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 Mes meilleurs voeux de prompt rétablissement [Rosaleen & Adonis]

Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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3 janvier 2008

La soirée du nouvel an des Nimbus de Pompadour s'était finalement avérée beaucoup plus intéressante qu'il ne l'avait d'abord cru. Un immense sentiment de jouissance l'avait emparé lorsqu'il avait connu la véritable raison de la rupture des fiançailles de Rosaleen. Ce n'était, certes, pas très charitable mais il était sûr d'avoir un rival de moins. Bébé Nott avait peu de chance de retourner faire le coq devant la jeune Lestrange à moins que cette dernière ne s'appelle Roger. A cette pensée Adonis lâcha un grognement de dégoût, imaginer deux hommes ensemble le répugnait au plus au point. Il avait du mal à comprendre comment Rosaleen avait pu supporter l'humiliation sans rien dire. Cela avait d'avantage forcé son admiration pour la jeune fille.

Il passa un léger coup de brosse dans sa chevelure, il avait l'impression de ne faire que cela en ce moment, prendre soin de son apparence pour le beau monde mais il était en chasse désormais, il avait bien l'intention d'épouser Rosaleen maintenant qu'elle était libre, il ne voyait pas ce qui pourrait bien l'arrêter. Il lui suffisait juste de lui faire la cours, de lui montrer l'intérêt qu'il lui portait, d'être poli et courtois avec sa famille. Il avait notamment appris que sa grand-mère, la vieille Rosier était malade, quel meilleur prétexte aurait-il pu avoir ? Il allait tout naturellement se rendre au manoir Rosier pour présenter ses respects alors que le seul but de sa visite était d'apercevoir la jeune fille.

Il posa délicatement sa cape sur ses épaules, redressa sa robe, attrapa les fleurs qu'il avait prévu pour la Grand-mère et transplana. L'effet était toujours aussi désagréable, même avec les années mais il ne laissa rien paraître, il se recoiffa rapidement, lissa sa robe, vérifia l'état de ses fleurs avant de toquer à la porte du petit manoir. Il retint légèrement son souffle espérant tomber sur Rosaleen. Le sourire courtois qu'il abordait s'agrandit alors que le pan de bois s'ouvrait pour laisser la place à une chevelure blonde, de magnifiques yeux verts qui lui faisaient tourner la tête. Il inclina légèrement le buste pour saluer la jeune fille, élue de son cœur.

"Bonjour Rosaleen, j'ai appris pour votre grand-mère. Je venais lui présenter mes respects et mes meilleurs vœux de rétablissement."

Il esquissa un léger sourire paisible, ne sachant si sa venue serait appréciée ou non.

"J'espère que vous êtes bien remise du nouvel an. J'ose à peine imaginer l'épreuve que cela a dû être pour vous."

Non, il ne l'imaginait pas et il ne voulait pas le faire non plus, à la réalité tout ceci lui passait bien au dessus de la tête, tout ce qu'il voyait lui c'était que Rosaleen semblait plus vulnérable donc plus à même de répondre à ses avances.


Adonis Greengrass
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Ses grands-parents avaient été outrés d'apprendre le déroulement de la soirée des Nimbus de Pompadour et Rosaleen avait eut toute la peine du monde à empêcher son grand-père d'aller parler à Théo. Enfin, "parler" dans le sens que pouvait l'entendre un ancien Mangemort qui était plus que contrarié par ce qu'il venait d'apprendre. Rosie avait décidé qu'il ne servait à rien d'omettre des détails tout simplement parce que ses grands-parents finiraient par l'apprendre, que ce soit de Reda, de Reyna ou de ce qui restait de leurs contacts dans la bonne société. Elle avait donc préféré qu'ils entendent sa version, beaucoup plus neutre, des faits de la soirée qu'une version plus violente qui n'aurait fait qu'exacerber leur colère. Elle avait également essayé de noyer le coming-out de son fiancé parmi les autres évènements qui avait animé la soirée, entre l'annonce du divorce de Leopold Marchebank et ce qui était arrivé à John Warlock... La bonne société se souviendrait de ce réveillon et il était sur les lèvres jusqu'en Août, Rosaleen n'avait pas de doutes là-dessus.

L'attention de son grand-père avait été quelque peu détournée également par la santé de sa grand-mère qui avait pris un coup la veille, cette dernière étant tombée malade. Elle gardait le lit depuis la veille et son grand-père était sorti acheter les potions que le Médicomage avait prescrit le matin-même. Il en avait profité pour emmener Reyna, Reda et Oreste pour se promener et faire quelques courses de fournitures pour ses sœurs avant qu'elles ne retournent à Poudlard. Rosaleen se retrouvait donc seule avec sa grand-mère qui dormait et elle cherchait à occuper son esprit en planifiant la prochaine petite réception de ses grands-parents avec Mercy, leur Elfe. Ils recevraient quelques familles mineures le mois suivant - les Nott avaient été impérieusement rayés de la liste par Elbert - et leur manque de budget les forçait à s'organiser énormément à l'avance. On aurait pu penser que leur manque de moyens pousserait les Rosier à cesser ce genre de dîners coûteux mais il était primordial aux yeux de ses grands-parents de maintenir une certaine image et cela passait par l'organisation de tels dîners. Heureusement que Mercy, leur Elfe, était pleine de ressources et que les Rosier savaient composer avec peu pour un rendu relativement éclatant depuis la fin de la guerre.

Rosaleen aurait pu passer ce temps à travailler pour ses examens qui arrivaient mais elle n'avait pas la tête à cela, encore trop chamboulée par tous les évènements du Nouvel An. Elle préférait se concentrer sur la composition du plan de table et des menus qui étaient des notions qu'elle maitrisait sur le bout des doigts depuis des années. Attablée dans la salle à manger avec Mercy, elle était en train de calculer leur budget par invité lorsque des coups retentirent à la porte. Ils n'attendaient personne en ce cœur de l'après-midi, surtout pas quand Rose était seule et sa grand-mère alitée. Son grand-père avait toujours détesté qu'elle reçoive sans chaperon, sans que Rosaleen ne puisse comprendre pourquoi. En espérant que ce soit Caecilia, Rose jeta machinalement un coup d’œil au miroir de l'entrée avant d'entrouvrir la porte.

Adonis Greengrass se tenait devant elle, un bouquet de fleurs à la main. Surprise de le voir ainsi chez elle, Rose mit quelques secondes avant de savoir quoi dire. La première chose qui lui vint à l'esprit fut le fait que son grand-père aurait détesté qu'elle fasse entrer un homme en son absence. Mais après tout, sa grand-mère était à l'étage et elle n'allait pas leur invité sur le perron, n'est-ce pas ? Et puis ce n'était pas prémédité. Sa surprise passée, elle adressa un sourire aimable et sincère à Adonis et ouvrit complètement la porte. La première fois qu'elle avait parlé à Adonis Greengrass, c'était lorsqu'elle avait renversé un plateau sur sa robe au Circée mais il était revenu lui parler au Nouvel An justement et la conversation avait été très agréable. C'était véritablement quelqu'un de charmant et de très affable.

- Monsieur Greengrass, le salua-t-elle sans se départir de son sourire. C'est très aimable de votre part, entrez donc !

Elle s'effaça dans l'entrée pour le laisser passer et referma le lourd battant de bois derrière elle tandis que Mercy arrivait en trottinant pour prendre la cape d'Adonis avec beaucoup de déférence.

- Ma grand-mère se repose actuellement dans sa chambre mais elle sera sûrement très touchée de votre attention, j'en suis certaine !

Surprise, sûrement, mais Rose savait parfaitement que le geste d'Adonis le ferait entrer dans les bonnes grâces de sa grand-mère. Et c'était un fait suffisamment rare pour être signalé. La mention du Nouvel An manqua de faire perdre son sourire à Rosaleen mais elle conserva les apparences et son visage n'en montra rien, elle se contenta de baisser légèrement les yeux. Ce n'était pas comme si c'était une surprise, Théo avait eut la décence et la correction de l'entretenir de son orientation dès leurs fiançailles ce qui était très honorable de sa part, Rose s'en rendait compte désormais qu'elle possédait un petit peu de recul sur leurs fiançailles. Mais il était certain qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il le révèle au monde si brusquement et surtout pas en présence de toute la bonne société au complet. Elle-même n'en revenait pas. Et il faut dire qu'après le départ de Théo, elle avait clairement entendu leurs fiançailles revenir régulièrement dans les conversations - en plus évidemment du tollé que venait de provoquer l'annonce de Théo - et de nombreux regards s'étaient tournés vers elle. Elle n'avait rien dit et n'avait pas commenté, se contentant de relever le menton et de rester auprès de Reda qui n'en revenait toujours pas. Il fallait dire qu'avec tout ce qui s'était passé ce soir-là, les premiers pas dans le monde de sa petite sœur avaient été relativement violents. La soirée n'avait pas été des plus agréables pour Rose - il faut dire qu'entre Arthur Bones et Théo Nott, il y avait de quoi faire jaser ! - mais elle se consolait en disant que sa soirée n'était pas la pire et de loin. Il suffisait de penser à Théo ou aux Warlock, voire même à Meredith Marchebank... Leopold Marchebank avait également marqué la soirée de Rosaleen, mais dans un registre tout à fait différent, il fallait le dire... Elle sortit de ses pensées pour relever les yeux vers Adonis et lui adressa un sourire un peu forcé.

- Je pense sincèrement que ce ne fut pas que pour moi que la soirée fut éprouvante, répondit-elle simplement. Puis-je vous proposer une boisson chaude ? J'ai l'impression que les températures se sont rafraichies par rapport au mois dernier, lança-t-elle d'un ton badin dans l'optique de détourner la conversation du Nouvel An.

Elle guida Adonis jusqu'au salon avec un sourire aimbale alors que Mercy apparaissait de nouveau à coté d'elle, débarrassée de la cape de leur invité.

- Asseyez-vous, je vous en prie. Mercy, va donc chercher un vase pour les fleurs ravissantes de Monsieur Greengrass !

Rosaleen elle-même s'assit dans l'un des canapés en face de la cheminée qui crépitait depuis le matin.

- Je suis désolée que ma grand-mère ne puisse vous recevoir en personne, elle est alitée depuis hier. J'ai bien peur que ma compagnie soit moins plaisante que la sienne, s'excusa Rosaleen avec un sourire désolé.

Cette fois-ci, elle mentait. Elle pouvait reconnaître beaucoup de qualités à sa grand-mère mais cette dernière n'était tout de même pas réputée pour sa charmante compagnie. Mais l'usage le voulait ainsi et Rosaleen avait toujours respecté les usages : c'était même ce qui dictait sa vie.



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Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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Adonis ne se fit pas prier et suivit Rosaleen à l'intérieur. Il donna sa cape à l'elfe de maison avant de hocher la tête lorsque la jeune femme lui donna l'explication de l'absence de sa grand-mère. En réalité, cela ne le chagrinait pas le moins du monde. Il avait pris comme prétexte la grand-mère mais c'était bien la petite fille qu'il venait voir. Il avait compris lors du nouvel an que la donne avait changé depuis que Leopold avait annoncé son divorce. Il avait capté certains regards et cela ne lui avait pas plu. La guerre était donc déclarée. Il lui fallait donc être aimable avec la famille de Rosaleen encore plus qu'avec la jeune femme elle-même. Il allait devoir jouer au plus fin car il ne possédait pas le compte en banque des Marchebank, du moins pas encore. Peut-être qu'un jour, il pourrait se targuer d'être aussi riche mais pour l'instant, il devait utiliser ses atouts et surtout son charme pour obtenir ce qu'il voulait.

"J'accepterais volontiers une tasse thé, merci. Le températures se sont en effet rafraîchies. Mais je pense que ce n'est pas un mauvais signe . Le froid comme toute chose a son utilité."

Il esquissa un léger sourire et suivit la jeune femme jusque dans le salon. Il détailla quelques instants la pièce avant de reporter son attention sur Rosaleen et de s'asseoir lorsqu'elle l'y invita. Il n'avait encore jamais eu l'occasion de pénétrer dans le manoir des Rosier et il devait bien avouer qu'il était relativement curieux.

"Ne vous excusez pas, ce n'est rien je comprends parfaitement que votre grand-mère ne puisse pas me recevoir. Je réalise que je n'ai pas beaucoup réfléchi avant de venir, son sourire s'agrandit légèrement alors qu'il plongeait son regard dans celui de son hôte. Mais je suis certain que votre compagnie est tout aussi plaisante que celle de votre grand-mère si ce n'est plus."

Un léger silence s'installa et il dut se rendre à l'évidence qu'il ne savait plus réellement ce qu'il devait dire. Il était assez déstabilisé, habituellement, ce genre de situation ne se produisait quasiment jamais. Il n'avait jamais était dans une situation semblable où la plupart des mots qui sortaient de sa bouche étaient sincères. Il ne connaissait que très peu les sentiments humains et la plupart du temps ne comprenait pas les gens. Il se retrouvait souvent incapable de comprendre la tristesse ou même l'amour. Et pourtant, en cet instant, il savait ce que cela faisait de perdre ses moyens face à une femme. Son attention fut alors détourné par l'elfe qui revenait avec des tasses fumantes. Adonis le remercia d'un mouvement de tête avant de reporter son attention sur Rosaleen.

"Vos cours reprennent bientôt ? J'imagine que vous devez être impatiente. Je dois avouer que je suis réellement impressionné. Lycaon est un institut mondialement renommé qui a une certaine exigence, le fait que vous ayez un emploi en parallèle me laisse admiratif. Je me demande comment vous faites pour réussir aussi, beaucoup de personne ne pourrait pas suivre la cadence. Mais j'imagine que je ne devrais pas être étonné en réalité. Vous êtes quelqu'un de réellement talentueuse Rosaleen. La plupart des gens ne voient pas cela chez vous et s'arrête à votre apparence. C'est une immense injure à votre encontre. La bêtise de l'homme ne semble pas avoir de limite."

Il attrapa sa tasse et but distraitement une gorgée de liquide brûlant. Il n'aurait peut-être pas dû être aussi direct. Après tout, il connaissait si peu Rosaleen, il ne lui avait parlé que trois ou quatre fois au total.

"Veuillez m'excuser. Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise."

Le jeune homme baissa le regard, il ne savait vraiment pas quoi dire, ni que faire pour s'attirer ses bonnes grâces et lorsqu'il voyait Leopold qui semblait si... naturel avec elle. Cela était sans doute dû au fait qu'il y avait moins d'enjeu pour lui. Moins de sentiments rentraient peut-être en jeu. Il avait toujours su que l'amour était une faiblesse et pourtant face à la jeune femme, il en était beaucoup moins convaincu.


Adonis Greengrass
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- J'ai toujours préféré l'hiver aux autres saisons, en réalité. Mais c'est parce que j'adore la neige, depuis que je suis enfant. La plus banale des campagnes est magnifiée sous un lourd manteau de neige, surtout lorsqu'elle est immaculée.

Rosaleen était née dans le comté de Tyne and Wear, pas très loin de Newcastle, dans le nord du pays. Il y faisait beaucoup plus froid que dans le Kent où se situait la résidence de ses grands-parents et elle avait des souvenirs d'hivers enneigés où il devenait presque impossible - pour sa petite taille d'enfant, évidemment - de marcher dans le parc du manoir. C'était des souvenirs un peu flous, de chutes dans la neige, d'épais lainages dans laquelle sa mère la couvrait et de thés brûlants devant la cheminée, les pieds tout prêts du foyer afin de se réchauffer. Elle avait conscience que se souvenirs d'enfance étaient magnifiés par la perte de ses parents et que si elle chérissait tant ces souvenirs, c'était par opposition avec le début de son adolescence. Si elle cherchait au fond d'elle-même, elle pouvait retrouver des angoisses de petite fille, des cris et des larmes, des absences de son père et du manque de son frère mais elle avait enfoui tout cela au fond de son coeur et se figurait la présence de ses parents comme l'époque dorée de son existence, le moment où les troubles étaient encore loin et où sa famille était encore présente, aimante et protectrice dans un monde qui n'était pas encore hostile à ses yeux.

- C'est une charmante visite spontanée, assura Rose avec un sourire tandis qu'Adonis s'excusait. Je peux vous promettre que ma grand-mère sera loin de s'en formaliser.

Elle serait bien trop obnubilée par le geste pour se formaliser de la forme. Rosaleen la voyait déjà s'agiter quant au fait qu'un parti potentiel, comme elle aimait bien appeler les jeunes hommes de bonnes familles, soit venu leur rendre visite. Sa grand-mère tenait même une liste des hommes qu'elle pourrait épouser et cette dernière état relativement longue, étant donné que sa grand-mère ne faisait aucun tri d'âge ou de caractère parmi les prétendants. En théorie, il aurait pu être alors facile qu'elle se marie avec une aussi longue liste. Dans les faits, son nom de famille repoussait les familles qui n'avaient pas assez bonne réputation pour supporter un tel poids ce qui réduisait les listes considérablement. De plus, ses grands-parents étaient très à cheval sur la noblesse de la famille en question et sur la pureté du sang de cette dernière. Rosaleen avait toujours été très passive dans la recherche d'un mariage savamment orchestré par ses grands-parents, elle subissait généralement leurs prétendants et dîners arrangés aussi réalisa-t-elle pour la première fois qu'Adonis Greengrass devait être relativement haut placé sur la liste de sa grand-mère, ce qui la mit assez mal à l'aise sans trouver pourquoi. Daria Rosier verrait sûrement ici une tentative de séduction alors que c'était juste une amabilité, Monsieur Greengrass était quelqu'un de charmant et bien élevé, et Rosie en était lassée d'avance. La conviction de Rosaleen fut néanmoins légèrement ébranlée lorsqu'Adonis la regarda dans les yeux en assurant que sa compagnie était bien plus plaisante que celle de sa grand-mère. Elle n'était pas très au fait de ces choses-là mais avait l'impression qu'un sous-entendu se cachait quelque part et elle ne savait pas comment y réagir, aussi se tut-elle, laissant un inconfortable silence s'installer dans le salon. La jeune femme fut sauvée de l'embarras par le retour de Mercy et elle retint un soupir de soulagement.

- Pose tout cela sur la table basse, s'il te plaît.

L'Elfe de Maison s'exécuta précautionneusement et Rosaleen tapota la théière en porcelaine - Mercy avait volontairement sorti l'un de leurs plus jolis services - afin de servir Adonis et elle-même. Leur Elfe avait également apporté un plateau de scones et Rosaleen hésita quelques instants à en prendre un, de peur que sa grand-mère descende et la surprenne. Elle détestait que ses petites-filles mangent des choses sucrées, de peur qu'elles grossissent, comme elle le répétait depuis des années. Mais après tout, elle ne risquait pas de descendre, elle était alitée... Oubliant volontairement les réprimandes sévères de sa grand-mère, Rosaleen saisit un petit gâteau et tasse de thé, heureuse qu'Adonis dissipe le léger malaise qu'elle avait cru ressentir.

- Ils reprennent dans quelques jours en effet, nous allons avoir des examens. Je dois avouer que ces derniers ne m'enthousiasment pas mais les cours reprendront après et c'est quelque chose qui me réjouit, en effet.

Elle n'avait pas vraiment eu l'esprit à préparer ses examens ces derniers temps et elle sentait l'angoisse sur sa poitrine telle une chape de plomb dès qu'elle y pensait un peu trop longuement. Si elle réussissait cette troisième année, elle décrocherait un premier diplôme et c'était déjà une grande victoire. Après tout, elle n'aurait jamais pensé faire de telles études quelques années auparavant. Elle avait pensé arrêter à la fin de cette année pour se consacrer à son mariage avec Théo mais puisque les choses avaient lamentablement échouées... Elle n'avait pas encore parlé de ce fait avec ses grands-parents mais elle pressentait une discussion houleuse qu'elle n'avait pas envie de débuter pour le moment. Elle s'apprêtait à acquiescer les louanges d'Adonis sur l'Académie Lycaon - elle était très honorée d'appartenir à une telle école - mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps, visiblement emporté par sa verve. Et il ne se contenta pas de vanter les louanges de Lycaon mais également d'elle-même, ce qui laissa Rosaleen sans voix. On ne lui parlait jamais comme cela. Personne ne lui avait jamais dit cela aussi directement, en tout cas. Rosissante, Rosaleen posa un regard éperdu sur Adonis, incapable de savoir quoi répondre. Comment cela se faisait-il qu'elle se retrouve ainsi sans voix à chaque fois devant cet homme ? Il la prenait encore de court.

- Je...

Rosaleen but une gorgée de thé afin de se donner quelques secondes de répit. L'étiquette ne stipulait pas comme réagir dans une telle situation. Elle reposa lentement sa tasse, cherchant encore comment formuler ses pensées.

- Je ne suis pas... Mensonge. Et Rosaleen appréciait suffisamment Adonis pour faire preuve d'honnêteté face à lui. Les gens sont rarement aussi directs, j'ai été quelque peu surprise, je dois l'avouer. Mais je suis flattée ! s'empressa-t-elle d'ajouter. C'est très aimable de votre part, assura Rosie, un sourire sincère aux lèvres, les yeux baissés sur ta tasse, un peu gênée et les pommettes encore roses.

Elle se pencha pour saisir de nouveau un scone, laissant ses longs cheveux dissimuler quelques instants son visage, le temps de composer à nouveau sereinement.

- Vous deviez être un excellent ami pour mon frère, souffla-t-elle en relevant les yeux pour regarder Adonis, souriant avec douceur.


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Adonis GreengrassSous-directeur de Poudlardavatar
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Adonis esquissa un sourire amusé alors que Rosaleen laissa parler son amour pour la neige. C'était souvent un amour puéril que l'on accordait volontiers aux enfants parce qu'ils aimaient faire des bonhommes de neige ou des batailles. Mais lui aussi aimait la neige et le froid. Il aimait l'hiver et ses arbres sans feuilles qui rappelaient bien souvent la mort de toute vie l'hibernation et toutes ces choses. Il n'aimait pas le printemps et la mièvrerie qui en ressortait, il n'aimait pas l'été et ses grosses chaleurs, il n'aimait pas l'automne et son temps incertain.

"L'hiver est également l'une de mes saisons favorites. J'aime la douce tranquillité que cette saison semble apporter. Et la neige est en effet un point à ne pas négliger."

Son sourire s'agrandit et la conversation continua. Il aimait écouter la jeune femme parler, elle avait une voix douce et claire. Il prit un scone et écouta attentivement les réponses qu'elle apportait à ses questions avant qu'il ne s'emporte. Sans trop savoir pourquoi il avait de telles choses. En réalité, il ne regrettait rien. Surtout lorsqu'il vit les joues de Rosaleen prendre une jolie teinte rosée, lorsqu'il rencontra son regard troublé et sa gêne. Elle se cacha derrière ses cheveux et il eut envie de se rapprocher d'elle, de lui soulever le menton et de l'obliger à le regarder dans les yeux. Elle était belle et brillante, elle ne devait pas en avoir honte, elle ne devait pas baisser le regard, elle devait savoir quel ascendant, elle avait sur lui. Son regard se troubla légèrement à ces dernières paroles.

"A la vérité, c'est plutôt lui qui fut un merveilleux ami pour moi."

Il se sentait étrangement serein face au sourire de Rosaleen. Peut-être était-il temps d'avouer ses sentiments une bonne fois pour toute ? Il s'était déjà que trop retenu. Si il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais. Il le savait, le courage lui manquerait toujours. C'était à lui de prendre les devant. A lui de tout faire pour que ses rêves et ses ambitions se réalisent enfin. Il inspira profondément et se leva pour venir s'asseoir à côté de la jeune femme. Tout d'abord hésitant, il se saisit de sa main et la garda précieusement dans la sienne avant de plonger son regard brillant dans le sien.

"Rosaleen... je dois vous parler de quelque chose, il marqua une légère pause afin de s'assurer qu'il avait toute l'attention de son hôte. Je cache mes sentiments depuis trop longtemps maintenant pour que cela reste encore supportable. Ma visite n'était pas dénué d'intérêt. Evidemment l'état de votre grand-mère me préoccupe grandement mais la première raison de ma visite était mon envie de vous revoir. Depuis que j'ai croisé votre regard, je ne rêve que de vous. Vous hantez mes pensées. Je sais que cela paraît peut-être insensé. J'ai essayé de me raisonner, de réprimer ce que je ressentais. Par respect pour vous puis plus tard par respect pour votre fiancé. Mais rien n'a été plus doux à mes oreilles que l'annonce de la rupture de vos fiançailles. Et je m'en excuse croyez moi. Je ne souhaite nullement votre malheur, au contraire. Je vous souhaite le meilleur. Rien ne semble trop beau pour vous et pourtant toutes ces choses font bien pâle figure à vos côtés."

Il marqua une nouvelle pause. Il se sentait un peu idiot, lui qui ne s'était jamais autant épanché commençait sérieusement à regretter ses paroles. Mais il ne pouvait décemment pas s'arrêter ainsi. Il profita du silence de la jeune femme pour se rapprocher légèrement d'elle. Il posa sa main libre sur sa joue qu'il caressa tendrement avant de rompre la distance qui les séparait encore pour venir poser délicatement ses lèvres sur celles de Rosaleen en une chaste étreinte. Il se recula légèrement sans remord aucun pour son geste.

"Je ne m'excuserais pas pour ceci car je n'ai aucun regret. Rosaleen... je vous aime."


Adonis Greengrass
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Penser à son frère fit naître un sourire tendre et nostalgique sur les lèvres de Rosaleen. Regulus avait toujours eu une place particulière dans son cœur, il avait été ce grand-frère à la fois taquin et protecteur, la personne dont Rose avait été la plus proche dans son enfance. Encore maintenant, elle nourrissait une grande tendresse à l'égard de son frère et lui manquait souvent. Elle avait l'impression que sa présence aurait pu changer beaucoup de choses dans sa vie, peut-être même plus que la présence de ses parents. Il lui arrivait d'imaginer ce qu'aurait pu être la vie avec lui à ses cotés, avec lui à la tête des enfants Lestrange comme autrefois. Il aurait pu s'opposer à leurs grands-parents quand ceux-ci dépassent les limites, il aurait pu amadouer Reyna, être adorable pour Reda, être presque comme un père pour Oreste. Et il aurait été là pour elle. Elle imaginait son grand-frère comme une protection, quelqu'un derrière qui se reposer, quelqu'un pour la protéger dans un monde si brutal où elle se sentait si fragile et à la merci de tout le monde. Rose idéalisait une famille perdue qui aurait tout changé dans sa vie,  une vie rêvée où elle n'aurait pas eu tant de poids sur les épaules, une vie où les choses auraient été plus faciles, une vie plus simple, plus tranquille, une vie où elle ne se sentirait pas autant en danger et en déséquilibre dans une société hostile. Et son frère était la représentation idéale de ce paradis, de cette volonté de petite fille d'être désespérément protégée alors qu'elle avait été abandonnée si tôt à la cruauté des choses.  

Mais à quoi bon ? songea-t-elle en détournant le regard pour le poser sur le jardin enneigé, qui se distinguait quelque peu à travers la vitre givrée. Ses parents étaient morts, Regulus aussi et cela depuis bientôt dix ans. Elle s'était retrouvée presque orpheline à onze ans et rien ne changerait cela, peu importe le tournant que prendrait sa vie. Il était vain d'essayer de se projeter dans une représentation différente des choses puis que rien ne changerait et il lui faudrait composer avec ce qu'elle avait. Son petit frère et ses sœurs devaient faire la même chose ainsi que le reste du monde. Peut-être même qu'Adonis Greengrass aurait été différent si Regulus et lui avaient pu continuer leur amitié. Pas pire ou meilleur, non, juste... différent. Tout comme elle l'aurait sûrement été et comme le monde l'aurait été. Regulus n'était certes qu'un jeune garçon de quatorze ans au moment de son décès, mais il aurait influé sur ses camarades d'une certaine manière, sur ses enseignants, il aurait eu un métier, aurait changé des choses, aurait eu une fiancée, des enfants qui à leur tout aurait influé sur le monde. Mais ce n'était pas le cas. Et il fallait composer avec. Et à défaut de voir le premier né de ses parents continuer son œuvre, Rosaleen portait sur ses épaules le poids des espérances et attentes déçues de sa famille et devait avancer avec pour laisser leur trace à tous sur le monde.

Elle fut sortie de ses sombres pensées par un mouvement d'Adonis et elle détourna ses yeux verts de la fenêtre à temps pour le voir s'assoir à coté d'elle sur le canapé, faisant ainsi naître chez elle une grande surprise qu'elle s'efforça de dissimuler par politesse et retenue. Pourquoi avait-il ainsi ressenti le besoin de bouger ? C'était inhabituel et en dehors de l'étiquette aussi était-elle perturbée. Sa surprise ne fit que s'accentuer lorsqu'Adonis saisit sa main et elle baissa les yeux sur ses genoux et leurs mains nouées. Elle n'avait pas anticipé ce contact et des dizaines de questions tournaient dans sa tête tandis qu'elle relevait le visage vers Monsieur Greengrass, qui semblait visiblement nerveux. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée dans une telle situation, on l'avait quand même demandée en mariage et elle doutait que ce soit cela, Adonis et elle ne se fréquentaient même pas vraiment et ne se parlaient que depuis quelques mois. Mais elle garda le silence, sentant que si elle coupait son interlocuteur, celui-ci ne finirait jamais ce qu'il avait voulu dire. Elle laissa également sa main dans la sienne, se refusant à toute décision brusque sans qu'elle n'ait les aboutissants de l'histoire.

Est-ce qu'elle aurait pu le voir venir ? Oh, sûrement, si elle s'était montrée plus attentive. Mais Rosaleen avait été plongée dans un tourbillon ces derniers mois et elle n'avait pas vraiment fait attention. Peut-être qu'elle aurait pu distinguer quelque chose dans la manière qu'avait Adonis de la regarder, dans les louanges qu'il chantait à son propos mais elle n'avait rien vu et se retrouvait désormais face aux sentiments d'Adonis sans s'y être préparée. Depuis quand cultivait-t-il une telle chose à son égard ? Ils se croisaient sûrement depuis des années dans les réceptions de la bonne société, entretenait-il vraiment des pensées pour elle depuis des années ? Sans qu'elle ne le sache ? Et sans qu'elle n'en fasse rien ? Avait-il vraiment guetté dans l'ombre les ruptures successives de ses fiançailles sans rien dire ? Rosie était déboussolée face à cette myriade d'informations, ne sachant que dire ou comment réagir, peinant encore à distinguer l'ampleur des propos d'Adonis. Elle baissa les yeux, ouvrant la bouche pour dire quelque chose mais peina à trouver ses mots et se retrouva sans voix. Comment était-on censé réagir dans ce genre de situations ? Surtout qu'elle était trop surprise et abasourdie pour réfléchir de manière sensée et cohérente.

Un silence uniquement troublé par les crépitements du bois dans la cheminée s'était installé dans le salon et ce fut le contact de la main d'Adonis sur sa joue qui dit redresser la tête à Rosaleen, posant sur lui un regard indescriptible. Les doigts de ce dernier effleurèrent sa pomette et elle se retrouva étonnamment incapable de le repousser, sûrement encore trop surprise par ce qui venait de se passer. Enfin, il était aisé de se cacher derrière la stupéfaction : si elle avait voulu le repousser, elle aurait été en parfaite capacité de le faire. Pourquoi ne le faisait-elle pas alors ? Elle ne le savait pas. Peut-être parce qu'elle appréciait, qu'elle appréciait sa présence, peut-être aussi parce qu'on ne pouvait qu'être flattée par le discours qu'il venait de lui tenir. Peut-être même un mélange des trois. Elle avait embrassé Jeremy sans presque hésiter voilà plus d'un mois, parce qu'elle le voulait, mais elle avait l'impression que cette fois-ci c'était plus que différent. Ce qui s'était passé avec Jeremy avait été éphémère, c'était un badinage. Mais elle avait l'intime conviction que peu importe ce qui se passerait dans les instants qui allait suivre, ce serait sérieux et porterait à conséquences. Elle vit Adonis se pencher doucement vers elle et ferma les yeux au moment où il l'embrassa, incapable de déterminer ce qu'elle pensait de cette étreinte et de ce contact.

- Je... quand Adonis finit par avouer qu'il l'aimait.

Il l'aimait ? Ainsi, il était amoureux d'elle ? Il l'aimait d'amour ? Elle qui avait toujours eu cette vision utopique et grandiloquente de l'amour, bercée par des romans romantiques et des récits mythiques du grand amour alors qu'elle ne l'avait jamais vraiment connu, venait de recevoir une déclaration et ne savait qu'en faire. Elle baissa de nouveau les yeux, passa une main sur son visage, cherchant de nouveau une cohérence. Le premier réflexe qu'elle retrouva fut celui de son éducation stricte et elle retira immédiatement sa main de celle d'Adonis avant de se lever et de faire quelques pas dans la pièce, cherchant soudainement son air.

- C'est indécent, si mon grand-père rentre et qu'il...

Elle ne finit pas sa phrase, trop perturbée, trop chamboulée, le cœur battant, les joues roses et les mains tremblantes. Elle dissimula ces dernières dans les replis de sa robe verte et posa de nouveau son regard sur Adonis.

- Je...

Il l'avait embrassée. Elle commençait à le réaliser réellement.

- Je ne sais pas quoi dire ou... Ou quoi faire et...

Et elle était visiblement perdue, presque éperdue, incapable de savoir comment réagir, partagée entre la panique à l'idée que ses grands-parents le découvre, la surprise et le plaisir de recevoir de tels mots, comme une sorte de baume au cœur. Elle posait désormais un regard tout nouveau sur Adonis, éclairée par ce qu'elle venait d'apprendre et ne savait comment réagir ou se comporter. Attendait-il qu'elle lui déclare sa flamme en retour ? Mais si elle l'appréciait incontestablement, elle n'était pas amoureuse de lui et elle ne voulait pas lui mentir mais elle ne voulait pas non plus le blesser et puis elle-même ne savait pas ce qu'elle voulait.

- Je... Que souhaitez-vous ?, souffla-t-elle finalement avec douceur.

Elle avait besoin de tout comprendre et de tout savoir pour éclairer son jugement et ses propres désirs.


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Il ne savait vraiment pas à quoi il s'était attendu. Mais pas à ça, très clairement. Pas à voir la jeune femme s'éloigner de lui comme si il l'avait brûlé, pas à lui balancer son indécence à la figure et à évoquer son grand-père. Sérieusement ? Son grand-père ? Il baissa la tête, légèrement honteux de s'être laissé emporté. Pourquoi avait-il fallu qu'il dise tout ça ? Qu'avait-il cru que ces sentiments pouvaient être partagé ? Il avait fumé quoi ? Il n'était très clairement pas le type de Rosaleen, elle devait sans doute préférer les homos. Deux fois fois fiancée, deux fois avec des gays. Il y avait de quoi se poser des questions. Il se gifla mentalement avant de reposer son regard sur la jeune femme. Elle semblait perdue. Vraiment perdue. Il se leva et s'approcha lentement d'elle pour se retrouver face à elle. Il plongea son regard dans le sien et réfléchit un instant à sa question avant d'attraper sa main dans la sienne.

"Je ne veux rien que votre bonheur Rosaleen. Mais dans un premier temps peut-être pourrions nous apprendre à nous connaître ? Vraiment je veux dire. Peut-être pourriez vous commencer par m'appeler Adonis. ce serait un bon début je pense."

Il esquissa un léger sourire qui se voulut rassurant. Faire comme si son hésitation, son presque rejet ne l'avait pas blessé. Continuer de sourire et surtout ne pas la toucher. Retenir sa main qui voulait absolument rejoindre sa joue. Retenir son envie de l'embrasser à nouveau.

"Enfin, si vous le souhaitez. Je ne voudrais pas m'imposer. Et si vous me trouvez grossier ou discourtois, je ne vais pas vous importuner plus longtemps. J'ai était incorrect et indécent, vous l'avez dit vous même. Je doute être le genre de personne que vous souhaitiez fréquenter."

Il se sentait réellement idiot et ne voyait pas comment réparer son erreur. Il n'aimait pas la sensation qu'il ressentait. Rosaleen ne partagerait sans doute jamais ses sentiments et cela... l'attristait. Voilà, c'était cela, il était triste et jaloux par avance de l'homme qui l'épouserait. Et maintenant qu'elle connaissait les sentiments qu'il entretenait pour elle, il ne se sentait pas mieux. Au contraire, il se sentait mal parce qu'elle n'oserait plus se comporter naturellement avec lui. Elle commencerait sans doute à prendre des pincettes avec lui, chose qu'il ne désirait pas.

"Mais je vous en pris. Faites comme si je ne vous avez rien dit. Je ne voudrais pas que mon inclination à votre égard, dégrade quoique ce soit entre nous. Je ne veux pas que vous vous sentiez gênée en ma présence. Je saurais me tenir, je vous le promets."

Et il se recula légèrement pour montrer qu'il tiendrait parole. Il saurait garder ses distances et une attitude digne malgré tout. Après tout, il était un Greengrass, il ne se laisserait pas abattre comme cela.


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Elle l'avait vexé, elle l'avait clairement vexé : Rosaleen pouvait le lire sur le visage d'Adonis. Mais qu'était-elle censée dire ? Si Monsieur Greengrass disait la vérité en affirmant qu'il était amoureux d'elle depuis des années, ce n'était pas le cas de Rose qui n'avait vraiment commencé à lui parler que quelques mois auparavant et ce, par épisodes relativement succincts. Alors certes, elle l'appréciait et appréciait sa compagnie mais comment aurait-elle pu tomber amoureuse alors qu'ils ne se fréquentaient même pas régulièrement et qu'elle avait quand même été fiancée dans l'interstice où ils avaient commencé à discuter ? Elle était attristée de le contrarier mais elle ignorait ce qu'elle aurait pu faire d'autre. Elle avait été bien trop surprise par cette déclaration et n'avait pas réfléchi avant d'agir, il est vrai. Mais le silence aurait été tout aussi blessant, non ? L'éducation très complète qu'elle avait pourtant reçue ne stipulait pas comment répondre à une déclaration d'amour enflammée.

Surtout que ce n'était pas comme une lettre d'amour qui lui aurait permis de réfléchir avant de donner sa réponse et pas d'agir dans l'urgence et la panique comme elle venait de le faire. Rose savait que si elle avait eut le temps de penser, les choses auraient été toutes autres mais là, elle devait agir dans l'instant présent. Elle observa Adonis se lever lentement et se placer face à elle, saisissant de nouveau sa main. Elle leva les yeux vers lui, incapable de dire quoi que ce soit de sensé et donc dans l'attente qu'il prenne lui-même la parole. Une partie de son esprit était tiraillée par le fait que son grand-père pourrait rentrer d'une seconde à l'autre et les surprendre et l'envie d'écouter ce qu'Adonis avait à dire. Aussi laissa-t-elle sa main dans la sienne : le contact n'était pas désagréable.

Elle avait l'étrange impression de se perdre ces derniers temps, elle ne reconnaissait plus vraiment certaines de ses actions et décisions : ce qui s'était passé avec Jeremy en était le parfait exemple. Elle n'aurait jamais osé outrepasser cette limite l'année dernière et voilà qu'elle l'avait fait avec plaisir. Le pire était sûrement qu'elle ne le regrettait pas et le referait encore si on lui permettait de revenir dans le temps, à cet instant précis au Circée. Ce n'était pourtant pas son genre, elle qui n'agissait qu'avec mesure et retenue, guidée sans cesse par ce qu'elle avait appris et le pouvoir qu'exerçaient ses grands-parents sur elle. Était-ce l'échec de ses ambitions - ou plutôt des ambitions données par ses grands-parents - qui la faisaient prendre un peu de recul et de distance par rapport à la place qu'elle leur donnait dans la vie ? Trois fiançailles et trois échecs. Plus le temps passait, plus elle avait l'impression de s'éloigner de ce but qu'on lui avait assigné, de cette tâche qui semblait presque impossible au regard de ce qui se passait à chaque fois. Il était difficile de garder un optimisme plein et entier lorsque toutes vos tentatives se soldaient par un échec.

Peut-être que la méthode était mauvaise, qu'elle n'était plus adaptée, dépassée. Peut-être qu'il était temps de faire les choses à sa manière plutôt que de les abandonner au contrôle de ses grands-parents qui se révélaient finalement peu aptes à cette tâche. Elle s'était longtemps blâmée pour ses échecs, elle avait assimilé chaque reproche qu'on avait pu lui faire et même ceux que l'on ne lui faisaient pas. Après tout, c'était forcément de sa faute, non ? Si Arthur l'avait abandonnée alors qu'ils avaient tous les deux convenu de se marier, c'était sûrement parce qu'elle n'avait pas été assez bien pour le retenir, n'est-ce pas ? Pareil pour Théo et elle n'avait sûrement pas assez bien manœuvré pour le persuader que les fiançailles puis un mariage était la seule solution raisonnable. Bien plus raisonnable que ce qu'il avait décidé de faire au Nouvel An, dans tous les cas. Elle avait été à la fois le salut et le fardeau de ses grands-parents pendant des années, cette jolie petite-fille qui pourrait faire un bon mariage avec un bon parti mais qui avait à la fois des velléités d'émancipation qui ne pourraient que poser problème.

Rose n'aurait jamais le courage de s'opposer ouvertement à sa famille, à ses grands-parents, à son nom, son héritage, ce qu'elle estimait être sa promesse et son devoir, sa croix et sa bannière. Elle était ce que son frère Regulus avait été un temps, la revanche d'une famille sur un monde, une manière pour eux de remonter sur leur piédestal, leur pied-de-nez à la société. La méthode était sûrement plus que contestable mais l'idée et les faits étaient là et cela ferait bientôt dix ans que l'on avait éduqué Rosaleen dans cette idée. Mais aujourd'hui, pour la première fois, pour la première fois depuis des années, elle effleurait du bout des doigts une sorte de contestation, une véritable contestation, une rébellion toute relative mais une volonté certaine de faire quelque chose. De faire quelque chose de sa propre vie, d'orienter un peu son chemin, de retirer à ses grands-parents un peu de cette toute-puissance qu'ils avaient échoué à manier. Peut-être pourrait-elle mieux faire ? Peut-être y parviendrait-elle, seule, à cette œuvre vers laquelle on la prédestinait ?

Elle leva ses yeux clairs vers Adonis et scruta attentivement son visage. Apprendre à se connaître ? Comme... se fréquenter ? C'était le genre de choses qu'elle n'avait pas envisagé depuis longtemps, depuis Poudlard en réalité. Elle avait d'abord fréquenté Arthur par convenance et ensuite par arrangement, puis ensuite Matthew Connolly, son seul et unique petit-ami. Elle avait ensuite oublié cette notion, plongée dans le tourbillon matrimonial de ses grands-parents et elle avait presque envie d'en rire. Comment une jeune femme de vingt-ans pouvait-elle oublier qu'elle pouvait tout simplement fréquenter quelqu'un sans se projeter forcément dans l'avenir ? C'était ridicule. Elle appréciait Adonis, elle trouvait sa compagnie agréable et leurs discussions toujours intéressantes. Alors pourquoi pas, quand on y pensait bien ? Pourquoi se devait-elle forcément de faire selon la manière qui avait été dictée par elle ? Pourquoi ne pourrait-elle pas faire une chose pour elle ? S'amuser ? Sans le jugement de ses grands-parents, sans aucune pression, avec quelqu'un qui l'appréciait vraiment et qui était gentil et attentif à elle ? Mais elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit à ce sujet - elle réfléchissait, plongé dans un silence un peu inquiet - qu'Adonis s'éloignait déjà, visiblement blessé.

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire, je n'ai jamais voulu dire que vous étiez grossier, c'est juste que...

Mais Adonis ne lui laissa pas le temps de continuer sa justification et recula, s'éloignant d'elle tandis que Rose posait sur lui un regard désolé.

- Je n'ai jamais voulu vous vexer, assura-t-elle doucement.

Elle avait eut le temps de réfléchir un peu et surtout de prendre un peu de recul sur la situation.

- Si j'ai réagi brusquement, c'est parce que j'ai été surprise mais vous l'auriez été tout autant à ma place. Je n'ai jamais voulu vous traiter de goujaterie, c'est juste que si... Elle baissa légèrement la voix, comme si Elbert Rosier pouvait l'entendre de l'autre coté du pays. Vous connaissez mon grand-père, vous savez très bien qu'il n'aurait pas bien réagi s'il était entré à ce moment-là.

Son grand-père n'était pas un ancien Mangemort pour rien et il était loin d'être tolérant. Il aurait assassiné Adonis avant de l'enterrer sous les rosiers du jardin et aurait enfermé Rose dans sa chambre jusqu'à ses cinquante ans. Mais malgré cette explication, Rosaleen avait l'impression que cela ne serait pas suffisant pour Adonis et elle était encore guidée par cette envie de faire quelque chose qui pour une fois sortirait des limites, une chose sur laquelle elle pourrait avoir un contrôle en dehors de ses grands-parents. C'était peut-être déraisonnable, fou, peut-être même qu'Adonis la repousserait parce que ce n'était pas ce qu'il voulait - elle aurait été elle-même incapable de dire si c'était vraiment ce qu'elle voulait - mais elle en avait envie. Ce qui s'était passé avec Jeremy, se laisser aller pour une fois, ne s'était pas mal passé, non ? Il n'y avait pas de raisons que cela recommence. Elle avait l'impression d'être revenue à l'époque de ses dix-sept ans lorsqu'elle se promenait en douce dans le monde moldu avec Aisling.

- Et si, vous faites partie du genre de personnes que j'aimerais fréquenter, assura-t-elle en rosissant.

Dans quoi se lançait-elle ? Elle n'en n'avait pas la moindre idée, elle se lançait complètement à l'aveugle, le cœur battant d'appréhension et du plaisir de braver un interdit.

- Nous pourrions... sortir, de temps à autres. Se balader tous les deux. Apprendre à nous connaître, comme vous dites.

Elle joignit ses mains derrière son dos pour se donner une contenance et adressa un sourire en coin à Adonis, pour essayer de cacher sa nervosité. Sûrement une peine perdue.




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Il hocha légèrement la tête. Il comprenait ou du moins essayait de comprendre la réaction de la jeune femme. Elle avait été surprise et avait pris peur que son grand-père rentre au mauvais moment. Il y avait eu un risque c'était certain. Mais en toute humilité, il était certain de n'avoir rien à craindre du patriarche de la famille. Ancien Mangemort ou non. Il était plus jeune, plus rapide et il était plutôt doué en sortilèges. Mais il n'aurait pas aimé se retrouver dans cette situation, c'était certain. Il se contenta donc de sourire légèrement lorsque Rosaleen lui affirma qu'il faisait parti des personnes qu'elle aimerait fréquenter et cela lui mit un peu de baume au coeur. Il ne s'était pas attendu à une telle révélation de sa part. La nervosité de l'étudiante était attendrissante et il ne réussit pas à masquer son sourire soulagé.

"Oui ce serait une excellente idée."

Il y avait beaucoup d'endroit magnifique au Royaume uni et certains étaient même reconnus pour leurs animaux fantastiques. Certaines forêts regorgeaient de licornes ou d'espèces d'oiseaux en voie d'extinction. Peut-être Rosaleen aimerait-elle en voir ? Peut-être était-ce une idée de sortie. Il devait mettre tous ses atouts de son côté si il voulait réussir à toucher la jeune femme. Se montrer plus aimable avec la famille de la jeune femme. Y porter plus d'attention qu'il ne le faisait. Il esquissa un nouveau sourire plus confiant cette fois ci et s'approcha de Rosaleen à nouveau.

"Que diriez vous de me retrouver samedi après-midi devant le Circée ?"

Voilà, leur premier rendez-vous venait d'être donné à lui de jouer désormais. Il n'avait plus qu'à lui sortir le grand jeu tout en restant sincère dans ses sentiments. Ce qui étrangement, n'était pas très difficile à faire lorsqu'il était en présence de la jeune femme. Il prit sa main dans la sienne et réalisa un élégant baise-main avant de se reculer.

"Votre présence m'est agréable mais je vais devoir me retirer. Le temps passe incroyablement vite à vos côtés. Vous saluerez votre grand-mère pour moi en lui assurant que j'ai été désolé de ne pas avoir eu le temps de lui présenter moi même mes respects."

Il se dirigea vers le vestibule où l'elfe se précipita vers lui pour lui tendre sa cape. Il l'a saisit et remercia d'un mouvement de tête le petit être avant de reposer son regard sur Rosaleen un léger sourire aux lèvres.

"A samedi j'espère Rosaleen"

Puis sans un autre mot, il franchit la porte du manoir des Rosier et transplana. Cette entrevue lui donnait un espoir nouveau qu'il n'avait pas auparavant. A lui maintenant de se débrouiller pour ne pas tout gâcher.

Fin du Rp


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Mes meilleurs voeux de prompt rétablissement [Rosaleen & Adonis]

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