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 Tel père telle fille [Leopold]

Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Dernière édition par Cassandre Harper le Dim 26 Jan 2014 - 16:20, édité 1 fois
25 Août 2007

Le massacre de la famille Richardson faisait la une de la Gazette du Sorcier ce matin-là. Lorsque Cassie était descendue pour prendre son petit-déjeuner, encore un peu ensommeillée, la première chose qu'elle avait vu était le visage de Cécylia sur le journal que lisait son père. Tandis qu'elle s'installait à table, saluant ses parents, elle s'était demandé ce que les Richardson avaient pu faire pour se retrouver à la première page du plus gros quotidien d'Angleterre. Le gros titre était dissimulé par la position du papier et elle avait commencé à manger sans vraiment y penser avec attention. Ce n'était que quand son père avait soupiré et reposé le journal que Cassandre avait reporté son attention sur lui, plutôt que sur son jus de citrouille glacé.

- Quelle histoire, avait soupiré Cornélius en secouant la tête. Par Merlin, quelle histoire...
- On se demande dans quel monde on vit, avait ajouté Elizabeth, visiblement émue.
- Si on ne peut même plus être en sécurité dans sa propre maison...
- Qu'est-ce qui s'est passé ? avait demandé Cassie en fronçant les sourcils et en attrapant le pot de confiture.

Pour seule réponse, son père lui avait tendu le journal par dessus leur table en acajou - qui faisait assez tâche dans une maison aussi modeste que celles de la Cité Nimbus - et Cassandre avait lentement reposé son verre. Toute la famille Richardson. Assassinée. Les parents, la belle-mère, les deux enfants. Cécylia. Elle n'avait jamais apprécié sa camarade mais elle avait été prise d'un vertige en comprenant qu'elle était morte. Morte. Alors qu'elle n'avait que quinze ans. Elles avaient le même âge, Cassie la connaissait depuis des années, même avant Poudlard étant donné qu'elles fréquentaient les même réceptions mondaines. Morte. Assassinée, dans sa propre maison, avec sa famille, avec son père, son frère, alors qu'elle n'avait que quinze ans. Pâle comme un linge, elle avait parcouru l'article, le cœur au bord des lèvres. Elle n'avait jamais aimé Cécylia et n'irait jamais faire son panégyrique. Mais l'idée qu'une fille de sa promotion, une fille de son âge ait été assassinée la chamboulait. Et l'idée de ne plus voir Richardson à la rentrée lui ferait étrange. Évidemment, cette histoire n'était pas sans rappeler l'assassinat de la famille O'Connor pendant les vacances de Noël et Cassie se jura d'envoyer un hibou à Darren dès qu'elle serait remontée dans sa chambre. Mais quel genre de personne n'épargnait même pas des enfants de dix ans ou des jeunes filles de quinze ans ? C'était infect. Et assez effrayant, à vrai dire. Deux familles de Sang-Pur assassinées en moins d'un an, dans leur propre maison, la nuit. Cela ne pouvait pas être une coïncidence et les Harper se sentaient forcément concernés.

- Et dire qu'elle avait l'âge de Cassie ! s'exclama Elizabeth, chamboulée, en attrapant sa baguette d'une main tremblante. Elle était dans ton année, ma chérie ? C'était une de tes amies ?
- Nous étions dans la même année mais nous n'étions pas amies.

A vrai dire, elles se détestaient cordialement. Sa mère passa un bras autour de ses épaules et déposa un baiser sur son front, réconfortante.

- Je vais dès demain renforcer le système de sécurité de la maison, déclara Cornélius, gravement. Il est hors de question que nous prenions un risque.
- Le manoir était bien plus sécurisé, répliqua Elizabeth de la cuisine. Nous étions plus en sécurité là-bas.
- Nous n'avons pas eu le choix pour la vente, Lizzie, tu le sais très bien, répondit Cornélius en fronçant les sourcils. Nous n'avions plus les moyens de l'entretenir. La vente nous a permis de mettre de l'argent de coté, pour les études de Cassandre.
- Tu n'en n'avais plus les moyens.

Sentant l'orage arriver, Cassie se leva de table sans autorisation et remonta dans sa chambre. Elle n'avait plus faim de toute manière. Elle rédigea une longue missive pour Darren qu'elle envoya avec le hibou de sa mère avant de passer dans la salle de bains, ses pensées toujours tournées vers la famille Richardson et leur assassinat. Et pourtant, la journée n'aurait pas dû se dérouler ainsi, une ombre si morbide n'aurait pas dû planer sur le vingt-cinq Août. C'était aujourd'hui la réception d'été des Harper, organisée chaque année par le patriarche de la famille, c'est à dire Gaïus, le frère de son père. C'était une grande garden party et Cassie avait attendu cette journée avec impatience même si maintenant, elle avait un goût amer dans la bouche. Elle lava ses cheveux soigneusement avant de s'assoir devant sa coiffeuse pour les tresser avec attention, laissant une partie de sa chevelure libre. Elle s'était appliquée consciencieusement, pour éviter de penser à l'assassinat des Richardson. Une fois satisfaite - une heure plus tard - elle passa une élégante robe blanche lacée dans le dos avant de se maquiller et de faire les dernières retouches avant de descendre dans le salon où ses parents étaient déjà présents et prêts, une atmosphère électrique régnant entre eux. Cela se voyait au premier regard et ils allaient avoir l'air fins devant leurs invités et le reste de la famille. Surtout que les invités étaient triés sur le volet. Si certaines personnes - comme sa tante Helen - faisaient des listes traditionnelles en invitant uniquement les grandes familles de Sang-Pur, les Harper prenaient le luxe de n'inviter que les plus influentes. C'était comme cela qu'ils s'étaient tissés un réseau au fil des siècles : ils s'étaient imposés par leurs moyens financiers et avaient pu marier leurs descendants à de grandes familles. Maintenant encore, même si leurs revenus avaient diminués par rapport à leurs apogées, les membres de la famille Harper possédaient à eux tous une fortune conséquente. Ce que le reste du monde ne savait pas, c'était que la nouvelle génération ne s'accorderait pas sur le prochain régent de la famille, ce qui risquait de diviser les revenus et donc d'amoindrir leur avantage. Enfin, ils possédaient encore des parts dans des entreprises importantes, ce qui leur garantissait encore de l'influence, assez pour être encore respectés pour le moment. De plus, leurs liens avec des familles importantes leur garantissait un certain équilibre. Pour le moment. C'était bien pour cela qu'ils se permettaient de faire la fine bouche dans leurs invités, ce qui leur avait donné une image d'arrogance. Image qui n'était pas usurpée, il fallait bien le reconnaître. Arrogants et opportunistes, voilà ce qu'on leur reprochait. Ses parents posèrent sur elle un regard appréciateur et elle saisit le bras de son père pour le transplanage d'escorte.

- Oncle Cornélius, quel plaisir !

Ils venaient d'apparaître dans le salon du grand manoir familial, dans lequel seul le régent de la famille avait l'honneur d'habiter. Les Harper n'avaient jamais eu un grand patrimoine immobilier et les autres membres de la famille devaient acheter leurs maisons. C'était aussi pour cela que les parents de Cassandre avaient perdu leur demeure londonienne. Quoi qu'il en soit, Cassie savait que les divergences sur l'héritage étaient aussi dues à ce fonctionnement : le régent de la famille dirigeait leurs investissements, la fortune et la maison familiale. C'était une place recherchée, qui revenait au premier garçon de la nouvelle génération. Gaïus Harper était l'aîné de Cornélius et avait donc pris la place naturellement. Son fils Sebastian devait lui succéder. Mais c'est là que le bât blessait. Sebastian n'avait pas encore de fils, que des filles. Et même s'il avait un fils un jour, Cassandre aurait plus de quinze ans de plus que lui étant donné qu'elle était de la cousine de Sebastian, Cornélius étant devenu père très tard. Son père avait la ferme intention qu'elle devienne la régente de la famille, changeant donc la régence de branche. Le problème étant que Sebastian avait la ferme intention de transmettre le poste de son propre père à son hypothétique fils. Ah, les histoires de famille. Rien de plus compliqué.

- Sebastian, mon neveu, c'est bien réciproque, crois-moi ! Tu as vu les nouvelles du jour ?

Tous les Harper étaient là et Cassandre mis beaucoup trop de temps à son goût pour saluer tous les membres de sa famille, y compris ceux qui vivaient désormais à l'étranger, comme les enfants de l'un des frères de son père, qui avait émigré en Chine pour y faire des affaires. Ils déjeunèrent tous ensemble dans la grande salle de réception avant de passer au jardin pour accueillir les premiers invités. Sans qu'elle sache pourquoi, ses parents ne la quittèrent pas d'une semelle tandis qu'ils saluaient tous les invités, tandis que des Elfes de Maison proposaient des rafraichissements et des petites choses à grignoter. Il faisait beau en cette journée de fin d'été et le soleil tapait fort sur les pelouses du grand jardin. Des tonnelles avaient été érigées mais tout le monde recherchait l'ombre et elles étaient prises d'assaut. Cassie avait beaucoup trop chaud et aurait tué pour pouvoir aller se baigner quelque part, histoire de se rafraichir. Quelle idée de donner des réceptions en plein soleil, aussi ! Partout où ils passaient, la mort des Richardson était sur toutes les lèvres. Heureusement qu'ils n'étaient pas invités cet après-midi, fit remarquer sa grande-tante Helen Harris, assise à une petite table sous l'une des tonnelles. Cela aurait fait tâche, ajouta-t-elle d'un air entendu. Son père semblait avoir décidé de faire le tour de toutes les personnes importantes au Ministère présentes, même si elles n'étaient pas du SPAM. C'était étonnant de sa père, lui qui était resté fidèle à son parti même après sa déstitution et Cassandre le soupçonnait de vouloir adoucir le nom Harper à leurs yeux. Après tout, il le lui avait dit clairement : il voulait qu'elle rentre elle-même au Ministère un jour et il était important qu'on la dissocie de la carrière de son père car le MIM serait encore au pouvoir dans trois ans.

- Voici les Marchebank, indiqua-t-il à voix basse en désignant Leopold Marchebank. Allons leur parler.

Mais sa mère ne semblait pas vraiment enchantée par l'idée.

- J'ai cru voir les Warlock, tout à l'heure, lança-t-elle. Je voudrais parler à Doris. Tu savais que son fils allait se marier ? L'aîné, Andrew. On ne voit plus du tout le cadet, c'est dommage tout de même.
- Meredith Marchebank est une Warlock de naissance, répliqua Cornélius en passant son bras sous celui de son épouse. Leopold Marchebank est une personnalité influente au Ministère, déclara-t-il d'un ton sans réplique.

Il les entraina vers le couple Marchebank tandis que sa mère posait sur son épaule une main un peu crispée, ce qui surprit Cassandre. Ce n'était pas la première fois qu'elle parlait à une personne importante du gouvernement, elle ne ferait pas d'erreurs.

- Monsieur Marchebank ! lança son père, avenant. C'est un plaisir de vous voir ici. Et Mrs Marchebank, cela fait longtemps que nous ne nous sommes plus croisées ! Vous connaissez certainement mon épouse, Elizabeth ? Et ma fille unique, Cassandre ?

Cassie adressa un sourire aimable au couple Marchebank et à Dave, qu'elle connaissait un peu de Poudlard, de vue, même s'ils ne s'étaient jamais parlé. La main de sa mère était toujours serrée sur son épaule, presque douloureuse. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Son père s'apprêtait à prendre la parole quand ils virent John Warlock s'approcher d'eux à grandes enjambées. Ils l'avaient déjà salué quelques temps auparavant, John et Cornélius étant assez proches. Warlock salua Monsieur Marchebank d'un signe de tête et glissa un mot à l'oreille de sa sœur qui prit congé d'eux avec un sourire, emmenant son fils avec elle. Cassie aurait bien voulu éviter de se retrouver coincée là, entre son père et Monsieur Marchebank qui allaient sûrement parler politique. Merlin sembla l'entendre, puisque son cousin Sebastian s'approcha à ce moment-là, saluant Monsieur Marchebank avec déférence et annonçant que Gaïus désirait lui parler immédiatement.

- Si vous voulez bien m'excuser, lança-t-il. Je reviens bientôt, j'aimerais vous entretenir de quelque chose, Monsieur Marchebank. En attendant, je suis sûre que mon épouse Elizabeth se fera un plaisir de converser avec vous.

Tandis que son père s'éloignait d'un pas vif et rapide, suivi par Sebastian, Cassandre sentit la main de sa mère se resserrer encore plus sur son épaule, lui faisant vraiment mal. Elle se retint de se dégager d'un geste brusque étant donné que cela ne se faisait pas en public. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?

- Comment allez-vous, Monsieur Marchebank ? s'enquit-elle lentement.

Cassie n'eut pas besoin de se retourner pour imaginer son sourire crispé. Peut-être que sa mère n'appréciait pas Monsieur Marchebank mais tout de même. Il y avait des manières à respecter. Désireuse de rattraper l'étrange comportement de sa mère, Cassandre plaqua sur son visage un sourire aimable.

- Avez-vous déjà trouvé les futurs membres de votre Département, Monsieur Marchebank ? s'enquit-elle, poliment.


   
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold s'approcha de sa soeur et posa doucement les mains sur ses épaules, avant de jeter un oeil sur le journal qu'elle lisait avec attention. Coraline recula la tête pour la laisser reposer contre son frère, sans cesser de lire pour autant. Elle ne vit donc pas le sourire aiguisé qui étirait ses lèvres, mais son ton fébrile trahissait son excitation.

"Tu as lu la nouvelle ? Les Richardson, au grand complet ! Après les O'Connor ! Je me demande si la presse a raison de lier les deux affaires, s'il y a vraiment un homme derrière ces deux crimes... En tout cas, j'ai hâte d'en savoir plus à son sujet."

"J'ai des affaires trop d'importance à régler pour m'attarder sur de simples faits divers, Leo. Nous avons fais un chiffre d'affaire exceptionnellement mauvais ce mois-ci, et cela fait plusieurs mois que les bénéfices ne sont plus ce qu'ils étaient. Et crois-moi cette histoire de Consumeuse ne fait pas les affaires de Jobarbille."

Leopold se pencha légèrement pour lire le titre de l'article sur lequel s'était attardé sa soeur, et poussa un soupir agacé. Ces ouvriers de la Cité Nimbus commençaient à s'agiter un peu trop au goût du grand patron qu'était Leopold. Pour l'heure, la Consumeuse ne faisait pas réellement de torts à Jobarbille, car même si elle amoindrissait la confiance du consommateur envers les potions, celles-ci restaient indispensables dans la vie de tous les jours. Et puis Jobarbille se chargeait des ventes directes à la population et non des approvisionnements massifs de grandes entreprises telles que Nimbus... L'empire des Marchebank n'était donc pas en réel danger mais Coraline tenait tant à son entreprise que le moindre signe négatif l'inquiétait, cela avait toujours été le cas. C'était probablement pour cela que Jobarbille prospérait, cela dit, grâce à la faculté du frère et de la soeur à sentir le vent tourner...

"Mon entreprise...", commença Leopold, avant d'être coupé par la voix tranchante de sa soeur :

"Jobarbille n'est à toi que sur le papier !"

Un petit rire amusé franchit les lèvres de Leopold, qui pressa les épaules de Coraline avant de répondre :

"Mais oui, soeurette. Tout ce que tu veux."

"Lâche-moi", répliqua-t-elle sur un ton dédaigneux, "Tu vas froisser ma robe, et je dois être présentable. "J'ai rendez-vous à la banque."

"Salue Carlog pour moi", répondit Leopold tout en s'exécutant. Il s'éloigna de quelques pas en direction de la porte avant de se retourner en direction de sa soeur, pour lâcher : "Et je saluerai les Harper de ta part."

"Fais donc", répondit-elle en lui glissant -enfin- un sourire.

Parvenu dans le Hall, Leopold retrouva son épouse et son fils qui attendaient, tirés à quatre épingles, et leur adressa un sourire approbateur avant de sortir du Manoir. Aujourd'hui, il ne tenait pas à commettre le moindre impair. Les Harper étaient des gens ambitieux qui n'hésitaient pas à inviter le meilleur du gratin à leurs soirées, et Leopold ne serait pas le seul homme important présent... Meredith, somptueuse dans une délicate robe blanche, glissa une main dans celle de Leopold et l'autre dans celle de Dave, puis ils transplanèrent. A peine arrivé, Leopold croisa son beau-frère, avec son habituel air coincé et trop sérieux. Leopold laissa le temps à son épouse et à son fils de saluer John avant de le taquiner :

"Mon cher beau-frère ! Comment se porte le SPAM ? J'ai cru comprendre que tu avais du effectuer quelques remaniements forcés... Quelle affaire, quel dommage ! Et dire que tu n'as rien vu venir..."

C'était la première fois que Leopold rencontrait John depuis l'annonce de la création du FMI, et il ne put retenir un sourire goguenard, qu'il savait insupportable pour un homme de la trempe de Warlock. John venait de connaître une scission au sein d'un parti qu'il croyait uni, trahi par un homme qu'il prenait pour un ami, le parrain de son fils... C'était probablement un sujet particulièrement sensible pour lui, et très jubilatoire pour Leopold qui prit grand plaisir à retourner le couteau dans la plaie.

"Leopold !", s'exclama Meredith d'un ton pressant, désireuse d'éviter une querelle. "Regarde, Gordon est arrivé !"

Leopold perdit quelque peu de sa suffisance, surpris et heureux de découvrir la présence de son meilleur ami. Cette réception s'annonçait particulièrement présente, quelques unes des rares personnes qu'il appréciait sincèrement seraient là, et l'actualité brûlante était sur toutes les lèvres. Coraline ne savait pas ce qu'elle manquait ! Sa soeur était trop sérieuse...

"Gordon ? Je ne savais pas qu'il serait présent ! Parfait, je devais justement lui demander des places pour le premier match de Flaquemare... A plus tard, John."

Sans laisser le temps à son beau-frère offusqué de répondre, Leo offrit son bras à Meredith qui y glissa le sien, pour pouvoir lui glisser quelques reproches furieuses à l'oreille :

"Tu ne respectes vraiment personne, Leo ! Tu sais bien que c'est dur pour lui, mets-toi deux secondes à sa place !"

"On ne m'aurait jamais trahi de la sorte", répondit Leopold avec indifférence. "Où est passé Dave ?"

Leopold observa autour de lui en fronçant les sourcils, avant d'aviser son fils quelques mètres plus loin, qui regardait les invités comme s'il cherchait quelqu'un.

"Dave !", l'appela Leopold d'un ton sec, lui intimant de le suivre. Son fils sursauta, comme pris en faute, et revint auprès de ses parents qui se dirigèrent vers Gordon Bulstrode. Leopold discuta quelques minutes avec son ami. Anciens camarades de dortoir, Gordon et Leopold s'entendaient comme larrons en foire depuis toujours, malgré leurs nombreuses divergences d'opinion. A commencer par leurs opinions politiques, puisque Gordon se sentait bien plus proches des idées du SPAM que celles du MIM, ce qui ne l'empêchait pas de mener son petit bonhomme de chemin au Département des jeux et sports magiques. Gordon lui promit ses places de Quidditch et félicita Dave pour ses excellents résultats de BUSEs, puis les Marchebank prirent congé pour saluer quelques autres personnes importantes.

C'est alors que le clou de la réception arriva, du point de vue de Leopold du moins. En apercevant l'autre branche des Harper qui venait d'arriver, il se redressa inconsciemment et se tendit, son regard survolant la foule pour se poser sur sa fille. Cassandre Harper... Elle était l'une de ses plus grandes fiertés, sans même le savoir, et il attendait toujours avec une grande impatience ces moments où il pourrait la voir. Leopold se débrouillait toujours pour avoir des nouvelles de ses deux filles cachées, Kessy et Cassandre, toutes deux à Gryffondor, mais de caractère si différents.

Leopold se crispa un peu plus en réalisant que les Harper se dirigeaient vers eux, surpris. Les Harper étaient, comme bon nombre de personnes présentes, membres du SPAM et Leopold ne les fréquentaient pas souvent. Heureusement, d'ailleurs, sinon son secret aurait probablement éclaté depuis bien longtemps. Elizabeth semblait au moins aussi crispée que lui, sinon plus, et serrait l'épaule de sa fille comme si elle avait eu peur qu'on la lui arrache. Leopold glissa un regard à Meredith, qui semblait à mille lieux de ses inquiétudes, et souriait d'un air avenant. Dave adressa également un sourire à sa camarade de classe, et Leopold l'imita, accrochant une légère grimace à ses lèvres figées. Heureusement pour le sorcier, qui put se recomposer, Meredith prit les choses en main et répondit d'un ton agréable :

"Bonjour, Monsieur et Madame Harper, le plaisir est partagé. Et je me rappelle de Cassandre, bien sûr, dans l'année de Dave n'est-ce pas ?"

Leopold les salua à son tour, son regard s'attardant sur celle qui fut autrefois son amante. Elizabeth Harper...elle lui avait fait tourner la tête, dans les couloirs du Ministère, bien des années auparavant. Et Cassandre était née, Cassandre au regard bien trop Marchebank pour être la fille de Cornélius... Leopold éprouvait un mélange de sentiments très distincts à propos de cette situation étrange dans laquelle il s'était plongé, mais celle qui prédominait était le plaisir. Il tirait une immense fierté dans le fait d'être le père de cette jeune femme, fierté décuplée par la lueur d'angoisse qu'il lisait au fond du regard d'Elizabeth et par l'ignorance totale de Cornélius. Il lui avait ravis son épouse, fut-ce le temps d'une nuit, et il n'en avait rien vu. Le coin de ses lèvres se retroussa alors qu'il adressait une banalité à Cornélius. Ils furent alors rejoints par John qui, après un salut à son égard bien trop raide pour être sincère, emmena Meredith et Dave. Parfait, Leopold préférait voir ses deux enfants aussi éloignés l'un de l'autre que possible, tout comme il préférait éviter de confronter son épouse et son ancienne amante. Quant à Cornélius, il fut entraîné par le jeune Sebastian Harper.

"Allez-y, je me ferai un plaisir de discuter avec Elizabeth en vous attendant", répondit Leopold en se retenant à grand peine de laisser exploser sa jubilation intérieure.

Le regard vif et clair du directeur papillonna de Mrs Harper à sa fille. Il n'en croyait pas sa chance ! Leopold avait là l'occasion unique de passer quelques instants seul avec sa famille, son autre famille...ou plutôt l'une de ses autres familles. Bien sûr, Elizabeth ne voyait probablement pas les choses de la même façon mais Leopold s'en moquait, elle avait été à elle un jour et elle le serait toujours, d'une certaine façon. Elle devait probablement toujours être un peu sensible à son charme, au fond, même s'il était probable que les remords aient étouffé toute affection qu'elle ait pu avoir à son égard.

"Je vais bien, merci, et vous, Madame Harper ? J'imagine que vous devez avoir beaucoup de travail de traduction ces temps-ci, avec le projet de loi sur les entreprises à l'étranger qui se précise... Je viendrai vous saluer la prochaine fois que je monte au cinquième pour travailler avec monsieur Dench."

Son sourire s'accentua et il songea que ce n'était pas une mauvaise idée. Il avait bien envie d'avoir une petite conversation en tête-à-tête avec Elizabeth, juste pour voir... Leopold sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine quand Cassandre s'adressa directement lui. Merlin, il en avait presque des palpitations ! Tournant son regard sur sa fille, il la dévisagea un moment avant de se rappeler d'activer ses neurones. Elle lui avait posé une question, et il lui fallut quelques instants pour comprendre à quoi elle faisait allusion.

"Vous voulez parler des stagiaires ?", répondit-il d'un ton plaisant. "Oh, vous savez, les choix de stagiaires ne sont pas bien difficiles à faire pour mon département. Pour une raison qui m'échappe complètement, moi qui trouve les créatures magiques que nous côtoyons fascinantes, ce département attire bien moins de candidats que la Justice, les Accidents ou les Mystères. Même les Jeux Magiques avaient plus de postulants que nous, cette année ! Je dois dire que je suis un peu déçu de cette promotion de stagiaire, hélas... Ils sont un peu trop fainéants et suffisants pour travailler au contact des créatures magiques, à mon avis."

Il haussa les épaules en signe d'impuissance, et ajouta :

"Notre Département mérite pourtant des jeunes intelligents et intéressés. Vous n'envisageriez pas une carrière au Ministère, par hasard, Cassandre ?"

Cassandre... Il n'avait pu se résoudre à l'appeler miss Harper. Elle n'était pas une Harper, pas vraiment, elle était une Marchebank, il pouvait le dire ! Cela se voyait.

"Vous m'avez l'air d'être une jeune femme ambitieuse, je me trompe ? Et brillante, comme votre mère..."



Christoph Waltz, merci à Roy
Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Il fallait toujours faire un compliment à son interlocuteur, c'était de la simple politesse. Enfin, c'est ce que Cassandre avait appris. Et elle n'appliquait cette politique qu'en dehors de l'école - même pas à Cité Nimbus d'ailleurs - juste avec les gens que ses parents fréquentaient. Le mieux était de faire un peu dans l'original ou du moins d'éviter le classique "vous êtes très en beauté ce soir" si on le pouvait. Heureusement, la mère de Cassandre avait au préalable mentionné le mariage à venir de l'un des fils Warlock et le fait que Mrs Marchebank soit justement une ancienne Warlock.

- Toutes mes félicitations pour le mariage de votre neveu, Mrs Marchebank, je trouve que Miss Greengrass et lui forment vraiment un joli couple !

En réalité, si elle voyait à quoi ressemblait Andrew Warlock pour avoir échangé quelques mots avec lui à la réception de printemps des Harris, elle avait du mal à voir le visage de Daphné Greengrass, elle identifiait seulement la famille. Mais c'était les phrases d'usage qu'il était bon de ressortir. Quel joli couple, ils seront sûrement très heureux, leurs enfants seront magnifiques, savez-vous quelle sera la couleur des ronds de serviettes ? et toutes les autres choses du genre. Peut-être que certaines filles étaient vraiment intéressées par les ronds de serviette, chacun ses passe-temps. Il existait sûrement des Katy Scott de haute naissance. Avec des robes un peu plus longues, sûrement. Mais ce n'était pas vraiment ce qui passionnait Cassandre, bien au contraire. Depuis qu'elle avait à peu près décidé de son orientation - la Justice Magique - elle s'intéressait de plus en plus à la politique. Elle avait toujours eu un avis politique, d'abord celui de ses parents avant qu'il ne s'affine au fil des années et qu'elle se retrouve entre APPEL et SPAM, mais ces temps-ci, elle s'intéressait surtout aux méandres de la politique, à ce qui pouvait se passer dans les couloirs du Ministère. Son père ne travaillait peut-être plus à la Coopération Magique mais il avait encore des liens là-bas et avait eu un poste assez haut-placé pour connaître des choses et des ficelles intéressantes. Elle adorait savoir ce qui pouvait se cacher derrière les discours bien lisses des politiciens. C'était vraiment dommage que son père ne soit plus au Ministère, pour apprendre de nouvelles choses. Lorsque que Cassandre se retrouva seule avec sa mère et Monsieur Marchebank, les paroles de son père lui revinrent à l'esprit. Si Leopold Marchebank était réellement l'homme si puissant décrit par Cornélius, il devait sûrement en savoir beaucoup sur les recoins cachés de la politique et Cassandre posa alors sur lui un regard plein d'intérêt. C'était peut-être le fait d'être la fille d'un ancien Directeur de Département ou le fait que le pouvoir soit considéré comme source de réussite dans sa famille, mais elle avait toujours été impressionnée par les hautes figures du monde magique, espérant compter parmi elles un jour.

- Mon cher mari et moi allons très bien, lança Elizabeth d'un ton courtois mais qui sonnait un peu faux aux oreilles de Cassandre. Peut-être que sa mère n'aimait pas Monsieur Marchebank ? Elle pourrait faire un effort pour le cacher un peu mieux, tout de même, un peu de tenue. Oh, c'est bien gentil à vous, mais ne vous donnez pas cette peine en faisant un détour par mon bureau, je sais que vous êtes un homme très occupé, je ne voudrais pas vous faire perdre vos temps !

Sa mère ne devait vraiment pas l'aimer. D'habitude, elle était conciliante et serviable, toujours prête à être affable avec les gens importants du Ministère, surtout si cela pouvait être utile à la carrière - ou du moins l'ancienne carrière - de son époux. Et depuis quelques mois, la politique de ses parents était assez claire : redorer un peu le nom des Harper auprès des gens du Ministère pour que Cassandre puisse y entrer plus facilement. C'était du moins l'idée de son père, alors que sa mère était beaucoup moins pour cette idée. De toute manière, Cassandre voulait travailler et faire carrière et sa mère n'aurait rien à redire à cela. Elle n'avait pas envie de rester à la Cité Nimbus et surtout pas pour organiser des thés et parler scones. La Justice Magique était vraiment ce qui l'attirait de plus en plus, même si elle ne savait pas vraiment encore quoi y faire. Avocate la tentait bien, mais elle ne s'était pas encore renseignée sur comment arriver à ce métier. Enfin, avant toute chose, il allait falloir qu'elle passe par cette fichue université moldue pendant deux ans. C'était une aberration aux yeux de Cassandre, une idiotie, c'était remettre en cause le niveau de formation de Poudlard et reculer l'âge d'entrée des jeunes sur le marché du travail. Et puis c'était surtout terriblement moldu. Elle ne savait pas comment Théo pouvait supporter d'aller à cette université, même si c'était obligatoire, et pourquoi il s'était installé à Aberyswyth alors que les quartiers magiques de tout le pays étaient bien plus accueillant pour des sorciers. Penser à Théo la renvoya immédiatement à la soirée de fin d'année et elle chassa le jeune homme loin de son esprit. Elle n'aimait pas y penser tout simplement parce qu'il était inutile de se rappeler ce qui s'était passé, ce qui aurait pu se passer, ce soir là étant donné que - comme elle l'avait prévu - il semblait avoir tout oublié. Elle ne souhaitait pas ramener le sujet sur le tapis, c'était beaucoup trop gênant, beaucoup trop humiliant pour elle d'être la fille qui avait été repoussée. Elle préférait rester la bonne amie, c'était beaucoup plus confortable comme statut. Enfin, c'est ce qu'elle aimait se dire étant donné qu'elle était là d'être à l'aise à cette place et éprouvait à chaque fois un léger pincement au cœur. Mais il ne servirait à rien de lui en parler, du moins pas pour le moment, et elle préférait cette situation à une autre.

- Oui, des stagiaires qui commenceront en septembre, confirma Cassandre avec un signe de tête.

Elle savait que Théo rentrerait au Département de Réparation des Accidents de Sorcellerie et que Darren avait été pris dans une équipe de Quidditch pour être formé, les Pies de Montrose. Cassandre ne suivait pas vraiment le Quidditch mais si Darren était chez les Pies, alors elle voulait bien soutenir les Pies. Irving quittait également l'école mais c'était en raison d'un déménagement, il n'avait pas encore terminé ses études. Mais elle était curieuse de savoir si certains septième année qu'elle connaissait, au moins de nom, s'étaient orientés vers les créatures magiques. Elle savait que Nora aimait beaucoup cette matière mais elle rentrait en sixième année et n'était pas encore concernée pour trouver un emploi. Si Cassandre avait découvert - et apprécié - la vie sociale cette année, le fait d'avoir des amis ou du moins des gens qu'elle appréciait, avait également un désavantage : ils finiraient tous par la quitter et cela avait déjà bien commencé. Darren et Théo avaient terminé leurs études tandis qu'Irving partait en France. Quant à Nora, elle avait un an de plus qu'elle et partirait aussi avant que Cassie n'ait ses ASPICS. Si seulement elle pouvait avoir des amis de son âge, les choses seraient sûrement plus faciles. Mais elle s'entendait bien plus aisément avec des gens plus âgés qu'avec les personnes de son année, même si certaines pouvaient faire exception. Amely, tiens. Elles ne s'étaient pas reparlé depuis la Laponie - souvenir que Cassandre avait voulu effacer de sa mémoire - mais elle pouvait encore le faire, cela pourrait être bien, peut-être. Pendant le voyage, Amely et elle avaient discuté de manière cordiale et même après leur retour, Amely avait tenté de continuer de parler à Cassandre, même si elle aurait voulu tout oublier du voyage. Oui, elle irait lui parler. Dès septembre. Tandis que Monsieur Marchebank lui répondait, Cassie se dégagea discrètement de la main de sa mère sur son épaule, étant donné que celle-ci avait encore resserré sa prise. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Même si elle n'appréciait pas le Directeur du Département des Créatures Magiques - alors qu'il semblait tout à fait sympathique si on se basait sur la manière dont il s'adressait à elle - ce n'était pas une raison pour lui broyer l'épaule, elle y tenait.

- J'envisage en effet une carrière au Ministère, au Département de la Justice Magique, pour faire dans l'originalité, pardonnez-moi Monsieur Marchebank. Rien n'est vraiment décidé mais c'est une branche du Ministère qui m'intéresse vraiment, notamment le Mangenmagot et les avocats. 

Elle n'avait pas très envie de devenir Auror, Baguette d’Élite ou membre de la Police Magique, elle préférait un métier intellectuel à un métier physique et elle aimerait éviter de risquer sa vie tous les jours. Et puis rentrer dans les forces de l'ordre permettait une évolution moindre qu'un métier administratif où on pouvait gravir les échelons pour arriver dans les hauts rangs du Ministère de la Magie. Elle fut agréablement surprise par le compliment que lui offrit Monsieur Marchebank et un sourire réjoui naquit sur ses lèvres. Dans ce genre de réception, on parlait rarement de son ambition ou de ses capacités scolaires, plutôt de sa jolie robe ou de sa coiffure, alors qu'elle préférerait largement parler de ses projets d'avenirs avec les gens qui seraient peut-être ses futurs employeurs. L'avantage d'appartenir à une famille Sang-Pur, c'est que vous aviez déjà un réseau constitué naturellement, étant donné que vous fréquentiez du beau monde, des gens parfois très haut placés dans l'échelle sociale, dès votre jeunesse. De plus, les mariages entre famille permettait de se reposer sur les liens familiaux de temps à autre, ce qui avait permis à son père de retrouver un emploi presque tout de suite alors que appartenance ouverte et revendiquée au SPAM l'handicapait dans un monde qui avait voté MIM aux élections. Mais si votre naissance vous donnait accès un réseau conséquent, il fallait néanmoins développer ce réseau si vous souhaitiez vous en servir et c'était quelque chose que les garçons étaient poussés à faire, les filles moins. On demandait beaucoup plus aux jeunes femmes de chercher les garçons célibataires qui pourraient leur plaire qu'autre chose. En tout cas, parler avec un Directeur de Département était une occasion que Cassandre n'allait pas laisser passer.

- Je n'irai pas jusqu'à me qualifier de brillante mais...

Bien sûr que si, elle irait jusque là sans hésiter une seconde. Mais c'était quelque chose qu'elle avait appris à ne plus dire, du moins pas à des personnes comme Leopold Marchebank.

- ... je suis assez satisfaite de mes résultats scolaires aux examens de fin d'année.

Et elle avait de quoi, avec quatre O dans des matières importantes !

- Quant à l'ambition... Je vais peut-être vous paraitre suffisante mais j'ai toujours pensé que c'était une bonne chose et je suis heureuse d'en être dotée. Sans ambition, personne ne va nulle part même si le terme est très connoté de nos jours. C'est important de se donner les moyens de sa réussite, même si cela ne plait pas toujours.

Combien de fois avait-on dit qu'elle aurait dû finir à Serpentard et pas à Gryffondor ? Bon, il était vrai qu'elle se reconnaissait des qualités très Serpentard, dont une ambition importante et une certaine détermination que certains pourraient qualifier d'arrivisme. Cassandre préférait l'expression "saisir les opportunités qui s'offraient à elle". Et elle parlait justement à un Directeur de Département... Avoir un stage était toujours une bonne chose sur un CV et si Cassie pouvait en faire dans plusieurs Départements, ses candidatures après sa septième année en seraient renforcées.

- Monsieur Marchebank, vous disiez que votre Département manquait de jeunes gens motivés ? J'ai l'option Soin aux Créatures Magiques à Poudlard, j'y ai obtenu un E cette année. Même si je dois vous avouer que je n'ai pas pour l'instant le projet de m'orienter vers les créatures magiques, je serai enchantée de faire un stage dans votre Département, cela doit être passionnant de voir le fonctionnement interne du Ministère. Surtout que votre Département doit être un Département très animé ! ajouta-t-elle, avec un enthousiasme sincère.

Sa mère choisit ce moment-là pour remettre sa main sur son épaule.

- Cassandre, chérie, n'embête pas Monsieur Marchebank avec ce genre de choses. Il est sûrement débordé et c'est très cavalier de lui demander s'il peut t'accueillir dans son service, ses employés sont également très occupés. Surtout que l'été se termine bientôt. Tu trouveras sûrement un stage ailleurs, chez Nimbus, par exemple. Le Département de Monsieur Marchebank n'est pas un endroit pour toi, lança-t-elle, soudain glaciale.  

Cassandre retint une remarque acide, non pas par égards pour sa mère mais parce qu'elle refusait de lancer une dispute en public. Le Département des Créatures Magiques était sûrement un très bon Département et on devait y faire des choses très intéressantes, sa mère n'avait pas à dire le contraire. Cassie était sûre qu'elle pourrait y apprendre des choses et y trouver une place, en tant que stagiaire. Qu'est-ce qu'elle insinuait ? Qu'elle était trop jeune ou trop fragile pour un tel Département ? C'était n'importe quoi, songea-t-elle en jetant un regard noir à sa mère. Elle était certaine d'avoir les capacités pour travailler là-bas si elle le désirait. De plus, trouver un stage au Ministère à son âge n'était pas très facile. Le Département de la Justice accordait peu de stages et ils allaient surtout aux dernières années, le Département des Mystères n'en n'accordait pas du tout et tous les autres étaient moins intéressants. Quant à la Coopération, certains anciens collègues de son père la prendrait sûrement en stage si elle en faisait la demande mais elle n'était pas sûre que Dench accepte la fille de l'ancien Directeur. Pourquoi sa mère voulait-elle ficher ses chances en l'air ? Furieuse, elle décida de reprendre la parole malgré ce qu'avait dit sa mère et malgré ce que pourrait penser Monsieur Marchebank de son caractère tempétueux. Même s'il lui refusait le stage, elel refusait de laisser sa mère agir comme ça. Et puis de toute manière, elle ne voulait pas de stage chez Nimbus. Elle avait soutenu la pétition - mettant son père dans une situation très inconfortable vis à vis de Lawrence - et on lui refuserait sûrement, malgré les liens familiaux qui l'unissaient aux Nimbus de Pompadour. Et Jordan essayerait sûrement de l'étrangler avec une brindille de balai. Et puis quoi qu'il en soit Cassandre voulait faire carrière au Ministère de la Magie et personne ne l'en empêcherait, surtout pas sa mère et ses idées rétrogrades de mariage.

- Je suis désolée si j'ai été cavalière à vos yeux, Monsieur Marchebank, c'est mon enthousiasme qui parlait. Je pense sincèrement que toute expérience est bonne à prendre et qu'un stage dans votre Département serait quelque chose de très enrichissant sur tous les points. Je trouve que votre Département est sous-estimé, vous êtes au cœur de la politique sorcière. Les relations entre sorciers et créatures magiques sont en évolution perpétuelles, il faut discuter et renégocier, encore et toujours, un véritable travail de diplomate qui assure la paix intérieure de notre société magique, notamment la courtoisie de nos relations avec les créatures pensantes, qui sont indispensables au fonctionnement des sorciers, ne serait-ce que les Gobelins qui sont responsables de notre système monétaire et donc de notre économie. Le Département des Créatures Magiques est également au cœur de l'actualité, notamment des débats concernant le Secret Magique car c'est vous qui gérez les créatures qui posent problèmes aux moldus et même si les Oubliators sont impliqués, c'est votre participation qui permet de faire rentrer les choses dans l'ordre. Je pense honnêtement que votre Département est sous-estimé, Monsieur Marchebank, au profit de Département plus gros. Et même si pour des raisons personnelles et des ambitions autres, je ne souhaite pas m'y engager, j'estime qu'il est gratifiant pour n'importe quel sorcier de pouvoir participer ne serait-ce qu'un peu à l'un des centres névralgiques de notre société.

Cassandre jeta un regard de défi à sa mère. Elle l'avait cherché, sur ce coup-là.


   
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"C'est compréhensible, et un choix de carrière très honorable", répondit Leopold avec indulgence, une pointe d'amusement visible dans son regard. Ainsi donc, sa fille voulait travailler à la Justice Magique... Voilà qui promettait d'être intéressant. Leopold avait presque hâte qu'elle termine ses études et se lance à l'assaut du Ministère, quelque chose lui disait que la situation pouvait être tournée à son avantage. A l'inverse, si le karma existait vraiment et que la Justice finissait par le rattraper, il serait assez ironique de rencontrer sa progéniture dans une cour du Magenmagot. L'amusement de Leopold augmenta d'un cran lorsque Cassandre mis en avant ses résultats scolaires et vantait les bienfaits de l'ambition. Merlin, elle prêtait un convaincu, songea-t-il en jetant un regard jubilatoire à Elizabeth. Savoir se donner les moyens de ses ambitions était un art dans lequel il était passé maître, et il n'y avait pas besoin de chercher bien loin pour s'avoir d'où Cassandre tirait une telle façon de penser.

"Je ne l'aurais pas mieux dit moi-même. On n'arrive pas Directeur de Département sans ambition, mais je suis persuadé que votre père vous aura déjà fait cette leçon. Vous avez de qui tenir, miss Harper..."

Leopold résista tant bien que mal à l'envie d'envoyer un clin d'oeil à la mère de sa fille, persuadé qu'elle n'hésiterait pas à lui envoyer quelques sorts très douloureux s'il lui prenait l'envie de révéler la vérité - ou même de la laisser entendre. Leopold avait promit qu'il garderait le secret de la naissance de Cassandre et entendait s'y tenir, peu persuadé que la réaction de son fils à cette nouvelle soit très favorable. Non, il valait mieux ne pas mélanger enfants légitimes et enfants hors mariage, c'était mieux pour tout le monde, et certainement mieux pour sa réputation. Même si l'idée de révéler à cet insupportable pompeux de Harper qu'il était cocu était particulièrement jubilatoire. Toujours est-il qu'il discutait pour la première fois avec sa fille de façon un peu plus poussée qu'une simple salutation de politesse et c'était à la fois agréable, surprenant et légèrement dérangeant. 

La conversation prit alors un tour inattendu tandis que Cassandre se proposait pour un stage dans son département. Leopold haussa des sourcils étonnés, n'en croyant pas ses oreilles. Quel coup du sort, pour la famille Harper, songea-t-il en vrillant un regard dans celui d'Elizabeth. A en juger par son intervention, il y avait très peu de chances pour qu'elle laisse faire une telle chose... Voilà qui poussait Leopold à tout faire pour que ce stage ait lieu. Il n'était pas exactement sûr de la façon dont il pourrait influencer les choses au sein de la famille Harper, ni de s'il avait envie de le faire, mais l'idée de passer plus de temps avec sa fille était trop tentante pour qu'il la laisse filer. S'il pouvait provoquer une certaine panique chez son ancienne amante, c'était un bonus tout à fait appréciable. Peut-être viendrait-elle le voir en privé pour tenter de l'en dissuader... Douce perspective.

Leopold éclata de rire devant le plaidoyer de la jeune fille et répondit avec bonhomie :

"Eh bien, miss Harper, quelle argumentation ! Si seulement les stagiaires de mon département montraient une telle fougue ! Je suis amplement convaincu, et comme je le disais tout à l'heure, je suis toujours ravi lorsqu'il s'agit de faire naître de jeunes vocations. Je peux vous proposer un stage aux vacances de Noël, une semaine, qu'en diriez-vous ? Le Département est très amusant à cette époque de l'année, il fourmille de créatures étrangères en tout genre qui sollicitent une autorisation d'entrée sur le territoire. Peut-être aurez-vous même la chance de croiser quelques créatures de Noël venues de Finlande. Et certaines réformes mises en chantier après l'élection d'Alan Fiennes sont en pleine élaboration, c'est assez intéressant à observer. Qu'en pensez-vous, madame Harper ? Nous ne pouvons tout de même pas laisser Cassandre passer à côté d'une telle opportunité, n'est-ce pas ?"

Son sourire s'agrandit alors qu'il lâchait, mine de rien :

"Je vous promets d'en prendre soin comme de ma propre fille." 



Christoph Waltz, merci à Roy
Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Son père n'aurait pas agi ainsi, songea Cassandre férocement tandis que sa mère ne semblait toujours pas décidée à lâcher son épaule comme si elle avait peur qu'elle s'échappe ou que Monsieur Marchebank tente de l'arracher à sa poigne. Elle n'avait pas à avoir peur, Cassie était sûre que même si un troll essayait, sa mère la tenait si fort qu'elle ne bougerait pas. Son père avait de l'ambition pour elle, elle le savait depuis toujours et cette idée s'était accentuée l'été dernier lorsqu'il avait été renvoyé du Ministère de la Magie par Fiennes juste après son élection. La tête de Cornélius Harper n'avait pas été la seule à sauter pour que le Ministre puisse placer ses sbires dans une pathétique manœuvre politique. Kingsley Shacklebot avait eu l'intelligence, lui, de conserver les meilleurs éléments à la tête de son gouvernement afin de mener le pays à la reconstruction puis à la consolidation, même si ce gouvernement n'était pas forcément de son bord politique. Même en étant le leader du SPAM, John Warlock avait dirigé la Justice Magique aux cotés de Shacklebolt tout comme son père s'était illustré à la Coopération Magique durant des années et avait œuvré pour la reconstruction des liens entre le Royaume-Uni. Mais Fiennes ne semblait pas s'attacher à ce genre de considérations puisqu'il y avait placé des inexpérimentés comme ce Dalnox qui semblait sortir à peine de Poudlard et qui en plus avait été impliqué dans l'affaire Ana Sorden ce qui le maintenait au plus bas dans l'échelle d'estime de Cassandre, ce qui n'était pas peu dire.

Quoi qu'il en soit, depuis son renvoi du Ministère de la Magie, le père de Cassandre voyait en sa fille unique la personne qui ferait de nouveau briller le nom des Harper et son nom à lui au Ministère de la Magie. Les Harper avaient toujours été une famille emplie d'ambition et les membres rivalisaient de talent pour s'illustrer au sein même de la famille. Contrairement aux autres familles de Sang-Pur qui fonctionnaient souvent dans une dynamique d'unité pour rayonner et s'imposer auprès des autres, les Harper étaient en compétition non seulement avec les autres mais également entre eux afin d'être la branche la plus reconnue et donc la plus puissante et ainsi avoir la chance de prendre la tête de la famille s'ils en avaient l'occasion. C'était actuellement l'oncle de Cassandre qui était à ce poste et son fils, le père de Cordélia prendrait sa suite. Mais si Cornélius n'avait pas eu la place de son frère de par sa place de cadet, il la briguait pour sa fille avec acharnement plutôt que pour la fille de Sebastian, que tout le monde estimait douce et gentille, peut-être même un peu trop pour pouvoir tenir tête au reste du monde. Cassie savait qu'il n'en n'était rien, elle connaissait suffisamment Cordélia pour savoir qu'elle était une enfant redoutable et manipulatrice qui se cachait derrière une facade d'adorable petite gamine. Mais cela ne changeait rien au fait que Cassie se voyait plus que bien en régente de la famille Harper, une place qui lui revenait assurément de droit. : elle était plus âgée que Cordélia et même si sa cousine était sûrement une future Serpentard – elle en mettrait sa baguette au feu – Cassandre estimait qu'elle dirigerait la famille d'une manière bien plus ferme que Cordélia qui cherchait toujours à faire plaisir à tout le monde pour rester estimée. C'était loin d'être le cas de Cassie : bien au contraire.

Et afin de multiplier ses chances d'accéder à ses ambitions, Cassandre savait parfaitement qu'un métier prestigieux l'aiderait beaucoup auprès de sa famille mais également dans la progression qu'elle espérait faire au Ministère de la Magie. Son père la voyait reprendre sa place en politique mais si elle avait pensé suivre cette voie un temps, elle s'en éloignait de plus en plus pour se diriger vers la Justice Magique. Elle ne se voyait plus vraiment politicienne même si elle avait une position politique bien affirmée. Enfin, cette idée pouvait être nuancée : briguer un haut poste au Ministère de la Magie, c'était forcément faire de la politique, il fallait des relations, des soutiens et savoir à qui se fier pour survivre malgré tous les changements politiques. Et même si elle avait encore du temps pour se décider et se lancer dans le grand échiquier du Ministère de la Magie, Cassandre savait déjà que son dossier d'entrée dans un des services les plus prestigieux, si ce n'était le service le plus prestigieux, et ce qui pouvait clairement la distinguer de ses autres camarades étaient les stages d'été qu'elle pouvait faire au Ministère. Décrocher un stage auprès de Monsieur Marchebank serait assurément un énorme plus et plus sa mère essayait de l'en éloigner, plus Cassandre était déterminée à l'obtenir pour prouver à Elizabeth qu'elle n'avait rien à dire à ce sujet. Au contraire ! Elle devrait faire comme son père et l'encourager, la pousser, la soutenir pour qu'elle puisse faire une grande carrière. Cassandre refusait de faire parti de ces filles qui espéraient briller par un mariage et le prestige de leur mari dans une tradition ancestrale et misogyne. Elle comptait faire son nom – et surtout son prénom – par elle-même et non pas en épousant quelqu'un. Elle avait autre chose à faire de sa vie, merci pour elle, aussi fut-elle ravie de voir que Monsieur Marchebank acceptait sa demande – pourtant cavalière – de stage. Réprimant un immense sourire réjoui pour se contenter d'un sourire poli et reconnaissant, que sa mère ne lui reproche pas en plus ses manières, Cassandre savoura cet instant de contentement à l'idée qu'elle venait de décrocher son premier stage au Ministère.  

- Je serai plus que ravie de voir cela, Monsieur Marchebank, assura Cassandre. Cela sera ma première expérience au Ministère, mon premier stage. J'espère ne pas vous décevoir et je vous remercie grandement pour cette occasion unique !

Sa mère posa sa deuxième main sur son épaule ce qui agaça Cassandre au plus haut point tandis que Monsieur Marchebank déclarait qu'il prendrait soin d'elle comme de sa propre fille. Elle s'apprêtait à se dégager une nouvelle fois de manière plus ou moins discrète lorsque Elizabeth prit la parole, d'un ton qui aurait pu paraître cordial si on ne connaissait pas sa mère mais Cassie savait qu'il n'en n'était rien et qu'elle était même furieuse intérieurement sans que Cassandre ne sache pourquoi. Même si sa mère détestait voire même haïssait Leopold Marchebank pour des raisons variées – après tout, il était à un poste que Cornélius n'avait plus – ou même si elle détestait son attitude en société – Monsieur Marchebank était connu pour son irrévérence décomplexée – elle aurait dû se montrer ravie qu'il lui propose ainsi un stage de manière aussi généreuse. Enfin, qu'il accepte la demande de stage spontanée que Cassandre venait de faire. Passer une semaine dans son Département n'allait rien changer et ce même si sa mère le détestait.

- Je crains fort que cela ne soit pas possible, nous serons absent en Décembre, les affaires de Cornélius. J'espère que vous comprenez, Monsieur Marchebank. Je suis sûre que  Cassandre aura l'occasion de trouver un autre stage dans un autre Département cet été, nous ne voudrions pas vous importuner. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'aperçois Doris Warlock et je dois l'entretenir de quelques informations.

Cassandre ouvrit la bouche pour protester mais sa mère ne lui en laissa pas le temps et l'entraina de Monsieur Marchebank comme si elle fuyait quelque chose. Une fois qu'elles furent en dehors de sa vue,  Cassie se dégagea de la poigne de sa mère et se planta face à elle, furieuse.

- J'ai besoin de stages pour avoir un bon dossier au Ministère, tu le sais très bien ! A quoi cela sert de connaître des gens si on ne se sert pas de ses relations ?
- Un stage au Département des Créatures ne t'apportera rien du tout ! Si tu veux un stage, tu en auras un à la Justice, cela te servira bien plus qu'autre chose ! Ton père peut en parler à John Warlock, tu sais bien qu'il sont amis et il doit encore avoir des contacts au sein du Département. Sebastian pourra également te prendre en stage, pas la peine de t'occuper de classer des dossiers sur  les Botrucs en Cornouailles, Cassandre.
- Mais je...
- Aucune protestation, jeune fille. J'ai dis non.

Cassandre releva le menton et croisa les bras sur sa poitrine.

- Tu as dis non. Père dira oui. Et c'est tout ce qui compte, déclara-t-elle avant de tourner les talons.

Son père comprendrait. Son père comprenait toujours.

RP TERMINE


   
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