AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Mamma Mia [Lilly]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 542

Voir le profil de l'utilisateur
13 Mars 2008

Appuyée contre la paroi de l’ascenseur, Charlotte attendait mollement que ce dernier arrive au septième étage. D'habitude, elle montait les escaliers, cela faisait toujours un peu de sport supplémentaire dans la journée mais ce soir-là, elle n'avait vraiment pas eu la motivation avec ses nombreux sacs de courses et la fatigue de la journée. Elle n'avait qu'une envie et c'était de s'affaler sur le canapé pour ne plus bouger de la soirée. Les portes s'ouvrirent en coulissant et Charlotte rassembla ses sacs et sa motivation pour marcher jusqu'à la porte de son appartement et enfoncer la clé dans la serrure. Il y avait de la lumière dans le salon et tandis que Charlie rentrait cahin-caha chez elle, elle caressa l'idée qu'Eliott soit rentré à la dernière minute, bien qu'il lui ait dit deux jours auparavant qu'il serait absent ce soir-là. Et en effet, ce n'était pas Eiott qui était installé dans le canapé mais Lilly à qui Charlotte adressa un sourire tout en se dirigeant vers la cuisine.

- Coucou ! Bonne journée ?

Lilly vivait avec eux depuis décembre, quand elle était rentrée de l'étranger. Cela avait rassuré Charlotte d'avoir sa meilleure amie si près, après tout ce qui s'était passé. Elle n'avait pas pu veiller sur elle lorsqu'elle était partie après son mariage avortée et était heureuse de pouvoir rester avec elle maintenant. En emménageant ensemble, Eliott et Charlotte avaient choisi un plus grand appartement avec deux chambres ce qui leur permettait d'accueillir Lilly sans problèmes : l'appartement était assez grand pour qu'ils ne se marchent pas dessus. Traversant le salon pour rejoindre la cuisine, Charlotte posa ses sacs sur le plan de travail et agita sa baguette pour envoyer ses achats dans les placards tandis qu'elle mettait de la glace au congélateur.

- J'ai la flemme absolue de cuisiner ce soir, on se fait livrer ? lança-t-elle à l'adresse de Lilly en repassant dans le salon pour rejoindre l'entrée et enlever son bonnet, son manteau et ses chaussures avant d'enfin se laisser tomber sur le canapé, à coté de Lilly, détachant ses cheveux et soupirant.

Jetant un coup d’œil morne au programme télé, elle agita sa baguette magique et fit venir à elle une bouteille de vin et deux verres.

- On pourra en profiter pour faire une soirée entre filles ! J'ai de la glace au brownie et une autre au marshmallow mais je ne sais pas ce que ça va donner, première fois que je l’achète.

Un film pas très intellectuel et des trucs sucrés : rien de mieux pour adoucir sa journée.

- J'ai croisé Jensen au Ministère aujourd'hui, souffla-t-elle doucement. Vous n'avez pas reparlé depuis Novembre ?


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 205

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly était rentrée du ministère une heure plus tôt. Son supérieur l’avait en réalité invité à partir avant l’heure, lorsqu’il avait pris connaissance de toutes les heures supplémentaires qu’elle avait fait depuis novembre. Travailler était pour elle un moyen de se couper complètement de la réalité. Elle étudiait, perfectionnait sa recherche, se portait volontaire pour n’importe quelle intervention. Elle vivait pour son travail, et cela avait commencé à inquiéter ses collègues. Izzy et Daniel avaient tenté par tous les moyens de la distraire, de la faire sortir. Ils lui proposaient régulièrement d’aller prendre un verre au Circée avec eux, ou de dîner au restaurant. Le plus souvent, elle refusait, arguant avec un sourire amusé qu’elle ne souhaitait pas tenir la chandelle. En réalité, elle avait surtout envie de rester cloîtrer dans sa chambre. Elle était dans cet état de quasi-dépression depuis près de quatre mois, à présent, même s’il y avait eu une amélioration notable, depuis quelques temps. Le désastre de son mariage – qu’elle avait causé – était toujours un souvenir aussi vif et aussi douloureux. Et le regard de Jensen, lorsqu’elle le croisait dans les couloirs du Ministère, ou dans l’ascenseur, ne faisait que rouvrir sa plaie. Aujourd’hui, elle était donc rentrée plus tôt, et s’était retrouvée seule dans l’appartement de Charlotte et Eliott, dans lequel elle habitait depuis décembre. Sa meilleure amie s’était proposée pour l’héberger, et si Lilly avait commencé par refuser – plus par fierté qu’autre chose – elle avait vite fini par céder et s’était installée dans la chambre d’amis.

Heureusement, au final, qu’elle avait eu Charlotte pour l’aider à traverser tout cela. Evidemment, la cohabitation avec un couple créait parfois des situations quelque peu gênantes, mais dans l’ensemble, Lilly parvenait à se faire le plus discrète possible, et tout se passait bien. Oh, elle était bien consciente que cette situation ne durerait pas toujours, et qu’il allait falloir qu’elle se trouve son propre appartement. Elle repoussait juste ce moment, de crainte de se retrouver seule trop tôt. Elle savait, là, par exemple, que Charlotte ne tarderait pas à rentrer du travail, tandis qu’Eliott restait à Poudlard cette nuit, et qu’elle pourrait donc profiter de la présence de sa meilleure amie pour une soirée. Après avoir pris une longue douche chaude, Lilly avait donc revêtue des vêtements plus confortables et avait rejoint le salon pour s’affaler sur le canapé. Quelques minutes plus tard, Charlie passait le pas de la porte, et se dirigeait vers la cuisine.

« Coucou ! Oui, plutôt bonne ! Un peu fatigante, j’ai pas mal de boulot, mais ça va. Et la tienne ? »

Elle se redressa, passa ses doigts dans ses cheveux pour les ordonner, avant de mettre un peu d’ordre sur la table basse, rassemblant les programmes télé en une pile – qui grossissait de semaine en semaine, il fallait qu’elle pense de jeter les plus anciens rapidement.

« Oui, avec plaisir ! Qu’est-ce qui te ferait envie ? Chinois, japonais ? Ou une pizza ? » proposa-t-elle avant de se décaler sur le canapé afin de laisser Charlotte s’asseoir. « Glace aux marshmallows ? » répéta-t-elle, septique. « En tout cas, ça me va ! Je crois qu’il y a un film qui serait parfait pour ce genre de soirée, qui passe ce soir, en plus. Quelque chose avec des enfants échangés à la naissance, je crois. » lança-t-elle en tournant une page du programme télé.

Une soirée entre fille, voilà une chose parfaite pour lui remonter le moral ! Quoi de mieux que sa meilleure amie, de la nourriture livrée, de la glace, et un film pas très intellectuel pour lui faire oublier ses soucis de la vie quotidienne ? Toutefois, la question de Charlotte la fit tiquer, et elle l’observa, muette. Longtemps, Lilly avait refusé de parler du mariage, de ce qu’elle ressentait. Elle avait voulu tout enfermer, ses sentiments, ses émotions, afin de les faire taire et de les oublier. Evidemment, ça n’avait pas fonctionné, du tout. Depuis quelques semaines, elle s’ouvrait légèrement plus.

« Oui. Oui et non, en fait. On s’est revus. Jensen a passé dix minutes à hurler, puis on s’est fixés pendant cinq longues minutes, sans savoir quoi dire. Et je crois que c’était le pire. » le regard de Jensen, et ce qu’il exprimait à ce moment-là, était encore gravé dans sa mémoire. « Jensen était… » elle ne termina pas sa phrase, et prit une longue inspiration. Jensen était furieux, Jensen était déçu, désappointé, malheureux, dégoûté, presque. « Charlotte ? Est-ce que tu penses que j’ai fais une erreur, en fuyant ce mariage ? » demanda-t-elle finalement, après quelques secondes de silence.

La question qui lui brûlait les lèvres était posée.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 542

Voir le profil de l'utilisateur
- Bonne journée, un peu longue mais chouette ! lança Charlotte de la cuisine, dont un pan de mur était ouvert sur le salon.

De toute manière, rares sont les journées de boulot que Charlie ne trouve pas chouettes : elle a beau râler parfois, elle adore son job. Elle aime s'y investir à fond, bosser un dossier, enquêter, relier les preuves, s'entrainer, mener des interrogatoires... Elle adore même ses heures supplémentaires, c'est dire. Et même si elle est crevée parfois, même si elle se demande parfois pourquoi elle s'est lancée dans cette carrière, elle n'en changerait pour rien au monde. Et puis après tout, elle ne s'est pas donné autant de mal pour arrêter au bout de six ans toute de même ! songea-t-elle tandis qu'elle refermait la porte du congélateur et se dirigeait vers le salon pour se laisser tomber dans le canapé, dénouant sa queue de cheval et laissant ses cheveux blonds retomber sur ses épaules nouées.

- Une pizza ! répondit Charlotte sans hésiter. Elle adore la pizza, c'est tout bête mais c'est comme ça. Oui, au marshmallow ! Elle est rose et violette et je me suis dis que t'étais la meilleure personne pour apprécier ce magnifique dessert bourré de colorants et de produits chimiques et qui finira directement sur nos hanches !

Elle rit et tapota la cuisse de son amie. Lilly était toute fine et elle la taquinait donc dans le vide mais les magasines féminins venaient de décréter que c'est l'heure du régime pour l'été et elles devaient donc évidemment se mettre à ne consommer que des endives, n'est-ce pas ? Y'a même pas de glace à l'endive, comment sont-elles censées faire ça ?

- On peut regarder un DVD sinon ! Ma sœur m'a prêté West Side Story et j'adore ce film. Puis ça nous rappellera nos étés d'ados ! Il doit être dans ma chambre.

Malheureusement, la vie n'était pas aussi bien que dans West Side Story - quoique, c'est assez relatif quand même parce que l'histoire en elle-même n'est pas forcément très chouette - et lorsque le sujet délicat de Jensen et Lilly vint sur le tapis, Charlotte adressa un sourire en coin à Lilly et prit sa main dans la sienne pour la réconforter tandis que son amie cherchait visiblement ses mots. Elle semblait aller mieux ces derniers temps et c'est pour cela que Charlie s'était permise cette question. Lilly avait déprimé pendant des mois et Charlie avait essayé de faire au mieux pour la réconforter même si elle se sentait impuissante face à la détresse de son amie. Alors elle s'était contentée d'être là à chaque fois qu'elle en avait besoin, à la réconforter durant ses crises de cafard nocturne et à essayer de lui changer les idées à chaque fois qu'elle broyait du noir, que ce soit par une soirée entre filles, une exposition ou un cinéma. Et de l'autre coté, elle avait essayé de faire la même chose pour Jensen, d'être présente pour lui aussi au même titre que pour Lilly et d'essayer de lui remonter le moral. Elle avait vu ses deux amis s'enfoncer dans la dépression sans pouvoir rien faire et était soulagée de voir que cela commençait à aller mieux des deux cotés, le temps aidant à apaiser les blessures. Elle savait comment était Jensen, songe-t-elle quand Lilly prend la parole, elle l'avait porté à bout de bras les semaines suivant le mariage et elle connaissait sa colère et sa tristesse et elle les comprenait d'ailleurs. Mais elle comprenait aussi Lilly et se retrouvait donc partagée entre les deux.

- Je ne pense pas que tu aies fais une erreur en n'épousant pas Jensen, commença-t-elle prudemment. Cela aurait fini par vous rendre encore plus malheureux tous les deux, peut-être un peu plus tard mais cela aurait été pire je pense, c'était... C'était un mal pour un bien, dirons-nous. Tu ne pouvais pas épouser Jensen si tu ne voulais pas, cela aurait été catastrophique pour vous deux et vous vous seriez blessés encore plus.

Elle attira Lilly dans ses bras pour la réconforter et lui frotta le dos avant de déposer un bisou sur sa joue.

- Peut-être que les choses auraient pu se passer autrement, oui et que vous auriez pu arrêter l'engrenage du mariage avant d'arriver au jour J, devant l'autel, mais il ne sert à rien de refaire le passé, ce qui est arrivé est arrivé. Ce n'était peut-être pas la meilleure manière, je te le concède, mais épouser Jensen aurait été pire.

Elle laissa planer un silence, le temps de trouver ses mots.

- Un jour, quand tout cela sera moins douloureux, je pense que vous pourrez en parler plus calmement, faire le point. C'est encore tout récent mais vous étiez amis, peut-être qu'un jour, vous prendrez du recul pour poser un regard plus apaisé sur tout cela. En tout cas, je l'espère vraiment.

Elle prit son verre de vin sur la table basse et fit tourner le liquide rouge contre les parois transparentes avant de reprendre la parole.

- Et puis un jour, vous retrouverez quelqu'un tous les deux, j'en suis certaine et tout cela sera du passé, assure-t-elle avec un sourire.

Elle n'osait pas évoquer l'idée qu'ils se remettent ensemble. Elle aimerait, évidemment, mais ils sont tous les deux trop blessés pour envisager l'idée et elle ne veut pas qu'ils pensent qu'elle fait pression sur eux.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 205

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly se mordit l’intérieur de la joue, pour s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Elle se sentit stupide, et cette pensée ne pu que renforcer son désarroi. Pourtant, elle savait parfaitement bien que son mariage avec Jensen mènerait forcément à l’échec. Elle l’avait trompé. Elle l’avait trompé de nombreuses fois, même, sans se sentir aussi mal qu’elle ne l’était ces derniers temps. C’était sûrement parce que tout était devenu subitement concret. Son mariage était fini même avant d’avoir commencé, Jensen et elle n’étaient plus ensemble, elle était seul. Elle avait perdu son meilleur ami, ce jour-là, lorsqu’elle avait décidé de quitter le mariage. Elle avait perdu son meilleur ami, celui qui la connaissait par cœur. Et c’était douloureux. Ce serait sûrement toujours douloureux. Elle se sentait tellement coupable pour ce qu’elle avait fait. Parfois, cela lui nouait l’estomac, tellement qu’elle ne pouvait plus se lever. Elle restait des heures cloîtrée sur son lit, repliée sur elle-même, les yeux dans le vague. Lilly l’audacieuse, Lilly l’optimiste, Lilly la Gryffondor s’était tout simplement laissé glisser dans la dépression pendant plusieurs mois. Elle avait vécu comme un automate, partant travailler tôt le matin, rentrant le plus tard possible le soir. Elle ne savait pas trop comment elle avait réussi à en sortir, peu à peu. Sûrement grâce à l’aide de Charlotte, songea-t-elle en glissant un regard vers sa meilleure amie.

Cette dernière prit alors la parole, tentant de la réconforter. Ses paroles avaient du sens, et elles étaient véridiques. Si jamais ils s’étaient mariés, les choses auraient été encore pires. Ils se seraient déchirés mutuellement, et l’échéance n’aurait été que repoussée. Lilly frissonna, hochant doucement la tête. Blottit dans les bras de sa meilleure amie, elle se sentait moins vulnérable. Cette dernière déclara ensuite qu’ils pourraient peut-être un jour en parler plus calmement, lorsque le temps aurait fait son œuvre. Lilly l’espérait aussi, mais en doutait. Comment pourrait-elle regarder Jensen dans les yeux, après tout ce qu’elle lui avait fait ? Parviendraient-ils à se pardonner mutuellement ? A s’écouter ? A se comprendre ? Elle l’espérait de toutes ses forces. Elle avait besoin d’y croire. Parce que Jensen l’avait aidé à traverser diverses périodes plutôt sombres de sa vie, et qu’elle ne parvenait pas à tirer un trait complètement sur leur amitié, leur relation.

« Je l’espère aussi. » lâcha-t-elle d’une voix étranglée.

Ces quatre petits mots sortent difficilement, et elle prend le temps de respirer longuement. Pendant ce temps là, Charlotte poursuivit sur sa lancée, évoquant le jour où ils retrouveraient quelqu’un d’autre. A cette pensée, l’estomac de Lilly se serra, et elle déglutit difficilement. Etrangement, elle ne parvenait pas à se faire à cette pensée. Elle se sentait honteuse de ses adultères, à tel point qu’elle était bloquée à chaque fois qu’elle pensait à un autre homme. Comme c’était ironique, songea-t-elle avec un sourire moqueur.

« Je n’arrive pas à m’imaginer avec un autre homme. » lança-t-elle soudainement.

Elle s’interrompit, et se dégagea de l’étreinte si rassurante de Charlotte. Elle l’observa longuement, la mine sérieuse. Il y avait bien une chose qu’elle cachait à sa meilleure amie.

« J’ai… J’ai fais des choses horribles, quand Jensen et moi on était fiancés. » lâcha-t-elle à mi-voix. « Je l’ai trompé. » avoua-t-elle finalement, presque en chuchotant, des sanglots dans la voix.

« Et je me sens tellement coupable, si tu savais… Je ne peux pas penser à autre chose. J’ai… J’ai honte de moi. » déclara-t-elle d’une voix grave, alors que des larmes commençaient à dévaler ses joues.

Et Lilly n’avait jamais eu honte d’elle auparavant. Lasse, elle se recroquevilla sur elle-même et appuya ses mains sur ses yeux. Fort.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 542

Voir le profil de l'utilisateur
Charlotte aurait aimé être encore plus présente pour Lilly qu'elle ne l'avait été mais sa meilleure amie s'était exilée quelques semaines à l'étranger après le mariage et elle avait donc passé son temps à soutenir Jensen à bout de bras en correspondant avec Lilly. Quand elle était revenue, le premier réflexe de Charlie avait été de lui proposer la chambre d'amis et elle avait pu prendre soin d'elle. Les choses avaient été difficiles les premiers temps, très difficiles, mais elle voyait ses deux amis reprendre du poil de la bête peu à peu : Jensen commençait à faire de l'humour noir sur le mariage, ce qui était plutôt positif quand on le connaissait bien. Tout cela prendrait encore du temps, évidemment, mais elle espérait que ses deux amis seraient de nouveau heureux, peu importe la manière. Évidemment, l'idée qu'ils reprennent contact lui plaisait, tant elle les aimait tous les deux, mais elle voulait les laisser faire les choses à leur rythme et elle serait heureuse pour eux quoi qu'il advienne.

- Et ça arrivera, affirma Charlie avec conviction, C'est promis.

Et elle le pensait sincèrement. Les chagrins d'amour étaient une chose horrible et douloureuse - elle en avait fait l'expérience plusieurs fois - et on avait l'impression que la peine durerait forcément toujours tant elle était présente au quotidien mais on finissait par passer à autre chose. C'est cela qu'elle manqua de répondre lorsque Lilly lui annonça qu'elle ne se voyait pas avec un autre homme mais quelque chose dans le ton de sa meilleure amie l'arrêta. Elle semblait si sérieuse soudainement, si déterminée que Charlie n'osa pas l'interrompre, comprenant qu'elle voulait lui avouer quelque chose. Elle ne put néanmoins empêcher son esprit de faire défiler une dizaine d'hypothèse en quelques secondes - Lilly se serait-elle tournée vers les femmes ? - avant de se reconcentrer sur sa meilleure amie plutôt que de mener une mini-enquête dans son cerveau.

Mais lorsque Lilly lui annonça qu'elle avait trompé Jensen lors de leurs fiançailles, Charlotte resta sans voix, incapable de réaliser. Lilly avait toujours été si intègre et si honnête qu'elle n'aurait jamais pu la soupçonner de pratiquer l'adultère. Ce ne fut que lorsqu'elle se mit à pleurer que Charlie retrouva l'usage de son cerveau et elle l'enserra de ses bras dans un réflexe, déposant un baiser dans ses cheveux.

-  C'est rien, souffla-t-elle, c'est rien.

Elle attendit que les larmes de son amie se calment avant de reprendre la parole, profitant de ce temps pour se faire à l'idée. Mais elle n'en voulait pas à Lilly ou ne la blâmait pas pour cela, elle était là pour elle. Il y avait bien évidemment eu l'histoire du baiser avec Eliott mais à l'époque, c'était plus l'idée de la trahison de Lilly qui la gênait que l'adultère. Elle n'avait rien dit à Jensen, ils étaient encore heureux à l'époque, c'était un baiser sous l'influence de l'alcool, voilà tout. Mais si cela n'avait pas été la seule fois, Charlotte comprenait la culpabilité de Lilly. Elle tendit la main pour attraper la boite de mouchoirs sur la table basse et la tendit à son amie tandis qu'elle se séparait d'elle, un peu calmée.

-  Respire un grand coup Lils, souffla-t-elle. Je... Tu...

Charlie se mordilla la lèvre, désemparée.

-  Ce qui est fait est fait, dit-elle finalement. A quoi bon te torturer encore et encore avec ça ? Tu dois passer à autre chose, ajouta-t-elle.

C'était plus facile à dire qu'à faire, elle le savait.

-  Et si vraiment tu sens que garder ce secret t'empêche d'avancer, commença-t-elle doucement,  tu devrais peut-être l'avouer à Jensen pour te décharger de la culpabilité. Peut-être pas en face ! s'empressa-t-elle d'ajouter.  Mais au moins par lettre.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 205

Voir le profil de l'utilisateur
Non, ce n’était pas rien. Ce n’était pas rien parce que Lilly continuait de s’en vouloir, encore et encore, alors qu’elle ne parlait même plus à Jensen. Ce n’était pas rien parce qu’elle l’avait trompé, qu’elle lui avait du mal, en parfaite connaissance de cause. Et tout ça pour quoi ? Pour réaliser que son mariage ne fonctionnerait pas ? Pour réaliser qu’elle ne pourrait jamais épouser Jensen, sous peine que leur vie future ressemble à ça ? Pourquoi n’avait-elle pas pu simplement mettre les choses à plat avec lui ? Lui dire qu’elle ne se sentait pas prête pour s’engager ? Jensen aurait compris – Jensen la comprenait toujours. Mais non. Il avait fallu qu’elle fréquente d’autres hommes, qu’elle lui mente, qu’elle le brise, en le quittant le jour de leur mariage. Ses larmes redoublèrent alors que Charlotte la serrait dans ses bras. Elle saisit un mouchoir que son amie lui tendit ensuite, et essuya son visage, en remontant ses genoux contre sa poitrine.

Lilly avait dû mal à se reconnaître, et elle était persuadée que Charlotte pensait la même chose. Jamais elle n’aurait pensé qu’elle tromperait son fiancé – ex-fiancé. Parce qu’elle était intègre, honnête, et qu’elle avait toujours été connue pour dire tout ce qu’elle pensait tout haut. Pourquoi  cette fois avait-elle fait preuve d’une telle  bassesse ? Elle avait envie de se persuader que c’était simplement pour échapper à la réalité qu’elle s’apprêtait à vivre en épousant Jensen. Que c’était une façon de ne pas penser à son mariage, sans pour autant quitter Jensen, le seul homme qu’elle avait toujours eu pour petit-ami. Elle voulait s’en persuader, par crainte d’être devenue une personne méconnaissable.

« J’essaie. » souffla Lilly lorsque Charlotte lui affirma qu’elle devait passer à autre chose.

C’était la réalité, elle essayait vraiment de tourner la page – elle en avait envie. Elle voulait avancer, rencontrer quelqu’un d’autre, et arrêter de penser à Jensen, à ce qu’elle avait fait. Et Lilly, en quittant l’hôtel dans lequel elle était censée se marier, avait songé que cela serait simple. Après tout, n’avait-elle pas rencontré plusieurs hommes, durant ses fiançailles ? Pourtant, depuis qu’elle était revenue de l’étranger, son mal-être s’était intensifié. Il n’était pas facile d’oublier son premier amour, le garçon qu’elle avait rencontré lorsqu’elle avait onze ans – son meilleur ami.

« L’avouer à Jensen ? » répéta-t-elle lentement, après que Charlotte ait émit l’idée.

Pouvait-elle réellement faire ça ? Lui faire part de ses infidélités ? Lui faire perdre toute estime qu’il pouvait encore avoir d'elle ? Lui expliquer qu’elle s’était jouée de lui durant des mois ? Non. Non, c’était impossible, songea Lilly, la gorgée nouée. Elle ne pouvait pas faire ça – elle n’avait pas le courage de faire ça. Pourtant, l’idée de décharger sa culpabilité était tentante. Serait-ce un mal pour un bien ?

« Je ne pourrais pas. » lâcha-t-elle finalement, en secouant la tête de gauche à droite. « Je… Je ne pourrais pas. »

Ce serait trop difficile, trop humiliant.

« Tu ne sais pas ce que c’est Charlie, de perdre la confiance d’une personne que tu as toujours aimé – que tu aimes toujours. » elle, elle l’avait expérimenté avec la jeune femme, puis avec Jensen. « De décevoir cette personne, de voir le dégoût dans ses yeux. Jensen est… Jensen est l’homme de ma vie, Charlotte. C’est celui qui m’a accompagné depuis mes onze ans, dans toutes les épreuves que j’ai pu traverser. C’est l’homme de ma vie, et il le restera encore un long moment. Je ne veux pas – je ne peux pas – le décevoir encore. Perdre ce qu’il lui reste d’estime de moi. Je… Oh Merlin, qu’est-ce que j’aimerais être toi, Charlie. » lâcha-t-elle avec un petit rire d'auto-dérision.

Pour savoir prendre les bonnes décisions, pour réfléchir avant d’agir.

« Jensen… Jensen me détesterait. Il me détesterait encore plus que maintenant. Et je ne pourrais pas le supporter. » avoua-t-elle doucement en baissant la tête.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 542

Voir le profil de l'utilisateur
Charlotte hocha la tête doucement lorsque Lilly répéta ce qu'elle venait de lui dire. Oui, parler à Jensen, tout lui dire, tout remettre à plat. Non, ce n'était pas facile et c'était même horriblement difficile mais aux yeux de Charlie, le silence était pire. Rester dans l'ignorance, dans ce mutisme imposé, à essayer de comprendre ce qui s'était passé pour que tout vole si soudainement en morceau, ce n'était pas mieux. Bien au contraire. Lilly était partie vite après le mariage et elle avait quitté le pays encore plus vite, chose que Charlie n'avait pas pu se permettre à cause de son travail. Elle était donc restée en Angleterre, aux cotés de Jensen et elle l'avait vu s'interroger pendant des heures et des heures, essayant de retrouver là où il avait échoué, ce qui avait pu se passer dans l'esprit de Lilly. Elle avait écouté tous ses questionnements, toutes ses hésitations, toutes ses déceptions et elle savait que malgré tout, ce qu'il voulait, c'était comprendre. Au premier abord, on pouvait avoir l'impression qu'il commençait à passer à autre chose mais elle le connaissait par cœur et elle savait qu'il n'avait toujours pas passé l'éponge, et qui aurait pu le lui reprocher ?

Et de l'autre coté, il y avait Lilly, Lilly qui détenait toutes les pièces du puzzle mais qui n'avait pas la force de les donner à Jensen et encore une fois, qui aurait pu le lui reprocher ? Charlotte était partagée entre les deux, sans vraiment de solution tangible à leur proposer, juste à essayer de recoller un peu les morceaux, en espérant qu'un jour ils pourraient de nouveau se faire face. Parce que c'était plus que la fin d'une histoire d'amour, c'était la fin d'une amitié, la fin d'une période entière de leur vie, la fin de leur trio. Lilly, Charlie et Jensen, inséparables depuis des années, chose que même la vie adulte n'avait pas réussi à atteindre, à casser. Charlotte avait même l'espoir qu'ils puissent retrouver cette amitié là un jour, dans quelques années, dans trente ans s'il le fallait, si Jensen et Lilly arrivaient à panser leurs plaies. C'était si facile à dire, de l'extérieur, il est vrai et elle ne savait pas comment elle aurait elle-même réagi dans la même situation alors elle ne blâmait pas ses amis.

- Tu sais, Jensen a pensé un temps que tu l'avais quitté pour un autre, commença Charlotte. Je crois que le plus douloureux pour lui, c'est de ne pas comprendre : il ne l'avait pas vu venir et ça lui est tombé sur le nez, comme ça. C'est... C'est comme un deuil à faire, pour vous deux. Un deuil de votre vie d'avant, de votre relation. Mais s'il ne peut pas comprendre ce qui s'est passé, comment peut-il passer à autre chose ?

Elle saisit la main de Lilly et la pressa doucement.

- Tu n'es obligée de rien, Lilly. Jensen est un grand garçon, il s'en remettra un jour, tout comme toi. Je ne pense pas qu'il te déteste, tu sais, souffla-t-elle doucement. Et je continue de croire que tu devrais lui dire tout ce que tu me dis là, tout comme il devrait te dire ce qu'il me confie. Vous devriez reparler, vraiment. Calmement. Cela fait cinq mois, maintenant, peut-être que cela sera plus facile ?


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 205

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly observa sa meilleure amie en fronçant les sourcils lorsqu’elle lui avoua que Jensen pensait qu’elle l’avait quitté pour un autre. C’était bien la seule chose qu’elle n’aurait jamais pu faire. Elle aimait Jensen, elle l’avait toujours aimé, et l’aimerait probablement toujours. Jensen était l’amour de sa vie, sans le moindre doute. La seule chose qui l’avait motivé à le quitter était le doute qu’elle ressentait face à la vie qu’ils allaient avoir. Une vie tranquille, bien rangée : une maison, des enfants, des bégonias et un chien. Lorsqu’elle avait accepté la demande en mariage de Jensen, Lilly avait pensé qu’elle pouvait surmonter cela, pour lui, pour leur couple. Puis, au fil du temps, elle s’était rendu compte que cela n’était pas juste : que ce soit pour elle, ou pour lui. Elle ne voulait pas le blâmer de lui avoir fait abandonner sa jeunesse, ses rêves – elle avait préféré le quitter avant ça. Pas forcément de la meilleure manière, elle l’admettait. Mais elle l’aimait – Merlin qu’elle l’aimait ! – et ne se sentait pas capable à voir quelqu’un d’autre.

Alors peut-être que Charlotte avait raison, finalement. Peut-être qu’elle devait lui parler, pour mettre les choses à plat. A cette pensée, elle sentit une boule d’angoisse se former dans son ventre. Revoir Jensen, elle en rêvait autant qu’elle le craignait. Et, c’était dans ces moments là qu’elle se rendait compte qu’elle était loin – très loin ! – d’avoir tourné la page, ou même, tout simplement, de se remettre de l’échec de leur relation.

« Il ne me déteste pas ? » répéta-t-elle, en levant un regard presque implorant sur Charlie, pour qu’elle lui confirme ce qu’elle venait de dire. « Tu… Tu as raison, on devrait parler. C’est inévitable, de toute façon, non ? » elle se redressa légèrement, et essuya les traces de larmes encore visibles sur ses joues. « Et puis, je lui dois bien ça. C’est juste que… Quand j’essaie de m’imaginer face à Jensen, j’ai l’impression de chuter du vingtième étage d’un immeuble. » lança-t-elle dans une tentative d’humour vaine. « Oh, Merlin, qu’est-ce que j’aimerais que tout redevienne comme avant. » souffla-t-elle en fermant les yeux.

Qu’elle retrouve sa complicité avec Jensen, que leur petit groupe soit toujours soudé. C’était impossible, songea-t-elle. Pas avant de longues années, du moins.

« Peut-être que ça s’arrangera. » laissa-t-elle échapper toutefois. « On ne sait jamais, hein ? »

Lilly souffla longuement, bien décidée à reprendre ses esprits et à se calmer.

« Heureusement que tu es là. » lança la jeune femme en adressant un petit sourire à sa meilleure amie. « Je ne sais franchement pas ce que je ferais sans toi… T’es la meilleure, Charlie. » affirma Lilly en l’enlaçant. « Merci. » lui souffla-t-elle à l’oreille avant de se reculer.

Elle se leva dans la foulée et se planta devant la jeune femme, les mains sur les hanches.

« Bon alors, pizza, glace au marshmallow, et film de filles ? » interrogea-t-elle avant de se diriger vers le téléphone pour passer commande.

Heureusement qu’elle n’était pas seule.

FIN DU RP


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Mamma Mia [Lilly]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Merci A Lilly,Peluche,CC, et Clémennnnnt!!!!!
» Lilly Kane
» Présentation : Lilly Jédusor [Validée]
» De la part de Laulau Ferrari pour Lilly
» Bon anniversaire Lilirose

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Londres,-