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 Chapeaux pointus et prises éclétriques [Théo]

Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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29 Août 2007

Si on avait demandé à Cassandre ce qui lui ferait plaisir à ce moment précis, elle aurait répondu sans hésiter qu'un permis de transplanage satisferait toutes ses exigences. Pour venir jusqu'ici, elle avait dû s'énerver auprès de ses parents pour qu'ils cèdent, allant jusqu'à menacer de ne pas leur écrire pendant l'année. L'idée de ne plus avoir de nouvelles de sa part jusqu'aux vacances de Noël avait été suffisante pour qu'ils cèdent. C'était vraiment trop facile, avait-elle songé avec un certain mépris. Sa relation avec ses parents s'était dégradée tout au long de l'été au point qu'elle ne rêve plus que de retourner à Poudlard, loin d'eux, pour être enfin tranquille. Elle n'aurait jamais cru qu'elle penserait cela un jour, étant donné le confort qu'elle avait chez elle. Ses parents avaient toujours cédé à tous ses caprices et c'était encore énormément le cas même s'ils avaient tenté de resserrer la vis quand ils avaient déménagé à la Cité Nimbus. C'était peine perdue, elle savait très bien qu'ils n'auraient pas le courage de mettre leurs menaces en place, il suffisait qu'elle s'énerve et ils battaient en retraite. S'ils voulaient jouer les parents sévères, ils auraient dû commencer depuis le début. L'été avait été long et horripilant, Cassandre supportant de moins en moins ses parents, qu'elle trouvait suprêmement agaçants. Elle avait même entendu son cousin Sebastian, le neveu de son père, la qualifier de "petite insolente" lorsqu'ils étaient allés dîner chez lui et qu'elle avait quitté la table après la fin du repas. Et honnêtement, elle se fichait de l'avis de Sebastian comme de sa première robe de sorcière. Qu'est-ce qu'il en savait, d'ailleurs ? Sa propre fille était une petite peste et il ne s'en rendait même pas compte. Qu'il surveille sa potion avant de regarder le chaudron des autres. Surtout qu'elle n'avait même pas l'impression d'être insolente avec ses parents, elle était juste moins patiente qu'avant, voilà tout. Mais c'était leur faute, à être toujours sur son dos comme si elle avait cinq ans ! Elle avait quinze ans et demi, seize en février. Elle n'était plus une enfant et il était temps pour ses parents de le comprendre. S'ils en étaient incapables, c'était de leur faute. Et s'ils n'étaient pas satisfaits de ce qu'elle leur disait, ils n'avaient qu'à jouer leur rôle de parents, plutôt que de faire comme si de rien n'était. C'en était affligeant et pathétique.

Leur dernier conflit remontait à hier, quand elle avait exprimé le souhait de venir à Aberystwyth où Théo l'avait invité, maintenant qu'il s'y était installé pour ses études comme tous les diplômés ASPICS. Le premier réflexe de ses parents avait éyé de dire non. Sous prétexte qu'ils n'étaient pas prévenus à l'avance - sauf qu'hier, c'était en avance - qu'ils n'avaient pas eu le temps de s'organiser - organiser quoi ? Ce n'était même pas eux qui recevaient ! - que c'était une ville moldue - Londres aussi et ils y avaient vécu pendant plus d'une dizaine d'années - et qu'ils ne connaissaient pas Théo Nott personnellement. Bon, elle n'avait rien à dire sur le dernier point. Mais ce n'était pas une raison, ils n'allaient pas l'enfermer toute sa vie ! Elle avait insisté, ils avaient tenu bon, elle s'était levée de table et avait claqué les portes jusqu'à qu'ils viennent la voir, s'excusant d'être "si durs avec elle mais c'était pour son bien" et il avait suffit qu'elle menace de ne plus leur parler pour qu'ils cèdent, à condition qu'elle rentre tôt. Ce truc marchait à chaque fois. Elle ne comprenait pas pourquoi ses parents ne disaient pas non, tout simplement. Pas qu'elle en avait envie, évidemment, elle était toujours heureuse d'obtenir ce qu'elle voulait, mais elle ne comprenait pas comment ses parents fonctionnaient. Son père avait été un homme politique reconnu, un Directeur de Département, un excellent négociateur économique et voilà qu'à la maison, il cédait ainsi. Elle connaissait plein d'enfants dont les parents disaient non et qui n'avaient pas quitté la maison pour autant. Ses parents étaient franchement ridicules. Incapables d'avoir de l'autorité, toujours à arrondir les angles. Elle se demandait s'il y avait vraiment quelque chose sur laquelle il ne céderait pas... Elle pourrait toujours chercher, juste pour voir. Quoi qu'il en soit, c'était sa mère qui l'avait accompagnée ce matin, un peu à contrecœur, mais elle l'avait fait quand même. Elle avait voulu rester mais Cassandre lui avait dit que c'était hors de question. Elle rentrait en cinquième année et ses parents ne semblaient pas s'en rendre compte. Quoi qu'il en soit, sa mère avait fini par l'abandonner en vérifiant qu'elle avait bien sa baguette "au cas où". Comme si elle allait faire de la magie en dehors de la maison, une nouvelle fois. C'était passé la première fois grâce à son père mais elle ne pouvait pas tenter la fortune deux fois.

Quoi qu'il en soit, elle s'était retrouvée seule dans Aberystwyth et avait tourné un peu avant de trouver l'endroit où vivait Théo, juste en face de la mer. Elle devait frapper chez lui mais son regard s'était égaré sur la mer et elle s'était accoudée au muret face à la plage, écartant les mèches qui lui volait devant les yeux à cause du vent. Elle allait rarement au bord de la mer, ce n'était pas vraiment le truc de ses parents. S'installer sur le sable avait plein de défauts, ça grattait, rentrait dans les vêtements et ce n'était pas confortable. Ils préféraient largement la terrasse d'un restaurant sorcier à regarder la mer de très loin. Et ne parlons pas de s'y baigner ! Ils étaient allés quelques fois, quand elle était petite, il y avait des photos d'elle au bord de l'eau mais cela faisait des années qu'elle n'était pas allé à la plage. Il y avait des gens, installés sur leurs serviettes et elle ne put s'empêcher de les trouver courageux car Aberystwyth ne semblait pas être la ville la plus chaude du Royaume-Uni, alors la température de l'eau... Cela devait agréable de vivre ici tout de même, songea-t-elle en laissant ses yeux se promener sur le rivage. Un coup d’œil à sa montre lui confirma qu'elle était un peu en avance, elle pouvait bien contempler le paysage. Peut-être qu'elle vivrait ici, elle aussi. Après tout, le gouvernement Fiennes avait rendu cette fichue université obligatoire, elle ne pourrait pas se lancer dans une carrière tout de suite. Et elle refusait de rester encore trop longtemps à la Cité Nimbus. Elle ne savait pas si ses parents pourraient assumer un foyer en plus, leurs revenus avaient été plus qu'affectés par la perte de poste de son père, mais elle refusait de rester encore là-bas après ses ASPICS. Déjà que quitter Londres et la grande maison de son enfance n'avait pas été facile... Cassandre était une Londonienne pur-sang pur-sucre, elle y était née, y avait grandi, y avait passé ses vacances en rentrant de Poudlard. Ils avaient une maison sorcière cachée au milieu des maisons moldues dans le quartier de Kensington, alors autant que la différence avec la Cité Nimbus avait été brusque. Peut-être qu'elle pourrait retourner à Londres aussi, se rapprocher du Ministère où elle tenterait sûrement de rentrer. Elle n'était pas encore très décidée sur ce qu'elle voulait faire, même si elle savait qu'elle aurait des entretiens d'orientation cette année. Sa réussite aux BUSES serait déterminante, même si elle n'était pas inquiète : elle avait très bien réussi ses examens de fin d'année. Des pas derrière elle attirèrent son attention et elle se retourna pour faire face à Théo. Aussitôt, ses pensées s'égarèrent du coté de la soirée de fin d'année mais elle se força à revenir à l'instant présent et à occulter ce souvenir.

- Comment tu as su que j'étais là ? interrogea-t-elle avec un sourire, retirant de son visage des mèches emportées par le vent.

Elle reposa son regard sur la maison dont plusieurs fenêtres donnaient sur la mer et sa plage.

- Jolie vue ! La mer, la plage, les voitures mol... Les voitures.

Elle avait vécu dans le Londres moldu et connaissait donc ces engins de vue, sa connaissance en avait été approfondie par les cours du Professeur Mason mais il était hors de question qu'elle approche de ces trucs. Déjà le fait qu'ils passent derrière elle, sur la route, la dérangeait bien assez. C'était un véritable danger, elles écrasaient des gens parfois ! La chose qu'elle pouvait reconnaître à Nimbus, c'est qu'il n'y avait pas ce genre de dangers là, il y avait plus de chances de se faire écraser par un balai que par un engin de malheur à roues. 

- Comment vas-tu ? Tu t'habitues à... tout ça ?

Aller dans une université avec des moldus... Voilà un concept qui la dérangeait. Les moldus étaient tellement bizarres ! Et portaient vraiment des tenues indécentes, songea-t-elle en voyant une moldue de l'autre coté de la rue qui devait être en manque de tissu ce matin-là vu le peu de matière qu'elle portait sur elle. Les moldus étaient trop étranges. Et prendre des sorciers qui n'y connaissaient rien pour les plonger au milieu des moldus, c'était juste cruel. Fiennes menait vraiment une politique scandaleuse. Si Warlock avait été élu, tout aurait été différent. Le monde magique serait resté normal, son père aurait encore son emploi et elle ne serait pas elle-même condamnée à étudier des matières moldues pendant deux ans, Théo non plus. Malheureusement, avec des si, on pourrait mettre Poudlard dans une fiole de verre. Fiennes avait tellement influé sur la vie des gens et Cassandre se demandait s'il savait à quel point. Et pas en bien.


   
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Installé sur une chaise près de la fenêtre, Théo lisait un roman distraitement. Distraitement, car la vue de la mer attirait fréquemment son regard, et il passait parfois de longues minutes à observer l'horizon, perdu dans ses pensées. Le jeune homme avait beau tenter de l'ignorer, le joli minois de Cécilya Richardson faisait fréquemment des apparitions dans son esprit et il se sentait envahi par une foule d'émotions. La tristesse, la colère, l'incompréhension...et surtout l'impression d'un immense gâchis. Théo et Cécilya avaient été amis pendant longtemps mais ils n'avaient pas échangé un mot au cours des derniers mois, suite à leur violente dispute. Et voilà qu'elle était morte... Jamais plus il n'aurait l'occasion de s'excuser ni de recoller les morceaux. Au fond, Théo savait pertinemment qu'il n'avait de toute façon pas eu l'intention de le faire, mais le temps aurait peut-être fait son oeuvre et ils auraient pu se réconcilier, on ne savait jamais ! De toute façon, quoi qu'il arrive, Cécilya ne méritait pas cela. Certes, elle avait un caractère épouvantable et un comportement de princesse pourrie gâtée, mais elle restait une jeune femme de qualité qui aurait dû avoir toute la vie devant elle. Toute la vie pour faire des erreurs, les réparer, apprendre, évoluer... Mais quelqu'un lui avait pris cela. Quelqu'un s'en était pris à elle et à sa famille, de façon violente et incompréhensible, et cela laissait Théo amer et perplexe. Il ne cessait de se demander pourquoi une telle chose était arrivée, mais il ne trouvait aucune réponse...

Jetant un coup d'oeil à sa montre, Théo poussa un lourd soupir en constatant que Cassandre n'allait probablement pas tarder à arriver. Il était à la fois heureux de la revoir et, pour une raison qui lui échappait totalement, légèrement anxieux à cette perspective. C'était sans doute parce qu'il s'apprêtait à montrer à une personne de son milieu l'endroit dans lequel il vivait désormais, son cocon en monde moldu dans lequel il semblait si déplacé. Pourtant, une journée à peine s'était écoulée depuis son arrivée et il se sentait déjà un peu moins mal à l'aise. Bien sûr, il ne s'était pas aventuré bien loin mais il aimait déjà son petit appartement dans cette maison avec vue sur la mer. Théo n'avait jamais vraiment pensé à venir vivre au bord de la mer, lui qui n'aimait pas vraiment la chaleur, le monde et le sable associait la plage à des sensations désagréables. Mais, maintenant qu'il y était, il était plutôt content. Le climat du pays de Galles était suffisamment frais et venteux pour nourrir sa mélancolie et la plage n'était pas trop bondée. Il trouvait très apaisante la vision que lui offraient ses fenêtres. Les deux petits vieux qui lui louaient l'étage étaient très gentils et accueillants, sans être étouffants, ce que Théo trouvait particulièrement appréciable. Restait le problème des moldus qui l'encerclaient avec leurs technologies bizarres, mais le fait de savoir Juliet et Samaël à côté le rassurait. Il ne découvrirait pas tout tout seul, et avait même réussi à se faire à manger avec les plaques à midi.

Jetant un énième coup d'oeil au-dehors, Théo aperçut une jeune fille brune vêtue d'une longue robe turquoise, qui tombait avec fluidité autour de ses chevilles. Cassandre, réalisa-t-il tandis qu'un sourire surgissait sur ses lèvres. Abandonnant son roman, il se leva et ferma la fenêtre, avant de jeter un coup d'oeil à sa tenue. Un jean moldu et une chemise rose thé, voilà un accoutrement auquel il n'était pas habitué mais il le fallait bien pour passer inaperçu. Théo avait du mal à s'habituer au jean mais la chemise ne lui allait pas si mal. Théo enfila rapidement une paire de chaussures et attrapa ses clefs avant de quitter l'étage.

Théo se dirigea vers Cassandre qui se retourna vers lui, cheveux aux vent. Théo lui adressa un sourire, heureux de la voir, même si c'était dans ce contexte peu commun pour une Harper et un Nott. C'était lui qui avait décidé de l'inviter, pressentant qu'il aurait besoin de compagnie pour éviter de succomber à la panique post-installation en terre moldue. De plus, la jeune femme s'apprêtait à retourner à Poudlard et ils n'auraient probablement pas l'occasion de se voir avant la réception mondaine des fêtes d'hiver, ce qui était dommage. Théo appréciait Cassandre de plus en plus, tant pour son esprit que pour sa forte personnalité et sa prestance.

"Mon troisième oeil m'a prévenu", répondit-il en adoptant un air mystérieux. "Ou alors, je t'ai vue par la fenêtre... Oui, je dois dire que c'est très appréciable. Je viens de passer vingt minutes à contempler l'horizon, je ne suis pas près de m'en lasser. Les voitures, en revanche..."

Il fronça le nez avec dédain. Ces engins moldus ne lui disaient vraiment rien qui vaille. S'il survivait toute l'année sans se faire écraser, ce serait un petit miracle.

"Je vais bien, et toi ?", répondit-il doucement, en une semi-vérité. Oui, il allait bien, si l'on omettait la peur de l'avenir qui l'habitait de façon quasi permanente depuis avril, et le choc de la mort des Richardson. Théo ne souhaitait pas alourdir leur après-midi dès le début avec cela, aussi se contenta-t-il de répondre : "Je ne suis arrivé qu'hier, en fait, alors je ne dirais pas que je m'y suis déjà habitué. Mais mon étage est agréable, je vis au-dessus d'un couple de petits vieux qui m'ont l'air gentils et calmes. La ville ne semble pas très grande, donc je devrais m'y faire très vite ! Reste l'aspect moldu de la chose, plus délicat..."

Théo avait mimé "moldu" sans le prononcer, car deux moldus passaient justement à côté d'eux. Voilà ce à quoi il aurait le plus de mal à s'habituer : faire attention à chaque parole pour ne pas trahir l'existence du monde sorcier, et se fondre dans la masse. Il y avait probablement plein de références culturelles et scientifiques basiques qu'il ne possédait pas, et qu'il lui faudrait acquérir au plus vite. Non pas qu'il ait l'intention de fricoter avec des moldus au point de s'en faire des amis, bien entendu, mais à les côtoyer d'aussi près, il serait bien obligé de leur parler de temps en temps. Il ne pourrait pas se cacher dans l'ombre de Samaël toute l'année.

"Mais c'est une bonne expérience pour un futur oubliator, j'imagine ! Juliet m'a déjà expliqué quelque petits trucs, hier. Elle vit juste à côté, avec Samaël Smith et Aaron Finnigan."

Théo se demanda un instant si Cassandre connaissait seulement Sam de vue, lui qui jouait une telle place dans sa vie. Mais il n'avait pas l'intention de s'attarder sur son petit-ami, de toute façon. Théo avait beau apprécier Cassandre, elle faisait partie des personnes à qui il ne pourrait pas divulguer son secret.

"Comment s'est passé ton été ? Oh, tu veux visiter mon petit appartement ? Ou alors faire un tour sur la plage ?", proposa-t-il avec un petit sourire.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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- Je ne sais pas si le Professeur Hellsoft serait ravie de te céder sa place.

Elle s'apprêtait à rajouter un sarcasme sur son enseignante mais se ravisa à la dernière minute. Ce n'était pas parce qu'elle était animée d'une brusque gentillesse vis à vis de cette dernière mais la conversation qu'elles avaient eu en juin dernier, avant que Cassandre ne quitte Poudlard pour l'été, en était un petit peu la cause. Juste un petit peu. Disons que le fait que leur discussion ait été un peu calme à un moment pouvait être à l'origine de cette retenue. Ou tout simplement ses bonnes manières, celles que sa mère vantait tant. Elle préférait honnêtement la deuxième solution, elle était beaucoup plus facile à digérer que la première. Cassie avait sa fierté tout de même. Enfin, elle n'avait pas envie de penser à Hellsoft maintenant, elle la reverrait bien assez vite en septembre, avec la rentrée qui arrivait à grands pas. Elle tourna les yeux vers la fenêtre que lui indiquait Théo, une main sur ses yeux pour les protéger du soleil. Cela devait être agréable de se lever et de voir la mère. Elle, elle se levait et elle voyait d'autres maisons comme la sienne, ainsi que les fumées des cheminées de l'usine Nimbus au loin. Rien de très chic, en somme. Mais si la mer et ses remous devaient être agréables à regarder, elle n'imaginait pas ce que cela devait être d'avoir vue sur des moldus en vacances, avec tous leurs engins bizarres qui faisaient du bruit. Peut-être que le climat venteux du Pays de Galles décourageait même les plus courageux. On avait beau être encore en Août, elle n'avait pas très envie d'aller plonger dans les vagues grises qui devaient assurément être glacées. Elle préférait rester bien au sec sur la terre ferme.

Elle détourna néanmoins son attention de l'horizon pour poser un regard inquiet soucieux sur Théo qui affirmait doucement qu'il allait bien. Elle n'était pas idiote, loin de là, et se classait sans hésitation dans les personnes avec un cerveau de cette planète. Et elle savait très bien que Théo et Richardson avaient été amis cette année et qu'ils s'étaient disputés. Après enquête, Cassandre avait appris que c'était grâce ou à cause, du moins du fait, d'Artélis Nott, la cadette de Théo que Richardson ne traitait pas particulièrement bien. Comme si cette fille avait un jour traité quelqu'un correctement. Et dire que des gens allaient affirmer qu'ils l'aaient toujours appréciée juste parce qu'elle était morte. Les gens étaient vraiment d'une hypocrisie infecte des fois, c'était ridicule et franchement irrespectueux. En réalité, elle trouvait ça beaucoup plus irrespectueux de retourner sa veste quand quelqu'un était décédé plutôt que de reconnaître que même si un décès, surtout si jeune, était toujours malheureux, cela ne rendait pas la personne plus sympathique. Donc Cassandre détestait Richardson dans la vie comme dans la mort, les choses étaient donc claires. Mais elle savait très bien que ce n'était pas le cas de Théo et que même s'ils s'étaient disputés, la mort de quelqu'un que l'on avait apprécié était forcément un coup dur. Elle s'apprêtait à intervenir mais son ami enchaina sur autre chose. Il ne devait pas avoir envie d'en parler mais elle se promit de revenir sur le sujet plus tard. De manière plus ou moins subtile. Ce n'est pas avec des moldus qu'il allait parler de cela.

- Paré à commencer au Ministère, alors ? A effacer la mémoire des...

Un moldu passa à coté d'eux, leur lançant un regard intéressé.

- Des ordinateurs, lança-t-elle plus fort en fusillant le malotru du regard. J'ai appris ça avec le Professeur Mason, ajouta-t-elle une fois que ce dernier se fut éloigné.

Elle voyait qui était Juliet Wilson - elles s'étaient disputées une fois dans un couloir - et elle était également l'une des descendantes - sang-mêlée - de Mrs Flint, qui était une amie de sa grand-mère. Aaron Finnigan... Finnigan était un nom de Résistant de guerre mais elle ne voyait pas qui... Aaaaah, mais si ! C'était le type qui était sorti avec Swann, le brun là, le Serdaigle. Si, elle voyait. Il était pas copain avec Baker, lui ? Et il vivait avec sa copine ? Et bien. C'est ce qu'on appelait un ménage à trois. Quant à Smith, elle savait que c'était le meilleur ami de Théo et le batteur de Poufsouffle. Ils vivaient tous ensemble ? Certaines personnes avaient des mœurs étranges.

- Je veux bien visiter les deux ! annonça-t-elle lorsque Théo mentionna de visiter son appartement ou la plage.

Tandis qu'ils en prenaient le chemin, Cassandre décida d'attaquer avec des sujets neutres, avant de passer aux trucs plus délicats. Du genre "Comment vis-tu le fait que celle qui fut l'une de tes plus proches amies ait été assassinée sauvagement avec sa famille ?" Tourné plus... gentiment. Enfin, elle allait essayer du moins.

- Tu as eu tes résultats d'ASPICS ? Personnellement, j'ai été assez satisfaite de mes examens de fin d'année, j'ai eu quatre O. Et j'ai été nommée préfète de Gryffondor, aussi ! ajouta-t-elle avec un sourire ravi.

Elle ne savait pas encore comment elle allait gérer ce fait mais elle était heureuse de son insigne, cela restait quelque chose de prestigieux. Ses parents avaient été fous de joie, affirmant qu'ils l'avaient "toujours su" et la nouvelle avait fait le tour de la famille. Et elle avait également appris par ladite famille que son cousin Jordan serait Préfet-en-Chef, ce qui n'avait rien de surprenant quand on y pensait bien. Elle n'avait pas très envie de se retrouver sous les ordres de Jordan, surtout pas après son implication dans la crise Nimbus, mais bon, ce n'était que pour un an. Et en dehors de Poudlard, elle pouvait toujours être plus cassante au cas où. Elle s'apprêtait à continuer sur une autre banalité, par politesse, mais elle ne tenait plus.

- On a massacré Cécylia Richardson en début de semaine, Théo, et vous avez été amis. Alors ne me dis pas que tu vas bien.

Quelle subtilité.

- Dans ma tête, ça sonnait beaucoup plus gentiment, commenta-t-elle, songeuse. Mais je le pense vraiment, tu sais. Tu veux en parler ?


   
Théo NottAncien personnageavatar
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"Si j'ai bien compris mes cours d'étude des moldus, effacer la mémoire des ordinateurs n'est pas vraiment aussi prestigieux qu'Oubliator, mais il est vrai que cette excuse est plutôt bonne... Si j'ai besoin de trouver un équivalent à mon métier, je m'en resservirai peut-être ! Si je ne tombe pas sur un informaticien, je pourrai peut-être faire illusion, mais ces machines m'ont l'air bien compliquées. Si mes voisins moldus me demandent de réparer le leur, j'aurai l'air malin !"

Si Théo avait une vague idée de l'utilité et du fonctionnement d'un ordinateur, il n'avait pas la moindre notion d'informatique et ne tenait pas particulièrement à s'approcher de ces bêtes là, songea-t-il avec une légère grimace amusée. Si les moldus étaient ingénieux, ce qu'il voulait bien reconnaître, ils l'étaient peut-être un peu trop pour leur propre bien. Si Théo n'avait pas de pouvoirs magiques, il ne se compliquerait pas la vie ainsi !

"Si tu veux, on peut commencer par mon appartement pour boire un thé !"

Si Théo fut surpris par l'annonce de la nomination de Cassandre comme préfète de Gryffondor, il n'en montra rien et se contenta d'arborer une mine réjouie tout en prenant le chemin de son appartement. Si la jeune fille était indéniablement dotée de certaines qualités essentielles pour une préfète, elle n'en restait pas moins quelqu'un de caractériel qui, si ce qu'on lui avait raconté était exact, avait déjà eu quelques tensions avec sa directrice de maison.

"Si j'étais encore à Poudlard, je serais jaloux, j'ai toujours voulu être préfet mais le professeur Mason a dû juger que je n'avais pas le caractère pour. Si bien que j'ai toujours pensé que les préfets étaient mal choisis mais je me vois contraint de réviser mon opinion, toutes mes félicitations, tu le mérites ! Si je n'avais pas peur que tu prennes la grosse tête, je te féliciterais pour tes BUSEs mais je vais plutôt me pavaner un peu et t'annoncer que j'ai eu six ASPICs sur sept passés, dont trois Optimal !"

Si Théo voulut renchérir sur le sujet, Cassandre lui coupa l'herbe sous le pied et lui lança une remarque qui le glaça instantanément. Si Cassandre lui avait mis une gifle, il n'aurait pas été plus choqué...

"Si je voulais en parler, tu ne crois pas que j'aurais abordé le sujet moi-même ?"

Si Théo savait que Cassandre n'avait probablement pas pensé à mal et s'il connaissait son franc-parler, il ne put s'empêcher de répliquer vertement, ses yeux lançant des éclairs. Si quelqu'un d'autre lui avait posé la même question, de la même façon, il aurait probablement réagi ainsi également car le problème n'était pas Cassandre mais bel et bien cette déchirure en lui qui était apparue lorsqu'il avait appris la mort des Richardson. Si le jeune homme avait tenté de réprimer sa colère et sa tristesse, de les dissimuler sous une couche de bonne humeur et d'indifférence factices, Cassandre venait de lui donner l'occasion parfaite pour que cela sorte et il réalisa qu'il ne pouvait garder cela plus longtemps en lui. Si ses mots étaient durs, sa voix à demi brisée trahissait son désarroi.

"Si tu voulais être gentille, tu ne parlerais pas d'elle ! Si tu crois que je ne sais pas que tu ne l'aimais pas, comme tous les autres ? Si tu veux, alors, Cassandre, parlons-en, parlons de cette fille dont tout le monde se fichait, que veux-tu savoir ? Si je suis horrifié par ce "massacre", joli choix de mot au passage, belle sensibilité ! Si je suis dévasté à l'idée d'avoir perdu mon amie ? Si je suis sous le choc depuis que j'ai appris ce qui est arrivé, si j'ai réussi à penser à autre chose ne serait-ce qu'une minute ? Si je me sens coupable comme jamais à l'idée d'avoir laissé filer mes derniers mois avec elle, tout ça pour une lutte d'ego stupide et futile ? Si je m'en veux, si je lui en veux à elle, et à Artémis ? Si je suis terrifié à l'idée que les Nott passent après les Richardson et les O'Connor ? Si tu es assez brillante pour décrocher quatre Optimal, je pense que tu peux trouver la réponse à ces questions toute seule."

Si ses locataires n'avaient pas ouvert la porte d'entrée à ce moment exact, Théo aurait pu continuer un bon moment à houspiller la pauvre Cassandre, mais il préféra s'emmurer dans le silence et entrer dans la maison en invitant la jeune fille à en faire de même d'un geste. Si le jeune homme regrettait ses paroles, il n'en montra rien et se contenta de faire monter Cassandre à l'étage, silencieusement, jusqu'à atteindre son salon. Si la colère bouillonnait encore en lui, Théo était cependant suffisamment lucide pour savoir qu'il n'était pas vraiment énervé contre Cassandre et qu'il n'avait pas le droit de se défouler sur elle, aussi il saisit brièvement sa main dans la sienne et ajouta à voix basse :

"Si tu veux bien, oublions cela, je ne me sens pas près à en parler et je refuse de me disputer avec une amie de plus. Si sa mort m'a bien appris quelque chose, c'est que la vie est trop courte pour cela."




HRP : Défi Paris en bouteille


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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L'ordinateur était une machine étrange que Cassandre mentionnée par le professeur Mason dans ses cours. Si elle avait retenu cela, c'est uniquement parce qu'elle apprenait ses cours par cœur en raison de ses BUSES à venir et aussi pour être la meilleure de sa classe. Bon, certes, lorsqu'on avait Victor Lloyd dans sa classe, cela éliminait une certaine concurrence mais ce n'était pas une raison. Elle voulait être la meilleure par pur esprit de compétition et aussi parce que cela faisait quelque chose en moins à lui reprocher, on ne pouvait pas se pencher sur des résultats désastreux. Et puis de bons résultats lui garantissaient un bon poste au Ministère et c'était primordial. D'ailleurs, elle voulait faire de nombreux stages pour commencer à faire connaître son nom. L'avantage d'être issue de la bonne société Sang-Pur, c'est que vous aviez déjà des contacts hauts-placés. Grâce à Leopold Marchebank, elle allait pouvoir faire un premier stage en Décembre, pendant les vacances, au Département de Régulation des Créatures Magiques. Elle aimerait rentrer à la Justice Magique mais elle était impatiente de faire ce stage, qui serait un premier pas dans le monde du travail et qui promettait d'être passionnant. Certes, elle allait sûrement passer une semaine auprès de la secrétaire mais cela serait l'occasion de voir un Département du Ministère de l'intérieur et de comprendre un tant soit peu son fonctionnement. Et si elle faisait bien les tâches qu'on lui donnait, peut-être que Monsieur Marchebank garderait une bonne image d'elle ce qui lui permettrait de compter sur lui un jour si elle avait besoin de références. Elle avait certes celles de son père mais les références d'un père n'étaient pas objectives, tout le monde le savait.

- Parce que ces trucs cassent en plus ? demanda Cassandre en fronçant les sourcils. Selon ma camarade de dortoir Lisa, ces choses valent une fortune et ne sont même pas solides ! Je plains les gens qui sont obligés de s'en servir.

Les moldus n'avaient vraiment pas de chances d'être moldus d'ailleurs, c'était une défaillance malheureuse chez eux. Ils se devaient de compenser par des technologies étranges et dangereuses, alors que la magie était bien plus simple. Néanmoins, seule une poignée de privilégiés à l'échelle du monde étaient des sorciers, le reste étaient des moldus. Tout le monde était censé rester dans son propre monde justement mais Fiennes se sentait obligé de jouer les bons samaritains rempli de bon sentiment en prônant un monde d'équité alors que tout était bien mieux quand chacun restait dans son coin, avec ses usages. Mélanger des sorciers aux moldus, c'était prendre le risque de percer le Secret Magique alors que les Mardoliens étaient déjà là pour cela. On aurait presque dit que le MIM le faisait exprès ! Cela ne serait pas impossible, après tout, que briser le Secret Magique soit le dessein secret de Fiennes vu qu'il mettait en place des situations dangereuses pour les sorciers. Sans les réformes du MIM, Cassandre et Théo ne seraient pas ici et il ne devrait pas aller dans cette stupide université remplie de moldus. De toute manière, comme l'avait dit son père, cette réforme était une hérésie pour leur économie et pour le monde du travail. Enfin, le MIM n'en n'était plus à une infamie vu tout ce qu'il faisait depuis que Fiennes était au pouvoir. Elle avait perdu foi en ses compatriotes le jour des élections d'ailleurs.

- Je veux bien, accepta-t-elle avec un sourire quand Théo lui proposa une tasse de thé.

Théo aurait fait un bon préfet, songea Cassandre tandis qu'elle le suivait jusqu'à son appartement. Certes, il était un peu renfermé mais elle l'était aussi, même si un peu plus agressive que lui, elle le reconnaissait. Elle chercha rapidement qui était le préfet de Poufsouffle de l'année de Théo mais n'arriva pas à mettre le doigt sur son nom. Et pourtant, Théo était l'un des meilleurs candidats au poste ! Enfin, avec Jack Maxwell dans son année, cela éliminait d'office quelqu'un comme avec Victor Lloyd mais ce n'était pas une raison pour ne pas considérer Théo. Le Professeur Mason ne savait pas ce qu'elle perdait et ce qu'elle faisait perdre à la maison Poufsouffle, voilà tout.

- Moi ? Prendre la grosse tête ? Tu me connais mal, déclara-t-elle dans une parfaire imitation de son cousin Jordan. Oooh, félicitations ! s'exclama-t-elle sincèrement. Et tu as eu combien en sortilèges ? Après tout, c'était une matière importante pour les Oubliators.

Quand elle avait spontanément abordé le sujet des Richardson, elle s'était attendu à une réaction de Théo mais pas à une telle violence dans les mots et dans le ton.

- Je... tenta-t-elle d'intervenir mais Théo ne lui laissa pas le temps de s'exprimer et commença une diatribe impressionnante.

Elle pouvait reconnaître qu'elle n'y était pas allée avec le dos de la cuillère mais tout de même. Théo savait très bien qu'elle pouvait manquer de tact et de délicatesse mais qu'elle ne pensait que rarement à mal. Du moins rarement à mal avec ses amis, avec les autres, c'était une autre histoire. Elle releva le menton, croisa les bras sur sa poitrine et encaissa chaque mot de Théo sans ciller, sans rien relever, le laissant décharger sa colère sur elle. Elle ne tarda pas à comprendre que ce n'était pas vraiment contre elle que cette diatribe était destinée, que ce n'était pas vraiment contre elle qu'il était en colère mais qu'il avait juste besoin de parler et de relâcher les vannes. Elle soutint son regard, analysant néanmoins chacune des paroles de son ami dans son cerveau qui tournait à plein régime. Théo s'arrêta brusquement quand une porte s'ouvrit, laissant place à un couple de personnes âgées que Cassandre laissa passer, sans retirer ses bras de sa poitrine. Elle le suivit sans un mot, drapée dans sa dignité et montant les escaliers sans un regard pour lui. Elle avait beau comprendre qu'il ait besoin de faire part de ce qu'il ressentait, elle n'aimait pas être houspillée de la sorte pour autant. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas par amitié, franchement ! Néanmoins, tandis qu'ils arrivaient dans un salon qui donnait effectivement sur la mer, sa colère retomba immédiatement quand Théo saisit sa main, ce qui la fit sursauter et rosir, son cœur tapant dans sa poitrine. Ce qui s'était passé à la soirée de fin d'année lui revint brutalement en mémoire et sa respiration s’accéléra inconsciemment. Elle dû mettre toute sa volonté dans son action pour pouvoir conserver une façade d'attitude normale et comme toujours se réfugia derrière le cynisme pour cacher le véritable ton de sa voix.

- C'est bon, calmé ? demanda-t-elle, acide. Ça fait du bien de crier, n'est-ce pas ? interrogea-t-elle de manière plus neutre.

Elle vrilla son regard dans celui de Théo et lui adressa un sourire un peu triste. Elle ne savait pas ce qu'il ressentait et espérait ne jamais le savoir. De plus, elle ne savait pas comment consoler quelqu'un, c'était quelque chose qu'elle faisait rarement, elle avait l'impression de s'y être prise comme un manche avec Irving lors du décès de son père. Un peu maladroitement - et aussi parce que chaque geste envers Théo la ramenait brusquement à la soirée de fin d'année - elle s'approcha de lui pour poser brièvement une main sur son épaule et y exerça une légère pression avant de s'adosser au canapé.

- Même si tu ne me crois pas, je n'ai pas voulu être méchante Théo, vraiment. C'est juste que j'ai toujours eu du mal à enrober les choses et tu le sais bien. Bon, ce n'était peut-être pas le meilleur moyen de parler de ça et j'en suis désolée, crois-moi.

Elle n'était pas cruelle ou sans-cœur non plus.

- Et non, je n'aimais pas Richardson et son décès ne change pas cela. Je ne jouerai pas les hypocrites en assurant que c'était ma meilleure amie sous prétexte qu'elle n'est plus là. Parce que c'est cela que j'appelle un manque de respect, le fait de ne pas être honnête envers quelqu'un de mort. Et honnêtement Théo, je connaissais assez Cécylia pour savoir qu'elle ne pouvait pas me voir en peinture non plus et n'aurait pas voulu que je chante ses louanges.

Richardson et elle ne s'étaient jamais entendu et Cassandre n'aurait pas la prétention de prétendre le contraire. Et le fait qu'elle soit morte ne changeait rien à son caractère et à son attitude dans la vie, c'était peut-être cruel, mais c'était le point de vue de Cassie.

- Et je suis désolée pour toi, Théo, réellement. Et garder les choses pour soi n'est pas quelque chose de bien, crois moi, j'en ai fais les frais. Et parfois, le seul moyen de pouvoir en parler, c'est d'être forcé à le faire.

Elle avait éclaté devant le Professeur Hellsoft en Juin après avoir gardé tout ce qui s'était passé en Laponie pour elle pendant presque une année scolaire entière, parce qu'elle ne voulait pas en parler, qu'elle se pensait assez forte pour tout encaisser.

- Ne culpabilise pas pour cela, Théo, cela ne sert à rien, cela ne changera rien et les regrets ne seront que plombants. Au lieu de penser à ce que tu n'as pas eu avec elle, pense à ce que vous avez eu tous les deux. Artémis n'y est pour rien non plus, ce sont... Elle soupira. Ce sont les choses de la vie, Théo, ce sont des choses qui arrivent. Oui, c'est horrible et dévastateur et il faut composer avec. Ce n'est pas juste, non. Mais c'est ainsi. J'aurais pu mourir en Laponie en début d'année. Est-ce que cela aurait été juste pour ma famille ou même pour moi ? Non. Mais cela aurait été ainsi. Je ne serais pas ici pour te parler, nous ne serions pas amis. Peut-être que passer du temps avec Cécylia aurait changé quelque chose à ce qui s'est passé, peut-être que non. Ne te torture pas avec cela, Théo, les choses sont ce qu'elles sont, alors... Laisse aller. Je ne dis pas que c'est facile ou que tu oublieras, que cela ne pèsera plus un jour mais si on s'arrête de vivre pour les morts, alors autant mourir aussi.

Il fallait vivre avec. Parce que c'était comme cela que la vie fonctionnait et personne n'avait le choix ou le pouvoir d'y changer quelque chose.


   
Théo NottAncien personnageavatar
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"Il y a une différence entre s'arrêter de vivre avec les morts et de prendre le temps de les pleurer", répliqua Théo d'une voix sombre, avant de faire quelques pas en direction de la fenêtre pour s'y adosser. La verve de Cassandre, son aplomb et son franc-parler faisaient partie des choses qui lui avaient plu quelques mois plus tôt, mais il venait de réaliser qu'il avait surtout besoin d'un peu de douceur de compassion, à l'égard de ce décès. Ainsi, Théo aurait eu un peu moins l'impression qu'il était anormal d'être triste car ce n'était jamais que Cécilya, la petite peste de Serpentard, après tout. Ce n'était pas parce qu'elle avait des défauts que Théo ne l'avait pas aimé, bien au contraire. Certain de ses défauts étaient les siens, et il n'avait pas envie que la réaction du monde s'il venait à disparaître soit identique à celle qu'avait provoqué la disparition de Cécilya. Le frisson d'excitation face à ce Vengeur Masqué qui éradiquait les familles de mangemort, la fausse compassion des uns et l'indifférence méprisante des autres...

"Je sais bien que tu ne pensais pas à être méchante mais il y a une façon de dire les choses, c'est tout. Je... J'ai juste l'impression d'être seul à porter ce deuil, tu sais. J'ai l'impression que tout le monde s'en fiche, que tout le monde lui manque de respect parce qu'après tout, ce n'était jamais que Cécilya. Je ne te demande pas d'être triste de sa mort ou de chanter ses louanges, pas du tout ! Mais ne me demande pas de balayer ça en criant un bon coup et en acceptant que "c'est la vie, ce sont des choses qui arrivent." Non. Non, je n'accepte pas comme une fatalité qu'un meurtrier tente d'assassiner des familles telles que la mienne, pas plus que je n'accepte le fait qu'une terroriste ait essayé d'enfouir ma soeur et mes amis sous la glace."

Il posa un regard féroce sur son interlocutrice, se demandant comment une jeune fille aussi passionnée que Cassandre pouvait tenir un discours si fataliste. Théo avait toujours pensé qu'il était possible de changer les choses. Sans doute entretenait-il toujours un infime espoir de voir sortir son père et sa famille éloignée de prison, un jour, dans un an, dix ans ou vingt ans, qui savait ce qui pourrait arriver ? S'il n'était pas capable de s'indigner, de lutter pour faire bouger l'état des choses et les opinions, s'il acceptait sans s'émouvoir les épreuves horribles qui se présentaient à lui, sans s'interroger sur le pourquoi et le comment... Il ne resterait pas grand chose pour le faire avancer dans la vie, il le savait très bien. C'était lorsqu'il perdait cet espoir qu'il sombrait dans la dépression. Lorsque la vie lui paraissait injuste et aléatoire, lorsqu'il sentait qu'il perdait le contrôle et la maîtrise de son destin. Non, il refusait d'accepter cela. Cécilya avait été assassinée, tout comme la famille de Darren, ce n'était pas la vie, ce n'était pas le destin, ce n'était pas écrit. Il refusait d'accepter sa mort car cela signifierait accepter aussi les morts à venir, ne rien faire pour l'empêcher. Oh, il n'entendait pas faire le travail des aurors, non, mais chaque petit geste qu'il ferait pour améliorer l'image des familles d'anciens mangemorts serait un pas en avant, un petit quelque chose. Il s'emploierait à diminuer les préjugés et de changer l'image de ces personnes pour que ce tueur soit le dernier, ce serait sa façon à lui d'honorer la mémoire des morts.

"C'est vrai que je ne vais pas bien mais le deuil ne se fait pas en un jour, tu sais. Tous les mots du monde ne changeront rien au fait qu'elle est morte, que ma dernière conversation avec elle a été une violente dispute, et que je n'ai personne avec qui la pleurer."

Sur ce triste constat, Théo esquissa un léger sourire contrit avant de se diriger vers le coin cuisine pour préparer le thé. Il appréciait Cassandre, vraiment, mais elle avait cette ambiguïté. Il la trouvait à la fois généralement plus mature que les autres de son âge, et à la fois il ne pouvait s'empêcher d'être agacé par sa façon péremptoire d'asséner des vérités, sur la base d'un vécu qui n'était jamais que celui d'une adolescente. Certes, elle avait vécu des épreuves difficiles, certes Théo n'avait-il que quelques années de plus, mais aujourd'hui il avait l'impression de sentir la différence. Sinon elle aurait sans doute perçu que ce qui était vrai pour elle ne l'était pas forcément pour les autres, sinon elle aurait senti que Théo avait besoin de respect et d'un peu d'indulgence, non de dureté. Il n'avait pas besoin d'être brutalement mis face à la vérité, car la vérité, il n'avait pas eu le loisir de l'ignorer... Ressassant ses pensées, Théo s'affaira quelques minutes à préparer son thé en silence, avant de poser les deux tasses fumantes sur la table de la cuisine. Poussant un soupir, il s'assit puis il adressa un petit sourire à son invitée.

"S'il te plait, parlons d'autre chose, de n'importe quoi de plus joyeux. Parle-moi de toi."


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre n'avait jamais le deuil. Elle avait grandi dans une bulle, férocement protégée par ses parents du monde extérieur et de ses difficultés. Son grand-père paternel était décédé avant sa naissance et elle n'avait donc pas connu cet éventuel chagrin. Sa grand-mère paternelle était elle encore en vie et vivait avec son oncle Gaïus du fait de son grand-âge. Sa mère avait certes perdu son frère Edgar et sa sœur Amelia durant les deux guerres mais Edgar Bones était décédé avant la naissance de Cassandre et elle était trop jeune pour se souvenir d'Amelia et de sa famille. C'était pourtant la sœur de sa mère, Voldemort l'avait assassinée avec son mari et leurs enfants, les cousins de Cassandre, mais elle n'avait que deux ans à l'époque et n'avait pas compris ce qui était arrivé, elle ne s'en souvenait même pas. Alors certes, il y avait le chagrin de sa mère, de sa famille, le malheur des Bones mais ce n'était pas un deuil à proprement parler. Cassie était chanceuse, elle jamais dû affronter de décès et ne savait donc pas ce que c'était. Elle avait vu la tristesse d'Irving, de Darren et maintenant de Théo mais elle n'arrivait pas à s'y projeter. Alors à partir de là, comment connaître la bonne manière de réagir ?

Alors elle garda la silence, les bras croisés sur sa poitrine, se contentant de fixer Théo de ses yeux clairs et de l'écouter. Oui, peut-être qu'il y avait une manière de dire les choses, c'était même sûrement vrai. Elle s'était elle-même rendu compte qu'elle n'y était pas allée avec le dos de la cuillère mais elle avait toujours eu du mal à doser ses propos. Elle était entière, même dans ses paroles, surtout dans ses paroles. Elle aurait dû faire preuve de plus de délicatesse mais c'était encore une notion qui lui échappait beaucoup. Est-ce que tout le monde se fichait de ce deuil, de la mort de Richardson comme l'affirmait Théo ? Cassie aurait pu affirmer que non. Mais peut-être qu'il n'avait pas si tort que cela : sans aller jusqu'à s'en ficher, rares étaient ceux qui pleuraient Cécylia, ce n'est pas comme si elle s'était fait beaucoup d'amis de son vivant. Mais que pouvait-on y faire ? Cassandre était peut-être sans cœur mais elle ne comprenait pas ce que Théo attendait du monde. On ne pouvait pas revenir en arrière, c'était fait, c'était fait et cela ne changeait rien à la cruauté de la chose mais c'était ainsi. Non, elle ne lui demandait pas d'oublier - il n'oublierait jamais - et c'était pour cela qu'elle avait voulu lui en parler. Mais Cecylia était morte et il devrait l'intégrer car c'était définitif.  

Mais ce que mentionna Théo lui mit un coup au cœur et elle soutint son regard, bouillonnante de colère, dissimulant son angoisse derrière une rage bien plus facile à gérer. Il n'avait pas le droit de mentionner la Laponie, pas alors qu'elle en faisait encore des cauchemars et qu'elle se se réveillait en sursaut la nuit. Pas alors que cet évènement avait réussi à changer son Epouvantard et qu'elle avait l'impression qu'elle ne l'oublierait jamais alors que ça ferait un an dans quelques mois. C'était injuste de sa part d'attaquer sur ce point pour la faire réagir et Cassandre mourrait d'envie d'exploser pour qu'il regrette ce qu'il venait de dire. Mais était-ce vraiment la solution ? Était-ce vraiment à cela qu'elle voulait son après-midi ? Elle était venue voir un ami, pas se hurler des mots tranchants au visage. Alors Cassandre prit sur elle, prit le parti de se taire et se contenta de détourner les yeux pour les poser sur le coin de la table, s'efforçant de passer à autre chose. Théo avait besoin de soutien, elle le savait et elle avait déjà suffisamment échoué dans cette tâche sans en rajouter encore. Alors elle abandonna ce qu'elle avait prévu de dire, ce qu'elle voulait répondre et se contenta de poser sur son ami un regard désolé.

- Je suis navrée, Théo, vraiment.

Et c'était sincère, elle était désolée pour lui. Elle était désolée de son chagrin, de sa tristesse et qu'il ait à subir cela. Elle l'observa faire le thé, pensive. Si elle n'avait pas fait réagir Théo, aurait-il gardé tout cela pour lui, faute de pouvoir le partager avec quelqu'un ? Cassie était également quelqu'un de très secret, il était inutile de le nier mais le deuil était peut-être la seule chose que l'on ne devait pas gérer seul. Elle finit par s'assoir face à lui sans le quitter des yeux. Peut-être qu'elle n'était pas la mieux placée pour cela, certes. Mais elle était là et elle voulait faire de son mieux, elle voulait aider Théo. Alors elle lui adressa un sourire en coin et secoua la tête.

- Parle moi plutôt de Cécylia. De ta Cécylia.

Elle tendit la main par dessus la table pour serrer la main de Théo dans la sienne. Il ne pourrait pas change l'image que le monde avait de Cécylia Richardson. Mais il pourrait peut-être changer la sienne.

FIN DU RP


   
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Chapeaux pointus et prises éclétriques [Théo]

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