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 La politique, la politique, toujours la politique... [PV Susannah]

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Troisième verre de Whiskey Pur-Feu. On s'emmerdait royalement aux Trois Balais. Qu'y avait-il à faire, à part reluquer les formes des sorcières d'âge mûr, s'interdire de poser les yeux sur une fille sensiblement plus jeune et endurer les notes trépidantes d'une Moldubec à bout de souffle ? Rien. Strictement rien. À part ruminer de vieux souvenirs, sombrer dans la douce mélancolie des jours heureux. Voir le fleuve des sens s'écouler et le sentir dans sa gorge. Il brûle, un peu ; c'est normal, il est douloureux. "Vois où tu es arrivé Sylphan, à la déchéance des sorciers, un pub fréquenté par les fourmis de ce monde, les pestes de l'après-guerre..." Comme il aurait voulu que les Mangemorts eussent gagné le combat ! Comme il aurait voulu que les sorciers, les vrais, les authentiques, puissent asseoir leur suprême autorité sur le monde ! Comme il aurait désiré, tant désiré...

Une nouvelle personne venait de passer le pas de la porte. C'était une femme. Sylphan jeta un regard hautain à ses talons et en conclut sobrement : "Une fille de joie". Pour lui, il n'y avait pas d'intermédiaire. Si elle venait vêtue de la sorte, c'est qu'elle cherchait assurément la compagnie d'un être de chair. Mâle, peut-être. Les mœurs faisaient cependant qu'on n'évoquait pas nos pensées à haute voix. C'eut été une insulte. C'eut été trop vrai pour la société. C'eut été dérangeant de sincérité. Les gens aimaient à se complaire dans ce doux mensonge, cette douce illusion que la politesse impulsait. C'était ainsi, et ni le bon sens, ni la vérité révélée, n'allait changer ce fait.

"Un autre verre. Et plus vite, cette fois-ci."

Le serveur qui passait par là, un boutonneux aux yeux bleus, les cernes violacées, le nez aquilin, jeta un regard outré à Sylphan avant de tourner les talons vers le bar.
Les yeux de l'enseignant de DCFM glissèrent vers la nouvelle venue. Elle avait des manières étranges et il ne l'aimait pas. Parce qu'aimer était un jugement, et que l'apparence comptait avant toute chose.

"1943. Les choses bougeaient beaucoup, mais pas les lignes. Par lignes j'entends le contour des activités, des faits, et les frontières des pays ; ces frontières illusoires qui découpaient le monde comme l'aurait fait une ménagère avec son gâteau. En effet, les frontières historiques n'étaient-elles toujours pas les mêmes ? La France ne se séparaient-elles pas de l'Angleterre par la Manche, et l'Allemagne de la France par le Rhin ? C'était la frontière évidemment historique ; et non falsifiée, amputée, déformée. Il fallait redorer le blason de la Nation par la pureté du sang germanique, par la pureté du sang français, par la pureté du sang anglais. Il en était de même chez les sorciers. Déjà, l'étendard de la pureté du sang était brandi : c'était un moment glorieux, l'épitaphe d'une génération fière, éclatante, singulièrement dépourvue des artifices sociétaux et conventionnels, qui voulaient imposer au monde la vision d'un sorcier bâtard, d'un sorcier mi-moldu mi-sorcier, d'un sorcier privé du privilège de son statut, de la noblesse de son rang."

Sylphan referma le livre qu'il venait d'ouvrir. Il aimait ces pages, et ce livre. Il aimait tout : la reliure, l'odeur des pages, la date, le style, les faits, les idées. L'Idée. L'Idée de la pureté. C'était l'aurore d'une conception nouvelle de la politique ; la politique débarrassée des lourdeurs des bien-pensants sorciers, ceux-là même qui souhaitaient un monde "pacifié, pacifiste et pacifique", en accord avec "les règles traditionnelles de bien-séance qui régissent notre société" afin "d'intégrer les Moldus comme nos égaux, ce qu'ils sont naturellement". Quelle ineptie. Comment former un nouvel ordre, respectueux des idées qui avaient élevés de grands esprits au pouvoir quelques temps auparavant ? Comment retrouver l'idéal de Lord Vol...

Le fil de ses pensées avait été grossièrement interrompu. C'était une femme. Sylphan n'aimait pas les femmes quand il fallait parler avec elles. Il leva les yeux : il n'aimerait pas cette femme-là, non plus. Il en était persuadé.
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