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 Très chère cousine... [Joy/Azénor] [Terminé]

Azénor ReynoldsAncien personnageavatar
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Dernière édition par Azénor Reynolds le Dim 9 Fév 2014 - 0:17, édité 1 fois
Jeudi 18 octobre 2007

S'il y avait bien une chose qu'Azénor appréciait plus que tout c'était d'être la directrice du CSEQG, le Club des Supporters de l'Equipe de Quidditch de Gryffondor, elle se sentait alors admirée, respectée et surtout écoutée. S'il ne faisait pas très beau, le club se réunissait dans une salle désaffectée du 4ème étage, le professeur McGonagall la leur avait proposé il y a de cela trois ans et c'était désormais leur QG qu'ils avaient décoré avec un goût certain (pour tout ceux qui aimaient le rouge et l'or) ; cependant, aujourd'hui, le soleil resplendissait dans le ciel automnal et Azénor avait décidé d'emmener son groupe sur le terrain de Quidditch. Si pour beaucoup être supporter s'improvisait, pour le CSEQG, c'était tout un art et toute une organisation, organisation dont Azénor s'occupait en grande partie, et une des stratégies les plus importante du CSEQG consistait en un savant placement. Si Azénor voulait que les encouragements retentissent de toutes parts, elle devait disperser les différents membres de son club dans la tribune Gryffondor, de cette façon, on entendait leurs cris de toutes parts et ils pouvaient entraîner les plus timides avec leur enthousiasme, c'était bien plus efficace qu'un groupe resserré de supporters entouré d'élèves distraits.

"S'il vous plaît, on ne traîne pas ! Si vous croyez être au point, vous vous trompez lourdement, le premier match de la saison pour Gryffondor est dans moins d'un mois et nous avons encore du pain sur la planche, d'autant plus que le club de Poufsouffle a mis la barre très haut cette année, mais ne vous inquiétez pas, on peut le faire... Si vous vous investissez, bien sûr !"

Si Azénor pouvait paraître tyrannique au première abord, elle ne l'était pas en réalité, certes elle était exigeante surtout concernant la présence aux réunions mais elle était parfaitement consciente que ses camarades avaient une vie et qu'ils ne pouvaient pas toujours être au meilleur de leur forme, ni même être toujours présents, elle s'efforçait de motiver ses troupes et, c'est vrai, elle leur mettait parfois la pression, mais elle était attentive à leurs requêtes et idées et si quelqu'un devait s'éloigner du club pour quelques temps, elle n'avait pas pour habitude de l'en virer.

Si toutes ces élucubrations vous paraissent inutiles, vous avez raison, revenons donc à nos moutons, ou plutôt à nos hippogriffes, Azénor s'approchait donc du terrain de Quidditch, entourée du reste du club, lorsqu'elle aperçut face à elle un groupe sortir des vestiaires, ils se rapprochaient inexorablement... Si bien qu'elle finit par reconnaître des élèves de Serpentard et parmi eux Joy Highlands, sa cousine qu'elle s'empressa de saluer avec enthousiasme, agitant le bras, criant son prénom et lorsqu'elle fut assez proche, elle la prit dans ses bras :

"Si tu es là, je suppose que c'est parce que tu sors de ton entraînement de Quidditch ? Si tu savais comme je suis contente de te voir, ça fait un moment qu'on n'a pas pu discuter toutes les deux ! Si vous voulez, vous pouvez vous rendre sur le terrain et commencer à réfléchir aux placements, je vous rejoindrais, ajouta-t-elle à l'attention des Gryffondor qui la suivait. S'il te plait, dis moi tout, que deviens-tu ?"



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Joy sortit des vestiaires. Ses cheveux encore mouillés gouttaient dans son cou et à cause d'eux elle trouvait la brise un peu froide, mais elle n'en avait cure : elle se sentait bien, éreintée, mais bien. Rarement elle était sortie du stade aussi en sueur, fourbue et surtout affamée. Maintenant, après une bonne douche, elle se sentait complètement vidée. Ils s'étaient entraînés comme des fous cette séance-là. Les fulgurantes prouesses de la batteuse, Cheyenne, ne cessaient de les ravir – merci Lauren ! – tandis que la nouvelle gardienne, Leslie, se distinguait par ses récents progrès. Celle-ci était en train de confier à sa capitaine qu'elle briguait les postes de Capitaine et de Préfète-en-Chef (bien qu'elle n'était qu'en troisième année), ce qui amusait plutôt Joy. Elle avait souvent pu constater que les plus grandes ambitions de cachaient souvent derrière les petites gens. Leslie Sharpe en était l'exemple vivant au sens propre comme au sens figuré : si minuscule qu'on pourrait la confondre avec une première année, elle regorgeait pourtant de ressources et semblait prête à tout pour arriver à ses fins. Tout en discutant avec ce petit bout de femme plein de malice, Joy et ses coéquipières se rapprochaient d'un groupe de Gryffondor très enthousiastes – d'ailleurs, pourquoi étaient-ils toujours surexcités dès qu'elle s'avisait de les regarder ? Le faisaient-ils exprès ou bien ce comportement était dans la nature même des élèves de Godric ? Un des grands mystères de Poudlard, irrésolu à ce jour.

Parmi eux, une personne en particulier ne contribuait pas à améliorer l'image que Joy avait des rouge et or... Le Quidditch avait développé chez la poursuiveuse qu'elle était un sens aigu de la vision. Ce fut donc son œil entraîné qui identifia de loin Azénor Reynolds, sa cousine issue de germain – plus exactement la fille de la cousine de son père. Ou plutôt, l'une des quatre filles, suivies d'un garçon, qui constituaient une des nombreuses branches de la famille. En raison de son grand nombre de cousins éloignés, Joy ne parlait pas souvent à Azénor. Malheureusement, Azénor, elle, parlait souvent à Joy. La Serpentard, n'étant pas très bavarde ni douée pour sympathiser, ne la rembarrait pas mais ne parvenait pas non plus à faire partir la gêne. Ça ne voulait pas dire pour autant qu'elle ne l'aimait pas, non, il lui en fallait plus. Azénor était juste un peu... bruyante, envahissante, exubérante, exaspérante, bref, trop écervelée pour quelqu'un d'aussi discret que Joy. Celle-ci, dénuée du culot indispensable pour lui avouer qu'elle était lourde et l'envoyer paître afin d'être un peu tranquille, supportait les assauts continuels de sa cousine sans rien laisser transparaître de sa fatigue. Lorsqu'elle sortait épuisée de ses entraînements de Quidditch, se contenir était particulièrement rude. À cet instant, le problème n'était pas que Joy ait aperçu Azénor devant elle mais bien qu'Azénor, elle, venait de percevoir Joy.

« Oh, non », souffla-t-elle au moment où la Gryffondor se mettait à faire de grands gestes tout en scandant son prénom. *Et si on faisait demi-tour ?*

Elle ne pouvait pas crier moins fort ? Arrêter de gesticuler ? L'accueillir sans se faire remarquer ? Joy, très effacée, détestait cette manière qu'avait Azénor de la mettre sur le devant de la scène, et pas dans le bon sens. Elle ne savait pas comment réagir, se sentait ridicule. Soudain, elle eut l'impression que tous les élèves présents dans le parc prenaient un malin plaisir à la fixer ; et puis les sourires qui l'entouraient lui semblèrent moqueurs, et puis l'expression de McGowan lui parut méprisante, et puis les regards des habitants de la planète entière lui transperçèrent la nuque ! Non. Ça, c'était juste l'effet que ça lui faisait. Étonnant comme de petits détails insignifiants prenaient de l'ampleur aux yeux des timides. Dans deux secondes ça serait terminé, les autres auraient déjà oublié ce qu'ils venaient de voir et elle se forcerait de ne plus penser à ce qu'elle venait de vivre. C'était compter sans Azénor qui eut la lubie de la prendre dans ses bras. Joy ne comprenait pas cette manière qu'avaient certaines personnes de se faire des accolades à longueur de temps. Selon son point de vue, les câlins devraient être réservés pour les grandes occasions, ça ne leur conférerait que plus de valeur. Une étreinte, c'était précieux pour elle, ça ne se gaspillait pas. Et surtout, pas avec n'importe qui ! Un peu raide dans les bras d'Azénor et écrasée par une honte monstrueuse, ce fut au moment où Joy lui tapota gentiment le dos qu'elle crut que jamais elle ne serait aussi mal-à-l'aise qu'à l'instant présent.

« Euh, salut Azénor, déglutit-elle en se glissant hors de l'étau. Elle se passa les doigts dans ses cheveux humides et les frotta, un peu pour les sécher, un peu pour se donner une contenance. Ses mains devenaient encombrantes chaque fois qu'on venait lui parler. Oui, je sors de mon entraînement de Quidditch. »

S'il y avait quelque chose que Joy aimait bien chez sa cousine, c'était son prénom. Après s'être fait cette réflexion, ses joues se mirent à la brûler : les disciples de l'une et les joueuses de l'autre se tenaient encore autour d'elles. Azénor, après lui avoir certifié qu'elle était contente de la voir – *Pas autant que moi* –, leur ordonna de se disperser. Il fallait les comprendre : quel curieux spectacle que la Capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard et la directrice du Club des supporters de l'équipe de Quidditch de Gryffondor enlacées ! *Que voulez-vous, les liens familiaux sont indestructibles*, soupira intérieurement Joy tandis que sa tête refroidissait lentement. Malgré cela, elle serait gré à sa bien aimée cousine de cesser de l'enfoncer dans l'embarras le plus total à chaque fois qu'elle la croisait. La solution était simple : il lui suffisait d'imiter Noah qui, lui, affichait ouvertement son agacement à l'égard de la Gryffondor... Mais Joy ne parvenait pas à s'y résoudre. Azénor n'était pas méchante. Elle était même pétrie de bonnes intentions. À côté d'elle, la Serpentard se sentait un peu égoïste, à être fatiguée dès le début d'une conversation dans ses mauvais jours, à répondre par monosyllabes quand elle était à bout de nerfs en fin de journée et à fuir les gens après 18 heures, une fois son quota de sociabilité épuisé. Elle pouvait bien faire un petit effort envers cette jeune fille toujours partante pour lui demander de ses nouvelles.

« Moi ça va », éluda Joy après avoir constaté combien il était difficile de répondre à la question « Que deviens-tu ? ».

Elle s'enhardit un peu en précisant :

« Je m-mets toutes les chances de notre côté afin de gagner la Coupe, désolée pour Gryffondor, tes efforts en tant que supportrice seront vains ! »

Encore raté : dans sa précipitation, sa langue avait fourché sur le deuxième mot... Si le visage de Joy ne trahissait aucune autre émotion qu'un intérêt poli, ses mains – qu'elle avait dû occuper – trituraient nerveusement sa paire de gants en cuir noir pour balai. Elle demanda avec la sensation aussi douce que fausse de poser une colle à son interlocutrice :

« Et toi, que deviens-tu ? »
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Azénor était sincèrement contente d'avoir l'occasion de discuter avec sa cousine, étonnement, elle ne la croisait pas souvent dans le château et si elle n'avait pas aussi bien connu Joy, elle aurait pu croire qu'elle l'évitait, mais ce n'était certainement pas le genre de sa cousine... Dans tous les cas, lorsqu'elle avait la chance, comme aujourd'hui, de croiser son chemin, elle s'empressait de l'aborder pour papoter avec elle, elle aimait bien avoir des nouvelles de la famille et puis, Azénor trouvait agréable de discuter avec elle - sans doute parce que la jeune fille l'écouter déblatérer tout ce qui lui traversait l'esprit sans l'interrompre -. Alors qu'elle l'accolait, Azénor ne put manquer la raideur de Joy dans ses bras mais cela ne la surprit pas, Joy n'était pas très tactile, elle l'avait compris dès leur enfance lorsqu'elles jouaient sous la surveillance d'un elfe de maison durant les longs repas familiaux mais Azénor ne décourageait pas d'un jour l'habituer à cette proximité, après tout, elle ne pouvait pas rester coincée toute sa vie, non ?

Après les salutations conventionnelles, Azénor entreprit de prendre des nouvelles de Joy. Celle-ci répondit succinctement puis s'enhardit en provoquant Azénor sur le sujet du Quidditch car s'il y avait bien un sujet où elles ne parvenaient pas à s'entendre c'était le Quidditch, une des dernières expressions de la rivalités inter-maisons, et entre la capitaine de Serpentard et la présidente des supporters de Gryffondor, ça ne pouvait qu'être tendu. Parfois Azénor songeait que si ça n'avait pas été Joy, elle aurait sans doute détesté la capitaine de Serpentard mais les liens familiaux étaient importants pour elle alors lorsque Joy la taquinait sur le sujet, elle ne se scandalisait pas comme elle l'aurait fait avec quelqu'un d'autre.

"Tu crois ça... Je serais toi, je n'en serais pas si sûre ! Lorena a fait des merveilles cette année et nous avons une super équipe ! Et puis... Tu ne devrais pas sous estimé l'importance des supporters et je ne voudrais pas te vexer mais le club de supporter de Serpentard n'est pas très impliqué..."

Azénor s'arrêta là pour l'instant, elle ne voulait pas réellement vexer Joy et pourtant Merlin seul savait tout ce qu'elle avait à dire contre le club de supporter de Serpentard, c'était pour ainsi dire son club rival, un vieux reste de la rivalité Gryffondor-Serpentard sans doute, à moins que ce ne soit une incompatibilité de personnalité ? Elle observa un moment Joy se triturer les mains, quelle timidité ! Il faudrait qu'elle lui propose des cours pour être plus sûr d'elle ! Oui, c'était une excellente idée, Joy serait sûrement ravie de la proposition. Mais Azénor n'eut, malheureusement, pas le temps de se lancer que Joy entreprit de la questionner sur ce qu'elle devenait. Elle n'aurait pu poser meilleure question à Azénor :

"Ce que je deviens ? Oh, pas grand chose, je suis les cours tant bien que mal, le niveau est élevé mais je n'ai gardé que les cours que j'appréciais le plus alors je suis à peu près motivée. Et puis, je m'investis beaucoup dans mon rôle de présidente du CSEQG, c'est ma dernière année ici et j'ai envie de bien faire les choses : gagner la coupe par exemple, elle laissa échapper un petit rire. Et puis je profite de la vie, je me laisse pas aller, j'ai un emploi du temps bien rempli et ça me plait bien, je n'aime pas rester inactive.

Elle marqua un petit temps de pause, juste de quoi reprendre son souffle puis, elle enchaîna :

"Et la famille alors ? Tout va bien chez toi ?"

Et sans laisser le temps à Joy de répondre, elle déclara :

"Chez moi, je crois que ça va bien, j'ai échangé quelques lettre avec la maison et tout le monde à l'air d'aller bien. Markus montre de plus en plus d'impatience à l'idée de se rendre à Poudlard, les parents vont bien... Enfin, je crois. Rosalyn continue ses castings, elle se croit toujours aussi belle mais elle va bien finir par devoir se rendre à l'évidence lorsqu'elle constatera qu'elle est refusée par tout le monde. Arielle va bien, son stage se passe bien, elle est entourée de collègues sympathiques. Destiny et Fiona suivent leur route, de toute façon, tu dois aussi les croiser dans les couloirs."

Azénor aurait pu continuer encore longtemps mais son discours précipité lui avait quelque peu coupé le souffle, elle inspira profondément, offrant ainsi la possibilité à Joy de réagir.



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Bien entendu, Azénor répliqua que Joy ne devrait pas être si sûre que Serpentard allait gagner – cette dernière n'étant sûre de rien, Azénor pouvait se rassurer ! Par ailleurs, impossible de lui reprocher de défendre sa part de tarte à la citrouille. Elle s'était auto-proclamée présidente d'un club de supporter, il était évident qu'elle prônait la supériorité de Gryffondor. Malgré cela, l'assurance dont elle faisait étalage agaçait un peu Joy. Peut-être à cause de ses propres incertitudes. En effet, non seulement elle n'avait absolument aucune idée de comment allait se dérouler leur premier match, mais elle s'inquiétait un peu de ce qui allait se passer si les autres équipes se targuaient déjà de détenir la Coupe avant même d'avoir commencé la saison. Certes, Joy était bien déterminée à remporter la victoire et mettait tout en œuvre pour, mais la différence avec Azénor était qu'elle ne pensait la remporter à coup sûr et d'après elle, ce n'était pas une mauvaise chose. On avait assez critiqué l'arrogance et la vantardise des vert et argent.

S'il opposait les deux cousines, le sujet du Quidditch permettait également à Joy de débattre assez facilement avec à peu près n'importe qui, aussi se lança-t-elle.

« Tu n'as pas tort sur un point. Première étape de l'usage de la diplomatie envers une personne s'emportant vite : appuyer puis nuancer sa théorie. Je suis la première à reconnaître que Lorena s'en sort très bien avec son équipe, mais qui te dit que je ne m'en sors pas avec la mienne ? »

Lorena Seroso faisait partie des personnes que Joy appréciait sans les connaître. Elle avait repéré son grand talent bien avant le premier match de l'année précédente mais c'était celui lors duquel elle l'avait brièvement approchée. Quand le recruteur Griffith les avait remarquées toutes les deux, Joy avait pu entrevoir la droiture et la sympathie de son adversaire. Elle la respectait autant pour son travail au sein de son équipe que pour sa nature simple et volontaire – rares étaient les Gryffondor qui combinaient toutes ces qualités ! Elle n'avait pas encore trouvé l'occasion de la féliciter pour sa nomination mais elle était convaincue que Lorena ferait une très bonne capitaine.

« Je ne sous-estime pas l'importance des supporter et ne t'inquiète pas pour moi, il en faut plus pour me vexer, répondit Joy d'un ton léger, agrémenté d'un sourire pour faire mieux passer la suite. Je te ferais remarquer que les Gryffondor n'avaient pas vraiment de club jusqu'à cette année et que la maison Serpentard est à l'origine de cette initiative-là. »

Joy se demanda si la prudence lui interdisait de s'engager sur ce terrain-là. D'ordinaire, elle aurait gardé ses arguments pour elle mais le fait que son interlocutrice fût Azénor présentait un avantage : Joy ne tenait pas à leur soit-disant bonne entente au point de vouloir la préserver à tout prix. De plus, de par leur lien de parenté, leur relation et son caractère, Azénor n'était pas une personne avec qui elle craignait de parler.

« Tu as bien sûr entendu parler de Swann Twilfit ? l'interrogea-t-elle sur le ton de l'évidence. Je ne t'apprends rien quand je te dis qu'elle a été la première présidente du club non-officiel des supporter de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Ses actions ont sans équivoque écrasé vos faibles tentatives d'y faire face. »

Joy aurait toujours gravé dans sa mémoire la vision de la tribune de Serpentard, faisant onduler un immense drap à leurs armoiries, confectionné par les membres du club de supporter, scandant leur hymne dans la plus parfaite harmonie. Quel contraste avec l'agitation désordonnée des Gryffondor, secouant leurs petites pancartes avec des cris barbares !

« Certes, son « règne » a pris fin cette année puisqu'elle a fini Poudlard, mais ses successeurs sont prêts à prendre la relève, investis et entraînés. Alors le club des supporter de Serpentard pas très investi ? Permets-moi d'en douter... » conclut-elle malicieusement.

Ironiquement, l'image de Cindy Hamilton en train de s'exercer à lancer le sortilège de cotillons s'imposa dans son esprit, peu après remplacée par celle de la fille qu'elle accompagnait souvent, Sasha Benson. Penser à cette dernière n'évoquait souvent que l'association d'un visage angélique, agrémenté de jolis yeux innocents et d'un sourire charmant, aux adjectifs « petit », « mignon » et « gentil ». Il fallait pourtant savoir que dans leur maison, les plus petits, les plus discrets, les plus inoffensifs étaient également ceux dont il fallait se méfier le plus. Ceux qui étaient dangereux – cette règle s'appliquait plutôt en temps de guerre mais on n'était jamais trop prudent. Ceux qui étaient prometteurs – des exemples à foison : Leslie Sharpe, Cordélia Harper, Fiona Reynolds, Sasha Benson... Joy surveillait du coin de l'œil ces adorables petites filles car la ruse et l'ambition prenaient parfois des formes surprenantes. Loin d'elle l'idée de croire stupidement que des démons se dissimulaient derrière chacun de ces visages d'anges mais elle était sûre d'une chose : les sous-estimer était une grave erreur.

Effectivement, leur maison avait beau s'être « bonifiée » autant au niveau de ses occupants que de ses mœurs, elle n'adoptait pas moins en son sein les « disciples » de Salazar. Les forts s'imposaient très tôt – O'Connor, McGowan –, d'autres attendaient leur heure. Il y avait les acteurs qui jouaient dans la lumière, qui portaient des masques – Paige – et les spectateurs, qui observaient, apprenaient et déduisaient dans l'ombre – elle-même. Il y avait les patients et les fourbes, les fouineurs et les menteurs, les roublards et les crâneurs ; tout ça sonnait plus comme des défauts et pourtant, s'ils étaient bien exploités, ils en devenaient des qualités. Sasha Benson ne se faisait pas remarquer mais Joy l'avait vue discuter nombre de fois avec Swann, dès sa première année. Elle avait cru comprendre que la charge de tâches relatives au club avaient été déléguées à la petite Serpentard les deux années précédentes. Sans doute qu'une fois assez âgée, elle reprendrait le flambeau.

Finalement, elles laissèrent là le sujet du Quidditch sur lequel elles ne seraient probablement jamais d'accord. Azénor entama alors un long monologue qui aurait permis à Joy de se reposer seulement si elle ne déblatérait pas aussi fort. Elle adopta donc une astuce extrêmement perfectionnée qui consistait à faire semblant d'écouter – hochement de tête, « hum », « oui », hochement de tête, « je vois », « hum » – tout en ne retenant que les informations les plus importantes : motivation, CSEQG, profiter, emploi du temps rempli. Elle était passée maître dans l'art de feindre un intérêt attentif alors qu'elle pensait complètement à autre chose. En cours, pour garder son statut d'élève sérieuse malgré son absence de participation ; lors d'une discussion houleuse, pour contrôler ses nerfs malgré la tentation de répliquer ; avec les gens fatigants, pour rester courtois malgré l'envie de fuir... Elle avait même développé la technique d'écouter d'une oreille – entendre sans comprendre – dans l'hypothèse où l'on découvrirait un jour son stratagème.

"Et la famille alors ? Tout va bien chez toi ?"

Joy ouvrit la bouche dans la volonté d'apporter un élément de réponse à cette question mais ses premiers mots restèrent en suspend sur sa langue, refoulés par ceux, plus brusques et plus... torrentiels, qui déboulèrent de la volubile Azénor. Laquelle était déjà en train de répondre à la question que Joy ne lui avait pas encore posée puisqu'elle-même devait d'abord y répondre avant de la lui retourner... tout de même ! Azénor avait toujours deux trains d'avance dès qu'il s'agissait de bavasser à tout va ; la rattraper était mission impossible. Heureusement que Joy était là pour ralentir la cadence. Elle n'avait jamais été proche de sa cousine mais la connaissait assez pour comprendre pourquoi elle débitait des avalanches de banalités à toute vitesse. Déjà plutôt bavarde de nature, la jeune Reynolds possédait le nom d'une très large famille et se retrouvait au milieu d'une fratrie assez conséquente. Selon Joy, Azénor souffrait peut-être qu'on ne lui accordât que peu d'attention, d'où son besoin d'être écoutée.

Sang-Pur ou pas, le côté humain des gens n'était pas à négliger. Les suppositions de Joy concernant Azénor n'étaient que le résultat d'un examen attentif de celui-ci. Sans en faire une généralité, la situation des enfants de certaines familles de la haute était parfois plus difficile que celle des enfants de familles « normales ». Peut-être que Joy pensait cela car c'était l'univers qu'elle connaissait ; peut-être parce qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer des enfants de parents divorcés, des enfants adoptés, des enfants pauvres, des enfants de parents alcooliques... Elle n'ignorait pas que son opinion n'était que partielle puisqu'elle se la forgeait par rapport à ce qu'elle avait vu seulement, à savoir des enfants en mal d'amour. Voilà où menait la rigidité des préceptes qu'on leur inculquait, la dureté des bonnes mesures qu'il leur fallait respecter. L'amour n'était pas absent mais comment étaient-ils censés le deviner ? Le nombre d'enfants chez qui Joy avait cru percevoir ce manque d'affection ! Pour peu qu'on leur accordât un peu d'attention, ils usaient de tous les moyens : chercher à réussir dans tous les domaines, s'attirer des ennuis, se faire aimer de tous, jouer au rebelle...

Ou bien parler, parler et parler, comme Azénor. Quelques vagues réminiscences rapportaient Joy à un passé lointain dans lequel une petite fille insatiable babillait auprès de son grand-père – le grand-oncle de Joy –, lequel lui intimait de se taire. Azénor n'avait même pas cinq ans qu'on refusait déjà d'écouter ses histoires... Au final, des histoires qui sonnaient comme un appel au secours : « Je suis là ! » Pour cette raison, Joy restait indulgente avec elle. Elle ne la rembarrait pas, bien que l'envie ne lui manquât pas.

« J'imagine bien que Markus doit être excité », commença-t-elle dès qu'Azénor s'arrêta de manière à reprendre son souffle.

Joy l'avait été elle aussi, à la réception de sa lettre. Elle croyait, à l'époque, que ses ambitions allaient pouvoir s'accomplir grâce à  Poudlard – puis Poudlard avait réduit à néant ses ambitions. Elle souhaitait à Markus qu'il en fût autrement car en tant que seul héritier masculin de la portée, lourd était le fardeau qui pesait sur son dos de dernier né tant attendu.

« Je ne vois pas trop pourquoi tu espères que Rosalyn abandonnera sa carrière de mannequin, je trouve que c'est une bonne chose qu'elle soit déterminée à réaliser son rêve. J'aime bien son ambition ; désolée, ça doit être un truc de Serpentard. »

En réalité, Joy voyait très bien pourquoi. L'aînée des Reynolds et sa cadette n'étaient pas en bons termes et ce n'était pas plus étonnant que cela d'entendre la deuxième critiquer les choix de vie de la première. La devinette était presque trop simple : elle était jalouse.

« Le stage d'Arielle, c'est à propos de quoi, déjà ? Tant mieux si ça se passe bien...  » Quelle profondeur dans cette phrase !

Cette jeune femme était la cousine que Joy connaissait le moins : si elles n'avaient eu aucun lien de sang, elles auraient été de parfaites étrangères l'une pour l'autre. Elle ne la croisait quasiment jamais et ignorait quelles études elle suivait.

« Sinon, je ne vois pas souvent Destiny mais Fiona partage ma salle commune, du coup on discute de temps en temps. »

Joy aimait bien la petite troisième année. Elle arrivait à se mettre tout le monde dans la poche avec sa bouille de bébé ; elle n'avait sûrement pas été répartie à Serpentard pour rien.

« Chez moi, tout va bien », annonça Joy pour répondre aux antérieures interrogations d'Azénor.

Bizarrement, dès qu'on parlait de sa famille à elle, elle n'avait plus rien à dire...
Azénor ReynoldsAncien personnageavatar
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Dernière édition par Azénor Reynolds le Dim 9 Fév 2014 - 0:16, édité 1 fois
Azénor jubilait, Joy reconnaissait la valeur de l’équipe de Gryffondor et ce n’était pas rien lorsqu’on considérait qu’elle était la capitaine de l’équipe de Serpentard mais bien entendu, elle n’abandonna pas pour autant le morceau et elle posa une question qui piégea Azénor. En effet, elle ne pouvait pas se permettre de rétorquer à sa cousine que son équipe était nulle, ce serait inutilement méchant, d’autant plus que ce n’était pas la vérité mais Azénor ne voulait pas non plus louer une équipe adverse, après tout, elle était supporter de Gryffondor, pas de Serpentard !  Bien entendu, Azénor ne pensa pas un seul instant que reconnaître la valeur de l’ennemi n’était pas forcément un tort. Alors pour se sortir de cette situation, elle se contenta de marmonner une réponse indistincte que Joy pourrait interpréter comme bon lui semblera.

La suite réjouit bien plus Azénor, elle fit un grand sourire à sa cousine, qui le lui rendit. Malheureusement, elle faillit s’étrangler en entendant la suite : elle osait remettre en cause son club bien aimé ! Mais enfin ! C’était une atteinte à son intégrité, à son œuvre ! Peu importe que le club de Serpentard soit plus ancien que celui de Gryffondor, ce qui importait c’était maintenant – et non, Azénor n’était pas du tout de mauvaise fois, voyons ! – et elle n’allait pas se gêner pour le faire comprendre à Joy, cousine ou pas !

« Je suis ravie de voir que tu respectes notre travail de supporter et l’influence qu’on peut avoir sur un match, néanmoins, je ne pense pas que les Serpentard soient de meilleurs supporter, loin de là ! Je te l’accorde, vous êtes les premiers à avoir eu l’idée – magnifique – de s’organiser en club mais les supporter Serpentard ne sont pas assez engagé ! Nous, les Gryffondor, nous y mettons tout notre cœur, toute notre voix alors que vous… Vous n’êtes pas assez… Pas assez… Je sais pas quoi mais en tout cas, vous n’êtes pas aussi bien que nous ! »

Azénor était vexée, profondément vexée aussi ne se rendit elle pas compte de la faiblesse de son raisonnement, elle était persuadée d’avoir défendu valeureusement son club et ses couleurs alors qu’en réalité elle était plutôt risible et pleine d’anciens préjugés concernant les Serpentard. Bien entendu, Joy ne se laissa pas démonter par ses piètres tentatives et poursuivit avec l’exemple de Swann, jamais au grand jamais Azénor n’avouerait avoir été impressionné par l’épisode de la bannière géante, jamais elle n’avouerait avoir été inspiré – et l’être toujours – par Swann alors elle se contenta de darder un regard mécontent sur sa cousine et d’orner une jolie moue boudeuse, ce n’était pas très mature mais elle ne pouvait pas faire mieux…  Heureusement, Joy tendit une perche à Azénor, sans vraiment s’en rendre compte :

« Justement, elle est partie et je pense que toute l’école est d’accord pour dire que personne ne pourra la remplacer alors il faut passer à quelque chose d’autre, une nouvelle ère, une ère où le club de supporter dominant serait le club des Gryffondor ! Et sans vouloir me vanter j’ai une équipe vraiment motivée autour de moi, d’ailleurs, tu viens de les voir, je ne pense pas qu’aucun autre groupe de supporter face le poids face à nous ! Je ne dis pas que les Serpentard ne sont pas investis, ils le sont sûrement mais sans leur ancien leader, il leur faudra du temps pour revenir à leur niveau alors que nous, nous avons tout à prouver et les Gryffondor sont tenaces ! »

Fort heureusement, le sujet – un peu trop controversé – du Quidditch fut judicieusement abandonné au profit des nouvelles. Azénor partit dans un long monologue sans même s’apercevoir qu’elle ne laissait pas l’opportunité à sa cousine de répondre, au contraire, elle avait même l’impression d’être encouragée à parler par les hochements de tête et acquiescement de son interlocutrice. Elle enchaîna ensuite sur les quelques nouvelles qu’elle pouvait donner concernant sa propre famille. Vivre loin du domicile familial imposait une distance avec les membres de son foyer et bien souvent on perdait peu à peu le contact. Parfois, des moments étranges arrivaient, des moments où on s’apercevait que quelqu’un en savait plus que nous sur nos parents, frères ou sœurs. Ce n’est pas pour autant qu’on s’aimait moins ou qu’on rechignait à s’envoyer des hiboux, juste qu’on était moins rapidement au courant des dernières anecdotes.

Lorsqu’enfin elle s’interrompit, Joy commença par parler de Markus et Azénor ne put que lui offrir un grand sourire, légèrement triste. Azénor aimait tendrement son petit frère, pour elle c’était toujours son petit bébé-frère, celui qu’elle berçait et qu’elle regardait dormir perchée au dessus de son berceau. C’était le seul dont elle se souvenait de la naissance, dans son esprit c’était un peu son bébé à elle aussi. C’est pour cela que c’était tellement dur de l’imaginer entrer à Poudlard l’année suivante, juste quand elle aurait pu passer du temps avec lui, le destin les séparait de nouveau ; elle aurait aimé être là pour le guider dans le monde nouveau qu’est Poudlard mais elle aussi débuterait une nouvelle vie, une vie appelée la « vraie vie », la « vie d’adulte » et bien qu’elle le refoule autant que possible, tout cela l’effrayait grandement. Concernant son frère, elle se rassurait en se disant qu’Arielle et Fiona pourraient veiller sur lui pour qu’il ne fasse pas de bêtises mais aussi pour qu’il s’amuse et qu’il profite de ces années à Poudlard, des années mémorables mais qui filaient tellement vite !

Joy enchaîna ensuite sur le « cas » Rosalyn et la réaction d’Azénor fut bien différente, une grimace s’étala franchement sur son visage alors que sa cousine défendait sa grande sœur. Autant Azénor pouvait comprendre la détermination autant l’ambition lui était complétement étrangère mais si elle avait creusé un peu plus, elle aurait sans doute compris que le désir de popularité de Rosalyn n’était pas si éloigné de son propre désir de reconnaissance. Au fond, elles se ressemblaient plus qu’elles ne voulaient bien l’admettre, chacune à leur façon, elle cherchait à ce que le monde les reconnaisse, les regarde en tant qu’individu digne d’intérêt.

« Mouais, c’est sûrement un truc de Serpentard comme tu dis mais bon, je trouve qu’elle perd sacrement son temps. En plus de ça, elle a toutes les chances de se ridiculiser et elle risque de faire honte à notre famille, je ne suis pas sûre grand-mère Highlands apprécie ses projets de carrière. Enfin, elle se débrouille, ce n’est pas mon problème. »

A la grande joie d’Azénor, la conversation s’éloigna de Rosalyn pour se centrer sur Arielle, c’était déjà bien plus intéressant selon elle.

« Elle fait un stage au ministère, au Bureau de Désinformation, ça à l’air de la passionner et je la comprends, ça doit être très intéressant de chercher continuellement des histoires pour protéger le Secret Magique. Peut-être que c’est un métier qui me plairait ? J’adorais inventer des histoires lorsque j’étais plus petite, je ne sais pas si tu t’en souviens ? Après tout, on ne se voyait pas si souvent que ça et il y a beaucoup de cousins dans la famille… »

Non, cette dernière phrase n’était pas teintée d’amertume, voyons elle était d’une grande neutralité !

« Destiny et Fiona, je les croise aussi de temps en temps, on discute un peu. Je suis plus proche de Destiny que de Fiona mais je les aime beaucoup toutes les deux, ce sont mes petites sœurs. »

Elle ponctua sa phrase d’un sourire attendrie, ce « petit » récapitulatif lui fit de nouveau prendre conscience de combien elle aimait sa famille et combien elle lui manquait. Même Rosalyn et leurs luttes incessantes lui manquait, il faudrait qu’elle leur écrive des lettres. Enfin, elle n’allait tout de même pas envoyer de lettre à Rosalyn mais si elle demandait de ses nouvelles à Arielle, elle était sûre que celle-ci en informerait leur aînée.

Etonnamment alors que la discussion se tournait vers elle, Joy se fit bien plus discrète. En temps normal, avec n’importe qui d’autre, Azénor aurait enchaîné sur un autre sujet lui permettant de bavasser sur sa petite vie mais Joy était sa cousine et la réponse à sa question lui importait réellement, elle voulait sincèrement avoir des nouvelles de la famille de Joy, de sa famille.

« Comment ça tout va bien ? Enfin, tant mieux si tout va bien, c’est le principal, mais il ne s’est rien passé depuis la rentrée ? Tes parents vont bien ? »

Azénor ne se rendait pas vraiment compte qu’elle pouvait être insistante et mettre Joy mal-à-l’aise avec ses questions puisque, comme bien souvent, ses intentions étaient honnêtes et dépourvues de malice.



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Avec Azénor, inutile de surenchérir : ses arguments étaient souvent infondés et rien qu'à l'idée de les contrer, Joy était épuisée. Elle avait tôt fait d'abandonner la partie. Mieux valait la laisser dire et lui accorder le privilège d'une petite victoire personnelle. En revanche, si Joy restait difficilement patiente devant les raisonnements de sa cousine, celle-ci avait (sans vraiment le vouloir) posé le doigt sur une petite vérité : Joy avait toujours du mal à tourner la page. Azénor avait raison : Swann était partie, bien partie. À force, en parler encore n'avait plus de sens. Certes, Joy avait vécu quelques beaux moments avec elle – oh, pas grand chose, mais pas sans importance à ses yeux. Cependant, elle devait lâcher ce morceau de sa vie et le laisser filer. Une nouvelle année avait commencé, avec de nouvelles personnes et de nouvelles résolutions. Elle devait s'y tenir et ne pas regretter. Tout a une fin.

Cette tendance, Joy la possédait depuis longtemps. En sixième année, elle avait eu du mal à s'adapter aux changements qui s'opéraient, même s'ils étaient à son avantage. Enfant, elle tenait déjà à ses petites habitudes et lorsqu'elle était rentrée à Poudlard, elle avait eu peur. Si elle avait autant de mal à se détacher des choses, alors elle préférait tout simplement éviter de s'y attacher. Elle était restée à l'écart, méfiante et solitaire. Par prudence. Les gens n'étaient pas dignes de confiance, pas dignes de sa confiance, laquelle risquait de se perdre. Elle ne voulait pas se faire avoir et au final, n'avait rien eu – et s'était encore plus accrochée à ce qu'il restait. Et ça, Azénor était assez franche pour le lui balancer sans préméditation. Son agaçante compagnie permettait au moins de montrer à Joy l'une de ses propres faiblesses ; comme quoi, un défaut en révélait un autre.

« De toute façon, je ne pense pas que grand-mère Highlands apprécie quelque projet de carrière que ce soit... » murmura Joy au moment où Azénor affirmait que Rosalyn, par sa volonté de devenir mannequin, risquait de faire honte à leur famille.

Ingrid avait beau n'être que la grande tante de Joy, elle était connue pour son intransigeance parmi ses petits enfants. Elle assénait autant de réprimandes que son défunt mari. Joy était contente que sa propre grand-mère le fût beaucoup moins. Son père lui suffisait – quoique, lui au moins la poussait vers un travail. Pas celui qui lui plaisait, certes, mais elle n'était heureusement pas forcée de se trouver un époux à vingt ans. Au contraire, Ingrid Highlands destinait les filles au mariage et non à l'exercice d'un métier. Alors une carrière de mannequinat ? Bien entendu que cela lui déplaisait ! Rosalyn en avait du courage pour s'engager dans une voie méprisée par sa famille, s'opposer à celle-ci et risquer, comme le disait Azénor, de se ridiculiser. Mais c'était justement ce courage que Joy admirait, le courage qui lui manquait pour suivre les traces de Rosalyn – avec le risque de devoir s'en retourner, penaude, à la maison, et de dire à son père : « Tu avais raison. »

Écouter Azénor lui parler de sa famille rendait Joy nostalgique. Une grande sœur jalousée, un petit frère chéri, une ribambelle de frères et sœurs desquels se plaindre... Joy avait l'impression d'être passée à côté de quelque chose. Souvent, elle avait souhaité en avoir, pour être moins seule, pour avoir quelqu'un qui comprît ce qu'elle ressentait à l'égard de ses deux parents. Peut-être que cet autre enfant les aurait ignorés avec elle. Elle aurait appris à rire. Le manoir aurait été plus vivant et moins silencieux, et les choses différentes. Mais Joy se doutait bien qu'on désirait toujours ce qu'on n'avait pas ; la réalité était toute autre. Ce frère ou cette sœur l'aurait peut-être ignorée, elle. On ne pouvait jamais savoir, ni juger les fratries déchirées en dénonçant la chance qu'ils avaient eue et gâchée. La relation qu'entretenait Azénor avec chacune de ses sœurs montrait les bons comme les mauvais côtés de sa situation, autant sa rivalité avec Rosalyn que sa complicité avec Arielle.

Et surtout, son mal à trouver sa place au milieu d'une si grande famille. Si Azénor n'avait pas été aussi agaçante, Joy en aurait presque eu de la peine pour elle. Elle fit semblant de ne pas remarquer le ton teinté d'amertume de sa cousine, déplorant leur trop grand nombre de cousins. Encore un facteur de son besoin d'être écoutée. Oh, Joy se souvenait bien qu'Azénor adorait raconter des histoires, Azénor aurait même été surprise du nombre de détails dont Joy se rappelait si celle-ci avait daigné le lui dire. Mais à quoi bon ? Azénor était plus douée pour parler que pour écouter. Joy, en revanche, savait écouter. Alors elle écoutait Azénor lui raconter des histoires que personne n'avait jamais voulu entendre. Hélas, cette dernière était à présent plus encline à la faire interagir pour rendre la conversation plus... dynamique.

« Non, il ne s'est rien passé. Mes parents vont bien », répondit Joy à contre cœur.

En vérité, elle n'en savait absolument rien. Elle était toujours attentive aux humeurs de son entourage mais avec eux, elle n'avait aucune envie de gratter. Aussi nuança-t-elle :

« Mais c'est pas comme si je les voyais tous les jours... »

*Et heureusement, d'ailleurs.*

Voilà, elle avait assez ouvert la bouche pour une semaine entière. Maintenant, elle allait amener subtilement la bavarde à parler d'elle-même ou bien trouver une bonne excuse pour lui fausser compagnie, au choix. Ou les deux. Quand elles s'étaient croisées, Azénor n'était-elle pas en train d'emmener ses supporters vers le stade, et Joy d'en sortir après un entraînement éreintant ?

« Alors, comment ça marche, la direction de ton club ? » demanda-t-elle avant de feindre la dissimulation d'un bâillement.
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Azénor resta quelques instants plongée dans ses pensées après avoir parlé de Rosalyn. Ses relations avec sa sœur étaient vraiment compliquées… Entre la haine et l’amour ! Ca pouvait faire cliché mais c’était ce que Azénor ressentait. D’une part elle pouvait détester sa sœur et c’était souvent le cas lorsqu’elles se voyaient, mais d’autre part, elle ne pouvait s’empêcher de l’aimer, d’avoir peur pour elle, d’avoir peur qu’elle échoue, malgré tout, même si elle se moquait de ses projets, mais elle devait avouer que ces réflexions-là, elle se les faisait plutôt lorsqu’elle n’avait pas vu sa sœur depuis un moment, qu’elle était nostalgique et qu’elle oubliait les défauts de sa sœur.

Elle fut tirée de ses réflexions par le murmure de Joy. Elle n’avait pas souvent eut l’occasion de parler de sujets tels que les « idéologies » des membres de leur famille. Le plus souvent, elles se voyaient lors des repas de famille et ce n’était certainement pas le moment pour se lancer dans des débats sur la place des femmes dans la société sorcière conservatrice. Si Azénor avait bien quelques idées sur le sujet, elle ne connaissait – paradoxalement – pas assez bien sa cousine pour se livrer totalement, elle préféra donc rester vague, elle n’aurait pas voulu que ça lui retombe dessus… On ne savait jamais…

« Tu as raison, ce n’est pas vraiment en accord avec son éducation et celle qu’elle nous a inculqué… Mais bon, elle commence à être âgée, les choses changent maintenant, non ? Mannequin n’est pas forcément le métier le plus adéquat pour montrer à sa famille qu’une jeune femme célibataire peut travailler mais pourquoi pas ? »

Voilà, elle allait s’en tenir là, il valait mieux qu’elle évite de s’emporter dans de longs discours. D’ailleurs, c’était plutôt Rosalyn justement qui se lançait dans de grands discours sur le droit et la place des femmes. Azénor, quand elle touchait aux sujets de sa famille, des traditions, choisissait généralement la technique de l’autruche : se cacher et se taire. Certes, c’était une Gryffondor mais elle avait été élevée dans des valeurs plutôt traditionnelles – notamment avec sa grand-mère Highlands – bien qu’assez modérées puisque ses parents n’étaient pas vraiment conservateur. Si on résumait la vie de ses parents c’était une petite avancé, puisqu’ils avaient conclu un mariage d’amour, des idées plutôt « modernes » mais un respect de la famille qui les aura tout de même poussé à avoir une ribambelle d’enfants.

Lorsqu’elle était dans le cocon de sa petite famille, Azénor ne voyait pas de différence notable avec la vie de ses amies dont le sang était « moins pur » mais lorsqu’ils étaient en société, les choses changeaient et Azénor changeait. Elle redevenait une petite fille qui se taisait de peur de dire un mot de travers, une petite fille pas très à l’aise. Et cette conversation la faisait justement se transformer en cette petite fille, ce qu’elle voulait à tout pris évité. Elle reprit donc son bavardage insouciant sur les nouvelles de ses sœurs et finit par questionner Joy. Sa réponse succinte la laissa sur sa fin mais elle eut le tact – une fois n’est pas coutume – de ne pas insister une fois de plus.

« Tant mieux alors s’ils vont bien, j’espère que je pourrais les voir dans pas longtemps. C’est vrai que c’est difficile d’avoir des nouvelles de nos familles, on n’a pas vraiment le temps de leurs écrire de longues lettres et eux non plus. Chacun à sa vie et, peu à peu, Poudlard nous sépare, je ne sais pas si c’est une bonne chose, certes ça nous prépare pour notre « vie d’adulte » mais je ne sais pas, c’est fou de dire ça mais parfois ma famille me manque et je me surprends à être nostalgique de ma vie d’avant Poudlard, de ma vie lorsque j’étais entourée de mes sœurs et de Markus. Pourtant, à cette époque, je ne souhaitais qu’une seule chose : aller à Poudlard pour voler de mes propres ailes. La vie est faite bizarrement quand même… »

Alors qu’elle se plongeait dans ses souvenirs « d’avant », Azénor se fit la réflexion que la vie de Joy devait être bien différente de la sienne. Elle qui avait toujours vécu dans une famille nombreuses où le bruit était incessant entre les cris des plus petits, les disputes des uns et des autres, les « Maman ! », « Papa ! », « Margaret ! » surgissaient des quatre coins du manoir, avait du mal à s’imaginer la vie de Joy : seule. Petite, elle avait envié sa cousine qui avait ses parents pour elle toute seule, c’était l’idéal dans l’imaginaire d’Azénor : des parents disponibles pour s’occuper d’elle et d’elle seule, la dorloter, la câliner, l’écouter. Aujourd’hui, elle réalisait que Joy n’avait sans doute pas eu une vie parfaite et que – peut-être – la présence de frères et sœurs lui avait manqué alors qu’elle avait tant pesé à Azénor. Finalement, on ne se rendait compte de ce que l’on avait que lorsqu’on l’avait perdu…

Bien heureusement, la conversation redevint rapidement insouciante, Azénor avait assez réfléchi et s’était assez remise en question pour aujourd’hui ! Parler de « son » club était le meilleur moyen de faire partir Azénor au quart de tour, aussi reprit-elle son entrain et sa bonne humeur :

« Ca marche super ! Bon, bien sûr, y’a des supporter qui ne sont pas assez motivés, y’en a même, je me demande ce qu’ils font là ! Nan mais franchement, tu te rends compte ? Ils loupent des réunions, soit disant parce qu’ils ont des devoirs à faire ! Comment je fais moi, hein ? Je les fais mes devoirs, enfin presque tous… Et pourtant j’ai bien plus à faire qu’eux. Je ne sais pas s’ils se rendent compte du travail que c’est d’être présidente ! Il faut toujours avoir de nouvelles idées, les développer, les préparer pour pouvoir les présenter lors de la prochaine réunion, préparer ces réunions… C’est épuisant comme boulot ! Mais bon, c’est passionnant ! Ca me plaît vraiment de faire ça ! Je me sens utile… D’ailleurs, je suis désolée Joy mais il va falloir que je te laisse, ils doivent m’attendre et ça m’étonnerait qu’ils aient commencé sans moi, à croire que je suis indispensable ! J’espère qu’on se croisera bientôt ! Repose-toi bien ! »

Et sur ces bonnes paroles, Azénor s’éloigna en trottinant, tout en agitant la main vers sa cousine. Elle l’aimait bien Joy, elle ne parlait pas beaucoup et pouvait paraître un peu ennuyante mais en fait elle était gentille. Azénor atteint le stade de Quidditch, comme elle l’avait deviné un peu plus tôt – à croire qu’elle avait des talents de divination – les autres membres du club l’avaient attendu avant de commencer. Avait-ils songé qu’il était plus sage de l’attendre puisqu’elle avait l’habitude de diriger ? Azénor, elle, pensa qu’elle leur était indispensable et cette idée l’emplit de satisfaction : elle s’était créée un monde où on l’écoutait, où on la trouvait intéressante.

Fin du RP



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Très chère cousine... [Joy/Azénor] [Terminé]

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