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 La bague au doigt [Théo]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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13 Septembre 2007

Installée dans l'un des fauteuils de la bibliothèque, Rosaleen était plongée dans un livre de métamorphose, relevant les yeux de temps à autres pour les poser sur Oreste qui travaillait en face d'elle, installé sur une table. Il commençait à se faire tard et elle avait dû allumer des chandelles pour qu'ils puissent continuer à rester dans la pièce, la luminosité déclinant au dehors, le jardin du manoir Rosier se retrouvant peu à peu plongé dans l'obscurité. Ils recevaient ce soir et pourtant, Oreste en était encore à faire ses devoirs. Ils avaient dû tous les deux reprendre le rythme scolaire au début du mois, l'été étant désormais terminé. Oreste suivait les cours d'un précepteur tout au long de l'année et avait donc des leçons tous les soirs. Mais il semblait que le garçon regrettait son oisiveté estivale car lorsque Rosaleen avait contrôlé ses travaux une heure auparavant, par réflexe, il s'était avéré que ces derniers n'étaient pas complétés. Elle l'avait réprimandé - les études étaient très importantes, surtout pour un garçon, surtout pour un héritier de la famille Lestrange - et malgré le dîner qui devait avoir lieu ce soir, elle l'avait installé dans la bibliothèque afin qu'il fasse ce qu'il avait à faire. D'habitude, elle participait à l'organisation du diner, surtout quand ses sœurs n'étaient pas là mais cette fois-ci, sa grand-mère l'avait simplement enjoint à se préparer avec attention. De toute manière, elle se préparait toujours avec attention, même quand ils ne recevaient pas. Elle portait donc sa jolie robe bleu clair, celle qui était toute légère et satinée, qui faisait très sorcière des années 1960. En réalité, c'était une ancienne robe de sa mère que leur Elfe de Maison avait arrangée, et étant donné que cette coupe revenait à la mode, tout le monde n'y voyait que du feu et la pensait neuve. Elle adorait cette robe, vraiment. Elle en était là de ses pensées - faisant semblant d'ignorer les soupirs bruyants et peu élégants d'Oreste qui voulait visiblement lui transmettre un message - quand sa grand-mère pénétra dans la bibliothèque, vêtue de l'une de ses robes les plus élégantes. Rosie voulait bien comprendre que les Rosier et les Lestrange avaient un rang à tenir, mais ils recevaient les Nott ce soir, qui étaient de bons amis. Ce n'était pas la peine de faire dans le si fastueux pour un simple dîner entre amis, si ? En tout cas, ce n'était pas dans les leçons que Rosaleen avait apprise pour devenir une parfaite hôtesse. Honnêtement, l'un des nombreux avantages du mariage serait de pouvoir organiser les réceptions elle-même, plutôt que d'en laisser le commandement à sa grand-mère, qui en faisait toujours trop à ses yeux. Mais cela, évidement, elle ne lui dirait jamais.

- Les Nott ne vont pas tarder à arriver, annonça-t-elle d'un ton impatient. Êtes-vous...  Oreste, puis-je savoir ce que vous faites, jeune homme ?
- Je n'ai pas fait mes leçons après le départ de Maitre Lucian, avoua le petit garçon piteusement, en baissant les yeux.

Rosaleen vit clairement les sourcils de sa grand-mère se froncer et les commissures de ses lèvre s'agiter. Sentant venir l'orage, Rose referma délicatement son livre avant de le reposer sur une étagère à proximité. Ce dernier s'envola aussitôt au dessus des rayonnages pour reprendre sa place entres les anciens ouvrages qui composait la petite bibliothèque des Lestrange. Le rayon métamorphose n'était pas assez fourni à son goût mais elle avait accès à la bibliothèque de l'Institut Lycaon de manière illimitée, aussi, ce n'était pas tellement un problème. Elle n'avait pas envie qu'Oreste se fasse réprimander, surtout que c'était elle qui lui avait dit d'attaquer ses devoirs maintenant, aussi se leva-t-elle doucement pour intervenir. Mais sa grand-mère sembla soudainement se détendre et leur adressa même un sourire.

- Ce n'est pas grave, tu te lèveras bien plus tôt demain matin pour terminer. Pose donc cette plume, tu vas avoir des tâches d'encre sur les doigts. Mais que je ne t'y reprenne plus, Oreste Lestrange ! ajouta-t-elle sévèrement. La paresse ne mène à rien. Le destin de ta famille repose sur tes épaules et tu dois te donner les moyens d'aller au plus loin. Maintenant file. Je dois parler à ta sœur.

Oreste ne se le fit pas dire deux fois et fila avant même que sa grand-mère ait pu ajouter un mot. Rosaleen le suivit du regard avec un sourire en coin avant de reporter son attention sur Daria, qui l'observait avec attention.

- Tourne donc un peu, ordonna-t-elle, une étincelle de tendresse au fond des yeux.

Rosaleen s'exécuta consciencieusement, sous le regard scrutateur de sa grand-mère qui finit par lui adresser un nouveau sourire, visiblement satisfaite.

- Tu es absolument ravissante, affirma-t-elle. Ta mère serait très fière de toi. Tu lui ressembles beaucoup au même âge. Elle avait fait tourner de nombreuses têtes, mais ton père était le meilleur parti. A l'époque, du moins, ajouta-t-elle avec amertume.

Rosaleen fit le choix d'ignorer la dernière remarque sur son père - qui était tristement vraie - et se contenta d'incliner la tête avec un sourire.

- Je vous remercie, grand-mère.

Daria sembla sur le point d'ajouter quelque chose mais elle se ravisa soudainement et invita sa petite-fille à descendre. Les chandelles étaient allumées partout dans le manoir, donnant un aspect très chaleureux au tout. Et pourtant, contrairement à ce que l'on pouvait penser en rencontrant les propriétaires, ce petit manoir appartenant à la famille Rosier était en général très chaleureux avec ses bois clairs, sa petite taille, ses épais tapis et ses meubles confortables. Le manoir de l'enfance de Rosaleen, qui avait pourtant été son foyer durant onze ans, était par exemple beaucoup moins accueillant que la maison de ses grands-parents qui donnait envie de s'installer dans le salon, devant la cheminée. Rosaleen descendit l'escalier, précédée de sa grand-mère et arriva directement dans le salon, où son grand-père était installé, Oreste à ses cotés, l'entretenant visiblement de sa journée avec ardeur. Elle entendait des bruits de vaisselle dans la salle à manger voisine et en déduit que leur Elfe avait encore pris du retard dans l'installation du couvert. Ce n'était pas vraiment sa faute en plus. C'était un Elfe relativement efficace mais sa grand-mère lui demandait toujours beaucoup de chose alors il était vite dépassé. Il suffisait de voir le menu de ce dîner pour voir que Daria avait encore des goûts de luxe d'avant-guerre, alors qu'ils ne pouvaient décemment pas se le permettre. Le propre d'une bonne maîtresse de maison était de composer avec les revenus du ménage, pas de vivre au dessus de ses moyens. Tout le monde ne pouvait pas avoir le budget des Marchebank. Trop dépenser maintenant n'était pas une bonne idée, car ils devraient encore dépenser pour des cadeaux de Noël, peut-être une réception pour les fêtes et des tenues pour le réveillon du Nouvel An des Nimbus de Pompadour. Les Nott n'allaient pas se formaliser si on leur servait un repas simple mais élégant, non ? Ravalant son agacement, Rosaleen plaqua un sourire sur ses lèvres et s'installa sur le canapé aux cotés de son grand-père, qui écoutait Oreste avec attention. Reda et Reyna étaient à Poudlard, ainsi qu'Artémis, la sœur de Théo, ce qui leur permettrait d'avoir un repas en petit comité. Elle aimait beaucoup Théo et avait hâte de l'entretenir au sujet de son ressenti sur sa prochaine rentrée qui arrivait à l'Université Magique. Mrs Nott et sa grand-mère s'étaient beaucoup vues ces derniers temps, ce qui lui avait permis d'avoir des nouvelles de Théo régulièrement, mais c'était toujours plus agréable en face à face. La sonnette de la porte retentit et Rose entendit les pas précipités de l'Elfe qui se dépêchait d'aller ouvrir. Elle se leva, lissa le devant de sa robe dans un réflexe, ajusta son médaillon, vérifia la tenue d'une mèche dans sa coiffure et eut le temps de voir sa grand-mère ajuster le col de la robe d'Oreste avant que les Nott ne soient introduits dans leur salon.

- Aurora ! s'exclama sa grand-mère en s'avançant vers cette dernière. Quel plaisir de vous voir ! Et le jeune Théo Nott, cela fait longtemps que je n'ai plus eu l'honneur de vous avoir à ma table. Vous ressemblez énormément à votre père, ajouta-t-elle avec un sourire.

Son grand-père s'avança également et salua galamment Mrs Nott avant de s'enquérir de nouvelles de son mari, qui était emprisonné à Azkaban au même titre que Rasaben. Ils avaient été arrêtés le même jour, lors de la Bataille de Poudlard. Il serra également la main de Théo avec vigueur, son regard perçant s'attardant sur lui avant qu'il n'ait à son égard un sourire approbateur.

- Aurora, vous connaissez mon petit-fils, Oreste, mais je crois que Théo n'a pas ce plaisir, lança sa grand-mère en faisant avancer Oreste.

Rosaleen adressa un sourire sincère à Théo avant de le saluer chaleureusement, prenant un peu plus de réserves pour Mrs Nott, à qui elle n'avait jamais vraiment parlé, malgré sa présence régulière au manoir. Sa grand-mère recevait toujours lorsqu'elle était à l'Académie.

- Le dîner est déjà servi, passons-donc à la salle à manger ! annonça Daria avec enthousiasme.
- J'ai rarement vu ma grand-mère aussi ravie de recevoir, souffla Rose à l'adresse de Théo, tandis qu'ils passaient à la salle à manger. Peut-être bien que tu lui fais de l'effet, ajouta-t-elle avec malice et un immense sourire.

Ils s'installèrent tous autour de la table tandis que leur Elfe réapparaissait avec les entrées et le vin. Rosaleen avait été placée à coté de Théo, Mrs Nott et Oreste en face d'eux tandis que ses grands-parents ornaient les deux bouts de table.

- Si vous saviez comme je suis ravie de vous recevoir ici, Monsieur Nott ! annonça sa grand-mère en souriant. Je propose que nous levions nos verres à un jour historique pour nos deux familles !

Intriguée, Rosaleen saisit néanmoins son verre. Un jour historique pour les Nott et les Rosier-Lestrange ? Le premier jour où ils ont dégusté du saumon à la sauce Chapeaurouge ? Elle échangea un regard surpris avec Théo. Soudain, il lui semblait que la pièce était beaucoup moins chaleureuse tandis qu'une sensation étrange s’immisçait en elle. Qu'est-ce que sa grand-mère pouvait encore avoir manigancé ?


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"Non, pas celle-ci !"

Théo tourna un regard surpris vers l'entrée de sa chambre, et avisa sa mère dans l'encadrement de la porte. Vêtue de sa plus belle robe, Aurora l'observait d'un oeil critique, avec ce qu'il crut reconnaître comme de l'anxiété dans le regard. Interloqué, Théo reposa le cintre qu'il venait d'attraper et attendit que sa mère le rejoigne. Après avoir fouillé un instant dans sa garde-robe, la sorcière attrapa une robe grise de haute facture, qu'il ne mettait qu'aux plus grandes occasions.

"Celle-ci", affirma-t-elle avec satisfaction, en lui tendant le vêtement. Théo saisit le cintre et considéra la robe avec étonnement.

"N'est-ce pas un peu trop habillé pour ce soir ?", s'enquit-il doucement, pour ne pas contrarier sa mère. Elle était sur les nerfs, ces derniers temps, même si leur relation s'était légèrement apaisée depuis qu'il avait déménagé. Théo avait mit cela sur le compte de son travail de secrétariat qui devait être stressant, mais il commençait à se dire que c'était bien avec lui qu'elle avait un problème. Aurora avait été tendue toute la journée, sans raison apparente. Lui qui avait cru que ce repas chez les Rosier, que sa mère appréciait beaucoup, lui ferait plaisir...

"Non, ce sera parfait", répliqua Aurora d'un ton sans appel. Soudain, son visage se détendit légèrement et un sourire s'étira sur ses lèvres minces. La sorcière leva la main et lui caressa doucement la joue.

"Je suis fière de toi, Théo", affirma-t-elle en le sondant du regard.

Le jeune homme lui sourit en réponse mais dut s'efforcer de ne pas détourner les yeux, nerveux. Pourquoi Théo avait-il l'impression qu'elle tentait de s'en convaincre ? Le jeune homme pouvait presque sentir l'ordre qu'elle lui lançait, par cette phrase en apparence affectueuse. "Rend-moi fière de toi, sinon...". Mais il devenait sans doute paranoïaque. Tandis que sa mère quittait la pièce pour le laisser se préparer, Théo se morigéna. Aurora n'avait probablement pas changé d'attitude à son égard, c'était lui qui était devenu beaucoup plus attentif à son comportement vis-à-vis de lui, à ses attentes et à ses réactions, après des années passées sans grande communication entre la mère et le fils. Poussant un soupir, il entreprit d'enfiler la robe grise pour se changer les idées et apprécia la coupe comme le tissu, qui lui donnaient fière allure. Le jeune homme continuait de penser que c'était bien trop habillé pour un simple repas chez des amis, mais il décida de ne pas contrarier sa mère. Théo espérait que leur relation se réchaufferait, s'il continuait à passer du temps avec elle de la sorte. Cela étant dit, accepter l'invitation des Rosier n'avait pas été difficile, car Théo avait appris que Rosaleen serait présente. C'était l'un des bons côtés de sa sortie de Poudlard : s'il risquait de perdre de vue certains de ses camarades de classe, il allait aussi pouvoir passer plus de temps avec les sang-pur qui avaient quitté l'école avant lui, dont Rosaleen. Diversifier un peu sa vie sociale ne pouvait pas lui faire de mal...

Après avoir vérifié sa tenue, Théo estima qu'il avait l'air présentable - peut-être un peu trop - et rangea sa baguette magique dans la poche intérieure de sa robe avant de gagner le rez-de-chaussée. Sa mère était déjà prête, droite comme un piquet, l'air sérieux. Théo fronça légèrement les sourcils devant sa nervosité apparente mais se retint de la questionner en la voyant examiner sa tenue. Il n'avait plus dix ans, par Merlin, il était un adulte et il savait s'habiller tout seul ! Les deux Nott quittèrent le manoir dans un silence tendu, tous les deux conscients du malaise et tout aussi décidés à l'ignorer l'un que l'autre. Quelques instants plus tard, ils avaient transplané devant le manoir Rosier, un lieu agréable et chaleureux, que Théo aimait beaucoup même s'il n'avait que rarement l'occasion de s'y rendre. Ravi d'avoir quitté le manoir Nott, qui semblait bien vide et lugubre en l'absence de son père et de sa soeur, Théo se sentit instantanément mieux en arrivant chez les Rosier. Il laissa sa mère saluer Daria Rosier avant de lui adresser son plus beau sourire quand elle affirma qu'il ressemblait à son père.

"C'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire", affirma-t-il avec une légère pointe de fierté. "Je vous remercie pour votre invitation, c'est un plaisir d'être ici."

Théo se tourna ensuite vers Mr Rosier, avec qui sa mère était en train de converser.

"Mon mari se porte bien, je vous remercie, aussi bien que possible dans ces circonstances. Qu'en est-il de Rasaben ?"

La question était rituelle, mais tout le monde en connaissait hélas la réponse, et Théo se crispa légèrement. L'état du père de Rosaleen l'attristait énormément et l'inquiétait tant il craignait que son père ne subisse le même sort. Le jeune homme se reprit néanmoins lorsque Cerès s'adressa à lui, lui rendant sa poignée de main ferme, les épaules bien droite. Il avait l'impression que son aîné le jaugeait, comme chaque fois qu'il rencontrait un homme de sang-pur, ce qui était probablement le cas. Théo faisait partie de la jeunesse qui portait l'héritage de leur classe sociale, de leur rang, de leur sang. C'était sur lui que reposaient les espoirs de ses aînés... S'ils savaient, songea-t-il avec amertume. Heureusement, Théo passa visiblement l'examen avec succès puisque le vieil homme lui adressa un sourire, auquel il répondit, soulagé.

"Bonjour, Oreste, c'est un honneur de te rencontrer", lança-t-il, amusé, tandis que Mrs Rosier présentait son petit-fils avec fierté. "Rosaleen, je suis ravi de te voir. Tu es vraiment ravissante."

L'admiration de Théo n'était pas feinte, la jeune femme était sublime dans sa robe bleue claire à la coupe ancienne. Les Rosier les invitèrent alors à passer dans la salle à manger, et Théo ne se fit pas prier, affamé. Rosaleen lui glissa alors quelques mots malicieux qui le firent sourire.

"Je fais de l'effet à toutes les grands-mères", répliqua-t-il en se pavanant, avant de lâcher un léger rire.

Théo capta alors le regard de sa mère sur Rosaleen et lui, et fut surpris par le changement de son expression. Moins anxieuse, plus détendue et souriante... C'était peut-être tout simplement de compagnie dont sa mère avait besoin, songea Théo avec une bouffée d'affection inhabituelle pour Aurora. Sa vie n'était pas simple, avec son mari en prison, son nom décrié et son travail peu gratifiant pour nourrir sa famille... Le jeune homme s'installa aux côtés de Rosaleen, observant avec gourmandise les entrées qu'amenait l'Elfe des Rosier. C'était appétissant, songea Théo en se demandant pourquoi les Rosier avaient mis les petits plats dans les grands et s'étaient, eux aussi, fort bien apprêtés. Il ne s'agissait jamais que d'un repas en petit comité, entre deux familles qui avaient perdu beaucoup de leur prestige ! Les parents avaient parfois de drôles de lubies, songea-t-il au moment où il capta le visage souriant de la grand-mère de Rosaleen. Sa perplexité monta d'un cran quand elle affirma être ravie de le recevoir ici, avant de proposer de porter un toast... Un jour historique ? Pourquoi donc ? Allait-on libérer leurs pères de prison ? Le Ministre Fiennes venait-il d'être destitué au profit de John Warlock ? Alcyd Mardol venait-il d'être arrêté ? Les hypothèses pleuvaient dans la tête de Théo, mais aucune d'entre elle ne lui paraissait crédible, et un profond malaise l'envahit soudain. Le jeune homme s'agita légèrement sur sa chaise et lança un rapide regard sur sa mère, qui ne le lâchait pas des yeux.

Après un instant de flottement, Théo se reprit et esquissa un sourire crispé avant de lever son verre.

"Je vous remercie, je suis ravi d'être ici, mais... En quoi ce jour est-il historique ?"


Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Rosaleen ne put s'empêcher de sourire lorsque Théo affirma que le comparer à son père était la plus belle chose qu'on puisse lui dire. Ce n'était pas un sourire moqueur ou sarcastique, ni même amusé. C'était un sourire compréhensif, presque entendu. Parce que Théo n'était sûrement pas le seul enfant issu de famille Mangemort à rechercher la fierté de leurs parents déchus plus que tout au monde. Étonnamment, ils étaient souvent plus fiers de leur famille que les enfants ayant échappé à la guerre, voire même que les enfants de vainqueurs. Plus fiers, plus admiratifs et souvent en constante recherche de leur approbation. Rosie n'avait plus sa mère mais entendre sa grand-mère la rassurer sur le fait que sa mère n'aurait rien eu à redire sur son attitude était le meilleur compliment qu'elle puisse lui faire, la meilleure manière de la rassurer et de lui donner confiance en ses actes. Elle voulait également faire la fierté de son père, même s'il n'était plus en mesure de lui parler de manière cohérente. De lui parler tout court, en réalité. Mais elle savait qu'il avait toujours eu à cœur de respecter les principes inculqués par ses propres parents, aussi s'efforçait-elle de ne pas faillir à son éducation pour qu'il n'ait pas de raison d'être déçu s'il venait un jour à recouvrer ses esprits. Elle doutait de ce dernier point, honnêtement. Mais elle refusait également de se dire que l'esprit de son père était à tout jamais corrompu par les murs de la prison d'Azkaban, c'était bien trop douloureux, bien trop triste, bien trop dérangeant. De temps en temps, elle listait ce qui aurait pu plaire à ses parents ou leur déplaire. Elle n'était toujours pas mariée, c'était un point négatif. Mais sa réputation était toujours impeccable et sans tâches. Elle avait craint que la rupture de ses fiançailles avec Arthur Bones fasse naître des médisances sur elle mais il n'en n'était rien. Les foudres s'étaient plutôt tournées vers la déviance d'Arthur, comme les gens disaient, la vie dissolue qu'il avait choisi et ses moeurs étranges et contre-nature. Quant à elle, on avait plus plaint la jeune femme qui s'était faite abandonnée au profit d'un penchant abject que blâmé la jeune femme qui n'avait pas su retenir son fiancé. On ne lui connaissait aucune relation amoureuse - étant donné qu'elle avait soigneusement dissimulé Matthew Connolly à sa famille - et on lui reconnaissait certains avantages physiques, ainsi qu'un caractère agréable. Elle espérait que ses parents seraient fiers de cela. En revanche, ils désapprouveraient certainement son travail de serveuse mais elle pouvait les comprendre sur ce point, tout comme elle comprenait ses grands-parents. Néanmoins, elle ne travaillait pas par plaisir mais par nécessité et tout le monde avait dû s'y faire.

- L'état de mon père n'a pas changé. Il avait néanmoins repris un peu de couleurs, la dernière fois que je suis passée le voir, répondit-elle d'un ton enjoué, un sourire affable sur les lèvres, comme si elle parlait du plan de tomate qui poussait dans le jardin.

Elle avait répondu à la place de sa grand-mère, ce qui allait à l'encontre des bonnes manières, mais ne cilla pas devant le coup d’œil qu'elle lui lança. La tradition voulait que l'on demande à l'épouse des nouvelles de son mari mais sa mère n'était plus là. Elle ne voulait pas laisser sa grand-mère parler de son père. Elle était la fille de Rasaben, c'était son rôle. Surtout que ses grands-parents n'appréciaient pas son père, Rosie l'avait bien compris depuis le temps qu'elle vivait avec eux. Peut-être qu'ils l'avaient apprécié un jour, elle ne savait pas. Quand Cérès et Rasaben s'étaient mariés, dans leur prime jeunesse. Rasaben avait été un bon parti, tout de même. Il était jeune, allait devenir le propriétaire d'une petite fabrique de potions qui revendait à de gros fabricants, était issu d'une famille prestigieuse... Et puis ses parents s'étaient toujours bien entendu, elle ne pourrait pas dire s'ils aimaient mais ils s'entendaient bien, elle l'avait vu. Et ils avaient eu cinq enfants ensemble, c'était tout de même significatif. Rosaleen savait très bien ce que ses grands-parents reprochaient à son père. Il n'était qu'un lâche à leurs yeux, un lâche qui n'avait pas su protéger sa famille. Il aurait dû les envoyer à l'étranger, mieux protéger Régulus, faire quelque chose pour qu'il n'y ait pas autant de pertes dans leur famille. Rose n'était pas d'accord, son père n'était pas responsable. Mais elle savait également - sans savoir quoi en revanche - que quelque chose s'était passé entre son père et son grand-père, quelque chose qui expliquait le mépris mêlé de dégoût qu'Elbert entretenait à l'égard de Rasaben. Elle ne le saurait jamais, tant mieux d'ailleurs. Elle ne blâmait pas ses grands-parents, elle ne le ferait jamais. Ils s'étaient occupé d'eux après la guerre, avait veillé sur eux, le faisait encore. Mais elle préférait tout de même être celle qui parlait de son père. Elle remercia Théo avec un sourire et un signe de tête lorsqu'il affirma qu'elle était ravissante, murmurant un merci reconnaissant. Elle avait passé deux heures à se préparer, au bas mot, alors c'était toujours agréable à entendre. Tandis qu'ils passaient à la salle à manger, Théo affirma en se pavanant qu'il plaisait à toutes les grand-mère, ce qui la fit pouffer de rire, s'attirant le regard interrogateur d'Oreste, qui avait encore démis son col. Elle le rectifia d'un geste discret avant de gagner sa place. Ce garçon était toujours débraillé alors qu'il faisait pourtant attention. C'était l'un des grands mystères de la maison. Après leur avoir demandé de lever leurs verres, Rosaleen posa un regard interrogateur sur son grand-père, qui avait une mine impassible. Un sentiment désagréable s'était immiscé en elle mais son sourire ne s'altéra pas. Sa grand-mère semblait ravie et elle échangea un regard avec Mrs Nott, avant d'abaisser légèrement sa coupe.

- Tout simplement parce que les unions entre deux familles sont toujours à marquer d'une pierre blanche, Monsieur Nott, répondit Daria avec un sourire de connivence aux lèvres.

Si Rosaleen avait réussi à maintenir son sourire jusque là, celui-ci se flétri tandis que son cœur faisait un bond dans sa poitrine. Elle eut un instant avant de comprendre la véritable portée de la phrase de sa grand-mère et papillonna des paupières en reposant son verre de vin. Une union entre deux familles ? Un mariage ? Elle allait épouser Théo ? Ils allaient se marier. Finalement elle voulait bien du vin, songea-t-elle en reprenant son verre pour boire une gorgée d'alcool, le temps de recouvrer ses esprits et de mettre de l'ordre dans ses pensées galopantes. Un mariage ? Maintenant ? Évidemment, elle s'était toujours destinée au mariage, depuis qu'elle était enfant et encore plus depuis qu’elle était sortie de Poudlard mais... Elle avait toujours pensé que ses grands-parents lui en parlerait au préalable, ne serait-ce qu'un minimum ! Qu'ils lui indiqueraient le jeune homme ou l'homme auquel ils songeaient, afin qu'elle soit un peu préparée, pas qu'ils annoncerait ses fiançailles à un dîner ! Pas à elle, du moins ! Ce n'était pas comme cela qu'on procédait, enfin ! On était au vingt-et-unième siècle, un peu de modernité par Morgane ! Si elle devait épouser Théo, alors il était censé la demander en mariage. Avec une bague, un genou à terre, ce genre de choses ! Ses grands-parents œuvraient dans leur dos s'ils voulaient, Mrs Nott faisait de même mais c'était son futur mari qui était censé la demander en mariage. Ce principe de l'annonce était tellement rétrograde, songea-t-elle, fâchée. Et puis comment ça, épouser Théo ? Elle n'avait jamais songé épouser Théo, ils étaient amis ! Jamais son nom n'avait été mentionné par sa grand-mère dans les prétendants potentiels. Elle disait même voilà deux ans qu'il vaudrait mieux éviter si c'était possible une autre famille de Mangemort, pour ne pas effrayer les gens. Nott et Lestrange, c'était assez effrayant comme union. Et pourquoi elle ne lui en avait pas parlé avant ! En réalité, ce qui la contrariait plus que le fait qu'on la fiance, c'est qu'on la fiance sans lui en avoir touché le moindre mot auparavant ! Quand est-ce qu'ils avaient décidé cela dans leur dos ? Avant que Théo ne sorte de Poudlard ? Quand Mrs Nott avait commencé à venir régulièrement au manoir ? Et puis de toute manière, elle n'avait pas organisé les mois à venir dans l'optique de se marier ! Une autre gorgée de vin, tiens, ça lui fera du bien. Tandis que sa grand-mère rayonnait tout au bout de la table, Rosaleen jeta un regard à son grand-père qui affichait un léger sourire en coin. Ainsi c'était décidé ? Elle allait épouser Théo ? Comme ça ? Ils allaient se marier ? Ils se connaissent depuis des années et allaient se marier ? Elle allait devenir une Nott ? Rosaleen Electre Nott ? Elle appréciait Théo, certes. Il était gentil, bienveillant, intelligent et elle l'aimait beaucoup, elle le considérait comme un ami. Mais elle n'avait jamais pensé qu'elle en vienne un jour à la considérer comme un mari.

- Est-ce que... Père est au courant ? 

Elle avait l'impression qu'elle n'avait pas parlé depuis des siècles. Il y a quelques années, son père avait explicitement spécifié qu'il devait être consulté avant tout projet de mariage et qu'il devrait parler à Rosaleen auparavant.

- Que veux-tu que ton père dise ? intervint son grand-père d'une voix grave. Tout le monde ici sait qu'il n'a plus ses esprits depuis longtemps.
- Mais...
- Ton père aurait approuvé cette union s'il avait pu le faire, Rosaleen, répondit Daria fermement. Théophane et lui et se connaissaient, se connaissent, les Nott sont une famille respectable et Théo et toi vous vous connaissez déjà et vous êtes amis. C'est quelque chose de très bien, n'est-ce pas ?

Sous le regard inquisiteur de sa grand-mère, Rosie baissa les yeux.

- Une très bonne chose.
- Vous allez faire une union formidable ! N'est-ce pas Monsieur Nott ?

Sans oser croiser le regard de Théo, Rosaleen garda les yeux sur son assiette. Cela semblait tellement... précipité. Qu'est-ce qui avait pu pousser ses grands-parents à accepter ? Après tout, quand on y pensait bien, la situation financière des Nott, si elle était meilleure que la leur, n'était pas extravagante non plus. Alors que sa grand-mère avait eu de hautes aspirations pour elle. C'était peut-être parce qu'elle approchait de ses vingt-et-un ans, elle vieillissait. Ou peut-être était-ce parce qu'il se souciaient de son bonheur. Quelle ingrate elle faisait, à penser à l'argent ! Théo était quelqu'un de gentil, qu'elle appréciait et qui valait cent fois mieux que Gregory Yaxley. C'est sur cela qu'elle devait se concentrer ! Épouser Théo, c'était respecter la promesse faite à ses parents, c'était épouser quelqu'un qu'elle connaissait et qu'elle appréciait, c'était accéder à un bon avenir où elle serait heureuse. Un véritable sourire naquit sur ses lèvres, un peu timide, mais sincère et sa grand-mère le lui renvoya.

- Je propose donc que nous levions nos verres aux futurs mariés !


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Théo NottAncien personnageavatar
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Théo répondit machinalement au sourire de Daria Rosier, avant que son esprit ne percute les paroles qu'elles venaient de prononcer, et ce qu'elles sous-entendaient. Une union entre deux familles ?! Un mariage entre Nott et Lestrange ! La mâchoire lui en tomba et il observa un instant la grand-mère de Rosaleen en tentant frénétiquement de trouver d'autres prétendants bons à marier que lui dans la famille. Théodore, peut-être ? Mais il n'avait pas vu son cousin depuis bien longtemps et il avait bien fait comprendre qu'il n'était pas intéressé par le mariage. De toute façon, s'il s'agissait de Théodore, ce serait lui qui serait présent aujourd'hui, et non leur branche de la famille ! Qui restait-il ? Oreste et Artémis, songea-t-il furtivement avant de repousser l'idée tout aussi vite, conscient de son ridicule. Cela ne laissait plus que Rosaleen et lui, lui et Rosaleen, unis par les liens sacrés du mariage... Tout à coup, la vision de sa camarade de table en train de remonter une allée, vêtue d'une somptueuse robe blanche qui lui donnait l'air d'un ange, s'imprima dans son esprit. Lui se tenait debout devant l'autel, dans une robe de cérémonie, sur le point de la prendre pour épouse devant leurs familles et amis. L'image flotta devant ses yeux et il se sentit pris de vertiges, pâlissant à vue d'oeil. Il n'allait pas épouser Rosaleen, enfin, c'était ridicule ! Qui pouvait avoir mis une idée pareille dans la tête des époux Rosier ?!

La réponse s'imposa naturellement à lui et il leva un regard incrédule vers sa mère. Soudain, tous les morceaux du puzzle se mirent en place dans son esprit. Pourquoi sa mère était aussi nerveuse, pourquoi elle avait insisté pour qu'il vienne aujourd'hui et qu'il s'apprête avec autant de soin, pourquoi elle passait autant de temps avec les Rosier depuis quelques mois, pourquoi son départ à Aberystwyth l'importunait tant... Et dire qu'ils n'avaient rien vu venir ! Théo jeta un coup d'oeil furtif à Rosaleen et constata qu'elle semblait au moins aussi surprise que lui. Non, elle n'avait rien vu venir, elle non plus ! Pourtant, avec le recul, c'était tellement évident que leurs parents manigançaient quelque chose dans ce goût là ! Ce qu'ils avaient été aveugles ! Il fallait dire que c'était particulièrement étrange, comme façon de fonctionner. D'une part, les mariages arrangés n'avaient plus vraiment court à leur époque, surtout pour deux personnes en apparence aussi dociles que Rosaleen et Théo. L'un comme l'autre étaient connus pour la loyauté sans failles qu'ils accordaient à leur famille ainsi que l'importance qu'ils accordaient aux traditions, pourquoi alors agir avec eux comme s'ils étaient deux enfants désobéissants et irresponsables, incapables de se trouver un conjoint approprié ? Certes, dans le cas de Théo, c'était plutôt bien vu mais sa mère n'en savait rien, et il doutait que Rosaleen ait les mêmes dilemmes sentimentaux que lui. Ce n'était pas très flatteur pour elle... Le mariage arrangé passait encore, songea Théo en vrillant sur sa mère un regard mi-incrédule, mi-accusateur, mais pourquoi l'organiser de la sorte ? Les mettre devant le fait accompli sans même prendre la peine de leur en parler avant ! C'était embarrassant, incroyablement gênant, c'était une bien étrange façon de commencer une hypothétique vie maritale. Il n'arrivait pas à en croire ses oreilles et, une fois passée sa surprise ébahie, Théo se sentit envahi par la colère et l'indignation. Sentiments lisibles dans le regard intense qu'il vrilla sur sa mère, qui eut le bon goût de s'agiter sur sa chaise, mal à l'aise. Aurora ne détourna cependant pas les yeux et redressa légèrement le menton avec défi, le défendant de remettre en doute son autorité maternelle. Elle avait décidé qu'il épouserait Rosaleen Lestrange, et il en serait ainsi...

*Est-ce que papa est au courant ?*, se demanda Théo à l'instant précis où Rosaleen posait la même question à ses grands-parents.

Son regard s'étrécit, suspicieux. Pourquoi avait-il la quasi certitude que son père n'avait absolument pas été informé des manigances de son épouse ? Théophane faisait confiance à son fils pour choisir sa propre femme, il en était persuadé. Son père aimait sa mère de tout son coeur et il aurait voulu que Théo ait la même relation d'amour et de confiance avec son épouse, et cela impliquait qu'elle ne lui soit pas imposée. Théophane connaissait ses principes, ou du moins croyait les connaître, et aurait pensé que Théo choisirait de toute façon une épouse respectable, cultivée, de haut rang... Non, il n'était probablement pas au courant. Inquiète de le voir célibataire, Aurora l'avait mis devant le fait accompli, s'attendant sans doute à ce que Théo applaudisse l'idée et la fasse sienne, avant d'en parler à son époux... Et le fait est que Théo aurait peut-être applaudi, si les six derniers mois n'avaient pas tout changé pour lui. Le seul véritable défaut de Rosaleen était son nom de famille, qui, accolé au sien, donnerait quelque chose d'assez terrifiant pour le sorcier moyen. A part cela, elle était l'épouse parfaite, cultivée, intelligente, gentille, de bonne naissance et, ce qui ne gâchait rien, particulièrement belle. En plus, ils se connaissaient depuis longtemps et elle lui évoquant même Sarah par certains aspects... Oui, il aurait pu l'aimer, si les choses avaient été différentes. S'il n'avait pas découvert un amour beaucoup plus fort, beaucoup plus intense, puissant et réel que tout ce que des femmes comme Rosaleen ou Sarah pourraient jamais lui faire ressentir. Mais ce n'était pas le cas, et s'il y avait une chose dont Théo était certain, c'était qu'il n'épouserait pas Rosaleen Lestrange. Restait maintenant à se sortir de cette épouvantable situation.

A moitié assommé par la nouvelle, Théo entendit à peine les paroles qui étaient échangées et sursauta légèrement lorsque Mrs Rosier s'adressa directement à lui. Clignant des yeux avec hébétude, il se racla la gorge pour se donner une contenance et se redressa légèrement, avant de tourner la tête vers Rosaleen. Son coeur rata un battement lorsqu'il constata qu'elle souriait. Un sourire timide, évanescent, mais bien présent. Se pourrait-il... qu'elle accepte ?! Qu'elle se réjouisse de la situation, qu'elle ait envie de l'épouser ? Merlin ! Rosaleen... Rosaleen, c'était cette adolescente un peu plus âgée que lui et pour qui il avait développé un léger faible, bien des années auparavant, qu'il avait mis sur un piédestal sans jamais, jamais s'imaginer qu'un jour, elle serait à sa portée. Et qu'il n'en voudrait plus.

"Bien sûr que c'est une union formidable. Regardez-les ! Ils formeront un couple exemplaire", s'extasia Aurora avec une lueur d'incertitude dans le regard, cherchant désespérément à masquer le mutisme de son fils.

Sans pouvoir se retenir, Théo fusilla sa mère du regard. Pour qui se prenait-elle, à tenter de contrôler sa vie ainsi ? Il n'appréciait pas du tout qu'une femme tente de lui dicter sa conduite, surtout sur une décision capitale qui allait influencer le reste de sa vie. C'était à lui de décider de qui serait son épouse, à lui de lui faire la cour, de la conquérir si elle le jugeait digne d'elle mais ce n'était certainement pas à leurs parents de forcer le destin. Qu'on le traite d'imbécile romantique, mais ce n'était pas sa vision des choses, et il n'appréciait pas du tout la façon dont tout ceci était mené. Pourquoi sa mère ne lui avait-elle pas parlé des potentielles prétendantes, avant d'en choisir une ? Peut-être avait-il quelqu'un en vue, pour ce qu'elle en savait ! Qu'elle soit inquiète face à son comportement récent ne justifiait aucunement qu'elle décide à sa place ! Théo se détourna d'Aurora, légèrement dédaigneux, avant de lever son verre et de le porter à ses lèvres. Il avait bien besoin d'un peu de courage liquide, songea-t-il avant de planter un regard sombre dans celui du grand-père de Rosaleen. Il était temps de parler d'homme à homme. Et de puiser dans ses ressources de Serpentard refoulé pour trouver des excuses suffisamment convaincantes pour annuler cette union.

"Je serais évidemment honoré d'épouser une jeune femme telle que Rosaleen", commença-t-il d'une voix grave, un léger sourire au coin des lèvres. "N'importe quel homme en serait honoré. Cependant... Je dois reconnaître que je suis surpris de cette annonce. Tout cela n'est-il pas précipité ?"

"Théo, enfin", coupa sa mère. "Combien de fois t'ai-je entendu dire que tu souhaitais te marier dès ta sortie de Poudlard ? Et qui de mieux que Mrs Lestrange pourrais-tu trouver ? N'est-elle pas parfaite pour toi ? Je pensais que cela te ferait plaisir."

Théo sentit sa mâchoire se contracter sous le coup de la colère. Sa mère avait le même ton réprobateur que celui qu'elle lui adressait autrefois quand, petit garçon, il faisait des bêtises, et il retint de justesse une remarque méprisante. Beaucoup de rancoeur était en train de s'accumuler chez le jeune homme, là où beaucoup d'incertitudes semblaient déjà être nées chez Aurora. Ils avaient besoin d'avoir cette discussion, mais pas ici, pas maintenant. Plus tard, en privé. Pour l'heure, Théo devait maintenir les apparences, et trouver un moyen de retourner la situation sans vexer Rosaleen et sa famille...

"Bien entendu", reprit-il d'un ton plaisant qui lui sembla très forcé. "Rosaleen connait toute l'affection que j'ai pour elle... C'est justement pourquoi je ne vois pas la raison de ce précipiter dans cette union, sans même prendre le temps d'apprendre à réellement se connaître, de la courtiser convenablement, de terminer nos études... Si l'on envisage cette union alors il faut être honnête et reconnaître qu'aucune de nos deux familles ne croule sur l'or depuis la fin de la guerre, et avec nos pères en prison, c'est sur Rosaleen et moi que repose l'avenir de nos deux familles. Nous aurons besoin de ces diplômes pour soutenir nos familles et pour en fonder une nouvelle, nous avons besoin du mien, du moins. Quant à Rosaleen, il serait fort dommage qu'elle sacrifie ses premières années d'études pour se consacrer à son mariage sans même les achever. Ce serait du gaspillage, à mes yeux, autant intellectuel que matériel..."

Théo s'interrompit et porta son verre à ses lèvres pour se donner le temps de réfléchir. Il avait comme l'impression que sa mère balaierait l'argument matériel d'un revers de la main, il lui fallait trouver autre chose. Reposant son verre, il ouvrit la bouche et ajouta, d'un ton plus hésitant :

"Et puis, je... je ne veux pas épouser Rosaleen simplement parce que c'est une bonne chose pour nos deux familles, je veux qu'elle prenne le temps de me connaître et qu'elle décide que je suis le bon mari pour elle. Je veux qu'elle m'aime, et que notre mariage parte sur de bonnes bases. Vous comprenez ?"

Après le London Eye et son mensonge à Ariane, Théo décida de s'essayer une nouvelle fois à la comédie. Baissant le regard, les joues empourprées, il adopta une attitude de timide romantique en priant pour que cela fonctionne. Hélas, la voix de sa mère brisa le silence à nouveau, l'agacement nettement perceptible dans son ton. Aurora ne devait pas apprécier qu'il l'embarrasse ainsi avec ses réticences, elle qui avait du affirmer qu'il rêvait de se marier aux deux Rosier...

"Tout cela n'empêche pas les fiançailles, Théo. Personne n'a dit que le mariage devait avoir lieu demain."

"Oui, mais...", commença-t-il avant de s'interrompre, le désespoir s'insinuant lentement en lui. Que pouvait-il bien répondre à cela ?

En quête de soutien, Théo se tourna vers la jeune femme et croisa son regard pour la première fois depuis la révélation.

"Qu'est-ce que tu en penses ?", s'enquit-il doucement.

Convenances ou pas, autorité parentale ou non, on ne se fiançait jamais sans demander son avis à sa future épouse... Il savait que les adultes ne s'en formaliseraient probablement pas, mettant cela sur le compte de cette nouvelle jeunesse qui évoluait avec son temps, cette jeunesse influencée par les terribles pertes causées par la guerre. Il ne lui restait plus qu'à prier pour que Rosaleen ait une raison, elle aussi, de refuser cette union.


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Elle allait se marier ? Se marier véritablement ? Rosaleen peinait encore à le croire. Ce n'était pas la première fois que cette pensée lui traversait l'esprit étant donné qu'elle s'était fiancée à Arthur Bones l'été suivant sa sortie de Poudlard. Arthur et elle n'avaient jamais été amoureux, Arthur ne l'aurait d'ailleurs jamais aimée, il était de l'autre bord, mais ces fiançailles leur assuraient une stabilité et une sécurité réciproque, tout en contentant leurs familles. A l'époque, il n'était pas question de les marier tout de suite étant donné que l'une des conditions à leurs fiançailles était qu'elle fasse des études, stratagème en réalité destiné à repousser leur union, Arthur essayant de gagner du temps vis à vis de sa famille, Rose l'avait compris plus tard. Quoi qu'il en soit, même si la cérémonie n'était pas prévue pour tout de suite, elle n'avait pu s'empêcher d'imaginer les détails de cette dernière. La robe qu'elle porterait, avec de la dentelle, les fleurs, le repas, la décoration... Elle notait des idées dans des coins de parchemin, dessinait des esquisses au fil de ses cours et s'attardait sur les photographies du mariage de ses parents, soigneusement conservées dans des albums rangés dans la bibliothèque. Arthur avait fini par la quitter pour s'enfuir avec son amant, couvrant d'opprobre sa famille et tuant leurs projets de cérémonie dans l’œuf. Mais les fiançailles que venaient de lui offrir ses grands-parents étaient différentes et avaient ravivé en elle ses désirs matrimoniaux et ses rêves de jeune fille. Il avait été convenu dès le début avec Arthur, ou du moins dès lors qu'il lui avait avoué qu'il se servait d'elle comme couverture, ce qu'elle faisait également de son coté, que leur relation était fausse et que leur mariage serait un pur mariage de convenances, étant donné qu'il ne pourrait jamais l'aimer. Mais c'était différent avec Théo. Il était connu qu'il avait fréquenté la jeune Sarah un temps. Ils ne se fréquentaient certes pas par amour, à vrai dire Théo et elle ne se fréquentaient même pas du tout dans un sens romantique, mais il ne lui ferait jamais comme Arthur l'avait fait. Peut-être même qu'ils finiraient par mener un mariage d'amour ? Après tout, c'était des choses qui arrivaient et Théo et elle s'entendaient bien. Et même s'ils ne s'aimaient pas, Rosie savait qu'ils s'appréciaient et se respectaient suffisamment pour faire un ménage épanoui. Ses fiançailles avec Arthur l'avaient réjoui lorsqu'elles avaient été nouées mais celles avec Théo étaient encore plus réjouissantes.

Elle tourna la tête vers Théo lorsqu'il prit enfin la parole à son tour et son sourit s'agrandit un peu plus lorsqu'il affirma qu'il serait honoré de l'épouser. Il est vrai qu'elle n'avait pas du tout prévu de projets matrimoniaux avec Théo, même lorsqu'ils étaient devenus amis et avaient commencé à converser régulièrement. A vrai dire, cela ne lui avait même jamais traversé l'esprit. Il était plus jeune qu'elle d'un an et elle n'aurait jamais pensé que ses grands-parents puissent prendre le parti de la marier à un Nott, ce qui était une combinaison qui pouvait en effrayer plus d'un dans un monde d'après-guerre. Après tout, les Nott et les Lestrange étaient deux familles de sombre réputation et une telle union ferait le bonheur des mauvaises langues à coup sûr. Elles y verraient là l'expression d'une idéologie d'avant-guerre alors qu'en réalité, lorsque l'on regardait bien, Théo et elle étaient relativement distanciés des discours qu'avaient pu tenir leurs parents respectifs lors du règne du Seigneur des Ténèbres et étaient des gens parfaitement civilisés et insérés dans la société, pas des fous dangereux qui jetaient des sorts à tous les nés-moldus qui passaient. La plus grande amie de Rosaleen à Poudlard - voire la seule - était une née-moldue et même si Aisling et elle ne parlaient plus comme avant et s'étaient beaucoup éloignées, Rosie n'avait jamais fustigé ses origines, bien au contraire. C'était Aisling qui l'avait réconciliée avec les nés-moldus et même un peu le monde moldu. Elle jeta un coup d'oeil à son grand-père quand Théo demanda si cette union n'était pas un peu précipitée, mais le visage d'Elbert Rosier était impassible. En réalité, même si elle était heureuse de la proposition qui lui était faite, Rosaleen partageait un peu l'avis de Théo. Les mariages arrangés n'étaient plus en vogue depuis des années et la modernité aurait voulu qu'on leur en parle avant, qu'on essaye de les pousser dans ce sens mais sans vraiment interférer ainsi. Rosaleen aurait parfaitement compris si ses grands-parents étaient venus la trouver en lui demandant si elle pouvait se rapprocher de Théo et l'envisager comme futur époux, cela n'aurait pas été la première fois qu'ils lui faisaient une demande de ce genre et cela aurait été beaucoup plus naturel de leur coté. Il est vrai qu'un tel empressement de leurs familles respectives était surprenant. Si Rosaleen s'était retrouvée dans une situation disons... inconfortable et qu'il aurait fallu la régler avant neuf mois, elle aurait pu comprendre. Mais jamais Théo et elle ne s'étaient fréquentés dans ce sens et voilà qu'ils étaient fiancés ! C'était assez rétrograde, comme manière de fonctionner, il avait raison.

La mère de Théo ne semblait néanmoins ne pas partager son avis au vu de son intervention. Rosie vit également sa grand-mère pincer légèrement les lèvres. Mais elle pouvait tout à fait comprendre Théo, c'était une chose de se dire qu'on souhaitait se marier rapidement dès la sortie Poudlard et une autre de se retrouver sur le point de le faire, elle pouvait comprendre sa surprise et son appréhension. Elle-même se sentait assez à l'aise avec cela mais c'était aussi car le mariage était sûrement son plus grand objectif de vie depuis des années, depuis qu'elle avait compris que c'était le seul moyen de soutenir sa famille efficacement. Ses grands-parents ne pouvaient pas comprendre cette appréhension, ils faisaient partie d'une génération où les mariages arrangés étaient encore assez courants. Rosie n'était pas très renseignée sur l'union de ses grands-parents mais elle savait très bien qu'à leurs yeux, il n'y avait pas de problèmes dans le fait d'épouser quelqu'un que l'on ne connaissait pas vraiment tant qu'il était du rang adéquat et que vos caractères étaient relativement compatibles. Après tout, l'amour matrimonial était une idée moderne alors qu'à l'époque, c'était encore l'idée de protéger les lignées qui était dominante. Aujourd'hui encore certaines familles, dont les Rosier, étaient concentrées sur cela plus qu'autre chose même si beaucoup d'autres familles avaient évoluées et les mariages étaient beaucoup plus naturels, l'essentiel étant de choisir quelqu'un du même rang. Ses grands-parents étaient assez démodés et avaient du mal à comprendre la société moderne, ils devaient donc être un peu perdus devant les personnes qui voulaient se marier par amour. Rosaleen aussi aurait aimé se marier par amour mais la situation financière de sa famille ne le lui permettait pas vraiment. Elle voulait vraiment offrir à Oreste la vie qu'il aurait dû avoir si la guerre et le Ministère n'étaient pas passés par là. Mais elle savait que Thé n'était pas dans la même situation qu'elle et elle pouvait comprendre ses sentiments vis à vis de ce mariage précipité.

Elle avait d'abord pensé que la légère réticence de Théo - qu'elle avait cru entendre dans sa voix - était due au fait que tout cela soit précipité mais il y avait également d'autres choses et les raisons qu'il évoqua la firent rougir, flattée et aussi attendrie. Théo avait de l'affection pour elle - elle l’appréciait également mais il ne l'avait jamais vraiment exprimé - et voulait prendre le temps de la connaître et de la courtiser. Elle rosit encore d'avantage à ces mots, de plaisir cette fois-ci. C'était adorable et tellement gentil de la part de Théo, tellement prévenant, tellement... Elle était heureuse que ce soit à Théo qu'on souhaite la fiancer, elle était certaine qu'ils pourraient faire un mariage épanoui, qu'ils pourraient vraiment s'entendre et peut-être même qu'elle l'aimerait ! Théo était un homme vraiment gentil et elle n'avait jamais rien demandé de plus pour son futur mari, quelqu'un qui soit gentil et qui la respecte un minimum. Mais son fiancé - oh, Merlin, c'était étrange de penser cela à propos de Théo qu'elle avait longtemps caractérisé comme son ami - était également quelqu'un de rationnel et revint aux pensées qui l'avaient elles-même animée quelques minutes auparavant. Les Nott et les Lestrange n'étaient pas dans une situation financière très aisée et un mariage entre leurs deux familles n'était pas forcément un mariage très fructueux au niveau financier. Sa grand-mère avait toujours espéré qu'elle épouse de grandes fortunes, comme les Nimbus de Pompadour, les Marchebank ou les Harris mais elle n'avait jamais eu la chance de pouvoir ne serait-ce espérer que des fiançailles avec l'une de ces familles-là. Théo marquait un point en disant que leurs diplômes leur seraient utiles. Rosie n'avait jamais pensé qu'elle travaillerait en étant mariée, ce n'était pas dans son éducation, mais si cela devait pouvoir assurer son mariage... Son cœur rata un battement lorsque Théo mentionna également ses études. Elle pourrait les continuer ? C'était sûrement la meilleure chose qui puisse lui arriver en plus d'un mariage. Théo ferait véritablement un mari idéal. Cette pensée se confirma lorsqu'il affirma qu'il voulait qu'elle l'aime. Il ne parlait pas de lui, il ne pensait pas à lui mais juste à elle. Il voulait qu'elle le choisisse. Et c'était sûrement la plus jolie chose qu'on lui ait dite jusqu'à présent. S'il continuait à ce rythme-là, avec ce genre de jolies phrases, cela ne prendrait que quelques semaines pour qu'elle tombe amoureuse de lui. Rosaleen lui jeta un regard reconnaissant et affectueux mais Théo avait baissé la tête, intimidé, et elle ne croisa pas son regard, même si son attendrissement n'en fut que plus fort.

Lorsque Théo se tourna vers elle pour lui demander son avis, Rosaleen mit quelques secondes pour répondre, différentes pensées s'agitant dans son esprit. Elle voulait se marier, c'était quelque chose qui n'avait pas changé depuis des années, une valeur inébranlable dans sa vie, Rosaleen se destinait au mariage depuis toujours. Néanmoins, Théo avait soulevé des points intéressants, qui nécessitaient réflexion. Un mariage signifiait des enfants et des enfants signifiaient qu'elle devrait arrêter ses études alors que Théo lui permettait de continuer afin qu'ils puissent tous les deux avoir un bon revenu pour leur famille à venir. Et il voulait lui faire la cour, il voulait qu'elle l'aime et Rosaleen en avait sincèrement envie. Théo était quelqu'un de bien, un garçon profondément gentil et honnête et elle voulait vraiment l'aimer s'il lui en donnait la possibilité, elle voulait tomber amoureuse, savoir ce que cela faisait d'épouser quelqu'un que l'on aimait, elle voulait aimer Théo, vraiment, faire un mariage d'amour et un mariage épanoui. Mais l'expérience lui avait néanmoins appris à se méfier des fiançailles qui duraient et elle n'avait pas envie de revivre cette expérience douloureuse. Si Théo et elle devaient de toute manière finir par se marier, pourquoi attendre et prendre le risque de reculer pour une raison ou une autre ? Ils pourraient se découvrir une fois mariés, c'étaient ce que faisaient beaucoup de gens, non ? Néanmoins, si c'était son point de vue, Théo ne partageat peut-être pas le même et elle n'avait pas envie de le contrarier. Après tout, la vie en ménage était une histoire de concessions et Rosie était prête à en faire dès le début s'il le fallait. Elle voulait vraiment se marier, elle voulait épouser Théo mais elle était prête à accepter des fiançailles un peu longues, même si cela l'effrayait un peu. Théo était quelqu'un de formidable, elle ne voulait pas passer à coté de la chance qu'on lui offrait.

- Je... J'aurais appréciée d'être prévenue au préalable, commença-t-elle en posant son regard sur sa grand-mère. Je sais que vous faites cela pour notre bonheur et notre bien, s'empressa-t-elle d'ajouter pour ne pas contrarier ses grands-parents. Mais c'est une situation un peu inconfortable d'être mise devant le fait accompli, Théo et moi n'avons pas eu l'occasion de faire les choses dans les règles.

Elle avait toujours rêvé d'une demande en mariage parfaite et voilà qu'elle avait été spoilée de cela. Et puis elle aurait aimé se faire à l'idée que peut-être elle puisse un jour épouser Théo, avant que cela ne soit vraiment le cas. Ces fiançailles étaient un peu précipitées, comme il le disait lui-même.

- C'est comme cela que l'on faisait, à mon époque ! affirma sa grand-mère en jetant un coup d’œil à son mari.
- Les choses sont différentes désormais grand-mère, nous sommes au vingt-et-unième siècle, il est d'usage de prévenir les futurs époux au préalable, voire même de leur demander leur avis, répondit-elle avec douceur.

Rosaleen vit son grand-père se pencher dans sa direction lentement, son regard perçant scrutant son visage.

- Et quel est donc ton avis, Rosaleen ?

Rosie tourna la tête vers Théo avant de répondre et lui adressa un sourire en coin avant de reporter son attention sur son grand-père, soutenant son regard sans ciller.

- Je sais que vous avez toujours souhaité uniquement mon bonheur et je vous en serai toujours reconnaissante...

Elle regarda Oreste, qui suivait la scène depuis le début avec la bouche ouverte, cherchant à comprendre les enjeux qui se nouaient autour de la table. C'était pour lui qu'elle faisait tout cela, c'était pour lui qu'elle avait toujours tout fait, il était l'un des piliers de sa vie, celui qui l'avait poussée à avancer depuis la mort de sa mère et de Regulus, depuis le jour où sa vie avait basculée.

- Je serai très heureuse d'épouser Théo, souffla-t-elle. Vraiment.

Rosaleen vit un petit sourire satisfait et approbateur naître sur le visage de son grand-père tandis que sa grand-mère laissait échapper une exclamation de joie et demandait à leur Elfe d'apporter son meilleur vin de la cave. Même Oreste souriait malgré le fait que Rosaleen ne soit pas sûre qu'il ait vraiment tout compris dans la discussion qui venait de se dérouler.

- Nous ne sommes pas obligés de nous marier tout de suite, précisa-t-elle à l'adresse de Théo. Je suis d'accord avec tout ce que tu as évoqué, vraiment. Mais cela n'empêche pas les fiançailles, comme le disait ta mère. Théo, j'étais sincère quand j'ai dit que j'étais heureuse de ce mariage, murmura-t-elle à son seul égard. Je t'apprécie déjà beaucoup et je suis sûre que nous pouvons nous entendre très bien, nous apprécier, voire même nous aimer. Je pense que je n'aurai pas pu trouver meilleur fiancé que toi. Je sais que tu veux que je prenne le temps de te choisir mais je sais que je n'ai pas besoin de ce temps, que tu es le meilleur choix possible. Et pense à nos pères, à la joie que ce mariage leur apportera. Je sais qu'ils seront très fiers de nous.

Elle lui adressa un sourire un peu triste, l'évocation de leurs pères n'étant jamais une chose très agréable. Mais malgré tout cela, Rosaleen était heureuse. Parce qu'elle allait se marier.


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Le léger silence qui suivit la question de Théo fit renaître une lueur d'espoir chez le jeune homme, qui retint son souffle, le front plissé d'appréhension. Lorsque Rosaleen commença à parler, il sentit le soulagement l'envahir alors qu'il avait l'impression que la jeune fille était aussi réticente que lui. Elle semblait y mettre les formes, soulignait qu'ils étaient au XXIe siècle et semblait expliquer à ses grands-parents qu'il était d'usage de demander leur avis aux fiancés... Elle le leur expliquait, réellement, avec douceur et sans ironie. Incroyable, songea Théo en se forçant à garder une expression de visage neutre, oui, c'était tout bonnement incroyable que l'on ait réellement besoin d'expliquer une évidence pareille... Théo jeta un coup d'oeil à sa mère, en songeant avec amertume que cette dernière n'avait pas besoin qu'on le lui explique, elle. Elle le savait pertinemment, et à en juger par le goût acre dans sa bouche, il n'était pas prêt de lui pardonner de l'avoir piégé de la sorte... Heureusement, Rosaleen semblait sur le point de lui offrir une porte de sortie, comme il l'avait espéré en lui demandant expressément son avis. Toute cette mauvaise blague était donc sur le point de s'arrêter, il suffirait d'en rajouter une couche en exprimant leurs doutes et leurs volontés d'attendre, puis de laisser couler cette histoire. Rosaleen avait peut-être quelqu'un d'autre en tête pour ses fiançailles, quelqu'un de plus âgé, de plus riche et surtout de meilleure condition sociale que lui. Ou alors souhaitait-elle tout simplement achever ses études d'exception, qui pourraient la conduire à un travail à la fois stimulant et de rémunération plus que satisfaisante. Pourquoi, dans ces conditions, Rosaleen aurait-elle besoin d'un mari puisqu'elle serait capable sous peu de subvenir elle-même aux besoins de sa famille, et de redorer le nom des Lestrange d'une façon bien plus efficace qu'aucun mariage pourrait le faire, et en particulier une union avec les Nott ? Le nom de Rosaleen Lestrange pourrait devenir célèbre, assimilé à de grandes avancées dans le domaine de la métamorphose... Quel dommage que les grands-parents de Rosaleen ne voient pas cela, l'esprit tellement façonné par leurs traditions vieillottes qu'ils ne savaient plus reconnaître une opportunité quand elle se présentait. Une opportunité d'améliorer leur vie, celle des Rosier-Lestrange et subsidiairement la sienne...

Théo s'attendait donc à ce que Rosaleen surenchérisse. Hélas, la jeune femme semblait avoir une toute autre idée en tête, car c'est bel et bien vers lui qu'elle se tourna pour tenter de lui faire entendre raison. Voyant son dernier espoir s'envoler, Théo sentit son visage se décomposer tandis que sa mère se redressait légèrement en une posture victorieuse. Non ! Comment pouvait-elle vouloir l'épouser ?! Le voyait-elle réellement comme un époux potentiel et non un gamin, un adolescent dans les bras duquel on le poussait contre son gré ? Le trouvait-elle attrayant, que ça soit physiquement ou au niveau de son caractère ?! Merlin ! Théo pensait pourtant avoir déployé des trésors d'inventivité en termes de ronchonnement et d'allure dépressive à Poudlard, du temps où Rosaleen était encore là. Certes, ils s'étaient échangé quelques sourires et quelques banalités au détour d'une épicerie, mais cela ne suffisait certainement pas à fonder un mariage ! Indigné, Théo resta silencieux une demi minute, la panique en lui étouffant largement la petite lueur de fierté qui était née suite aux paroles de Rosaleen. Certes, il était flatté mais il n'en restait pas moins que la jeune femme le mettait dans une situation impossible, sans même le savoir. Le visage de son père apparut dans son esprit, un visage rayonnant de fierté qui était à mille lieux de l'expression de haine et de dégoût qu'il avait imaginé en se mettant en couple avec Samaël, et il sentit son coeur se serrer violemment. Elle avait raison sur ce dernier point, et c'était probablement le seul argument qui aurait pu le faire flancher... Mais non, il n'abdiquerait pas, il assumerait. Pas ce soir, cependant, car il serait tout simplement suicidaire de faire son coming out au beau milieu d'un dîner mondain chez les Rosier, dîner minutieusement préparé et en lequel ils avaient placé tous leurs espoirs. Il ne pouvait pas humilier Rosaleen et sa mère de la sorte. Il ne pouvait pas. Alors... alors, il était piégé. Il devait accepter, pour sortir d'ici et trouver une solution plus tard, à tête reposée, avec sa mère peut-être ou bien directement avec Rosaleen.

Lorsque ce cheminement de pensée se fit en lui, Théo eut l'impression qu'il venait de croiser le chemin d'un détraqueur. Le désespoir s'était infiltré en lui, accompagné d'une impression de froid intense, et ne cessait de jeter des coups d'oeil autour de lui à la recherche d'une échappatoire. Hélas, il n'y en avait aucune, et il allait très vite devoir dire quelque chose s'il ne voulait pas attirer la suspicion de ses hôtes...

"Il y a quelque chose dans ta poche, Théo", souffla alors sa mère, brisant le silence tendu avec une douceur qui le surprit. Théo tourna la tête vers elle et accrocha son regard. La confusion et la peur devaient se lire au fond du sien, car il crut voir de la compassion et de la tristesse chez sa mère, comme si elle comprenait le dilemme dans lequel elle l'avait placé. Mais il ne faisait que voir ce qu'il avait envie de voir, à en juger par le petit objet qu'il sentit au fond de sa poche. Non, sa mère n'éprouvait aucune compassion à son égard, il n'était qu'un pion dans son échiquier, qu'elle pouvait manipuler à sa guise... Aurora avait tellement bien préparé son plan qu'elle avait glissé un petit écrin au fond de sa poche, miniaturisé afin qu'il ne s'en rende pas compte jusqu'à ce moment précis. Voilà pourquoi elle tenait tant à cette robe... Le souffle irrégulier de Théo s'interrompit lorsqu'il se vit sortir l'écrin de sa poche. Comme dans un état second, il saisit sa baguette et donna un léger coup sur l'objet, qui reprit sa taille normale. Il avait besoin de la voir de ses yeux.

Et il la vit, délicatement disposée au fond de l'écrin, brillante et sublime. Elle était réellement très belle, de bon goût, il n'avait aucune critique à émettre quant au choix de sa mère. Aurora avait dû vider le compte en banque familial pour pouvoir la lui offrir... Tous les regards étaient désormais posés sur Théo et cette bague, et il finit par se lever, comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. Ce n'était pas lui, qui avait cette bague dans sa main. Ce n'était pas lui qui s'agenouillait devant Rosaleen, et qui levait vers elle un visage impénétrable. Ce n'était certainement pas lui qui prononçait ces mots, ces mots qui semblèrent suspendus dans les airs...

"Rosaleen Electre Lestrange, voulez-vous m'épouser ?"

Et pourtant, c'était bien lui. Il l'avait fait, il avait demandé Rosaleen en mariage. Nauséeux, pâle comme un linge, Théo sentit quelques gouttes de sueur perler sur son front et il s'efforça de garder les yeux rivés dans les iris pales de Rosaleen. Priant sans y croire pour qu'elle dise non...



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Sans que Rosaleen ne sache pourquoi, le silence s'était installé autour de la table. Avait-elle dit quelque chose de mal ? songea-t-elle en posant les yeux sur Théo. Celui-ci semblait animé par une profonde réflexion intérieure. Elle pouvait le comprendre, ce n'était pas forcément quelque chose de facile à digérer surtout lorsqu'on était pris par surprise. Rose était préparée à ce moment depuis des années ou du moins s'y attendait-elle. Ce n'était pas comme si la nouvelle sortait de nul part ou qu'elle ignorait les intentions de ses grands-parents à son égard. Mais la situation de Théo était différente, il sortait tout juste de l'école, n'avait eu que deux mois pour commencer sa vie d'adulte, venait de commencer son stage et elle savait que l'Université commencerait bientôt ou avait déjà commencé, elle ne savait plus. Théo devait être très occupé en ce moment et ne s'était sûrement pas attendu à être fiancé, il n'avait que dix-neuf ans après tout. Rosie comprenait la démarche de ses grands-parents mais elle avait un peu plus de mal à comprendre celle de Mrs Nott. Désespérait-elle tellement que son fils trouve une fiancée adéquate qu'elle avait fait le choix pour lui ? Le nom des Nott était certes entaché mais un peu moins que celui des Lestrange qui restait associé à sa tante Bellatrix et même si elle n'avait pas le nez dans leurs comptes, Rosie avait l'impression que les Nott avaient des finances plus saines que les leurs. Pourquoi un tel empressement de la part d'Aurora Nott ? Tandis que Théo se complaisait dans son silence, cherchant sûrement à assimiler la nouvelle, Rosaleen tourna ses yeux gris vers la mère de Théo, songeuse. Cette dernière fixait son fils du regard et finit par prendre la parole, rompant le silence tendu qui s'était installé dans la pièce. Même ses grands-parents commençaient à s'agiter, leur attention portée sur le silence de Théo.

Visiblement, cette dernière avait vraiment tout prévu et cela devait être orchestré depuis longtemps si elle avait pris le temps d'acheter une bague et de la glisser dans la robe de son fils. Le cœur de Rose rata un battement en apercevant l'écrin. C'était la deuxième fois qu'on lui présentait une bague de fiançailles. Arthur lui avait offert une bague de famille, ancienne et travaillée avec une émeraude dessus. C'était une bague magnifique, elle l'avait adoré. Elle n'aimait pas son fiancé, même si elle l'appréciait, et savait qu'il n'y aurait jamais d'amour entre eux mais avoir une bague de fiançailles l'avait ravie. Arthur lui avait dit de la garder avant qu'il ne la quitte et elle avait voulu la rendre aux Bones mais ils lui avaient aussi dit de la garder? Ce n'est pas comme si Arthur allait demander une autre demoiselle en mariage, avait-on ajouté avec aigreur. Et puis c'était la tradition : la fiancée qui se faisait quitter pouvait garder la bague, elle ne devait la rendre que si c'était elle qui rompait les fiançailles. Cette dernière était soigneusement rangée dans son coffre à bijoux étant donné qu'elle ne l'avait jamais reporté depuis des années, même si elle était splendide. Rosaleen observa Théo sortir sa baguette et agrandir l'écrin avant de l'ouvrir. Elle perçut un scintillement et ses mains quittèrent la nappe blanche pour venir se poser sur ses genoux, dans un réflexe. C'était la deuxième fois qu'on la demandait en mariage et elle espérait bien que cela serait la dernière fois. Et mine de rien, quand on y pensait bien, c'était la première fois qu'on la demandait véritablement en mariage. La demande d'Arthur était sérieuse mais il était clair qu'il n'y aurait jamais rien entre eux. Tandis que Théo, elle l'appréciait, elle avait l'impression que c'était relativement réciproque et ils ne savaient pas ce que l'avenir leur réservait. Après tout, qu'est-ce qui les empêchaient de vraiment bien s'entendre, voire plus ?

Elle retint machinalement son souffle lorsque Théo s'agenouilla en face d'elle et elle eut du mal à retenir un sourire et à garder un visage relativement neutre. Elle sentait sur elle le regard de sa grand-mère tandis qu'elle se tournait sur sa chaise pour se retrouver face à Théo. Ce dernier avait un visage impénétrable et Rosalen n'aurait pas pu dire ce qu'il ressentait à cet instant présent. Peut-être qu'il était encore en train de réfléchir aux conséquences que cette union allait entrainer ou peut-être qu'il se demandait également pourquoi tant de précipitation. Rosaleen comprenait ces interrogations, elles tournaient dans son esprit aussi. Mais elle avait l'impression d'être plus sereine que Théo quant à ce qui aller se passer maintenant. Peut-être était-ce parce qu'elle avait eu le temps d'y réfléchir maintenant qu'elle avait été fiancée une fois ou peut-être tout simplement parce que c'était ce à quoi on la destinait depuis des années. On lui avait toujours répété qu'elle se marierait et voilà qu'elle y était. Pas vraiment devant l'autel, voire même loin de là, mais au premier pas. Elle allait se fiancer. Avec Théo Nott. Devenir un jour Mrs Nott. Rosaleen Nott. Rosaleen Electre Nott. Elle avait souvent penser à se marier, elle l'avouait plus que facilement. Mais étonnamment, elle n'avait jamais pensé que cela serait avec Théo, elle n'avait jamais pensé à lui comme à un fiancé potentiel mais comme à un ami, toujours comme à un ami, quelqu'un qui avait vécu les même choses qu'elles, qui partageait son point de vue de monde, cette espèce de compréhension mutuelle que possédaient les enfants de Mangemorts. Et pourtant, ce soir, c'était lui qui était agenouillé devant elle avec une bague de fiançailles. Rose tourna ses yeux vers sa grand-mère qui hocha la tête puis vers son grand-père avant de reposer le regard sur Théo.

- Oui, je le veux.

Et tandis qu'il lui passait la bague à l'annulaire gauche, Rosaleen ne put s'empêcher de se demander pourquoi cela ne la rendait pas aussi heureuse qu'elle l'avait imaginé. Elle s'était toujours dit que lorsqu'on la demanderait de nouveau en mariage - la demande d'Arthur étant convenue à l'avance et visant à assurer leur tranquillité réciproque - elle serait folle de joie. Là, elle avait simplement l'impression d'être... Satisfaite, comme si c'était une bonne chose de faite, quelque chose de réglé dont elle n'avait plus à s'occuper. Elle était heureuse que ce soit Théo, parce qu'il était gentil et qu'elle l'appréciait, mais ce n'était pas l'euphorie qu'elle avait imaginé, le bonheur complet qui la transporterait immédiatement. Elle était heureuse de savoir qu'elle pourrait assurer un bon avenir à Oreste, un avenir correct du moins et qu'elle n'avait plus besoin de chercher un fiancé, sous la tutelle de sa grand-mère. Cette dernière était également ravie vu qu'elle demanda à Mercy d'aller chercher la meilleure bouteille de la cave pour fêter l'évènement.

- Vous faites un couple superbe ! annonça Daria, ravie.

Rosaleen força un peu son sourire, sans qu'elle ne sache pourquoi. C'était peut-être le temps de réaliser ? Toutes les fiancées du monde devait sauter de joie, non ?

- Merci, grand-mère.

Elle jeta un coup d’œil à Théo qui s'était rassis à ses cotés tandis que les verres étaient remplis, sauf Oreste qui avait du jus de citrouilles. Celui-ci était tout souriant, sans que Rosaleen ne sache s'il comprenait vraiment ou pas la situation.

- Tu feras une mariée magnifique ma petite-fille ! continua Daria en l'observant d'un œil critique. Cet Arthur Bones est passé à coté de quelque chose, croyez-moi ! Heureusement que vous avez plus de jugeote, mon cher Théo ! Puis-je vous appeler Théo ? Maintenant que vous allez épouser ma tendre Rose...

Et tandis que sa grand-mère imaginait déjà les détails du mariage avec Mrs Nott et que son grand-père appelait à lever leurs verres à l'union de leurs deux familles, Rosaleen baissa les yeux sur sa bague de fiançailles. Elle était aussi splendide, délicate et scintillante et elle n'arrivait pas à en détacher son regard. Oui, elle était censée être heureuse, plus que tout, sauter de joie. Alors d'où venait ce goût un peu amer dans sa bouche soudain ? Elle fixa sa bague encore quelques secondes avant de relever la tête, un sourire plaquée sur son visage et en effaçant ses pensées négatives. Elle était heureuse, évidemment. Elle était folle de joie. C'est juste qu'elle n'avait pas encore réalisé, voilà tout ! Après tout, pourquoi est-ce qu'elle ne saurait pas heureuse ? Y'avait-il plus heureux qu'un mariage ?

- Aux futurs mariés ! lança son grand-père en levant son verre. Et à leur futur bonheur !

S'il n'était pas encore là, le bonheur viendrait après. Elle n'avait pas de raison d'être attristée, non ? Et Théo non plus. Après tout... Ils étaient fiancés.

FIN DU RP 


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La bague au doigt [Théo]

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