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 And everything will be just fine [Jeremy & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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18 février 2008

Il était impressionnant de constater  à quel point peu de mots pouvaient réussir à faire basculer le monde entier d’une seule personne. Il en avait fallu seulement trois à Juliet pour que ses certitudes – pourtant bien ancrées – s’effondrent complètement, la laissant à la merci de l’univers. Elle avait alors répondu du bout des lèvres à son interlocuteur, avant de partir, et de transplaner chez elle, dans un état second. Elle se souvenait parfaitement avoir monté l’escalier qui menait à sa chambre, avoir ouvert la porte de cette dernière, et s’être laissée tomber sur son lit, où elle avait finalement passé la journée entière, alternant entre angoisse, et sommeil profondément agité. Ses pensées, trop confuses, l’empêchaient de réfléchir correctement, tandis que son subconscient la ramenait à cette réflexion à chaque fois qu’elle s’en éloignait. Le cercle était infernal, vicieux, et ses nerfs menaçaient de lâcher à tout moment, tant la nouvelle l’avait secouée et tant elle continuait à la secouer encore.

Recroquevillée sur elle-même pendant de longues heures, Juliet avait ressassé le mois de janvier dans son intégralité, cherchant les indices qu’elle avait ratés, et qui auraient pu la préparer à ça. Mais il n’y avait rien – absolument rien. A vrai dire, lorsqu’elle y réfléchissait bien, le mois de janvier avait été un mois paisible, heureux. Un peu avant la mi-janvier, son père était sorti du coma, et avait récupéré toutes ses facultés mentales et physiques rapidement. Elle avait appris à connaître Annabelle, la nouvelle compagne de George, qui s’était révélée adorable, gentille, pleine d’entrain et positive – une bouffée de fraîcheur alors que Juliet peinait à ne pas baisser les bras. Elle avait également renoué une relation plus saine avec Samaël, qui semblait définitivement sortir de sa mauvaise passe – et ses fiançailles avec Théo n’y étaient sûrement pas pour rien. Théo, qui lui avait justement proposé d’être son témoin – chose qu’elle avait bien évidemment accepté sans hésiter. Touchée par cette marque de confiance, la jeune femme avait alors réalisé que, pour tout ce que le jeune homme pouvait bien lui apporter – le titre « d’ami » ne suffisait plus, et que celui de « meilleur ami » semblait plus approprié. Sans oublier sa formation en tant que Poursuiveuse, dans laquelle elle s’épanouissait un peu plus chaque jour, et qui lui faisait se sentir  vraiment à sa place. Et puis, évidemment, il y avait Jeremy. Un sourire voulu se former sur ses lèvres, mais se transforma rapidement en grimace, tandis que ses yeux se refermaient avec force. Merlin. Le mois de janvier, pourtant, avait été pour eux relativement tranquille, et leur séparation n’était plus qu’un lointain souvenir. Le temps avait fait son œuvre, et c’était comme si, à présent, leur relation était plus forte, plus solide, construite sur des bases plus saines. Comme si l’amour adolescent avait laissé place à un amour différent. Plus adulte, en quelque sorte.

Mais adultes, ils étaient encore loin de l’être. Si certes, leur relation se stabilisait, ils n’avaient que dix-neuf ans, respectivement. Et pourtant… Et pourtant il leur faudrait grandir. Et vite. Grandir pour en parler, grandir pour prendre une décision, grandir pour l’assumer, chaque jour. Cependant, la perspective même de se lever semblait donner la nausée à Juliet, qui finit toutefois par se redresser, avant de se passer une main lasse sur le visage. Elle rassembla tout son courage pour gagner la salle de bain et se glisser sous la douche. L’eau ne l’aida pas à mettre de l’ordre dans ses pensées, bien malheureusement, mais la rendit au moins un minimum présentable. Observant son reflet sans vraiment se voir, plongée dans un état second, Juliet finit par détourner les yeux, et quitta la salle d’eau habillée décemment pour sortir. S’il n’était pas prévu qu’elle quitte la colocation ce soir – à vrai dire, elle avait promis à Samaël de regarder un film avec lui – elle ne pouvait décemment pas rester seule plus longtemps. Et la seule personne qu’elle avait envie – non, qu’elle avait besoin – de voir, ne se trouvait pas sur Aberystwyth. Bien décidée à rejoindre Jeremy, donc, le plus rapidement possible – de crainte de changer d’avis et de ne jamais faire face à ses responsabilités – Juliet saisit rapidement son sac, vérifia de bien avoir ses clés, et partit sans un mot pour ses colocataire.

L’air froid lui fouetta le visage, et lui fit le plus grand bien, alors qu’elle marchait un peu dans les rues de la petite ville universitaire, cherchant une petite ruelle où transplaner sans se faire voir des moldus. Elle parvint finalement à en trouver une, dans laquelle elle s’engagea. Repoussant fermement ses pensées, elle se concentra uniquement sur sa destination, qu’elle prit le temps de bien visualiser. Quelques secondes plus tard, elle réapparaissait dans les rues de Bristol, et se mit à marcher d’un pas vif et rapide en direction de l’appartement où vivait son petit-ami. Trop rapidement à son goût, elle se retrouva face à sa porte, et resta immobile devant. Sa raison lui disait de frapper, que retarder le moment ne ferait qu’empirer les choses, tandis que tout son être lui hurlait de partir, de rentrer chez elle – de ne plus en sortir, éventuellement. Les trois coups frappés sur la porte indiquèrent qu’elle avait choisi la première option, et la jeune femme s’appliqua à prendre de longues inspirations, tentant de se calmer.

Chose qui fonctionna relativement bien jusqu’au moment où Jeremy ouvrit la porte et où elle se retrouva face à lui. Désemparée, elle se contenta de l’observer pendant un long moment, se triturant les mains avec nervosité, avant de se rendre compte qu’elle devait justifier sa présence ici – et, qu’éventuellement, parler serait un bon début.

« Hey… » lâcha-t-elle, la gorge nouée. Elle s’approcha du jeune homme pour l’embrasser, n’aspirant cependant qu’à se blottir dans ses bras, là où le monde lui paraissait moins cruel, moins hostile. « Tu vas bien ? » reprit-elle alors, plus distinctement. « Excuse-moi, je passe à l’improviste mais… Mais il faut que je te parle. »

Voilà, c’était dit. Elle ne pouvait plus se défiler, à présent. Levant les yeux vers Jeremy, elle lui adressa un bien maigre sourire.

« En privé, si c’est possible ? C’est important. »

Pour être important, ça l’était. A vrai dire, elle n’avait jamais eu à annoncer une chose de cette ampleur auparavant. Elle suivit son petit-ami dans sa chambre, referma la porte derrière elle, et resta debout, silencieuse. Tout chez elle démontrait l’angoisse qu’elle ressentait à ce moment précis. Depuis son regard fuyant jusqu’à ses mains tremblantes, en passant par le poids à l’estomac qu’elle avait l’impression de ressentir, et la façon dont elle avait de mordiller sa lèvre inférieure. Elle souffla. Longuement.

« Je crois que tu ferais mieux de t’asseoir. » déclara-t-elle, prenant également place sur le bord du lit de Jeremy.

Elle glissa alors sa main dans la sienne, cherchant un vague réconfort dans ce geste. Quelques secondes passèrent encore avant qu’elle ne se décide à parler, le regard toujours baissé.

« Ecoute chéri, je… Merlin, je ne sais pas comment te dire ça. J’ai appris quelque chose ce matin. Quelque chose d’important. »

Elle s’interrompit, releva les yeux, et vrilla son regard gris dans celui du jeune homme, le dévisageant avec intensité.

« Ce que j’essaie de te dire c’est que… Je suis enceinte. » lâcha-t-elle finalement.



Kit par Irving Ship
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy posa le dernier point à son devoir et poussa un petit cri de victoire. Il avait vaincu ! Celui-ci lui avait donné du fil à retordre, et il avait passé de longues heures avec Bianca à décortiquer le cours et divers livres de la bibliothèque de Lycaon dans l'espoir d'y voir plus clair. La métamorphose était passionnante, Jeremy l'avait toujours trouvé, mais il n'était clairement pas habitué à travailler aussi dur. Si les cours particuliers que lui avait donné le professeur Nolan pour s'entraîner au concours, l'an passé, lui avaient appris la rigueur et le goût de l'effort intellectuel - qu'il n'avait clairement pas auparavant, se reposant bien souvent sur ses facilités pour réussir - Jeremy avait encore beaucoup de mal à se concentrer sur sa chaise des heures durant, le nez plongé dans un travail qui semblait interminable. Heureusement, son travail acharné avait fini par payer, et son tandem avec Bianca faisait des merveilles : les deux jeunes gens se disputaient allègrement la première place de la promotion, ce qui ne les empêchait pas de s'entendre, malgré quelques frictions et batailles d'ego.

Jeremy poussa un long soupir satisfait, étira ses muscles engourdis par le travail et se leva de sa chaise pour s'agiter dans tous les sens. Cela faisait du bien, bon sang ! Ce qu'il n'aurait pas donné pour saisir son balai et aller à l'entraînement de Quidditch, comme avant ! Le Quidditch était probablement ce qui lui manquait le plus des années Poudlard, ça et Vingounet d'amour bien entendu. L'ambiance des entraînements, l'effort physique et la douche bien chaude à la fin, sans oublier surtout l'adrénaline les jours de match, tout cela lui manquait encore plus qu'il ne l'aurait cru. Pourtant, Jeremy ne regrettait rien. Sa nouvelle vie était tout aussi excitante que l'ancienne et il fallait bien grandir, un jour ou l'autre. Ses préoccupations évoluaient et il était probablement devenu plus sérieux que le garçon qui avait organisé une soirée mousse et mandragore clandestine dont Poudlard se rappellerait encore dans dix ans. Il était devenu très dangereusement proche de l'âge adulte...

Mais il n'y était pas totalement rentré pour autant. Ainsi, Jeremy perpétuait la tradition des séances de cinéma moldu avec son frangin, et celui du week-end dernier n'était pas exactement destiné aux adultes. Jeremy l'avait encore en tête, en particulier la musique, et ce fut donc en chantant la bande originale épique du film qu'il pénétra dans la salle commune. Il avisa Sean qui n'avait pas l'air d'être en train de travailler, ni de faire quoi que ce soit de bien productif d'ailleurs, et commença à discuter avec son colocataire, plein de l'entrain, de l'énergie et de l'auto-satisfaction de celui qui a été productif et efficace. Bientôt, Jeremy en vint à raconter le film, avec moult gestes de bras et imitations plus ou moins réussies des personnages. Il était debout sur le canapé, une épée imaginaire en main, lorsque quelques coups furent frappés à la porte.

"Alors le capitaine Barbossa brandit son épée et... Bouge pas, j'vais ouvrir !"

Un large sourire aux lèvres, Jeremy ouvrit la porte pour faire face à une Juliet qui n'avait pas l'air de partager un dixième de son entrain. Surpris, Jeremy s'effaça légèrement pour la laisser entrer mais la jeune fille continua de l'observer sans rien dire, visiblement plongée dans ses pensées. Le jeune homme fronça les sourcils et avisa les traits tirés de sa petite-amie, son air tendu. Quelque chose se noua au creux de son estomac, comme un mauvais pressentiment.

"Bonjour, chérie ?", tenta-t-il finalement avec un petit sourire. Il se sentit légèrement soulagé lorsqu'elle l'embrassa, soulagement qui ne fut que de courte durée. De quoi pourrait-elle vouloir lui parler, en privé ? Qu'est-ce qui était de si important pour qu'elle débarque à l'improviste, l'air bouleversée ? Une appréhension sourde s'infiltra en Jeremy, alors que divers cas de figure lui venaient en tête. Le premier concernait le père de la jeune fille, qui avait peut-être fait une rechute après son accident de novembre, mais c'était peu probable. Sa seconde hypothèse n'était pas plus réjouissante, et il tenta de l'éjecter de son esprit. Les choses allaient bien mieux entre Juliet et lui. A vrai dire, il se sentait plus à l'aise dans leur relation depuis qu'ils s'étaient réconciliés, par rapport au début de l'année. C'était comme s'ils avaient exorcisé toutes les incompréhensions qui pouvaient exister entre eux pour revenir aux fondamentaux, à l'amour qu'il partageait. C'était comme si leur couple était devenu plus fort, plus sain, plus équilibré que jamais. Peut-être que Juliet ne ressentait pas les choses comme lui, mais il avait du mal à croire qu'il puisse se sentir si bien dans leur relation si ce sentiment n'était pas partagé.

Non, il devait y avoir un autre problème. Un problème qui nécessitait que Juliet hésite, prenne des précautions, veuille lui parler loin des oreilles pourtant discrètes de Sean.

"Bien sûr, allons dans ma chambre", répondit Jeremy en jetant un regard interloqué à son colocataire, avant de se diriger vers sa chambre. Il resta immobile et silencieux, sentant une boule se former dans son estomac à mesure qu'il prenait conscience de l'état d'angoisse de Juliet. Il s'assit, docilement, et serra les doigts de Juliet entre les siens, tandis que son esprit formulait mille hypothèses. Elle le quittait, elle était lesbienne finalement, ou bien elle avait été mordue par un loup-garou, elle arrêtait le Quidditch pour élever des perroquets dans les Caraïbes. Jeremy aurait été capable de tout imaginer, de tout entendre. Tout, sauf...

"En...Enceinte ?"

Sa voix, qui s'était brisé sur la fin, semblait étrangère à ses propres oreilles. Il lui fallut de longues secondes pour comprendre le mot que la jeune femme avait prononcé, ce mot qu'il avait répété, questionné, sous-pesé. Enceinte, comme dans "attend un enfant". Comme dans Juliet était enceinte, un être vivant grandissait dans son ventre et il en était le père. Soudain, les yeux de Jeremy s'arrondirent comme des soucoupes, tandis que la révélation de Juliet prenait enfin son sens. Quelque chose de lourd tomba dans son estomac. Une impression hautement désagréable s'infiltra en lui, comme s'il était entré dans un espèce d'état second, un état dont il ne pourrait plus jamais se défaire. Pourquoi avait-il l'impression que le monde tel qu'il le connaissait venait de disparaître pour toujours ? Comme si un point de non-retour venait d'être atteint, comme si sa vie était soudainement devenue sérieuse, incertaine et effrayante...

Un bébé... Juliet et lui avaient conçu un être vivant. Comment ? C'était impossible, souffla la petite voix de l'espoir dans l'esprit de Jeremy. Espoir qui se dégonfla bien vite, alors que sa raison reprenait - enfin - le dessus. Juliet et lui avaient couché ensemble. A partir de là, l'unique condition nécessaire était rempli. La contraception n'était pas une méthode infaillible, bien que les potions sorcières soient extrêmement efficaces. Peut-être que Juliet l'avait mal prise, peut-être qu'elle y avait mal réagi, peut-être que c'était autre chose, peut-être... Quelque chose ne s'était pas passé comme prévu et l'impensable était arrivé. Juliet était enceinte. Jeremy n'avait pas besoin de lui demander si elle était sure, s'il ne pouvait pas y avoir une erreur, il la connaissait trop bien pour savoir qu'elle ne lui aurait rien dit s'il y avait un doute. Du moins, elle ne le lui aurait pas dit de cette façon.

Au bord de l'apoplexie, Jeremy finit par expirer bruyamment. Il n'avait même pas réalisé qu'il retenait sa respiration jusque là. Peu à peu, l'idée faisait son chemin en lui, accompagnée par une peur panique et une immense sensation de gâchis. Quoi qu'il arrive à présent, quoi qu'il se passe, quoi que Juliet et lui décident, qu'elles qu'en soit les conséquences sur leur vie, sur le couple... C'était trop tôt, ce n'était pas prévu, ils n'auraient pas dû avoir à connaître cela. Il n'y avait pas de solution miracle pour se sortir d'une telle situation, cela allait être dur et éprouvant quoi qu'il arrive, et il se sentait profondément désolé pour Juliet et pour lui-même d'avoir à vivre cela.

Son premier instinct, une fois passée la surprise, fut d'attirer Juliet dans ses bras et de la serrer contre elle, fort, enfouissant son visage dans ses cheveux. Il avait peur, et il se doutait que cela devait être mille fois pire pour la jeune femme. Il n'imaginait même pas ce que cela devait être, d'imaginer avoir cet être qui grandissait à l'intérieur de soit, sans s'être préparé psychologiquement à l'accueillir. Et pour ne pas être préparés, ils ne l'étaient pas... Terrifié, il finit par formuler tout haut la question qu'ils se posaient probablement tous les deux tout bas, d'une voix blanche et mal assurée :

"Qu'est-ce qu'on va faire ?"


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Enceinte.

C’était la première fois qu’elle prononçait ce mot à voix haute, depuis qu’elle avait appris cette nouvelle, le matin même. La sonorité lui sembla toute particulière, probablement car le terme s’appliquait cette fois-ci à sa situation. Elle était enceinte. Elle attendait un enfant. Un enfant qu’elle avait conçu avec Jeremy. Merlin. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment quoi en penser. Une chose était sûre, elle mourrait de peur. Elle mourrait de peur, parce qu’elle ne savait pas quoi faire, ni comment réagir face à cette nouvelle. Elle était bien évidemment consciente qu’un choix était à faire, et que, quoi qu’ils fassent, leurs vies seraient bouleversées à jamais. Et cette perspective était hautement effrayante.

Observant Jeremy, Juliet se mordilla la lèvre inférieure, ne sachant pas quoi dire. Elle se doutait bien qu’elle ne pouvait aucunement le blâmer sur son silence – la nouvelle était conséquente, et difficile à en encaisser. Mais cela lui permettait aussi de formuler différentes hypothèses intérieurement – chose dont elle se serait bien passée. Et si Jeremy décidait de la laisser se débrouiller seule ? Evidemment, elle se doutait que ce n’était que très peu probable – elle connaissait suffisamment Jeremy pour savoir que ce n’était pas son genre. Mais dans cette situation, ce que redoutait le plus la jeune femme, c’était de se retrouver seule, et livrée à elle-même. Rien que l’idée la faisait frissonner, et elle serra la main de Jeremy dans la sienne, pour chercher du réconfort à travers ce geste. Ils n’étaient pas préparés pour ça, comment pouvaient-ils y faire face ? Si Juliet se surprenait à imaginer son futur avec son petit-ami, ils n’avaient jamais encore évoqué le sujet des enfants. Tout simplement parce que la jeune femme ne se doutait pas une minute qu’elle pouvait tomber enceinte, et le découvrir du jour au lendemain. A vrai dire, c’était le genre de chose qui arrivait aux autres, et par conséquent, elle ne s’était jamais sentie vraiment concernée. Elle avait toujours fait attention à la contraception, et ne voyait pas comment une telle chose avait pu arriver. Et pourtant. Et pourtant elle était bien enceinte. Elle pouvait encore entendre la voix de son médicomage lui annoncer cette nouvelle, avant qu’elle ne quitte l’hôpital, sous le choc. Ses mains se mirent à trembler, alors qu’elle se forçait à respirer calmement.

Un soupir de soulagement lui échappa toutefois lorsque Jeremy l’attira contre lui, elle nicha sa tête dans le creux de son cou et ferma les yeux. Aucune étreinte ne lui avait parue aussi rassurante, aussi réconfortante, et elle s’y abandonna complètement. Evidemment qu’elle était toujours aussi terrifiée, que le poids qu’elle avait l’impression d’avoir dans l’estomac n’avait pas disparu. Mais la réaction de son petit-ami parvenait grandement à la rassurer. La question qu’il posa ensuite, en revanche, la laissa muette, et elle fut incapable d’y répondre. Qu’allaient-ils faire ? Les possibilités – bien que réduites – impliquaient forcément un bouleversement complet de leurs vies, et elle sentit sa gorge se nouer à cette pensée.

Ils pouvaient choisir de ne pas aller jusqu’au bout de cette grossesse, et Juliet pouvait se faire avorter. Cette pensée l’agita étrangement, et elle porta machinalement sa main de libre sur son ventre, plongée dans ses pensées. Elle pouvait avorter, oui. Et cela signifiait aussi en supporter les conséquences. Si elle n’avait jamais été confrontée de près ou de loin à un avortement, elle se doutait bien que ce n’était sûrement pas une décision à prendre à la légère, et que les répercussions pouvaient être considérables. Mais l’autre solution était-elle préférable ? Avoir un enfant, alors qu’ils n’avaient que dix-neuf ans ? En voulaient-ils d’ailleurs, de cet enfant ? Juliet baissa légèrement la tête, et se passa une main sur le visage, incapable de réfléchir correctement. Ces deux choix – complètement opposés – semblaient tourner en boucle dans son esprit. Avoir un enfant, ce n’était pas seulement avoir un bébé, une petite chose à pouponner. C’était avoir un enfant qui grandirait, qui deviendrait adolescent, puis adulte. C’était s’engager, aussi – et de manière radicale – à être liés jusqu’à la fin de leurs jours. Cela signifiait aussi prévoir un budget, faire attention à une multitude de choses dont ils n’avaient pas eu pour l’instant à se préoccuper. Et c’était beaucoup. C’était beaucoup pour deux jeunes adultes, qui venaient à peine de rentrer dans leurs vies d’étudiants – qui dépendaient encore un peu de leurs parents, financièrement au moins. C’était beaucoup pour un jeune couple, beaucoup pour n’importe quelle personne n’y étant pas préparée, en réalité.  

Alors, qu’allaient-ils faire ? Ce n’était pas comme s’ils pouvaient repousser cette décision – et à vrai dire, Juliet était persuadée qu’ils gagneraient à la prendre rapidement. Elle finit alors par relever les yeux, pour vriller son regard dans celui de Jeremy, qu’elle tenta de soutenir.

« Je ne sais pas. » avoua-t-elle finalement. « Je ne sais vraiment pas. » elle n’arrivait même pas à formuler une phrase complète. « Ce n’est pas comme si les possibilités étaient nombreuses non plus. » lâcha-t-elle, plus pour combler le silence qu’autre chose. Et c’était peut-être le pire, d’ailleurs. « Je peux me faire avorter. » lâcha-t-elle avec douceur, guettant la réaction de Jeremy, alors sa main se glissait dans la sienne et la serrait avec force.

Sa dernière phrase resta un long moment dans les airs, et Juliet prit le temps de la soupeser, avant de reprendre la parole.

« On peut aussi décider de le garder. » déclara-t-elle d’un ton égal au dernier. « Je ne sais pas. » répéta-t-elle une nouvelle fois – c’était probablement ce qui définissait le mieux sa pensée. « Qu’est-ce que tu penses de tout ça, toi ? » demanda finalement la jeune femme.

Et elle, qu’en pensait-elle ? Que voulait-elle faire ? Car, si elle n’était pas prête à faire face à tout cela, la vie en avait décidé autrement, et ne lui laissait pas le choix.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Comme il pouvait s'y attendre, Juliet n'était pas plus décidée qu'elle quant à la marche à suivre. La jeune fille le disait si bien, les possibilités n'étaient pas nombreuses et il allait leur falloir décider entre deux choix qui étaient chacun lourds de conséquences. Dans le premier cas, ils décidaient de ne pas garder le bébé, ce qui était envisageable mais faisait naître une grosse boule dans la gorge de Jeremy. Comment pourrait-il se regarder dans un miroir après quand, dans quatre, cinq, six ans, il voulait réellement faire un enfant avec Juliet ? Puis un autre, et pourquoi pas un troisième ? Car il savait que ce jour arriverait, il en était persuadé. Merlin, il était déjà persuadé d'avoir dans ses bras la femme de sa vie... Que pourrait-il vouloir de plus qu'elle, elle et la famille qu'ils pourraient fonder ? Il ne lui était pas bien difficile d'imaginer ce que pourrait être leur vie. Déjà à l'époque où ils étaient meilleurs amis, à l'époque où ils refoulaient obstinément les sentiments qu'ils pouvaient avoir l'un pour l'autre, Jeremy se projetait facilement dans un futur où Juliet serait toujours là, à ses côtés, pour faire les quatre cent coups. Et aujourd'hui ? Aujourd'hui, il était persuadé qu'un jour ou l'autre, ils allaient se marier, vivre ensemble dans une maison de campagne. Jeremy deviendrait prof de métamorphose et Juliet...

Juliet ne pourrait pas poursuivre son rêve si elle avait un enfant maintenant. Elle ne serait jamais une joueuse de Quidditch professionnelle, c'était un objectif fragile dans un univers impitoyable et elle ne pouvait se permettre de prendre une année, ou deux, pour mettre au monde un enfant et retrouver sa forme physique. Et puis...ce n'était pas un hasard non plus si les joueurs professionnels avaient souvent des enfants assez tard. Outre le fait que ce mode de vie était prenant et nécessitait un investissement parfois incompatible avec une vie de famille, c'était un sport dangereux. Il était hors de question que Juliet mette les fesses sur un balai tant qu'elle porterait leur enfant, quoi qu'ils décident, Jeremy était bien décidé à s'assurer de cela. Le Gryffondor à tendances sur-protectrices qu'il était se mettait déjà dans tous ses états à l'époque où il était capitaine d'une équipe composé de plusieurs de ses amies, alors il n'imaginait pas une seule seconde la mère de son enfant en plein match endiablé. Ce n'était pas une question de sexisme, Jeremy connaissait parfaitement les dommages que pouvaient provoquer un cognard ou une chute un peu trop brutale, que ce soit chez un homme ou une femme... et il avait déjà manqué avoir une crise cardiaque en observant Juliet jouer chez Flaquemare.

Alors Juliet était celle qui avait le plus à perdre s'ils décidaient de garder cet enfant. Jeremy, lui, pouvait toujours s'arranger avec Lycaon, il en était certain, et même si les choses seraient compliqué, il n'aurait probablement aucun mal en tant qu'animagus à reprendre ses études et à trouver un travail plus tard s'il le fallait. C'était un don suffisamment rare pour être valorisé, et son excellent début d'année ainsi que ses résultats d'ASPICs joueraient en sa faveur. De plus, les sorciers plus encore que les moldus comprenaient les impératifs de la vie de famille, car les deux guerres successives avaient provoqué un certain nombre de naissances chez de jeunes parents. Et qu'il y avait pas mieux que de tels évènements dramatiques pour réaffirmer les valeurs familiales ? Mais Juliet, pour sa part, pouvait-elle réellement sacrifier sa carrière ? Jeremy trouverait cela tellement dommage, elle qui avait si bien commencé la saison. Elle était très vite devenue la coqueluche des supporters de Flaquemare et Jeremy était persuadé qu'elle finirait tôt ou tard par jouer en équipe nationale, à ce rythme. Alors, même si ce serait peut-être, égoïstement, un certain soulagement pour lui de ne plus la voir virevolter à plusieurs mètres de haut, pourchassée par les cognards, Jeremy savait pertinemment qu'il ne pouvait lui demander de sacrifier cela...

Après tout, c'était pour cela qu'avait été reconnu le droit à l'avortement, qui avait été si difficile à accepter côté sorcier une fois que les moldus avaient passé leur loi. Les sorciers calquaient généralement leurs réformes de société sur celles des moldus pour éviter de trop grosses disparités législatives au sein d'un même pays, mais celui-ci avait causé de longs débats houleux, que ce soit au plan politique ou au sein de la population elle-même. Mais la loi avait fini par être adoptée et plus ou moins acceptée, ce qui leur laissait tout à fait cette possibilité. Et si elle attristait Jeremy, il ne pouvait nier que c'était très probablement la solution la plus raisonnable dans leur situation. Certes, ce ne serait pas quelque chose dont Juliet devrait se venger auprès de sa grand-mère Flint et aux réunions de sangs-purs, mais c'était un choix qui leur était offert et dont ils n'auraient pas à avoir honte. Ils étaient trop jeunes pour avoir un enfant, cela paraissait évident.

Et pourtant... L'image d'un bébé dans les bras de la jeune femme traversa furtivement l'esprit de Jeremy et il frissonna, hautement perturbé. Il ne se connaissait pas des envies de paternité... Enfin, non, c'était faux. Il s'était toujours imaginé avec une grande famille, et imaginait d'ailleurs son frangin l'imiter pour que leurs enfants passent de longues après-midi entre cousins. Jeremy était assez traditionnel sur ce point, et le futur qu'il s'imaginait consistait à couler des jours heureux et animés en compagnie de ses enfants. Juliet trouvait tout à fait sa place dans ce tableau. Le problème était que tout ceci était rapide, si rapide, par rapport à ce qu'il était il y a encore un an ou deux. Le garçon qui organisait des soirées, picolait, fumait de la racine de mandragore, faisait ses devoirs un jour sur deux et s'en tirait quand même aux examens. Le garçon qui draguait Kelsey à l'anniversaire de Swann, en oubliant la jolie Mafalda qui lui plaisait pourtant, ce garçon là avait-il déjà disparu ? A quel moment était-il entré dans l'âge adulte, sans prévenir ?

"Je ne sais pas du tout, chérie", répondit-il finalement en soupirant, vrillant un regard impuissant dans celui de la jeune femme. "On pourra l'assumer, dans les deux cas. Je suis là pour toi, évidemment, je ne vais nulle part. Et...je pense que nos familles seront là aussi."

Non sans la dispute du siècle, songea-t-il en esquissant une grimace significative.

"Si on décide de ne pas le garder, j'imagine que cela simplifierait les choses. Je veux dire... On est si jeunes, Ju. Je me dis parfois qu'on est invincibles, tous les deux, qu'on peut surmonter toutes les épreuves et qu'on n'a peur de rien et je pense que c'est vrai mais... C'est si tôt. Il y a mes études mais surtout il y a ta carrière, si tu as un enfant maintenant tu ne pourras peut-être jamais la reprendre, et... Et ce serait tellement dommage. Je ne peux pas te demander cela. Et puis je ne sais pas m'occuper d'un enfant, et on n'a pas beaucoup d'argent, et..."

Il s'interrompit et prit une profonde inspiration, réalisant que la panique menaçait.

"Personne ne peut nous reprocher de prendre cette décision. Cela nous permettrait de continuer à vivre notre jeunesse d'étudiants, sans contraintes, cela te permettrait de poursuivre ta carrière, et cela enlèverait une certaine pression sur notre couple, j'imagine. D'un autre côté... "

Jeremy tendit une main hésitante vers le visage de Juliet, et caressa sa joue en un geste tendre. Il se mordit l'intérieur de la joue et se força à soutenir son regard, conscient que les prochains mots qui allaient sortir de sa bouche pouvaient lui faire plaisir comme, au contraire, la faire partir en courant. Ils n'avaient jamais parlé d'éternité... Mais cela semblait être le moment ou jamais.

"Je sais déjà que je veux passer ma vie avec toi. Je sais déjà que je veux des enfants avec toi, un jour."

Un jour. Toute la problématique résidait dans ces deux petits mots. Un jour...ou dans neuf mois ? Neuf petits mois. Une fraction de seconde, en réalité...


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Evidemment qu’ils étaient en droit de choisir de ne pas garder l’enfant, et que personne ne pourrait leur reprocher cette décision. Ils étaient encore si jeunes, et venaient à peine d’entrer dans le monde adulte, après avoir été protégés de la réalité pendant sept longues années au sein de l’école. Aujourd’hui, Juliet se prenait la réalité – et ses conséquences – en pleine figure, et jamais une situation ne lui avait semblé si irréelle. Elle était enceinte, elle attendait un enfant. Et, si elle ne mettait pas un terme à sa grossesse, cela signifiait que, dans huit mois, elle était mère. Mère. Cette pensée la remua étrangement, alors qu’elle tentait de peser le pour et le contre, tout en écoutant attentivement les paroles de Jeremy.

Elle pouvait avorter. Elle avait le droit d’avorter, et de choisir de continuer sa carrière. N’était-ce pas ce qu’elle voulait, ce qu’elle avait toujours voulu ? Elle avait la possibilité de devenir une joueuse professionnelle talentueuse. Elle avait l’ambition d’entrer dans l’équipe nationale. Elle avait toujours rêvé de faire de sa passion son métier, et elle en avait l’occasion. Après tout, n’était-ce pas ce pourquoi elle s’était battue, tout au long de l’année dernière ? Elle avait travaillé sans relâche, durant toute l’année dernière. Allait-elle vraiment tout laisser tomber ? Elle s’était pourtant souvent promis de ne jamais abandonner, peu importe les circonstances. Mais aujourd’hui, tout prenait un sens nouveau, et ces anciennes promesses n’avaient plus aucune valeur. Ce n’était pas un choix qu’elle pouvait prendre à la légère, ou sur un coup de tête. Parce que les conséquences de l’avortement seraient lourdes sur le plan moral. Pourrait-elle encore se regarder en face, après ça ? Continuerait-elle à y penser, des années après ? Il y aurait-il ce sentiment de regret, qu’il l’assaillait déjà ? Sûrement. Probablement qu’il serait encore plus fort, plus réel.  Et pourrait-elle le supporter ? Elle n’en savait rien, évidemment, elle ne pouvait pas connaître sa réaction face à un tel évènement.

Elle voulait poursuivre sa grossesse, alors ? Garder cet enfant, l’élever avec Jeremy ?  Devenir mère ? Etait-elle prête à devenir mère ? Elle avait toujours voulu des enfants, elle ne le niait pas, et elle s’était toujours sentie très maternelle. Mais tout cela arrivait si vite, et elle ne s’était jamais attendue à devoir faire face à une telle situation aussi jeune. Pourtant, lorsqu’elle y songeait, l’idée ne lui semblait pas si insensée que ça. Lorsqu’elle y réfléchissait posément, lorsqu’elle parvenait enfin à mettre un peu d’ordre dans ses pensées, la perspective de poursuivre sa grossesse lui semblait étrangement envisageable. Surprise pas sa propre pensée, Juliet fronça les sourcils. C’était donc ce qu’elle voulait vraiment ? Avoir cet enfant ? « Oui » lui souffla une petite voix, alors qu’une autre lui conseillait de prendre son temps avant de prendre une décision définitive. Parce que c’était avoir un enfant, mais c’était aussi prendre en compte tous les changements que cela allait entraîner.

Elle fut alors tirée de ses pensées par la main de Jeremy, qui se posa délicatement sur sa joue. Elle releva la tête, et l’observa avec attention et curiosité, alors qu’il semblait hésiter à prendre la parole. Les mots qu’il prononça par la suite la laissèrent muette, bien qu’un léger sourire paisible vint s’étirer sur ses lèvres. Ils n’avaient jamais parlé d’éternité, ils n’avaient jamais vraiment évoqué le futur. Pourtant, dans l’esprit de Juliet, cela était bien clair : Jeremy faisait parti de son futur. Elle savait que plusieurs femmes refusaient de s’engager avant d’avoir trouvé l’homme de leur vie, « le bon » comme elle disait. Du haut de ses dix-neuf ans, Juliet, elle, était persuadée de l’avoir trouvé, et était certaine qu’elle le voulait à ses côtés, pour le reste de sa vie. Cependant, l’entendre de la bouche de Jeremy donnait une toute autre dimension à cette pensée, comme si elle devenait plus réelle. Son sourire s’accentua, et elle se rapprocha de lui pour l’embrasser, avant de vriller son regard dans le sien, et de caresser sa joue du bout des doigts.

« Sur ce point là, je ne pourrais pas être plus d’accord avec toi. » souffla-t-elle avant de venir se caler contre lui. « Je sais très bien que tu es celui avec qui je veux passer ma vie, je n’ai aucun doute sur ça. » lâcha-t-elle doucement.

Sa main se porta instinctivement à son ventre, qui ne trahissait aucunement son état, et Juliet garda le silence durant quelques instants, alors qu’elle réfléchissait à la réponse qu’elle pouvait bien donner à son petit-ami.

« Je pense… Je pense que je regretterais le fait d’avorter pour sauver ma carrière. » lâcha-t-elle finalement. « Je sais pertinemment que c’est la chose la plus raisonnable à faire, pourtant. Je veux dire, j’ai toujours rêvé de devenir joueuse professionnelle. Mais je suis en train de tout remettre en question et je me rends compte que… Que certains désirs pourraient dépasser cette ambition. »

Elle s’interrompit quelques instants, surprise par ce qu’elle pouvait bien dire. Elle émettait la possibilité d’avoir un enfant. Un  enfant par Merlin.

« Mais on est jeunes, oui, et on a encore la vie devant nous pour penser à toutes ces choses là. Et puis, tu as tes études, toi aussi… »

Elle baissa alors la tête, hésitante à lancer la phrase qui lui brûlait les lèvres. C’était une décision si conséquente – et il n’y aurait aucun moyen de revenir en arrière. Elle finit par relever le regard, pour le vriller dans celui de Jeremy.

« Je veux des enfants avec toi, et je le sais depuis quelques temps déjà. Effectivement, cela arrive plus tôt que prévu mais… Les choses sont comme elles sont. Et il y a sûrement une tonnes de raisons qui voudraient que je choisisse d’avorter. Mais… Je te surprends, si je te dis que j’ai l’impression que j’ai vraiment envie de garder cet enfant ? En connaissance de tout ce que cela va entraîner, évidemment. »

Elle se mordilla la lèvre inférieure, songeuse, hésita à rajouter quelque chose, puis garda le silence, le regard toujours dardé sur Jeremy.



Kit par Irving Ship
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Dire que Jeremy avait été soulagé par le sourire de Juliet aurait été un euphémisme. Il ferma les yeux avec contentement et répondit à son baiser, avant de l'entourer de ses bras alors qu'elle se calait contre lui. Quelle étrange sensation était-ce là que de savoir qu'il serrait contre lui la personne qui allait partager le reste de sa vie ! C'était à la fois grisant et profondément effrayant, car ils étaient si jeunes, car ils auraient pu passer encore bien des années à virevolter d'amourette en amourette avant de rencontrer la bonne personne... Mais leur histoire était sérieuse depuis le départ, ils le savaient tous les deux même s'ils ne s'étaient jamais rien déclarés à voix haute auparavant. C'était même la condition de départ de leur couple, jamais ils n'auraient causé autant de mal autour d'eux en se mettant ensemble s'il ne s'était s'agit que d'un coup de coeur sans grand avenir. Pourtant, maintenant que c'était dit à voix haute, maintenant qu'ils devaient faire face aux conséquences de leur amour, Jeremy avait peur. Et s'il se trompait ? C'était probablement ce que diraient ses parents, n'est-ce pas ? Qu'il pensait être amoureux maintenant mais qu'il réaliserait plus tard ce que ce mot signifiait réellement. Qu'il s'en mordrait les doigts, s'il sacrifiait sa jeunesse pour fonder une famille trop vite, trop tôt, avec une jeune fille qu'il n'aimerait peut-être plus dans deux ans, ou dans dix, ou dans cinquante. Oui, voilà ce que penseraient probablement ses parents, qu'ils le disent ou non...

Mais lui, le pensait-il ? Il serait si facile de se laisser aller à ses angoisses, à cet instant, si facile de rejeter en bloc des certitudes qui lui étaient apparues inébranlables jusque là. En proie à ces sentiments contradictoires, Jeremy écouta Juliet avec une certaine appréhension, pressentant la conclusion de ses paroles. Il savait pourquoi il avait si peur, tout d'un coup. Comme s'il devinait la solution qu'ils voulaient vraiment prendre, tous les deux, contre toute attente et en dépit de toute raison. Et cela l'effrayait, car cela signifiait que, bien loin de mettre toute cette histoire derrière eux en s'efforçant tant bien que mal d'oublier, ils allaient au-devant de toutes les difficultés du monde. Toutes les difficultés et toutes les joies, également, car bien loin de n'entraîner que des souffrances et des regrets, le fait d'avoir un enfant serait avant tout un évènement positif et merveilleux. C'était un choix de vie qu'ils s'apprêtaient à faire, le choix de devenir parents un peu plus tôt que prévu, celui de rater quelques années "d'insouciance", si l'on puis dire. Mais que manqueraient-ils, au fond, qu'ils n'avaient déjà vécu ? Jeremy était prêt à sacrifier quelques soirées à picoler comme un trou avec ses copains, il savait à quoi cela ressemblait, depuis le temps. Quant à la carrière de Juliet, c'était à elle de déterminer quelle était sa priorité, quel était son désir le plus fort.

La jeune fille lui confirma justement que ce désir n'était pas celui auquel on aurait pu s'attendre. Le désir d'avoir cet enfant semblait plus fort que celui de poursuivre ses matchs avec Flaquemare, et ce n'était pas Jeremy qui avait abandonné le Quidditch au profit de la métamorphose qui pouvait l'en blâmer. Le monde de la compétition au plus haut niveau pouvait être dur et si certains s'y vouaient corps et âme, d'autres préféraient ne pas lui sacrifier sa vie personnelle. De toute façon, Juliet était quelqu'un de talentueux et d'intelligent, qui n'aurait aucun mal à trouver un autre travail plus tard. A partir de là, Jeremy n'avait pas vraiment son mot à dire et n'estimait pas devoir l'influencer, que ce soit dans un sens ou dans l'autre...

Il soutint son regard avec gravité, laissant un léger silence s'instaurer suite à ses paroles. Surpris ? Non, il n'était pas surpris, il l'avait sentit venir et surtout, les paroles de Juliet trouvaient un certain écho en lui. Juliet et lui feraient des parents formidables, il n'avait aucun doute à ce sujet... Jeremy adorait les enfants, il avait toujours aimé passer du temps avec son frère et ses cousins et il trouvait les bébés adorables - ce qu'il s'efforçait néanmoins de ne pas trop montrer devant ses copains, pour sauver sa réputation. Mais c'était une chose que d'aimer passer une après-midi entouré d'enfants piaillards et une autre que d'avoir un petit être humain sous sa responsabilité, de façon permanente, et pour toujours. En seraient-ils capables ? Pourquoi avait-il tant envie de le découvrir ? Pourquoi sentait-il déjà que la personne qu'il tenait dans ses bras et le petit être qui allait se développer dans son ventre étaient le centre de son univers ? Pourquoi avait-il envie de sourire béatement en imaginant le futur ? Pourquoi la peur qui lui étreignait les entrailles ne parvenait-elle pas à balayer totalement ce désir ?

"J'en ai envie aussi", souffla-t-il finalement, presque surpris d'entendre ces mots retentir dans la pièce.

Ils allaient le faire, alors. Ils allaient garder ce bébé.

Lentement, il avança sa main sur le ventre de Juliet et entremêla ses doigts à ceux de la jeune fille, tandis qu'un sourire ébahi s'étirait sur ses lèvres.


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Elle était en train de prendre une décision qui allait bouleverser sa vie. La bouleverser complètement, totalement, sans aucun retour en arrière possible. C’était quelque chose d’irréversible, de complètement effrayant. Pourtant, d’une certaine façon, elle était intimement persuadée de faire le bon choix. Elle avait bien évidemment considéré la possibilité de se faire avorter. Elle avait pesé le pour et le contre, tout au long de cette journée. Puis, elle en était arrivée à la conclusion suivante : elle avait envie d’avoir cet enfant. Elle en avait envie, tout en connaissant pertinemment toutes les difficultés auxquelles il faudrait faire face, toutes les réserves qu’allaient émettre sa famille, toutes les portes qui se fermaient. Mais elle était aussi – et surtout – consciente de tout ce que cette nouvelle situation pourrait lui apporter. Un immense bonheur, pour commencer. Une famille, ensuite. Sa famille. Elle avait déjà la sensation que Jeremy, et que l’enfant qui  grandissait en elle, étaient les deux personnes les plus importantes de sa vie. A partir de là – à partir de cette certitude – sa décision s’était prise d’elle-même.

Mais bien évidemment, ce n’était pas un choix qu’elle pouvait faire seule. Si elle se sentait prête à poursuivre sa grossesse, elle savait bien qu’elle ne pourrait pas le faire seule. Or, elle n’avançait plus sans Jeremy. Elle lui avait dit, quelques semaines plus tôt, et elle le pensait encore. Parce que les quelques semaines qu’elle avait passé loin de lui, lors de lors séparation, avaient eu le pouvoir de lui démontrer à quel point elle était misérable sans lui, incomplète. Les autres hommes lui semblaient fades, sans intérêt. La vie paraissait fade également, comparée à celle qu’elle vivait aux côtés du jeune homme. Et elle avait mit quelques jours, après leur réconciliation, pour se rendre compte de l’ampleur de toute cette situation. C’était l’homme de sa vie. L’homme avec qui elle allait passer ses jours. Cette pensée lui avait donné le vertige, tant il lui semblait incongru, à son âge, de penser ça. Incongru, et pourtant tellement évident. Leur relation était une évidence, cela ne faisait même plus aucun doute. Alors, pourquoi ne pas songer au futur ? Pourquoi ne pas se projeter pour les cinq, dix, vingt et trente prochaines années à venir ? Or, Jeremy venait de lui déclarer vouloir passer le reste de sa vie avec elle. Ici, le doute n’avait plus sa place, Juliet en était bien consciente. Cependant, elle lui demandait aujourd’hui de prendre une décision difficile, et qui allait changer complètement son train de vie. C’était une chose de parler de l’avenir, mais c’en était une autre d’y être confronté si vite…

La jeune femme observa son petit-ami, et l’interrogea doucement du regard. La phrase qu’il prononça ensuite sembla restée suspendue longuement dans les airs, avant qu’elle ne parvienne à en saisir le sens. Il en avait envie. Il en avait envie aussi. Elle dévisagea Jeremy durant un long moment, tandis que la main du jeune homme se posait sur son ventre, aet un large sourire s’étira sur ses lèvres. Alors ils allaient avoir un enfant. Ils allaient devenir parents. Elle lâcha un rire presque nerveux, avant de s’approcher de son petit-ami pour l’embrasser en passant une main derrière sa nuque. Elle fit durer le moment, alors que son esprit assimilait la nouvelle. Elle avait devenir mère. Dans huit mois, elle tiendrait son fils ou sa fille dans ses bras. Dans huit petits mois, réalisa-t-elle, en se détachant de Jeremy, pour plonger son regard gris dans le sien. La peur de l’inconnu qui lui serrait les entrailles ne parvenait pas à lui faire regretter sa décision, et cela la conforta d’avantage dans son impression d’avoir fait le bon choix. Par Merlin. Ils allaient devenir parents. Cette pensée – si effrayante et pourtant si douce – lui arracha un sourire béat, alors qu’elle imaginait leur futur.

« J’irais poser ma démission au club, demain. » annonça-t-elle en fronçant les sourcils. « Je leur demanderai de garder le silence, pour que l'information ne fasse pas tout de suite la Une de la presse people, » elle esquissa une grimace éloquente « histoire qu’on puisse mettre nos proches au courant, avant. »

Annoncer à ses parents qu’elle était enceinte et qu’elle avait décidé d’aller jusqu’au bout de sa grossesse n’allait pas être une chose évidente, assurément. Pourtant, sa mère n’était pas bien plus âgée qu’elle lorsqu’elle était tombée enceinte de George Wilson. Mais leur situation était déjà plus stable, puisque son père avait déjà un emploi… Elle espérait toutefois qu’ils la soutiendraient dans son choix.

« Tu seras un père formidable. » souffla-t-elle en lui effleurant le visage du bout des doigts, confiante. « Et tu as huit mois pour apprendre à changer une couche, après tout ! » lança-t-elle dans une tentative d’humour, désireuse d’alléger l’ambiance.

Cependant, elle avait une dernière question à poser à Jeremy, dans le but de balayer ses derniers doutes. Son visage redevint sérieux et elle glissa sa main dans celle du jeune homme, en la pressant doucement au passage.

« Et…Tu es certain que c’est ce que tu veux ? Parce que le retour en arrière sera impossible, après ça. » déclara-t-elle, offrant un ultime échappatoire à Jeremy, en espérant toutefois qu’il ne le saisisse pas.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Je suis sûr", répondit Jeremy avec détermination, sans hésiter. Il avait pris sa décision et entendait bien s'y conformer. Il serait de toute manière bien trop difficile de changer d'avis maintenant qu'il avait embrassé pleinement l'idée de cette famille qui allait être la sienne, maintenant qu'il pouvait imaginer ce petit bonhomme qui allait bientôt naître et qu'ils auraient conçu ensemble. 

Jeremy retourna la question à Juliet, avant de laisser sa joie éclater lorsqu'elle lui répondit également par l'affirmative. Alors ça y est, ils allaient être parents ! Merlin ! Quand ses copains allaient apprendre cela ! Ils allaient probablement se dire qu'il était fou, ils allaient probablement le tanner  mais ensuite ils seraient tous jaloux. Parce que Jeremy avait trouvé ce que certains mettaient des années à obtenir : la joie d'avoir trouvé sa place, auprès d'une personne formidable... de deux personnes, en réalité. 


"Nous les Gryffondor nous sommes des têtes de mule, les personnes les plus entêtées de la planète ! Je suis sûr qu'on s'en tirera très bien, à partir du moment où on est prêt à tout faire pour que cet enfant soit heureux, et...enfin, pour qu'on soit heureux tous les trois. Je ne me sens pas forcé dans cette voie, je suis sincèrement persuadé qu'on s'en sortira et même qu'on sera très heureux !"

Sur cette tirade optimiste, Jeremy attira Juliet dans ses bras et la couvrit de baisers en riant à moitié. Il avait envie de la chatouiller mais n'osait plus chahuter avec elle comme auparavant, maintenant qu'il savait qu'elle avait un petit être en elle. C'était fragile, ces choses là ! Enfin, Jeremy finirait par trouver ses marques autour de sa petite-amie enceinte et avec un peu de chance, elle ne lui en voudrait pas trop d'agir avec elle comme si elle était sur le point de se casser en mille morceaux. Jeremy était déjà soulagé de savoir qu'elle acceptait sans problème l'idée de cesser un sport qui impliquait de se trouver à plusieurs mètres au-dessus du sol, lancé à pleine vitesse et poursuivi par des boules enragées. Et lui, allait-il pouvoir continuer ses études ? Il était hors de question qu'il les abandonne définitivement, mais il pouvait peut-être se mettre en stand-by pour un an ou deux. Jeremy avait réussi le concours de Lycaon une fois, il pourrait le faire à nouveau, même s'il espérait pouvoir parler au professeur Flaherty et voir avec lui comment arranger les choses.

Retrouvant son sérieux, il saisit la main de Juliet dans la sienne et l'observa avec une certaine gravité, tout en caressant distraitement le dos de sa main avec son pouce.
 
"Je suis sincèrement désolé pour ta carrière, Ju. Peut-être que tu pourras la reprendre après la naissance ? Tu es jeune, c'est peut-être possible..."

Il avait du mal à croire à ses propres paroles, conscient que, quand bien même Juliet retrouvait rapidement sa forme physique, elle aurait du mal à trouver des opportunités. Le Quidditch professionnel était un monde fermé, il était difficile d'y percer et on avait rarement deux chances de le faire. D'un autre côté, Juliet y avait fait une entrée particulièrement remarquée... On ne savait jamais. 

"Comment on va faire, Ju, financièrement ? J'ai un peu de sous de côté, toi aussi, mais c'est dérisoire par rapport à ce que demande d'élever un bébé. Enfin je suppose qu'il faut commencer par en parler à nos deux familles et voir s'ils acceptent de nous aider."

Une grimace significative étira ses traits. Parler à leurs familles allait encore être un grand moment d'anthologie. A croire que Juliet et lui ne faisaient jamais les choses de façon conventionnelle... Merlin, il craignait la réaction de sa mère ! Quant à son père... Une boule se forma dans son estomac à sa pensée. Ils ne s'étaient pas parlé depuis si longtemps. Jeremy allait probablement devoir mettre de côté sa rancoeur pour lui, mais il ne voulait pas avoir l'air de le faire simplement pour demander de l'argent. D'un autre côté, pourraient-ils réellement s'en sortir sans le soutien de leurs parents ? Et Jeremy pouvait-il priver son père du fait de connaître son petit-fils ou sa petite-fille ? Non, il savait que non, il ne pourrait pas en vouloir à son père toute sa vie pour une erreur, aussi grossière soit-elle. Encore une conversation qui s'annonçait particulièrement douloureuse et embarrassante. Et puis il y avait les parents de Juliet, la grand-mère Flint qui n'apprécierait probablement pas un enfant hors-mariage, le père avec qui Jeremy avec des relations pour le moins tendues, et la mère qui risquait de le prendre aussi bien que celle de Jeremy. Bordel de troll, dans quelle situation s'étaient-ils encore mis, tous les deux ?!

Jeremy pria pour que ce ne soit pas eux contre le reste du monde, cette fois. Il ne savait pas comment ils allaient s'en sortir, le cas échéant... 


"Dans tous les cas, je peux probablement essayer de trouver un travail, quitte à mettre mes études de côté pour un temps !"

Jeremy ne se voyait pas vivre aux crochets de sa famille ou de celle de Juliet, sans assumer lui-même ses choix. Ils avaient décidé d'entrer, presque prématurément, dans le monde des vrais adultes et ce serait à eux d'agir en conséquences...

"Et puis...j'imagine qu'on va emménager ensemble, pour la naissance ? Enfin, si tu veux...", interrogea Jeremy presque timidement. Pour lui, l'emménagement allait dans la droite ligne du fait de décider d'avoir un enfant ensemble. Il n'imaginait pas continuer à vivre en colocation à la mode étudiante s'il était père, il souhaitait être avec sa famille. Mais Juliet et lui n'en étaient pas encore là et Juliet avait peut-être une vision différente des choses.



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Elle en était certaine, elle aussi. Plus que certaine, à vrai dire. Elle en avait envie, et savait, tout au fond d’elle, qu’elle faisait le bon choix, envers et contre tout. Elle se doutait bien évidemment que certains émettraient des réserves – ses parents les premiers. Mais si elle était confiante, si Jeremy l’était aussi, alors ils pourraient affronter tout ce qui les attendait, elle en était certaine. La tirade optimiste de son petit-ami confirma sa pensée, et se laissa aller à sa joie, oubliant durant quelques instants tous les changements qui allaient s’opérer très rapidement. Un immense sourire s’étira sur ses lèvres, et elle se mit à rire sans retenue lorsque Jeremy la prit dans ses bras pour l’embrasser de nombreuses fois. Cette sensation de plénitude s’installa en elle, et la jeune femme soupira d’aise, alors que ses doigts courraient sur le torse de son petit-ami, s’égaraient sur son visage, et se perdaient dans ses cheveux blonds. Ils allaient être parents. Ils allaient avoir un enfant. Un petit être, qu’ils avaient conçu et qui allait grandir dans son ventre. Cette pensée était si incongrue – presque effrayante – et pourtant si merveilleuse, que Juliet lâcha un dernier éclat de rire, comme submergé par cette vague de bonheur qui venait de s’abattre sur elle, bouleversant pourtant son monde, ses certitudes, ses habitudes.  

« On sera heureux. » déclara-t-elle avec confiance et force. « Je suis heureuse. » corrigea-t-elle, après quelques instants de silence.

Elle était heureuse, oui, vraiment. Même si elle venait de tirer un trait définitif sur son rêve de percer dans le Quidditch professionnel. La pression dans ce milieu était énorme, elle l’engloutissait, se délectait de ses faiblesses, s’amusait avec son mental. Evidemment que le Quidditch était sa passion. Evidemment qu’elle ressentait un pincement à l’idée de ne plus monter sur un balai, de ne plus disputer des matchs, de ne plus sentir le vent siffler à ses oreilles lorsqu’elle lançait son Nimbus à pleine vitesse pour éviter les Cognards. Mais elle avait fait son choix, et comptait bien le respecter. Or, elle n’était pas en état de jouer – un accident était si vite arrivé. Le Quidditch pouvait rester une passion, un plaisir, sans être son métier, après tout. Elle finirait par s’y habituer. Et puis, elle était passionnée par beaucoup d’autres choses ! Elle devait simplement se réorienter. Elle haussa les épaules lorsque Jeremy lui parla de reprendre sa carrière après sa grossesse, et baissa les yeux vers leurs mains entrelacées pour écouter la suite de ses paroles. Retrouvant son sérieux, elle commença à considérer les possibilités qui s’offraient à elle, les sourcils froncés.

Etrangement, elle n’était pas certaine de pouvoir percer une deuxième fois dans la sphère si fermé du Quidditch professionnel. Elle y avait fait une entrée remarquée, mais – malheureusement – elle se doutait bien que sa sortie ne passerait pas inaperçue non plus. Puis… Si elle la quittait, elle préférait que cela soit définitif. Se retirer totalement des projecteurs pour vivre sa vie loin des magasines people et des journalistes à l’affut du moindre détail de sa vie. Peut-être que ce serait moins douloureux, aussi, de tourner la page, plutôt que de mettre ce rêve en suspend, et de le reprendre éventuellement, un jour. De vivre dans l’attente de ce moment, qui ne viendrait peut-être jamais.

« Je ne sais pas si je parviendrais à percer une deuxième fois. Il faudrait déjà que je retrouve ma forme physique, et qu’un club accepte de me faire confiance pour me reprendre… D’autant plus que les recruteurs préfèrent les joueurs qui n’ont pas d’obligations familiales. Et puis… Ce n’est pas le meilleur milieu pour élever un enfant. Les entraînements qui terminent tard le soir, les matchs le week-end, voire les déplacements à l’étranger… Sans oublier que ce serait nous exposer à une médiatisation quasiment constante. » elle soupira, passa une main lasse sur son visage. « J’ai encore un peu de temps pour y réfléchir, mais je pourrais me réorienter dans une autre filière. Le journalisme sportif, par exemple. Ou le recrutement ? Ou dans complètement autre chose. On vient à peine de commencer nos cours à l’Université, en soit, et ça peut ouvrir pas mal de débouchés, je pense. »

Elle l’espérait, du moins, réellement. Pressant sa main contre celle de Jeremy, la jeune femme l’observa avec sérieux, tandis qu’elle réfléchissait à ses paroles. En plus de son orientation à décider – sa réorientation, plutôt – ils devaient également penser à l’aspect financier des choses. Ainsi qu’à mettre leurs proches au courant, oui, réalisa Juliet, qui s’était alors enfermée dans sa petite bulle de bonheur. Que Merlin prie pour eux, l’annoncer à leurs parents respectifs n’allaient pas être une chose facile.

« J’ai de l’argent sur un compte, alimenté par ma famille Flint. Je ne sais pas si un enfant hors mariage passera très bien auprès d’eux, et s’ils accepteront de continuer à me soutenir financièrement mais… J’ai déjà ça, et je crois que ça représente une belle somme – je ne sais pas vraiment, je n’ai pas eu à m’en préoccuper, avant. » Son salaire de joueuse et ce que ses parents lui versaient tous les mois lui suffisait amplement pour vivre. « Mais ça ne suffira pas, non. Nos parents nous aideront peut-être, oui mais… »

Mais elle ne voulait pas être dépendante d’eux, pas alors qu’elle allait devenir mère à son tour. Evidemment, une aide serait toujours appréciée de leur part, mais elle ne s’imaginait pas vivre dans l’attente du versement de sa famille pour subsister. Elle préférait – dans sa grande fierté Gryffondorienne – se débrouiller seule, à la longue. Mais au point de demander à Jeremy de mettre ses études de côté ? Alors qu’il avait tant travaillé pour réussir son concours, afin d’entrer à Lycaon ?

« Peut-être que tu pourrais t’arranger avec ton directeur, pour pouvoir cumuler un travail et tes études ? Je sais bien que ce n’est pas une situation idéale, cela dit, mais ça te permettrait de continuer à suivre tes cours à Lycaon… Mais il y a l’université obligatoire, aussi. » soupira-t-elle en secouant la tête. « Je n’ai pas envie de te demander de quitter Lycaon pour trouver un emploi, alors que tu as travaillé tout au long de l’année dernière pour y entrer. Et puis, une fois diplômé, tu n’auras aucun mal à trouver un travail qui te plaira, et qui sera en relation avec ce que tu aimes. » D’un autre côté, elle savait pertinemment qu’il fallait qu’ils trouvent une manière de gagner de l’argent, chaque mois. « Je pourrais trouver un travail aussi. A mi-temps, du moins ? » elle resta muette quelques instants, et poussa un soupir imperceptible.

Cependant, la suite des paroles de Jeremy contribua à lui redonner le sourire et elle lui effleura doucement la joue, attendrie par sa timidité.

« Je ne sais pas… Je me dis qu’on pourrait vivre séparément, et le bébé passerait une semaine chez toi, et une semaine chez moi, qu’en dis-tu ? » déclara-t-elle, bien que son sourire malicieux trahissait son faux-sérieux. « Bien sûr que oui, j’en ai envie. » souffla-t-elle en lui volant un baiser, avant de rester longuement enlacée contre lui. « Peut-être qu’on pourrait commencer à chercher assez rapidement ? Enfin, j’imagine bien que rien ne presse, et qu’on ne déménagera pas avant l’été. Mais ce serait juste histoire de ne pas avoir à tout faire en août quand je serais enceinte de… sept mois. Merlin. » lança-t-elle. Sept mois en août. Elle haussa les sourcils, impressionnée. « Mais ça peut attendre. » sourit-elle en hochant la tête. « J’ai juste hâte qu’on ait un chez-nous. » déclara-t-elle avec un petit sourire, en embrassant Jeremy.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy laissa échapper un léger soupir de soulagement quand Juliet accepta sa proposition. Bien sûr, il avait été stupide de sa part de s'imaginer que Juliet refuserait d'emménager avec lui alors qu'elle portait son enfant, mais cela avait été plus fort que lui. En comparaison d'avoir un enfant, emménager ensemble paraissait peut-être anodin mais cela ne l'était pas lorsqu'on considérait leur âge et l'ancienneté de leur relation - pas si grande, finalement, et entrecoupée d'une rupture plutôt mémorable. Jeremy devrait apprendre à vivre avec une fille, ce qui ne lui était jamais arrivé, si l'on exceptait sa mère bien sûr. Et pas n'importe quelle fille, la femme de ses rêves, la mère de son enfant... Cela donnait le vertige ! 

Pourtant, il se sentait capable de s'en tirer et presque impatient de savoir de quoi le futur serait fait, tiré par le sourire heureux et serein de Juliet. Angoissé, Jeremy avait hâte que les mois à venir passent car une succession de discussions délicates et de choix à faire s'annonçait. Les discussions avec les parents, les recherches d'appartement, d'argent, d'avenir professionnel... Tout cela devrait l'inquiéter plus que le bébé lui-même mais Jeremy savait qu'ils s'en sortiraient, une fois les choses éclaircies. Oh, bien sûr, cela ne serait pas facile mais il savait qu'ils avaient un entourage sur qui compter et la faculté de retomber sur leurs pâtes, même si la vie prenait des détours inattendus. 

"J'ai hâte aussi", lâcha-t-il avec un large sourire, après avoir répondu à son baiser. "On peut peut-être commencer à se renseigner pour un déménagement vers juin, comme ça on pourra passer la grossesse tranquillement dans notre nouvelle maison et puis on ne laissera pas tomber nos colocs' en cours d'année !"

Ils continuèrent à discuter un moment, et en particulier de l'endroit où ils iraient vivre. Aberystwyth avait son charme mais ils penchaient plutôt pour Bristol, plus animée et offrant plus de perspective de carrière pour une jeune joueuse qui avait du arrêter le Quidditch prématurément. De plus, c'était là qu'ils trouveraient le plus facilement un petit job à côté de leurs études. Il leur faudrait néanmoins voir si la ville était dans leurs moyens, et pour cela, il leur faudrait parler rapidement à leurs familles respectives... De retour au point de départ de la discussion et incapable de réfléchir plus longtemps aux implications diverses de la nouvelle bouleversante qu'il venait de recevoir, Jeremy décida qu'il était grand temps de mettre fin à la discussion pour passer à une activité moins angoissante et plus silencieuse. Après tout, il leur restait neuf mois pour s'organiser...

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And everything will be just fine [Jeremy & Juliet]

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