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 Miss et Mister Aresto ont le cœur brisé [Théo & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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15 octobre 2007

Les mots qu’ils avaient échangés résonnaient encore dans son esprit lorsqu’elle était revenue à Aberystwyth. Ils la hantaient toujours lorsqu’elle s’était mise à marcher. Elle avait rêvé, ce n’était pas possible autrement. Elle se réveillerait bientôt tout au fond de son lit, et tout cela disparaîtrait. Ça ne pouvait pas s’être réellement passé. Et pourtant, une voix désagréable lui soufflait que si, tout ce qu’elle venait de vivre était réel, tout comme les larmes qui coulaient sans cesse sur ses joues et qu’elle s’évertuait de sécher d’un geste rageur. Jeremy l’avait trompée, trahie. Il en avait embrassé une autre, persuadé qu’elle faussait ses sentiments à son égard, persuadée qu’elle vivait quelque chose avec McGowan. Mais comment avait-il pu croire une chose pareille ? Comment Jeremy – son petit-ami, son meilleur ami – avait pu la croire capable de ça ?  Elle n’en revenait pas. Elle tombait de trop haut pour réaliser complètement ce qu’il venait de se passer. Le vent de la mi-octobre lui fouettait le visage, et elle grelottait, à présent accoudée au muret, face à la plage. Elle n’avait aucune envie de rentrer chez elle, de faire face à Aaron, le meilleur ami de Jeremy. Etrangement, elle n’avait aucune envie de se rouler en boule sous ses couvertures, et d’y rester des heures durant. Elle était trop en colère, trop emplit d’une rage contenue, pour ça.

Mais qu’est-ce qu’elle avait été stupide ! Elle n’en revenait pas. Elle avait laissé une seule personne briser toutes ses illusions, tous ses espoirs. Piétiner son cœur par la même occasion. Parce qu’elle lui avait attribué toute sa confiance, parce qu’elle lui avait tout donné. Elle avait quitté Killian, elle avait demandé à son père de sacrifier son propre bonheur, pour eux, pour leur relation qui venait tout juste de commencer. Parce qu’elle avait dix-neuf ans, parce qu’elle était amoureuse, parce qu’elle avait eu l’impression que c’était différent d’une simple amourette, que c’était plus fort, plus réel. Elle s’était trompée. Sur toute la ligne. Elle s’était fourvoyée en pensant que Jeremy la voyait comme elle était vraiment. Il la croyait lui aussi capable des pires choses – de le tromper par Merlin, comme si elle n’avait songé ne serait-ce qu’une seule seconde à s’éloigner de lui ! C’était absurde. Et ça lui faisait mal, tellement qu’elle se demandait encore comment elle tenait debout, quand l’envie de s’écrouler, là, par terre, sur le trottoir, était bien présente. Elle voulait hurler, elle voulait frapper quelqu’un, elle voulait exprimer sa colère, et pleurer ensuite à chaudes larmes.

Et il y avait ensuite cette vision, obsédante, de Jeremy et Rosaleen. Ses lèvres contre les siennes, son corps contre le sien… Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre inférieure alors qu’elle chassait cette image de son esprit. Le pire, c’était que ce n’était pas le baiser en lui-même qui la dérangeait. Enfin, si, ça lui était insupportable. Mais au dessus de ça, c’était tout ce qu’il représentait. Le manque de confiance que Jeremy avait pour elle, sa trahison, sa vision qu’il avait d’elle. Il était censé être une des personnes la connaissant le mieux. Il était son meilleur ami, son petit-ami, par Merlin ! Comment pouvait-il lui faire ça ? Comment pouvait-il la voir comme une fille aux mœurs si légères, sans sentiments ? Elle inspira profondément, essayant de se calmer – en vain. A présent, tout était terminé. Tous les sacrifices qu’ils avaient fait jusqu’à là ne servaient plus à rien. Parce que c’était fini, qu’il n’y aurait jamais plus d’autres moments passés ensemble, qu’elle devait à présent continuer seule. Et comment pouvait-elle faire ça ? Comment pouvait-elle le faire alors que, quelques mois avant, le jour où ils se mettaient ensemble, ici-même, elle avait affirmé qu’elle ne pouvait pas, justement, continuer sans lui ? Que c’était tout ou rien, qu’elle avait choisi tout, parce que même si ça représentait quitter Killian, elle avait l’impression que ce serait toujours mieux que de rester loin de Jeremy, de le regarder vivre sa vie de loin, faire ses choix sans elle. A présent, elle n’avait plus le choix. C’était comme ça, c’était atrocement douloureux. Comment on se remettait d’une chose pareille ? pensa-t-elle alors qu’elle tournait le dos à la mer.

Elle eut un sourire amer, alors que, le cœur au bord des lèvres, elle essuyait rageusement ses joues. A cinq cents mètres, il y a avait sa maison qu’elle partageait avec Aaron et Samaël, et où elle n’avait absolument aucune envie d’aller. Derrière elle, il y a avait la plage, mais le temps commençait à se rafraichir, elle claquait des dents. Face à elle, il y avait l’appartement de Théo. L’envie de se réfugier dans les bras du jeune homme la saisit, et, impulsivement, elle traversa la route pour atteindre l’immeuble dans lequel elle entra. Peut-être qu’une fois blottit contre son ami, le monde et la réalité lui paraîtraient un peu moins horribles. Elle regretta cette pensée en haut des escaliers, et hésita à faire demi-tour. Débarquer chez quelqu’un, en larmes, ce n’était pas forcément… Oh, et puis tant pis. Elle en avait envie, elle en avait besoin, et elle se fichait bien de la bienséance. Finalement, elle frappa quelques petits coups contre la porte, recula, attendit. Lorsqu’elle s’ouvrit sur le visage de Théo, Juliet lui adressa un pâle sourire à travers ses larmes, qu’elle s’obligea une fois de plus à essuyer avec le revers de sa main.

« Je crois que j’ai besoin de toi. » finit-elle par souffler d’une petite voix, en lever les yeux vers Théo.



Kit par Irving Ship
Théo NottAncien personnageavatar
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Théo referma la porte d'entrée et s'appuya contre la porte, contemplant son petit appartement plongé dans le silence. Comme tous les jours, il avait passé plusieurs heures au Ministère à s'investir dans son stage comme jamais il ne s'était investi dans quoi que ce soit. Le travail des oubliator lui plaisait encore plus que ce qu'il avait espéré, c'était un fait, mais la véritable raison de son travail acharné se trouvait ailleurs. Théo devait s'occuper l'esprit pour ne pas penser, il fallait à tout prix qu'il s'accroche à quelque chose pour ne pas sombrer. Quelque chose dans sa vie qu'il aimait encore, et qui n'était pas entaché par cette rupture qui le dévorait chaque jour un peu plus... Et ce quelque chose, c'était son stage, son futur travail. C'était la seule chose qui le poussait à sortir de son lit le matin et à ne pas sombrer dans la dépression comme il savait si bien le faire. Il n'en était pourtant pas loin, il suffisait de voir à quel point il était capable de s'enfermer dans des réflexions sombres et hautement pessimistes des heures durant, perché à sa fenêtre, incapable de détacher son regard de la valse hypnotisante des vagues. Il avait pourtant réussi à tenir, les premiers jours après sa rupture, mais dès que son dernier espoir s'était envolé et que la tension liée à ses fiançailles avait disparu, il s'était effondré. Depuis ce jour fatidique où il avait parlé à sa mère, Théo n'avait vu personne hormis Rosaleen pour rompre avec elle, et les autres Oubliator. Il venait travailler, discret, curieux et professionnel, et repartait comme l'ombre qu'il était devenu. Les jours à l'université magique étaient les plus durs, car il devait le voir, et que cela le rendait malade. Littéralement, il en perdait le sommeil et l'appétit.

Au bout du compte, lorsque les journées prenaient fin, il se retrouvait toujours dans son petit appartement, seul et vidé de toute énergie, de toute envie. Ce jour là ne faisait pas exception, et il finit par se décoller de sa porte avec un soupir, avant de se poster devant sa fenêtre. Il n'avait même pas le goût de travailler ce soir, la journée avait été rude et il avait l'impression que son cerveau avait été piétiné par une horde d'hippogriffes. Quelque chose attira alors son attention à l'extérieur et il plissa des yeux, croyant reconnaître une personne sur la plage. Mais Juliet n'avait aucune raison de se geler seule sur la plage à la mi-octobre, aussi il se détourna de la fenêtre et se dirigea vers le placard où il conservait une bouteille de Whisky Pur Feu pleine aux trois-quarts. Il fallait vraiment qu'il songe à trouver un peu de compagnie, cela devenait critique, songea-t-il en dévissant la bouteille. Théo s'apprêtait à se servir un verre - ce n'était pas parce qu'il était seul qu'il fallait perdre toute manière et boire à même le goulot comme un ivrogne - lorsque quelques coups furent frappés à la porte, le faisant sursauter. Allons bon, il entendait des bruits, maintenant ! Pourquoi quelqu'un serait-il venu le voir ? Personne ne venait jamais le voir, sauf...

Sauf Juliet, songea-t-il en se dirigeant vers la porte avec une pointe d'espoir. Effectivement, c'était bien son amie qui se trouvait de l'autre côté de la porte, mais il ne put dissimuler sa surprise en voyant la détresse de la jeune femme. Théo ne l'avait jamais vue comme ça, en larmes, l'air frigorifiée, et il sentit son coeur se serrer lorsqu'elle planta son regard embué dans le sien pour murmurer qu'elle avait besoin de lui. Perplexe, Théo attrapa le poignet de Juliet et l'attira doucement à l'intérieur, avant de fermer la porte et de l'observer avec inquiétude.

"Juliet ! Bien sûr, je suis là pour toi, mais...qu'est-ce qui se passe, par Merlin ?"


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Sans opposer la moindre résistance, Juliet se laissa entraîner à l’intérieur de l’appartement de Théo, promenant un regard perdu autour d’elle. Devant l’inquiétude de son ami, elle tenta d’esquisser un maigre sourire, qui se transforma plus en une sorte de grimace. C’était plus fort qu’elle, ce qu’elle venait de vivre l’accablait et malgré tout elle ne se sentait pas capable de faire le moindre effort pour l’instant. Elle voulait simplement se blottir contre Théo, refaire le monde, et maudire leurs vies injustes. Voilà qui lui plaisait déjà plus que la perspective de se retrouver complètement seule, à ressasser ses pensées noires. Juliet avait besoin de compagnie, de quelqu’un pour la réconforter, pour lui dire que tout irait bien, qu’elle s’en remettrait – parce qu’on s’en remettait toujours, n’est-ce pas ? Aussi, devant sa question, elle resta silencieuse quelques instants, pour rassembler ses pensées. Elle était encore confuse, avec cette impression constante de revivre la scène qui s’était déroulée chez Jeremy à peine une heure à avant. Elle respira profondément, croisa ses bras sur sa poitrine, pour garder un minimum de chaleur – les nuits d’octobre étaient vraiment fraîches.

« Jeremy pensait que je le trompais. Avec Ethan, un de mes coéquipiers, au club. » commença-t-elle d’une voix assez faible. Elle s’arrêta quelques instants, avant de rependre, plus fort. « Il a surpris une de nos conversations, il en a tiré des conclusions hâtives et… »

Et dire que ça aurait pu s’arrêter là. Il aurait juste pu venir la voir, et tout ce serait bien terminé. Mais  non. Parce qu’évidemment, il y avait eu une suite. Parce qu’évidemment, il ne s’était pas contenté de croire qu’elle le trompait, mais l’avait trompé à son tour. Elle soupira, avant de lever les yeux vers Théo. Elle se sentait tellement stupide, tellement futile. Pourtant, elle avait l’impression cette histoire prenait une place démesurée dans son esprit. Mais elle ne souvenait pas qu’on l’ait tant blessé, par le passé. Or, la souffrance, elle la ressentait pleinement, actuellement, mêlée à la tristesse et à la rage qui l’envahissait. Et même si elle savait qu’elle devait faire la part des choses, elle n’y arrivait pas. Elle était encore trop plongée dans les événements récents pour le pouvoir, en réalité.

« Et il a embrassé Rosaleen, le soir même. » de nouveau, la vision insupportable, qu’elle s’évertua à chasser le plus loin possible de son esprit. « On a rompu il y a une heure et je...je… »

Elle se mordit la lèvre inférieure alors qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux, et ferma ces derniers pour ne pas les laisser couler. Elle finit par faire quelques pas vers Théo, pour venir de blottir contre lui, sa tête appuyée contre son torse. D’accord, la vie lui paraissait peut-être un tout petit peu moins cruelle.

« Comment est-ce qu’il a pu me faire ça ? » souffla-t-elle en secouant la tête. Elle n’y revenait toujours pas.

Restant enlacée contre le jeune homme, Juliet demeura par la suite silencieuse, tandis que ses larmes se tarissaient.

« Excuse de moi de débarquer chez toi comme ça... » lança-t-elle en se détachant de jeune homme.

Elle ne se voyait aller nulle part ailleurs, en réalité. Ni chez elle, ni chez ses parents, ni chez un des membres de sa famille. Elle prit une longue inspiration, et s’efforça de contrôler le tremblement de ses mains, et le claquement de ses dents. La jeune femme finit par porter un regard suppliant sur Théo. Elle n’avait réellement aucune envie de partir.



Kit par Irving Ship
Théo NottAncien personnageavatar
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Théo laissa échapper une exclamation de surprise à l’explication de Juliet. Comment Baker avait-il pu penser qu’elle le trompait ? Bien sûr, Théo avait entendu parler de ces rumeurs dans la presse, n’importe quel sorcier capable de lire un journal en avait entendu parler. Juliet avait occupé bien plus de place dans les journaux que Théo et ses prétendues fiançailles, et pourtant le jeune homme avait l’impression que toute l’Angleterre était au courant. Il y avait là de quoi mettre une certaine pression à un jeune couple, c’était évident, mais Théo avait toujours cru que Jeremy et Juliet formaient un couple solide. Leurs débuts avaient été trop scandaleux pour leur entourage pour qu’ils se décident à tenter l’aventure s’il n’y avait eu entre eux qu’une amourette sans conséquences et sans avenir.

Pourquoi Baker agissait-il comme le premier des salauds, alors ? Avait-il réellement une telle opinion de la jeune femme ? Théo était toujours étonné de constater à quel point les hommes entourant Juliet – et les femmes, d’ailleurs – avaient une opinion d’elle complètement fausse et fantasmée. On la voyait comme une fille de petite vertu, sans morale, une briseuse de ménages et autres qualificatifs charmants. Pourtant, Juliet était au contraire quelqu’un de sensé, de gentil, d’attentive aux autres et qui n’était pas dénuée de principes. C’était ainsi qu’il la percevait, et Théo était pourtant souvent le premier lorsqu’il s’agissait de juger son prochain avec sévérité. Mais il fallait avouer que Juliet était une jeune femme talentueuse et très séduisante, ce qui pouvait provoquer la jalousie des uns et l’envie des autres. Lui inventer une vie de débauche était sans doute un moyen pour les gens de compenser leur jalousie et de projeter leurs fantasmes… C’était triste, mais c’était humain, enfin il l’imaginait. Théo était tout de même surpris de retrouver ce comportement chez quelqu’un d’aussi proche d’elle que Jeremy, comment pouvait-il avaler ces rumeurs ? Sur un malentendu, peut-être, elle évoquait une conversation surprise…

Mais peut-être tout simplement que Baker n’était qu’un salaud, qui avait saisi la première occasion pour se débarrasser d’une relation dont il s’était lassée. Cette explication ne convainquait Théo qu’à moitié, car si Juliet en était amoureuse, il devait bien y avoir une raison. D’un autre côté, certaines filles aimaient les salauds, aussi étrange que cela puisse paraître. Juliet était bien sortie avec Killian Gray… Et Jeremy avait visiblement embrassé Rosaleen, ce qui semblait également indiquer qu’il était un être humain méprisable.

« Il a embrassé Rosaleen », répéta Théo d’un ton amer, avant de se morigéner intérieurement. Qui était-il pour prétendre faire la morale à qui que ce soit au sujet de son ancienne fiancée ? Si Rosaleen ressentait le besoin d’embrasser n’importe qui, c’était probablement de sa faute. Il se mordilla la lèvre inférieure avec culpabilité, en priant pour que Jeremy ne mette pas Rosaleen dans le même état que celui dans lequel était Juliet à l’instant présent. Théo ne se le pardonnerait pas, le cas échéant. Le jeune homme referma ses bras sur Juliet alors qu’elle se blottissait contre lui, enfouissant une main dans ses cheveux et fermant les yeux, envahi par la compassion. Il la serra longuement dans ses bras, comme elle l’avait fait elle-même deux semaines auparavant.

« Je suis tellement désolé pour toi, Juliet, si tu savais », murmura-t-il d’un ton terne, conscient que ses mots seraient impuissants à la réconforter. Ils étaient sincères, pourtant. Théo savait à quel point ce qu’elle vivait était douloureux et déboussolant et il aurait voulu l’en préserver. Pourtant, une infime part de lui ne pouvait s’empêcher d’être heureux que la jeune femme ressente ce qu’il ressentait, car il se sentait un peu moins seul en cet instant, un peu plus compris. Juliet était là, avec lui, elle s’était tournée vers lui alors qu’elle était désespérée, alors qu’elle n’avait plus son crétin de petit-ami. Mais elle l’avait toujours lui, Théo, Théo qui savait à quel point cette étreinte s’avérerait à la fois salvatrice et complètement inutile pour elle, car on ne pouvait rester seul dans un moment pareil sans se détruire, et car on ne pouvait trouver le réconfort qu’auprès d’une seule et unique personne. Une personne que l’on avait laissé partir. Théo n’était pas très fier de ses pensées, il en était même honteux, mais en réalité c’était la première fois depuis sa rupture qu’il se sentait connecté, lié à quelqu’un. C’était la première fois qu’il sentait son cœur ne hurlait plus de solitude, et li ne se sentait pas prêt à perdre cette sensation délicieuse.

« Comment est-ce qu’il a pu te faire ça ? Je ne sais pas. Je vois deux possibilités. La première, c’est que c’est un salaud, un crétin sans cœur auquel cas tu ne perds rien, vraiment… Tu mérites tellement mieux que ça », affirma-t-il d’un ton assuré.

« La deuxième possibilité que je vois, c’est que dans un moment de bêtise, sur un malentendu, il ait réellement cru que tu l’avais trompé. Et…si c’est le cas, je crois que je peux le comprendre. Je ne lui cherche pas d’excuse, pas du tout, mais je sais ce que c’est, que de voir – ou de croire voir – la personne la plus importante de sa vie piétiner une relation, se détourner de nous, nous trahir… Juliet quand j’imagine ce que Sam est en train de faire, là, maintenant, ce soir peut-être, et quand je l’imagine dans les bras d’un autre, j’ai des pensées…vraiment folles dans la tête. Je crois que je serais capable d’à peu près tout et n’importe quoi, embrasser n’importe qui ? Quelle importance, après tout, puisqu’il s’en fout. Alors… Je ne dis pas que c’est ce qui s’est passé dans la tête de Baker, tu le connais mille fois mieux que moi. Mais si c’est le cas…je ne sais pas. Dans tous les cas il a eu tort, et je suis vraiment désolé pour toi. »

Il laissa échapper un imperceptible soupir de frustration lorsqu’elle s’écarta de lui, pour s’excuser et vriller un regard suppliant sur lui. Désarmé, Théo secoua la tête avant de lâcher d’une voix grave :

« Tu es chez toi, ici. Tu restes aussi longtemps que tu veux, je suis là pour toi. »

Après avoir serré brièvement les mains tremblantes de Juliet entre les siennes, il s’écarta à son tour pour servir deux verres de Whisky Pur Feu. Il en tendit un à Juliet et garda l’autre pour lui, le portant à ses lèvres.

« J’allais me servir un verre avant que tu n’arrives, pour noyer ma peine. On peut noyer nos peines à deux, si le cœur t’en dit. Par contre j’aime autant te prévenir que le réveil va être rude, il n’y a rien de pire que la gueule-de-bois un lendemain de rupture, je parle d’expérience… Mais… Enfin, c’est un remède comme un autre. Alors, c’est toi qui vois. »

Se détournant de la jeune femme, Théo attrapa sa baguette magique et tira deux de ses chaises contre le mur du fond, avant de se concentrer. Il lança son sort et observa avec une certaine fierté ses chaises qui se transformaient en un canapé à l’air très confortable. Rangeant sa baguette et récupérant son verre, il passa un bras autour de la taille de Juliet et la conduire jusqu’au canapé, où il se laissa tomber avec un soupir de satisfaction. Il attira son invitée dans ses bras à nouveau, gardant le silence. Théo posa son menton sur sa tête et se laissa bercer doucement par la chaleur qui émanait de la jeune femme, ses pensées revenant inlassablement vers Samaël. Où était-il ce soir, qu’était-il en train de faire ? Probablement pas en train de penser à lui, hélas…

« Ca va aller, Juliet, on va s’en sortir », finit-il par lâcher d’un ton qui se voulait réconfortant, mais qui trahissait son manque de conviction, comme s’il essayait de se convaincre lui-même. Comment était-il censé aider Juliet alors qu’il n’arrivait pas à s’aider lui-même ?


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet ferma les yeux, blottit contre Théo, veillant à réguler son souffle. Son cœur battait beaucoup trop rapidement depuis qu’elle avait quitté Bristol, et elle se rendait contre qu’elle tremblait encore un peu. Le contrecoup de sa conversation avec Jeremy était plus que douloureux, et, si les mots qu’elle avait prononcés avaient été guidés par la colère et de désappointement qu’elle ressentait sur le moment, elle les regrettait à présent. Oh, évidemment qu’elle lui en voulait ! Elle lui en voulait tellement. Elle était déçue, plus qu’elle ne pouvait l’exprimer. Elle avait l’impression d’avoir été trahie, se sentait seule, immensément seule. Et même si elle se sentait moins misérable dans les bras de Théo que lorsqu’elle errait seule sur la plage, elle avait l’impression d’être abandonnée. C’était la première fois qu’elle ressentait ça, et la détresse la figeait, incapable de dire quoique ce soit, de faire quoique ce soit, trop concentrée sur sa peine. Elle y repensait, elle ressassait chaque phrase, chaque mot, chaque geste, chaque regard. Elle se faisait du mal, elle se maudissait autant qu’elle le maudissait. Elle remettait tout en question, sa sincérité, l’image qu’il avait d’elle. Nerveuse, elle se mordilla la lèvre inférieure, avant de se ressaisir et de s’appliquer laborieusement à se calmer.

Attentive, elle écouta Théo parler, sans dire un mot. Et si, d’un côté, ses paroles lui donnaient envie de fondre en larmes, le fait d’entendre quelqu’un formuler à voix haute de qu’elle pensait lui faisait un bien fou. Elle n’avait pas arrêté de se demander pourquoi il lui avait fait ça. Peut-être voulait-il juste rompre avec elle, peut-être était-il lassé de leur relation, peut-être que malgré tout, il était amoureux de Rosaleen. Cette pensée la fit frissonner, et elle déglutit difficilement. Au fond d’elle, elle savait que ce n’était pas vrai. Le Jeremy qu’elle connaissait ne ferait pas ça pour la quitter, il n’utiliserait pas un prétexte pour l’accuser et s’en sortir avec le beau rôle. Mais c’était pourtant tellement plus facile de penser ça, de le haïr de toutes ses forces, plutôt que de considérer l’autre solution. La logique voulait pourtant que ce soit la bonne, qu’il y ait vraiment eut un malentendu. Un énorme malentendu. Et elle s’était emportée, encore une fois. Elle avait été touchée, blessée, et la colère avait pris le pas sur la raison. Parce qu’elle était tellement attachée à Jeremy, parce qu’elle en était réellement amoureuse. Tellement que ça la détruisait, cette histoire, ce baiser entre lui et Rosaleen, ce manque de confiance…

« Jeremy n’est pas un salop. » déclara-t-elle, tout contre lui. « Je crois que j’aurai préféré, ça me ferait peut-être moins mal, plutôt que d’imaginer ce qu’il a pu penser de moi. Comment il me voit. Je lui ai tout donné, et je lui aurais donné plus encore s’il me l’avait demandé. Et apprendre qu’au final, il en est venu à se dire, comme les autres, que je n’étais qu’une fille sans principes… Ça me fait mal bordel, j’arrive pas à croire qu’il puisse vraiment penser ça. Avant d’être mon petit-ami, ça a été mon meilleur ami ! Il est censé me connaître mieux que tout le monde! Et là, me rendre compte que je me trompais sur toute la ligne… » elle ferma douloureusement les yeux. « Comment est-ce qu’il a pu croire que c’était évident, que je le trompais ? Je veux dire je ne suis pas une de ces filles… » soupira-t-elle.

Et c’était blessant de savoir qu’il y avait cru. Pire, c’était blessant de savoir qu’il n’était pas le seul. Elle était fatiguée des rumeurs, elle en avait marre qu’on la voit uniquement comme une fille aux mœurs inexistantes. Oui, elle avait quitté Killian pour Jeremy, mais en quoi cela faisait-il d’elle une fille de petite vertu ? Et, alors qu’elle pensait qu’en s’éloignant de Poudlard, tout cela se tasserait, elle découvrait avec horreur qu’au contraire, cela avait même empiré, et avait provoqué la rupture de son couple. Rupture qu’elle n’était d’ailleurs pas prête de digérer. Comment le pourrait-elle, après avoir été si proche de Jeremy ces derniers mois ?

Adressant un regard emplit de gratitude à Théo lorsqu’il lui affirma qu’elle pouvait rester autant de temps qu’elle le voulait elle se sentit se détendre imperceptiblement. Elle n’aurait pas eu le courage de rentrer chez elle, de faire face à Aaron, à Samaël. D’expliquer une nouvelle fois ce qui venait de se passer. Rester dans l’appartement de Théo, où rien ne lui rappelait Jeremy, lui semblait être une idée bien plus attrayante. Et c’était tellement de savoir qu’elle avait quelqu’un sur qui Théo. Que l’amitié de Théo, aussi récente soit-elle, était là, et qu’elle était forte. D’ailleurs, passer le restant de ses jours blottit contre le jeune homme n’était pas une perspective si désagréable que ça non plus. Elle se sentait moins seule, à ses côté, et la réalité lui semblait moins cruelle. Elle le regarda s’éloigner, saisir une bouteille de whisky, et en servir deux verres. Un léger sourire s’étira sur ses lèvres alors qu’elle saisissait le sien.

« De toute façon, il n’y a sûrement rien de pire que les réveils les lendemains de rupture. Alors que le mien le soit plus ou moins… » elle haussa les épaules avec une vague pointe d’humour. « A nos peines. » trinqua-t-elle, avant de porter son verre à ses lèvres.

L’alcool qui lui brûla la gorge lui fit un bien fou. On disait que l’alcool aidait à oublier ses peines, et elle voulait bien tester quoique ce soit pour alléger sa souffrance. Sans opposer la moindre résistance, elle se laissa entraîner jusqu’au canapé moelleux, et s’y laissa tomber. Repliant ses jambes sous elle, elle posa sa tête sur le torse de Théo, et soupira de contentement, bercée par le battement du cœur de son ami. Ils allaient s’en sortir… Oui, évidemment, qu’ils allaient s’en sortir. Tout le monde s’en sortait toujours, n’est-ce pas ? Même des pires ruptures amoureuses ? Oui. Eux aussi, ils s’en sortiraient. Du moins, c’était ce que Juliet voulait croire.

« Oui, on va s’en sortir. » répéta-t-elle, plus pour elle-même qu’autre chose. « Même si je me sens tellement mal, là, que j’ai plutôt l’impression du contraire. » elle sourit faiblement. « J’ai imaginé un futur avec Jeremy. » avoua-t-elle alors qu’elle sentait ses yeux la piquer. « Qu’est-ce que j’ai été conne. » souffla-t-elle avant boire une gorgée de whisky à nouveau.

Elle finit par lever un regard encore un peu humide vers Théo, lui sourit une nouvelle fois.

« Tu dois être la meilleure chose qui me soit arrivée depuis septembre. » déclara-t-elle sincèrement. « Merci, Théo. Vraiment. Et merci de m'accueillir chez toi. »



Kit par Irving Ship
Théo NottAncien personnageavatar
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Un petit sourire amer aux lèvres, Théo gardait le silence, incapable de trouver les mots pour apaiser la détresse de son amie. Il l'approuvait sur toute la ligne, bien conscient que leurs deux situations étaient similaires sur certains points, mais il n'avait aucune solution miracle à leur douleur commune. Poussant un soupir, il sirota son verre un moment avant de répondre :

"Mais non, t'as pas été conne, c'est normal. Comment ne pas imaginer un futur avec son petit-ami lorsque celui-ci a été notre meilleur ami ? Et comment ne pas lui faire confiance ? Non, c'est normal de s'investir dans une telle relation, c'est l'inverse qui serait plutôt inquiétant... On planifie, on s'imagine un futur à deux, mais la vie ne se déroule jamais comme prévu, voilà tout. Les gens nous déçoivent. Pas tous, heureusement", acheva-t-il en serrant doucement l'épaule de Juliet.

Non, pas tous, une chose positive pouvait ressortir de toute cette histoire. Cela avait eu le don de renforcer leur amitié naissante bien au-delà de ce qu'il aurait imaginé. Juliet était la personne qui avait été la plus présente pour lui depuis sa rupture, la seule réellement à avoir tenté de lui apporter du réconfort, quand bien même leur amitié était assez récente et malgré son affection pour Samaël. La moindre des choses était de lui rendre la pareille, songea Théo en resserrant légèrement son étreinte sur la jeune femme. Lorsqu'elle déclara qu'il était la meilleure chose qui lui soit arrivé depuis septembre, il sentit quelque chose remuer en lui et il se figea un instant, comme hypnotisé par son regard embué. Dire qu'il n'était pas touché par ses paroles aurait été mentir. Théo avait toujours apprécié Juliet, l'admirant de loin jusqu'au jour où ils avaient été amenés à parler réellement et où il avait découvert une jeune femme exceptionnelle, et c'était agréable de découvrir qu'il était devenu important pour elle.

"Tu es la seule personne qui m'empêche de sombrer en ce moment alors je ne me voyais pas te mettre à la porte, pour être honnête", avoua-t-il finalement avec un petit sourire, une gêne visible au fond des yeux. "C'est moi qui dois te remercier, au fond. Si tu n'étais pas venu me tirer de ma solitude, après ma rupture je crois que je n'aurais jamais remis les pieds dehors. Je...merci, Juliet, merci pour tout. Je suis désolé que Jeremy ne réalise pas quelle femme formidable il a perdu, vraiment, mais je sais que tu feras le bonheur de quelqu'un un jour."

La boule au fond de sa gorge refusait de partir, et il vida son verre d'un trait avant de remplir leurs verres à nouveau. L'état dans lequel se trouvait Juliet ne faisait que faire resurgir sa propre peine. Pourtant, il n'avait aucune envie de la voir partir.

"Tu es chez toi chez moi, d'accord ? Je peux encore transformer ce canapé en lit, et tu peux passer la nuit ici si tu n'as pas envie de retrouver la colocation tout de suite", proposa-t-il avant de s'empresser d'ajouter : "En tout bien tout honneur, je ne voulais pas...enfin...bref. Tu es la bienvenue aussi longtemps que tu le souhaites."

Allons bon, voilà qu'il rougissait, maintenant. Avec un peu de chance, la pénombre dissimulerait son embarras, songea-t-il en se morigénant intérieurement. Il ne voulait pas avoir l'air insensible en faisant des propositions indécentes à une amie en pleine détresse émotionnelle ! Le jeune homme s'empressa de détourner les yeux et porta son verre à ses lèvres pour dissimuler son trouble. Il n'avait sincèrement rien voulu insinuer par cette proposition, et pourtant l'idée venait de faire son chemin à travers son esprit, bien malgré lui. L'idée de pencher légèrement la tête et de capturer les lèvres de Juliet, d'oublier dans ses bras à quel point il était misérable. Merlin ! Il avait honte de lui-même. Baissant la tête, il déposa un léger baiser sur le front de la jeune femme, un baiser presque fraternel. Voilà, c'était bien, cela, fraternel ! Théo s'écarta légèrement pour vriller son regard dans celui de Juliet, lui adressa un sourire un peu maladroit.


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Ecoutant attentivement Théo, Juliet fut frappée par la similitude de leurs situations respectives. Du moins, sur ce qui en découlait. Au final, ils se retrouvaient tous les deux seuls et ne pouvaient pas se tourner vers leurs meilleurs amis, puisque ces derniers avaient également tenu le rôle de petits-amis. Alors évidemment, que son ami aussi s’était projeté dans le futur aux côtés de Samaël, comme elle l’avait fait avec Jeremy. Mais comme le disait si justement Théo, la vie ne se déroulait jamais comme on l’avait prévu. Et elle l’avait suffisamment constaté au cours de l’année dernière pour remettre cette phrase en question. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle n’était pas horriblement déçue. Déçue de voir sa relation qu’elle avait pensée si sincère, si forte, voler brusquement en éclat. Déçue par Jeremy. Elle retint de justesse un nouveau soupir et leva les yeux vers Théo pour lui adresser un sourire. Fort heureusement, il y avait des gens qui restaient, de ceux vers qui on pouvait se tourner lorsque tout semblait s’effondrer. Et ce soir, cette personne, c’était Théo. Pas Olivia qui était à Londres et visiblement bien occupée, pas Samaël, qu’elle voyait de moins en moins – il sortait souvent le soir, et rentrait tard le soir, ou tôt le matin – pas Eva, pas Aaron, pas même Ariane. Mais Théo. Parce qu’il était à même de la comprendre, qu’il partageait la même douleur. Et puis, parce qu’elle se rendait compte qu’elle avait eu raison. Si elle était toujours omniprésente, si elle la hantait toujours, sa douleur lui semblait moins insurmontable, moins cruelle, dans les bras du jeune homme.

« Non, pas tous, heureusement. » répéta Juliet en levant les yeux vers Théo.

When you're feeling down
And your sky is grey
And the people that you love
Well they have nothing
Lovely to say

Heureusement, qu’il lui restait des personnes sur qui compter, maintenant que Jeremy ne faisait plus partie de sa vie. Elle se mordit l’intérieur de la joue à cette pensée, refusant de sentir ses larmes couler une énième fois. Cette idée lui semblait tellement abstraite. Depuis près de deux ans, elle passait son temps à ses côtés. Elle lui avait toujours tout confié, il savait tout d’elle. Et du jour au lendemain, tout cela devait cesser. La jeune femme déglutit difficilement, avant de terminer son verre d’une traite. Et elle n’était pas la seule à vivre ça, réalisa-t-elle. Jusqu’à présent, elle avait été trop concentrée sur sa propre détresse, et, si elle avait connaissance de la situation de Théo, du fait qu’il souffrait également, ce n’était que maintenant qu’elle pouvait réellement mesurer sa peine. Elle ça lui faisait mal, de la connaître, d’en prendre conscience. Et surtout de se savoir impuissante comme ça. Dans ses bras, elle se détendit en l’écoutant, touchée par ses paroles. Il ne lui serait jamais venue à l’esprit de laisser son ami seul après sa rupture, en soit, mais elle était heureuse de savoir qu’elle lui avait apporté quelque chose.

« Il ne me serait jamais venu à l’esprit de te laisser seul. » avoua-t-elle en lui adressant un regard affectueux. « De rien, Théo. » finit-elle par souffler en vrillant son regard dans celui du jeune homme.

When your days are long
And lonelier than before
When your bed is cold
And the sheep are at your door

Quant à savoir si elle ferait le bonheur de quelqu’un d'autre un jour… Peut-être. Sa rupture était de toute façon bien trop fraîche pour que cette idée ne lui traverse l’esprit. Elle fut tirée de ses pensées par la proposition de Théo, et s’amusa gentiment de sa gêne. Elle se surprit à baisser les yeux vers les lèvres de son ami, avant de soutenir son regard, tandis que ses joues prenaient une légère teinte rosée.

« Avec plaisir. » accepta-t-elle alors qu’elle saisissait son verre pour le siroter. « En tout bien tout honneur. » répéta la jeune femme avec un sourire malicieux, préférant s’amuser de la situation plutôt que d’en être mal à l’aise. Elle se redressa pour lui déposer un baiser sur la joue. « Je me demande ce que je ferai sans toi, vraiment. » déclara Juliet en reprenant sa place initiale.

Elle expira longuement, et ferma les yeux, avant de les rouvrir aussitôt. A chaque fois qu’elle se mettait à réfléchir, ses pensées étaient ramenées vers sa rupture, et il s’agissait bien là de la dernière chose à laquelle elle voulait penser. A vrai dire, elle aurait préféré l’oublier, chasser cet évènement de sa mémoire, faire comme si il n’avait jamais existé. Son regard se posa sur la bouteille de Whisky, et elle finit par se détacher de Théo, s’asseyant correctement sur le canapé.

I'll take you away
I'll take you away
I'll take you,
I'll take you away
I'll take you away

« Tentons de noyer nos peines joyeusement. » proposa-t-elle en interrogeant Théo du regard. Malgré la douleur qui lui enserrait le cœur, elle était bien consciente qu’il n’y avait rien de bon à ressasser ses souvenirs, et cela valait pour Théo également. Elle prit quelques secondes pour réfléchir, pianota avec ses doigts sur le bord du canapé et finit par reprendre la parole : « Je n’ai jamais, tu connais ? » questionna la jeune femme avec un léger sourire en coin. « J’affirme quelque chose que je n’ai jamais fait, si tu l’as déjà fait, tu bois. » expliqua-t-elle avec de préciser : « Une manière comme une autre d’éviter l’alcool triste. »

[i]When you're tired of working like a slave
And the smell of the coffee bean,
Well it just won't go away
And your friends, well they've got
Nothing good to say
You just call out my name[i]

Si une partie d’elle-même la suppliait de se blottir à nouveau contre Théo et de se morfondre toute la nuit, l’autre la motivait à lancer ce jeu qui, si il les poussait à boire plus que de raison, était au moins apte à leur changer les idées, et à leur éviter de broyer du noir. Elle adressa un sourire qu’elle voulait enthousiasme à son ami, mais quiconque pouvait voir qu’il était plus forcé qu’autre chose. Enfin, après avoir bu plusieurs autres verres, peut-être que son mal-être finirait par disparaître pour de bon. Pendant quelques heures, du moins. Mais elle ferait tout – absolument tout – pour soulager cette douleur, cette peine. Même pour un temps limité.

« Je n’ai jamais… » elle resta silencieuse quelques secondes, puis opta pour la solution de facilité. « Embrassé une fille. »

Elle avait d’autres idées qui lui venaient en tête, et esquissa un léger sourire malicieux.

[i]I will take you away[i]



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La gêne de Théo disparut lorsque Juliet lui répondit avec malice, avant de lui adresser un sourire hautement contagieux. Voilà une autre chose qu'il appréciait chez elle, il se sentait toujours à l'aise et détendu en sa présence, un peu plus souriant et moins renfermé qu'à l'accoutumée, ce qui était une prouesse en soit. Son sourire s'agrandit un peu quand elle lui embrassa la joue, avant de se demander ce qu'elle ferait sans lui. Eh bien, il se posait la même question, alors ils pouvaient s'estimer heureux de s'être trouvés...

"Sans moi, tu serais obligée de chercher le réconfort d'Aaron, ce qui est quand même nettement moins amusant, je suis beaucoup plus rigolo. Je suis sur qu'il n'aurait même pas de bouteille de Whisky Pur Feu à te proposer !", déclara-t-il d'un ton espiègle, conscient qu'Aaron et lui étaient capables d'être aussi ronchons l'un que l'autre. Peut-être même qu'ils auraient pu bien s'entendre s'ils se voyaient dans des circonstances un peu plus favorables que la Chambre des secrets ou la cuisine de la colocation au beau milieu de la nuit. Bien sûr, ils avaient un obstacle de taille à surmonter, à savoir leur rapport respectif au monde moldu qui était si diamétralement opposé, mais Théo commençait à se dire que ce n'était plus insurmontable. Il avait commis bien pire entorse à ses convictions profondes au cours des derniers mois...

Un peu surpris lorsque Juliet se redressa, visiblement plongée dans ses réflexions, il l'imita et se tourna vers elle, une interrogation au fond du regard. Noyer leurs peines joyeusement, c'était possible ça ? Ma foi, pourquoi pas... Son étonnement grandit quand elle lui demanda s'il connaissait je n'ai jamais. Je n'ai jamais, je n'ai jamais quoi ? Théo passa une main perplexe dans ses boucles frisées, peu ravi à l'idée de montrer son ignorance, mais finit par comprendre qu'elle lui proposait un jeu. Il s'agita légèrement, à la fois un peu mal à l'aise et exalté par l'idée de participer à son premier jeu d'alcool. Théo s'était drapé dans sa dignité et avait refusé de participer à toutes les soirées où ce type de jeu était proposé, jugeant cela indigne d'une personne de sa condition, mais il s'était toujours demandé ce que cela ferait. Etre l'un de ces garçons qui se laissent aller aux soirées dirigées par l'alcool et les problèmes de coeur... Il pouvait bien se laisser aller, pour une fois, songea-t-il en acquiesçant avec un sourire.

"Va pour l'alcool joyeux, dans ce cas", déclara-t-il en priant pour que le réveil ne soit pas trop rude le lendemain. A coup sur, Juliet avait fait beaucoup plus de choses que lui dans la vie et il se retrouverait donc à boire beaucoup plus... Quoi que, il pourrait toujours la coller sur la pratique de la magie noire ou les visites à Azkaban, même si cela risquait d'assombrir légèrement l'ambiance. Il fallait ce qu'il fallait pour obtenir la victoire !

A sa première question, Théo haussa un sourcil surpris avant de commenter :

"Jamais, hm ? Vous voilà bien sage, miss Wilson !"

Il but docilement une gorgée d'alcool avant de se mettre à réfléchir à son tour à une question. Le jeune homme ne savait pas vraiment quel type de questions était attendue, mais à en juger par celle que venait de lui poser Juliet, il s'agissait là de questions assez intimes. Il devinait même que le but du jeu était justement d'obtenir des informations croustillantes sur l'autre... Hélas, Théo se sentait bien incapable de penser à quelque chose qu'il n'aurait pas fait et qui ne soit pas trop embarrassant. Après quelques instants de réflexion, il décida néanmoins de poser une question un peu gênante.

"Je n'ai jamais peuplé les rêves de tous les garçons de l'école en étant la chanteuse charismatique des Dark Boursouf", murmura-t-il d'un ton taquin.


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« Parce que tu en doutais ? » demanda Juliet avec un sourire en coin alors Théo s’étonnait de la voir sage. « J’ai toujours été réputée pour ça, pourtant ! » lança-t-elle en lui adressant un clin d’œil.

Pas vraiment, non. Mais il n’empêche qu’elle n’avait jamais embrassé une fille. Tout simplement parce que ça ne lui serait jamais venue à l’esprit, puisqu’elle était davantage portée sur la gent masculine que féminine. Elle regarda cependant avec satisfaction Théo avaler sa gorgée d’alcool, avant de s’asseoir en tailleur sur le canapé de façon à lui faire face. C’était une question banale, mais qui, au moins, avait l’avantage de s’avérer juste à chaque fois. Et puis, de toute façon, le but de ce jeu était de faire boire l’autre, alors elle n’allait pas se priver. Cependant, la question de Théo, murmurée sur un ton taquin, eut le don de la faire rougir légèrement, alors qu’elle baissait les yeux. Elle n’avait jamais été très à l’aise avec ça, en réalité. Car, si elle n’avait pas de problème avec son physique, entendre dire qu’elle peuplait les rêves des garçons de Poudlard était tout de même légèrement embarrassant.

« Tu devrais boire aussi. » fit-elle remarquer, amusée, pour masquer sa gêne. « Tu devrais même boire deux fois. Une fois pour avoir peuplé les rêves des filles, l’autre pour ceux des garçons. » le taquina-t-elle en saisissant son verre. « Puis comme si j’avais peuplé les tiens… » souffla-t-elle en haussant les sourcils, avant de consentir  à avaler une gorgée d’alcool.

Gardant son verre dans les mains, elle dévisagea Théo avec curiosité. Ils avaient tous des petits secrets, ou au moins des plaisirs coupables. Mais comment deviner ceux de son ami ? Qu’aimait-il ? Samaël, certes, mais elle allait éviter d’amener la conversation sur ce sujet là, puisqu’ils tentaient de noyer leurs peines sans plonger dans l’alcool triste. Chose qui, si elle lui semblait difficile au premier abord, paraissait cependant de plus en plus réalisable après quelques verres. Donc, plus en général, Théo aimait bien les hommes. Lesquels ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Les Poufsouffle ? Jack Maxwell ? Non, certainement pas, songea Juliet en observant Théo. Les bruns ? Peut-être. Elle aurait dû lui demander avant qu’ils ne commencent ce jeu, parce qu’elle était persuadée qu’il ne lâcherait pas l’information. Bon, Théo était un jeune homme de la Haute Société, peut-être avait-il déjà fantasmé sur un  des garçons présent aux réceptions mondaines ? Peut-être. Mais elle n’avait réellement aucune idée de qui cela pouvait-il bien être. D’un point de vue féminin, elle avait trouvé quelques jeunes hommes avec un physique pas forcément désagréable à regarder. Cela dit, la plupart du temps, cet atout était vite gâché par leur manière de penser qui semblait venir tout droit du dix-neuvième siècle. Même s’il y avait toujours l’exception qui confirmait à la règle, après tout.

Mais elle n’était toujours pas plus avancée. Elle vrilla son regard dans celui du jeune homme et tapota son verre de ses ongles. Il devait pourtant bien y avoir quelque chose, non ? Ou au moins, une autre façon de dire qu’elle n’avait jamais fantasmé un homme de la Haute Société ? Oh, elle pouvait toujours lui demander ça, mais ce serait mentir.  Non, elle devait pouvoir trouver autre chose. Quelque chose d’assez embarrassant pour se venger de sa dernière question, au moins.

« Je n’ai jamais fantasmé sur… » elle passa en revu plusieurs personnes, qu’elle tenta de classer dans des catégories. « Un préfet ou une préfète en chef ? » lança-t-elle un peu au hasard.

Elle avait toujours trouvé Ulrich Keller étrange, à cause de ses manières trop prononcées. Et elle avait entendu dire que cette année, Jordan Nimbus de Pompadour avait été nommé à son tour. Par Merlin, elle plaignait les élèves, songea Juliet en souriant. Curieuse, elle posa un regard interrogateur sur Théo. Pourquoi pas les préfets en chef, après tout ? Elle aurait bien posé la même question avec les Serpentard, mais ce serait un léger mensonge de sa part. Elle finit par lui adresser un sourire taquin avant de coincer une mèche de cheveux derrière son oreille, attendant la réponse du jeune homme.



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A en juger par la couleur de ses joues, Juliet avait été gênée par sa question, et il se demanda s'il n'avait pas été un peu loin. Théo ne savait pas vraiment quelles étaient les limites de ce jeu, et ce qu'il pouvait dire à Juliet sans la toucher ou non, surtout dans son état. Les gens avaient beau la dire assez - voire trop - libérée, Juliet n'était pas Kelsey, elle était modeste et n'était visiblement pas très à l'aise avec l'idée de provoquer les fantasmes des jeunes adolescents. Ce n'était pourtant pas très loin de la vérité, Théo se rappelait encore des banderoles qu'avaient osé afficher les supporter de Gryffondor au début de l'année dernière. Cela avait fait scandale, y compris parmi l'équipe des rouge et or elle-même, car les joueurs n'avaient pas forcément été ravis de se voir afficher de la sorte. Quoi qu'il en soit, ces images avaient été gravées dans l'imaginaire collectif. Théo était en train de siroter une gorgée de Whisky Pur Feu lorsque Juliet lui répondit, et s'étouffa à l'entente de sa réponse.

"C'est gentil de ta part, mais j'en doute très fortement", répondit-il avec un sourire indulgent. Un fils de mangemort solitaire et renfermé, cela ne faisait pas rêver. Peut-être si l'on avait le charme mystérieux d'Ulrich, et encore, il ne lui semblait pas avoir jamais vu son ami courtisé par de jeunes filles en fleur. Théo ne trouvait pas pour autant qu'il avait un physique désagréable, pas plus qu'un autre, mais il était tout de même loin des sportifs arrogants et m'as-tu-vu qui occupaient le devant de la scène à l'école. Les derniers mots de Juliet lui firent hausser un sourcil amusé, et il se retint de répliquer que ses rêves n'avaient pas toujours été peuplés par Samaël. Avant de sortir avec Olivia, et avant de connaître Juliet comme une amie, il n'aurait pas dit non... Mais l'avenir avait été bien différent, et Théo n'avait pas l'intention de lui révéler ses désirs passés. Ce serait embarrassant et inapproprié... Il esquissa tout de même un sourire qui en disait long, avant de la laisser réfléchir à une nouvelle question à lui poser.

Visiblement, la jeune femme peinait à trouver une question et il en profita pour s'installer confortablement, étendant ses jambes avant de reporter son attention sur Juliet. Son regard courrait sur la jeune femme, et il se perdit dans ses pensées, si bien qu'il ne réagit pas tout de suite à sa question. Puis, lorsqu'il comprit ce qu'elle venait de lui demander, ce fut son tour d'être un peu gêné. Il baissa le regard sur son verre à moitié vide tout en faisant une liste mentale des préfets-en-chef qu'avait connu Poudlard. Théo envisagea un instant de mentir, puis décida d'être audacieux et but une gorgée rapide, évitant soigneusement le regard de Juliet. Il n'avait plus de secrets pour elle, elle en savait déjà suffisamment à son égard pour qu'il n'ait pas peur de lui confier des révélations embarrassantes.

"Entre Swann et Ulrich, je ne peux m'abstenir de boire sans mentir", confia-t-il avec un petit rire, avant d'ajouter avec malice : "Ce qui se passe ici ce soir reste entre nous, n'est-ce pas ?"

Théo savait qu'il pouvait lui faire confiance, mais on n'était jamais trop prudents. Tournant la tête vers la fenêtre, il observa la nuit pensivement, à la recherche d'une nouvelle question. Malheureusement, son esprit était vide. Ce jeu était distrayant, mais l'alcool commençait à lui monter à la tête et, après une dure journée de travail, il n'avait plus envie de réfléchir.


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Sa question posée, Juliet observa Théo, qui prit quelques secondes à sortir de ses pensées avant d’agir. Avec amusement, elle haussa un sourcil lorsqu’elle le vit boire, curieuse de connaître les noms des préfets en chef qui avaient réussi  à attirer l’attention du jeune homme. La réponse parvint sans tarder : Swann Twilfit et Ulrich Keller. Pour la première, elle comprenait, la jeune femme avait toujours été admirée de beaucoup – la gent masculine comprise. Quant au deuxième… Si elle n’avait jamais été attirée par le jeune homme, elle pouvait comprendre pourquoi Théo s’était senti obligé de boire suite à sa question. Disons que, pour sa part, les manières d’Ulrich l’insupportaient. Sa façon de parler, rien que ça, lui sortait par les yeux. Enfin, on ne pouvait pas apprécier tout le monde – et c’était quelque chose qu’elle avait bien assimilé au cours de l’année dernière – aussi, elle préféra garder ses pensées pour elle et se contenta d’un sourire en coin lorsqu’elle entendit la suite de phrase. Tournant la tête vers Théo, elle lui adressa un regard malicieux et se rapprocha de telle façon à se retrouver tout à côté du lui, ses jambes cependant repliées sous elle.

« Evidemment, tout ce qu’il se passe dans cette pièce, reste dans cette pièce. » le taquina-t-elle avec une innocence feinte, alors que ses yeux se mettaient à briller d’amusement.

Evidemment, qu’elle plaisantait, qu’elle n’était pas sérieuse. Ce n’était pas comme si Théo et elle étaient réellement intéressés par ce genre de relation. Oh, elle pouvait l’avouer sans honte, qu’elle trouvait son ami plutôt beau garçon, et qu’il était attirant. Mais elle n’avait jamais pensé à lui dans ces conditions là. Du moins, pas jusqu’à ce qu’elle formule cette pensée à voix haute, et qu’elle fasse doucement du chemin à travers son esprit. Elle sentit ses joues chauffer et pria pour que le jeune homme prenne cette brusque coloration pour un des effets secondaires de l’alcool qu’elle venait d’ingurgiter. C’était possible, dans un sens. Combiner tristesse et whisky  n’était pas forcément une merveilleuse idée. Cependant, cette sensation de tout lâcher, de ne plus rien contrôler était tout simplement délicieuse. L’alcool avait allégé sa peine, permis à son cœur de se reposer. Sa tête venait de retrouver sa place sur l’épaule de Théo, et Juliet s’appliqua à chasser toutes pensées inappropriées de son esprit.

« Tu ne trouves rien, hm ? » lança-t-elle avec un sourire. « Tu peux déclarer forfait, je comprendrais parfaitement. » finit la jeune femme en relevant la tête pour vriller son regard dans celui de son ami. « Pourtant, il y a plein de choses que je n’ai jamais faîtes... » déclara Juliet en détaillant malgré elle le visage de Théo.

Non, ce à quoi elle pensait était stupide. Et elle avait arrêté de faire des choses stupides, n’est-ce-pas ? Peut-être. Probablement, même. Mais elle ne se rendait plus vraiment compte de cela. D’ailleurs, en moment, elle n’avait réellement conscience que de trois choses. La première, c’était qu’elle aimait Jeremy. Toujours et encore, d’une telle force que ça lui faisait presque mal. La deuxième, c’était qu’ils venaient de se séparer, qu’il l’avait trompé, qu’elle était blessée, trahie. Seule. Et la troisième, c’était qu’à côté elle, tout proche, il y avait Théo. Théo dont les bras et les paroles étaient réconfortants, qui la comprenait si bien, qui partageait sa douleur. Alors elle était là, et elle hésitait.

« Comme… » ajouta-t-elle pour gagner du temps.

Pourquoi hésitait-elle ? Ils étaient simplement amis, et elle n’avait jamais eu envie que cette relation évolue. Pourtant, l’envie de rompre l’espace qui les séparait et d’oublier sa douleur dans les bras de Théo était bien présente. Pour se sentir moins seule, moins abandonnée. Pour ressentir encore une fois que ce monde n’était peut-être pas si cruel. Mais… Mais il y avait Jeremy, mais il y avait toujours Jeremy. Et rien que l’image de son visage lui donnait envie de pleurer, rien que le souvenir de leur dernière conversation lui donnait envie de fondre en larmes. Et peut-être que, finalement, c’était ça qu’avait ressenti le jeune homme lorsqu’il avait pensé qu’elle le trompait. Parce qu’en soit, pourquoi hésiter, quand l’autre s’en fichait éperdument ? Pourquoi hésiter, quand son ex petit-ami pouvait déjà l’avoir oublié dans les bras de Rosaleen ? Pourquoi hésiter, alors qu’il se pouvait qu’il l’aime, elle ?

« Ça, par exemple. » souffla-t-elle alors qu’elle rapprochait son visage du sien.

Elle plongea son regard dans le sien, et sentit son souffre s’accélérer. Elle frôla ses lèvres des siennes, eut un instant de doute, avant de l’embrasser plus franchement, tout en gardant un semblant de retenue. A nouveau, ses joues prirent une teinte rosée, alors que sa main passait derrière la nuque du jeune homme, puis dans ses boucles châtains. Elle finit par se détacher de lui, après un temps presque trop court, et s’appliqua à fuir son regard. Nerveusement, elle releva les yeux vers les siens, et resta silencieuse un instant. Oh, Merlin. Godric. Juliet se mordilla la lèvre inférieure, prenant enfin conscience de n’avoir pas pris en compte les propres désirs de Théo, qui différaient probablement des siens. Elle avait risqué de mettre un frein à leur amitié pour un baiser. Qu’elle ne regrettait pas - pour l’instant du moins. Qu’elle souhaitait même poursuivre, voire approfondir. Elle se fustigea mentalement, avant de s’agiter, gênée.

« Théo je suis… » elle allait ajouter « désolée » mais préféra s’arrêter là, se contentant d’hausser les épaules avec un pauvre sourire, l’estomac tordu par un sentiment qu’elle n’arrivait pas réellement à identifier. La peur de voir une relation se terminer ? L’envie de poursuivre ce qu’elle avait commencé ? La crainte de la réaction de Théo ? La frayeur de regretter son geste ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus rien, à vrai dire. Dans ces situations, elle avait toujours préféré les actes aux paroles.



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Un petit rire gêné en guise de réponse, Théo détourna à nouveau le regard pour le plonger par la fenêtre. Le sous-entendu de la jeune femme avait eu le temps de l'embarrasser, sans trop qu'il ne sache pourquoi. Peut-être parce qu'il ne s'agissait peut-être pas que d'une plaisanterie pour lui, mais qu'il y avait bien un fond de vérité. L'idée de faire évoluer cette soirée clandestine en quelque chose d'un peu plus intime ne lui déplaisait pas, au contraire, oublier sa douleur dans les bras de son amie lui paraissait être une perspective des plus agréables... Il frissonna légèrement en sentant Juliet se blottir à nouveau contre lui et glissa un bras autour de ses épaules, caressant distraitement son bras, ses pensées à mille lieux de leur jeu. Son esprit revenait encore et toujours auprès de Samaël, à sa tristesse, au manque que rien ne parvenait réellement à combler. Mais la présence de Juliet faisait du bien, il se sentait enveloppé dans une bulle de confort et de douceur, avec la jeune fille contre lui, envahi par une agréable sensation d'ivresse.

Il en avait même oublié le jeu, et il tourna vers Juliet un sourire contrit lorsqu'elle lui demanda s'il ne trouvait rien. A la suite des paroles de la jeune femme, il se figea et l'observa avec une pointe d'appréhension. Il y avait quelque chose d'étrange dans ses paroles, dans son regard, comme une envie qu'il n'y avait jamais vu. Théo resta silencieux et immobile, les yeux écarquillés, tandis qu'il se demandait si Juliet pensait à la même chose que lui. Elle rapprocha son visage du sien et il n'esquissa aucun mouvement pour se reculer. Son coeur rata un battement lorsque ses lèvres frôlèrent les siennes, et il répondit avec douceur à son baiser, intérieurement bouleversé par cette étrange sensation. Ce n'était pas un baiser d'amour, pas vraiment. A choisir, Théo aurait préféré ne jamais plus embrasser personne d'autre que Sam. Le problème étant qu'il n'avait pas le choix, Sam avait choisi pour lui, et il ne lui restait plus qu'à s'incliner. Alors... Eh bien, il éprouvait une grande affection pour Juliet et il la trouvait très attirante, il était désespéré et l'alcool le rendait moins réfléchi, alors pourquoi hésiter ?

Juliet s'écarta et commença une phrase qu'elle n'acheva pas, un sourire penaud aux lèvres. Mais elle n'avait pas besoin de s'excuser, Théo ne lui en voulait pas, loin de là. A l'inverse, elle venait de réveiller un désir en lui qu'il pensait endormi, et qu'il n'avait pas l'intention d'oublier. Merlin, c'était la première fois qu'il avait envie d'embrasser une femme depuis qu'il s'était découvert des penchants homosexuels, et retrouver cette envie qu'il pensait perdue était à la fois étrangement rassurant et effrayant. Tout était si confus dans sa tête à cet instant qu'il cessa complètement de réfléchir et se redressa pour glisser une main au creux du dos de Juliet et l'attirer jusqu'à lui à nouveau. Théo captura ses lèvres en un long baiser tendre, qui se fit peu à peu plus passionné. Et c'était bon, par Salazar, si bon de sentir ce corps ardent et féminin contre le sien, si bon de se sentir enfin un peu aimé, qu'il ne réalisa pas tout de suite qu'il était en train d'embrasser la mauvaise personne, de commettre une erreur. C'était Juliet, son amie, qui venait de rompre et qui pleurait dans ses bras quelques minutes plus tôt, il n'aurait pas dû être en train de l'embrasser à en perdre halène, et certainement pas de glisser sa main sous son t-shirt pour la faire courir le long de sa peau. Cette pensée finit par le frapper de plein fouet et lui fit l'effet d'une gifle, et il se figea brusquement, le souffle court. Il recula légèrement son visage pour vriller son regard assombri dans celui de Juliet, l'interrogeant des yeux. Jusqu'où était-elle prête à aller ? La réponse était sans équivoque de son côté, mais ce n'était pas lui qui venait de voir toutes ses illusions s'écrouler...



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Elle n’aurait pas dû faire ça. Elle n’aurait jamais dû faire ça, même, songea Juliet en levant timidement les yeux vers Théo, attendant sa réaction avec anxiété. Rien de bon ne pouvait ressortir de cet acte, n’est-ce pas ? Ils ne s’aimaient pas. Pas de cette façon là, du moins. Cependant, aussi récente soit-elle, la jeune femme tenait à sa relation avec son ami, et ne supporterait pas de la voir briser pour un malheureux baiser. Silencieuse, Juliet se redressa légèrement et vrilla son regard dans celui de son ami. Elle n’avait plus vraiment l’impression de réfléchir à quoique ce soit. A vrai dire, ses pensées semblaient tourner si vite dans son esprit qu’elle ne parvenait pas en saisir le sens. Les seules choses dont elle avait conscience étaient la tristesse qui ne voulait pas la quitter, et cette envie de combler la distance qui la séparait de Théo, et d’oublier. De tout oublier. De se sentir moins misérable, moins seule, dans ses bras. Elle n’était pas persuadée que cela fonctionne mais était prête à quasiment tout essayer pour atténuer la douleur qu’elle ressentait depuis qu’elle avait claqué la porte de l’appartement de Jeremy pour transplaner à Aberystwyth. Elle ferma brièvement les yeux à cette pensée, avant de la repousser le plus loin possible dans son esprit. Ne pas y penser. Pour ne pas fondre en larmes, encore.

Plongée dans ses pensées, elle retint un mouvement de surprise lorsqu’elle sentit la main de Théo glisser dans son dos. Elle posa sur lui un regard interrogateur, mais se laissa entraîner contre le jeune homme. Bien vite, ses lèvres se retrouvèrent contre les siennes, et le baiser se fit plus passionné au fur et à mesure de l’étreinte. Et c’était bon. Cette sensation de chaleur, son souffle qui se faisait plus court, plus rapide. C’était réconfortant, de s’abandonner ainsi dans les bras de son ami, refusant de penser aux conséquences, à tout ce que ce baiser pouvait impliquer. Une de ses mains s’aventura dans les boucles châtains du jeune homme, tandis que l’autre se glissait sous son tee-shirt, et que ses doigts se mirent à courir sur sa peau. La jeune femme poussa un léger soupir de contentement, les yeux encore clos, les lèvres toujours scellées à celles de l’ancien Poufsouffle. Son cœur battait un peu trop vite, et elle était pourtant consciente que cela n’avait absolument rien à voir avec une quelconque sorte d’amour. Outre une grande affection, Juliet ne ressentait rien pour Théo, et le fait de l’embrasser aujourd’hui provoquait en elle une sensation des plus étranges qu’elle n’avait pas envie d’analyser. Vraiment pas.

Lorsque, brusquement, Théo rompit le baiser, les yeux de Juliet se rouvrir brutalement, pour se plonger directement dans ceux du jeune homme. La question muette qu’il posait n’était pas bien difficile à comprendre, et si elle mourrait d’envie de faire taire cette interrogation, elle resta étrangement immobile, alors qu’un silence pesant s’installait. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait faire, ni même où elle était prête à aller. Loin, lui souffla une petite voix, qui n’appelait visiblement qu’à continuer cette étreinte. La partie raisonnable de son esprit lui intima de mettre immédiatement une distance entre eux. En plein conflit intérieur, Juliet se mordilla la lèvre inférieure, ne sachant pas comment agir. Elle voulait… Elle voulait se trouver dans les bras de quelqu’un d’autre. Elle ne pouvait pas vouloir ça. Elle ne pouvait pas faire ça.

Poussant un soupir, Juliet finit par secouer doucement la tête. Ce n’était pas sain, ce qu’elle était en train de faire. Ce n’était pas sain, de se jeter dans les bras du premier venu, les pensées encore toutes tournées vers Jeremy. C’était réconfortant pourtant – Merlin que ça l’était ! Mais elle ne pouvait pas. Elle avait encore l’image de son ex petit-ami en tête, leurs soirées en mémoire, et le souvenir de leur relation qui lui tordait l’estomac. Elle posa un regard triste sur Théo, alors que, silencieuse, elle coinçait une mèche de cheveux derrière son oreille.

« Je suis désolée, Théo. » finit-elle par déclarer.

Désolée, elle l’était, oui. C’était elle qui avait fait ce sous-entendu stupide, elle qui s’était emparée de ses lèves la première. Et elle qui finissait par refuser. Mais elle préférait ça, à la perspective de faire une énorme erreur. Tout arrêter maintenant, avant de ne plus pouvoir.

« On ne s’aime pas. » déclara Juliet, avant de reprendre rapidement : « Pas de cette façon, je veux dire. Ce que j’éprouve pour toi, Théo, c’est une immense affection, et que malgré le fait que notre amitié soit toute récente, j’y tiens beaucoup. Et tu as été exceptionnel, ce soir et… » elle se rendit compte de ses paroles et se reprit. « Pas exceptionnel dans ce sens là, enfin si, c’était très bien mais… » elle rougit, et se racla la gorge. « Bref. Ce que tu as fait pour moi était formidable, Théo. »

Et heureusement qu’il avait été là, d’ailleurs. Heureusement qu’il l’avait accueilli chez lui. Heureusement qu’elle pouvait compter sur lui.

« Mais je ne peux pas faire ça. C’est trop récent, c’est trop… Je l’aime encore. » avoua-t-elle.

Comme si ses sentiments avaient disparu avec l’annonce de ce qu’il s’était passé avec Rosaleen. Comme si ses sentiments disparaîtraient réellement un jour.

« Désolée. » répéta-t-elle en rougissant.



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Dès l'instant où il lut l'hésitation dans le regard de Juliet, Théo comprit qu'il avait fait une erreur. Merlin, ce qu'il avait été insensible ! Il le savait, pourtant, que Juliet aimait beaucoup trop son Jeremy, pour quelque obscure raison. Quel ami faisait-il, à profiter de sa détresse alors qu'il venait de lui briser le coeur ? Certes, c'était elle qui était venue le voir, elle qui avait fini par l'embrasser, mais il aurait dû être plus intelligent que cela et comprendre qu'elle n'avait pas vraiment besoin de cela. Ce n'était qu'une façon de se rassurer, une vaine tentative pour oublier mais s'ils poursuivaient sur cette voie, elle se sentirait mal après. Théo en était persuadé. Lui-même, comment se sentait-il après ce baiser ? Pas très bien, car si jamais il y avait la moindre chance pour que Sam finisse par lui revenir, il venait de la compromettre encore un peu en embrassant son amie et colocataire. Sa colocataire, par Merlin ! Non, ils ne pouvaient pas faire cela, et cette réalisation le frappa au moment même où Juliet décidait la même chose de son côté.

"Je comprends", lâcha-t-il aussitôt lorsque Juliet annonça qu'elle était désolée. Tout aussi gêné qu'elle, le jeune homme se redressa et s'écarta légèrement avant de remettre un peu d'ordre dans sa tenue, les joues empourprées. Il s'en voulut de ressentir une cruelle sensation de déception, jugeant que ce n'était qu'une réaction bête, animale et indigne de lui. L'amitié de Juliet lui était trop précieuse pour qu'il la perde de cette manière. Et puis il était censé l'aider à se remettre de sa rupture, pas accentuer sa tristesse et sa confusion ! Théo se traita de tous les noms tout en adressant un maladroit sourire à la jeune fille qui tentait tant bien que mal de se justifier. La pauvre sembla s'empêtrer quelque peu dans ses explications et Théo laissa échapper un rire nerveux. Ils avaient failli faire une belle bêtise, tous les deux, songea-t-il tandis que son estomac se contractait de gêne et de nervosité. Ils n'auraient pas été capables de se regarder dans les yeux par la suite si les choses avaient été plus loin. Eh bien, ils s'étaient arrêtés avant, grâce à Juliet qui avait su y voir plus clair que lui, et c'était tant mieux. Sans doute en rigoleraient-ils dans quelques années. En attendant, eh bien, il faudrait surmonter l'embarras du moment...

"Ce baiser était exceptionnel, tu peux le dire", lâcha-t-il en fanfaronnant, en une vague tentative de détendre l'atmosphère. "Tu n'as pas à t'excuser, Juliet, c'est moi qui suis désolé. J'ai été égoïste, je ne voulais pas...profiter de ta détresse ou quoi que ce soit, je n'ai pas réfléchi, pardonne-moi. Tu as tout à fait raison, nous sommes amis et même si je t'apprécie infiniment, notre relation n'est...pas...enfin, nous aimons tous les deux quelqu'un d'autre alors..."

Sentant qu'il était à son tour sur le point de s'empêtrer dans ses explications, Théo passa une main fatiguée sur son visage et laissa échapper un soupir. Merlin, la vie était plus simple à l'époque où il considérait que le reste du monde ne méritait pas son attention. Pourquoi cela avait-il changé ? Enfin, il tenait beaucoup trop à l'amitié de Juliet pour déplorer avoir appris à la connaître. Il posa un regard mi embarrassé, mi affectueux sur la jeune fille et proposa :

"Oublions cela, d'accord ? Il n'y a pas de raison que cela change quoi que ce soit à notre amitié. On va avoir besoin du soutien de l'autre. Et ce que j'ai dit plus tôt est toujours vrai, tu peux compter sur moi."

Il jeta un coup d'oeil à leurs verres et murmura, avec un petit sourire :

"Et je pense que nous avons assez bu pour ce soir."

Fort heureusement, malgré un moment de gêne, qui se retrouva par ailleurs au réveil, Théo et Juliet parvinrent à passer outre ce léger moment d'égarement. Ils restèrent quelques temps à discuter mais finirent par aller dormir, Théo ayant transformé son canapé en un lit pour la jeune fille. Théo mit un certain temps à trouver le sommeil, perturbé par cette soirée, puis finit par sombrer dans un sommeil aux rêves agités.

RP Terminé


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Miss et Mister Aresto ont le cœur brisé [Théo & Juliet]

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