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 Comme on se retrouve [Klemens]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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22 décembre 2007

Roy laissa échapper un grognement lorsqu’une sonnerie stridente l’arracha de son sommeil. Un de ces objets moldus que son cousin lui avait offert pour son anniversaire il y avait bien des années de cela, un réveil qu’il haïssait un peu plus chaque matin mais dont il n’arrivait étrangement pas à se séparer. L’objet se prit un coup de poing comme d’habitude pour se faire taire. Ce que Roy n’avait en revanche pas prévu fut que lui aussi se prit un coup, avant de se faire tirer par le bras. Vous est-il déjà arrivé d’ouvrir les yeux et de constater avec surprise que vous n’étiez pas seul dans votre lit ? Roy, oui, trop souvent. Et la plupart du temps, il ne s’agissait malheureusement pas de charmante compagnie, mais plutôt d’un gros squatteur sans gêne.
Ainsi croisa t-il pour la énième fois le regard de Jayce Bowers, ami de longue date de Poudlard et associé d’affaires, qui l’examina d’un peu trop près en clignant des yeux.

« P’tain Roy ! J’ai cru que t’étais une meuf… geignit l’ancien Gryffondor.  
-Navré de te décevoir, vieux, rétorqua Roy, en levant les yeux au ciel, content néanmoins de se débarrasser de son étreinte. Tu veux une autre nouvelle ? T’es en train de squatter mon pieu pour une raison qui m’échappe.  
-Ah… Quelques secondes de silence. Bah à moi aussi, tiens.
-T’as dû te soûler encore, pour pas changer, soupira l’espagnol. Vire de là. »  
 
Il accompagna son ordre d’un charmant coup de pied pour éjecter son associé, qui prenait un peu trop ses aises à son goût dans son appartement déjà pas très grand. Jayce atterrit sur le sol dans une jolie roulade, emportant toute la couverture avec lui, chose que Roy n’avait prévue et qui l’agaça profondément. Pas moyen de traînasser dans son propre lit, avec lui. Cela finirait comme d’habitude, Jayce allait finir sa grasse matinée, Roy perdrait patience et irait bosser comme le gars très sérieux qu’il était. Monde injuste.
 
Une douche plus tard, il enfilait donc sa veste en cuir, prêt à claquer la porte derrière lui non sans quelques derniers mots à Jayce :
 
« J’vais régler quelques affaires à Londres. On se rejoint à la Voie plus tard. »
 
C’était bien la peine qu’il avertisse son ami, puisque celui-ci s’était déjà endormi, et à en juger par les borborygmes qu’il émit en réponse, il avait peut-être entendu, mais sa cervelle n’avait sans doute pas tout assimilé. Dans d’autres circonstances, Roy se serait fait un malin plaisir d’essayer plusieurs techniques de réveil plus ou moins désagréables sur son associé, mais cette fois-ci, il n’avait pas le temps. Une fois à l’extérieur, il transplana à l’entrée d’une ruelle londonienne bien connue des sorciers. Le Chaudron Baveur ouvrait tout juste ses portes, seuls les clients les plus habitués étaient déjà attablés. Roy ne s’y attarda pas. Il avait pris ses marques ailleurs, dans un tout autre genre de bar.

L’allée des Embrumes se profila enfin au détour d’un étroit et sombre couloir entre deux hautes maisons de pierre. Pas plus bondée que d’habitude, pour ne pas dire, quasi-vide. Les choses n’étaient pas comme au Chemin de Traverse où la joie commerçante débordait jusqu’à l’extérieur. Ici, il fallait pousser des portes et se faire reconnaître comme un habitué pour voir des choses se passer.
 
La première porte que Roy poussa fut celle d’une taverne engoncée entre deux boutiques d’objets de magie noire. Il hocha la tête pour saluer la patronne, affairée autour des tables, et se rendit directement au bar, à sa place habituelle. Le patron, époux de son associée, n’eut pas besoin de demander à Roy ce qu’il commandait qu’il s’occupait déjà de lui verser un breuvage doré dans une choppe.
 
« T’arrives bien tôt aujourd’hui, mon garçon.
-J’ai une dure journée qui m’attend, se justifia Roy. Merci. » ajouta t-il, en prenant le verre d’hydromel chaud qu’il lui tendit.
 
C’était leur petit rituel hebdomadaire, chaque fois que le trafiquant se rendait dans l’allée des Embrumes. Bill Griggs savait que Roy ne parlerait pas affaires tant qu’il n’avait pas bu sa boisson matinale. Il essuya donc patiemment ses verres en attendant que Roy pose son verre vide et lui fasse signe de lui en verser un autre.
 
« T'as reçu les stocks ?
- Hier, comme prévu, ouais. Mais ça sera plus cher cette fois-ci… Hé ! Les temps sont durs pour tout l’monde ! protesta t-il, face au regard contrarié que Roy lui lançait.
- On avait convenu d’un prix avant, rétorqua t-il.
-T’as qu’à aller te plaindre à la Police Magique si t’es pas content, railla le barman. ‘Sont de plus en plus renseignés, ces fouineurs, ça devient compliqué d’contourner les douanes… Et puis y a pas qu’toi qui galère, j’suis à la paille moi aussi !
-Avec ton bar, tes affaires extérieures, et tes locations ? fit Roy, sceptique.
-Mes locations ? Parlons-en de mes locations, tiens ! Tous des voleurs qui payent jamais à l’heure ! Y en a un surtout, c’pas la première fois que j’le rappelle à l’ordre, un certain Draski ou Darbaski, j’sais plus… Tss, ce polonais. Il pointa le verre qu’il était en train d’essuyer droit sur le nez de Roy, comme pour l’avertir. Moins d’étrangers j’vois, mieux j’me porte. ‘Y vont droit au mur ces crétins du MIM à vouloir ouvrir toutes les frontières. Ah bah non, ça suffit pas d’ouvrir grand les portes à ces chiens d’immigrés, on va aussi carrément s’ouvrir aux Moldus ! Ben voyons ! Comme si on n’était pas suffisamment dans la merde ! »
 
Roy ne répliqua pas, conscient d’avoir des opinions politiques largement minoritaires dans ce lieu où l’on causait magie noire avec la nostalgie du bon vieux temps de l’âge d’or sorcier, quand les lois n’étaient pas si strictes, mais que les coutumes, elles, profondément enracinées, rappelaient à chacun où était sa place. Un ramassis de partisans au SPAM ou au FMI, en somme.
Non désireux de se lancer dans un débat politique sans issue, Roy préféra se concentrer sur ce que Bill disait plus tôt. « Darbaski » était un nom qui lui disait plus que quelque chose, et pour dire vrai, il n’aimait pas trop la façon dont le barman en parlait. Il tenta de masquer son mécontentement lorsqu’il demanda :
 
« Klemens Dabroski, tu veux dire ?
-Ouais, c’est ça. Tu l’connais ? »
 
Roy n’était pas assez stupide pour parler de ses amitiés à un barman de l’allée des Embrumes qui était, il devait le reconnaître, bien qu’utile pour ses affaires, un sacré enfoiré radin et malhonnête qui n’hésiterait pas une seule seconde à se servir de ce qu’il savait de la vie privée de Roy contre lui au moindre problème.
 
« On a bossé ensemble y a quelques années, répondit-il vaguement, en haussant les épaules. De la livraison. »
 
Par livraison, il n’entendait pas livraison de pizzas ou de livres commandés chez Fleury & Bott, mais plutôt une livraison version Allée des Embrumes : on vous refourguait des colis sans vous dire ce qu’il y avait dedans –de toute manière, il valait mieux ne pas savoir- et vous deviez les déposer chez tel ou tel tenancier de boutique de l’allée pour lui refaire son stock, une petite signature, et hop, on passait au suivant. C’était le genre de livraison qu’on ne confiait pas à des hiboux, trop facilement attrapables par la police. Il fallait faire ça soigneusement, par réseau de Cheminette, avec des hommes qui ne parleraient pas. Roy avait eu sa période de petits boulots louches pour gagner sa vie –ou plutôt survivre- avant de s’installer dans le marché de Bristol.
 
« Ah bah il bosse toujours là-d’dans, j’crois… J’l’ai croisé pas plus tard qu’hier, y traînait chez l’apothicaire. Heureusement pour lui, j’avais d’aut’choses à régler, j’lui ai pas causé. Y trouve toujours une excuse, d’façon... J’vais finir par le virer, tiens.
- Chez l’apothicaire, tu dis ?
- Ouais. J’sais pas c’qu’il traficote, il s’y rend souvent. J’sais pas si c’était pour de la livraison, mais en tout cas, ça en avait pas l’air. »
 
Et ça n’en était sûrement pas. Roy avait bien une petite idée de ce que Klemens pouvait chercher chez un apothicaire, mais il n’allait certainement pas partager ses conclusions avec Bill. C’était d’ailleurs effrayant de voir comme il espionnait les gens et savait tout sur tout le monde, celui-là… Roy décida qu’il était temps pour lui de prendre congé.
 
« Bon, je repasserai plus tard récupérer mes sacs. Garde-les bien au chaud pour moi. »
 
Bill haussa les épaules et retourna à son morne nettoyage de verres. Roy poursuivrait son travail plus tard –c’était l’avantage, quand on était à son propre compte, pouvoir s’organiser comme ça nous chantait- car un petit détour s’imposait, de toute évidence.
Il transplana, dans une autre ruelle à la limite de la ville, pas plus accueillante que l’allée des Embrumes. La dernière fois qu’il avait vu Klemens remontait facilement à trois ou quatre mois. Roy était l’un des rares à connaître son petit secret, pour la simple et bonne raison qu’il lui fournissait de temps en temps des potions tue-loups, à un prix moindre que ce qu’il pouvait trouver dans le marché. C’était la moindre des choses pour lui qui connaissait les ennuis financiers de son ami. En revanche, en arriver à ne pas avoir de quoi payer son loyer était plutôt inquiétant. Fichu Klemens trop fier qui préférait toujours régler ses problèmes seul…
 
La dernière fois qu’il avait vu l’entrepôt devant lequel il se tenait, cela remontait à des années, pourtant, l’homme à l’entrée le reconnut aussitôt :
 
« Roy ? C’est toi ? Hé, ça fait un bail !
- Wayne, salua t-il son ancien patron, en lui donnant l’accolade. Alors, les affaires marchent toujours ?
- On fait ce qu’on peut, mec. Tu viens nous refiler un coup de main ?
- Pourquoi pas, répondit Roy, même si ce n’était pas son but premier. En fait, je cherche Klemens, il est revenu bosser ici, à ce qu’on m’a dit.
- Ouais, il revient de temps en temps pour arrondir ses fins de mois, t’sais, comme plein de gars… Il est à l’intérieur. Me l’occupe pas trop, hein, les colis doivent bientôt partir !
- T’inquiète. »
 
Il entra dans le petit hangar et retrouva la lignée familière de cheminées accolées au mur du fond, pour les départs des employés, tandis que le sol était jonché de cartons pleins, abîmés, ou encore vides. Parmi eux, Klemens, seul, qui tentait visiblement d’ordonner tout ça.
 
« Wow, c’est vide ici, siffla Roy en s’approchant du loup-garou, lui signalant ainsi sa présence. On t’exploite ou quoi ? »
 
Souriant à sa propre plaisanterie, il arriva enfin à hauteur de son ami. Enfin, à hauteur… Non, pas de blague sur les gens petits.

« J’ai croisé ton proprio au bar, c’est lui qui m’a dit que tu bossais ici, expliqua t-il, en prévision des questions que Klemens devait se poser. Fais gaffe, c’est une fouine, ce mec, et il t’a à l’œil. Faudrait pas lui donner des raisons de te jeter à la porte. »
 
Outre le fait qu’il ne payait pas son loyer bien sûr, mais Roy sentait que c’était une mauvaise idée de commencer par parler d’argent. Il s’appuya contre une pile de carton, et prit au hasard un objet qu’il y avait dans la boîte du dessus. Un tête réduite, affreuse, dont Roy se demanda quel était le pouvoir maléfique. On aurait dit l’une de ces têtes parlantes à l’entrée des Trois-Balais de Pré-au-Lard, avec un regard plus inquiétant.
 

« C’est moche, c’truc, conclut-il en le balançant dans son carton. Besoin d’un coup de main ? »

_______

HRP : Si la livraison comme p’tit boulot ne te convient pas, dis moi et je changerai ! Si y a quoi que soit d’autre qui va pas, dis moi aussi :mrgreen:  
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klemens était dans les cartons jusqu'au cou, il se demandait d'ailleurs si il allait finir par réussir à tous les trier. Il avait cru que le fait d'avoir un travail stable lui faciliterait la vie mais il avait dû se rendre à l'évidence que la paye n'arrivait pas le premier jour de travail mais à la fin du mois voir le début de l'autre et il avait pressement besoin d'argent. Il n'avait pas encore payé son loyer, ce qui lui avait valu une nouvelle remontrance de son proprio, pas que ça lui fasse quoique ce soit. De toute façon, avec le logement qu'il louait, lui aussi il aurait eu de quoi redire mais il se taisait parce qu'il avait du mal à donner ce qu'il devait et que pour l'instant, il ne s'était pas encore retrouvé à la rue. Il continuait donc de squatter le canapé de Valery à l'occasion et de chercher désespérément un moyen à ses problèmes d'argent.

Il y avait bien la solution Valery mais il se refusait à s'abaisser à faire la manche, il avait réussi à décrocher un poste de vendeur chez Weasley & Weasley, il ne lui restait plus qu'à le garder, une source de revenus stable mais malheureusement pas suffisante pour payer le loyer d'un appartement décent et ses potions. Il n'aurait pas eu son problème lunaire, il aurait largement eu les moyens désormais de prendre quelque chose de plus décent, enfin dans quelques mois, lorsqu'il aurait eu quelques payes, de quoi assurer le baye et tous les papiers demandés par les vendeurs d'appartements. Il avait toujours l'intention de changer d'habitation mais il fallait payer les potions et les petits boulots un peu sales restaient le seul moyen de subvenir à ses besoins mensuels. Il était donc retourné voir Wayne pour donner un coup de main et il se retrouvait la tête dans les cartons avant d'aller prendre son poste à la boutique. Il aimait son nouveau travail qui lui permettait de croiser des gens de tous horizons.

Le patron était cool et pas trop chiant en plus de ça. Il avait vraiment dégoté le truc parfait pour lui, avec une bonne paye et des horaires pas trop pénibles. Tout était beau et merveilleux dans le meilleur des mondes donc, il pourrait bientôt dire adieu à son râleur de proprio, Valery semblait avoir abandonné l'idée de vouloir l'aider et il n'était pas encore dans sa période critique. Bref, tout était bien. Il sursauta cependant légèrement lorsqu'une voix s'éleva dans son dos. Il se retourna et un sourire charmeur s'afficha aussitôt sur ses lèvres.

"Roy mon chéri, t'es venu m'aider ? T'es un ange."

Une des seules personnes qui connaissaient son secret et qu'il continuait de fréquenter assidûment, il pouvait presque qualifier Roy d'ami. Bon d'accord, Roy était son pote, un des meilleurs après Valou d'amour mais il ne l'avait jamais dit au jeune homme de peur de voir sa tête gonfler plus qu'elle ne l'était déjà. Il y avait des personnes qui connaissaient beaucoup de choses de vous sans avoir eu besoin de dire quoique ce soit. Le trafiquant en faisait parti, il s'était retrouvé en rade de potion et Roy, lui en avait refourgué, pas gratuitement bien sûr mais il avait toujours su le dépanner, c'est à cette pensée qu'il se rappela que l'incapable d'apothicaire qu'il avait été voir hier n'avait rien dans ses stocks, à croire que tous les loups se fournissaient chez lui.

"Pffff mon proprio est un bouffon qui ose râler quand je paye pas le loyer de son taudis. Mais même une goule voudrait pas habiter là-bas. J'imagine qu'il t'a encore sorti un truc sur "ce polonais"."  

Un sourire amusé s'étira sur ses lèvres alors qu'il fixait Roy, essayant de savoir pourquoi il le cherchait. Avait-il quelque chose à lui demander ? Il était prêt à lui rendre service mais en échange, il voulait être grassement payé, il voulait éviter au maximum d'être mêlé aux grosses magouille auxquelles il avait pu participer autrefois.

"Hum mouai, s'tu veux. On sera plus efficace à deux. Et pis faut que je parte bosser après."

Il se décala légèrement pour laisser de la place à son ami et attrapa un carton qui allait partir dans moins d'une heure. Il commença à siffloter légèrement afin de rompre le silence qui s'était installé. Il aurait bien voulu savoir ce qu'il faisait là quand même.

"Et sinon, pourquoi tu m'cherchais ? T'as pas décidé comme ça que tu viendrais me voir si ? Si t'as besoin d'un truc, tu connais mes tarifs mais j'te préviens moi je mouille plus dans tes plans craignos, j'essaye de m'en sortir sans faire l'con."

Ce qui n'était pas chose aisée mais il y arriverait, il ne voulait pas que Valery sache pour cette partie là de sa vie. Le jeune homme savait qu'il avait fait plusieurs petits boulots à droite à gauche, il ne savait pas cependant qu'il avait trempé dans l'illégale. Mais après tout, il fallait bien vivre et à l'époque, il n'avait pas l'intention de rester en Angleterre. Ses lèvres s'étirèrent cependant en un nouveau sourire.

"Même si je sais que les traducteurs ne sont pas faciles à trouver ukochany."

Il se redressa alors et s'étira légèrement avant de fixer un peu plus sérieusement Roy, il allait bien falloir qu'il se décide à le faire de toute façon, l'apothicaire était incapable de le fournir et la pleine lune serait dans quelques semaines, il lui fallait trouver une solution.

"Sinon, je vais certainement avoir besoin de "tu sais quoi", les apothicaires deviennent de plus en plus des incapables sans stocks. Je te payerais... comme tu préfères, même de façon moins conventionnelle si tu le souhaites."  

Son sourire mutin ne pouvait pas tromper quant à la nature du sous entendu. Klemens ne voyait aucun inconvénient à partager le lit de Roy au contraire, il était plutôt pas mal dans son genre, peut-être un peu court sur patte et légèrement grassouillet mais rien de complètement repoussant.

HRP:
 


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Le sourire charmeur que Klemens lui adressa en guise de salut amusa intérieurement le trafiquant. Il était comme ça, Klemens, à draguer sans retenue. C’était un point commun entre eux, en quelque sorte, sauf que dans le cas de Roy, on pouvait affirmer que c’était purement professionnel, car lui, c'était le client qu'il draguait, à coups de paroles flatteuses et de sourires bien placés. La séduction était un mode de communication très efficace, et tous les deux l’avaient bien compris. Quand certains se seraient sentis gênés face aux tentatives de charme du polonais, Roy, lui, s’en amusait.

La question du propriétaire ne tarda pas à être évoquée, car Roy aimait dans certains cas aller droit au but. Avec ses amis et ses proches, notamment. Il se sentait moins obligé de jouer aux habiles serpents hypnotiseurs qui se faufilaient par quatre chemins avant de vous faire entrevoir ses desseins, non, avec Jayce, avec Klemens, Roy parlait sans détour.

« Tu imagines bien, ricana t-il, avant de prendre la voix bourrue du propriétaire et barman Griggs, se prenant au jeu. Si j’coince ce polonais, j’te jure, j’vais le dégager à coups de pied au cul direction son pays d’attardés, qu’il apprenne ce que c’est de venir brouter l’herbe des autres ! Moins j'vois d'étrangers, mieux j'me porte ! Puis riant de son imitation, assez proche de la réalité finalement. Ta tête lui revient pas, ça doit être l’accent, je crois. Si jamais tu trouves un autre appart’, préviens-moi, je viendrai t’aider à boucher ses toilettes comme cadeau d’adieu. »

Puérile vengeance, mais c’étaient les meilleures et les plus drôles, aux yeux de Roy, qui garderait toujours une part de son âme d’enfant. Bill était une ordure raciste, tout le monde le savait, et Roy était bien content de n’avoir aucun compte à lui rendre. Le fait qu’ils concluent des affaires ensemble d'égal à égal était d’ailleurs sans doute la seule chose qui retenait le barman de regarder d’un peu trop près le teint hâlé, pas très « anglais de souche » du dealer.

Klemens accepta l’aide que Roy lui offrait généreusement, même s’il s’agissait surtout d’un prétexte pour discuter. Le loup-garou le connaissait de toute évidence trop bien, puisqu’il ne laissa pas le silence s’éterniser et lui demanda assez franchement les raisons de sa venue. Roy fit mine d’être offusqué, même si son sourire en coin le trahissait :

« Oh, j’ai pas le droit de venir te voir sans raison ? Tu me fends le cœur, Klem. Moi qui venais juste prendre de tes nouvelles… »

Ce qui n’était pas faux, d’ailleurs. Pour une fois, Roy n’avait pas de boulot urgent à lui proposer. Il avait déjà fait appel à lui pour l’aider, notamment quand ses transactions impliquait de devoir communiquer avec des étrangers, Klemens lui avait servi de traducteur. Il avait raison, le polonais était une langue rare, c’était toujours utile d’avoir quelqu’un dans ses proches pour jouer les intermèdes et permettre d’étendre son marché plus loin que les frontières anglaises. Et puis, cela faisait toujours sensation auprès des clients de savoir que tel produit venait de contrées lointaines. Oui, le dealer lui devait bien un bon pourcentage de son chiffre d’affaires.

Roy posa un dernier carton sur sa pile, avant de planter son regard dans celui de son ami, la mine indéchiffrable.

« Plus sérieusement, c’est pas toi, plutôt, qui aurait besoin de mon aide ? »

La grande spécialité de Roy. Répondre aux questions par d’autres questions. Mais il fallait le bousculer un peu, Klemens, parfois, pour obtenir des réponses. Il était du genre à se draper dans sa fierté et vouloir absolument régler ses problèmes seul. Il ne quémandait de l’aide qu’en cas de dernier recours, ce qui lui avait valu quelques frictions avec lui, par le passé. Or, Roy le soupçonnait actuellement d’être dans l’un de ces cas de dernier recours, justement. Le plus ironique était qu’ils agissaient exactement de la même façon sur cette question, mais c’est fou comme ses propres défauts que l’on trouvait tolérables devenaient tout à coup insupportables chez les autres.

Cette fois-ci, Roy n’eut pas besoin d’insister et c’était tant mieux. De lui-même, Klemens évoqua les problèmes qu’il rencontrait avec ses potions. Une vraie galère, un vrai tourbillon infernal, un cercle vicieux sans fin, cette vie que devait mener un loup-garou. Encore une fois, seul l’argent pouvait vous en sortir. Si vous n’aviez pas de potionniste dans votre entourage prêt à vous en offrir ou vous en faire à bas prix, les potions tue-loup avaient de quoi vous vider la moitié d’un salaire moyen. Pour ceux dont les revenus étaient modestes, c’étaient des miettes qu’il vous restait à la fin pour payer nourriture et loyer. Qu’on ne s’étonne pas qu’une image de voyou collait à la peau des loups-garous, quand on savait ce qu’ils devaient payer mensuellement pour éviter d’être un danger pour leurs voisins, chose que l’Etat devrait en toute logique leur assurer gratuitement. Ils étaient du coup forcés d’aller chercher de l’argent quelque part, et bien souvent, cela finissait dans des magouilles illégales, où, en plus de vous donner de quoi remplir vos poches plus facilement, on ne vous questionnait pas sur vos motivations personnelles. 
En résumé, les potions tue-loups étaient chères parce que difficilement trouvables, parce que la lycanthropie était encore taboue et mal reçue par la population, les concernés devaient faire des pieds et des mains pour s'en procurer, et encore, c'était pour ceux qui avaient la décence de ne pas souhaiter devenir un danger public, pour les autres, ils n'en prenaient pas, et chaque année, oh surprise, de nouvelles personnes se faisaient mordre. Un cercle sans fin. Bien sûr, changer cet état de fait effrayait les politiques, car pour faire évoluer la situation des loups-garou, il fallait d’abord changer les mentalités, et rien n’était moins simple dans la société encore trop conservatrice sorcière. A peine commençait-on à balbutier quelques ouvertures aux moldus que les critiques fusaient. A partir de là, il n’y avait rien d’étonnant à ce que les plus démunis souhaitent bousculer cette masse de bien-pensance nauséabonde, et se tournent vers des options politiques plus… radicales.

Aussi Roy n’hésitait pas à fournir son ami en potions quand il le pouvait et quand il en avait, surtout. Les potions toutes préparées n’étaient pas tellement son domaine de vente, mais il pouvait de temps en temps en dégotter à bas prix, en faisant jouer ses relations. Car Roy, et c’était sans doute à la fois une qualité et un défaut chez lui, ne faisait rien gratuitement, et Klemens le savait.

Il éclata de rire à la proposition de paiement de son ami, jamais lassé de l’aguicher. C’était devenu comme un jeu pour eux, à la fois pour Klemens d’essayer, et pour Roy de l’éconduire. Qui sait, peut-être espérait-il un oui au bout de la cent-quatre-vingt quatorzième fois, mais son acharnement plaisait à l’espagnol.

« Désolé, mec, mais je préfère les glaces à la vanille. Ou les nichons, si tu préfères. Il lui donna un coup amical dans le dos. Sans rancune. Hé, fais pas cette tronche ! Je serai pas un vrai ami si j’en rajoutais à tes dettes, et puis ton cher proprio m’en voudrait de l’avoir devancé sur ton tableau de comptes. On aura qu’à dire que c’est ton cadeau de Noël, pour ce mois-ci, va. Je te l’offre. Et t’as pas intérêt à dire non, c’est non négociable, à prendre ou à laisser, bref, tu connais le jargon.  »


Si Roy ne donnait rien gratuitement, il lui arrivait, disons, assez rarement de faire des exceptions, quand les tréfonds de sa générosité couinaient pour lui rappeler leur présence. Il ne croyait pas plus que ça à l’esprit de Noël, lui qui ne fréquentait plus vraiment les fêtes familiales, mais l’amitié avait en revanche un sens pour lui. Il n’allait pas laisser Klem dans sa galère, c’était d’ailleurs pour ça qu’il était venu, pour essayer de l’en sortir.

« Par contre, reprit-il sur un ton plus sournois, si tu veux t’en procurer d’autres, disons, à l’avance… On peut toujours s’arranger pour que tu me rembourses dans ma vision d’un paiement en nature. J’suis pas trop branché elfes de maison, ça chouine trop, mais j’aimerais bien avoir mon larbin, moi aussi. »


Il venait tout juste d’avoir l’idée, et elle était plutôt séduisante, quand il la considérait. Il manquait de temps pour s'occuper de son propre logement, et puis... Plus difficile à avouer, il manquait aussi parfois de compagnie, quand Jayce ne squattait pas. Roy prévint aussitôt ses éventuelles remarques sur la nature de ce qu’il aurait à faire :

« Pas de magouilles, pas de plans craignos, sauf si t’as envie de te faire un peu d’argent, bien sûr ! Je dirais pas non. Mais sinon, t’auras rien de plus dangereux à faire que de te battre avec ma vaisselle et mes chaussettes sales. Tu peux aussi voir ça comme une colocation sympathique de quelques jours. »


Ou l’art de vendre un service. Oui, oui, vendre, pas rendre.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Son rire se mêla à celui de Roy, son imitation était plutôt fidèle. Lui qui avait cru que l'Angleterre, l'Europe de l'Ouest en général en fait, serait une terre ouverte d'esprit et surtout ouverte à la différence, il avait dû se rendre à l'évidence que ces qualificatifs ne concernaient pas tous les européens, une minorité en réalité puisque la plupart des personnes restaient tout de même assez chauvines et peut agréables avec les étrangers. Alors imaginez avec un étranger loup-garou. Heureusement que peu de personne savait, deux en fait et le gouvernement, enfin il n'était qu'un nom dans un registre et c'était bien suffisant, son proprio n'avait pas besoin de savoir, ses voisins non plus, il était bien plus tranquille comme ça.

"Pas besoin de boucher les toilettes, elles le sont déjà plus ou moins toute l'année. Heureusement que j'arrive à squatter ailleurs, je sais pas comment on peut vivre dans son taudis. Quant à l'accent... pire pourrait être ça."

Un léger sourire étirait ses lèvres alors qu'il accentuait volontairement son accent. Il aimait parfois en jouer pour faire croire qu'il ne comprenait pas un mot de ce qu'on lui disait, il parlais polonais et la plupart du temps les personnes, qui l'importunaient, cessaient de s'époumoner en vain. Il était passé maître en la matière. La conversation prit ensuite un tour beaucoup plus sérieux. Il n'aimait pas tellement parler de ses problèmes. Et avouer qu'il ne pouvait pas payer, même sur le ton de la plaisanterie n'était pas ce qu'il aimait le plus faire. Il laissa échapper un éclat de rire et fut légèrement propulsé vers l'avant alors que Roy le tapait amicalement dans le dos.

"Je peux facilement te trouver une glace à la vanille, un sourire mutin se dessina sur ses lèvres. Pour les nichons..., il baissa la tête pour examiner attentivement ses pectoraux. Hum... tu vas devoir attendre un peu, va falloir que j'me dope aux hormones moldues. C'est nul, j'suis sûr que tu serais pas déçu en plus... juste une fois.

Il fit un petit regard de chien battu, le regard dont il avait le secret et qui faisait craquer Valery la plupart du temps mais Roy n'était pas Valou et il ne se laissait pas amadouer par ses petits airs. Il faillit répliquer lorsque son ami annonça qu'il lui offrait sa potion pour le mois prochain, un cadeau de Noël en quelque sorte mais il ne voulait pas de la pitié de Roy, il pouvait parfaitement payer ses dettes. Si il n'avait pas d'argent, il avait des muscles pour palier le tout et un estomac pas trop exigeant qui se nourrissait facilement de peu de choses et bon marché.

"Roy..."

Il secoua la tête en poussant un soupir résigné, il allait devoir accepter le "cadeau" après tout ce n'était pas comme si le trafiquant avait l'habitude de le fournir gratuitement, ça devait même être la première fois depuis qu'ils se connaissaient que ça se produisait. Il écouta sa proposition un sourcil levé, un sourire amusé aux lèvres. Il voulait vraiment qu'il devienne son larbin ? Son sourire s'agrandit à l'évocation de la colocation.

"D'accord, une potion, une journée, son sourire s'élargit. Et je dors dans ton lit."

Laver des caleçons et de la vaisselle sales ne le dérangeait pas lorsqu'il y avait de la bonne nourriture, un lit douillet, un abri décent et un stock de potion à la clé. Et il finirait par avoir ce qu'il voulait si il se débrouillait bien.


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Si Bill Griggs savait tout ce qui se disait dans son dos, nul doute qu’il prendrait sa teinte écrevisse des moments de colère. Raison de plus pour que Roy s’en donne à cœur joie, rien que pour imaginer sa réaction, c’était drôle. Il rit donc de bon cœur quand Klemens exagéra volontairement son accent, imaginant très bien le sympathique proprio devenir vert d’impatience si jamais Klemens lui faisait le coup de l’étranger qui comprenait tout juste trois mots d’anglais.

Lorsqu’ils abordèrent enfin plus sérieusement la question des problèmes mensuels de poils de son ami, Klemens trouva là aussi le moyen de plaisanter, et à ce que n’importe qui aurait pris à première vue pour une phrase innocente, Roy tiqua, car il connaissait bien le loup. Et ce sourire mutin voulait tout dire… Ca méritait bien un deuxième coup dans le dos, moins amical, d’ailleurs, même si Roy eut du mal à effacer son sourire quand il leva les yeux au ciel.  

« Pff, c’est ça, fais pas ton regard de loup mal-aimé, ça marche pas avec moi. Obsédé, va. »

Si l’idée d’un Klemens avec une grosse poitrine était plutôt hilarante, Roy était en revanche certain de ne plus pouvoir voir la glace à la vanille de la même façon qu’avant. Et ce ne fut pas le seul sous-entendu auquel il eut droit, même lorsqu’il lui proposa son marché, Klemens lui en glissa un autre, mine de rien. Bien sûr, la négociation ne pouvait pas se faire de façon innocente avec lui. Roy ne fut pas surpris de l’entendre ajouter une clause au contrat. Mais, malheureusement pour son ami, il était plus pinailleur que lui à ce jeu-là :

« Oh mais dors dans mon lit si tu veux. J’ai des matelas pour dormir par terre. »

Il prévoyait d’ici la tête qu’allait tirer son ami, à la fois déçue et contrarié, comme un enfant à qui on aurait retiré son jouet. Oui, c’était vil de sa part d’avoir fait semblant de ne pas comprendre, mais c’était là tout l’art d’arnaquer les gens : savoir jouer sur les mots. Roy lui fit son sourire narquois qui voulait très clairement dire « Dommage, pas de glace à la vanille pour tout de suite ». Mine de rien, il poursuivit donc :

« Par contre, une potion, une journée ? Hé, tu sais mieux que moi la galère que c’est de trouver ce genre de produits, ça vaut quand même plus. T’auras à peine fait une machine de lessive que t’auras déjà ta paye pour quatre mois, je proteste ! Et il était prêt à parier que Klemens allait prendre ça pour une invitation à rester plus longtemps. Hum… Une semaine, une potion, plutôt, comme ça, j’ai le temps de trouver la marchandise. C’est plus équitable, non ? Remercie-moi, je t’offre pour sept jours par mois la grâce de ne pas te coltiner la tronche de Griggs. »

Evoquer Griggs fit se rappeler Roy qu’il voulait parler avec Klemens d’un autre souci que son problème de poils, mais c’était un sujet déjà plus délicat. Il n’était jamais facile de parler d’argent, encore moins avec ceux qui en avaient besoin, et encore avec quelqu’un qui s’appelait Klemens Dabroski et qui s’évertuait à vous dire qu’il n’avait besoin ni de l’aide ni de la pitié de personne. Roy était plutôt radin en pitié, il avait de la chance, mais il ne pouvait quand même pas laisser Klemens dans ses galères sans l’aider. Car il ne doutait pas que Griggs était très sérieux quand il menaçait de l’expulser de son appartement.


« Au fait, t’as réussi à trouver un boulot ? Un truc sérieux, j’veux dire » ajouta t-il, exprimant sans le dire que livreur dans des boutiques de l’allée des Embrumes n’était ni très lucratif, ni très sérieux.
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Klemens éclata de rire alors que Roy laissait sous entendre qu'il était obsédé. Il était vrai que sous certains point de vue, il en était un mais en réalité, il en était tout autre. Il aimait juste beaucoup la chaleur humaine et peut importait le sexe de la personne, pas de distinction d'aucune sorte. Il jeta un sourire mutin à Roy avec un léger clin d’œil avant de se rembrunir légèrement et de bouder clairement quand il laissa entendre qu'il préférait dormir sur un matelas à côté plutôt qu'avec lui. Comme si il allait le forcer à faire quoique ce soit contre son gré si il disait non.

"Pfff, je vais pas te violer non plus."

Il prit un air volontairement outré avant de croiser les bras sur la poitrine et de remonter le menton comme faisait son frère lorsqu'il montrait ouvertement qu'il vous trouvait hors d'intérêt. Il haussa un sourcil dédaigneux alors que son ami venait maintenant pour revoir les termes du contrat sur une potion égal une journée. Un léger sourire se dessina alors sur ses lèvres.

"Je savais que tu ne pouvais pas résister à mon charme. Avoue que c'est pour m'avoir plus longtemps sous ton toit que tu veux faire une potion égal une semaine de vaisselle et de lessive. D'accord, je veux bien mais à la condition que je dorme dans ton lit ET que tu dormes avec moi., son sourire s'agrandit légèrement et il prit un petit air triste. J'ai vraiment besoin de compagnie, je me sens abandonné quand je dors seul."

Ce qui n'était d'ailleurs pas complètement faux, la solitude parfois lui pesait et il devait prendre sur lui pour ne pas se retrouver à harceler Valery ou Roy de sa compagnie. Il aimait sa petite vie tranquille et en même temps, il aimait voir du monde et rencontrer des gens d'horizons différents pour passer de bons moments sans forcément s'attacher et créer quelques choses avec eux, juste pour partager un peu. A nouveau, le trafiquant évoqua un sujet sensible qui le touchait peut-être un peu plus que sa lycanthropie dont il arrivait, la plupart du temps, à faire abstraction.

"Oui, j'ai trouvé un petit boulot sympa. J'suis vendeur chez Weasley & Weasley, farces pour sorciers facétieux. C'est cool, ça paye pas trop mal et pis les patrons sont sympas. Et surtout c'est un boulot pas trop craignos. Mais bon avec mes soucis de poils, ça me permet pas de boucler complètement mes fins de mois. Du coup j'aide Wayne moyennant finance. Pourquoi c'te question ? T'avais un boulot à me proposer ?"

L'idée d'être complètement assimilé aux affaires de Roy lui déplaisait pas complètement mais d'un autre côté, il voulait pouvoir s'en sortir honnêtement sans bafouer les règles de son pays d'accueil. Il l'aimait bien au fond l'Angleterre et il ne voulait pas complètement se foutre de sa goule en étant complètement hors la loi, surtout maintenant qu'il avait demandé l'asile permanent et qu'il était fiché comme loup.


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Ne serait-ce que pour l’embêter, Roy eut envie de répliquer qu’il en doutait, lorsque Klemens affirma qu’il n’allait pas le violer. Mais il se contenta de répliquer, sur un ton chargé d’ironie :

« Je n’en doute pas, va. Tu es un sage petit loupiot. »

Enfin, il avait beau râler, Roy l’invitait à une colocation temporaire, c’était bien la preuve qu’il lui faisait tout de même confiance. Le trafiquant eut un rictus en l’entendant se jeter des fleurs, simplement parce qu’il lui proposait de rajouter à son temps de séjour. Il l’aurait parié. Klemens était comme ça, il sautait sur toutes les occasions.

« Si ça te fait plaisir de le croire, dit-il, en levant les yeux au ciel. La raison de son point de vue était plutôt qu’il était radin et pinailleur sur les bords. Klemens n’était pas en reste de ce point de vue là non plus, d’ailleurs. T’es pas mal dans le genre insistant, hein ? Qu’est-ce que tu me trouves, franchement ? »

Non pas qu’il doutait de son potentiel de séduction, mais Roy était curieux d’entendre les arguments de son ami qui le poussait à lui faire du gringue une fois sur deux à chaque fois qu’ils se voyaient. D’accord, c’était peut-être un peu aussi pour s’entendre dire que oui, il était attirant, parce que ça faisait toujours du bien à l’ego. En revanche, Klemens pouvait toujours faire son regard de chien perdu, il ne dirait jamais…

« D’accord, c’est bon. T’as gagné, pas la peine de me sortir ton discours de chat abandonné. Pff. Mais j’te préviens, je prends toute la couette, j’en ai rien à faire, tu peux te les plumer. »  

Il avait assez donné de sa tolérance en matière de gros squatteurs de lit avec Jayce, qui oubliait une fois sur trois qu’il avait son propre appartement et que c’était accessoirement fait pour aller y dormir. C’était à croire qu’il attirait tous ceux qui se sentaient seuls. Roy se promit de mettre une note sur sa porte, à l’adresse de tous ceux qui le prenaient pour un doudou pour mieux dormir. C’était une discrimination envers les gens petits, ça, il en était sûr.

Cependant, cette fois, c’était Roy qui était venu chercher Klemens. Il ne tarda pas à aborder le sujet pour lequel il était venu, et, sans qu’il s’y attende,  la réponse du loup-garou le rassura. Il était dans une meilleure voie que la dernière fois qu’ils s’étaient vus, quand le polonais ne travaillait qu’au noir pour subvenir au minimum vital. L’avantage de travailler légalement était bien évidemment la stabilité, la sécurité d’avoir votre salaire en fin de mois, sans mauvaise surprise. Si Roy aimait l’adrénaline que lui procurait son travail, il savait qu’elle était à double-tranchant et qu’il faudrait raisonnablement s’arrêter un jour. Le problème étant qu’il était passé maître dans l’art de tout remettre au lendemain, surtout les décisions fâcheuses.

« J’ai toujours du boulot à proposer, à toi de voir si t’es prêt à le faire, si jamais t’es un peu juste, tu peux toujours venir frapper à ma porte, répondit-il en haussant les épaules. Mais c’est bien que t’aies trouvé un boulot stable, ‘le laisse pas filer. C’est de plus en plus dur ces temps-ci. » Il s’arrêta quelques secondes, le regard planté dans celui de son ami, d’un air qui pouvait sembler suspicieux mais qui était en vérité soucieux. « T’sais que tu peux compter sur nous, avec Val, si jamais t’as un pépin, hein ? »

C’était toujours bon de le lui rappeler, avant qu’il ne s’écoule encore deux ou trois mois pour que Roy vienne prendre des nouvelles et constater les dégâts.
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Klemens grogna légèrement. Loupiot, avait-il une tête de loupiot ? Franchement ? Il poussa un soupir et leva les yeux aux ciel laissant couler pour cette fois. Il n'aimait pas les surnom comme ça, laissant sous-entendre son état de lycanthrope. Avant, lorsqu'il était petit, les surnoms tel que loulou, loupiot, mon loup, petit loup ne l'auraient pas dérangé mais maintenant, ils lui rappelaient beaucoup trop qu'il n'était plus complètement humain. Il s'obligea néanmoins à reprendre son sourire aguicheur qui s'agrandit alors que Roy demandait ce qu'il lui trouvait.

"Hum... je sais pas. Je te trouve tout mignon avec ta petite barbichette là. Toi plaire beaucoup à moi. Ça poil doit être. Ou peut-être, toi argent attirer moi."

Son sourire s'accentua, il avait volontairement évité de parler de la taille du trafiquant, il avait depuis longtemps compris qu'il y avait certains sujets à ne pas aborder et il avait plus d'une fois Roy se mettre en colère après une réflexion sur sa taille. Lui, n'aimait pas qu'on parle de sa pilosité abondante une fois par mois, il avait donc la délicatesse de ne pas parler de la petitesse de son ami. Même si il avait beaucoup de blagues sur le sujet à faire. Il retint un léger cri de victoire lorsque l'annonce de la capitulation fut faite.

"C'est pas un soucis si tu prends toute la couette. Je me collerais contre toi pour avoir chaud."

Son sourire devint goguenard et il posa son regard sur ses ongles mine de rien. Il mangea un petit bout de peau de son annulaire par pure provocation. Il aimait jouer aux flegmatiques, surtout avec Roy quand il avait le contrôle de la situation. Un jour, il obtiendrait ce qu'il voulait. Parce que plus qu'un réel désir, c'était surtout un challenge que lui avait lancé Roy et Klemens s'était pris au jeu bien malgré lui. Il reprit néanmoins bien vite son sérieux quand la discussion prit un chemin moins plaisant. Il était touché par l'inquiétude de ses amis mais il trouvait cela également légèrement agaçant. Qu'est-ce qu'il craignait au juste ? Au pire, il devrait partir, certes, c'était triste mais c'était la vie. Il avait plus d'une fois qu'il n'avait peur de rien et que peu de chose l'arrêtait.

"Ouai, je sais et c'est sympa de votre part de vous inquiéter pour moi mais honnêtement, je n'ai pas besoin de votre pitié. Je peux me débrouiller tout seul. Je me suis toujours débrouillé, je vois pas pourquoi ce serait différent aujourd'hui. Alors oui, j'ai demandé à rester sur le territoire anglais, chose que je n'avais jamais faite avant même si l'Allemagne était cool mais si vraiment les choses tournent mal, je peux encore partir. Je n'ai pas d'attache ici, pas de famille. Juste des potes super cool que ça me ferait chier d'abandonner."

Un léger sourire vint éclairer son visage obscurcit par ses paroles. Il vint abattre sa main dans le dos de Roy en une claque amicale.

"T'imagines si je devais partir, la frustration que je ressentirais si tu ne cédais pas."

Toujours revenir à la dérision lorsque les sujets devenaient un peu trop sérieux, voilà son mode de fonctionnement. Il ne s'était jamais confié à personne sur ce qu'il ressentait vraiment et il ne le ferait sans doute jamais. Personne n'avait besoin de savoir qu'il venait d'une famille super bourgeoise et que la bête qu'il hébergeait avait tué sa petite sœur. Personne n'avait besoin de connaître ses secrets et il savait que si il laissait les sujets gênants s'installer trop fréquemment, un jour, sans faire exprès, il finirait par avouer cet événement honteux. Le plus dur de toute sa pathétique vie.


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Machinalement, Roy passa une main sur sa barbichette, comme pour vérifier qu’elle était toujours là, lorsque Klemens l’évoqua. Un petit sourire vint orner ses lèvres. Il avait toujours cru au potentiel de sa barbichette, qui recevait autant d’éloges que de moqueries, mais Roy n’en faisait de toute manière qu’à sa tête, quand bien même tout le monde s’en serait moqué. Il releva la tête vers le lycanthrope lorsque ce dernier laissa transparaître sa joie de le voir céder. Il n’était pas dupe, il voyait qu’il était tout content d’avoir obtenu ce qu’il voulait, derrière ses grands airs détendus. Narquois,  Roy crut bon de le faire redescendre sur Terre, imita volontairement son accent en répondant :

« Toi pas m’attirer beaucoup, toi garder tes mains dans tes poches quand toi squatter mon lit, toi avoir compris ? »

Roy remarqua par la suite le changement de ton et d’humeur, une fois qu’ils abordèrent les soucis de Klemens. Il s’était attendu à ce qu’il réponde plus ou moins fermement, comme d’habitude lorsque le sujet était frôlé, mais cela ne l’empêcha pas de ressentir une pointe d’agacement quand Klemens lui parla de pitié. Pourquoi diable pensait-il toujours qu’ils l’aidaient par pitié ? Etait-ce si difficile de concevoir que l’amitié impliquait souci de l’autre et entraide ? Roy n’avait pas envie de retrouver un jour Klemens à la rue, pas parce qu’il serait dégoûté de le voir transformé en clochard et en aurait pitié, mais parce qu’il refusait tout simplement que son ami endure de telles difficultés, alors qu’il trimait déjà suffisamment au quotidien avec sa lycanthropie. Roy préférait prévenir que guérir, en s’assurant qu’il arrivait à s’en sortir. Il ne lui demandait pas de lui rendre des comptes, il ne le forçait pas non plus à accepter son aide. Il voulait juste bien lui faire comprendre qu’en cas de galère, il était là et que sa porte lui était ouverte. Il ne lui ferait pas la morale, pas de regard condescendant, rien. C’était énervant de voir comme Klemens se refermait dans sa coquille, dès qu’il s’agissait de leur faire un peu confiance et d’arrêter de tout vouloir faire seul. C’était vexant de le voir parler de déguerpir, comme si rien n’était suffisamment important ici pour le retenir, pas même Val, pas même lui.

« Comme tu veux, mec, lâcha t-il finalement, sans réussir à masquer totalement sa contrariété. La pitié, c’est pas mon truc non plus. Je trouve ça juste normal de proposer un coup de main à un vrai pote, après t’en fais ce que t’en veux. Je sais que tu préfères le canapé de Val, d’façon. » ajouta t-il railleur, dans une tentative de détendre l’atmosphère.

Klem fit le même raisonnement, car il ne tarda pas à revenir à la charge, ce à quoi Roy répondit par la même claque amicale.


« Eh bah, raison de plus pour que tu te barres pas je sais pas où ! Je te suivrai pas, j’te préviens, encore moins si c’est pour me faire harceler. Donc t’as pas d’autre choix que de rester ici, désolé ! » Ou lui de céder, c’était selon les points de vue.
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"Moi avoir compris"

Un léger sourire mutin se dessina sur ses lèvres avant que la conversation ne prenne un tournant beaucoup moins agréable. Il entendit la pointe d'amertume dans la voix de Roy. Il l'avait peut-être blessé en parlant de partir mais que croyait-il honnêtement ? Il avait toujours été comme ça, c'était même étonnant qu'il soit resté aussi longtemps en Angleterre. Presque cinq ans maintenant. Il n'avait jamais vécu aussi longtemps dans un pays sauf en Pologne. Mais ce n'était pas pareil, c'était son pays de naissance, sa patrie qu'il s'était senti obligé de quitter. Comment aurait-il pu rester de toute manière ? Il n'aurait pas réussi à se regarder dans un miroir et il était épris de liberté. Il aimait voyager, découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles cultures.

Et pourtant, il ne se voyait plus partir. Il fallait croire qu'il tenait beaucoup trop à certaines personnes. Il esquissa un sourire un peu triste à la blague sur le canapé de Valery. Non, il ne préférait pas son canapé mais il se sentait plus à l'aise avec une personne qui n'avait pas peur de partager son lit avec lui. Il posa son regard sur son ami avant de sourire plus franchement.

"Avoue que c'est parce que t'as peur que j'te morde. Mais j'ai pas l'intention de partir. J'suis bien là, j'ai un canap' à disposition, un pote à harceler. Pourquoi je partirais ? Faudrait que je sois stupide."

Son sourire se fit goguenard alors qu'il attrapait le dernier carton et le rangeait dans le coin avec les autres. Il posa son regard sur le poignet de Roy et déchiffra l'heure. Il poussa un soupir et jeta un regard désolé à son ami.

"Va falloir que j'aille bosser. Désolé ukochany de te laisser en plan. On remet ça une prochaine fois ? On s'appelle, on s'fait une bouffe, le sourire de Klemens se fit légèrement taquin avant qu'il ne reprenne un air sérieux. Et merci pour tu sais quoi. Bon, je file. Peluche"

Il tourna les talons et transplana sur un dernier salut charmeur à son ami trafiquant. Il venait d'effectuer un nouveau pas dans l'accomplissement de son but ultime. Réveiller la partie gay qui sommeillait en Roy.

Fin du Rp


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Comme on se retrouve [Klemens]

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