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 Bad Romance [Leo & Lilly]

Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Dernière édition par Lilly Callaghan le Mar 31 Déc 2013 - 17:18, édité 1 fois
02 octobre 2007

L’hôtel qu’ils avaient choisi, pour se retrouver, était situé dans le monde moldu. D’un commun accord, ils avaient décidé que c’était bien plus prudent, puisqu’ils avaient bien moins de chance de croiser quelqu’un qu’ils connaissaient. Or, la discrétion était une chose primordiale dans leur relation, puisque Leopold était marié et qu’elle était fiancée. Aussi, ils avaient préféré opter pour un lieu éloigné, et pour des rendez-vous irréguliers. Etonnement, cela lui plaisait. Ce danger permanant, cette ivresse constante. Elle se plaisait à entrer dans cet hôtel, à s’avancer vers la réceptionniste pour lui demander le numéro de la chambre avec un sourire avenant, puis à rejoindre la pièce, à rejoindre son amant. Elle se plaisait, tout simplement, à oublier, pendant quelques instants, dans les bras de Leopold, ses tourments. Tourments qui se résumaient d’ailleurs en un seul mot. Mariage. A la fin du mois, le trente-et-un, elle abandonnerait son nom de jeune fille, pour prendre celui de Jensen. A la fin du mois, elle devrait lui dire oui. Le promettre de le chérir, de lui être fidèle. Dans la santé comme dans la maladie, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la peine, et jusqu’à ce que la mort les sépare. La mort n’avait pas eu besoin d’intervenir, Lilly s’était chargée toute seule de les séparer, inconsciemment. Elle le trompait, lui mentait. Volontairement. Elle aimait les moments qu’elle passait avec Leopold, elle ne le niait même pas. Parce qu’en plus de ce goût du danger, il n’était jamais question d’une robe de mariée à aller chercher, du discours à écrire, des invités à remercier, de la liste des cadeaux à faire. Des bons moments, uniquement. Et Merlin, que ça lui plaisait.

Parce que la bague à son doigt lui pesait. Et à un mois de son mariage, elle l’avouait franchement. Elle ne voulait pas se marier. Elle ne pouvait pas se marier. Elle ne pouvait pas faire ça à Jensen, lui faire des promesses qu’elle briserait le lendemain. Elle était instable, incapable de se poser. Elle désirait la liberté plus que tout. Et la vérité était qu’elle était perdue, qu’elle doutait sur tout. Sur elle-même, sur ses sentiments pour Jensen. Et elle était trop lâche pour le dire. Lilly Callaghan était lâche. Trop lâche pour avouer à Jensen qu’elle avait peur de ne pas réussir à l’aimer aussi longtemps que le voulait un mariage, trop lâche pour lui avouer qu’elle préférait tout annuler, trop lâche pour se l’avouer à elle-même. C’était pitoyable. Elle était pitoyable. Elle soupira profondément, avant de se laisser retomber sur le lit aux draps froissés. Elle s’était revêtue en vitesse, avant de souvenir que Jensen avait une réunion importante pour son travail, ce soir, et qu’il l’avait prévenu de ne pas l’attendre. Elle pouvait donc s’attarder comme elle le voulait dans cette chambre exigüe, ce qui n’était pas pour lui déplaire. La jeune femme ferma les yeux et laissa un sourire tranquille apparaître sur ses lèvres, avant de s’étirer doucement.

Peut-être qu’elle se sentait coupable de ne pas se sentir coupable, finalement. Ou qu’elle se sentait coupable d’apprécier les moments qu’elle partageait avec le directeur. Un homme qui avait plus du double de son âge, qui avait une femme, un fils, un nom de famille connu dans tout le monde sorcier. Et elle s’en fichait. Elle s’en fichait éperdument. Elle avait perdu la notion de moral, avait sûrement dépassé la limite de la décence. Et alors ? Se demandait-elle, souvent. Et qu’est-ce que cela lui faisait ? Rien. Et qui aurait cru ça de Lilly Callaghan ? Celle qui était sur le point de se marier avec cet homme avec qui elle était en couple depuis ses quinze ans ? Celle qui semblait devenue si sage, si posée. Qui aurait cru à cette instabilité, à ce besoin de changement constant qu’elle ressentait ? Cette envie de danger ? Sûrement pas grand monde. Elle finit par chasser ses pensées de son esprit, préférant se concentrer sur le moment présent. Elle bougea de telle façon à faire face à son amant, resta silencieuse un instant. Elle finit par lui adresser un sourire.

« Tu as quelque chose de prévu, ce soir ? » s’enquit-elle.

Jolie façon détournée de lui demander s’il était attendu quelque part ou s’il avait le temps de s’attarder avec elle…  Elle captura brièvement ses lèvres après sa question, avant de se dégager légèrement.

« Je ne te retiens pas. » ajouta-t-elle avec un sourire malicieux, avant de rouler sur le dos et de fixer le plafond.


Au nom de tous nos camarades

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- Eluard

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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C'était un tel cliché, songea Leopold en renouant prestement son nœud de cravate tout en détaillant du regard Lilly qui se rhabillait. L'homme de pouvoir et d'argent qui, parvenu dans la force de l'âge, pour ne pas dire aux portes de la vieillesse, se plaisait à séduire de jeunes sorcières un peu perdues. C'était un véritable cliché et c'était un problème pour Leopold, qui n'aimait pas beaucoup les clichés. La vie se devait d'être surprenante et imprévisible et non se dérouler comme une suite de scènes convenues, selon une trame répétées par mille autres que lui. Leopold n'était pas un homme comme les autres, et sa vie se devait donc d'échapper aux stéréotypes. Pourtant, en succombant au charme éblouissant de cette Oubliator téméraire et déterminée, Leopold ne faisait que répéter un comportement tellement banal que s'en était presque affligeant. Tromper son épouse, c'était du déjà vu, bien sûr, mais la tromper avec une jeune fille qui aurait pu être sa fille... eh bien, cela semblait indiquer la crise de la cinquantaine, purement et simplement ! De la cinquantaine bien tassée, certes... Leopold tentait-il de se rassurer sur sa virilité ?, s'interrogea le sorcier en s'asseyant au bord du lit, le regard dans le vague. Ou bien était-ce réellement Lilly qui lui plaisait malgré son âge ? La première solution était la plus rationnelle mais l'instinct de Leopold lui soufflait que la seconde n'était pas complètement fausse. Et il n'aimait pas cela. Car Lilly n'était pas à lui, et qu'il avait bien d'autres soucis dans sa vie pour ne pas avoir à se battre pour elle.

Lilly, quant à elle, semblait déterminée à courir droit au désastre, déterminée à plonger dans la confusion et le chaos. Devait-il la laisser faire ? En théorie, les erreurs des autres ne le concernaient absolument pas. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir la secouer et la ramener à la réalité. Un peu comme avec la fille Lestrange, à ce dîner chez les Rosier... Merlin ! Il n'était pas un bienfaiteur, il était Leopold Marchebank. Il se fichait bien de ce qui pouvait arriver à ces filles, et pourtant... Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir infléchir le cours de leur vie. D'une part, parce que c'était horriblement flatteur que de jouer un tel rôle dans l'existence de quelqu'un. Certes, le passage qu'il avait fait dans la vie d'Elizabeth Harper avait été bref mais il avait laissé une trace indélébile... D'autre part, parce qu'au fond de lui, il était jaloux, possessif. Il y avait une part de lui qui voulait attirer Lilly loin de la pieuvre qu'elle avait en guise de fiancé et de la garder auprès de lui, comme maîtresse attitrée. Lorsque la jeune femme s'enquit sur son emploi du temps, avant de l'embrasser, Leopold décida de laisser parler cette part de lui. Après tout, il était bientôt un homme divorcé et célibataire et il n'y avait pas de mal à tenter de conserver son amante auprès de lui...

"Je n'ai absolument rien de prévu", songea-t-il en pensant que Coraline serait furieuse qu'il la plante ainsi. Parfait. "Et je compte bien te retenir, moi..."

Se glissant à nouveau dans le lit, Leopold vint s'allonger sur son amante, capturant ses lèvres en un long baiser tandis que sa main s'aventurait sous ses vêtements, caressant lentement la peau douce de son ventre. Il ne s'en lassait pas, il y avait réellement quelque chose d'envoûtant chez Lilly, qu'il ne parvenait à identifier. Sa main libre se glissa dans la sienne et il se raidit légèrement en sentant le métal froid de sa bague de fiançailles contre ses doigts. Leo libéra sa main et pris appui contre le matelas pour se redresser et vriller sur elle un regard grave.

"Ne l'épouse pas...", souffla-t-il alors, sans réfléchir. Les mots lui avaient presque échappé mais il ne les démentit pas, se contentant de l'observer avec attention, suspendu à ses lèvres.




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« Je ne comptais pas réellement partir, mais tant mieux. » souffla-t-elle avec un sourire malicieux alors que son amant s’allongeait sur elle et qu’il capturait ses lèvres.

Voilà une des raisons pour lesquelles elle aimait les moments qu’elle passait en compagnie de Leo. C’était simple. Et la simplicité à l’état brut lui avait manquée, terriblement manquée. Avec Jensen, tout avait toujours été plus compliqué. Au tout début de leur histoire parce que le jeune homme s’était mis en tête de la séduire, et qu’ils se retrouvaient le plus souvent dans des situations complètement embarrassantes, puis parce qu’ils n’arrêtaient pas de se disputer pour des broutilles mais qu’ils finissaient par se réconcilier. Et enfin à cause de ce stupide mariage. Elle n’en pouvait plus, de ces détails à régler, de ces choses à faire, de ces discussions qu’ils avaient continuellement. Vraiment, n’avaient-ils pas mieux à faire que de débattre sur la couleur de bougies ? Cet événement l’excédait, si bien qu’elle se raidissait à sa mention. Et pourtant… Pourtant elle continuait à avancer vers le mariage. Elle se rapprochait de la date fatidique un peu plus chaque jour. Sans ne rien faire pour y mettre un terme. Elle se contentait de rester passive. Par Merlin, elle était affligeante. Si affligeante qu’elle en venait à prendre un amant, qui avait sûrement l’âge d’être son père. Et que, malgré tout ça, ça lui plaisait. Elle se flagella intérieurement, et se força à repousser ses pensées loin de son esprit, se concentrant sur l’instant présent. Elle poussa un soupir d’aise alors que ses mains s’affairaient sur la chemise de Leopold. Lorsque ses doigts s’entremêlèrent aux siens et que son amant se redressa, Lilly posa sur lui un regard interrogateur.

A l’entente de ses paroles, elle se figea, et ses bras retombèrent le long de son corps. Elle dévisagea longuement l’homme, en songeant furtivement que c’était probablement une des choses les plus sensées qu’on lui est dîtes depuis quelques mois. Ne pas l’épouser. Ne pas l’épouser parce qu’elle lui faisait déjà assez de mal comme ça, ne pas l’épouser parce qu’elle continuerait à lui en faire, ne pas l’épouser parce qu’ils finiraient par se déchirer plus qu’autre chose. Mais elle était incapable de lui dire tout ça. Incapable de lui avouer que voilà, tout était terminé. Que ces huit années durant lesquelles ils avaient été en couple, elle les balayait d’un geste de la main. Elle en était incapable parce qu’elle ne voulait pas le blesser. Elle ne trompait pas Jensen pour le plaisir de lui faire du mal, de l’humilier. Elle le trompait parce qu’elle se sentait prise au piège dans sa relation, que ça lui faisait peur, qu’elle ne savait pas comment réagir. Mais elle ressentait toujours une immense tendresse pour le jeune homme, qui, en plus d’être son petit-ami depuis des années était d’abord son meilleur ami. Mais elle n’y arrivait pas, voilà tout. Elle ne s’imaginait pas l’épouser.

« Je ne peux pas. »

Elle se passa une main lasse sur son visage.

« Nous sommes censés nous marier dans un mois et… Je ne veux pas lui faire du mal, je suis incapable de lui avouer que malgré tout ce qu’on a vécu, je le quitte parce que je suis complètement effrayée à l’idée de me marier. Et ne me dis pas que les choses vont empirer si je me marie, je le sais. J’y pense tout le temps, je me torture avec ça dès que je ne suis pas occupée. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je ne veux pas l’épouser, et je ne peux pas me résoudre à le quitter. »

Elle ferma brièvement les yeux, se soustrayant au regard de son amant. Et la situation était encore plus délicate que ça, puisque ce mariage était attendu par de nombreuses personnes qu’elle ne voulait pas décevoir…

« Ça faisait longtemps que tu pensais à quitter ta femme ? » demanda-t-elle pour changer de sujet, avant d’attendre la réponse.

Elle finit par se redresser à son tour, par rapprocher son visage de celui de son amant, et par poser une main sur sa nuque. « N’en parlons plus. » souffla-t-elle avant de capturer ses lèvres en un long baiser, et de se laisser tomber en arrière sur le lit.

Lorsqu’elle ne voyait pas le problème, c’était tout simplement qu’il n’y avait de problème. Alors Lilly s’efforçait de ne pas le voir. Et il disparaissait.


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Leopold attendit la réponse de Lilly avec un soupçon d'impatience, mais il ne dit rien, conscient des drames qui devaient se jouer à l'intérieur de son esprit. Il ne comprenait pas toujours la logique féminine, ni même le cheminement de pensée de ses congénères d'une manière générale. Pourquoi se sentait-elle obligée de se torturer avec un homme qu'elle n'aimait de toute évidence plus ? Pourquoi se punissait-elle avec des liaisons qu'aucun de ses amis n'approuverait probablement s'ils étaient au courant ? Pourquoi s'obliger à penser que la vie était ainsi faite, dominée par un destin qui nous laissait impuissants, sans échappatoires? C'était quelque chose qui lui était totalement étranger, incompréhensible. Lorsqu'un obstacle se présentait sur sa route, Leopold se débrouillait pour que l'obstacle bouge, mais ce n'était pas à lui de le contourner. De la même façon, ce n'était pas à Lilly de s'accommoder de ce fiancé encombrant qui comptait lui arracher des promesses d'éternité mais bel et bien au fiancé de comprendre, d'une façon ou d'une autre, qu'il n'était plus le bienvenu dans la vie de la belle oubliator.

Il garda ses pensées pour lui, néanmoins, se contentant de l'écouter avec attention, la mine sérieuse. Ses propos le laissèrent perplexe mais il garda le silence, avant d'esquisser une moue amusée à sa question. Ah, Meredith...

"Cela ne fait que quelques semaines que j'ai vraiment accepté l'idée", confia-t-il sur un ton léger qui démentait le sérieux de la conversation. "Pour être honnête, je pense qu'il n'y a jamais vraiment eu de véritable amour entre elle et moi. De la passion, de l'admiration, oui, très certainement, mais de l'amour ? Non. Je ne crois pas avoir jamais aimé réellement personne au sens où on l'entend, le grand amour, l'amour romantique... Si je ne l'ai pas rencontré en cinquante-cinq ans c'est qu'il ne doit pas exister, ou que lui et moi ne sommes pas faits pour nous entendre. Je l'ai épousée, néanmoins, car elle m'a beaucoup plus marqué que les autres femmes, car j'ai cru l'aimer et que je voulais fonder une famille. C'était ce qu'on attendait de moi, dans mon entourage de sang-pur coincés, et même si je n'ai jamais fais grand cas de ce que voulait ma famille et de leurs principes, il faut bien reconnaître que j'ai été influencé par certains aspects de ce milieu là. Enfin, au final c'est elle qui a voulu ce divorce, et le pire, Lilly... c'est que ça me laisse totalement indifférent."

Un sourire légèrement amer s'étira sur ses lèvres et il accueillit avec plaisir les lèvres de Lilly sur les siennes. Leopold haussa les sourcils lorsqu'elle murmura d'oublier cela et il se dégagea doucement pour s'allonger aux côtés de Lilly. Se tournant vers elle, il l'observa pensivement avant de répondre :

"N'en parlons plus, alors, si tu n'as pas envie d'en parler. Nous ne sommes pas là pour ça, après tout... Je voulais simplement que tu saches que tu n'es obligée à rien. Crois-moi, l'indifférence dans un couple peut-être... destructrice. Tu es jeune, tu as la vie devant toi, tant d'années à ta disposition dont tu peux faire ce que bon te semble ! Laisser pourrir une situation qui ne te rend de toute évidence pas heureuse, te torturer de la sorte, n'est-ce pas au fond ce qu'il y a de pire ? Il y a toujours d'autres façons de faire. Affronter l'orage la tête haute, d'un coup, comme un bandage que l'on arrache... Ou t'arranger pour qu'il te quitte. Sauf si tu l'aimes, bien sûr."

Le ton mi-septique, mi-interrogateur de Leopold ne laissait aucun doute quant à son avis sur la question. Son opinion de ce fameux fiancé n'était pas très haute, mais sans doute n'était-il pas complètement objectif...



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Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Le vrai amour. L’amour romantique. C’était une notion vraiment abstraite, et pourtant, Lilly était certaine d’avoir été amoureuse de Jensen. Vraiment amoureuse de lui. Elle se souvenait aussi l’avoir nié auprès de Charlotte, arguant que ce n’était qu’une question de temps pour qu’ils se séparent, que cela finirait forcément par arriver, et que ce n’était qu’histoire de se découvrir. Mais leur relation s’était étirée sur des années. Sur huit longues années. Et elle l’avait aimé, durant cette période. Alors elle ne savait pas bien ce qui avait pu faire taire cette passion qui l’animait auparavant. La routine ? Son retour difficile à Londres, après avoir parcouru le monde entier ? Ce mariage qu’elle considérait comme une sorte d’obligation ? Peut-être un mélange de toutes ces choses là, qui finissaient par la faire douter, encore et toujours. Comment dire « oui » à Jensen, alors qu’elle n’était pas sûre de ses sentiments ? Comment lui jurer son amour éternel, alors qu’elle le trompait ? C’était stupide. Et pourtant elle n’arrivait pas à se détacher de cette solution. Celle de l’épouser et… d’aviser ensuite. Elle ferma brièvement les yeux, en écoutant Leopold, curieuse. Elle n’avait jamais réellement évoqué ce sujet avec lui, préférant ne pas le questionner sur sa vie privée mais… Au point où ils en étaient, et comme le tact était loin d’être une de ses qualités…

Elle s’était déjà demandée ce qu’elle ressentait vis-à-vis de la femme de Leo, sans parvenir à trouver un mot juste pour décrire son sentiment. Le directeur était un homme marié, et trompait donc sa femme avec elle, faisant d’elle sa maîtresse. Cependant, elle avait également choisi Leopold comme amant, et tous les deux adultes et consentants. Mais le divorce finirait bien par être prononcé et elle serait la seule à être officiellement engagée. Si elle se mariait. Car, sans qu’elle ne réagisse à ses précédentes paroles sur Meredith, trop plongée dans ses pensées, l’homme finit par enchaîner sur sa propre situation. L’indifférence pouvait-être destructrice, elle n’en doutait pas. Comme le mensonge, comme l’adultère. Comme tout ce qu’elle était en train de lui faire subir. Alors oui, elle pourrait affronter l’orage la tête haute. Elle pourrait aller voir Jensen et lui dire que tout était terminé. Qu’elle était désolée, évidemment, mais qu’elle ne pouvait pas l’épouser. C’aurait été tellement plus simple. Et pourtant tout aussi blessant pour le jeune homme. Et aussi tout aussi décevant pour son entourage.

« Je n’en sais rien. » finit-elle par avouer. « Je ne suis plus certaine de l’aimer comme une femme devrait aimer son fiancé avant son mariage. Si c’était le cas, j’imagine que je ne serais pas ici en ce moment-même, mais en train de m’occuper des placements pour la réception. Mais je ne souhaite pas son malheur pour autant. Jensen est présent dans ma vie depuis mes onze ans, depuis le jour où j’ai été répartie à Gryffondor. On est ensemble depuis huit ans et… Je n’avais jamais connu que lui, tu sais, jusqu’à il y a peu. Je ne veux pas qu’il souffre mais je ne veux pas me marier non plus. Nous sommes ensemble depuis longtemps et je pense que nous avons évolué… Différemment, disons. »

Elles ne savait pas vraiment à partir de quel moment ce changement s’était opéré. Doucement, sans qu’ils ne s’en rendent compte, sans doute. Mais ils ne partageaient à présent plus la même vision de la vie. Et surtout de la vie à deux.

« Jensen veut une maison en banlieue, des enfants, un chien, un grand jardin avec des bégonias. Je conçois qu’on puisse désirer ce mode de vie mais… Ce n’est pas moi. Ce n’est absolument ma vie. Nos envies ne sont plus les mêmes et je crois qu’il ne s’en rend pas compte. »

Machinalement, elle fit courir ses doigts sur le torse de son amant, avant de poser sur lui un regard interrogateur.

« Tu vas redevenir célibataire donc... Merlin, j'en connais qui vont vouloir saisir leur chance.» elle sourit, amusée - c'était tellement commun, comme situation. "Comment comptes-tu occuper cette nouvelle vie qui s'offre à toi ?"


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Leopold écouta sans mot dire la réponse de son amante. Pour lui, la situation était bien claire, Lilly n'avait aucune envie de se marier. Elle redoutait tellement cet engagement qu'elle trompait son fiancé dans son dos, de peur de le blesser en lui disant la vérité. C'était étrangement tordu mais il pouvait comprendre la logique, même s'il savait pertinemment qu'il ne la partagerait jamais. Quelle drôle d'idée de s'attarder ainsi auprès de quelqu'un que l'on ne pouvait plus supporter, à cause d'une sorte de fidélité mal placée liée à une longue relation ! Lorsqu'une relation se dégradait, lorsque quelque chose était pourri, il fallait s'en débarrasser, point. Il n'y avait pas à tergiverser. Lilly était bien une femme, à se torturer avec de telles sornettes... Mais ce n'était pas à lui de la convaincre de quoi que ce soit. Elle avait des amis dont le rôle étaient de prendre soin d'elle, son rôle à lui était de lui donner du plaisir et de lui faire passer de bons moments de détente loin de l'enfer marital qu'était devenu sa vie. 

Malgré tout, il ne put retenir une grimace lorsque la jeune femme évoqua le rêve de Jensen, le cliché de la maison de banlieue avec des enfants et un chien. Imaginer sa Lilly, jeune Oubliator passionnée et pleine de vie enfermée dans un rôle de housewife vivant le rêve américain était tout bonnement insupportable. Elle allait gâcher sa vie et, ce qui embêtait un peu plus Leopold, risquait probablement de mettre un terme à leur relation. C'est qu'il s'y était attaché, à leurs petits rendez-vous clandestins !

"Ce n'est pas à toi, en effet. Tu fais ce que tu veux, Lilly, mais je peux te dire que je trouverais cela extrêmement triste de te voir épouser cet homme. Personne n'en sortira gagnant."

Pas Leopold, en tout cas, songea-t-il avant de pousser un soupir en sentant ses doigts courir sur sa peau. Il croisa son regard curieux et comprit que le sujet était clôt.

"Tu en connais, vraiment, qui donc ?", répliqua-t-il avec impertinence, avant de glisser une main dans ses cheveux. Exerçant une légère pression sur sa nuque, il l'attira vers lui et l'embrassa longuement. Après avoir mit fin à l'étreinte, il caressa son épaule avec tendresse, tout en réfléchissant à sa réponse. 

"Je ne pense pas rester célibataire très longtemps, pour être honnête. Le célibat est mauvais, en politique, du moins de mon côté de l'échiquier politique. Rowles essaie peut-être de montrer qu'il n'est pas aussi conservateur que ses opposants essaient de le faire croire, mais je me dois pour ma part de montrer que je suis attaché aux valeurs traditionnelles de la famille et du mariage. Et puis... La solitude ne me réussit pas. Ce n'est pas parce que je ne crois pas réellement en l'amour que je ne crois pas à la vie de couple."








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Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Personne ne sortirait gagnant de ce mariage, effectivement, songea Lilly en fronçant légèrement les sourcils. Personne. Alors par Merlin, pourquoi s’obstinait-elle à avancer vers cet événement dont la date se rapprochait inévitablement ? C’était complètement stupide ! Elle n’était plus une adolescente qui craignait de rompre avec son premier petit-ami, n’est-ce pas ? Non, elle était Lilly Callaghan, une jeune femme qui parvenait parfaitement à faire ses propres choix. Sauf… Sauf qu’il ne s’agissait pas de n’importe qui. Ce n’était pas comme Adonis Greengrass, qu’elle avait pu rayer de sa vie en quelques minutes. C’était Jensen. Son fiancé, certes, mais surtout son meilleur ami. Celui qui lui apportait tout de même un minimum de stabilité et d’équilibre dans sa vie. Celui qui avait toujours été là pour elle, qui l’avait toujours soutenu. Si elle le perdait, elle perdait une grande part de sa vie, et de son passé. Elle était pourtant consciente que la vie continuait, et qu’elle devait bien s’adapter aux changements mais c’était particulièrement difficile. Puis, le mariage était la suite logique de leur relation, celle que tout le monde attendait…

… Et celle qui ne lui convenait pas. Elle n’était pas prête à se marier, tout simplement. A s’engager, à dire « oui » pour la vie. Elle ne parvenait pas à se projeter aussi loin, c’était au-dessus de ses forces. Dans quelques années, pourquoi pas mais… Elle désirait réellement expérimenter sa vie de jeune adulte.  Puis, Jensen et elle n’avait pas la même vision du futur non plus. Jensen voulait acheter une maison, avec plusieurs chambres, avoir un chien, un jardin, des enfants. Elle n’était pas faîte pour cette vie là. Pas maintenant, alors que sa seule envie était de découvrir le monde, d’expérimenter de nouvelles choses. Elle soupira, avant de reporter son attention sur son amant, et de changer de sujet, le questionnant sur son futur statut de célibataire.

Sa réponse lui fit esquisser un sourire, et elle se laissa attirer contre son amant, répondant à son baiser, heureuse d’avoir pu détourner la conversation de son mariage.

« Tu ne connais donc pas le scénario de la jeune fille attirée par le pouvoir et l’argent ? » demanda-t-elle, moqueuse, avant de se pencher pour l’embrasser.

Elle se recula ensuite légèrement, pour écouter la fin de sa réponse. Si Lilly s’intéressait à la politique, elle n’avait pas vraiment conscience que le célibat pouvait être mal vu. Elle hocha la tête à l’entente de la dernière phrase de son amant, réfléchissant à ce que la vie de couple pouvait bien lui apporter – plus que l’amour, en tout cas.

Les deux adultes finirent par se quitter plus tard dans la soirée, sur la promesse de se revoir  sous peu, et surtout, avant la date fatidique du premier novembre.

RP terminé.


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