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 Mon beau-père et moi [Eliott]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Dernière édition par Charlotte Meyer le Dim 26 Jan 2014 - 16:25, édité 1 fois
Dimanche 26 Août

Elle n'était pas nerveuse. Après tout, il n'y avait aucune raison d'être nerveuse. Donc elle ne l'était pas. Elle se contentait juste de faire attention aux détails. A tous les détails. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle présentait un garçon à ses parents. C'était la troisième. Mais c'est la première fois que cela lui faisait cet effet, songea-t-elle avec une légère contrariété tandis qu'elle terminait de brosser ses cheveux devant le miroir de salle de bains. Elle reposa sa brosse à sa place – elle aimait quand tout était bien rangé – et sortit de la pièce pour récupérer son sac et la mallette que son père avait oublié au restaurant le mercredi précédent, quand il était venu voir un client dans le quartier de la City et qu'ils en avaient profité pour déjeuner ensemble. Elle avait proposé de lui déposer le soir même mais il avait assuré qu'il n'en n'aurait pas besoin avant le mardi suivant et comme elle venait de toute manière dimanche... Pour présenter Eliott à ses parents. Ou du moins à sa famille, Alison le connaissant déjà depuis trois mois. Mais même si ce n'était pas la première fois qu'elle se prêtait à cet exercice, elle avait envie de dire que c'était différent cette fois-ci parce qu'elle avait vraiment très envie que ses parents apprécient Eliott. Avec Alexander, quand elle avait dix-huit ans, tout s'était passé différemment étant donné que ses parents à lui et ses parents à elles s'étaient rencontrés en même temps, en leur présence, lors d'un dîner au restaurant. Oui, ils avaient fait les choses en grand alors qu'ils n'étaient pas ensemble depuis très longtemps – trois mois à l'époque – mais ils étaient jeunes tous les deux, il avait à peine vingt-ans, et se projetaient déjà beaucoup trop à l'époque. A tort, étant donné qu'ils n'étaient plus ensemble. Mais ils avaient de toute manière fait pas mal d'erreurs dans cette relation, ils avaient sauté à pieds joints dans tous les pièges que pouvait apporter la vie de couple. Peut-être qu'elle appréhendait cette rencontre parce que tous les conseils qu'avaient pu lui donner ses parents quant à ses petits amis s'étaient révélés vrais. C'étaient eux qui lui avait dit de ne pas s'installer avec Alex même s'il le lui avait demandé car elle le regretterait. Étant donné qu'ils avaient rompu le mois suivant, ils avaient bien eu raison. Quant à Helmet, s'ils l'avaient apprécié à la première rencontre, c'était encore eux qui avaient finir par lui avouer qu'ils pensaient qu'elle ferait mieux de le quitter. Et encore une fois, leur relation s'était dégradée quelques temps après ce conseil et elle avait effectivement fini par le quitter. C'était peut-être cela qui l'inquiétait un peu. Ses parents la connaissaient un peu trop bien et leurs conseils s'avéraient très souvent vrais. Qu'est-ce qu'elle ferait s'ils avaient un avis négatif sur Eliott ?

Et bien elle ferait avec, décida-t-elle fermement en s'asseyant à coté de Peanut qui dormait étalé de tout son long sur le canapé. Harriet affirmait que si ses parents étaient peut-être de bons conseils, c'était surtout elle qui avait tendance à trop les écouter. Son amie allait même jusqu'à affirmer qu'il n'y avait aucune coïncidence dans le fait que ses ruptures surviennent peu de temps après un avis négatif émis par ses parents. Soi-disant qu'elle provoquerait elle-même les ruptures inconsciemment. Cette théorie-là était complètement idiote, en revanche, songea Charlie en grattant la tête de Peanut qui s'était mis à ronronner sans ouvrir les yeux. Harriet avait tendance à faire énormément de psychologie de comptoir de ce genre, alors qu'elle avait une formation de potionniste. D'ailleurs, elle pouvait tout à fait réfuter cette théorie : Alexander et elle s'était séparés d'un commun accord après plus d'un an de relation, tout simplement parce qu'ils... Parce qu'ils ressemblaient à un couple de retraités après quarante ans de mariage alors qu'ils avaient dix-neuf et vingt-ans et un et qu'ils s'ennuyaient sans sans se l'avouer. Quant à Helmet, c'était tout simplement... Lilly aurait utilisé le terme « abruti », Charlie préférait « pas le bon ». Peanut se leva – ou plutôt se traina – jusqu'à ses genoux et s'y installa en sortant et rétractant ses griffes. Il n'était pas en forme, ces derniers temps. Il avait toujours été un chat vif mais depuis quelques mois, il ne bougeait plus beaucoup. Évidemment, c'était un vieux chat et il n'avait plus la vigueur d'un chaton depuis quelques années déjà mais c'était la première fois qu'il agissait comme cela. Elle l'avait amené chez le Vétérimage pour le faire examiner mais il n'avait rien trouvé, déclarant simplement que son chat prenait de l'âge. Il n'avait que quatre mois quand elle l'avait eu, avant de partir pour Poudlard. Il avait grandi avec elle, avait été une sorte de peluche pendant ses premières années à l'école. Il l'avait suivie du dortoir de Gryffondor à son appartement et avait désormais douze ans. C'était un vieux chat, un gros pépère désormais et elle savait qu'il ne vivrait pas indéfiniment même si elle refusait d'y penser, car c'était bien trop triste. Elle déposa un baiser sur son museau avant de le poser à coté d'elle, afin de se lever. Elle ne savait pas si elle reprendrait un chat après Peanut, si elle aurait le courage. Elle resterait peut-être seule avec Mangelettres qui n'était pas le hibou le plus sain d'esprit au monde. Voldemort était son deuxième prénom, Bellatrix son troisième. Il n'y avait bien qu'elle qui était épargnée par ses coups de becs et c'était seulement parce qu'il savait très bien qui remplissait sa gamelle. Peanut était adorable lui au moins. Sauf avec Eliott. Mais c'était l'exception, il n'essayait de griffer et ne crachait sur personne d'autre que son petit ami. Ce n'était pas vraiment un bien, quand on y pensait.

Elle attrapa son sac qu'elle portait en bandoulière, la lourde mallette de son père – mais qu'est-ce qu'il mettait dedans ? - et referma la porte de son appartement derrière elle avant de descendre les escaliers pour rejoindre la petite ruelle à trois rues de son appartement qui lui servait d'endroit pour transplaner. Certes, elle aurait pu rejoindre l'East End et l'immeuble d'Eliott en métro mais leurs appartements respectifs étaient à cinquante minutes l'une de l'autre avec des correspondances alors que le transplanage ne prenait que quelques secondes. D'ailleurs, elle réapparu quelques instants plus tard à cinq minutes à pied de l'immeuble de son petit ami qu'elle parcouru rapidement. Elle n'aimait pas du tout East End et pour le dire de manière peu élégante, c'était un quartier qui craignait vraiment. Historiquement, c'était le quartier de prédilection de Jack l’Éventreur et il avait tué toutes ses victimes ici. Et en bonne sorcière qu'elle était, Charlie croyait aux fantômes. Enfin, quoi qu'il en soit, elle n'aimait pas trop s'attarder ici. Elle savait se défendre, elle n'en n'avait aucun doute, elle restait tout de même Auror mais c'était loin d'être agréable. Elle préférait son quartier, beaucoup plus tranquille, surtout dans son coin à elle qui était peuplé de beaucoup de familles en raison de l'école voisine. Elle monta les cinq étages qui menaient à l'appartement d'Eliott et frappa à la porte, qui s'ouvrit sur Dylan. Elle n'avait jamais vraiment réussi à comprendre ce que l'étrange colocataire d'Eliott pensait d'elle. En tout cas, cette dernière avait fait une tête étrange quand elle avait appris que Charlie était  « dans la police », le demi-mensonge qu'elle sortait aux moldus qui demandaient ce qu'elle faisait dans la vie. Même si Dylan avait des choses à se reprocher, ce n'était sûrement pas son domaine et elle n'avait aucun contact à Scotland Yard, là où elle était censée bosser. Les officiers de Police Magique avaient beaucoup plus de contacts dans le monde moldu que les Aurors, qui étaient assez refermés sur eux-même tandis que la Police Magique cherchait vraiment à moderniser ses techniques d'investigation. Elle adressa un sourire à Dylan tandis qu'elle s'effaçait pour la laisser entrer, après avoir marmonné un « s'lut » et affirmé qu'Eliott était dans sa chambre. Elle ne semblait pas vraiment très réveillée. Venir un dimanche matin à onze heure quarante-cinq n'était peut-être pas une bonne idée mais ils étaient attendus entre midi et midi et demi, donc... Elle frappa à la porte et entra, adressant un sourire à son petit ami.

-  Coucou ! le salua-t-elle en l'embrassant, passant ses bras autour de son cou.  Je suis un peu en avance, désolée.

Elle se détacha d'Eliott pour s'assoir sur le rebord de son lit, attendant qu'il finisse de se préparer. Ses parents n'avaient pas été très surpris quand elle avait demandé si elle pouvait amener quelqu'un pour le déjeuner, étant donné qu'ils savaient déjà depuis quelques temps qu'elle fréquentait quelqu'un. Si elle avait pu, Charlotte aurait évité le déjeuner dominical qui faisait un peu trop strict et aurait choisi un cadre plus détendu que la maison de son enfance. Un simple dîner dans son appartement quand ses parents étaient de passage à Londres aurait suffi. Mais sa mère avait insisté, soi-disant qu'il fallait faire les choses dans les règles. Ils étaient donc attendus à Oxford par des parents qui veillaient toujours sur les fréquentations de leur fille, malgré le fait qu'elle ne soit plus une enfant depuis longtemps.

-  Tu n'es pas nerveux j'espère ? interrogea-t-elle avec un sourire.  Il n'y a aucune raison.

Ce n'est évidemment pas comme si elle-même était un peu nerveuse. Évidemment que non. Mais Eliott n'en savait rien et n'en saurait rien. Après tout, elle le disait elle-même, il n'y avait pas de raison, ce n'était qu'un déjeuner chez ses parents. Et il fallait voir le bon coté des choses : cela ne pourrait jamais être pire que sa propre rencontre avec John Warlock. Voilà, cela ne pouvait être qu'un progrès. Il fallait toujours relativiser dans la vie. Ils finirent par quitter l'appartement afin de pouvoir transplaner chez ses parents. Enfin, ils transplanèrent cinq minutes après car Charlie dû tourner pour retrouver sa ruelle «  qui était parfaite pour le transplanage parce qu'il n'y avait personne, mais si elle était par là je te dis ».

En temps normal, elle transplanait à l'arrière de la maison, dans une partie du jardin où elle n'était visible que de la maison. Cette fois-ci, elle voulait laisser un peu de temps à Eliott avant de rentrer directement dans la maison, aussi choisit-elle l'impasse où elle faisait du vélo petite. Elle mit un peu de temps à avoir une image mentale précise du lieu mais ils finirent par arriver sans problèmes. Elle avait toujours adoré la ville d'Oxford, elle y était née et y avait grandi. Si elle avait rejoint la capitale, c'était pour le plaisir de prendre son indépendance, de s'éloigner de ses parents. Et Londres était plus qu'attrayant pour tous les jeunes du pays. Mais elle ne se voyait pas rester toute sa vie en centre-ville, élever ses enfants dans un petit appartement avec un balcon comme seul extérieur. Et puis il fallait dire que les loyers sur Londres étaient loin d'être donnés. Sur Oxford non plus, certes, mais elle préférait la ville de son enfance tout de même. Elle s'était toujours dit que plus tard, quand elle aurait la trentaine et qu'elle aurait son premier enfant, elle reviendrait vivre à Oxford, pour avoir une maison. Elle aimait vivre à Londres parce que c'était très animé, parce qu'il y avait des bars, des endroits pour sortir et plein d'autres choses qui devenaient sûrement moins importantes quand on décidait de se poser et de fonder une famille. Elle aimait tout à Oxford, ses bâtiments anciens, son centre ville, ses façades colorées, son centre historique ou le jardin botanique de la ville.  Elle avait été à l'école ici, à Headington, l'école privée pour filles et si elle n'avait pas été une sorcière, elle aurait complètement grandi ici et pas en Écosse. Peut-être même qu'elle aurait eu le niveau pour aller à l'Université d'Oxford, comme Alison qui y avait été admise. Elle n'en saurait jamais rien mais cette ville gardait une place particulière dans son esprit et elle était toujours d'y retourner. Elle noua ses doigts à ceux d'Eliott en l'entrainant en dehors de l'impasse et désigna d'un geste de la main la grande avenue qu'on apercevait sur leur droite.

-  Mon école était par là, avant que j'aille à Poudlard, expliqua-t-elle, avec un peu de nostalgie.

Il faisait beau en cette fin du mois d'Août et le soleil avait chauffé les trottoirs de ce quartier résidentiel d'Oxford. Les maisons étaient anciennes et toutes entourées d'un grand jardin et fermées par des portails blancs, avec des jardinières entretenues. Le quartier résidentiel typique et bien sous tous les rapports. Le genre que Lilly fuirait en courant, par exemple. Ses parents avaient acheté cette maison après leur mariage. Enfin, son père principalement, qui travaillait déjà à l'époque comme avocat alors que sa mère était encore étudiante, ses parents ayant sept ans de différence. Les Meyer vivaient sur Oxford depuis des années, son père avait grandi ici, son propre père tenant un cabinet médical dans le centre avant de prendre sa retraite. Sa mère était, elle, originaire de Cambridge.

-  Tout va bien se passer, tu sais, lança-t-elle en pressant doucement sa main. Mes parents sont... Normaux ? Enfin, ils ne vont pas te manger, promis, ajouta-t-elle en riant.

Normalement. Mais tout allait se passer normalement. Quand elle eut la maison en vue, elle eut un sourire et s'arrêta à quelques pas du portail.

-  C'est là, indiqua-t-elle.  Mais avant...

Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser, posant une de ses mains sur son épaule. Elle finit par se séparer de lui avec un sourire et murmura à son intention un « je t'aime » avant de reprendre sa main pour l'entrainer vers la maison. Le portail était ouvert et elle le poussa dans un léger grincement. La maison projetait son ombre sur l'allée en gravier. Charlie remonta cette dernière jusqu'aux petites marches qui menaient au perron et poussa la porte. Elle n'avait pas vu la voiture de son père alors qu'elle devrait être là comme à chaque fois que ce dernier était à la maison, il n'y avait que celle de sa mère et de sa sœur.

-  Maman ? appela-t-elle.  Papa ?

Ce fut sa sœur qui lui répondit en criant un « j'arrive » de l'étage où se trouvaient les chambres. Charlotte fit quelques pas dans le couloir et adressa un sourire amusé à Eliott.

-  Même pas de peloton d'exécution ? Je suis déçue ! lança-t-elle en déposant la mallette de son père sur la commode de l'entrée.

Elle s'apprêtait à lui proposer d'aller dans le salon quand des pas dans l'escalier lui firent lever la tête. Sa mère était en train de descendre, souriante.

- Charlotte ma puce, ça fait longtemps ! s'exclama-t-elle en la serrant dans ses bras et en lui frottant le dos.
-  Un mois et demi, répondit Charlotte, amusée. Pas si longtemps que ça.
- Si, si, quand même ! Et tu es toute bronzée, c'était bien tes vacances ?

Comme si elle venait de s'apercevoir de la présence d'Eliott, sa mère se tourna vers lui, un sourire aimable aux lèvres.

- Eliott, c'est ça ? Enchantée, je suis Rosemary Meyer, la mère de Charlotte.

La dernière précision était tout à fait inutile quand on y pensait, étant donné qu'ils étaient là justement pour qu'Eliott rencontre ses parents. Mais ce n'était pas très charitable de le faire remarquer à sa mère.

- Oh, c'est gentil de votre part ! lança-t-elle en apercevant ce qu'Eliott avait dans les mains. Je vais les mettre dans un vase, ajouta-t-elle en prenant les fleurs. Installez-vous en attendant ! Alison va descendre, elle était dans la salle de bains.

Charlotte attrapa Eliott par la main et l'entraina dans le salon. La pièce était grande et lumineuse avec de grandes fenêtres qui donnaient sur le jardin. Il y avait de nombreuses photos dans la pièce, la plupart représentant Alison et Charlie à différents âges, ainsi que des photos de ses parents au fil de leur histoire. La pièce était parfaitement rangée, ce qui la fit sourire. Ses parents n'étaient pas particulièrement désordonnés mais là, Charlie voyait clairement que tout avait été rangé. Un bruit de pas retentit et Alison apparu, adressant un sourire timide à Eliott et s'asseyant à coté de sa sœur sans prononcer un mot.

-  Ca va Ali ? s'enquit Charlie.

Cette dernière hocha la tête mais la présence d'Eliott l'empêchait visiblement de prononcer le moindre mot même si elle le connaissait un peu désormais. Alison était vraiment handicapée par sa timidité parfois. Sa mère revint au même moment et s'assit sur le canapé en face d'eux, toujours souriante. Elle regardait attentivement Eliott, essayant visiblement d'être discrète même si c'était complètement raté. Charlotte n'aimait pas vraiment le silence qui s'était installé, c'était assez pesant. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être plus simple ?

-  Papa n'est pas là ? interrogea-t-elle en fronçant les sourcils.
- Il a eu une urgence au bureau. Mais il a promis qu'il reviendrait vite ! s'empressa d'ajouter Rosemary. Vous voulez boire quelque chose en attendant ? Que voulez-vous Eliott ? On a un peu de tout ! Ou alors on va s'installer dehors ? J'ai mis la table dans le jardin, il fait encore beau !

Visiblement, sa mère avait également remarqué le silence et avait décidé de le combler. Elle les abreuva de banalités sur la météo tandis que tout le monde se dirigeait vers le jardin en passant par la porte de derrière, où une table avait été dressée. Un bruit de voiture qui ralentissait dans la rue retentit suivi du bruit du portail qui s'ouvrait. Ravie, Charlotte annonça à toute la tablée qu'elle revenait – elle avait pris place à coté d'Eliott – et s'empressa de faire le tour de la maison pour se diriger vers son père qui sortait de sa voiture. Son père était en costume – il était associé dans un cabinet d'avocats – et lui adressa un sourire en passant un bras autour de ses épaules.

-  Je t'ai posé ta mallette dans l'entrée, annonça-t-elle.

Mais son père semblait considérer que sa mallette était un problème mineur car il ignora sa remarque.

- Il est arrivé ? interrogea-t-il la suivant jusqu'au derrière de la maison.
-  On est arrivés ensemble, répondit-elle en lui adressant un sourire, auquel il répondit de manière pas vraiment sincère.

Elle avait oublié de préciser à Eliott que sa mère était beaucoup plus affable au sujet des garçons que son père qui était toujours méfiant. Elle était grande maintenant pourtant, mais visiblement, il n'avait toujours pas intégré ce fait et jaugeait tous les garçons qu'elle pouvait mentionner. Il ne retira pas son bras de ses épaules quand ils approchèrent de la table et ne la lâcha que quand sa mère et sa sœur se levèrent pour le saluer.

-  Papa, voici Eliott, Eliott, voici mon père, lança-t-elle avec un sourire pour les présenter.

Son père ne semblait pas vraiment au comble du bonheur, vu qu'il ne souriait pas vraiment, lui. Il [/url]tendit la main à Eliott après l'avoir observé un instant.

- Jeune homme, déclara-t-il d'un ton grave.
- On devrait tous s'installer, annonça Rosemary, joviale. Ton affaire s'est bien passée, chéri ? interrogea-t-elle tandis qu'Alison allait cherchait l'entrée dans la cuisine, sur demande de sa mère.
- Assez, déclara-t-il sans quitter Eliott du regard. Que faites-vous dans la vie, jeune homme ? demanda-t-il soudainement.
-  On dirait un interrogatoire, intervint Charlie, un peu mal à l'aise.  Si tu veux, la prochaine fois, je t'envoie le CV au préalable, lança-t-elle pour détendre l'atmosphère.
- Ce n'est pas un interrogatoire. L'interrogatoire serait si je demandais la profession des parents, les projets d'avenir, des renseignements sur la famille, le contenu du casier judiciaire, l'âge, les études, l'université fréquentée, les intentions envers ma fille, ce genre de choses, au pur hasard évidemment.
- Qui veut de la salade ? interrompit Rosemary en collant le saladier devant les yeux de son mari.
-  Papa, n'exagère pas.
- Je parlais en théorie, répondit-il tranquillement. Alors jeune homme, parlez-donc un peu de vous. Je veux vraiment tout savoir.

Charlotte envoya un regard désabusé à son père, qui l'ignora, et elle posa une main sur la cuisse d'Eliott. Son père plaisantait, évidemment. Enfin, normalement.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Il avait sérieusement songé à prétendre qu'il était malade, et quelque part il y songeait toujours un peu. Sa première idée aurait été d'inventer une réunion de famille très importante -un dimanche, c'était crédible- mais il aurait fallu pour cela qu'il parle encore à sa famille, dommage. Il avait beau avoir passer sa matinée à s'inventer des excuses plus ou moins tirées par les cheveux, allant jusqu'à se demander quelle était la probabilité pour qu'il se fasse percuter par un bus deux fois en l'espace de deux mois, il n'avait jamais vraiment projeté de les utiliser. Il savait que cette rencontre était importante pour Charlotte, il le voyait bien, même si elle essayait de faire comme si ce n'était qu'un banal déjeuner. C'était justement ça qui l'effrayait un peu, il voyait que ça comptait pour elle, et comprenait qu'il avait intérêt à assurer. Raison pour laquelle il se battait avec une maudite cravate depuis dix minutes. Cravate qui finit par gagner la lutte, par abandon de l'adversaire. Tant pis. Il se passa nerveusement une main dans les cheveux avec un soupir résigné, avant de se rendre compte qu'il n'avait fait que les ébouriffer davantage. Génial.

Il aurait sans doute été plus serein s'il savait un peu à quoi s'attendre. Mais c'était la première fois qu'il rencontrait les parents d'une petite-amie, ses autres relations n'ayant pas duré assez longtemps pour ça. Deuxième si on comptait la fois où, pendant les vacances de noël en septième année, il était tombé malencontreusement sur les parents de Sandy Reynolds, rentrés plus tôt de leur week-end. Mais ça n'avait pas vraiment été un bon exemple en terme de rencontre cordiales étant donné que Mr. Reynolds avait sans doute eu très envie de le tuer. Il n'avait plus qu'à espérer que ce ne serait pas le cas de Mr. Meyer également. Il entendit frapper à la porte mais avant qu'il n'ait esquissé le moindre geste, Dylan cria qu'elle allait ouvrir, et il fut bien trop surpris de la découvrir réveillé à cette heure-là pour protester. Cette dernière avait fait une sacrée tête, et lui avait jeté un regard noir, quand elle avait appris que Charlotte était "dans la Police". Mais les semaines avaient passé sans qu'elle ne soit incriminé de quoi que ce soit, et elle semblait s'être faite à l'idée, allant même jusqu'à qualifier Charlie de "cool", à l'occasion.

Un instant plus tard, Charlotte passait la porte de sa chambre et Eliott l’accueillait avec un sourire qui se voulait assuré. Il se détendit un peu en lui rendant son baiser, passant un bras autours de sa taille pour la serre contre lui, mais la jeune femme le ramena bien vite à la réalité en lui demandant s'il n'était pas nerveux. Ça se voyait tant que ça ? Elle pouvait toujours dire qu'il n'y avait aucune raison, lui aurait pu en trouver des dizaines. Premièrement, il allait rencontrer ses parents, deuxièmement...Il allait rencontrer ses parents. Cette raison se suffisait à elle toute seule finalement. En scrutant un instant sa petite-amie, il se retrouva à se demander si elle aussi n'était pas un peu nerveuse. La rapidité avec laquelle elle lui avait posé cette question, le fait qu'elle soit en avance, est-ce qu'elle redoutait cette rencontre elle aussi ? A la réflexion, il préférait ne pas le savoir, il était assez nerveux comme ça. 

"Pas du tout ! répondit-il avec autant d'aplomb que possible. Enfin, juste un peu.. ajouta-t-il après s'être rendu compte qu'il n'était absolument pas crédible. On y va ?" Plus vite ils seraient partis, plus vite ils en auraient fini, non ? 

Il attrapa le bouquet de fleurs et la bouteille de vin qu'il avait acheté plus tôt dans la matinée pour Mrs et Mr Meyer -on marquait des points comme on pouvait- et suivit Charlotte à l'extérieur, à la recherche d'une ruelle qu'elle avait repéré pour transplaner. Ils tournèrent dans le quartier plusieurs minutes et il lui suggéra au moins trois fois de revenir en arrière pour faire le tour de l'immeuble et transplaner dans l'impasse qui se trouvait derrière, mais elle était décidée à retrouver sa ruelle, ce qu'ils finirent par faire. N'ayant jamais mis les pieds à Oxford, il se laissa guider par la jeune femme et ils atterrirent dans une impasse, bien moins sombre que la ruelle qu'il venait de quitter. Il laissa Charlotte l'entrainer hors de l'impasse et ils débouchèrent sur une grande avenue, au beau milieu d'un quartier résidentiel. C'était le genre d'endroit où tout le monde aurait rêvé de grandir ou d'élever ses enfants. Des petites maisons bien entretenues, de larges avenues avec peu de circulation, des parcs, des écoles. Charlotte lui désigna justement l'endroit où se trouvait la sienne quand elle était plus jeune.

"C'est mignon comme quartier, ça ne te manque pas ?"

Ça devait faire bizarre de quitter une banlieue comme celle-ci pour une grosse ville comme Londres où il n'y avait que des immeubles, même si Charlotte habitait dans un quartier bien mieux fréquenté que le sien. Aussi loin qu'il s'en souvienne, lui avait toujours voulu s'éloigner du domaine familial, partir à Londres, ou n'importe où. Le manoir des Warlock était perdu au milieu d'un parc immense, quelque part au milieu du Hampshire. Il avait beau savoir que c'était une demeure magnifique, très ancienne, et tout ce qui allait avec, il avait toujours voulu s'en échapper le plus tôt possible. A dix-sept ans il avait du mal à être sensible au charme de l'architecture, surtout quand cela impliquait d'être à des kilomètres de la prochaine habitation. Combien de fois avait-il tenté, avec plus ou moins de succès, d'escalader les grilles ou de forcer la serrure ? Il avait passé son adolescence à vouloir sortir de cette maison, et maintenant il regrettait un peu de ne plus y être le bienvenu.

Il se sortit de ses réflexion et adressa un sourire à Charlotte quand celle-ci pressa sa main en lui assurant que tout allait bien se passer. Étrangement, il n'en était pas convaincu. Il ne retint pas un éclat de rire quand elle lui assura que ses parents étaient parfaitement normaux.

"Tu en as de la chance !"

Tout allait bien se passer. Pourquoi cela se passerait mal après tout ? Il n'avait aucune expérience dans la matière, mais il s'imaginait que la plupart des parents devaient être heureux quand leur fille leur présentait quelqu'un, non ? Il n'eut qu'à penser à la réaction qu'auraient son père et son frère si Paige ramenait un jour quelqu'un à la maison pour se défaire de cette idée. Ça allait mal se passer.

"Déjà ?" fut le seul mot qui s'échappa de ses lèvres quand Charlotte lui annonça qu'ils étaient arrivés. Ils auraient du marcher moins vite. 

Il tenta de retrouver un minimum de courage dans le baiser que la jeune femme déposa sur ses lèvres mais elle se sépara de lui bien trop rapidement à son goût. "Je t'aime aussi" murmura-t-il avant qu'elle ne l'entraine vers la maison. Il s'apprêtait à faire face à ses deux parents autours d'un déjeuner dominical, oui, à ce stade ça devait être de l'amour. La maison semblait étrangement déserte, et il n'avait pas encore décidé de si c'était une bonne chose ou non. La voix d'Allison, qu'il connaissait déjà, leur parvint du premier étage, et Mrs. Meyer finit par descendre les escaliers. Elle étreignit sa fille avant de se tourner vers Eliott qui lui adressa un grand sourire avant de se rappeler -après quelques longues secondes- qu'il avait un bouquet de fleurs à la main, et que ce dernier était destiné à son interlocutrice.

"Enchanté, répondit-il avec un nouveau sourire avant de lui tendre les fleurs. Vous avez une maison magnifique."

Mrs. Meyers partit à la recherche d'un vase après les avoir invité à passer dans le salon. Eliott s'installa à coté de Charlotte et s'autorisa à respirer -c'était bien, de respirer, c'était vital même, mais il l'avait un peu oublié pendant les minutes précédentes. Ils furent rapidement rejoint par Allison, qu'il salua avec entrain, heureux de voir un visage familier. La jeune fille ne lui répondit que par un signe de tête mais il ne s'en formalisa pas, il s'était déjà vu plusieurs fois et il avait pu découvrir que la sœur de Charlotte était d'une timidité maladive, ça le mettait un peu mal à l'aise d’ailleurs, il avait l'impression de lui faire peur. Mrs. Meyers revint finalement et s'assit en face d'eux alors qu'un silence un peu tendu s'installait autours de la table. Charlotte le rompit finalement en questionnant sa mère à propos de l’absence de son père, et cette dernière répondit qu'il avait eu une urgence au bureau mais les rejoindrait bientôt, puis elle les invita à passer dans le jardin.

A peine étaient-ils installés qu'un bruit de moteur retentit de l'autre coté de la maison et que Charlotte se leva pour aller accueillir son père. Mrs. Meyers adressa à Eliott ce qui ressemblait à un sourire d'encouragement et il se mit à redouter un peu la suite des évènements. Il se leva en même temps qu'Allison et Rosemary pour saluer Mr. Meyer et lui adressa un sourire engageant quand Charlotte fit les présentations. Sourire que Mr. Meyer ne lui rendit pas, puisqu'il le gratifia d'un "jeune homme" glacial, avant de lui tendre une main qu'Eliott serra avec moins de conviction qu'il ne l'aurait voulu. Ça commençait plutôt mal. 

"Ravi de vous rencontrer", assura-t-il en se rasseyant à cote de Charlotte. Ravi n'était pas vraiment le mot, en fait. 

Était-ce lui ou Mr. Meyer le fixait-il comme s'il avait envie de le voir disparaitre ? Eliott avait le sentiment qu'il ne l'appréciait pas vraiment, il le détestait avant même de le connaitre, par principe sans doute. Génial. Cette impression ne fut que renforcée par la question de Mr. Meyers, qui tomba soudainement, sans prévenir. Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, Charlotte intervint en faisant remarquer que ça ressemblait à un interrogatoire. Ça ne ressemblait pas à un interrogatoire, c'en était un, nuance. Mr. Meyer ne se dérida pas pour autant, et leur offrit sa vision d'un véritable interrogatoire, qui fit blêmir un peu Eliott. Ça devenait un peu effrayant là.

"Alors jeune homme, parlez-donc un peu de vous. Je veux vraiment tout savoir."

Eliott garda le silence quelques seconde, le temps de se convaincre que non, partir en courant en courant n'était pas du tout une bonne idée. Charlotte posa une main sur sa cuisse et il se détendit un peu -juste un peu- et se racla finalement la gorge avant de se lancer. 

"Et bien je...Je suis chauffeur de taxi, à Londres, en Septembre je vais remplacer une enseignante de Poudlard, pendant quelques mois. Je...J'ai un frère avocat, et une petite sœur qui est encore à Poudlard...Il commençait à être un peu -beaucoup- à court d'inspiration, mais il ne pouvait pas non plus parler de ses parents. "Mon père dirige un parti conservateur et déteste les moldus" n'était pas du tout approprié dans une telle situation. Je viens d'une famille de sorciers, voilà qui était amplement suffisant. J'étais dans l'année de Charlotte à Poudlard, dans sa maison, donc on se connait depuis quelques années déjà." C'était un bon point ça, non ?

Est-ce qu'il s'en était bien tiré ? Ou est-ce qu'il allait être fusillé dans la seconde par le regard noir de Mr. Meyer ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais il avait fait ce qu'il pouvait.


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Est-ce qu'elle regrettait d'avoir quitté son quartier résidentiel et bien sous les rapports d'Oxford pour venir vivre en plein milieu de Londres, dans un quartier animé et agréable, à deux pas de tous les coins de fête ? Pas le moins du monde. Elle aimait la maison de ses parents et Oxford, oui, elle aimait son quartier. Mais est-ce qu'elle y vivrait actuellement ? Non, sûrement pas, ou alors dans le centre-ville d'Oxford, pas ici. Elle avait été bien pour grandir ici, il y avait plein de familles autour pour trouver des copines pour jouer, elle n'était pas très loin de l'école, on pouvait faire du vélo, il y avait un parc pas très loin avec un étang - elle était tombée dedans à l'âge de neuf ans - et tout le monde avait cette impression de tranquillité et de sécurité. Elle rentrait à pieds de l'école, avec Allison et cela n'avait jamais inquiété personne, même si elle avait évidemment reçu les sempiternelles recommandations de "ne parle pas aux inconnus, ne monte jamais dans une voiture sans notre autorisation, n'accepte pas de bonbons de la part d'inconnus..." Ce que tous les parents du monde répétaient à leurs enfants, en somme. Il n'était jamais rien arrivé dans son quartier, pas de drames ni d'accidents, et c'était sûrement une déformation professionnelle mais elle savait très bien  qu'il pouvait arriver des choses dans ces endroits bien proprets également. Elle avait vu des choses en tant qu'Auror qu'elle aurait aimé ne pas voir, lu des dossiers qui étaient inscrits dans son esprit pour des années et savait que des choses abominables pouvaient arriver partout. A défaut d'avoir une sécurité inébranlable, tout le monde avait de jolis portails et des grands jardins. C'était déjà ça. A Londres, elle avait l'animation de la capitale et l'indépendance en étant loin de ses parents. Que demander de plus ?

- Pas vraiment ! répondit-elle en haussant les épaules. J'adore Londres. Mais c'est vrai qu'ici, c'est bien en famille, ajouta-t-elle avec un sourire.

Hors de question que ses enfants - si elle en avait un jour grandissent dans un petit appartement londonien où leur seul extérieur sera un balcon. Si elle avait un balcon à ce moment là. Elle n'en n'avait pas dans son appartement actuel, même s'il était bien orienté. Elle voulait une maison. Avec un jardin. Grand, de préférence. Et une terrasse, pour pouvoir manger dehors. Et... Et ce n'était absolument pas une de ses préoccupations du moment, n'est-ce pas Charlotte ? Elle n'avait que vingt-trois ans et n'allait pas devenir propriétaire pour le moment, ni avoir d'enfants pour le moment. Ils n'avaient jamais parlé d'enfants, avec Eliott. Ni de mariage. Ni de maison, de jardin, de pelouses bien entretenues ou de ce genre de choses que l'on pouvait parfois attendre d'un couple adulte et posé. Enfin, ils étaient en couple. Ils étaient adultes. Ils étaient posés. Mais quand on le mettait dans la même phrase, cela sonnait tout de suite différemment. Elle aimait ce qu'ils avaient depuis qu'ils étaient ensemble, juste tous les deux, quand elle arrivait en retard au BDA parce qu'ils n'arrivaient pas à se lever, les allées-retour entre leurs deux appartements, les choses qu'elle oubliait chez lui, les trucs qu'il oubliait chez elle, les soirées qu'ils passaient ensemble, les journées, les rendez-vous qu'ils se donnaient encore si officiellement malgré les mois et toutes ces petites choses là. Et si elle n'avait aucun mal à se projeter dans l'avenir avec lui, se dire qu'ils pourraient encore être ensemble dans un, deux ou dix ans, elle aimait ce qu'ils avaient en ce moment. Le couple "posé" cela sonnait tellement comme une routine lassante et ennuyante, faite de discussions sur qui a oublié les pâtes pendant les courses et ce genre de choses. S'ils pouvaient conserver toute leur vie ce qu'ils avaient là, ça serait idéal. Évidemment, ils avaient des rituels, comme tout le monde, mais ce n'était pas une routine.

- Ton père est normal aussi, assura-t-elle. Dans son style à lui.

Donc dans le style vieux rétrograde antipathique conservateur et intolérant qui aime rassembler autour de lui des gens dans le même état d'esprit, la seule chose qui changeait étant leur âge. Comme quoi, il y avait de la bêtise à tout âge. Ce n'était pas des pensées très charitables, qu'elle n'évoquerait jamais à Eliott, évidemment, mais il fallait dire qu'elle ne portait pas vraiment John Warlock dans son cœur. Par conviction politique, d'abord. Elle soutenait le MIM depuis sa création et avait voté Fiennes aux dernières élections. Autant dire qu'elle avait largement dénigré la campagne de John Warlock - elle disait Warlock tout court auparavant mais c'était perturbant étant donné qu'elle associait ce nom immédiatement à Eliott désormais -  et ses idées conservatrices. Elle n'appréciait déjà pas l'homme politique, elle avait découvert un peu la personne et n'avait pas aimé le traitement qu'il infligeait à Eliott, ce qui ne l'avait bien sûr pas fait remonter dans son estime, et leur courte entrevue avait suffi à le classer dans la catégorie des gens qu'elle ne voulait vraiment pas fréquenter. Mais elle gardait cela pour elle, elle estimait que malgré tout, elle n'avait pas à critiquer le père d'Eliott. Surtout que malgré tout, elle avait l'impression qu'il souffrait de ce conflit et elle n'avait pas envie de jeter de l'huile sur le feu, bien au contraire, mais d'apaiser la situation. Elle n'avait pas d'avis à donner sur cette histoire et surtout pas en mal. Et puis, peut-être que John Warlock était l'exception de la famille. Sûrement même. Eliott était quelqu'un de formidable, il semblait adorer sa sœur qu'il décrivait justement comme adorable et sa mère était sûrement très sympathique. Quant à Andrew Warlock... Il était sûrement très sympathique dans le privé, loin de tout dossier ou réquisitions contre un de ses clients. Même si elle aimerait éviter de le croiser dans le privé, tant qu'à faire. Honnêtement, si un jour Eliott et elle devaient se mari... Non, c'était étrange comme pensée. Enfin, pas dérangeant, au contraire même, mais... Bref.

Et si cette pensée concernant le fait de faire peut-être, un jour, hypothétiquement parlant, parti de la famille d'Eliott l'avait effleurée avant qu'ils ne rentrent dans la maison, elle refit surface en croisant le regard de son propre père, sans qu'elle ne sache pourquoi. Parce que même si les autres rencontres avaient été importantes à ses yeux, celle-là l'était encore plus. Charlotte n'avait jamais été du genre à prendre ses histoires à la légère, elle s'impliquait toujours trop émotionnellement dedans pour pouvoir jouer les désintéressées. Mais cette fois-ci, c'était encore plus important que les autres fois. Et si, c'était possible, même si elle entendait déjà Jensen se moquer d'elle en sortant sarcasmes sur sarcasmes comme il pouvait le faire avec elle pour l'embêter. On leur avait déjà dit qu'il ressemblait soit à un vieux couple et mine de rien, c'était assez vexant. Pour Lilly, déjà. Puis parce qu'elle espérait que son couple ne sera pas assez chamailleur que Jensen et elle, même après dix ans. Elle préférait dire qu'il était comme un frère cynique et moqueur, incapable de faire des nœuds de cravate et qui ne savait toujours pas - même après qu'elle lui ait montré les échantillons de tissus du mariage - faire la différence entre blanc et blanc cassé. C'était très différent pourtant ! Certes, c'était du blanc mais différentes teintes de blanc et la différence était très claire. Et c'est après cette discussion hautement spirituelle sur les teintes de blanc qu'il avait essayé de la cuisiner sur la robe de mariée de Lilly, en demandant si elle était blanche ou blanc cassé, avec son sourire en coin, celui qu'il faisait quand il se moquait d'elle. Enfin bref, elle n'était pas ici pour parler de son meilleur ami mais plutôt pour présenter son petit-ami à ses parents. Son père avait tendance à être moins sympa que les dernières fois. Enfin, peut-être que sympa n'était pas le terme pour les dernières fois. Moins poli. Il avait décrété - selon Allison - que puisque le dernier garçon qu'elle leur avait présenté avait fini par leur déplaire alors qu'il paraissait très bien au début - qu'il fallait tout connaître de lui depuis le début, pour "éviter les mauvaises surprises". Donc pour résumer, son père aurait été capable de faire une étude de marché si cela pouvait lui assurer qu'elle sortirait avec des gentils garçons. Si sa mère avait lâché la bride depuis quelques années déjà, son père semblait avoir des rechutes de surprotection de temps en temps, sans qu'elle sache vraiment pourquoi. Et évidemment, cela tombait aujourd'hui.

- Oh, vous étiez à l'école ensemble ? s'enquit sa mère avec un sourire après qu'Eliott ait terminé de se présenter brièvement. C'est amusant que vous vous revoyiez maintenant ! Je pense que je ne reconnaitrais même pas mes amis du collège si je les revoyais !
- Le monde magique est un petit monde, assura Charlotte en attrapant sa fourchette. Il n'est pas rare de recroiser des gens que l'on connait, surtout dans le quartier magique de Londres. Eliott et moi nous sommes revus devant le Chaudron Baveur, expliqua-t-elle en jetant un coup d’œil à son petit-ami, un sourire au coin des lèvres.

Ses parents connaissent le pub pour l'avoir accompagnée plusieurs fois sur le Chemin de Traverse durant sa scolarité. Elle croisa le regard de son père une nouvelle fois et sut avant même qu'il n'ouvre la bouche qu'il n'en n'avait pas terminé avec sa petite enquête sur Eliott. Ce petit jeu n'allait pas durer bien longtemps, songea Charlie en fronçant les sourcils. Elle avait vingt-trois ans, était indépendante et s'estimait bien assez responsable pour choisir les gens qu'elle fréquentait. Si son père n'était pas d'accord avec cela, qu'il remette l'éducation qu'il lui avait donné en cause. Mais elle refusait qu'il fasse fuir Eliott en jouant les pères rétrogrades et sévères. Peut-être même qu'il pourrait s'entendre avec John Warlock s'il continuait.

- Chauffeur de taxi ? interrogea-t-il. Vous n'avez pas fait d'études ?
- Je ne suis pas diplômée moi-même, répliqua-t-elle avec une candeur qui ne trompa personne, et surtout pas les personnes qui l'avait élevée.
- On peut faire de très bonnes choses sans diplôme, assura Rosemary avec conviction. Il suffit d'en avoir la volonté.

Sa mère était diplômée de Cambridge, mais Charlie apprécia l'effort.

- Mais...
- Papa, sérieusement, coupa Charlotte en reposant sa fourchette. Eliott n'est pas venu pour subir un interrogatoire et si cela ne te plaît pas, on s'en va.

Elle soutint le regard de son père quelques instants avant que ce dernier ne lève les mains en signe de reddition. Ce n'était pas la peine d'être aussi agressif, tout de même ! Son intervention avait jeté un froid à table et plus personne, même sa mère, ne semblait vouloir prendre la parole. Quelle ambiance ! Ce n'était pourtant pas compliqué de se montrer un peu aimable, c'était la première fois que son père agissait ainsi. Sa mère prenait les choses très bien, il n'avait qu'à faire un effort. Ce n'était pas comme cela qu'elle avait imaginé cette rencontre, loin de là.

- Et... Et qu-que font t-tes pa-pa-parents ? demanda soudain Allison, attirant les regards un peu surpris de tout le monde.

Si c'était Alison qui était réduite à parler, c'est que c'était vraiment une catastrophe. Fantastique. Elle aurait vraiment quitté la table avec plaisir, à ce moment précis.


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Le père de Charlotte tiqua immédiatement quand Eliott expliqua être chauffeur de taxi. Génial. Il aurait dû dire médicomage, ça passait mieux. Et ça n'aurait été qu'un demi-mensonge, c'était la vérité officielle à près tout. Il avait fait des études, les trois ans qui avaient suivi sa sortie de Poudlard, mais il ne savait pas trop comment expliquer à un moldu qu'il lui avait fallu trois années d'étude pour appréhender son monde. "J'ai étudié votre culture et votre mode de vie pendant trois ans, vous êtes un sujet d'étude passionnant" n'était certainement pas une réponse appropriée. Il aurait dû parler de médicomagie.

"En fait je..." commença-t-il sans vraiment savoir ce qu'il avait l'intention de dire.

De toute façon il avait l'impression que quoiqu'il dise, ce ne serait pas satisfaisant. Il aurait tellement voulu que les choses se passent autrement. Il savait que c'était important pour Charlotte et il essayait vraiment de faire de son mieux, mais il enchainait les erreurs et se détestait pour ça. Il s'autorisa à respirer quand Mrs Meyers intervint en sa faveur. Un parent sur deux, c'était un bon score, non ? Son répit fut néanmoins de courte durée et il se prépara au pire en voyant que Mr. Meyer s’apprêtait à reprendre la parole. Ce fut cette fois Charlotte qui l'arrêta, plutôt sèchement.

Eliott posa un regard mortifié sur sa petite amie alors qu'un silence pesant s'installait. Ce n'était pas du tout censé se passer comme ça. De ce que Charlie lui disait elle s'était toujours très bien entendue avec ses parents. Les déjeuners chez les Meyers n'avaient aucune raison de ressembler aux repas de famille qu'il avait pu connaitre. Le problème devait venir de lui, il n'était pas fait pour les déjeuner familiaux, voilà tout. Il n'était bon que pour les repas qui finissaient en remarques haineuses et en départs précipités. Il n'accepterait plus jamais une invitation, jamais.

Il cherchait désespérément quelque chose à dire pour apaiser l'ambiance. Dire qu'elle était tendue aurait été un bel euphémisme et il ne pouvait que s'en sentir responsable. Malheureusement, la seule idée qui lui venait à l'esprit était de partir en courant, ce qui règlerait le problème mais ne l'aiderait pas à se racheter auprès des Meyers. Mauvaise idée donc, tentante mais dangereuse. Il promena nerveusement son regard autours de la table, priant pour que quelqu'un prenne la parole et n'osant même pas bouger. Comme tout le monde il tourna un regard surpris vers Allison, dont il avait presque oublié la présence, quand celle-ci prit la parole.

Eliott avait déjà rencontré la petite sœur de Charlotte à plusieurs reprises, mais ne se souvenait pas l'avoir déjà entendu aligner plus de deux mots. La timidité de la jeune fille était assez déstabilisante, quand on n’y était pas habitué. Il se souvenait même avoir été plutôt mal à l'aise face à son silence, qui l'avait vraiment surpris. Les seules jeunes filles de l'âge d'Allison qu'il côtoyait était Paige et Dylan et, bien que très différentes, elles étaient toutes les deux assez bavardes, chacune dans leurs registres. Paige lui aurait d'ailleurs été bien utile dans un moment pareil, elle qui savait toujours quoi dire. Depuis qu'elle savait parler elle charmait n'importe quel auditoire avec de jolis mots et un grand sourire. Il faudrait qu'il lui demande des cours. Il attendit la question d'Allison avec espoir. Au point où il en était, il voulait bien répondre à n'importe quoi, sauf à…ça. Son visage se décomposa quand la jeune fille demanda ce que ses parents faisaient dans la vie. Forcément. Merlin devait lui en vouloir personnellement. Il lui revaudrait ça un jour.

A cet instant précis, il était partagé entre l'envie de s’attraper la tête entre les mains pour maudire sa malchance et celle d'éclater de rire. Ce que faisaient ses parents dans la vie ? Son père dirigeait un parti conservateur qui prônait la séparation la plus nette possible entre sorciers et moldus, pour ne pas dire qu'il affirmait la supériorité des premiers sur les seconds, et sa mère étaient femme au foyer. Avec ça il passerait du "type qui n'a pas fait d'étude" au "type qui n'a pas fait d'étude et qui vient d'un autre siècle". Merveilleux. Il songea un instant à inventer un métier fictifs à ses parents, n'importe lequel ferait l'affaire, mais il mentait si mal que Mr et Mrs Meyers s'en seraient probablement rendu compte.

"Ma mère ne travaille pas, s'empressa-t-il de répondre en réalisant qu'il avait gardé le silence beaucoup trop longtemps. Et mon père..."

Son père...lui gâchait la vie, même quand il n'était pas là. Y avait-il une formule correcte pour désigner les politiciens rétrogrades qui détestaient les moldus ? Sans doute que non. Il n'avait qu'à être le plus vague possible, et à changer de sujet rapidement.

"Il est dans la politique."

Heureusement que les parents de Charlotte étaient des moldus, finalement. Ils n’associaient pas immédiatement son nom au SPAM, et n'y connaissaient sans doute pas grand-chose en politique sorcière, c'était au moins ça. Il fallait voir le bon côté des choses.

"C'est délicieux Mrs. Meyers, ajouta-t-il avec un sourire, désireux de changer de sujet le plus vite possible. Remarque qui aurait été plus pertinente si seulement il avait déjà touché à son assiette, ce qui n'était pas le cas. Ça a l'air délicieux..." se corrigea-t-il en attrapant sa fourchette.

Il aurait tout donné pour avoir un retourneur de temps, ou une cape d'invisibilité, ou n'importe quoi qui lui permettrait d'échapper à ce déjeuner d'une façon ou d'une autre. Il aurait dû refuser, il aurait dû s'écouter et dire qu'il était malade, ou inventer une urgence familiale, n'importe quoi. C'était une très mauvaise idée ce genre d'invitation. La famille c'était dangereux. Charlotte avait raison, ils ne devraient pas aller aux fiançailles d'Andrew. Ils n'avaient qu'à vivre reclus, très loin de leurs familles respectives, ce serait très bien.


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Si Charlotte s'entêtait à tracer des plans pour l'avenir et pour tous les éléments de sa vie, c'est parce qu'elle était persuadée que la prévoyance menait à la sécurité : prévoir, organiser, envisager et anticiper étaient les mots-clés de son existence et elle estimait que cela participait au bon déroulement de nombreuses choses. Elle avait anticipé ce déjeuner, elle l'avait préparé. Elle avait parlé d'Eliott à ses parents, elle avait parlé d'eux, elle leur avait fait comprendre à quel point c'était important pour elle et à quel point il était important pour elle. Elle pouvait comprendre les réticences de son père, pas dans un esprit paternaliste qu'elle pouvait désapprouver étant donné qu'elle n'avait plus quatre ans et qu'elle était libre de faire ses propres choix et de sortir avec qui elle voulait sans demander l'autorisation de personne, mais parce qu'il avait détesté son dernier petit-ami. C'était un fait et après coup, après avoir pris du recul sur cette histoire, elle pouvait parfaitement comprendre ce que son père lui avait reproché étant donné qu'elle l'avait quitté pour à peu près les mêmes raisons. Mais qu'est-ce qu'il s'attendait à voir ? Une copie d'Helmet ? Elle avait retenu la leçon, merci pour elle. Elle avait espéré que ce déjeuner se passerait bien, dans une ambiance détendue, que ses parents apprécieraient Eliott et qu'ils passent tous un moment agréable. C'était quelque chose qui n'était pas aisé, la première rencontre avec la famille, mais Eliott était plus qu'important pour elle et elle voulait que tout se passe bien. Elle avait toujours fait des efforts avec ses parents pour que tout se passe bien, notamment à l'adolescence, ils pouvaient bien en faire pour elle, non ?

Elle n'avait pas quitté son père du regard, tentant de comprendre à quoi ils pensaient. Ils n'avaient jamais été particulièrement proches, pas dans ces relations père - fille éclatantes qu'on pouvait voir dans les films mais ils s'étaient toujours bien entendu et Charlotte adorait son père et son avis comptait beaucoup à ses yeux, notamment sur ce genre de sujets. Il n'était pas comme cela d'habitude, il s'était toujours comporté bien mieux avec les garçons qu'elle leur avait présenté et elle n'avait vraiment pas envie qu'il fasse une exception pour Eliott. Oui, la fin de sa dernière relation avait été assez désastreuse et lui avait posé pas mal de souci et ses parents en avaient entendu parler pas mal quand elle était venu s'épancher sur l'épaule de sa mère, sur le fait que cela lui pesait vraiment. Mais ce n'était pas une raison pour assimiler tout le reste de ces relations à cet échec cuisant. A part Helmet, elle n'avait jamais vraiment eu de gros problèmes avec ses petits-amis et s'estimait donc assez responsable pour les choisir en connaissance de cause et pour savoir qui elle voulait fréquenter. Elle avait toujours écouté les conseils de ses parents et leurs avis mais il était hors de question qu'ils dictent sa vie et si elle avait décidé - et elle l'avait décidé - que cela serait Eliott, ils n'auraient à y redire surtout si son père faisait ça par principe, ayant décidé à l'avance qu'il n'aimerait pas Eliott. Son père avait soutenu son regard tout ce temps et une sorte de conversation muette s'était noué entre eux deux. Il savait tout le respect qu'elle avait pour lui. Mais elle n'était plus une petite fille, ce temps-là était fini.

Elle rompit le contact visuel avec son père ne tournant la tête vers Eliott en se rendant compte qu'il ne parlait plus. Si ses parents avaient été des sorciers, elle aurait soupçonné un sortilège de Stupéfixion. Elle glissa ses doigts dans les siens et posa leurs mains noués sur ses genoux. Elle savait que le problème ne venait pas d'Eliott mais de son père et de ce qui avait pu se passer auparavant et elle n'avait pas envie qu'il se sente mal à ce sujet. Elle savait qu'il n'était déjà pas à l'aise et elle savait également que l'attitude de son père n'avait dû arranger la situation. Heureusement que sa mère savait faire la part des choses, il en fallait bien un de raisonnable dans un couple, songea Charlotte en regardant ses parents à la dérobée. Elle caressa le dos de la main d'Eliott avec son pouce tandis qu'il reprenait la parole, réalisant soudain que la question d'Allison ne devait pas être facile non plus. Décidément, ils avaient un peu de mal avec leurs familles respectives dès qu'il s'agissait d'apparaître en tant que couple. Elle avait un peu parlé de la politique magique à ses parents, ils étaient très intéressés par cela, mais elle se doutait qu'ils n'avaient pas retenu le nom des principaux leaders des partis, notamment du père d'Eliott. Ils avaient notamment été très intéressés après la guerre, pour voir comment cela allait évoluer. Sa disparition pendant près de neuf mois les avait suffisamment inquiété pour qu'ils projettent de la retirer du monde sorcier au moindre remous. Ce n'était plus possible maintenant, elle avait fait sa vie là-bas, il n'y avait plus que sa famille qui la retenait chez les moldus.

Elle baissa les yeux sur leurs mains toujours nouées lorsqu'Eliott affirma à sa mère que le repas était délicieux et eut un sourire amusé, relâchant aussitôt la main d'Eliott pour qu'il puisse vérifier la véracité de ses dires. Sa mère aussi semblait franchement amusée au vu du ton qu'elle emprunta.

- La flatterie est un vilain défaut ! répondit-elle avec un sourire. La recette vient de Gordon, expliqua Rosemary en désignant son mari.
- De ma mère, en fait, Meredith.

Charlie adressa un sourire appréciateur à l'adresse de son père. Voilà, c'était beaucoup mieux en faisant poliment la conversation, n'est-ce pas ?

- C'est le deuxième prénom de Charlotte, d'ailleurs, lança jovialement sa mère.

Ce déjeuner prenait déjà des tournures plus normales et elle put enfin se détendre et cesser d'être aux aguets pour connaître la prochaine vacherie qu'allait sortir son père. Elle refusa le vin que son père proposa à toute la tablée - sauf Allison, même si elle était majeure - pour le transplanage et s'apprêtait à orienter la conversation sur un sujet bateau quand son père - comme pris de bonnes résolutions - reprit la parole, s'adressant de nouveau à Eliott.

- Je connais un peu le monde sorcier, je lis parfois ce journal, quand Charlie l'a, comment est-ce qu'il...
- La Gazette du Sorcier.
- Oui, voilà. Votre père se situe dans quel courant ?

Charlotte adressa un regard à Eliott. C'était un sujet délicat et il pouvait toujours refuser d'en parler, elle comprendrait parfaitement.



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Eliott hocha la tête quand Mrs Meyer lui répondit que la recette –qui était effectivement excellente- venait de son mari. Celui-ci précisa d’ailleurs qu’il la tenait de sa mère Meredith, dont Charlotte avait hérité son deuxième prénom.

« C’est le prénom de ma tante, répondit-il avec un sourire. Meredith Marchebank », ajouta-t-il à l’intention de Charlotte, qui avait peut-être entendu parler d’elle pour les nombreux galas de charité qu’elle organisait.

C’était un très bon sujet de conversation les prénoms, ennuyant à mourir mais pas dangereux. C’était parfait. Il était déjà un peu plus à l’aise –un peu seulement- maintenant qu’il était passé par les questions difficiles. Il avait survécu aux interrogations quant à ses parents, et c’était évidemment le sujet le plus délicat, il pouvait donc considérer que le plus dur était derrière lui. Légèrement plus détendu, il adressa un sourire à Charlotte et pressa un peu sa main dans la sienne. Il accepta le vin que Mr. Meyer proposait à l’ensemble de la table et en but une gorgée avant d’affirmer qu’il était excellent –il ne s’y connaissait pas du tout en vin mais c’était l’intention qui comptait.

Tout semblait finalement se dérouler plutôt bien, ou pas trop mal en tout cas. La conversation prenait une tournure un peu plus légère et Mr.Meyer avait arrêté de la fixer comme s’il essayait de le tuer du regard, ce qui était assez appréciable. Il n’y avait apparemment aucune raison pour que les choses tournent mal, et pourtant…Eliott se retint de soupirer quand Mr. Meyer reprit la parole pour expliquer qu’il lisait parfois la Gazette, puis lui demanda dans quel courant politique se situait son père. John Warlock ne se situait même pas dans un courant, il incarnait un courant politique, et pas le plus défendable face à des moldus.

Il pouvait toujours mentir. A un avocat, qu’il serait peut-être amené à côtoyer régulièrement aussi longtemps que durerait sa relation avec Charlotte, qu’il espérait la plus longue possible. Après réflexion mentir n’était peut-être pas la meilleure des idées, la vérité finirait par se savoir de toute façon. Il se demandait à quel point Mr. Meyer était renseigné sur la politique sorcière, avait-il une chance de pouvoir l’embrouiller ? Sans doute que non. Il tourna un regard un peu inquiet vers Charlotte, comme si la réponse allait être écrite sur son visage. Réalisant qu’il gardait le silence depuis déjà un peu trop longtemps il baissa les yeux et se décida à se lancer.

« Il est plutôt…conservateur, commença-t-il avec une grimace. Plutôt conservateur, voilà qui était bien loin de la réalité. C’est le leader du SPAM. »

Et fondateur, mais il ne tenait pas à s’encombrer de précisions qui ne l’aiderait certainement pas à avoir l’air sympathique aux yeux des Meyers. Maintenant il était le type qui n’avait pas fait d’étude, qui sortait avec leur fille et qui venait d’une famille qui n’aimait pas vraiment les moldus. Génial.

« Un de nos nombreux sujets de désaccord » précisa-t-il. Autant éviter aux Meyers de se faire des idées quant à ses propres convictions politiques.

Désaccord était un mot un peu faible pour la situation, « guerre froide » aurait été plus approprié, mais il ne tenait certainement pas à étaler ses problèmes de famille devant les Meyers. C’était un sujet qu’il essayait déjà d’éviter en temps normal, hors de question de l’aborder aujourd’hui. Il détestait parler de ça, vraiment, et ne le faisait jamais. Il était particulièrement mal à l’aise à l’idée de devoir expliquer la situation entre lui et son père. Il ne regrettait rien pourtant, il avait fait ses propres choix, ne s’était pas laissé dicter la façon dont il devait mener sa vie, bien sûr, mais il avait aussi tourné le dos à toute sa famille et avait blessé pas mal de monde autour de lui, ne serait-ce que sa mère, et de cela il n’était pas très fier.

Il ne tenait vraiment pas à avoir une image de fils rebelle et sans attache auprès des Meyers, parce qu’il avait de plus en plus de mal à assumer tout ça. Alors oui, à seize ou dix-sept ans c’était le genre de choses dont il s’était surement vanté, parce que c’était « cool » de s’émanciper, de remettre en question la volonté parentale, parce qu’il était un adolescent doublé d’un Gryffondor et qu’agir sans réfléchir était dans sa nature, mais maintenant les choses étaient un peu différentes. Il referait surement les mêmes choix s’il le fallait, mais plutôt que d’agir dans la provocation il essaierait avant tout de sauvegarder l’équilibre familial. Certaines choses n’avaient pas changé, son père était toujours aussi borné et rétrograde, lui toujours aussi attaché au monde moldu, cela ne se passeraient sans doute jamais bien entre eux, c’était mathématiquement impossible. Mais maintenant qu’ils avaient tous les deux conscience de ce qu’ils avaient à perdre et du mal qu’ils pouvaient faire autours d’eux, maintenant qu’ils savaient quels seraient les dommages collatéraux, agiraient-ils autrement s’il fallait tout refaire ? Il l’espérait, même si c’était peut-être se montrer un peu optimiste quant à leur capacité à prendre du recul sur cette histoire.

Ce qu'il espérait également c'était que les Meyers ne l'avaient pas rangé dans la même catégorie que son père, il ne savait pas vraiment quel pouvait être un point de vue moldu sur la politique du SPAM mais sans doute n'était-ce pas leur parti favoris. Il ne voulait pas être assimilé à son père mais ne tenait pas non plus à passer pour le fils ingrat pour lequel le mot "famille" ne signifiait rien. Voilà qui demandait pas mal de subtilité, ce dont il manquait souvent. C'était mal parti.


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La conversation semblait s'apaiser, observa Charlotte, soulagée à l'idée que la fin du déjeuner se déroule mieux que son commencement plutôt délicat. Il n'y avait pas de raison, après tout ! Ses parents étaient des gens ouverts et modernes qui avaient toujours accepté avec plaisir qu'elle fréquente des hommes, même si son père la voyait encore comme une petite fille sans pour autant l'avouer directement. Elle avait toujours été proche de son père – de ses parents en général mais un peu plus de son père que de sa mère – et les choses n'avaient pas changées alors qu'elle avait quitté le foyer familial depuis quelques années déjà. Elle voyait ses parents deux à trois fois par mois soit presque une fois par semaine et sa mère l'appelait régulièrement. Leur avis était important à ses yeux et ce qu'ils pensaient comptait encore beaucoup dans sa prise de décision tout simplement parce qu'elle avait toujours fonctionné ainsi : lorsqu'elle était enfant, elle ne cessait de rechercher l'approbation de ses parents, que ce soit par de très bons résultats scolaires ou en s'illustrant dans plusieurs sports. Il aurait pu être facile de pointer là un manque d'attention ou de considération parentale mais cette supposition aurait été erronée : Charlie n'avait jamais manqué de rien, que ce soit d'attention des ses parents ou de leur fierté presque inconditionnelle. Les choses étaient justes ainsi, cela devait être dans son caractère et elle avait cessé d'essayer de trouver le pourquoi du comment : inutile de s'adonner en vain à de la psychologie de comptoir.

Quoiqu'il en soit, le fait était donc que l'avis de ses parents comptait suffisamment pour qu'elle craigne leur verdict sur Eliott. Il n'y avait pas de raisons, songea-t-elle une nouvelle fois dans cette litanie à laquelle elle s'accrochait depuis quelques jours : Eliott était un garçon droit, honnête, loyal, gentil, généreux et adorable et elle l'aimait vraiment beaucoup. Elle l'aimait tout court, d'ailleurs. Elle l'aimait suffisamment pour passer sans souci par dessus un avis négatif de ses parents – qui même dans le cas où ils n'apprécieraient pas Eliott se contenteraient de le formuler sans rien attendre en retour, tout le monde n'était pas aussi extrême qu'un certain John Warlock – elle n'avait pas envie de se retrouver dans cette situation, partagée entre Eliott et ses parents alors que les choses auraient pu tout simplement bien se passer, normalement et de manière tranquille. Son père devait encore avoir sa dernière histoire en tête pour agir ainsi et il était vrai que, avec du recul, cette histoire n'avait peut-être pas été très saine. Plus exactement, peut-être qu'Helmet lui-même n'était pas très sain. Mais c'était du passé et ce n'était pas parce que c'était arrivé une fois qu'elle allait se retrouver avec des abrutis – comme dirait Lilly – tels que Helmet. Honnêtement, il y avait un fossé, voire même un gouffre ou carrément un ravin entre Helmet et Eliott, Dieu en soit loué d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, malgré sa première attitude, l'intervention de Charlotte semblait avoir remis les choses à leur place et son père semblait prendre sur lui pour se montrer cordial et affable comme un adulte civilisé, ce qu'il était assurément, n'est-ce pas ?

- Je ne savais pas que tu étais lié aux Marchebank, répondit Charlotte quand Eliott mentionna sa tante, qui avait le même prénom qu'elle.

Elle aurait presque dû s'en douter dans un sens : elle savait, grâce à Eliott puis aussi un peu grâce à son travail, que toutes les familles Sang-Pur étaient liées entre elle, ce qui devait donner un taux de consanguinité assez élevé quand on y pensait. A force de se marier tous entre eux sans apporter le moindre sang neuf, les nouveaux époux devaient forcément avoir quelques ancêtres en commun et donc transmettre des tares génétiques à leurs enfants. La plupart des sorciers avaient beau mépriser la science moldue, cette dernière apportait tout de même un éclairage plus qu'intéressant sur les choses de la magie. Charlie ne devait sûrement pas être objective mais elle adhérait à la théorie des gênes d'un ancêtre sorcier ou Cracmol dans le code génétique des sorciers nés-moldus, comme elle, et toutes les autres théories scientifiques développés par des sorciers connaissant la science et qui visaient à expliquer les choses magiques de manière rationnelle, du moins, les expliquer en partie puisqu'il restait toujours des zones d'ombres : c'est ce qui permettait à la magie et son fonctionnement de rester nébuleux et mystérieux. Après tout, c'était ce qui faisait que c'était magique.

La conversation suivait son cours de manière beaucoup plus naturelle et Charlotte s'autorisa enfin à se détendre, profitant du moment. Le soleil tapait un peu fort en ce dimanche midi d'été et le parasol installé par ses parents n'était pas de trop. Elle aperçu Shakespeare, le vieux Beagle de la famille, descendre les marches qui menait au jardin d'un air pataud avant de se diriger vers sa niche sans même leur jeter un regard. On ne pouvait pas vraiment dire que les chats et les chiens étaient si différents que ça en fin de compte puisque depuis quelques années, Peanut – son chat – et Shakespeare avaient exactement la même vie: ils dormaient, sur le canapé pour Peanut et dans son panier dans la véranda, sous un rayon de soleil pour Shakespeare, mangeaient, puis dormaient de nouveau, Peanut migrait sur le rebord de la fenêtre tandis que Shakespeare préférait sa niche, puis mangeaient de nouveau et allaient ensuite se coucher. La retraite, quoi. Mais si Charlotte avait enfin réussi à se détendre un minimum, la tournure que prit la conversation l'inquiéta de nouveau. Parler politique à table devrait être interdit pour le bien être des familles. Surtout que les positions du père d'Eliott n'étaient pas vraiment défendables, surtout pas devant trois moldus et une sorcière née-moldus. Heureusement, Eliott ne partageaient pas les convictions de son père et c'était évident : ils sortaient ensemble depuis des mois. Même si son père lisait la Gazette dès qu'elle l'avait sur elle, donc à peu près une fois par mois, et qu'elle lui expliquait ce qui se passait, il ne connaissait pas à proprement parler le paysage politique du monde magique anglais et Charlotte se demanda s'il ferait le lien entre le SPAM et les idées du parti qu'il associait à ce qui s'était passé durant la Seconde guerre, lorsqu'elle avait été envoyée en France loin d'eux. C'était encore un très très mauvais souvenir pour la famille Meyer.

Elle adressa un sourire à Eliott alors qu'il hésitait à prendre la parole afin de l'encourager puis posa ses yeux sur les traits de son père pour guetter sa réaction. Elle le connaissait par cœur et même s'il s'en défendait, Gordon Meyer était quelqu'un d'assez expressif. Elle vit ses sourcils se froncer à la mention du SPAM – il avait donc réussi à faire le lien et à retrouver le nom du parti – et il croisa ses mains sous son menton comme il le faisait toujours quand il réfléchissait, délaissant ainsi son assiette à moitié vide. Mais si le visage de son père avait exprimé sa désapprobation au début de la prise de parole d'Eliott, il sembla se détendre quand Eliott annonça – en un euphémisme que seul  Charlotte comprit – que c'était l'un de leurs sujets de désaccord. Son père hocha lentement la tête avant de reprendre sa fourchette, sans mot dire, tandis que sa mère adressait un sourire à Eliott.

- Je connais ça, j'ai été en désaccord avec mon père sur beaucoup de choses aussi, finit par lancer son père sans relever les yeux.

Charlie ne connaissait ces histoires que par les brides que son père avait daigné lui confier, son grand-père paternel était décédé alors qu'elle n'était qu'une enfant, elle devait avoir six ans à peine et conservait de lui juste un souvenir un peu flou. Son grand-père était médecin dans le centre d'Oxford et il avait élevé ses trois enfants, deux filles et un garçon, avec rudesse et rigueur. A l'adolescence, son père s'était opposé politiquement à son père étant donné que leurs opinions étaient plus qu'opposées et son grand-père n'avait pas supporté que son fils – ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs – ose lui tenir tête, ce qui avait été le premier clivage entre eux. Puis Gordon avait refusé de faire médecine pour reprendre le cabinet de son père et s'était plutôt lancé dans le droit ce qui avait rendu son père furieux. Les choses s'étaient accumulées ainsi et les deux hommes avaient longtemps été très en conflit : il n'était pas venu au mariage de ses parents, Charlotte l'avait appris quelques années auparavant. Ce mariage avait suscité beaucoup de réactions étant donné que sa mère n'avait que vingt ans et était encore étudiante quand elle avait épousé son père alors que ce dernier en avait déjà trente-deux et travaillait. Ses grands-parents maternels avaient désapprouvé avec ferveur et il avait fallu attendre que les années passent, que les écarts se tassent – et que deux enfants naissent de ce mariage - pour que cette union soit mieux vue. Le père de Charlotte ne mentait donc pas quand il disait qu'il connaissait les désaccords entre père et fils.

- Mais sinon, vos vacances en Crète se sont bien passées ?

Le changement de sujet n'était pas très subtil, il est vrai. Elle n'avait jamais vraiment été douée pour ce genre de choses et n'avait pas pris la peine de penser à une amorce un peu plus délicate pour détourner un peu la conversation sur des sujets plus légers. Après tout, les meubles avaient été sauvés et les sujets les plus glissants étaient normalement derrière eux mais Charlotte ne préférait pas prendre de risques et voulait s'assurer que ce déjeuner se termine en tout quiétude même si la conversation devait pour cela être banale au possible. Peut-être qu'Eliott avait raison finalement : les présentations aux parents, de Warlock à Meyer, c'était pareil. C'est-à-dire sacrément dangereux.

FIN DU RP


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

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Mon beau-père et moi [Eliott]

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