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 Suffer us not [Margot & Alceste]

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Dernière édition par Alceste Greengrass le Ven 10 Jan 2014 - 0:32, édité 1 fois
14 janvier 2008

Alceste juge qu'il est quelqu'un de droit. Alceste se juge mal en pensant cela, mais Alceste n'est pas connu pour son sens fulgurant de l'introspection. Au mieux gratte-il la croute et recule avec effroi lorsque les sentiments commencent à se déverser. Ainsi c'était de façon parfaitement sincère qu'il a pensé pouvoir refouler ce qui s'est passé en novembre. L'enclore au fond d'une cage, la recouvrir de velours noir, ce beau symbole de fin, et la jeter dans le puits le plus profond de la lande marécageuse qui compose son univers intérieur. On en parle pas. Il ne s'est rien passé. Sur le papier cela semble simple. Sur le papier il n'y a pas la place dans l'équation pour les sentiments. Pour la culpabilité.
Le temps a passé et Alceste a cru pouvoir vivre avec la culpabilité. Ce n'est qu'un petit crochet qui vous tiraille et vous tourmente au fond de votre esprit, après tout. Rien d'insurmontable. Presque de la nouveauté, de la couleur -teintes chair, vert des iris, rouges de l'empourprement- dans la grisaille infinie de ses paysages internes. Sa droiture en devenait vacillante, sa dignité, abstraite. Mais il tenait bon. Il pouvait le faire. Et puis les fêtes sont arrivées et la grande vague de la fin d'année s'est jetée sur lui pour le dévorer en entier.

La gargouille de l'entrée est une vieille amie. Elle l'a vu passer en sixième année, maigre et dégingandé, le nez réparé de frais, pour s'expliquer sur la raison de son acte de malveillance envers sa soeur. Il était reparti la queue entre les jambes et se souvient encore avoir cru l'entendre rire, cette statue. Aujourd'hui il la regarde de plus haut, par en dessous ses lunettes repoussées trop vivement sur son nez. d'une certaine manière, elle lui fait encore peur. D'une certaine manière elle n'a jamais cessée de figurer l'autorité et la culpabilité. Comme on se retrouve. Le fil de ses dents passe rapidement sur la chair tendre à l'intérieur de sa bouche. Bien... Il est temps d'assumer les conséquences.

Contre lui, il serre une lettre, une belle lettre de parchemin lourd qui s'excuse et n'explique rien, ne donne pas de motif, ne donne pas de raison. Explique juste pourquoi il est présent ce soir, pourquoi c'est son dernier soir, pourquoi il rend les armes. Il a fermé, avant cela, soigneusement sa bibliothèque. A regardé les marqueteries et les cuivres polis de la porte comme on salue une vieille amie. Ses valises sont faites depuis samedi soir, il les a bouclé en pénitence, sans l'aide de magie, dans une lueur faiblarde. Nini attends sagement dans son terrarium que la levée se fasse. Il est tard, mais il sait que Margot est dans son bureau ce soir. C'est la rentrée, il va probablement l'interrompre dans quelque chose d'important... Bah, il ne lui prendra pas beaucoup de son temps.

"Ythoah."

Alceste avait marqué un temps d'arrêt lorsqu'on lui avait communiqué le nouveau mot de passe, et s'était renseigné rapidement à la seule source qu'il connait : ses livres. Se trouve que Lazarus Ythoah était un sorcier du moyen-âge, incroyablement célèbre en son âge pour avoir créé en mélangeant du miel et des arômes la guimauve sorcière, un équivalent explosif de la guimauve moldue qui fond sous la langue. Le bibliothécaire avait haussé un sourcil et le mot de passe lui était correctement resté dans la tête. La gargouille tournoie sur elle-même, dévoile l'escalier, qu'il gravit comme les derniers degrés du calvaire des pèlerins. Une pause devant la porte. Pas de bruit, hormis peut-être un léger ronflement étouffé à travers le battant... Les tableaux. S'enhardissant, il toque. La pousse quand on lui réponds. Ses pas dans la grande pièce circulaire sont mesurés. Il ne se déplace pas tout à fait droit, mais imprime une sorte d'ellipse, qui le rapproche du bureau de Margot sans l'ammener trop vite à elle. Sa lettre lui brûle les doigts. Margot est une belle femme, plus âgée que lui, avec une prestance foudroyante -à son humble avis.- Il n'a jamais été tout à fait à l'aise en sa présence, une histoire de gêne face à l'autorité. Il sait qu'elle n'est pas vraiment ainsi, mais les apparences le trompent et jouent avec lui comme sur un violon.

" Madame la directrice... Je suis... Je suis navré. Je suis au regret de vous annoncer que je dois partir."

Et il dépose la lettre sur le bureau, cachetée d'un petit sceau Greengrass qu'il n'utilise que lorsque le courrier est des plus officiels. Et il se tient là, attendant qu'elle la lise, cette lettre formelle et qui n'indique pas, au grand jamais, que le bibliothécaire a eu une aventure avec un ancien élève - ce qui est pourtant le motif de sa démission. Alceste a les épaules en dedans comme un enfant grondé.
Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Il y a certaines personnes qui, sans jamais prendre une importance centrale dans le cours d'une vie, en composaient néanmoins l'indispensable toile de fond. Pour Margot, Alceste Greengrass faisait partie de ces personnes, et ce depuis une bonne décennie. Elle ne connaissait pas très bien le bibliothécaire, c'était un fait. Leur différence d'âge et de tempérament les tenait naturellement à distance, mais la sorcière avait toujours tenu son cadet en une certaine estime. Elle appréciait sa politesse et sa discrétion, ainsi que son caractère infiniment plus agréable que celui de l'inoubliable Mrs Pince. Pour un Greengrass, Alceste était quelqu'un d'appréciable et d'honnête, qui faisait son travail sans embêter personne et, corrélativement, sans que personne ne juge bon de l'embêter. Ainsi, lorsque l'ancienne bibliothécaire de l'école avait pris sa retraite, Margot avait tout fait pour que son ancien collègue de Beauxbâtons récupère le poste, persuadé qu'Alceste se fondrait à merveille dans la bibliothèque ancestrale du château. Et elle ne s'était pas trompée, car ni Minerva ni elle n'avait eu à regretter cette embauche. Il faisait d'ailleurs partie des rares membres de l'équipe dont elle n'avait pas eu à douter de la fidélité l'an passé, persuadée qu'il ne se rallierait pas à la louvoyante Ana Sorden, à raison. Ainsi, Margot était persuadée que les années s'écouleraient ainsi et qu'Alceste serait toujours là lorsqu'elle partirait à la retraite, de préférence aussi vieille - mais moins ridée - que Dumbledore...

Voilà pourquoi Margot ne s'était pas attendue une seule seconde à voir Alceste débarquer dans son bureau, et poser devant elle une enveloppe scellée par les armoiries Greengrass, avant de lui dire des paroles qui n'avaient aucun sens. Partir ? Mais partir où ? Et pourquoi ? Interloquée, Margot repoussa le rapport qu'elle était en train de lire et vrilla un regard perçant sur son interlocuteur.

"Partir ?", répéta Margot, surprise, avant de laisser passer un silence. "Très bien, voyons cela. Asseyez-vous, je vous en prie."

Elle indiqua la chaise face à elle d'un geste impérieux, avant de saisir sa baguette et de faire apparaître une théière et deux tasses d'un geste du poignet. Elle ne savait pas exactement où Alceste comptait aller comme cela, mais il ne le ferait pas sans une petite discussion avec elle. Peut-être que quelque chose de grave était arrivé, quelque chose de personnel, et avait-il besoin d'un peu de temps pour lui ? Si c'était le cas, elle n'aurait pas de mal à lui trouver un remplaçant. Mais s'il souhaitait voguer vers de nouveaux horizons, elle ne pourrait pas faire grand chose pour le retenir, hélas... C'était tout de même peu probable, étant donné le timing. On ne démissionnait pas en cours d'année, cela ne se faisait pas, dans le milieu scolaire, on attendait l'été ! Enfin, ce n'était probablement pas cela, songea Margot en servant deux tasses de thé fumant avant de se saisir de la lettre. Elle décacheta l'enveloppe et balaya le parchemin du regard, avant de laisser échapper un soupir. Formelle, impersonnelle, et surtout incroyablement vide, il s'agissait bien là d'une lettre de démission...

"Je ne comprends pas", lâcha-t-elle en dardant ses yeux bleus sur l'archiviste comme s'il était un élève pris en faute. "Pourquoi cette démission, en plein cours d'année, sans explication ? Vous ne vous plaisez pas à Poudlard ? Ou bien, s'agit-il d'un problème personnel ? Je peux peut-être faire quelque chose pour vous aider ?"



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La chaise vide représente l'absence. C'est une métaphore qu'il connait bien. La chaise vide représente l'absence. Ainsi la force qu'il doit saisir en lui pour s'y installer est presque insurmontable. Il s'assoit presque en tremblant, les pieds dans son propre procédé stylistique, et les étendues de bois du bureau qui le sépare de Margot semblent infinies. Il ôte ses lunettes machinalement, ne nécessitant pas d'opposer une barrière de verre et de pudeur entre la directrice et lui, ils se fréquent depuis trop longtemps pour cela. Et puis il est questionné, bien entendu, et le besoin de s'éloigner de la réalité revient aussi sec. Les lunettes sont ainsi chaussées de nouveau après un passage éclair sur le bureau.
Alceste se sent fautif. Alceste n'arrive pas à cesser d'adopter l'attitude de l'enfant en tord devant l'autorité parentale. Les croissants de douleur dans les paumes de ses mains ne sont pas suffisants pour qu'il relève la tête et discute avec Margot d'adulte en adulte. Assumer a toujours demandé trop de force de caractère pour le petit bibliothécaire, tout en demi-tons et demi-mots et diaphane comme un voile de pluie -et tout aussi triste et gris-. Assumer signifie que l'on porte nos couleurs comme des affirmations. Toutes les phrases intérieures dans la tête d'Alceste se suspendent avant la fin... Eternelles hésitations. La seule fois ces derniers temps où il a eu l'audace de réclamer quelque chose pour lui, où il a souhaité dévorer un morceau du délice signa sa perte. Signa sa démission. Signa l'opprobre à lui-même infligé. Ainsi le jour gris entre les rideaux de son âme semble rassurant et familier, et beau comme un lundi matin.
Son sourire ne laisse pas de place au doute. Lent et à peine esquissé, c'est celui de la résignation.

- Je me vois dans l'impossibilité morale de poursuivre mes fonctions à Poudlard.

Visage rond enfantin bouclettes uniforme de Pouffsouffle voix encore fluette entendue au détour d'un couloir rien à voir avec les soupirs les grandes épaules sous ses mains son....
Le regard d'Alceste a quelque chose dans sa dureté qui rappelle le cristal.

- En le fait que j'ai eu une... Entrevue avec quelqu'un ayant dépendu de l'école.

Entrevue. N'explique rien. Pas le bon mot. "Aventure" est hypocrite, cela n'avait rien d'une aventure. Tous les autres mots sonnent vulgaires, ou faux, ou trop... Vivants pour décrire la relation morte-née, jamais expliquée, jamais disséquée, jamais assumée qu'il a pu vivre avec l'héritier Nott. Il se remémore brièvement le vide dans sa poitrine lorsqu'il est reparti, seul, du manoir des Nimbur de Pompadour. Lorsqu'il a remontée la grande allée du parc, les mains dans les poches, plusieurs heures avant la fin de la fête, qu'il avait évité soigneusement lorsqu'il y était. Il a été le dernier prévenu, le dernier au courant, avec Meredith peut-être, mais cela n'a n'a pas affecté sa cousine. Cela ne l'a pas affecté non plus, vu qu'il est resté vide, et moyen, et parfaitement à température extérieure. Il a juste soudainement eu l'idée de partir, à pied, avant de se souvenir que le transplanage existait. Il a transplané chez lui, son chez-lui inhabité de l'Essex, rempli de malles ouvertes et de cartons et de vaisselle poussiéreuse, sans même faire attention.
Alceste se lève de sa chaise, considérant qu'il n'a pas d'autre explication à fournir.

- Je suis navré pour cet ennui de dernière minute, Margot. Je peux vous trouver un remplaçant dans la semaine, si mes vieux contacts sont encore intéressés. Cela ne devrait pas poser trop de problèmes. Avec une bonne organisation de ma part la Bibliothèque pourrait ne même pas fermer.

Il se tient très droit, le futur-ex-bibliothécaire, semble prendre comme un affront personnel le fait que la Bibliothèque puisse seulement fermer. Il tient à ce que son départ se fasse avec le moins de remous possible, le moins de vagues, que personne ne remarque que l'avatar des lieux de savoir a changé de visage. Oh cela n'affectera bien que Margot, et probablement en grande partie uniquement administrativement. Il n'imagine à aucun moment que Margot pourrait vouloir savoir, ou le retenir, pour des raisons sentimentales, parce qu'elle l'aime bien, parce qu'elle ne veut pas le voir partir. Il ne s'estime pas suffisamment pour imaginer quelque chose comme ça. Après tout il n'a jamais été estimé de personne. Il se répète, la voix basse.

- Je suis navré.

Et d'un ample mouvement du talon il fait demi-tour, et s'apprête à partir. Ne laissant devant Margot qu'une chaise vide, symbole de l'absence.
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Impossibilité morale ? Margot retint un soupir d'agacement. Allons bon, qu'allait-on lui confesser cette fois ? Margot avait convaincu Edmund de rester à Poudlard alors qu'il avait soutenu une mardolienne et une tueuse en série - sans le savoir, certes, mais tout de même. Merlin, elle l'avait même nommé directeur de maison remplaçant ! La fonction d'Alceste consistait à tenir une bibliothèque, et il côtoyait les livres presque plus que les élèves. Quel crime pensait-il donc avoir accompli pour que sa moralité en soit affectée au point de ne plus pouvoir effectuer son travail ? Alceste lui était toujours apparu comme quelqu'un de très respectueux de la morale. S'il avait haussé un peu la voix devant un élève insolent ou s'il avait écorné un livre, elle pensait être en mesure de lui pardonner, vraiment... Les sourcils froncés, Margot dévisagea son interlocuteur. Tout dans son attitude criait la culpabilité, mais coupable de quoi ?

La réponse la laissa perplexe, tant elle ne s'était pas attendue à une telle confession de la part d'Alceste. C'était tellement incongru que le bibliothécaire n'arrivait même pas à présenter la réalité par des mots simples. Une "entrevue" avec quelqu'un "ayant dépendu de l'école" ? La première pensée de Margot fut pour Ana Sorden, mais elle se ressaisit bien vite. Si cette possibilité était tout à fait envisageable étant donné le fait que l'ancienne arithmancienne utilisait la séduction comme une arme, il était fort peu crédible qu'Alceste démissionne maintenant, en cours d'année, pour quelque chose qui s'était produit l'an passé... Margot était décidément obsédée par cette femme, même si plusieurs mois s'étaient écoulés depuis son arrestation. Il lui arrivait fréquemment de faire des cauchemars dans lesquels l'un des nouveaux enseignants qu'elle avait embauché se révélait être un mardolien en embuscade qui faisait dégringoler le plafond de la grande salle sur l'ensemble des élèves...

Mais le problème moral d'Alceste n'avait probablement rien à voir avec les terroristes magiques. Margot le considéra avec surprise, en réalisant que la personne ayant dépendu de l'école faisait probablement référence à un ancien élève. Elle tenta de se souvenir de l'âge du jeune homme, et réalisa qu'il ne devait plus être si jeune. Probablement dans la trentaine bien entamée, pour qu'ils aient été collègues du temps de Beauxbâtons... Il n'en avait pourtant pas l'air, avec ses longs cheveux et son air candide, et il était bien la dernière personne que la directrice s'attendait à voir partir pour un problème de ce style. Pourtant, il était indéniable que la différence d'âge était grande s'il avait eu une affaire - non, une entrevue - avec un jeune récemment sorti de Poudlard. Pour que cela lui pose problème, il s'agissait probablement d'un ancien septième ou septième bis de l'an passé... Mais lequel ? La petite Lorgan, cette Poufsouffle dont la réputation n'était plus à faire, peut-être ? Non, Margot ne pouvait imaginer Alceste qu'avec quelqu'un disposant d'un minimum de culture et de distinction. Elle ne voyait vraiment pas de qui il s'agissait, et n'avait probablement pas besoin de le savoir, et pourtant... Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir savoir. Certains de ces jeunes allaient sur leurs vingt ans et n'étaient plus dépendants de l'école, devait-elle réellement perdre son bibliothécaire pour cela ?

Plongée dans ses réflexions et supputations, Margot n'écouta que d'une oreille les considérations matérielles d'Alceste et ne réagit que lorsqu'il fit mine de partir, en présentant une nouvelle fois ses excuses. Sa voix claqua dans la pièce, avec autorité.

"Qui est-ce ?"



Isabelle Adjani, kit par Juliet
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"Qui est-ce ?"

La question résonne longtemps en lui. Alceste... Ressent de la déception. De la peur, du stress, il est au bord de se noyer dans sa propre faute, oui, bien sûr... Mais surnageant, pensée parasite, est une certaine déception. Alceste pensait qu'il allait pouvoir se retirer dignement, silencieusement, vider les lieux sans remous et avec son secret bien gardé. Il pensait que Margot était trop discrète pour lui demander de fournir un nom. Il pensait qu'elle avait assez d'estime pour lui pour se fier à son jugement et admettre que si le bibliothécaire jugeait qu'il était l'heure de partir, c'est que c'était probablement la bonne chose à faire. Mais elle se prend à lui demander des comptes. La colère, un instant, fuse en lui et perce son nuage noir de drama et d'appitoiement, et il fait volte-face, les lèvres pincées, le teint crayeux, pour toiser Margot.

Il pourrait mentir. Il pourrait inventer une histoire, parler d'une jeune fille ou une autre, il se souvient de quelques noms et de quelques chevelures hypnotiques, parmi les 7eme années qui se sont succédé à son comptoir. Et quelques idiotes braves et nouvellement formées qui ont tenté de tester leurs beautés naissantes sur la pauvre âme de bibliothécaire. Cela n'a jamais marché, mais il se souvient de leurs yeux et de la pointe de leur sourire, il pourrait les évoquer. Même parler de Kelsey Lorgan, s'il voulait, -rejoignant sans le savoir les pensées de Margot à ce propos, avec un petit temps de retard- il sait que son souvenir est tout autant brûlé dans l'esprit de la directrice que dans le sien. Tout plutôt que dire que c'est un étudiant avec qui il a fauté, car c'est infiniment plus criminel. Oh puis... Oh puis après tout. Si c'est le prix à payer pour se retirer en paix. Il était là au nouvel an, tout autant que Margot. L'orientation de Théo n'est plus un secret pour personne. Il ne révèle rien que le monde ne sait pas déjà, il ne trahit la confiance de personne en avouant - si ce n'est la sienne. Personne ne sait, car il n'y a rien à savoir. Mais si confession il devrait vraiment y avoir, Margot en serait probablement le réceptacle le moins impropre. Son cheminement de pensée a radouci son visage et lui a rendu ses couleurs fautives, et c'est doucement qu'il confesse.

- Théo Nott.

Maintenant c'est sur la surprise, qu'il compte. Il espère que Margot soit suffisamment estomaquée pour ne pas savoir quoi répondre tout de suite, ne pas savoir quoi dire. Dans l'esprit du bibliothécaire nouvellement au chômage, la bombe lâchée est telle qu'il devrait pouvoir s'enfuir dignement, laissant la directrice réaliser quel genre d'aveu vient de lui être offert. C'est l'ultime expression de la confiance qu'il peut accorder en son ancienne collègue et supérieure.

Mais il ne veut pas avoir à assumer. Il ne veut pas l'entendre s'étrangler, lui confirmer à quel point il est en faute, à quel point Alceste est un monstre d'immoralité. Il ne veut pas de reproches, il ne veut pas de réconfort, il souhaite juste s'en aller.

- Je vous souhaite très sincèrement une bonne continuation, Margot.

Et ainsi c'est ce qu'il fait, abandonnant dans le bureau du directeur, encore une fois, comme lorsqu'il était enfant, ses aveux, ses fautes, ses bêtises et ses plus grandes hontes. La seule exception est qu'il ne s'en est remis à aucune autorité supérieure pour se punir, cette fois-ci, et s'est sentencé tout seul. Probablement bien plus durement qu'aurait fait n'importe qui d'autre.

Et comme lorsqu'il était enfant, la culpabilité semble se décharger de lui un peu plus à chaque marche qu'il descend, pour le laisser presque neuf, et presque pardonné sur le palier, devant la statue. Le cercle d'expiation a été complété et peut-être qu'il peut recommencer quelque chose de nouveau, ailleurs, à présent.

Il va aller finir ses valises.

Fin du RP pour Alceste le déserteur.



[HRP : C'est franchement terriblement nul, mille pardons ]
Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Margot ne flancha pas sous le regard colérique d'Alceste, estimant qu'elle était en droit de savoir pour qui elle perdait son bibliothécaire et collègue de longue date en plein cours d'année. Elle refusait de rester sur des spéculations, à se demander également si des choses peu nettes s'étaient déroulées sous son nez, sous sa responsabilité. Elle avait beau faire confiance à Alceste, il la surprenait beaucoup aujourd'hui et elle tenait à connaître l'étendue des dégâts. Un certain nombre de possibilités virent le jour dans son esprit mais elles étaient toutes si éloignées de la réalité qu'elle ne put empêcher une expression de choc de s'imprimer sur son visage lorsque son interlocuteur finit par lâcher le nom, non sans une certaine pudeur.

Théo. Théo. Margot put entendre le tableau d'un ancien directeur s'étouffer dans son dos et elle-même haussa les sourcils si haut que l'on aurait cru avoir affaire à Minerva McGonagall en personne. Trop occupée à faire face aux implications de cette révélation, Margot ne parvint pas à se ressaisir à temps pour réagir, pour retenir Alceste. Pour lui dire qu'il n'y avait pas à s'en faire, que Théo Nott n'était plus un élève de cette école, qu'il n'avait probablement pas été aussi marqué par Alceste qu'Alceste ne l'avait été par lui, étant donné ce qui s'était passé au nouvel an. Mais elle ne le retint pas. Alceste avait probablement besoin de prendre le large pour diriger lui-même ce qui s'était passé, et qui était-elle pour lui refuser cela ? Et il était vrai aussi que Théo avait été son élève, jeune adolescent vulnérable, elle était bien placée pour le savoir. Il était vrai que Théo vivait une période particulièrement délicate et difficile et que cela aurait peut-être été à Alceste, l'adulte des deux, de savoir dire non, de ne pas en rajouter. Elle n'était pas en position de juger. En revanche, elle était en position de décider de laisser Alceste partir, de ne pas le réconforter ni de ne le retenir. Car la situation était à la limite, à la limite de ce qui était moral ou non, de ce qui était acceptable ou non de la part d'un membre de son équipe pédagogique et dans le doute, alors autant le laisser partir.

"Au revoir" fut tout ce qu'elle fut en mesure de répondre, sur un ton doux et surpris. Elle espérait réellement revoir Alceste et discuter de tout cela avec lui, un jour, plus tard. Il était certain que, quoi que cette "entrevue" ait représenté pour Théo, elle avait plongé Alceste dans un état de détresse et de culpabilité incontestable, vis-à-vis de l'acte en lui-même probablement, étant issu du milieu très moralisateur des sangs-purs, et vis-à-vis de sa position dans l'école. Il n'aurait pas démissionné sinon. Cela en soit suffisait probablement à indiquer qu'Alceste n'était pas quelqu'un d'irresponsable ou de dangereux pour les plus jeunes. Cela en soit aurait pu suffire à la pousser à le retenir, mais il n'en fut rien, et elle se contenta de le regarder partir, hautement perturbée.

A peine fut-il parti que les tableaux des anciens directeurs éclatèrent en commentaires et en remarques plus ou moins respectueuses. Margot, quant à elle, resta un long moment silencieuse, enfermée dans ses pensées. Puis elle poussa un profond soupir et saisit sa plume et son encrier, ainsi qu'une feuille de parchemin. Elle devait trouver un nouveau bibliothécaire...


RP Terminé



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