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 ...Dans la demeure d'un serpent

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Et dans mes doux liens, à mon sang suspendue
Je me voyais me voir, sinueuse et dorais
De regard en regard mes profondes forêts
J'y suivais un serpent qui venait de me mordre

~
Paul Valéry


12 Novembre 2007

Alceste a fermé la bibliothèque. Trois jours. Il a prétendu être malade. Il était malade. Il s'est retiré dans ses appartements et a contemplé les lignes très droites qui le composent, échaffaux de psychorigidité. Il a tourné tout le jour et manqué au sommeil toute la nuit. Sa consommation de nourritures terrestres, déjà régie en temps normal par des règles strictes et régulée par des angoisses irrésolues se fait promptement inexistante. En trois jours, il lit sept livres, et quelques recueils, il se noie dans la vie rêvée d'autre gens, assemblant leurs illusions pour s'y réfugier. A l'aube du quatrième jour, il sombre dans le sommeil, enfin. Lorsqu'il se réveille, c'est avec une décision. Le bibliothécaire a reconnu, au bout longues crises d'angoisses enfilées bout à bout comme des perles qu'il ne regagnera pas sa paix intérieure. Un venin a été instillé en lui et l'accable. Qu'il pourrait mourir, par cette substance. De honte et de désarroi et de haine profonde de lui-même.
Non.
Il décide d'extraire le venin.
Il passe consulter les Archives.


C'est un Alceste incroyablement résolu qui se présente sur le perron du petit appart mignon d'Aberystwyth. Ses yeux ont un certain solennel qu'il ne perd pas lorsque Théo, surpris probablement, est repoussé fermement à l'intérieur de l'appart, d'une main sur le plexus. La rage, la haine, le feu reviennent.

- J'ai réfléchi.

Il l'embrasse.
Théo NottAncien personnageavatar
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Quelques jours se sont écoulés depuis l'étrange rencontre de Théo avec le bibliothécaire de Poudlard, quelques jours durant lesquels ce moment surréaliste était fréquemment revenu hanter ses pensées. Un brin de colère l'animait à ce souvenir, mêlée à une vague honte coupable. Alors il avait décidé de faire de son mieux pour ensevelir Alceste Greengrass dans un coin de sa mémoire et pour ne plus y penser, ni ne chercher à le revoir. Cela ne le regardait pas, après tout, ce que cet homme traversait. Ce n'était qu'un inconnu et Théo avait déjà bien assez de problèmes à lui pour ne pas se charger de ceux d'un autre, d'un autre empli d'animosité, au demeurant.

Ce jour là, Théo était plongé dans la relecture de ses cours du professeur McNeil, sans penser à ses diverses tribulations sentimentales, lorsque quelqu'un se présenta à sa porte. Il ouvrit en s'attendant à se trouver face à Juliet ou Zach, et laissa échapper une exclamation de surprise en reconnaissant son invité. Alceste en personne se trouvait là, l'air auguste et grave. Théo n'eut pas le temps d'émettre la moindre interrogation que le voilà repoussé à l'intérieur de son appartement, ses lèvres bientôt emprisonnées par celles du bibliothécaire.

Une vague protestation de Théo fut étouffée par le baiser, et il capitula. Ce que Alceste était venu chercher ici était plutôt clair, et il devait être plutôt sûr de lui. Et si ce n'était pas le cas, tant pis ! Théo n'avait rien demandé, et il n'avait rien contre le fait d'aider Alceste à...réfléchir.

"Euh, d'accord", souffla-t-il entre deux baisers, avant d'entraîner Alceste jusqu'à son canapé, dans lequel il se laissa tomber.


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Quelque chose, qu'Alceste a depuis longtemps identifié comme les morceaux épars de sa raison, tintille au fond de son esprit, misérablement, et se fait réduire au silence avec fermeté. Théo est juste là, pliable, quoi que surpris, en chair, en os, en magie, avec ses bouclettes qu'Alceste redécouvre du bout des doigts, chaque texture sous ses paumes réveillant les souvenirs qui sont restés brulés dans son esprit et ces souvenirs reviennent plus vifs et plus nets et plus clairs car il n'est pas sous l'influence abstraite de l'alcool. Alceste s'émerveille à nouveau de leurs tailles similaires, d'a quel point leurs corps semblent avoir les dents et les creux parfaits pour s'imbriquer l'un contre l'autre sans défaut. Il ne prête aucune sorte d'attention à l'appartement, à la décoration, à autre chose que la chemise de son ancien élève qu'il repousse sur ses épaules, penché vers le canapé ou Théo s'est installé puis décidant vite que le meilleur moyen d'être proche de lui est de s'installer sur ses genoux.

D'une main, dans une sorte d'accès de timidité qui lui amène le rose aux joues et un petit sourire mais qui ne l'empêche pas d'aller mordre Théo vers son oreille, il détache sa propre tresse lâche et laisse ses cheveux glisser sur ses épaules. Offrande de lui-même s'il en est.

Et Théo peut avoir la certitude qu'il ne s'enfuira pas, cette fois. Alceste lui explique avec ses mains et ses dents et quelques mots timides suspendus au bout de son souffle court. Il est là, il a signé, il est damné, il ne partira pas.
Théo NottAncien personnageavatar
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Un petit sourire attendri passa furtivement sur les lèvres de Théo lorsqu'Alceste libéra sa longue chevelure et s'attaqua à la peau vers son oreille. En dépit de sa timidité visible, le bibliothécaire était sûr de ce qu'il voulait et Théo ne se fit pas prier. Ses mains plongèrent à travers ses cheveux pour l'attirer plus près de lui avant de se glisser sous ses vêtements et de courir sur la peau de son dos. Un soupir de contentement s'échappa des lèvres de Théo, qui vinrent capturer celles d'Alceste en un long baiser.

*

Quelques temps plus tard, Théo reposait contre Alceste, la tête pleine d'interrogations qu'il n'osait poser. Pourquoi l'homme, pourtant son aîné et de loin, avait-il ce comportement erratique avec lui ? Les hésitations, Théo pouvait les comprendre, bien entendu, mais Alceste était vraiment passé du froid au chaud en un revirement extrême qui le dépassait quelque peu. Avait-il trouvé ce qu'il était venu chercher auprès de lui ? Théo avait-il été à la hauteur de ses espérances ? L'avait-il au contraire conforté dans son mépris de ces pratiques que les hommes de leur trempe jugeaient avilissantes ? Théo resta silencieux un moment, à tergiverser, se demandant comment amener l'autre à s'ouvrir sans le brusquer ni le vexer.

"Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?", finit-il par demander en vrillant un regard curieux sur Alceste.



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Est-ce que tu es ma perte ? Est-ce que tu vas me tuer ? Tout en sourires et en langueur et en immensités de peau et de lignes parfaites ?

Probablement. Probablement qu'il est déjà trop tard... Qu'Alceste en son forfait, les doigts retraçant une épaule, une clavicule, se perdant entre les boucles qui brillent un peu à présent, s'est tout à fait vendu. Il a la lenteur du sommeil et de la résignation lorsqu'il applique ses lèvres sur le front de Théo, étirant dans le temps un moment fragile. Il le contemple, son jeune homme, asséché et durci par l'âge adulte, lui qui arborait avec cette maladresse d'oisillon les tendresses de l'enfance il y a encore peu de temps. Deux ans hors des couloirs du château vous changent un être, il semblerait. Cinq ans enfermés entre les murs dudit château ont vraissemblablement aussi le pouvoir de faire vaciller la droiture d'un homme. Alceste ne se précipite pas pour répondre, lui qui est si... Humain en cet instant, qui a quitté ses airs graves de statue de sel, incorruptible... L'émoi est encore vif sur ses joues et dans ses bras qui ne se résolvent pas à le relâcher, pas encore, car la séparation de leurs peaux sera définitive. Jamais plus, par force de volonté et de destins -bien que de ce dernier Alceste n'en sache rien- ne se retrouverons-ils ainsi emmêlés l'un à l'autre, n'accrocherons leurs regards de cette manière -la seule complicité qui importe-. Alors il laisse faire l'éternité, rien qu'un instant.

Un moment il pense qu'il va mentir. Donner une explication. Logique et satisfaisante, pleine de bon sens. N'arrive pas à s'y résoudre. A été sincère avec lui jusqu'à présent et n'aura plus ensuite jamais l'obligation de l'être. Alors il ne ment pas, et il n'explique rien.

- Toi.

Et puis avec ce mot vient le moment où il ne peut plus supporter leurs chaleurs échangées et leurs proximité et tant de vérité d'un seul coup -si dure, si crue, contraire à tous ses principes, être de mensonges et de paraître et d'assemblages de vanité-, où il se défait de Théo, finalement. Quitte à regret la protection de la courtepointe jetée sur le canapé et dans laquelle ils se sont entortillés à mesure de la soirée, se lève et s'éloigne et s'apprête, enfin, à partir. A rejoindre son obscurité ordinaire.
Brûlé par la lumière.
Théo NottAncien personnageavatar
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Un seul petit mot, et Théo fut plongé dans un océan de perplexité et d'embarras. Plus le temps passait et moins il ne parvenait à saisir cet homme sibyllin et secret, dont il ne parvenait à prédire le comportement ou les paroles. Certes, Théo n'avait jamais été un grand juge de caractère, mais la tournure que prenaient les évènements avec Alceste le laissait légèrement interrogatif.

Allaient-ils se revoir ? Si la réponse d'Alceste était pour le moins flatteuse, et s'il avait apprécié - bel euphémisme - ce moment passé en sa compagnie, Théo n'était pas certain de le vouloir. Il y avait Zach, et les soirées légères et simples qu'ils passaient l'un en compagnie de l'autre, et c'était à peu près tout ce que Théo était capable de supporter sur le long terme. Pas tant que l'ombre de Sam continuait de se jeter sur ses conquêtes... Mais ce n'était probablement pas ce que voulait Alceste lui-même. A peine s'étaient-ils trouvés qu'ils en étaient déjà aux adieux, Théo pouvait le sentir.

Curieusement, il ne fit pas un geste pour rattraper Alceste lorsque celui-ci se glissa loin de lui. Il se contenta de l'observer, d'admirer la grâce de ce corps harmonieux qu'il connaissait un peu mieux désormais. Une certaine langueur s'était emparée de lui et il mit quelques instants à se résoudre à se lever à son tour, pour rejoindre Alceste en quelques pas.

"Ca va aller ?", demanda-t-il finalement en posant un regard sombre sur l'archiviste.

Il ne savait pas vraiment d'où lui venait cette question. C'était probablement sa façon à lui de chercher à savoir s'il avait bien fait d'agir de la sorte, ou s'il avait poussé Alceste un peu plus loin dans ses errances...


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Théo ne sera probablement pas rassuré par le regard qu'il recoit. Quelque chose de froid, presque blessant. Un "comment oses-tu poser cette question" du bout des yeux, entre deux mèches de cheveux encore folles. Elles sont corrigées dans le strict d'un tresse, promptement, et Alceste s'habille sans chichis, sans pudeur, probablement plus parce qu'il a la tête ailleurs qu'à ce genre de problèmes bassement matériels. L'espace entre Théo et lui semble dépourvu d'oxygène, le fuir au plus vite apparait vital au jeune bibliothécaire, qui ressent son corps, ses os comme une grande caracasse séculaire, éternellement mourrante et qu'il traine derrière lui comme un fardeau. Il la farde d'illusions de noblesse en réhaussant sa redingotte, petits boutons brillants fermés un à un, pratique et maitrise, rigidité d'esprit. Noue ses cheveux au bout d'un lien de soie et se redresse, vêtu de son armure de paraitre, tout aussi natteignable que précédement, lorsqu'on ne découvre pas à quel point il est blessé au flanc. Rien dans le nuage qui bourdonne dans la tête d'Alceste ne ressemble à du regret, néanmoins. Pas encore. Cela viendra, mais pour l'instant, la fuite n'est pas motivé par la peur, mais pas l'absence d'appartenance. Aveugle de la lumière de Théo, il ne peut que se retirer dans les ombres et feuler comme un chat, défendant toute clarté de l'approcher. Lécher ses blessures dans le noir et redevenir lui.

Et pour contreduire tout à fait ces actes et ces paroles, une main proche de la joue du jeune homme en adieu, sans jamais lui effleurer, c'est avec un sourire infiniment doux qu'Alceste transplane sans répondre. Laissant son odeur et un peu de son aura carcinogène derrière lui.


Fin du Rp Pour Alou.
Théo NottAncien personnageavatar
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Alceste était parti aussi brusquement qu'il n'était arrivé, laissant derrière lui un Théo passablement confus. Le bibliothécaire était une énigme vivante, soufflant le chaud et le froid sans prévenir, prenant et rejetant sans demander, et Théo n'était pas loin de s'offusquer de ce manque de manières. Pour un peu, il serait bien allé à la poursuite d'Alceste pour lui dire sa façon de penser, mais il y avait fort à parier que rien de bon n'en sortirait. Autant rester sur cette dernière impression, cette expression de douceur sur le visage de son amant, tellement plus satisfaisante que ce regard noir qui l'avait intimé au silence.

Théo n'était pas prêt de laisser Alceste l'approcher de nouveau, si tant est que son aîné en ait seulement envie. L'état indéfinissable dans lequel il se trouvait, partagé entre élans d'affection et incompréhension, il ne veut plus la connaître. Il se fit une tasse de thé et revint se blottir dans son canapé, pensif, revivant les derniers instants dans sa tête jusqu'à ce que l'eau de son breuvage soit complètement froide.

RP terminé


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