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 Le club des artistes [Sean & Amelia]

Amelia PevensieAncien personnageavatar
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21 août 2007

" Merci pour la tasse de thé, Amelia, mais vous n'étiez pas obligée, vous le savez. "
" Il se trouve qu'une discussion autour d'une tasse de thé est beaucoup plus agréable qu'une avec un bureau entre les deux participants, à mon goût. N'êtes-vous pas d'accord? "

Elle paraissait bien, ce matin-là. Un sourire sur les lèvres, un visage frais, disposé à vous écouter, une voix égale. Pour tout le monde, elle allait bien. Elle ne sortait pas beaucoup, elle avait parfois l'air un peu ailleurs, mais ça ne changeait pas de l'ordinaire, alors il n'y avait pas de raison de s'inquiéter. Elle faisait parfois des cauchemars, mais elle en faisait depuis qu'elle avait quitté la Chine, pas de raison de s'inquiéter non plus. Elle passait plus de temps à peindre qu'habituellement, mais elle était artiste, c'était normal aussi.
Pour tout le monde, même pour Eden, elle allait bien.

Pourtant, à l'intérieur d'elle-même, c'était la tempête.  Pourquoi continuer à tout faire comme avant, pourquoi continuer à vivre, alors que la vie autour d'elle semblait être une horrible blague? Alors que les autres semblaient n'en avoir rien à faire?
Alors elle paraissait bien, elle semblait aller mieux, oui. Mais depuis qu'elle avait découvert Adonis avec cette fille, un mois auparavant, la vie autour d'elle ne semblait plus avoir d'importance. Même si elle ne l'aimait pas, même si elle ne l'avait jamais aimé, même si elle aurait de toute manière fini par partir. Est-ce qu'elle avait si peu de valeurs pour que les autres pensent qu'ils pouvaient se permettre n'importe quoi avec elle?

Elle ne se permettait pas de craquer pour cela. Elle ne le pouvait pas, elle n'avait pas le droit, elle avait des responsabilités autour d'elle. Mais ses cauchemars avaient changés, la montrant seule, abandonnée, les murs s'approchant d'elle pour l'enfermer. Mais le temps qu'elle passait dans ses toiles, c'était sa manière à elle de s'échapper, alors que le monde autour d'elle lui semblait trop cruel.
Elle reporta son regard bleu sur Mr Collins, lui offrit un léger sourire, bouche fermée.

" Alors, qu'est-ce qui vous amène ici? "
" Je voudrais vous demander une faveur, à vrai dire. "

Elle resta quelques secondes sans bouger, sans vraiment comprendre.

" Quel genre de faveur? "

Qu'est-ce qu'un enseignant de l'Académie des Arts Magiques pouvait bien lui demander, à elle, qui pouvait s'appeler une faveur?

" Il y a peu de galeries magiques à Bristol, beaucoup moins qu'à Londres, et… on souhaiterait permettre à nos élèves d'exposer certaines de leurs toiles.  Est-ce que vous pourriez… accepter que certains d'entre eux exposent ici? Ce ne serait que quelques toiles, bien entendu. "

Elle resta silencieuse quelques instants, considérant la proposition. Elle savait qu'à dix-sept, dix-huit ans, elle avait aimé avoir quelqu'un qui lui avait ouvert sa porte, qui l'avait aidé. Ça avait été Mr Collins. Est-ce qu'elle, elle pouvait l'être pour d'autres, être celle qui aidait et ouvrait sa porte?

" J'aurais le choix de ceux dont j'accepte les toiles? "
" Bien entendu. "

Hors de question qu'elle accepte quelqu'un dont les toiles ne lui revenaient pas. Hors de question qu'elle accepte un inconnu complet dans sa galerie. Mais si elle avait le choix, si elle pouvait choisir, si elle avait la possibilité de vraiment aider ces gamins…

" Alors, c'est d'accord. "

30 août 2007

Amelia se passa la main devant les yeux, cherchant vaguement sa tasse de café. Elle en avait bien besoin. Trois jours que Lena était venu se réfugier chez elle, et elle était descendue ce matin en lui disant qu'elle repartait. Qu'elle reviendrait vers décembre, lorsque son bébé devait naître, mais qu'elle ne pouvait pas rester en Angleterre. Amelia s'était contentée de la serrer contre elle, lui faisant promettre de revenir si jamais il se passait quoi que ce soit. Elle ne pouvait pas lui dire plus, elle ne pouvait pas lui interdire quoi que ce soit, ne pouvait pas l'empêcher de partir, quand bien même elle le voulait.
Elle n'avait pas cherché à avoir de ses nouvelles, elle n'avait pas cherché à savoir comment elle allait lorsqu'elle ne répondait pas à ses lettres, n'avait pas été là lorsqu'elle avait été mal. Alors qui était-elle pour lui faire des leçons, franchement?
La seule chose sur laquelle elle avait été intraitable, ça avait été la lettre à ses parents. Elle était peut-être majeure, elle était peut-être indépendante, mais ça n'était pas, et ça n'avait jamais été une option. Même lorsqu'Amelia avait coupé les ponts avec sa mère, elle avait toujours gardé contact avec son père, et avait toujours su qu'il lui rapportait tout.
Elle ne pouvait pas leur cacher cela, elle n'avait pas le choix.

Elle soupira un bon coup, reportant son regard sur tous les papiers qui traînaient sur son bureau. Factures, bon de commandes de peinture ou de toile, lettres d'artistes, lettre de certains propriétaires de galerie.
Et l'évidence la frappa lorsqu'elle tomba sur une carte bariolée, couverte d'idéogramme. Elle avait vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans. La veille, ça avait été son anniversaire, et elle ne s'en était même pas rendu compte. Trop de choses à faire, trop de travail, trop d'évènements soudains aussi. Son anniversaire lui était totalement passé au-dessus de la tête.
Elle se sentait vieille. Quand elle voyait sa sœur, quand elle voyait les étudiants de Bristol dans les rues, elle sentait qu'il y avait un monde entre eux. Eux étaient encore jeunes, n'avaient pas encore tous les soucis de la vie active. Ils ne connaissaient pas leur chance, pour la plupart.
Elle n'avait que vingt-cinq ans, pourtant. Pourquoi est-ce qu'elle avait l'impression d'en avoir soixante, parfois? Pourquoi avait-elle l'impression d'en avoir trop vu?

Elle signa une longue lettre qu'elle avait commencée la veille, en réponse à un de ses contacts en Chine, qui exposait certaines de ses toiles. C'était un ami, en plus d'être une personne avec qui elle travaillait, et les idéogrammes s'étaient écrits d'eux-mêmes, remplissant sans qu'elle s'en rende compte des quantités de papier. Elle s'arrêta, observa quelques secondes ce qu'elle venait d'écrire, avant de soupirer, et de faire disparaître d'un coup de baguette les deux dernières lignes qu'elle venait d'écrire. Elle ne devait pas s'étendre, ne pas voir à quel point les évènements l'affectaient. A personne. Même pas à Lena, surtout pas à Lena. Sa sœur n'avait pas besoin de cela en ce moment.

Elle releva la tête en entendant la sonnette accrochée à la porte de sa galerie se mettre à sonner. Elle prit le temps de signer sa lettre, de la mettre dans une enveloppe avant de se lever, de passer dans la pièce voisine. Elle préférait être là lorsque des gens étaient dans la galerie, elle avait même une table au fond, où elle s'asseyait pour travailler tandis qu'ils faisaient le tour.
Elle l'observa quelques instants, lui souriant en le gratifiant d'un léger signe de tête. Il était jeune, dix-sept, dix-huit ans seulement. Des traits doux, un regard légèrement vague, un physique un peu frêle, à la limite du malingre.
Il avait le même âge que sa sœur, qui dormait à l'étage supérieur. Le même âge, mais lorsqu'elle le voyait, elle se rendait compte que la vie qu'elle menait, la vie que sa sœur menait, n'était pas la "normalité". N'était pas quelque chose de courant, n'était pas quelque chose qui était facile, habituellement.
Elle lui sourit, et la conversation qu'elle avait eu avec Mr Collins la semaine précédente lui revint en mémoire:

" Vous êtes un des futurs étudiants de Bristol? "

Question très importante. Elle l'enviait, d'une certaine façon, d'avoir encore cette partie un peu insouciante de jeunesse, qu'elle avait perdue. Et puis, ne pas oublier la question dans la question: était-il à Lycaon, ou à l'Académie?

[HRP : Si tu as une meilleure idée de titre, je suis preneuse, j'ai pas d'idée du tout pour ma part ^^" ]



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Sean FitcherAncien personnageavatar
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Il avait réussi, il avait encore du mal à y croire, comme s'il avait peur de découvrir que ce n'était qu'un mensonge. Il avait été admis à l'Académie des Arts Magiques. Il avait reçu une lettre mi-Juillet lui annonçant qu'il était reçu et il avait mis un bon moment à réaliser que c'était vrai, que ce n'était pas qu'un rêve ou un espoir un peu fou. Il était pourtant sorti de l'entretien qu'il avait passé en Juin avec le sentiment que ça avait été un désastre complet. Il fallait dire que ce n'était pas vraiment son fort, les exposés. Grâce à l'aide de Miss Bloomwood il avait pu tenir un discours à peu près cohérent, mais rien de fluide ou d'agréable à écouter. Il avait presque perdu espoir et avait commencé à se renseigner sur les différents modules proposé à l'université pour suivre un cursus plus complet mais sa lettre avait finit par arriver. Il comprenait un peu mieux ce que devait ressentir les enfants sorciers en attendant désespérément leur lettre de Poudlard.

Quoiqu'il en soit, il lui avait fallu tellement de temps pour assimiler la nouvelle et finaliser son inscription qu'il se retrouvait fin août sans savoir où il allait loger durant l'année. Il avait encore un mois devant lui, certes, mais à trop prendre son temps il allait se retrouver dépassé. Il avait donc décidé de profiter de la journée pour faire un tour à Bristol. Il avait été voir l'Académie, qui paraissait toujours aussi impressionnante que le jour de son entretient et qui semblait presque déserte, seules quelques personnes traversant le parc qui l'entourait à grandes enjambées, des dossiers sous le bras. Se laissant guider par ses pas, il s'était rapidement retrouvé à arpenter les rue du coté magique de cette ville qu'il ne connaissait pas du tout. Il se promenait sans but précis le long d'une grande avenue bordée d'immenses chênes quand une vitrines attira son attention. Une galerie d'art, à en croire les tableaux accrochés aux murs. Il n'avait jamais visité de galeries ou de musée magiques. C'était étrange, quand on y pensait, il était un habitué de la National Gallery ou de la Tate à Londres et avait visité de grands musées européens avec ses parents, mais ses connaissances de l'art magique se résumait à ce qu'il en avait lu dans les livres, et aux tableaux de Poudlard. Oh il y en avait de très beaux, et il pouvait se vanter de tous les connaitre, depuis la mariée au bouquet fané du quatrième étage aux Trolls qui apprenaient la danse classique au septième. Il ne doutait pas du fait que Poudlard regorge de pièces cachées tout aussi bien décorées que les autres, mais au moins il connaissait tous les tableaux offerts à la vue des élèves, à force de chercher des endroits tranquilles pour dessiner il avait explorer tous les couloirs de l'école.

Il soupira alors que le souvenir de Poudlard le faisait penser à Ashley, qui y retournerait dans deux jours. Ils savaient depuis le début qu'ils seraient séparés à la fin de l'été mais ce n'était pas plus facile pour autant. Ils avaient pris l'habitude de se voir régulièrement, et devraient apprendre à se contenter de quelques journées par trimestre, c'était dur. Cette séparation l'effrayait un peu, il avait l'impression d'avoir beaucoup changé depuis qu'il fréquentait Ashley. Le Gryffondor avait littéralement bouleversé sa vie, il lui avait redonner le sourire, et l'envie de vivre, tout simplement. Sean avait le sentiment qu'il ne se lasserait jamais de la compagnie de son petit-ami. Par sa simple présence Ashley rendait les choses tellement plus simples, tellement plus belles, juste en étant là. Mais bientôt il ne serait plus là, plus tout le temps en tout cas, et Sean redoutait un peu ce moment. Il se força à éloigner ses pensées de son esprit pour l'instant et se décida à pousser la porte de la galerie devant laquelle il se tenait depuis maintenant plusieurs minutes.

Il fit quelques pas dans la pièce, grande et très éclairés et promena son regard autours de lui. Il y avait plusieurs tableaux accrochés aux murs, et des idéogrammes étaient peints à même le mur, original. Il allait s'approcher d'un tableau qui lui plaisait particulièrement quand des bruits de pas le firent se retourner. Il se retrouva face à une jeune femme qui devait avoir un peu plus de vingt ans et qui lui adressa un signe de tête et un sourire, qu'il lui rendit. C'était probablement l'artiste, songea-t-il avec une certaine admiration. Elle devait être très reconnue pour posséder sa propre galerie dans une grande rue comme Bristol, c'était étonnant pour quelqu'un de si jeune. Beaucoup d'artistes devaient même attendre leur mort pour obtenir un peu de reconnaissance. Elle le méritait en tout cas, ses toiles étaient vraiment réussies. Il avait hâte de pouvoir enchanter ses toiles lui aussi, il s'était un peu entrainé et arrivait à peu près à animer des dessins mais cela ressemblait plus à un vieux dessin-animé des années soixante qu'à un chef d’œuvre. Il fallait sans doute beaucoup de temps pour réussir à donner vie à une œuvre de façon à ce qu'elle donne l'impression d'être réelle.

Il contemplait justement une toile particulièrement convaincante quand la voix de la jeune femme le fit sursauter. Il se retourna et hocha la tête.

"Oui je...je rentre à l'Académie des Arts m...Magiques."

Elle devait en voir tous les jours, des étudiants curieux. Bristol était surtout animée par la vie étudiante, et par son trafic illégal aussi, d'après ce qu'on lui en avait dit. Il y avait l'Académie des Arts Magiques, qui accueillait une centaine d'élèves par an, et l'Académie du Lycaon, dont il ne savait pas grand chose si ce n'était qu'on y enseignait la métamorphose et que Jeremy Baker y avait été admis -c'était Ashley qui le lui avait dit. Si la jeune artiste qui lui faisait face avait ouvert sa galerie ici, peut-être y avait-elle été étudiante avant, ou qu'elle y enseignait.

"Vous...Vous y étiez ?"

Si oui alors ce qu'on disait sur les brochures était vrai, l'académie formait de très bons artistes.
Amelia PevensieAncien personnageavatar
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Ainsi, c'était un futur étudiant de l'Académie. Un des futurs élèves de Mr Collins, à coup sûr. Il lui avait dit qu'il s'occuperait de la majorité des premières années, pour tous leurs cours de peintures ainsi que le début de leur enseignement en enchantements. Il lui avait même dit que si elle voulait venir faire une intervention sur la manière dont elle peignait et enchantait ses toiles, elle le pouvait, mais Amelia avait décliné l'offre en rougissant. Elle était autodidacte, elle n'avait strictement aucune idée de si elle réussirait à restituer ses connaissances pour des étudiants… De plus, sa peinture était largement basée sur son éducation magie chinoise, sa manière d'enchanter également, alors que tous ces étudiants étaient européens. Comment pourraient-ils comprendre cette manière de pratiquer la magie, si différente de celle à laquelle ils étaient habitués? Elle-même utilisait les deux, même si elle devait avouer qu'à force d'habitude, la magie chinoise ressortait plus facilement que celle à laquelle elle avait pourtant était exposée toute son enfance. Elle n'avait passé que deux ans et demi à Poudlard, après tout, et cinq ans dans son école chinoise.
Il faudrait donc d'abord leur donner des cours de magie traditionnelle, sélectionner ceux qui semblaient y être le plus doué, commencer l'apprentissage des idéogrammes… C'était beaucoup trop compliqué, beaucoup trop long, beaucoup trop fastidieux, et surtout, elle n'était pas suffisamment altruiste pour cela. Elle aurait été enseignante, elle aurait sans doute moins rechigné, mais elle ne l'était pas. Elle était artiste indépendante, elle avait son travail à côté, des clients à satisfaire, elle n'avait pas de temps à perdre à inculquer des notions compliquées à des élèves qui n'y arriveraient sans doute jamais. Elle n'était pas contre les aider, répondre à leurs questions, exposer quelques-unes de leurs toiles, surtout parce que cela la dérangeait peu dans son travail, également parce qu'elle aurait aimé avoir de l'aide, un interlocuteur à cet âge-là.

Ce n'était pas le premier étudiant qui rentrait dans sa galerie, c'était faux de penser cela. Mais c'était le premier qui, après avoir jeté un œil dans la pièce, ne partait pas sans avoir décocher un mot. Elle n'était pas effrayante, pourtant, et ne rechignait pas tellement à répondre aux questions tant qu'elles étaient posées gentiment, tant qu'elles n'étaient pas trop personnelles. Elle ne savait pas, franchement. Peut-être était-ce son âge, le fait qu'elle n'était pas forcément beaucoup plus âgée qu'eux qui les gênaient. Elle n'avait que huit ans de plus qu'eux, c'était peu, elle le savait. Mais… elle n'arrivait pas à se dire qu'ils étaient proches. Ils n'avaient pas vécus les mêmes choses, et elle avait l'impression étrange que tous les enfants de sa génération avaient grandi plus vite que les autres. Qu'elle, en plus, avait dû assumer le rôle d'aînée pour Loïs et Eleane, de mère de substitution pour Lena pendant la guerre. Et que c'était restée, qu'elle n'avait jamais pu être la même qu'avant, que le peu d'insouciance qu'elle pouvait avoir auparavant s'était envolé.
Elle lui adressa un sourire, avant de répondre:

" Non, je n'y était pas. C'est… compliqué, dirons-nous. J'habitais en Chine, on m'a proposé de venir étudier ici quand j'ai eu dix-sept ans, mais… J'ai uniquement fréquenté l'école de Beaux Arts de Pékin, en travaillant sur l'art magique en même temps, de mon côté. "

Ça avait été dur, la plupart du temps. Travailler du côté moldu pour réussir à obtenir son diplôme, pour rendre ses productions dans les temps, pour toujours être dans les meilleurs pour garder une certaine crédibilité… Et en même temps, travailler seule sur ses toiles magiques, tard le soir, alors qu'elle aurait dû dormir. Tisser un réseau de relations, fréquenter d'autres artistes, essayer de gagner une certaine réputation. En ayant l'impression d'être en équilibre sur un fil, et qu'à un moment donné, un des côtés de l'équation allait s'effondrer. Elle se demandait toujours comment elle avait réussi à vivre à ce rythme pendant quatre ans, jusqu'à être diplômée. Elle avait abandonné une grande partie de sa vie sociale, avait mis sa vie entre parenthèses jusqu'à avoir fini. C'était pour ça, aussi, que ses fiançailles avaient duré aussi longtemps. Simplement parce qu'elle et Liu avait décidé d'attendre, d'être installés, d'avoir une vie stable…
Parfois, elle rêvait de ce qu'aurait été sa vie, si elle avait accepté la proposition de Mr Collins. Elle aurait été en Angleterre au sortir de la guerre, elle aurait été dans un endroit où elle n'aurait pas eu à se battre pour se faire accepter, pour se faire reconnaître. Elle aurait été là pour Eden, elle aurait pu faire quelque chose. Elle ne l'avait pas fait, de toute manière, à quoi cela servait-il de se recréer un passé qui n'existait pas?

" Vous faites partie des chanceux qui ont été accepté en tout cas, vous devez être fier. J'imagine que vous résiderez à Bristol? Si jamais vous avez des questions, je serais ravie de vous répondre, je suis arrivée il y a quelques mois et je sais que le changement peut être dépaysant. "

Même si elle doutait que le changement auquel il ait à faire face soit aussi violent que celui auquel avait dû faire face, en avril. Lui changeait simplement de ville, elle avait dû faire face à un pays auquel elle n'appartenait plus.



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Sean FitcherAncien personnageavatar
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Sean fut surpris d’entendre la jeune femme lui répondre qu’elle n’avait pas étudié à l’Académie des Arts Magiques. Pourquoi avoir choisi Bristol pour sa galerie si ce n’était pour se rappeler l’école où elle avait appris tout ça ? Elle poursuivit en expliquant qu’on lui avait effectivement proposé de suivre un cursus à l’Académie mais qu’elle vivait en Chine à l’époque et avait étudié aux Beaux-Arts de Péquin. Impressionné, Sean hoche la tête silencieusement alors qu’elle ajoutait qu’elle avait dû travailler sur l’art magique à coté de ses études.

Elle avait réussi apprendre l’art magique seule, elle devait être vraiment douée. Il n’avait pas encore débuté les cours mais vu la difficulté des examens d’entrée à l’Académie, l’art magique ne devait pas être quelque chose de facile. Il s’y intéressait depuis un moment déjà, depuis son entrée à Poudlard en fait, mais il n’avait commencé à se renseigner sur la question qu’un an auparavant. Il avait bien trouvé quelques livres sur le sujet à la bibliothèque mais même en s’entrainant il n’avait réussi qu’à produire des animations ridicules qui donnaient à peine une illusion de mouvement en faisant se succéder rapidement plusieurs images, comme dans les vieux dessins animés. Il avait lu qu’il fallait souvent des années d’entrainement pour réussir à donner réellement vie à une œuvre. Ce qui l’intriguait le lus était la façon dont on pouvait donner à un portrait les attitudes, la voix et le caractère de la personne représentée. C’était un des mystères de la magie qu’il lui tardait de découvrir.

« Ce…ça a dû être diff…dur. Que…Comment vous avez fait ? »

Il était peut-être trop curieux, songea-t-il après coup. Cela ne le regardait pas vraiment, voire même pas du tout et l’artiste ne voulait peut-être pas partager ses techniques. Il s’excusa avec un sourire gêné, tout en espérant que la jeune femme accepterait tout de même de répondre à sa question. Il avait rarement l’occasion de discuter avec d’autres artistes ou aspirants artistes, même si cela changerait d’ici un mois, alors quand cela arrivait il essayait d’en profiter. Il y avait Allison, avec qui il était allé voir deux expositions à la National Gallery cet été mais, même si elle connaissait le secret magique puisqu’elle avait une sœur sorcière, il évitait de parler d’art magique avec elle. Il s’entendait vraiment bien avec la jeune fille, avec qui il avait beaucoup de points communs et était ravi à ce qu’elle ait finalement convaincu ses parents de la laisser s’inscrire dans une école d’art. Elle avait beaucoup de talent, et c’était une vraie passionnée, il aurait été dommage qu’elle ne saisisse pas sa chance. Il aurait adoré qu’elle puisse étudier à l’Académie, il aurait connu quelqu’un comme ça.

La jeune artiste évoqua justement l’Académie en affirmant qu’il devait être fier d’avoir réussi le concours d’entrée. Il hocha à nouveau la tête en rougissant un peu. Elle lui assura que s’il s’installait ici et avait la moindre question, il pouvait s’adresser à elle, et il al remercia d’un sourire.

« Ce…C’est gentil. Oui, je…je pense m’installer ici, si…Si je trouve un l…logement.»

Il venait de commencer à chercher un appartement, mais ses premières recherches ne s’avéraient pas très fructueuses. Il espérait qu’il aurait plus de chance à l’avenir.

« De…des quartiers à éviter ? »

Autant se renseigner un peu sur la ville. Il ne connaissait pas du tout Bristol, il avait passé toute son enfance à Oxford, qu’il n’avait quitté que pour quelques séjours à Londres, mais il imaginait que c’était comme partout, il devait y avoir des quartiers plus sympathiques que d’autres. Cela l’aiderait à orienter ses recherches d’appartement. Mais la jeune femme avait sans doute mieux à faire que de renseigner un futur étudiant un peu perdu, elle devait en avoir vu d’autres.

« Je…je ne veux p…pas vous déranger, surtout. »

Il ne voulait surtout pas s’imposer. Il savait que les contacts étaient très importants dans le monde de l’art. Mieux valait connaitre les bonnes personnes, les collectionneurs, les galeristes, les autres artistes…Et il n’était pas vraiment doué pour les contacts, justement. La jeune femme était la première artiste sorcière avec qui il avait l’occasion de parler, autant éviter de passer pour un adolescent intrusif et un peu lourd.
Amelia PevensieAncien personnageavatar
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Amelia se sentit rougir devant le regard impressionné du jeune homme. Elle n'aimait pas tellement parler de sa formation, habituellement, surtout pour cette raison-là. Elle disait qu'elle avait étudié en Chine, et ça s'arrêtait là. Elle n'avait jamais été tellement à l'aise sur la manière de réagir. Ne rien faire? Remercier, passer à autre chose? Elle savait que ça avait été dur, elle savait que beaucoup auraient abandonné. Elle était consciente de tout cela, mais ne s'était jamais considérée comme particulièrement douée, révolutionnaire, ou ne savait-elle quoi encore.  Elle avait vingt-cinq ans, par Merlin, elle n'avait pas suffisamment de recul, pas suffisamment d'expérience, pas suffisamment de tout pour réellement avoir un avis objectif sur ce qu'elle faisait, sur ce que les autres faisaient. Elle peignait ce qui lui plaisait, comme elle l'avait toujours fait.
Elle opta pour un sourire gêné, les joues toujours légèrement roses:

" Honnêtement? Je ne sais pas comment j'ai fait. Plus j'y repense, plus je me pose la question. "

Elle était travailleuse, impliquée, c'était ça, sans doute. Elle ne savait pas, ne saurait sans doute jamais. C'était fait, c'était du passé, pourquoi revenir dessus?
Elle reporta son regard vers le jeune homme, ses joues reprenant lentement une couleur normale. Il devait être doué, s'il avait été admis à l'Académie. Les jeunes venaient de toute l'Europe, en espérant avoir le droit d'y commencer une première année. Et elle savait pertinemment qu'il n'y en avait que trop peu qui y arrivaient. Lorsqu'elle avait seize ans, elle n'en avait aucune idée. Elle vivait de l'autre côté du monde, dans un autre pays, dans une autre culture… Si elle avait su que l'école où on lui avait proposé d'entrer était une de celles dont tout le monde rêvait, aurait-elle pris un autre chemin?

L'Angleterre la rendait mélancolique, se rendit-elle compte d'un coup. Avant, Amelia ne s'était jamais tellement demandée à quoi aurait ressemblé sa vie si elle avait fait un autre choix, si un évènement ne lui était pas arrivée, si elle avait été différente… Elle avait Liu, elle était heureuse. Et ça s'arrêtait là. Depuis qu'elle était partie… elle n'était pas différente, elle avait toujours eut une capacité à se poser beaucoup trop de questions. Mais, sans savoir pourquoi, Amelia savait qu'elle ne retrouverait jamais la joie de vivre qu'elle pouvait avoir en Chine. Elle n'était pas malheureuse en Angleterre, mais… elle avait la désagréable sensation de ne jamais savoir où se placer. Etait-elle anglaise, chinoise, un mélange… La plupart des gens ne pouvaient pas comprendre.
Personne ne pouvait vraiment comprendre.

Le jeune homme la remit les pieds sur terre, lui demandant si elle avait des conseils sur les quartiers à éviter à Bristol. Amelia n'était pas là depuis très longtemps, finalement, elle était arrivé en mai dernier et avait mis un certain temps avant de vraiment se retrouver dans la ville, avec l'aide très précieuse d'Eden et parfois de Mrs Patmore, lorsque celle-ci décidait que sa petite voisine passait trop de temps toute seule et avait vraiment besoin d'aller faire une ballade.

" Du côté sorcier, mis à part la Voie des Miracles – et encore, elle est inaccessible pour le commun des mortels que nous sommes – le voisinage est plutôt agréable. Je crois qu'il doit y avoir des logements pour les étudiants du côté de Lycaon et de l'Académie, mais ils ont tendance à se remplir très rapidement, donc je ne sais pas trop… Sinon, du côté moldu, je connais moins bien mais je sais que le quartier de Brandon Hill Park, au centre de la ville, est très sympa, sinon il y a le quartier de Redland où vivent beaucoup d'étudiants, donc ça doit être assez animé. Personnellement, j'aime beaucoup le port, ajouta-elle après quelques minutes de réflexion. "

Le port de Bristol, avec son odeur de bateaux, d'eau de mer, ses petites maisons colorées perchées sur des petites hauteurs… Elle aimait beaucoup aller s'y balader, que ce soit en été ou lorsque le vent commençait à souffler faisant tinter les cloches et les carillons accrochés aux portes des maisons. Elle l'avait dessiné, dans son carnet à croquis, une ou deux fois, sous la pluie battante, s'amusant du contraste entre les façades colorées et le ciel gris qui s'étendait derrière.

" Et qu'est-ce qui vous attendez le plus d'étudier, à l'université? Demanda-t-elle, curieuse. "

Elle s'était renseignée, plus âgée, sur les cursus qu'elle aurait pu suivre à l'Académie, et elle connaissait certains des enseignants: Mr Collins, bien entendu, mais certains autres qu'elle avait rencontré à des vernissages ou des expositions. Elle connaissait quand même quelques éléments de la vie universitaire, même si elle ne l'avait pas vécue.

" Je suis Amelia Pevensie, d'ailleurs, je manque à toute politesse en ne m'étant pas présentée. "

Voilà plusieurs minutes qu'ils discutaient, et Amelia venait juste de réaliser qu'elle n'avait strictement aucune idée du prénom de son interlocuteur. Vu qu'ils seraient sans doute amenés à se croiser dans les mois à venir, autant commencer d'un bon pied. Et c'est avec un sourire avenant et aimable, ce qu'elle ressentait réellement, qu'elle lui tendit la main.
Elle l'aimait bien, ce garçon. Il était poli, aimable, il posait des questions sans être intrusif, et son bégaiement le faisait paraître pour plus jeune qu'il ne l'était réellement.



Britt Robertson, Kit par Daisy ♥
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Sean écouta la jeune femme lui présenter les différents quartiers de la ville en hochant régulièrement la tête. Les quartiers ou résidences étudiantes ne le tentaient pas vraiment, il s'imaginait ça beaucoup trop...peuplé, déjà. Et bruyant, sans doute. Il raisonnait comme un grand-père de quatre-vingt ans, génial. Quoiqu'il en soit, s'il était décidé à se montrer un peu plus sociable cette année, il ne savait pas s'il serait vraiment à l'aise dans une grande collocation, ou dans une résidence étudiante. La mention du port retint son attention et il se promit de le visiter dans la journée. S'installer près du port lui plairait déjà beaucoup plus, il trouvait le bruit des vagues réconfortant, et le paysage devait être plus agréable. Il se faisait une idée assez cliché du port désert, avec le vent et les vagues comme seule compagnie et un ciel changeant comme sujet d'inspiration. Il espérait qu'il ne serait pas déçu, même s'il y avait de grandes chances pour que ce soit le cas.

"Je...J'irais visiter le...le p...port, merci."

Ce fut au tour de la jeune artiste de lui poser une question puisqu'elle lui demanda ce qu'il attendait d'étudier avec le plus d'impatience. Sean avait eu le temps de se familiariser un peu avec les matières qu'il aurait à suivre cette année et toutes avaient l'air intéressantes. Il retrouverait les sortilèges et la métamorphose, deux disciplines qu'il avait toujours appréciées à Poudlard, mais pour la première fois il aurait aussi des cours de dessins. Il y en avait toute une variété, des cours de croquis, des cours d'illustration et plein d'autres encore. Certaines options, comme la gravure ou la photographie, avaient aussi l'air très intéressantes.

Mais ce qu'il attendait avec le plus d'impatience était de pouvoir mêler l'art à la magie, pouvoir faire changer les couleurs d'une peinture en fonction du temps, faire souffler le vent dans un paysage et voir les arbres bouger, donner vie à un portrait. Cela faisait des années qu'il rêvait de pouvoir faire cela, et il avait réellement hâte d'essayer. Oh il avait bien tenté d'apprendre à Poudlard, dans un coin de la salle des arts, avec un vieux livre tout écorné emprunté à la bibliothèque, mais cela n'avait pas été très concluant. Il arrivait à faire se succéder rapidement plusieurs images, ce qui donnait une impression de mouvement, mais cela n'avait rien à voir avec ce qu'il allait apprendre à l'Académie. faire bouger un dessin était une chose, lui donner vie c'était différent. Il avait passé des heures à observer les tableaux de l'école, à les admirer reproduire la personnalité de leur modèle, à les écouter parler -il ne parlait pas beaucoup, mais il savait écouter.

"On a un...un cours qui se...s'appelle "Mise en m...mouvements ", je crois. Ce...C'est ce que j'attends le plus de faire. Je...j'avais essayé d'apprendre mais je...ça ne...ça n'avait pas été très concluant."

Il ponctua sa phrase d'un haussement d'épaules, cet échec n'avait plus grande importance maintenant qu'il allait pouvoir bénéficier des enseignements de l'Académie, mais il avait été plutôt déçue à l'époque.

La jeune femme se présenta alors comme Amelia Pevensie et s'excusa de ne pas s'être présenté plus tôt.

"Oh ce...c'est rien, assura-t-il. Il avait tendance à passer sur ce genre de détails lui aussi, il n'était pas forcément à l'aise avec les conventions sociales, avec tout ce qui impliquait de devoir parler, en fait. Sean Fitcher, se présenta-t-il néanmoins. Mais je ne...ne voudrais p...pas vous déranger plus longtemps. Je devrais...je vais vous laissez mais je...je reviendrai, enfin si vous voulez, peut-être. Je...J'aime beaucoup...ce que vous faites. Bonne journée !"

Il aimait se dire qu'il faisait des progrès, qu'il buttait de moins en moins sur les mots, mais parfois il avait des doutes sur cette théorie tant ses phrases étaient toujours aussi hésitantes. Il laissa échapper un soupir imperceptible et adressa un triste sourire à Amelia comme pour s'excuser. Il quitta ensuite la galerie, en se promettant d'y revenir, mais pas tout de suite. Il attendrait quelques mois, qu'elle ait oublié son visage et son discours décousu. Il aurait bien droit à une deuxième chance, non ?

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Le club des artistes [Sean & Amelia]

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