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 Le poids du remord [Margot & Alastair]

Alastair BrennanOubliatoravatar
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8 septembre 2007 :

Alastair s'observa un instant des pieds à la tête, Moïra avait raison, il n'avait vraiment pas bonne mine. De grandes cernes soulignaient ses yeux, une barbe de trois jours s'étalaient sur ses joues, ses cheveux étaient indisciplinés et pourtant il s'en moquait. Il avait le jeune Nott en stage depuis une semaine et tout ce qu'il pouvait dire c'était qu'il n'était sans doute pas le maître de stage idéal. Bien sûr, il avait tout expliquer au jeune homme, lui avait montrer les divers facettes du métier, lui avait expliqué en quoi consisterait son stage dans le département, lui avait donné une première tache à effectué puis s'était enfermé dans le mutisme qui le caractérisait depuis l'affaire Benson. Il revoyait encore le visage baigné de larme de la gamine, l'air hagard du père qui était désormais incapable de reconnaître sa fille et la culpabilité le rongeait.

Si les recherches avaient évolués plus rapidement, s'ils savaient sélectionner des bribes de souvenirs, il aurait pu effacer seulement le passage sur la magie sans effacer tout la famille de l'homme de sa mémoire. Il aurait pu sauver une famille, il se serait plus en paix avec lui même. Pour cette petite fille, il était responsable de ses malheurs. Son père avait voulu faire entendre ses droits et il avait gagné un état de légume. Par sa faute, parce qu'il n'avait pas su dire "non trouvez quelqu'un d'autre". D'un autre côté, il se serait retrouvé sans emploi et son métier était toute sa vie.

Il ne se voyait pas faire autre chose, la mémoire le passionnait trop pour ça, cependant après ce qui s'était passé ce 30 août dernier, il ne savait plus s'il était encore prêt à effectuer ce genre de mission. Effacer 10 secondes ou même 10 minutes voir une journée ou une semaine ne lui posait pas de problème, la personne s'en remettrait très bien et finalement il n'y aurait de tort pour personne, mais effacer toute une vie, il ne s'en sentait plus capable. Éthiquement, il trouvait ça incorrect, alors pourquoi il l'avait fait ? C'était la question qui tournait en boucle dans son esprit depuis ce fameux jour.

Il détourna le regard de son image en poussant un soupir las et attrapa sa baguette qu'il rangea soigneusement dans sa robe de sorcier. Il s'était habillé plus élégamment que d'ordinaire puisque suite aux conseils de Moïra, il avait décidé de se changer les idées. Il avait besoin, peut-être, sans doute, de voir autre chose que les murs ternes de sa maison ou de son bureau au Ministère. Et puis, il y avait un certain temps déjà, avant tout ça, il avait songé à recontacter Margot Adamson, il ne savait pas trop ce qui l'avait retenu jusque là. Mais aujourd'hui, enfin un peu plus tôt dans la semaine, il s'était décidé à lui écrire pour lui proposer de le rencontrer à Pré-au-Lard comme la dernière. Il s'attendait à une réponse négative ou pas de réponse du tout d'ailleurs et avait été surpris de la missive positive qu'il avait reçu.

Il fallait peut-être qu'il se rase finalement ça ferait sans doute plus présentable, pour les cernes il ne pourraient pas faire grand chose mais il pouvait au moins se raser. Il se dirigea rapidement dans la salle de bain et coupa sa barbe naissante, voilà qui était mieux. Bien, il était déjà mieux que tout à l'heure, c'était un bon point non ? Il secoua légèrement la tête, exaspéré par sa futilité puis jeta un dernier regard à son reflet avant de quitter la pièce. Une fois dans le vestibule, il attrapa sa cape, l'enfila rapidement et sortit de la maison. Une fois dans la rue, il laissa le vent humide de Septembre lui fouetter le visage avant de transplaner pour Pré-au-Lard.

La rue principale du petit village sorcier était quasiment déserte et lui était en avance, il s'en rendit compte lorsqu'il pénétra dans le bar qui était désormais devenu leur lieu de rendez-vous et qu'il ne l'aperçut nul part. Il décida donc de s'installer et de passer commande en l'attendant. Il ne patienta que quelques minutes car la porte des Trois Balais s'ouvrit alors pour laisser entrer la directrice de Poudlard, il se leva aussitôt de sa chaise et afficha un léger sourire sur ses lèvres alors qu'elle avançait vers lui.

"Bonjour Margot, comment vas-tu ?"

Il se rassit et invita la femme à en faire de même, il l'examina rapidement et il ne puut s'empêcher de remarquer qu'elle était fort jolie, peut-être même plus que la dernière fois qu'il l'avait vu.

"Tu désires quelque chose ?, demanda-t-il alors qu'un serveur se dirigeait vers leur table, il laissa son interlocutrice passer commande avant de se tourner à son tour vers l'homme pour parler. Un Whisky pur feu s'il vous plaît."

Ce ne serait que le deuxième depuis qu'il était installé mais il avait l'impression qu'il en avait besoin pour ne pas sombrer, pour ne pas craquer, il ne devait pas, pas devant Margot, que penserait-elle de lui ? Sans doute pas que du bien, elle allait certainement le trouver abjecte s'il lui racontait ce qu'il avait dû faire au père de l'une de ses élèves.

"Je suis heureux que tu aies pu venir. Je ne savais pas trop si tu accepterais mon invitation, nous ne sommes que le premier week-end de la rentrée après tout et tu dois avoir beaucoup de travail non ?"

Il avait volontairement détourné son attention sur son travail, ainsi, du moins pour un moment ils éviteraient d'aborder ses problèmes à lui. Peut-être même qu'avec un peu de chance Margot ne remarquerait même pas sa petite mine et son mal-être passager.



Kit par Ju choupie Choupi
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Karadoc laissa échapper un long ululement sous les caresses de sa maîtresse et frotta sa tête contre la main de Margot, qui sourit avec affection. La directrice l'observa étendre ses ailes et prendre son envol, puis disparaître dans le ciel crépusculaire. Karadoc n'était plus tout jeune, puisqu'elle s'était offert sa compagnie lorsqu'elle était rentrée en Angleterre, alors qu'il était encore petit, mais il volait encore bien même si elle le mettait souvent à contribution. Les hiboux de l'école envoyaient tous ses courriers officiels mais Karadoc était en charge de ses missives personnelles, et notamment de ses lettres à son fils. Margot aimait beaucoup avoir de ses nouvelles, fréquentes ces dernières nouvelles. Ces lettres étaient pleines de fautes qui faisaient rougir l'enseignante qu'elle était et l'écriture était souvent maladroite, mais le contenu était riche et touchant. Il fallait dire que la vie d'un jeune joueur de Quidditch professionnel était mouvementée, à en juger par les nombreuses anecdotes qu'Arthur avait à partager. Margot les lisait avec plaisir, notamment celle qui lui avait raconté le duel épique qui l'avait opposé à Darren O'Connor pour la place d'attrapeur titulaire de l'équipe. Margot avait été agréablement surprise d'apprendre que son ancien élève avait été sélectionné chez les Pies malgré ses déboires de l'an passé - après tout, elle l'avait elle-même viré de l'équipe - et n'avait pas été étonnée qu'Arthur ait dû lui céder la place. Son fils n'était cependant pas bien malheureux puisqu'il avait joué à plusieurs reprises comme poursuiveur à Beaubâtons, poste qu'il occuperait à nouveau chez les Pies. Là aussi, la compétition serait rude, mais elle ne s'inquiétait pas trop pour son Serpentard de fils. Tiens, songea Margot en jetant un oeil amusé au Choixpeau Magique, il faudrait qu'elle le répartisse un jour, juste pour voir. La directrice referma la fenêtre puis salua l'objet millénaire, avant de regagner ses appartements.

Après s'être préparée avec soin et minutie, elle estima qu'elle était présentable et tourna sur elle-même pour observer le tout. Cette robe noire lui allait à ravir, songea-t-elle avec un petit sourire, et elle n'avait pas eu un aussi beau teint depuis bien longtemps. La rentrée lui réussissait, songea-t-elle avec bonne humeur, les choses avaient bien changé depuis l'an passé. Bien sûr, le poids des mois passés pesait toujours sur ses épaules mais elle avait de nouveaux projets et de nouveaux collègues et élèves qui occupaient pleinement ses journées. Elle avait l'impression d'enfin aller de l'avant, et ses pensées n'étaient plus constamment occupées par Ana et Samuel, ce qui était un net progrès. Après avoir enfilé ses chaussures et attrapé son sac, la sorcière entreprit de traverser Poudlard pour en quitter l'enceinte. Elle aurait pu utiliser sa cheminée personnelle mais Margot était en avance, trop pressée de se rendre à cette soirée de détente avec son nouvel ami, et décida donc de perdre un peu son temps.

Elle ne devait cependant pas la seule à être pressée puisque Alastair était déjà là lorsqu'elle arriva. Le voir déjà arrivé la fit sourire et elle s'installa face à lui, avant de le dévisager un instant.

"Ca va très bien, et toi ?", répondit-elle d'un ton joyeux. La directrice avait été ravie de recevoir la proposition d'Alastair, qui s'était presque faite attendre. Margot s'était rendue compte avec un peu d'étonnement qu'elle avait attendu leur rendez-vous avec impatience, et avait mis cela sur le compte de sa vie sociale si limitée au château. La jeune femme commanda un verre de Whisky Pur Feu, imitée par Alastair.

"Même le directeur de Poudlard a droit à un peu de détente", lança-t-elle avec un petit sourire. "Mais je te rassure, je ne quitte pas le château si la directrice adjointe en fait de même - ou, en l’occurrence, la directrice adjointe suppléante. C'est vrai que j'ai beaucoup de travail en ce moment, avec la rentrée et avec certains projets que j'essaie de mettre en place pour l'école, donc j'avais bien besoin d'une soirée hors de Poudlard ! Je suis heureuse d'être là aussi, non seulement parce que ça va me changer les idées mais parce que ça me fait plaisir de te voir."

Son sourire s'accentua sur ses dernières paroles et elle fut heureuse que le serveur choisisse ce moment pour leur apporter leurs boissons, détournant ainsi l'attention. Margot trouvait que leurs rencontres n'étaient pas assez fréquentes à son goût, mais Alastair avait l'air d'être quelqu'un d'assez solitaire et elle ne souhaitait pas le brusquer en forçant leur amitié à se développer un peu trop vite.

"Et de ton côté, tout va bien ? Théo a commencé son stage ? Il s'en sort bien ? Et le travail ?"



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Alastair rendit son sourire à Margot alors qu'elle affirmait avec humour que les directeurs aussi avaient droit à un peu de détente. Il devait avouer qu'il était bien content que ce soit le cas, il réalisait qu'il aurait dû inviter son amie un peu plus tôt qu'il aurait beaucoup aimé passer plus de temps avec elle pour apprendre à la connaître. Mais il doutait un peu que sa présence soit réellement apprécié par l'enseignante, après tout elle avait été légèrement hésitante après sa proposition de l'accompagner voir des matchs de Quidditch à moins que ce ne soit lui qui voyait des choses qui n'existaient pas. Il écouta attentivement son interlocutrice hochant légèrement la tête pour montrer qu'il comprenait qu'elle avait beaucoup de travail. Et il se sentit légèrement rougir alors qu'elle annonçait qu'elle était heureuse de le voir. Heureusement pour lui, le serveur arriva à cet instant et il put cacher sa gêne. Détournant légèrement la tête, il remercia l'employé du pub et avala une gorgée d'alcool pour se redonner une contenance.

"Ça me fait plaisir également de te revoir. J'ai voulu plus d'une fois te recontacter avant mais j'ai eu beaucoup de travail et puis avec l'attentat Mardolien qui a eu lien fin juillet à Londres, les stagiaires à convoquer pour les entretiens et puis, le travail de routine, j'avoue ne pas avoir eu énormément de temps pour moi. J'en suis sincèrement désolé parce que crois-moi ce n'est pas l'envie de te revoir qui m'a manqué."

Et il s'excusait encore, il avait l'impression de ne faire que ça en ce moment. Il retint le soupir qu'il menaçait de laisser échapper. Il était fatigué, il voulait juste pouvoir être avec les personnes qu'il appréciait sans avoir de compte à régler, il voulait aussi pouvoir faire son travail sans avoir la culpabilité qui le rongeait de l'intérieur. Et comme il s'y attendait la question qu'il avait volontairement ignoré un peu plus tôt retomba, comment allait-il ? Bonne question, certainement pas bien. Mais pouvait-il réellement donner une autre réponse ? Étaient-ils suffisamment proches pour qu'il puisse lui en parler ? Il n'avait pas envie de se faire juger, d'un autre côté Margot serait la plus à même de surveiller la petite Benson du coin de l'oeil.

"Théo se débrouille très bien pour l'instant, ça ne fait qu'une semaine qu'il a intégré le département mais je n'ai rien à lui reprocher, ce qui est plutôt positif vu qu'il n'est pas là depuis très longtemps. Au niveau du travail, il y en a beaucoup en ce moment, à croire que les gens font exprès de vouloir briser le secret tous en même temps."

Il se permit un léger sourire ironique avant de reprendre un air sérieux, il n'y avait pas vraiment de quoi rire en y réfléchissant, c'était même plutôt inquiétant. Mais c'était souvent au moment de la rentrée et de Noël qu'ils comptaient le plus de cas. Alors, ils se montraient plus vigilant à ces périodes.

"Et sinon, je voulais savoir comment allait la petite Sasha Benson. J'ai... j'ai dû intervenir pour une affaire dans laquelle elle était plus où moins impliquée et elle n'allait visiblement pas bien après... après ça. Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait mais je n'avais pas vraiment d'autre choix, le secret était menacé, je n'ai fait que mon travail après tout."

Il avait détourné le regard alors qu'il lâchait sa dernière phrase qui lui était d'ailleurs plus destinée à lui même. Comme s'il essayait de se convaincre lui même, comme pour s'enlever une petite part de responsabilité. Il se sentait mal, tellement mal. Il avait chaud trop chaud, il étouffait un peu, il but une gorgée d'alcool pour faire passer la sensation d'étouffement peut-être que ça l'aiderait. Il desserra alors légèrement le col de sa robe, la sensation était encore là mais moins présente. Il releva alors le regard vers Margot et se força à sourire, ou tout au moins à relever les coins de sa bouche pour réaliser un semblant de sourire.

"Excuse moi, cette affaire me pèse légèrement sur la conscience. Je crois qu'en vingt ans de carrière c'est la première fois que ça m'arrive. Je ne veux pas t'importuner avec mes états d'âme."

Il posa son regard sur ses doigts croisés autour de son verre, il fallait qu'ils parlent d'autre chose, tout et n'importe quoi, peu importait mais il fallait qu'ils changent de sujet de conversation.

"Tu as eu des nouvelles de ton fils ?"

Voilà qui était mieux, un sujet beaucoup plus neutre, moins dangereux pour lui, enfin normalement.



Kit par Ju choupie Choupi
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Margot sentit une impression de satisfaction l'envahir quand Alastair affirma qu'il avait eu l'envie de la voir mais qu'il avait eu beaucoup à faire. L'idée qu'il recherche sa compagnie lui était plaisante, probablement parce qu'il était bien le seul ces derniers temps. Sa vie sociale hors de Poudlard se résumait à son fils depuis le départ de Samuel et le mariage d'André, et même à Poudlard les choses étaient différentes. Le changement n'était pas flagrant mais subtil. Parce que Margot était devenue directrice, parce que Daisy était absente et parce que Chloé et Peter formaient désormais une famille, tout comme Rachelle et William, le tout conjugué avec de nouvelles têtes, et l'équilibre professoral de ces dernières années avait été modifié. Margot avait beau apprécier le changement, elle avait l'impression de n'avoir personne avec qui le partager, alors qu'elle avait pensé, l'an dernier, avoir Samuel à ses côtés. Sans nouvelles de l'animagus depuis maintenant deux mois, elle se faisait lentement à l'idée que leur histoire était belle et bien terminée, mais son ego en avait pris un sacré coup et c'était sans doute pourquoi les propos d'Alastair lui firent tant plaisir.

"Ce n'est rien, je comprends, et puis j'ai été occupée moi aussi", répondit-elle avec un sourire paisible. 

Les nouvelles qu'il lui donna de Théo la rassurèrent, heureuse d'apprendre que son nouveau protégé avait fait une bonne première impression. Ce n'était pas gagné d'avance, étant donné son passé et son caractère parfois difficile, mais cela semblait lui profiter plus que le desservir. Tant mieux, songea-t-elle en se promettant de lui écrire une lettre dès le lendemain pour prendre de ses nouvelles. Alastair évoqua alors les personnes qui s'amusaient à rompre le secret magique et elle ne put s'empêcher de répondre, avec une légère amertume :

"C'est en partie le cas... Je te souhaite bon courage, j'espère que les choses vont se calmer."

Ce n'était pas la surcharge de travail qui semblait peser sur Alastair, cependant, mais une affaire bien précise. A l'évocation de Sasha Bensen, Margot haussa les sourcils avec étonnement et s'agita sur sa chaise, mal à l'aise, posant sur Alastair un regard songeur. Elle entendit à peine la question qu'il lui posa sur son fils et n'y répondit même pas, trop occupée à tenter de faire le tri parmi ses émotions. La directrice avait du mal à concilier la sympathie qu'elle éprouvait pour Alastair et le dégoût qu'elle avait ressenti en apprenant ce que la justice et les Oubliator avaient fait. Effacer cette enfant de la mémoire de son père, un homme qui cherchait simplement à protéger sa fille, devant ses yeux, tout cela pour, soit-disant, le bien commun... Cela lui rappelait des méthodes d'un autre temps, d'une époque en guerre, où le Ministère de la Magie combattait le mal par le mal, en autorisant ses agents à utiliser des méthodes plus que contestables. Etait-ce la guerre qui revenait de nouveau, une guerre insidieuse contre les mardoliens, pour le secret magique ?

"J'ai entendu parler de cette affaire, bien entendu, je suis informée des évènements de cette gravité lorsqu'ils touchent mes élèves et puis cela a défrayé la chronique... Mais je ne savais pas que tu étais l'oubliator qui avait effacé la mémoire de son père. Je suis vraiment désolée. Je...je vais être honnête, je pense que la justice a fait une erreur, ce jour là. Mais ce n'est pas toi qui a prononcé la sentence, Alastair."

Se mordillant la lèvre distraitement, elle joua avec son verre quelques instants en réfléchissant. Non, ce n'était pas lui qui avait prononcé la sentence, mais il avait accepté de l'exécuter. Sous le regard de Sasha, il avait accompli ce qu'il pensait être son devoir, il avait suivi les ordres sans interroger son éthique. Et cela, Margot ne pouvait dire qu'elle le comprenait, qu'elle l'acceptait, car ce serait mentir. Lui apporter son réconfort était dans ses cordes mais la directrice ne lui dirait pas que ce n'était pas sa faute et qu'il n'avait rien à se reprocher. Au contraire, il était normal et peut-être bénéfique que sa conscience le travaille ainsi. Si le travail des oubliator continuait à prendre une telle importance, si la menace mardolienne se confirmait, alors ce problème éthique ne serait que le premier d'une longue série... Un petit soupir s'échappa de ses lèvres et elle tendit le bras timidement, avant de presser la main d'Alastair contre la sienne, brièvement. Bien vite, elle ramena son bras auprès d'elle, faisant mine de boire pour se donner une contenance. Margot se recula contre son dossier avant de jeter sur son interlocuteur un regard attristé.

"Parfois j'ai l'impression que le sort s'acharne sur mes Serpentard... Entre Emma, Cécilya et maintenant Sasha...J'en viens presque à regretter d'avoir dû abandonner la direction de la maison. Heureusement, le professeur Haddock m'a l'air d'être tout à fait compétent. Je demanderais tout de même à Rachelle, notre infirmière, de discuter avec Sasha de temps en temps pour s'assurer qu'elle se remet. C'est une jeune fille solide."

Solide, certes, mais il y avait fort à parier pour que cet évènement reste gravé pour toujours dans sa mémoire...



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Alastair BrennanOubliatoravatar
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Alastair n'arrivait décidément pas à poser son regard sur Margot, il avait honte, tellement honte, mais d'un autre côté pouvait-on réellement le blâmer d'avoir fait son travail ? Oui certainement, il avait choisi d'être Oubliator avec les risques, les avantages et les inconvénients que ça comportait. Mais il n'avait pas signé pour effacer de la mémoire de son père une petite fille qui n'avait rien demandé. Le gouvernement se sentait en danger, la menace Mardolienne était trop présente, ils étaient trop à cran, ce qui avait mené à cette sentence, horrible certes, nécessaire ? Il l'ignorait. Il savait juste que depuis ce jour là, il n'osait plus se regarder dans une glace, il voyait les visages compatissant de ses collègues, de son chef de service. Mais il n'avait pas besoin de pitié bordel de Troll, il avait juste besoin de... Il ne savait même pas de quoi il avait besoin, remonter le temps pour éviter d'avoir à faire une telle erreur ? Mais s'il n'avait pas agi, si il n'avait pas exécuté la sentence, il serait sans emploi à l'heure actuelle. Sans argent comment pourrait-il subvenir aux besoins de ses enfants ? Payer les traites de la maison, vivre tout simplement, si Lucy avait encore été à ses côtés, il aurait peut-être pu se permettre de dire non. Mais en l'état actuel des choses, il ne pouvait pas se permettre de perdre son emploi, alors oui, il culpabilisait, oui il s'en voulait, oui il déprimait mais finalement regrettait-il tant que ça d'avoir exécuté un ordre direct ?

Tant de questions qui tournaient en boucle dans son esprit, son estomac se noua légèrement lorsque Margot avoua avoir eu vent de ce qui c'était passé en tant que directrice puisque cela touchait directement l'une de ses élèves et il était vrai que l'affaire avait fait scandale dans les médias. Heureusement pour lui, à aucun moment son nom n'avait été cité, il n'avait rien dit à ses enfants et il n'avait pas non plus très envie qu'il le sache, surtout Owen, leur relation était suffisamment tendu en ce moment sans donner une raison supplémentaire à son fils de le détester. Il garda son regard fixé sur ses doigts alors que Margot lui faisait part de son soutien, mais il sentait bien qu'elle n'était pas d'accord avec la façon de faire. D'ailleurs ses suppositions furent confortées lorsqu'elle avoua penser que la justice avait fait une erreur. Lui aussi pensait qu'une erreur avait été commise mais ce n'était pas à lui d'en juger n'est-ce pas ?

Il frissonna légèrement lorsque Margot posa sa main sur son bras, il posa le regard sur la main délicate de son amie. Il releva alors le regard vers elle et lui sourit faiblement, le contact de sa main avait laissé une empreinte brûlante sur sa peau. Il avait apprécié l'étreinte et regrettait qu'elle n'ait pas duré plus longtemps. Il se sentait étrange, son cœur avait raté un battement, son souffle s'était accéléré, il avait l'impression d'avoir couru un marathon et pourtant il n'avait pas bougé de sa chaise. Il baissa à nouveau le regard sur son verre alors que Margot soupçonnait le mauvais sort de s'acharner sur ses Serpentard, après Emma et la petite Richardson. Alastair comme tout le monde avait appris pour le massacre de la famille dans la presse, toute une famille décimée par un détraqué. Un malade qui traquait les familles de Sang-pur, égoïstement, Alastair était soulagé que sa famille ne soit pas reconnu comme suffisamment pure, ses enfants échappaient à la peur d'être les suivants, ce qui n'était hélas pas le cas d'Anthony Blackbonnes qui lui avait confié récemment qu'il commençait à perdre pied. Il avait l'impression de vivre dans la peur de perdre ses proches du jour au lendemain et l'histoire avec Emma n'avait pas arrangé son angoisse. Il sortit de ses pensées lorsque Margot affirma qu'elle allait demander à l'infirmière de surveiller la petite Sasha.

"Merci Margot, je pense que c'est une bonne chose. Elle ne doit pas rester toute seule, ses amis doivent l'entourer c'est très important. Enfin, je ne vais pas t'apprendre ton métier. Excuse moi."

Il but une gorgée de Whisky avant de reposer son regard sur ses mains, pourquoi n'arrivait-il donc pas à poser son regard sur Margot ? Il y avait plus qu'une simple culpabilité, il arrivait bien à regarder Moïra dans les yeux alors pourquoi pas Margot ? C'était à ne plus rien y comprendre.

"Ce n'est pas moi qui ait prononcé la sentence, tu n'as pas tort mais c'est moi qui l'ait exécuté. Si j'avais écouté ma conscience, en temps normal, je ne l'aurais pas fait mais j'étais seul dans la salle d'audience ce jour là, le juge semblait vouloir montrer qu'ils étaient prêt à tout pour conserver le secret. Je... J'ai obéis parce que je n'avais pas le choix. Oubliator c'est la seule chose que je sache faire, j'ai une famille, je ne pouvais décemment pas me permettre de me faire virer. Alors, je l'ai fait. Je ne cherche pas à me justifier, je ne cherche pas à me trouver des excuses, je l'ai fait, devant la petite. Parce que j'ai été trop lâche pour dire non. Ton soutien m'est très précieux, même plus que ça d'ailleurs, ta simple présence me remonte un peu le morale mais je comprendrais que tu ne veuilles pas  me revoir. Je crois que je comprendrais en fait, j'aurais peut-être du mal à m'en remettre... je crois. Parce que je ne sais pas, je t'apprécie énormément et je te considère, c'est peut-être un peu tôt je le conçois mais je crois que c'est venu naturellement sans que je sache trop comment, comme une amie que j'estime et admire énormément. Et peut-être que derrière tout ça, je ne sais pas, tout est si confus dans ma tête en ce moment."

Il releva le regard sur Margot, un regard un peu perdu, le regard d'un homme un peu désespéré qui ne savait plus trop où il en était et qui en même temps semblait tout comprendre mais sans vouloir se l'avouer.

"Je crois que... je ne sais plus trop où j'en suis. Je me demande bien quelle image de moi va avoir Théo, j'essaye de faire face au bureau, enfin je crois que je fais face. Excuse moi, je ne veux pas te mettre mal à l'aise. Je... Excuse moi, peut-être vaut-il mieux changer de sujet tu ne crois pas ? Je n'ai pas envie de te plomber le morale. Le but de cette rencontre n'est pas que je m'apitoie sur mon sort. Je joue les égoïstes, encore une fois semble-t-il."

Il adressa alors un sombre sourire à son amie avant de détourner à nouveau le regard. Le ciel s'était couvert brusquement et un déluge s'abattit sur la rue commerçante. En quelques minutes, une foule bruyante envahit le restaurant pour se protéger de la pluie. Donnant ainsi à Alastair une raison à son regard fuyant.



Kit par Ju choupie Choupi
Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Margot se mordit la lèvre, regrettant de ne pouvoir démentir son interlocuteur. Comment aurait-elle pu le faire, alors qu'elle partageait son avis ? Alastair avait exécuté la sentence sans écouter sa conscience, c'était indéniable, sinon il ne serait pas dans un tel état aujourd'hui. Et Margot ne pouvait dire qu'elle cautionnait, qu'elle comprenait, il y avait des limites aux justifications qu'elle pouvait lui trouver. Après tout, elle était une enseignante avant tout et la tristesse et l'indignation qu'elle ressentait pour la petite Sasha surpassait la compassion qu'elle éprouvait pour Alastair. Pourtant, ces pensées s'évaporèrent lorsque le sorcier évoqua sa famille et sa confusion, et elle sentit son coeur se serrer. Toute cette situation était injuste, tant pour Sasha que pour son père et pour Alastair. C'était le tribunal qu'il fallait blâmer, et derrière lui la volonté du Ministère de s'imposer coûte que coûte, qu'elles qu'en soit les conséquences... En quoi valaient-ils mieux que les mardoliens ?, songea-t-elle avec amertume, avant de secouer la tête avec douceur. Tout cela appartenait au passé, maintenant, et il ne fallait plus qu'Alastair se torture indéfiniment. Elle s'apprêtait à le lui dire lorsque le discours d'Alastair, qui en avait visiblement gros sur le coeur, changea légèrement d'objet. 

La surprise de Margot se lut sur son visage mais elle garda le silence, désireuse de laisser Alastair s'exprimer. Néanmoins, elle savait déjà qu'il était hors de question qu'elle cesse de le fréquenter. L'idée était bien trop déplaisante pour qu'elle y cède... Heureusement, ce n'était visiblement pas ce que souhaitait Alastair puisqu'il lui fit comprendre, par des propos un peu décousus, qu'il la considérait comme une amie. Avant de finir par des paroles qui la laissèrent perplexe et confuse, rosissant bien malgré elle. Qu'avait-il voulu dire, exactement, qu'elle lui plaisait ? Non, elle devait se faire des idées, se morigéna-t-elle instantanément. Un homme tel qu'Alastair ne devait pas rechercher ce type de compagnie, il semblait être habitué à la solitude dans laquelle il vivait depuis le décès de son épouse et il aurait été fort étonnant qu'il sous-entende autre chose. De plus, il venait de la qualifier d'amie, ce qui voulait tout dire... 

Margot réalisa avec étonnement que son pouls battait un peu trop vite au vu de la situation, et préféra ne pas s'attarder sur ce phénomène. Elle se concentra sur les paroles d'Alastair, qui s'interrompit lorsqu'une averse inopinée attira une foule bruyante dans la pièce. Margot jeta un regard agacé aux intrus avant de rapprocher sa chaise de celle d'Alastair, et de lui répondre d'un ton décidé :

"Tu n'es pas égoïste, et tu ne me plombes pas le moral. Je n'ai aucune envie d'arrêter de te fréquenter parce que tu as dû faire un choix difficile, et personne n'a à te juger car personne ne sait comment il aurait agi à ta place. Au passage, je doute que Théo le fasse. C'est un Nott, il peut comprendre. Quant à moi, je t'apprécie beaucoup aussi, je suis persuadée que tu es un homme bon, je le sens. Alors si ma présence te remonte réellement le moral..."

Elle tenta de capturer son regard avant de conclure, à voix basse :

"Je ne vais nulle part."



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Alastair BrennanOubliatoravatar
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Alastair fut légèrement surpris lorsque Margot rapprocha sa chaise de lui, il ne s'attendait pas à ce qu'elle se tienne aussi près de lui, il sentit son cœur rater un battement puis s’accélérer brutalement, il attrapa machinalement son verre et but une gorgée, il avait chaud tout à coup, très chaud et son estomac était étrangement noué. Il releva le regard et adressa un léger sourire à son interlocutrice alors qu'elle prenait la parole. Elle semblait si compréhensive mais après tout peut-être était-ce son métier qui le voulait, peut-être puisait-elle dans ses ressources d'enseignante pour se montrer compatissante, pour ne pas lui montrer à quel point il avait agi en monstre ou parce qu'elle ne voulait pas le blesser. Alors qu'elle parlait, il saisit sa main et la pressa doucement pour la remercier de son soutien.

Il voyait bien qu'elle ne cherchait pas à le faire déculpabiliser pour ce qu'il avait fait car elle ne cautionnait sans doute pas son geste mais elle le soutenait tout de même comme l'aurait fait une vraie amie, comme l'aurait fait Lucy. A cette pensée, il se crispa légèrement, il espérait que Margot n'avait rien remarqué. Il venait d'envisager plus qu'une simple amitié, un sentiment étrange venait de s'emparer de lui, il n'avait rien ressenti d'aussi intense depuis la disparition de sa femme, il savait qu'il était tant pour lui de tourner la page, après dix ans de deuil, peut-être était-il enfin temps de la laisser partir pour de bon. De ne plus toujours se rapporter à ce qu'elle dirait, penserait ou ferait, il était temps qu'il vive pour lui. Peut-être ou alors était-ce trop tôt ? Il ne connaissait Margot que depuis peu de temps, il ne connaissait quasiment rien d'elle ni de sa vie. Raison de plus pour apprendre à la découvrir souffla une petite voix dans sa tête.

Il était légèrement perdu, comme étranger dans son propre corps, celui-là même qui lui faisait ressentir des choses oubliés depuis longtemps maintenant, il ne savait plus ce que c'était que d'aimer une femme et pourtant, il avait l'impression que cela n'avait pas énormément d'importance. Mais peut-être était-elle loin d'éprouver ce que lui même ressentait, peut-être n'était-elle pas aussi troublée que lui à cet instant, peut-être n'avait-elle rien senti. Il se laissait peut-être emporté par son imagination, il avait peut-être également trop bu, peut-être était-ce tout simplement parce qu'il n'avait pas eu l'attention d'une femme depuis longtemps alors peut-être que son subconscient lui faisait croire qu'il pourrait peut-être avoir des sentiments plus forts que de l'amitié pour la directrice de Poudlard. Et il n'avait pas pensé à la réaction de ses enfants, comment pourrait-il justifier une relation avec leur directrice, comment affronter leurs regards ? Il y aurait des soupçons de favoritisme qui pèseraient forcément sur eux, il ne pouvait pas leur infliger ça, si ?

Pourtant lorsque Margot lâcha qu'elle n'irait nulle part, les doutes d'Alastair disparurent, il plongea son regard dans le sien, son souffle se fit plus court et il lâcha un vague "Merci" avant de se pencher légèrement vers elle, il marqua un léger moment d'hésitation avant de franchir la distance qui séparait encore ses lèvres de celles de Margot. Voilà, c'était fait, il venait de poser ses lèvres sur celles de Margot, il l'embrassait. Merlin, il l'embrassait vraiment pour de vrai. Bon sang mais qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Et si elle le repoussait, pourtant elle ne semblait esquisser aucun mouvement de fuite, il abandonna alors ses dernières réserves et profita de l'instant. Son coeur battait la chamade, son souffle était court et irrégulier et il... se sentait bien. Il n'avait jamais été aussi serein depuis la mort de Lucy.

Il se recula légèrement pour mettre fin au baiser, les joues légèrement rougissantes, le regard brillant comme un adolescent découvrant les joies de l'amour et il le plongea dans celui de Margot, légèrement hésitant, ne sachant trop comment elle allait réagir. Son estomac se noua, peut-être avait-il fait une erreur finalement.



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Il y avait quelque chose d'étrange dans le regard d'Alastair, quelque chose d'intense qui remua profondément Margot. Des panneaux danger s'allumèrent dans son esprit, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi, et elle dut se forcer à ne pas détourner les yeux. Envahie par une légère appréhension, elle esquissa un sourire crispé lorsque le sorcier la remercia, avant de se raidir comme un piquet au moment où il se pencha vers elle...

*Merlin, Salazar, Godric, Helga, Rowena, Dumbledore, qu'est-ce que...?!*

Il allait l'embrasser, lui souffla son cerveau tandis qu'elle ouvrait de grands yeux écarquillés. Incapable de déterminer si la sensation au creux de son ventre était positive ou négative, Margot ne put se résoudre à esquisser le moindre mouvement jusqu'à ce qu'elle sente le souffle d'Alastair contre son visage, puis ses lèvres chaudes sur les siennes. Et ce fut si étrange, ces lèvres étrangères qui l'embrassaient, cette odeur qui emplissait ses narines, toutes ces impressions si peu familières qui l'envahissaient brusquement, que Margot faillit battre en retraite et se reculer avec précipitation. Toute une partie d'elle-même semblait protester violemment, indignée par ce contact qu'elle n'avait pas vraiment voulu, qu'elle n'avait pas recherché, et qu'elle ressentait comme une trahison, une erreur... Ce n'était pas à lui que son coeur appartenait, ce n'était pas ces lèvres qu'elle devait embrasser ! Pourtant, elle ne pouvait nier que ce baiser faisait naître en elle des sensation inattendues et bien loin d'être désagréables. Margot ne se recula pas, elle se surprit même à répondre à l'étreinte avec douceur et maladresse, tandis que son coeur affolé menaçait de bondir hors de sa poitrine.

Lorsque Alastair mit fin au baiser, elle posa sur lui un regard hébété et avisa son regard brillant, ses joues légèrement empourprées. Et elle le trouva beau, à cet instant, elle sembla remarquer sa beauté pour la première fois. Certes, elle le trouvait plutôt séduisant d'un point de vue objectif mais cela allait au-delà de cela, sa beauté tenait dans cette hésitation, cette fragilité qui l'avait toujours attiré chez un homme. Edmund lui avait demandé une fois quel était son type d'homme et elle n'avait pas su répondre. Aujourd'hui, Margot réalisait que le point commun se trouvait là, dans la noirceur latente chez Eric, l'instabilité d'André, la solitude compulsive de Samuel et aujourd'hui cette fêlure chez Alastair, causée à n'en pas douter par la disparition de son épouse. Cette même fêlure qu'elle avait elle aussi, depuis la fin de son adolescence...

Le silence s'était abattu entre les deux sorciers, un silence masqué par le brouhaha des sorciers réfugiés à l'intérieur du bar et le bruit assourdissant de la pluie à l'extérieur. Pourtant, le silence était bien là, entre eux, car Alastair attendait une réaction, une parole, un geste de sa part. Margot en était douloureusement consciente, et son esprit fonctionnait à plein régime. Qu'est-ce que cela signifiait ? Pourquoi l'avoir embrassée ? Ils se connaissaient à peine, si mal, ils ne s'étaient même jamais vu en dehors de ce bar. En son for intérieur, Margot était persuadée qu'Alastair n'était pas homme à séduire les femmes sans trop réfléchir, pour s'amuser, elle avait même l'impression qu'elle lui plaisait réellement. Et de son côté, qu'en était-il ? Pourrait-elle envisager Alastair de cette façon, comme un amant, un compagnon peut-être ? Probablement, songea-t-elle, et son estomac se tordit brusquement. Oui, il lui plaisait, c'était indéniable, même si elle avait refusé de le reconnaître jusque là. Pourtant... C'était une chose que de l'apprécier intérieurement de cette façon là et s'en était une autre que de commencer quoi que soit avec lui. L'avait-elle encouragé sur cette voie là ? Peut-être... On ne buvait pas innocemment des verres à intervalles réguliers avec un homme célibataire si l'on n'a pas une petite idée derrière la tête, n'est-ce pas ? Mais...

Mais il y avait un mais. Un gros, un gigantesque mais, un mais qui s'appelait Samuel Nolan et qui occupait encore beaucoup trop son coeur et ses pensées. Samuel, qui l'avait forcé à abaisser ses barrières, qui l'avait fait tomber éperdument amoureuse de lui, qui lui avait fait entrevoir un futur à deux et qui était parti. Oh, sans doute était-elle un peu injuste, mais les faits étaient là : Margot avait perdu le peu de confiance en l'amour qu'elle avait jamais eu et s'était retranchée une fois de plus dans sa solitude familière et réconfortante. Et c'était la dernière fois, s'était-elle promis, la dernière fois qu'un homme la quittait et la dernière fois qu'elle se laissait séduire par l'idée qu'elle pourrait construire et aimer quelqu'un pour de bon. Et voilà qu'Alastair l'embrassait... Il était là si près d'elle, l'air au moins aussi perdu qu'elle et elle n'avait aucune envie de le repousser. Margot ferma brièvement les paupières et poussa un soupir avant de rouvrir les yeux, fixant Alastair d'un air décidé. Elle n'était plus à une erreur, une déception près. Que pouvait-il lui arriver de pire qu'Eric et sa marque des ténèbres, que Samuel et sa fuite ? Qu'il lui brise un peu plus le coeur ? Elle n'était pas certaine que cela soit seulement possible. Par un simple calcul de Serpentard, Margot décida qu'elle avait beaucoup plus à gagner qu'à perdre, et cessa de tergiverser. Elle ne savait pas encore ce que cela voulait dire pour lui, pour eux, mais il n'y avait pas de mal à profiter de l'instant présent.

Elle se laissa glisser de sa chaise pour se rapprocher encore d'Alastair et fit glisser ses mains sur sa nuque et dans ses cheveux, avant de capturer ses lèvres fiévreusement.



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Alastair se recula légèrement, attendant la réaction de Margot anxieux, un mot, un geste, n'importe quoi mais pas ce silence effroyable. Il avait l'impression d'avoir fait la plus grosse erreur de sa vie, le silence de Margot n'était sûrement pas bon signe et il ne savait pas du tout quoi faire pour réparer ce qu'il venait de causer. Il fallait qu'il trouve quelque chose et vite. Il fallait qu'il s'excuse qu'il dise que tout cela n'avait pas d'importance qu'il ne savait pas ce qu'il lui avait pris, qu'il ne comprenait pas ce baiser, qu'il ne voulait rien dire du tout pour lui, que ce genre de chose ne se reproduirait plus jamais. Même si son coeur criait le contraire, même s'il rêvait de poser à nouveau ses lèvres sur celles de Margot, même s'il avait l'impression d'avoir subi l'une des pires humiliation de toute sa vie.

Il retint un léger soupir lorsqu'il vit son amie fermer les paupières et s'apprêta à faire ses excuses, à essayer d'arranger les choses pour conserver au moins l'amitié qui les liait. Il n'eut cependant pas le temps de dire le moindre mot puisque Margot posa l'une de ses mains sur sa nuque et l'embrassa. Il sentit son coeur s'arrêter avant de battre plus vite et plus fort qu'auparavant. Il avait chaud et froid en même temps. Il posa l'une de ses mains sur la joue de Margot et approfondit le baiser. Il ne s'était pas senti aussi heureux depuis la fin de la guerre. Plus rien ne comptait à présent à part Margot, son odeur, ses lèvres posées sur les siennes, ses longs cheveux qu'il caressait tendrement. Il mit alors fin à leur étreinte et plongea son regard dans le sien.

Et maintenant ? Qu'allaient-ils faire, qu'allaient-ils décider ? Il avait très envie de commencer une histoire avec Margot, il sentait qu'il était enfin prêt à tourner la page mais son amie voulait-elle passer un peu de sa vie avec lui, voulait-elle lier pendant quelques temps son histoire à la sienne. Saurait-il vivre à nouveau à deux, lui qui avait été si longtemps tout seul était-il prêt à partager son quotidien à nouveau ? Seul le temps pourrait lui dire, si ils n'essayaient pas comment savoir si cela allait fonctionner ?

"Margot..."

C'était un bon début mais il n'allait pas aller très loin avec ça, elle attendait sans doute qu'il lui explique son geste un peu fou, baiser, qu'elle lui avait d'ailleurs rendu et cela avait été plus qu'agréable mais il fallait surtout qu'il lui demande ce qu'elle désirait, ce qu'elle attendait de lui, ce qu'elle était prête ou non à vivre avec lui.

"Je... Je crois que mon geste a parlé de lui même. Je ressens un peu plus que de l'amitié à ton égard et je me disais que peut-être nous pourrions essayer. Tous les deux, je veux dire, peut-être qu'on pourrait tente d'être un peu plus que des amis et voir ou ça nous emmènerait. Enfin, si tu le souhaites, je ne veux pas m'imposer et peut-être que j'ai mal interprété ton baiser. Peut-être que je fais fausse route et que tu ne veux pas, dis le moi Margot. Dis-moi ce que tu désires et je le réaliserais ou du moins j'essayerais."

Alastair posa un regard incertain sur Margot, attendant une réponse à sa demande, se demandant si il avait bien fait de faire le premier pas, si tout ceci n'était pas un peu prémédité, ils n'en étaient qu'à leur troisième rendez-vous et ils se connaissaient finalement pas tant que ça. Après seulement trois verres pris ensemble, peut-être que ses sentiments le trompaient, peut-être avait-il lui même mal interprété ce qu'il ressentait mais cela seul le temps le lui dirait.



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Margot poussa un léger soupir lorsque Alastair mit fin à leur étreinte. Elle aurait préféré que l'instant ne s'achève jamais, car il était beaucoup plus simple d'agir que de réfléchir. Alastair plongea son regard dans le sien et elle put lire au fond de ses yeux les mêmes doutes, les mêmes hésitations que les siens. Qu'allait-il se passer maintenant ? Ils ne se connaissaient pas assez pour le dire, c'était certain. Les obstacles à leur histoire étaient nombreux, mais ils n'étaient pas insurmontables, et Margot décida qu'elle avait envie d'essayer. Trop longtemps, elle s'était retranchée dans sa solitude en revendiquant son indépendance, écartant d'elle amour, amitié et vie de famille dès que les choses devenaient un peu trop sérieuse. Bien sûr, elle avait toujours eu les meilleures raisons du monde. André ne lui avait jamais reproché de retourner à son pays natal au lendemain de la guerre pour prendre soin de son foyer, de son école. Mais le fait était que Margot ne se laissait pas facilement apprivoiser. Aussi, elle ne rêvait que d'une chose, oublier la désillusion qu'elle venait de connaître avec Samuel. Peut-être qu'une relation avec Alastair lui permettrait de faire cela, peut-être pas, mais elle ne le saurait qu'en essayant. Et puis il y avait autre chose, songea-t-elle en esquissant un sourire sincère. Alastair lui plaisait. A quel point ? Il était un peu tôt pour le dire, mais il lui plaisait.

Son sourire s'agrandit aux paroles d'Alastair. Elle n'avait pas besoin de réfléchir à sa réponse.

"Je ne vais pas mentir en disant que je m'y attendais, que j'avais prévu ce qui vient de se produire, pas du tout, j'ai été un peu prise de court pour être honnête, d'où mon...temps de réaction.", avoua-t-elle.

Elle garda le silence quelques instants, cherchant le meilleur moyen de formuler ce qu'elle avait à dire, puis reprit la parole :

"Ecoute, Alastair, peut-être l'as-tu déjà compris mais je ne suis pas quelqu'un de très facile à vivre. Je n'ai jamais été dans une relation pendant très longtemps, j'ai du mal à me fixer, à vivre en couple, à...je ne sais pas, je ne serai jamais l'une de ces femmes parfaites avec la maison parfaite et la famille idéale, je ne sais pas faire les choses comme les autres. Je sors d'une rupture difficile, enfin, difficile n'est pas le mot... Incompréhensible, et terriblement douloureuse. Je ne veux pas te mentir, il est encore dans mon esprit."

Elle baissa les yeux sur la table, honteuse de faire une telle révélation à l'homme qu'elle venait d'embrasser. Margot se fustigea intérieurement, elle avait vraiment une façon bien à elle de tenter de séduire quelqu'un... Elle ne voulait pas lui mentir, lui faire de fausses promesses pour mieux le décevoir ensuite. Alastair avait déjà assez souffert dans sa vie pour qu'elle en rajoute une couche, elle le savait. Merlin, c'était un miracle qu'il n'ait pas encore pris la poudre d'escampette, songea-t-elle avant de redresser la tête, pour ajouter :

"Je...je sais que tu n'as pas un passé très heureux à ce niveau là, alors peut-être que tout cela ne te fera pas fuir. Je l'espère sincèrement, car si tout cela ne te décourage pas, si tu veux toujours essayer malgré ma pitoyable entrée en matière... "

Margot esquissa un sourire contrit avant de conclure :

"J'ai envie d'essayer, oui. Tu me plais beaucoup, Alastair."



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Alastair répondit au sourire de Margot, elle lui souriait c'était déjà encourageant, ce qui allait suivre ne pouvait pas être totalement négatif, du moins il l'espérait et puis, elle avait quand même répondu à son baiser, ça voulait peut-être dire quelque chose non ? Il était assez mal à l'aise et lorsque Margot parla, il esquissa un nouveau sourire un peu gêné. Non, ça elle n'avait pas dû s'y attendre, lui même ne s'y était pas attendu, du moins pas jusqu'à ce que ses lèvres se posent sur les siennes. Mais finalement, il ne regrettaient rien, du moins pas pour l'instant alors que la directrice de Poudlard continuait à parler, à lui expliquer qu'elle n'était pas une femme parfaite, ce qui l'avait d'ailleurs séduit chez elle. Elle était à l'opposée de Lucy, Margot n'était pas follette, elle avait du mal à s'engager, tout comme lui, elle avait du mal à accorder sa confiance. Et c'était toutes ces différences avec Lucy qui lui permettait de respirer en sa présence, parce qu'avec elle, il ne pensait pas à elle, avec elle, il ne se sentait pas coupable en permanence.

Alors lorsqu'elle lui parla de sa rupture difficile, il ne put que comprendre, lui aussi pensait beaucoup trop à sa femme décédée, il y pensait plus qu'il n'aurait dû alors il sourit faiblement à Margot et lui prit doucement la main, il ne fuirait pas, il serait là pour elle, avec elle et ensemble, ils panseraient les blessures de leurs cœurs endoloris. Son sourire s'agrandit alors qu'elle affirmait qu'il lui plaisait beaucoup.

"Je ne fuirait pas, cela voudrait dire que je suis le plus grand hypocrite que la planète n'ait jamais porté. Il m'arrive encore de penser à ma femme, je ne vais pas te mentir. Mais nous pouvons tous les deux nous apporter quelque chose. Alors faisons un petit bout de chemin ensemble et nous verrons où cela nous mène. D'autant plus que tu viens d'avouer que je te plaisais, je ne vais pas te lâcher maintenant."

Son sourire se fit plus taquin et il porta doucement la main de Margot à ses lèvres. Si il avait imaginé que son après-midi avec Margot se passerait ainsi.

"Que souhaites-tu faire maintenant ?"



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Margot entrelaça ses doigts à ceux d’Alastair et lui rendit son sourire, soulagée de voir qu’elle avait trouvé quelqu’un de réceptif à ses craintes et à sa prudence. Ce n’était pas facile, pour une femme de son âge, de rencontrer un homme célibataire et compréhensif, et Margot avait quelques souvenirs de rendez-vous passablement ratés avec des hommes qui avaient une image bien précise de la femme qu’ils souhaitaient rencontrer. Cette rencontre était différente, elle le pressentait, et c’était ce qui lui donnait le courage d’essayer en dépit de ses récentes désillusions.

Elle resserra doucement ses doigts sur les siens lorsqu’il évoqua son épouse. Elle pouvait si bien le comprendre, elle qui ne s’était jamais réellement remise de la perte de son fiancé de jeunesse, causée par Lord Voldemort. L’idée qu’Alastair n’oublie jamais complètement sa femme décédée ne la dérangeait pas, au contraire, l’inverse aurait été étrange. Cela ne les empêcherait pas de vivre quelque chose de nouveau, et il n’y avait pas de raison pour que leurs histoires passées se mettent en travers d’une histoire nouvelle. Et puis si cela se passait mal et qu’il s’avérait moins charmant qu’il ne l’avait été jusqu’à présent, elle pourrait toujours demander à Théo de glisser des cafards dans son bureau, songea-t-elle avec amusement.

Alastair lui demanda ce qu’elle souhaitait faire et elle jeta un coup d’œil au dehors, peu désireuse de rester plus longtemps dans le bar bondé et bruyant.

« Il s’est arrêté de pleuvoir, que dirais-tu de partir d’ici et de marcher un peu ? Nous verrons bien où cela nous mène », proposa-t-elle d’un ton malicieux, reprenant les paroles précédentes de l’Oubliator.
Elle l’attira contre elle pour lui dérober un baiser, puis ils se levèrent et quittèrent les Trois Balais.

Rp terminé




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Le poids du remord [Margot & Alastair]

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