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 La fin du combat [Kathrina, Hayden & Ahren]

Ahren KellerTroisième annéeavatar
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6 janvier 2008

Ahren était installé en face de Zoé pour le déjeuner, il avait tenu compagnie à la jeune fille durant les vacances, elle avait visiblement eu beaucoup de mal à accepter l'idée que ses parents veuillent lui faire voir un psychomage. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi les paternels de son amie faisaient cette démarche puisque pour lui, la fillette n'en avait clairement pas besoin, elle était tout à fait saine d'esprit. Bien plus que son frère Ulrich en tout cas, ou peut-être même que lui-même. Elle avait eu un équilibre familial contrairement à lui et pourtant cela ne semblait pas suffire. Il s'était donc montré conciliant et avait soutenu la jeune fille du mieux qu'il avait pu. Il releva la tête et fronça légèrement les sourcils lorsqu'il vit du mouvement à la table des professeurs. Il croisa le regard du concierge posé sur lui, il soutint un instant l'échange avant que Silverster ne tourne la tête pour murmurer quelque chose à l'oreille de la directrice. Il vit cette dernière se lever et suivre le concierge à l'extérieur.

Le Serdaigle reprit son repas comme si de rien n'était. Il n'avait pas reparlé à sa jumelle depuis leur dispute, il n'était pas rentré au manoir pour Noël, lui avait juste envoyé son cadeau par hibou et avait réveillonné avec les élèves présents. Il avait apprécié l'ambiance bonne enfant mais s'était tout de même senti légèrement de trop. Il n'avait pas l'habitude d'une telle joie en cette période, au manoir, Noël était plutôt maussade, leur mère descendait pour les cadeaux, mangeait avec eux et remontait presque tout de suite après, il n'y avait pas de réjouissance à proprement parler. Et l'ombre d'Ulrich planait toujours sur eux, rien qui ne fasse plaisir à Ahren donc.

Il redressa la tête au moment où le silence se fit dans la salle, le professeur Adamson était de retour et se dirigeait vers la table des Poufsouffle et se pencha à l'oreille de Kathrina, il observa du coin de l'oeil sa jumelle se lever et suivre leur directrice, cette dernière se dirigea ensuite dans sa direction. Il se figea légèrement, fixant sa soeur de son regard clair. Pour lui, il n'y avait qu'une raison pour que la directrice vienne les voir ainsi, il y avait un soucis avec Ulrich ou dans leur famille. Leur mère avait peut-être fini par mourir après toutes ses années à se traîner comme une loque dans tout le manoir. Une légère inquiétude le prit néanmoins alors que Margot Adamson s'arrêtait près de lui et lui demandait le suivre. Il resta silencieux tout le long du voyage jusqu'au bureau de la directrice, jetant tout de même de temps en temps un regard en coin à Kathrina.

Lorsqu'il pénétra dans la pièce, un homme les attendait déjà. Ahren le détailla des pieds à la tête avant de prendre un petit air supérieur. Quoique lui dirait l'homme, il ne laisserait passer aucune émotion, pas de joie, ni de chagrin, aucun regret, rien du tout. Il ne parlerait pas non plus, il avait beau ne pas aimer son frère, il ne le dénoncerait pas non plus aux autorités. Il était un Keller avant tout et rien ne pourrait le faire flancher. Il tourna alors la tête vers sa soeur et d'un regard lui intima le silence, personne ne parlerait, ils attendraient bien sagement que l'homme prenne la parole. Il ne savait pas ce qu'il apprendrait dans ce bureau mais il se promettait de ne pas montrer ses émotions.

"Je peux savoir pourquoi vous nous avez convoqué ici ?"


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Kathrina KellerQuatrième annéeavatar
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Si certains élèves préféraient reculer le jour de la rentrée scolaire le plus possible, Kathrina faisait partie des rares personnes à l’attendre avec une impatience presque angoissante. Elle avait passé un très mauvais début de vacances. Ahren, avec qui elle commençait à perdre espoir de se réconcilier un jour, était resté à Poudlard, et Kathrina avait assez mal pris le geste. Refuser de passer un moment aussi symbolique que les fêtes de fin d’année avec ses proches, même en faisant semblant, c’était un peu comme s’il la reniait, elle et leur famille. Et, pour couronner le tout, Ulrich ne lui disait plus rien ces derniers temps, soit parce qu’il préparait quelque chose d’important, soit parce qu’il avait des ennuis, et elle n’était enchantée à aucune des propositions. Bref, Kathrina ne s’était jamais sentie aussi seule. Elle aurait pu déprimer pendant deux semaines de suite si une invitation de Gillian pour les fêtes n’était pas arrivée comme une bénédiction,  à croire qu’elle savait parfaitement qu’elle se sentait mal.

Passer les fêtes avec sa meilleure amie lui avait remonté le moral, c’était indéniable, mais en même temps, elle n’avait pu s’empêcher de ressentir un pincement au cœur en rencontrant les Forest-Whitaker, comme si cela lui avait fait  prendre conscience du gouffre qu’il existait entre sa propre famille et la définition d’une famille normale. C’était simple, elle n’avait jamais vécu de Noël comme celui-ci. Le plus difficile avait été de rencontrer la mère de Gillian. Oh, adorable. Mais une personnalité et un accueil si chaleureux ne pouvaient que contraster avec la froideur de sa propre mère, si tant est qu’elle avait un quelconque rôle de mère pour elle qui n’avait toujours compté que sur ses frères… Kathrina avait l’impression de devenir folle. Oui, elle commençait sérieusement à envisager de parler à quelqu’un, et la seule personne en qui elle avait suffisamment confiance était Gillian. Cela faisait quelques jours qu’elle se disait que non seulement, elle avait besoin de vider son sac, même juste un peu, mais aussi que Gil méritait de savoir, pas forcément tout mais une partie du problème, ne serait-ce que pour avoir supporté ses sautes d’humeur pendant ces vacances sans rien dire.

Elle fut donc plutôt soulagée de retrouver les murs de Poudlard, mais pas heureuse pour autant. Sa fourchette piquait mollement un morceau d’omelette qu’elle n’arrivait décidément pas à engloutir, quand la voix de leur directrice, qu’elle n’avait pas vue arriver, la surprit. Elle se leva sans trop comprendre ce qui lui arrivait, échangea un bref regard avec Gillian à sa table, comme pour lui dire qu’elle n’en savait pas plus qu’elle.

Le fait qu’ils fassent un détour vers la table des Serdaigle pour aller chercher son frère fut ce qui mit la puce à l’oreille de Kathrina. Si cela les concernait tous les deux, alors il s’agissait forcément de leur famille. Et pour que ça soit la directrice qui vienne les chercher… Non, Kathrina refusait de penser à quoi que ce soit de grave. Elle se mordit la lèvre très fort pendant tout le chemin jusqu’au bureau, priant pour ne pas paniquer quoi qu’on lui dise, car elle était en ce moment plus qu’à fleur de peau. 

Un homme les attendait visiblement depuis un moment au bureau de la directrice, un homme que Kathrina n’avait jamais vu mais qui ne lui disait rien qui vaille. Elle capta le regard d’Ahren au moment où ils pénétrèrent dans la pièce, et comprit à son intensité ce qu’il souhaitait lui dire. Pas un mot. Elle prit une inspiration profonde, mais discrète. C’était une chose évidente pour elle, de ne rien dire, mais savoir que cette fois, Ahren était de son côté et la soutiendrait était un poids plus considérable qu’elle ne l’imaginait en moins sur ses épaules.


Elle se contenta donc d’approuver d’un signe de tête les paroles d’Ahren sans lâcher l’inconnu du regard, désireuse d’avoir quelques explications.


Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Depuis plusieurs heures, c’était l’effervescence au Bureau des Aurors. Il y avait eu des témoins à interroger, des dépositions à écouter, des dossiers à étudier, des dates à vérifier, des éléments à identifier, un puzzle à constituer, une affaire à élucider. La surprise avait été de taille, lorsque le nom du meurtrier qu’ils recherchaient depuis plusieurs mois avait été donné. La surprise avait été de taille, lorsqu’ils avaient appris qu’il était non-seulement stagiaire au ministère, mais aussi Aspirant pour devenir Auror. La surprise avait été de taille, lorsque le nom d’Ulrich Keller avait été prononcé. Ulrich Keller, avait immédiatement songé Hayden, en le revoyant se promener entre les bureaux, l’air de rien, un sourire lisse aux lèvres. Un parfait gentleman, avait-il entendu un jour, de la bouche de la secrétaire, Donna, dont on connaissait les pensées envers les Aspirants. Or, gentleman, ce n’était pas le premier mot qui venait à l’esprit d’Hayden lorsqu’il pensait au jeune Keller. A vrai dire, celui qu’il avait tout de suite en tête était « fade » ou encore « lisse ». Et c’était louche. On ne devenait pas Auror en étant fade, ni en étant lisse, ni même en étant un gentleman. Ces gens-là choisissaient d’avantage des métiers où leur principale activité constituait à classer ou à remplir des papiers et à être payer une fortune pour ça. Mais ils ne devenaient pas Aurors. Pas alors qu’il fallait se salir les mains, sur le terrain.

Mais Ulrich Keller était devenu Aspirant. Il était passé devant le jury d’admissions et s’était visiblement montré convainquant. Qu’on apprenne quelques mois plus tard qu’il était ce fameux « Vengeur Masqué » que le BDA recherchait tant avait été un véritable coup. Lorsque les choses s’étaient un peu calmées au Ministère, après une nuit entière passée au bureau à mettre un nom sur chaque crime commit par Keller, il avait fallu s’intéresser aux autres perspectives que cette découverte apportait. Il fallait, notamment, prévenir la famille du meurtrier. La mère était dans état déplorable, avait rapporté des Aurors, la laissait annoncer la mort de son fils aux deux cadets n’était peut-être pas une bonne idée. Etrangement, c’était lui qu’on avait désigné pour cette tâche. « T’as des enfants, tu sais comment on doit parler aux gosses » lui avait lancé un de ses collègues, phrase à laquelle il avait répondu par un vague hochement de tête. Ce n’était pas comme s’il annonçait tout les jours à ses enfants que leur frère était un meurtrier.

Cela dit, il s’était acquitté à la tâche, et avait prévenu la directrice de Poudlard – qu’on avait bien évidemment tenue au courant – de son arrivée imminente au château. Et, après un passage chez lui pour prendre une douche et changer de vêtements – il était trop tôt pour partir pour Poudlard sur le moment, les élèves devaient encore être en train de dormir – il avait fini par transplaner en direction de l’Ecosse. Il s’était retrouvé en face de l’imposante grille de Poudlard, et avait prévenu le concierge par un Patronus de sa présence. Ce dernier n’avait pas tardé à le rejoindre, l’avait fait entrer, et l’avait accompagné jusqu’au bureau de la directrice, dans lequel on lui avait demandé d’attendre, le temps que Margot Adamson descende chercher les jumeaux. Debout dans la pièce, seul, Hayden cherchait les mots pour annoncer aux deux jeunes élèves la nouvelle. Ce n’était pas un meurtrier qu’ils perdaient, mais bien un frère, un membre de leur famille – encore.

Il se passa encore quelques minutes avant que la porte ne s’ouvre sur les deux enfants. Notant immédiatement l’air supérieur du frère, et sa question directe, ainsi que le silence de la sœur, Hayden resta silencieux encore quelques secondes, avant de s’avancer légèrement vers eux.

« Asseyez-vous. » conseilla-t-il aux jumeaux, et désignant du menton les deux sièges qui avaient été mis à disposition pour eux, avant de prendre place lui-même sur une chaise en face. « Kathrina, Ahren, je suis l’Auror McNeil. »

Il dévisagea les deux enfants, et songea fugacement, qu’un jour, ce serait peut-être ses propres enfants qu’un collègue aurait en face de lui, pour leur annoncer l’emprisonnement de leur père, et la trahison qu’il avait commise en s’alliant aux Mardoliens. Il chassa rapidement cette idée de son esprit, et préféra se concentrer sur l’annonce qu’il avait à faire.

« Votre frère, Ulrich, est mort dans la nuit du cinq au six janvier. Toutes mes condoléances. » déclara-t-il du ton le plus doux dont il était capable de faire preuve.

Il y avait-il vraiment une bonne manière de dire ça ? Une bonne manière d’annoncer un décès d’un proche, d’un frère ? Hayden ne connaissait pas les liens qui unissaient la famille Keller, mais Ulrich restait le frère d’Ahren et Kathrina, meurtrier ou non.

« Cependant, votre frère s’est également révélé être l’homme qui se cachait derrière le « vengeur masqué » que le bureau des Aurors recherchait. » expliqua-t-il, guettant avec attention les réactions des jumeaux. « Je sais pertinemment que le moment est mal choisi pour vous interroger sur quoique ce soit, mais nous avons besoin de collecter ces renseignements. » il marqua une pause. « Que saviez-vous au sujet des agissements de votre aîné ? » demanda-t-il finalement, avec de rajouter : « Je tiens à vous préciser que vous ne pouvez en rien être considérés comme complices ou comme responsables des actes d’Ulrich, quoique vous disiez. Vous avez tout à gagner à vous confier. » lâcha-t-il en observant les deux enfants en face de lui.

Ils seraient peut-être coopératifs.


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Ahren KellerTroisième annéeavatar
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Ahren continuait de toiser l'homme du regard. Il était hors de question qu'il lui montre la moindre émotion. Il était celui qui devait assurer, il était l'aîné et le garçon, c'était à lui d'être fort et de protéger Kathrina. Il jeta un léger regard à sa soeur alors que l'homme les invitait ou plutôt leur ordonnait de s'asseoir. Il fut tenter par provocation de rester debout mais il n'était pas seul, il y avait sa jumelle. Il n'avait pas envie de l'éprouver plus qu'elle ne devait déjà l'être, il s'installa donc sur l'une des chaises mises à leur disposition sans quitter l'homme du regard. Un Auror, il venait de se présenter. L'Auror McNeil. Allons bon et que leur voulait-il cet Auror ? Il s'en doutait légèrement désormais, cela devait concerner soit Alexander soit Ulrich. Un Auror ne se serait sans doute pas déplacé si cela avait été pour leur mère. Son regard alternait entre sa sœur et l'Auror. Il était tendu attendant les futures paroles. Son coeur s'arrêta de battre un instant et il se saisit de la main de Kathrina par automatisme sans la regarder. Soutenant le regard de McNeil. Il s'était promis de ne montrer aucune émotion, ça ne l'empêchait pas de soutenir sa sœur. De lui apporter son soutien par cet échange silencieux.

Ahren lui même n'essaya pas de démêler les différents sentiments qu'il ressentait, il ferait ça plus tard dans la solitude. Sûrement pas devant cet Auror impersonnel qui leur balançait du "toutes mes condoléances" comme si il pensait ce qu'il disait comment pouvait-il le penser alors qu'il reprenait la parole pour leur annoncer ce qu'ils savaient déjà. Ulrich était le Vengeur Masqué. Le mystère résidait dans le fait de savoir si Kath savait également, il lui semblait que oui au vue des discussions qu'ils avaient eu mais rien n'était sûr. Pour lui en tout cas, ce n'était pas un secret, il avait même aidé Ulrich. Sans le vouloir mais il l'avait tout de même fait. Le cadavre de l'homme retrouvé dans la maison des O'Connor était l'assassin envoyé par Alexander pour tuer les O'Connor. Et le morceau de peau qu'Ulrich lui avait montré. Il pâlit rien qu'en y repensant avant de se reprendre. Ne rien laisser paraître. Il se retint de ricaner alors que l'Auror affirmait qu'ils ne risquaient rien. Ils risquaient tout au contraire, en ne sachant rien, ils étaient protégés alors qu'en affirmant savoir, ils seraient considérés comme complice, il n'y aurait plus de pitié complaisante dans le regard de McNeil et Kathrina serait traité comme  de la vermine. Ahren posa un instant son regard sur sa jumelle et lui sourit faiblement.

"Nous ne sommes au courant de rien. Qu'est-ce que vous vous imaginez ? Que mon abr... que mon frère ce serait confié à nous ? Nous n'avons pas tant d'influence sur lui que cela. Ulrich a toujours était solitaire et secret. Et il n'était pas réellement dans notre intérêt de fouiller dans ses affaires."

Il s'était repris. Insinuer qu'Ulrich était un abruti n'était sans doute pas la meilleure chose à faire. Pourtant, il n'avait pas perdu son sang froid, il continuait de fixer l'Auror comme si de rien était avec aplomb et provocation. Il ne lui laisserait pas l'opportunité d'interroger sa soeur. Elle semblait suffisamment éprouvée comme cela.


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Kathrina KellerQuatrième annéeavatar
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Auror. Il était Auror. Dans la tête de Kathrina, tout s’enchaîna très vite. La discussion allait forcément tourner autour de l’un de ses frères, et Kathrina ne savait pas si elle préférait qu’il s’agisse d’Alexander ou d’Ulrich. Dans le premier cas, la nouvelle serait forcément inquiétante. Dans le deuxième, Kathrina craignait qu’elle soit mauvaise. L’apprentissage du métier d’Auror comportait ses risques, Ulrich s’était peut-être blessé… Mais si cela avait été le cas, un Auror confirmé aurait-il fait le trajet pour le leur annoncer si formellement ? Kathrina pressentait que la chose était plus grave. Elle comprit qu’Ahren en était arrivé au même constat en sentant sa main se glisser dans la sienne. Elle la serra fort, une boule dans la gorge, l’estomac noué par un inexplicable et très mauvais pressentiment.

Ce fut pire. Pire que tout. La situation en était risible. Ce fut dans la sérénité du bureau de la directrice que le mot fut prononcé, froidement, comme s’il était ordinaire. Comme si la conversation pouvait tranquillement reprendre son cours par la suite. Comme si le monde ne s’était pas arrêté de tourner. Hagarde, Kathrina ne parvenait plus à comprendre. Elle n’était même pas certaine d’avoir bien entendu, elle se demandait si elle n’avait pas tout simplement rêvé.

Toutes mes condoléances ?

Pouvait-on dire chose pareille en vous regardant droit dans les yeux, dans une suite de mots qui ne ressemblaient à rien d’autre qu’à l’énonciation d’un simple fait ? Pourtant, le discours de l’Auror se poursuivit, ne laissant plus place au doute.

Sa main relâcha celle d’Ahren, mollement. Ulrich était découvert. Pire, Ulrich était mort.

« Comment ? »

Elle n’avait rien d’autre en tête. Les questions de l’Auror McNeil lui importaient peu, seule celle-là comptait.

« Comment est-il… » commença t-elle, avant que sa voix ne soit entrecoupée par l’émotion qui la prenait à la gorge. Etait-ce un accident ? Etait-ce… un meurtre ? Qui a fait ça ? »


Sa voix était devenue blanche, tout comme la peau de son visage. Ulrich avait été tué, c’était évident. Il ne pouvait pas mourir dans un simple et stupide accident. Il lui avait toujours affirmé qu’il était fort, que tout était sous son contrôle. Et elle l’avait cru. Naïvement. Elle l’avait cru, toujours, elle lui avait été la plus fidèle, elle n’avait jamais remis la moindre de ses paroles en question.

Trahie. Voilà quel sentiment elle croyait deviner, parmi l’amas émotionnel qui désordonnait son cœur. Ulrich n’avait pas le droit de la laisser seule, avec comme seul héritage, le poids de tous ses sombres secrets.  Il n’avait pas le droit de l’abandonner. Pas après lui avoir dit qu’il s’en sortirait et qu’il la protégerait toujours. Elle avait fermé les yeux sur beaucoup de ses actes, parce qu’il l’avait convaincue que c’était pour leur bien et qu’il gérait parfaitement la situation. Que pouvait-elle ressentir, à présent qu’elle venait de perdre tout ce en quoi elle avait cru ?

Mais cela n’avait aucune importance. Aucune importance que son frère soit bel et bien le Vengeur Masqué et qu’elle l’ait soutenu. Son regard clair vrilla celui de l’Auror. Elle n’y trouva aucun point d’ancrage. Perdue, détruite. Dégoûtée qu’on lui pose des questions, qu’on fouille sa vie et celle de son frère, qu'on ose lui faire subir un interrogatoire, alors qu’il venait tout juste de… Elle ne pouvait pas le dire. Elle refusait de le croire.

Kathrina tourna son regard vers Ahren qui fixait l’Auror, impitoyable. Où trouvait-il la force de rester impassible ? De mentir sans hésiter ? De ne même pas ciller une seconde ? Elle aurait pu s’en trouver admirative, si elle n’était pas submergée par l’horreur de la nouvelle. Si ses mains ne tremblaient pas, si son cœur ne s’était pas mis à s’accélérer, si elle n’avait pas cette sensation de suffoquer… Ca y est, elle paniquait. Sa main se cramponna de nouveau à celle de son frère, inspira un coup pour se calmer, tandis que sa voix s’élevait de nouveau, pas moins tremblante :


« Vous n’avez pas répondu. Comment est-ce arrivé ? Vous… Vous n’êtes pas sensé protéger vos recrues, au Bureau des Aurors ? Comment pouvez-vous… Comment pouvez-vous dire ça aussi froidement ? »


Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Hayden n’avait jamais aimé cette partie de son métier. Annoncer à des enfants la mort d’un proche, voir leur visage se décomposer sous l’effet de la surprise. Parce que même si Ulrich Keller était un criminel dangereux, même s’il avait tué à lui seul des familles entières, il n’en restait pas un moins un frère, un fils. L’Auror ne connaissait pas les liens qui unissait la famille Keller, il ne savait pas quelle relation les jumeaux entretenaient avec le défunt. Dans son cas, si Juliana ou Aidan venaient à mourir, il savait très bien qu’il ne s’en remettrait pas. Sa famille lui était infiniment précieuse, plus que tout autre chose. Silencieux, Hayden observa les réactions des deux enfants. Le garçon avait répondu trop rapidement pour que cela sonne vrai. S’il venait réellement de lui apprendre que son frère était le « vengeur masqué » dont parlait tous les journaux, il aurait réagi différemment, ou du moins, aurait dû prendre plus de temps pour assimiler la nouvelle. Cela le conforta dans son idée : les deux jeunes savaient quelque chose. Il préféra toutefois ne pas réagir, conscient d’avoir déjà peut-être un peu trop brusqué les choses.

La détresse de Kathrina Keller, elle, était bien plus visible que celle de son frère. Voulait-elle réellement savoir comment son frère était mort ? Voulait-elle réellement connaître les détails ? Probablement pas, au fond d’elle. Mais la mort de son frère devait lui sembler trop irréaliste, trop irréelle pour qu’elle ne veuille connaître les raisons de son décès. Muet, Hayden tapota le bord du fauteuil, se sentant profondément désolé et impuissant face à la tristesse de la jeune fille. Pourquoi l’avait-on envoyé, lui ? Il n’était pas le plus apte à réconforter deux jeunes enfants, loin de là. Il poussa un léger soupir imperceptible, et se pencha vers les jumeaux.

« Votre frère n’était pas en mission pour le Bureau des Aurors lorsqu’il est mort. Il était chez une de ses victimes, c’est elle qui l’a tué, par légitime défense. » déclara-t-il gravement.

Il ne prit pas la peine de répondre à la dernière question de Kathrina. Comment pouvait-il dire ça aussi froidement ? Parce que c’était son métier. Parce qu’il n’avait pas le choix. Parce qu’il faisait ça depuis des années, qu’il avait connu la guerre, qu’il avait vu des amis, des alliés, des inconnus, mourir devant ses yeux. Et ça ne rendait pourtant pas la chose plus facile. Mais en tant qu’Auror, il ne pouvait décemment pas se laisser submerger par des émotions, comme de la pitié envers ces deux enfants, qui se retrouvaient sans frère, et pratiquement sans mère, vu l’état dans lequel elle était.

« Je suis sincèrement désolé pour votre perte. » souffla-t-il, en jetant un regard à la fillette.

Il se redressa, se recomposa un visage neutre.

« Des dispositions vont être prises pour que vous puissiez quitter l’école et retourner auprès de votre mère pour quelques jours. Nous travaillons également avec St Mangouste, et un psychomage peut vous recevoir n’importe quand si vous souhaitez vous confier à quelqu’un. » exposa l’Auror calmement.

Il observa les deux enfants à tour de rôle.

« Moi je ne suis qu’Auror, et je ne suis sans doute pas le mieux placer pour vous aider à gérer votre peine. Je peux, en revanche, répondre à vos questions, si vous répondez aux miennes. Je sais que vous avez perdu un frère, et je peux imaginer à quel point cette perte est difficile à encaisser. Je suis réellement désolé d’avoir à insisté avec ça, mais j’ai besoin de réponses, que vous êtes sans doute les seuls à pouvoir me donner. » Il les regarda gravement. « Il  y a des familles, dehors, dont les proches ont été tués par votre frère. Et ils ont besoin de savoir pourquoi, afin de pouvoir faire leur deuil. » Il marqua une pause. « Vous êtes des enfants. Quoique vous sachiez – parce que je ne doute pas que vous sachiez quelque chose – rien ne pourra être retenu contre vous. Vous n’êtes pas ses complices, d’accord ? Et vous ne serez jamais considérés ainsi. Toutes les informations que vous me donnerez resteront confidentielles, évidemment, et ne sortiront pas du BDA. »

HRP:
 


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Ahren KellerTroisième annéeavatar
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L'air de cet Auror ne lui plaisait décidément pas. Il retint une grimace de douleur lorsque Kath lui broya la main. Il n'y paraissait pas mais la Poufsouffle avait de la force dans les doigts. Il lui jeta un regard en coin. Il ne savait pas quoi faire pour qu'elle sèche ses larmes. Et ce stupide Auror qui reprenait la parole. Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur. Il en aurait presque rit si la situation n'avait pas été aussi dramatique. Ulrich tué par sa victime. Lui qui se croyait le meilleur, le plus fort, invincible avait finalement était abattu. Et par sa victime. Une personne qu'il devait considérer comme une proie stupide et sans talent. Il y avait peut-être bien une justice dans ce monde. Il jeta un regard dédaigneux à McNeil alors qu'il les assurait de ses bons sentiments. Mais honnêtement, qui pouvait être désolé de la disparition d'un monstre ?

"Menteur. Comment pouvez-vous dire que vous êtes désolé ? Si ce que vous dites est vrai, mon frère était un monstre. Comment peut-être être désolé de la disparition d'un monstre ? Vous n'êtes qu'un sale menteur qui vous croyez compatissant. Vous n'êtes que des hypocrites."

Lui, il n'avait jamais aimé Ulrich. Et il ne ferait pas semblant d'être affecté, il n'était pas un hypocrite. Il serra la main de sa jumelle et plongea son regard clair, presque insolant dans celui de l'homme qui leur faisait face. Des dispositions ? Un psychomage ? Vraiment ? Ils n'avaient pas besoin de tout cela. Enfin, lui n'avait pas besoin de tout ça. Peut-être que sa soeur en aurait besoin, peut-être en avait-elle envie.

"Je n'ai pas besoin d'un psychomage. Je vais très bien. Proposez le à ma soeur si ça vous chante mais ne prenez pas la peine de le faire venir pour moi, je n'irais pas."

Il ne perdit rien de sa morve, au contraire. Plus cet homme parlait et plus il avait envie de quitter la pièce. Que de paroles inutiles. Mais voilà que maintenant, il leur faisait du chantage. Information contre information. Hors de question qu'il rentre dans ce petit jeu. Il leur faisait même du chantage affectif. Ahren posa son regard glacial sur l'homme et le tua du regard.

"Nous ne savons rien du tout. Et ce n'est pas la peine d'essayer de nous faire du chantage affectif. Je me moque des victimes de mon frère et encore plus de leurs familles. Je m'en contre fiche, je veux juste qu'on nous laisse tranquille ma soeur et moi. Ne nous en dites pas plus sur sa mort si vous voulez. Mais nous n'avons rien à vous dire."

Il ne flancherait pas. Il n'avait pas l'intention de parler. Il savait bien que si la vérité venait à éclater, il serait jugé comme complice. Il avait tenu ce morceau de peau entre ses mains. Il avait fait le guet pour couvrir son aîné. Et maintenant, il était mort. Il se retrouvait seul avec Kathrina. Tous les deux, livrés à eux même.


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Kathrina KellerQuatrième annéeavatar
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Les quelques mots de l’Auror anéantirent littéralement ses maigres espoirs que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve. Ce qui semblait si difficile à croire se teinta tout à coup d’une horrible réalité, à laquelle Kathrina se trouva incapable de faire face. Ulrich était mort, et Ulrich était coupable. Personne ne le pleurerait. L’évidence s’abattit sur elle, dure. Kathrina était seule, plus que jamais. Ahren pouvait serrer sa main, l’Auror pouvait se montrer réconfortant, elle ne s’était jamais sentie aussi vide qu’à cet instant. Si Ulrich s’effondrait, son monde s’effondrait aussi, et ni la compassion de McNeil, ni l’écoute d’une psychomage n’y changerait quoi que ce soit.

Mais les mots d’Ahren lui firent mal, bien plus mal que ceux de l’Auror. Elle lâcha la main de son frère, relativement doucement compte tenu de la vague de désespoir mêlée de fureur qui montait en elle. Un monstre. Un monstre tué par légitime défense. Etait-elle sensée encaisser, en plus de l’annonce de la mort de son frère, la souillure de sa mémoire ? Etait-ce qu’on attendait d’elle, qu’elle confirme et explique pourquoi son frère était devenu ce monstre, pour permettre à d’autres de faire leur deuil ? Et son deuil à elle ? Kathrina avait toujours été sincèrement sensible à la détresse d’autrui, mais à cet instant-là, il ne restait rien de son empathie. Oui, elle voulait se montrer égoïste au point d’en vouloir de son jumeau, plein d’une haine réciproque envers Ulrich qu’elle connaissait pourtant parfaitement. Parce qu’il ne la soutenait pas, parce qu’il ne voulait pas porter un deuil bien trop immense pour elle. Parce qu’il la laissait seule, malgré ce qu’il pouvait dire pour les défendre.

Kathrina ne pleurait pas lorsqu’elle baissa la tête. Très étrange réaction, sa nervosité la poussait presque à l’envie de rire. N'était-ce pas la fin du combat ? Pourquoi lutter, encore ? Pourquoi se montrait-elle encore si loyale envers Ulrich, même à présent qu’il l’avait abandonnée ? Elle était bien belle, cette loyauté incroyablement aveugle et arrangeante avec tous les actes terrifiants de son frère, cette loyauté qui l’avait enfermée dans un rôle de mauvaise imitation de sa sœur décédée… Etait-elle si stupide, si naïve pour être celle qui se faisait toujours avoir ? Ulrich la manipulait comme tous les autres, après tout, elle avait simplement refusé de le voir. Peut-être qu’un psychomage lui serait utile, tout compte fait, avant qu’elle ne devienne définitivement folle.

Kathrina se leva de sa chaise, pâle comme un fantôme, resta quelque secondes dans cette position, consciente que son geste et son silence après la verve d’Ahren étaient déconcertants. Elle n’avait plus tellement de notion de ce qu’il était convenable de faire ou pas, elle n’était sûre que d’une chose, elle ne supporterait pas de rester dans cette pièce une seconde de plus. Aucun aveu, aucune réponse ne pouvait sortir de sa bouche, pour le moment. Elle se sentait misérable d’être à ce point incapable de parler, de faire front comme Ahren aux questions de l’Auror. De ce qui pouvait la rendre digne, il ne lui restait que la pudeur de ne pas s’effondrer en public.

« Je… Je suis désolée. »

Fut la seule phrase qu’elle parvint à articuler, avant de quitter précipitamment le bureau de leur directrice. Elle n’était même pas désolée, si ce n’était pour les miettes de contenance qui disparurent dès lors qu’elle referma la porte derrière elle. Elle ne sut pas où ses pas précipités allaient l’emmener, son chemin de toute manière trop brouillé par ses larmes pour qu’elle y voit quoi que ce soit.

FIN POUR KATHRINA



Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Hayden détestait interroger des enfants – à vrai dire, il détestait brusquer des enfants pour obtenir leurs réponses. Et il n’allait pas continuer cela bien longtemps – pas juste après leur avoir annoncé la perte de leur frère. Devant la verve d’Ahren Keller, il haussa les sourcils, retenant de justesse un sourire face à l’expression « sale menteur », typiquement enfantine. Ce n’était pas vrai, il pouvait très bien être désolé pour eux, et satisfait que le Vengeur Masqué soit arrêté. Mais visiblement, le garçon avait décidé de rejeter toute l’aide qu’Hayden aurait pu lui proposer. Et, comme ce n’était pas de lui-même qu’il déciderait d’aller voir un psychomage ou non, Hayden allait s’entretenir avec les directeurs de maison des deux enfants, afin que ces derniers prennent connaissance de l’aide qui pouvait être mise en place pour eux.

Hayden resta silencieux face à la réponse d’Ahren Keller, et hocha finalement la tête. Très bien, il ne tirerait rien de lui aujourd’hui. Cependant, le BDA ne prendrait pas le risque de perdre de vue les jumeaux, quitte à les faire venir au Ministère s’il pensait qu’ils pourraient leur être utile pour terminer le dossier du « Vengeur Masqué ».

« Très bien. » déclara l’Auror en redressant les épaules.

Au même moment, Kathrina Keller se levait, pâle comme un fantôme. Hayden l’observa quelques instants, touchée par la douleur de la fillette. Cette dernière bredouilla quelques excuses avant de quitter précipitamment la pièce. La jeune fille semblait donc réellement plus proche de son frère décédé que son jumeau, qui n’avait cessé de montrer que de la froideur à son égard. Cela renforçait l’idée d’Hayden que le frère et la sœur savaient quelque chose. Pas forcément au sujet des victimes d’Ulrich Keller, mais au moins quant à son comportement. Oui, ils avaient dû voir la face cachée de la médaille, de ce beau préfet-en-chef que tout le monde adulait…

« Tu peux partir aussi, si tu le désires. » proposa Hayden à Ahren.

Il n’obtiendrait rien du petit aujourd’hui – encore moins avec sa sœur qui venait de s’effondrer. Tant pis. Il l’avait toujours dit, il détestait interroger des enfants – ils étaient étonnement bien plus têtus que les adultes, et s’ils avaient décidé de ne rien dire, ils ne disaient rien. D’autant plus que ce n’était pas comme si Hayden pouvait faire pression sur lui – pas sur un enfant tout de même.

Une fois Ahren sorti, Hayden se leva, et s’étira, avant de quitter à son tour le bureau. Il lui restait à parler aux anciens professeurs de Keller, avant d’aller faire son rapport au BDA. Il craignait cependant savoir d’avance ce qu’on allait lui dire : Ulrich Keller était, au premier abord, un élève parfait, poli, tranquille, sage, qui avait été préfet, puis préfet-en-chef. Il n’avait – visiblement – jamais fait de vagues à Poudlard. En quelques mots, il n’avait pas l’étoffe d’un assassin. Et pourtant…

RP terminé



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La fin du combat [Kathrina, Hayden & Ahren]

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