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 L'heure du thé(o) [Théo]

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Pardon pour le titre, quand l'inspiration est loin...

28 Novembre 2007


Connor Adency, 21 ans, élève de l'Académie Lycaon.

Connor n'avait jamais aimé le thé et ce n'est pas Le Triton d'Argent qui allait le faire changer d'avis, songea-t-il tandis qu'une serveuse énumérait toutes les sortes de thé qu'ils servaient. Son père avait toujours été un grand adorateur de cette boisson, remplissant des placards entiers de leur cuisine avec des sachets, faisant venir des hiboux d'outre-Atlantique pour satisfaire ses envies de tea time. Plus que son admission à Lycaon, Connor était persuadé que son père était surtout heureux d'avoir quelqu'un pour lui envoyer des sachets en direct du Royaume-Uni, dans son courrier mensuel. En bon fils, Connor s'y pliait sagement, ne cherchant même plus à argumenter. Il dépensait quelques dizaines de livres en thé chaque mois et cela suffisait à entretenir un lien entre son père et lui. Ce n'était pas si compliqué que cela les familles, une fois qu'on avait compris le truc : donner à chacun ce qu'il voulait sans trop se compromettre et vous obteniez une famille heureuse et unie, songea-t-il avec ironie. Pourquoi contrarier les gens et créer des drames lorsque le silence entrecoupé de petites attentions suffisait à maintenir une cohésion familiale que l'on pouvait très facilement qualifier de bonheur si votre définition de bonheur était l'absence de conflits ?

Connor avait toujours appliqué cette politique : satisfait tout le monde et tu seras en paix, à défaut d'être satisfait toi-même. La tranquillité était sa définition du bonheur personnelle et il avait toujours tout fait pour l'obtenir : il avait travaillé dur pour entrer à Abigail Williams College, la meilleure école de sorcellerie mixte des États-Unis, l'Académie des Sorcières de Salem étant un cas particulier. Cette admission avait satisfait ses grands-parents et le reste de sa famille qui avaient vu en lui une relève assurée. Comme s'il y avait quoi que ce soit à assurer de toute manière. Il avait travaillé dur toute sa scolarité et ramené à la maison les notes que ses parents espéraient : son statut de bon élève lui avait apporté un confort non-négligeable dans sa vie quotidienne étant donné que ses parents le laissait en paix, jugeant qu'avec d'aussi bonnes notes, il pouvait bien avoir quelques récompenses. Il avait continué dans cette voie en obtenant son diplôme de fin d'études et en postulant dans d'excellentes écoles à travers le monde avant d'être admis à Lycaon, en Angleterre. Sa famille était ainsi satisfaite, ses parents avaient quelque chose à raconter aux voisins et Connor faisait une pierre deux coups en quittant les États-Unis, son Ohio natal et la maison de ses parents pour un pays où personne ne le connaissait. Y avait-il plus parfaite tranquillité que le pur et simple anonymat ?

Il avait donc emménagé voilà trois ans dans un petit appartement du quartier sorcier de Bristol, une pièce un peu tarabiscotée mais qui avait l'avantage d'être bien chauffée et de disposer d'une salle de bain avec une taille décente. Ses parents finançaient tout son séjour en Angleterre et ses études et ne pouvaient pas se permettre de prendre plus grand. Connor n'avait rien dit et s'en était arrangé, tenant encore une fois trop à sa tranquillité pour protester. Il ne disait rien, il laissait les choses passer et tout le monde était content. Il avait ainsi pris ses marques à Bristol, avait commencé ses études à Lycaon, avait rencontré quelques amis - il aimait être en paix, pas forcément complètement isolé - et avait poursuivi sa vie calmement, sans heurts et sans remous. Ce train-train quotidien lui convenait : il travaillait toute la journée à Lycaon, rentrait le soir, se cuisinait quelque chose ou allait acheter un plat chez les moldus qu'il consommait en écoutant la RITM avant d'aller dormir. Il sortait de temps à autre avec ses amis, allait boire un verre, sortait du coté moldu. Il rentrait au pays pour Thanksgiving et Noël, fêtait le Nouvel An avec ses amis d'Abigail et repartait en Angleterre pour reprendre sa routine sans que personne ne trouve rien à y redire.  

Certaines mauvaises langues pourraient aisément dire que Connor avait une vie parfaitement ennuyante. Lui préférait le terme banal. Et il n'y avait rien de moins intéressant que la banalité, que la routine d'un étudiant qui ne faisait pas de vagues. Parce qu'après tout, il n'y avait pas grand-chose, d'un point de vue extérieur, à remarquer sur Connor. Il pouvait se détacher de par son origine et son accent prononcé mais Lycaon était une école internationale et il y avait des gens bien plus exotiques que ce garçon du Mid-West. Il n'était même pas né dans ces villes qui intéressaient les gens. Pas de New-York, Los Angeles ou Miami pour lui, pas de cette image fantasmée de son pays. Lui venait de Kettering, cinquante-sept mille habitants, Comté de Montgomery. Pas de paillettes ou d'extravagance, juste une famille Sang-Mêlé, des parents gratte-papiers, pas de drames ou de célébrité. Juste de la banalité.

Et là où beaucoup s'en désoleraient, Connor était ravi. Parce que cette banalité, cette médiocrité même parfois, tout ce qui pouvait désintéresser les gens lui permettait de continuer à vivre sans décevoir personne, sans voir les gens se retourner sur son passage, sans entendre les murmures, les commérages : il n'avait pas à voir les gens se délectait de ce qu'ils pouvaient savoir de lui et surtout de ce qu'il dissimulait au monde. Connor dissimulait ses secrets sous une épaisse couche de banalité et cela suffisait à les protéger. Il était le fils adorable de ses parents, ce rejeton qui avait bien réussi, qui était dans une grande école, cet enfant sage qui n'avait pas fait de vagues, quelques remous à l'adolescence mais qui était désormais un jeune homme parfaitement équilibré. Ils s'écrivaient tous les mois, se voyaient de temps à autres, ils avaient une bonne relation, rien à y redire. Il était l'élève modèle, qui travaillait sérieusement même si les résultats n'étaient pas toujours au rendez-vous cette année. Il était ce camarade sympathique, le camarade souriant à qui on pouvait toujours emprunter un cours, ce garçon agréable qui avait souvent le mot pour rire. Il était cet ami présent, celui toujours là pour vous changer les idées, celui qui avait toujours un mot gentil pour vous. Il était ce petit-ami idéal, charmeur et prévenant, empli de petites intentions et de compliments.

Il était ce garçon banal et normal.
Il était également un excellent menteur.

Il était ce fils qui mentait depuis des années à ses parents en leur inventant régulièrement des petites-amies, celui qui avait ironiquement réussi à s'attirer une réputation de coureur de jupons dans sa famille, celui à qui on lançait "encore une ?" dès qu'il mentionnait un prénom féminin. Il était ce camarade qui s'inventait des soirées révisions pour décliner des sorties entre amis dans des bars tout simplement parce que ce même soir, il allait dans un autre type de bar et il était hors de question qu'il le dise à ses amis. Il était cet ami toujours prêt à écouter vos secrets et qui mentait sur les siens, s'inventant des peines de cœur et des amours transis pour cette jolie blonde de quatrième année. Il était ce petit-ami malhonnête malgré lui qui n'avait jamais rien ressenti pour ses petites-amies qu'une franche affection et une reconnaissance sans faille pour la couverture qu'elles assuraient malgré elles. Connor Adency était un menteur, certes. Il avait culpabilisé pendant des années et il le faisait de temps à autres, parfois, il manquait d'hurler au monde tout ce qui se passait vraiment dans sa vie. Mais il s'abstenait. Parce que cela faisait des années que Connor avait trouvé ce qui faisait son bonheur : sa tranquillité. Et sa tranquillité passait par cette surfaite banalité.

Connor voulait pouvoir revenir dans sa famille sans avoir connu le conflit d'un coming-out. Ses parents étaient des gens ouverts, comme on dit. Mais c'était facile d'être tolérants quand c'était des étrangers, des entités abstraites qu'on ne connaissait pas. C'était tout de suite une autre histoire quand c'était votre propre fils. Et il avait des grands-parents qui ne comprendraient pas, qu'il n'avait pas envie de contrarier. Connor ne voulait pas perturber sa famille, il n'en n'avait pas le désir. Et il n'en n'avait pas le besoin. Sa relation avec ses parents lui convenait ainsi et contrairement à d'autres copains d'un soir de boisson, il ne ressentait pas le besoin qu'ils sachent ce qu'il pouvait faire de ces nuits. Une relation tranquille et sans heurts, basée sur une affection mutuelle lui convenait : pourquoi venir leur cracher la vérité en face ? Cela ne regardait en rien ses camarades de classe et il n'avait pas envie de subir leurs rumeurs et persiflages, d'où les quelques petites-amies qu'il avait exhibé à son bras quelques semaines à chaque fois, se désolant tout de même de leur infliger une rupture programmée. Quant à ses amis... Il préférait garder cela pour lui. Il n'avait jamais été quelqu'un qui se confiait facilement et il n'avait pas assez confiance en ses amis pour leur confier la bombe qui ferait éclater sa petite vie tranquille.

Il n'était pas idiot : s'il le disait, cela ferait parler. Et il refusait cette situation délicate, ce moment où des gens se détourneraient de lui, l'abandonneraient et où il ne serait plus jamais tranquille parce qu'il y aura toujours des gens que cela dérangera, toujours. Un coming-out ne lui apporterait que des tracas et des malheurs alors que sa vie actuelle lui correspondait parfaitement : pourquoi changer les choses au profit d'une honnêteté qui lui nuira plus qu'autre chose ? Certaines personnes étaient prêtes à tout pour certaines de leurs valeurs : pour leur loyauté, leur franchise ou leur affection pour leur entourage. Connor, lui, n'était fidèle qu'à sa vie tranquille qu'il ferait tout pour préserver. Et si la satisfaction de son entourage et de la société bien-pensante et traditionaliste lui apportait cette paix de l'esprit alors il satisferait les gens autour de lui, se satisfait lui-même par la vie sans heurts qu'il pouvait mener. Tout le monde y trouvait son compte : personne n'était déçu ou choqué et lui continuait de vivre tranquillement, jonglant entre sa vie quotidienne et ses escapades nocturnes du coté moldu pour rencontrer quelques hommes pour la nuit.

Il finit par commander un café à la serveuse qui se tenait à coté de lui, s'excusant par un sourire de la longue liste de thé qu'elle venait de lui proposer. Il n'avait jamais aimé le thé, non. Mais il demandait toujours ce qui était disponible comme variété au cas où une le tenterait pour une fois. C'était l'une de ses petites extravagances : la seule entorse qu'il pouvait tolérant à l'apparente banalité de son existence, songea-t-il, caustique et même un peu amusé. Il était dix heures du matin et le restaurant n'avait pas encore empli pour le déjeuner. Il venait ici de temps à autres pour prendre un café lors de son heure de pause. Keiko était restée travailler à Lycaon, Rosaleen avait disparue il ne savait où - elle était distante depuis quelques semaines - et leurs autres camarades de classe s'étaient dispersés dans l'école et dans la ville. Il n'y avait pas grand-monde mais c'était agréable, de pouvoir savourer sa boisson dans un silence relatif. Il remercia la serveuse qui lui apporta son breuvage et le porta à ses lèvres, laissant ses yeux dériver dans le vide. Ce fut le bruit de la porte s'ouvrant qui le fit revenir à la réalité. C'était un visage qui lui était familier, songea Connor en l'observant sans retenue avant de se souvenir que, en plus d'être indécent, cela pouvait manquer de discrétion. Il reposa les yeux sur son café comme si de rien n'était. Beau, en tout cas.

Il observa discrètement l'homme se diriger vers le comptoir pour commander et chercha dans ses souvenirs pourquoi il avait l'impression de l'avoir déjà-vu. Et pourquoi le prénom de Rosaleen était ancré dans son esprit au même moment. Ce ne fut qu'en avisant la Gazette du Sorcier du jour que tenait l'un des deux autres clients du moment que Connor put enfin retrouver d'où ce visage l'avait marqué. Théo Nott. Celui qui était apparu dans la Gazette du Sorcier lors des fiançailles de Rosaleen. Enfin, fiançailles... Il connaissait suffisamment son amie pour avoir compris depuis des années ce que cela signifiait vraiment dans sa famille de fous. Il ne connaissait pas les Rosier en arrivant en Angleterre. Quelques rumeurs, un livre d'histoire et les récits à demi-mots de la camarade qu'il avait d'abord apprécié pour son caractère agréable lui avait suffit pour se faire une idée de la chose. De toute manière, ces fiançailles étaient désormais rompues, elle le lui avait confié quelques jours auparavant, après qu'il ait insisté pour savoir ce qui la tracassait. C'était un secret, avait-elle affirmé tout de suite après, regrettant sûrement sa confidence. Mais c'était trop tard. Connor s'était tu et se tairait mais sa curiosité était aiguisé. Rosaleen avait refusé d'en parler mais cette histoire était à la fois trop étrange et trop intéressante pour qu'il n'en sache pas plus. Et Théo Nott n'était pas désagréable à regarder non plus même si Connor n'en laisserait rien transparaître.

D'un pas souple, il saisit sa tasse et se dirigea vers le comptoir pour s'accouder à coté du nouvel arrivant et lui adressa un sourire tandis qu'il posait sa tasse sur le comptoir dans un léger tintement de vaisselle. Sans prononcer le moindre mot, il but une gorgée de café avant de se décider à prendre la parole, tranquillement. Il connaissait assez son amie pour savoir qu'il n'obtiendrait rien d'elle. Et honnêtement, malgré le fait qu'il soit depuis toujours un grand curieux, cette stupide histoire de fiançailles rompues n'était qu'un prétexte pour pouvoir aborder Théo Nott sans avoir à parler de la météo.

- On dit que le thé est très bon ici, lança-t-il.

Il commençait par lui parler de thés ? C'était assez pitoyable quand même. Dans un autre contexte, il lui aurait lancé que la photo de la Gazette ne lui rendait vraiment pas hommage mais il était hors de question de dire cela en plein milieu d'un restaurant sorcier de Bristol. Et avec un Sang-Pur, il risquait de se prendre un sortilège en pleine poitrine avec ce genre de phrases.

- Je ne me prononcerai pas personnellement, c'est bien trop anglais pour moi. 

Il but une nouvelle gorgée de café.

- Théo Nott, c'est ça ? Connor Adency. On ne se connait pas.

Même s'il venait l'apostropher avec un café en connaissant son nom et cela sans le moindre gêne.

- Mais j'ai entendu parler de vous.
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L'autruche argentée délivra son message et disparut en une volute de fumée, sous le regard fatigué de Théo. Pourquoi les choses n'allaient-elles jamais comme il le souhaitait, ces derniers temps ? Il avait été ravi d'apprendre que l'un des Oubliator souhaitait l'emmener sur le terrain, à Bristol, pour une intervention plutôt délicate avec les aurors qui concernait un malfrat de la ville. Hélas, ledit malfrat avait été trouvé ce matin même assassiné dans un recoin sombre du quartier sorcier et l'opération venait d'être annulée. Ce qui promettait d'être une intéressante course-poursuite à la frontière du monde moldu se transformait en simple séjour à la morgue, pour le grand désespoir de Théo. Son stage lui plaisait globalement mais ces derniers temps, chaque fois que quelque chose d'intéressant se profilait, cela lui passait sous le nez. C'était d'un frustrant ! Le jeune homme avait donc finalement sa journée pour lui puisque son maître de stage était absent, en mission, et qu'il avait terminé sa paperasse. Il n'avait rien à faire avant les cours, voilà qui était inhabituel et peu plaisant. Comment allait-il occuper ce temps libre ?

Le temps libre, Théo avait plutôt tendance à le fuir en ce moment, cela lui évitait de trop penser et cela lui avait d'ailleurs permis de faire quelques rencontres pour le moins intéressantes. Il eut une pensée pour Zach mais réalisa que lui devait travailler, en cette heure matinale, comme la grande majorité des sorciers. Bah ! Autant en profiter pour se promener à Bristol, l'une des plus grosses villes sorcières du pays et qu'il connaissait assez mal. Sa famille avait tendance à se rendre directement du Manoir à Londres, où l'on trouvait tout, et lui-même avait plutôt le réflexe de sortir à Pré-au-Lard après ses années Poudlard. Il s'était rendu à Bristol récemment pour aller voir Rosaleen au Circé, mais c'était tout, et ce n'était pas exactement son meilleur souvenir de la ville. Théo commença donc à déambuler paresseusement dans l'allée principale, encore endormie et embrumée en ce début de matinée. Ses pas raisonnaient sur la route pavée et il s'arrêta près d'un des douze gros chênes avec un léger sourire, avant d'être saisi par un frisson alors que le vent se levait. Il avisa un café restaurant à quelques pas et décidé de se laisser tenter par une boisson chaude.

Le Triton Ardent était chaleureux et assez peu rempli en ce début de matinée, et Théo se dirigea directement vers le comptoir sans prêter attention aux rares clients. Il s'y accouda et salua avec un sourire la jeune serveuse qui venait de l'apostropher. Celle-ci lui dicta l'impressionnante carte des thés, qui comportait un certain nombre de parfums pour le moins bizarres, et Théo décida de se laisser tenter par le plus étrange de tous, "Thé chocogrenouille". Il était en train d'observer la jeune femme lui préparer une mixture qui avait l'air particulièrement sucrée et chocolatée lorsque quelqu'un s'installa à côté de lui. Théo lui jeta un coup d'oeil curieux et répondit prudemment à son sourire, tout en jaugeant l'inconnu. Il ne lui semblait pas l'avoir déjà vu quelque part, ce jeune homme aux yeux rieurs. Il devait avoir approximativement son âge, peut-être était-ce l'un de ses anciens camarades de Poudlard dont il aurait oublié l'existence, mais son visage ne lui était pas du tout familier. Il s'en serait pourtant souvenu, car le nouveau venu n'était pas dénué de charme... Théo glissa quelques pièces dans la main de la serveuse qui venait de lui apporter sa boisson, et s'apprêtait à en boire une gorgée lorsque l'homme prit la parole, louant les thés du restaurant. Etrange, pour quelqu'un qui avait choisi un café. Théo n'eut cependant pas l'occasion de lui en faire la remarque, puisque l'homme se présenta comme n'étant pas anglais. Par déduction, Théo décida qu'il devait être américain, et donc qu'il devait être méfiant. Les américains étaient des gens bizarres, des mardoliens et des mangeurs de fast food.

"Je vais tester, dans ce cas", répondit Théo en buvant une gorgée de son thé chocogrenouille, qui s'avéra être sucré à la limite de l'écoeurant - mais très bon.

La méfiance de Théo augmenta d'un cran lorsque l'inconnu se présenta et annonça qu'il le connaissait. Allons bon, en voilà une drôle de façon de se présenter, songea Théo avec une légère pointe d'agacement. Cela expliquait pourquoi l'homme avait décidé de l'aborder, cela dit, car si Théo pouvait s'attendre à être accosté lorsqu'il buvait seul dans les bars le soir, il en allait autrement d'un petit thé matinal dans un restaurant familial. Théo laissa traîner un silence, dévisageant ouvertement Connor, les lèvres pincées. Que l'on ait entendu parler de lui n'était pas si étrange, Théo avait eu sa photo dans les journaux récemment, à son grand désarroi. Quoi que ce n'était pas désagréable de voir le nom familial mis en avant pour quelque chose d'aussi inoffensif qu'un mariage, du moins cela ne l'aurait pas été si le mariage avait été consenti... Quelle curiosité malsaine le jeune-homme venait-il satisfaire en l'accostant ? Théo n'avait aucune l'intention de déblatérer sur sa famille en prison ou sur sa si charmante ex-fiancée. Il voulait simplement savourer son thé au lait chocolaté en paix, était-ce trop demander ?

"Allons bon, de qui avez-vous entendu parler ?", répondit-il avec un sourire froid, l'air peu amène. "De Théo Nott le fils de mangemort ou de Théo Nott le fiancé ? Les deux, peut-être... Et qui êtes-vous, Connor Adency ?"

*Que me voulez-vous ?*


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Connor posa un regard un peu morne sur la boisson que contenait la tasse de Théo Nott, peu emballé par la mixture ou l’effluve sucrée qui s'en dégageait. Il n'avait jamais été très sucre, de toute manière, même quand il était enfant. C'était peut-être une des raisons qui faisait qu'il n'aimait pas Halloween, alors que tous les gosses de Kettering préparait la fête des semaines à l'avance. Un plan de la ville était étudié consciencieusement et les patrouilles se répartissaient les quartiers afin d'assurer une rentabilité maximum dans la collecte : tout un arsenal de guerre dans l'optique de récupérer des friandises. La seule chose qui amusait Connor là-dedans, c'était la menace de jeter un sort aux habitants qui ne donnait rien, parce qu'il trouvait ça très drôle de savoir qu'il pourrait vraiment le faire quelques années après. Évidemment, il n'avait jamais osé. Il ne fallait pas faire de vagues. Et il n'avait pas très envie d'être étiqueté comme un délinquant juvénile, lui, l'enfant chéri de ses parents.

Il porta de nouveau sa tasse à ses lèvres et sirota une gorgée de son café noir, soutenant sans ciller le regard peu amène de Théo Nott. Un silence s'établit entre eux mais Connor ne chercha pas à le rompre, continuant de boire son café - sans sucre, évidemment - tranquillement, à petites gorgées. Il en fallait plus pour le mettre mal à l'aise, beaucoup plus que le regard glacial - quoique impressionnant - de l'ancien fiancé de Rose. Connor aimait se caractériser comme une force tranquille et il n'était pas dans l'erreur en employant ce terme. Rarement un mot plus haut que l'autre ou une agitation, rien de bien volcanique ou exubérant dans son attitude, contrairement à ce que certains étrangers biberonnés au clichés pouvaient attendre d'un américain. Pourtant, Connor restait quelqu'un de solide qui ne se laissait jamais marcher sur les pieds. Il était dans la recherche constante d'un équilibre entre tranquillité et affirmation de soi ce qui l'amenait parfois à se poser des questions un peu étrange, tard le soir dans son lit. Connor avait parfois le chic pour se compliquer la vie sans raison et s'embrouiller l'esprit sans fondements. Il répondit par un sourire en coin à la question de Théo, peu pressé de lui donner une réponse. Après tout, dès que la curiosité de Théo sera satisfaite, qu'est-ce qui l'empêchera de s'en aller sans un mot ? Connor, lui, était plus enclin à continuer la conversation, légèrement amusé et très intrigué.

- Je dirais les deux, en effet.

Une nouvelle gorgée de café. Un nouveau silence.

- Votre guerre n'a pas vraiment atteint mon pays, c'était quelque fois à la radio, parmi tous les conflits qui agitent le monde. Nous sommes habitués, chez nous.

Son accent bien tranché du Mid-West faisait un peu tâche à coté de la diction parfaite de son interlocuteur, mais Connor avait l'habitude. Rosaleen avait la même. C'était très anglais d'ailleurs. The rain in Spain stays mainly in the plain dirait sa mère, qui malgré son ascendance sorcière, avait toujours eu un faible pour les vieux films moldus.

- Je ne connais que quelques noms de familles Mangemorts et les Nott en font partie, effectivement. Mais encore une fois, c'est un peu trop anglais pour moi.

Connor était là depuis trois ans et se sentait encore comme un étranger au Royaume-Uni. Sûrement le serait-il toujours. Ici, tout était bien trop éloigné de son Ohio natal. Il savoura une nouvelle orgée de café, le fond de sa tasse et fit un signe à la serveuse pour en avoir une nouvelle.

- Je suis élève à l'Académie Lycaon, se décida-t-il finalement à répondre. Je pense que je peux dire sans m'avancer que nous avons une charmante amie en commun.

Il n'avait pas regardé Théo en prononçant ses mots et avait adressé un sourire charmeur à la serveuse. Pourquoi ? Il ne le savait pas lui-même, il faisait toujours ça en public. Connor Adency est un coureur de jupons, murmurait-on parfois. Il trouvait cela très drôle. C'était peut-être pour cela qu'il continuait, quand il était avec quelqu'un. Sinon, il ne se donnait jamais cette peine.

- Un mariage forcé... Je dirais bien que c'est anglais une nouvelle fois, mais on va finir par m'accuser de racisme.

Il avait déclaré ça sur un ton badin, comme s'il avait mentionné qu'il faisait un peu froid ce matin-là. Et but une nouvelle gorgée de son café tranquillement.
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Théo grimaça légèrement à la réponse de son interlocuteur et avala une gorgée de thé chocolaté pour atténuer l'amertume de la situation. Encore quelqu'un qui pensait tout savoir de lui, parce qu'il avait reconnu son nom, son visage. Encore quelqu'un qui allait le juger sur des actes qui ne dépendaient pas réellement de sa volonté, une guerre, un mariage sang-pur... Des évènements plus forts que lui, qui avaient marqué son identité contre son gré et qu'il était obligé de porter auprès du sorcier moyen. Un nouveau soupir s'échappait de ses lèvres alors qu'il glissait un regard morne vers son interlocuteur, prêt à déguerpir dès que la conversation l'importunerait trop. Cela ne saurait pas tarder, puisque l'étranger commençait à disserter sur la guerre dans son pays, ce qui n'intéressait pas Théo le moins du monde. 

"On s'habitue lorsque le conflit ne nous touche pas directement, j'imagine, oui...", répondit-il avec une légère amertume au fond de la gorge. Ne se rendait-il pas compte qu'il parlait là à l'un des nombreux anglais que la guerre avait traumatisé, dont le cours de la vie avait été irrémédiablement bouleversé ? Certes, Théo était jeune à cette époque mais pas suffisamment jeune pour ne pas comprendre ce qui lui arrivait et le rôle que jouait sa famille dans cette guerre. Pas suffisamment jeune non plus pour oublier tous les moments de bonheur qu'il avait connu avec son père, avant, avant qu'on l'enferme pour toujours dans une prison sinistre qui lui ôtait sa joie et sa vie un peu plus chaque jour qui passe.

"Vous avez de la chance", répondit sobrement Théo. "Mais je doute que la guerre et la violence soient l'apanage de notre nationalité. En tant qu'américain, vous devriez le savoir..."

Non mais, il n'allait pas l'embêter longtemps avec son patriotisme à deux noises, celui là ! C'était des Etats-Unis que venaient les mardoliens, il ne fallait pas l'oublier. Ce pays avait toujours connu la violence, depuis les bûchers des sorcières de Salem qui avaient contribué à l'adoption du Secret Magique International, jusqu'aux nombreuses guerres dans lesquelles les américains moldus étaient impliqués, au Moyen-Orient et ailleurs. Théo n'était pas inculte au point d'ignorer cela, et trouvait particulièrement mal placé qu'un américain vienne prendre ses grands airs au sujet de la grande guerre qui avait été si dévastatrice pour leur pays, et pour sa famille. Même si ce n'était probablement pas l'intention de Connor, même si c'était probablement sa façon à lui de dire qu'il n'avait pas de préjugés... Eh bien, c'était maladroit. Théo n'avait pas du tout envie de parler de tout cela, et fut donc reconnaissant à son interlocuteur de changer de sujet en dévoilant une connaissance commune.

"Oh, vous êtes un ami de Rosaleen !", commenta-t-il en s’égayant légèrement et en perdant quelque peu de son attitude défiante. Il ne savait pas s'il pouvait toujours considérer Rosaleen comme son amie, à vrai dire, mais ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait révéler à ce Connor. Théo ne savait pas du tout ce que Rosaleen lui avait dit au sujet de ses fiançailles ou de leur rupture, alors mieux valait rester prudent. Enfin, toujours est-il qu'il se devait de se montrer un peu plus ouvert que cela envers un ami de son ancienne fiancée, un étudiant étranger de qualité, puisque Lycaon formait des sorciers d'exception - exception faite du blondin de Juliet. Cela dit, celui-ci paraissait être du même acabit que Jeremy, au vu du flirt instinctif qu'il avait engagé avec la serveuse, laquelle ne semblait pas pressée de rentrer dans son jeu. Théo observa un instant la jeune fille qui vint remplir la tasse de Connor de café, un sourire avenant aux lèvres, avant de retourner à ses occupations. Bien, voilà qui lui ferait les pieds, songea Théo avec un contentement assez peu charitable. Comme quoi certaines filles étaient encore assez intelligentes pour ne pas tomber dans le charme des coureurs de jupon ! Peut-être que lui aurait plus de chance, qui sait, songea-t-il en adressant pour le jeu une oeillade à la demoiselle, qui lui répondit avec le même sourire indifférent. Eh bien, ils devraient se contenter de la compagnie de l'autre.

Ce n'était pas vraiment pour plaire à Théo, qui s'agita sur son tabouret, relativement mal à l'aise. Il avait été surpris d'entendre parler de mariage forcé de la part d'un ami de Rosaleen, sachant que la jeune fille était en faveur de cette union et ne devait donc pas réellement la qualifier de la sorte. Il posa un regard perturbé sur Connor et décida d'omettre sa dernière remarque.

"Un jeune étranger à Bristol, j'aurais du me douter qu'il s'agissait là d'un étudiant de Lycaon. Pardonnez mon attitude peu agréable de tout à l'heure, mais je vous ai pris pour un de ces bien-pensants qui aiment venir se frotter aux enfants de mangemorts pour satisfaire leur curiosité morbide. Et je dois dire que je perds vite ma patience avec ces gens là. Comme si je n'existais qu'à travers la guerre ou le mariage..."

Voilà qui était dit. Théo haussa les épaules et considéra son interlocuteur d'un air pensif, se demandant ce que Connor cherchait en lui parlant exactement. Finalement, n'y tenant plus, il l'interrogea :

"En parlant de mariage... Que vous a dit Rosaleen au sujet de ce mariage, au juste ?"


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Connor comprit qu'il s'y était mal pris. Loin de là de revendiquer une subtilité à toutes épreuves, une délicatesse légendaire, un tact de chef d’État, une diplomatie remarquable mais il pouvait se targuer d'avoir un bon sens de l'observation. Il faut dire que lorsque vous vous arrangez pour que personne ne vous remarque, il est bien plus aisé alors de remarquer les autres. Dans sa désormais légendaire recherche de tranquillité, Connor avait appris à regarder réellement autour de lui afin de comprendre le monde qui l'entourait afin de mieux l'apprivoiser et surtout mieux s'adapter à son environnement afin de ne pas détonner. Il s'était adapté aux mœurs et comportements de sa petite ville de l'Ohio dès sa plus jeune enfance afin de ne pas être la cible des petites brutes juvéniles et des remarques hautaines de ces parents si parfaits qui jugeaient les enfants des autres si mal élevés alors que leur progéniture était justement celui qui fourrait du sable dans la gorge des plus petits. Il s'était ensuite habitué au très compétitif milieu de Abigail Williams College puis à la manière de vivre de l'Académie Lycaon. Sans être un parfait caméléon, Connor s'arrangeait toujours pour s'adapter à son milieu et son interlocuteur et c'était étonnamment cette attitude qui lui permettait de passer inaperçu étant donné qu'il ne marquait généralement pas les esprits. Néanmoins, au vu de l'attitude défiante de Théo Nott, il semblait évident qu'il avait fait une erreur quelque part.

Les yeux clairs de Connor bougeaient rapidement et se posèrent sur les lèvres de Théo qui s'étirent en une légère grimace avant de suivre la ligne de son nez pour remonter jusqu'à ses yeux sombres qui semblaient le dévisager avec désapprobation et une légère pointe de mépris au fond des pupilles. Connor observa les muscles tendus de son front, remarqua la crispation légère de sa mâchoire, la pression de ses mains sur la tasse, les veilles saillantes de son poignet et réalisant alors que cette observation presque sans vergogne et sans vraiment de discrétion lui nuirait plus qu'autre chose, il posa ses yeux sur le comptoir comme si son regard avait juste fait le tour de la salle et non observé Théo Nott d'aussi près. Ce n'était même pas une tentative de séduction comme il pouvait le faire dans d'autres milieux, avec d'autres hommes, dans d'autres temporalités et une toute autre attitude, non. Pourquoi irait-il tenter de séduire un Sang-Pur qui avait failli épouser l'une de ses amies ? Il n'était pas suicidaire, merci pour lui, et ne prendrait jamais un tel risque. Non, décidément, il n'avait pas dévisagé Théo Nott d'une telle manière pour le séduire mais tout simplement dans une curiosité presque anthropologique et dans un questionnement qui ne lui ressemblait pourtant pas. Mais Rose avait su déclencher sa curiosité par son silence et ses explications lapidaires et Théo venait d'attiser cette même curiosité par sa seule entrée dans ce restaurant. Une si belle cohérence entre deux fiancés n'était-elle pas belle ? songea Connor, narquois et quelque peu amusé par la situation. Car de manière également étonnante, Connor Adency s'amusait beaucoup à cet instant présent.

Il n'aurait pas dû être amusé pourtant : Théo semblait plus que contrarié par sa présence et par les propos qu'il tenait mais il était dès lors impossible de revenir en arrière. Parler de la guerre n'était sûrement pas la plus grande des délicatesses mais ce sujet était apparu à Connor comme un bon moyen d'engager une conversation. Il fallait également dire qu'il bénéficiait du recul de celui qui n'était pas d'ici. Il ne devait pas avoir beaucoup d'années d'écart avec Théo puisqu'il lui semblait que ce dernier était plus jeune que Rosaleen et lui-même avait un an de plus que sa camarade, aussi pouvait-on dire qu'ils avaient grandi en parallèle, la seule différence entre eux étant les milliers de kilomètres qui les séparaient. La guerre du Royaume-Uni avait été pour Connor ce fait divers dans les journaux, cet événement que l'on mentionnait parfois entre deux événements sportifs et les équipes qui s'affronteraient au Superbowl. La guerre, c'était quelques images animées dans les pages Monde, quelques schémas et dessins, quelques chiffres de temps à autres. La Bataille de Poudlard, c'était une date un peu banale : il avait dû faire un barbecue ce jour-là et jouer au Quidditch dans les champs derrière la ville. Les morts, c'était un nombre un peu abstrait, quelques noms célèbres et une liste longue que certains pouvaient réciter sur le bout des doigts tout comme Connor pouvait réciter les capitales de tous les États. La guerre, c'était une idée. Et visiblement, une idée qui dérangeait Théo au plus au point. Mais malgré tout cela, malgré le fait qu'il ait visiblement vexé ou dérangé son interlocuteur, Connor rit doucement lorsque Théo lança qu'il devrait bien connaître la guerre en tant qu'américain.

- Touché coulé, lança-t-il avec un sourire en coin et en haussant les épaules.

En réalité, il aurait pu nuancer son propos et apprendre à Théo Nott qu'il n'avait jamais vraiment été touché personnellement par la guerre ou la violence, ou du moins, rien qui dépasse la violence de bac à sable. Il savait bien évidemment que le gouvernement moldu de son pays menait une politique  plus que belliqueuse dans certaines parties du monde et que le gouvernement sorcier soutenait cet état d'esprit. Est-ce que Connor s'en souciait personnellement ? Encore une fois, c'était tellement abstrait. Même s'il devait avouer qu'un événement avait réussi à le sortir brutalement de la torpeur de ses opinions politiques : les attentats du onze septembre à New-York, qui avait touchés les deux communautés, qu'elles soient magiques ou non. Des sorciers étaient morts ce jour-là également, des moldus aussi, évidemment, et tout le pays avait été touché. Il était en classe lorsqu'il l'avait appris puisque son enseignante d'alors avait reçu un Patronus de la directrice : malgré les protections de l'école, on avait craint pour les élèves. Il n'avait pas vu les images en direct mais les images du lendemain dans les journaux lui avait retourné l'estomac. Il essayait de ne pas trop y penser, à cet événement. C'était comme une coupure dans la litanie tranquille de ses souvenirs paisibles, un éclat trop brillant dans une morne obscurité. Il préférait l'occulter et se murer derrière un mur de distances qui le coupait de la brutalité et de l'agitation du reste du monde. On pouvait toujours parler des différentes guerres menées contre les Etats-UNis, des attentats, voire même des Mardoliens et Connor haussait les épaules en affirmant que c'était politique. Politique, un mot qu'il lâchait ainsi, négligemment, en haussant les épaules. Politique. Il aurait pu tout simplement et honnêtement dire cela ne me concerne pas, passez votre chemin mais cela aurait été bien moins poli et Connor était un garçon très poli, c'était un fait connu de tous.

Il ne se formalisa pas de l'ignorance de la serveuse – ce n'était pas comme si son ego était personnellement touché et qu'il avait espéré vraiment la fréquenter. Elle était plutôt mignonne dans son genre mais sans plus. Il vit Théo essayer de faire de même et l'observa se faire snober de la manière que lui quelques secondes auparavant. Cela devait être désagréable, tout de même. Se faire observer toute la journée ainsi, de manière plus ou moins subtile par des hommes en manque. Il détestait le Circée pour cela, la manière dont le patron exposait ses serveuses allègrement, avec sa devise « rien qu'avec les yeux », cela écœurait Connor. Rosaleen ne semblait même pas s'en rendre compte alors que cela lui semblait évident d'un point de vue extérieur. Mais honnêtement, il avait beau apprécier son amie, il était évident qu'elle ne se rendait pas compte de beaucoup de choses autour d'elle. Mais là n'était pas la question même si la mention de la jeune femme eut le mérite indéniable de rendre Théo Nott un peu plus ouvert à son égard. Heureusement qu'il avait prononcé son prénom, Connor craignait dans le cas contraire que cette conversation ait déjà pris fin.

- Nous nous connaissons depuis trois ans déjà, en effet, répondit-il tranquillement. Nous sommes dans la même année à Lycaon.

Il retint un sourire quand Théo s'excusa de son attitude défiante mais les commissures de ses lèvres se retroussèrent légèrement tandis qu'il détournait le regard pour dissimuler le mélange de plaisir et de satisfaction qui l'envahissait sans qu'il ne sache pourquoi. L'impression d'être une sorte de privilégié, peut-être, d'avoir réussi à passer un peu la barrière de froideur et de distance qui émanait de Théo Nott. Ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde, loin de là, mais Connor voyait cet instant comme une petite victoire et il savoura ce moment avec un contentement qui se lisait dans ses yeux bleus et dans la petite fossette qui creusait sa joue, signe de son sourire en coin qu'il peinait à contenir.

- J'ignorais que je ressemblais à une midinette en manque de sensations fortes, lança laconiquement Connor en laissant cette fois-ci un vrai sourire naître sur ses lèvres.

Il but une gorgée du nouveau café que la serveuse lui avait apporté avant de reprendre la parole, mélangeant lentement le breuvage noir comme de l'encre.

- J'aime trop ma propre tranquillité pour venir troubler celle des autres à mauvais escient.

Il avait parfaitement conscience que sa propre intervention auprès de Théo pouvait apparaître – et était sûrement – une nuisance à la tranquillité de son interlocuteur mais aux yeux de Connor, elle était assez justifiée – oui, la curiosité était une justification – et Connor estimait être suffisamment respectueux pour s'effacer si on le lui faisait comprendre et puis de toute manière, il était facile de faire aux autres ce que l'on ne voulait pas qu'on vous fasse, n'est-ce pas ?

- Et j'estime de manière tout à fait arbitraire que cette discussion est à bon escient, ajouta-t-il malicieusement.

Une nouvelle gorgée de café, lente et silencieuse.

- Je suppose que vous connaissez un peu Rosaleen, ne serait-ce qu'un minimum, débuta Connor en vrillant son regard dans celui de Théo, comme s'il cherchait dans ses yeux la réponse à ses questions. Elle ne dit jamais ce qu'elle pense réellement, elle est bien trop polie pour cela. Ou trop conditionnée, je n'ai pas encore tranché. Elle a dû laisser échapper – ou notre amie Keiko l'a forcée - que ses grands-parents étaient à l'origine de ces fiançailles pleines d'amour et d'enthousiasme et elle m'a dit qu'elles étaient finies. Encore une fois, trois ans à recevoir quelques miettes de la vie de Rosaleen m'ont suffi à comprendre que les fiançailles ont été rompues et ce n'était pas de son fait.

Il détourna son regard clair de Théo et sirota son café une nouvelle fois.

- Suis-je dans le vrai ?
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Théo lança un regard légèrement surpris vers Connor lorsque celui-ci affirma qu'il connaissait Rosaleen depuis trois ans. A vrai dire, cela faisait probablement de lui quelqu'un qui connaissait l'ancienne fiancée de Théo bien mieux que Théo lui-même. Il avait beau l'impression d'avoir connu la jeune femme toute sa vie, il avait beau savoir qu'elle avait toujours revêtu une certaine importance à ses yeux, il était étrange de réaliser à quel point il la connaissait mal. Théo n'avait pas la moindre idée de ce qui composait son quotidien à Lycaon et, hormis les sangs-purs, il ne savait pas quels étaient ses amis.

L'interlocuteur de Théo avait l'air terriblement satisfait de lui-même lorsque Théo abaissa quelque peu ses barrières, et il se demanda pourquoi il tenait tant à lui parler. Qu'avait donc pu raconter Rosaleen à son sujet pour susciter ainsi la curiosité de cet homme ? Ou éluder, au contraire ? Poussant un soupir intérieur, Théo réalisa que toutes les personnes de leurs entourages respectifs devaient se poser exactement les même questions sans oser le leur demander directement. Il faudrait bien qu'ils éclaircissent cela un jour, et Théo en avait fermement l'intention, mais il était bien plus dur d'imaginer comment maintenant qu'il n'avait plus la motivation de son couple à sauvegarder. Alors il allait devoir se faufiler dans cette conversation comme une anguille pour s'assurer que ce Connor, qui venait avec ses gros sabots d'américain, ne découvrirait pas la réalité. Ce n'était pas parce qu'il était étranger qu'il était ouvert et tolérant, il existait des conservateurs et des sangs-purs dans tous les pays du monde. Pourtant, il lui était paradoxalement plus difficile de se montrer antipathique avec Connor maintenant qu'il connaissait son lien avec Rosaleen. Et puis il avait ce regard brillant, et cette fossette qui perturba Théo l'espace d'un instant, avant qu'il ne reporte son attention sur son thé.

Un petit rire le secoua à la remarque de Connor et il répliqua avec impertinence :

"Ça doit être la blondeur de vos cheveux."

Non pas que toutes les blondes soient des midinettes, la preuve avec Rosaleen, mais certaines K-Girl à la chevelure blonde avaient hautement contribué à faire naître ce préjugé chez Théo. Le jeune homme but quelques gorgées de thé, avant de rire de nouveau lorsque Connor décréta que leur conversation était à bon escient. Voilà qui était bien arbitraire, en effet, et qui n'indiquait pas à Théo ce que le jeune homme cherchait auprès de lui. S'il s'agissait simplement de compagnie, il n'avait aucun inconvénient à remplir ce rôle, n'ayant rien de mieux à faire. Mais s'il s'agissait de satisfaire sa curiosité, Théo allait le décevoir...

"Et quel escient s'agit-il au juste ?", s'enquit Théo doucement, sondant le jeune homme du regard.

Connor décida justement d'entrer dans le vif du sujet, laissant Théo pensif et surpris. Connor semblait avoir une vision assez juste de la réalité et bien plus précise que la plupart des personnes de leur entourage. Théo aurait pourtant imaginé que tous les amis de Rosaleen avaient été bercés par une vision améliorée de la réalité. Selon les termes de leur rupture, Rosaleen devait propager la nouvelle selon laquelle elle était à l'origine de leur rupture, et voilà que Connor savait non seulement que leurs fiançailles n'avaient rien de spontané et de sincère mais également que Théo les avait rompu. Voilà qui allait rendre le mensonge plus difficile, d'autant plus qu'il suffirait à Connor d'interroger Rosaleen pour réaliser que Théo lui avait raconté n'importe quoi.

Le jeune homme adressa un sourire crispé à Connor et laissa s'éterniser un silence, cherchant frénétiquement un moyen de se sortir de cette situation délicate. La seule chose dont il était sûr était qu'il ne pouvait révéler son secret à ce jeune homme, n'ayant absolument aucune confiance en cet étranger qui semblait en savoir tant à leur sujet. Et qui se montrait si curieux...

"En effet", finit-il néanmoins par répondre, conscient que la vérité serait plus crédible que n'importe quel mensonge. "Mais ce n'est pas la version que Rosaleen et moi avons convenu de propager, aussi je vous serais reconnaissant de bien vouloir rester discret..."

Théo poussa un long soupir, trahissant sa lassitude par rapport à la situation, et décida de noyer les questionnements de Connor en tournant autour du pot. Après tout, il ne lui devait aucune explication. S'il paraissait lui avoir délivré toute la vérité, Connor n'irait peut-être pas chercher plus loin... Et cela éviterait à Théo de se montrer impoli en l'envoyant voir chez les trolls s'il y était. Théo n'avait aucun problème avec le fait de se montrer ronchon et hautain pour faire fuir les importuns, mais il avait plus de mal avec l'impolitesse et l'absence de respect des convenances.

"Ces fiançailles ont effectivement été complotées par nos familles respectives qui nous ont mis au pied du mur. Je ne sais pas exactement quelle image vous avez des familles de sang-pur comme les notre, mais il faut savoir que le mariage forcé ne se fait plus dans notre pays, de nos jours. J'aurais pu accepter beaucoup pour ma famille, mais pas cela... Rosaleen serait bien plus heureuse auprès de quelqu'un qui l'aime réellement, elle ne le comprend peut-être pas pour l'instant mais j'espère qu'elle le fera un jour. C'est une jeune fille formidable. Les temps étaient durs pour les enfants de mangemort à Poudlard, tout de suite après la guerre, et Rosaleen s'en est toujours tiré avec grâce. Je suis légèrement plus jeune qu'elle et je pense qu'elle a été une sorte de modèle pour moi."

Finalement, discuter de la guerre n'était peut-être pas une si mauvaise idée, si cela pouvait lui permettre d'éviter la conversation sur les fiançailles. Connor en savait définitivement bien assez comme cela...


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Connor ne put s'empêcher de rire lorsque Théo mentionna la blondeur de ses cheveux, dans lesquels il passa une main négligemment. Il est vrai que c'était indéniable : il avait toujours été blond comme les blés, comme toute sa famille d'ailleurs. C'était un peu le cliché du jeune fermier de l'Ohio, il ne manquait plus que la chemise à carreaux. Mais il avait tendu le bâton pour se faire battre et cela ne le dérangeait vraiment pas que Théo l'ait saisie, bien au contraire. Par rapport au début de leur conversation, l'amélioration était notable. Et puis il avait ce rire, ce sourire et oui, il fallait dire, il enviait Rose sur ce coup, même si ça c'était terminé et même si cela avait visiblement été du vent.

- Dixit l'homme avec la permanente, répliqua-t-il en jetant un coup d’œil aux boucles de Théo.

Mais la conversation reprit rapidement un tour bien plus sérieux. Mais de quel droit pouvait-il s'en plaindre ? C'était lui qui s'était lancé dans cette voie, animé par une curiosité sûrement complètement déplacée mais sans pouvoir s'en empêcher. Quel paradoxe tout de même lorsqu'on y pensait ! Connor le discret, Connor qui se plaisait dans la banalité pour empêcher les autres de s'intéresser à lui, Connor qui n'attirait jamais l'attention pour dissimuler ses secrets et qui venait tenter de déterrer les secrets des autres. Mais la nature humaine en elle-même n'était-elle pas paradoxale ? songea-t-il en noyant la logique sous une bonne couche de philosophie de comptoir. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était plus fort que lui, Rose avait déclenché sa curiosité et Théo Nott l'attisait. Cela lui attirerait des ennuis un jour, il le savait, mais c'était son péché mignon. Et ironie supplémentaire, Théo lui demandait sa discrétion quant au fait qu'ils avaient propagé une version erronée de l'histoire avec Rosaleen.

- La discrétion est mon mot préféré, sourit-il avec des sous-entendus dans la voix.

Si Théo savait... ! Mais personne ne savait et c'était justement ce qui caractérisait sa vie. Mais il n'était pas question de lui aujourd'hui, bien au contraire. Il voulait apprendre des choses sur Théo, pas en dévoiler sur lui, ce n'était pas dans ses habitudes. Et visiblement, il semblait plus décidé à parler. A moins qu'il ne mente, Connor n'était sûr de rien. Après tout, il ne le connaissait pas du tout. Mais il estimait être assez observateur et espérait pouvoir démêler le vrai du faux dans les propos qu'allait lui tenir Théo.

Ainsi il avait bien deviné : les fiançailles n'avaient pas été décidées par Rosaleen et Théo. Après tout, il était facile de s'en douter : elles étaient arrivées comme un cheveu sur la soupe alors que lui et Keiko n'avaient jamais entendu parler de Théo avant le fameux "Je vais me marier" de Rose. Son amie ne parlait pas beaucoup de sa famille ou de la guerre, ils parlaient surtout de métamorphose en réalité. Ce n'était peut-être pas vraiment de l'amitié, s'ils ne parlaient pas de leurs secrets ou de ce qui les tracassaient, mais ils se connaissaient depuis trois ans et respectaient mutuellement le silence de l'autre alors si, Connor considérait Rose comme son amie, même si c'était un peu particulier.

- Je n'ai pas vraiment d'idées sur les familles de Sang-Pur, c'est quelque chose de complètement dépassé dans mon pays, lança-t-il en haussant les épaules.

Cette espèce d'aristocratie, c'était bien quelque chose de très anglais, que ce soit du coté moldu ou sorcier d'ailleurs.

- Je ne connais que Rosaleen... Et vous, maintenant, ajouta-t-il avec un sourire en coin, dévoilant de nouveau sa fossette.

Il but une longue gorgée de café brûlant avant de relever la tête, effleurant du regard la mâchoire de Théo.

- Vous dites deux choses différentes, d'ailleurs. Vous avez rompu les fiançailles pour vous... ou pour Rosaleen ?

Un nouveau sourire en coin. Il a bien vu que Théo essayait de l'envoyer sur un autre chemin que celui des explications. Mais Connor a l'habitude de cacher des secrets, il le fait depuis toujours. Théo Nott doit être un novice, il ne l'aura pas ainsi.
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Théo fronça le nez et retint une remarque dédaigneuse quand son interlocuteur vanta son pays dans lequel la notion de sang-pur était complètement dépassée. Quelle arrogance, songea-t-il en se plongeant dans sa boisson tandis que l'autre parlait. Quelle arrogance, en effet, que de se croire au-dessus de la noblesse anglaise, si délicate et si raffinée ! Théo abandonna bien vite son attitude boudeuse, conscient que lui-même pouvait sembler bien hautain aux yeux de cet étranger qui, dans le fond, était plutôt amical. Un peu trop curieux certainement, mais son amitié avec une jeune femme de qualité comme Rosaleen rassurait Théo, et puis... Sa propre curiosité avait été attisée à la remarque sibylline du jeune homme. La discrétion serait son maître-mot, vraiment ? Ce n'était pas l'impression qu'il donnait au premier regard, à en juger par son attitude auprès de Théo. Aurait-il des choses à cacher, lui aussi ? Mais quoi ?

Tenté par l'idée de creuser la question, et probablement tiraillé aussi par le besoin de s'épancher auprès de quelqu'un, Théo sentit ses barrières s'affaisser et sa langue se délier. Après tout, s'il se montrait causant, peut-être que Connor lui ferait confiance à son tour et s'ouvrirait quelque peu. Théo avait envie de croire qu'il pouvait parler sereinement avec cet homme. Lui qui se disait si distant de la haute société anglaise aurait probablement mieux à faire que de jeter ses secrets à la face du monde pour le plaisir... Et puis, il y avait quelque chose de plaisant en lui, peut-être était-ce son attitude sereine et amicale, peut-être était-ce son physique doux et séduisant... Le regard de Théo se perdit un instant sur la fossette de Connor avant qu'il ne s'arrache à sa contemplation pour plonger dans son regard. Il le jaugea un moment puis émit un petit rire, comme pour admettre sa culpabilité.

"Je l'ai fait pour moi en premier lieu, il serait hypocrite de prétendre le contraire. Je ne compte pas me marier, pas avec Rosaleen en tout cas. Elle a réussi à me convaincre de maintenir l'illusion des fiançailles quelques temps mais..."

Il s'interrompit et détourna le regard, incapable d'aller plus loin sans se dévoiler complètement.

"C'était une erreur qui m'a déjà trop coûté et j'ai fini par prendre la seule décision qui s'imposait. Je suis sincère néanmoins, quand je dis que je dis que cette rupture est mieux pour elle. Je ne sais pas ce que l'avenir lui réserve mais je ne l'aurais pas rendu heureuse. Ça, j'en suis persuadé, même si elle voit la chose différemment... Le mariage ne revêt pas les mêmes enjeux pour elle que pour moi, voilà tout."

Conscient qu'il ne pouvait pas continuer sur le sujet sans en dire plus, Théo décida de contre-attaquer en posant sur Connor un regard curieux.

"Et vous, y aurait-il quelqu'un de spécial dans votre vie ? Ou bien cet intérêt pour ma vie sentimentale dissimulerait-il quelque chose ? Un béguin pour notre charmante amie commune, peut-être ?"

Son sourire se raffermit à cette idée, même s'il se prit à espérer que cela ne soit pas la raison de la curiosité de son interlocuteur. Étrangement, cette idée lui déplaisait, et il n'aimait pas ce sentiment. Pourquoi ce Connor ne pourrait-il pas s'intéresser à Rosaleen ? Elle était pleine de qualités, ils se connaissaient de toute évidence très bien et ils formeraient un couple très charmant... Pourquoi cette petite pincée de jalousie ? Peut-être un ego d'ancien fiancé mal placé, très mal placé. Théo se força à écarter cette pensée de son esprit et à aborder l'idée avec plus d'optimisme. Il était évident que Rosaleen ne resterait pas célibataire bien longtemps et puis il avait déjà assez d'amertume dans son coeur à cause de Sam pour ne pas en rajouter...


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Connor eut toute la peine du monde à dissimuler son sourire satisfait, qu'il noya dans une longue rasade de café. Il n'était pas très vaniteux comme garçon - ou du moins ne se considérait-il pas comme tel ce qui apportait tout son sens à l'affirmation - mais il ne pouvait s'empêcher d'être satisfait de ses talents, notamment celui qui lui avait permis d'approcher et de faire parler Théo Nott. Ce n'était pas de l'orgueil, aimait-il à dire en haussant un sourcil et en secouant la main négligemment, juste une juste et parfaite connaissance de ses facultés. Connor estimait que pour avancer dans la vie, il fallait se connaître soi-même avant de vouloir connaître le monde. Il n'était pas particulièrement philosophe mais avait la fâcheuse tendance à s'épancher sur l'essence et le sens de la vie dès qu'il avait un peu d'alcool dans le sang, ce qui arrivait donc tous les week-end. L'Amortentia, une sulfureuse boîte de nuit sorcière située dans le vieux Londres, était son point faible, il devait bien l'avouer. Mais quoi il en soit, l'heure n'était pas à l'indécence qui caractérisait ses soirées Londoniennes mais plutôt à écouter les sages confidences qu'il avait réussi à extirper à Théo Nott. Quoique, peut-être pas si sages, Nott avait beau être si fier, Connor était intimement persuadé du fait qu'il ne détonnerait pas dans les salles obscures de l'Amortentia à...

Les doigts de Connor se refermèrent sur sa tasse et il cacha de nouveau ses pensées peu recommandables dans le sombre breuvage qui le ramenèrent à la réalité de l'instant présent, bien loin de l'Amortentia mais plutôt dans un respectable restaurant de Bristol en une froide matinée d'hiver. Il ne savait pas vraiment ce qui poussait Théo à se confier à lui, passant ainsi de l'hostilité à une certaine forme d'intimité mais il avait clairement vu la bascule entre les deux se faire sur son visage, ses traits se détendant soudainement. Si Connor était curieux des raisons de ce brusque changement d'avis, il ne s'en plaignait néanmoins pas, mesurant avec précision la chance qui s'offrait à lui. Il avait quelque peu œuvré auprès de Rosaleen pour obtenir d'elle des précisions mais son amie avait parfois la déroutante faculté de se murer derrière un mur de glace inaccessible et Connor ne s'était jamais considéré comme un alpiniste de talent. Théo s'était ouvert plus facilement, ce qui était assez ironique quand on y pensait bien étant donné qu'ils ne s'étaient jamais parlé jusqu'à présent. Mais les choses étaient bien faites et Connor était plus que satisfait de la situation, même s'il essayait de le cacher avec soin. Malheureusement, toute la politesse dont il pouvait faire preuve ne changerait pas l'ombre de sourire qui planait sur son visage.

Ainsi, il avait donc vu juste en pariant sur le fait que Théo avait agit d'abord pour lui avant d'agir pour Rose : Connor ne le blâmerait pas pour cela, son raisonnement était peut-être - sûrement même - égoïste mais pour assurer ses arrières et sa tranquillité, il avait la fâcheuse et prudente tendance à poser ses intérêts avant ceux des autres quand la situation devenait compliquée. Disons que sans être égoïste - le terme était loin de flatter son égo - Connor avait l'art et la manière se retirer quand il le fallait, laissant aux altruistes et autres généreux l'honneur et le panache de se sacrifier sur l'autel du dévouement. Si par malheur il avait dû se retrouver dans la situation de Théo - Merlin l'en préserve - il aurait agi de la même manière et comprenait donc parfaitement le raisonnement, même si sa curiosité était largement piquée par les fantômes derrière les mots de son interlocuteur. Il ne comptait néanmoins pas insister, même s'il savait qu'une portée encore plus grande se cachait sous les tournures de phrases de Théo, car il savait parfaitement qu'il n'obtiendrait rien en y allant de front. Si Connor, décidément bien trop curieux pour en être correct - son pêché mignon - voulait en savoir plus, il lui faudrait louvoyer de manière bien plus subtile. Et peut-être donner de sa personne. Quoique, songea-t-il en baissant les yeux sur le torse de Théo, il y avait bien pire comme personne avec qui s'impliquer. Et visiblement, Connor n'était pas le seul à avoir ce raisonnement. Son éternel sourire en coin - et tout aussi éternellement rempli de sous-entendus - sur le visage, il décida d'éluder, comme il le faisait toujours.

- Disons simplement que Rosaleen n'est pas mon genre, répondit-il en vrillant son regard dans les yeux de Théo.

Il se surprenait lui-même ainsi, à perdre sa réserve habituelle. Mais il s'amusait beaucoup trop pour renoncer à tout cela. Il n'aurait jamais pensé en se levant se livrer à ce genre de petits jeux et surtout pas avec l'ex-fiancé d'une amie qui s'avérait être quelqu'un de tout à fait intéressant. Mais Connor ne craignait rien, il savait parfaitement qu'il ne se mouillait pas trop. Oh, peut-être que son sourire renfermait trop de non-dits ou que son regard était un peu trop brillant ou un peu trop indécent à s'égarer régulièrement mais tout cela était sujet à interprétation, n'est-ce pas ? Il pouvait toujours se retirer lorsqu'il en ressentirait le besoin. Il était devenu un professionnel.

- Mais soyons honnêtes, Théo, lança-t-il accentuant le prénom de son interlocuteur, profitant de cet infime instant pour en savourer la prononciation, Rosaleen Lestrange est une très jolie fille, bien que peut-être un peu trop blonde à votre goût, ajouta-t-il d'un ton joueur sans résister à la petite provocation. Quel est le vice qui peut vous détourner d'un si joli minois ? Une brune ? Une rousse ? Ou bien toute autre chose ?

Il s'amusait vraiment beaucoup trop pour son propre bien mais ne pouvait s'en empêcher. C'était tout en innocence, n'est-ce pas ? Ou tout en indécence, au choix.
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Etait-ce lui, ou bien est-ce que le regard de Connor s'égarait là où il ne l'aurait pas du ? Un infime soupçon monta en Théo, aussitôt confirmé par la réponse pour le moins ambiguë de son interlocuteur. Théo soutint son regard sans répondre, sentant un sourire en coin venir étirer ses lèvres, miroir de celui de Connor. Allons bon, songea-t-il en ayant un regain d'intérêt pour la conversation, était-ce lui qui devenait paranoïaque ou bien Connor était-il du même bord que lui ? Cela aurait le don d'expliquer pourquoi il s'intéressait tant à lui, en effet, et Théo réalisa avec une certaine surprise que cette hypothèse n'était pas pour lui déplaire. Il connaissait à peine ce jeune homme et avait été agacé par son entrée en matière, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de se sentir flatté par l'intérêt qu'il semblait - peut-être - lui porter. Connor était un jeune homme étranger, qui paraissait intelligent et cultivé, qui ne portait aucun intérêt à la haute société anglaise et dont le physique était agréable... Une idée plutôt inconvenante traversa l'esprit de Théo qu'il s'efforça d'écarter de son esprit, conscient qu'il se faisait probablement des idées.

Le jeune homme revint rapidement à la réalité quand Connor l'interrogea à son tour, posant enfin la question qui sous-tendait leur conversation depuis le début. Le sourire de Théo s'agrandit, tandis que son pouls augmentait légèrement. De toute évidence, à en juger par la formulation de Connor, il était bel et bien découvert. Il lui restait toujours la possibilité de nier et d'inventer une excuse, de se retrancher derrière sa froideur habituelle et de fuir les lieux, mais cette perspective ne l'enchantait guère. Non, Connor avait lui aussi réussi à attiser sa curiosité et Théo ne partirait pas sans en savoir plus à son sujet. Une question en particulier le taraudait...

"Un tout autre genre, en effet", répliqua-t-il finalement, vrillant son regard dans celui de son interlocuteur, comme pour le sonder. Reportant son attention sur sa tasse de thé, il passa une main gênée dans ses cheveux. Théo avait accepté ce qu'il était, mais il avait encore du mal à l'admettre, et le regard des autres pouvait toujours être difficile à supporter. Même le regard d'un étranger, même celui de quelqu'un de potentiellement similaire à lui le troublait, car il avait l'impression de ce voir à travers ces yeux et il était mal à l'aise avec ce qu'il voyait. Un sang-pur déchu, quelqu'un dont les heures étaient comptées, un traître à son sang, comme l'on aurait dit pendant la guerre... Quelqu'un dont l'identité était floue, et qui peinait à trouver sa place.

Un léger silence s'instaura, tandis que Théo se demandait comment poursuivre cette étrange discussion. Il n'était pas habitué à ce genre de situation. Sans doute serait-il plus sage de prendre congé avant de se dévoiler un peu plus, mais... Il n'en avait pas vraiment envie. Pour autant, Théo devait s'assurer de la discrétion de cet étranger, car il risquait gros là-dessus. D'ailleurs, il n'était pas certain de Rosaleen apprécie qu'il ait dévoilé la vérité sur leurs fiançailles à l'un de ses amis, mais si Connor était aussi proche d'elle qu'il le prétendait, elle serait peut-être soulagée de pouvoir discuter ouvertement avec quelqu'un.

"Je pense que vous comprendrez pourquoi votre discrétion signifie beaucoup pour moi", souffla-t-il. "Je n'ai pas un entourage très tolérant pour ce type de préférences, c'est même un euphémisme... D'où le mariage arrangé, d'où tout ces secrets, avec Rosaleen."

Il haussa les épaules, conscient que son histoire pouvait paraître tant méprisable qu'abracadabrante aux yeux de quelqu'un qui n'était pas familier avec le fonctionnement de la noblesse sang-pur. Théo n'aimait pas beaucoup parler de tout cela, car cela ne faisait que lui rappeler à quel point il était prêt de tout perdre, Samaël, sa famille, son honneur, sa réputation... Il poussa un lourd soupir et son regard revint se poser sur Connor, effleurant son visage des yeux, s'attardant sur la courbe de sa mâchoire et le dessin de ses lèvres. Voilà, se concentrer sur lui était bien plus agréable. Il avait bien besoin d'une parenthèse loin de son amertume et de ses regrets.

"Mais je suis sur que je peux compter sur vous, Connor, vous m'avez également l'air de quelqu'un qui a des secrets... Je me trompe ?", murmura-t-il, sur un ton plein de sous-entendus.

Prenant le prétexte de commander une nouvelle boisson, Théo se rapprocha imperceptiblement de Connor, accrochant un sourire impertinent emprunté à Zach sur ses lèvres. Voyons si cet américain se montrerait toujours aussi curieux à présent qu'il savait de quoi il retournait...


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Ce fut lorsque Théo affirma qu'il aimait un tout autre genre de personnes que Rose que Connor eut la confirmation de tous ses soupçons. Il n'était pas venu bille en tête avec cette idée tout simplement parce qu'il n'y avait pas pensé au début - qui aurait pu se douter ? - mais les quelques indices que son interlocuteur avait égrainé - bien malgré lui - au fil de la conversation, avait aiguillé Connor vers cette hypothèse à la fois si parfaite et en même temps si surprenante. En même temps, ce n'était pas si irréalisable que ça, non ? Les Sang-Pur étaient des gens comme les autres, il n'y avait pas de raison qu'ils échappent aux préoccupation du commun des mortels. Mais l'idée était quand même délicieuse... Théo Nott, si guindé, si fier, si différent des gens qu'il côtoyait d'habitude serait à sa portée, accessible ? C'était mal, songea-t-il de manière fugace. Très très mal. L'ombre de Rosaleen planait sur les pensées peu chastes de Connor et c'était bien la seule chose qui le retenait de sortir de la discussion amicale pour voir comment Théo Nott réagissait à un peu de flirt. Si ce n'était pas déjà fait. Mais Rosaleen était son amie et elle n'apprécierait sûrement pas ce petit manège. Enfin, ce n'est pas comme si elle allait le savoir un jour... Connor ne voyait pas vraiment Théo s'empresser d'aller tout raconter à son ancienne fiancée tandis que ses propres activités nocturnes étaient inconnues de tous, y compris de ses amis. Mais il ne fallait pas penser à cela, vraiment pas penser à cela.

Il se força à avaler une gorgée de café sans regarder Théo, ne serait-ce que du coin de l'oeil, pour garder l'esprit clair et pur, loin de toute tentation. Il n'était pas peu fier d'avoir découvert ainsi un secret sûrement bien gardé mais les choses devaient s'arrêter là. Tout simplement parce qu'il y avait Rose, et si Connor avait un coté très subversif, il n'était pas déloyal. Même si Rose ne le savait jamais, il voulait pouvoir regarder son amie dans les yeux le lendemain sans que ses pensées ne s'égarent du coté de l'ancien fiancé de cette dernière. Et puis aussi parce qu'il n'était pas idiot et s'il avait compris que Théo était gay dans ses tournures de phrases, il avait aussi également cru comprendre que c'était pour quelqu'un d'autre s'il avait abandonné Rose. D'où le sens de sa question. Les choses étaient donc simples : Connor serait sage. Par égard par Rose et aussi parce qu'il n'avait aucune chance. Enfin, c'est ce qu'il s'était dit lorsqu'il avait vu Théo entrer dans le café et qu'il l'avait trouvé charmant. Et pourtant, maintenant, il venait d'apprendre qu'il avait hypothétiquement parlant des chances. Mais pas plus. Vraiment pas plus. Il trouverait son bonheur ce soir dans les salles sombres de l'Amortentia, comme il le faisait toujours. Il était un habitué de l'endroit et n'avait pourtant jamais donné de nom de famille, juste un prénom. De toute manière, l'endroit était suffisamment sulfureux et inconnu des étrangers pour que peu de personnes de Lycaon s'y rendent. Il avait découvert l'endroit par un amant d'un soir qui y avait ses habitudes également et il n'était plus jamais reparti. Il connaissait tout par cœur, là-bas. Mais ne se lassait pas pour autant. Abandonnant le monde de la nuit, Connor revint à la réalité en entendant la voix grave de Théo et il vrilla ses yeux bleus dans les siens, soudainement très sérieux, ayant pour une fois abandonné son éternel sourire en coin.

- J'ai beaucoup de vices, je le reconnais. Et si la curiosité en fait partie, le respect des secrets des autres est en revanche une de mes vertus. J'aime savoir, pas répéter.

Il mélangea lentement son café un peu refroidi avant de redresser la tête, apercevant par là-même le mouvement de Théo pour se rapprocher, lui demandant si lui aussi avait des secrets. Connor ne répondit rien l'espace d'un instant, observant son interlocuteur avec intensité, détaillant sans vergogne le moindre détail de son visage, de la couleur de ses yeux à la forme de ses lèvres. Il était proche et visiblement dans une optique réprimée par les bonnes mœurs. Connor n'était pas du genre à se faire des idées, la plupart de ses prédictions se réalisaient, et là, Théo Nott était clairement en train de le dévisager tout comme lui l'avait fait auparavant. Deux choix se présentèrent alors dans l'esprit de Connor : rester sage et raisonnable, comme il devrait le faire, penser à Rosaleen, à leur amitié, au petit-ami qu'il a cru distinguer dans les paroles de Théo ou bien... Oublier tout cela, les convenances et les obligations et comme toujours céder à ses pulsions et à ses envies. Il ne risquait rien, personne n'en saurait rien et il en mourrait d'envie. Alors le choix fut vite fait et un sourire naquit de nouveau sur ses lèvres, tandis que sa main allait volontairement effleurer celle de Théo sous le prétexte de prendre la serviette posée à coté de la tasse de ce dernier.

- J'ai plus de secrets que vous ne pouvez l'imaginer, répliqua-t-il sans le quitter du regard.

Et, savourant d'avance son effet, il se pencha vers l'oreille de Théo pour murmurer, profitant de la disparition de la serveuse dans les cuisines et du fait qu'ils soient seuls dans le restaurant.

- Des secrets bien trop indécents pour que je puisse les raconter à voix haute dans un lieu public.

Et comme si de rien n'était, il se redressa pour boire une gorgée de café, le visage impassible. 
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Savoir respecter le secret des autres était une grande qualité aux yeux de Théo. Tout le monde n'en était pas capable, mais si c'était réellement l'une des vertus de Connor, cela suffisait pour le rassurer sur son compte. Peu lui importait qu'il sache qu'il était gay du moment qu'il ne lui ôtait pas le choix de le divulguer ou pas, et de quelle façon. C'était quelque chose qui lui appartenait entièrement. Etait-il possible qu'il ait rencontré quelqu'un de discret, comme lui ? Pourquoi pas, après tout, car si Connor s'était montré si curieux au début de leur conversation, c'était peut-être simplement parce que Rosaleen lui avait parlé de lui. S'il était gay lui aussi, il était tout à fait possible qu'il ait décidé de garder ce fait pour lui afin de ne le révéler qu'à ses conquêtes potentielles... Restait à vérifier cette hypothèse, songea Théo en soutenant le regard de son interlocuteur. Bien vite, Connor vint confirmer sa théorie, par un frôlement discret de sa main qui fit naître des frissons en Théo. Celui-ci avisa du coin de l'oeil la serveuse qui s'éclipsait en cuisines, les laissant momentanément seul, pour son grand plaisir. La réponse de Connor acheva d'exciter sa curiosité et les quelques mots murmurés à son oreille attisèrent son envie de faire connaissance avec le jeune américain de manière plus...intime.

"J'ai une grande imagination", souffla Théo en réponse.

Ses pensées se tournèrent un instant vers Samaël, puis Zach, mais il les écarta bien vite de son esprit. Théo ne devait rien à Sam, après ce qu'il avait fait, quant à Zach... Eh bien, il n'y avait rien d'exclusif entre eux, c'était le contrat, et si son affection pour son amant occasionnel allait en grandissant, il ne se sentait absolument pas prêt à s'engager avec lui, pas encore. La blessure causée par Samaël était trop récente, trop profonde, et il avait besoin de l'oublier. Pourquoi ne pas le faire auprès de Connor ? Personne n'en saurait rien, personne ne s'y intéressait vraiment de toute façon, et il en avait envie.

"Moi qui croyait que les américains avaient le goût du risque", le provoqua-t-il avant de se tourner légèrement sur son tabouret de manière à lui faire face. Il n'y avait personne dans la pièce, les chances qu'un sang-pur entre dans le café pile à ce moment là étaient minces, et si cela arrivait... Hé bien, il maîtrisait de mieux en mieux le sortilège d'Oubliette ! Ses dernières hésitations balayées, Théo tendit la main pour la glisser sur la nuque de Connor, l'incitant à se rapprocher. Penchant la tête vers lui, il ferma les yeux avant de capturer les lèvres de Connor avec les siennes. Une impression d'intense satisfaction l'envahit quand il réalisa que Connor lui rendait son baiser, et il savoura l'étreinte tant inattendue que bienvenue. C'était comme une revanche, un baume pour son ego blessé et il appréciait particulièrement le frisson de la découverte qui le parcourait. Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec embrasser Sam, rien n'y était réellement comparable. Mais il devait se faire une raison et, ma foi, Connor l'y aidait bien. Un blondin, songea-t-il tandis que sa main se glissait dans les cheveux clairs de Connor. Mieux valait que Juliet et Jeremy n'apprennent jamais cela, sinon il n'avait pas fini d'en entendre parler... Un bruit de tintement de verres le fit revenir à la réalité et il se sépara de Connor avant de reprendre sa place, le souffle court. La serveuse était de retour et son sourire était un peu trop malicieux pour être innocent.

"Que diriez-vous d'échanger quelques secrets dans un endroit moins fréquenté ?", murmura Théo à l'attention de Connor, l'invitant du regard à accepter.


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Si on avait dit à Connor que sa banale matinée se terminerait en flirt éhonté avec l'ancien fiancé Sang-Pur mais gay d'une de ses amies, il ne l'aurait pas cru. Est-ce qu'il se sentait coupable ? Vaguement. Mais après tout, ce que Rose ignorait ne pouvait pas lui faire de mal, non ? Et puis ce n'était pas comme s'ils avaient été réellement été fiancés tous les deux. Il ne faisait rien de répréhensible. De toute manière, il réfléchirait à tout cela après. Ce qui allait se passer serait sans attaches, sans conséquences et sans complications. Tout ce qu'il aimait. Il observa Théo avec un sourire en coin tandis que les pensées qui l'animaient étaient tout sauf Bibliques. Théo Nott lui plaisait vraiment, il ne savait pas pourquoi. Il était beau, certes, très beau, avec des traits fins, aristocratiques mais c'était autre chose. Peut-être le fait qu'il semble si inaccessible dans un sens, si aristocratiques, justement. Ce n'était pas vraiment le genre de personnes que Connor fréquentait d'habitude, la clientèle de l'Amortentia n'était pas aussi distinguée.

Et lorsque Théo tourna son tabouret pour lui faire face, la provocation à peine voilée fit fondre le masque faussement impossible qu'arborait Connor après sa petite réplique murmurée à l'oreille de Théo. Il ne se fit pas prier lorsqu'il sentit la main du jeune homme se glisser dans sa nuque, effleurant ainsi sa peau et lui arrachant un frisson. Ils n'allaient pas rester longtemps dans ce café, il ne le permettrait pas, il était bien trop tenté par Théo à cet instant très précis pour faire durer le jeu encore un peu. Même si ce n'était pas comme s'ils avaient pris du temps, d'ailleurs, tout s'était fait en quelques phrases. Mais ce n'était pas désagréable, songea Connor au moment où Théo se penchait vers lui. Il aimait bien les jeux de séduction mais aller droit au but avait également son charme et les hommes entreprenants, c'était carrément son truc. Il savoura chaque moment du baiser, se rapprochant de Théo au point de frôler le bord de son tabouret, une de ses mains remontant insidieusement sur la cuisse de ce dernier. Il manqua de protester lorsque Théo s'éloigna mais apercevoir la serveuse suffit à calmer ses ardeurs. Il n'avait pas très envie de prendre le risque de tomber sur l'un de ses camarades de Lycaon, la pause déjeuner approchant, et il était plutôt d'avis qu'il fallait mieux se replier dans un endroit plus intime.

- Je pense que c'est une très bonne idée, répondit-il d'un ton empli de sous-entendus.

Il sortit quelques Noises de sa poche pour payer et fit venir son manteau à lui - étant né dans une ville moldue, il n'avait jamais vraiment réussi à adopter le style sorcier - avant de saluer la serveuse et de sortir du restaurant, suivi de Théo. Sans vraiment attendre, il s'engagea dans une petite rue discrète, attira Théo pour l'embrasser dans l'optique de mettre fin à la frustration qu'il avait ressenti quand la serveuse était revenue et finit par se séparer de lui, le souffle un peu court.

- Chez moi ? J'habite tout près.

Et lorsqu'ils se retrouvèrent devant la porte de Connor - tant pis pour la journée de cours - ce dernier ne put s'empêcher une dernière pique, avant de passer aux choses sérieuses.

-Et moi qui croyait que les Sang-Pur étaient coincés...

FIN DU RP
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L'heure du thé(o) [Théo]

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