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 Need you now [Jeremy & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Samedi 4 novembre 2007

« Déjà debout ma puce ? » s’étonna George Wilson en découvrant sa fille attablée devant un bol de café.

« On peut dire ça oui. » répondit-elle en ouvrant difficilement les yeux. « J’arrivais plus à dormir, et je voulais travailler un peu ce matin, de toute façon. Et toi, tu pars déjà ? »

« Oui ! J’aimerai pouvoir rentrer pour déjeuner. » expliqua-t-il en déposant un baiser sur le haut du crâne de sa fille.

« J’essaierai de préparer un truc si tu veux. »

« Ne fais pas brûler l’appartement. »

« Hé ! J’ai fais des progrès depuis que j’habite plus chez toi ou chez maman ! » s’insurgea la jeune femme, s’attirant le regard amusé de son père.

« Allez, j’y vais, à toute à l’heure chérie, travaille bien ! »

La porte de l’appartement se referma et le silence revint. Terminant rapidement son café, Juliet se leva pour se diriger vers la salle de bain. Après s’être dévêtue elle se glissa sous l’eau chaude et s’appuya contre le mur, s’attardant plus que nécessaire sous la douche. Elle était arrivée la veille au soir chez son père, après son cours d’économie moldue, et comptait y passer tout le week-end, au plus grand plaisir de  George, qui commençait à se plaindre de ne jamais voir sa fille. Et, en plus de ça, c’était une manière comme une autre d’éviter de retourner chez elle. Depuis sa dispute avec Samaël, elle préférait éviter d’y remettre les pieds, n’ayant aucune envie de se retrouver face au jeune homme. Elle désertait donc largement Aberystwyth depuis quelques jours, n’y passant que pour récupérer des affaires. Et puis, de toute façon, elle avait promis plus tôt dans l’année à ses parents de venir les voir quelques jours. Mais cette situation devait cesser, réellement. Elle n’allait pas passer son année à dormir quelques nuits par-ci, quelques nuits par-là. Et soit elle retournait à Aberystwyth, soit elle quittait définitivement la colocation. Mais ce serait dommage, songea-t-elle. La situation entre Samaël et elle pouvait toujours s’arranger, non ? Avec le temps, et une discussion plus posée que la dernière, tout pouvait encore changer, n’est-ce pas ? Oui. Sauf qu’il fallait l’avoir, cette fameuse conversation. Or la jeune femme n’avait aucune envie d’aller trouver son colocataire. Pas après ce qu’il s’était passé, la dernière fois.

Juliet soupira, et finit par sortir de la douche et s’enrouler dans une serviette. Une fois habillée et coiffée, elle regagna sa chambre et se laissa tomber devant son bureau en baillant. Bon, en attendant, il fallait qu’elle travaille, éventuellement. Elle avait pris du retard sur ses cours à l’université, et puisqu’elle était toute seule et qu’elle n’avait absolument rien prévu ce week-end, autant s’y mettre avant de se retrouver submergée. Elle attrapa ses prises de note sur l’économie moldue et se mit à les relire, esquissant un sourire lorsqu’elles devenaient moins précises, signifiant que son attention s’était largement détournée du cours pour se reporter sur autre chose… Ou plutôt, sur quelqu’un. Elle claqua la langue, à la fois agacée et amusée. Cette situation aussi devait cesser. Elle ne pouvait pas passer une partie de ses cours à rêvasser, le regard posé sur Jeremy. Déjà, parce que ce n’était pas sérieux et ensuite parce que ça ne ferait pas avancer les choses. Ses sentiments pour Jeremy étaient clairs, et, d’après sa dernière conversation avec Théo, les siens semblaient ne pas avoir changés également. Alors si c’était aussi simple, s’ils s’aimaient tous les deux, pourquoi hésiter ? Parce qu’il y avait toujours cette crainte, souffla une petite voix désagréable dans sa tête. Toujours ce doute, cette jalousie stupide qui l’empêchait d’agir. Mais il fallait qu’elle fasse quelque chose. Réellement, et rapidement.

Les heures passèrent, et il était midi lorsque Juliet décida de descendre dans la cuisine pour préparer à manger. Elle mit deux steaks à cuir ainsi que des pommes de terre, avant de s’appliquer à préparer une salade. Après avoir mis la table, elle se laissa tomber sur le canapé du salon, et jeta un coup d’œil à l’horloge murale. La jeune femme se résolu à allumer la télé lorsque treize heures sonna, et finit par attraper sa propre assiette pour déjeuné une demi-heure plus tard. Peut-être que tout simplement, son père avait été retardé à la librairie, et qu’il n’avait pas trouvé le temps de la prévenir, voilà tout. Les minutes défilèrent, et, un thé à présent refroidi dans les mains, Juliet somnolait devant une série usant de rires préenregistrés. Une sonnerie la tira de son demi-sommeil, et elle sursauta, ouvrant brusquement les  yeux. Elle chercha l’origine du bruit et finit par aviser son propre téléphone portable, abandonné sur le meuble de l’entrée, là où elle l’avait déposé en arrivant. Surprise, elle se leva pour le saisir. Elle ne s’en servait presque jamais. Elle était sorcière et ses amis également, aussi, ils communiquaient uniquement par des moyens propres à leur monde. Mais son père –moldu – lui avait offert un portable pour s’assurer qu’ils puissent continuer à communiquer. Elle n’avait alors que très peu de numéros enregistrés. Celui de George, donc, de sa tante, et de ses cousins. Et, persuadée qu’il s’agissait d’Ariane et qui avait eu vent de son passage à Londres et qui allait la supplier de passer la voir, Juliet ne pu que froncer les sourcils lorsqu’elle vit s’afficher l’inscription « numéro inconnu. »

« Allo ? »

« Juliet Wilson ? » interrogea une voix féminine qu’elle ne reconnaissait pas.

« C’est bien moi. Qui êtes-vous ? »

« Annabelle Johnson. Juliet, ton père a eu un accident tout à l’heure, il est à l’hôpital. »

« Je… Quoi ? » balbutia la jeune femme.

« Il est dans le coma. Les médecins sont optimistes mais… » la voix de ladite Annabelle se brisa. « Juliet ? » appela-t-elle ensuite.

Elle venait de lâcher son téléphone qui tomba sur le sol dans un bruit sonore, alors que, immobile, ses pensées étaient focalisées sur ce qu’on venait de lui dire. Sans savoir comment, elle trouva la force de se pencher pour ramasser l’engin moldu, et le coller contre son oreille.

« Comment savez-vous ça ? » demanda-t-elle enfin, alors qu’un maigre espoir que tout cela ne soit qu’une très mauvaise blague faisait chemin à travers son esprit.

« J’y suis déjà. Les médecins ont trouvé mon numéro dans son téléphone, je suis la dernière personne qu’il avait cherché à joindre. Juliet, est-ce tu sais où se trouve l’hôpital St Mary ? »

« Je… Je crois, oui. »

« Je pense que tu devrais venir. » souffla la femme d’une voix douce. « Je serais là-bas. »

« J’arrive. » murmura Juliet avant de raccrocher et de se laisser glisser lentement par terre.

Non, non, elle rêvait. Ce n’était pas possible. Plongée dans un silence assourdissant, Juliet fixait son téléphone sans le voir, alors que la torpeur l’envahissait. Elle refusait d’y croire. C’était invraisemblable, et ça ne pouvait pas être arrivé. Les mots tournaient dans son esprit, inlassablement, mais trop vite pour qu’elle parvienne à en saisir le sens.  Ce ne fut que lorsque son portable sonna une deuxième fois qu’elle releva brusquement la tête, son cœur se mettant à battre follement dans sa poitrine. Elle ignora l’appel de sa cousine, se releva trop rapidement, et tituba quelques instants, tant sa tête tournait. L’abattement avait laissé place à une panique effroyable, et Juliet, tremblante au milieu de l’entrée, restait incapable de faire le moindre geste. Elle finit par traverser l’appartement et monter dans sa chambre pour enfiler une veste et mettre des chaussures. Fourrant sans ménagement de l’argent moldu dans son sac, elle saisit ses clés et sortit à la va-vite, se retrouvant dehors en quelques secondes. Les larmes lui brouillaient la vue, et elle se mordait la lèvre inférieure pour ne pas les laisser couler sur ses joues. Elle se dirigea vers la première station de métro, courant presque, et s’approcha d’un guichet pour prendre des tickets et demander son itinéraire à un homme qui lui lança un regard curieux en avisant son état.

Elle bouscula une femme dans la rame de métro, qui lui retourna un regard noir. Prenant place sur un siège, elle laissa sa tête reposer contre la vitre et s’appliqua à prendre une longue inspiration, en vain. Elle devait penser de manière cohérente. Elle ne devait pas céder à la panique. Et c’était peine perdue, elle sentait déjà la panique s’infiltrer dans ses veines, se mêlant au désespoir qu’elle ressentait. Non, se reprit-elle en s’efforçant à souffler longuement. Elle était la seule personne de sa famille à être au courant de l’accident de son père, elle ne pouvait pas céder à la panique, pas maintenant. Le trajet en métro lui parut interminable, pour elle qui avait l’habitude de se déplacer uniquement par transplanage. Lorsqu’elle remonta à la surface, il était quinze heures, et elle dû encore marcher quelques instants avant de trouver l’hôpital St Mary. Une fois en face de ce dernier, elle resta figée, fixant l’entrée sans faire un pas. Y entrer, c’était voir la réalité en face, c’était officialiser les choses. C’était se mettre devant le fait accompli. Son père avait eut un accident, il était à l’hôpital, dans le coma. Les médecins étaient optimistes, lui avait dit Annabelle mais… Mais tout pouvait encore se dégrader. Il pouvait encore mourir. Mourir. Cette pensée fit son chemin à travers son esprit, jusqu’à ce qu’elle la repousse brutalement. Non. Non, son père n’allait pas mourir. C’était impossible. Il ne pouvait pas mourir !

Elle pénétra dans l’hôpital, se dirigea vers l’accueil. Un homme, assit derrière un ordinateur, pianotait sur les touches, l’air visiblement absorbé.

« Bonjour. » lança-t-elle pour attirer son attention.

« Bonjour mademoiselle ! Je peux vous aider ? »

« Mon père a été admit tout à l’heure, après un accident, je suis sa fille, je… » répondit-elle en perdant peu à peu ses moyens. Elle n’en savait pas plus, en réalité.

« Comment s’appelle votre père ? »

« George Wilson. »

L’homme tapota sur les touches de son clavier, et finit par relever les yeux vers elle.

« Il est au troisième étage, chambre 142. Prenez l’ascenseur – tout de suite à votre gauche. »

Elle le remercia d’un signe de tête et d’un pauvre sourire, avant de prendre directement à gauche. Nerveuse, elle tritura le bracelet qu’elle gardait à son poignet durant le trajet jusqu’au troisième étage, et une fois là-haut, avança dans le couloir jusqu’à la chambre où se trouvait son père. Elle resta devant un long moment. Elle voulait entrer, mais n’arrivait pas à se résoudre à ouvrir cette porte. Derrière, il y avait son père. Dans le coma. Elle ne savait rien de son état, elle ne savait pas comment elle allait le trouver. Elle ne savait même pas comment il avait eu cet accident ! Doucement, elle fit tourner la poignée, et finit par entrer dans la chambre. Son regard fut tout de suite attiré par le visage de son père, allongé sur un lit aux draps blancs. Il y avait une autre personne, dans la chambre, une femme, qui, assise auprès de lui, lui tenait la main, mais Juliet ne parvenait pas à détacher son regard désemparé des égratignures plus ou moins profondes qui étaient visibles sur le visage de George. Son poing se serra, alors qu’elle essuyait une larme qui coulait sur sa joue. Elle s’approcha du lit et s’accrocha à la barre métallique pour se soutenir, tout en ayant l’impression que sa tête allait exploser. Elle resta silencieuse longtemps, et ne fut tirer de sa torpeur que par une voix qui l’appela.

« Juliet ? »

Se redressant légèrement, la jeune femme se tourna vers celle qui était assise sur la chaise auprès du lit. Cette dernière se leva pour lui faire face. Ses yeux étaient rougis, nota Juliet alors que la jolie femme rousse posait sur elle un regard inquiet.

« Annabelle, j’imagine ? »  répondit la Gryffondor après un petit moment.

« Je suis désolée de ce qui est arrivé à ton père je… » commença la femme.

« Moi aussi, je suis désolée. » la coupa Juliet en glissant un regard vers George. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » demanda-t-elle avec automatisme.

Il y eut un instant de silence, d'hésitation.  

« Il a quitté la librairie ce midi. Lorsqu’il roulait, un groupe de jeunes a grillé un feu rouge, ils se sont percuté et… »

Et c’était ainsi que l’accident avait eu lieu. Juliet pouvait presque restituer la scène mentalement. Son père qui conduisait sa voiture grise, sifflotant un air rythmé. Il s’arrêtait à un feu rouge, redémarrait lorsqu’il redevenait vert, avançait un peu… La jeune femme ferma les yeux, alors que des larmes se mettaient à rouler sur ses joues. Elle sentit une main se poser sur son bras, sursauta, et reporta son attention sur Annabelle, qui lui tendit un mouchoir, retenant ses propres larmes à grand peine.

« George m’a beaucoup parlé de toi Juliet, mais j’avoue que j’espérai te rencontrer dans d’autres circonstances. » déclara-t-elle doucement.

« Vous êtes une de ses amies ? » interrogea la jeune femme, la voix nouée.

« Sa petite-amie. » expliqua Annabelle. « On avait prévu d’organiser un déjeuné dans quelques semaines mais… » elle jeta un regard à l’homme allongé, et baissa la tête.

Sa petite-amie ? Juliet observa la femme en face d’elle avec étonnement. Elle ne voyait pas son père très souvent, mais elle ne se serait jamais doutée de rien. Enfin, ce n’était sûrement la chose la plus importante, en ce moment. Elle se contenta donc d’esquisser un pauvre sourire à l’égard d’Annabelle.

« Enchantée. » souffla Juliet, avant de sentir le regard compatissant de son interlocutrice se poser sur elle. « Que disent les médecins ? » demanda-t-elle finalement, en balayant la salle du regard, observant avec attention les machines qui délivraient des "bip" réguliers.

« Ils semblent optimistes. Mais on ne peut jamais rien prévoir avec le coma. Il peut se réveiller n’importe quand. »

Donc jamais, songea Juliet en reculant d’un pas, prenant une fois de plus conscience de cette éventualité. Annabelle, en face d’elle, hocha la tête, ne cherchant même pas à démentir sa pensée. Ça ne servait à rien, de toute façon, c’était la réalité.

« Je vais devoir y aller, il faut que je repasse chez moi. Ou tu veux que je reste… ? »

Touchée par sa proposition, Juliet lui adressa un léger sourire, mais secoua la tête en signe de négation.

« Non, allez-y. Je vais rester un peu là. »

Elle salua Annabelle, avant de prendre place sur la chaise qu’elle venait de quitter. Elle resta là longtemps, immobile, à observer son père, sa main dans la sienne. Elle pleura de nombreuses fois, maudit la vie, et ceux qui avaient provoqué l’accident. Elle sentait un immense froid s’installer en elle, alors qu'elle était assise dans cette chambre d’hôpital trop blanche, impersonnelle. Elle était seule, et avait besoin d’une présence rassurante. De quelqu’un pour lui dire que tout irait bien, que son père allait s’en sortir. De quelqu’un pour la prendre dans ses bras, pour la laisser pleurer sur son épaule. Elle voulait quelqu’un à ses côtés. Quelqu’un qui la soutiendrait et qui briserait ce silence effroyable dans lequel elle était plongée depuis trop longtemps. Il y avait bien Théo, il y avait bien Olivia, ou même Eva, Ariane, ou son cousin Louis. Mais il y avait surtout Jeremy. Et tant pis pour leur dispute, tant pis pour le fait qu’ils soient séparés. Elle s’en fichait, elle s’en fichait éperdument. Il n’y avait que lui, et il n’y avait toujours eu que lui. Et la vie lui semblait aujourd’hui bien trop éphémère pour laisser passer sa relation avec Jeremy, pour le laisser partir comme ça. Elle voulait se blottir dans ses bras, nicher sa tête au creux de son cou, inspirer son odeur qu’elle aimait tant, se serrer contre lui, et trouver du réconfort dans cette étreinte. Elle le voulait lui, là, à ses côtés. Parce que son absence lui était insupportable, parce qu’elle prenait pleinement conscience maintenant.

Fébrile, elle attrapa son sac pour saisir sa baguette magique. Elle écouta quelques instants les bruits provenant du couloir, avant de fermer les yeux pour se concentrer, cherchant dans sa mémoire un souvenir heureux. Elle en avait, des souvenirs heureux, elle en avait beaucoup. Et il y en avait un, en particulier. Un qui fonctionnait à chaque fois. Elle renforça sa prise sur sa baguette et prit le temps de souffler avant de lancer son sort.

« Spero Patronum. »

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle fut soulagée de faire face à son Patronus et posa un regard grave sur lui, remerciant intérieurement le professeur Harris.

« C’est Juliet, » commença-t-elle à dicter à la forme argentée, « Jeremy, j’ai besoin de toi. Mon père a eu un accident, il est dans le coma, à l’hôpital St Mary à Londres… J’ai besoin que tu sois là, Jerem. Je t’en supplie, viens. » finit-elle d’une voix pleine de détresse, avant d’expliquer brièvement comment se rendre à l’hôpital.

Il fallait qu’il vienne. Elle ne pouvait pas faire face toute seule, ce n’était pas envisageable, elle n’y arriverait pas. Juliet resta longtemps assise près de son père, silencieuse, sans esquisser le moindre geste. Elle finit cependant par se relever et sortir de la chambre. Elle étouffait, dans cette pièce. Seule, plongée dans ses pensées noires, elle avait l’impression de manquer d’air. Une fois dans le couloir, elle prit une longue inspiration et s’appuya contre le mur. Une infirmière passa près d’elle, et lui jeta un regard affectueux, avant de pénétrer dans une autre chambre. Par Merlin, ça faisait mal, tellement mal, de savoir son père là-dedans. De le savoir entre la vie et la mort, de penser qu’il pourrait ne jamais se réveiller. Ses ongles se plantèrent dans la paume de sa main, alors qu’elle sentait une boule se former dans sa gorge. Non, il allait se réveiller. Et rapidement. Il le fallait. Il n’avait pas le droit de mourir ! Elle sentit son estomac se contacter. Il ne pouvait pas mourir.

Les minutes défilèrent, et elle ne trouva pas le courage d’entrer à nouveau dans la chambre. Le mouvement dans le couloir s’était calmé, les infirmières se faisaient moins nombreuses. Un bruit de pas vint briser le silence qui s’était installé, Juliet tourna la tête, et sentit une vague de soulagement la submerger en découvrant la personne qui lui faisait à présent face. Jeremy. Elle le dévisagea longuement. Ses traits qu’elle connaissait par cœur, son visage si familier. Et ils avaient beau être séparés, elle ne résista pas longtemps à la tentation de se jeter dans ses bras. Et tant pis s’il trouvait ça étrange, jamais une étreinte ne lui avait paru si agréable, si douce. Rassurante et réconfortante à la fois. Elle fit passer ses bras son dos, nicha sa tête dans le creux de son cou, souffla enfin. Elle resta un moment enlacée à Jeremy, sans dire un mot, profitant uniquement de ce moment hors du temps que seul le jeune homme savait lui offrir.

« Merci. » souffla-t-elle. « Merci d’être là. Merci. »

Elle ne savait pas ce qu’elle aurait pu faire, sans lui. Et, dans ses bras, elle prenait conscience que malgré leur séparation, malgré ce qu’il s’était passé, elle l’aimait encore, et toujours aussi fort. C’était Jeremy, et elle ne pouvait pas se passer de lui, c’était comme ça. L’éloignement la faisait souffrir, et le voir là, si proche à nouveau, avait le don de l’apaiser, de lui donner l’impression que la réalité était moins cruelle, moins terrifiante.

« Je suis désolée, Jeremy, je n’aurai jamais dû te quitter je… » elle se recula pour lui adresser un regard suppliant. « Je ne peux pas, Jeremy. J’avance plus sans toi. Et je ne m’en rends compte seulement maintenant, mais… J’ai besoin de toi. Pas seulement aujourd’hui. Tout le temps. »

C’était dit. Et c’était vrai. Elle n’avançait plus sans lui. Et c’était une vérité à la fois effrayante et tellement réconfortante. Parce qu’il était là, aujourd’hui, il était venu. Pour elle.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Tu ne veux toujours pas me dire ce qui s'est passé avec ton père, Jeremy ?"

Au regard sombre que son fils posa sur elle, Julia Samson comprit qu'il était inutile pour elle d'insister, et soupira d'un air excédé. La curiosité et l'inquiétude commençaient à la ronger, alors qu'elle voyait Jeremy s'éloigner un peu plus de Gregory au fil du temps, lui imposant un silence radio qui l'obligeait à passer par son ex-épouse pour avoir des nouvelles. Ce n'était pas une situation des plus enviable, Julia le savait pertinemment pour avoir connu la même chose quelques mois auparavant. Quelque chose d'important s'était forcément passé entre Jeremy et son père pour qu'il décide de couper les ponts, mais quoi ? Ni l'un ni l'autre n'avait accepté de lui en parler, ce qui l'avait plongée dans une perplexité et une frustration sans égal.

"Enfin ! Cela fait plusieurs mois que tu ne l'as pas vu, il m'a dit que tu ne réponds même pas à ses lettres. Et Taylor ne sait rien. Qu'est-ce qui se passe ?"

"Rien de grave. J'ai du travail, maman !", lâcha Jeremy avec une pointe d'agacement.

Julia sembla comprendre qu'elle n'obtiendrait pas de réponses à ses questions aujourd'hui, et plissa le nez d'un air mécontent, avant de souligner les contradictions du discours de son fils :

"Je croyais que tu voulais passer la journée en famille !"

"Je...oui...mais...", commença Jeremy avant de réaliser qu'il était percé à jour. "Je n'ai pas envie d'en parler, c'est tout !"

"D'accord, d'accord, n'en parlons plus alors. C'est que je m'inquiète pour toi, tu sais. Ca n'a pas l'air d'aller, ces temps-ci."

Pas l'air d'aller... Mais si, tout allait bien, parfaitement bien, songea Jeremy en jetant un regard soucieux sur sa mère. Si l'on omettait son père... Et Juliet. C'était un gros si, surtout en ce qui concernait la jeune femme. Autant son père ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même si Jeremy ne lui adressait plus la parole, autant il en allait autrement de Juliet. Jeremy avait largement mérité son sort, comme il avait fini par le comprendre - un peu trop tard. Son manque de confiance en la jeune fille et en ses sentiments avait fini par causer exactement ce qu'il craignait. L'un avait trompé l'autre et leur belle histoire s'était achevée bien trop prématurément. Il avait tout gâché, et c'était quelque chose qu'il ne parvenait pas à se pardonner. Ca, et le fait qu'elle lui manquait plus que de raison occupaient une bonne partie de ses pensées, le rendant distrait et mélancolique. Ses cours à l'université magique consistaient plus ou moins à rêvasser à Juliet de la façon la plus discrète possible, et il devait bien se rendre à l'évidence : il était très loin d'avoir tourné la page.

"Tout va bien", affirma-t-il néanmoins, un sourire de façade aux lèvres. "Viens, allons faire une partie avec Taylor, il voulait nous montrer son jeu moldu."

"D'accord, mon chéri", se résigna Julia à contrecœur, jugeant qu'elle finirait bien par avoir le fin mot de l'histoire. Jeremy avait toujours admiré son père, il n'y avait pas de raison pour que cela change. Elle regagna donc le salon tandis que Jeremy rangeait ses parchemins sur la théorie de l'action transformative appliquée, pour débarrasser le bureau de Victor avait eu la gentillesse de lui prêter pendant qu'il était à Poudlard. Jeremy ne venait pas souvent chez les Lloyd-Samson, car son début d'année avait été très occupé, mais sa rupture lui avait donné plus de temps et c'était soit ça, soit passer son temps dans les pattes de Sean à tourner comme un lion en cage. Ce week-end, son cours à l'université ayant été annulé pour cause de professeur ayant attrapé froid, Jeremy avait donc décidé de venir rendre une petite visite à sa mère et à son nouveau beau-père. Jeremy avait encore du mal à cerner ce dernier, méfiant de nature à l'égard de tout homme s'approchant de sa mère, mais il faisait de son mieux pour être ouvert et tolérant à son égard.

Ils étaient donc plongés tous les quatre en pleine partie d'un étrange jeu de société dont le but était la conquête du monde à l'aide de soldats et de canons - des armes moldues positivement barbares - lorsque un animal argenté se matérialisa devant eux. En reconnaissant le patronus de Juliet, Jeremy sursauta si fort que ses petits soldats jaunes posés sur l'Océanie volèrent un peu partout. Il était arrivé quelque chose au père de Juliet, et cela ne devait pas être anodin pour qu’elle mette de côté sa rancœur à son égard pour lui demander de venir…

"Je...je dois y aller", lâcha Jeremy d'une voix blanche, échangeant un regard paniqué avec sa mère.

"Je vais t'accompagner", décida celle-ci d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction. "Au moins jusqu'à l’hôpital. "

Jeremy approuva d’un signe de tête, plutôt content d’avoir quelqu’un pour l’accompagner jusqu’à l’hôpital moldu, qu’il aurait été bien en peine de trouver seul. De plus, il connaissait l’affection de sa mère pour George Wilson et leur rupture était relativement récente, aussi il n’était guère étonnant qu’elle soit elle-aussi inquiète par la nouvelle. Deux minutes plus tard, Jeremy et Julia quittaient donc l’appartement. Anxieux et inquiet, Jeremy ne prêta pas attention au trajet, tout entier focalisé sur ce qu’il allait bien pouvoir dire à Juliet. Il n’était pas doué pour consoler les gens, à plus forte raison les gens qu’il avait infiniment déçu. Jeremy espérait qu’il n’était rien arrivé de vraiment grave à George. Juliet en avait suffisamment bavé ces derniers temps…

Ils parvinrent bientôt à l’hôpital et Julia s’enquit de savoir dans quelle chambre se trouvait George. Bordel de troll, songea Jeremy tandis qu’il la regardait parler avec une infirmière, ce qu’il était horriblement stressant d’aller à un hôpital sans savoir ce que l’on allait y trouver ! Hélas, il ne tarda pas à savoir ce qu’il en était. L’infirmière leur expliqua que George avait été dans un accident de voiture et se trouvait dans le coma, sans que l’on sache quand il allait se réveiller. Jeremy pâlit d’autant plus alors que l’image des cascades de voiture dans les films d’action que son frère regardait lui revenait en tête. Merlin ! Et s’il ne se réveillait pas ?

« Il faut que je trouve Juliet », souffla-t-il à sa mère qui hocha la tête d’un air triste.

« Je vais t’attendre, d’accord ? »

Jeremy la remercia avec soulagement. Il avait besoin de ce moment seul avec Juliet, pour être présent pour elle. Il suivit tant bien que mal les panneaux jusqu’au bon couloir et sentit son cœur se resserrer en reconnaissant la jeune femme. Jeremy s’avança jusqu’à elle et s’immobilisa silencieusement, n’osant pas dire quoi que ce soit. Il soutint son regard et retint un soupir de soulagement lorsqu’elle franchit la distance qui les séparait pour l’enlacer. Jeremy referma les bras sur son dos et la serra contre lui, fermant les yeux alors que son odeur si familière emplissait ses narines. Elle lui avait tellement manqué, songea-t-il en regrettant que leurs retrouvailles doivent avoir lieu dans des conditions si terribles.

« C’est normal », se contenta-t-il de répondre lorsqu’elle le remercia pour sa présence. Et il était sincère. Quand bien même elle ne voulait plus de lui, ce qui était compréhensible après la stupidité et le manque de discernement dont il avait fait preuve, Jeremy restait son ami et serait toujours présent pour elle.

Jeremy ne s’attendait pas à entendre les paroles suivantes de Juliet, néanmoins, et sentit son cœur rater un battement en avisant son regard suppliant. Comme s’il pouvait lui refuser quoi que ce soit lorsqu’elle l’observait ainsi. Comme s’il avait envie de lui refuser sa présence dans sa vie. Comme si ces paroles n’étaient pas la plus belle chose qu’il ait entendu de sa vie… C’était inespéré, c’était incroyable, mais il semblait que Juliet veuille encore de lui. Il ne la méritait pas, pourtant, mais il n’allait certainement pas s’en plaindre.

« Alors je serai là, tout le temps. Je comprends tout à fait que tu m’aies quitté, j’ai été si stupide, mais je t’aime, Juliet. Si tu trouves la force de me pardonner, je te promets que je ne te laisserai plus jamais tomber. Et…et je suis tellement désolé pour ton père, j’espère que ça va aller. »

Il l’observa d’un air incertain. Jeremy mourrait d’envie de l’embrasser, mais il lui semblait qu’il avait perdu ce droit, à la minute où il avait commis la plus belle erreur de sa vie. Alors il se contenta de rester là, à la regarder, plein de compassion, d’hésitation et de maladresse.


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Les paroles de Jeremy lui arrachèrent un maigre sourire, et elle s’avança pour se blottir contre lui de nouveau, savourant l’étreinte salvatrice. Evidemment, que ça lui avait manqué, horriblement manqué. Cela ne servait à rien de se voiler la face, elle avait été très loin de réussir à tourner la page, très loin de parvenir à se passer de Jeremy, tout simplement. Et elle le savait depuis longtemps qu’en s’engageant dans cette relation, elle avait énormément à gagner, mais également beaucoup à perdre. C’était à la fois l’avantage et l’inconvénient de tomber amoureuse de son meilleur ami. Lorsqu’il était brusquement rayé de sa vie, comme ça avait été le cas quelques semaines plus tôt, elle se retrouvait complètement désemparée et perdue, privée d’une présence qui lui était essentielle. Et, sans trop de surprises, elle s’en rendait compte au premier coup dur. Sa première pensée n’avait pas été de prévenir Théo, qui s’était pourtant révélé être un ami précieux, ou encore Olivia. Ni même Ariane, ou Eva. Tout de suite, elle s’était focalisée sur le jeune homme. Et il était venu, Merlin merci. Elle souffla doucement, la tête toujours cachée dans son cou. Elle se sentait en sécurité, enlacée de cette manière, et, d’une certaine façon, comme protégée de la misère qui ne cessait de s’abattre sur elle depuis ce matin.

Evidemment, ça ne changeait rien aux faits. Son père était toujours dans la chambre en face d’elle, toujours dans le coma, toujours dans un état qui laissait à penser qu’il ne pourrait peut-être jamais se réveiller. Ça rendait seulement les choses un peu moins insupportables, un peu moins insurmontables, parce qu’elle se savait soutenue. Et bien sûre qu’elle était prête – définitivement prête – à lui pardonner ce qui avait pu se passer quelques semaines plus tôt. Elle avait été blessée, certes. Elle s’était sentie trahie, et le manque de confiance que Jeremy avait placé en elle l’avait sérieusement ébranlée. Mais finalement, tout cela n’avait pas d’importance, n’en avait plus, du moins. Ça lui semblait tout simplement insignifiant, par rapport à ce qu’elle ressentait en ce moment-même. Et puis, tout n’était pas que de la faute de Jeremy, son propre comportement pouvait également être remis en question. Elle n’avait pas su gérer son couple, tant au niveau personnel qu’au niveau médiatique. Une chose en avait entraîné une autre, il fallait simplement relativiser – chose qu’elle avait été incapable de faire, elle devait bien le reconnaître.

« Evidemment que je te pardonne, Jeremy. » déclara-t-elle en se reculant une nouvelle fois pour vriller son regard dans le sien.

Comme si le contraire pouvait être imaginable. Comme si elle était capable de lui refuser la moindre place dans sa vie, maintenant. Juliet resta silencieuse quelques instants, immobile à observer Jeremy, avant de se pencher vers lui pour l’embrasser longuement, ses bras passant dans son dos, la rapprochant davantage du jeune homme, savourant particulièrement l'instant. Elle mit finalement fin à l’étreinte, le cœur battant, et soudainement bien plus apaisée. Sans dire qu’elle se sentait bien – elle était très loin de se sentir complètement bien, en réalité – elle pouvait constater une très nette amélioration, ce qui n’était pas peu dire.

« Mais il va falloir que tu me fasses confiance, tu sais. Je t’aime. Ça fait plus de huit mois que je t’aime et que je n’en doute pas une seule seconde. Et oui, je comprends que ce soit difficile à vivre, et je te jure de faire des efforts de mon côté mais… J’ai besoin de savoir que tu me feras toujours confiance. »

Forcément, que ça l’avait blessé, de se rendre compte que Jeremy la tenait à en si basse estime pour la croire capable de le tromper. Elle finit par hausser les épaules, et s’appuya à nouveau contre le mur, entrelaçant ses doigts à ceux de son petit-ami.

« Ils ne savent pas, pour mon père. Les médecins disent qu’il peut se réveiller à tout moment, comme il peut rester dans le coma indéfiniment. »  lâcha-t-elle, la voix tremblante, le regard fixé sur la porte en face d’elle, avant de reporter son attention sur Jeremy. « J’ai passé toute la journée ici… Est-ce qu’on pourrait descendre à la cafétéria ? » proposa-t-elle, alors que l’envie pressante de s’éloigner la saisissait.

Comme le jeune homme acquiesçait, Juliet entreprit de les conduire dans la petite cafétéria de l’hôpital, se servit un café, laissa Jeremy choisir sa propre boisson, et régla les deux avec l’argent moldu qu’elle avait pris en partant. S’asseyant en face de lui, elle glissa sa main dans la sienne, et lui adressa un léger sourire, détaillant ses traits qu’elle connaissait par cœur, et qu’elle prenait plaisir à retrouver.

« Je peux te poser une question ? » demanda-t-elle, avant d’enchaîner directement, sans attendre la réponse : « Pourquoi Rosaleen ? »

Pourquoi elle en particulier ? Certes, Jeremy lui avait dis quelques instants plus tôt qu’il l’aimait, et elle le croyait. Mais cette question l’avait taraudée des jours durant, et elle voulait y trouver une réponse. Est-ce qu’elle avait tout simplement été là au bon moment ? Est-ce qu’il y avait des sentiments derrière cet acte ? Elle se mordilla la lèvre inférieure, craignant la réponse.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres quand Juliet lui accorda son pardon. Cela ne suffisait probablement pas à racheter sa faute ni à rétablir la confiance dans leur couple, mais c'était un très gros début. Si la jeune fille était capable de lui pardonner, alors ils avaient une chance d'être ensemble à nouveau et de construire quelque chose, il en était persuadé. Cette fois ci, il ne commettrait pas d'erreur et il ferait tout pour que leur couple fonctionne. Si ces dernières semaines lui avaient appris quelque chose, c'était que rien ni personne ne pouvait remplacer Juliet et ce qu'elle lui apportait. Il avait besoin de sa présence dans sa vie, c'était aussi simple que cela, et à partir du moment où elle acceptait de l'avoir près d'elle il serait heureux. 

"Je te fais confiance, Juliet, j'ai compris que j'étais dans l'erreur et je te promets que tu as mon entière et totale confiance", souffla-t-il en réponse, sans lâcher son regard. 

Ce n'étaient que des paroles, il en avait bien conscience, mais Jeremy était déterminé à trouver le moyen de lui prouver à quel point elle était importante pour lui. Les sentiments si forts qu'il éprouvait pour Juliet l'avaient effrayé par le passé, au point qu'il se trouve des excuses pour les ignorer, mais ce  n'était plus le cas aujourd'hui. Jeremy savait qu'il avait tout à perdre à agir comme un adolescent stupide et irréfléchi, et tout à gagner à accepter le fait qu'il avait dores et déjà rencontré la femme de sa vie. 

Leur relation n'était pas l'urgence du moment, cela dit, et même si Jeremy était immensément soulagé de cette réconciliation qu'il n'espérait plus, il se sentait surtout triste et inquiet au sujet du père de Juliet. Il savait à quel point la jeune femme aimait son père, qui semblait être quelqu'un de bien en dépit de ce que Jeremy avait pu penser par le passé. C'était vraiment horrible que quelque chose d'aussi bête qu'un accident de voiture lui soit arrivé, un sorcier n'aurait jamais été dans une telle situation... Et cela devait être d'autant plus difficile à encaisser pour Juliet qui connaissait les pouvoirs des sorciers, notamment médicaux. Jeremy n'était pas certain que la médecine magique puisse faire quoi que ce soit pour monsieur Wilson, cela dit. Il semblait être dans un état suffisamment grave pour que l'on ne sache pas s'il allait se réveiller un jour... 

Jeremy se demanda comment il réagirait lui-même face à une telle incertitude. Il n'en avait aucune idée, mais il se doutait que le fait de ne pas savoir si l'on allait reparler à son père un jour devait être particulièrement effrayant et horrifiant. Si cela lui arrivait, alors qu'il n'avait pas parlé à son père depuis des mois, comment se sentirait-il ? Une vague de tristesse et d'amertume le submergea à cette idée, et il réalisa qu'il était peut-être temps qu'il ait cette conversation avec son père, qu'il repoussait depuis trop longtemps. En attendant, il fallait qu'il soit là pour Juliet, mais que pouvait-il bien faire ou dire pour l'aider ? Pas grand chose, si ce n'est être présent, à son écoute... C'était déjà plus que ce qu'il avait fait ces derniers temps. Eh bien il serait là, avec elle, jour et nuit s'il le fallait.

"Je suis sincèrement désolé, Juliet...", se contenta-t-il de dire en serrant sa main fort dans la sienne. "Oui, bien sûr, allons-y."

Il suivit la jeune femme à travers les couloirs de l'hôpital jusqu'à la cafétéria, où il commanda un café, avant de s'installer face à Juliet. Jeremy lui adressa un maigre sourire en la dévisageant, à la fois ravi de la retrouver et si triste pour elle. Elle ne méritait pas un tel coup du sort, pas sa Juliet...

C'est alors qu'elle lui posa la question. La question à laquelle il n'avait pas vraiment de réponse, et qu'il redoutait particulièrement. Car c'était là bien différent de la fois où il avait embrassé Juliet à Aberystwyth, alors qu'il sortait avec Georgiana. Cette fois ci, il n'était pas amoureux de Rosaleen, et cela il en était absolument certain.

"Pourquoi ?", répéta Jeremy en poussant un lourd soupir, avant de hausser les épaules. "Je ne sais pas, c'est tombé sur elle, cela aurait pu être une autre... Je me sentais trahi et blessé, triste et rejeté. Je savais qu'elle-même avait été rejeté par Théo quelques temps auparavant, je crois que j'avais l'impression qu'elle me comprenait, et puis nous nous entendons bien, nous sommes amis... Sur le coup, ça m'a paru être une bonne façon d'étouffer ma tristesse, d'obtenir du réconfort, d'apaiser mon ego, et peut-être aussi de rechercher une certaine forme de revanche aussi, je ne sais pas. Tu comprends ? Non, j'imagine que non. Je suis désolé, je n'ai pas vraiment de réponse à ta question, si ce n'est que je n'éprouve rien d'autre que de l'amitié pour elle."

Il vrilla son regard dans le sien et serra ses doigts dans sa main, tentant de la persuader par ce contact de l'intensité de ses sentiments. Jeremy n'était pas très doué avec les mots, il n'avait jamais su faire de grandes et belles déclarations et cela lui manquait désormais. 

"Ce qu'il faut que tu comprennes c'est à quel point j'étais furieux, blessé et jaloux, même si c'était à tort. Dans cet état, je me sentais capable de faire n'importe quoi."

Haussant les épaules à nouveau, il posa le regard sur sa tasse de café, mal à l'aise. Cela l'effrayait, de découvrir à quel point il pouvait être dur, voire violent, si loin de lui-même lorsqu'il était blessé. Comme cette fois, avec Kelsey... Pourtant, ce n'était pas une excuse, être jaloux ne lui donnait pas tous les droits. Mais c'était un sentiment si fort, si puissant qu'il n'avait pas su se contrôler. D'autant plus qu'il n'en avait pas eu la volonté...


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Assise en face de Jeremy, sa question posée, Juliet se mordilla lèvre inférieure, nerveuse, avant de vriller son regard dans celui du jeune homme. Cette question, elle se l’était posée un  nombre incalculable de fois, au cours de ces dernières semaines. Pourquoi Rosaleen en particulier ? Pourquoi elle plus qu’une autre ? Parce que Jeremy n’avait pas été le seul à voir son égo et sa dignité sacrément heurtés dans cette histoire, au final. Et elle avait besoin de s’assurer que les sentiments qu’il pouvait éprouver pour la jeune femme n’étaient qu’amicaux, et non amoureux. Après tout, tous deux étaient bien placés pour savoir que l’amour était une chose qui ne se contrôlait absolument pas, pour l’avoir expérimenté quelques mois auparavant. Elle prit une longue inspiration, et se força à se détendre pour entendre le récit de Jeremy. Elle ne gagnerait rien à angoisser, de toute façon, se raisonna-t-elle sagement. Alors qu’au contraire, faire preuve de recul ne pouvait que lui être bénéfique. De toute façon, le passé était le passé, et rien ne pouvait le changer. Et si cette conversation était importante pour l’avenir de leur couple, les conséquences, elles, se devraient d’être moindres ; elle n’avait aucune envie de perdre le jeune homme à nouveau.

« Je crois que je comprends. » souffla-t-elle finalement.

Elle comprenait, parce qu’elle avait finalement eu une réaction similaire – l’aspect de la revanche en moins. Elle avait embrassé Théo parce qu’elle pensait que ce serait une bonne idée pour faire taire sa douleur, pour trouver du réconfort dans les bras de son ami. C’était d’ailleurs surprenant de voir, que même lorsqu’elles étaient irréfléchies, leurs réactions restaient toutefois semblables. D’une main, Juliet repoussa une mèche qui lui arrivait devant les yeux, avant de reporter son attention sur Jeremy, songeuse, et rassurée par ses paroles, d’une certaine manière. Il fallait qu’ils avancent dans tous les cas. Qu’ils passent au dessus de ça. Tous les couples connaissaient des hauts et des bas, le leur n’était une exception, voilà tout.

« Je sais que tu es au courant de ce qu’il s’est passé avec Théo. » commença-t-elle doucement. « Et j’ai agis avec le même raisonnement, je ne peux te blâmer pour ça. »

Ce serait injuste. Evidemment, la situation n’était pas la même, ils étaient encore officiellement en couple lorsque Jeremy avait embrassé Rosaleen, et c’était ça qui avait entraîné leur rupture. Mais elle ne pouvait pas le blâmer pour cette réaction, alors qu’elle avait eu la même quelques heures plus tard. Non, à vrai dire, la seule chose qu’elle lui reprochait, c’était d’avoir cru la conversation entre Ethan et elle. A ses yeux, c’était tellement improbable et absurde.

« En réalité, ce qui m’a le plus blessé, ce n’est pas le baiser. Enfin, je suis rassurée de savoir que tu n’éprouves pas de sentiments pour Rosaleen, évidemment. Non, c’est le fait que tu me crois capable de te tromper, le manque de confiance. Je me suis demandée ce que j’avais fais pour te faire penser ça de moi. » lâcha-t-elle.

Elle avala une gorgée de café, avant de d’observer tendrement le jeune homme, et de tendre la main pour la poser sur sa joue.

« C’est du passé. » affirma-t-elle avec force – elle avait aussi besoin de s’en convaincre elle-même. « Je t’ai dis que je t’avais pardonné, et c’est vrai. Et, si tu me dis que tu m’aimes, que j’ai ta confiance, alors je te crois, Jeremy. Je n’ai aucune – aucune – envie qu’on soit séparés plus longtemps. »

Elle fit glisser sa main derrière sa nuque et se pencha pour l’embrasser, savourant la sensation des lèvres de son petit-ami sur les siennes, et son odeur qui emplissait ses narines. Lorsqu’elle se recula légèrement, elle lui adressa un léger sourire et resta silencieuse quelques instants. Elle avait longuement espéré cette réconciliation – bien qu’elle l’imaginait dans d’autres  circonstances – et devait dire qu’elle était hautement soulagée de retrouver la présence si réconfortante et indispensable de Jeremy dans sa vie. Ils avaient partagé tellement de choses… Beaucoup trop pour pouvoir les gâcher comme ils avaient failli le faire.

Elle allait changer de sujet et se ravisa au dernier moment. Amener la conversation sur quelque chose de plus léger n’était pas forcément une bonne idée, puisque cela laisserait des non-dits sur cette période. Or, la jeune femme sentait qu’en parler longuement – et posément cette fois – ne pouvait définitivement pas leur causer du tort.

« Est-ce qu'il y a une chose dont tu voudrais me parler au sujet de… Tout ça ? » demanda-t-elle en glissant à nouveau sa main dans sienne, tout en posant un regard clair sur Jeremy.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Lorsque Juliet évoqua Théo, Jeremy retint une grimace et redressa le regard pour le poser sur la jeune fille, attentif. Il ne pouvait prétendre que cet épisode ne lui était pas resté en travers de la gorge, tout en étant absolument conscient qu'il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même et que Juliet n'avait rien fait de mal. Pour autant, et malgré son explication avec le jeune homme, il n'en restait pas moins jaloux et avait du mal à voir Théo et Juliet discuter sans que ses poings ne le démangent. Personne d'autre que lui n'avait le droit de poser ses lèvres sur sa chérie... Merlin, il fallait vraiment qu'il arrête d'être aussi jaloux quand on en venait à la jeune fille. Quels que soient l'amour et l'attention qu'elle lui portait, elle serait amené à être proche d'autres hommes par moment et il faudrait bien qu'il s'y habitue.

"Tu n'as rien fait de mal", répondit Jeremy aussitôt. "Je sais que ce n'est pas une excuse mais je crois que j'avais perdu confiance en un peu trop de monde ces derniers temps, y compris des personnes que je n'aurais jamais cru capable de me décevoir à ce point, comme mon père. Et j'imagine que j'ai reporté cela sur toi, et puis les choses en entraînant une autre... Mais j'ai été stupide, tu ne m'as jamais trahie, je le sais bien."

Que Juliet affirme que tout cela était du passé était comme un baume au coeur pour Jeremy. Bien sûr, il avait bien conscience qu'il faudrait plus qu'une simple discussion pour que tout revienne à la normale entre eux. Ils s'étaient blessés et Jeremy ne regagnerait pas la confiance de Juliet en un jour, c'était évident. Néanmoins, du moment qu'ils en avaient la volonté tous les deux, il savait que leur relation reviendrait totalement, aussi belle et complice qu'autrefois. Le temps ferait son oeuvre.

La réconciliation fut scellée d'un baiser, pour le plus grand bonheur de Jeremy qui réalisait à retard à quel point il avait été misérable sans Juliet dans sa vie. Les autres filles lui semblaient si fades, communes et inintéressantes en comparaison de la jeune femme, qu'il serait probablement resté seul pour toujours. Rien ne pourrait les séparer bien longtemps, il en avait l'intuition. Du moins, il l'espérait, car s'il devait la perdre une seconde fois, il deviendrait probablement aussi charmant et agréable que Samaël Smith...

Jeremy aurait voulu ramener la discussion sur des eaux moins dangereuses, mais il semblait que Juliet voulait s'assurer que tout ait été dit. Sans doute avait-elle raison, mieux valait mettre les choses à plat une bonne fois pour toute pour repartir sur de bonnes bases... Mais Jeremy ne se sentait pas réellement le droit de l'interroger sur ce qui le tracassait. Il finit néanmoins par s'y résoudre, encouragé par la main de Juliet sur la sienne.

"Théo et toi...", commença-t-il avant de s'interrompre, regrettant déjà d'avoir parlé. "Vous êtes... toujours amis ? Et c'est tout ? J'veux dire, je sais bien que tu n'es pas amoureuse de lui, et puis il ne jure que par Sam, mais... ce n'est pas bizarre entre vous, il n'y a pas d’ambiguïté ?"

Il espérait réellement que la réponse était négative, que Théo et Juliet étaient aussi peu tentés par l'idée de renouveler l'expérience que Rosaleen et lui, qui avaient trop à gérer dans leurs vies respectives pour s'attarder sur l'incident du baiser. Son amitié avec sa tutrice ne semblait pas être en péril, même s'il fallait bien reconnaître que les premiers jours suivant la rupture de Jeremy avait été pour le moins bizarres.

"J'espère qu'ils vont se réconcilier, ces deux-là, aussi. C'est comme aller en cours avec deux détraqueurs !, plaisanta-t-il en une vague tentative de détendre l'atmosphère. "Est-ce que Sam sait, d'ailleurs, pour... enfin, est-ce qu'il sait ? Les choses ne sont pas trop bizarres à la colocation ? Ca fait un moment que je n'ai pas discuté avec Aaron..."




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Juliet hocha doucement la tête face aux paroles de Jeremy. Non, elle ne l’avait pas trahi, mais il n’empêche que cela ne rendait sûrement pas la pilule à avaler pour autant. Enfin, ce n’était pas le plus important. Jeremy était là, il était venu lorsqu’elle l’avait appelé à l’aide, et elle avait l’intuition qu’il serait toujours là, dans n’importe quel moment. Parce que c’était son meilleur ami, la personne avec qui elle était le plus proche. Parce que c’était son petit-ami, et qu’elle avait l’impression que jamais elle ne pourrait être quelqu’un avec qui elle se sentirait aussi bien, qui lui correspondrait autant. Et cette séparation de quelques jours le prouvait bien. Elle ne pouvait réellement pas avancer sans Jeremy. Il était devenu la personne la plus important de sa vie, depuis plusieurs mois. Un sourire étira ses lèvres alors que cette pensée s’installait définitivement dans un coin de sa tête. Si elle lui avait paru effrayante avant, elle lui semblait bien agréable aujourd’hui. Tout irait bien.

Et Juliet était bien consciente que pour que tout aille bien, il fallait mettre tous ces événements de côté, qu’il fallait laisser le passé derrière, et avancer. Elle ne pouvait pas nourrir une rancœur éternelle envers Rosaleen Lestrange, c’était évident. Certes, elle n’avait pas pensé à la jeune femme en des termes très élogieux pendant les dernières semaines, plus par tristesse qu’autre chose. Mais si elle pardonnait à Jeremy, elle devait aussi pardonner à Rosaleen. Qu’avait-elle fait de mal, en soit ? Tout cela n’était qu’un immense quiproquo qui avait blessé plus de personnes qu’il n’en fallait. Juliet prit alors une longue inspiration, puis sourit légèrement. Elle n’était pas spécialement rancunière, de toute façon.

Aussi, pour équilibrer la conversation, elle demanda à Jeremy s’il y avait un autre sujet qu’il voulait aborder. Elle préférait nettement que tout soit dit aujourd’hui, plutôt que de rester sur des non-dits, des questions informulées. Ainsi, ils pourraient reprendre un bon départ, repartir sur des bases saines en laissant tout cela derrière eux. Elle l’encouragea en glissant sa main dans la sienne, tout en l’interrogeant du regard. Lorsque Jeremy posa sa question, elle prit le temps de réfléchir à sa réponse, avant de se lancer.

« Non, il  n’y a pas d’ambiguïté. » le rassura-t-elle en premier. « Parce que Théo est amoureux de Sam, et que je t’aime, toi. On savait pertinemment que c’était une erreur, que c’était un acte un peu désespéré, encouragé seulement par la tristesse, la solitude, et l’alcool. » souffla-t-elle en posant son regard sur son petit-ami. « Oui, Théo est un ami, un bon ami, même. Mais c’est tout, il n’y a rien de plus. Pas de pensées déplacées, pas d’actes déplacés. » affirma-t-elle.

Elle rit à la remarque de Jeremy, et ne pu qu’approuver en hochant la tête avec vigueur. Si Samaël et Théo ne se réconciliaient pas très vite, elle avait réellement peur que les choses dégénèrent complètement du côté de Sam, qui s’était visiblement découvert un côté autodestructeur qui inquiétait le plus Juliet. Pourtant, dans cette situation, elle ne pouvait pas faire grand-chose. Ce n’était pas comme si Sam et elle étaient vraiment complices, en ce moment.

« Oui, il sait. On a eu une énorme dispute à ce sujet. Deux, en fait. La première quand je le lui ai dit, et la deuxième… » elle s’interrompit, se mordit la lèvre, et haussa finalement les épaules. « La deuxième quand je suis allée lui parler après avoir appris qu’il se droguait. Il a dit des choses qu’il n’aurait réellement pas dû dire, et j’ai quitté la coloc. » annonça-t-elle. « Je n’avais vraiment pas envie de rester auprès de Sam, donc j’ai préféré partir. Je dors – enfin, je dormais – chez mon père. Maintenant… » elle laissa sa phrase en suspension, ne sachant elle-même pour elle allait bien pouvoir dormir. Elle n’avait pas vraiment envie de se retrouver face à Samaël, surtout pas maintenant. « Jeremy ? Je pourrais rester dormir chez toi, ce soir ? » demanda-t-elle finalement, après quelques instants de silence. Elle n’avait pas envie de se retrouver seule dans l’appartement de son père.

Lorsque la réponse affirmative fut donnée, Juliet esquissa un sourire puis attira le visage de Jeremy vers le sien pour l’embrasser. Elle posa une main sur sa joue.

« Je t’aime. » souffla-t-elle contre ses lèvres.

Et heureusement qu’il était là – heureusement qu’il le serait toujours – pour l’aider à surmonter ça. Le nœud qu’elle avait dans le ventre depuis l’annonce de l’accident de son père n’avait pas disparu, mais s’était desserré à la perspective de ne pas être seule pour affronter cette épreuve.

RP terminé (oui, il était temps, je sais )



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