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 Les mots d'excuses [Samaël & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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24 novembre 2007

Le mois de novembre était réellement un mois détestable. D’ailleurs, c’était exactement ce à quoi Juliet songeait alors qu’elle marchait dans les petites rue d’Aberystwyth, en direction de la colocation qu’elle partageait normalement avec Aaron et Samaël, et où elle n’avait pas mis les pieds depuis près d’un mois. Pourtant, au début du mois – avant l’accident de son père, en réalité – la jeune femme avait vraiment envisagé de retourner y vivre. Elle habitait là-bas, c’était également sa maison, et elle continuait de payer le loyer. Alors, tant pis si elle avait eu quelques différents avec son colocataire, l’ambiance aurait été un peu tendue, mais ce n’était pas ça qui l’aurait empêché de vivre. Oui, mais ça, c’était avant que son père ne tombe dans le coma suite à son accident de voiture. Avant qu’elle ne soit complètement dévastée par cet évènement. Mais comment pouvait-on lui demander d’avancer, alors que son père était entre la vie et la mort ? Fort heureusement, il y avait Jeremy. Et c’était la seule personne qui lui permettait de tenir, depuis une vingtaine de jours, la seule personne sur qui elle se reposait complètement. Elle avait d’ailleurs établi provisoirement son domicile chez lui, un peu gênée de s’imposer ainsi, mais excessivement soulagée de pouvoir le voir aussi régulièrement et ne pas avoir à affronter sa colocation, pendant un temps du moins.

Elle y retournait aujourd’hui pour prendre des affaires, mais n’avait pas vraiment l’attention de s’attarder. Arrivée devant la maison, elle fouilla quelques instants dans son sac, en extirpa ses clés, et les enfonça dans la serrure pour déverrouiller la porte qu’elle poussa, avant de pénétrer à l’intérieur. C’était étrange, de revenir ici, au bout d’un mois, comme si rien n’avait changé. Elle lança un « bonjour » hésitant, attendit quelques instants, et, comme aucune réponse ne lui parvenait, haussa les épaule avant de gagner sa chambre. Une fois là-bas, elle se laissa tomber sur son lit, s’allongea paresseusement et bailla en s’étirant.

Dans quelques jours, cela ferait un mois que son père était à l’hôpital, un mois qu’il était dans le coma, et un mois qu’elle essayait de passer le voir le plus souvent possible. Mais ses visites de changeaient rien, et les médicomages avaient beau se montrer optimistes, l’état de George n’évoluait pas. Et la possibilité qu'il ne se réveille jamais se faisait de plus en plus forte, chaque jour. Cette idée, obsédante, ne quittait pas son esprit depuis son accident, ou uniquement lors de ses entraînements, qui du fait de leur difficulté l’incitaient à laisser ses pensées aux vestiaires, et à ne penser qu’au jeu. Elle avait eu une longue conversation avec une de ses coéquipières à ce sujet, sur l’importance de ne pas laisser ses sentiments prendre le pas sur ce qu'il se passait sur le terrain, chose qui était probablement son plus grand défaut au Quidditch. Mais elle essayait d’y remédier, vraiment !

Poussant un profond soupir, elle se releva, et se dirigea machinalement vers son armoire pour en sortir quelques affaires, qu’elle fourra sans ménagement dans son sac. Elle fronça légèrement les sourcils en passant dans la salle de bain, attrapa deux produits qu’elle avait laissé traîner sur l’étagère, et après un dernier coup d’œil dans les pièces, dévala les escaliers qui menaient au salon, satisfaite d’avoir pu récupérer tout ce dont elle avait besoin sans avoir croisé… Non, elle avait pensé trop vite, songea-t-elle alors qu’elle tombait sur Samaël. Elle leva timidement les yeux vers les siens, n’ayant absolument aucune envie de se battre avec le jeune homme.

« Salut. » lâcha-t-elle finalement, son sac à la main, ses clés dans l’autre.

Elle resta étrangement plantée devant lui. On ne savait jamais.



Kit par Irving Ship
Samaël SmithAncien personnageavatar
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Les journées se succédaient, plus semblables les unes que les autres, plus épuisantes et dénuées de sens. Il s'enfonçait jour après jour un peu plus dans le déni, il ne voulait pas voir ce qu'il se passait sa consommation avait légèrement augmenté, il lui en fallait un peu plus à chaque fois pour ensevelir ses émotions, pour ne plus rien ressentir. Il n'avait pas conscience qu'il allait très bientôt atteindre le point de non retour ou si il en avait conscience, il s'en fichait, tout ceci prendrait fin et il ne manquerait à personne de toute façon. La médicomagie n'avait plus grand intérêt à ses yeux, l'université et ses cours n'étaient qu'une vaste blague et tout le reste n'avait plus d'importance. Il avait perdu ses illusions, ses rêves en même temps que Théo et ses derniers espoirs en même temps que son amitié pour Juliet.

Il poussa un soupir et enfonça sa clé dans la serrure avant de remarquer que la porte était déjà déverrouillée, il fronça les sourcils avant d'hausser les épaules d'indifférence, Aaron était peut-être rentré plus tôt que d'habitude. Il ne chercha pas à comprendre et poussa la porte pour pénétrer dans la salon, une envie de s'affaler sur le canapé pour regarder la télé le pris avant de se faire rappeler à l'ordre par le tremblement de sa main, il ferma les paupières et poussa un soupir, ses sentiments allaient bientôt reprendre le pas sur sa raison, sur sa lucidité, il allait devoir remédier au problème rapidement avant que les tremblements ne s'accentuent, avant qu'il ne convulse complètement. Il se dirigea vers l'escalier pour rejoindre sa chambre quand il tomba nez à nez avec Juliet.

Il n'avait pas revu la jeune fille depuis presque un mois, depuis leur dispute, il s'était convaincu que cela ne lui faisait rien, que ça ne l'affectait pas mais c'était faux, évidemment, l'absence de son amie s'était faite sentir mais il était beaucoup trop fier pour admettre qu'il était en tort qu'il avait eu une réaction beaucoup trop exagérée. Il esquissa un léger sourire narquois alors qu'elle le saluait.

"Salut Juliet, ça faisait longtemps dis moi. Où étais-tu passé tout ce temps ? Laisse moi deviner, chez Théo ! J'espère que tu t'es bien amusée là-bas avec lui."

La méchanceté gratuite, voilà tout ce qu'il lui restait, tout ce dont il était encore capable de faire, il se dégoûtait mais jamais il ne l'avouerait, il posa un regard dénué de sentiments sur son ancienne amie, il aurait pu la contourner et monter dans sa chambre mais sans trop savoir pourquoi, il resta planté face à elle, sans doute, espérait-il une réaction de sa part, une gifle, quelque chose pour le ramener enfin dans le droit chemin mais au fond, le voulait-il vraiment ? Il trouverait encore quelque chose à rétorquer, des mots méchants, abjects, répugnants, voilà ce qu'il était devenu.




Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Sa dernière rencontre avec Samaël ne s’était pas exactement bien passée. A vrai dire, elle en gardait plutôt un mauvais souvenir. Ils ne s’étaient pas adressés la parole depuis, puisqu’ils pouvaient parfaitement s’ignorer à l’université, et que Juliet passait majoritairement ses nuits chez Jeremy depuis l’accident de son père. C’était dommage, songeait-elle souvent. Samaël avait toujours été un de ses plus proches amis, et le rayer aussi rapidement et aussi brusquement de sa vie, cela lui laissait une terrible sensation de vide. Mais plus les jours passaient, moins la réconciliation qu’elle avait espéré lui semblait probable. Le jeune homme semblait tellement borné, tellement décidé à se détruire, à n’accepter aucune aide, et tellement occupé à l’ignorer qu’elle n’avait pas pris la peine d’essayer quoique ce soit. Petit à petit, elle avait décidé qu’elle serait tout aussi bien sans lui, et que cette impression de vide finirait par se combler. Puis, il y avait eu l’accident de son père. Et elle n’avait pas vraiment pu penser à autre chose. Maintenant, elle lui en voulait presque, un peu illogiquement, de l’avoir laissé seule, de ne pas avoir été là pour elle, quand elle avait juste besoin d’être entourée. Elle lâcha un soupir en secouant doucement la tête, avant de reporter son attention sur Samaël, en face d’elle.

Son salut froid raisonna longuement à ses oreilles, alors qu’elle avait l’impression que sa voix était horriblement fausse. Elle s’apprêtait à le contourner, tout simplement, à passer cette porte, la refermer, et à s’éloigner le plus possible de cette maison, lorsqu’un sourire qui ne lui présageait rien de bon apparu sur les lèvres de Samaël. Elle resta silencieuse, immobile, devant lui, attendant la pique qui ne tarda guère à arriver. Levant immédiatement les yeux au ciel, Juliet lui lança par la suite un regard noir, se retenant à grand peine de lever sa main pour l’abattre sur le visage de son ancien ami. Elle était légèrement à cran. Et elle allait forcément craquer, à un moment ou à un autre. Or, cette situation lui donnait une excuse parfaite pour passer ses nerfs sur quelqu’un d’autre.

« Oui, j’ai passé des moments merveilleux. » ironisa-t-elle en reculant. « Qu’est-ce que je ferai sans lui, hein, je me le demande. » poursuivit-elle en croisant les bras et en secouant la tête, alors qu’un éclat de rire sans joie franchissait ses lèvres.

Embrasser Théo n’avait pas été une bonne idée. Vraiment pas une bonne idée. Qu’on ne s’y méprenne pas, elle aimait réellement le jeune homme. Mais sûrement pas de cette façon là. Après, sa rupture avec Jeremy, elle avait seulement été tellement perdue, tellement vulnérable, qu’oublier sa peine dans les bras de Théo lui semblait être une bonne chose à faire.

« Qu’est-ce que tu crois, Samaël ? Que ma vie entière tourne autour d’un baiser que j’ai échangé avec Théo ? Lâche-moi avec ça ! »

Oui, elle avait fait une erreur, elle en était consciente, et n’avait sûrement pas besoin qu’on lui rappelle ce moment toute sa vie. Par Merlin, elle avait dix-neuf ans, elle n’avait pas à être irréprochable ! Et comme s’il l’était lui, songea-t-elle en lui lançant un regard noir, passablement énervée.

«Où j’étais passée ? » répéta-t-elle lentement. « J’ai passé toutesmes nuits chez Jeremy, ou à l’hôpital, depuis le début du mois. Ça fait vingt jours que mon père est dans le coma bordel, et tu n’as absolument rien vu, parce que tu es trop centré sur ta propre personne pour te préoccuper des autres. » lâcha-t-elle froidement, un sanglot dans la voix qu’elle ne laissa pas éclater. Elle vrilla sur Samaël un regard déterminé. Elle savait bien qu’elle était injuste, mais n’en avait absolument rien à faire.

« Tu peux te pousser ? J’aimerais passer. » finit-elle, en faisant un pas dans l’espoir de contourner le jeune homme pour gagner la porte d’entrée, et sortir enfin de cette maison.



Kit par Irving Ship
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L'ironie dans la voix de Juliet lui fit froncer les sourcils. Et son rire sans joie, se moquait-elle de lui ? Il ne savait pas mais ça ne lui plaisait pas du tout, il sentait la colère l'envahir petit à petit, pour qui se prenait-elle ? Il écouta à peine ses récriminations à propos du baiser, que le monde ne tournait pas autour de ça. Elle n'avait donc pas pris conscience qu'elle l'avait blessé ? Elle lui avait promis d'être son amie, de se comporter comme son amie et elle avait bafoué tout ça et elle osait dire que ce n'était pas la fin du monde ? Son regard noir n'eut d'autre conséquence que de lui faire serrer les poings. Il n'était pas violent mais elle allait trop loin, son ironie, la façon dont elle le prenait de haut.

"En effet, je ne peux que constater ton mépris pour ce baiser. Je vois que tu es passée à autre chose, Théo t'as lassé, tout comme Jeremy et Killian avant lui."

C'étais bas, c'était méchant, ça ne lui ressemblait pas mais pour être honnête qu'est-ce qu'il restait du vrai Samaël ? Pas grand chose, son géniteur avait eu raison lorsqu'il lui avait affirmé qu'il lui ressemblait plus qu'il ne le pensait. Il ne voulait pas devenir un sale type égocentrique et pourtant, c'était exactement le schéma qu'il reproduisait ou presque. Lui avait choisi la drogue plutôt que la violence pour faire ressortir celui qu'il refoulait au plus profond de lui. Il avait certainement besoin d'aide mais il refusait de l'avouer, jamais il ne montrerait sa faiblesse. Il garda la tête bien haute, attendant que Juliet continue à lui prouver qu'elle était bien le monstre d'égoïsme qu'il s'évertuait à trouver. Mais la vérité fut bien plus brutale et le ramena bien vite à la réalité.

Le laissant incapable du moindre mouvement, il resta les bras ballants devant la jeune fille, essayant d'assimiler ce qu'elle venait de lui avouer. Son père dans le coma depuis un mois, dormir chez Jeremy, pas Théo. Il prit pleine conscience de ses paroles et se décala légèrement pour laisser passer Juliet alors qu'elle lui demandait de la laisser partir. Il avait agi comme le pire des crétins possible. Il lui en avait voulu pour un truc tout bête. Il avait bêtement cru qu'en reportant sa colère sur son amie tout irait mieux mais ce n'était pas le cas, il avait simplement joué aux cons, affligeant encore plus la jeune fille qui devait déjà très certainement en avoir gros sur le moral. Il se passa une main tremblante dans les cheveux. Il ne pouvait pas la laisser repartir comme ça, pas après... tout ça.

"Juliet... attends ! Je... je suis désolé... pour ton père et pour... le reste. Je... j'aurais dû être là pour toi et je... tu avais raison depuis le début..."

Une larme glissa lentement le long de sa joue, il était fatigué de tout ça. Il commençait à en avoir assez de ses sautes d'humeur, de ses tremblements à répétition. Il avait vu tous ses amis lui tourner le dos les uns après les autres, ses erreurs s'accumuler, son mal-être également. Et la vision de Kelsey dans la ruelle aurait dû le faire réfléchir mais il avait préféré continuer dans sa bêtise, fermer les yeux et rejeter la faute sur les autres. Il avait enfoui sa culpabilité et elle lui revenait en pleine figure, la culpabilité et le honte. Il baissa la tête, incapable de soutenir le regard de Juliet. Il avait fait tellement de mal autour de lui mais il se sentait incapable d'arrêter pas tout seul, c'était trop dur. Il en avait besoin pour avancer. Sans Théo... il n'était rien du tout.

"Aide-moi", fut tout ce qu'il réussit à murmurer pour la faire rester.




Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Lorsque Samaël s’écarta pour la laisser passer, Juliet ne se fit pas prier pour avancer vers la porte, bien décidée à s’en aller, et à s’éloigner de son colocataire. Elle fut coupée dans son élan par la voix hésitante de Samaël. Elle s’immobilisa, dos à lui, et fronça les sourcils. Il s’excusait ? Samaël Smith venait bien de s’excuser ? Elle aurait presque pu en rire, si la situation avait été différente. Mais elle se contenta de rester impassible, et se retourna lentement vers l’ancien Poufsouffle, qu’elle dévisagea. Il ne reconnaissait que maintenant qu’elle avait eu raison ? Que dans cette situation ? Après lui avoir lancé de telles bassesses, sur un sujet sensible ? Au lieu de ressentir du soulagement, voire de la joie à la perspective de pouvoir se réconcilier avec son ami, une sensation d’agacement  sembla l’envahir, sans qu’elle n’en comprenne vraiment la source.

Elle croisa les bras sur sa poitrine, silencieuse. Elle était peut-être déçue, tout simplement. Déçue que Samaël ne se rende compte de son erreur que maintenant, juste après qu’elle lui ait annoncé le coma de son père. Déçue qu’il revienne par pitié pour elle, non pour affection.  Elle n’avait pas envie – pas besoin – qu’on la prenne en pitié. Elle ne voulait pas voir de la compassion dans les yeux de ceux à qui elle parlait, pas plus qu’elle ne voulait qu’on devienne plus délicat avec elle, parce que son père était dans le coma. Elle ne prétendait pas être plus forte qu’une autre personne, ni qu’elle pouvait encaisser ça plus facilement. C’était même le contraire, elle était fragile. Sa famille était infiniment précieuse pour elle, et avec toutes les épreuves qu’ils avaient traversées ces derniers temps, elle avait espéré un peu de répit. Cruelle erreur, le destin semblait s’acharner. Mais ce n’était pas une raison pour la prendre en pitié ; elle avait horreur de ça, en réalité.

« Pourquoi tu me dis ça, Samaël ? Pourquoi tu ne t’en rends compte que maintenant ? Je n’ai pas besoin de ta pitié. » lâcha-t-elle en l’observant, presque méfiante.

Il fallait dire que le jeune homme n’avait pas vraiment été un modèle de gentillesse depuis sa rupture avec Théo. Et c’était un bel euphémisme. Il s’était montré désagréable, blessant, voire insultant, à plusieurs reprises. Juliet savait bien qu’elle avait commis une erreur, elle l’avait réalisé à l’instant-même où elle avait embrassé Théo, mais malgré tout, considérait qu’elle n’avait sûrement pas à être traitée de la sorte par Samaël. Elle avait alors adopté un comportement parfaitement Serpentard, et avait tout simplement fui la colocation. Entrer dans une guerre ouverte avec son colocataire n’était vraiment pas ce dont elle avait envie, surtout avec tout ce qu’il se passait. Et, lorsqu’elle avait demandé à Jeremy, si elle pouvait s’installer chez lui temporairement, l’idée d’affronter Samaël de nouveau ne la tentait vraiment pas. Eh bien, songea-t-elle, il fallait bien que cette situation arrive un jour ou l’autre.

Elle s’apprêtait à s’en aller, lorsque les deux derniers mots de Samaël la stoppèrent dans son élan. Egoïstement, elle eut envie de lui répliquer qu’elle n’avait aucune raison de l’aider alors qu’il avait passé un bon mois à l’ignorer au mieux, ou à se montrer blessant avec elle à chaque fois qu’ils se croisaient – et qu’il avait déjà refusé son aide quant elle avait mis sa fierté de côté pour aller lui proposer. Elle soupira alors. Elle savait bien qu’elle n’était pas capable de dire ça. Elle savait bien qu’elle n’était pas capable de refuser d’aider Samaël, alors qu’il allait si mal, et que c’était probablement la première fois qu’il le reconnaissait. Oui, mais elle avait été blessée par son comportement, et son ego lui soufflait de quitter l’appartement et de le laisser se débrouiller seul – elle n’était pas sa mère, il le lui avait dis lors de leur dernière dispute.

« Parce que tu reconnais enfin que tu vas mal ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés. « Ou alors tu vas encore te draper dans ta dignité à deux noises ? Je n’ai pas envie de me battre avec toi, Samaël. Si c’est pour entendre de nouveau à quel point je suis fille que tu tiens en basse-estime, ce n’est même pas la peine que je reste. Que mon père soit dans le coma ne change rien, j’ai encore embrassé Théo il y a un mois. Tu m’expliques pourquoi subitement, tu ne m’en veux plus ? »



Kit par Irving Ship
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Les mots de Juliet firent immédiatement baisser la tête au jeune homme. Elle n'avait pas tort, son changement de comportement arrivait un peu tard, il s'était comporté comme un con avec son amie, blessé dans son amour propre. Il n'avait pas voulu voir que Juliet était touchée par tout ça et qu'elle s'était juste laissée... emporter par ses émotions. Il n'avait pas accepté l'erreur qu'elle avait commise, il n'avait pas été cool, comme elle l'aurait été avec lui et aujourd'hui, il lui demandait son aide, celle qu'elle lui avait déjà donné dès le départ. Et pourquoi ce revirement ? Pourquoi maintenant alors que son père était dans le coma ? Était-ce réellement de la pitié ? Sans doute un peu au fond mais il sentait qu'il n'y avait pas que ça. Il y avait autre chose qui faisait qu'il ne voulait plus de cette situation, il ne pouvait pas continuer à s'enfoncer comme ça, il ne pouvait pas rester ainsi, il sentait bien qu'il craquait, qu'il n'en fallait pas beaucoup plus pour qu'il sombre complètement.

"Je... je suis désolé Juliet. Je crois que je... je ne t'en ai jamais vraiment voulu. C'était juste... il.... il me fallait un coupable et tu étais là, tu as embrassé Théo et il ne m'en a pas fallu beaucoup plus pour déverser toute ma honte, ma tristesse et ma colère sur toi. Je... je suis tellement désolé. Si tu savais comme je m'en veux."

Il n'osa pas relever la tête, se contentant de fixer ses pieds, penaud, honteux et inévitablement mal à l'aise. Il savait qu'il était sans doute trop tard pour espérer l'aide de Juliet, pour qu'ils redeviennent amis un jour. Pour qu'il espère que tout redevienne comme avant mais il venait de prendre conscience que la vie pouvait être précieuse et que c'était lorsque que l'on perdait un proche que l'on s'en rendait le plus compte.

"Je... Tu ne me fais pas pitié, pas dans le sens où tu l'entends. Je... Je me rends compte de mes erreurs et je... je crois que... Tu sais quand tu fais semblant d'aller bien, tu finis par t'en convaincre toi-même et bien il arrive un moment où même toi, tu te rend compte que ça peut pas continuer comme ça et... je sais pas... peut-être qu'entendre que toi non plus tu ne vas pas bien... peut-être que ça m'a ramené sur terre. Je... je ne sais pas ce que je peux faire pour me faire pardonner, je sais même pas ce que je peux faire pour arranger la situation, pour aller mieux parce que... ça fait juste mal."

Il releva légèrement les yeux pour les fixer dans ceux de son ancienne amie, il se mordilla la lèvre inférieure avant de se passer une main dans les cheveux, signe de son malaise et de sa gêne. Il rabaissa immédiatement son bras alors que le manque se faisait à nouveau sentir, il n'avait pas eu sa dose de la soirée et cela se voyait, son bras venait à nouveau de trembler et comme d'habitude, il ne pouvait rien faire pour l'empêcher. Il jeta un regard un peu perdu à Juliet. Il avait visiblement désespérément besoin d'aide.

"Je... C'est trop dur... Je... tout seul, je crois que... je ne peux pas."




Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Evidemment, il lui fallait un coupable, et évidemment, c’était sur elle que c’était tombé. Embrasser Théo n’avait pas été l’idée du siècle, elle le reconnaissait volontiers. Malgré ça, elle restait blessée que Samaël la tienne entièrement responsable, et déverse sur elle toute sa haine et toute sa colère, quant elle avait seulement besoin de soutien. Et, lorsque le jeune homme avait porté sur elle des accusations injustes, elle n’avait pu s’empêcher de répliquer – à chaque fois, le ton était monté, forcément. Et c’était ce qui l’avait poussé à déserter la colocation, faisant taire son côté Gryffondor qui lui hurlait de s’opposer à Samaël. Elle n’avait eu aucune envie de se battre avec son ami. Et aujourd’hui, il était là, devant elle, et il s’excusait. Il s’excusait du comportement qu’il avait pu avoir, ces derniers mois, de ce qu’il avait pu dire. Ça ne changeait rien à ce qu’il s’était passé tout au long du mois – rien ne changeait le passé, après tout. Pourtant c’était déjà un grand pas, dans un sens.

Silencieuse, Juliet écouta donc Samaël se justifier. Elle fronça les sourcils face à ses explications confuses, désordonnées, tenta d’en saisir le sens. Compris enfin que son ami n’était pas dans son état normal, qu’il était en manque, et que ce qu’elle avait pressenti plus tôt avait fini par arriver. Samaël avait beau avoir prétexté savoir « gérer » la prise de drogue, il s’était trompé. Sur toute la ligne, visiblement. Comme s’il pouvait gérer ça, c’était particulièrement stupide de penser ça. Il allait mal depuis sa rupture, c’était un fait – et tomber dans la drogue ne l’avait sûrement pas aidé à se sentir mieux. Dire qu’elle avait complètement abandonné l’idée de l’aider, un peu plus tôt dans le mois, songea-t-elle en se mordillant la lèvre inférieure, un peu mal-à-l’aise. Elle aurait dû s’en douter, que rien n’allait bien. Et qu’il ne s’en sortait pas, pas seul.

Son regard se posa sur le bras tremblant de Samaël, et elle fit un pas vers lui, brusquement inquiète, toute colère envolée face à la détresse visible du jeune homme, qui semblait tenir à peine debout. Ses dernières phrases la laissèrent sans voix durant un instant. Immobile, elle observa l’ancien Poufsouffle. Malgré sa carrure imposante, il lui semblait fragile, vulnérable. Oh, elle aurait pu s’en aller ! Elle aurait pu décréter qu’elle lui avait déjà proposé son aide, et qu’il l’avait déjà refusé. Elle aurait pu partir, drapée dans sa dignité, pour cacher son ego blessé. Elle aurait pu, mais, intérieurement, elle savait pertinemment qu’elle ne le ferait pas. Parce qu’elle ne supportait pas voir un ami souffrir, quand bien même il avait été détestable avec elle. Parce qu’elle ne pouvait pas le laisser seul, alors qu’il la suppliait de l’aider. Parce que Samaël restait son ami, malgré tout, et que l’amitié, dans le cœur de Juliet, avait toujours eu une place énorme.

Aussi, elle combla la distance qui les séparait pour aller prendre le jeune homme dans ses bras. Elle le serra contre elle et lui caressa le dos, sans un mot, gardant cette posture pendant quelques instants. Elle savait bien qu’il faudrait du temps pour que les choses reviennent à la normale. Elle savait aussi qu’elle était prête à faire un effort pour qu’elles le soient. Et c’était le plus important.

« Ça va aller, Sam. » souffla-t-elle en se dégageant légèrement. « Je vais t’aider, d’accord ? Tout va bien se passer. » déclara-t-elle en adoptant un ton confiant, comme celui qu’on prenait lorsqu’on voulait réconforter les jeunes enfants après une chute.

Elle s’écarta plus franchement de lui, le fit asseoir sur le canapé, s’assit en tailleur à ses côtés, de telle façon qu’elle pouvait lui faire face.  

« Quand est-ce que… tout ça, a commencé ? » demanda-t-elle, faisant référence à son état. « Tu en as parlé à quelqu’un ? »



Kit par Irving Ship
Samaël SmithAncien personnageavatar
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Samaël rendit son étreinte à son amie lorsqu'elle vint le serrer contre elle. Il fut alors pris de tremblement et compris qu'il pleurait lorsqu'il sentit une larme lui chatouiller le cou. Il laissa Juliet mettre fin à l'étreinte et il en profita pour s'essuyer les joues. Il craquait. Cette situation ne pouvait pas continuer et pendant un instant, il revit Kelsey et la détresse qu'elle avait éprouvé. Il se mordit la lèvre inférieure pour retenir les larmes qui menaçaient de couler à nouveau. Il hocha doucement la tête alors que Juliet affirmait que tout irait bien. Il voulait la croire, il voulait aller mieux, il ne voulait plus être en colère contre tout et tout le monde. Il ne voulait plus avoir mal, il voulait Théo. Mais c'était la seule chose qu'il ne pouvait plus avoir, pas après ce qu'il avait fait.

Il laissa son amie l'entraîner jusqu'au canapé, il se laissa tomber dessus sans réellement y prêter attention. Il regarda Juliet sans la voir et fronça les sourcils lorsqu'elle l'interrogea. Que voulait-elle savoir ? Quand il avait commencé à se sentir mal ou quand il avait commencé à se droguer ou quand avait-il commencé à ressentir le manque ? Ses questions étaient étranges. A qui aurait-il pu en parler ? Il y avait eu Alicia mais ils n'avaient pas vraiment parlé, ils avaient juste... Elle l'avait sermonné, non elle avait tenté de l'aider et lui, il l'avait envoyé promener.

"Je... Je ne sais pas. J'ai mal depuis que j'ai fait fuir Théo. Et puis, il y a eu cette soirée où j'ai dit des choses et où on a recommencé et il y avait ce sachet dans ma poche. Je voulais pas mais j'avais mal, alors il fallait que j'oublie que j'étais qu'un crétin. C'était tellement facile. Mais il m'en a fallu plus. Alicia a voulu m'aider mais... j'ai agis comme avec toi. J'étais persuadé que tout allait bien. Je n'avais besoin de personne."

Le jeune homme inspira profondément, il s'en voulait tellement. Il ne s'était jamais senti aussi mal et en même temps, il était heureux que Juliet soit à ses côtés. Il attrapa sa main et la serra dans la sienne. Il ferma les paupières un instant, il se sentait tellement mal. Il avait besoin d'en reprendre, rien qu'une fois, une toute petite. Et après, il arrêterait mais là, il avait trop mal, il en avait besoin. Il posa son regard troublé sur son amie. Non, il ne pouvait pas faire ça, il s'était promis d'arrêter.

"Merci Juliet. Je suis tellement désolé. Si tu savais à quel point."

Il réprima un frisson, ses tremblements légèrement accentués. Il serra un peu plus fort la main de Juliet alors que des gouttes de sueurs froides perlaient sur son front.

"Regarde un peu dans quel état je me suis mis. Je suis pathétique hein ?"

Il laissa échapper un rire sans joie avant que les larmes ne lui montent à nouveau aux yeux. Il n'arrivait plus à contrôler ses émotions. Il n'essaya même pas de les contrôler, laissant les larmes couler librement le long de ses joues. De toute manière, sa fierté s'était envolé dès l'instant où il avait commencé à se droguer. Dès l'instant où il avait fait le choix de faire fuir Théo de sa vie. Il le regrettait amèrement aujourd'hui.

"Il me manque tellement... Pourquoi je l'ai quitté ? Sans lui, j'y arrive pas."




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Juliet était incapable de se disputer avec un de ses amis normalement. Non. Il fallait forcément que son père tombe dans le coma, qu’elle craque complètement devant ledit ami, et que ce dernier lui révèle qu’il se droguait depuis qu’il avait quitté son petit-ami, quelques semaines plus tôt, et, qu’accessoirement, il avait besoin de son aide. Evidemment, qu’elle lui fournirait l’aide qu’il avait besoin. Elle ne pouvait pas lui tourner le dos, pas après presque deux années d’amitié, et tant de souvenirs en commun. Assise sur le canapé de la colocation qu’elle avait fuit depuis plusieurs jours, elle observa Samaël, le menton posé au creux de sa main. Il avait l’air à bout. Elle avait déjà remarqué son air fatigué lorsqu’elle allait en cours à la fac, mais cette fois, c’était encore différent. Il semblait réellement au bout de ses forces, comme s’il n’était retenu que par un fil déjà fragile. Elle tendit la main pour saisir la sienne, et la serra doucement, alors qu’il commençait son récit.

Au fond d’elle, depuis leur dernière dispute, elle se doutait que cette situation finirait par arriver. Samaël ne pouvait pas gérer sa rupture tout seul, c’était beaucoup trop énorme, beaucoup trop important pour qu’il puisse la surmonter. Et elle n’avait pas été très présente, elle l’avait laissé s’éloigner, et il en était venu à se droguer pour oublier sa peine. Elle soupira imperceptiblement, et se mordilla la lèvre inférieure, alors qu’elle portait un regard désolé sur l’ancien Poufsouffle, qui annonçait qu’il était pathétique. Elle secoua la tête négativement. Elle avait plusieurs mots qui lui venaient en tête pour décrire l’état dans lequel se trouvait Samaël, et « pathétique » n’en faisait pas parti.

Sa dernière phrase la laissa muette, et elle ne trouva pas les mots pour répondre. Pourquoi il l’avait quitté ? Elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas le dire. Elle avait toujours pensé que la logique de Samaël n’était pas la meilleure à suivre, mais elle n’avait jamais pu lui expliquer pourquoi – et ce n’était pas maintenant qu’elle allait le faire. Pourtant, elle pouvait mieux que quiconque comprendre ce sentiment que ressentait Samaël, lorsqu’il disait qu’il n’y arrivait pas, sans Théo. N’avait-elle pas appelé Jeremy, lui annonçant qu’elle était incapable d’avancer sans lui ? Ce qui unissait Samaël et Théo n’était pas une amourette de Poudlard, et le contexte de leur relation le prouvait à lui seul. Ils étaient pourtant séparés, mais elle avait l’impression qu’elle ne pouvait pas demander à Sam de tourner la page. Que l’espoir de se remettre avec le Poufsouffle pourrait lui permettre de remonter la pente.

« Ça va aller. » commença-t-elle par affirmer avec force et conviction. « Je ne suis pas médicomage, et je pense qu’il faudrait que tu ailles en voir un, mais je sais que ça va aller. Tu n’es pas pathétique, Sam, tu es… Tu es triste. Et tu manifestes ta tristesse de cette façon. Tu te détruis toi-même, d’une certaine manière. Mais tu peux encore faire marche arrière, tu peux encore t’en sortir, j’en suis persuadée. » elle se rapprocha de lui pour l’enlacer brièvement. « Ça ira, je te le jure. »

Juliet s’emportait peut-être facilement, elle avait peut-être tendance à laisser ses émotions la submerger, mais elle savait être là quand on avait besoin d’elle. Elle savait être là quand Samaël lui envoyait un appel au secours. Elle était là aujourd’hui, elle le serait demain, après-demain, et aussi longtemps qu’il le faudrait. Juliet était peut-être trop extrême dans ses réactions, mais elle savait être une amie attentive et présente.

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Les mots d'excuses [Samaël & Juliet]

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