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 On ne choisit pas sa famille... [Aloysius & Emma]

Aloysius SelwynAncien personnageavatar
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23 Novembre 2007

Aloysius resta longtemps appuyé contre le bâtant de la fenêtre de la Volière, regardant le hibou qu'il avait envoyé disparaître dans le lointain. Son hibou s'était posée sur son épaule, lui mordillant l'oreille, visiblement vexée de ne pas avoir été choisie.  Mais c'était une des lettres qu'il destinait à sa mère, et il savait que si Fatalité était envoyée, il recevrait des remarques acides sur le fait que son oiseau était vraiment incapable d'amener une lettre à bon port sans qu'elle finisse tachée de boue ou déchirée, et qu'il ferait mieux de s'en débarrasser pour une autre qui accomplirait mieux cette tâche. Mais lui, il l'aimait bien, ce grand oiseau aux longues plumes brunes, qui le suivait depuis son huitième anniversaire. C'était Caecilia qui lui avait offert, et si elle avait d'abord été nommée Lux, elle avait rapidement renommée Fatalité par son aînée, qui avait remarqué en riant qu'à chaque fois qu'une missive lui était confiée, son arrivée à bon port relevait-elle de la fatalité du destin.

Mais là, c'était pour sa mère, c'était pour Azkaban, et il était hors de question d'envoyer l'animal. Avec un peu de chance, peut-être que sa mère oublierait l'oiseau et penserait qu'il s'en était réellement débarrassé…
Il ferma brièvement les yeux, ne réalisant pas vraiment tout ce qui allait lui arriver à la fin de cette année. Sa mère revenait, sortait de prison, rentrait à la maison. Lorsqu'il avait reçu sa lettre, un peu plus d'une semaine auparavant, c'était ce qui l'avait le plus marqué, dans sa formulation. Lorsque je reviendrai… Et c'était le cas, elle sortirais à la fin de l'année, après dix ans passés à l'ombre d'Azkaban. Elle était la première des Nott emprisonnés à être libérée, et plus que tout, c'était sa mère, il aurait du être heureux de cela, non?
Mais cela lui faisait juste peur, vraiment. Il ne voulait pas qu'elle revienne, c'était cela la vérité. Il ne voulait pas que cette femme qui se disait sa mère retrouve une place dans sa vie et celle de ses sœurs, il ne voulait pas voir son père toujours avec la tristesse qu'il avait dans le regard à chaque fois qu'il rentrait d'Azkaban, il ne voulait pas voir le visage pincé de sa grand-mère quand sa belle-fille était évoquée devant elle.
Il savait que pour ses cousins, la visite à leur père, à Azkaban, était quelque chose d'important, de magique. L'avis de leur père comptait pour eux, et ils attendaient avec impatience les quelques visites annuelles auxquelles ils étaient autorisés pour le voir. Lui n'avait jamais ressenti cela. Il se rappelait même, enfant, avoir eu peur de cette femme qu'on lui présentait comme sa mère. Avec sa grande taille, ses longues boucles brunes, ses yeux sombres, sa peau aussi claire que de l'albâtre… Elle était belle, sa mère, il le savait. Caecilia lui ressemblait beaucoup, avec sa beauté un peu hautaine. Mais pour le petit garçon qu'il était, elle lui faisait juste penser à une méchante de conte de fée, prête à l'emporter loin de ses deux sœurs et de sa grand-mère.

Et elle serait de retour. Pourquoi faire? Ses parents étaient toujours mariés, il le savait, mais sa mère n'avait jamais pris aucune part dans sa vie, aussi loin qu'il se souvienne. De ses trois enfants, Caecilia avait été la préférée, et elle était celle qui se rappelait le mieux d'elle. Aloïs et Aemilia, eux, avaient été laissés ensemble, avec leur grands-parents et leurs pères, et les rares souvenirs qu'ils pouvaient avoir s'étaient vites effacés.

Cela n'avait été qu'à son entrée à Poudlard qu'il avait vraiment commencé à s'intéresser à ce qu'elle avait fait, à son engagement, à quoi que ce soit qui la touchait de près ou de loin. Parce que même s'il ne portait pas le nom de Nott, il y en avait un certain nombre qui derrière son dos chuchotaient le nom d'"enfant de Mangemort". Il savait que sa mère avait été arrêtée pour ses actions pendant la guerre, il savait qu'elle avait été du mauvais côté et que ses actions étaient réprouvables, mais le voir en détail avait été éprouvant. Sa mère, dans les jugements, semblait n'avoir jamais participé activement, n'avait jamais pris part dans des attaques… Son seul tort avait été sa place dans l'administration de Voldemort, et elle avait plaidé qu'elle n'avait fait que suivre les ordres. Mais Aloïs n'était pas dupe. Sa mère était intelligente, et il savait qu'elle était parfaitement capable de couvrir ses agissements.
Mais cette étiquette d'enfant de Mangemort, il avait dû la porter. Moins lourdement que beaucoup d'autres, comme les Lestrange, les Nott, les Keller. Lui n'avait qu'un seul Mangemort dans sa famille, et les agissements de son père et de sa tante Clarissa permettaient souvent de le faire oublier. Caecilia était passée avant lui, également, et même si son comportement hautain pouvait parfois être pris pour de l'arrogance, elle avait réussi à faire oublier le reste de sa famille au profit d'elle-même. Pour certains, il était même plus logique de le nommer "le frère de Caecilia", que le "fils de Mangemort". La seule chose visible qui les rattachaient, eux, les trois enfants Selwyn, à la famille de leur mère, était leur deuxième prénom. Théovanie, Théodren, Théophélie. Trois représentants de la famille Nott.
Mais là, avec la sortie de sa mère de prison, il pouvait être sûr que tout allait ressortir. Les chuchotements sur son passage et celui d'Aemilia, les regards de travers… Même si la plupart des enfants ayant réellement connu la guerre étaient partis, même si cela faisait dix ans, certains ressassaient toujours. Et une libération d'ancien Mangemort, cela n'arrivait pas tous les jours, alors il pouvait être certain que les journaux allaient en faire des choux gras.
La Mangemorte épouse de magistrat libérée: respect des droits ou abus de pouvoir?, oui, cela ferait un bon titre pour Sorcière Hebdo. Si son père avait réellement voulu que sa femme soit libérée plus tôt, il n'aurait pas attendu dix ans. Il n'avait même pas assisté à la séance qui l'avait condamnée, préférant rester chez lui avec ses enfants, en sachant de toute manière déjà la conclusion.

Il savait qu'il pouvait passer pour un ingrat. Ses cousins seraient ravis que Théophile et Théophane puissent quitter les cellules d'Azkaban, et s'il ne savait pas comment la Léa Nott qui se trouvait également emprisonnée était reliée à sa famille, il pensait bien que quelqu'un serait ravi de la voir libérée. Pas lui. Sa mère pourrait bien rester en prison que cela ne lui ferait ni chaud ni froid. En réalité, il ne voulait pas que sa mère quitte un jour sa cellule. Est-ce que cela faisait de lui une personne horrible? Est-ce qu'il avait le droit de penser des choses pareilles? C'était sa mère, c'était la femme qui lui avait donné la vie, c'était… Pourquoi n'était-il pas comme Caecilia?

Il soupira, avant de se détourner pour quitter la pièce, lorsqu'il se figea. Il avait été tellement plongé dans ses pensées qu'il n'avait pas entendu qu'une personne était rentrée dans la pièce.

" Bonjour Emma. "

Emma Blackbonnes, une cousine issue de germain. Qu'il avait beaucoup fréquenté enfant, sa branche de la famille étant restée "neutre" durant tous les bouleversements qu'avait subi le monde magique. C'était sa cousine, il la connaissait, l'appréciait plus ou moins en fonction des circonstances. On ne choisissait pas sa famille, n'est-ce pas? Et souvent, il préférait largement être seul plutôt que de subir les regards interrogatifs qu'une grande partie lui lançait. Mais Emma, c'était celle qui riait des plaisanteries aux dîners de famille, mais qui ne se faisait pas forcément remarquer. Comment une jeune fille aussi douce et souriante avait pu finir chez Serpentard, c'était un grand mystère. Lorsqu'il l'avait vu arriver pour sa Répartition, il avait pensé sans trop se demander pourquoi qu'elle finirait chez Poufsouffle, mais elle avait rejoint les vert et argents. Comme quoi, il ne fallait jamais se fier aux apparences.
Mais depuis quelques temps, Emma semblait plus renfermée, plus peureuse, perdant un peu de la joie qu'elle possédait auparavant. Sa cousine n'avait jamais été une grande bavarde, il le savait, mais tout de même. Quelque chose s'était passé l'année précédente, et cela semblait avoir détruit quelque chose en elle.
Il n'avait pas tellement cherché à savoir quoi. Il se rappelait été surpris lorsque, dans une de ses lettres, Aemilia lui avait mentionné le fait qu'Emma avait été emmenée pour témoigner contre Ana Sorden, leur ancienne enseignante d'arithmancie. Pourquoi elle, et pas une autre?
Ce n'était pas ses affaires, après tout. Il avait toujours apprécié Emma pour une chose: si elle pouvait parfois se montrer un peu trop curieuse, elle avait abandonné l'idée de lui faire parler des choses dont il n'avait pas envie de parler. Ce qui incluait beaucoup de choses et de sujets, mais qui permettait à leur relation de cousinage de fonctionner convenablement.

" Une lettre pour tes parents? Demanda-t-il en indiquant d'un geste la lettre qu'elle tenait à la main. Ils vont bien? "

La dernière partie était là plus par réelle politesse que par intérêt. Il aimait bien son oncle et sa tante, mais Elena Blackbonnes était vraiment trop curieuse pour son propre bien. Elle était médicomage, et s'intéressait de beaucoup trop près à lui à son goût.  Lucas, son petit frère, était mignon, mais surtout parce qu'il vivait encore dans son petit monde d'enfant, et qu'il ne semblait pas la nécessité de poser des questions.
Elle avait de la chance, Emma. Elle avait une famille normale, complète, dont les membres n'étaient pas séparés par des idéologies contraires. Il ne savait pas si ses parents s'étaient mariés comme les siens, par amour, comme son père aimait le leur raconter lorsqu'ils étaient enfants, mais ils étaient toujours ensemble. Parfois, Aloïs doutait vraiment que ses parents s'aiment encore. Il lui semblait que son père avait cessé de comprendre Théoxane le jour où celle-ci s'était engagée chez les Mangemorts, et que l'éloignement avait fait le reste. Peut-être se trompait-il, il n'en savait rien.
Il posa son regard bleu sur elle, lui adressant son sourire habituel, mêlé de tristesse et de désenchantement. Emma ne ressemblait pas aux Nott, avec ses cheveux roux et ses yeux bleux. Si on n'était pas au fait de la généalogie des Sangs-Purs, on pouvait facilement ne pas se rendre compte de leur lien de parenté. Comment relier cette jeune fille joyeuse à lui-même, ou à Théo et Artémis? Ils n'avaient rien en commun. La seule personne qui partageait un petit peu du caractère d'Emma était Aemilia.

" Et toi, tu vas bien? "

Parce que la famille, c'était important. Que même si on ne la choisissait pas, c'était quelque chose dont on ne pouvait se détacher. Il pouvait peut-être n'avoir qu'un lien lointain avec Emma, mais il ne pouvait pas s'en détacher. Et même si sa question lui faisait comprendre qu'il ne se vexerait pas si elle préférait se contenter d'un "ça va" sans rien ajouter de plus, c'était déjà une manière de garder contact.
Quelque chose qu'il n'avait jamais été capable de faire avec sa mère.
Emma BlackbonnesPréfète en Chefavatar
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Emma montait lentement les escaliers qui la mènerait à la volière, elle tenait deux lettres dans sa main, l'une pour ses parents et l'autre pour sa psychomage. Cette dernière avait exigé qu'elle lui écrive au moins une fois par mois pour faire le point, pour voir comment elle allait, elle voulait avoir ses impressions à elle disait-elle pourtant Mrs Silverster avait bien dû lui en faire des rapports sur son état. Pourquoi l'obliger à ressasser sans cesse ce qui s'était passé ? Pourquoi devait-elle toujours dire comment elle allait, le justifier ? Elle voulait juste qu'on la laisse tranquille pour qu'elle puisse oublier au moins un peu qu'elle avait fait une bêtise, essayer d'effacer de son esprit le visage de Flora qui venait encore régulièrement hanter ses rêves. Non, elle n'allait pas mieux, elle faisait bonne figure pour ne pas inquiéter ses proches, se forçait à sourire à Clara, James et Amely. Mais elle se sentait toujours aussi coupable, elle pourrait toujours écrire à une femme qui ne cessait de lui répéter qu'elle avait été manipulée que ce n'était pas sa faute, elle, elle savait qu'elle était coupable, c'était elle qui avait causé la mort de Flora et rien ne pourrait changer ça.

Et pourtant, elle essayait quand même de vivre normalement, elle avait toujours aussi peur de ce que les autres pouvaient penser d'elle et surtout sa famille, elle avait toujours eu l'impression de ne pas être comme ses autres cousins, elle n'avait pas connu ce qu'ils avaient connu la perte d'un parent proche pendant la guerre, elle ne savait pas ce que ça faisait de voir sa mère ou son père emmené à Azkaban, elle avait toujours ses parents, ils étaient parfois stricts, elle avait souvent peur de les décevoir, de ne pas être à la hauteur de leurs attentes. Elle avait toujours été plus insouciante que ses autres cousins, sauf peut-être Aemilia qui semblait vivre dans son monde. Elle savait qu'ils avaient dû se poser des questions lorsqu'elle avait été emmenée pour être interrogé sur Ana Sorden, pourquoi elle et pas une autre après tout ? Pourquoi pas des Gryffondors, ils avaient été plus touchés qu'elle par l'influence de Sorden dans l'école, du moins c'est ce qui ressortait à première vue. Elle avait supplié ses parents de ne pas parler de ce qui s'était passé, à personne, son oncle Tristan ne savait rien, ses cousins et leurs parents non plus, juste la version officielle, elle avait témoigné comme élève et ça s'arrêtait là. La honte qu'elle éprouvait était trop forte, elle ne pouvait pas en parler, elle regrettait même parfois de l'avoir dit à Clara et James, elle n'aimait pas le regard de pitié qu'elle voyait parfois dans leur regard. Elle ne voulait pas de pitié, la pitié c'était pour les nuls, elle ne voulait pas être nulle, elle était une Blackbonnes, une Nott mais personne ne s'en rendait compte parce qu'elle n'était pas comme eux, elle n'était pas aussi forte qu'eux, elle n'avait jamais vraiment réussi à s'intégrer à se faire à leurs règles. Ne pas laisser transparaître ses émotions, elle y arrivait rarement et pourtant, l'année dernière, elle avait appris à le faire et elle n'était pas plus heureuse pour cela. La dissimulation voilà ce qu'on apprenait dans son monde et elle n'aimait pas particulièrement ça. Elle était heureuse d'avoir une famille aimante et complète mais parfois, elle aurait préféré être née dans un autre monde où on ne dissimulait pas ce qu'on ressentait où les mots "je t'aime" n'étaient murmurés que rarement et dans l'intimité. Sa mère avait toujours eu du mal à lui montrer ce qu'elle ressentait, à lui dire l'affection qu'elle éprouvait pour elle, elle le savait pourtant mais elle aurait aimé l'entendre plus souvent, elle aurait voulu qu'elle la prenne dans ses bras plus souvent. Mais ça ne se faisait pas, alors elle avait appris à ne pas s'en formaliser, essayant d'égayer quelque peu les repas de famille.

Mais aujourd'hui elle s'en sentait incapable, comment pouvait-elle encore rire après ce qu'elle avait fait ? Comment osait-elle rougir et tomber amoureuse, Flora ne pourrait jamais faire tout ça et tout ça à cause d'elle et pourtant, elle continuait de faire comme si de rien était, elle n'essayait même plus de se raisonner lorsqu'elle croisait Dave, on voulait qu'elle agisse normalement ? Et bien, elle ferait comme si de rien n'était sans toutefois y parvenir complètement, elle le savait elle n'était plus la même et comment aurait-elle pu l'être ? Elle pénétra dans la volière et se figea à l'entrée lorsqu'elle aperçut qu'un élève s'y trouvait déjà, elle reconnut rapidement le dos de son cousin issu de germain, Aloysius qu'elle préférait appeler Aloïs. C'était plus court et plus simple à dire, elle s'obligea à esquisser un sourire décontracté alors qu'il se retournait pour s'apercevoir de sa présence.

"Bonjour Aloïs", répondit-elle à sa salutation.

Elle se dirigea vers une chouette pour y attacher la lettre destinée à ses parents, le désavantage d'avoir emmené Belzébuth avec elle à la place d'un hibou ou d'une chouette, cela l'obligeait à se rendre à la volière pour poster son courrier, elle n'aimait pas vraiment cette tour emplie d'oiseaux moroses qui sentait la fiente mais elle n'avait pas d'autre solution pour envoyer ses lettres, elle n'avait donc pas vraiment le choix. Elle posa alors son regard sur son cousin, elle l'aimait beaucoup, comme le reste de sa famille soit dit en passant mais Aloïs peut-être plus que les autres, il n'était pas aussi impressionnant que Théo, il avait ce petit côté oisillon tombé du nid qui lui plaisait beaucoup et lui donnait envie de le protéger, de lui donner de l'affection sans doute parce qu'il était malade, elle ignorait de quoi il souffrait et bien sûr, elle était très curieuse mais si il ne souhaitait pas en parler c'était son droit, elle n'allait pas le forcer à parler, encore moins maintenant alors qu'elle cachait elle même un secret. Elle posa son regard sur la lettre qui lui restait alors qu'Aloysius lui demandait s'il s'agissait d'une lettre pour ses parents, elle hocha lentement la tête avant de relever le regard.

"Oui et non. Il y en a une qui est pour eux mais l'autre ne l'est pas. C'est pour ma psychomage."

Elle se mordilla alors la lèvre inférieure, elle aurait pu mentir, elle aurait dû mentir, dire que c'était pour sa correspondante de Salem avec qui elle s'entendait bien malgré le fait qu'elle venait de Salem, comme Sorden, mais finalement elle avait réussi à passer outre cet état de fait. Elle n'aurait pas dû parler de la psy, cela allait entraîner des questions, un tas de question, elle se doutait que le Serdaigle ne les poserait pas mais il se les poserait à lui même et c'était déjà trop.

"Oui, ils vont bien et les tiens ? Ta mère sort bientôt, tu dois être content."

Elle ignorait quelle relation il avait gardé avec sa mère et lors des procès de 1998, elle était trop jeune pour se rappeler quel comportement Théoxane avait eu, pour dire vrai, elle ne se rappelait même plus de la cousine de sa mère, un vague visage pâle avec de longs cheveux bruns s'imposait à elle, image née des photos de famille qui traînaient dans les albums qu'elle aimait feuilleter de temps à autre.

"Je vais... bien. Et toi ?"

Les mots avaient beaucoup de mal à sortir, beaucoup trop pour que ce soit naturel, pourquoi son mensonge ne fonctionnait-il pas avec Aloïs, pourquoi n'arrivait-elle pas à montrer autant d'assurance qu'elle l'aurait voulu ? Elle y arrivait parfaitement avec ses parents et elle s'était entraînée chez ses grands-parents cette été, elle n'avait pas eu autant de mal à mentir, pourquoi était-ce différent aujourd'hui ? Elle tourna alors la tête vers une seconde chouette et attacha sa dernière lettre à sa patte avant de se reculer légèrement pour la laisser passer, elle l'observa s'éloigner un instant avant de reporter son attention sur le jeune homme.

"J'ai été nommée préfète, j'essaye d'être à la hauteur mais ce n'est pas aussi facile qu'on le dit. Et... ta présence m'a manqué l'année dernière, je suis heureuse que tu ailles mieux."

Parler pour ne rien dire ou presque, parler de chose qui ne la concerne pas directement pour ne pas être tentée de dire ce qu'elle avait sur le cœur et pour ne pas voir de pitié ou de dégoût dans le regard des personnes de son entourage.


Emma Blackbonnes


Sur une idée originale de Vigounet pour la signa et ava de Daisy ♥
Aloysius SelwynAncien personnageavatar
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Il se retint d'afficher une expression de surprise lorsqu'elle lui répondit que si l'une d'entre elle était pour ses parents, l'autre était pour sa psychomage. Il ne se serait jamais douté que sa cousine aurait un jour besoin d'aide psychologique, ou d'une quelconque aide médicale. Déjà parce qu'elle avait une mère médicomage, qui devait être parfaitement capable de prendre soin de ses enfants, et ensuite parce qu'il ne voyait absolument pas pourquoi sa cousine aurait besoin d'un soutien. Elle avait une vie que beaucoup lui envierait, même parmi les Sangs-Purs. Elle avait ses deux parents, elle avait une famille aimante, même si peu démonstrative, elle avait des amis qui l'appréciaient… Que s'était-il passé l'année précédente pour provoquer un tel changement?
C'était dans ces moments-là que son absence lui revenait en pleine figure. Lorsque ses camarades parlaient d'évènements qu'il avait manqués, lorsque le nom de cette Sorden qu'il n'avait connu que via les journaux était abordé, lorsqu'il avait retrouvé sa place dans le dortoir et s'était aperçu que deux avaient échangés de place sans qu'il sache réellement pourquoi… Il avait arrêté d'essayer de tout comprendre. Il prenait les choses comme elles venaient, essayant de les comprendre et de les associer avec ce qu'il connaissait, ne demandant jamais rien à personne. On ne se rendait pas compte à quel point les lieux, les gens, les habitudes pouvaient changer en une seule année, lorsqu'on la vivait au jour le jour. Ce n'était que lorsqu'on partait, pour ensuite revenir que tout devenait évident. Les objets qui changeaient de place, les têtes qui avaient vieillies, les sujets de discussion qui changeaient…

Il soupira légèrement lorsque sa cousine remit le sujet de sa mère sur le tapis. Il avait parlé de ses parents, il était certain qu'Emma allait évoquer les siens, et comment évoquer Flavius et Théoxane Selwyn sans évoquer la future libération de cette dernière. C'était un des évènements importants de leur famille, la première des trois enfants de Théophraste à quitter Azkaban! Et si, chez la plupart des Sangs-Purs, beaucoup n'avaient pas encore réalisé, Emma était une Nott. Même si la plupart avaient tendance à l'oublier, tellement elle était différente physiquement de ses cousins. Aloïs avait un air de famille avec Théo et Artémis, les cheveux noirs et les yeux clairs, et partageait avec son cousin son caractère plutôt taciturne et solitaire. Mais Emma, avec ses boucles rousses, son nom de Blackbonnes et son absence totale de membres impliqués du mauvais côté dans la famille… Elle faisait figure d'intruse, d'une certaine manière.

" Père va bien, il travaille beaucoup, mais… Enfin, tu le connais, il a un peu tendance à se tuer au travail en disant que ça lui vide l'esprit. Quand à ma mère… Caecilia est ravie de sa libération, et je ne sais pas trop pour Aemilia. Le jour où je comprendrais réellement ce qui se passe dans la tête de ma sœur n'est pas encore arrivé. "

Une manière comme une autre de passer ce que lui pensait sous silence. Il ne voulait pas que l'on sache ce qu'il pensait de sa mère, de son absence totale de joie à l'idée qu'elle retrouverait bientôt sa place au Manoir Selwyn. Parce que ce qu'on attendait de lui, c'était qu'il soit le fils parfait, attendant avec une impatience palpable le retour à la maison de la mère prodigue… Et qu'il en était incapable. Caecilia l'était, mais Caecilia avait toujours été la fille parfaite de leur mère.
Il ne voulait pas penser à sa mère. Il ne voulait pas penser à toutes les remarques que Théoxane feraient, à tout ce qu'elle leur reprocherait, à toutes ses opinions qui n'auraient sans aucun doute pas changé durant les dix ans qu'elle avait passé en prison. Elle était intelligente, Théoxane Nott, et il pouvait parier qu'elle avait utilisé ces dix années pour réfléchir et penser à toutes ses actions, et à coup sûr à leur trouver une justification.

Il reporta son regard sur le lointain tandis qu'Emma lui assurait qu'elle allait bien. Il releva l'hésitation dans ses mots, le fait qu'ils semblaient être prononcés aussi bien pour le convaincre lui que pour se convaincre elle-même. C'était compréhensible, d'un certain côté. Elle avait été au travers d'un procès, celui d'une enseignante qu'elle avait eu en cours, il était donc raisonnable qu'elle n'aille pas forcément très bien, lui répondit instantanément son esprit logique. Néanmoins, le procès datait de juin précédent, Emma aurait dû… se relever, continuer à vivre, non? Elle n'était responsable de rien,  dans cette affaire, alors il n'y avait pas de raison pour qu'elle soit aussi affectée, non?

Il l'observa attacher sa lettre à la patte d'une chouette, tout en formulant sa réponse dans sa tête, essayant de voir si elle ne laissait pas trop apparaître ce qu'il pensait. C'était toujours délicat, de répondre à cette question, surtout quand elle venait de quelqu'un de proche. Dire quoi? La vérité, une semi-vérité, ou un mensonge? Aloïs finissait toujours par l'éviter d'une manière ou d'une autre, par répondre sans vraiment dire ce qu'il ressentait réellement.

" Mieux que l'année dernière, en tout cas. "

C'était vrai. Mais son année avait été tellement horrible qu'il n'était pas si compliqué de faire mieux. Entre le temps qu'il avait passé à Ste-Mangouste à subir des examens, le temps qu'il avait passé seul au Manoir Selwyn, en compagnie parfois de son père lorsqu'il rentrait, ou à d'autres moments de ses grands-parents, le temps qu'il avait passé assis sur le tabouret de piano…
Ces moments-là avaient été les plus faciles. Parce qu'au milieu, il y avait eu les nombreuses crises, l'ayant laissé détruit, psychologiquement et physiquement. Et ces moments-là, il préférait les effacer de sa mémoire.
Il hocha doucement la tête lorsqu'elle affirma qu'être préfet était beaucoup plus difficile qu'il y paraissait. On lui avait proposé le poste, un an auparavant, juste avant son entrée en cinquième année. Il l'aurait occupé, d'ailleurs, aux côtés de Séphy, s'il avait pu être présent. Mais les crises qui s'étaient déclenchées avaient stoppées nets toute possibilité de retourner à Poudlard, et le poste avait échu à quelqu'un d'autre.

" Si Adamson t'as nommée préfète, c'est qu'elle pense que tu peux remplir le rôle. Aux dernières nouvelles, on nomme les personnes compétentes aux postes à responsabilité. C'est ce que tu es, Emma, c'est comme ça que les autres te voient même si c'est difficile pour toi de le réaliser et de prendre cette place. "

Ce fut sa dernière phrase qui le surprit le plus. Qu'elle soit prononcée parce qu'elle le pensait vraiment ou simplement par politesse, il ne s'attendait pas du tout à ce que sa cousine évoque son absence de l'année précédente, surtout pour lui dire qu'il lui avait manqué. Il ne savait même pas comment répondre à cela.
Si cela avait été formulé autrement, il aurait pu se refermer comme une huître, ne souhaitant pas aborder le sujet. Mais il semblait que la rouquine adoptait les mêmes manières de défense que lui, se contentant de sujets autres pour éviter ce qui les dérangeaient vraiment. Et ce sujet-là, le sujet de son absence, même s'il était lié à sa maladie, il pouvait l'aborder.

" Je… Je suis désolée si je t'ai manqué, Emma, j'essaierai de faire en sorte que cela n'arrive plus. "

Il reporta son regard sur l'horizon, ajoutant sans même réellement sans rendre compte:

" Je ne pensais pas vraiment que je manquerai vraiment à quelqu'un. "

Ses camarades de dortoirs, ses camarades de classe, sa sœur, tous semblaient avoir très bien fonctionnés sans lui, alors pourquoi leur aurait-il manqué?
Emma BlackbonnesPréfète en Chefavatar
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Emma hocha nonchalamment la tête alors que son cousin répondait plus ou moins à sa question, il n'avait pas dit ce qu'il pensait lui du retour de sa mère, il parlait pour ses sœurs, ne confiant pas ce que lui ressentait. Et comment lui en vouloir, faire partie de la même famille dans leur monde ne voulait rien dire, cela ne voulait pas dire qu'ils s'aimaient ou même qu'ils se faisaient confiance, cela voulait juste dire qu'ils partageaient le même sang voilà tout. Elle n'avait pas souvenir d'avoir un jour partagé quoique ce soit d'intime avec ses proches si ce n'était avec ses parents, toujours des faux-semblants, toujours le paraître et jamais la sincérité. Et elle même jouait le jeu, la sincérité lui faisait peur, montrer ses sentiments lui faisait peur, elle vivait à travers le regard des autres, elle ne voulait pas être la faible de la famille, elle ne voulait pas être le mouton noir, celle qui était incapable de se plier aux exigences de son monde et à ses attentes. Elle se sentait déjà suffisamment étrangère dans sa propre famille, elle était si dissemblable de ses cousins, tous bruns aux yeux bleus, même son frère ressemblait plus à un Nott qu'elle. Elle faisait tâche au milieu d'eux, elle le savait, elle savait également qu'elle n'était pas aussi assuré qu'eux mais qu'elle les aimait et les admirait tous. Ils étaient tous plus admirable qu'elle, tous plus sûr d'eux qu'elle, elle avait l'impression qu'ils maîtrisaient leurs vies tellement mieux qu'elle. Ils paraissaient tellement plus mature qu'elle, tout semblait déjà tracé pour eux. Alors qu'elle se battait continuellement pour savoir ce qu'elle ferait de sa vie, maudissant parfois sa mère d'être l'exception de la famille Nott, indépendante, féministe, sûre d'elle. On aurait pu croire qu'il y avait eu erreur à la naissance, la cigogne s'était trompé de maison. Sa mère ne pouvait pas être une Nott et pourtant, elle se montrait parfois aussi froide et implacable qu'eux.

Elle esquissa un léger sourire alors que Aloïs affirmait qu'il allait mieux que l'an passé, comment aurait-il pu en être autrement, il n'avait pas été scolarisé normalement cela ne pouvait que signifier qu'il était vraiment mal, elle s'était inquiétée et elle s'inquiétait encore, c'était plus fort qu'elle mais elle ne le montrait pas, elle ne voulait pas mettre Aloysius mal à l'aise, il ne voulait pas en parler, faire comme si tout était normal ? C'était son droit et elle le respectait, elle même voulait qu'on lui fiche la paix avec l'affaire Sorden, elle ne voulait pas de pitié, elle comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir le Serdaigle face à un visage un peu trop compatissant, d'ailleurs peut-être que malgré elle, ses yeux reflétait son inquiétude, l'angoisse de le perdre trop vite parce qu'il avait forcément quelque chose de grave même si il n'en parlait jamais, c'était forcément très grave. Elle rougit légèrement lorsqu'il affirma qu'elle était compétente sinon Adamson ne l'aurait pas nommé préfète mais elle en doutait fortement, elle ne voyait ce poste que comme la confirmation que Margot Adamson se sentait coupable pour ce qui s'était passé l'an passé, sa nomination n'était qu'une façon déguisée de lui demander pardon ou alors de lui faire reprendre confiance en elle, elle l'ignorait mais elle doutait sincèrement que c'était parce qu'elle était compétente, elle avait eu l'ambition, autrefois de devenir préfète mais aujourd'hui cela n'avait plus vraiment d'importance, elle faisait juste ce qu'on lui demandait de faire.

"Je doute honnêtement que mon insigne de préfète soit dû au fait que je suis compétente. Je n'ai pas leur assurance Aloïs, je ne suis qu'une petite fille peureuse à qui on a donné un badge pour qu'elle prenne des responsabilités qu'elle n'a entraperçu que dans ses rêves. Elle espère sans doute que cela changera quoique ce soit."

Emma avait murmuré ses derniers mots avant de détourner le regard, les yeux légèrement humidifiés, elle ne devait pas pleurer, elle n'en avait pas le droit, elle devait être forte, comme son cousin qui ne se plaignait jamais. Il restait stoïque en toute circonstance, elle aurait tellement voulu être comme lui, il lui avait manqué, ce qu'il représentait lui avait manqué, il était un modèle pour elle, il lui rappelait qui elle devait être et comment, elle devait agir. Elle devait être comme lui, impénétrable, fière et indéchiffrable en toute occasion. Et il s'excusait de lui avoir manqué, on ne s'excusait pas pour ça habituellement, ce n'était pas un motif d'excuse, pourquoi ?

"Non, ne t'excuse pas ce n'est pas ta faute, c'est moi, je suis trop faible, excuse moi. J'aurais mieux fait de me taire, j'ai encore parlé trop vite, comme toujours. Et je pense que tu as manqué à plus de monde que tu ne le penses, c'est juste qu'il ne le montre pas. Ils savent cacher leurs émotions ce que j'ai encore beaucoup de mal à faire malgré les années. Le gêne Nott n'est malheureusement pas beaucoup présent chez moi."

Ses lèvres s'esquissèrent en un léger sourire qui se voulu amusé mais il se fana bien vite, elle n'avait même plus l'envie de plaisanter, tout cela la lassait, elle n'était qu'une pâle copie de sa mère. Elle se demandait parfois ce qu'elle faisait vraiment à Serpentard, son ambition s'était envolée en même temps qu'Ana Sorden, elle n'était plus aussi vive d'esprit qu'autrefois, plus sage et plus réfléchie peut-être, plus froide aussi sans doute. Alors finalement si elle avait sa place chez les verts, elle avait finalement fini par apprendre l'art du mensonge et de la dissimulation. Elle le maîtrisait même à la perfection.


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Aloïs regardait Emma, sans vraiment la voir. Il avait l'impression, en lui parlant, de se voir, des années auparavant. Détruit, ne sachant plus à quel saint se vouer, enfouissant au plus profond de lui-même tout ce qui lui faisait du mal, sans même oser se l'avouer à lui-même. Beaucoup pourraient dire qu'il faisait toujours cela, Aemilia la première. C'était faux. Il refusait d'en parler, refusait que tous connaissent son état, oui. Mais il savait ce qui lui arrivait. Il savait ce qu'il vivait, il regardait la vie et la vérité en face. Pourquoi la plupart des gens ne voulaient pas comprendre que parfois, parler ne faisait pas se sentir mieux?

Emma avait l'air de passer par les mêmes phases. Il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé, et à vrai dire, il s'en moquait. Ce n'était en rien ses affaires, et il n'était pas suffisamment proche de sa cousine pour réellement savoir ce qu'elle pensait. Il n'était vraiment proche d'aucun de ses cousins, de toute manière. Les trois enfants Selwyn avaient tendance à toujours se serrer les coudes, dans toutes les difficultés, malgré tous les problèmes qu'il pouvait y avoir entre eux. Alors, aux réunions de familles, lorsqu'aucun d'entre eux n'avaient leur âge, ils avaient eu tendance à rester ensemble. Caecilia était trop intelligente, Aemilia trop rêveuse et Aloïs trop peu loquace pour réellement s'entendre avec d'autres enfants de son âge. Ils s'entendaient bien, oui, mais n'avaient jamais dépassé cette froideur, cette distance qu'on place lorsqu'on discute avec une connaissance dont on ne s'est jamais réellement senti proche. Par politesse, par convention, plus que par réel envie.

Mais malgré tout cela, la famille arrivait première. Et Emma, aussi difficile qu'il soit de s'en rendre compte au premier abord, Emma était de la famille. Même s'ils ne se connaissaient pas bien, même si leurs relations n'avaient jamais tellement dépassé le stade de la cordialité.

" Ce n'est pas seulement prendre des responsabilités qu'être préfet, Emma. C'est être capable de comprendre. Tu sais des choses. Tu entends des choses, tu comprends, et tu es capable de savoir quand une limite est présente, quand il faut s'arrêter. Crois-moi, il n'y a pas grand monde qui sache le faire. "

Il n'avait jamais été tellement du genre à rassurer, à expliquer, pourtant. Aloysius était habituellement à la place de celui qui se taisait, qui regardait, et qui ne répétait jamais rien. Ne jamais rien laisser paraître de ce qu'on pense réellement, de ce qu'on ressent réellement, parce que certains pourraient comprendre. Il préférait largement qu'on le voie comme lui l'a décidé, comme un garçon travailleur, peu loquace, qui se fond dans le décor et ne pose pas de problème, plutôt que comme le garçon malade, détruit.
Il se reconstruisait seul, l'avait toujours fait. Refusait de voir les autres coller leur nez dans ses affaires.

Mais il savait que pour les autres, cela n'était pas aussi facile. Lui avait compris très tôt qu'il ne pouvait compter que sur lui-même, et que s'il commençait à en douter, il était perdu. Beaucoup n'en avaient aucune idée, et commençait à s'autodétruire dès qu'ils étaient mis en face d'un choc. Aloïs savait mieux que quiconque jusqu'où cela pouvait mener. Et si, en temps normal, il n'aurait rien fait, il serait parti sans rien dire, estimant que ce n'était pas ses affaires… Emma était de la famille.
Et cela uniquement le poussait à rester.

Il n'était pas méchant, Aloïs, loin de là. Il estimait juste de rien devoir aux autres. Mais il tenait à sa famille. Même s'il ne la connaissait pas très bien, même s'il ne s'entendait pas forcément très bien avec elle. Parce que la famille, c'était quelque chose dont on ne pouvait pas se détacher et ignorer. Les amis, les amours, les ententes, tout cela passe. Les liens du sang restent.
Même si parfois il était dur de les ressentir, ils étaient présents. Sa mère restait sa mère, aussi peu s'était-elle occupée de lui, aussi peu l'avait-il réellement connu. Le fait qu'il l'apprécie ou non ne rentrait pas en ligne de compte.

Il sourit tristement en secourant la tête, lorsque la jeune fille assura qu'il avait sans doute manqué à plus de gens qu'il ne voulait se l'avouer. On ne manquait pas au gens, on apprenait juste à vivre sans. Lui avait appris dès sa naissance à vivre sans sa mère, il avait dû ensuite apprendre à vivre sans ses sœurs. Et à la fin, on ne se rendait compte que quelqu'un nous avait manqué uniquement lorsqu'il revenait, à un moment où la sensation de manque se dissipait. Alors à quoi bon se mentir? La vie continuait, c'était tout. Et on ne pensait que rarement à ceux absents.

Et dans leurs milieux, c'était d'autant plus visible. Un lieu d'apparences, un jeu de masques où personne ne disait réellement ce qu'il pensait, où derrière les sourires se cachaient de vieilles rancunes, où l'affection et l'attention étaient cachés derrière des mines de circonstances. Beaucoup d'enfants de la Haute étaient ainsi, lui-même l'était, il ne s'en cachait pas. Un sourire poli toujours aux lèvres, ne laissant jamais paraître ce qu'il pensait et ressentait, semblant toujours plus fort qu'il ne l'était réellement. Caecilia était maîtresse à ce petit jeu-là, également.
Et au milieu de ceux-là, il y avait les autres. Comme Aemilia, comme Emma, comme beaucoup d'autres encore. Qui ne se reconnaissaient pas dans ces standards, mais étaient obligés de les suivre pour survivre. On ne pouvait pas se permettre d'être différent, dans la Haute, si on ne voulait pas être détruit.
Mais cela n'était que dans l'apparence. A l'intérieur, il fallait savoir et reconnaître que l'on restait le même.

" Être capable de cacher ses émotions, être capable de les dissimuler, de faire comme si rien ne t'arrivait… ce n'est pas la seule manière d'être forte, Emma. C'est à toi de choisir comment tu veux être. Le plus important, c'est d'y croire. De croire qu'on va y arriver, qu'on va pouvoir se relever et continuer à avancer, malgré ce qu'on a vécu. Parce que ça… personne ne va pouvoir le faire à ta place. "

C'était une des choses qu'il avait compris très tôt. Que personne d'autre que lui-même n'allait pouvoir l'aider à s'en sortir. Comment le pourraient-ils, de toute manière? Ils ne se comprenaient pas. Sa famille ne le pouvait pas, ses amis ne le pouvait pas, personne ne le pouvait. C'était triste, mais c'était comme ça. C'était la cause de l'immense barrière qu'il avait eu tendance à ériger autour de lui.

" Tu n'es pas qu'une Nott, Emma, tu es une Blackbonnes. Tout comme je suis à la fois un Nott et un Selwyn. C'est à toi de décider ce que tu veux être. "

Être comme Caecilia, la jeune héritière parfaite. Être comme Aemilia, celle qui semblait complètement décalée. Être comme lui, qui jouait un rôle pour éviter les sujets qui le touchait réellement.
Être elle-même.
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Emma hocha légèrement la tête pour montrer qu'elle comprenait où voulait en venir son cousin, finalement, elle avait peut-être quelques atouts pour remplir son rôle de préfète, elle n'était peut-être pas l'altruisme ni la générosité incarnée, elle n'était peut-être pas vraiment compatissante et elle n'était sûrement pas autoritaire, elle n'était pas non plus très courageuse et pas la plus prompte à prendre des décisions mais elle écoutait, elle entendait ce qu'on lui disait et agissait en conséquence, elle pensait savoir distinguer assez aisément les limites à ne pas franchir. Les paroles d'Aloïs lui firent du bien, elle esquissa un léger sourire de remerciement, elle et son manque de confiance en elle. C'était presque chronique là façon qu'elle avait de ne pas se faire confiance, plus c'était, plus d'une fois, révélé handicapant. Et entendre ces mots l'avait rasséréné, elle devait certainement souffrir d'un manque de reconnaissance flagrant peut-être que parfois si on lui disait plus souvent que ce qu'elle faisait été bien, peut-être se sentirait-elle moins nulle mais elle en doutait, elle n'était pas du genre à avoir une estime d'elle très importante et pourtant lorsque quelqu'un la complimentait, elle rougissait, faisait semblant d'être flattée et intérieurement prenait la grosse tête en se disant que finalement, c'était elle la meilleure. Un vrai cas à elle toute seule, un ensemble de contradiction et elle ne savait comment remédier à cela.

La jeune fille avait encore les joues légèrement rosies lorsque le Serdaigle repris la parole suite à sa remarque sur son incapacité à cacher ses émotions et à être forte, à être celle qu'on attendait. Elle savait qu'elle ne pouvait pas rester une petite fille toute sa vie et pourtant cette option était vraiment tentante, encore les paroles d'Aloysius la touchèrent en plein cœur, on aurait dit qu'il savait ce qu'elle ressentait, qu'il savait ce qu'elle pensait. A moins, qu'il ne l'ait lui même vécu, il semblait savoir tellement de chose sur la reconstruction de soi-même, il n'y avait personne pour nous aider même les personnes qui savaient n'étaient pas forcément d'un grand secours, elle aimait ses parents et ses amis mais malgré tous leurs efforts, ils ne l'avaient pas aidé à aller mieux, ses séances avec sa psychiatre lui avait semblé être une perte de temps mais elle n'avait pas voulu paraître grossière alors elle s'était tu et avait commencé sa rémission intérieure, seule. Parce qu'il n'y avait qu'elle qui savait vraiment ce qu'elle ressentait, alors elle enfouissait, elle cachait au fond d'elle sa culpabilité.

Elle refaisait les gestes de tous les jours machinalement sans prendre en compte qu'elle avait causé la mort d'une petite fille, elle avait verrouillé cet acte au plus profond de son esprit et l'avait cadenassé à double tour, la nuit après ses cauchemars lorsque les images défilaient encore sous ses paupières closes, elle s'obligeait à penser à autre chose, elle s'imposait d'autres images, plus paisible, plus sereine et elle se rendormait comme si de rien était, elle continuait à vivre, ne pas y penser, oublier. Elle était en rémission et elle s'obligeait à agir comme une fille de son âge, une fille normale avec des intérêts normaux. Les nouvelles robes de Clara, son nouveau petit-ami, la vie amoureuse de James, les révisions pour les BUSEs et surtout rire, rire le plus possible, sourire, pour faire croire qu'elle allait bien. Reporter toute son attention sur Dave qui ne semblait plus aussi indifférent. Des préoccupations futiles pour ne pas sombrer à nouveau.

Emma fut alors surprise par son cousin, elle n'était pas qu'une Nott, s'était vrai, elle était une Blackbonnes également et c'était surtout ce trait de caractère qui ressortait chez elle mais à choisir, elle aurait préféré être une Nott, elle aurait moins fait tâche dans le monde dans lequel elle évoluait, son oncle Tristan était gentil mais un peu... étrange parfois et elle ne voulait pas que l'image que l'on retenait d'elle était celle d'une fille avec un côté de sa famille un peu spécial, elle voulait être parfaitement comme les autres parfaitement intégrée et bien dans le moule voulu par la bienséance. Elle n'était pas une rebelle, elle n'était pas extravertie, elle n'était pas courageuse, elle voulait juste pouvoir évoluer sans faire d'impair et sans passer pour une pauvre fille. Elle voulait trouver sa place dans un monde ou dans l'autre mais elle était entre les deux n'arrivant pas à se détacher de certains principe et n'arrivant pas à en appliquer d'autres. Elle ne voulait pas décider au fond, elle voulait qu'on lui dise clairement ce qu'on attendait d'elle et ce qu'elle devait faire, elle n'était pas prête pour tout ça, c'était donc cela grandir ? Et bien elle ne le voulait pas, elle voulait rester une enfant toute sa vie et qu'on prenne les bonnes décisions à sa place. Non, elle voulait avoir son mot à dire, elle devait avoir son mot à dire, elle n'était pas une marionnette, elle était elle, juste elle et peut-être que le plus simple en effet était qu'elle le reste. Elle-même avec ses contradictions, ses incohérences, ces imperfections, elle ne serait jamais une parfaite aristocrate ? Et bien tant pis, il faudrait l'accepter comme elle était, avec ses erreurs et ses défauts qui n'en était peut-être pas finalement.

"Merci Aloïs !"

Elle esquissa un léger sourire, il l'avait aidé à y voir plus clair sans même en avoir conscience ou peut-être que si finalement, il savait peut-être exactement ce qu'il faisait. Elle avait toujours eu de mal à le cerner et c'était ce qui lui plaisait chez lui, c'était le cousin insondable, celui qui la laissait admirative et l'intriguait à cause de cette petite part mystérieuse, secrète et cachée qui existait chez lui.


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On ne choisit pas sa famille... [Aloysius & Emma]

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