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 Machiavélique [Leopold]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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7 Mars 2008

Une lumière orangée éclairait la salle à manger des Rosier tandis que Rosaleen posait sur la massive table en bois les fleurs qu'on venait de leur livrer. Ses grands-parents recevaient ce soir et ils lui avaient octroyé la tâche de superviser la préparation de la soirée, comme de plus en plus souvent ces derniers temps. Il n'y avait bien que son dîner d'anniversaire qu'elle n'avait pas organisé ! Sa grand-mère ne cessait de répéter qu'il était grand-temps qu'elle utilise pleinement les leçons qu'elle avait reçu, se préparant ainsi pleinement pour une vie d'épouse bien rangée. Rose voyait les choses un peu différemment - elle avait bon espoir de terminer sa troisième année à Lycaon sans être interrompue par un mariage au vu de ce qui s'était passé avec Théo  - et même si elle était consciente que le temps passait, elle avait désormais vingt-et-un ans, elle était désormais dans la dernière ligne droite de son premier cycle à l'école et espérait véritablement le finir, pour en ressortir diplômée.

En effet, les étudiants de Lycaon, une fois qu'ils étaient admis au sein de l'école, se lançaient dans trois ans d'études intensives pour décrocher un premier diplôme en Métamorphose supérieure, mais néanmoins générale. C'était déjà un très grand pas et un diplôme de grande qualité mais les élèves avaient la possibilité - et étaient poussés - à continuer leurs études pour se spécialiser. Les années suivantes étaient alors composées différemment, beaucoup moins scolaires dans leur fonctionnement étant donné que les élèves avaient beaucoup moins de cours mais se lançaient dans un projet personnel de recherche sur les domaines de la métamorphose qui les passionnaient, tout cela sous l'oeil attentif de leurs enseignants. Les projets de recherche pouvaient durer quelques années et il était également possible d'en faire plusieurs, bien que la tâche soit alors assez ardue et longue.

Rosaleen était assez confuse par rapport à ses sentiments concernant ses études, surtout en ce moment alors qu'on leur parlait de plus en plus de leurs examens finaux et de leur diplôme. Lorsqu'elle était entrée à l'école, presque trois ans auparavant, elle avait évidemment l'espoir d'arriver au bout du cycle mais c'était quelque chose d'un peu abstrait, concurrencé par la pression qu'Arthur et elle subissaient de ses grands-parents. La troisième année était cet objectif alors envié et choyé mais qui semblait tellement inaccessible. Mais le temps avait fait son œuvre, Arthur était parti, Rosaleen avait terminé sa première année, puis sa deuxième, tentant tant bien que mal de rassurer sa famille à coté et elle avait fini par entamer la troisième. Ses fiançailles avec Théo avait fait du remous dans sa vie et elle s'était retrouvée partagée entre l'amour qu'elle portait à ses études et le fait de le presser pour assurer ce mariage. Or ses grands-parents se seraient fermement opposés au fait qu'elle ne se consacre pas totalement à son nouveau mari, sa nouvelle maison et les enfants assurément à venir. Mais ces fiançailles n'avaient pas duré et voilà qu'elle se retrouvait dans la dernière ligne droite pour obtenir son diplôme.

Il y avait certes Adonis et ces rendez-vous qu'ils se fixaient régulièrement mais pour la première fois, Rosaleen ne tirait pas de plans sur la comète et se contentait de profiter de ces moments, s'appliquant néanmoins à les tenir or des griffes de ses grands-parents. Elle ne savait pas ce qu'ils penserait de cette fréquentation - pourtant en tout bien tout honneur - et n'avait pas envie qu'ils viennent faire pression sur elle ou sur Adonis d'une quelconque manière. Elle l'appréciait beaucoup, ne savait pas où cela la mènerait mais laissait faire les choses tranquillement. Elle avait la possibilité de se concentrer sur ses études jusqu'à la fin de l'année - même si ses grands-parents se montraient de plus en plus insistants - et elle comptait bien la saisir. Elle releva les yeux au moment où son grand-père passait la porte de la salle à manger, vêtu de l'une de ses plus belles robes et l'air contrarié. L'Elfe de Maison recula d'un bond à son passage tandis qu'Elbert Rosier posait les yeux sur le bouquet de fleurs comme s'il l'avait insulté.

- Tout ça va encore nous coûter une fortune, déclara-t-il sèchement. Ta grand-mère s'accorde ce genre de folies tous les mois, désormais.

Préférant sagement ne pas répondre, Rose se contenta de s'effacer dans l’entrebâillement de la porte pour rejoindre le hall, croisant le regard d'Oreste tranquillement assis sur l'une des marches, serré dans sa robe habillée. Cet enfant grandissait vraiment trop vite, songea Rosaleen en lui adressant un sourire. Il lui fallait souvent de nouveaux vêtements et si Rose et ses sœurs se transmettaient leurs habits, déjà hérités souvent de leur mère ou de leur grand-mère, Oreste n'avait pas cette chance. Et dire qu'ils étaient déjà en train de mettre de coté pour Poudlard pour qu'il puisse faire bonne figure avec des affaires à peu près neuves ! Son grand-père avait beau critiquer, sa grand-mère faisait de son mieux pour que les dîners qu'ils donnent ne reviennent pas trop chers, en les donnant en petit comité. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient : ce genre d'évènements avaient un coût et les résultats n'étaient pas assez au rendez-vous pour satisfaire son grand-père.

Des coups retentirent contre la lourde porte en bois et Oreste bondit pour venir se réfugier dans les jambes de sa sœur tandis que Rosaleen posait une main sur son épaule. Leur Elfe Mercy apparu dans un craquement - parce qu'ils avaient beau être devant la porte, c'était à l'Elfe d'ouvrir - et Daria profita de ce moment pour se faufiler aux cotés de son mari. On pouvait dire que le dîner était assez familial puisque Daria avait invité trois de ses frères à diner, ainsi que leurs épouses. C'était donc une réception assez simple mais cela n'avait pas empêché les Rosier de mettre les petits plats dans les grands, comme toujours. On servirait du gibier ce soir, du vin des Elfes et toute la famille s'était mise sur son trente-et-un. Sa grand-mère avait d'abord insisté pour qu'elle porte la robe blanche neuve qu'on lui avait offerte pour son anniversaire, celle avec des pièces de dentelle dans le dos, très travaillée. Rose aurait préféré quelque chose de plus simple mais sa grand-mère n'en n'avait pas démordu et elle avait obéi, comme toujours.

Néanmoins, Rosaleen comprit vite qu'il ne s'agissait pas que d'une affaire de pure coquetterie lorsqu'elle aperçu Leopold Marchebank dans l’entrebâillement de la porte. Elle ne l'avait pas revu depuis le Nouvel An des Nimbus de Pompadour - où elle avait encore perdu son sang-froid face à lui - mais il avait fait une intervention remarquée à son dîner d'anniversaire en faisant livrer un immense bouquet de fleurs qui avait siégé sur sa commode quelques jours. Elle ignorait pourquoi sa grand-mère l'avait invité ce soir et elle en était véritablement perturbée. Ce n'est pas qu'elle ne l'appréciait pas, c'était un homme intelligent et plein d'esprit, mais il avait le don unique de la piquer au vif à chaque fois et Rosaleen détestait être chamboulée. Elle mit un quart de seconde à se reprendre et sa grand-mère avait déjà invité leurs premiers convives à entrer, à grands-renforts de compliments. Gordon Bulstrode, le dernier petit frère de sa grand-mère avait été le parrain de sa mère et Rose l'avait toujours connu, mais restait parfois désarçonnée face à certaines de ses remarques.

- La plus charmante des Lestrange ! s'exclama-t-il avec un sourire.
- Oncle Gordon, le salua Rose avec un sourire poli avant de se tourner vers sa grande-tante par alliance, l'épouse de Gordon.

Mais une fois les salutations familiales effectuées, Rose n'avait pas d'autres choix que de faire face à Leopold Marchebank dans une profonde révérence. Ils s'étaient d'ailleurs parlé pour la première fois au manoir Rosier, lors d'une petite réception où il avait été invité avec son épouse et son fils, en tant qu'ami proche de son grand-oncle. Et ce soir-là, elle avait cru percevoir, distinguer quelques sous-entendus dans le discours que lui avait tenu Monsieur Marchebank mais elle avait été idiote, elle avait imaginé des choses et c'était une bêtise. Il avait l'âge d'être son père, voire presque son grand-père, et était marié. Enfin, plus maintenant, certes, la nouvelle du divorce des Marchebank avait fait le tour de la bonne société. Mais ce n'était pas une raison et de toute manière, elle ne voyait pas du tout pourquoi elle pensait à cela et elle arrivait à s'agacer elle-même et c'était assurément la faute de Leopold Marchebank alors c'est forcément lui qui devait être de nature à l'agacer et donc agaçant. CQFD. Mais sans rien montrer de ses pensées un peu agitées, Rosaleen plaqua un sourire avenant sur son visage sans remarquer le regard satisfait de sa grand-mère.

- Monsieur Marchebank, c'est un plaisir de vous voir ici ce soir. Je vous remercie encore pour les fleurs pour mon anniversaire, elles étaient splendides !

Elle lui avait évidemment bien envoyé une carte de remerciements dès le lendemain mais c'était toujours mieux de le faire en personne, même quelques semaines après.

- Il est d'ailleurs bien dommage que nous n'ayez pas pu être des nôtres ce soir-là, minauda sa grand-mère et Rose ne put retenir le regard surpris qu'elle lui adressa.

Il n'était vraiment pas dans les manières de Daria Rosier d'agir ainsi et entre cette phrase pourtant innocente au premier abord et l'histoire de la robe, Rosaleen était persuadée que la présence de Monsieur Marchebank ce soir n'était pas anodine. Elle croisa le regard d'Oreste qui était resté près d'elle tandis qu'ils passaient tous au salon sous l'invitation enthousiaste de Daria, les autres invités ayant visiblement un peu de retard. Mercy avait apporté des plateaux d'amuse-gueule et s'attelait déjà à servir du vin dans des coupes de cristal tandis que sa grand-mère dissertait toujours sur son dîner d'anniversaire, qui n'avait pourtant pas été exceptionnel.

- La seule chose que je regrette, c'est évidemment l'absence de notre tendre fille, soupira-t-elle. Mais nous avions tout de même des invités charmants ! Le jeune héritier Greengrass, par exemple, Adonis de son prénom. Un garçon très bien de sa personne ! Mais je ne vous apprend rien, je pense, ajouta-t-elle avec un sourire qui en disait long à l'adresse de Monsieur Marchebank. Il apprécie vraiment Rose, il est toujours plein d'attentions envers elle ! Ils se voient d'ailleurs très régulièrement, lança-t-elle d'un ton badin empli de toute l'innocence du monde.

Mais Rosaleen n'était pas dupe et elle dû prendre sur elle pour reposer calmement sa coupe de vin et ne pas vriller un regard sombre sur sa grand-mère, le cœur battant. Elle n'avait jamais pensé sa grand-mère sotte mais elle n'aurait non plus jamais songé qu'elle se rendrait compte de son manège si rapidement, elle qui avait tenu à le garder secret.

- Je pense que le terme n'est pas adéquat, grand-mère, répondit-elle avec un léger rire et un sourire aimable. Nous nous sommes croisés plusieurs fois, voilà tout.
- Ne sois donc pas si modeste, répliqua Daria avec un sourire que Rose perçu comme carnassier. Ce garçon n'est pas si indifférent que cela.
- Nous nous sommes toujours vu en toute amitié grand-mère, ne voyez donc pas d'amourette là où il n'y en a pas.

Rosaleen sentait le regard perçant de son grand-père posé sur elle et elle s'efforçait de ne pas relever les yeux vers lui, de crainte de lire son expression. Il n'apprécierait clairement pas qu'elle fréquente quelqu'un et elle n'avait pas envie d'exposer Adonis - et elle-même d'ailleurs - à sa colère. Son grand-oncle semblait amusé par la situation et elle savait très bien qu'elle ne trouverait aucun secours dans sa discrète épouse pour changer de sujet. Alors elle reprit sa coupe de vin et en avala une gorgée avant de se tourner vers Monsieur Marchebank, un sourire aux lèvres. Et quitte à changer de sujet, autant le faire clairement et offusquer sa grand-mère par la même occasion. Après tout, elle avait clairement cherché à la faire réagir en mentionnant Adonis, ou du moins, Rose en était persuadée. Et elle était clairement décidée à lui faire comprendre qu'elle n'aimait pas être ainsi mise à l'aise en public.

- Vous avez dû être très occupé ces derniers temps, Monsieur Marchebank, avec tout ce qui s'est passé avec les loups-garous. C'est un véritable coup dur pour le Ministère de la Magie et votre Département doit être au premier plan, j'ai entendu votre allocution. Ne pensez-vous pas que cette tragique histoire aurait pu être évitée si le Ministre s'occupait plus des problèmes internes de notre société avant de chercher à l'ouvrir vers le monde moldu ? Les moyens accordés au DOM sont faramineux et votre Département a été fortement lésé dans la redistribution des moyens.

Une nouvelle gorgée de vin - cette soirée s'annonçait difficile - tandis que Rosaleen observait l'air désapprobateur de sa grand-mère du coin de l'oeil. Elle voulait bien se tenir en retrait et être sage, polie et discuter chiffons. Mais dans ce cas-là, que Daria ne la mette en porte-à-faux auprès de son grand-père, l'obligeant à réagir pour éviter la catastrophe. Rose se considérait comme gentille, pas comme idiote.


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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un sourire amusé étira les lèvres de Leopold lorsqu'il avisa son chat qui se pressait contre les jambes de Gordon en miaulant avec contentement, en une attitude affectueuse qui lui était fort peu habituelle. Gordon et Adonis, voilà les deux êtres humains autres que Leopold que le capricieux Machiavel tolérait, et cela en disait long aux yeux de son maître. Le directeur des créatures restait persuadé de l'intelligence de son animal de compagnie et ne lui refusait jamais de l'accompagner quelque part, même dans les pattes de Fiennes, mais aujourd'hui, il allait devoir rester à la porte. Leopold ne comptait pas faire le moindre faux pas en la présence des Rosier car l'enjeu était gros : il comptait bel et bien obtenir la main de leur petite-fille, la belle et piquante Rosaleen Lestrange.

"Ta bestiole est effrayante, on dirait ta réincarnation", l'invectiva Gordon en guise de salutations. "Si je ne vous voyais pas fréquemment dans la même pièce, je t'accuserais d'être un animagus non déclaré."

Leopold se contenta d'un petit rire en guise de réponse et salua Mrs Bulstrode avec son plus beau sourire charmeur, sous le regard mi-agacé, mi-indulgent de son meilleur ami. Gordon et lui se connaissaient depuis toujours, se côtoyant dans les dîners mondains avant même d'être répartis ensemble à Serpentard, plusieurs décennies auparavant. C'était probablement l'une des rares personnes que Leopold estimait réellement, probablement parce qu'il se reconnaissait bien dans la personne de Gordon. Lui aussi savait faire preuve d'humour et d’irrévérence lorsqu'il le fallait, lui aussi ne se prenait pas autant au sérieux que bon nombre de membres de la "haute" et de gros bonnets du Ministère. Ils se connaissaient extrêmement bien et se ressemblaient comme deux frères, à ceci près que Leopold avait une ambition infiniment plus grande que Gordon. Là où Gordon avait trouvé la paix et la joie de vivre, avec une famille qui le comblait pleinement et un métier confortablement payé et sans responsabilités harassantes au département des jeux et sports magiques, Leopold, lui, poursuivait inlassablement son ascension. Son ascension vers quoi ? Il ne l'avait jamais véritablement su, mais une chose était certaine, il poursuivrait sa quête jusqu'à l'épuisement et la défaite finale. Hautement ambitieux et dévoré par le besoin d'obtenir toujours plus, de contrôler, de manipuler, de manigancer son entourage, Leopold se fixait un nouvel objectif chaque fois qu'il parvenait à remplir le précédent, insatiable, jamais satisfait.

Aujourd'hui, son objectif s'appelait Rosaleen.

Laissant les Bulstrode frapper à la porte et saluer leurs hôtes les premier, Leopold gratouilla Machiavel derrière les oreilles avant de l'envoyer chasser les gnomes de jardin - bien qu'il n'en trouverait probablement pas dans le domaine bien entretenu des Rosier. Leopold se redressa et rajusta la veste de son costume moldu. Même pour cette occasion, il n'avait pas succombé à la mode sorcière. Il allait conquérir le coeur - ou du moins l'esprit vénal - de Rosaleen tel qu'il était, honorable membre du MIM et défenseur de la cause des nés-moldus, ou il allait échouer, mais il ne comptait pas faire de compromis. Leopold Marchebank n'était certainement pas homme à changer pour une femme.

Entrant à la suite de Gordon, Leopold ne laissa pas paraître une once de l'étendue du mépris qu'il éprouvait pour les grands-parents de Rosaleen en les saluant, se comportant comme le parfait invité. Une fois toutes les salutations effectuées, il ne resta plus que l'objet de ses désirs, Rosaleen, qui la salua elle aussi dans la plus parfaite des révérences. Leopold ne cacha pas son sourire appréciateur à la vue de la jeune femme et ce fut sur un ton presque caressant qu'il lui répondit :

"Splendide, voilà le mot qui vient à l'esprit en vous contemplant. J'espère que votre soirée d'anniversaire a été plaisante."

Et plaisante, elle l'avait vraisemblablement été, à en croire le récit de Daria Rosier. Leopold écouta la conversation au sujet d'Adonis en bouillonnant intérieurement, un léger pli entre ces yeux trahissant son irritation. Le directeur pensait pourtant avoir été clair avec son associé, mais il fallait croire qu'Adonis sous-estimait sa détermination. Ou peut-être pensait-il pouvoir gagner le coeur de Rosaleen avant que Leopold n'ait le temps de la demander en mariage ? C'était là bien mal connaître les femmes et Rosaleen en particulier. De toute évidence, Leopold représentait un échappatoire que Rosaleen serait bien malavisée de rejeter... Mais s'il se trompait ? Elle restait une jeune femme de vingt ans et ces créatures pouvaient se montrer particulièrement sentimentales, voire totalement déraisonnables. Rosaleen n'était pas à l'abris d'un accès de stupidité et il se pourrait bien qu'elle se soit laissée ensorceler par les belles paroles et les beaux yeux d'Adonis, qui, à en juger par les remarques des secrétaires du département que Leopold avait pu glaner, portait plutôt bien son nom. Il n'aurait su en juger, lui-même n'ayant jamais été porté sur la gent masculine. Pour l'heure, la seule envie qu'il avait à l'égard d'Adonis était de lui planter un Avada Kedavra en plein dans le coeur. Pour qui se prenait-il, à défier ainsi l'homme qui lui avait laissé sa chance ?!

Ruminant intérieurement, Leopold se ressaisit, conscient que rien n'était probablement encore joué. Rosaleen venait d'écarter la possibilité d'une amourette, c'était donc que rien d'officiel n'avait été décidé. A partir de là, Leopold avait toutes ses chances...

"Je connais bien monsieur Greengrass, en effet, puisque je viens de le nommer sous-directeur de mon département", intervint Leopold tandis que Rosaleen fuyait le regard de son grand-père. "Un jeune homme prometteur, bien qu'il n'ait pas encore appris toutes les subtilités de la politique : la patience, la discrétion, la subtilité... mais cela lui viendra."

Son regard se fit légèrement dur et il s'efforça d'étouffer sa frustration intérieure. Leopold détestait qu'une situation lui échappe, mais il devait avouer qu'il était à l'origine de cette situation, ayant tenté de mettre Adonis au pied du mur. Sans doute avait-il sous-estimé la passion qu'il éprouvait pour Rosaleen... Un elfe de maison vint le détourner de ses pensées en lui servant un verre de vin, qu'il saisit avec un mot de remerciement, et qu'il porta à ses lèvres. Le vin était bon, même s'il ne valait pas un bon verre de Ragnarov. Leopold se demandait parfois s'il n'avait pas un problème avec cette boisson, car il en venait à perdre le goût des alcool humains, les trouvant tous identiquement fades et peu forts. Or il était loin d'avoir la forme et la constitution robuste d'un gobelin...

L'attention de Leopold fut attirée par Rosaleen qui l'interrogea directement sur la crise des loups-garous, sans entrée en matière. Son sourire en coin refit instantanément son apparition, tandis qu'il dévisageait la jeune femme avec approbation. C'était exactement pour ce genre de choses qu'elle lui plaisait.

"Oui, tout cela est tragique, assurément", répondit-il avec une certaine jubilation intérieure, bien loin de ressentir la moindre once de tristesse. "Le département est sans dessus-dessous, comme vous pouvez l'imaginer, nous avons constitué un Comité dans l'urgence pour débattre de ces questions et j'essaie d'assister au plus grand nombre de réunions possibles. C'est assez fascinant, en réalité. Hélas, comme vous le faites si bien remarquer, nous manquons cruellement de moyens aux Créatures pour répondre efficacement aux demande d'assistance des loups-garous. C'est d'autant plus vrai maintenant que la nuit sanglante, comme ils l'appellent, a provoqué une augmentation significative de la population lycanthrope du pays..."

"C'est ce qui s'appelle prêcher un convaincu", commenta Gordon avec malice. "Quel directeur de département refuserait une belle augmentation de son budget ? Cela dit les Sports magiques se portent plutôt bien à ce niveau là !"

"Ah, ça, il y a toujours des sous pour le Quidditch, quel que soit le parti en place", répliqua Leopold avec acidité. "Mais certains essaient de régler les vrais problèmes..."

"Certainement pas Fiennes et son DOM !"

Les deux meilleurs amis s'affrontèrent du regard un instant, avant d'éclater de rire simultanément. Cette conversation, combien de fois l'avaient-ils eu ? Trop pour que cela vaille la peine de compter... Conscient du fait que la conversation s'était légèrement emballée, Leopold tourna un regard d'excuse vers leurs hôtes, quémandant leur indulgence.

"Excusez-nous, il vaut mieux ne pas nous lancer sur la politique, tous les deux. Du temps où j'étais à l'APPEL nous arrivions à trouver un terrain d'entente mais je me dois de soutenir un minimum les actions du Ministre que j'ai aidé à porter au pouvoir... Cela dit, et pour en revenir à votre question, Rosaleen, je trouve également que le Ministre s'est quelque peu emballé avec ses réformes une fois parvenu au pouvoir. J'ai rejoins le MIM car je déplorais le caractère passif et hautement consensuel de l'APPEL mais comme tout parti nouvellement créé, le MIM a souffert d'un certain idéalisme qui l'a conduit à ignorer quelques dures réalités auxquelles un gouvernement ne peut se dérober... Ce type d'incidents, l'attaque des loups-garous, les mardoliens, sont des évènements tragiques mais cela permettra peut-être au gouvernement de rectifier le tir. Je l'espère néanmoins mais je ne crains ne pas avoir grande influence sur ces décisions pour l'instant. Cet évènement m'a fragilisé politiquement, bien sûr, et Fiennes a tendance à n'écouter que lui-même - et Dalnox, peut-être."

Dalnox, encore un homme qui avait le don de hérisser Leopold. Il se ferait un vrai plaisir de le faire assassiner, un jour.

"La politique a l'air de vous intéresser, Rosaleen, et vos analyses sont pertinentes. Vous deviez vous lancer", suggéra-t-il très sérieusement, son regard sombre accrochant celui de la jeune femme. Ce qu'il était bon de défier ainsi les grands-parents de la jeune femme. De suggérer que peut-être, elle pourrait faire quelque chose de sa vie, quelque chose d'autre que de servir de trophée au bras d'un homme qu'elle aurait épousé pour son argent... Cela dit, promouvoir cette idée ne servait absolument pas sa cause, et il se tourna donc vers le reste des invités et leva son verre afin de porter un toast.

"A Rosaleen et à son anniversaire, en retard. J'espère être présent au prochain, et si Merlin le veut, aux suivants..."



Christoph Waltz, merci à Roy
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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- Il nous a en effet annoncé sa promotion avec fierté le mois dernier, roucoula Daria en buvant une gorgée de vin. Voilà qui va renforcer sa position de bon parti, vous ne pensez pas ? lança-t-elle à l'adresse de sa belle-sœur.

Le regard qu'elle vrilla ensuite sur Rosaleen fut sans équivoque et cette dernière s'abima dans la contemplation des miroitements de l'alcool dans son verre. Sa grand-mère avait un manque abberant de subtilité et Rose voyait très bien ce qu'elle essayait de faire : mettre en avant l'affection qu'Adonis pouvait avoir pour elle et ainsi provoquer Leopold pour le pousser à... Pour le pousser à réagir ? Elle ne comprenait pas pourquoi. Certes, il était désormais divorcé mais ce n'était pour autant qu'il cherchait à se remarier et puis pourquoi avec elle ? Avec sa fortune et sa position, il pouvait épouser qui il voulait et elle, elle avait l'âge d'être sa fille. Et puis épouser une Lestrange n'était pas quelque chose de foncièrement logique ou positif pour un politicien du MIM. Elle n'avait rien à apporter : aucune richesse ou prestige, juste un lourd passé familial. Mais les allusions répétées de sa grand-mère et ce que laissait échapper Adonis l'intriguait tout de même.

Heureusement, l'attention des invités fut vite détournée des allusions peu subtiles de sa grand-mère lorsque Leopold embraya sur le sujet que Rose avait lancé pour empêcher Daria de l'embarasser encore plus. Elle crut déceler de l'approbation dans le regard de son interlocuteur, aussi se risqua-t-elle à un léger sourire de remerciement, discret mais sincère. Elle avait suivi cette affaire avec beaucoup d'intérêt - comme tout le pays - et estimait qu'elle était très représentative des tensions sous-jacentes de leur société, celles dont on ne parlait que lorsque l'opinion publique s'offusquait pour un fait divers avant qu'elles ne retombent dans l'oubli, bien que les politiciens aient assuré qu'ils s'en occuperaient. Rosaleen ne croyait pas en la politique, dans les jolis discours et les grandes promesses. Elle estimait que chaque gouvernement ne s'intéressait qu'à une frange de la population, celle qui l'avait élue, et oubliait les autres. Cette crise montrait non seulement l'incompétence du MIM - Rose avait évidemment voté SPAM - mais également qu'il se concentrait sur les moldus plutôt que sur les sorciers, oubliant ainsi de protéger sa population. Cette crise allait fragiliser le Ministère et le MIM et c'était la seule chose positive qui en ressortirait.

Elle observa avec un mélange d'amusement et de fascination le vif échange entre son grand-oncle et Monsieur Marchebank, passionnée par ce genre d’émulation intellectuelle. C'est quelque chose qu'elle n'avait rencontré qu'à Lycaon, parmi des passionnés de métamorphose comme elle qui pouvaient passer des heures à débattre d'un point de détail en se basant sur leur grande connaissance. Elle n'avait pas connu cela chez elle, ses grands-parents ne l'encourageaient pas foncièrement et surtout, ils ne débattaient de rien. Les politiques étaient tous les même, le gouvernement abominable, la société décadente... Il n'y avait pas de passion chez les Rosier, pas de culture ou de politique. On se contentait de vivre ainsi, sans chercher à se dépasser, à découvrir. Rose ne pouvait pas parler de métamorphose, cela agaçait ses grands-parents, Reyna avait beau être emplie de culture concernant l'art, sa grand-mère la traitait de précieuse dès qu'elle ouvrait la bouche. Chez les Rosier, vous n'aviez pas besoin de savoir débattre, d'avoir des opinions ou même de réfléchir : leurs petites-filles devaient avoir des atouts tout autre que leur esprit. Rose ne l'avait réalisé que très tard, cela, et n'avait pas protesté : après tout, c'était inutile. Et poussée par le monde extérieur, elle avait fait sa propre culture, tout comme ses sœurs. Et derrière tout cela, l'impulsion lointaine de leur mère.

- Ne vous excusez pas, répondit Rosaleen spontanément lorsque Monsieur Marchebank présenta ses excuses. C'était à sa grand-mère de le dire mais Rose avait trop apprécié l'interlude.

L'espace d'un instant, les deux hommes avaient mis fin à la morosité de la conversation et Rose leur en était reconnaissante, surtout que Monsieur Marchebank embraya avec une nouvelle analyse. Elle ignorait qu'il avait été à l'APPEL un jour, ce parti contenait trop de "héros" de guerre à son goût.

- Le MIM se nourri d'un utopisme qui n'a rien à voir avec la fraicheur de sa création : leur vision du monde est complètement idéalisée. Je pense que l'on peut reprocher beaucoup de choses à l'APPEL mais il pose un regard juste sur notre société, le SPAM aussi, même si malgré le soutien que je lui porte, je concède que la société qu'il prône est une société d'avant-guerre. Elle savait qu'elle s'engageait en terrain glissant mais Rose n'avait pas honte de ses opinions. Vous n'allez pas être d'accord, Monsieur Marchebank, mais les choses fonctionnaient également très bien auparavant.

Elle croisa le regard désapprobateur de sa grand-mère - on ne parlait pas de ce genre de sujets - et comprit qu'il serait sage de ne pas tenter le diable plus longtemps.

- Quelle ironie de vous voir défendre un monde plus contemporain quand je penche vers une société plus traditionnelle, plus ancienne, alors que selon l'ordre des choses, cela devrait être l'inverse, conclut-elle.

Elle baissa les yeux sur le plateau d'apéritifs apporté par Mercy mais releva vite la tête lorsque Monsieur Marchebank annonça qu'elle devrait se lancer dans la politique. Elle n'avait jamais songé à cela, faire des études était déjà quelque chose d'immense, et était surprise qu'il ose cette remarque devant ses grands-parents. Mais depuis le temps, elle commençait à comprendre que Leopold Marchebank osait tout, il suffisait de voir la manière dont il était vêtu pour venir dîner chez des Sang-Pur traditionnels dont la réputation n'était plus à faire. Elle fut étrangement troublée par le regard sombre qu'il avait posé sur elle et n'eut pas le temps de répondre, la voix grave de son grand-père s'élevant dans la pièce pour la première fois de la soirée.

- La politique n'est pas une affaire de jeune fille, répondit-il tout simplement, d'un ton posé mais qui ne souffrait aucune réplique.

Rosaleen n'ajouta rien : autant avait-elle parfois des vélléités d'opposition à sa grand-mère, autant elle ne s'était jamais opposée à Elbert Rosier et ne connaissait personne qui ait eu le courage de le faire. Après tout, son grand-père était un ancien Mangemort reconnu lors de la première guerre et Rose n'était pas idiote au point de croire qu'il était un saint. Elle était d'ailleurs assez étonnée - mais heureuse - qu'il ne soit rien arrivé à Théo après la rupture de leurs fiançailles. Heureusement, la conversation glissa sur des sujets moins risqués et Rose s'autorisa à respirer et à croiser le regard indéchiffrable de son grand-père.

- Il n'y a pas de raison que vous soyez absent aux prochains, Monsieur Marchebank, répondit simplement Daria. J'aime à dire que tout est une question de volonté dans la vie !

Le cœur de Rosaleen manqua un battement.

- Grand-mère...

Mais cette dernière la fit taire d'un simple mouvement de la main.

- Je n'ai pas encore eu l'occasion d'exprimer toute ma désolation pour votre divorce, Monsieur Marchebank. Mais je suis certaine que vous retrouverez une épouse tout à fait charmante très vite.

Cette fois-ci, c'en était trop : elle ne faisait même plus semblant d'essayer d'être subtile et personne ne semblait réagir, comme si tout était normal. Rosaleen avait l'impression qu'on avait encore oeuvré dans son dos et qu'on avait noué autour d'elle une nouvelle toile qu'on s'apprêtait à refermer sans qu'elle ait eut son mot à dire. Le coeur battant, les joues roses, elle reposa son verre de vin un peu trop brusquement sur la table et se leva d'un bond, le visage brûlant.

- Excusez-moi un instant, j'ai besoin de prendre l'air, je ne me sens pas très bien.

C'était complètement déplacé et inapproprié mais pour une fois, elle ferait cette entorse à l'étiquette. Elle sortit du salon rapidement et poussa la porte d'entrée pour sortir dans le jardin. L'air était glacial, sa robe légère mais elle étouffait à l'intérieur. Elle avait encore une fois l'impression que sa vie lui glissait entre les mains et un profond sentiment d'angoisse s'était emparé d'elle tandis qu'elle faisait le tour de la maison pour rejoindre les plants de rosiers qu'elle aimait tant. Les chandelles ensorcelées s'allumèrent sur son passage mais ne la réchauffèrent pas. Elle n'avait ni cape, ni baguette et ne savait pas vraiment quoi faire. Retourner à l'intérieur ? Pourquoi faire, tout était déjà décidé pour elle ? Pour une fois, ne pourrait-on pas lui demander son avis ? Ou juste lui parler ? Ses grands-parents allait la rendre folle. Des pas derrière elle la firent sursauter mais elle ne se retourna pas. Comment pouvait-elle justifier sa fuite ?

- Je suis désolée du spectacle grotesque qu'offre ma grand-mère, vous devez avoir une bien piètre image de ma famille.

Elle se retourna pour faire face à Leopold Marchebank - le pas n'avait pas semblé familier à son oreille - et eut un rire nerveux, presque désolé tandis qu'elle fuyait son regard.

- Toute cette comédie doit vous sembler ridicule et croyez moi, j'en ai honte aussi.

Elle ne savait pas d'où lui venait cette franchise, elle qui était si réservée en temps normal, mais la lassitude devait jouer pour beaucoup. Mais malgré sa honte, elle se laissait faire. Malgré le fait qu'elle porte un regard relativement clair sur tout cela, elle ne protestait pas.

- Vous devez me trouver idiote, de ne pas protester. De baisser la tête et de laisser faire, de me laisser humilier comme ce soir. Peut-être est-ce le cas, dans le fond.


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Le regard impénétrable de Leopold suivit Rosaleen du regard tandis que la jeune sorcière quittait la pièce d'un pas vif. Un léger silence plana sur la pièce, le temps que les grands-parents de Rosaleen reprennent leurs esprits, puis Daria reprit les choses en main en s'excusant. Leopold écarta ses paroles d'un geste et perçut le regard interrogateur de Gordon, qu'il évita en se levant avec une certaine brusquerie. Son meilleur ami était l'une des rares personnes au monde qui était capable de faire surgir en lui une pointe de doute, voire de culpabilité, lorsqu'il désapprouvait l'une de ses actions. En dépit de sa bonhomie et de la tranquillité paisible avec laquelle il menait sa vie, il ne fallait pas s'y tromper : Gordon était intelligent. De toute évidence, il avait compris que les paroles de la grand-mère de Rosaleen étaient chargées d'un sens qui avait bouleversé sa nièce. Il fallait dire que cette femme était totalement dénuée de subtilité, et Leopold la méprisait un peu plus à chaque seconde passée en sa compagnie. Tout comme il exécrait son mari au regard irascible qui s'estimait en droit de décider ce que Rosaleen, une femme adulte, était autorisée à discuter en société.

Sans Rosaleen, l'air dans la pièce était vite devenu irrespirable et Leopold n'entendait pas rester seul en proie aux sous-entendus de Mrs Rosier et aux regards inquisiteurs de son meilleur ami. Après le coming out de Théo Nott au Nouvel An, Leopold avait entendu Gordon maugréer qu'il devrait lui régler son compte à chaque fois qu'il l'avait croisé dans les couloirs du Ministère. Tout comme Leopold, Gordon n'était pas quelqu'un de particulièrement sentimental ni protecteur mais il estimait que la famille et l'honneur étaient importants, et il avait pris Rosaleen d'une certaine affection. Si Leopold souhaitait s'approcher de sa nièce, il devrait le mettre devant le fait accompli et non donner l'impression d'avoir concocté des plans machiavéliques avec Daria au détriment de Rosaleen. D'ailleurs, Leopold n'avait jamais eu besoin d'une vieille sang-pur aigrie pour séduire une femme et il n'entendait pas commencer aujourd'hui. Courtisée par Adonis et heurtée par l'affaire Nott, Rosaleen n'était pas une proie facile et menaçait de lui échapper s'il s'y prenait de la mauvaise manière. Leurs conversations les plus fructueuses étaient encore celles qu'ils avaient en tête-à-tête, loin de la présence envahissante des Rosier...

"Veuillez m'excuser", lâcha-t-il avec un aimable sourire destiné à masquer son trouble. "Je dois passer un coup de téléphone."

De sa poche où les sorciers auraient rangé une baguette magique, Leopold sortit un petit boitier noir couvert de boutons, qu'il désigna non sans un certain amusement avant de quitter la pièce. Bien évidemment, il ne comptait pas téléphoner, et n'y parviendrait probablement pas sur une propriété sorcière qui devait être saturée de magie. Mais il ne pouvait décemment pas partir à la poursuite de Rosaleen de manière explicite et cette excuse était la plus insultante à laquelle il avait pu penser.

Trouver la jeune femme ne fut pas tâche ardue pour le directeur, qui se rappelait de leur conversation dans le somptueux jardin aux roses. Leopold ne prit pas le temps de réfléchir à ce qu'il allait dire, conscient qu'il n'était plus autant maître de la situation qu'il l'aurait voulu. D'une certaine manière, Daria et Adonis lui avaient coupé l'herbe sous le pied et il n'était plus question de séduction subtile de Rosaleen, tant il était évident que la question de son mariage était plus que jamais d'actualité.

Il s'immobilisa auprès d'elle et l'écouta sans rien dire, le visage imperturbable. Une sensation indésirable l'envahit, qu'il identifia comme de la compassion et s'efforça de faire disparaître. Pourquoi se sentirait-il triste pour Rosaleen ? Rien ne l'empêchait de se défendre, c'était une grande fille. Leopold aussi avait eu à souffrir de parents insupportables dans sa jeunesse et il avait su s'en débarrasser de la plus radicale des façons... Mais c'était ainsi, Rosaleen avait sa façon de l'attendrir, et ce n'était peut-être pas plus mal. Les années avaient beau l'avoir rendu plus cynique encore que dans sa jeunesse, Leopold était parfois soulagé de constater qu'il était capable d'éprouver encore de l'affection pour ses prochains. Il y avait tellement de personnes médiocres qu'il exécrait, et il était souvent si froid et calculateur, que Leopold était toujours surpris lorsque quelqu'un parvenait à provoquer en lui autre chose que de l'indifférence. Tant que cela ne le rendait pas vulnérable, ce n'était pas forcément à bannir.

"Prenez cela, vous allez attraper froid", murmura-t-il en ôtant la veste de son costume pour la glisser autour des épaules de Rosaleen. Un petit sourire étira ses lèvres. La mode moldue lui allait bien, à cette demoiselle si attachée à la façon dont on fonctionnait avant. Tant de pensées conservatrices, tant de peur et de retenue dans un être si jeune ! Cela le rendait malade, mais il y avait également de la force de volonté, de l'aplomb, de la curiosité en elle, c'était évident. Et c'était pourquoi elle lui plaisait. Une telle femme était faite pour porter le nom de Marchebank, c'était ainsi.

"Je n'ai pas honte, Rosaleen", contra-t-il finalement. "Je pense que vous faites au mieux pour concilier votre famille et vos aspirations propres, et c'est admirable. Je ne peux néanmoins cacher que j'exècre la façon dont vos grands-parents vous traitent, et ce poids qu'ils font porter sur vos épaules. Comme si vous marier avec la personne la plus haute placée possible était le seul moyen pour votre famille de se relever de la guerre, d'aller de l'avant et de se reconstruire financièrement, socialement... Ce n'est pas le seul moyen, c'est simplement le plus facile, le plus rapide. Ils vous laissent penser que le mariage, un bon mariage, est votre seul échappatoire. Ce n'est pas le cas, vous et votre fratrie méritez le droit de décider comment vous souhaitez construire votre vie. Je l'ai déjà dit et je le redirai encore, il n'appartient qu'à vous de prendre votre envol et de clamer votre indépendance."

Leopold s'interrompit et se détourna en prétextant observer une rose, hésitant sur les prochains mots qui allaient sortir de sa bouche. Il sentait l'adrénaline l'envahir et c'était tellement agréable qu'il souhaitait faire perdurer l'instant.

"Je tenais à ce que mes intentions soient claires, ce n'est pas parce que je suis désormais divorcé et que je vous tiens en grande estime que je souhaite laisser votre grand-mère m'instrumentaliser, ou en faire de même avec mon directeur adjoint d'ailleurs. Je n'ai absolument pas discuté avec elle à votre sujet et je ne cautionne pas cette...comédie, comme vous le dites. Je suis désolé si la discussion a pu vous conduire à penser une telle chose. Si je décide de me marier à nouveau, cela ne sera pas avec une femme acculée et sous la contrainte."

Certes, Leopold avait pris un certain plaisir à garder Meredith auprès de lui en dépit de son bon plaisir, mais il ne l'avait jamais forcé à quoi que ce soit, concernant leur couple. Il lui avait refusé le divorce pour le simple plaisir de l'agacer et de se venger de l'humiliation subie mais à part son statut juridique, Meredith avait gardé la plus grande liberté concernant la façon dont elle menait sa vie. Et leurs fiançailles, bien des années plus tôt, avaient été contractées avec sincérité et affection. Si Leopold devait épouser Rosaleen, ce serait parce qu'elle l'avait choisie, quels que soient les motifs de ce choix. Leopold acceptait d'être utilisé pour son pouvoir, son statut ou son argent, surtout par une jeune femme aussi charmante, mais il n'accepterait pas d'être utilisé par les Rosier... Question de fierté personnelle.

"Je ne vous trouve pas idiote, Rosaleen", souffla-t-il en osant le diminutif. "Je vous trouve intelligente, perspicace, vive, et bien d'autres choses encore... La dernière des choses que je souhaite est de vous voir gâcher votre vie pour le bon plaisir de vos grands-parents. Vous marier, ou pas, et avec qui, c'est encore à vous de faire ce choix."

Bien décidé à tâter le terrain sans trop se dévoiler, Leopold se détourna à nouveau vers les roses avant d'ajouter, à mi-voix :

"Sachez simplement que plusieurs options vous sont ouvertes."



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Ce n'était pas quelque chose dont elle se vantait, surtout pas auprès de sa famille d'ailleurs, mais Rosaleen avait déjà porté des vêtements moldus il y a quelques années. Elle avait seize ans, des envies de rébellion et son amie Aisling l'avait entrainée dans le centre-ville moldu de Londres pour se balader. Elle n'avait pas répété cette expérience souvent mais elle était restée gravée dans son esprit comme l'un des rares fois où elle avait fait quelque chose qui lui était formellement interdit. Elle ne sait pas si elle pourrait le refaire maintenant, les choses semblaient bien plus sérieuses qu'à Poudlard où tout semblait plus léger malgré tout. Le monde adulte était bien moins amusant qu'une sortie clandestine du temps de Poudlard, songea Rose tandis que Monsieur Marchebank lui donnait galamment sa veste moldue pour combler le fait qu'elle n'ait pas pris de veste et que sa robe soit toute légère. Elle le remercia d'un sourire un peu gêné en resserant les pans de la veste de ses mains. Elle n'aurait pas dû quitter le salon ainsi, sa grand-mère ne s'en remettrait jamais et elle entendrait parler pendant des semaines et des semaines, cette dernière arguant qu'on ne l'avait pas élevée ainsi et qu'elle était véritablement ingrate.

Ingrate. Le mot favori de ses grand-parents, surtout de Daria d'ailleurs, qui l'employait contre elle et ses sœurs ainsi que son frère dès qu'ils ne répondaient pas à ses attentes. Rappelant tous les sacrifices qu'ils avaient faits pour eux depuis qu'ils les avaient pris en charge, la vie qu'ils auraient pu avoir sans avoir à élever quatre petits-enfants qui n'étaient même pas reconnaissants et ne voulaient pas les aider en retour. Rosaleen était l'ainée depuis la mort de Regulus, elle était celle sur qui ils se reposaient le plus et donc qu'ils critiquaient le plus mais paradoxalement aussi, celle qu'ils estimaient le plus, elle l'avait compris en grandissant. Pourquoi ? Elle n'en savait rien. Reyna était une sorcière brillante aussi, Reda une jeune fille adorable et Oreste un enfant très éveillé. Mais les choses étaient ainsi et elle était sommée d'obéir à leurs volontés, cela faisait maintenant dix ans que c'était ainsi, dix ans qu'elle était passée de ses parents à ses grands-parents, dix ans qu'elle était l'ainée, dix ans qu'on avait posé sur ses épaules les derniers espoirs de sa famille, celui d'un renouveau. Parce que c'était son rôle, elle était la plus grande, la plus âgée, celle qui veillerait sur eux lorsque le temps aura fait son œuvre. Les choses auraient été différentes sans la guerre, ses parents auraient été là, sa mère aussi, sa mère si différente de ses propres parents. Regulus aurait été là, il aurait veillé sur eux, sur elle, comme il l'avait toujours fait. Mais les choses n'étaient pas ainsi et elle devait s'y faire, elle s'y était faite.

Elle releva la tête, ayant fixé les rosiers sans s'en apercevoir, perdue dans le fil de ses pensées, lorsque Monsieur Marchebank reprit la parole, la petite comédie qui s'était produite dans le salon ne l'ayant visiblement pas fait fuir et pourtant, il y aurait eut de quoi. Monsieur Marchebank était quelqu'un de gentil, même si elle n'arrivait pas vraiment à le cerner. Certaines fois, elle avait l'impression qu'il prenait un malin plaisir à la faire sortir de ses gonds et d'autres fois, comme ce soir, à être gentil avec elle. Elle ne comprenait pas et c'était quelque chose qu'elle détestait. Et puis elle ne maitrisait pas, elle n'arrivait pas à comprendre comment allait réagir Monsieur Marchebank et cela la perturbait au plus haut point. Elle avait tellement l'impression d'être dépossédée de sa propre vie parfois qu'elle préférait garder précieusement les choses qu'elle contrôlait et connaître les gens la rassurait. Et Monsieur Marchebank ne rentrait pas dans les catégories habituelles. Mais malgré cela, elle l'estimait : c'était un homme intelligent et elle avait apprécié les rares conversations qu'ils avaient eut. Mais malgré cela, si elle entendait son avis, si elle le comprenait et si elle pouvait même l'envisager en occultant son sens moral, c'était un trop grand pas à franchir. Et puis c'était aussi facile pour lui de parler, il était indépendant et avait le pouvoir de prendre cette décision. Elle-même ne pouvait pas se le permettre.

Elle l'écouta en silence, rosissant lorsqu'il mentionna l'instrumentalisation de sa grand-mère, toujours pas remise du spectacle grotesque qui s'était déroulé dans le salon. Elle n'avait jamais cru qu'elle aurait autant de culot. La situation devrait véritablement lui sembler désespérée pour se jeter ainsi à corps perdu, en oubliant toute dignité, aux pieds de Monsieur Marchebank. Certes, trois mariages avortés, cela commençait à faire beaucoup et Leopold Marchebank n'avait rien à envier à ses trois précédents fiancés : il était bien plus influent, bien plus riche et bien plus puissant et sa grand-mère devait défaillir à l'idée de l'avoir dans son salon. Mais même en cherchant bien, Rosie n'arrivait pas à retrouver son cheminement de pensées : elle avait rencontré Adonis et n'avait rien fait pour organiser de possibles fiançailles alors qu'elle en aurait eu la possibilité et voilà que maintenant, elle l'exposait aux yeux de Monsieur Marchebank comme un pantin. Sans doute avait-elle craint la réputation d'Adonis, certains murmures disaient que le fait qu'il ne soit toujours pas marié pouvait peut-être être lié à des mœurs étranges. Elle savait que ce n'était pas vrai, il lui avait avoué son amour et elle éprouvait pour une lui une grande affection mais les rumeurs allaient vite dans leur petit monde. Peut-être que Daria avait cru rencontrer un nouvel Arthur Bones ou bien un Théo Nott.

- Je n'ai jamais pensé que vous complotiez avec ma grand-mère, souffla Rosaleen. Vous êtes bien trop franc pour cela, ajouta-t-elle avec un léger sourire. Mais c'est juste que... Elle s'interrompit, cherchant la meilleure manière de présenter cela. Mes grands parents ne pensent pas toujours à me consulter lorsqu'ils prévoient des choses ou prennent des décisions, voilà tout.

C'était un euphémisme mais Rose avait toujours eut à cœur de ne pas ébruiter leurs affaires familiales, mentionnant donc peu ce qui se passait entre ses grands-parents et elle. Mais ses efforts étaient réduits à néant lorsque sa grand-mère agissait ainsi. A quoi bon s'échiner ? Il aurait été impossible de passer à coté des insinuations de Daria et Monsieur Marchebank les avait forcément comprises, même le plus idiot des trolls aurait compris. Mais si elle était sûre de cela, elle n'arrivait pas à distinguer ce qu'il pensait. Oh, c'était étrange comme inquisition, savoir s'il voudrait l'épouser ou pas, c'était quelque chose qui lui semblait tellement intangible ! C'était quelqu'un qu'elle estimait mais il la perturbait et puis de toute manière, pourquoi voudrait-il s’embarrasser d'une héritière désargentée et de sa famille aux projets discutables ? C'était évident qu'il ne s'agissait là que d'un fantasme de sa grand-mère qui voyait en Leopold le meilleur parti possible pour la famille. Mais malgré ces éléments, Rose n'arrivait pas à avoir d'avis tranché sur la question, puisqu'il la complimentait, il parlait de remariage et plus que tout, acceptait l'invitation de ses grands-parents alors qu'il ne les appréciait visiblement pas. Cela aurait pu être par amitié pour son grand-oncle Gordon mais elle doutait qu'il pousse le sacrifice jusqu'à supporter ses grands-parents. Et tout cela couplé à ce que lui avait confié Adonis sur la plage...

Oh, songea-t-elle en premier lieu quand toutes les informations se couplèrent brusquement dans son esprit. Elle venait de comprendre. Ou de réaliser. Ou d'appréhender, elle ne savait pas vraiment. Sa grand-mère n'avait pas juste fantasmé et Adonis n'avait pas juste mal compris et Leopold Marchebank ne leur rendait pas visite uniquement pour le plaisir de la charmante compagnie de son grand-père. Il envisageait réellement de peut-être la demander en mariage. Quelle impression étrange, de se rendre compte de tout cela alors qu'elle comprenait soudain qu'elle devait être la dernière à le réaliser ! Leopold s'intéressait réellement à elle, pas juste par politesse lors des diners mondains. C'était plus que flatteur dans un sens, c'était quelqu'un de charismatique et d'important et il l'estimait. Lorsqu'il l'appela par son prénom, elle chercha dans ses yeux la confirmation de ce qu'elle venait de comprendre mais le regard sombre de Monsieur Marchebank était indéchiffrable. Et quand il ajouta à mi-voix que plusieurs options lui étaient ouvertes, le cœur de Rosaleen manqua un battement. Elle ne savait pas vraiment par où commencer et cueillit une rose rouge sang du bout des doigts, ces dernières étant cultivées à l'année par sa grand-mère, défiant les saisons grâce à la magie. Daria avait toujours été une fantastique jardinière.

- Je ne sais pas vraiment si plusieurs options s'offrent à moi, commença-t-elle simplement. Si j'avais été seule, les choses auraient été bien différentes, je n'aurais eu qu'à répondre de moi-même. J'aurais pu m'assumer seule grâce à mon salaire, de manière très frugale certes, mais suffisante. Mais si Reyna, ma sœur cadette, pourra bientôt mener sa propre vie, Reda et Oreste sont encore jeunes.

Oreste n'était même pas encore rentré à Poudlard, il allait avoir dix ans dans quelques mois.

- Connaissez-vous la mythologie grecque, Monsieur Marchebank ? interrogea Rosaleen avec un sourire, s'autorisant à relever ses yeux verts vers lui. Ma mère en était férue. Elle était peut-être prédestinée, en s'appelant Cérès, mais j'ai le souvenir de piles immenses de livres sur le sujet dans la maison de mon enfance. Mais j'étais toute petite, aussi, la réalité était déformée. Enfin, quoi qu'il en soit, mon père détestait cela, c'était bien trop moldu pour lui tandis que ma mère ne pouvait pas s'en passer : quand les autres enfants avaient comme histoire le Conte des Trois Frères, nous avions Thésée et le minotaure.

Des souvenirs d'enfance lui revenait, sa mère assise à son chevet, ses cheveux blonds presque roux sous la lumière tamisée de la cheminée et qui lui racontait les histoires des dieux moldus et leurs amourettes bien compliquées.

- Je m'appelle Rosaleen Electre, confia-t-elle, consciente que son deuxième prénom n'avait pas été utilisé depuis des années. Rosaleen parce que la tradition de ma branche des Lestrange était de donner un prénom d'étoile en R. Mon père a cédé sur l'étoile, j'étais une fille, donc moins importante que son héritier. Quoiqu'il en soit, ma mère avait voulu me nommer Electre et c'était le prénom qu'elle utilisait sans cesse, durant onze ans il n'y avait qu'elle pour l'utiliser.

Plus personne ne l'avait prononcé depuis qu'elle était décédée. Son père l'appelait Rosie, ses grands-parents Rose et Oreste penchait étonnamment pour Leen.

- Elle a choisi le prénom de mon frère avant de mourir. Electre et Oreste sont frères et soeurs dans la mythologie, enfants d'Agamemnon. Leur père est assassiné en revenant de la guerre de Troie et les enfants quittent la ville. Et c'est Electre qui veille sur son petit frère pendant des années, jusqu'à ce qu'il soit pris en charge par un précepteur. Elle l'aidera à assassiner leur mère aussi, mais c'est la partie moins charmante de l'histoire, coupe-t-elle avec un sourire en coin. Tout cela pour dire que je suis responsable d'Oreste, de Reda et même de Reyna. Je ne peux pas juste aller vivre ma vie en envoyant au diable mes grands-parents et en les laissant derrière.

Elle devait s'occuper d'eux et subvenir à leurs besoins, c'était son rôle depuis la mort de leurs parents, elle le savait.

- Mes grands-parents ne travaillent pas, le Ministère a saisit tous les biens de notre famille et notre héritage quand mon père a été jugé. Mon salaire et la retraite de mon grand-père - qui n'a pas travaillé toute sa vie - sont nos seuls apports. Si je veux poursuivre mes études jusqu'au bout, c'est deux ans supplémentaires et Oreste rentrera à Poudlard dans un an. Nous n'avons pas les moyens pour le moment, je n'ai pas tant de choix que cela. Je ne veux pas les laisser derrière moi, sacrifiés sur l'autel de mon ambition. Alors si, peut-être qu'il y avait un choix à faire. Eux ou moi. J'ai choisi que cela serait eux et je ne le regrette pas.

Elle détacha une nouvelle rose, blanche cette fois-ci, et adressa un léger sourire à Monsieur Marchebank, ne sachant même pas pourquoi elle lui avait raconté tout cela. Elle parlait beaucoup, ce soir.

- J'ai eu mon temps, ma chance. Lycaon est un privilège immense que peu obtiennent. Reyna va sortir de l'école, mes grands-parents ne pourront pas lui financer des études s'ils continuent à payer les miennes. Par quelle outrecuidance je lui retirerai cette chance ?

C'était l'engagement. Elle avait pu mener des études jusqu'à avoir un premier diplôme, il était temps de laisser la place désormais. Elle n'avait pas le droit de se montrer égoïste.

- Je ne suis pas contrainte et acculée, Monsieur Marchebank, assura-t-elle avec sincérité parce qu'elle le réalisait à cet instant très précis. Mes grands-parents ont bon dos il est vrai, mais le choix est aussi mien, sinon je pense que je serai déjà loin.

Cette idée lui arracha un rire et elle releva les yeux vers Leopold, repoussant d'une main les mèches de cheveux qui étaient venues lui chatouiller le visage.

- Alors oui, mon choix est fait. Mais avec ce choix, plusieurs options s'offrent à moi, en effet.

N'en revenant pas de son propre culot - elle a de qui tenir en même temps - et les joues roses, elle fait un pas dans la direction de Monsieur Marchebank, se rapprochant ainsi près de lui, ses doigts se resserrant imperceptiblement autour des tiges des deux roses.

- Et il dépendra du votre, je suppose, souffle-t-elle avec un sourire en coin.



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S'il y avait bien un adjectif qui ne caractérisait pas Leopold, c'était bien franc. Il avait son franc-parler, certainement, mais il n'avait rien de franc. En digne ressortissant de la maison Serpentard, il était plutôt du genre à louvoyer, à mentir et à échafauder des plans complexes pour obtenir ce qu'il voulait et se sortir de toutes les situations. Que Rosaleen le considère comme franc témoignait donc du fait qu'il avait réussi à projeter une image de lui-même qui ne correspondait pas exactement à la réalité. Cela signifiait également qu'elle était bien loin de le connaître, tout comme le raisonnement qu'elle lui exposa par la suite, qu'il était loin de partager, montrait qu'ils avaient encore beaucoup de choses à discuter, beaucoup de débats à avoir. Comment pourrait-il en être autrement, alors qu'ils se connaissaient à peine ? Quelques conversations au détour d'une réunion mondaine n'étaient probablement pas suffisantes pour poser les bases d'un mariage durable mais Leopold devait agir vite, très vite s'il ne voulait pas voir la belle Rosaleen finir aux bras de son rival. Leopold comprenait son raisonnement même s'il n'aurait jamais pu le partager, tant les notions de sacrifice et d'abnégation lui étaient étrangères. Leopold n'était pas quelqu'un d'altruiste mais il était suffisamment intelligent pour réaliser qu'il avait face à lui une femme à la détermination inébranlable, forgée par des années d'études coûteuses et de fiançailles éventrées. Leopold savait reconnaître la défaite quand il la voyait et à l'écoute du récit de la jeune femme, il comprit qu'il ne parviendrait pas de sitôt à lui faire adopter son point de vue. Qu'à cela ne tienne, Rosaleen serait sienne malgré tout, et par ce mariage il aurait les moyens de l'extraire de l'emprise de sa famille.

La jeune femme venait de lui fournir une ouverture, aussi claire qu'inattendue, et Leopold sentit l'adrénaline monter en lui. La victoire était proche mais elle n'était pas complète, car Leopold était un homme vaniteux. Si la façon de raisonner froide et distanciée de Rosaleen trouvait un certain écho en lui, il aurait voulu également sentir une certaine envie chez la jeune femme, une certaine passion. Deux fois plus vieux que sa compétition, avec un caractère bien affirmé et un physique tout aussi particulier, Leopold n'avait pas le charme d'un Adonis et il était bien évident que Rosaleen avait choisi avec raison l'homme qui procurerait la meilleure situation à sa famille, que ce soit en termes de finances ou de prestige. Mais Leopold avait déjà su provoquer du désir et de l'attention chez des femmes belles et jeunes. Si Lilly l'avait pris pour amant dans le plus grand secret, alors même qu'elle n'avait aucun avantage à en retirer, pourquoi Rosaleen ne pourrait-elle pas éprouver une certaine inclination à son égard ? Sans aller jusqu'à parler de sentiments, dont Leopold n'avait que faire, il ne voulait pas s'embarrasser d'un mariage froid et causé uniquement par les convenances. Il avait cru percevoir en Rosaleen ce qu'il avait vu en Meredith autrefois, quelqu'un qui saurait rendre sa vie plus intéressante, moins prévisible, quelqu'un qu'il estimerait suffisamment pour qu'obtenir son attention flatterait son ego.
Assurément, Rosaleen n'avait rien d'une femme ordinaire et il aimait la capacité qu'elle avait à le dérouter, tantôt fascinante et tantôt exaspérante, jeune pousse avec qui la vie n'avait pas été tendre et qui oscillait allègrement entre inexpérience et maturité.

Un instant de silence suivit les paroles de la jeune femme, moment durant lequel Leopold la considéra de son regard impénétrable, avant de se décider à murmurer une réponse.

"Mon choix est fait depuis longtemps", souffla-t-il en se rapprochant de la jeune femme à son tour. Sans la moindre hésitation, il glissa un bras autour de sa taille, enfouit sa main libre dans sa chevelure d'or et captura ses lèvres en un baiser ardent, exigeant. Il ne savait pas exactement jusqu'où les choses avaient été entre Adonis et elle mais il comptait bien lui faire oublier les embrassades d'amoureux transi du jeune homme, ou encore les baisers indifférents de Nott. Le directeur savoura le moment comme il savourait chaque instant de victoire, chaque réussite, chaque fois qu'il obtenait exactement ce qu'il avait voulu.

Avant aurait été un bon moment pour sortir la bague de fiançailles qui se trouvait dans la poche de son costume, mais il y avait des limites à ce que Leopold était prêt à faire pour conquérir sa belle. Faire une demande sans même avoir embrassé une seule fois sa future promise n'en était pas une. En dépit de son ascendance sang-pur, Leopold n'avait jamais été un féru des convenances et le principe même du mariage arrangé le repoussait. La seule raison pour laquelle il acceptait de s'y plier aujourd'hui, car quoi qu'en dise Rosaleen ce mariage n'aurait rien de vraiment spontané, était parce qu'il avait déjà failli perdre la jeune femme au profit de Théo Nott une fois et qu'il ne comptait pas recommencer.

Leopold mit fin à l'étreinte et plongea son regard assombri dans celui de Rosaleen un court instant, avant de plonger sa main dans la veste de son costume qui se trouvait toujours autour des épaules de la jeune femme. Il en sortit un écrin noir et adressa un petit sourire en coin à Rosaleen avant de poser un genou à terre. Redressant la tête vers elle, il ouvrit l'écrin pour dévoiler une bague délicate qui suffirait probablement à elle seule à payer les études de la jeune sœur de Rosaleen... soit une goutte d'eau dans la fortune des Marchebank, dans la main de Leopold. Quant au choix de la bague, il espérait ne pas s'être trompé mais il s'en était remis aux conseils avisés de sa secrétaire Josie qui vouait une passion aux mariages de princesses et célébrités moldues. De toute manière, Rosaleen était d'une beauté propre à magnifier n'importe quel bijou...

"Rosaleen, si votre choix est le mien, je vous promets de toujours prendre soin de vos frères et sœurs comme s'ils étaient de ma propre famille."

Voilà qui ne l'engageait pas trop, considérant la façon dont il traitait sa propre famille, mais cette promesse n'était pas vaine. En revanche, il ne fit aucune mention des grands-parents de Rosaleen. A eux, il ne voulait devoir aucune protection...

"Je vous promets que vous ne manquerez de rien, que vous pourrez poursuivre des études et mener une carrière si tel est votre désir. Je vous promets qu'avec moi, votre voix ne sera jamais réduite au silence et que vos opinions ne seront jamais étouffées. Je ne vous promets pas une vie parfaite, pas plus que je ne promets d'être un époux exemplaire, mais je vous promets de tout faire pour tirer les erreurs de mon premier mariage. Je vous promets une vie où l'ennui est exclu et où la passion, l'ambition, l'excellence ne sont pas bannis. Je vous promets de vous chérir, à ma façon, et de tout faire pour vous protéger et vous apporter la vie que vous méritez... Jusqu'à ce que la mort nous sépare."

Et Leopold était sincère, en prononçant ces vœux, sincère et désireux de faire comprendre à Rosaleen ce à quoi elle s'engageait. Pas de promesse d'un amour éternel et d'une vie idyllique mais celle qu'il l'estimerait et la respecterait bien plus que l'on ne l'avait fait jusque là, et qu'il la laisserait saisir toutes les opportunités que la vie avait à lui offrir. C'était la promesse qu'avec lui, sa vie serait hors du commun, qu'elle pourrait ne pas se résoudre à une existence médiocre auprès d'un homme banal. Restait à savoir si cette perspective la séduirait... Leopold ne savait pas néanmoins que ces promesses seraient rendues bien difficiles à tenir par les évènements à venir, et que Rosaleen serait loin d'être le seul changement dans son existence. Pour l'heure, tout ce qui importait était d'obtenir son accord.

"Rosaleen Electre Lestrange, me ferez-vous l'honneur de devenir ma femme ?"




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Rose ne dirait pas qu'elle avait parlé sans réfléchir, sa bonne éducation lui ayant appris à peser le poids des mots avant de les prononcer. Ce qu'elle avait dit à Monsieur Marchebank était la vérité et elle le pensait sincèrement mais ne savait néanmoins pas ce qu'elle en espérait réellement. Et si elle s'était trompée, finalement ? Et si ses grands-parents s'étaient trompés, et si Adonis s'était trompé ? Elle avait dit des choses qu'elle gardait traditionnellement pour elle-même et le silence soudain de de Leopold lui semblait assourdissant. Elle s'apprêtait presque à revenir en arrière, à inventer quelque chose ou à prétexter devoir rentrer lorsqu'elle croisa son regard indéchiffrable qui, sans la rassurer, lui permit de savoir que peu importe la réaction, ce qu'elle avait dit le ferait réagir. Une vive douleur à la main lui fit lâcher sa prise sur les tiges des deux roses qu'elle tenait à la main - une épine avait dû entamer sa peau - mais elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait serré aussi fort, sûrement rendue nerveuse par le silence qui s'était installé entre Monsieur Marchebank et elle. Les fleurs tombèrent sur la pelouse dans un bruit mat au moment où Leopold reprit la parole, affirmant que son choix était fait depuis longtemps.

Sans qu'elle ait le temps de se demander ce qu'il voulait réellement dire par là, elle le vit s'avancer vers elle et glisser un bras autour de sa taille et son cœur manqua un battement devant la détermination dont il fit preuve avant de l'embrasser. Rosaleen pouvait compter les hommes qui l'avaient embrassée sur les doigts d'une seule main, que ce soit des fiancés pour les convenances ou les garçons qu'elle avait apprécié, Jeremy inclus. Mais elle n'avait jamais été embrassée comme ça. Les mains de Rosaleen se posèrent sur le torse de Leopold par réflexe tandis qu'elle avait la nette impression que ce baiser était plus qu'un baiser mais une victoire. Une victoire sur quoi, elle ne le savait pas mais elle savait que cela dépassait la simple affection qu'il pouvait éventuelle avoir à son égard. Elle ferma les yeux, essayant de démêler ce que l'étreinte provoquait en  elle mais n'eut pas le temps d'approfondir la question, Leopold s'étant éloigné d'elle presque aussi soudainement qu'il s'était approché. Leurs regards se croisèrent l'espace d'un instant et elle fut surprise de voir Monsieur Marchebank sortir un écrin de la poche de son costume. On lui avait évidemment dit, même si elle ne l'avait pas cru, qu'il pensait sérieusement à la demander en mariage mais Rose n'aurait jamais pensé qu'il y pensait au point d'avoir déjà acheté une bague de fiançailles.

Son cœur s'accéléra à la vision de l'écrin. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'on s'apprêtait à la demander en mariage mais l'effet restait le même, signe sûrement qu'elle était trop naïve ou impressionnable ou peut-même les deux. Réalisant à peine réellement ce qui était en train de se passer, Rose observa Leopold poser un genou à terre et ouvrir l'écran, révélant une délicate bague ouvragée, sûrement la plus belle qu'on lui ait offerte. Mais ce ne fut pas la bague qui la chamboula mais plutôt les mots qui s'ensuivirent. L'idée du mariage avait été jusqu'ici pour elle celle d'une certaine résignation, d'un renoncement à quelque chose. Elle avait pensé qu'elle renoncerait à ses études et à la métamorphose pour assurer le bien-être de son frère et de sa sœur mais ce n'était pas cher payé à coté de l'avenir qu'elle espérait pour eux. Mais ce que lui offrait Leopold, c'était cent fois plus que ce qu'elle avait espéré en pensant à son futur mariage. Obtenir à la fois de poursuivre ses études tout en assurant l'avenir de ses frères et sœurs était jusqu'ici une douce utopie tant elle avait été élevée dans l'idée qu'une femme mariée se devait de se consacrer uniquement à sa vie familiale. Ce que lui offrait Leopold, c'était à la fois la possibilité de tenir les promesses faites à sa famille tout en pouvant également tenir celles qu'elle s'était faite à elle-même. C'était à la fois la sécurité et l'ambition, la protection et la possibilité de continuer de faire ce qu'elle aimait. Tout choix était un renoncement, elle le savait très bien. Mais dans cette situation très possible, faire ce choix lui permettrait de ne pas faire de renoncement et c'était tout ce dont elle avait rêvé.

Aurait-elle pensé épouser Leopold Marchebank un jour ? Non, loin de là. Tout simplement parce qu'elle n'avait jamais pensé qu'il puisse s'intéresser à elle, il y avait tant de choses qui les séparaient. Leur âge, en premier lieu, lui qui avait l'âge d'être de son père mais également leur manière de voir le monde, elle l'avait compris dès leur première conversation. Pourquoi elle ? Il était un homme de pouvoir et elle n'était qu'une héritière désargentée au nom de sombre réputation tandis qu'il était un politicien reconnu dont la famille inspirait le respect depuis des années. Leopold et Rosaleen étaient plus qu'opposés et elle ne voyait pas ce qui pouvait les réunir. A part un mariage. Quelles étaient les raisons qui poussaient Leopold Marchebank vers elle, Rosaleen ne le savait pas. Mais elle savait également que cette opportunité ne se représenterait pas deux fois dans sa vie. Cela pouvait paraître ironique mais à cet instant très précis, ce n'était ni l'argent ni l'influence des Marchebank qui poussaient Rose vers lui mais bien les promesses qu'il venait de lui faire. C'était la volonté de vivre une vie loin de l'influence de ses grands-parents, c'était l'amour qu'elle portait à ses études, c'était ses rêves. Elle ignorait ce que donnerait ce mariage, elle ignorait ce qui lui réservait l'avenir. Mais elle était à cet instant intimement persuadée qu'un avenir auprès de Leopold Marchebank était la meilleure chose qui puisse lui arriver.

- Oui.

Et le sourire qu'elle adressa à son nouveau fiancé fut rayonnant de sincérité car Rose y croyait véritablement et les possibilités qui venaient de s'ouvrir à elle par ce simple mot la comblait de bonheur plus qu'elle ne l'aurait jamais imaginé.


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Leopold retint instinctivement sa respiration lorsque sa question fut posée, anticipant la réponse de la jeune femme avec une certaine appréhension. Il avait bien du mal à déterminer ses chances, tant la situation était complexe. Certes, Leopold avait beaucoup à lui offrir, à un moment où la réputation de Rosaleen ne pouvait souffrir un nouveau "scandale" marital, et Rosaleen était une femme censée, capable de raisonnement opportuniste... Mais elle n'en restait pas moins une jeune femme d'une vingtaine d'années, et peut-être qu'une part d'elle rêvait encore au grand amour. Et s'il y avait une certaine alchimie entre eux, Leopold n'en restait pas moins un homme de l'âge de son père, qu'elle connaissait assez mal. Pas vraiment l'image du prince charmant... Il pria donc intérieurement pour qu'elle accepte, tendu. Un soulagement indicible l'envahit à l'entente de sa réponse, et Leopold se surprit à lui rendre son sourire rayonnant avec la même spontanéité. Elle avait dit oui, et plus important encore, elle en semblait sincèrement heureuse !

Leopold sortit délicatement la bague de son écrin et prit la main de Rosaleen pour la lui glisser au doigt. Il constata avec satisfaction qu'elle était à la bonne taille et resta un moment à admirer celle qu'il pouvait désormais appeler sa fiancée. Leopold se pencha ensuite pour sceller leurs fiançailes d'un baiser, beaucoup plus doux cette fois. Il souriait toujours quand il s'écarta d'elle, un sentiment d'accomplissement l'ayant envahi, comme chaque fois qu'il atteignait l'un de ses grands objectifs. Le goût de la victoire était décidément fort savoureux, surtout lorsque le prix était la compagnie d'une femme comme Rosaleen. Leopold n'était peut-être pas le plus séduisant des hommes ni le plus fort mais il avait toujours été capable de compenser ses faiblesses par la ruse et l'intelligence, aujourd'hui ne faisait pas exception.

"Vous ferez une mariée somptueuse", souffla-t-il, avant de suggérer en lui offrant son bras : "Que diriez-vous d'aller annoncer la nouvelle ? Nous sommes partis depuis un moment, votre grand-mère ne va pas tarder à partir à notre recherche..."

Pourtant, la perspective de retourner à l'intérieur ne l'enthousiasmait pas, l'air était beaucoup moins toxique dans le jardin des roses en compagnie de Rosaleen. Il pouvait déjà imaginer l'air victorieux de Mrs Rosier et cela l'exaspérait d'avance. Il était bien dommage que leurs buts aient été similaires car Leopold n'appréciait guère de faire le bonheur d'une femme pareille. Le directeur appréhendait également la réaction de son ami de toujours, Gordon, car s'il était le premier à applaudir quand Leopold parvenait à conquérir une jeune et jolie demoiselle, il en irait probablement différemment face à sa propre nièce... Enfin, Leopold savait comment se faire pardonner par son comparse. Une bonne bouteille de Whisky Pur Feu issue d'une distillerie écossaise ancestrale et le tour était joué.

"Sauf si vous préférez fuir aux Maldives avec moi, c'est également envisageable", plaisanta-t-il en tournant son regard vers la bâtisse, trahissant une certaine appréhension à l'idée de l'annonce. Leopold se fichait bien de l'opinion de l'immense majorité des gens, mais Gordon faisait partie des très rares exceptions. Il s'apprêtait à ajouter quelque chose quand un feulement se fit retentir. Baissant les yeux, Leopold avisa son chat, à qui il avait interdit l'accès au Manoir un peu plus tôt. L'animal avait posé son regard sournois sur Rosaleen et l'observait comme si elle était un petit oiseau ou une souris dont il voulait faire son repas. Peut-être sentait-il sa forme animagus...

"Mon chat Machiavel", indiqua-t-il en guise de présentation. "Ne vous formalisez pas de son attitude, il n'aime pas grand monde..."

Machiavel, néanmoins, appréciait généralement les humains que son maître affectionnait, et détestait ceux qu'ils méprisaient. Leopold trouva donc étrange son attitude agressive, comme s'il n'approuvait pas cette union, mais reporta bien vite son attention sur Rosaleen. Sans doute accordait-il bien trop d'importance au comportement d'un simple animal...



Christoph Waltz, merci à Roy
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En se réveillant ce matin-là, Rosaleen n'aurait jamais pu deviner qu'elle finirait fiancée - encore une fois - avant même le diner. Mais la situation était plus que particulière et Rose savait parfaitement qu'une telle opportunité ne se présenterait pas deux fois : Leopold Marchebank la respectait - pas comme cette brute de Gregory Yaxley en son temps - était issu d'une famille respectable et respectée, était Directeur de Département, possédait une fortune conséquente et lui offrait surtout l'avenir dont elle n'aurait jamais osé rêvé. Pouvoir continuer ses études tout en se mariant, c'était avoir le beurre et l'argent du beurre. Rares étaient les hommes de la bonne société qui daignaient voir leurs épouses travailler. Ces dernières partageaient leur temps entre l'éducation des enfants, les œuvres caritatives et les diverses réceptions qu'elles se devaient d'organiser, rivalisant d'élégance et d'ambition pour rester au plus haut des estimes.

Elle savait faire tout cela, elle avait été élevée pour faire tout cela et elle le faisait bien. Sa mère puis sa grand-mère avaient veillé farouchement sur son éducation et Rose avait tout de l'épouse idéale tant elle avait été formatée à cela. Mais d'un autre coté, la force des choses avait fait qu'elle s'était un peu éloignée de schéma même si elle tendait à y revenir sous la pression familiale. Elle menait des études prestigieuses et travaillait dans un secteur pas forcément très reluisant, quand la plupart des filles de son monde et sa génération étaient souvent déjà mères de famille. Caecilia était une exception mais c'était également pour cela qu'elles s'entendaient si bien. Ce n'était sûrement pas le chemin dont ses parents avaient rêvé pour elle et elle l'avait pris. Et malgré tout, malgré les difficultés et les remontrances de ses grands-parents, Rosaleen ne le regrettait pas.

Et alors que Leopold Marchebank lui passait la bague au doigt, elle espéra de tout cœur qu'elle ne regretterait pas d'avoir accepté cette demande. Elle n'avait jamais été très douée pour prédire l'avenir qui l'attendait mais elle savait au moins que cela ne pourrait jamais être pire que le passé. Ou il faudrait retomber dans les décès en série et les arrestations ce qui était peu probables : la guerre était désormais bien finie et elle savait parfaitement qu'il y avait peu de chances pour que le Seigneur des Ténèbres revienne une nouvelle fois, contrairement à ses grands-parents qui espéraient voir leur éternelle fidélité récompensée lorsque les Sang-Pur reprendraient un total pouvoir sur la société magique. Elle contempla quelques instant le bijou qui venait de signer son avenir pour les années à venir : elle savait parfaitement qu'il n'était plus possible de reculer tant sa réputation ne souffrirait pas de nouvel écueil de ce genre. Les retombées de la rupture avec Théo étaient encore présentes, il fut dire que c'était le genre d'histoire dont on raffolait à l'heure du thé : la petite Lestrange et ses fiancés aux penchants pas très féminins !

Elle espérait qu'elle ne se retrouverait pas de nouveau dans cette situation auprès de Monsieur Marchebank mais le fait qu'il ait un fils issu d'un précédent mariage semblait assurer ses arrières de ce coté-là. Elle allait devenir belle-mère, songea Rose avec circonspection. Elle avait déjà croisé Dave Marchebank plusieurs fois et elle savait parfaitement qu'ils n'avaient que quelques années de différence : ils avaient même dû se croiser à Poudlard, il devait avoir quelque chose comme un an de moins que sa sœur Reyna. C'était étrange comme situation mais le fait était là, Monsieur Marchebank et elle avaient au moins trente ans de différence, il avait parfaitement l'âge d'être son père. Elle ne savait pas quoi en penser, songea-t-elle tandis qu'il lui volait un baiser, plus doucement que la première fois, mais elle aurait sûrement le temps de faire le tri dans ses pensées plus tard. Leur absence avait duré trop longtemps pour être correcte même si Rose avait l'intime conviction que sa grand-mère les avait laissé seuls par choix, elle se serait empressée de venir voir de quoi il en retournait sinon. Rosie n'aurait même pas été surprise de découvrir la présence de Mercy pas très loin d'eux, mandatée par sa grand-mère pour surveiller ce qui se passait tout en restant avec le reste de ses invités.

- Si ma grand-mère avait voulu venir nous trouver, elle l'aurait fait à l'instant où vous avez quitté le salon, répondit simplement Rosaleen, consciente que si Monsieur Marchebank avait agit de son propre gré, Daria Rosier avait tout de même eu l'instinct de le prévoir.

Ce diner n'était en rien innocent et elle avait profité des relations de son petit frère Gordon pour attirer Monsieur Marchebank une nouvelle fois sans pour autant le faire directement. Rose doutait pourtant que son grand-oncle soit au courant de ce que tramait sa sœur : Daria agissait seule, guidée par un esprit de conservation qui n'avait rien perdu de son désir de revanche avec les années.

- Craindriez-vous par hasard mes grands-parents, Monsieur Marchebank ? rétorqua Rose, un sourire amusé au coin des lèvres.

Mais malgré la plaisanterie, elle ne blâmerait jamais personne pour cela. Elle-même n'était pas en reste lorsque son grand-père élevait la voix. Ses pensées furent néanmoins interrompues par un miaulement qui la fit sursauter : ils ne possédaient pas de chat, sa grand-mère vouant une sainte horreur à ces bestioles, comme elle aimait les appeler. Le félin la fixait d'un air féroce et Rose aurait juré que c'était mauvais présage mais elle chassa bien vite ce genre de pensées idiotes de son esprit. Ce n'était qu'un chat.

- J'espère alors que nous apprendrons à cohabiter à l'avenir, conclut-elle en détournant son regard de Machiavel.

Un avenir qui, même si elle ne le savait pas encore, n'était pas celui auquel elle aurait pu s'attendre.

FIN DU RP


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Machiavélique [Leopold]

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