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 Le papy gâteau ou presque [Eileen & John]

John McNeilPersonnage décédéavatar
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6 octobre 2007

John sortit de la boulangerie, sa baguette sous le bras et réajusta machinalement la casquette qu'il portait. Il avait l'impression d'être la mauvaise caricature d'un mangeur de grenouille avec sa baguette sous un bras et son journal sous l'autre mais il revenait du pub où il avait revu ses anciens copains après avoir encore une fois refait le monde et parlé du bon vieux temps. Le temps, où il n'y avait pas de consumeuse et où il n'y avait pas de Mardoliens briseurs de secret magique. Bref, il avait passé un agréable moment et il avait presque oublié de rapporter le pain que Gloria lui avait demandé d'aller chercher, d'ailleurs, il avait presque oublié de rentrer tout court mais son adorable femme ne lui en tiendrait pas rigueur, elle était d'ailleurs souvent beaucoup trop indulgente mais qui s'en plaindrait ? Certainement pas lui.

Il activa néanmoins légèrement le pas et arriva légèrement essoufflé dans le hall d'entré qui sentait bon la cuisine de sa charmante épouse. Il se débarrassa de sa casquette de "vieux" comme aurait dit Louise et se dirigea vers la cuisine pour déposer le pain et embrasser tendrement Gloria avant de rejoindre le salon et de s'installer dans son fauteuil fétiche avec son journal dont il commença la lecture. Et il ne put s'empêcher de râler comme toujours lorsqu'il voyait les gros titres et les mesures prises par le gouvernement.

"Qu'est-ce qu'on en a à fiche que la nouvelle secrétaire de Fiennes sorte avec cet incapable de Dalnox franchement ! Z'ont rien d'autres à mettre dans leurs feuilles de chou ? Pas possible ça. Et de la consumeuse pas un mot hein, hier encore y a le gars Grant qui est mort 40 ans c'est-y pas malheureux ? Et tu crois qu'ils vont en parler dans leur machin ? Même pas, préfère lécher les bottes à cet assassin de Nimbus de Pompadour. Rah si j'avais vingt-ans de moins ça se passerait pas comme ça tu peux me croire ! T'en pense quoi Gloria ?"

Le vieil homme fit une courte pause, légèrement essoufflé par sa diatribe. Il était encore trop nerveux malgré son âge et parfois, son corps ne le supportait pas, pourtant, il n'était pas encore très vieux mais il avait parfois d'avoir dix ans de plus, l'usine ça vous abîmait un homme, aussi vaillant et fort soit-il. Il fut légèrement surpris de ne pas entendre de réponse de la part de sa femme alors qu'il se taisait, elle qui confirmait toujours au moins d'un "oui oui" semblait étrangement muette, il fronça donc les sourcils d'inquiétude.

"Gloria ? Tout va bien ?"

Il s'apprêtait à se lever de son fauteuil lorsqu'il entendit la voix légèrement essoufflé de sa compagne, ce qui le rassura légèrement sans toutefois lui enlever toute son inquiétude. Son épouse semblait fatiguer beaucoup plus vite ses derniers temps et ce n'était pas pour le rassurer. Il reprit néanmoins sa lecture et ses ronchonnements contre la propagande journalistique alors qu'elle lui assurait que tout allait bien lorsque la sonnette retentit.

"J'y vais, ça doit être Hayden qui nous amène la choupette. Tout une journée avec la loupiotte, ça va nous donner un peu d'occupation tout ça."

Il plia donc soigneusement son journal et se leva de son fauteuil pour se diriger vers l'entrée. Il ouvrit grand la porte avec un énorme sourire aux lèvres, heureux de revoir sa petite-fille chérie. La petite malicieuse qui le faisait parfois, même souvent tourner en bourrique. Il fut néanmoins beaucoup moins enchanté de remarquer la présence de sa belle-fille aux côtés de Louise.

"Ce n'est pas Hayden qui est venu ?"

C'était plus une constatation qu'une question d'ailleurs, il aurait mille fois préféré voir son fils à la place d'Eileen. On ne pouvait pas réellement dire qu'il la portait dans son coeur, elle, ses origines aristocratiques, ses opinions parfois et souvent la façon dont elle élevait ses enfants, lui faisait dresser les cheveux sur la tête. Et le pire, c'était quand elle avait envoyé ses petits-enfants en Amérique avec ses bourges de parents. Bref, le sujet avait fait polémique pendant longtemps et il avait appris à ne presque plus ramener le sujet sur le tapis.

"Bonjour quand même Eileen mais j'aurais bien aimer voir mon fils quand même. Vous croyez que c'est lui qui viendra chercher la petite ?"

Il s'écarta alors pour laisser passer ses invités et les convia dans le salon, il invita se réinstalla dans son fauteuil alors que Louise allait dire bonjour à sa grand-mère et sourit légèrement lorsqu'il entendit la petite voix fluette de sa petite-fille.

"C'est pour moi le gâteau au chocolat mamie ?"

Il n'entendit pas la réponse de Gloria puisqu'il invita d'un mouvement de tête Eileen à s'assoir face à lui mais elle dut être positive puisque la petite revint en galopant dans le salon pour se couler dans ses bras.

"Papyyyyyyyyyyy !"

"Ma loupiote chérie !"

Il déposa un léger bisou sur la joue de sa petite fille qui se mit à glousser de rire.

"Papy tu piques !"

Il sentit les petites mains de Louise le repousser légèrement et il éclata de rire alors qu'il la relâchait pour qu'elle puisse aller jouer. Il porta alors son attention sur Eileen et plus pour parler et par politesse que par intérêt, il prit la parole avec un léger sourire poli.

"Comment allez-vous ? Votre nouvel emploi vous convient-il ?"



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Eileen McNeilAncien personnageavatar
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" Louise, est-ce que tu es prête? "

Eileen retint un soupir lorsqu'une réponse négative lui vint de l'étage supérieur. Elle secoua la tête, attrapa sa baguette pour envoyer un message à Charles, le prévenant qu'il ne fallait pas compter sur elle de toute la matinée. Et dire qu'elle avait tout préparé la veille, dire qu'elle avait eu plein d'idée récemment, qu'il y avait plein de choses dont elle avait voulu lui parler…
Mais Hayden avait dû partir tôt le matin même, la laissant devoir amener Louise chez ses grands-parents, à la Cité… Et il fallait l'avouer, Louise n'était absolument pas du matin. Elle qui avait pensé partir vers neuf heures et simplement la déposer avant de partir travailler avait finalement abandonné l'idée en voyant sa fille toujours en pyjama à neuf heures et demi. Tant pis, Charles et les autres se passeraient d'elle pour la matinée.
Elle attrapa les affaires qui trainaient toujours sur la table de la cuisine, attendant patiemment que sa fille descende les escaliers, enfin prête.

" Maman? Je suis prête! "

Elle releva la tête du journal qu'elle avait commencé à survoler lorsque Louise fit irruption dans la cuisine. Ce n'était pas comme s'il y avait grand-chose d'intéressant, et de toute manière, cela faisait longtemps qu'elle avait abandonné la presse sorcière quotidienne pour ne lire que la presse moldue, ainsi que parfois des magazines spécialisés dans certains domaines de technologie magique qui l'intéressait. Et Sorcière Hebdo, mais uniquement lorsqu'elle attendait chez le médecin, pour lui reposer les neurones, assurait-elle.
Et vu que la seule chose intéressante que semblait pouvoir lui dire la Gazette était la nouvelle liaison entre Dalnox et la secrétaire de Fiennes, elle n'avait pas vraiment de scrupules à le reposer.
Elle se tourna vers sa fille, sourit en la voyant, sa chemise boutonnée complètement de travers. Elle s'accroupit à sa hauteur, la taquinant gentiment en refaisant les boutons, chantonnant une petite comptine : Lundi avec lundi, mardi avec mardi…
Ayant tout fini, estimant que sa fille avait l'air présentable d'une petite fille bien élevée, elle attrapa son sac à main, sortit de la maison en fermant la porte à clé et transplana avec elle vers la Cité Nimbus.

Avoir des beaux-parents avait des avantages… et des inconvénients. Les avantages, c'est qu'ils ne refusaient jamais l'idée de passer la journée avec leurs petits-enfants si jamais ni elle ni Hayden ne pouvaient s'occuper d'eux pour une raison ou pour une autre, c'était qu'elle pouvait avoir les récits des souvenirs d'enfance d'Hayden et d'Aidan, c'était que Gloria était toujours une personne adorable qui l'avait vraiment accueilli dans la famille…
Et les inconvénients, Eileen en eut un aperçu direct dès qu'elle ouvrit la porte pour tomber face à son beau-père. Elle sentit son sourire aimable se figer et devenir quelque chose de beaucoup plus hypocrite, et bénit son éducation "bourgeoise", comme il l'aurait dit, pour ne pas faire demi-tour tout de suite et garder Louise avec elle le reste de la journée, quitte à l'emmener lorsqu'elle irait travailler.
Elle et John ne s'étaient jamais entendu, ç'aurait été mentir que de le prétendre. Eileen préférait ne jamais repenser à sa première rencontre avec ses beaux-parents, qui avait été loin de se passer de manière idyllique. Entre le dessert et le café, excédée par les remarques, Eileen avait craqué. Tout ce que sa bonne éducation et son désir de bien faire lui avait permis d'encaisser avait fini par arriver à saturation, et elle s'était levée, lui avait craché au visage qu'elle n'était pas venue pour se faire insulter ou traiter de bourgeoise ne connaissant pas le prix du travail, et était partie.
Depuis, leurs rapports s'étaient légèrement améliorés, passant d'un stade de Guerre Froide à l'Entente Cordiale, pour le bien-être commun de la famille. Mais dans les journées comme celle-là, où la première phrase qu'on lui adressait pouvait être prise comme une attaque, Eileen aurait tué pour ne rien avoir à faire avec John McNeil.

" Hayden a été obligé de partir tôt ce matin, sinon croyez bien qu'il serait venu lui-même, répliqua-t-elle, légèrement piquante. Non, je ne sais pas qui de nous deux passera ce soir, sans doute moi également, d'après ce que j'ai compris. "

Ce qu'on ne ferait pas pour ne pas déclencher une crise familiale. Heureusement qu'elle n'avait plus vingt-cinq ans et la manière qu'elle avait de s'enflammer à l'époque, sinon elle ne savait pas comment tout cela serait possible.
Elle le remercia alors qu'il les laissa entrer, laissant échapper Louise qui courut dans la cuisine voir sa grand-mère, qu'Eileen salua d'un signe de tête et d'un sourire avant de prendre place dans le salon, face à John.
Comment Gloria, cette femme si douce, qui l'acceptait en tant que belle-fille et ne semblait pas du tout cautionner les paroles de John, pouvait le supporter à longueur de journée, ça avait toujours été un mystère pour elle. Elle savait qu'elle n'était pas forcément objective lorsque cela en venait à son beau-père, qu'elle avait tendance à ne lui trouver que des défauts, mais tout de même. Si elle avait dû passer sa vie avec un râleur de la trempe de John, elle n'était pas sûre qu'elle l'aurait supporté.

Elle sourit en regardant sa fille revenir à fond de train dans le salon pour se jeter sur son grand-père, qui la serra dans ses bras. Elle pouvait ne pas apprécier John, elle pouvait réprouver sa manière d'éduquer les enfants et sa manière d'être, mais c'était visible qu'il adorait ses petits-enfants. Et qu'ils l'adoraient en retour.

" Halte-là, jeune fille, lança-t-elle alors que la petite fille commençait à courir vers la cuisine. On ne dit pas en revoir à sa mère? "

Louise éclata de rire avant de faire demi-tour et de grimper sur les genoux de sa mère pour lui coller un gros bisou sur la joue. Eileen lui glissa à l'oreille de bien s'amuser, avant de la reposer au sol et de la voir partir vers la cuisine, son babillage retentissant dans la pièce alors qu'elle s'adressait à sa grand-mère.
Eileen reporta son regard vers son  beau-père, cherchant une excuse polie pour s'esquiver, et ainsi peut-être pouvoir arriver à son travail vers onze heures, quand bien même elle aurait dit qu'elle ne viendrait pas de la matinée. Mais John, dans un effort pour être poli ou dans un réel intérêt, elle n'en savait rien, mais maintenant, elle devait répondre.
Enfin, il faisait des efforts… Elle pouvait bien en faire aussi?

" Tout va très bien, merci. La maison est beaucoup plus calme depuis que les garçons sont repartis à Poudlard, c'est un peu étrange après les avoir eu avec nous tout l'été de reprendre un rythme juste Hayden, Louise et moi. "

Ses trois garçons lui manquaient, même si maintenant elle était habituée à ne plus les avoir à la maison de l'année. C'était Poudlard, c'était comme ça, il n'y avait pas de système permettant de les voir plus souvent, mis à part aller à Pré-au-Lard lors des sorties le week-end. Louise grandissait sans aucune présence d'un aîné à la maison, la plaçant dans une position d'enfant unique alors qu'elle n'en était pas une, et les seules nouvelles qu'ils pouvaient avoir étaient celles qui étaient dans les lettres, qui étaient loin d'être exhaustives.

" Quand à mon travail… Je viens de commencer, mais pour le moment tout va bien. C'est un peu compliqué, parce que c'est une nouvelle structure, pas forcément bien adaptée à ce qu'on attend d'elle, ni forcément aux élèves qu'elle accueille, mais… je pense qu'à long terme, ça deviendra quelque chose d'intéressant et d'indispensable. "

Elle avait bien conscience qu'elle venait de parler d'une manière qui faisait ressortir les intonations de son enfance, lorsqu'on lui avait appris à bien parler en public, d'une voix posée, sans vraiment laisser passer ses sentiments. Tout ce que son beau-père entrait dans le fait qu'elle paraissait froide et distante. Et bien, qu'il aille au diable. Elle se permettait des sourires, mais pour bien parler, elle avait besoin de se distancier de ses arguments, et c'était comme cela qu'elle faisait.



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John McNeilPersonnage décédéavatar
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John observa tendrement sa petite fille faire un câlin à sa mère avant de disparaître dans la cuisine. Elle allait sans doute réussir à avoir un morceau de gâteau au chocolat avant le repas, connaissant sa femme et la petite chipie qui venait de la rejoindre. Il écouta ensuite d'une oreille plus ou moins attentive la réponse d'Eileen à ses questions. A l'entendre tout semblait parfait dans le meilleur des mondes, il se contenta donc d'un léger raclement de gorge quand elle eut terminé de parler.

"Et bien, c'est bien pour vous alors."

Il n'accompagna cependant pas ses mots d'un sourire, elle se montrait froide, distante, presque dédaigneuse avec lui, à croire que sa présence la gênait. Il ne lui avait pas demandé de venir lui, si elle voulait partir la porte était grande ouverte, il ne la retenait pas loin de là. Son visage se ferma légèrement et il se renfrogna quelque peu alors que Louise entrait dans la pièce, un morceau de gâteau entre les mains, trottinant derrière sa grand-mère qui portait deux tasses de thé.

"J'ai pensé que vous auriez peut-être envie de quelque chose de chaud. Le temps se rafraîchit, il serait dommage que vous attrapiez un rhume."

John n'aurait pas trouvé ça dommage mais ce n'était que son avis et Gloria était beaucoup trop gentille. Mais c'était son caractère qui était ainsi et c'était pour cela qu'il l'aimait. Il se saisit de sa propre tasse alors que Louise et sa grand-mère retournaient dans la cuisine, cependant sa femme se figea un instant et se tourna vers eux, le vieil homme crut qu'il allait recracher son thé à l'entente des paroles de son épouse.

"Voulez-vous rester déjeuner avec nous Eileen ?"

Il prit alors sur lui et lança un léger regard désapprobateur à sa femme avant de se tourner vers sa belle-fille. Il posa sa tasse sur la table basse et s'adressa à son épouse avec un léger sourire tout en jetant des coups d’œil à Eileen.

"Chérie, je crois que Eileen a du travail qui l'attend, je doute qu'elle est le temps de manger avec nous. N'est-ce pas Eileen ?"

Bon sang, de bon soir, manquerait plus qu'elle s'incruste pour manger avec eux. Encore quand Hayden était là ça passait mais tout seul avec elle et son air pincé non merci. Non non et re non. Elle avait intérêt à dire non parce que sinon, il n'allait plus être aimable très longtemps. Déjà qu'il prenait sur lui pour ne pas lui demander d'arrêter d'être aussi snob quand elle lui parlait, elle ne lui ferait tout de même pas l'affront de lui imposer sa présence tout un repas.



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Eileen McNeilAncien personnageavatar
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La phrase partit avant même qu'elle ne put la retenir, avant même qu'elle ne se dise qu'il serait peut-être plus avisé de laisser couler et de ne rien dire.

" Vous avez une autre idée sur la question, peut-être? "

Ce n'était même pas voulu de manière méchante, même pas condescendant, ni rien. C'était simplement l'expression d'un sentiment de ras-le-bol permanent qui la prenait à chaque fois qu'elle parlait avec John. Cette impression qu'il ne faisait des efforts d'être aimable que parce qu'il y était obligé, et qu'il n'était même pas suffisamment obstiné pour aller jusqu'au bout. Cette impression que même après vingt ans de cohabitation forcée, il n'était toujours pas fichu de voir plus loin que la première image qu'il avait eu d'elle, lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois. Cette impression qu'il semblait persuadé qu'elle n'avait rien à faire là, qu'elle n'était pas une bonne épouse pour son fils.
Après vingt ans, quatre enfants, la plupart des gens se seraient fait à l'idée, aurait essayé de comprendre le choix de leur fils, comprenant qu'il devait y avoir une raison, que cette personne avait forcément quelque chose de bien en elle. Essayer de trouver des centres d'intérêt commun, essayer de s'intéresser un minimum à elle, lui chercher des qualités au lieu de toujours se concentrer sur les défauts.
Pas John McNeil. Jamais, au grand jamais, elle ne l'avait vu faire d'efforts, jamais elle ne l'avait vu essayer de vraiment s'intéresser à qui elle était, jamais elle ne l'avait vu essayer de voir plus loin que l'image qu'il avait d'elle. Il l'avait collé dans la boîte aristocrate, il l'avait cataloguée à côté des Nimbus de Pompadour, des Harris, et jamais il n'avait essayé de voir au-delà, de voir la jeune fille en rébellion, de voir l'ingénieure, de voir la mère de famille qui essayait de faire du mieux qu'elle pouvait pour ses enfants avec son éducation où les siens avaient été si absents.
Non, il ne faisait que critiquer, critiquer, et encore critiquer. Son travail, son maintien, sa manière de parler, sa manière d'éduquer ses enfants… Elle se souvenait encore des disputes mémorables qui avaient suivi l'envoi de ses enfants aux Etats-Unis. Jamais il n'avait pensé à elle, à ce qu'elle avait pu ressentir à l'idée de se séparer de ses enfants pour un temps indéterminé, aux efforts qu'elle avait dû faire pour retourner auprès de ses parents pour leur confier ses enfants, en connaissant l'éducation qu'elle-même avait eu.
Non, il n'avait pensé qu'à lui, encore et toujours. Et comme il ne pouvait pas critiquer Hayden, son fils parfait, son fils chéri, c'était elle qui avait tout pris. Elle avait été traitée d'égoïste, d'irresponsable pour envoyer ses enfants chez des inconnus, chez des gens qui ne seraient pas capable de leur donner l'amour et l'affection qu'ils avaient besoin. Elle avait enduré toutes les remarques sur le fait qu'ils réagissaient de manière exagérée, que durant la première guerre, les enfants n'avaient pas été inquiétés, qu'ils ne s'y attaqueraient jamais, et le coup final avait été porté lorsqu'Hayden et Eileen avaient proposé d'envoyer Julia avec eux. Alors qu'ils ne pensaient qu'au bien-être de la jeune fille, lui y avait vu une attaque personnelle sur sa manière d'éduquer sa fille.
Elle avait fait le bon choix, elle le savait. Tristan, son filleul, avait été à Poudlard également, durant deux mois, avant d'être précipitamment retiré de l'école par son père et envoyé à l'étranger avec sa mère. C'était lui qui lui avait parlé des Carrow, des mesures prises, des horreurs qu'il s'y passait. Elle n'avait jamais demandé à Julia s'il lui était arrivé quelque chose, n'en avait jamais parlé à Hayden ni à John, ni à personne. C'était à Julia de le faire, si elle le voulait.

Et quand ce n'était pas elle qu'il attaquait, c'était la classe bourgeoise, la classe aristocratique sorcière. Ce qui, en temps normal, ne l'aurait pas dérangé, vu qu'elle ne se considérait pas comme en faisant partie. Mais toutes ses phrases, toutes ses accusations semblaient pointer vers elle, comme si elle en était la représentante. Sur ces sales bourgeois qui ne connaissaient pas le prix du travail, sur ces hommes et ces femmes qui annexaient tous les journaux pour bloquer l'expression de l'opinion public, sur ces industriels qui ne se concentraient que sur les capacités et le rendement de leur entreprise, oubliant tous les ouvriers qui travaillaient pour eux et prêts à les sacrifier si cela augmentait leur productivité.

Elle était ingénieure, par Merlin. Ingénieure, pas industrielle, pas femme au foyer, pas politique. Elle avait travaillé dans le monde moldu, tout en élevant ses quatre enfants, avant de s'engager dans un programme rapprochant les deux mondes, avant de devenir enseignante. Est-ce que John pensait vraiment qu'une bourgeoise aurait agi de cette manière?
Qu'une bourgeoise aurait perdu son temps à aller travailler, alors qu'elle avait tous ces moyens financiers, alors qu'elle aurait pu passer sa vie à ne rien faire?

Eileen aurait pu apprécier John, s'il avait fait l'effort de la connaître. C'était un révolutionnaire, un défenseur des plus petits, un homme qui avaient des idées et les exprimaient. Mais s'il ne faisait pas d'efforts, ce n'était pas à elle d'en faire.  Elle avait suffisamment donné, suffisamment essayé, et elle était bien trop fière pour accepter de se faire rabaisser à longueur de temps.

Elle tourna son regard vers Louise qui entrait dans la pièce, une grande part de gâteau au chocolat dans la main, déjà barbouillée de partout, l'air absolument ravie. Eileen secoua la tête, la vision la distrayant de ses pensées peu aimables sur son beau-père. Sa fille était une chipie, elle le savait déjà, et une manipulatrice qui parvenait toujours à sa faim. Surtout avec Gloria, qui n'avait jamais su lui refuser quoi que ce soit.

" Tu as dis merci à ta grand-mère, espèce de chipie? "
" Merci Mamie! "

La petite fille alla se loger dans les jambes de sa grand-mère, un grand sourire aux lèvres, l'air parfaitement heureuse. Eileen accepta avec un sourire et un mot de remerciement la tasse de thé que Gloria lui tendit et observa l'image qu'elle renvoyait, debout, sa petite-fille lui courant autour. C'était ça, une famille normale, une famille aimante.
Une famille où les enfants étaient considérées comme des personnes normales, qu'on écoutait et qu'on aimait, à qui on donnait de l'affection. C'était une famille où tout le monde s'écoutait, s'aimait, n'avait pas honte de le montrer. Où même si on se disputait, on avait toujours une place. C'était ce qu'elle n'avait jamais eu, étant enfant. Elle n'avait pas eu de grands-parents aimants, qui auraient pu la garder quand ses parents n'étaient pas là, qui lui auraient donné du chocolat chaud en l'écoutant babiller de toute et n'importe quoi. Elle n'avait pas eu des parents à qui elle avait pu confier ses sentiments, ses pensées, ses doutes, ses inquiétudes. Elle avait eu Julia, c'était vrai. Julia, qui l'avait écouté, qui avait pris cette place maternelle, jusqu'à-ce qu'elle disparaisse brusquement l'année de ses huit ans, et qu'elles n'aient plus de contact jusqu'à-ce qu'Eileen le réinitie, lors de sa quatrième année.
Et même maintenant, elle regardait cette scène un peu à l'écart, sans vraiment y participer. John avait veillé à ce que jamais elle ne se sente vraiment chez elle chez ses beaux-parents, mais comme une invitée qu'on accueille parce qu'on y est obligé, pas parce qu'on en a vraiment envie. Même si Gloria l'accueillait, elle était trop effacée, trop douce pour vraiment s'opposer à son mari et lui faire un peu prendre conscience de ses torts. D'un certain côté, ils lui faisaient penser à ses propres parents. Stefan et sa volonté de faire, Elisabeth qui suivait derrière, n'osant jamais vraiment s'imposer, n'osant jamais vraiment se dresser et défendre les choix de sa fille face à son époux.
Elle était heureuse pour ses enfants, vraiment. Ils avaient une famille aimante, une famille normale, qui leur donnait tout l'amour, toute l'attention dont ils avaient besoin. Ils avaient ce qu'elle n'avait jamais eu.
Et ce n'était pas ses parents à elle qui allaient leur donner tout cela, déjà qu'ils ne se voyaient pratiquement jamais. Il y avait les cartes de Nouvel An, les cartes aux anniversaires, accompagné d'un petit mot de sa mère que son père contresignait uniquement lorsqu'elles étaient adressées aux enfants. Jamais il ne lui avait pardonné de ne pas avoir choisi la route qu'il pensait être la meilleure pour elle.
Le 24 décembre, lorsqu'elle était enfant, c'était la seule soirée de l'année où elle avait ses deux parents pour elle toute seule, où ils semblaient vraiment s'intéresser à elle, à ce qu'elle faisait, à ce qu'elle aimait. C'était son anniversaire, c'était la famille, ses cousins venaient, ses grands-parents également, et elle était au centre de tout, des discussions, des attentions. C'était sa grande soirée, la journée qu'elle attendait avec impatience pendant tout le reste de l'année. Maintenant, il n'y avait plus rien. Ses enfants et Hayden avaient l'habitude de lui fêter le 24 décembre dans la matinée, et ils passaient la soirée chez John et Gloria, pour le réveillon. Elle n'était même pas sûre qu'ils sachent qu'il s'agisse de son anniversaire, même pas sûre qu'ils sachent quelle importance cette journée avait pour elle.
Ils n'avaient jamais tellement cherché à le savoir non plus, et Eileen faisait celle que cele ne dérangeait pas, ne souhaitant pas s'attirer de nouvelles critiques. Et elle lisait, le soir, la lettre que sa mère lui envoyait. Jamais son père ne la signait.
Alors elle savait à quel point ses enfants étaient chanceux, à quel point la famille était importante, et qu'ils n'étaient pas forcément conscient de cela.

Alors qu'elle faisait son chemin vers la cuisine, Gloria se retourna, prononçant des mots qu'Eileen eut d'abord du mal à assimiler. Parfois, elle se demandait même si sa belle-mère avait vraiment conscience de la guerre officieusement déclaré entre son époux et sa belle-fille. Comment expliquer ses paroles, sinon? Rester déjeuner avec John, malgré la présence de Louise et de Gloria, relevait du suicide, ils en étaient conscients.
Eileen essayait de toutes les manières possibles de garder des relations cordiales avec son beau-père, surtout pour ses enfants, pour éviter qu'ils se retrouvent dans une situation difficile, entre leur mère et leur grand-père.

" Oui, Maman, reste! "

Eileen tourna son regard vers sa fille, dont la petite tête bouclée dépassait de derrière les jambes de sa grand-mère, un sourire suppliant aux lèvres. Et, Merlin, qu'il était difficile de résister à Louise, avec ses grands yeux de chien battu et sa bouille d'ange. Sa fille serait sa fin, puisqu'elle ne pouvait jamais rien lui refuser.

" Chérie, je crois que Eileen a du travail qui l'attend, je doute qu'elle est le temps de manger avec nous. N'est-ce pas Eileen ? "

Elle tourna la tête vers son beau-père si vite qu'elle eut l'impression que son cou se bloqua. Mais pour qui il se prenait, franchement? Comment osait-il toujours vouloir décider à sa place? Il décidait qui elle était, il décidait qu'elle n'était qu'une bourgeoise arrogante, il décidait qu'elle ne valait pas la peine d'être connue et maintenant il décidait aussi ses actes? Il décidait qu'elle n'avait pas le droit de rester déjeuner avec ses beaux-parents et sa fille, quelque chose qu'une personne normale ferait sans aucun problème, il décidait qu'elle n'avait pas de place dans son entourage, il décidait qu'elle était jetée dehors sans autre forme de procès simplement parce que vingt ans auparavant, il n'avait pas aimé la première impression qu'elle lui avait fait?
Et bien, qu'il aille voir ailleurs si cela ne lui plaisait pas. Elle ouvrit la bouche, s'apprêtant à répondre affirmativement à la proposition de sa belle-mère…

PAUSE

Eileen se retourna, le monde entier autour d'elle s'étant complètement figé, et jeta un regard noir à la jeune fille brune qui se tenait devant elle, un bout de papier et un stylo à la main. Celle-ci releva le  regard de ses notes, passa sa main dans ses cheveux et posa un regard désolé sur la femme d'âge mur qui se tenait devant elle.

- Eileen, tu sais pertinemment que ce n'est pas censé ce passer comme ça.
- Tu as décidé que ça ne devait pas se passer comme ça, plutôt. Depuis quand est-ce que j'ai un choix dans ce qu'il m'arrive?
- Je te signale que ce n'est pas de ma faute si ton beau-père est exécrable, il ne fait pas partie de mes personnages. Si tu as une réclamation, je suis désolée mais je ne peux rien y faire, je n'ai rien décidé.
- Parce que ce n'est jamais de ta faute, c'est bien cela? Tu as toujours une excuse pour nous empêcher de faire ce que nous avons vraiment envie de faire?
- Eileen…

Mais elle était déjà partie, le monde autour d'elle s'effaçant en de grandes lignes blanches pour laisser place à un petit salon, rempli de canapés de couleurs variées et aux grandes baies vitrées. Quelques portes étaient visibles, la plupart fermées, quelques-unes ouvertes, et une légère musique retentissait dans l'espace. Eileen se laissa tomber dans un canapé, un air furieux collé sur le visage, faisant relever la tête des quelques personnes déjà présentes dans la pièce.
La jeune fille brune était toujours derrière, son regard scanna la pièce, avant qu'elle ne soupire:

- Génial, vous êtes tous là. Ça va être le spectacle.

Elle se laissa tomber sur le tabouret de piano qui trainait, regardant toutes les personnes présentes se tourner vers elle et Eileen, ne manquant aucun mot de ce qui allait suivre. Pourquoi avait-elle accepté de partager sa tête avec autant de monde, franchement? Ça allait être la jungle, et elle allait le regretter le lendemain matin lorsqu'elle se réveillerait avec un mal de crâne carabiné.
Elle repéra immédiatement Amy, toute seule dans son coin, le regard caché par ses cheveux blonds tandis qu'elle dessinait on ne savait quoi, mais elle savait qu'elle ne perdrait aucun mot de la conversation et qu'elle ne se priverait pas d'intervenir. Gillian était plus proche, la transperçant de son regard bleu. Elle lui faisait toujours la tête, depuis qu'elle avait appris tous les plans qu'elle avait pour elle dans le futur. Elle avait beau lui avoir répété que c'était dans un futur lointain, qu'elle n'avait pas à s'en faire pour le moment, elle lui faisait toujours la tête.

- Eileen, c'est ton beau-père, et je te rappelle que tu es censé être la personne qui tient à sa famille, qui sait ce que c'est d'avoir des guerres ouvertes…
- Et je te signale, à toi qui m'a créé, que je suis également censée être la personne fière qui réagit au quart de tour quand son honneur est menacé.
- Mais PAS quand c'est ton beau-père qui te parle, réfléchis! S'il y a une dispute, c'est toute ta famille qui va souffrir, et tu vas souffrir avec eux parce que tu les aimes!
- Et puis, pourquoi est-ce que tu l'aimes pas, John?

Génial. La gamine qui aime tout le monde qui s'en mêlait. Ça allait être fun.

- Parce que c'est un égoïste, un idiot qui ne pense qu'à son propre petit confort personnel, qui juge sur des premières intentions, qui ne cherche jamais à voir plus loin que la première image qu'il a eu de la personne…
- Et toi, tu penses que tu fais quoi? Il est gentil, John! C'était un ami de Pops, et puis il est toujours gentil quand on vient chez lui, il parle juste un peu beaucoup pour ne rien dire.
- Il est comme ça avec toi parce que tu es née à la Cité, Gil. Pas avec moi parce qu'il considère que je n'ai rien à faire dans son monde.
- C'est pas une raison pour dire que c'est un idiot!
- La question n'est pas là! Eileen…
- Moi, je dis que la question est parfaitement là.

Toutes trois tournèrent la tête vers Amelia, toujours assise toute seule dans son canapé. La seule chose qui avait changé dans sa position était sa tête, qu'elle avait relevée, son regard bleu calmement posé sur elles. Amelia était celle qu'elle n'avait jamais vraiment comprise, celle qui ne causait pas trop de problème, qui intériorisait tout…

- Le problème, c'est que tu nous colles dans des situations, et ensuite tu t'attends à ce qu'on réagisse d'une manière qui ne nous correspond pas.
- Eh! C'est moi qui vous ait créé, je sais quand même comment vous êtes censées réagir!
- Il faut croire que non.

Et, sur ces mots, elle replongea dans son dessin, oubliant tout ce qu'il se passait autour. La jeune fille passa une main sur ses yeux, se sentant soudain très fatiguée.

- Je pense qu'il y a quelque chose que vous ne comprenez pas, toutes les trois, c'est que…

Toc, toc, toc.
Les quatre se regardèrent, sans vraiment comprendre ce qu'il se passait. Jamais personne ne toquait à la grande porte du fond, elles se contentaient d'entrer sans problème. Et puis, elles étaient toutes les trois là, pourquoi est-ce que quelqu'un d'autre viendrait?

- Quoi? On va encore servir de refuge à un perso sans joueur?
- Gil, s'il te plaît, soit un peu plus aimable, et non, on ne va pas servir de refuge.

Elle s'était levée en parlant, se dirigeant vers la porte. Elle l'ouvrit, s'effaçant ensuite pour laisser passer un jeune homme, grand, aux cheveux bruns en bataille et aux yeux clairs. Il jeta un regard désabusé sur ce qui l'entourait, se dirigeant ensuite directement vers le tabouret de piano où il s'assit, laissant reposer sa main gaucher sur les touches blanches et noirs, sous le regard méfiant d'Amélia, curieux de Gil et légèrement perplexe d'Eileen. La brunette leva les yeux au ciel en constatant qu'il avait piqué sa place, avant de s'assoir sur le grand canapé et de réclamer l'attention de tous en tapant dans ses mains.

- Donc, toutes les trois, voici votre nouveau camarade de cerveau, vous êtes priées de ne pas le traumatiser, s'il vous plaît, et vous aurez tout le temps de le connaitre plus tard. Pis de toute manière, il est pas fini pour le moment.
- Vous êtes au courant que je vous entends?

Il avait soupiré, l'air profondément blasé, comme habitué à ce type de remarque.

- Sois gentil, ne commence pas à me prendre la tête maintenant, sinon tous les scénarios horribles que j'ai prévu avec toi risquent de t'arriver un peu plus tôt que prévu.
- Comme si j'avais le choix, de toute manière…
- Merci, ce n'était pas utile. Donc, Eileen, reformulons tout depuis le début. Tu. N'as. Pas. Le. Choix.
- Mais…
- Tut, tut! Rien à dire!
- De toute manière, c'est un vieux syndicaliste raté en mal de projets, Miss Elder, laissez-le faire et ignorez-le, c'est plus simple pour tout le monde. Et puis… écoutez-la, parce que sinon je ne garantis pas notre état à tous les quatre dans un futur plus ou moins proche.
- Voilà! Et le prochain qui fait une remarque, je vais voir Daisy pour trouver le scénario le plus vil possible pour lui, est-ce que c'est clair?

Les quatre échangèrent un regard, avant de pousser un grand soupir. Eileen se releva, jeta un regard noir à la brunette avec un marmonnement ressemblant fort à "Espèce de dictatrice" et repartit par là où elle était venu.

- Génial. Absolument génial. Maintenant ils vont tous être insupportables.

PLAY


Eileen retint sa langue, peu désireuse d'ajouter un autre incident diplomatique à la longue liste de ceux qui l'opposaient déjà à son beau-père. Elle ne voulait pas être aussi coupable que lui, lui rendre la monnaie de sa pièce à chaque fois, même si elle en mourrait d'envie. Elle n'avait pas envie d'être définitivement considérée comme indésirable dans la maison de son beau-père, vu qu'elle semblait devoir être condamnée à le fréquenter durant les vingt prochaines années.

" Gloria, c'est vraiment trop aimable, mais… Je suis censée aller travailler, j'ai déjà ne pas pu aller travailler ce matin parce que cette chipie ne s'est pas réveillée, j'aimerais bien pouvoir m'y rendre avant déjeuner. Une autre fois peut-être? "

Oui, une autre fois. Avec Hayden à ses côtés, pour endurer le calvaire qu'était son beau-père. Quand il était là, John semblait toujours se calmer un peu, mettre un frein à ses piques et à ses critiques, conscient que son fils n'aimait pas qu'on la critique en sa présence. Il aimait son père, et Eileen ne voulait pas se placer comme la séparatrice, mais trop, c'était trop.

" Ou alors… Pourquoi ne viendriez-vous pas dîner à la maison, un soir? "

Chez elle, elle était en terrain connu, elle était sur ses terres, là où elle contrôlait tout, et, se disait-elle, là où elle pouvait sans trop de scrupules jeter John dehors lorsqu'il était trop insupportable. Elle ne le faisait jamais, mais rien que la pensée l'aidait à tenir pour toute une soirée.



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John ne lâcha pas du regard sa belle-fille, ils savaient tous les deux que ce n'était pas une bonne idée qu'elle reste, elle ne supportait déjà pas qu'il lui dise qu'il était heureux pour elle si tout se passait bien dans son nouveau travail, elle se sentait agressée à chaque fois qu'il lui parlait, c'était sans doute justifié, il n'avait pas été tendre avec elle lorsqu'elle était entrée dans la famille, il l'avait rejeté parce qu'elle venait d'un milieu aisé, parce qu'elle ne pouvait pas les comprendre, eux et leur monde d'ouvrier. Certes, elle vivait avec Hayden qui avait choisi une toute autre vie, peut-être qu'inconsciemment, il reportait toutes ses erreurs à travers Eileen, il était jaloux d'elle et de son milieu d'origine parce qu'elle avait réussi, elle faisait ce qu'elle avait toujours voulu, les riches avaient plus facilement ce qu'ils voulaient aussi et quand ils ouvraient leurs bouches, on les encensait et lui pauvre fils d'ouvrier avait été pris de haut, on lui avait rit au nez et mis à la porte quand il avait ouvert la bouche, quand il avait donné son avis.

Peut-être reportait-il toute sa frustration sur les classes sociales supérieures à la sienne, sans doute, parce qu'au fond, elle n'était pas désagréable Eileen, elle pouvait même parfois, être sympathique mais c'était plus fort que lui, son air froid le braquait aussitôt, il ne pouvait pas, peut-être était-ce sa façon à elle de se protéger mais il ne pouvait pas le supportait, il avait l'impression d'être snobé, de revenir en arrière quand tout le monde le prenait de haut et il détestait ça, il n'avait pas à supporter ça dans sa maison. Alors finalement, il avait laissé la situation se dégrader entre sa belle-fille et lui-même, prenant volontiers le rôle de vieux ronchon de service pour ne pas avoir à s'excuser, pour ne pas avoir à confirmer qu'il avait tort, trop fier dans son orgueil.

Il grimaça légèrement devant l'air suppliant de Louise, cette petite était trop adorable pour son propre bien, il aurait presque cédé et serait presque revenu sur ses paroles devant le petit regard de chaton de sa petite fille, c'était pas humain comme regard. Heureusement que Eileen devait être habituée à ce regard puisqu'elle déclina poliment l'invitation de Gloria, pour sa plus grande joie. Il esquissa un léger sourire satisfait et but une gorgée de thé brûlant. Il se brûla d'ailleurs lorsqu'il entendit la proposition de sa belle-fille.

"Eileen, nous acceptons votre invitation avec plaisir. N'est-ce pas John ?"

Le vieil homme tourna la tête vers sa femme et ronchonna intérieurement, non ce n'était pas du tout avec plaisir. Il allait se rendre en terrain ennemi sans aucun moyen de pression, hors de chez lui, hors de son camp, il n'aurait aucun moyen de protester, même s'il était encore à la cité, il n'était plus dans sa maison et il n'avait pas de moyen d'intimidation, plus rien, il était perdu. Si sur la cuisine, il pourrait toujours faire croire que la cuisine était infecte, voilà, il allait jouer là-dessus. Il étira ses lèvres en un léger sourire faussement joyeux et parla d'une voix légèrement étranglée.

"Oui, avec plaisir. Je dois néanmoins vous prévenir que j'ai les intestins fragiles, je ne peux pas manger n'importe quoi."

Voilà ça, c'était dit, il entendit sa femme soupirer légèrement avant de retourner dans la cuisine, Louise à sa suite. Il fixa alors Eileen en silence, bon et maintenant ? Elle finissait son thé vite fait et elle partait ? Mais il allait pas laisser un blanc comme ça si ? Non, il n'aimait pas le silence, oui mais il ne pouvait pas faire la discussion à Eileen, il allait lui parler de quoi ? Du mauvais temps ? Les minutes s'étirèrent sans qu'il ne trouve quoi dire. Il poussa alors un soupir d'ennuie. Attendant que la femme se décide à partir ou à parler. Avant qu'il ne perde lui même patience et se décide à prendre la parole.

"Vous avez vu, ils ont sorti un nouveau Nimbus. Encore un balai qui a été construit au prix de vies humaines. Mais pour l'instant, je crois que nous pouvons nous considérer chanceux, personne dans la famille n'est encore tombé malade."

Son front se plissa alors d'inquiétude, la consumeuse était beaucoup plus présente qu'on ne voulait bien leur dire. Et tous les jours il avait un peu peur d'apprendre qu'un membre de sa famille qui habitait à la cité l'avait attrapé. Gloria, Hayden, Louise, Tony, Grady, Gareth ou même Eileen qui, si il ne la portait pas plus que ça dans son cœur, faisait désormais quand même partie de la famille.



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Elle se retint difficilement de lever les yeux au ciel lorsque son beau-père réussit à trouver un autre moyen de râler. Les intestins fragiles, d'accord, pas de problème. De toute manière, il trouverait à coup sûr un moyen de décréter que ce qu'elle lui servait était infect, alors ce n'était pas comme si elle allait l'écouter. Le jour où son beau-père déciderait de faire un compliment sur ce qu'elle faisait, sur ce qu'elle disait sans qu'on ait l'impression qu'il était en train de cracher de l'acide était loin d'arriver. Mais si c'était chez eux, elle savait qu'il se restreindrait, au moins un petit peu. Simplement parce qu'il essayait toujours d'être un minimum aimable quand Hayden, Gloria ou même Louise étaient dans les parages, même si ce n'était pas toujours une réussite.

Eileen était réaliste, elle savait que John ne portait pas tous les torts. Elle était celle qui répondait à ses critiques, qui le rembarrait avec plus ou moins de subtilité, qui ne laissait pas simplement couler toutes ses critiques comme si elles ne l'atteignaient pas. Parce que c'était le cas, vraiment. Elle n'en avait rien à faire, de ce qu'il pensait d'elle, et elle n'allait pas changer simplement pour faire plaisir à un beau-père qu'elle n'avait pas choisi. C'était Hayden qu'elle avait épousé, pas ses parents, et si elle avait été ravie de faire partie de la famille de Gloria, elle se serait bien passé de John. Mais c'était important pour les autres, pour son mari, pour ses enfants, alors elle acceptait de faire des efforts. Dans une certaine mesure.

Elle reprit une gorgée de son thé, savourant la chaleur qu'il lui apportait, et le silence qui s'était installé entre eux. C'était ces moments-là qu'elle préférait, ces moments où personne ne lui demandait rien, ces moments où elle pouvait juste se détendre durant quelques minutes, sans que personne n'attende rien d'elle. Cela faisait des années que son beau-père avait arrêté d'attendre quoi que ce soit d'elle, de toute manière. Ces moments où elle pouvait baisser sa garde et s'autoriser à laisser son esprit vagabonder, sans penser à rien.
Elle reprit une gorgée de thé, son regard se posant un peu partout dans cette pièce qu'elle était venue à connaître si bien. C'était une pièce normale, à bien des égards, une pièce de famille, une pièce simple, un petit salon, où plusieurs photos étaient disséminées, représentant les différents membres de la famille. C'était une pièce familiale, une pièce chaleureuse, une pièce de réunion de famille. Et, comme souvent, Eileen ne put s'empêcher de penser que jamais ses parents n'auraient eu une pièce comme celle-ci. Elle savait que sa mère avait des photos des enfants, elle lui en avait donné lorsqu'ils étaient rentrés en Angleterre, à la fin de la deuxième guerre. Et elle savait que dans son bureau étaient posés quantité de photos de sa mère avec ses quatre tantes, de ses cousins, de photos d'elle, de photos de ses enfants. Elle n'était jamais rentrée dans le bureau de son père.

Elle releva la tête, sortie de ses pensées par John, qui lui adressait la parole, visiblement mis mal à l'aise par le silence qui s'était installé entre eux. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre de quoi il parlait, et un sourire triste apparut sur ses lèvres. La Consumeuse avait été quelque chose d'abstrait, pour elle, jusqu'à ce qu'elle soit confrontée à la mort de certains de ses voisins, de connaissances de la Cité.

" Je peux paraître horriblement égoïste, mais je suis heureuse que les garçons soient à Poudlard et que Louise passe le plus de temps possible en dehors de la Cité. Je ne… Elle s'arrêta, soupirant un bon coup. Je ne sais pas ce que je ferais si une personne à laquelle je tiens tombait malade. "

Ils étaient chanceux, pour le moment, elle le savait. Les Whitaker, eux, avaient perdu un père et un grand-père. Elle se souvenait de la mine horrible qu'avait Vivienne lorsqu'elle la croisait dans la Cité, les pleurs de Penny, qui avait l'âge de Louise et qui partageait sa classe. Même John, même si elle avait toujours du mal à le supporter, elle ne pourrait pas supporter qu'il tombe malade, qu'il disparaisse. C'était une partie solide de sa vie depuis près de vingt ans, une constante, qu'elle n'appréciait pas forcément mais qui était là.

" Est-ce que vous savez s'ils ont fait des progrès pour… un traitement, quelque chose, ou s'ils savent exactement quelle est sa cause? "



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John hocha lentement la tête alors qu'Eileen avouait qu'elle était heureuse que ses enfants passent le moins de temps possible à la cité, en effet, c'était égoïste mais compréhensible, malgré toute son antipathie pour sa belle-fille, il devait bien avouer qu'elle se souciait sincèrement du bien être de ses enfants. Ils n'avaient pas toujours les mêmes valeurs éducatives mais il devait lui reconnaître ça, elle aimait ses enfants, même si il l'avait accusé du contraire lorsqu'elle les avait envoyé chez ses parents en Amérique. Il admettait qu'elle l'avait fait parce qu'elle se faisait du soucis pour eux, parce qu'elle pensait que c'était la meilleure des choses à faire. Même si pour lui, les enfants dans ce genre de situation ne devaient pas être séparés de leurs parents. Il n'avait pas voulu que Juliana qui la Grande-Bretagne pour l'envoyer il ne savait où, c'était sa petite fille à lui, la seule qu'il avait, la petite dernière, la savoir à l'autre bout du monde loin de lui aurait été une torture sans nom. Il avait certainement agis égoïstement mais Gloria avait semblé de son avis, cette décision, il ne l'avait pas pris seul. Il avait beau paraître assez vindicatif comme ça mais pour les grosses décisions étaient toujours prises à deux, ils formaient un couple après tout, chacun devait s'exprimer et donner son avis.

Il poussa un léger soupir en se rendant compte qu'il était d'accord sur un point avec Eileen, la famille passait avant tout, lui non plus n'essayait même pas d'imaginer comment il réagirait si l'un des siens tombait malade, même Eileen, il la regretterait, au fond, il s'était habitué à leurs échanges un peu musclés et puis, elle faisait partie du décors maintenant. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle lui demanda qu'il savait quoique ce soit à propos d'un traitement ou de l'origine de la maladie, rien n'était sûr mais lui, il savait, du moins, il pensait savoir, pour lui, il n'y avait qu'un seul coupable.

"Non, je ne sais rien à propos d'un quelconque traitement mais je peux vous dire que le coupable de cette maladie, c'est Nimbus de Pompadour, lui et les gaz toxiques qui s'échappent de la section potion. J'en suis sûr et je suis persuadé qu'il le sait mais il ne fait rien, il préfère nous laisser crever et continuer à faire du profit. Il est comme tous les riches, gagner plus, toujours plus au dépend du plus petit."

Il posa son regard sur Eileen, le visage légèrement déformé par la rage, il avait déjà perdu trop d'amis et de voisin à cause de la Consumeuse, il avait signé de bon cœur la pétition de la petite Samantha et du petit Irving, il n'avait pas trop compris ce que faisait la gamine Harper dans le lot, elle essayait peut-être de faire croire que tous les aristos ne se valaient pas, elle voulait peut-être être sûre d'être du côté des gagnant pour ne pas se faire lyncher quand toute l'affaire serait enfin résolue. Il avait songé à quitté la cité, pour Gloria, pour qu'elle ne court pas le risque de tomber malade mais elle n'avait rien voulu entendre. Hayden et les enfants étaient à la cité, elle avait passé toute sa vie à la cité, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait l'abandonner et au fond, il partageait son avis, alors il attendait, essayant de prêcher pour que les choses bougent mais rien ne changeait, alors il attendait, quoi ? Il ne savait pas mais il attendait.



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Elle ne put s'empêcher de sourire légèrement quand son beau-père hocha la tête, avant de soupirer, l'air visiblement affligé. Une des rares choses sur lesquelles ils étaient d'accords étaient les enfants. Ils n'avaient pas les mêmes valeurs éducatives, loin de là. Les disputes mémorables qui avaient eu lieu durant la deuxième guerre en était une preuve, le fait qu'il qualifiait l'éducation qu'elle avait donnée, avec Hayden, à ses quatre enfants de "bourgeoise"… ce qui montrait bien qu'il n'avait absolument aucune idée de la manière dont elle avait été élevée, qui était de très loin différente à celle qu'elle avait donné à ses enfants.
Mais ils les aimaient tous les deux, elle comme une mère, lui comme un grand-père, avec la même intensité, la même constance, la même dévotion.
Et le fait de ne pas s'apprécier plus que ça n'empêchait ni l'un ni l'autre de le reconnaître. Ils avaient beau se disputer assez régulièrement, ne pas avoir les mêmes points de vues sur quantités de choses, Eileen le respectait, et admettait que l'autre avait des qualités. Peut-être pas celles qu'on attendrait, ni celles qu'on voulait, mais qui étaient présentes.
Eileen reconnaissait l'engagement, la détermination de son beau-père. Il était né, avait vécu, s'était marié et mourrait certainement – le plus tard possible, entendons-nous bien -  à la Cité Nimbus, et il y avait dédié une grande partie de sa vie. Il se battait pour ses idées, allait jusqu'au bout et ne laissait personne lui dicter ses opinions. Elle avait du mal à le supporter, du mal à rester dans la même pièce que lui, mais elle était suffisamment lucide et objective pour voir quand la personne à qui elle parlait possédait des qualités certaines.
Surtout qu'en temps normal, John aurait été le genre de personne qu'elle aurait beaucoup apprécié. Elle avait juste eut la bêtise d'épouser son fils, et donc de détruire son idée d'une famille parfaite. Elle devait avouer qu'elle attendait avec impatience le jour où Julia présenterait quelqu'un à ses parents. Simplement parce qu'elle était persuadée que qui que ce soit, son père y trouverait toujours à redire. Enfin, ce cas de figure-là n'était en rien de ses affaires, et elle savait déjà que la situation serait suffisamment compliquée comme ça, et qu'elle ferrait mieux dans ce cas là de rester sagement sur le côté et de laisser les McNeil se débrouiller avec leurs propres problèmes.

Elle eut un sourire triste et un léger soupir quand John reprit la parole pour lui répondre, accusant les Nimbus. Il devait avoir raison, d'un certain côté. Elle savait que rien n'avait jamais été prouvé, qu'aucun lien réel et tangible n'avait été trouvé... mais sinon, comment expliquer la maladie? Les gens ne tombaient pas malade "comme ça", sans aucune raison. C'était ce qu'elle reprochait au système sorcier, de ne pas faire suffisamment pour protéger les plus petits, de ne pas être aussi avancés que leurs homologues moldus dans les domaines de protections sociales, qui donnaient au moins aux ouvriers l'impression qu'ils pouvaient changer les choses. Elle avait étudié les deux, elle en savait quelque chose. Le code du travail sorcier n'avait rien à voir avec le code du travail moldu sur bien des aspects, et c'était parfois un grand mal.

" D'un côté, je pense que vous avez raison. De l'autre... Je sais comment des gens comme Lawrence Nimbus pensent, et... même s'il a tout de même comme but le profit, il est loin d'être stupide, et il sait que s'il s'avère que la Consumeuse a été causée par son usine, il perdra pratiquement tout ce qu'il a construit. Les intérêts des patrons et des ouvriers ne sont pas si dissociés que vous semblez le croire. "

En Angleterre moldue, c'était moins vrai. Thatcher avait réussi le tour de force de complètement détruire les syndicats, en ne cédant sur aucune de leurs revendications. Maintenant qu'ils n'en avaient plus, il semblait à Eileen qu'ils avaient beaucoup plus de difficultés à faire entendre leurs voix. Mais en France, ou dans d'autres pays d'Europe moldu, cela marchait. Pas à tous les coups, et parfois leurs grèves étaient plus par cause de désespoir que par réelle envie de changer les choses, mais ils trouvaient un moyen. La plupart du temps. Avec la crise...
La plupart des sorciers ne se rendaient pas compte.  

Elle reposa sa tasse vide sur sa coupe, se levant.

" Je vais devoir y aller, j'ai promis à Charles que j’essaierai de le rejoindre avant déjeuner. Je pense que c'est Hayden qui viendra récupérer Louise ce soir, ne vous en faites pas, ne put-elle s'empêcher d'ajouter, toujours acide quant à son accueil de la matinée. Je vous souhaite une bonne journée, John. "

Elle inclina légèrement le tête en signe de salutation, avant d'aller saluer un peu plus chaleureusement Gloria dans la cuisine, et de serrer sa fille dans ses bras. Et tandis qu'elle s'éloignait de la maisonnette de ses beaux-parents, avant de transplaner vers Londres, elle ne put s'empêcher de soupirer de soulagements. Les relations s'étaient peut-être améliorées depuis vingts ans, mais elle ne savait pas si elle arriverait un jour à apprécier John McNeil.

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Le papy gâteau ou presque [Eileen & John]

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