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 Fardeaux [Famille Nott]

Artémis NottAncien personnageavatar
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27 août 2007

C'était le jour, songea Artémis en émergeant du demi-sommeil dans lequel elle était plongée. Le jour où la famille Nott allait rendre visite à Théophane, son père. Ils auraient dû y aller début juillet, comme d'habitude, mais Azkaban leur avait refusé la visite au dernier moment à cause du procès Ana Sorden. L'horrible bonne femme avait soulevé les passions et la prison avait donc été placée sous haute surveillance durant les trois semaines qu'avaient duré son procès. Après cela, Théo avait été absent, sa mère très occupée, et c'était seulement maintenant qu'ils avaient pu obtenir un droit de visite.

Artémis se leva, une boule au ventre. Elle n'était jamais très à l'aise lorsqu'il s'agissait d'aller à Azkaban, mais l'angoisse sourde qui l'habitait ce matin n'avait rien à voir avec ça.

Elle avait passé de bonnes vacances. Elle était sortie, avait vu Nora - qui digérait toujours le départ d'Irving - Jane, ravie que sa mère parte quelques mois loin de Poudlard - Samaël lorsqu'elle le croisait en compagnie de Théo, Dunkan qui lui tournait autour et était très sympathique. Elle avait même réussi, à force de regards de chaton, de menaces et d'acharnement, à convaincre Théo de la faire transplaner à Bude, l'endroit moldu ou Danny faisait du surf, par pure curiosité. Danny n'avait pas pu la convaincre d'essayer de se mettre sur planche et de rester en équilibre sur les vagues, mais elle avait passé un excellent après midi (même si elle en était revenue en affirmant qu'ils étaient fous, ces moldus). Elle avait aussi reçu ses résultats de BUSEs, moins catastrophiques qu'elle ne s'y attendait: E en DCFM, Métamorphose, Botanique et Etude des moldus, A en Sortilèges et Histoire de la magie, O en Vol (oui!). Bon, elle avait eu P en potions, soins aux créatures magiques et runes, et D en astronomie, mais franchement, qui se préoccupait de l'astronomie?

L'été avait été le plus reposant depuis longtemps. Ses relations avec son frère s'étaient enfin apaisées, et le secret de Théo semblait nouer entre eux une complicité qui n'existait pas auparavant. Elle avait évolué, mûri, elle était enfin fière d'elle, elle commençait à s'assumer. Sa mère avait remarqué le changement et lui avait adressé des compliments, une lueur de fierté dans les yeux.

Pourtant, tout s'était effondré en deux jours. Tout. Artémis avait continué les séances d'entraînement avec Ulrich durant l'été, quoiqu'une fois toutes les deux semaines seulement. Hors de Poudlard, il était plus difficile de ne pas se faire remarquer. Pour ne pas perdre la main, elle avait commencé à s'entraîner seule dans les étages du manoir, lorsqu'elle était certaine que personne ne la dérangerait, piochant dans la bibliothèque familiale les livres de magie noire qui n'avaient pas été confisqués à la fin de la guerre. Bref, tout allait comme sur des roulettes.
Et puis, Théo avait fouiné. Théo était allé parler à Ulrich, lui demandant ce qu'il faisait avec elle, quelles étaient leurs relations, parce qu'il les avait vu parler un jour. Le soir même de cette discussion, le Serpentard était venue la trouver, et ils avaient pris la décision d'arrêter les entraînements. Artémis avait été tout d'abord contrariée, se demandant comment diable son frère avait pu découvrir leurs manigances, ce qu'il savait exactement, et pourquoi il n'était pas venu lui en parler à elle. Puis elle avait finalement été heureuse de ne plus avoir affaire au sombre Keller. Malgré leur accord, elle avait toujours été inquiète en sa présence. Il était dangereux, instable aussi, menteur et manipulateur. Il lui avait appris les bases, elle pouvait maintenant se débrouiller toute seule. Elle n'aurait plus affaire à lui, ne serait plus inquiétée si Ulrich venait à être découvert par les forces de l'ordre, ne subirait plus la menace constante qu'elle sentait en sa présence. Oui, se séparer d'Ulrich avait été un soulagement.

Mais ça n'avait pas duré. Deux jours plus tard, la Gazette faisait la une sur l'assassinat des Richardson. Artémis se revoyait très bien, descendant déjeuner, trouvant le journal déplié sur la table vide, une photo de Cécilya s'étalant sur près de la moitié de la page, entourée de sa famille. Morte, tous morts. La sensation de vide, de froid et d'incompréhension qui l'avait envahie, à cet instant! Il lui avait fallu plusieurs heures pour ingérer l'information, pour réaliser que la petite peste était bel et bien morte. Certes, Artémis ne l'avait jamais appréciée, aurait voulu l'écraser sous son pied comme une vulgaire fourmi, mais... elle avait quinze ans, comment pouvait-elle être morte?

Au-delà de la mort de sa camarade, du chagrin que cela pourrait causer à Théo, Artémis avait surtout retenu les mots de la Gazette. "Cette seconde famille assassinée n'est pas sans rappeler le meurtre des O'Connor, riches Sang-Pur retrouvés en janvier dans leur demeure familiale, qui comptaient eux aussi des Mangemorts dans leur arbre généalogique." La Gazette avait raison. Un nom s'imposait, c'était une évidence. Ulrich Keller. Keller. Le meurtrier des O'Connor. Artémis était prête à parier qu'il était responsable de la mort des Richarson. La question qui restait en suspens était: pourquoi? Pourquoi diable aurait-il fait ça? Artémis avait cru - et il le lui avait implicitement confirmé - que sa vengeance en tuant les O'Connor était dûe à son inimitié avec Darren, à quelque chose de grave s'étant passé entre leurs deux familles. Elle réprouvait son action, évidemment, mais avait en quelque sorte compris son geste. Et pensait qu'en dépit de sa folie, sa vengeance était accomplie et il n'irait pas plus loin.

Elle s'était trompée. Elle avait eu faux, tout faux sur toute la ligne. Ulrich était deux fois plus cinglé et dangereux qu'elle ne l'avait cru, et il avait tué encore. Le problème, c'est qu'elle ignorait à présent le but de ses meurtres. Avait-il des choses à reprocher aux Richardson également, ou poursuivait-il un but plus large? Etait-il fou au point de vouloir rayer toutes les familles Sang-Pur de la carte? Ou seulement les familles de Mangemorts? A mesure que ses réflexions avaient avancé, la jeune Nott avait dû se rendre à l'évidence: quelque soit le but d'Ulrich, sa famille était visée. Ils étaient des Sang-Purs, son père était Mangemort, et de toute façon, elle en savait trop sûr lui. Il viendrait. Il viendrait pour eux.

Artémis avait passé un 25 août particulièrement horrible, à cogiter, enfermée dans sa chambre. Lorsque le soir était venu et que Théo était rentrée, elle s'était décidée: il fallait qu'elle lui parle, qu'elle lui explique, qu'ils fassent quelque chose pour se protéger. Mais, alors qu'elle était entrée dans la chambre de son frère, elle n'avait pas pu. Les mots étaient restés coincés dans sa gorge, en dépit de toute sa volonté de parler. Quelque chose semblait l'empêcher de révéler la vérité, et après deux minutes d'efforts, elle avait abandonné, sans savoir si c'était son inconscient qui refusait de révéler son secret ou autre chose. Elle avait prétexté vouloir le remercier pour l'après-midi à Bude, puis s'était éclipsée.

Depuis, elle avait complètement arrêté les entraînements, n'avait quasiment pas quitté le manoir, essayant d'afficher un air serein - mais ses talents de menteuse étaient bien piètres. Elle restait le plus souvent dans sa chambre à se torturer les méninges sans savoir quoi faire, consciente qu'elle était la seule à pouvoir protéger sa famille. Elle aurait dû aller voir les Aurors, mais elle était trop effrayée de subir les conséquences de ses propres actes. Elle aurait voulu en parler, mais elle savait qu'aucun mot ne franchirait ses lèvres - pourtant, lorsqu'elle parlait à voix haute seule dans sa chambre, la phrase sortait sans problème. "Ulrich Keller est un meurtrier. Il a tué les Richardson et les O'connor."

"Artémis, dépêche-toi!"

Mais aujourd'hui, il fallait y aller. Voir son père. Elle détestait Azkaban, pleurait de voir son père enfermée sur cet îlot gris et morbide, devenant petit à petit l'ombre de lui-même. Mais elle y allait, parce qu'elle était sa fille et qu'elle l'aimait, quoiqu'il ait fait. Il lui semblait même que plus le temps passait, plus elle comprenait qu'il ait voulu se battre pour quelque chose, pour eux. Il avait fait une erreur de philosophie, c'était tout.

La jeune fille se leva de son lit, se jeta un sortilège de Bonne Mine, revêtit une robe traditionnelle noire brodée de vert, et claqua la porte de sa chambre. Elle traversa le grand couloir au tapis vert bouteille, bordé de tableaux magiques tous plus râleurs les uns que les autres (celui de tante Héra, une cousine de sa mère, était le pire, une vieille femme acâriatre, une espionne de jeune fille qui sautait d'un tableau à l'autre pour lui faire la morale), descendit l'escalier en spirale qui menait au Hall d'entrée, où l'attendaient sa mère et son frère.

"Je suis prête" dit-elle simplement, saisissant sa cape d'un mouvement fluide.

Aurora jaugea ses deux enfants du regard. Elle sembla satisfaite de la tenue de sa fille, mais s'attarda sur celle de son fils, défaisant nerveusement un pli imaginaire sur sa manche gauche. Artémis retint un soupir, sachant que sa mère était moins bien disposée à l'égard de son frère qu'au sien. La matrone avait remarqué le comportement étrange et secret de son aîné. Elle avait interrogé Artémis, l'air de rien, à ce sujet. La jeune fille n'avait pas pipé mot, niant savoir quoique ce soit, mais Aurora savait qu'Artémis savait, et Artémis savait qu'elle savait qu'elle savait. Elle était incapable de mentir correctement, et les deux enfants ne cherchaient pas à cacher leur entente nouvelle. Autre sujet de discorde entre la mère et le fils, l'avenir professionnel de Théo. De nombreux repas s'étaient terminés en presque dispute sur pourquoi Théo partait s'installer à Aberystwyth, au lieu de Londres où son stage lui prendrait la majorité de son temps. Sur ce sujet, Artémis avait vu les complots de sa mère, qui partait souvent voir les Lestrange, ou qui les invitait régulièrement. Si on ajoutait à cela le fait qu'Aurora déplorait l'absence de petite amie officielle pour son aîné, et que les Lestrange avaient une petite-fille à peine plus âgée que Théo... Mais Artémis se taisait, car elle ne croyait pas que sa mère forcerait quoi que ce soit, on avait dépassé ce temps là, tout de même.

"Bien, allons-y." soupira Aurora, et Artémis pu presque entendre la tristesse qui la saisissait de voir ses enfants chéris s'éloigner d'elle de façon inexplicable.

La famille Nott sortit sur le perron, et, une fois dépassé les limites de la propriété, Artémis saisit la main de sa mère et ils transplanèrent dans un "Crac" sonore. Comme chaque fois, ils se matérialisèrent en bord de mère, devant une petite cabane de bois.

"Mrs Nott, bonjour", dit la secrétaire chargée d'enregistrer les visiteurs de la prison. "Théo, Artémis."

La jeune femme rousse, Heather Tenthraw, n'était pas là depuis longtemps, un an tout au plus, et Artémis se réjouissait du changement. Le vieillard acâriatre qui était en poste avant elle détestait les Mangemorts et chaque visite s'accompagnait de récriminations sur le fait que les Mangemorts n'auraient pas dû avoir de droit de visite, qu'il fallait éviter qu'ils ne pervertissent l'esprit de leurs enfants. Depuis que Heather avait pris le poste, les visites étaient bien moins dures. Elle vérifiait leur identité grâce à leurs baguettes magiques en bavardant, prenait des nouvelles, évitait les sujets sérieux. C'était agréable de ne pas être traité comme des criminels.

"Alors, jeunes gens, vos examens? BUSEs et ASPICs, si j'ai bonne mémoire?"

"Six pour moi!" répondit Artémis. Elle aurait voulu être fière et fanfaronner, mais elle se sentait trop mal et seul un timide sourire parvint à franchir ses lèvres.

"Et six pour Théo aussi." ajouta Aurora avant que l'aîné n'ait pu répondre. "Voici ce que j'ai apporté pour mon mari" dit-elle en tendant le panier d'osier qu'elle avait emmené.

Artémis voyait bien que sa mère faisait un effort pour ne pas envoyer Heather voir chez les moldus si elle y était, mais elle écourtait tout de même la conversation. Elle avait du mal avec l'enfermement de son mari, que les gens l'acceptent ou le condamnent. Heather ne semblait pas porter de jugement, et cela déstabilisait peut-être Aurora, qui avait souffert l'ostracisme de sa famille mais s'y était faite et avait appris à y répondre. La gentillesse désintéressée de quelqu'un qui n'avait sans doute rien vécu de comparable lui échappait sans doute. Le panier comportait quelques vêtements, un petit repas à partager en famille et quelques livres. Heather jeta les sorts de contrôle sur l'objet, puis sur eux-même avant de leur rendre leurs baguettes.

"Tout est en ordre. Je vous vois au retour."

Ils quittèrent Heather et se rendirent sur la barque qui les mènerait à l'île prison. Bien que les détraqueurs ne soient plus là depuis longtemps, Artémis n'était jamais rassurée. Le passeur n'avait pas changé lui, et s'il ne parlait guère, il ne souriait pas non plus. C'était un vieil homme qui ressemblait étrangement à Rusard, avec une barbe mal taillée, des vêtements dépenaillés et un air menaçant. Les Nott embarquèrent avec cinq autres personnes, dont deux qui portaient l'uniforme des Aurors.

Le voyage dura quinze minutes, dans un silence pesant, et lorsqu'ils débarquèrent sur l'île, ils furent accueillis par le directeur de la prison, son adjoint et deux gardes. Ce fut l'adjoint qui les mena au parloir du quartier de haute sécurité. Le directeur accueillait les deux Aurors et ils passèrent devant eux, allant apparemment visiter le même quartier. Il se trouvait dans l'aile Est de la prison, et pour accéder au parloir, il fallait passer devant la grille qui bloquait le couloir des cellules de haute sécurité. C'était un bref passage, mais le bruit portait et certains détenus ne se privaient pas se faire des remarques aux visiteurs.

"Passez le bonjour à mon frère!" dit une voix qui fit frémir d'horreur Artémis. Keller.

"Vous êtes dans le parloir numéro trois, Mrs, Mr et Miss Nott." dit l'adjoint d'un ton neutre, sans manifester la moindre émotion. Il était du genre très professionnel, n'avait jamais eu un mot de travers à leur égard, mais sa froideur était cependant perceptible. Artémis était sûre que si sa mère venait seule, elle aurait eu droit à quelques remarques désagréables. Sauf qu'on avait appris à l'adjoint à être poli devant les enfants. Il les fit entrer dans ledit parloir et s'éclipsa.

"Je ne sais pas ce qu'il vous arrive ces temps-ci à tous les deux" dit Aurora alors qu'ils patientaient. "Mais je compte sur vous pour être toujours aussi gentils et polis avec votre père."

Artémis échangea un regard avec Théo vexée.

"Pour qui tu nous prends?"

Un bruit de déplacement se fit entendre et une ombre grise passa devant la fenêtre du parloir. Une femme, qui avait un jour été aussi belle que folle, escortée par trois gardiens. Ana Sorden. Voilà qui venaient voir les Aurors. L'attention de la famille ne resta cependant pas longtemps centrée sur la femme, car la porte s'ouvrit. Théophane Nott entra, et comme à chaque fois, Artémis déglutit en constatant l'aspect misérable de son père. Une barbe mal taillée, un regard éteint, une maigreur qui ne lui allait pas... Et encore, se répétait-elle à chaque fois, il paraîssait qu'il s'en sortait bien comparé à certains détenus que les cellules exigües rendaient fous, ou complètement amorphe. Il n'eut pas le temps de s'asseoir qu'Aurora contournait la table pour aller l'étreindre. Artémis compta jusqu'à cinq, n'osant interrompre ce moment de retrouvailles entre ses parents, puis s'avança la première.

"Bonjour Papa. Tu m'as manqué."

Et elle tendit les bras pour se réfugier à son tour dans l'étreinte paternelle. Elle n'avait pas fait cela depuis ses dix ans - son éducation, le fait que son père soit enfermée. Elle savait que beaucoup de parents de son monde refusaient tout contact privilégiés à leurs enfants, heureusement, ses parents n'avaient jamais fait partie du lot. On se tenait en public, mais l'on s'aimait en famille. Et peu importait qu'ils soient à Azkaban, personne ne les regardait là. Et elle avait besoin de réconfort. Beaucoup.


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Théo NottAncien personnageavatar
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Le sortilège de Bonne-Mine n'avait eu aucun effet, réalisa Théo avec amertume en défiant son reflet du regard. Ses cernes s'étaient quelque peu atténués mais il avait toujours un teint maladif, et les nausées qui l'accompagnaient. Etait-ce sa magie qui était affaiblie, ou alors avait-il un air tellement abattu que même un sortilège ne pouvait l'améliorer ? Fermant les paupières, Théo prit quelques profondes inspirations avant de se passer de l'eau sur le visage, et de regagner sa chambre. Merlin, il ne pouvait tout de même pas aller à Azkaban dans cet état, sinon il allait rendre son dernier repas sur le passeur ! Non pas qu'il ait grand-chose dans le ventre, de toute façon. Il n'avait quasiment rien avalé depuis ce matin-là. Le visage de Cécilya, telle qu'elle lui était apparue à la une de la Gazette deux jours plus tôt, lui revint en mémoire et il fut pris d'un nouveau haut-le-cœur.

*Merlin Salazar Helga*, récita-t-il en invoquant sa Trinité personnelle. *Venez-moi en aide.*

Trois petits coups furent alors frappés à sa fenêtre et il sursauta de surprise, avant de jeter un coup d'oeil éberlué à la chouette hulotte qui attendait qu'il se décide à lui ouvrir, l'air sévère. Il allait finir par devenir superstitieux, songea-t-il en se dirigeant vers la fenêtre, un léger sourire naissant sur ses lèvres face à ce timing parfait. Sourire, voilà une autre chose qu'il n'avait pas fait ces deux derniers jours : sourire, manger, dormir... Mais il allait falloir qu'il se reprenne très vite s'il ne voulait pas susciter de nouvelles inquiétudes maternelles, sous lesquelles il croulait déjà bien assez. Il ne pouvait pas laisser Cécilya le mettre dans tous ses états une fois de plus, pas vrai ? La petite peste lui avait déjà causé assez d'ennuis de son vivant. Pourtant, elle lui manquait cruellement, et il avait fallu qu'elle meurt pour qu'il s'en rende compte... Théo avait gâché ses derniers mois avec son amie, et voilà que quelqu'un l'avait assassiné. Quelqu'un qui, de toute évidence, aimait s'en prendre aux gens comme eux .

*A qui le tour ?*, songea Théo avec un léger frisson.

Ecartant les rideaux verts bouteille qui dissimulaient à moitié la lumière du jour, Théo ouvrit la vitre et s'écarta légèrement pour laisser entrer la chouette impérieuse. Celle-ci vint se poser sur l'étagère de Théo, juste à côté de son manuel de potions, et Théo sourit une seconde fois. Tel maître, tel hibou, songea-t-il en rejoignant le volatile avec douceur. Théo n'avait pas eu affaire à Karadoc très souvent, mais il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour comprendre que l'animal avait un sale caractère.

"Bonjour, Karadoc", murmura-t-il en caressant son plumage du bout du doigt. "Qu'est-ce que tu as pour moi ?"

Théo détacha précautionneusement le paquet qui était accroché à la patte de la chouette, puis lui donna à boire, avant de venir s'asseoir sur son lit en soupirant. Il jeta un coup d'œil à la chambre sombre et sobre qui était la sienne depuis sa naissance, et dans le coin de laquelle s'empilaient plusieurs cartons. Tout était prêt pour son emménagement à Aberystwyth, qui aurait lieu le lendemain, avec l'assistance de sa mère. Théo avait tenté de l'en dissuader, arguant qu'il pouvait très bien se débrouiller seul avec quelques cartons, mais Aurora avait insisté. Théo était impatient de quitter le manoir, après cet été sous tension entre la mère et le fils, mais il devait bien avouer que les premiers jours l'angoissaient, à commencer par le lendemain. La découverte du monde moldu l'effrayait, bien sûr, mais la désapprobation parentale constituait la réelle source de ses peurs. S'opposer à sa mère était épuisant mais ce n'était pas la première fois et il savait pertinemment qu'il y en aurait d'autres, ils ne s'étaient jamais compris. Théo espérait cependant de toutes ses forces que le sujet ne serait pas évoqué aujourd'hui, sans trop y croire, car s'opposer à son père serait nettement moins amusant. Il avait pourtant soigneusement préparé ses arguments, mais aucun argument ne pouvait contrer le fait que Théo s'éloignait sans raisons apparentes d'un futur qu'il avait lui-même prôné pendant toute sa scolarité. Poussant un lourd soupir, Théo reporta son attention sur le paquet qu'il venait de recevoir et détacha rapidement le papier kraft. Une fiole accompagnée d'un papier de parchemin tombèrent sur ses genoux, provoquant un nouveau sourire chez le jeune homme.

La directrice de Poudlard lui adressait ses plus sincères condoléances, accompagnées d'un petit remontant dont elle avait le secret. Théo secoua la tête avec amusement. Margot le connaissait un peu trop bien à son goût, et il était persuadé qu'elle aurait déjà percé son secret si elle n'avait pas été occupée avec les manigances du professeur Sorden... Sans réfléchir d'avantage, il dévissa le bouchon de la fiole et la porta à ses lèvres, avant d'en boire trois gorgées. C'était bon, frais, avec un petit goût citronné. Aussitôt, il sentit son esprit embrumé s'éclaircir, ses épaules affaissées se redresser, une boule d'énergie et d'optimisme l'envahir. Voilà qui était mieux, songea-t-il en se relevant pour se poster devant son miroir. Son teint semblait plus frais et ses cernes avaient disparu. S'observant avec satisfaction, il redressa légèrement le menton et ajusta avec soin sa robe noire et argent. Sa plus robe de sorcier la plus belle, riche et traditionnelle était réservée aux visites à son père, qui se faisaient d'ailleurs trop rares à son goût. Pourtant, pour la première fois, il redoutait réellement ce moment, au point où il avait été soulagé du contretemps accordé par le procès Sorden. Mais cela irait, décida-t-il avec une détermination nouvelle, à mettre sur le compte de la potion de Margot. Il s'agissait d'une invention de cette dernière, à l'époque fort lointaine où elle était elle-même jeune avec une famille de sangs-purs prêts à examiner le moindre de ses faits et gestes.

S'estimant fin prêt, Théo jeta un coup d'œil à sa montre et constata qu'il était presque l'heure. Après avoir griffonné un mot de remerciement pour Margot qu'il confia à sa chouette, il quitta la pièce et s'engagea dans le couloir. Théo se retint de jeter le feu au tableau de tante Héra qui lui demanda pour la cinquante-troisième fois depuis le début de l'été quand est-ce qu'il comptait se fiancer, et gagna le Hall d'entrée. Théo était en train d'ajuster sa cape lorsque sa mère le rejoignit, l'air élégant et digne. Théo lui adressa un petit sourire qui s'évanouit aussitôt devant son air crispé. Un silence pesant s'instaura entre eux jusqu'à ce qu'Artémis les rejoigne, deux minutes plus tard. Tout comme sa mère, Théo adressa un regard appréciateur à la jeune fille, avant de se tourner avec agacement vers Aurora qui triturait sa manche. Heureusement qu'elle n'avait pas vu la tête qu'il avait ce matin ! Théo espérait néanmoins que sa mère n'aurait pas le mauvais goût de lui reprocher son affliction causée par la mort de Cécilya. Il était peut-être la seule personne d'Angleterre à l'avoir réellement appréciée un jour, mais son amitié pour la jeune femme était sincère et il était encore sous le choc de sa disparition. Retenant un soupir, Théo quitta le Manoir avec les deux sorcières et transplana en même temps qu'elle.

La vision d'Azkaban avait toujours eu le don de provoquer la chair de poule chez le jeune homme. Il se rappellerait toujours de la première fois qu'il y avait mis les pieds, à onze ans. Cette vision sombre et lugubre sur la mer déchaînée... Cet îlot où l'on exilait son père loin de lui, pour toujours, il le haïssait avec ferveur. Les détraqueurs avaient beau avoir été chassés des lieux, c'était comme s'ils avaient laissé une empreinte indélébile sur l'îlot, une brume de désespoir qui englobait la prison de façon permanente. Lui, en tout cas, il avait froid en arpentant les couloirs d'Azkaban, et il sentait des pensées profondément pessimistes l'envahir. Il se sentait comme en première et deuxième année, lorsqu'il s'était enfoncé lentement mais sûrement dans la dépression. Azkaban, c'était un peu le lieu antagoniste de la salle commune de Poufsouffle...

Plongé dans ses pensées, Théo ne prêta aucune attention à la jeune femme qui s'occupait du contrôle, laissant sans protester sa mère répondre à sa place. Comme les autres, il resta silencieux durant le trajet jusqu'à l'île, serrant ses mains pales sur ses genoux et jetant des coups d'œil curieux aux deux aurors. Que venaient-ils faire ici ? Pourquoi le directeur de la prison en personne les accueillait-il ? Théo n'eut pas l'occasion de s'intéresser d'avantage à cet évènement puisque leurs chemins se séparèrent. Les Nott passèrent comme d'accoutumée devant l'entrée du couloir de haute sécurité, et la voix d'Alexander Keller raisonna de façon sinistre.

"Je n'y manquerai pas", répliqua-t-il distraitement d'une voix qui lui parut étrangère, froide, grinçante, éloignée de son timbre habituel. Personne ne se ressemblait, dans la prison d'Azkaban, et certainement pas les prisonniers qui perdaient lentement pied. Son père s'en sortait bien, songea-t-il avec fierté, mais d'autres n'avaient pas cette chance...

La remarque de sa mère surprit Théo et il échangea un regard avec Artémis, visiblement vexée.

"Comme toujours", murmura-t-il. S'il y avait bien une chose qu'il n'aurait jamais cru que sa mère remettrait en doute, c'était son affection à l'égard de son père et sa volonté de tout faire pour lui plaire. La situation était peut-être plus grave qu'il ne l'avait pensé. Peut-être avait-il été négligeant, peut-être que les doutes de sa mère étaient devenus des certitudes. Peut-être même qu'elle savait, songea-t-il en frissonnant intérieurement. Et si elle savait ? Et si elle prétendait seulement ne pas avoir compris ce qui avait changé chez son fils ? Non, non, il se faisait des idées. Jamais elle n'aurait gardé une telle infamie pour elle. Sans doute pensait-elle que le problème n'était pas spécifique à Théo, mais reliait le frère et la sœur. Pourtant, cela n'était pas exactement vrai. Théo non plus ne comprenait pas ce qui arrivait à Artémis, ces derniers temps, et sa discussion avec Ulrich ne l'avait guère avancé. Mais ses relations avec la jeune fille étaient suffisamment apaisées pour qu'il n'ait pas envie de fouiner plus longtemps dans son dos, et il avait décidé de lui accorder le bénéfice du doute. Sans doute écrirait-il à Nora pendant l'année, pour savoir si Artémis agissait toujours de façon mystérieuse ou non. En attendant, il avait un problème plus urgent à gérer : son père qu'il s'apprêtait à voir pour la première fois depuis décembre.

Théo sentit l'angoisse latente qu'il ressentait depuis son réveil amplifier brusquement lorsqu'ils pénétrèrent dans le parloir. Comment allait-il faire ? Regarder sa mère dans les yeux pour lui mentir était déjà bien assez difficile, jamais il ne pourrait faire la même chose avec Théophane ! Peut-être... peut-être... peut-être qu'il fallait tout le dire. Aujourd'hui, maintenant, en famille. Non ! Il ne pouvait pas. Il voulait une dernière rencontre avec son père avant de voir le dégoût et la colère envahir son regard. Une dernière rencontre, qu'il pourrait garder et chérir dans sa mémoire, en espérant que Théophane ne réalise pas que la forte complicité qui l'avait toujours lié à Théo avait déjà été brisée.

L'attention de la famille fut alors attirée par un bruit de déplacement derrière le parloir et Théo reconnut avec dégoût son ancien professeur d'arithmancie. Ana Sorden... Le nom raisonnait mystérieusement dans son esprit. Elle était l'un d'Eux, les mardoliens, ces terroristes qu'il voulait de toutes ses forces voir détruits...

La porte s'ouvrit alors sur leur père, et Théo sentit son cœur se serrer. Chaque fois qu'il voyait son père dans cette satanée prison, avec son air miséreux, il sentait l'indignation, la colère et la tristesse l'envahir. Il avait longtemps rêvé qu'un génie de la lampe vienne lui exaucer trois vœux, comme dans les contes, même un seul. S'il n'avait qu'un seul vœu, ce serait celui-ci : obtenir la libération de son père. Mais cela n'arriverait jamais, il le savait pertinemment. Pas avec une Marque des Ténèbres sur le bras... Toujours aussi anxieux et mal à l'aise, Théo attendit que sa mère puis sa sœur l'étreignent, pour s'avancer à son tour. Profitant de la curieuse démonstration d'Artémis, il donna à son tour l'accolade à son père, une boule au fond de la gorge. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il réalisa à quel point il lui avait manqué, à quel point il lui manquait jour après jour. S'écartant légèrement, il croisa le regard de Théophane et eut l'impression illogique son père pouvait lire au fond de lui. C'était faux, bien sûr, Théophane n'avait jamais été legilimens, aussi Théo se força-t-il à esquisser un léger sourire, dissimulant son trouble derrière un visage inexpressif comme il savait si bien le faire.

"Comment vas-tu ? Et comment va notre oncle ?", demanda-t-il pour se donner une contenance.

Théophile Nott, qui fut un temps un fervent fidèle de Lord Voldemort, n'était plus tout jeune et la prison n'avait rien fait pour améliorer sa forme. C'était d'ailleurs était la raison pour laquelle Théophane s'était engagé lors de la seconde guerre. Théo ne serait pas étonné d'apprendre le décès de Théophile dans un futur plus ou moins proche, ce qui rendrait à cinq le nombre de personnes portant le nom de Nott, dont trois garçons : Théophane, Théo, et Théodore, son cousin plus âgé qu'il connaissait assez mal. Théo avait été intrigué longtemps par ce cousin qui avait été dans la promotion de Harry Potter, mais sa mère avait cherché à l'en éloigner autant que faire ce peu. Ce n'était pas un garçon qui avait fréquenté le dortoir de Drago Malefoy, Vincent Crabbe et Gregory Goyle pendant sept ans qui allait redorer l'image de la famille ! Aujourd'hui, Théo ne savait même pas ce que Théodore faisait de sa vie. Le jeune homme était discret et ne se montrait que rarement aux réceptions mondaines, et toujours en compagnie de Malefoy qu'un certain nombre de personnes avaient tendance à éviter, dont les Nott. Difficile, d'être un Nott, songea Théo avec amertume et tristesse. L'isolement était leur lot quotidien et il ne pouvait blâmer sa mère de rechercher la compagnie des Lestrange-Rosier, même si l'on avait vu mieux en termes de réputation…

Théo s'écarta complètement pour laisser son père s'asseoir s'il le désirait, et se posta aux côtés d'Artémis. Il serra discrètement la main de sa sœur dans la sienne, sans vraiment savoir s'il cherchait à se réconforter lui ou bien elle à travers ce geste inhabituel. Ces visites n'étaient jamais faciles, pour aucun d'entre eux. Et c'était plus dur aujourd'hui que jamais...


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Théophane Nott

La prison pouvait changer un homme. Et Théophane Nott n’était pas passé outre ce changement. Avec les années, ses joues s’étaient creusées, son corps s’était aminci, ses yeux avaient perdu leur lueur d’antan. A présent, ses cheveux grisonnaient, et souvent, ses muscles le faisaient souffrir, chose due au manque d’exercice. Aujourd’hui, cependant, il se sentit insufflé d’une force nouvelle, inhabituelle, en ouvrant les yeux. Ce n’était pas un jour comme les autres. Ce n’était pas une journée ordinaire. Son épouse, ses enfants, il allait les revoir, enfin. Il comptait les jours, depuis qu’on lui avait annoncé la date de la visite. Et après ce qu’il lui avait semblé être des mois d’attente, le jour était enfin arrivé. Après plus d’un an, il allait revoir Théo et Artémis. Il frémit à cette pensée, et esquissa un sourire – le premier depuis bien longtemps. La vie en prison était loin d’être facile. Enfermé seul avec ses pensées durant des années, il ne cessait de ruminer ses idées les plus noires, de se torturer intérieurement, de faire des suppositions. De refaire le monde avec des « et si » à n’en plus finir.

Et s’il n’était pas devenu mangemort ? Théophane ne regrettait pourtant pas ses actes. Il ne regrettait pas d’avoir aidé son frère, d’avoir voulu faire valoir ses idées, de s’être battu pour une cause qu’il pensait juste, qu’il croyait bonne. Oui, il avait tué. Il avait ôté la vie à des pères de famille, à des adolescents dont la vie n’avait qu’à peine commencée, à des mères. Mais il n’était pas le seul. Les membres de l’Ordre du Phénix aussi, avait fait subir la perte de proches à de nombreuses familles. Lui ne voyait plus ses enfants, sa femme, sa famille, depuis des années, parce que ses opinions divergeaient de celles de membres de l’Ordre. On l’avait enfermé à Azkaban, on l’avait éloigné de la civilisation, on l’avait coupé du monde. Parce qu’on avait eu peur qu’il recommence, peut-être ? Il eut un soupir désabusé. On s’imaginait peut-être qu’il s’empresserait de sortir sa baguette, de lancer quelques Impardonnables sur des moldus ou des nés-moldus ?

Théophane ne se considérait pas comme réellement dangereux. Il avait choisi son camp, il avait fait la guerre, et il avait perdu. Il était affaibli – de toute façon – par ses années derrière les barreaux. Et ce qu’il désirait, ce n’était pas de recommencer à exposer ses opinions – bien qu’il restait fermement campé sur ses principes et ses idées – mais de passer du temps avec sa famille. De retrouver Aurora, Théo, Artémis. De pouvoir intervenir dans la vie de ses enfants, au lieu de n’être qu’un seul spectateur. Il voulait être présent lors des noces de Théo, de son mariage, de la naissance de ses enfants, de ceux d’Artémis... Et ce n’était pas possible. Parce qu’il était coincé là, éloigné de tout. Alors oui, s’il n’avait pas été Mangemort, il aurait probablement été chez lui, à l’heure qu’il était. Mais il n’aurait pas défendu sa cause, son idéologie, ce en quoi il croyait. Il soupira – inutile de ressasser tout cela - avant de se lever lorsqu’un gardien passa devant lui, lui rappelant ainsi que l’heure était venue de se diriger vers l’espèce de grand réfectoire qu’offrait la prison, pour y manger sommairement. C’était les seuls moments où ils pouvaient être en dehors de leurs cellules, aussi Théophane se dépêcha de le gagner, avala rapidement un morceau de pain sans se faire remarquer, et ne tarda pas à rejoindre sa cellule, après avoir fait un détour par les douches afin de soigner son apparence le plus possible, pour ne pas paraître débraillé devant sa famille.

Se laissant tomber sur sa couchette, il écouta le silence se faire peu à peu, puis les pas du gardien le troubler, résonnant avec force dans le couloir vide. Il passa une main dans sa barbe de quelques jours, et fixa le mur en face de lui, plongé dans ses pensées. Il n’en sortit que lorsqu’un homme se présenta devant la porte, lui parlant d’une voix forte, qui le fit tressaillir.

« Votre famille vient d’arriver. Veuillez me suivre. »

Se levant sans plus attendre, Théophane se dirigea à la suite du gardien vers les parloirs. Il s’effaça devant une porte pour le laisser entrer, et le prisonnier, après avoir posé sa main sur la poignée de la porte, l’ouvrit, avant de se glisser dans la pièce. Ses yeux ne tardèrent pas à trouver les trois Nott, et il s’avança doucement vers eux. Captant le désarroi dans les yeux de ses enfants, il esquissa un bien maigre sourire. Evidemment, qu’il n'avait pas sa prestance d’antan. Il était bien trop mince pour que cela ne se remarque pas, ses yeux étaient ternes, son visage était marqué par les années passées en prison. Il devait être misérable à voir, et pourtant, lorsqu’il se comparait à d’autres prisonniers, il se trouvait extrêmement chanceux. Il observa sa femme venir vers lui, lâcha un soupir d’aise lorsqu’elle l’étreignit. Posant une main sur sa taille et l’autre dans son dos, il laissa ses lèvres effleurer le cou de son épouse, alors qu’elle le serrait dans ses bras. Lorsqu’elle s’écarta de lui, ce fut Artémis qui vint se réfugier dans ses bras, après lui avoir annoncé qu’il lui avait manqué.

« Tu m’as manquée aussi, chérie. » répondit le détenu en caressant doucement les cheveux de sa fille, qui finit à son tour par se dégager.

Il se retrouva face à Théo, qu’il prit également dans ses bras. Son fils n’avait peut-être plus rien du petit garçon qu’il avait connu, mais ses contacts avec lui étaient bien trop limités pour se priver de la moindre accolade. S’écartant du jeune homme, il le dévisagea silencieusement, plongea ses yeux dans ceux si semblables aux siens de Théo. Excepté ses cheveux plus clairs et bouclés qu’il tenait de d’Aurora, son fils était son portait craché. Les mêmes traits, les mêmes yeux, les mêmes attitudes et mimiques. La ressemblance était troublante, songea Théophane, avant de faire quelques pas, de tirer une chaise, et de s’assoir, incitant ses enfants et son épouse à prendre place auprès de lui.

[colo=olive] « Je vais bien. »[/color] assura-t-il, soucieux de ne pas les inquiéter. « Je ne peux pas en dire autant de Théophile, malheureusement. Votre oncle commence à se faire vieux, et la prison n’améliore en rien son état. » Sa santé se détériorait au fil des jours, en réalité. « Et vous, comment allez-vous ? Comment s’est passée votre année ? Vos examens ? »

Il se redressa légèrement, avant d’observer Artémis et Théo tour à tour.

« Vous avez bien grandi. » nota Théophane, appuyé par un hochement de tête d’Aurora. « Tu es un beau jeune homme, Théo. Et une magnifique jeune fille, Artémis. »

Il eut un sourire, avant de poser un regard interrogateur sur ses enfants, curieux de connaître les réponses. Il ne disposait que de quelques instants, pour rattraper toute une année.
Artémis NottAncien personnageavatar
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Leur père semblait bien se porter, constata Artémis, soulagée. Elle se fichait de l'état de Théophile, tant que son père allait bien. Elle n'avait presque pas connu leur oncle, encore moins leur cousin. Parfois, la famille lui manquait, oui. Grandir seule avec sa mère et son frère absent, ça n'était pas idéal. Mais elle n'avait jamais connu autre chose. Son père, elle s'en souvenait, les visites entretenaient sa mémoire. Parfois, elle se demandait si elle l'aimait autant parce qu'elle le voyait si peu. S'il vivait avec eux, comment s'entendraient-ils? Serait-il fier d'elle? Peut-être pas autant. Elle n'était pas resplandissante, pas excellente à l'école, on ne la remarquait pas dans les réceptions... Peut-être aurait-il des ambitions pour elle. Artémis chassa ces pensées de son esprit pour profiter de l'instant présent. Elle n'avait pas vu son père depuis Noël - c'était long. Elle apprécia le compliment, même si elle se doutait que son père trouvait tout beau. En même temps, les belles choses étaient rares à Azkaban.

Comme leur père leur demandait des nouvelles, elle jeta un oeil à Théo, mais il ne commencerait probablement pas. Son histoire avec Samaël lui occupait tout l'esprit dès qu'il s'agissait de leur père, ce qu'elle trouvait un peu exagéré. Théophane était à Azkaban, il n'avait pas besoin de savoir ce genre de chose. Mais son frère ne parlerait pas le premier pour autant. Elle fut surprise et touchée qu'il lui prenne la main, et répondit doucement par une pression discrète, se décidant à faire le premier pas.

"J'ai eu six BUSEs", annonça-t-elle fièrement. "E en Défense, Métamorphose, Botanique et Etude des moldus, A en Sortilèges et Histoire de la magie et... Optimal en Vol! Tu crois que je devrais continuer quelles matières?"

C'était plus facile de parler, cela repoussait les mauvaises pensées loin, au fond de sa tête.

"Et on a gagné toutes les coupes. Les Quatre Maisons, et le Quidditch. C'était super, la fête après, tout le monde nous a porté pour rentrer au château, les gens nous souriaient, nous donnaient des trucs et tout..."

Oui, c'était l'un de ses meilleurs souvenirs. C'était à ce moment-là que pour la première fois, elle s'était réellement sentie à sa place, acceptée parce qu'elle était Artémis et non rejetée parce qu'elle était une Nott. Le sentiment s'était rapidement estompé après la fête, les habitudes étaient revenues, mais elle avait vu le changement. C'était subtil, peut-être se faisait-elle des idées, mais pour elle, c'était là: la victoire rendait la vie plus facile. La guerre l'avait bien montré. Elle l'avait expérimenté tout au long de sa vie.

Aurora se plaça debout derrière son mari, posant ses mains sur ses épaules en un geste tendre, et Artémis se tu. C'était à Théo de parler, maintenant. Elle l'encouragea d'une nouvelle pression de la main. Elle, elle n'avait pas besoin d'être rassurée. Du moins, pas pour ça. Elle réalisa que ses parents faisaient face à deux menteurs. Le premier cachait sa relation amoureuse, la seconde ses cours de magie noire. Quel était le pire, à leurs yeux? Qui mentait le plus? Qui mettait sa famille en danger? Théo ferait beaucoup de mal à ses parents en avouant la vérité, mais ils seraient tous toujours vivants, et le temps guérirait peut-être les blessures. Artémis, elle, mettait tout le monde en danger par son silence. Ulrich savait qu'elle connaissait la vérité, sa famille était probablement la première sur la liste. Bien sûr, s'ils mourraient et que leur coffre familial était ouvert, les lettres qu'elle y entreposait depuis des mois mettrait immédiatement les Aurors sur la piste d'Ulrich. C'était son secret, ce que Keller ne savait pas, sa surêté. Elle y décrivait tout, les cours de magie noire, comment elle avait découvert le secret d'Ulrich, et bientôt pourquoi elle le soupçonnait d'être derrière celui des Richardson.

Mais tout cela serait vain, de toute façon, puisqu'ils étaient morts. Elle voulait désespérément en parler à son père. Il avait été Mangemort, mince, s'il ne savait pas quoi faire, personne ne le saurait! Et pourtant, elle n'y arrivait pas, elle ne savait pas pourquoi. Théo avait toujours le soutien de sa soeur. Elle, elle n'avait rien. Que le silence.


[HRP: vi pardon Ju, on a oublié de te dire qu'on avait dit que la dernière visite datait de Noël What a Face]


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Théo NottAncien personnageavatar
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Un beau jeune homme, songea Théo avec une pincée au coeur, était-ce vraiment ce qu'il était ? Pourquoi alors avait-il l'impression de n'être qu'un petit garçon, face au regard de son père ? Théo sourit doucement en sentant la pression de la main d'Artémis sur la sienne, et attendit que sa soeur s'exprime la première. Théo n'avait pas envie de parler de lui, ce qu'avait à raconter Artémis lui semblait bien plus joyeux et sincère que tout ce qu'il pourrait dire. Lui n'avait rien accompli dont il puisse parler sans mentir ou dissimuler une partie de la vérité, à part peut-être ses résultats d'ASPICs. Lorsque l'attention se détourna d'Artémis, Théo renchérit sur ses propos de sa soeur, peu pressé d'aborder son propre cas :

"C'est vrai que la fête de fin d'année était réussie, et l'équipe a très bien joué", dit-il avec un sourire. "J'ai eu six ASPICs moi aussi, Optimal en potions, sortilège et métamorphoses, E en astronomie et A en étude des runes et étude des moldus. Quant à l'arithmancie..."

Une grimace étira ses lèvres et il souffla :

"Je ne sais pas si tu as entendu parler d'elle ici, papa ? J'imagine qu'elle doit être sous très haute surveillance. Ana Sorden, l'enseignante d'arithmancie, était en réalité une mardolienne. Voilà ce dont tout le monde parle à Poudlard et dehors, il faut dire que c'est une histoire abracadabrante."

Le jeune homme faillit évoquer l'avalanche de Laponie, mais se retint par égard pour sa soeur. Artémis et lui n'avaient jamais vraiment parlé de ce qui s'était passé ce jour là, en Laponie, pendant ce voyage scolaire auquel il n'avait pas voulu assister. Il fallait dire que la dispute avec Artémis avait justement suivi ce voyage... Avec le recul, il se demandait si cet incident n'était pas en partie responsable des griefs dont Artémis l'accusait. Peut-être que s'ils en avaient parlé, elle ne l'aurait pas trouvé si froid et indifférent... Mais il ne fallait pas croire que cela ne l'avait pas touché. Quand il avait appris ce qui avait failli arriver à Artémis, à Samaël et à bien d'autres de leurs camarades, Théo avait eu sacrément peur. Simplement, il pensait qu'il ne servait à rien de ressasser le passé, c'était une leçon douloureusement apprise par leur famille depuis bien longtemps...

En évoquant Sorden et ses méfaits, Théo sentit qu'il se détendait peu à peu, retrouvant une attitude plus naturelle vis-à-vis de son père. Le jeune homme savait que son père aimait bien avoir des nouvelles du monde extérieur lorsqu'ils lui rendaient visite, ce qui était compréhensible. Le monde avait déjà tellement changé depuis son emprisonnement. Qui aurait cru, une dizaine d'années auparavant, qu'un parti pro-moldu serait au pouvoir et que le secret magique serait à ce point menacé ? Il s'interrompit ensuite, espérant que le sujet "Théo" soit considéré comme épuisé, mais Aurora l'entendait autrement.

"Demain, j'emmène Théo à Ab...C'est comment, déjà, Théo ?"

"Aberystwyth", répondit-il à regret, ayant espéré échapper à cette discussion.

"Voilà, la ville moldue où auront lieu les cours de l'université magique."

Au ton pincé de sa mère, Théo comprit qu'elle espérait sans doute que son père lui insuffle enfin un peu de bon sens à la veille de ce qu'elle considérait être comme une grosse erreur. Le jeune homme ne l'entendait pas de cette oreille, cependant, et il chercha à la hâte un nouveau sujet de conversation. Cécilya lui vint en tête et il repoussa cette idée aussitôt, ne souhaitant pas que les rares moments qu'ils puissent passer en famille soient placés sous le deuil.

"Oh, j'ai bien été pris chez les Oubliator, au fait", s'empressa-t-il d'ajouter avec enthousiasme, ultime tentative pour détourner la conversation. "Mon maître de stage est l'Oubliator Brennan, il m'a l'air exigeant et compétent. Le stage commence dès le début du mois, avant le début des cours, j'ai hâte. Mon ami Ulrich Keller a été pris chez les aurors, lui."

Un sourire factice aux lèvres, Théo jeta un petit coup d'oeil discret à Artémis pour observer sa réaction à l'évocation d'Ulrich. Sa conversation avec l'ancien préfet-en-chef était encore fraîche dans son esprit et il se demandait s'il devait en parler avec la jeune fille ou non. Curieusement, il aimait autant éviter. D'ailleurs, à choisir, Théo préférait ne plus jamais parler de rien du tout, c'était plus prudent... Lâchant la main d'Artémis, il alla s'appuyer contre le mur du parloir, les bras croisés sur sa poitrine et le regard fixé sur son père.



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Théophane Nott

« Six BUSEs ? Félicitations, Artémis ! » déclara Théophane, alors qu’un sourire venait légèrement éclairer son visage. « Tout dépend de la carrière que tu souhaites entreprendre. Tu as déjà une idée ? Tu devrais continuer les matières principales, à mon avis. C’est important, de laisser ouvertes le plus grand nombre de portes. » préconisa-t-il alors qu’Aurora hochait la tête pour approuver ses paroles.

C’était tellement agréable de parler ainsi à sa famille ! D’évoquer des sujets si banals, comme s’il n’avait jamais été emprisonné, comme s’ils étaient au manoir, que des bougies éclairaient la pièce de leurs lueurs orangées. Comme s’il pouvait avoir la moindre influence sur la vie de ses enfants. Il réussit à s’imaginer sans trop de difficultés le récit de sa fille, après la victoire de la coupe de Quidditch par les Poufsouffle. Il se souvenait encore du parc de Poudlard, du terrain de Quidditch. De la lumière particulière de la fin de l’année, lorsque les premiers rayons de soleil de l’été perçaient entre les nuages et venaient réchauffer le visage des élèves du château. Il pouvait encore se souvenir de l’euphorie qui suivait une victoire. Il y prenait rarement part, mais les quelques fois où il l’avait fait avaient été mémorables. Il gratifia sa fille d’un nouveau sourire en la félicitant une nouvelle fois. Il savait  à quel point ces deux coupes pouvaient être importantes, à Poudlard. Ce n’était qu’une fois en dehors du château qu’on se rendait compte de la futilité de cette compétition. Lorsqu’on entrait dans le monde réel, et où fallait bien plus qu’une simple bonne réponse pour gagner, pour avancer. Il reporta son attention sur Théo, qui prenait la parole à son tour, et plongea son regard dans le sien. Il eut un nouveau sourire – cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas sourit autant.

« Je suis fier de toi, Théo. » commença Théophane – et il avait toujours considéré la fierté comme une des choses les plus précieuses. « J’ai vaguement entendu parler de cette Ana Sorden, effectivement. Tout ce qu’on raconte sur elle est vrai ? » questionna-t-il en fronça les sourcils.

Au fur et à mesure du récit de Théo, l’homme prit conscience de la véracité de ce qui se murmurait dans les couloirs d’Azkaban. Comment pouvait-on vouloir faire tomber le Secret Magique ? Comment pouvait-on souhaiter que les moldus découvrent l’existence des sorciers ? C’était inconcevable, c’était aberrant ! C’était vouloir la fin du monde magique ! Qui était assez utopiste pour croire que les moldus prendraient bien cette révélation ? Qu’ils l’accepteraient ? Les moldus étaient dangereux. Ils avaient tenté de combler l’absence de capacités magiques par des machines toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Si les sorciers vivaient cachés depuis des centaines d’années, ce n’étaient définitivement pas pour rien ! Dissimuler leur monde était nécessaire. Ils étaient supérieurs aux moldus dans bien des domaines – le nier ne servirait à rien – et faire tomber le Secret était sûrement la pire chose à faire. Il secoua de nombreuses fois la tête, outré. Il s’apprêtait à s’exprimer lorsque sa femme intervint, mentionnant le déménagement de Théo.

« L’université magique ? » répéta-t-il.

« Je t’en ai parlé, tu ne t’en souviens pas ? Une nouvelle réforme… »

« Si tu as raison, je m’en souviens. Le ministère ne sait vraiment plus quoi inventer pour prouver désespérément qu’il fait quelque chose. » grommela Théophane en soupirant. « Tu comptes t’installer là-bas, Théo ? Au milieu des moldus ? »

Il posa un regard interrogateur sur son fils, avant de croiser celui de sa fille. Il l’invita d’un geste à venir s’asseoir près de lui, avant de lever les yeux vers Théo, qui reprit la parole de nouveau.

« Les Oubliators ? Félicitations, Théo ! Avec ce dont on vient de parler, cela me semble tout destiné à être un métier d’avenir. » il prit quelques secondes pour réfléchir, avant de reprendre : « Ulrich Keller ? Comment va-t-il ? » il posa un regard sur Artémis et termina : « Et comment va le château et ta vie là-bas ? » s’enquit le détenu.

Sa main vint trouver celle de sa femme, et il entrelaça les doigts aux siens. Qu’il était bon, de retrouver sa famille.
Artémis NottAncien personnageavatar
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Artémis se rengorgea en voyant la lueur de fierté dans les yeux de son père à l'annonce de ses BUSEs. C'était tellement rare... Elle aurait aimé avoir l'espoir qu'il sorte un jour d'Azkaban, qu'il puisse participer à sa vie. Elle aurait voulu croire qu'un jour, le reste du monde le pardonnerait, mais elle savait très bien que cela n'arriverait jamais. Son père lui demanda ensuite si elle avait une idée de ce qu'elle voulait faire plus tard, et son sourire se fana un peu. Non, elle ne savait pas. Artémis n'était pas du genre à anticiper. Vivre au jour le jour s'avérait déjà compliqué, et penser plus loin l'effrayait. Elle ne se trouvait aucune qualité, aucun point fort qui l'aurait destiné plutôt à tel ou tel métier. Bien sûr, il n'était pas question qu'elle soit femme au foyer: déjà parce qu'elle ne voyait pas qui voudrait bien l'épouser, ensuite parce que les finances de sa famille ne lui permettrait pas, et enfin... elle ne savait pas, au juste. Elle avait simplement l'impression que ça ne se faisait plus, ces jours.

"Je ne sais pas encore ce que je veux faire... Vous me voyez où, vous?" demanda-t-elle à ses deux parents, curieuse. Encore une fois, elle se demanda ce que son père aurait pensé d'elle si la vie n'avait pas été aussi dure pour sa famille. Elle ne pensa pas à ce que sa mère aurait pu être, inconsciente de tous les sacrifices qu'elle avait fait pour eux.

Théo emmena ensuite la conversation sur Ana Sorden et Artémis se rembunit. Elle n'avait pas été blessée en Laponie, mais elle se souvenait encore du chaos, du froid, de l'incertitude et des heures passées à creuser la neige. Elle avait mis plusieurs semaines à redormir correctement. Elle avait évité le traumatisme grâce à Nora et Jane, qui avaient vécu la même chose, et elles avaient su se parler, partager, vider leurs sacs. Mais l'absence de Théo après tout cela lui restait encore fichée dans le coeur. Malgré tout son combat, son succès, leur rapprochement, les années d'absence ne seraient jamais totalement comblées. Elle avait heureusement trouvé du réconfort auprès de ses parents durant les vacances de Noël. L'air mortellement inquiet d'Aurora lorsqu'elle était descendue du Poudlard Express, la façon dont son père s'était jeté sur elle lorsqu'ils lui avaient rendu visite. Elle avait caché son dédain pour Théo durant ce court laps de temps, réalisant qu'elle avait de quoi faire déprimer son père pour de longs mois, et était ressortie de la prison vidée, ne sachant quoi penser de cette impression. Depuis, ils avaient découvert qu'ils devaient tout cela à Ana Sorden, l'horrible arithmancienne. Artémis ne l'avait jamais eu en cours, et ne s'en portait pas plus mal.

Elle allait demander à son père ce qu'il se disait d'Ana Sorden à Azkaban - la croisait-il lorsqu'il allait manger? La laissait-on interagir avec les autres? Comment la Reine de Beauté supportait-elle d'être traitée comme une moins que rien? - lorsque sa mère amena le sujet du départ de Théo à Aberystwyth. Artémis ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel devant le ton réprobateur de sa mère.

"Oh, Maman, il va avoir dix-neuf ans, c'est normal qu'il veuille quitter la maison! Et puis, ce n'est pas loin en transplanage. Et c'est moins cher que Londres..."

Elle en faisait peut-être un peu trop. Elle ne mentait pas vraiment pourtant. Elle comprenait que Théo ait besoin d'espace, et sentait confusément que Samaël avait quelque chose à voir avec ça, d'où sa gêne en évoquant le sujet. Elle aussi aurait aimé qu'il reste à la maison, elle allait se sentir seule durant les vacances. Le petit manoir familial, qu'ils avaient réussi à garder, était déjà trop grands pour trois, alors pour deux... Mais elle n'y resterait jamais que pour les petites vacances, et elle occuperait ses étés.

Puis Théo mentionna le nom honni. Ulrich Keller. Artémis blêmit, s'agita sur sa chaise, mal à l'aise, avant de réussir à se reprendre. Elle pris la parole rapidement, empêchant Théo de répondre à la curiosité paternelle concernant la famille Keller. Elle ne voulait pas en entendre parler.

"Comme d'habitude... maintenant que Sorden n'est plus là, ça va redevenir tranquille. Enfin, on a Margot Adamson en directrice, c'est bien, ça changera de McGonagall. Mais il y a plein de professeurs qui partent: il faut un nouveau prof de potions, Sorden est en prison, Dérébusor prend enfin sa retraite, le professeur Mason travaille au ministère un moment, il paraît que le professeur Duke revient, c'est dommage, et Charlie Weasley a planté tout le monde en plein milieu d'année. Comme si son nom lui donnait des droits." ajouta-t-elle, pincée.


RP Terminé


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Fardeaux [Famille Nott]

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