait pas apprécié que celui devienne son enseignant et s'immisce dans la sphère privée qu'était Poudlard. Elle avait été une élève plutôt sage mais aurait détesté avoir quelqu'un de sa famille sur le dos, surtout s'il avait été une figure d'autorité au sein de l'école. Et qu'il n'avait que cinq de différence question âge. Il y avait de quoi mal le prendre. Si Eliott décrochait le poste - s'il ne l'avait pas c'est que le Professeur Adamson était une recruteuse incompétente - elle pouvait imaginer les situations gênantes que cela pourrait engendrer avec la jeune Paige.

- Ta petite sœur va adorer aussi, toute adolescente de dix-sept ans a pour objectif de se retrouver par son grand-frère trop protecteur dans l'enceinte de l'école ! ajouta-t-elle, malicieuse.

Elle adorait Eliott, vraiment, plus que tout. Mais elle n'arrivait pas toujours à comprendre son mode de pensée vis-à-vis de sa sœur qui avait quand même dix-sept ans. Elle avait un peu l'impression qu'elle en avait encore onze dans son esprit. Charlotte n'avait pas encore rencontré Paige Warlock - et vu les rapports qu'elle entretenait avec le père, cela ne risquait pas d'arriver - mais elle espérait pour elle qu'elle ne fréquentait aucun garçon ou alors qu'elle appréciait les relations secrètes parce qu'Eliott ne risquait vraiment pas d'apprécier le point "garçon de dix-sept ans" de la chose. Elle éclata de rire lorsqu'Eliott affirma qu'il allait s'éclipser en douce de l'école pour venir la voir. Il y avait eu un grand jeu à un moment de leur scolarité, une sorte de concours à qui trouverait le plus de passages secrets et certains avaient mis la main sur des passages qui menaient vers l'extérieur. Charlotte avait essayé de suivre ses camarades mais avait fini par rebrousser chemin. Se faire prendre en dehors de l'école, c'était un coup à se faire renvoyer et elle n'avait vraiment pas envie de rentrer chez elle pour expliquer à ses parents qu'elle venait de se faire virer de la seule école de magie du pays et qu'on avait brisé sa baguette magique. Qu'est-ce qu'elle aurait fait de sa vie, dans ce cas-là ? Elle n'avait pas de formation moldue et était trop attachée au monde sorcier pour l'abandonner. En revanche, elle connaissait quelques salles secrètes et des passages secrets qui permettaient de se déplacer plus vite dans le château, notamment d'éviter le couloir des sortilèges à l'heure du déjeuner, où cela devenait impossible de circuler.

- Un professeur qui disparait pour aller passer la nuit avec sa copine ? Ce n'est vraiment pas sérieux ! répliqua-t-elle d'un ton faussement sévère, son grand sourire amusé contredisant ses propos.

Ainsi il partirait de septembre à décembre, quatre mois... Au moins, sa promotion la tiendrait occupée lors des longues absences d'Eliott, c'était déjà ça. Elle avait trop pris l'habitude de le voir et une coupure aussi nette que celle-ci allait être assez brutale à vivre. Enfin, elle s'occuperait et les quatre mois passeraient vite. Elle avait d'abord son nouveau poste où elle allait devoir faire ses preuves et puis le mariage de Lilly approchait à grands-pas et il fallait absolument terminer les derniers préparatifs avant la cérémonie. Elle devait finaliser l'enterrement de vie de jeune fille de Lilly, s'occuper du traiteur avec Mrs Callaghan, elle avait reçu un courrier de l'hôtel pour les frais - c'était les quatre grands-parents de la mariée qui s'en occupaient - et toutes ces autres choses qu'elle réglait, étant donné que Mrs Callaghan l'avait un peu embauchée comme co-organisatrice du mariage depuis quelques mois. Cela ne la dérangeait pas, elle adorait s'occuper du mariage de ses deux meilleurs amis. En fait, elle adorait organiser des choses en général et son plus grand plaisir était de voir le résultat. Elle était du genre à faire des plannings partout et des listes de choses alors autant que son organisation serve à quelque chose d'utile pour une fois ! Ce mariage allait vraiment être fantastique. L'hôtel était magnifique, des gens géniaux étaient invités, le traiteur faisait des choses excellentes et c'était le mariage de Jensen et Lilly, alors tout serait forcément parfait ! Même Lilly semblait être heureuse de ce mariage désormais et rien n'aurait pu faire plus plaisir à Charlotte que cette dernière chose. Elle tourna la tête vers Eliott lorsqu'il affirma qu'il avait quelque chose à lui demander, intriguée. Et cela concernait aussi un mariage, tiens. Tant mieux pour Andrew Warlock, les fiançailles étaient toujours quelque chose de fantastique. Et comme ça, peut-être qu'il allait avoir des enfants et donc moins de temps pour démonter leurs dossiers... Décidemment, ce mariage était vraiment une bonne nouvelle, de quoi adresser des vœux de bonheur aux services de l'ordre !

- Nous ? demanda-t-elle en haussant un sourcil, sans répondre à son sourire. Elle n'allait pas se laisser avoir par un sourire, elle avait un peu plus de résistance que cela, même si le sourire en question venait d'Eliott et qu'elle adorait le voir sourire et rire parce que... Là n'était pas la question.

Qu'Eliott soit invité, ce n'était pas surprenant. Après tout, c'était le mariage de son frère. Mais elle ? Après ce qui avait pu se passer entre John Warlock et elle, elle ne voyait vraiment pas pourquoi Andrew Warlock la porterait dans son cœur. Et puis elle ne connaissait pas Daphné Greengrass, même si elle identifiait un peu plus Astoria, qui était plus proche de leur tranche d'âge. Qu'est-ce qu'elle irait faire aux fiançailles de personnes qu'elle ne connaissait pas, surtout si le père du futur marié avait sûrement envie de lui balancer quelques sortilèges bien placés ? Et puis cela allait être une cérémonie bourgeoise, très prétentieuse, Warlock et Greengrass, grandes familles et toute la comédie. Elle ne connaissait rien à ces trucs là ! Ce n'était pas du tout son milieu et puis il y avait plein de Sang-Pur et elle ne savait pas agir comme eux et... La première réponse qui venait à l'esprit de Charlotte était clairement "niet, nada, jamais".

- Dis moi mon cœur, tu es au courant que je suis peut-être un peu Née-moldus sur les bords ?

Elle se décolla du mur pour se mettre face à Eliott, remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Et il y aura plein de Sang-Pur là-bas - dont ton père et nous ne sommes pas vraiment de grands amis - et c'est des réceptions chics, il faut connaître plein de choses, des conventions, une étiquette ou je-ne-sais quoi... Je vais être ridicule ! Je ne peux pas aller là-bas, franchement, je ferais tâche !

Et encore, le mot était faible. 

- Je ne peux pas t'accompagner, souffla-t-elle en lui adressant un regard peiné. Je ne suis pas la bonne cavalière pour ce genre d'évènements.

Elle saisit sa main dans un geste tendre, pour adoucir son refus. Elle ne connaissait vraiment rien à cette bonne société sorcière, ces évènements mondains mentionnés parfois dans les journaux. Elle avait appris l'existence de cette petite partie du monde sorcier en arrivant ç Poudlard, elle imaginait ça très dix-neuvième siècle, un peu comme dans les romans de Jane Austen et trouvait cela complètement ridicule à leur époque. Mais c'était comme ça, le monde sorcier était très classique et avait donc sa classe qui se pensait supérieure. Elle était dans la classe moyenne, elle, et n'avait rien à faire avec ces gens-là. Ils n'avaient qu'à rester avec leurs idées rétrogrades ou évoluer avec leur temps, comme Eliott. La bonne société Sang-Pur était vouée à l'échec, ils ne pourraient pas rester de leur coté encore longtemps.


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Charlotte semblait assimiler la nouvelle plus vite que lui. Alors qu’il avait encore du mal à s’imaginer retourner à Poudlard, pour y enseigner, la jeune femme pensait déjà à tout ce que cette situation pouvait impliquer, notamment le fait de voir partir en fumée le joli mensonge entretenu par son père depuis des années et selon lequel il serait étudiant en médicomagie. Effectivement, il serait assez difficile de justifier le passage de la médicomagie l’étude des moldus…Eliott réfléchit un court instant mais dû rapidement se résoudre à l’évidence : il n’y avait aucun mensonge crédible. Les gens se rendrait bien compte qu’on leur avait raconté n’importe quoi, et tant pis. Ce n’était pas lui qui avait choisi de mentir, ce n’était pas son problème. Oh, ça finirait probablement par lui retomber dessus, on inventerait sans doute tout un tas de rumeurs à son sujet pour tenter d’expliquer ce mensonge, mais à vrai dire il s’en fichait un peu. L’opinion de la haute société sorcière n’avait pas réellement d’importance à ses yeux, ce n’était plus son monde tout ça.

« Non, je ne lui ai pas encore dit. Et il n’avait aucunement l’intention de lui dire, d’ailleurs. Il l’apprendrait bien par Andrew ou par Paige. Et je le laisse se débrouiller avec son mensonge… »

Ce n’était pas très charitable, mais plutôt juste. Son père avait choisi de mentir sur le métier de son fils, qu’il assume son choix maintenant. Eliott lui n’avait rien à se reprocher, pas encore. Il savait que la fin de son mensonge n’aurait pas seulement de répercussions que sur son père. Andrew et Paige mentaient depuis des années, et ils seraient forcés de reconnaitre qu’ils avaient caché la vérité à tout le monde. Il n’avait jamais voulu les mettre dans cette situation, mais c’était trop tard pour rattraper ce qui était fait. Il aurait dû faire éclater la vérité au grand jour dès le départ, mais tout s’était fait trop vite. Il avait quitté la maison avec pour unique souhait qu’on lui fiche la paix et qu’on le laisse faire ce qu’il voulait, et il avait laissé son père gérer la version officielle des choses, grave erreur. Maintenant soit sa famille se retrouvait plongée dans l’embarras par sa faute, soit il continuait à mentir toute sa vie. L’émigration en Finlande était aussi une option, mais il n’y tenait pas vraiment, il n’était pas persuadé que Charlotte le suivrait. Il n’avait plus qu’à compter sur la diplomatie d’Andrew et le charme de Paige pour que les choses se passent bien, et que tout le monde oublierait bien vite cette histoire de médicomagie.

« Je ne suis pas trop protecteur, protesta-t-il quand Charlotte lui assura que Paige ne serait sans doute pas ravie de la nouvelle. Tu penses qu’elle va m’en vouloir ? »

Paige se plaignait souvent du fait qu’ils ne se voient jamais et demandait régulièrement à ce qu’ils passent plus de temps ensembles, avec Andrew. Elle changerait sans doute vite de discours en apprenant qu’il serait peut-être professeur à la rentrée. Il comprenait que ce ne soit pas facile à gérer comme situation –il aurait détesté avoir un membre de sa famille comme enseignant, un frère préfet lui avait suffi- mais il était plutôt cool comme grand-frère, non ? Contrairement à ce que soutenait sa petite-amie il n’était pas trop protecteur, juste protecteur comme tout frère se devait de l’être. Il savait comment étaient les garçons de dix-sept ans, pour en avoir été un bon exemple, et préférait qu’ils se tiennent loin de sa petite sœur, ce qui était parfaitement normal. De toute façon Paige avait reçu la même éducation que lui, et il osait espérer que contrairement à lui elle la respecterait, et attendrait donc d’avoir fini des études avant de commencer à fréquenter d’éventuels prétendants. Les principes rétrogrades de la bonne société avaient du bon, finalement.

Lui en tout cas n’avait aucunement l’intention de respecter sa bonne éducation et promit à Charlotte de s’échapper de Poudlard de temps en temps, pour venir la voir. Ce à quoi cette dernière répondit qu’un professeur qui faisait le mur pour passer la nuit avec sa copine, ça ne faisait pas vraiment sérieux.

« Sa copine lieutenant, corrigea-t-il, ça fait plus sérieux. Et puis, les professeurs ne doivent quand même pas respecter le règlement, si ? »

Il ne le respectait pas déjà pas étant élève, ce n’était pas pour commencer maintenant. Son sourire amusé se fit un peu plus tendu quand il aborda, avec hésitation, le sujet des fiançailles de son frère. Charlotte avait tant de raisons de refuser qu’il ne comptait que sur un regard de chien battu pour la faire céder.

« Oui… » répondit-il, moyennement convaincant, quand la jeune femme s’étonna d’entendre qu’ils étaient tous les deux invités.

Même s’il s’y était attendu, il fut un peu déçu par le refus de sa petite-amie. Il savait ce qui s’était passé avec son père et comprenait qu’on puisse ne pas avoir envie de se frotter à toute la haute société sorcière, lui-même n’était pas enchanté par cette idée. Il participait rarement aux réunions de famille et autres évènements mondains, mais cette fois-ci c’était important pour lui, et il aurait aimé que Charlotte soit à ses côtés. Il secoua la tête quand elle lui rappela qu’elle était née-moldue, c’était un détail ça. Elle vivait plus dans le monde magique que lui. Et puis, personne ne ferait de commentaire là-dessus, pas en leur présence en tout cas. Elle poursuivit en expliquant qu’elle ne connaissait rien à l’étiquette, et à tout cet univers, avant de conclure en affirmant qu’elle n’était pas la bonne cavalière pour ce genre d’évènements.

Il pressa la main qu’elle avait glissée dans la sienne et répondit à son expression peinée par un regard suppliant. Il comprenait tout ça, mais il avait vraiment envie qu’elle vienne, et il était persuadé que tout se passerait bien. Lui non plus n’était vraiment pas fait pour ce genre d’évènements. Alors oui, officiellement il avait reçu l’éducation nécessaire. Il avait passé des heures à retenir les noms de tous les membres de toutes les grandes familles de sang-pur, on lui avait appris à sourire et à faire de bons compliments, on l’avait initié au piano et au français, mais ça n’avait pas suffi. Il n’avait jamais été doué pour tout ça. Bien avant de se découvrir une passion pour le monde moldu, il se sentait déjà en décalage avec ce monde doré. Il détestait rester sagement assis sur une chaise pendant des heures, à se demander laquelle de ses cinq fourchettes il allait bien pouvoir utiliser pour manger son poisson, alors qu’il y avait un immense jardin qui ne demandait qu’à être exploré. Il préférait se taire plutôt que de faire des compliments hypocrites. Il détestait entendre les gens médire sur ceux qui étaient assis à la table d’à côté tout en leur adressant des sourires polis et de petits signes de la main.

« Tu ne feras pas tâche du tout, assura-t-il doucement. Je t’assure. Et tu ne seras pas ridicule. Quelles que soient les gaffes que tu pourrais faire, dis-toi que je les ai faites avant toi. Je pense que Mrs Harris crie encore au blasphème chaque fois qu’elle me voit, ajouta-t-il sur un ton plus léger. Elle n’avait jamais apprécié la façon dont lui et Maisie McMillan s’occupaient pendant sa réception annuelle. Tout se passera très bien je te le promets, et si les gens doivent critiquer quelqu’un ils se concentreront sûrement sur le médicomage déchu. Il arrivait à court d’arguments, ne lui restait que la principale raison pour laquelle il voulait avoir Charlotte à ses côtés. Ce sera un jour important pour moi, j’ai envie que tu sois là. »

Il attrapa la seconde main de la jeune femme et baissa un regard implorant vers elle.

« S’il-te-plait… » Ça, c’était de l’argument. Il irait loin avec un raisonnement pareil.


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Même si c'était peu charitable, Charlotte approuvait complètement la décision d'Eliott de laisser John Warlock se débrouiller avec son mensonge. Quel niveau de maturité avait-il pour se retrouver dans ce genre de situation, sérieusement ? Ce n'est pas comme si Eliott faisait quelque chose d'honteux de sa vie. De toute matière, il était inutile de revenir sur le cas du père d'Eliott, Charlotte avait déjà laissé entendre ce qu'elle en pensait et ce n'était pas très glorieux. Qu'il se débrouille avec son mensonge. Après tout, en tant que politicien, il devait avoir l'habitude, non ? Et puis il mentait depuis des années, cela ne le changerait sûrement pas... Peut-être qu'elle n'était pas très objective, elle prenait forcément la défense entière d'Eliott, sans même hésiter. Mais en plus de ce qu'elle savait grâce à son petit-ami, sa brève rencontre avec John Warlock avait été bien suffisante pour se faire sa propre idée du personnage, en ajoutant à cela ce qu'elle pensait du SPAM depuis qu'elle avait acquis une conscience politique. Charlie était clairement orientée vers le MIM et elle avait voté pour Fiennes sans hésiter aux dernières élections : elle le referait sans hésitation en ce moment, malgré les critiques qu'il recevait.

Elle haussa un sourcil clairement sceptique quand Eliott affirma qu'il n'était pas trop protecteur. Ben voyons ! Et elle, elle travaillait au Paradis d'Eden ! Il suffisait de l'entendre parler pour le comprendre, ne serait-ce que lorsqu'il mentionnait sa petite sœur ! Mais ce n'était pas vraiment surprenant, sans rattacher tout cela au monde des Sang-Pur. La société considérait encore les femmes comme des petites choses fragiles et les garçons comme des méchants coureurs de jupons qui faisaient tourner la tête à d'innocentes midinettes. Comme si une adolescente était complètement dépourvue de sens pratique ou même de bon sens. Oh, Charlotte pouvait bien reconnaître que son adolescence n'était pas sa période la plus brillante mais les jeunes filles ne devenaient pas complètement idiotes non plus tout comme les garçons n'étaient pas obsédés par la gente opposée. Bref, elle était persuadée que la jeune Paige Warlock avait assez de jugeote pour mener la vie qu'elle entendait sans qu'on se mette en travers de son chemin. Après tout, Eliott ne supportait pas cela de la part de son père, pourquoi l'imposer à sa sœur sous prétexte qu'elle était une fille ?

- T'en vouloir, je ne sais pas, je ne la connais pas. Mais c'est forcément une situation difficile, d'être de la famille d'un enseignant.

Sa propre mère enseignait la littérature à l'université d'Oxford mais Charlotte n'avait pas fait d'études dans le monde moldu, elle échappait donc à ce problème. De toute manière, même si elle avait été moldue, elle ne savait pas si elle aurait fait de la littérature ou si elle aurait pu avoir le niveau pour étudier à Oxford. Lorsqu'elle étudiait à l'école primaire, elle aimait toutes les matières sans exception, que ce soit le sport ou les maths et se débrouillait bien partout : l'école avait toujours été une chose importante pour elle et elle s'était toujours attachée à avoir de bonnes notes, même avant Poudlard. De toute manière, une chose était sûre : si elle avait été moldue, ses parents l'auraient sérieusement poussée à faire des études et elle serait allée à l'université tout comme ils avaient poussé sa soeur Allison à étudier l'histoire plutôt que de se lancer dans l'art. C'était la distance qu'ils avaient avec le monde magique qui avait permis à Charlotte de devenir Auror. Et de toute manière, auparavant, l'université n'était pas une Institution dans le monde magique. On trouvait un travail et on était formé par ses pairs comme elle l'avait été par les Aurors. Il y avait certes des grandes écoles magiques mais elles étaient réparties dans le monde et l'accès y était assez difficile. Elle avait beau être une bonne élève en métamorphose, elle n'aurait jamais eu le niveau - et la passion - pour rentrer à Lycaon, par exemple.

- Bien sûr que si ! répondit-elle, malicieuse. Ils doivent donner l'exemple, être les parfaits représentants des valeurs de l'école... Je pense que tu peux t'inspirer des grands hommes que sont Dérébusor et Rogue, murmura-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres. 

Elle savait très bien qu'Harry Potter avait cherché à rétablir l'image de Severus Rogue après la guerre et son admiration pour le héros qu'était son collègue la poussait à croire ce qu'il disait. Mais Rogue resterait surtout dans son esprit cet enseignant tyrannique de potions qui lui faisait un peu peur lorsqu'elle était arrivée à Poudlard. Elle était toujours très minutieuse en potions pour éviter de faire une bêtise et de subir les foudres de leur terrible professeur. Après son décès et l'arrivée du Professeur Adamson, elle avait enfin pu respirer dans les cours de potions sans craindre une remarque désobligeante et cassante. Quand à Dérébusor... Il était tout simplement givré, il n'y avait pas d'autres termes. Eliott pouvait être un excellent professeur, Charlotte n'en doutait pas une seule seconde, le genre de professeur qui pouvait intéresser les élèves à sa matière, qui était toujours enthousiaste et jamais injuste. Un bien meilleur professeur que des gens comme Dérébusor, en somme ! Et elle était également persuadée que le Professeur Mason savait ce qu'elle faisait, elle avait déjà sûrement quelques années de carrière derrière elle.

Quoiqu'il en soit, malgré toute la foi qu'elle avait en lui et malgré tout l'amour qu'elle portait à son petit-ami, sa dernière proposition lui posait un petit problème. Ou plutôt un énorme problème. Aller passer sa journée dans une réception mondaine pour être le fruit des critiques hypocrites de la "bonne" société magique ne la tentait pas vraiment, elle n'était pas folle. Surtout qu'il y aurait sûrement quelques grandes pontes du Ministère et elle n'avait pas très envie qu'ils la remarquent, elle était bien dans son rôle de simple Auror qui ne dépendant du bon vouloir des Directeurs de Départements ou du moins qui ne dépendait que de Richard Dalnox. Heureusement que Fiennes avait été élu d'ailleurs, parce que John Warlock était son ancien supérieur et elle n'aurait pas aimé se retrouver sous sa direction après ce qui avait pu se passer. Elle détourna les yeux pour ne pas croiser son regard suppliant - elle n'y résistait pas - et préféra admirer la vitrine du Paradis d'Eden qui avait exposé des gâteaux plus apétissants les uns que les autres derrière la vitre. Elle reposa son attention sur Eliott quand elle sentit ce dernier presser sa main. C'était peut-être égoïste de sa part mais sa dernière envie était d'aller fréquenter ce genre de soirée, surtout dans cette situation. Elle était Gryffondor, pas masochiste.

- Mais je n'ai jamais fréquenté ce genre de fêtes, je n'y connais rien... protesta-t-elle faiblement.

Et si, elle serait ridicule et Charlotte n'avait pas envie d'être la risée de toute une assemblée même si c'était dans son dos. Encore moins si c'était dans son dos. Et malgré ce qu'affirmait Eliott, savoir qu'il avait fait des gaffes avant elle ne la rassurait pas. Elle était trop perfectionniste pour se résigner à échouer à quelque chose, fut-ce une réception mondaine hostile. Charlie aimait bien faire les choses et que les choses soient bien faites, c'est également pour cela qu'elle avait toujours travaillé autant : elle ne pouvait pas voguer sereinement vers l'idée d'un échec. Elle préférait ne pas tenter du tout si elle n'avait pas de chances de réussite : c'était une logique qui avait des défauts, elle en était consciente mais elle estimait également que c'était une logique qui lui permettait d'assurer ses arrières et de se sentir en confiance. Elle avait envie de dire non, de refuser cette invitation mais elle n'avait pas non plus envie de décevoir Eliott. Elle baissa les yeux quand il affirma que c'était important pour lui qu'il soit là et le laissa saisir sa seconde main, se sentant fléchir sous son ton implorant. Soupirant, elle passa ses bras autour de son torse et posa sa tête contre son cœur, fermant les yeux. Elle n'avait pas envie de peiner Eliott et si c'était important pour lui, elle ne pouvait pas lui dire non, elle n'y arriverait pas. Elle avait envie d'être là pour lui dans tous les moments de sa vie, même si l'idée de cette réception ne la tentait pas. Son coeur la poussait à dire oui sans hésiter mais son sens pratique était en train de prendre un billet pour le Zimbabwe. La cloche de la porte du restaurant lui fit redresser la tête et elle vit un groupe d'une dizaine de personnes entrer.

- On rentre ? Pour être sûrs d'avoir une table.

Elle était consciente de ne pas avoir encore donné sa réponse mais elle était en train de peser le pour et le contre dans son esprit. Elle adressa un sourire à Eliott, glissa ses doigts dans les siens. Le restaurant était coquet et chaleureux et ils furent accueillis avec un sourire et orientés vers une table au fond, au calme, avant qu'un serveur ne leur apporte les menus. Charlie jeta un coup d’œil au sien mais elle était encore en train de penser à la proposition d'Eliott. Après tout, depuis qu'Eliott lui avait dit que c'était important pour lui qu'elle soit là, sa réponse était toute trouvée. Elle n'avait pas à hésiter : Eliott passait avant toute chose dans sa vie et même si c'était un peu effrayant parfois, Charlotte savait qu'elle ne regrettait pas cet état de fait.  

- Je viendrais avec toi, à la réception. Je sens que je vais le regretter, fit-elle avec un sourire, mais je serai là.

Elle lui sourit avant de baisser les yeux sur son menu. Elle allait devoir s'organiser pour cette réception, trouver la bonne tenue - elle avait énormément de vêtements mais beaucoup de vêtements moldus - savoir quoi dire, qui sera présent, quoi faire... Peut-être acheter un livre. Il devait bien y avoir un livre pour ce genre de situation, non ? Sinon quelqu'un devrait l'écrire, vraiment. C'était le genre de livre qui pourrait sauver des vies. Peut-être qu'elle pourrait trouver quelqu'un pour lui donner des conseils ? Son ancienne camarade de dortoir Ellen devait s'y connaître un peu, non ? Voire même Alicia ! Penser à son amie la ramena à la soirée d'hier et elle redressa immédiatement la tête, tandis que toutes les sensations qu'elle avait ressenti en entendant le récit d'Alicia revinrent immédiatement.

- J'ai croisé Alicia Jones hier, à Sainte-Mangouste. Tu te rappelles d'elle ? interrogea Charlotte innocemment. Elle était dans notre année, à Serdaigle. On a passé la soirée toutes les deux, on était amies à Poudlard.

Elle s'apprêtait à embrayer sur une autre question lorsque le serveur arriva pour prendre leur commande. Ce ne fut qu'après son départ qu'elle reprit la parole, un peu amusée mais conservant un ton et une expression tout à fait candide.

- Tu te souviens de la fête de fin d'année de notre sixième année ?


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Eliott hocha la tête et laissa Charlotte l'entrainer vers la porte du restaurant lorsqu'elle suggéra d'entrer maintenant pour qu'ils soient sûrs d'avoir une table. Elle n'avait toujours pas répondu à sa question mais il commençait à se faire une raison, il affronterait ces fiançailles en solitaire. Cette perspective ne l'enchantait pas vraiment, mais cette fois-ci il ne pouvait pas se défiler, il devait bien ça à Andrew. Il ne savait pas ce qui serait le pire, se retrouver à la même table que son père ou devoir supporter les jacassements incessants de toute une bande de mégères à l'affut des derniers ragots. Avec un peu de chance il mettrait la main sur une bouteille de whisky-pur-feu qu'il partagerait avec son oncle Leopold, qui était une des rares personnes à savoir s'amuser dans ce genre de réception. Il survivrait. Après tout il avait supporté ça pendant une bonne dizaine d'année, il pouvait bien le faire encore une fois.

Ils furent orientés vers une table au fond du restaurant et on leur apporta rapidement leurs menus. Eliott fut tiré de la lecture du siens par la voix de Charlotte et releva la tête avec un sourire en l'entendant affirmer qu'elle viendrait avec lui à la réception. Il rit quand elle ajouta qu'elle le regretterait surement et tendit le bras par dessus la table pour attraper la main de la jeune femme.

"Merci, commença-t-il avec un sourire franc. Et ne partons pas défaitiste, ça va être génial, plein de gens qui nous jugent et nous regardent de haut pour médire dès que nous aurons le dos tourné."

Il n'avait jamais accordé grande importance à ce que toute la haute société sorcière pouvait bien penser de lui, il avait toujours su qu'il quitterait ce monde un jour, mais il n'était jamais agréable de voir les gens vous détailler du regard et murmurer entre eux. Il aurait voulu convaincre Charlotte d'adopter le même état d'esprit, de ne pas de soucier du regard de ces gens-là, mais elle avait un petit coté perfectionniste qui la poussait à vouloir toujours réussir, ou du moins faire de son mieux, et il savait déjà qu'elle s'en sortirait sans doute mieux que lui à cette réception.

Charlotte changea alors complètement de sujet en lui racontant qu'elle avait croisé Alicia Jones la veille. Il se souvenait parfaitement de la jeune femme, il s'était souvent retrouvé avec elle en potion, et lui devait très certainement ses notes à peu près correctes. Il se souvenait aussi être passé pour un véritable idiot lors de leur dernière rencontre, quand ils s'étaient croisés quelques mois plus tôt au Chaudron Baveur.

"Je l'ai revu aussi il y a quelques mois, je ne savais pas que vous étiez amis à Poudlard, lui même n'avait jamais fréquenté la Serdaigle en dehors des cours de potions. Je ne sais pas si tu as déjà essayer de faire croire à un médicomage que tu étais médicomage, mais ce n'est vraiment pas facile."

Il ponctua sa phrase d'un soupir et reporta son attention sur la carte en voyant que le serveur approchait de leur. Ils passèrent leur commande et dès que le serveur s'éloigna Charlotte embraya sur une autre question des plus surprenantes. Est-ce qu'il se souvenait de la soirée de fin d'année de leur sixième année ? Plus ou moins, son esprit mélangeait un peu les souvenirs de toutes les soirées de fin d'année. Elles s'étaient toutes finies à peu près de la même façon, avec beaucoup trop d'alcool et des souvenirs un peu brumeux.

"Vaguement, pourquoi ?"

S'il ne se souvenait pas très bien de la soirée en elle-même, il avait d'assez bons souvenirs des jours qui avaient suivi. Ses camarades de dortoir ne s'étaient pas priés pour lui raconter la fin de la soirée à maintes reprises sous prétexte qu'il serait rentré le soir de la fête en racontant qu'il avait rencontré une fille dans un couloir et qu'il l'avait embrassé. Évidement personne ne l'avait cru, sauf Jensen qui lui avait prêté une romance enflammée avec Mimi Geignarde. Il avait entendu parlé de cette histoire pendant des mois. Il eut un sourire amusé en repensant à tout ça, il avait cru avoir oublié tout ça mais maintenant qu'il y repensait, tous ces souvenirs étaient assez clairs dans son esprit.

"Mais si je me souviens bien tu avais beaucoup trop bu."

Il n'était pas le mieux placé pour lui en faire le reproche mais se permit tout de même un sourire moqueur. Il avait complètement oublié la fin de soirée, mais se rappelait qu'il était arrivé avec plusieurs garçons de son dortoir avec comme objectif de faire boire Charlotte, qu'ils trouvaient beaucoup trop sage pour une Gryffondor. On était quand même sacrément idiot à seize ans...


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- T'es tellement motivant, c'est fantastique ! répondit-elle en riant un peu jaune quand Eliott lui annonça que tout le monde allait médire dans leurs dos.

Comment pouvait-on supporter cet état de faits sans protester ? Elle ne pourrait pas, cela allait la rendre folle. Elle était du genre à faire répéter bien fort une remarque qu'on lui avait fait tout bas, juste parce qu'elle ne supportait pas ce genre d'hypocrisie qu'on ne prenait même pas la peine de déguiser. Évidemment, sa formation d'Auror lui avait appris à prendre sur elle à et encaisser mais elle détestait ça et l'idée de passer une soirée dans cette ambiance la contrariait déjà. Comment des gens qui se revendiquaient d'une "haute" société pouvaient agir avec un tel manque d'élégance ou même de respect vis à vis des autres ? Mais pour qui se prenaient-ils ? Cette manière de vivre était dépassé et aberrante, moyenâgeuse même ! Ils étaient d'une prétention sans bornes, d'une bêtise sans nom et d'une temporalité dépassée. Charlotte était issue de la classe moyenne, elle l'avait toujours été et le serait toujours et rien que l'idée qu'une classe comme celle-ci existe encore la rendait folle. Voilà qui la pousserait encore et toujours à voter MIM, comme elle l'avait fait aux dernières élections.

Mais Eliott voulait qu'elle soit là et qu'elle l'accompagne alors elle prendrait sur elle et irait à cette soirée sans presque (trop) râler. Elle savait qu'il aurait fait la même chose pour elle - en admettant qu'elle puisse le traîner dans des trucs comme ça - et qu'il n'aurait même pas hésité alors elle refusait de s'y soustraire. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas par amour, tout de même ! Surtout qu'elle ne supportait même pas le futur marié - il avait trouvé quelqu'un qui pourrait faire face à son égo, n'était-ce pas fantastique ? - et que c'était sûrement réciproque. Le BDA et les avocats n'étaient pas forcément très copains de base et les implications intimement personnelles - c'est à dire Eliott - qui liaient Andrew Warlock et Charlotte ne les aidaient pas à devenir de grands amis pour la vie. Entre le père et le frère, Charlie doutait qu'elle puisse être un jour en paix avec la famille de son petit-ami. Mais les choses étaient ainsi faites et il serait surprenant qu'elles changent un jour.

Heureusement, les fiançailles en question n'étaient pas pour maintenant et laissaient à Charlotte le temps de s'y préparer psychologiquement mais aussi de profiter encore d'un peu de temps avec Eliott sans être jugés de haut en bas par des abrutis rétrogrades. Et elle allait aussi se préparer à faire des efforts pour leur parler et parler d'eux correctement. Mais en attendant, ils allaient pouvoir profiter de leur soirée d'été tous les deux. Même si elle avait repris le travail, la douceur des températures et les journées plus longues lui donnaient l'impression de travailler moins puisqu'elle finissait alors que le soleil était encore levé et pouvait profiter d'un peu de temps avec Eliott, ou Lilly et Jensen. S'ils le voulaient, ils pourraient même aller prendre un verre en sortant du restaurant. Et ça, ça changeait vraiment de ses journées boulot - métro - dodo. Parfois, Poudlard lui manquait un peu : elle avait beaucoup plus de temps pour elle. D'ailleurs, le sujet de Poudlard était venu dans la conversation - le fait d'avoir croisé Alicia hier n'y était pas pour rien - et Charlotte éclata de rire à la remarque d'Eliott.

- Non et même si j'avais essayé, Alicia est une fille trop brillante pour se laisser berner comme ça !

Son amie avait toujours été quelqu'un de très intelligent et Charlotte était persuadée qu'elle irait très loin dans sa carrière de Médicomage.

- Et oui, on s'entendait bien, on s'est perdues de vue - j'ai perdu tellement de monde de vue - mais on s'est revues hier soir, je suis passé à Sainte-Mangouste pour un résultat.

Elle l'avait d'ailleurs transmis ces résultats à Seamus ce matin et ils avaient orienté leur enquête en conséquence : le petit-fils de la victime était convoqué dès demain matin au BDA pour "confirmer sa déposition" sur l'empoisonnement de son grand-père alors qu'en réalité, il y était devenu en quelques heures le principal suspect. Tant d'histoires de famille pour de l'argent, c'était vraiment désespérant. Quoiqu'il en soit, elle s'apprêtait à répondre à Eliott pour lui expliquer le pourquoi du comment de son soudain questionnement sur leur soirée de sixième année mais son petit-ami arbora un sourire moqueur et lui rappela qu'elle avait vraiment trop bu durant cette soirée et elle fronça les sourcils. Elle n'irait pas contester cette information : elle ne se rappelait plus du tout de cette soirée et s'était réveillée le lendemain matin dans son lit. Ses amies l'avaient perdu à un moment et n'avaient donc pas pu lui raconter la totalité de ce qui s'était passé. Sauf qu'hier soir, Alicia avait apporté un éclairage plus qu'intéressant sur la soirée.

- Et je me souviens que tu n'étais pas complètement étranger à ça ! répondit-elle sur le même ton. Toi, Jensen et tous vos copains de l'époque !

Certes, elle avait accepté de boire mais il y avait quand même eut cette pression qui ne lui avait pas vraiment réussi. Elle ne tenait vraiment pas l'alcool, même des années après.

- Enfin, là n'est pas la question. Quoique, un peu quand même.

Elle s'interrompit tandis que le serveur apportaient leurs plats et du vin et reprit qu'une fois que ce dernier se fut éloigné, d'une voix un peu plus basse.

- Je ne me souviens pas du tout de cette soirée, un peu du début et du lendemain mais c'est tout. Et il s'avère qu'avec Alicia, on a pas mal parlé hier et...

Comment formuler ça ? De la manière la plus directe, sûrement.

- Elle m'a dit qu'elle était heureuse qu'on soit passés par dessus ce qui était arrivé en sixième année. Tu sais, notre relation tumultueuse, lança-t-elle malicieusement, volontairement provocante. Quand on s'embrassait fiévreusement dans des couloirs vides après des soirées arrosées !

Elle avait eu un choc elle aussi en l'apprenant mais savoura la réaction d'Eliott, un sourire aux lèvres et glissant sa main dans la sienne.


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-Malheureusement...soupira-t-il quand Charlotte assura qu'Alicia était bien trop intelligente pour se laisser berner par les mensonges d'un pseudo-médicomage.

Enfin, c'était plutôt une bonne chose pour les patients de Sainte-Mangouste, mais si la jeune femme avait été un peu moins perspicace, ou s'il avait été meilleur menteur, il ne serait pas passé pour un imbécile. Quoiqu'il en soit il préférait ne pas savoir ce qu'Alicia pensait de lui maintenant et n'avait pas réellement hâte de se retrouver en face d'elle avant encore quelques mois, le temps qu'elle oublie leur dernière conversation. Heureusement, Charlotte n'avait visiblement pas l'intention d'organiser des retrouvailles entre anciens camarades de promotion puisqu'elle se contenta de raviver le souvenir de la soirée de la fin de leur sixième année.

Ce n'était pas l'un des épisodes de sa vie dont il était le plus fier, mais comme il s'empressa de le faire remarquer, Charlotte n'avait pas été un exemple de bonne conduite non plus. Il se souvenait que son regard sur elle avait pas mal changé ce soir-là. Elle qui avait toujours été plutôt sage -surtout comparée à lui- et assez discrète, s'était pas mal déchainé au cours de cette soirée. Et il avait trouvé ça plutôt "cool", d'ailleurs. Charlotte avait peut-être dû apprécier un peu moins l'idée, surtout le lendemain matin. Elle lui reprocha d'ailleurs d'avoir participé à son état d'ébriété avancé.  

- Je plaide non-coupable Lieutenant Meyer ! se défendit-il en levant les deux mains en signe d'innocence. C'était l'idée de Jensen.

Ce n'était que la pure vérité. C'était Jensen qui avait eu l'idée, il n'avait fait que prêter secours à son ami, voilà. Il était loyal comme un Poufsouffle, ça le perdrait. Il n'avait jamais eu la moindre mauvaise attention, non non, il n'était même pas au courant des sombres desseins de son camarade, tout innocent qu'il était.

-J'ai été embarqué là-dedans malgré moi, ajouta-t-il, histoire de s'enfoncer un peu plus dans la mauvaise foi.

Eliott fronça un peu les sourcils en entendant Charlotte assurer que de toute façon "là n'était pas la question". Il n'eut toutefois pas le temps de lui demander ce qu'elle voulait dire par là car le serveur intervint pour leur amener leurs plats ainsi qu'une bouteille de vin. A peine ce dernier s'était-il éloigné que Charlotte commençait  s'expliquer, à voix basse. Eliott se pencha un peu vers elle pour l'entendre distinctement par-dessus le bruit des conversations alentours. Qu'est-ce qu'Alicia avait bien pu lui raconter qui aurait eu un rapport avec la soirée de sixième année ? Il n'était même pas certain que la Serdaigle s'y soit rendu, certains élèves étaient sérieux au point d'éviter ces petites soirée clandestines. Charlotte finit par mettre fin au suspense et lui avoua qu'Alicia était contente qu'ils soient passé par-dessus la relation tumultueuse qu'ils entretenaient en sixième année.

Eliott mis un instant à comprendre. S'embrasser fiévreusement après des soirées arrosées, ça leur arrivait, mais quel rapport avec leurs années à Poudlard ? Est-ce que...? Non...Ce n'était pas possible...

- Attends, est-ce que tu....? Commença-t-il alors que la réponse s'imposait à lui comme une évidence. Mais oui !" s'exclama-t-il soudainement, un peu trop fort.

Il n'arrivait pas à le croire. C'était Charlotte. La fille qu'il avait cru avoir embrassé -et qu'il avait effectivement embrassée, apparemment- était Charlotte. L'adolescent de seize ans en lui était soulagé, et assez fier, d'apprendre qu'il n'avait pas simplement rêvé cette histoire, et il aurait adoré que ses camarades de dortoir de l'époque entende ça. Quant à lui, il était plutôt perturbé d'apprendre qu'il avait déjà embrassé sa petite-amie, six ans auparavant, et qu'il ne s'en rappelait même pas. C'était plus dérangeant comme sentiment.

- C'était toi ! J'y crois pas...Tu sais que j'ai passé un an à me demander qui cela pouvait être ? D'après Jensen ça ne pouvait être qu'Ellen Perkins ou Mimi Geignarde, et honnêtement il ne savait pas ce qui aurait été le pire. Je suis contente que ce soit toi, poursuivit-il avec un sourire en pressant sa main dans la sienne. Mais j'aurais préféré m'en souvenir..." ajouta-t-il avec un soupir.

Il secoua la tête avec un sourire amusé, ne parvenant toujours pas à réaliser ce qu'il venait d'apprendre. Le destin leur jouait tout de même un drôle de tour, c'était assez comique quand on y pensait, et peut-être un peu romantique aussi.

"Voilà qui vient sérieusement remettre en cause ma théorie du 31 Janvier..." lança-t-il finalement avec un sourire espiègle, conscient qu'il venait peut-être de relancer un long -très long- débat.


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- Oh, tu es une pauvre victime martyrisé par le grand méchant Jensen ! lança Charlotte d'un ton narquois.

Elle n'y croyait pas pour un sous et ne se laisserait pas avoir par l'air faussement innocent d'Eliott : ils avaient tous été à l'école ensemble et elle le connaissait suffisamment, tout comme elle l'avait connu durant leur sixième année, pour savoir qu'il n'était pas en reste dans cette affaire. Elle ne lui reprochait rien, dans un sens, elle n'était pas une sainte non plus et il aurait été trop facile de blâmer complètement les autres en se dédouanant de toute responsabilité mais cela n'aurait pas été juste. Elle se souvenait du début de soirée et de son premier verre, elle avait été vexée par les insinuations de ses camarades de classe et elle avait bu par défi, pour leur prouver quelque chose. Il faut dire qu'elle avait passé ses années Poudlard à être la si sage Charlotte à coté de la si volcanique et si respectée Lilly et que oui, cette nuit-là, elle avait autant voulu se prouver quelque chose que prouver quelque chose au monde.

Enfin, elle aurait tout de même pu apporter de la nuance à sa tentative de provocation et éviter de finir complètement ivre au point d'oublier ce qui s'était passé. Alicia lui avait apporté une pièce du puzzle mais Charlie était consciente qu'il restait des heures de trou à cette nuit de Juin, des heures qui ne seraient jamais comblées sauf si elle retrouvait encore des témoins, ce qui l'étonnerait fort. Elle n'était pas la seule à avoir abusé ce soir-là, ce genre de petites fêtes clandestines étaient souvent pleines d'excès et pas qu'avec l'alcool. Les choses auraient pu tourner plus mal, elle en avait conscience et elle aurait pu tomber sur bien pire qu'Eliott. Elle avait une entière confiance en lui et même si cela lui faisait étrange - même si elle avait un peu digéré depuis hier soir - elle ne regrettait pas vraiment. Enfin, il aurait été de toute manière difficile de regretter quelque chose que l'on avait oublié mais l'idée était là. Eliott venait de lui dire qu'il se souvenait vaguement de cette soirée, peut-être qu'il se souviendrait de l'avoir croisée ce soir-là, même si elle était persuadée qu'il ignorait ce qui s'était passé entre eux : il lui aurait dit depuis longtemps sinon.

Néanmoins, il était clair qu'elle venait de réveiller des souvenir en lui au vu de sa réaction. Charlotte posa un regard interrogateur sur son petit-ami en attendant qu'il lui explique le fond de sa pensée - cette affaire la rendait évidemment très curieuse et dans l'expectative d'avoir plus de détails sur ce qui s'était passé - surtout qu'il semblait savoir quelque chose qu'elle ignorait.

- Tu te souviens de quelque chose ?

Visiblement, il se souvenait avoir embrassé quelqu'un - c'était déjà ça - mais pas de la personne, ce qui devait faire encore plus étrange. Et visiblement, cela l'avait obsédé pendant un temps, durant toute une année, ce qui était pire que de l'apprendre complètement maintenant, songea Charlotte en répondant à son sourire, caressant le dos de sa main pouce.

- Moi aussi je suis heureuse que ça soit toi même si oui, c'est carrément étrange comme sensation.

Elle aurait aimé se souvenir de ce baiser, vraiment et même de cette soirée ou juste de ce moment-là au pire mais c'était des choses qu'elle ne pourrait jamais récupérer, des souvenirs noyés dans beaucoup trop d'alcool et quelques années déjà, puisque cela faisait six ans. Surtout qu'elle avait eut le béguin pour lui l'année suivante et elle aurait été bien contente d'avoir ce souvenir même si cela aurait été peut-être plus embêtant étant donné qu'il sortait à l'époque avec une autre. Peut-être même que c'était en lien, ce baiser et ce béguin. Mais c'était pousser les spéculations un peu loin.

- Je suis presque certaine que Lilly pourrait y faire quelque chose mais je n'ai pas très envie qu'elle vienne fouiller dans ma mémoire au risque de tomber sur d'autres souvenirs de nous, ce serait trop gênant ! lança-t-elle en riant.

Et puis sa meilleure amie avait beau être Oubliator, c'était une faveur un peu étrange à lui demander tout de même.

- Et cela ne remet en cause rien du tout, répliqua Charlie, malicieuse. Tu ne vas pas me dire que nous sommes ensemble depuis six ans, alors qu'on a connu d'autres personnes. Et puis je ne vois pas notre mariage, nos trois enfants et notre prêt sur vingt-ans dans les parages !

Et puis bon, ils n'allaient quand même pas avoir trois dates, cela ferait peut-être un peu trop d'anniversaires dans l'année.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott hocha la tête quand Charlotte confirma que c'était assez étrange comme sensation. Il avait imaginé, quand il avait appris ce qui s'était passé il y a un instant, que cela raviverait des souvenirs, mais non. Il n'avait même aucun souvenir du baiser en question, et il n'avait su qu'il avait embrassé une fille ce soir là que parce que tous les garçons de son dortoir s'était empressé de le lui rappeler le lendemain. Découvrir que c'était Charlotte aurait pu réveiller sa mémoire, mais non, il ne se souvenait absolument pas du moment en question. Ce n'était pas très important, objectivement, mais son coté romantique était un peu déçu de ne pas se souvenir de son premier baiser avec Charlotte.

La jeune femme partageait visiblement ce sentiment puisqu'elle évoqua même la possibilité de demander de l'aide à Lily pour essayer de retrouver ses souvenirs, avant de renoncer à cette idée par peur que sa meilleure amie ne tombe sur d'autres moments de leur vie à deux.

"Je préférerais que tu t'abstiennes oui, Eliott joignit son rire au sien. Ce serait assez gênant."

Il avait finit par passer outre ce qui s'était passé avec Lily quelques mois plus tôt et n'était plus mal à l'aise en compagnie de la jeune femme, qu'il appréciait beaucoup, mais il préférait autant qu'elle n'en sache pas trop sur certains aspects de leur relation. Oh il n'était pas dupe, elles étaient meilleures amies avec Charlie, et les filles parlaient beaucoup -les garçons aussi, d'ailleurs- mais il préférait ne pas savoir ce qu'elle savait.

En repensant à ce premier baiser dont ils ne se rappelleraient malheureusement jamais, Eliott ne pu s'empêcher de ramener leur éternel sujet de discorde sur la table : à savoir la date du début de leur relation. Toute son argumentation en faveur du 31 Janvier -la seule vraie date- était basée sur le fait que c'était le jour de leur premier baiser. Cette histoire vieille de 6 ans venait sérieusement remettre ça en cause. Charlotte répliqua toutefois qu'il avait tous les deux connus d'autres personnes depuis, et Eliott afficha un air faussement surpris.

"Quoi ? Tu veux dire que tu m'as trompé ? Après tant d'année de relation ! déclara-t-il de façon théâtrale, s'attirant un regard réprobateur de la part de la veille dame de la table d'à coté. Tu me brises le cœur ! Il éclata de rire avant d'ajouter plus sérieusement : Tu as raison, c'est absurde. Le 31 reste évidement la bonne date."

Non, il n'était pas du tout tenace, jamais. Charlotte ajouta que de toute façon, ils n'avaient ni mariage, ni enfants, ni prêt sur vingt ans.

"Le mariage ça peut s'arranger assez vite...Ce fut au tour d'Eliott d'afficher un sourire malicieux alors qu'il adressait un clin d’œil à sa petite-amie. C'est un restaurant adorable après tout..." L'endroit parfait pour une demande en mariage.

Il adorait l'embêter avec ça. Il commençait d'ailleurs à se dire qu'il faudrait qu'il arrête de plaisanter à ce sujet, sinon le jour où il voudrait réellement la demander en mariage elle lui rirait au nez, ce qui serait plutôt vexant. Une demande n'était pas dans ses projets immédiats, mais il devait reconnaitre qu'il lui arrivait d'y penser. Pas pour tout de suite, ils n'étaient ensembles que depuis huit mois après tout, mais dans quelques temps. Plus le temps passait plus il était certain de vouloir épouser Charlotte, un jour. Il ne savait pas encore quand ce jour arriverait exactement, mais il était impatient d'y être.

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Bienvenue chez les vrais adultes [Eliott]

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