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 Don't hold your breath [Eliott & Andrew & Charlotte]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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1er Janvier 2008, vers deux heures du matin.

Charlotte s'était promis d'être raisonnable à cette fête du Nouvel An. Un verre et c'est tout, rien de plus. Elle avait fait des excès l'année dernière avec Lilly et Jensen et n'avait pas envie de se retrouver de nouveau à arpenter les docks avec ses deux meilleurs amis en chantant des chansons débiles : il y avait de bien meilleures façons de commencer la nouvelle année. Ellen Perkins donnait une grande fête dans son immense appartement londonien et elle avait invité toute leur promotion à venir faire la fête, comme en souvenir de leurs années passées ensemble et de certaines fêtes clandestines à laquelle ils avaient participé. Que des bons souvenirs, en somme. Même Lilly était là, et cela lui avait fait un bien fou de la revoir, même si elle souffrait de l'absence de Jensen qui avait préféré rester en famille. Charlie avait donc revu plein de monde - Harriet était même revenu des États-Unis pour les fêtes - comme ses anciennes copines de dortoir ou ses anciens camarades de classe et il était possible qu'elle ait un petit peu oublié ses bonnes résolutions de ne boire qu'un verre. Un tout petit peu. Mais il y avait eut d'abord l'apéritif et cela aurait été malpoli de refuser, puis elle avait perdu un pari avec Harriet, n'avait pas pu refuser la coupe de champagne qu'Ellen lui tendait et puis elle avait bu quelques tequilas avec Lilly et avait partagé un verre avec Eliott aux coups de minuit et...

Bref, complètement déraisonnable. Elle le regretterait sûrement le lendemain matin mais pour le moment, elle n'était pas vraiment en état de regretter quoi que ce soit. Elle avait dansé avec toutes ses copines, avait eu une vague de tristesse sur l'épaule de Lilly en regrettant quand tout était simple, l'époque où elle était encore heureuse avec Jensen et où ils pouvaient être tous les trois et avait fini dans les bras d'Eliott sur le canapé d'Ellen, un peu fatiguée par toutes ces émotions. Mais ce qui c'était passé entre le moment où elle était tranquillement dans le salon avec tout le monde et le moment où elle embrassait fiévreusement son petit-ami dans un couloir désert, c'était un véritable mystère. Elle avait passé ses jambes autour de sa taille, appuyée contre le mur, et ses bras autour de sa nuque et avait complètement oublié ce qu'on pouvait appeler la décence. L'alcool faisait vraiment des ravages, quand même. Particulièrement dans son coté rationnel. Elle avait passé ses mains sous le t-shirt d'Eliott quand elle crut distinguer un bruit contre la fenêtre. L'appartement était plus que bruyant avec Voldy qui hurlait dans tout l'immeuble mais Eliott et Charlotte étaient un peu isolés et c'était un bruit bien trop familier pour qu'il ne résonne pas dans son esprit.

- Attends, souffla-t-elle doucement en s'éloignant un peu de lui, tendant l'oreille.

Cette fois-ci, le bruit lui apparu clairement. On tapait contre le carreau. Elle reposa ses jambes sur le sol et repoussa légèrement Eliott, un peu titubante. Si elle était par hasard appelée par le Bureau, ses collègues n'auraient plus qu'à la mettre en cellule de dégrisement, c'était clair et net. Elle glissa sa main dans celle de son petit-ami pour le faire venir avec elle - et pour rester debout, aussi, elle avait beau avoir abandonné ses hauts talons quelque part, elle n'avait pas la démarche très sûre, et poussa la porte de l'immense salle de bains d'Ellen, cherchant l'interrupteur à tâtons. Un hibou frappait au carreau, visiblement frigorifié et Charlotte mit quelques secondes à réussir à ouvrir la fenêtre - pousser au lieu de tirer n'était pas très efficace, visiblement - afin de le laisser entrer. L'animal se posa sur le rebord de la baignoire avant de s'ébouriffer, ouvrant grand ses ailes. Une lettre était accrochée à sa patte et Charlie la détacha le plus précautionneusement possible, avant de la tendre à Eliott.

-  C'est pour toi, murmura-t-elle en désignant son prénom griffonné d'une écriture empressée.

Ce qui l'inquiétait, ce n'était pas tant qu'Eliott reçoive un hibou à cette heure tardive - ou matinale selon les points de vue - mais c'était que l'animal porte à la patte un bracelet rouge de Sainte-Mangouste, ce qui signifiait que ce hibou était un hibou d'urgence, le genre qu'on envoyait pour porter les nouvelles rapidement. Préoccupée, elle leva les yeux vers Eliott, posant une main sur son bras et se rapprochant de lui inconsciemment.

- Qu'est-ce qui se passe ?


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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L'idée de passer le réveillon du nouvel an chez Ellen Perkins ne l'emballait pas plus que ça au début. Il n'avait jamais été très proche de la jeune femme à Poudlard et pour cause, il avait passé plusieurs années à l'éviter soigneusement. Elle avait eu le béguin pour son frère un jour -comme pour la moitié des garçons de l'école, sans doute- et s'était montrée si insistante que s'en était devenu...effrayant. Mais Charlotte avait su se montrer convaincante en lui assurant que toute leur ancienne promotion serait là, qu'ils passeraient une bonne soirée, et avait mentionné de longs couloirs sombres et déserts où ils pourraient finir la soirée. Évidement c'était cette partie de l'argumentation qu'Eliott avait le mieux retenu, et celle qui l'avait convaincu.

Et il avait bien fait de se laisser convaincre, ils avaient passé une excellente soirée. Eliott avait revu avec plaisir plusieurs de ses anciens camarades, même Ellen, qui semblait s'être un peu calmée, avait partagé un verre avec Charlotte au douze coups de minuits et s'était finalement retrouvé en compagnie de la jeune femme dans un couloir peu éclairé et assez éloigné du salon. Il ne savait plus exactement comment ils s'étaient retrouvés là mais honnêtement il s'en fichait un peu. Embrassant passionnément la jeune femme, il glissa une main sous sa robe, oubliant momentanément le monde, la fête, tout le reste. Il aurait pu passer le reste de la soirée, ou nuit, ou matinée, ou peu importe, ainsi mais Charlotte mit fin à leur étreinte, visiblement préoccupée par quelque chose. Eliott fronça les sourcils et tendit l'oreille en remarquant que Charlotte semblait vouloir entendre quelque chose. Et effectivement, un bruit lui parvint de...quelque part -il avait trop bu pour que ses sens puissent lui en dire plus. Il suivit Charlotte, qui avait visiblement l'ouïe plus aiguisée, mais une moindre résistance à l'alcool à en croire la façon dont elle titubait, et attrapa sa main pour l'aider à marcher droit.

Eliott fut un peu surpris de voir sa petite-amie pousser la porte de la salle de bain, mais dut admettre qu'elle ne s'était pas trompée lorsqu'il aperçut le hibou qui frappait au carreau. Ellen recevait son courrier à une heure plutôt tardive -il l'avait toujours dit, qu'elle était folle. Pas vraiment préoccupée par la présence de cet oiseau qui cognait furieusement contre la vitre, il passa ses bras autours de la taille de Charlie, qui se battait avec la fenêtre, et déposa un baiser au creux de son cou.

"Attends, intervint-il finalement en voyant que la lutte contre la fenêtre s'éternisait. Il tenta à son tour de pousser le carreau, sans succès, puis tira sur la poignée et ouvrit la fenêtre. Voilà."

Persuadé que la lettre était destinée à Ellen, qui l'ouvrirait en temps voulu, Eliott embrassa à nouveau sa petite-amie dans le cou, avec dans l'idée de finir ce qu'ils avaient commencé dans le couloir. Mais cette dernière mit bien vite fin à ses projets en murmurant que la lettre lui était destinée, tout en lui tendant l'enveloppe sur laquelle figurait effectivement son prénom. Il s'approcha du hiboux et fronça les sourcils en reconnaissant l'écriture de sa mère. Ce n'était pas vraiment son genre d'envoyer ses vœux de bonne année à une heure si avancée de la nuit. Préoccupé, il ouvrit la lettre un peu maladroitement et en parcouru rapidement les premières lignes du regard. Son cœur manqua un battement. Celui de son père, lui, s'était arrêté. Il relu les premiers mots une deuxième fois, puis une troisième, pour être certain d'avoir bien compris, priant pour s'être trompé. Son père avait fait une crise cardiaque. Les médicomages ne savaient pas s'il s'en sortirait. A l'idée que, peut-être, il ne verrait plus jamais son père, il se sentit mal et prit appui sur le bord de la baignoire. Les dernières choses qu'ils s'étaient dites, les derniers regards haineux qu'ils s'étaient échangé lui revinrent en mémoire et un étau de culpabilité lui enserra le cœur, se mêlant à la tristesse et à l'angoisse. Et s'il n'avait jamais l'occasion de se faire pardonner ?

Il avait beau dire qu'il avait raison, qu'il ne céderait pas, qu'il ne s'excuserait jamais. Il avait toujours pensé que, peut-être, avec le temps, les choses finiraient par se tasser. C'était facile de dire "toujours" quand on pensait avoir la vie devant soi. Jamais il n'aurait cru que le temps pourrait lui manquer à ce point. Il ne pouvait pas perdre son père maintenant, pas alors qu'ils ne s'étaient pas adressé la parole depuis des mois, sans qu'ils se soient réconciliés. Il ne se le pardonnerait jamais. Il n'entendit pas la question de Charlotte, mais la sentit poser une main sur son bras et tourna la tête vers elle.

"C'est mon père, murmura-t-il d'une voix blanche. Il a eu une attaque cardiaque, il...Il est à Sainte-Mangouste. Je dois y aller."

Il pensa d'abord à transplaner, avant de se rappeler qu'il avait bien trop bu pour cela. Ellen ne devait pas avoir de cheminée, c'était rare au dernier étage d'un immeuble. Ne restait que le magicobus. L'esprit confus -il ne parvenait pas encore à réaliser la situation, encore moins à l'accepter- il quitta la salle de bain et se dirigea vers la porte de l'appartement. Il s’arrêta en passant devant le salon et se retourna vers Charlotte, blême.

"Tu m'excuseras auprès d'Ellen ? Je...Il faut que j'y aille."

Il avait perdu suffisamment de temps. Il aurait déjà dû y être. Mais il aurait beau essayer de perdre le moins de temps possible, il ne parviendrait jamais à récupérer celui dont il avait besoin. Tout ce qu'il voulait c'était encore un peu de temps avec son père, au moins une dernière chance. Mais c'était peut-être déjà trop tard. Son cœur se serra à cette pensée et il s'efforça de la chasser son esprit. Son père allait s'en sortir, forcément.


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Charlotte n'arrivait pas à détacher son regard inquiet du visage d'Eliott, priant intérieurement Dieu et Merlin - autant viser large - pour que cela ne soit pas grave. Elle avait la tête qui tournait et prit appui sur le rebord de la baignoire, en même temps qu'Eliott qui avait pâlit. C'était forcément quelque chose de grave pour qu'on le contacte à cette heure-là, cela concernait sûrement sa famille mais elle avait l'esprit trop embrumé pour poursuivre sa réflexion plus loin et se trouvait là, à attendre, à espérer que tout irait bien à la fin. Le cœur battant d'appréhension - elle avait beau savoir qu'elle n'était pas concernée, son empathie pour son petit-ami avait entièrement pris le dessus - elle glissa sa main dans son dos tandis qu'il lui annonçait que son père avait fait une crise cardiaque. Le regard de détresse qu'arborait Eliott à ce moment précis lui brisa le cœur et la laissa sans voix, incapable de prononcer le moindre mot rassurant ou même de réagir. Elle se maudit mille fois d'avoir tant bu, son cerveau tournait au ralenti et elle se sentait pataude et idiote, incapable d'avoir la vitesse de réaction qu'elle était pourtant censée avoir avec son métier. Elle mit même quelques secondes à réaliser qu'Eliott s'était levé et quittait la pièce et elle passa une main sur son visage afin de se ressaisir.

- Eliott ! appela-t-elle en se levant et en le suivant dans le couloir. Mais son petit-ami ne semblait pas décidé à l'écouter, aussi accéléra-t-elle le pas et glissa sa main dans la sienne pour le retenir. Attends, chéri, attends.

Il était pâle et visiblement plus que perturbé - ce qui était également plus que compréhensible - mais même à travers les brumes d'alcool qui obscurcissait son cerveau, Charlie conservait un minimum de sens pratique et s'efforçait de continuer à réfléchir un peu. Pourquoi n'y avait-il pas de potion avec effet immédiat contre les effets de l'alcool ? Elle épouserait l'inventeur, c'était promis. Elle ferma les yeux quelques instants et s'efforça de rester logique et cohérente. A peu près, du moins. Eliott devait se rendre à Sainte-Mangouste. Le transplanage était exclu dans leur état, il n'y avait que le Magicobus. Ils devaient également récupérer leurs affaires - elle était pieds nus - afin de pouvoir payer le trajet. D'accord, elle pouvait gérer. Les affaires dans le placard de l'entrée, descendre dans la rue, le Magicobus - qui devait être surchargé en cette soirée de réveillon - et Sainte-Mangouste.

- Je viens avec toi, souffla-t-elle en rouvrant les yeux. Tu n'y vas pas seul. Je dois juste récupérer nos affaires, d'accord ? Et tu ne bouges pas de là, ajouta-t-elle d'un ton beaucoup plus ferme, le même qu'elle utilisait pour donner des ordres au BDA. On y va ensemble.

Elle l'abandonna là et s'aventura dans le salon, naviguant de manière un peu aléatoire à travers les invités, jusqu'à arriver dans le couloir, où elle extirpa leurs manteaux et son sac tant bien que mal. Un peu nauséeuse, elle farfouilla à la recherche de sa baguette magique et récupéra ses chaussures d'un Accio, ne réalisant pas qu'un invité aurait pu se prendre un talon aiguille de dix centimètres dans l'oeil au passage. Elle enfila son manteau tant bien que mal et releva la tête au moment où Lilly apparaissait dans l'encablure du salon, visiblement en grande discussion avec un homme que Charlie ne reconnut pas. Faisant peu compte des bonnes manières, elle attrapa le bras de Lilly pour croiser son regard, essayant d'avoir des propos cohérents.

- Le père d'Eliott est à l'hôpital, on... Elle ferma les yeux très fort pour se concentrer de nouveau. Des phrases courtes devraient être plus efficaces. On doit y aller. Tu nous excuseras auprès d'Ellen ? Et j'ai laissé ma veste quelque part, si tu la trouves, tu peux... Enfin... Je dois y aller, t'es un amour Lils !

Elle serra brièvement Lilly dans ses bras - dès qu'elle avait bu, elle débordait d'affection pour le monde entier - et s'éclipsa le plus rapidement possible, de manière un peu précaire, il faut le souligner. Elle finit par retrouver Eliott qui l'avait finalement attendue - heureusement d'ailleurs - et tous les deux sortirent de l'appartement, laissant derrière eux la fête insouciante qui s'y tenait. Prendre les escaliers aurait peut-être été plus rapide mais Charlotte n'était clairement pas en état de les descendre, surtout pas avec ses chaussures, comme elle le fit remarquer à Eliott. Elle aurait voulu arriver à le consoler mais il semblait si désemparé et elle se sentait si inutile face à sa détresse, qu'elle se contentait de rester près de lui, leurs mains entrelacées, à lui assurer sa présence et son soutien par ce simple geste. Ils finirent par arriver dans la rue où quelques fêtards beuglaient un peu plus loin mais Charlie dégaina quand même sa baguette de manière la plus discrète possible afin d'appeler le Magicobus, qui était de toute manière invisible. Et puis les piétons s'éloignaient en étant visiblement très concentrés sur leurs bouteilles et non sur eux. Une fois le Magicobus appelé, Charlotte glissa ses bras autour de la taille d'Eliott et posa son menton sur son torse, relevant les yeux pour le regarder.

- Ça va aller, promit-elle, peut-être un peu vainement. Je suis sûre qu'il va s'en sortir. Vous êtes solides dans la famille, tenta-t-elle dans un vain espoir de l'apaiser.

Elle encadra son visage de ses mains et lui adressa un sourire qui se voulait réconfortant et s'apprêtait à tenter d'autres phrases de consolation quand le Magicobus s'arrêta devant eux dans un grand bruit de freins. Comme Charlotte l'avait prévu, ce dernier était plein à craquer et de nombreuses personnes allaient être déposées avant elle. Elle glissa quelques pièces supplémentaires au contrôleur dans l'espoir de passer peut-être un peu plus rapidement - non, ce n'était pas très réglementaire mais les Aurors rémunéraient leurs indics parfois, c'était un peu pareil - mais elle avait peu d'espoir. Ils réussirent à se caser sur un siège et Charlotte posa sa tête sur l'épaule d'Eliott, fermant les yeux, sans jamais lâcher sa main. Les saccades brusques du Magicobus lui donnait la nausée et elle finit par fouiller dans son sac pour essayer de trouver quelque chose contre ça et extirpa victorieusement un comprimé moldu de la petite pochette. Cela faisait au moins une demi-heure qu'ils étaient coincés dans le bus et elle voyait bien qu'Eliott arrivait de moins en moins à se contenir, aussi glissa-t-elle sa main sur sa joue pour le forcer à la regarder.

- Hé, murmura-t-elle. Calme toi.

Elle caressa sa pommette du bout des doigts, cherchant à tout prix à le calmer pour éviter le scandale. Cela ne servirait à rien de s'emporter et ils arriveraient encore moins vite à l'hôpital.

- Ça va aller, les Médicomages savent ce qu'ils font et savent gérer ce genre de cas.

Elle le regardait dans les yeux pour le convaincre de la véracité de ses paroles et finit par déposer un bref baiser sur ses lèvres avant de l'attirer dans ses bras en glissant une main derrière sa nuque. Ils restèrent ainsi enlacés jusqu'à ce que le Magicobus finisse par s'arrêter dans la rue moldue qui menait à l'hôpital, après avoir déposé encore cinq ou six passagers. Cela faisait des années que Charlie n'était pas rentrée par cette entrée - Jensen avait eut un léger accident de transplanage lorsqu'ils avaient dix-neuf ans et il était resté deux jours là-bas le temps que sa jambe soit de nouveau en état de fonctionner - et lorsqu'elle venait pour le BDA, elle venait par les Cheminées intérieures. Elle mit quelques secondes à retrouver le bon mannequin - tous aussi laids et abimés les uns que les autres - et ils purent enfin passer dans la vitrine pour arriver dans le hall.

Visiblement, les Médicomages ne chômaient pas cette nuit au vu des nombreux patients, la plupart alcoolisés, qui s'amassaient dans la salle d'attente. Le panneau d'indication ne stipulait pas à quel étage étaient traitées les crises cardiaques aussi Eliott et Charlotte durent de nouveau attendre leur tour pour parler à l'hôtesse d'accueil de garde. Charlie n'avait jamais réalisé qu'il y avait également des services au rez-de-chaussée mais ce fut vers là qu'ils furent dirigés. Ils passèrent devant le service de maternité avant d'arriver devant le couloir qu'on leur avait indiqué. Charlie n'avait pas lâché la main d'Eliott depuis le début mais lorsqu'elle aperçu Andrew Warlock qui faisait les cent pas un peu plus loin, elle resta un peu en retrait. Elle savait qu'elle n'avait pas de place auprès d'Eliott pour sa famille et elle refusait de leur imposer sa présence dans un tel moment, aussi se contenta-t-elle de rester à l'entrée du couloir tandis que son petit-ami avançait. Il avait besoin de sa famille à cet instant précis, pas d'elle.  


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Eliott voulut protester quand Charlotte assura qu'elle venait avec lui -ce n'était pas nécessaire, elle serait mieux ici- mais elle lui ordonna de l'attendre et il fut forcé de reconnaitre que même en ayant trop bu Charlotte conservait un sens pratique qui lui faisait défaut. Il n'aurait pas été bien loin sans argent pour payer le magicobus, et son manteau était...quelque part, il ne se rappelait plus du moment où il s'en était débarrassé. La jeune femme disparut et il ferma les yeux, s'adossant un instant contre le mur du couloir, se maudissant d'avoir tant bu. Il serait déjà à Sainte-Mangouste s'il avait pu transplaner. Et s'il arrivait trop tard à cause de quelques verres ? Il ne se le pardonnerait pas. Il songea sérieusement à transplaner malgré son état d'alcoolémie avancé mais un dernier vestige de raison le fit renoncer à cette idée. Il ne servait à rien d'arriver rapidement à Sainte-Mangouste si c'était pour y être interné suite à un désartibulage.

Il murmura un merci à l'intention de Charlotte quand elle lui tendit son manteau et ils sortirent de l'appartement sans plus attendre. Eliott prit instinctivement le chemin des escaliers -près à les descendre quatre à quatre- mais les chaussures de Charlotte n'étaient pas vraiment faites pour ce genre d'exercice et ils durent se résoudre à attendre l’ascenseur. Ils perdaient trop de temps, du temps qu'il n'avait pas. Il ne pouvait s'empêcher de penser que chaque seconde était peut-être celle de trop et il ne supportait pas cette incertitude, cette angoisse. Ils finirent par se retrouver dans la rue et Charlotte appela le magicobus, puis ils attendirent, encore. Il n'avait pas le temps d'attendre. Son père était entre la vie et la mort, le reste de la famille l'attendait. Il aurait dû être avec eux. Il avait besoin d'être avec eux. Il s'en voulait d'avoir jeté l'invitation des Nimbus de Pompadour sans même y jeter un œil. Il savait qu'il aurait détesté cette réception mais s'il s'y était rendu il serait à Sainte-Mangouste à cette heure-ci, pas en train d'attendre un maudit bus qui semblait ne jamais vouloir arriver.

Eliott baissa les yeux vers Charlotte quand elle passa ses bras autours de sa taille, lui assurant que ça irait, qu'ils étaient solides dans la famille. Il ne trouva pas le courage de lui sourire et lui répondit par un vague hochement de tête. Il aurait voulu pouvoir la croire. Il aurait préféré se dire que tout irait bien, que son père s'en sortirait, que ce n'était rien du tout, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer le pire. Et si, à ce moment même son père était...? Il n'eut pas le temps de songer plus longuement à cette hypothèse terrifiante car il fut tiré de ses pensées par le crissement des freins du magicobus. Il soupira en constatant que ce dernier était bondé mais Charlotte et lui réussirent à se serrer sur un siège.

Une demi-heure plus tard ils étaient toujours là, et Eliott songeait sérieusement à assommer le conducteur pour prendre le volant et les conduire directement jusqu'à Sainte-Mangouste. Il aurait dû être là-bas depuis presque une heure. Il pouvait se passer tant de chose en une heure…La situation avait pu complètement changer depuis la lettre de sa mère, en bien comme en mal. S'il arrivait trop tard il ne se le pardonnerait jamais. Il avait besoin de parler à son père, ils avaient besoin de s'expliquer, il fallait que les choses s'arrangent, ça ne pouvait pas finir comme ça. Cela ne pouvait pas finir, tout simplement. Il refusait cette idée, il ne voulait pas l'envisager, et pourtant c'était ce qu'il redoutait depuis de longues minutes. De trop longues minutes.

L'attente était insupportable, et le ramenait inévitablement à une autre nuit, dix ans plus tôt. La nuit la plus éprouvante de sa vie, jusqu'à aujourd'hui. C'était le soir de la bataille de Poudlard, et son frère était là-bas. Son frère y était et pas lui, et il se souvenait avoir attendu toute la nuit, redoutant le pire, craignant de ne plus jamais le revoir. Il avait eu tellement peur de ne jamais avoir l'occasion de dire à son frère à quel point il l'aimait, à quel point il comptait pour lui malgré leurs chamailleries, malgré leurs différences. Andrew était revenu et Eliott ne lui avait jamais dit tout ça. C'était ce genre de choses qu'on ne disait pas, parce qu'on pensait toujours pouvoir le faire plus tard. Si dix ans plus tôt il avait espéré avoir dit certaines choses à son frère, aujourd'hui il regrettait plusieurs des paroles qu'il avait eues à l'encontre de son père. Des choses qu'il ne pensait pas, ou pas vraiment, qu'il avait dites sous le coup de la colère, ou juste pour avoir quelque chose à répondre, pour se défendre. Il regrettait tout ça, ce conflit entre eux, cette incompréhension. Ils ne pouvaient pas en rester là, c'était impossible.

Devinant son inquiétude et son impatience -qu'il ne faisait pas beaucoup d'efforts pour cacher- Charlotte glissa sa main sur sa joue et lui murmura de se calmer. Il savait qu'elle avait raison, s'agiter ne servait à rien, mais c'était plus fort que lui. Il hocha la tête quand elle assura que les médicomages savaient gérer ce genre de cas, pas rassuré pour autant. Il se laissa aller dans les bras de la jeune femme et enfoui son visage dans ses cheveux, respirant leur odeur et essayant de ne plus penser à rien, d'arrêter de s'inquiéter, en vain. A défaut de le calmer, l'étreinte de Charlotte l'apaisa un peu et il ferma les yeux, essayant de se convaincre qu'elle avait raison et que tout irait bien.

Après ce qui lui sembla une éternité, ils arrivèrent enfin à Sainte-Mangouste. Eliott suivit Charlotte sans réfléchir, dans un état second, l'esprit accaparé par la crainte qu'il soit trop tard. Il chercha désespérément une réponse à ses inquiétudes dans le regard de chaque médicomage qu'ils croisèrent, en vain. Ils finirent par déboucher sur le couloir qu'on leur avait indiqué et Eliott aperçut son frère qui faisait les cent pas. Il sentit la main de Charlotte quitter la sienne et se retourna pour voir que sa petite-amie s'était arrêté, restant volontairement en retrait. Il articula un merci silencieux à son égard. Rien ne l'obligeait à l’accompagner ce soir, mais il était content qu'elle l'ait fait. Il se détourna rapidement et s'avança vers son frère, blême. Il aperçut Paige et sa mère, assise sur un banc un peu plus loin, dans les bras l'une de l'autre.

"J'ai fait aussi vite que j'ai pu...souffla-t-il d'une voix blanche en arrivant à la hauteur de son ainé. Comment il va ?"

Ce n'était pas exactement la question qui le taraudait, mais il ne pouvait se résoudre à la formuler autrement. Eliott obtint la réponse à sa question en observant le visage d'Andrew, qui semblait malade d'inquiétude, mais pas effondré. Le pire n'était pas arrivé. Du moins pas encore. Leur père pouvait s'en sortir. Il devait s'en sortir.


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Andrew Warlock
Andrew avait eu l’impression que son cœur avait lâché en même temps que celui de son père. La soirée avait bien commencée, pourtant. Certes, ces grandes soirées mondaines n’étaient pas ce qu’il préférait – il privilégiait surtout les dîners en petit comité – mais le réveillon des Nimbus de Pompadour n’était pas quelque chose que l’on pouvait manquer. Et puis, Daphné et lui devaient se montrer en société, comme tous les couples récemment fiancés, afin d’officialiser la chose aux yeux de tous. Il avait donc passé un début de soirée agréable, avait trouvé le temps de parler à plusieurs oncles, tantes ou cousins plus ou moins éloignés et ainsi, de leur présenter sa charmante fiancée, qui était appréciée de tous. Ce n’était peut-être l’amour fou entre eux – mais il fallait dire qu’Andrew ne croyait pas à ces choses là – mais ils s’appréciaient réellement, et elle ferait une bonne épouse ainsi qu'une bonne Warlock. C’était une belle femme, admirable, à l’aise avec les autres, avocate comme lui, et qui partageait sa vision de la vie de couple et de la famille… Il n’avait pas de quoi se plaindre, réellement. Il était stupide – de nos jours – de chercher vainement le grand amour qui était évoqué dans les livres pour enfants. L’amour n’était pas une chose qui apparaissait comme ça, dès le premier regard. Quelque chose qui vous tombait dessus, et qui bousculait brusquement tout votre destin afin de vous réunir avec l’être aimé. Non. Non, l’amour passait tout d’abord par l’affection. Bientôt, l’affection qu’il éprouvait pour Daphné se transformerait en un amour tendre, il en était certain. C’était pareil pour tout le monde, n’est-ce pas ?

Sauf pour Eliott, évidemment, mais tout était toujours différent pour Eliott. Comme si il ressentait le besoin de prendre une autre direction, de faire tout le contraire de ce qu’on attendait de lui. Et, d’une certaine manière, il enviait un peu son petit-frère d’avoir le cran de faire ce qu’il voulait de sa vie, sans écouter personne. Jamais il n’en aurait été capable, lui. Parce qu’il était l’aîné et qu’on avait posé sur ses épaules beaucoup d’espoir – son père, notamment. Il était le fils Warlock qui allait devenir un grand avocat du département de la Justice Magique, celui qui devait soutenir son père et son parti politique, celui qui ferait un beau mariage, avantageux pour la famille. Et c’était lourd à porter, parfois, tant d’espérance. Eliott, lui, avait été libéré de tout ça. Il s’était libéré de tout ça, du moins. Oui, peut-être qu’il était jaloux, un peu. Mais, généralement, lorsque cette pensée lui traversait l’esprit, il se rassurait immédiatement. Il était heureux. Il avait une situation très confortable, un métier qu’il appréciait, une fiancée formidable… Tout allait bien.

Andrew, donc, avait passé un début de soirée des plus agréables. Le dîner avait été somptueux – les Nimbus de Pompadour devaient entretenir leur réputation, assurément, surtout en ce moment – et la réception s’annonçait divine. Il y avait eu un petit contretemps – c’était le risque dans ce genre de soirée – avec l’annonce de Théo Nott, qui avait fait grimacer Andrew. Le nom des Nott allait avoir du mal à être redoré, et c’était dommage, dans leur situation… Ce jeune homme ne pouvait-il pas faire comme tout le monde ? Faire un mariage de convenance, et vivre sa vie à côté ? Non, évidemment. Le monde des sang-pur n’était plus ce qu’il était. Cependant, cet incident ne concernait pas directement sa famille, donc Andrew n’avait pas été touché plus que cela par les paroles du jeune Nott, ni par les réactions qu’elles avaient suscitées. Il avait alors, en compagnie de Daphné, rejoint son père et sa mère. Il se souvenait parfaitement ce sentiment d’inquiétude qui s’était immiscé en lui lorsqu’il avait croisé le regard de John Warlock. Son père ne se montrait jamais faible – et jamais en public – encore moins en plein milieu d’une réception de la Haute Société ! Sa mère avait tenté de le rassurer. C’était à ce moment là que son père était tombé.

La suite était beaucoup plus floue.

Un mélange de panique et de tristesse, une course pour aller à St Mangouste au plus vite, une question qui tournait dans sa tête, qui le torturait. « Est-ce qu’il va mourir ? » Et une peur, atroce, qui l’avait consumé en quelques secondes.  Quelques heures plus tard, Andrew était devant la porte de la chambre de son père, faisant les cents pas, l’air inquiet. Et inquiet, il pouvait l’être ! Son père avait fait une crise cardiaque. « Il va s’en sortir » se rassura-t-il sans vraiment y croire, en balayant les alentours d’un regard soucieux. La médicomage avec qui il avait parlé avait tenté de le rassurer à ce sujet, pourtant. Ils faisaient de leur possible, John avait été amené assez rapidement à St Mangouste… Mais il restait un « mais. » Et s’il mourrait ? En ce premier janvier ? Non,  non, non, s’écria-t-il intérieurement, en serrant les poings, tandis que sa gorge se serrait et qu’il fermait les yeux pour retenir les larmes d’impuissance qui menaçaient de couler. Non, ce n’était pas possible, décida-t-il.

Et, lorsqu’il avait demandé les causes de cette crise à la Médicomage, la seule réponse qu’elle avait été apte à lui donner était le stress. Evidemment que son père en subissait, continuellement, au travail. Entre l’enjeu de la politique, la trahison de Rowles… « Cela peut aussi provenir de la famille » avait continué la femme « des conflits qui peuvent causer des tensions, ce qui s’ajoute à l’accumulation de stress dû au métier… » A ces paroles, le sang d’Andrew n’avait fait qu’un tour. Des conflits au sein du cadre familial ? Evidemment, qu’il y en avait, et pas qu’un peu ! Eliott en était au centre, assurément. Entre sa lubie de devenir chauffeur de taxi, sa petite-amie auror qui agressait leur père, et la Haute Société qui était à deux doigts de découvrir sa supercherie des études de Médicomagie… Andrew passa une main lasse sur son visage. Sa colère n’était peut-être pas justifiée, mais après cette soirée, il avait besoin de diriger ses émotions contre quelqu’un.

Ce quelqu’un qui arrivait justement, l’air visiblement inquiet, en compagnie d’une jeune femme blonde qu’Andrew reconnu comme étant sa petite-amie, Charlotte Meyer. L’odeur d’alcool qui parvint à ses narines lui fit froncer les sourcils et fit accroire sa colère, sans qu’il ne comprenne pourquoi. Il avait l’impression que le moindre détail était une raison d’hausser la voix et d’hurler sa rancœur, mais surtout sa panique, et sa tristesse.

« Il est en vie. » lâcha-t-il d’une voix blanche. « Les médicomages disent qu’il peut s’en sortir, ils nous tiennent au courant. »

Il s’appuya contre le mur, souffla longuement.

« C’est dû au stress. Au bureau. A la maison… Les gens commencent à se douter que tu n’es pas en étude de Médicomagie, Eliott, tu n’imagines pas à quel point une réception mondaine peut être lourde avec ce secret. » lâcha-t-il sans prendre la peine de cacher les reproches dans sa voix. « Bon sang, tu vas revenir à la raison, Eliott ? Tu vois ce que ça fait à papa, tout ça !? »

Il s’interrompit, une dernière réplique au bord des lèvres. Du calme.
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Il était en vie. Eliott aurait dû être soulagé, et une partie de lui l'était, mais rien dans l'attitude de son frère ne se voulait rassurant. Si leur père était hors de danger, pourquoi Andrew paraissait-il encore si inquiet ? Eliott esquissa un geste pour étreindre son frère ainé, mais s'arrêta net quand ce dernier reprit la parole. Pour la seconde fois de la soirée il eut l'impression que son cœur venait de s'arrêter et ses bras retombèrent lourdement le long de son corps.

"Il peut s'en sortir ?" répéta-t-il dans un souffle alors que toute la pression qui avait commencer à le quitter un instant plus tôt lui retombait brutalement sur les épaules.

Il pouvait s'en sortir. Les médicomages les tenaient au courant. Ce n'était pas ce qu'il aurait voulu entendre. C'était beaucoup trop incertain. Pouvoir ce n'était suffisant, il devait s'en sortir, les choses ne pouvaient pas être autrement. Eliott blêmit et posa un regard impuissant sur son frère ainé. Andrew savait toujours, normalement. Il avait toujours réponse à tout au point que c’en était agaçant parfois. Andrew savait toujours quoi dire d’habitude, pourtant aujourd’hui il était silencieux. Il ne savait pas. Personne ne pouvait savoir, et c'était insupportable.

Eliott avait toujours plus ou moins pensé que son père était invincible. Rien ne semblait pouvoir l'atteindre, il ne montrait jamais la moindre faiblesse, il était infaillible. Pourtant aujourd'hui il pouvait s'en sortir, peut-être. Seulement peut-être. Non, il allait s'en sortir. Eliott refusait d'envisager une autre possibilité. Leur père ne pouvait pas mourir maintenant, c'était beaucoup trop tôt. Ils avaient besoin de temps pour arranger les choses entre eux, pour se pardonner et réparer ce qu’ils avaient cassées. Les souvenirs du réveillon de l'année passées ne le quittait plus et il ne cessait de revivre encore et encore cette dispute. C'était il y a un an, exactement. Il s'était écoulé toute une année depuis, une année au cours de laquelle ils ne s'étaient adressé la parole qu'à de rares occasions, toujours pour se faire des reproches. Et si cela avait été les derniers mots qu'ils échangeraient ? Il ne se le pardonnerait jamais.

Il avait pensé la plupart des choses qu'il avait dites, il avait souvent été en colère contre son père, il lui en avait voulu pour beaucoup de choses, mais tout cela ne lui apparaissait plus aussi important maintenant. Parce qu'à coté de ses souvenirs de disputes et de tensions, des souvenirs plus lointains refaisaient surface après avoir été enfouis pendant des années. Parce que c'était plus facile de ne pas se souvenir qu'ils avaient été proches un jour. Mais aujourd'hui il n'arrivait plus à mettre tous ces souvenirs de côté et avait l'impression que toute son enfance était remontée jusque dans le creux de sa gorge pour lui rappeler à quel point il avait aimé son père et à quel point il l'aimait toujours, au fonds.

Un silence tendu s'était installé dans le couloir d’hôpital, à peine troublé par les reniflements de Paige, blottie dans les bras de leur mère. Andrew reprit toutefois la parole pour expliquer que c'était dû au stress. Eliott hocha vaguement la tête, l'esprit embué de sombres pensées et de vieux souvenirs, sans doute aussi d'alcool. Son frère poursuivit, accusateur, en assurant que cela devenait difficile pour eux de faire tenir le mensonge des études de médicomagie. Blessé par le ton lourd de reproche de son frère, Eliott tourna la tête vers lui en fronçant les sourcils en signe d'incompréhension. Ce n'était pas son idée ce mensonge. Il aurait largement préféré ne rien cacher, les gens auraient été surpris, ils auraient jasé un temps, puis auraient trouvé une autre cible. C'était leur père qui avait voulu inventer des excuses, et ils les avaient tous entrainer dans ses mensonges. Lui n'avait jamais voulu ça.

"Tu sais que ce n'était pas mon idée..." se défendit-il faiblement.

Ce n'était pas son idée, mais c'était lui qui l'avait provoqué. Il était conscient de ça et accepta donc le reproche sans broncher d'avantage. Les fiançailles d'Andrew avaient été suffisamment éprouvantes pour qu'il puisse imaginer ce que le reste de la famille subissait à chaque réception. Les gens étaient vraiment insupportables avec leur questions et leur commérages, comme s'ils n'avaient pas leurs secrets eux-aussi. Même si c'était involontaire, il reconnaissait avoir mis sa famille dans l'embarras, mais tout aurait pu être beaucoup plus simple s'ils avaient fait le choix de la vérité dès le départ.

« Bon sang, tu vas revenir à la raison, Eliott ? Tu vois ce que ça fait à papa, tout ça !? »

Eliott accusa le coup. Il avait l'impression qu'Andrew venait de le frapper en plein visage. Son frère pouvait lui reprocher beaucoup de chose, mais pas ça. Pas ce qui se passait ce soir. Ce n'était pas de sa faute. Il n'avait pas le droit de dire ça.

"Tu..."

Mais maintenant qu'Andrew avait émis cette hypothèse, maintenant qu'il avait formulé cette horrible idée, Eliott ne pouvait plus se la sortir de la tête. Et si c'était vraiment de sa faute ? C'était dû au stress, aux tensions, au travail, ou à la maison. Et si c'était lui qui avait causé tout ça ? Cette simple pensée lui donna le vertige et il crut un instant que ses jambes allaient le lâcher. Au lieu de cela il releva vers Andrew un regard ou se mêlait la crainte et la colère. Parce qu'il lui en voulait de penser ça, de le tenir pour responsable, mais il était aussi mort de peur à l'idée qu'il puisse avoir raison.

"Ne dis pas ça ! protesta-t-il, presque suppliant. Comment pouvait-il lui reprocher ça ? Il ne pouvait pas lui mettre ça sur les épaules, ce n'était pas de sa faute, il n'avait jamais voulu ça. Tu le penses vraiment ? reprit-il plus fort, sur la défensive, la voix tremblante. Tu penses que c'est de ma faute ?"

Sa voix se brisa et il dut faire tous les efforts du monde pour soutenir le regard d’Andrew. Un regard dans lequel il avait espéré trouver un peu de compréhension, de partage et de soutient en cette soirée tragique, mais dans lequel il ne voyait plus que rancœur et reproche. Il reconnaissait à peine son grand frère, pourtant c'était de lui dont il avait terriblement besoin en ce moment.


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Andrew Warlock

Andrew n’avait jamais eu aussi peur de sa vie. Les hommes Warlock, pourtant, n’avaient pas peur. Leur position ne leur permettait pas une telle faiblesse, et ils se contentaient d’avancer dans la vie en niant tous les obstacles et les problèmes qu’ils rencontraient. Andrew, depuis sa plus tendre enfance, avait toujours été fier de qui il était. Le fils du leader du SPAM, avec qui il partageait les même idéaux. Le jeune homme qui avait réussi sa scolarité à Poudlard dans la moindre difficulté, avant d’intégrer la faculté de droit magique. L’homme qui occupait à présent un poste au département de la justice magique, et qui s’apprêtait à se marier.  Il avait traversé toutes les étapes de sa vie sans jamais faillir, prenant exemple sur son père, qui lui avait toujours servi de modèle, de repère. Aujourd’hui tout s’écroulait. Aujourd’hui, Andrew Warlock sentait la peur se répandre dans la moindre parcelle de son corps. Parce que son père pouvait mourir. Il pouvait les quitter, là, à tout instant. Il pouvait mourir, et cela lui donner envie d’hurler, de taper du poing sur la table. Rien ne pouvait aller plus mal.

Et les excuses d’Eliott ne firent qu’accroître sa colère, son malaise. Evidemment qu’au fond de lui, il savait que ce n’était pas de la faute de son petit-frère, mais que tout cela n’était qu’un malheureux concours de circonstance. Malheureusement, Andrew ne parvenait pas à penser correctement, et laissa ses émotions et sa panique du moment prendre le pas sur sa raison. Il y avait, entre Eliott et lui, quelques non-dits qui pesaient sur leur relation. De la rancœur qu’Andrew gardait depuis plusieurs années. De nombreux reproches qu’il avait retenu tout ce temps. Sa famille souffrait  déjà de bien des problèmes, et notamment des tensions entre Eliott et son père, pour qu’il en rajoute une couche. Aujourd’hui, il ne se sentait pas de se taire une nouvelle fois.

« Ne fait pas comme si tu ne savais pas que tu es l’une des principales causes de son stress. » répondit Andrew sur un ton morne.

Parce qu’Eliott avait toujours tout voulu. Faire ce qu’il lui plaisait, et avoir le soutien et l’amour de sa famille. Lorsqu’il était parti, lorsqu’il avait quitté le manoir en brisant sa baguette, John Warlock était entré dans une colère noire. Le fils du leader du SPAM partait chez les moldus. Il allait vivre comme un moldu. Vite, il avait fallu un mensonge, pour cacher ça à la Haute Société. On avait prêté à Eliott le statut d’étudiant en médicomagie, et justifié ses absences aux réceptions par la charge de travail qu’il avait. Après cela, Andrew et Paige n’avait plus eu le droit à l’erreur. Il était hors de question qu’un autre enfant déshonore la famille Warlock.

« Tu n’as jamais rien fait pour lui. » poursuivit-il d’une voix dure.

« Andrew… » protesta sa mère d’une voix faible.

« Non, c’est vrai. Tu n’en a rien à faire, et tu n’en a jamais rien eu faire. Tout ce que tu as toujours voulu, c’était vivre ta vie comme tu l’entendais. De ce que ton départ pouvait bien faire à papa, tu t’en fichais. Des mensonges qu’il a eu à raconter pour que l’honneur de sa famille reste sauf, tu ne t’en ais jamais préoccupé. Et tu as déjà essayé de faire des efforts vis-à-vis de lui ? De comprendre un peu sa réaction ? Non. »

Il observa son frère, implacable. Ses mots dépassaient grandement sa pensée, et pourtant il était soulagé de concentrer sa peur, sa colère, et sa tristesse.

« Il est venu te voir, toi. Dans un hôpital moldu. Tu as cherché à apaiser vos relations ? A prendre sur toi pour ne pas le rejeter ? » il inspira longuement. « Tu l’as repoussé. Sans parler de ta petite-amie qui l’a agressé. Alors oui, Eliott, je pense qu’il faut que tu arrêtes de te cacher derrière des excuses. »

Il détourna brusquement le regard et serra les poings. Croisant le regard de Paige qui lui adressa une moue désapprobatrice, Andrew se racla doucement la gorge. Il avait peut-être été un peu trop loin.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott n'avait pas envie de savoir, il ne voulait plus entendre la réponse de son frère, parce qu'il avait peur de déjà la connaitre. Il avait toujours été conscient de la chance qu'il avait que ni Andrew ni Paige n'aient pris parti dans le conflit qui l'opposait à son père. Et s'il appréciait leur neutralité, c'était parce qu'il savait que son frère et sa sœur n'auraient certainement pas choisi son parti. Mais c'était une chose de le redouter, une autre de l'entendre.

Les reproches d'Andrew, assénés d'une voix dure, lui firent l'effet d'un coup de poing en pleine poitrine qui lui aurait coupé le souffle. Il ne voulait pas entendre ça. Les mots de son frère ne faisaient que réveiller un sentiment de culpabilité enfoui depuis trop longtemps. Évidemment, il s'en était voulu, il avait souvent dit des mots qu'il ne pensait pas, fait des choses qu'il avait regretté le lendemain, il savait qu'il avait parfois été trop loin. Mais il se rassurait en se disant qu'il n'aurait pas pu faire autrement, que lui et son père étaient trop différents pour que les choses puissent bien se passer entre eux. C'était plus facile d'accepter le conflit quand on le considérait comme la seule option. Mais voilà que son frère lui reprochait de n'avoir fait aucun effort, rendant la vérité beaucoup plus difficile à nier.

Eliott ne répondit même pas aux questions de son frère, qui n'en étaient de toute façon pas vraiment. Et c'était en cela que les reproches d'Andrew étaient si durs. Ils étaient vrais. L'ainé des Warlock n'avait pas à être inventif pour accuser son frère, juste à lui ouvrir les yeux. Et non seulement ses reproches étaient justifiés, mais en plus il les pensait vraiment. Andrew mentait bien, beaucoup mieux qu'Eliott -il n'était pas avocat pour rien- mais ce soir il ne mentait pas. Lui qui parlait toujours d'un ton presque emprunté, jamais un mot au-dessus de l'autre et toujours serein, semblait aujourd'hui en proie à une colère froide, et à une rancœur dissimulée depuis des années. L'idée qu'Andrew puisse lui en vouloir autant était insupportable, mais Eliott ne pouvait pas ignorer le regard haineux de son frère posé sur lui. Il lui en voulait vraiment et il n’était pas seulement en colère contre lui, c’était comme s’il le détestait. Son propre frère le haïssait. Et Eliott avait du mal à ne pas se détester maintenant qu’il se voyait au travers des yeux d’Andrew.

Tous ses repères fichaient le camp, tout ce à quoi il s’était toujours raccroché. Son père pouvait mourir, n’importe quand. Maintenant, dans une heure, dans deux jours. Et il ne pouvait même pas traverser cette épreuve avec son frère, qui le tenait pour responsable de la situation. L’était-il ? Il ne voulait même pas le savoir. Ça n'avait plus vraiment d'importance, plus rien n'avait d'importance à ses yeux, parce qu'il avait déjà tout fichu en l'air. Il ne chercha même pas à se défendre. Il n'avait ni la force ni l'envie de se mentir en se cherchant encore des excuses. Son regard se posa sur Andrew qui serrait les poings, sur les joues mouillées de larmes de Paige, sur l'expression de détresse sur le visage de sa mère, et son cœur se serra. Est-ce que tout était de sa faute ?

Cette idée lui donna un vertige et il tendit le bras pour prendre appui sur le mur à côté de lui. Sa tête tournait, en partie à cause de l'alcool mais aussi du fait de toutes les questions qui l’assaillaient. Des questions auxquelles il refusait de répondre, depuis des années, mais qu'il ne pouvait plus ignorer à présent. Il sentait déjà la culpabilité se refermer sur lui tel un étau glacial. Était-il vraiment cette personne que son frère détestait ? Celui qui avait abandonné sa famille sans se soucier des conséquences ? Celui qui pourrait avoir causé la mort de leur père ? Sa vision se brouilla alors que les larmes lui montaient aux yeux mais il releva le regard en sentant sa mère s’approcher de lui. Il n’osa pas croiser son regard, craignant d’y trouver la même rancœur que dans celui de son frère, mais la voix rassurante de Doris Warlock eut tôt fait de balayer ses craintes.

"Ton frère ne le pense pas, commença-t-elle en posant une main sur sa joue. Ce n'est pas de ta faute mon chéri. Il avait envie de la croire, mais ne parvenait pas à oublier le regard noir d'Andrew, et ses reproches criants de vérité. Ton père va avoir besoin d'affaires ici, emmènes Charlotte avec toi et passer à la maison d'accord ? Laisse Andrew se calmer, ça ira mieux tout à l'heure. Eliott hocha vaguement la tête et serra brièvement sa mère dans ses bras, cherchant vainement un peu de réconfort de cette étreinte. Ça va aller, assura-t-elle avec conviction. Ça va s'arranger."

On vantait la force et l'assurance des hommes dans la famille, mais c'était peut-être Doris la plus forte d'entre tous. Son mari était entre la vie et la mort, ses enfants se déchiraient sous ses yeux, et elle était encore celle qui se relevait pour leur donner un peu de courage. Eliott la serra une nouvelle fois dans ses bras, reconnaissant, et lui murmura un vague merci. Il s'approcha de Paige et l’étreignit à son tour, caressant doucement ses cheveux bruns alors qu'elle sanglotait contre lui, puis s'éloigna sans un regard pour son frère. Plus par crainte que par défi.

Il avait le cœur aussi lourd en quittant ce couloir d’hôpital qu'en y entrant, si ce n'était plus. L'angoisse n'avait pas disparu, et à l'inquiétude s'était ajouté un sentiment de tristesse et de profonde détresse. Il glissa sa main dans celle de Charlotte en arrivant à sa hauteur, souffla un "On y va" d'une voix faible, et l'entraina doucement vers la sortie.

"Merci d'être restée, lança-t-il d'une voix enrouée après plusieurs secondes de silence. Il...Il faut que j'aille chez mes parents, poursuivit-t-il, confus. Il préférait se concentrer sur ce qu'il devait faire plutôt que sur ce qui venait de se passer. Il devait se focaliser là-dessus pour s'occuper l'esprit et s'empêcher de ressasser les paroles de son frère. Je dois récupérer des affaires pour mon père."

Ses pas l'avaient mené jusqu'à l'espace réservé aux cheminées sans même qu'il n'ait à y réfléchir. Il s'avança machinalement vers l'une d'entre elle et allongea le bras pour attraper un peu de poudre mais suspendit son geste. Il se retourna vers Charlotte avec un regard hésitant. Il n'osait pas lui demander de l'accompagner, ne voulant pas qu'elle se sente obligée, mais il avait besoin qu'elle vienne. Il se contenta de tendre la main à la jeune femme, son regard impuissant parlant pour lui.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte observa Eliott s'avancer vers sa famille en craignant d'avance ce qu'il pourrait entendre. Elle connaissait son petit-ami et elle savait très bien à quel point il tenait à son père, elle l'avait compris depuis bien longtemps. Elle ne voulait pas le voir souffrir, elle ne voulait pas qu'il ait à affronter le décès de son père dans de telles circonstances, pas alors qu'il souffrait du conflit qui les animait. Elle avait beau être restée en retrait, elle distinguait les paroles qui se tenaient entre Eliott et son frère et ne put retenir un soupir de soulagement lorsque Andrew annonça qu'il était en vie. Elle était heureuse pour Eliott, elle savait très bien à quel point il culpabiliserait si son père venait à mourir maintenant. Elle ne voulait pas qu'il ait à traverser cela. Alors évidemment, elle serait là pour lui quoi qu'il arrive et c'était pour cela qu'elle était là ce soir mais elle n'avait pas la moindre idée de comment consoler Eliott s'il venait à arriver quelque chose à John Warlock.

Frigorifiée - il faisait froid dans les couloirs et elle était habillée légèrement - elle resserra les pans de son manteau autour d'elle. Elle n'avait pas remarqué au premier abord l'air hostile du frère d'Eliott et ce fut son éclat de voix qui lui relever brusquement la tête. Elle ne distingua pas tous les mots qu'il prononça mais elle entendit néanmoins clairement son ton accusateur. Comment pouvait-il accuser Eliott de ce qui était arrivé ce soir à leur père ? songea Charlotte dans un mélange d'incompréhension et de colère. Pensait-il vraiment qu'il ne portait déjà pas assez le poids du conflit sur ses épaules ? Que cela ne le taraudait pas ? Qu'il se fichait ? Il fallait être aveugle pour ne pas voir qu'Eliott était bouleversé par la crise cardiaque de son père. Comment son propre frère pouvait-il l'accuser d'un accident comme celui-ci ? Peut-être poussée par l'alcool ou l'antipathie qu'elle vouait à Andrew Warlock, Charlotte oublia sa résolution de laisser Eliott en famille et fit un pas dans la direction de son petit-ami. Elle fut néanmoins prise de court par la mère de ce dernier qui avait visiblement à cœur de stopper le conflit entre les deux frères.

Elle observa Eliott étreindre sa mère et sa sœur avant de faire demi-tour pour revenir à sa hauteur, glissant sa main dans la sienne pour rejoindre la sortie. Avec un dernier regard pour le reste des Warlock, Charlotte suivit son petit-ami, ne sachant que dire pour essayer de l'apaiser un peu. Ce ne fut que lorsqu'il rompit lui-même le silence - elle n'avait pas osé en voyant sa mine grave - qu'elle se permit de prendre la parole, inquiète pour lui.

- C'est normal, je n'allais pas te laisser...

Cela ne lui aurait jamais effleuré l'esprit de laisser Eliott affronter cette situation seul. Ils sortaient ensemble depuis des mois, elle n'aurait jamais pu l'abandonner comme ça sans se soucier de lui. Elle savait très bien à quel point il était mal et elle resterait avec lui quoi qu'il arrive. Lorsqu'ils arrivèrent à la salle des cheminées, elle vit clairement le regard hésitant d'Eliott à son égard, comme si elle allait faire autre chose que le suivre. Charlie ne comprenait pas qu'il puisse ne serait-ce qu'envisager la possibilité qu'elle le laisse tomber ainsi. Ignorant sa main tendue, s'approcha de lui pour passer ses bras autour de son cou et l'attirer ainsi dans ses bras, déposant un baiser sur sa joue au passage.

- C'est pas de ta faute Eliott, ton frère est juste impuissant et ça le met en colère et il cherche à passer ses nerfs, murmura-t-elle à son oreille. Tu n'as rien fait de mal, ne culpabilise pas. C'est un accident, un horrible accident mais tu n'y es pour rien. Et tout va s'arranger, c'est promis.

Elle le serra contre elle encore quelques instants avant de se reculer, glissant sa main dans la sienne.

- Je ne te laisse pas.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
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Eliott laissa Charlotte l'attirer à elle et la serra contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux pour fuir la réalité. Cette étreinte le réconfortait un peu, lui apportant quelque chose de solide à quoi s'accrocher alors que tout semblait s'effondrer. Cela faisait des années que sa vie de famille était compliquée, mais malgré les conflits entre son père et lui, ses relations avec Andrew et Paige n'avaient pas vraiment changé. Ils se voyaient moins souvent mais se retrouvaient comme s'ils ne s'étaient jamais quittés, comme avant. Que son propre frère puisse tant lui en vouloir, et depuis longtemps, envoyait valser toutes ses certitudes. Il aurait eu besoin de lui ce soir, besoin de sentir qu'il avait encore une famille malgré tout, que tout n'était pas fichu. Mais ils ne pourraient pas compter l'un sur l'autre ce soir. Seule Charlotte était là pour lui et il ne la remercierait jamais assez pour sa présence.

Les mots réconfortants de la jeune femme ne l'atteignirent pourtant pas. Sa mère lui avait déjà dit la même chose et, s'il aurait aimé les croire l'une comme l'autre, il en était incapable. Il ne pouvait pas se mentir, pas après avoir vu la rancœur dans les yeux d'Andrew et entendu le colère dans sa voix. Son frère lui en voulait vraiment. Quelque chose s'était brisé entre eux ce soir, qu'ils ne répareraient peut-être jamais. Chassant au loin ces sombres pensées, Eliott s'écarta de Charlotte et serra sa main dans la sienne.

-Merci, souffla-t-il quand elle assura qu'elle ne le laissait pas.

Un peu apaisé par la présence de Charlotte, mais complètement abattu, Eliott tenta de se concentrer sur ce qu'il avait à faire. A savoir aller chez ses parents, et récupérer des affaires pour son père. Il s'activa, mécaniquement, libérant une poignée de poudres de cheminette et annonçant sa destination en s'efforçant de ne penser à rien, de ne pas ressasser ce qui venait de se passer. Il se retrouva dans le salon du manoir sans s'y être vraiment préparé et resta un instant silencieux, à observer la pièce comme un étranger en attendant l'arrivée de Charlotte. Il n'était pas venu ici depuis exactement un an, mais avait le sentiment que ce n'était plus chez lui depuis longtemps. La pièce n'avait pourtant pas changé. Spacieuse, elle était richement meublée et décorée. Un grand tapis brodé en occupait le centre, quelques meubles de bois sombres habitaient l'espace et les murs étaient habillés par des peintures, et quelques photos de famille sur lesquelles il ne figurait pas toujours.

Le cœur lourd, il tendit une main à Charlotte pour l'aider à se dégager de l'âtre de la cheminée. Dans d'autres circonstances, peut-être aurait-il apprécié de lui faire visiter la maison où il avait grandi, mais aujourd'hui il n'était pas certain de vouloir retrouver tous les souvenirs enfermés entre ces murs. Les derniers qu'il avait ici n’étaient pas des plus joyeux, mais il suffisait de remonter quelques années de plus en arrière pour trouver une enfance heureuse, et une famille soudée. Et c'était peut-être ces bons souvenirs auxquels il avait envie d'échapper, d'habitude. C'était plus facile de ne pas y penser. Plus facile de ne pas se rappeler qu'un jour ils avaient été proches, qu'il y a quelques années les choses étaient simples entre eux. C'était tellement plus facile de s'éloigner d'un homme que vous connaissiez à peine et avec qui vous n'aviez rien en commun plutôt que du père qui vous avez élevé.

Mais aujourd'hui, alors que son père était entre la vie et la mort, il avait envie de se raccrocher à ses souvenirs heureux, justement. Pour se dire qu'il n'y avait pas eu que des disputes, du mépris et de l'ignorance entre eux. Qu'ils n'avaient pas tout perdu et qu’il leur restait quelque chose de bien, même si ce n'était que de lointains souvenirs. Eliott n'avait toujours pas bougé du centre du tapis, et fixait la pièce autours de lui avec une expression indéchiffrable, quand le silence fut brisé par une voix fluette.

-Monsieur Eliott, comment va Monsieur votre père ? Monsieur Eliott souhaite-t-il quelque chose ? Kikby peut servir du thé, ou préparer à diner. Mademoiselle désire-t-elle quelque chose ?"

Trop perturbé pour se demander comment l'elfe de maison avait appris pour son père, Eliott le regarda s'incliner devant Charlotte et le remercia d'un faible sourire. Il avait presque oublié ce vieil elfe, qu'il avait pourtant côtoyé toute son enfance. Il se faisait vieux, et perdait sans doute un peu la tête, mais il faisait plus ou moins partie de la famille.

- Ça va, répondit-il d'une voix rauque. Merci Kikby mais on va se débrouiller.

Eliott n'avait pas lâché la main de Charlotte depuis qu'ils étaient arrivés et l'entraina lentement vers les escaliers. Si cela faisait un an qu'il n'était plus venu ici, cela faisait bien plus longtemps qu'il n'était pas monté à l'étage. Les déjeuners familiaux se finissaient bien souvent rapidement, et de manière trop soudaine pour qu'il prenne le temps de faire le tour de la maison. Les souvenirs du réveillon de l'année dernière lui revinrent en mémoire, ainsi que ceux de son réveil après son accident. C'était les deux dernières fois où il avait parlé à son père. Et il ne s'était rien dit d'autres que des atrocités.

-Ça fait un an que je ne suis pas venu ici, lança-t-il soudainement, la voix éraillée. Depuis le nouvel an, l'année dernière...

Il ne savait pas vraiment pourquoi il disait cela maintenant. Ce n'était pas quelque chose dont il aimait parler d'ordinaire. A vrai dire il ne parlait jamais de son père, et n'avait jamais raconté précisément à Charlotte ce qui s'était passé entre eux. Il contournait le sujet quand elle l'abordait, restait volontairement vague, se cachait derrière l'humour. Quand elle était revenue dans sa chambre, le jour où son père était venu le voir à l’hôpital, il ne lui avait rien dit. Aujourd'hui, il avait besoin d'en parler, de tout lui raconter. Il poursuivit, dans un récit un peu décousu mais complet, sans omettre aucun détail.

-...J'ai été horrible... termina-t-il alors qu'il achevait de raconter à Charlotte la manière dont il avait rejeté son père en Juillet.

Les accusations d'Andrew n'étaient pas pour rien dans cette brutale prise de conscience mais c'était surtout l'idée qu'il puisse perdre son père qui lui faisait voir leurs derniers échanges sous un regard nouveau. Un regard sous lequel il n'était clairement pas à son avantage. Les coudes posés sur ses genoux -il ne se rappelait même plus s'être assis sur les marches de l’escalier- il enfouit son visage dans ses mains pour refouler les larmes qui lui montait aux yeux. Tout expliquer à Charlotte lui avait fait prendre conscience de l'absurdité de la situation. Son père pouvait mourir, et il n'avait pas pensé un seul des derniers mots qu'il lui avait dit. C'était des paroles jetées sous le coup de la colère, qu'il avait vite regretté, mais desquelles il ne s'était jamais excusé. Et il ne se le pardonnerait pas.


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Désemparée par le chagrin d'Eliott, Charlotte l'observa disparaître dans la cheminée avant qu'elle-même ne s'avance pour le suivre. Elle aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour le soulager de sa tristesse, pouvoir agir, servir à quelque chose mais elle était complètement impuissante. Ils étaient tous condamnés à attendre sans pouvoir influencer en quoi que ce soit sur le destin de John Warlock et c'était sûrement le plus difficile : être réduit à ce rôle passif lorsqu'elle aurait voulu pouvoir faire qu'Eliott se sente mieux. La seule chose à sa portée était de lui apporter un soutien inconditionnel, l'assurer qu'elle serait toujours là pour lui quoi qu'il arrive. C'était à tout cela qu'elle pensait pendant le bref temps qu'elle passa dans le réseau de Cheminette avant d'arriver brusquement dans le salon des Warlock, où Eliott lui tendit la main afin qu'elle puisse sortir de la cheminée.

Elle noua ses doigts aux siens tandis qu'elle faisait quelques pas dans le salon, soufflée par la richesse du salon. Sa première pensée fut de se dire que c'était bien éloigné du salon de ses propres parents, qui ressemblait à un salon normal et familial de toute famille anglaise. Ici, elle était certaine qu'un seul des meubles suffirait à payer son salaire mensuel. Elle n'avait jamais réalisé à quel point Eliott et elle avaient eut des enfances différentes, en dehors du fait même qu'il soit né sorcier et pas elle. Elle avait toujours su qu'il était un Sang-Pur mais il agissait si différemment de tous les autres sorciers de Sang-Pur qu'elle avait rencontré qu'il était facile d'oublier d'où il venait. Et en voyant ce salon ce soir, elle le réalisait pleinement et elle se sentait étonnamment mal à l'aise à cette idée, avec l'impression qu'elle n'était pas à sa place ici. Pour chasser cette sensation, elle fit glisser son autre main sur le bras d'Eliott pour attirer son attention mais une voix fluette fut beaucoup plus efficace. Interloquée, Charlotte baissa les yeux pour croiser le regard d'un Elfe de Maison qui s'inclinait devant elle. D'accord, ça, c'était le plus étrange. Elle fit non de la tête lorsque l'Elfe lui demanda si elle avait besoin de quelque chose, tandis qu'Eliott reprenait enfin la parole, la soulageant un peu, tant le silence de son petit-ami l'inquiétait.

Elle se laissa guider par lui, leurs mains toujours nouées, jusqu'à un hall et un escalier qui montait dans les étages. Elle avait beau chercher quelque chose à dire, Charlie savait que ses phrases d'encouragement seraient vaines et inutiles face à la détresse d'Eliott. Elle posait sur un lui un regard inquiet, scrutant ses traits tirés et sa mâchoire tendue. Ils avaient commencé à monter quelques marches quand Eliott brisa le silence, avouant qu'il n'était pas venu ici depuis le Nouvel An. Elle n'avait jamais vraiment su les détails de ce qui s'était passé au réveillon, son petit-ami préférant éluder la conversation, mais elle savait que cela avait été la dispute de trop, la goutte qui avait fait déborder le vase entre John Warlock et son fils. Elle avait toujours été un peu curieuse mais avait respecté le silence d'Eliott à ce sujet, que ce soit au début de leur relation où lors de son réveil à l'hôpital, lorsqu'elle avait rencontré son père. Mais aujourd'hui, il semblait avoir besoin d'en parler, sûrement pour exorciser les pensées qui devaient le malmener depuis qu'ils avaient reçu le hibou à la soirée d'Ellen. Attentive, elle écouta les confessions de son petit-ami, sa main toujours glissée dans la sienne, caressant sa paume avec son pouce. Toute l'histoire était faite d'incompréhensions, de colère et de mots crachés sans y penser - des deux cotés - et donnait surtout l'impression d'un immense gâchis. Quand elle vit Eliott enfouir son visage dans ses mains, Charlotte sentit son cœur se briser, complètement désemparée face à détresse.

- Ne dis pas ça, souffla-t-elle à son oreille en l'entourant de ses bras. Vous étiez en colère, tous les deux, et vos mots ont dépassé vos pensées.

Elle saisit le poignet d'Eliott avec douceur pour qu'il relève la tête et se rapprocha encore un petit peu de lui.

- Eliott, regarde moi. Ton père est un homme intelligent et il sait très bien que tu ne pensais pas le quart de ce que tu as dit. Tout comme tu sais au fond de toi que toutes les choses horribles qu'il t'as dites, il ne les pensait pas. Ton père t'aime et il sait que tu l'aimes, c'est pour cela qu'il s'est précipité à ton chevet quand tu as eu ton accident. Il a été le premier à répondre présent quand j'ai envoyé mon Patronus, il a arrêté tout ce qu'il faisait pour venir te voir, les deux fois.

Elle entoura son visage de ses mains, caressant sa pommette.

- Ton père et toi vous êtes en conflit depuis des années mais vous revenez toujours l'un vers l'autre parce que vous ne pouvez pas vous résoudre à vous abandonnez l'un l'autre. Ton père sait que tu l'aimes Eliott, n'en doute pas. Je ne veux pas que tu te blâmes pour ça, tu te fais du mal pour rien. Arrête de te torturer, ça ne sert à rien. On va aller chercher les affaires de ton père, lui amener et il va s'en sortir. D'abord parce que je suis sûre que si le fils peut se remettre d'être passé sous un bus, alors le père peut faire encore mieux et ensuite parce que ça ne se terminera pas comme ça, d'accord ?


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
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Eliott savait tout ça. Il savait que son père et lui avaient dit des choses qu'ils ne pensaient pas, sous le coup de la colère. Tout comme il savait que c'était la colère et la tristesse qui parlaient quand Andrew s'en était pris à lui. Mais il savait également que si toutes ces choses avaient été dites, cela signifiait quelque chose. Ce n'était pas seulement des paroles en l'air. C'était des choses qu'ils n'avaient pas voulu dire, mais s'ils les avaient exprimé dans ces moments de colère, ou de faiblesse, c'était qu'un jour il les avaient pensé.

Et c'était peut-être ça, le pire. Se dire que ces horreurs qu'il avait dit étaient peut-être ce qu'ils ressentaient vraiment, sans vouloir se l'avouer. Il avait vu la façon dont Andrew l'avait regardé. Il lui en voulait vraiment, en tout cas il lui en avait réellement voulu pendant un instant. Et maintenant il s'en voulait aussi, et rien de ce que Charlotte pourrait dire n'y changerait rien.

Il sentit la jeune femme lui attraper doucement le poignet et leva vers elle un regard perdu. Il aurait aimé la croire. Il aurait voulu se laisser rassurer par ses paroles et affronter la situation avec force, mais il n'y parvenait pas. Il y avait du vrai dans ce qu'elle disait, malheureusement il y avait également des choses qui l'étaient moins. il aimait son père, malgré tout, et il savait que son père l'aimait, mais il doutait que l'inverse soit vrai. Il avait été odieux lors de leur dernière rencontre, et n'avait rien fait pour démentir ses paroles depuis. Sur le moment il avait cru ses paroles justifiées, il se souvenait de la colère, du sentiment d'injustice, du besoin de frapper plus fort, pour oublier à quel point les reproches de son père le blessaient. Aujourd'hui tous ces sentiments lui paraissaient bien faible à coté de la détresse et du vide qu'il ressentait.

Fuyant le regard de Charlotte, qui avait posé une main sur sa joue, Eliott observa la pièce autours d'eux. Ses yeux passèrent des anciennes photos de famille accrochées au mur pour se poser sur les plus récentes, desquelles il était absent. C'était son choix. Il avait quitté le monde magique, il était parti de cette maison, il s'était éloigné de sa famille. Mais les conséquences étaient bien plus importantes qu'il ne l'avait imaginé. Et ce soir, assis sur les marches de l'escalier dans la maison où il avait grandi, il regrettait. Pour la première fois, il commençait à croire que, s'il pouvait tout recommencer, il ferait des choix différents. Il aurait fait n'importe quoi pour ne pas se retrouver ici, à prier pour avoir encore une chance de parler à son père.

L'éventualité qu'il soit peut-être déjà trop tard lui glaça le sang et il reporta finalement son regard sur le visage de Charlotte, se raccrochant à sa voix rassurante et à ce qu'elle annonçait comme des certitudes. Elle disait que tout irait bien, et il avait envie d'y croire. Il en venait à regretter beaucoup de ses décisions ce soir, il doutait de ses choix, il découvrait les choses sous un nouveau jour, mais Charlie lui rappelait que, s'il avait perdu beaucoup dans ce conflit avec sa famille, il avait aussi énormément gagné. Ils ne se seraient jamais retrouvés, s'il avait fait des choix différents. Attrapant la main de la jeune fille, il la pressa dans la sienne en lui adressant un faible sourire reconnaissant.

- Merci, souffla-t-il simplement.

Elle était sa seule force ce soir, alors que tous les autres piliers de vie paraissaient s’effondrer. Il n'avait plus la moindre certitude, sur sa famille, sur lui, sur ce qu'il ressentait. Mais Charlotte était là pour lui, et sa seule présence l'apaisait un peu. Sans elle il serait probablement resté indéfiniment sur cet escalier, à ressasser le passé,  à se laisser ronger par les remords. Il n'avait pas le courage de retourner à Sainte-mangouste, d'affronter son frère, de subir cette attente insupportable. Pourtant, la main de la jeune femme toujours dans la sienne, il se releva et commença à gravir quelques marches de l’escalier. Il devait le faire, et avec Charlotte à ses cotés ce serait moins difficile. Toute sa famille n'était pas détruite tant qu'il avait encore Charlotte.

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Don't hold your breath [Eliott & Andrew & Charlotte]

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