AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Les accidents de la vie [Lena & Amy]

Amelia PevensieAncien personnageavatar
Messages : 132

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Amelia Pevensie le Mar 20 Aoû - 14:36, édité 1 fois
Lundi 27 août 2007

Il faisait chaud, bien trop chaud en cette soirée de fin août. Amelia remonta ses longues mèches blondes en un chignon grossier, tentant de faire abstraction de la chaleur pour finir les dernières retouches sur sa toile, qui devait bientôt partir décorer un discret salon privé d'une maison des banlieues riches de Londres. Mais sa peinture semblait s'être transformée en une substance très étrange, sous l'effet de la chaleur, alors elle lâcha l'affaire. Elle fit quelques pas, s'accoudant à sa fenêtre, observant les nuages noirs et menaçant qui arrivaient dans le ciel encore bleu quelques minutes auparavant.
Avec un peu de chance, l'orage chasserait la lourde chaleur qui semblait depuis quelques jours s'être installé sur Bristol. Avec un peu de chance…
Amelia soupira. La chance, c'était bien ce qui lui manquait, en ce moment. Cela faisait plus d'un mois qu'elle s'était séparée d'Adonis, un mois qu'elle ne mettait plus tellement le nez dehors, un mois qu'elle n'avait plus poussé la porte du Circée. Un mois qu'elle vivait presque comme une recluse, en somme, peignant, recevant les visiteurs de sa galerie, sortant parfois dans le Bristol moldu pour faire quelques pas, voyant Eden. C'était à quoi se résumait sa vie. Elle savait bien qu'elle aurait dû se secouer, bouger, continuer à vivre pour montrer que cela ne l'avait pas affecté. Ça ne l'avait pas affecté, là n'était pas le problème. Mais pourquoi devait-elle recommencer à vivre, à fréquenter les autres, s'ils finissaient toujours par la décevoir?

Elle attrapa d'une main sa tasse de thé, posée sur le rebord de la table, et la porta à ses lèvres, observant Bristol qui s'étalait à ses pieds, laissant ses pensées vagabonder. En Chine aussi, elle avait eu une vue sur une rue, vue sur l'Allée Rouge, et une fenêtre semblable, où Lena aimait s'assoir lorsqu'elle venait lui rendre visite…
Ou quand elle fuguait.
Ça faisait un moment qu'elle n'avait pas eu de nouvelle de Lena, d'ailleurs. Longtemps qu'elle ne l'avait pas vue, non plus. Elle lui avait dit de venir la voir en Angleterre, lorsqu'elle aurait le temps, mais Lena était Lena. Elle disait qu'elle le ferait, mais quand?
Elle lui manquait, sa petite sœur. Avec ses boucles blondes, si semblables aux siennes, ses yeux noisettes rieurs, sa manière de ne jamais rien prendre au sérieux. Elle était celle qui lui manquait le plus, de toute sa famille réunie, sans doute parce qu'elle était celle dont elle avait des nouvelles de la manière la plus irrégulière. Ses parents lui téléphonaient toutes les semaines, lui donnant par la même occasion des nouvelles d'Eléane, qui pour le coup lui donnait elle-même de ses nouvelles extrêmement rarement.
Loïs, lui, lui écrivait de longues lettres, lui disant qu'il viendrait la voir l'année suivante, lorsqu'il aurait plus de temps pour lui. Amelia comprenait, et ne tenait pas rigueur. C'était un bosseur, un perfectionniste, son petit-frère.

Elle resta là un long moment, observant l'orage qui commençait à tomber sur la ville, les éclairs qui tombaient… Elle aimait bien les orages. La violence, le déchainement des éléments, qui semblaient tout nettoyer, tout faire partir, ne laissant qu'une surface nue, propre pour tout recommencer. C'était son côté artiste qui faisait ressortir tout cela, disait sa mère en riant. Pour les autres, les orages n'étaient souvent qu'un mauvais moment à passer, où le ciel leur rappelait qu'ils étaient petits et sans défenses face à la foudre. Amelia ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'ils manquaient quelque chose.
Elle referma finalement la fenêtre, fit quelques pas dans son atelier en s'étirant, grimaça en sentant l'un de ses muscles l'étirer de manière douloureuse.
De toute manière, elle n'avait pas l'intention de faire quoi que ce soit de sa soirée. Eden était de garde, elle était seule dans son appartement, elle allait s'effondrer dans son canapé pour manger des nouilles réchauffées en regardant d'un air vide son écran de télévision déblatérer des imbécilités.
Et tant pis si Eden décrétait qu'elle se transformait en asociale. Elle était seule, dans un pays qu'elle ne connaissait plus, dans une ville où elle connaissait peu de gens, alors oui, elle préférait faire son asociale.
Soudain, la sonnette de sa porte, côté sorcier, résonna fortement dans son appartement, la faisant sursauter. Marmonnant une phrase bien peu aimable à l'égard de la personne qui sonnait à sa porte alors qu'elle aurait préféré rester sans rien faire, elle descendit les escaliers, déverrouilla sa porte et resta immobile, incapable de croire ce qu'elle voyait.
Lena, sa Lena, était sur le pas de sa porte, trempée de la tête aux pieds. Reprenant d'un coup ses esprits, elle la fit entrer précipitamment, lui retirant son manteau trempé.

" Lena, qu'est-ce que… "

Et là, l'évidence la frappa. Elle s'était rendu compte que sa sœur était différente, mais n'avait absolument pas percuté, mais là, sans son long manteau, c'était impossible de le manquer.
Lena, la petite Lena, la gamine de même pas dix-huit ans, était enceinte.
Des questions, des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, mais elles attendraient.

" Tu es gelée, viens boire quelque chose de chaud. "

Et seulement lorsque sa sœur fut assise sur son canapé, une couverture posée sur ses épaules trempées, une tasse de thé brulant à la main, Amelia se laissa tomber dans le fauteuil en face d'elle. Elle passa une main lasse sur ses yeux bleus, tentant de croire que ce n'était qu'un rêve. Elle reposa son regard sur elle, soupira un bon coup, et posa la question qui lui brulait les lèvres depuis qu'elle avait ouvert sa porte.

" Comment c'est arrivé? "



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
MétamorphomageMolduEn ligneavatar
Messages : 1111

Voir le profil de l'utilisateur

Lena Pevensie.

Lena Pevensie avait un problème. Un problème de taille, un problème qui avait bientôt cinq mois, et qui faisait s’arrondir son ventre, de jour en jour. En réalité, il avait déjà atteint une belle taille, si bien qu’elle s’était retrouvée deux semaines plus tôt dans un magasin moldu pour les femmes enceintes, histoire d’acquérir quelques tenues dans lesquelles elle pouvait rentrer dans avoir recours à un élastique pour fermer ses jeans – qui devenaient réellement trop petits. Machinalement, alors qu’elle marchait dans les rues de Bristol, elle posa une main sur son ventre. Enceinte. Elle était enceinte. Lena Pevensie, qui peinait déjà à s’occuper d’elle-même, allait avoir un enfant. Lorsqu’elle l'avait appris, elle avait cru à un instant à une très, très mauvaise blague. Un test de grossesse truqué, probablement. Alors, elle avait recommencé. Une fois, deux fois, puis une dizaine de fois. Juste pour être sûre, juste pour voir s’afficher, une fois plus, ce petit signe qui lui indiquait que oui, elle était bel et bien enceinte. Lorsqu’elle en avait pris conscience, son monde s’était écroulé. Elle était tombée par terre, les jambes tremblantes, et elle avait senti les larmes couler sur ses joues. Elle était restée longuement prostrée, incapable de bouger, trop choquée par la nouvelle. Enceinte.  

C’était une histoire quand tant d’autres, une histoire où, une nouvelle fois, elle s’était leurrée. Elle avait rencontré un garçon, encore. Il l’avait fait rire, il l’avait séduite, elle avait été conquise. Elle était tombée amoureuse, encore. « C’est le bon » s’était-elle dit, encore. Et, quelques mois après, il l’abandonnait. Comme tous les autres. C’était une histoire comme on en trouvait beaucoup, celle du prince charmant-pas-si-charmant-que-ça, et de la princesse qui espérait un peu trop fort, aimait un peu trop vite. Deux mois plus tard, elle découvrait sa grossesse. Le choc passé, elle avait juste agit comme si de rien n’était, ce qu’elle faisait d’ordinaire. Lorsqu’elle ne voyait pas le problème, il disparaissait. Pas cette fois. Ses nausées matinales étaient là pour lui rappeler l’enfant qu’elle portait, son ventre qui s’arrondissait également. Elle ne pouvait le nier. Elle était enceinte. De bientôt cinq mois. Sans avoir la moindre idée de quoi demain serait fait.

Elle ne pouvait pas se voiler la face, elle était incapable d’élever correctement un enfant. Elle était seule, et le mot « irresponsable » avait été inventé pour elle. Elle était volage, s’ennuyait de tout, ne restait jamais bien longtemps au même endroit. Elle n’avait rien d’une mère, n’avait pas cet instinct maternel, et n’avait jamais songé à fonder une famille, même lorsqu’elle se projetait dans le futur. C’était quelque chose d’inconcevable, pour Lena. Elle avait essayé d’imaginer la chose, pourtant. Elle pourrait peut-être prendre un appartement en Angleterre, trouver un emploi à peu près stable, et quelque chose, comme serveuse, qui lui permettrait d’arrondir ses fins de mois. Mais quelque chose bloquait à nouveau. L’enfant. Elle n’était pas capable de s’occuper d’un enfant. Elle ne le pourrait jamais. Alors, presque trois mois après avoir pris connaissance de sa grossesse, elle s’était décidée à aller voir la seule personne capable de l’aider. Amelia. Sa grande sœur, sa confidente depuis des années, la seule à laquelle elle donnait des nouvelles plus ou moins régulièrement. Celle chez qui elle s’était réfugiée de nombreuses fois, la seule personne en qui elle avait réellement confiance.

Alors, depuis quelques minutes, elle marchait dans les rues de Bristol, avec comme but de se rendre chez sa grande sœur. A un moment, elle s’était arrêtée dans un café moldu, hésitante. Devait-elle vraiment mêler une nouvelle fois Amelia à ses histoires ? Devait-elle vraiment lui demander de l’aide, l’impliquer dans quelque chose qui ne la concernait pas directement ? La vérité s’était imposée d’elle-même. Elle n’avait pas le choix. Elle avait besoin d’aide, elle avait besoin de sa sœur, elle avait besoin qu’on la rassure, qu’on la prenne dans les bras, qu’on calme la panique qui l’habitait depuis des mois. Aussi, elle s’était relevée, avait lancé quelques pièces sur la table pour payer sa consommation, et était repartie. En chemin, l’orage avait éclaté. Elle avait baissé la tête, dans l’espoir vain de se protéger un minimum de la pluie. Mais les gouttes se perdaient dans ses cheveux, et glissaient sur son visage, toujours plus nombreuses. Bien vite, elle avait été trempée, l’eau s’infiltrait partout. Puis, elle était arrivée devant la porte d’Amelia. Et avait attendu. Un peu. Prenant enfin son courage à deux mains, elle sonna. Elle entendit sa sœur dévaler les escaliers, déverrouiller la porte. Quelques secondes plus tard, elle se retrouvait en face d’elle. Amelia et ses boucles blondes, ses yeux bleus. Elle sentit un immense sentiment de soulagement s’emparer d’elle, alors que sa sœur la pressait d’entrer, en lui retirant son manteau trempé, dévoilant son ventre arrondi. Elle capta son regard, et ferma brièvement les yeux. Cependant, l’heure ne semblait pas aux questions, puisque Amy la fit s’asseoir sur le canapé, lui tendit une couverture dans laquelle elle s’enroula, avant de lui mettre une tasse de thé brûlante dans les mains. La question, elle, arriva juste après.

« Je suis tombée amoureuse. » déclara-t-elle, simplement. « Un garçon, en France. Ça a duré quelques semaines, il est partit et… » elle posa une main sur son ventre, tremblante.

Elle releva les yeux vers sa sœur, au bord des larmes, paniquée.

« Amy, j’ai besoin d’aide. » supplia la jeune fille, alors qu’une première larme coulait sur sa joue. « J’ai peur. » avoua-t-elle, sa lèvre inférieure tremblante. « Je ne sais pas quoi faire, et ça va faire cinq mois, et je suis incapable de m’occuper d’un enfant, je… » Sa voix se brisa. Elle baissa les yeux, alors que d’un geste rageur, elle essuyait ses larmes.
Amelia PevensieAncien personnageavatar
Messages : 132

Voir le profil de l'utilisateur
Elle était tombée amoureuse. Encore. Lena aimait trop, aimait trop vite. Et se lassait souvent, quand ce n'était pas l'autre qui se lassait d'abord. Et cette fois, c'était allé plus loin, trop loin. Et elle avait beau avoir la preuve devant les yeux, il lui était totalement impossible de l'assimiler. Lena, enceinte, c'était… impossible. C'était sa petite sœur, sa Lena, une gamine encore… Mais les faits étaient là. Et on ne pouvait plus rien y faire, juste s'accommoder de la situation.

Lorsque Lena reprit la parole, les larmes commencèrent à couler. Amelia se leva directement, s'assit à côté d'elle, et la prit dans ses bras, la berçant comme lorsqu'elle était enfant et qu'elle devait veiller sur sa petite sœur.

" Chut, ça va aller. Je te promets que ça va aller, Lena, je te le promets. "

Ça allait aller. Elles allaient trouver une solution. Mais Amelia n'était pas stupide, et elle savait que Lena avait raison. Elle était totalement incapable de s'occuper d'un enfant. Elle avait été la petite dernière, celle qui n'avait pas dû s'occuper des frères et sœurs plus jeunes, se tenant le plus loin possible des petits enfants lorsque les amis de leurs parents venaient à la maison. Celle qui refusait les règles, qui faisait ce qui lui plaisait, qui était totalement irresponsable et incapable de s'occuper de quelqu'un d'autre que d'elle-même. Et elle n'avait même pas dix-huit ans, par Merlin, elle était encore une enfant, elle-même.
Quelle personne saine d'esprit laisserait une enfant s'occuper d'un autre enfant, sans être à côté?
Elle passa sa main dans les boucles blondes de sa sœur, tentant de l'apaiser. C'était ça, le silence de la part de Lena, qui ne l'avait pas recontacté depuis mai. Elle ne s'était pas alarmée, ce n'était pas la première fois que sa petite sœur ne lui donnait pas de nouvelles pendant une longue période. Et puis, tant que la police ne toquait pas à sa porte, elle estimait qu'elle n'avait pas de raison de s'inquiéter. Une manière comme une autre de se cacher la réalité, qui était que sa petite sœur de dix-sept ans était livrée à elle-même dans le monde. Et maintenant, elle le regrettait.
J'aurais dû appeler, j'aurais dû chercher à avoir de ses nouvelles, j'aurais dû…
Elle aurait dû s'en préoccuper avant, et peut-être... C'était trop tard pour les regrets, beaucoup trop tard. On ne pouvait plus rien changer maintenant.

Elle ne savait pas tellement combien de temps elle resta ainsi, tenant contre elle le corps de sa petite sœur. A lui caresser les cheveux, à lui murmurer des mots qui ne voulaient rien dire. C'était dur de la voir comme cela, elle qui riait toujours, elle qui souriait toujours, qui croquait la vie à pleine dents.

Elle s'écarta légèrement, posa sa main sur sa joue pour chasser les larmes qui coulaient encore. Lena n'avait pas un visage pour pleurer, elle ne l'avait jamais eu. Avec ses yeux rougis, ses cheveux en bataille, elle faisait presque pitié, cette enfant grandie trop vite.

" Tu peux rester ici, tu le sais. "

Amelia pouvait bien la loger, il y avait bien assez de place pour deux dans son appartement, et comme elle passait la majorité de ses journées entre son atelier et sa galerie, sa petite sœur ne la dérangerait pas.
Elle ne savait pas ce que sa sœur voudrait faire, mais… elle ne voulait pas devenir mère. Elle ne voulait pas avoir un enfant à charge, elle en était complètement incapable, elle le savait aussi bien l'une que l'autre.
Alors quoi?

" Qu'est-ce que tu vas faire, pour ton bébé? "



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
MétamorphomageMolduEn ligneavatar
Messages : 1111

Voir le profil de l'utilisateur

Lena Pevensie

Sans opposer la moindre résistance, Lena se laissa aller contre sa grande sœur, de grosses larmes roulant encore sur son visage, mouillant ses joues. Elle pleurait. Elle pleurait comme elle n’avait plus pleuré depuis qu’elle avait appris sa grossesse. Des mois et des mois de souffrance, de doutes, qui ressortaient enfin. Elle s’accrochait à sa sœur comme à une bouée de sauvetage, comme si sa vie en dépendait. Parce que Lena Pevensie pouvait faire face à beaucoup de choses. A des problèmes financiers, à des ruptures amoureuses, à un directeur qui menaçait sans cesse de la renvoyer. Mais pas à un enfant. Pas à une grossesse. C’était trop grand, trop immense pour qu’elle puisse faire face. C’était trop intimidant pour elle, l’adolescente qui avait grandi un peu trop vite, l’aventurière en quête de sensations fortes, l’amoureuse qui enchaînait les déceptions. Elle ne pouvait pas élever un enfant. Elle était trop irresponsable, trop attachée à sa liberté. Elle n’en avait pas les moyens, et ne parlait plus à ses parents depuis des années. Et pire encore, elle ne voulait pas élever cet enfant. Elle n’avait pas pu se résoudre à avorter, mais elle ne pouvait pas le garder. Or, il ne lui restait pas beaucoup de solutions. Sa main, instinctivement, vint trouver son ventre, qu’elle caressa machinalement, pour se calmer. Elle se força à respirer doucement, alors qu’Amelia lui murmurait des mots à l’oreille, pour l’apaiser.

Elle avait perdu la notion du temps, lorsqu’elle se redressa légèrement, pour se détacher de l’étreinte de sa sœur. Dehors, l’orage avait cessé, et uniquement une fine pluie venait taper contre les carreaux. Ça lui faisait du bien, de pleurer, de laisser sa peine s’exprimer, de montrer ses incertitudes au grand jour. Mais pas à n’importe qui. A Amelia, à sa grande sœur. Cette personne en qui elle avait totalement confiance. La seule qui recevait régulièrement des nouvelles, la seule qui comptait, qui comptait vraiment. Celle chez qui elle s’était réfugiée maintes fois, lorsqu’elle fuguait. Sa grande sœur si posée, si calme, qui n’osait pas vraiment, qui réfléchissait beaucoup. Elles se ressemblaient si peu. Lena était tout le contraire d’Amelia. Celle qui était impulsive, téméraire, qui osait tout, qui regrettait parfois, qui assumait toujours, qui préférait faire plutôt que de penser à l’acte. Celle qui était tombée enceinte à dix-huit ans. L’irresponsable Lena, Lena l’enfant rebelle.

Dans ces moments, elle se disait qu’elle aurait mieux fait d’écouter ses proches. D’arrêter de courir le monde, de se poser, d’entreprendre des études, pour avoir un travail. Et surtout – oh oui, surtout – d’arrêter de tomber amoureuse de chaque homme qui s’intéressait un peu trop à elle. Arrêter d’être si naïve les premiers jours, et de se lasser petit à petit. Arrêter de vouloir chasser l’ennui à tout prix, arrêter d’enchaîner les relations juste parce qu’elle en avait envie. Et pourtant, lorsqu’elle se disait ça, lorsqu’elle commençait à y croire, elle se rendait vite compte que ce n’était pas possible. Parce que jamais elle ne pourrait être comme ces filles à qui l’amour réussit toujours. Une relation la lassait trop vite, si on ne se lassait pas d’elle avant. Elle avait pensé avoir trouvé « le bon » à de nombreuses reprises, puis s’était rendue compte qu’elle s’était fourvoyée, encore. Elle avait longtemps cru que Thomas – le père de son enfant – était le bon, justement. Qu’elle l’avait enfin trouvé. Que voilà, c’était terminé, les histoires d’amour qui finissaient toujours mal. Elle y avait d’autant plus cru vu que c’était lui qui l’avait abandonné. Et, quelques mois plus tard, elle se retrouvait à porter son enfant. C’était ridicule. C’était risible. Et elle était pitoyable.

« Je sais. » souffla-t-elle, lorsqu’Amelia annonça qu’elle pouvait rester ici autant de temps qu’elle le voulait.

Evidemment, qu’elle le savait. Parce qu’Amelia était toujours prête à tout pour elle. Et elle était si soulagée de pouvoir enfin se confier ! Même si elle embarquait sa sœur dans cette histoire, même si elle s’imposait avec son enfant. Elle sentait une vague de soulagement la submerger et dû se mordre la lèvre inférieure pour ne pas se remettre à pleurer.

« Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas, Amy. Je suis incapable de m’occuper de moi, comment je pourrai m’occuper d’un enfant ? Je ne peux pas être mère, je ne peux pas, je ne sais pas comment faire, je suis trop irresponsable, je ne me suis jamais occupée d’un enfant, je n’ai pas vu maman depuis des mois je, je… » A la limite de la crise de panique, elle s’interrompit pour reprendre sa respiration. « Je ne suis pas faîte pour être mère. Pas maintenant, en tout cas. J’ai peur, Amy. J’ai peur, et je ne sais pas quoi faire. » Elle était terrifiée, en réalité, et encore, c’était un bel euphémisme. « C’était censé être toi, la prochaine grossesse, et j’aurai juste dû être la tante sympa pas… Pas la mère incapable de s’occuper de son enfant. Amy, je t’en supplie, aide-moi. »
Amelia PevensieAncien personnageavatar
Messages : 132

Voir le profil de l'utilisateur
C'était impensable. Mais même si elle avait été surprise, même si elle n'avait pas voulu y croire, elle commençait à comprendre que la situation ne lui paraissait pas trop aberrante. Sans doute parce qu'elle s'était attendue, un jour ou l'autre, à faire face à une situation de ce genre. A faire face à elle ne savait quelle bêtise, elle ne savait quelle idiotie, elle ne savait qu'elle irresponsabilité dont sa petite sœur serait l'auteur. C'était Lena, après tout. C'était prévisible, d'une certaine manière. Même si elle ne s'était jamais attendue à quelque chose de ce style.
Non, Amelia s'était attendue au fait que sa sœur se soit fait entraîner dans quelque chose qui la dépassait, dans une sombre histoire où elle se serait lancée sans réfléchir, et où elle aurait fini par ne plus savoir comment en sortir. C'était un peu le cas, d'une certaine manière. Mais... c'était tellement plus important, tellement différent de ce à quoi elle s'attendait.

Elle sourit un peu tristement, lorsque Lena lui lança que ça aurait du être elle, la prochaine maman. ça aurait du être elle, oui. Elle été celle dont l'avenir était tout tracé, qui avait un fiancé, qui avait une vie stable, qui avait tout pour réussir. Et elle était celle qui avait tout fichu en l'air, bizarrement. Lena était celle qui ne s'attachait à rien, celle qui ne réfléchissait que trop peu, et maintenant c'était elle qui devait faire face à ses responsabilités. Et Amelia savait pertinemment qu'elle en était incapable.

" Le prochain bébé de la famille, ça risque plus d'être celui de Loïs que le mien, Lena. "

Parce qu'elle avait tout fichu en l'air. Elle avait imaginé sa vie future, pourtant. Avec Liu à ses côtés, dans Pékin. Elle voulait des enfants, lui en voulait aussi. Ils en avait parlé, ils s'étaient imaginés tout ce qu'ils leur apprendraient, toute la vie qu'ils auraient à leurs côtés. Ils auraient eut les cheveux sombres de Liu, ses yeux européens, sa manie de se mordre la lèvre lorsqu'elle ne savait pas trop quoi dire, peut-être ses boucles folles. Ils auraient été anglais, il auraient été chinois. Ils auraient été les leurs, leurs enfants. Auraient été.
C'était triste, de penser à tout cela. A ce conditionnel qui n'était jamais, et ne deviendrait jamais futur. Et maintenant? Elle ne pouvait pas s'imaginer refaire confiance à quelqu'un. Elle ne pouvait pas s'imaginer devenir suffisamment proche de quelqu'un pour pouvoir envisager ce futur avec lui. Parce que c'était trop dur, de faire des efforts quand on avait toujours été déçue.

Loïs n'aurait pas ce problème, lui. Son petit frère avait toujours été très doué pour réfléchir aux conséquences, pour trouver les bonnes personnes, pour accorder sa confiance.

Ils faisaient une belle fratrie, tous les quatre. Amelia la Méfiante, Loïs le Sage, Eleane la Peste et Lena l'Irresponsable. Amelia la Peintre, Loïs l'Economiste, Eleane la Potionniste, Lena la Voyageuse. A se demander comment ils avaient fait pour tourner aussi différemment, alors que leurs parents leur avait tous donné la même éducation.
Ses parents. Elle leur téléphonait régulièrement, leur assurant que tout allait bien, qu'elle n'était pas au bord de la faillite ou de l'interdit bancaire, tentant de garder les liens. Elle avait déjà vécu, le fait de ne plus parler à sa mère. Pendant presque deux ans. Parce qu'elle n'acceptait pas qui elle était, parce qu'elle rêvait de quelque chose de mieux, parce qu'elle pensait qu'Amelia était capable d'autre chose. Elle avait du partir, couper les ponts pour qu'elle arrête de la considérer comme une enfant à materner. Parce qu'elle ne l'était plus, elle, à dix-sept ans. Elle avait vu trop de choses pour en être encore une. Pas Lena.

" Tu n'en as parlé à Papa et Maman, j'imagine. "

Elle ne l'avait pas fait, Amelia pouvait en mettre sa main à couper. Ignorer les problèmes jusqu'à-ce que cela devienne impossible de faire l'autruche, ça avait été la philosophie de Lena. Si on l'ignorait, il finirait par disparaître. Sauf que la vie ne marchait pas comme ça. La vie ne faisait pas partir les problèmes simplement parce qu'on avait décidé qu'ils n'existaient pas.

" Ecoute, Lena... "

Elle s'arrêta, sans savoir vraiment quoi dire. Qu'est-ce qu'elle pouvait lui proposer, vraiment? Elle ne pouvait pas la laisser comme ça, elle la connaissait trop bien. Si Lena repartait, sans solution concrète, elle ferait une bêtise. Une grosse. Parce qu'elle n'était qu'une enfant, face à quelque chose qui la dépassait de très loin. De trop loin.

Elle passa une main dans ses cheveux, observant le visage de sa sœur. Elle ne voulait pas de cet enfant. Même s'il naissait, elle ne pourrait pas s'en occuper, elle jurait qu'elle n'en était pas capable. Et Amelia ne pouvait qu'approuver. Alors quoi? Alors, elle laissait cet enfant, le fils de sa soeur, quoi qu'elle en dise, disparaître? Comme ça, sans rien faire?
Elle ferma les yeux, tentant de chasser l'idée. Il devait y avoir une autre solution. Une solution plus simple, qui éviterait que Lena soit toujours mise face à ce qu'elle considérerait comme une erreur, qui éviterait qu'elle ne puisse plus venir chez sa soeur sans toujours se rappeler du fait qu'elle avait été trop naïve, trop confiante, lorsqu'elle était plus jeune.
Mais plus elle tentait de l'écarter, plus l'idée revenait, plus insistante encore. C'était impossible.

" Si on trouvait quelqu'un pour s'occuper du bébé... "

Elle s'arrêta encore. Elle n'était pas honnête. Parce qu'elle avait peur, elle aussi, peur de savoir dans quoi elle s'engageait. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne plus jamais voir sa sœur, tout en sauvant son bébé.
Elle remonta la tête, croisant son regard bleu. Elle avaient les mêmes yeux, les mêmes boucles blondes, la même manière de repousser leurs cheveux en arrière. Lorsque Lena était plus petite, les gens avait l'habitude de dire qu'elle était la copie conforme d'Amelia au même âge. Juste plus mouvante, plus joyeuse, plus pétillante.

Elle soupira un grand coup. Elle devait le proposer maintenant, sinon elle n'oserait jamais.

" Si moi, je m'en occupais? "



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
MétamorphomageMolduEn ligneavatar
Messages : 1111

Voir le profil de l'utilisateur

Lena Pevensie


« Ça ne devait pas être moi, dans tous les cas. » lâcha finalement Lena.

Elle avait toujours pensé que le prochain de la famille serait celui d’Amelia. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, c’avait toujours été une certitude. Evidemment, il y avait Loïs et Eleane. Mais, peut-être parce qu’elle la voyait plus dans le rôle de parent que Loïs ou Eleane. Sûrement parce qu’Amelia prenait soin d’elle comme une sœur, certes, mais presque comme une mère. Même là, alors qu’elle arrivait chez elle à l’improviste, enceinte depuis plusieurs mois, elle l’aidait. Elle aurait pu la mettre à la porte, après tout. Lui dire de se débrouiller. Lui asséner qu’elle s’était mise dans ce pétrin toute seule, qu’elle n’avait pas à la mêler à ses histoires. Elle aurait pu, parce que c’était la vérité. Si elle n’était pas encore tombée amoureuse, si elle avait fait attention, rien de tout cela ne serait arrivé. Mais Amelia n’avait rien fait de tel. Non, Amelia l’accueillait chez elle, la réconfortait, allait l’aider à trouver une solution. Parce que ça petite sœur était enceinte, parce qu’elle n’avait pas de domicile fixe – elle avait bien un petit appartement, mais elle n’y mettait quasiment jamais les pieds – parce qu’elle était trop irresponsable pour s’occuper d’un enfant. Parce que, brutalement, elle avait compris que non, ça n’arrivait pas qu’aux autres, de tomber enceinte sans le vouloir. Elle l’avait toujours pensé, pourtant. Oh, évidemment, elle plaignait ces filles trop jeunes, qui se baladaient dans la rue avec un ventre proéminant. Mais à elle, ça ne pouvait pas lui arriver, n’est-ce pas ? Ça n’arrivait qu’aux autres, ces choses là. Pas à elle, pas à Lena Pevensie. Elle s’était magistralement trompée. Sur toute la ligne. Parce qu’il suffisait d’un simple oubli pour que le hasard frappe.

« Je n’ai pas parlé à papa et maman depuis que j’ai appris que j’étais enceinte. J’ai juste envoyé une lettre, où je disais que tout allait bien, et que j’étais occupée. »

Parce que, par la même occasion, elle avait voulu se convaincre, elle aussi, que tout allait bien. Qu’elle était juste occupée. C’était ça, sa manière de gérer n’importe quel problème. Lorsqu’elle ne le voyait pas, il n’y en avait plus. C’était pour ça qu’elle cachait les courriers qui lui réclamaient l’argent qu’elle n’avait pas derrière le micro-onde. Ainsi, le problème disparaissait, pour quelques temps seulement. Et, au final, elle finissait par oublier. Là, elle n’avait pas pu l’ignorer. Parce qu’elle avait beau le faire, le bébé continuait à se développer. Elle porta une main à son ventre arrondi, et ferma douloureusement les yeux. Elle n’aurait pas dû éviter le problème aussi longtemps. Silencieuse, elle écouta Amelia, qui semblait avoir une idée. Elle tourna un regard plein d’espoir vers sa sœur, qui lui proposa finalement de trouver quelqu’un pour s’en occuper. Lena hocha doucement la tête. Au fond d’elle, elle savait parfaitement que c’était la seule solution. Elle ne pouvait pas s’en occuper, elle ne pouvait pas avorter. L’adoption restait le seul et le dernier recours possible. Même si ça allait être dur, c’était le mieux pour l’enfant, n’est-ce pas ? Aussi, elle s’apprêtait à prendre la parole, lorsque sa sœur la devança.

Cette proposition, par contre, la laissa interdite. Elle fixa Amelia sans rien dire, stupéfaite. Sa sœur lui proposait de s’occuper de son enfant. Sa sœur lui proposait de l’adopter, de l’élever comme le sien. Elle déglutit difficilement, plongée dans ses pensées. Amelia avait tout d’une bonne mère, elle le savait. Mais… Mais cela ne serait pas trop dur – dans cinq ans, dans dix ans ? Trop dur de rester la tante sympa, celle qu’on va voir avec le sourire jusqu’aux oreilles, tandis qu’Amelia occuperait le rôle de mère ? Si. Si, ça le serait. Parce qu’elle était trop proche de sa sœur, parce qu’elle verrait l’enfant souvent. Loin des yeux, loin du cœur, disait-on. Et près des yeux… ? Mais elle ne devait pas penser à elle. Elle ne devait pas penser à son petit confort. Au contraire. Elle devait penser à l’enfant. Amelia serait une bonne mère, elle le savait. Or, si une famille venait à s’occuper de son enfant, elle ne pourrait jamais connaître les traitements qu’ils réserveraient à l’enfant. Il pouvait tomber sur des gens aimants, comme sur les pires monstres, non ? Alors qu’Amelia avait tout pour s’occuper d’un enfant. Des horaires qui pouvaient s’adapter au nouveau-né, un salaire, de la place. Une stabilité que Lena n’avait pas, qu’elle n’était pas capable d’avoir. Alors oui, ce serait difficile. Mais c’était pour l’enfant. Et si la situation devenait trop insupportable, elle n’aurait qu’à s’éloigner. Partir loin. Elle perdrait une sœur et l’enfant gagnerait une mère.

« Je… Oui. » bafouilla-t-elle, avant de reprendre plus d’assurance. « Mais je ne veux pas que tu te sentes obligée parce que c’est mon enfant, Amy. Je ne veux pas que tu t’embarques dans cette histoire si tu n’en as pas envie. Mais si tu penses que tu peux t’en occuper, et que tu le veux vraiment – pour toi et pour lui, et pas pour moi –  je… J’accepte. » elle esquissa un sourire légèrement forcé. « Je peux rester chez toi, jusqu’à l’accouchement, Amy ? Je repartirai après, promis. » demanda-t-elle d’une voix suppliante.

Tout allait bien se passer, n’est-ce pas ? Oui, évidemment. Tant qu’elle évitait le problème.
Amelia PevensieAncien personnageavatar
Messages : 132

Voir le profil de l'utilisateur
Amelia pencha les yeux vers ses mains, toujours nouées à celle de Lena. Une fois de plus, elle se jetait dans quelque chose dont elle ne savait rien. Elle se lançait dans une aventure inconnue, sans vraiment savoir ce qui allait se passer, dans quoi cela l'entraînerait.
Elle aurait pu refuser. Sa sœur s'était mise elle-même dans cette situation, elle aurait pu lui demander de se débrouiller toute seule. Ne pas s'impliquer, rester neutre, juste chercher une famille pour se bébé à naître, et elle n'aurait rien eu à se reprocher. Mais cette option ne lui avait même pas traversé l'esprit. Comment aurait-elle pu ne rien faire, comment aurait-elle pu vivre après coup en sachant qu'elle aurait pu faire quelque chose? Elle réfléchissait trop, habituellement, mais pas cette fois-ci. Elle savait ce qu'elle devait faire, même si cela lui faisait peur.
Elle l'écouta parler, la remercier, lui dire qu'elle n'avait pas à faire cela, qu'elle n'avait pas à se sentir obligée. Qu'est-ce qu'elle croyait? Qu'elle avait pensé à adopter un enfant, alors qu'elle vivait toute seule, qu'elle avait un jour pensé à élever un enfant qui ne serait pas le sien? Si Lena n'était pas arrivée, jamais cette idée ne lui aurait traversé l'esprit. Pas parce qu'elle pensait qu'elle serait une mauvaise mère, ou qu'elle ne serait pas capable de s'occuper d'un enfant. Simplement parce qu'elle s'était toujours imaginée fonder une famille, avoir des enfants avec la personne qui partagerait sa vie, ne pas être une mère célibataire.
Les rêves n'étaient de toute manière jamais semblable à la réalité, il ne servait à rien de se leurrer. On ne pouvait jamais être sûr de tout, on ne pouvait jamais tout prévoir.
Amelia comprenait Lena, maintenant, mieux qu'elle ne l'ait jamais fait auparavant. Avant Adonis, elle se contentait de croire que c'était juste un tempérament, sa manière d'être… Maintenant, elle la comprenait. Et elle l'admirait, d'une certaine manière. Croire à chaque fois que tout va bien se passer, que rien de fâcheux ne va arriver, que tout durera toujours… Avant de tout voir s'effondrer. De quitter, ou d'être quittée. De ne rien maîtriser dans son futur, de ne vivre que sur ce que les autres nous laissaient dans leurs départs, de tout devoir reconstruire à chaque fois.

" Lena, si je fais ce que je fais… C'est pour toi, c'est pour lui. Pas pour moi, ce que je veux n'a pas d'importance. De toute manière, je ne pourrais pas vivre avec l'idée que j'aurais pu faire quelque chose et que je ne l'ai pas fait. Je sais que ce sera dur, mais... "

Elle s'arrêta, baissa les yeux. Elle savait que ce qu'elle faisait était bien, pour sa sœur, pour son bébé. Mais dans cinq ans, dans dix ans, dans quinze ans? Lena fondrait peut-être une famille, aurait peut-être des enfants. Comment pourrait-elle supporter l'idée que son premier-né avait été élevé par sa sœur, que c'était elle qu'il considérait comme sa mère? Pourrait-elle rester la tante un peu cool, alors qu'elle savait qu'elle n'était pas cela?
Amelia n'avait aucune envie de perdre sa sœur. C'était sa sœur, sa petite chérie, sa Lena. Ça l'avait toujours été. Elle n'avait jamais été proche d'Eleane, et Loïs avait pris au fil des ans une place se rapprochant plus de celle d'un grand frère protecteur. Lena, ça avait toujours été celle qui se tournait vers elle, celle qui la faisait rire, qui la faisait parler et lui raconter sa vie, chose que peu de personnes arrivaient à faire. Si elle prenait cet enfant, elle la perdait. Elle le savait, Lena ne serait pas capable de vivre avec cet enfant sous les yeux. Elle aurait des lettres, des appels téléphoniques, de moins en moins fréquents, et plus jamais de visite. Parce que Lena ne le supporterait pas, et qu'elle l'aimait trop pour les lui imposer.

" Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le veux, petite sœur. Tu es toujours bienvenue, tu le sais? "

Elle se pencha en avant, serrant le corps de sa sœur dans ses bras. La laissant s'appuyer sur elle, comme avant, lorsqu'elle était plus jeune. Comme lorsqu'elle se lovait dans ses bras, dans le canapé de son appartement de Pékin, avant de s'y endormir en attendant que Liu rentre. Elle devait en profiter, tout de suite. Après, elle aurait tout perdu.
Elle s'écarta, lui souriant d'un air rassurant. Tout allait bien se passer, il fallait y croire. Elle devait y croire, en tout cas, pour Lena.

La nuit était tombée, Lena s'était endormie dans le canapé. Comme avant, lorsqu'elle était petite. Mais elle n'était plus une enfant, elle allait être mère. Quand avaient-ils tous perdu leur innocence, leur enfance? Quand Lena avait-elle cessée d'être une enfant? Amelia s'avança, tirant une couverture sur le corps de sa sœur, se penchant pour lui embrasser le front. Ils ne pouvaient plus revenir en arrière, maintenant. Ils n'avaient plus qu'à continuer, et espérer que le futur ne soit pas trop cruel.

Fin du RP



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Les accidents de la vie [Lena & Amy]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Les accidents de la vie [Lena & Amy]
» Tu as de la valeur, prouve le![pv Lena]
» Lena Björsen
» Les aventures de Lena & Fee
» Je suis dans la place ! [ Lena ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol, :: L'Avenue des Douze Chênes ,-