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 Ma faute à toi [Jeremy & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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15 octobre 2007

La journée s’était pour une fois passée comme elle l’avait prévu. Le vendredi soir, fatiguée au possible, elle s’était couchée dès son diner avalé, et avait réglé son réveil pour qu’il la réveille pour huit heures trente. Bon, évidemment - elle s’en était doutée en étant si optimiste sur l’heure – lorsqu’il avait sonné, elle l’avait repoussé de dix minutes. Une fois, deux fois, et une troisième. C’était criminel, de se lever tôt un samedi. Mais elle s’était convaincue la veille d’être productive pour profiter comme il le fallait de son dimanche. Aussi, une fois debout – à neuf heures, ça restait tout de même à peu près raisonnable – elle s’était dépêchée de prendre son petit déjeuné, de filer sous la douche et de s’habiller, avant de partir en direction du petit supermarché, dans l’espoir d’y arriver avant qu’il ne soit assaillit par les familles. Faux-espoir. Lorsqu’elle était arrivée, les bambins gambadaient déjà joyeusement au milieu des rayons, tandis que les hommes et leurs femmes remplissaient généreusement les caddies, en rappelant à l’ordre de temps en temps leurs charmants enfants, qui, dotés de la fougue des premières années, se faisaient un plaisir de jouer à diverses jeux – plus ou moins recherchés – avec leurs petits camarades. Enfin, elle avait finalement réussi à rayer tous les articles qu’elle avait soigneusement notés sur sa liste de course imaginaire, et avait attendu de longues minutes à la caisse, derrière une femme qui avait assuré avoir sa carte de fidélité, pour finalement se rendre compte qu’elle ne l’avait tout simplement jamais prise dans ce supermarché là. Finalement, ses articles payés, elle avait redescendu la colline pour rentrer chez elle, passablement affamée. Il fallait dire que les courses, ça creusait. Après un déjeuné – un vrai déjeuné cette fois – elle s’était empressée de lancer une machine, et avait filé sur le Chemin de Traverse.

Chemin de Traverse qui était bondé comme un supermarché moldu un samedi matin – ou même un samedi après-midi, d’ailleurs. Et fort heureusement, la période des achats de noël n’avait pas encore commencée. Aussi, Juliet avait pu se faufiler sans trop de mal jusqu’à la boutique où elle avait fait mettre de côté le cadea pour l’anniversaire de Jeremy qui avait lieu dans quelques jours. Après l’avoir récupéré, et échangé quelques politesses avec le vendeur, elle avait transplané pour Aberystwyth de nouveau, ou ses dernières tâches de la journée l’attendaient sagement. Ses tâches ménagères, pour commencer, parce qu’il fallait bien les faire un jour, et que ce jour était arrivé, et ses révisions pour l’université. Parce qu’elle avait beau les repousser au maximum, il fallait bien s’y mettre. Aussi, elle s’était installée à son bureau, et s’était mise à travailler sérieusement, comme cela faisait des mois que ça ne lui était pas arrivée. Depuis ses ASPICs, en réalité. Mais finalement, elle avait – presque – terminé ce qu’elle avait à faire. Elle avait fini par abandonner – à regret, évidemment – ses cours, pour se préparer à retrouver son petit-ami une demi-heure plus tard. Elle sortit de la salle de bain, salua Samaël au passage, et après avoir récupéré ses clés,  s’employa à trouver un endroit où transplaner loin du regard des moldus.

Une fois l’endroit trouvé, elle ferma les yeux et visualisa une petite ruelle non loin de chez Jeremy. Un quart de seconde plus tard, elle y était. Restant quelques temps immobile pour que les effets du transplanage se dissipent, elle se mit après en marche, pour se rendre à l’appartement de son petit-ami. Grimpant les escaliers pour gagner le bon étage, elle se retrouva rapidement devant la porte. Elle toqua trois petits coups, alors que son sourire s’étirait sur ses lèvres. Cela faisait bien longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus… La porte finit par s’ouvrir sur Jeremy, et elle lui adressa un immense sourire, avant de passer le pas de la porte pour se retrouver à l’intérieur de la pièce.

« Bonjour Je… » commença-t-elle en s’approchant pour l’embrasser. Elle se figea lorsqu’il recula en la fusillant du regard. Fronçant les sourcils, elle dévisagea, sans comprendre. Elle finit par se reculer à son tour. « Qu’est-ce qu’il se passe... ? » osa-t-elle finalement demander.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Le visage enfoui dans le creux de son bras, Jeremy tentait de faire disparaître la douleur lancinante qui lui vrillait le crâne, en vain. Il poussa une sorte de grognement en guise de "bonne journée" à l'attention de Sean qui s'en allait, et s'efforça de redresser la tête. L'odeur du café fumant qui se trouvait devant lui lui donnait la nausée, et il préférait ne pas tenter l'expérience d'avaler quoi que ce soit. Le jeune homme abandonna là sa tentative de petit déjeuner et se traîna jusqu'à la salle de bain, où il s'immobilisa devant le miroir. Il avait vraiment une sale tête, c'était le moins que l'on puisse dire. Jeremy avait des cernes sous les yeux après une nuit trop courte et trop agitée, et son teint blafard trahissait la quantité d'alcool qu'il avait trouvé judicieux d'ingurgiter. Quant à son état psychologique, il suffisait de croiser son regard éteint pour savoir ce qu'il en était. Juliet lui avait piétiné le coeur, et toute la douceur de Rosaleen n'avait suffit à lui faire oublier à quel point il souffrait. Jeremy avait beau mépriser la jeune femme avec conviction et la détester pour ce qu'elle lui avait fait, cela ne suffisait pas à effacer l'amour qu'il éprouvait pour elle et tous les moments si intenses qu'ils avaient partagé au cours des derniers mois, les bons comme les mauvais. Il n'aurait pas du embrasser Rosaleen, songea-t-il en se frappant intérieurement. Rien de bon ne pouvait en ressortir, il ne l'aimait pas, pas plus qu'elle ne l'aimait d'ailleurs, et cela ne l'avait pas aidé du tout à oublier Juliet... Jeremy tombait de beaucoup trop haut pour que la colère et la fierté ne parviennent à guérir son mal...

Le jet d'eau brûlant de la douche lui fit du bien, dénouant ses muscles épuisés et l'enveloppant dans une bulle de chaleur et de confort. Jeremy était épuisé, il se sentait dans un état second depuis plusieurs jours maintenant et avait l'impression d'être arrivé au point de rupture. Pourtant, il avait déjà eu à faire face à une forte pression l'an dernier, entre sa situation familiale, le concours de Lycaon, les matchs de Quidditch et les divers drames qui avaient émaillé l'année, mais cette fois il avait l'impression de se noyer. Il avait beau être l'un des plus doués de sa promotion, se disputant le titre avec Bianca qui était devenue tout naturellement son binôme de travail, le niveau général de l'académie était excellent et les cours étaient souvent durs et exigeants. Il lui fallait travailler comme jamais auparavant et, conjuguée avec les cours de l'université magique, sa charge de travail l'assommait. C'était dans ce contexte qu'il avait peu à peu laissé les rumeurs se propageant sur Juliet et lui se frayer un chemin dans son esprit puis l'atteindre complètement. La confiance qu'il avait pour la jeune femme avait été ébranlée progressivement par toute une série d'indices, de la soirée décommandée au regard un peu trop brillant à l'évocation de ce fameux McGowan, en passant par leur propre relation qui avait connu de meilleurs jours. La faute à Jeremy qui ne tenait pas le rythme, très certainement, mais était-ce une raison pour la tromper ? Non, rien ne pouvait justifier cela.

Une potion anti gueule-de-bois plus tard, il se sentait légèrement plus en forme. Il n'était pas vraiment d'attaque pour se plonger dans ses bouquins mais il n'avait pas réellement le choix, il n'avait pas terminé son devoir à rendre pour le lendemain matin à la première heure. Jeremy était donc installé à son bureau depuis vingt minutes à fixer ses parchemins, le coeur au bord des lèvres, lorsqu'il crut entendre quelques coups frappés à la porte d'entrée. Son sang se glaça alors qu'il réalisait qu'il était censé avoir rendez-vous avec Juliet à ce moment précis, et que la jeune femme se trouvait donc derrière la porte. Figé sur sa chaise, le rythme cardiaque bien trop élevé, il envisagea de rester silencieux et de faire comme si personne n'était là, mais ce n'était probablement pas la solution. Jeremy savait que Juliet le trompait, mais Juliet ne savait pas qu'il savait, ce n'était pas une situation viable. Il fallait tirer un trait définitif sur tout cela et officialiser la rupture. L'idée de se trouver face à face avec celle qui venait de le détruire était insupportable mais il n'avait pas vraiment le choix... Juliet avait peut-être été horrible mais il ne lui ferait pas l'affront de rompre par hibou. Jeremy assumait ses ruptures, même lorsqu'elles lui causaient une humiliation publique dans les couloirs de Poudlard. Prenant une grande inspiration, il quitta sa chambre et se dirigea vers le salon, avant de s'immobiliser devant la porte. Une nouvelle profonde inspiration, et il ouvrit, pour se trouver face à Juliet, comme il s'y attendait.

Son coeur se serra à la vue de la femme qu'il avait aimé si passionnément, si intensément, qu'il aimait encore d'ailleurs. Il se sentait trahi, et il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas comment elle avait pu trahir leur amour, leur amitié, leur histoire commune pour un homme pareil. Pimpante et souriante, Juliet entra dans l'appartement et il referma la porte en silence, le visage sombre. Lorsqu'elle osa se pencher pour tenter de l'embrasser, il se recula vivement, avant de vriller un regard dégoûté sur elle. Il n'était plus triste, il n'était plus fatigué, il était entièrement envahi par la rage et l'envie de la blesser comme elle l'avait blessée.

"Qu'est-ce qu'il se passe ?! Il se passe que j'ai enfin compris que tu me prenais pour un con depuis des semaines.", cracha-t-il. "Tu comptais me faire marcher combien de temps comme ça Juliet ? T'as du bien te marrer avec lui, grâce à ton copain naïf qui refusait de voir les signes... Mais c'est fini, tu m'entends ? C'est fini !"


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Dès le mouvement de recul de Jeremy, Juliet avait eu un mauvais pressentiment, qui avait été confirmé au regard dégoûté qui lui avait adressé. Jamais il ne l’avait regardé de la sorte avant. Jamais il ne s’était reculé aussi brusquement lorsqu’elle avait essayé de l’approcher pour l’embrasser. Même lorsqu’ils se disputaient, elle finissait toujours par se glisser dans ses bras pour lui adresser un regard implorant, avant de nicher sa tête au creux de son cou tandis qu’il refermait ses bras sur sa taille. La réaction qu’il venait d’avoir n’était pas normale. D’ailleurs, elle était d’autant plus étrange puisque d’aussi loin qu’elle se souvienne, il n’avait aucune raison d’être dans cet état là. Elle n’avait rien fait, elle en était certaine. Rien qui ne puisse vexer son petit-ami, du moins. Rien qui ne mérite qu’il lui lance un regard aussi méprisant. L’incompréhension se lisant sur son visage, elle le dévisagea, tout en posant sa question, qui avait tout à fait lieu d’être. Que se passait-il ? Elle aimerait décidemment bien savoir ce qu’elle avait bien pu faire pour provoquer une telle fureur chez le jeune homme.

Et sa réponse la laissa abasourdie, ahurie, observant son petit-ami tout en ayant peine à assimiler les mots qu’ils venaient de prononcer. La rage, la haine, qu’il avait mis dans ses paroles la figea sur place, tandis qu’elle tentait en vain de trouver une explication à ce qu’elle venait d’entendre. Le seul problème, c’était qu’il n’y en avait aucune. De quoi parlait-il ? Quels signes évoquait-il ? Les sourcils froncés et une moue perplexe sur le visage, elle continuait de dévisager Jeremy, silencieuse. Et c’était fini. Qu’est-ce qui était fini ? Leur relation ? Pourquoi ? Complètement perdue, Juliet recula réellement pour vriller son regard dans celui de son petit-ami.

« Mais de quoi est-ce que tu parles ? » finit-elle par demander en écarquillant les yeux.

Parce qu’elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait vraiment pas. Intérieurement, elle revivait chaque instant depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus, pour tenter de trouver ce qui pouvait mettre Jeremy dans un état pareil, sans y parvenir. Il faisait forcément une erreur. Elle n’avait rien fait pour mériter une telle rage, encore moins de la part de son petit-ami. Qui était en train de la quitter, réalisa-t-elle alors que ses mains se mettaient à trembler à cette pensée. Non, non, c’était un malentendu. Un simple malentendu. Un simple et énorme malentendu. Il ne pouvait pas la quitter. Encore moins alors qu’elle n’en connaissait pas les raisons.

« Tu m’expliques pourquoi tu me quittes ? » lança-t-elle en montant le ton, alors que son désarroi et son incompréhension était rejoint par une pointe de colère devant l’emportement injustifiée de Jeremy.

Qu’est-ce qu’il était allé s’imaginer pour lui dire demander aujourd’hui combien de temps elle comptait le faire marcher ? Où était-il allé chercher qu’elle le prenait pour un con ? C’était complètement absurde, par Merlin, c’était comme s’imaginer que… Oh. Un éclair de compréhension la frappa, et elle posa un regard stupéfait sur Jeremy. C’était comme s’imaginer qu’elle le trompait. Non, non, ça ne pouvait pas être ça. Il ne pouvait pas croire ça, n’est-ce pas ? Il avait confiance en elle, il le lui avait dit, répété. Et pourtant, maintenant qu’elle y pensait, ça lui semblait évident, qu’elle venait de trouver la raison de son éclat de colère. Elle secoua doucement la tête ; elle n’arrivait pas à y croire.

« Ne me dis pas que tu crois les conneries que racontent les journaux ? » s’exclama-t-elle. « Ne me dis pas que tu crois que je te trompe ?! »

Elle se méprenait, ce n’était pas ça. Ce n’était pas possible que ce soit ça. Merlin, pitié, songea-t-elle alors que son estomac se tordait. Si la situation aurait été différente, elle en aurait presque rit, tant elle lui semblait sordide.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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La surprise lisible sur le visage de sa petite-amie lui tira un rictus amer. Ah, ça, elle ne devait pas s'y attendre, à ce que le gentil petit toutou qu'il était se rebelle contre son maître... Elle le prenait vraiment pour le roi des imbéciles, réalisa-t-il avec amertume tandis que la jeune fille poussait la comédie jusqu'au bout, jouant les offensées, feignant l'incompréhension. Il croisa les bras sur sa poitrine et s'emmura dans le silence, la contemplant avec un regard froid, acéré, attendant qu'elle cesse son petit jeu. Il n'était plus dupe. Enfin, il était temps, songea-t-il en l'observant sans se laisser atteindre par ses yeux de biche, en blindant son coeur du mieux qu'il le pouvait. Combien de fois allait-il encore se laisser berner par les gens de son entourage ? Combien de fois allait-il encore être naïf ? Son père, Kelsey, Keller et maintenant Juliet... Cela en disait long sur lui. Il fallait vraiment qu'il cesse de voir le monde avec des yeux d'enfants, grand naïf utopique qui croyait encore au grand amour et aux happy end. Le monde n'était pas ainsi, le monde était noir et dur et il fallait se battre pour soi-même.

Jeremy haussa les sourcils lorsque la jeune femme cessa sa comédie et fit mine de comprendre avant de s'indigner, de prendre ses grands airs. Il secoua la tête avec incrédulité. Elle n'avait même pas assez de respect pour lui pour assumer et reconnaître son acte, non, il fallait même qu'elle s'en prenne à lui...

"Arrête de nier, Juliet, je sais que c'est vrai ! J'ai été aveugle tout ce temps, mais c'est fini ! Je sais ce que j'ai entendu !", s'exclama-t-il avant de décroiser les bras et de faire un pas vers elle, emporté par sa colère. "J'étais là, hier, après ton entraînement, j'ai entendu ta charmante discussion avec ton bellâtre de McGowan ! Qu'est-ce que tu crois que ça m'a fait, d'entendre comment il te fatigue la nuit, comment je ne suis qu'un extra, une occupation du dimanche, mais attention, pas plus, McGowan ne supporterait pas qu'on fasse la une de Sorcière Hebdo... C'est vrai après tout c'est lui ton vrai mec, n'est-ce pas, et tu ne voudrais pas briser votre belle histoire, ce serait idiot..."

Sa voix se brisa sur ces derniers mots et il détourna le regard en sentant ses yeux le brûler.

"Je ne crois rien. Je constate, c'est tout", conclut-il en un souffle, la voix tremblante. "Je constate et je ne comprends pas, pour être honnête, je ne comprends pas comment t'as pu me faire ça."

Il redressa la tête et se força à soutenir le regard de la jeune femme, pour l'interroger. Ils avaient tant vécu ensemble, en tant qu'amis puis en tant que couple, qu'il ne pouvait la rayer de sa vie sans un mot d'explication. Jeremy avait besoin de comprendre comment ce qui avait été pour lui quelque chose d'intense, de si fort, de si sincère n'avait été pour Juliet qu'un peu de bon temps sans conséquences. Jeremy s'était senti tellement proche de Juliet au fil des derniers mots qu'il avait cru rencontrer la femme de sa vie... Comment avait-il pu à se point se méprendre ?


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Elle avait raison, constata-t-elle alors qu’elle pâlissait. Jeremy pensait réellement qu’elle le trompait. Silencieuse, elle se contenta de le regarder, sans pouvoir dire la moindre chose. Comment pouvait-il croire une chose pareille ? Qu’est-ce qu’il avait bien pu entendre pour en être si certain ? Certes, il y avait les rumeurs dans les journaux, mais il devait bien savoir que ce n’était que des idioties, n’est-ce pas ? La réponse qu’il lui donna lui fit froncer les sourcils, avant qu’elle ne soit frappée par un éclair de lucidité. Sa conversation avec Ethan dans les vestiaires sur leur pseudo-relation. Jeremy l’avait écouté ? Et il en était venu à la conclusion qu’elle le trompait ?! Les phrases qu’elle avait échangées avec son coéquipier lui revinrent en mémoire, et elle eut l’impression que son estomac se tordait. Oui, elles pouvaient être mal comprises mais… Mais on parlait de Jeremy. Pas d’un inconnu, même pas d’un simple ami. De son petit-ami, de son meilleur ami. De la personne en qui elle croyait le plus, et qu’elle avait l’impression d’aimer comme jamais elle n’avait aimé personne avant. Et pourquoi tirait-il des conclusions si hâtives ? Etait-ce si évident ? N’était-il pas censé la connaître comme personne, ses défauts comme ses qualités ? Alors Merlin, il devait bien savoir que jamais elle ne serait capable de le tromper ! Parce qu’elle l’aimait beaucoup trop pour ça.

Ses mains se mirent à trembler, alors qu’elle observait Jeremy. Ils avaient traversé tant de choses ensemble, depuis près de deux ans, qu’elle avait toujours eu l’impression que ce qu’il y avait entre eux était plus fort qu’une simple amourette. Elle s’était projetée dans l’avenir avec lui, elle avait voulu voir sur le long terme. Et les mots qu’il lui crachait au visage réduisaient ses espoirs, ses illusions, en néant. Elle avait abandonné l’idée qu’on ait une autre vision d’elle que celle de la fille de petite vertu. Elle avait fini par abandonner le combat, et l’idée que ses proches sachent vraiment qui elle était lui suffisait. Et elle se rendait compte, après des mois de relation, que Jeremy avait une image d’elle pas si éloignée de celles des autres. De celle de Frost, d’Anton Smith, de Georgiana. Elle frissonna, alors que cette pensée faisait sa place dans son esprit. Non, elle refusait d’y croire. Pas Jeremy. Tout le monde, mais pas lui.

Elle devait pourtant bien se faire une raison, songea-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine, vrillant un regard noir sur le jeune homme, tandis que sa tristesse faisait place à une colère injustifiée. Paradoxalement, elle était compréhensible. Elle avait mal, elle se sentait trahie comme jamais. Et elle lui voulait de la mettre devant ses conclusions, sans lui demander une réelle explication avant. Elle lui en voulait d’être persuadé qu’elle le trompait. Elle se sentait misérable, sous son regard glacial qu’il ne lui avait jamais accordé avant ce jour. Elle se sentait idiote, aussi. Idiote d’avoir cru à leur relation avec tant de force, idiote de lui avoir accordé toute sa confiance, pour qu’il la brise aujourd’hui, sous ses yeux. Cette histoire était tellement stupide.

« Je n’en reviens pas que tu puisses penser ça. » lâcha-t-elle froidement, d’une voix faible. « Je ne t’ai jamais trompé avec qui que ce soit, tu m’entends ? Jamais. On parlait de nos entraînement, hier, avec McGowan. Il est batteur, et notre entraîneur lui a simplement demandé de me fatiguer le plus possible pendant qu’on joue, pour m’habituer aux Cognards de haut-niveau, c’est tout. Et on est juste sortit avec l’équipe jeudi soir – avec toute l’équipe – d’où la courte nuit. Il n’y a rien entre McGowan et moi, tu comprends ? Rien ! Ce ne sont que des conneries qui paraissent dans les journaux ! » elle avait haussé le ton, s’était avancée vers lui, vibrante de colère. « Ces mêmes journalistes connaissent ton existence, je ne leur ai jamais caché que j’étais en couple – je ne l’ai jamais caché à personne. Ils n’entendent que ce qu’ils ont envie d’entendre. »

Alors oui, elle n’avait jamais voulu médiatiser le couple qu’elle formait avec Jeremy. Elle voulait préserver son intimité et la sienne, et n’avait jamais eu aucune envie de ressembler aux couples qu’on trouvait dans Sorcière Hebdo. Elle avait besoin de pouvoir s’éloigner de tout ça, lorsqu’elle retrouvait Jeremy. Elle avait besoin d’être simplement Juliet. Pourtant, elle pouvait le comprendre, sur ce point. Mais il aurait suffit de lui en parler, et elle aurait fait n’importe quoi pour le réhabiliter aux yeux de la presse people, si c’était ce qu’il désirait. Le problème était qu’elle n’avait aucune idée de comment gérer sa célébrité toute récente. Et que ça l’effrayait.

« Comment t’as pu croire que je te trompais, Jeremy ?! Je t’aime, je suis amoureuse de toi, bordel, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans ça ? Comment tu peux penser que j’aurai quitté Killian, et demandé à mon père de sacrifier son bonheur pour le mien, si je n’étais pas certaine de mes sentiments pour toi ? »

Il la pensait donc si égoïste que ça ? Si égocentrique ? Si méprisable ?

« Je t’ai toujours fait confiance, Jeremy. J’ai toujours pensé que tu étais différent. Comment tu peux penser ça de moi ? Après tout ça ? Après ces derniers mois ? Depuis quand il te suffit d’une seule conversation pour me juger ? Pourquoi tu as prétendu m’aimer alors que tu me tenais en si basse estime ? » les larmes lui montèrent aux yeux et finirent pas rouler sur ses joues. Elle darda sur le jeune homme un regard noir.

« Tu penses que je suis capable de te tromper ? Que je n’ai aucuns sentiments pour toi ? C’est vraiment comme ça que tu me vois ? » demanda-t-elle en essuyant rageusement ses larmes. « Très bien. » cracha-t-elle avec hargne. « J’avais oublié à quel point j’étais une garce égocentrique. »

Merlin, ça faisait tellement mal. Une boule se forma dans sa gorge alors qu’elle reculait brusquement. Son dos heurta un meuble, et elle s’immobilisa pour fixer Jeremy. Il ne pouvait pas lui faire ça. Pas à elle.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy écouta les premières explications de Juliet avec défiance, refusant d'entendre raison, incapable d'admettre qu'il s'était trompé. Il ne pouvait pas s'être trompé, n'est-ce pas ? Car si c'était le cas, alors... Alors ce serait effroyable. Les paroles pleines de bon sens de Juliet remirent néanmoins les choses à leur place dans l'esprit de Jeremy, bien malgré lui, et il sentit peu à peu sa conviction s'affaisser. Se pouvait-il qu'il ait réellement été dans l'erreur ? Juliet marquait un point, pourquoi aurait-elle tout sacrifié pour lui si c'était ensuite pour le tromper sans même chercher à se cacher ? Elle n'était pas stupide ni cruelle, pas la Juliet qu'il connaissait et aimait de tout son coeur, elle était généreuse, entière et sincère, ce n'était pas le monstre qu'il avait cru voir la veille. Jeremy écouta les paroles de Juliet sans souffler mot, sentant ses entrailles se contracter en avisant les larmes qui coulaient sur ses joues, la noirceur de son regard.

Merlin, il s'était trompé ! La vérité s'engouffra en lui avec la violence d'une tempête et balaya tous ses doutes, tous les mensonges qu'il s'était raconté pour le laisser seul face à cette terrible conclusion : elle ne l'avait pas trompé. Elle ne l'avait pas trahi. C'était lui qui avait fait ça... L'infime soulagement qu'il ressentit en réalisant qu'il n'avait jamais perdu son amour n'était rien comparé à la culpabilité écrasante qui l'étreignait. Il avait été tellement stupide, crétin, idiot comme un véracrasse, bête comme un troll ! Il aurait pu se frapper le front comme un mur, cela aurait raisonné creux de toute façon. Comment avait-il pu se mettre dans une mouise pareille, et blesser la femme qu'il aimait sans même le vouloir ? 

Son visage se décomposa et il perdit sa posture agressive. Il resta là à l'observer, les bras ballants, les yeux arrondis, alors qu'il prenait la mesure de l'immense gâchis qu'il venait de causer.

"Juliet, je...", commença-t-il d'une voix blanche, "pardonne-moi, je n'aurais jamais dû croire ça, c'est que... Il y avait toutes ces rumeurs, ces gens qui étaient persuadés que votre histoire était réelle, et puis la conversation était tellement...Je... Je ne sais pas pourquoi j'ai cru ça, on ne se voit plus autant qu'avant, je suis crevé et j'imagine que je ne fais plus vraiment confiance à grand monde et... Je n'ai pas vraiment d'excuse, je...Merde ! Non, tu n'as rien d'une garce égocentrique, je t'aime, je suis tellement désolé, si tu savais !"

Il baissa la tête et passa une main tremblante sur son visage, comme pour le soustraire au regard de Juliet. Cette fois, il avait été trop loin. Quand bien même elle viendrait à lui pardonner pour cet affront, jamais elle n'accepterait ce qui s'était passé avec Rosaleen. Il allait la perdre, et ce serait entièrement sa faute...


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet ne s’était jamais rendu compte qu’il pouvait la blesser autant. Lui apporter beaucoup, ça, oui, elle le savait, et elle s’était déjà faîte la remarque de nombreuses fois. Mais lui faire autant mal, volontairement ou non… Non, décidemment, elle n’avait jamais imaginé que cela puisse la toucher à ce point. Le souffle court, la jeune femme se redressa, avant d’essuyer les dernières larmes qui roulaient sur ses joues d’un geste rageur. Elle en profita pour vriller son regard dans celui de Jeremy, constatant au passage que sa posture avait changée. Si au départ elle lui avait semblé  agressive, au début de l’échange, le jeune homme paraissait l’avoir abandonnée, et avait plutôt l’air désemparé. Se rendait-il enfin compte de son erreur ? Sûrement, songea Juliet. Et quelle erreur ! Comment Jeremy avait-il pu penser ne serait-ce qu’une seule seconde qu’elle le trompait ? C’était la chose la plus ahurissante qu’elle avait entendu depuis bien longtemps. Elle n’avait aucune raison de le faire – et, de toute façon, elle l’aimait bien trop pour ça.

A l’entente de ses paroles, elle se détendit légèrement, et prit le temps de souffler doucement. Au moins, il reconnaissait s’être trompé, et même si elle était blessée eh bien… Ce n’était qu’un malentendu. Un énorme malentendu, basé sur un joli quiproquo. Mais elle n’allait pas laisser son couple se briser sur une simple histoire sordide sans conséquences. Jeremy avait cru les rumeurs qui circulaient sur elle, renforcées par la conversation qu’il avait entendu la veille. C’était malheureusement des choses qui arrivaient. Mais il n’y avait pas eu de conséquences, de répercussions. Et c’était le principal, n’est-ce pas ? Parce que Juliet n'avait aucunement envie d’être rancunière, pas aujourd’hui, et sûrement pas avec son petit-ami. La situation aurait été différente, elle aurait probablement revu sa décision de ne pas lui en tenir rigueur. Mais là… Là ce n’était qu’une erreur de jugement, due au manque de communication. Elle n’allait pas tout détruire pour ça, tout de même.

« C’est bon. » déclara-t-elle en cherchant à capter à son regard. « Je… Je ne t’en veux pas. »

Seulement un petit peu, à cause du manque de confiance qu’il plaçait en elle. Mais c’était infime, comparé à tout l’amour qu’elle lui portait. Elle aussi elle faisait des erreurs, après tout. Elle pouvait lui pardonner, vraiment.

« Ne crois pas ce que les gens disent, c’est souvent un ramassis d’idioties pour avoir quelque chose à raconter. Même chose pour Sorcière Hebdo, ils inventent des histoires pour vendre plus d’exemplaires. C’est stupide, je déteste ça, mais je n’ai pas vraiment le choix. »

Elle haussa les épaules, fataliste. Si elle adorait le Quidditch, la médiatisation du sport ne lui plaisait pas plus que ça. Oh, évidemment, ce n’était pas ça qui allait la stopper ! Mais sa soudaine célébrité la déstabilisait complètement, et elle ne savait absolument pas comment la gérer. C’était difficile, de passer de la parfaite inconnue à la joueuse de Quidditch dont on parlait dans les journaux. Elle avait envie de bien faire, de rester égale à elle-même, mais, même en faisant ça, les journalistes de la presse people se pressaient de lui inventer une vie sentimentale palpitante avec son coéquipier. N’importe quoi, vraiment.

« Je peux faire le nécessaire pour te réhabiliter auprès de la presse people, si c’est ce que tu veux vraiment, il doit bien y avoir un moyen… Mais il faut que tu ais confiance en moi, Jeremy. Je t’aime, je serai incapable ne serait-ce de penser à te tromper. »

Elle avança encore un peu vers lui, posa une main sur son bras.

« On peut oublier ça ? Ce n’était qu’un horrible malentendu, de toute façon. » exposa la jeune femme avec un sourire confiant aux lèvres, loin de se douter tout ce que ce quiproquo avait entraîné.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy ferma les paupières en poussant un léger soupir. Merlin, elle ne lui en voulait pas, elle était prête à lui pardonner... Oui, mais elle ne savait pas tout. Elle pouvait lui pardonner son absence de confiance, certainement, mais qu'en serait-il de ce qui s'apparentait désormais comme une tromperie ? Il connaissait déjà la réponse, à vrai dire, les chances pour qu'elle accepte de lui pardonner cela étaient réellement minimes. Le jeune homme redressa la tête et écouta ses paroles avec une amertume grandissante, reconnaissant leur sagesse tout en sachant pertinemment qu'il était bien trop tard pour les prononcer. Ils auraient dû avoir cette conversation bien avant, au fil des jours lorsque Jeremy voyait son ego blessé par les articles des journaux, où il voyait sa confiance s'amenuiser avec le comportement de Juliet, qu'il jugeait peu attentif, plus aussi amoureux. Surtout, ils auraient dû l'avoir avant qu'il ne tire des conclusions hâtives et ne commette l'irréparable. Jeremy aurait dû entrer dans ce vestiaire hier, exiger des explications, frapper McGowan s'il le fallait mais il n'aurait pas dû partir sans un mot, sans même signaler sa présence, décidant unilatéralement que leur relation était terminée. Parce qu'il avait eu tort, et qu'il ne pouvait plus s'en prendre qu'à lui-même. 

Tout son corps se figea au contact de la main de Juliet sur son bras et il sentit les poils de sa nuque se hérisser. Jeremy n'aspirait qu'à une chose, pouvoir la serrer contre lui, l'embrasser à en perdre haleine et lui murmurer à quel point il l'aimait. Tout oublier serait si bon, mais il n'en avait pas le loisir. Omettre de lui parler de cette incartade était tout bonnement inenvisageable. Non seulement il n'arriverait pas à la regarder dans les yeux, ni à se regarder lui-même dans le miroir, mais en plus il savait que leur relation ne tiendrait pas. S'ils voulaient avoir une quelconque chance de bâtir quoi que ce soit ensemble, ce serait en établissant de bonnes bases, de meilleures bases, des bases de confiance et d'honnêteté. 

"Je...", commença-t-il avant que sa voix ne se brise. Il vrilla un regard éperdu et honteux dans celui de la jeune fille et ajouta : "Je ne demande que ça. Malheureusement, quand j'ai appris... quand j'ai cru comprendre ce que j'ai compris, j'ai fait quelque chose et... Je ne sais pas si tu pourras me le pardonner. Je comprendrai que cela ne soit pas le cas."

Jeremy prit une profonde inspiration et se força à avouer son geste.

"Juliet, pour moi c'était clair - même si j'avais tort - que tu me trompais et à partir de là, cela signifiait pour moi que notre histoire était finie, que j'avais perdu tout respect pour toi, j'étais tellement mal que j'ai été au bar de Rosaleen, je ne voulais pas être seul. Et... Je... On s'est embrassés. Cela ne voulait rien dire, Ju, c'était simplement censé être un geste de réconfort sans conséquences, je n'éprouve rien pour elle si ce n'est de l'amitié. Je t'aime, je t'aime si fort, ça m'a fait si mal d'avoir cru que tu pouvais me tromper que je n'ai pas réfléchi, c'est pour ça que j'ai fait ça mais... je t'en supplie, Juliet, pardonne-moi !"

Son regard se fit implorant et il tendit le bras pour saisir sa main, priant de toutes ses forces pour qu'elle le pardonne. 


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet sentit les battements de son cœur se calmer alors qu’elle proposait au jeune homme d’oublier tout ce qu’il venait de se passer. Evidemment, qu’il faudrait qu’ils aient une longue conversation – et pas des plus agréables – au sujet des craintes de Jeremy, et de ses propres peurs à elle, mais cela ne pouvait qu’être bénéfique pour leur relation, n’est-ce pas ? Oui, mais plus tard. En ce moment-même, Juliet n’aspirait qu’à se blottir dans les bras de Jeremy et à l’embrasser, désireuse d’oublier pour ce soir la discussion qu’ils venaient d’avoir. Leur histoire était trop belle et dénuée de disputes pour qu’elle reste ainsi aussi longtemps, songea-t-elle avec un léger sourire, en se rapprochant encore un peu de son petit-ami. Pourtant, sa réaction – ou plutôt, sa non-réaction – face à sa proposition l’étonna, et elle l’observa avec méfiance, alors qu’il posait sur elle un regard perdu. Ses premiers mots eurent le don de la figer sur place, et, instinctivement, sa main se retira du bras du jeune homme, pour retomba le long de son corps. Quelque chose qu’elle ne pourrait pas pardonner ? Elle sentit son estomac se tordre, alors que son esprit s’amusait à lui envoyer diverses images plus désagréables les unes que les autres au sujet de cette fameuse « chose » que Jeremy s’apprêtait à lui avouer.

Ses paroles lui firent l’effet d’une claque, et elle recula vivement, retirant sa main de la sienne tout aussi brusquement, alors qu’elle le dévisageait avec stupeur. Il ne pouvait pas lui avoir fait ça à elle. Elle ferma douloureusement les yeux et tourna la tête, incapable de le regarder en face. Des visions de Jeremy et Rosaleen en train de s’embrasser prirent place dans son esprit et elle essaya de les repousser, sans vraiment y parvenir. Il avait perdu tout respect pour elle, réalisa-t-elle alors qu’elle se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas pleurer. Ce qu’il avait pu penser d’elle, alors qu’il croyait qu’elle le trompait, la laissait complètement désemparée. Elle lui avait donné toute sa confiance, réellement. Elle avait placé plusieurs espoirs dans leur relation, différents rêves. Et elle voyait aujourd’hui ses illusions complètement brisées. A cause d’un malentendu, qui avait abouti sur un baiser.

Mais, ça allait même au-delà de ça. C’était le manque de confiance que Jeremy avait pour elle, c’était le fait qu’il n’ait pas songé à venir lui demander si ce qu’il avait entendu était vrai. C’était le fait qu’il soit allé voir Rosaleen à la place. Et ça faisait mal – ça faisait profondément mal – parce qu’habituellement, c’était vers elle qu’il se tournait lorsque quelque chose n’allait pas. Depuis que leur simple amitié avait évoluée en un lien plus sérieux, depuis qu’elle le considérait à la fois comme son meilleur ami et comme son petit-ami. Alors oui, c’était blessant, d’être brutalement reléguée au rang de la petite-amie en qui on avait brusquement perdu tout respect, à celle dont on ne faisait pas confiance. Alors autant se tourner vers une autre, songea-t-elle rageusement en vrillant son regard dans celui de Jeremy. Comment avait-elle bien pu croire si fort en leur histoire, si cette foi n’était même pas partagée ?

« Ravie de constater que tu as réussi à me remplacer rapidement. » lâcha-t-elle froidement.

Et elle était jalouse, oui. Peut-être trop. Sûrement trop même. Parce que, brusquement, elle sentait toute sa confiance en elle fondre comme de la neige au soleil. Parce que, d’un coup, elle se sentait sans défense. Et il disait qu’il l’aimait oui, qu’il l’aimait si fort, évidemment. Alors pourquoi ? Pourquoi ne pas être entré dans ce vestiaire pour lui demander des explications ? S’il avait été tant détruit qu’il le disait par la perspective qu’elle puisse le tromper avec Ethan, pourquoi n’avait-il pas cherché à en avoir la confirmation ? Pourquoi  avait-il préféré se jeter dans les bras de Rosaleen sans même la prévenir que c’était terminé entre eux ? Peut-être parce qu’il la préférait, persifla une voix dans son esprit. Rosaleen était jolie, gentille, sympa. Elle était dans la même école que Jeremy, et ils avaient probablement plusieurs choses en commun pour qu’il se tourne si facilement vers elle. Alors pourquoi pas ? pensa-t-elle alors que les larmes lui montaient aux yeux et finissaient par rouler sur ses joues. Et qu’est-ce qu’elle pouvait se sentir stupide, de se mettre dans un état ! Qu’est-ce qu’elle pouvait se sentir idiote, à résister tant bien que mal à l’idée de perdre ce qu’il lui restait de dignité et de se laisser glisser par terre en enfouissant son visage dans ses mains. Parce que, que répondre ? Que ce n’était pas grave, qu’elle lui passait cet affront, cette tromperie ? Non. Non, parce que ce serait mentir de dire qu’elle ne lui en voulait pas.

« Et elles sont passées où, toutes tes belles promesses, Jeremy ? Celles qui ont commencées à partir du moment où on s’est embrassés, l’année dernière ? Où tu m’as dis que si tu ne devais garder qu’une seule personne, c’était moi ? » elle ramena ses mains tremblantes contre elle. « Ose me dire que c’est terminé, ose me le dire en face, plutôt que d’aller embrasser une autre à la moindre occasion. » asséna-t-elle en reculant encore un peu.

Et Merlin, que c’était douloureux, de dire ça. Un long frisson lui parcouru l’échine alors qu’elle posait sur Jeremy un peu perdu et désemparé. Elle n’était même pas certaine de ce qu’elle s’apprêtait à dire.

« Comment tu peux prétendre m’aimer et sauter aux conclusions aussi vite ? Et te tourner vers quelqu’un d’autre aussi rapidement ? Alors là oui, c’est fini. Maintenant tu peux retourner voir Rosaleen sans que ça n’ait de conséquences sur notre couple. » lança-t-elle avec des sanglots dans la voix.

Elle ne fit rien durant quelques secondes, et finit par se diriger vers la porte, qu’elle ouvrit. Elle resta un instant immobile, avant de la passer, et de la claquer. Ce fut sûrement le bruit de trop. Les larmes se mirent à dévaler ses joues, sans sembler vouloir s’arrêter. Elle dévala les escaliers de l’appartement, à moitié aveuglée, et poussa la porte du bâtiment. Gagnant la petite ruelle par laquelle elle était arrivée, elle transplana à la va-vite, sa seule envie étant celle de rejoindre Aberystwyth. Le vent qui soufflait sur la petite ville du Pays de Galles la calma instantanément lorsqu’elle arriva, et, si les traces de larmes étaient toujours présentes sur ses joues, si son air bouleversé était toujours affiché sur son visage, ses yeux, eux, étaient secs. Elle s’accouda à la rambarde et son regard se perdit dans les vagues qui s’écrasaient sur le sable. Cette vision avait quelque chose d’apaisant, et elle entreprit d’inspirer et d’expirer longuement, les pensées encore toutes tournées vers Jeremy.

Merlin, même cette plage – même cette ville - lui rappelait son petit-ami.

RP terminé pour Juliet.



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Ma faute à toi [Jeremy & Juliet]

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