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 Puisse le sort vous être favorable ! [Jeremy, Juliet & ces chers parents 2.0]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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3 mars 2008

Juliet jeta un dernier regard à son reflet, avant de sortir de la salle de bain, l’anxiété se lisant parfaitement sur son visage. Et ce n’était pas étonnant, vu l’après-midi qui l’attendait, puisqu’elle s’apprêtait à rejoindre ses parents, pour les mettre au courant de sa grossesse. Une boule se noua dans son ventre à cette pensée, et elle s’efforça d’expirer longuement et doucement. Elle devait le faire. Elle avait prit une décision, et à présent, il fallait y faire face, même si cela signifiait affronter ses parents. Ces derniers devaient d’ailleurs être relativement curieux qu’elle demande à les voir tous les deux, en même temps. Généralement, elle s’arrangeait pour parler à l’un puis à l’autre, de telle façon qu’Adriana et George n’avaient pas à se retrouver dans la même pièce – et de cette manière, celui lui évitait de déclencher la troisième guerre des sorciers. Elle n’irait pas jusqu’à dire que les deux adultes étaient parfaitement incapable de se parler sans que le ton monte, mais les tensions étaient bien présentes, et cela se sentait parfaitement dans une conversation même des plus banales. Peut-être leur donnerait-elle un sujet sur lequel s’allier pour lui hurler dessus à tour de rôle, songea Juliet avec une grimace éloquente. Parce qu’elle se doutait bien que ses parents n’allaient pas accueillir la nouvelle avec un grand sourire, et qu’elle devait être prête à faire face à leurs doutes, et au savon qu’ils allaient lui passer. On n’avait pas idée de tomber enceinte à dix-neuf ans.

La jeune femme prit une longue inspiration, et attrapa ses clés, qu’elle fourra dans son sac, avant de descendre dans le salon, où elle retrouva Jeremy. Son petit-ami avait accepté de l’accompagner, et elle lui en était infiniment reconnaissante. Ainsi, affronter les deux adultes, leurs réactions, et les tensions qui régneraient dans la pièce serait une chose bien plus aisée que si elle s’était retrouvée toute seule. Merlin, soupira-t-elle intérieurement – la situation était réellement délicate, et elle aurait aimé pouvoir être certaine que ses parents la soutiendraient. Elle restait leur fille, tout de même, n’est-ce pas ? Tout allait bien se passer, tenta-t-elle de se rassurer en s’approchant de Jeremy pour l’embrasser, faisant passer ses mains dans le dos du jeune homme. Heureusement qu’il était là, songea Juliet en se reculant et en l’observant avec douceur. Elle lui effleura le visage du bout des doigts.

« Comment ça va ? » s’enquit-elle avant d’ajouter, avant même de lui laisser le temps de répondre : « Merci d’avoir accepté de venir. Je sais bien que ce c’est délicat pour toi aussi… »

Ça l’était pour tout le monde, assurément. Et ça l’était d’autant plus quand on savait que la mère de Jeremy avait eu une relation avec George Wilson, mettant ainsi fin aux deux mariages. Et si Adriana avait réussi à passer au-dessus de ça afin d’apprécier le jeune homme, Juliet n’était pas certaine qu’elle serait ravie de savoir qu’elle allait être liée pour le restant de sa vie à la famille qui avait mit fin à son couple… Et il en était de même pour Gregory Baker. Sa vie ne pouvait décidemment pas être simple, pensa Juliet avec un petit sourire mi-défaitiste mi-amusé, tout en glissant sa main dans celle de son petit-ami pour l’attirer hors de la maison. Le vent soufflait sur Aberystwyth, et le couple marcha quelques instants dans les rues de la petite ville avant de trouver une ruelle tranquille pour transplaner à l’écart des regards des moldus.

« Je sens absolument tout mon courage de Gryffondor s’envoler… » déclara-t-elle avec une pointe d’humour – bien que très sérieuse – avant de se concentrer sur le lieu où elle devait le faire transplaner. Ce n’était pas bien difficile de s’en souvenir, ils y avaient été, presque un an plus tôt, pour annoncer à son père et à la mère de Jeremy qu’ils étaient en couple. George y habitait toujours, bien qu’il passait d’avantage de temps chez Annabelle, sa compagne.

Quelques secondes plus tard donc, ils réapparurent dans une petite rue de Londres, face à l’immeuble où habitait George Wilson. Il était plus commode qu’ils se retrouvent tous là-bas, puisque son père, dans sa condition de moldu, n’avait pas la facilité de se rendre à Aberystwyth aussi rapidement qu’Adriana pouvait le faire en transplanant. Un coup d’œil à sa montre suffit à lui apprendre qu’ils avaient quelques minutes de retard, et Juliet poussa la porte de l’immeuble, la main toujours dans celle de Jeremy, dans l’espoir de tirer un peu de réconfort à travers ce geste. Elle monta les escaliers jusqu’à atteindre le bon étage, puis se tourna vers Jeremy.

« J’ai comme l’impression d’avoir déjà vécu cette scène… » souffla-t-elle en l’embrassant. « Bonne chance. » murmura-t-elle, tout contre ses lèvres. Ils allaient en avoir besoin.

Se détachant du jeune homme, Juliet frappa quelques coups à la porte, et se retrouva rapidement face à son père. Elle l’enlaça pour le saluer - à grand renfort de phrases exclamatives qui sonnaient un peu faux à ses oreilles - puis aperçu sa mère, déjà arrivée. S’avança vers elle pour l’embrasser à son tour, Juliet fut ravie d’être arrivée la dernière, pour ne pas à avoir eu à assister aux retrouvailles entre les deux adultes.

« Vous allez bien ? » demanda-t-elle, en invitant Jeremy à s’asseoir à côté d’elle, après avoir retiré leurs manteaux. "J'espère que vous n'avez pas eu trop de mal à vous libérer ?" s'enquit-elle ensuite, en posant un regard interrogateur sur ses parents.

Impossible de se défiler, à présent.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy jeta un regard peu satisfait à son reflet. Pourquoi avait-il toujours un air de sale gamin, malgré ses tentatives pour paraître plus mature, plus adulte ? Certes, il avait des traits bien masculins mais ses cheveux jouaient en sa défaveur, lui donnant selon la façon dont il les coiffait l'air d'être un ado bien gentil ou un petit voyou. Agacé, Jeremy passa une main parmi ses mèches blondes et les secoua un moment jusqu'à obtenir un effet décoiffé-tombé de balai, qui ne jouait pas exactement en faveur de l'adulte responsable mais avait le mérite de lui ressembler. A quoi bon faire des efforts, songea-t-il en boutonnant sa chemise blanche, ils seraient vains de toute façon. Jeremy pourrait bien avoir l'air de l'homme le plus mature de la terre, cela ne changerait rien. Il s'apprêtait à se jeter dans la gueule du loup en allant voir les parents de Juliet, et quoi qu'il fasse, il resterait le garçon qui avait mis leur fille enceinte beaucoup trop tôt, beaucoup trop jeune. Celui à cause de qui elle allait devoir arrêter sa carrière, peut-être pour de bon, pour élever un enfant. Celui qui n'avait même pas les moyens de l'aider, qui ne savait rien faire à part se transformer en gros toutou affectueux. 

Inutile de préciser que Jeremy était mort d'angoisse. Il n'en avait pas dormi de la nuit, tournant et retournant dans son lit en appréhendant l'entrevue et en se demandant si George Wilson n'allait pas l'assassiner. De toute façon, s'il ne le faisait pas, ce serait probablement sa propre mère, Julia, qui s'en chargerait. Depuis qu'il avait appris la grossesse de Juliet, Jeremy avait évité tout contact avec sa famille afin d'avoir le temps de décider à quel moment il voudrait leur annoncer la nouvelle, et de quelle façon. Une famille après l'autre ! Jeremy avait donc prétexté crouler sous le travail pour Lycaon, ce qui n'était pas faux au demeurant, et avait décidé qu'affronter la famille Wilson-Flint serait déjà un bon début. Pour être honnête, il aurait tout donné pour échapper à l'entrevue, mais Juliet lui avait demandé d'être présent et il était hors de question qu'il se défile. Il allait assumer, quelles qu'en soit les conséquences... Merlin ! Pourquoi ne pouvait-il pas fuir au Zimbabwe ?

Lorsqu'il fut à peu près satisfait de son apparence, Jeremy se rendit chez Juliet où il attendit la jeune femme dans le salon. Le jeune homme tenta de ne pas montrer à quel point il était angoissé, mais son teint pâle le trahissait. Le baiser de Juliet lui donna un peu de courage, suffisamment pour qu'il ne lui fasse pas part de son envie de rendre son petit déjeuner. Délicat ? Bel euphémisme ! Il aurait de la chance s'il en ressortait entier !

"C'est normal", se contenta-t-il de répondre avec un sourire brave.

Jeremy suivit Juliet hors de la maison, sentant son coeur s'emballer tandis qu'ils marchaient dans les rues calmes de la ville. Son rythme cardiaque avait encore augmenté lorsqu'ils avaient transplané et il se demanda s'il était possible qu'il aille plus vite sans que Jeremy ne fasse de crise cardiaque. Il se sentait transpirer, il se sentait mal, et était persuadé qu'il devait donner une bien piteuse image à cet instant. La situation était tellement surréaliste. Quand il pensait que moins d'un an auparavant, ils se rendaient ici même pour annoncer leur relation à leurs parents... Juliet partageait visiblement son opinion, et Jeremy étouffa un petit rire à sa remarque, avant de répondre à son baiser. 

"Bonne chance", répondit-il avant d'ajouter, plus pour se convaincre lui-même : "Ça va aller, ma chérie."

Quelques instants plus tard, George leur ouvrait et saluait sa fille avec entrain, encore inconscient du drame qui s'apprêtait à se jouer. Jeremy lui adressa un sourire horriblement forcé et lui serra la main, avant de lui dire bonjour d'un ton emprunté. Il se sentait toujours mal à l'aise en sa présence, ne se rappelant que trop bien des évènements des derniers mois. Jeremy suivit Juliet à l'intérieur et réitéra les salutations avec sa mère, qu'il connaissait moins bien encore. Horriblement mal à l'aise, il ôta son manteau et s'assit à côté de Juliet en la laissant mener la conversation. Il était hors de question qu'il ne dise un mot de plus que nécessaire. De toute façon, c'était à sa petite-amie d'annoncer la bonne nouvelle à ses parents... Et ce serait à lui de courir assez vite pour éviter les mauvais sorts.


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George Wilson -Papa poule de Juliet

Les choses revenaient doucement à la normale dans la vie de George Wilson. Les derniers mois n'avaient pas été faciles entre sa relation avortée avec Julia, la relation de leurs enfants respectifs, sa rencontre avec Annabelle, son accident, son hospitalisation. Les évènements et les problèmes s'étaient succédé à une vitesse affolante mais tout semblait progressivement rentré dans l'ordre. Le libraire ne se souvenait plus de la dernière fois où sa vie avait été si paisible, mais c'était appréciable. Il avait repris le travail deux semaines plus tôt, sa relation avec Annabelle était au beau fixe, il parvenait à voir ses filles régulièrement. Tout allait pour le mieux, et il espérait que cela durerait.

Georges avait été un peu surpris lorsque Juliet avait demandé à leur parler en même temps à lui et Adriana. Il était curieux de savoir ce qui pouvait motiver une telle requête et espérait qu'un nouvel évènement ne viendrait pas assombrir son bonheur tout juste retrouvé. Il s'était rassuré en se disant qu'elle voulait probablement leur parler de projets pour sa carrière, ou de quelque chose du genre, ou peut-être leur demander de l'argent. Au pire elle voulait leur annoncer qu'elle emménageait avec Jeremy -cette idée ne plaisait pas vraiment à Georges, qui les trouvait un peu jeunes pour s'engager ainsi, mais il devrait bien s'y faire. Même si Annabelle essayait de le raisonner un peu sur ce point, il avait parfois du mal à réaliser que sa fille avait déjà 19 ans et n'avait plus besoin d'être couvée comme une enfant. D'un autre coté, 19 ans c'était encore jeune ! Il pouvait légitimement espérer que Juliet profiterait de sa jeunesse en ne brûlant pas les étapes, et c'était son rôle de père de s'assurer qu'elle agisse ainsi.

Georges en était là de ses réflexions quand on frappa à la porte, il partit ouvrir et fut un peu désorienté en découvrant son ex-femme sur le perron. Il aurait préféré que Juliet arrive avant, il ne s'était pas retrouvé seul avec Adriana depuis leur divorce, mais cela leur laisserait au moins le temps de partager leurs hypothèses quant à cette rencontre que leur fille avait organisé. Adriana évoqua en plaisantant plus ou moins une possible demande en mariage -elle ne voyait que ça pour expliquer la présence de Jeremy- et Georges joignit son rire au sien, même s'il ne voyait rien de drôle là-dedans. Il espérait qu'il ne s'agissait pas de ça ! On avait pas idée de se marier à 19 ans !

Les deux anciens époux venaient de s'installer dans le salon quand on frappa de nouveau à la porte, Georges se leva pour aller accueillir sa fille et s'inquiéta en la découvrant assez tendue, bien qu'elle n'en montrât rien. Il fit toutefois mine de n'avoir rien remarqué et la serra chaleureusement dans ses bras. Il sera ensuite brièvement la main de Jeremy. Il avait toujours un peu de mal à se faire à la présence du jeune homme dans la vie de sa fille, mais n'avait d'autre choix que de s'y habituer. Ils rejoignirent tous le salon où les adolescents saluèrent Adriana et s'installèrent autours de la table basse. Avant que Georges n'ait pu offrir de boissons à qui que ce soit, Juliet avait pris la parole pour leur demander s'ils allaient bien. Elle agissait exactement comme à son habitude et pourtant quelque chose dans son attitude et dans sa voix laissait penser qu'elle appréhendait quelque chose. Georges avait l'impression que sa fille retardait le moment de leur expliquer les raisons de cette rencontre, et cela l'inquiétait un peu. Il interrogea Adriana du regard pour savoir si elle avait remarqué quelque chose elle aussi, puis reporta son attention sur Juliet, observant chacune de ses réactions.

"Ça va oui, beaucoup mieux, répondit-il avec un sourire qui se voulait détendu. Et toi ma chérie, pas trop de travail ?"

Il espérait amener Juliet à leur parler au plus vite des raisons de cette rencontre car il commençait à s'inquiéter un peu, même s'il savait que cela ne pouvait pas être bien grave. Il avait été tant habitué aux catastrophes ces temps-ci qu'il faisait probablement des montagnes de pas grand-chose.
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Adriana Flint, 44 ans, mère de Juliet

Il y a longtemps déjà - même si Adriana se refusait à compter exactement le nombre d'années, il serait bien trop haut à son goût - lorsqu'elle était encore élève à Poudlard, elle avait pris divination. Elle était loin d'être la nouvelle grande devineresse, la Pythie des temps modernes mais son coté curieux l'avait emporté lors de son choix d'options. Après tout, c'était l'une des branches les plus obscures et nébuleuses de la magie, emplie de secrets et de mystères et Adriana se voyait déjà démêlant le vrai du faux, permettant ainsi de nombreuses avancées dans le monde de la magie et bien plus encore. Au final, elle avait passé quatre ans de sa vie dans un environnement enfumé à regarder fixement une boule de cristal et à la placer dans la lumière pour faire des tâches éclatantes sur les murs. Ses parents lui avaient asséné l'éternel refrain de "Nous te l'avions bien dis Adriana, pourquoi n'en fais-tu toujours qu'à ta tête, tu aurais dû nous écouter et prendre Runes Anciennes" et autres longues tirades qu'elle n'avait que trop entendu dans sa vie.

Pas qu'elle ait été une enfant rebelle, ses parents et sa famille ne l'auraient jamais supporté, mais elle avait toujours été farouchement indépendante, investie d'une curiosité immense et d'un coté légèrement provocateur - qui s'était calmé avec les années mais que personne ne lui demande son âge, cela ne se faisait pas face à une dame voyons - et cela l'avait poussé parfois à des choix un peu étonnants. Adriana était de celles qui étaient toujours là où on ne les attendait pas et cela s'était reflété tout au long de sa vie. Elle avait été cette jeune Serdaigle qui s'était passionnée pour l'art au point de vouloir en faire son métier un temps quand tout le monde voulait élever des licornes, elle avait été la jeune héritière Flint qui n'avait pas saisi la vie confortable qu'on lui offrait sur un plateau pour aller s'échiner corps et âme dans de longues études de Médicomagie et elle avait été cette Sang-Pure qui avait épousé un moldu, bien des années auparavant.

Elle avait presque l'impression que c'était une autre vie, songea-t-elle en poussant la porte de l'immeuble où vivait désormais George. C'était comme si une autre personne avait vécu ainsi et qu'elle n'avait été que cette observatrice extérieure, elle avait l'impression de s'être distanciée de ses souvenirs, c'était sa vie d'avant. Les choses étaient différentes, désormais. Pas moins bien, pas mieux, juste différentes. Elle-même avait changé mais en mieux cette fois-ci. Parce qu'à coté d'Adriana la passionnée, il y avait Adriana la mélancolique, elle qui alternait intense euphorie en se donnant dans une passion avec tout son cœur, toute son âme, puis qui se retrouvait soudainement si vide et si fatiguée. Une vie à la fois pleine de couleurs si éclatantes et de noirs si profonds, de phase de bonheur intense et de malheur où elle avait l'impression que son cœur s'arrêtait de battre. Elle n'avait pas souvenir de quand cela avait commencé, elle avait l'impression qu'elle avait toujours été comme cela mais qu'elle l'avait repoussé pendant des années avec toute la foi et toute la force de la jeunesse.

Les dernières années n'avaient pas été faciles. Oh, cela faisait vingt ans que c'était déjà plus difficile, mais elle avait George, elle avait Juliet, elle avait Leah. Mais sans savoir pourquoi, tout s'était atténué, les couleurs et son euphorie, sa joie de vivre et son bonheur et tout avait laissé place à une grande tristesse, tout ce qu'elle avait pu repousser dans sa vie au loin avec une incroyable énergie et une envie de vivre, tout était revenu en même temps s’abattre sur ses épaules. George était là, au début. Mais les choses n'étaient pas faciles non plus pour lui, il avait toujours été celui qui savait la gérer, qui l'accompagnait dans les meilleurs moments comme dans les pires, qui soutenait la famille quand cela n'allait plus vraiment pour que les filles ne se rendent compte de rien. Et elles ne s'étaient rendues compte de rien pendant des années parce que George était là. Mais c'était un poids pour lui aussi et les choses avaient finies par s'étioler jusqu'à se déchirer complètement. Lorsqu'elle était jeune, lorsqu'ils étaient jeunes et tout justes mariés, tout juste parents, Adriana aimait à se dire que c'était une passion qui ne s'éteindrait jamais, qu'elle ne pourrait pas vivre sans lui.

Elle s'était trompé. Ou elle avait changé. Mais elle ne ressentait pas de rancœur à cette idée, pas d'amertume. Elle avait aimé George de tout son cœur pendant si longtemps que tout ce qui s'en était suivi en valait la peine, même si cela avait été très douloureux. Mais cette douleur avait été salvatrice et Adriana en était reconnaissante. C'était un peu étrange d'être reconnaissante pour un divorce tout de même. L'idée la faisait un peu rire, parce qu'elle avait toujours eu le rire facile. Mais c'était la vérité : elle aimait à se dire que cela avait été la plus grande aide de George, même si la plus cruelle, car il l'avait aidée dans la période la plus difficile de sa vie. Oh, évidemment, elle n'avait pas pensé cela tout de suite ! Elle avait été en colère mais cela l'avait fait sortir de sa torpeur. Elle voyait les choses avec du recul désormais et tout lui semblait plus facile. Elle allait mieux, tout allait mieux. Elle avait repris son travail à l'hôpital, mais en changeant de service. Elle était repartie à zéro, avec un nouvel appartement, son nouveau travail... Les choses étaient vraiment différentes. Avant, au sortir d'une grande période de noir, les couleurs étaient de nouveau éclatantes à être éblouissantes. Aujourd'hui, elles étaient juste... normales. Peut-être avait-elle appris à être modérée, se disait-elle parfois, encore étonnée de cette constatation. Peut-être était-elle devenue sage, ajoutait-elle souvent en haussant les épaules, un rire sur les lèvres.

Mais revenons à la divination. S'il y a bien quelque chose qui n'avait pas changé en revanche, c'était le flot de pensées ininterrompu qui tournoyait sans cesse dans son esprit, mille idées qui éclataient en même temps dans son cerveau, mille envies, mille projets. Lorsqu'elle allait bien, tout cela la poussait vers la haut, la poussait à se dépasser et lui donnait une énergie folle : c'était pour cela qu'elle était là où on ne l'attendait pas. Mais lorsque les choses étaient plus difficiles, tout cela l'entrainait vers le bas, lui donnait envie de crier tant elle avait l'impression de devenir folle. Mais elle avait appris à le gérer, au fil des années, cet esprit bouillonnant. A composer avec ses hauts et ses bas et ses avantages et ses inconvénients. Si elle avait pris divination il y a quelques années - car non, elle avait beau penser beaucoup, elle n'oubliait pas - c'était aussi parce qu'elle aurait aimé pouvoir deviner des choses à l'avance. Et en l’occurrence aujourd'hui, savoir pourquoi sa fille avait cherché à réunir ses parents en présence de son petit-ami. L'idée l'avait taraudée longuement et elle avait imaginé dix mille théories mais s'était efforcée de ne pas tirer de plans sur la comète : elle verrait en tant voulu. Cela faisait aussi parti de ses bonnes résolutions.

Adriana monta les escaliers qui menaient à la porte de George d'un pas léger et inspira trois fois avant de frapper. Lorsque la porte s'ouvrit, elle laissa apparaître un sourire sur son visage. Il aurait été difficile d'en faire autrement : elle souriait souvent, si ce n'est tout le temps. Ce n'était que la signification du sourire qui variait, qu'elle soit heureuse ou malheureuse. Juliet ne semblait pas être encore arrivée ce qui signifiait qu'elle et George étaient seuls, ce qui n'était pas arrivé depuis le divorce. L'idée aurait pu la rendre nerveuse mais étonnamment non. Elle était même plutôt heureuse de le revoir et encore plus heureuse de cet état de faits qui prouvait qu'elle avait vraiment pris du recul et s'était posée. C'était tout ce qu'elle voulait. Alors ses salutations furent chaleureuses et sincères lorsque George la fit entrer et elle posa une main sur son épaule pour le lui faire comprendre. Tandis qu'ils s'installait, elle lança la conversation d'un ton guilleret, essayant de mettre George plus à l'aise qu'il ne semblait l'être : elle le connaissait par cœur.

Es-tu prêt à céder la main de ta fille chérie ? Car je ne vois que cela pour que Jeremy soit présent et que nous soyons réunis comme cela !

Et tandis qu'il allait ouvrir aux nouveaux coups frappés à la porte, elle promena un regard curieux sur l'appartement qui l'entourait. A la maison, c'était toujours elle qui s'occupait de la décoration et cela lui faisait étrange de voir comment George avait choisi d'investir son espace. Même si elle reconnaissait l'affreux plaid écossais sur le canapé : combien de fois avait-elle voulu le jeter et combien de fois s'y était-il opposé ? Un sourire vint illuminer son visage à cette pensée. Elle était vraiment heureuse de n'avoir aucune rancœur, de poser sur les années qu'ils avaient vécu ensemble un regard apaisé et bienveillant, riche de ce que leur mariage lui avait apporté : deux filles merveilleuses et des années de bonheur. Elle n'avait jamais été rancunière de toute manière et elle conservait tout ce que pouvait venir enrichir ses périodes sans couleur, elle transformait chaque chose positive en un sourire qu'elle chérissait et qui l'apaisait quand elle y pensait.

Lorsque Juliet et Jeremy entrèrent dans le salon, Adriana ouvrit grand les bras pour serrer sa fille contre son cœur et la serrer très fort, encadrant ensuite son visage de ses mains pour la contempler, un sourire aux lèvres et le regard empli de tout l'amour qu'elle ressentait pour chacune de ses filles. Elle serra ensuite brièvement Jeremy dans ses bras, lui adressant un sourire. C'était un jeune homme qu'elle appréciait, elle le trouvait gentil. Elle avait toujours été très tactile, même si elle avait reçu une éducation assez contraire. Mais Adriana était quelqu'un de passionné et cela se ressentait dans sa manière d'aimer son entourage. Mais on lui avait également appris à être observatrice et elle avait très bien vu que sa fille semblait plutôt nerveuse, tout comme George avait pu le remarquer au vu du regard qu'ils échangèrent. Sa curiosité vis-à-vis de la raison de la rencontre en fut exacerbée et elle scruta sa fille du regard, tandis qu'elle répondait à sa question.

- Je vais bien également, assura-t-elle, sincère et heureuse de pouvoir l'être cette fois-ci. Et toi ? Et vous ? Vous vouliez nous parler de quelque chose ?

Et son regard d'aller de l'un à l'autre, empli de curiosité.
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Lorsque Juliet se retrouva face à son père, son anxiété ne pu que s’accroître. Elle se laissa cependant aller contre lui, heureuse de le retrouver. Elle était consciente que ce qu’elle s’apprêtait à annoncer ne serait pas forcément facile à accepter pour ses deux parents, qu’ils emmétraient sûrement des réserves – justifiées, bien sûr. Pourtant, elle avait désespérément besoin  qu’ils soient là, à ses côtés, et qu’ils la soutiennent. Les Wilson avaient toujours été une famille très soudée, mais la jeune femme était bien consciente que l’annonce de sa grossesse serait peut-être l’évènement de trop. Elle espérait – elle espérait de toutes ses forces – qu’ils l’accepteraient, qu’ils se feraient à l’idée. Angoissée, donc, Juliet se rendit dans le salon, où sa mère attendait. Un sourire s’étira toutefois sur ses lèvres, tandis qu’Adriana la serrait dans ses bras, avant d’encadrer son visage pour la regarder. Elle plongea un regard confiant dans celui de sa mère, qui avait don de la faire se sentir mieux en quelques secondes. Son anxiété s’atténua un petit peu, et elle se dégagea doucement des bras de la médicomage pour la laisser saluer Jeremy. Si elle avait repris légèrement confiance en elle durant quelques instants, tout cela sembla s’envoler à partir du moment où elle se retrouva assise à côté de Jeremy, face à ses deux parents.

Elle se força à respirer lentement, glissant instinctivement sa main dans celle de Jeremy afin de tirer un peu de réconfort dans ce geste. Elle écouta les réponses de ses parents avec intérêt, espérant au fond d’elle qu’ils amèneraient la conversation sur un autre sujet, pour lui laisser un peu de temps pour réfléchir à ses mots. Malheureusement, au vu du regard qu’ils échangeaient, elle avait attiré leur curiosité par son comportement nerveux. Sa mère, finalement, leur posa la question qui semblait être également sur les lèvres de George Wilson. Vous vouliez nous parler de quelque chose ? Oui, songea Juliet, bien que l’envie de partir en courant était relativement forte. Elle avait décidé d’avoir cet enfant, et elle devait maintenant assumer pleinement sa décision – surtout devant ses parents. Elle ne pouvait plus désormais fuir ses responsabilités – ce n’était plus une chose envisageable.

« Oui, je vais bien. » commença-t-elle avec un petit sourire. « Et oui, j’ai quelque chose à vous dire. »

Elle s’interrompit quelque temps, ne sachant pas vraiment comment elle devait annoncer sa grossesse. Elle n’était pas certaine qu’il y avait une meilleure manière de faire, de toute façon. Tout allait bien se passer, se rassura-t-elle. Ses parents l’aimaient, ils ne pouvaient pas lui tourner le dos uniquement parce qu’elle était enceinte, si ? Non, décida Juliet avec force. George et Adriana avaient toujours fait face courageusement à tous les évènements inattendus qui survenaient dans leur vie, ce n’était pas maintenant qu’ils allaient commencer à agir différemment. Du moins, c’était ce que Juliet se plaisait à croire. C’était tellement plus facile de penser que ses deux parents allaient accepter l’idée, plutôt que d’envisager qu’ils refusent complètement sa grossesse. Une boule dans sa gorge s’était formée, et Juliet rassembla alors tout son courage de Gryffondor pour reprendre la parole.

« Papa, maman, je suis enceinte. » annonça-t-elle avant de jeter un regard à son petit-ami, assit à côté d’elle. « Et nous avons décidé de garder l’enfant. » poursuivit-elle, d’un ton étrangement calme, loin de toute l’anxiété qu’elle avait pu ressentir auparavant. Son ton était serein, son visage également. « C’est une décision mûrement réfléchie, et… »

Ses yeux passèrent de son père à sa mère, et restèrent figés sur cette dernière. Elle hésita quelques instants, ne sachant pas réellement comment terminer cette annonce. Elle plongea finalement son regard dans celui d’Adriana, et se mordilla la lèvre inférieure.

« Et j’ai réellement besoin que vous me souteniez. » finit-elle.

Elle observa ensuite son père, serrant doucement la main de Jeremy. Le soutien de ses parents dans ce qu’elle s’apprêtait à traverser n’était pas anodin pour elle. C’était important de savoir qu’ils seraient toujours là, quoiqu’il arrive. Un léger sourire finit par apparaître sur ses lèvres, sans véritable explication. Peut-être parce qu’elle était heureuse, tout simplement. Et elle annonçait qu’elle allait avoir un enfant, et c’était un évènement heureux, non ? Oui, songea-t-elle, alors que son regard allait d’un de ses parents à l’autre.



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George Wilson - Libraire- Papa de Juliet

George remercia intérieurement son ex-femme et son éternelle curiosité lorsque cette dernière prit la parole pour poser la question qu'ils avaient tous les deux en tête. Les plaisanteries d'Adriana au sujet d'un éventuel mariage lui revinrent à l’esprit et il darda un regard interrogateur sur sa fille, impatient de découvrir la véritable raison de sa venue -parce que ça ne pouvait pas être vraiment pour leur parler de mariage, pas à dix-neuf ans. Cette dernière leur répondit qu’elle avait effectivement quelque chose à leur dire et le regard de George se fit plus inquiet. Juliet s’était tût, ce qui ne pouvait être que mauvais signe quand on la connaissait. Il encouragea sa fille à parler d’un sourire, malgré un mauvais pressentiment.

Peu importe ce dont elle devait leur faire part, elle pouvait leur faire confiance pour l’aider comme ils le pourraient. Leur vie de famille avait été un peu chaotique ces derniers temps, mais ils s’en étaient sortis. Ils s’en étaient toujours sortis, en affrontant les problèmes ensembles, il n’y avait pas de raison que cela change aujourd’hui. Et puis, ce n’était sûrement pas grand-chose. George empêcha son cerveau de formuler la moindre hypothèse, se raccrochant à l’idée qu’il s’inquiétait pour rien. Il restait persuadé que dans quelque seconde l’inquiétude qu’il ressentait ne serait plus qu’un mauvais souvenir, cela paraissait visiblement sérieux pour Juliet mais elle n’avait que dix-neuf ans, beaucoup de choses qui paraissaient compliquée à son âge ne l’était finalement pas tant que ça.

Sa fille prit finalement la parole et ses mots résonnèrent aux oreilles de George sans y trouver aucun sens. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre, pour réaliser. Juliet était enceinte. Avant même qu’il n’ait pu assimiler cette première information, elle ajouta qu’ils avaient décidé de garder l’enfant. George posa ses coudes sur ses genoux et enfouit son visage dans ses mains, comme pour se couper de la réalité. C’était une plaisanterie, ou un mauvais rêve, mais ça ne pouvait pas être vrai. Sa fille, sa petite-fille ne pouvait pas être enceinte, elle ne pouvait pas avoir d’enfant, elle en était encore une ! Il savait bien qu’elle avait dix-neuf ans, qu’elle était presque indépendante, qu’elle n’était plus vraiment une petite-fille, mais elle n’était pas une adulte non plus. Elle avait encore tant de choses à apprendre, à découvrir, tant de rêves à réaliser, d’autres à abandonner. Elle avait encore beaucoup de temps devant elle, du temps dont elle aurait dû profiter pour profiter de sa jeunesse, pour faire des expériences, pas pour élever un enfant. Il ne parvenait pas à accepter l’idée, c’était tellement invraisemblable, tellement grotesque.

Il releva la tête en entendant Juliet dire qu’elle avait besoin de leur soutien. Evidement qu’il l’aiderait, il ferait toujours tout son possible pour qu’elle soit heureuse. Mais si elle sacrifiait elle-même son avenir, que pouvait-il faire ? S’il lui était déjà difficile d’accepter la situation, il lui était impossible de la comprendre. Juliet et Jeremy faisaient une erreur en décidant d’élever cet enfant. Peut-être que oui, ils y arriveraient. Lui et Adriana les aiderait, et ensembles il y arriverait, c’était certain, mais à quel prix ? Juliet était joueuse de Quidditch, Jeremy faisait encore des études, combien de choses devrait-il sacrifier pour devenir parents ? Ils n’étaient encore que des enfants.

George posa sur sa fille un regard indéchiffrable. Il n’arrivait toujours pas à y croire, il refusait d’y croire. Pourtant c’était bien vrai, et rien de ce qu’il pourrait dire ne changerait ça. Juliet avait pris une décision, avait-il d’autre choix que de l’accepter ? Elle était sa fille, et le resterait toujours. Il ne pouvait qu’accepter son choix et être là pour elle, peu importe ce qu’il en pensait. Avec un profond soupir, George se leva et fit quelques pas, ignorant les regards probablement posés sur lui. Il avait besoin de marcher, besoin d’air aussi, il avait l’impression d’étouffer. Mais ce n’était pas l’atmosphère qui l’oppressait, c’était cette situation inextricable dans laquelle il avait le sentiment d’avoir été piégé.

Posant les mains sur le dossier du canapé, il posa finalement un regard désemparé sur les deux adolescents assis en face de lui.

« Vous avez bien réfléchi ? »

Il se devait d’essayer. Ils faisaient une erreur, il en était persuadé. Il n’était peut-être pas trop tard pour le leur faire réaliser.
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Adriana Flint, mère de Juliet

Sa Juliet semblait si sérieuse ! Elle qui d'habitude était si souriante, si enthousiaste, semblait aujourd'hui bien trop terre-à-terre pour une demande en mariage, Adriana en prenait conscience. Évidemment, elle l'avait dit sur le ton de la plaisanterie afin de taquiner George. Elle avait toujours aimé taquiner George, elle ne savait pas vraiment pourquoi. Il prenait alors son air contrarié, fronçait les sourcils et se mettait à marmonner. Cela la faisait rire. Adriana riait toujours beaucoup. Mais cette fois-ci, elle sentait que ce n'était pas drôle - et Merlin savait qu'elle avait toujours eu le don de dénicher l'éclat de rire dans la pire des situations - et qu'elle ne rirait pas. Pourquoi songeait-elle cela, alors que sa fille assurait que tout allait bien ? Tout simplement parce qu'elle la connaissait par cœur et elle voyait bien les signes de son angoisse, elle aurait pu en faire une liste. Elle adorait les listes, elle en faisait tout le temps ne serait-ce que pour décharger un peu son esprit bouillonnant de toutes les pensées qui y tournaient en permanence. Toutes les listes d'Adriana étaient non-exhaustives parce qu'elles n'aimait pas se limiter et elle savait que de toute manière, des idées supplémentaires viendraient s'y greffer après coup. Les listes l'aidaient à ne pas perdre le fil de ses pensées, ce qui arrivait un peu trop souvent à son goût. Et là encore, elle s'égarait, tout allait trop vite alors Adriana baissa les yeux sur ses mains et compta lentement jusqu'à cinq en se concentrant uniquement sur ce décompte, ces cinq chiffres qui résonnèrent dans son esprit et éclipsèrent le reste un bref instant.

Et lorsqu'elle redressa la tête, tout allait mieux. Étonnamment, ce n'était pas tous les Médicomages qu'elle avait pu voir dans sa vie qui lui avaient donné ce conseil mais c'était sa grand-mère, des années et des années auparavant, plus qu'elle ne saurait compter, qui lui avait murmuré ça à l'oreille alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Pendant longtemps, elle avait repoussé ce conseil, peut-être tout simplement par esprit de contradiction. Cela ne faisait que quelques temps qu'elle l'utilisait de nouveau et il était redoutable. Cela la calmait, apaisait son esprit et elle pouvait recommencer tranquillement sans s'affoler. Et cela tombait bien, puisque Juliet venait de reprendre la parole. Adriana observa chaque détail de l'attitude de sa fille, de son visage calme à la main qu'elle avait glissée dans celle de son petit-ami et elle comprit une demi-seconde avant que les mots ne franchissent les lèvres de Juliet. Et pourtant, ce fut comme une porte en pleine figure, un sceau d'eau glacé qu'on déversait brusquement sur son crâne. Et avant même qu'elle n'ait eut le temps de prendre la pleine mesure de tout ce que cette nouvelle entrainait, sa fille porta le coup de grâce en annonçant qu'elle et Jeremy allaient garder l'enfant. Le premier réflexe d'Adriana fut de chercher le regard de George qui avait enfouit son visage dans ses mains. Machinalement, elle plaça une main dans le dos de son ancien mari en guise de réconfort mais également pour se donner à elle le temps de se calmer.

Jeremy et Juliet n'étaient que des enfants ! Comment pouvait-ils songer un seul instant à élever un bébé alors qu'eux-même n'avaient pas encore fini de grandir ? Ils n'étaient plus des bébés, certes, mais ils n'étaient pas encore des adultes. Peut-être que finir Poudlard leur avait donné l'illusion du contraire mais... Juliet n'était pas encore une adulte, se répétait Adriana. C'était encore une petite fille dans certains aspects, elle était certes indépendante mais elle l'avait toujours été, elle n'était pas encore en âge d'assumer une telle responsabilité ! Atterrée, Adriana observa George se lever avant de poser un regard catastrophé sur Juliet et Jeremy. Oubliée, sa bonne humeur de ce matin, tout avait fait place à de l'incompréhension et de l'angoisse. Comment pouvait-on envisager d'avoir un enfant sans avoir les moyens de l'élever ? Sans diplôme, formation... Sortir de Poudlard ne suffisait pas, il fallait apprendre un métier ! Ils étaient encore étudiants, jeunes, avaient des années devant eux pour penser à fonder une famille ! Ils étaient à peine responsable d'eux-même, comment pourraient-ils l'être d'un enfant ? La seule explication aux yeux d'Adriana était qu'ils n'avaient pas pris le temps de mesurer véritablement l'impact que tout cela aurait sur leur vie, tout allait changer et ils ne pourraient jamais revenir en arrière. C'était la fin de l'insouciance, la fin de toute leur jeunesse et il était inconcevable aux yeux d'Adriana que sa fille gâche ainsi sa vie.

- Mais est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous envisagez de faire ? enchaina-t-elle tout de suite après George. Vous n'avez même pas vingt-ans ! Vous n'avez aucune formation, aucun moyen de subvenir aux besoins d'un enfant, sans même parler de vous ! Juliet, comment peux-tu ainsi abandonner tes rêves, ta carrière ? Je veux dire...

Adriana se leva, à court de mots. Et c'était sûrement l'une des premières fois dans sa vie que cela arrivait.

- Qu'est-ce que tu vas devenir ? Finir mère au foyer à vingt-ans à compter les fins de mois pendant que Jeremy devra jongler entre ses études et un travail pour que vous puissiez espérer nourrir un bébé ? Est-ce que vous vous rendez compte de l'erreur monumentale que vous faites ?

Elle se tourna vers George pour chercher un appui devant l'inextricable situation.

- Vous êtes ensemble depuis un an à peine ! Vous avez la vie devant vous pour fonder une famille ! Je...

Elle ne comprenait pas que sa fille renonce ainsi à toute sa vie, ses rêves, sa jeunesse, sacrifie sa carrière, ses envies, son insouciance pour élever un enfant. C'était le rôle qu'on donnait aux jeunes filles de la Haute société ça, se marier et faire des enfants alors qu'elles étaient encore jeunes, c'était la vie qu'elle avait fuit et elle ne voulait pas de ça pour ses filles ! Elle voulait que Juliet fasse carrière, s'épanouisse, grandisse, se cherche, se trouve avant d'un jour se poser en connaissance de cause pour fonder une famille. Pas comme ça, pas à cause d'une erreur de jeunesse !

- George ! lança-t-elle, en désespoir de cause, toute son incompréhension visible sur son visage. 
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Serrer la main de Juliet dans la sienne était bien tout ce que Jeremy pouvait faire à cet instant. C'était à Juliet d'annoncer la nouvelle à ses parents, lui ne pouvait qu'appréhender leur réaction en silence, persuadé qu'il y verrait un avant-goût de l'annonce à sa propre famille. Juliet semblait s'en tirer plutôt bien, songea-t-il en l'entendant s'exprimer d'une voix posée, allant droit au but. Jeremy avait beau s'être habitué à la nouvelle, cela lui faisait toujours quelque chose de l'entendre le dire à voix haute. C'était tellement surréaliste, cette situation était tellement étrange... Sa Juliet n'avait probablement jamais causé d'inquiétudes à ses paroles, jamais de vagues, à part peut-être quelques retenues à Poudlard, mais elle était probablement tout ce qu'un homme comme George pouvait espérer de la part de son enfant. Jeremy espérait que sa propre fille - ou son propre fils - lui ressemblerait, à vrai dire. Quelqu'un de talentueux, de gentil, de généreux, d'attentionné, d'intelligent, quelqu'un qui prenait les bonnes décisions dans la vie et qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Pour autant, Jeremy n'imaginait pas sa réaction si sa fille venait à tomber enceinte à l'âge de Juliet... Probablement la même que celle de George, à cet instant, songea-t-il en observant le père de sa petite-amie enfouir son visage dans ses mains. 

Son coeur se serra et il détourna le regard, tandis qu'un silence pesant s'installait dans la pièce. C'était sans doute la première fois qu'il éprouvait vraiment de la sympathie pour George Wilson, à cet instant où il parvenait à se mettre à sa place et à imaginer ce qu'il devait ressentir, à voir sa petite fille encore si jeune grandir brusquement et faire un choix qu'il désapprouverait fatalement. Jeremy sentit une angoisse sourde monter en lui tandis qu'Adriana réagissait à son tour, prononçant des paroles pleines de bon sens. Avait-il réellement le droit de mettre Juliet dans cette situation ? De la forcer à abandonner sa carrière, ses rêves, l'insouciance de sa jeunesse ? Mais il ne la forçait à rien, finalement, c'était son choix, sa décision, parce qu'elle s'en sentait capable et que c'était cette vie qu'elle voulait vivre et non celle d'une jeune étudiante concentrée sur sa carrière. Si Jeremy et Juliet décidaient de garder ce bébé et de le faire passer avant tout le reste, s'ils pensaient sincèrement que cela les rendrait heureux, alors personne ne pourrait les en empêcher.

"Nous avons bien réfléchi", intervint Jeremy d'une voix dont il parvint à maîtriser le tremblement. "Nous avons pris la mesure des changements que cela allait provoquer, des difficultés qu'on allait rencontrer, nous avons pris cette décision en connaissance de cause, je vous assure."

L'argent était la première objection qu'avait formulée Adriana, bien sûr, ce que Jeremy pouvait comprendre. Ils n'étaient pas encore indépendants et c'était l'obstacle premier, mais il n'était pas non plus insurmontable.

"Juliet a encore de l'argent de ces quelques mois à Flaquemare, c'est un début, et j'ai également de l'argent de ma famille. Je compte bien travailler pendant l'été et j'ai pris rendez-vous avec mon directeur de l'académie pour voir ce qu'il est possible de faire, retarder ma formation d'une année ou bien aménager l'emploi du temps. Je compte également demander une dérogation au Ministère pour les cours de l'université magique, c'est possible dans certains cas. Bref, je compte gagner de l'argent, quitte à faire des petits boulots, et je sais que je peux compter sur la branche paternelle de ma famille également au besoin. Je suis dans une excellente académie et mes résultats cette année ont été très bons, je suis animagus, je ne pars pas de zéro, quant à Juliet... Elle a déjà laissé sa marque à Flaquemare et elle sera capable de se reconvertir, j'en suis persuadé. Il y a tout un univers autour du Quidditch, qui ne s'arrête pas aux joueurs : les entraîneurs, les recruteurs, les journalistes, les commentateurs, les guérisseurs sportifs et j'en passe. Il n'y a pas de raisons pour qu'elle finisse mère au foyer. Nous pourrons payer une nourrice, ou nous relayer et compter sur nos amis dans un premier temps... Je peux peut-être prendre un congé d'un an... Tout cela est encore très récent, nous n'avons pas réglé tous les détails, mais nous y avons pensé."

Jeremy réalisa qu'il parlait un peu trop vite sous l'effet du stress et ralentit la cadence, son regard volant du père à la mère de Juliet et vice-versa pour ne pas avoir à se fixer trop longtemps sur l'un d'eux. Qu'il était difficile de convaincre ses futurs beaux-parents que l'on n'était pas en train de gâcher la vie de leur fille avec une décision irréfléchie !

"Nous sommes jeunes et pleins de ressources, et même si ce bébé est inattendu et que nous ne prenons peut-être pas la décision la plus raisonnable, objectivement... Nous nous sentons prêts à accueillir cet enfant dans nos vies et à tout faire pour qu'il soit heureux. Je ne vois pas ça comme un sacrifice, vous savez. C'est une décision mûrement réfléchie. Juliet et moi aurions probablement fondé une famille un jour ou l'autre de toute façon."

Cette dernière phrase, il l'avait soufflé en se tournant vers la jeune fille, un petit sourire gêné aux lèvres. Ce n'était pas quelque chose qu'il avait forcément envie d'avouer aux parents de la jeune femme, mais c'était sa façon à lui de prouver que même s'ils étaient ensemble "depuis un an à peine", Jeremy n'était pas restée auprès d'elle pour faire le "bon choix". Il aimait Juliet et ne se sentait pas piégé par la situation, loin de là... Regagnant le silence, il incita Juliet du regard à reprendre la parole. Car c'était probablement elle la mieux placer pour s'expliquer face à ses parents...



Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Certains mots pouvaient faire l’effet d’une bombe, réalisa Juliet en observant son père enfouir sa tête dans ses mains dans un signe d’abattement. Elle baissa les yeux, et serra la main de Jeremy dans la sienne, essayant de tirer du réconfort de ce geste. Mais comment blâmer ses parents de réagir ainsi, alors qu’ils apprenaient que leur fille de dix-neuf ans était enceinte ? Elle savait bien qu’elle n’avait pas encore gagné le statut « d’adulte » dans leur esprit, et qu’elle restait la petite fille qu’ils avaient élevée. Elle avait grandi, pourtant. Assez pour se sentir capable d’avoir un enfant. Si elle s’était sentie trop jeune ou incapable de l’élever, Juliet n’aurait jamais fait le choix de le garder. Si elle avait décidé de poursuivre sa grossesse, c’était parce qu’elle se savait capable d’apporter à son enfant ce dont il avait besoin, quitte à faire des sacrifices. Alors oui, elle renonçait à beaucoup de choses. A sa jeunesse, à sa carrière de joueuse professionnelle, à de nombreuses expériences. Elle était pourtant intiment persuadée de faire le bon choix. Il ne restait plus qu’à convaincre ses parents qu’elle n’était pas en train de commettre une erreur monumentale. Elle n’avait aucune envie de se braquer contre eux pour leur faire accepter la situation, persuadée que cela ne ferait qu’alimenter les tensions.

Mais Juliet savait bien que ses parents l’aimaient, et qu’ils feraient toujours tout pour la rendre heureuse. Elle ne les voyait pas l’abandonner à son sort, simplement parce qu’elle enceinte. Toutefois, rien ne les empêchait de tenter de la faire changer d’avis, songea-t-elle alors que son père relevait la tête pour leur demander s’ils avaient bien réfléchi. Elle hocha doucement la tête, préférant garder pour l’instant le silence, alors que son regard se posait naturellement sur sa mère, dont l’expression trahissait l’angoisse et l’incompréhension. Les paroles qu’elle prononça étaient pleines de bon sens, raisonnables, et la main de Juliet se crispa dans celle de Jeremy lorsqu’Adriana appela son ex-mari d’un ton désespéré. Il était bien normal que ses parents s’inquiètent pour elle, qu’ils essaient de lui ouvrir les yeux, et c’était son devoir de les rassurer. Pourtant, elle poussa un léger soupir de soulagement lorsque Jeremy prit la parole en premier. Elle avait besoin de temps pour peser les mots qu’elle s’apprêtait à offrir à ses parents.

Le discours de Jeremy lui parut très juste, et elle l’approuva d’un hochement de tête, en observant attentivement ses deux parents. L’avenir était peut-être encore incertain, mais il commençait à se préciser doucement. Il fallait s’arranger avec Lycaon, avec l’université, avec leurs emplois respectifs. Il fallait trouver un appartement, s’organiser pour l’année prochaine, prendre rendez-vous à St Mangouste pour le mois prochain. Elle devait aussi se reconvertir, suivre une nouvelle formation. L’annonce de sa grossesse était encore toute récente, et ils avaient dû prendre beaucoup de choses en considération. Pourtant, tout cela commençait à s’affiner dans l’esprit de Juliet. Ils ne prenaient pas cette décision sur un coup de tête, songea-t-elle avec force, avant d’offrir un sourire à Jeremy qui s’était tourné vers elle après avoir déclaré qu’ils auraient fini par fonder une famille tôt ou tard. Elle observa son petit-ami durant quelques instants, avant de reporter son attention sur ses parents, les scrutant avec intensité. Comprenant qu’elle devait à présent prendre la parole, Juliet se racla légèrement la gorge, et se redressa.

« Nous avons pris cette décision en connaissance de cause, oui. Plus important encore, nous ne l’avons pas prise à contrecœur. » débuta-t-elle doucement. « Je sais très bien ce à quoi je renonce avec cette grossesse. Une partie de ma jeunesse, de mon insouciance, et, surtout, mon avenir dans le Quidditch. Et je sais que ça peut paraître complètement fou de vouloir renoncer à ça, parce que les derniers mois ont été fantastiques, que j’ai réalisé mon rêve, enfin. Ils étaient fantastiques, certes, mais aussi très durs. La pression, la presse, la nécessité de protéger sa vie privée, de peser ses mots… Je n’avais peut-être pas le mental pour être joueuse. Alors oui, évidemment, je quitte Flaquemare avec des regrets, mais aussi avec la certitude de pouvoir me réorienter très rapidement dans une autre branche du domaine sportif. J’y ai fait une entrée assez remarquée, c’est l’avantage. » lança-t-elle avec un léger sourire. « Cet enfant ne naîtra pas dans les remords de ma carrière avortée. Et puis, ce n’est pas parce que j’ai un enfant que je dois mettre fin à toute carrière professionnelle, tu es bien placée pour savoir ça, maman. »

Sa mère était tombée enceinte d’elle lorsqu’elle commençait sa dernière année d’étude en médicomagie. Sa grossesse et son accouchement avaient retardé sa titularisation d’une année, mais elle n’avait jamais abandonné ses études pour autant.

« Nous avons décidé de garder cet enfant parce que nous savons que nous sommes prêt à tout faire pour qu’il ne manque de rien. Et même si ça peut sembler complètement fou, je suis heureuse de ce futur. Je n’ai pas l’impression de gâcher ma vie, ni de faire une erreur monumentale. » déclara-t-elle en posant sur sa mère un regard sérieux. « Je sais ce que ça coûte d’élever un enfant, je connais les dépenses auxquelles il faut faire face, comme les difficultés. Mais elles ne sont pas insurmontables, nous pouvons tout à fait nous en sortir. »

Son salaire de joueuse avait été élevé, et elle avait de côté de l’argent versé par les Flint pour sa majorité, qu’elle n’avait jamais utilisé.

« Je conçois très bien que ce n’était pas ce que vous attendiez de moi, de tomber enceinte à dix-neuf ans. Mais cela ne m’empêchera pas de vivre, de faire ce que j’aime, ou de travailler. Je ne suis pas vouée à l’avenir qu’on réserve aux filles de la Haute société, maman. » lança Juliet en vrillant son regard dans celui d’Adriana. « Mais j’ai besoin de vous. J’ai besoin que vous soyez là pour moi. Pour nous »

Elle serra la main de Jeremy dans la sienne, alors que ses yeux se posaient tour à tour sur George puis Adriana.



Kit par Irving Ship
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George n’entendit pas la réponse d’Adriana, les mots de son ex-femme se mélangeant avec ses propres réflexions pour créer un brouhaha intérieur qui l’empêchait de penser. Il était sous le choc. Il ne parvenait même pas à réagir. Il ne savait pas s’il avait envie de hurler sa détresse, de réfléchir en silence, de crier sur les deux adolescents qui lui faisaient face, de pleurer. Il aurait voulu que ce ne soit jamais arrivé, que ce soit une mauvaise blague, une fausse alerte, peu importe. Mais c'était vrai, c'était réel, tout cela était bien en train d'arriver, comme le lui prouva l'appel désespéré d'Adriana. Il n'y répondit que par un regard impuissant qui passa de son ex-femme à leur fille. Qu'attendaient-elle de lui ?

Il revint s'asseoir sur le canapé et écouta ce que les enfants avaient à dire, incapable de parler pour le moment. Et plus ils parlaient plus Georges avait le sentiment que, quoiqu'il dise, cela n'aurait de toute façon que peu d'importance. Ils avaient pris une décision, et ils venaient leur annoncer. Ils ne leur demandaient pas leur avis. Pourtant c'était leur devoir de parents de le leur donner, même s'ils ne voulaient pas l'entendre. Qu'ils le veuillent ou non, ils n'étaient encore que des adolescents, des adolescents qui étaient en train de prendre une mauvaise décision. Et qui ne se rendaient pas compte de l'erreur qu'ils étaient en train de faire.

George soupira longuement en entendant Jeremy parler de « détail à régler ». Cela n’avait rien de détails. On ne parlait pas de l’organisation d’une fête d’anniversaire, mais de la venue au monde d’un enfant. La possibilité ou non de subvenir à ses besoin n’avait rien d’un détail. C’était quelque chose d’énorme, de bien trop gros pour eux, de bien trop gros pour George qui n’arrivait même plus à penser. Comment pouvait-il encore réfléchir sérieusement alors que sa fille était enceinte ? Sa Juliet, sa première fille, son tout petit bébé qu’il se souvenait avoir tenu dans ses bras avec un mélange d’émerveillement et de crainte. Elle était si petite qu’il craignait de la briser au moindre geste maladroit. Elle avait grandi depuis, et il savait qu’il avait désormais sous les yeux une jeune femme solide. Elle était forte, il en était conscient, mais peut-être pas autant qu’elle ne le pensait.

- Vous y avez réfléchi, d’accord, commença-t-il calmement. Mais vous envisager les solutions faciles. Oui, si Jeremy arrive à trouver un travail tout en continuant ses études, si tu arrives à te reconvertir, vous pourriez y arriver. Mais qui embauchera une jeune fille de dix-neuf ans enceinte ? Et pourquoi le Ministère ferait des exceptions pour un adolescent qui a eu le malheur d’avoir un enfant a dix-neuf ans ? Il s’était emporté sans s’en rendre compte. Il n’avait pas élevé la voix, mais son ton maitrisé avait disparu pour laisser place à toute la détresse qu’il ressentait. Il inspira profondément pour se forcer à se calmer avant de reprendre la parole. La vie ce n’est pas si facile que ça, et si vous ne l’avez pas encore compris c’est que vous n’êtes certainement pas prêt à élever un enfant.

Il était dur, mais c’était nécessaire. Quel genre de père serait-il s’il n’essayait pas d’ouvrir les yeux de sa fille sur l’énorme erreur qu’elle faisait. ? C’était pardonnable, à dix-neuf ans, de voir la vie en rose et de se croire capable de déplacer des montagnes, mais il ne pouvait pas les laisser croire que tout serait facile, qu’ils faisaient un choix raisonnable et éclairé. C’était son rôle de les faire redescendre sur terre. Élever un enfant était bien plus compliqué que ce que l’on pensait –il en faisait encore l’expérience aujourd’hui- et ils n’étaient pas prêts. S’ils ne le voyaient pas eux-mêmes, alors c’était à Adriana et lui de leur montrer.

A écouter Juliet, ils ne prenaient pourtant pas cette décision à contrecœur. Comment était-ce possible ? Comment pouvaient-ils sciemment renoncer à toute une partie de leur jeunesse, mais aussi à une partie de leur avenir ? Ils n'auraient jamais le futur qu'ils avaient pu rêvé, le futur que leurs parents avaient tout fait pour leur offrir. La colère de George retomba un peu, laissant plus de place à la détresse et à l'incompréhension, quand Juliet avoua qu'elle avait besoin d'eux.

"Bien sûr qu'on sera là..." souffla-t-il finalement, découragé.

Avait-il le choix de toute façon ? C'était sa fille, et quoiqu'elle fasse, elle resterait toujours sa petite Juliet. Bien sûr qu'il l'aiderait, bien sûr qu'il ferait tout son possible pour qu'elle soit heureuse, pour que son enfant soit heureux. Il n'acceptait pas l'idée pour autant, il continuait de penser que c'était une bêtise. Mais c'était la bêtise de sa fille, alors s'il ne parvenait pas à la faire changer d'avis, il ferait en sorte qu'elle n'ait pas trop à la regretter.

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Adriana nageait en pleine incompréhension et elle avait l'impression qu'elle était la seule à voir ce qui se tramait réellement. Évidemment qu'ils s'en pensaient capable, évidemment qu'ils étaient persuadés qu'ils y arriveraient ! Vingt ans était l'âge où l'on se sentait capable de tout faire, où l'on se sentait enfin adulte, elle l'avait vécu aussi. On sortait de Poudlard, on commençait à travailler, on commençait à poser les briques de sa vie future et on se sentait pousser des ailes. Il n'y avait rien de blâmable là-dedans, au contraire, c'était l'âge des rêves et des projets et il fallait en profiter pour les réaliser tant qu'on était jeune. Mais là où le bât blessait, c'est lorsque l'on perdait contact avec la réalité des choses et Juliet et Jeremy étaient en train de le faire. Adriana ne doutait pas de leur sérieux et de leur bonne foi mais ils n'avaient aucune idée de la chose dans laquelle ils se lançaient et ils se leurraient en pensant que c'était le cas.

Il n'y avait rien de concret dans les réponses qu'ils tentaient d'apporter à leurs angoisses, beaucoup d'optimisme, beaucoup d'idées certes, mais rien de tangible pour s'y rattraper. Oui, peut-être qu'ils se disaient que cela serait arrivé un jour ou l'autre mais les situations n'auraient pas été les mêmes. Un couple posé et ancré dans le monde du travail, c'était autre chose que deux enfants à peine sortis de l'école qui étaient persuadé que la vie serait facile. Car elle ne l'était pas, Adriana était bien placée pour le savoir malgré son optimisme, malgré son amour de la vie. Ce qui donnait sa valeur aux moments de bonheur, c'était justement le fait qu'ils ne duraient pas et que le reste du temps, les choses étaient souvent difficiles et il fallait apprendre à l'affronter à son rythme. On commençait en tant que jeune adulte et ensuite, une fois que l'on avait l'expérience et la maturité nécessaire, on se lançait dans l'aventure de la famille, armé pour faire face aux désillusions du quotidien. Comment Juliet et Jeremy pouvaient-ils penser pouvoir élever un enfant dans un monde qu'ils avaient à peine appréhendé ?

- La situation était différente ! répondit Adriana lorsque sa fille la cita en exemple.

Elle était plus âgée, George avait un revenu stable et régulier, ils étaient en couple depuis plusieurs années et elle était à quelques mois d'avoir un diplôme qui lui procurerait un métier stable et sérieux. Ils étaient prêts à accueillir un enfant dans les meilleures conditions, pas en se basant sur des espérances et des "et si".

- Mais non, tu ne sais pas ! répliqua-t-elle avec désespoir lorsque Juliet annonça qu'elle savait à quoi faire face. Vous n'en savez rien, strictement rien !  

Elle s'interrompit pour ne pas s'emporter et se leva pour faire quelques pas, allant jusqu'à la fenêtre, tiraillée entre des émotions extrêmes. Elle était abasourdie, bouleversée, paniquée et elle distinguait de la colère au fond de tout cela. De la colère contre quoi, elle ne le savait pas mais c'était là, bien présent, n'appelant qu'à sortir pour secouer Juliet et Jeremy et leur faire comprendre qu'ils étaient en train de faire une erreur monumentale. Elle appuyait complètement le discours de George : s'ils pensaient que la vie était si facile, c'est qu'ils étaient encore des enfants, encore dans un âge d'or idéaliste. Adriana ferma les yeux, compta jusqu'à cinq dans son esprit et se tourna vers sa fille. Elle était rarement aussi dure mais elle savait qu'aujourd'hui, elle n'aurait pas le choix.

- Lorsqu'on a encore besoin de ses parents, Juliet, c'est que l'on est encore une enfant. Et les enfants n'élèvent pas de bébé.

Elle soupira, passa une main sur son visage, secouant la tête.

- Cessez donc de vous leurrer en vous faisant croire que vous savez à quoi vous attendre parce que vous n'en savez rien du tout. Je... Chérie, je ne doute pas de ta force ou de ta volonté mais il ne s'agit plus de cela désormais ! Le monde n'est pas aussi facile que vous l'imaginez ! Et si Jeremy ne trouve pas de travail ? Et si toi tu ne retrouves pas de travail ? Vous avez la moindre idée de ce que coûte d'employer une nourrice ? C'est le salaire entier d'une personne que vous devez verser, est-ce que vous vous rendez compte ? Jeremy, tu penses vraiment que le monde va s'incliner devant toi et te faciliter la vie parce que tu auras eu la bêtise de devenir père à peine sorti de l'école ?

Elle se laissa tomber sur l'accoudoir du fauteuil où était installé George, la gorge nouée.

- Vous ne savez pas à quel point l'arrivée d'un enfant chamboule une vie. Vous vous dites que vous êtes jeunes, amoureux, plein d'énergie, oui, vous l'êtes. Vous vous dites que vous vous aimerez toute votre vie, il n'y a pas de doutes à avoir.

Elle posa les yeux sur son ex-mari, furtivement.

- Tous les couples se disent ça, nous y compris. On ne peut jamais savoir. Et si le bébé a raison de vous, hein ? Vous vous déchirerez autour d'un enfant qui n'aura rien demandé ? Et si vous n'y arrivez pas, que se passera-t-il ? Vous êtes encore jeunes et naïfs, vous ne réalisez pas à quel point vous vous lancez dans quelque chose d'énorme.

Elle avait peur pour eux, réellement.

- Ma chérie, Jeremy, vous avez toute la vie devant vous pour fonder une famille dans les meilleures conditions possibles. Ne vous infligez pas ces difficultés maintenant. Et surtout, surtout, ne les infligez pas à un enfant qui n'a rien demandé.

 
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Juliet accusa le coup face aux paroles de sa mère. Etait-ce parce qu’elle demandait de l’aide à ses parents qu’elle était encore une enfant ? Non, bien sûr que non. Adriana avait bien demandé de l’aide à sa mère après son divorce, se considérait-elle pourtant comme une enfant ? Juliet s’apprêtait à avoir un bébé, c’était ce qu’elle voulait, sa décision, et c’était justement pour cela qu’elle voulait que ses parents la soutiennent. Parce qu’elle était bien consciente que cette décision ne serait pas simple à assumer. Elle s’en sentait capable, mais connaissait les difficultés. Etait-elle une enfant, lorsque sa mère avait été internée à St Mangouste, pour sa dépression, et qu’elle s’était occupée de Leah pendant des mois ? Etait-elle une enfant lorsque ses parents avaient divorcé et qu’ils s’étaient déchirés ? Etait-elle une enfant lorsqu’elle avait dû se rendre à St Mangouste lors de l’accident de son père, quelques mois plus tôt ? Lorsqu’il avait été dans le coma durant plusieurs mois ?

La discussion tournait en rond, et Juliet soupira à l’écoute du discours de sa mère, sa main toujours logée dans celle de Jeremy. Que pouvait-elle dire de plus ? Ses parents trouveraient toujours des choses à opposer à ses arguments, à ses plus grandes motivations. Il était inconcevable pour eux qu’elle ait un enfant, qu’elle renonce à sa vie d’étudiante pour ça. Il leur semblait impossible qu’ils puissent gérer un enfant, qu’ils puissent s’en occuper. Et Juliet pouvait comprendre cette incompréhension, en se mettant à leur place.

« Papa, maman, écoutez… » commença-t-elle en les observant tour à tour.

Comment les faire accepter son choix ? Comment leur prouver que ce n’était pas une décision irréfléchie ? Il n’y avait pas réellement de bonnes façons de faire ça, songea Juliet, en secouant doucement la tête. Elle s’était toujours doutée que l’annonce à ses parents serait une des parties les plus délicates de ce début de grossesse. Elle ne pouvait pas concevoir qu’ils la laissent se débrouiller seule, qu’ils refusent son choix à ce point. Son père ne le ferait jamais, songea Juliet qui avait été rassurée lorsqu’il avait affirmé qu’il serait là pour elle.

« Nous sommes conscients de toutes les difficultés auxquelles nous allons devoir faire face. Il n’y a pas de raisons que l’on se déchire autour d’un enfant, et nous n’aurions jamais pris la décision de le garder si nous ne savions pas notre couple assez solide pour survivre à l’arrivée d’un enfant. Parce que garder cet enfant, c’est notre décision, que nous avons prise bien avant de venir ici, en pesant le pour et le contre, et en envisageant absolument toutes les possibilités. »

Juliet passa une main lasse sur son visage, avant de redresser les épaules.

« Nous savons ce que coûte d’élever un enfant, nous avons pris conscience de tout cela, et oui, malgré tout, nous avons décidé de le garder. Nous avons eu le temps de nous habituer à l’idée que nous allons avoir un enfant, et nous sommes heureux de cet évènement. Nous savons que nous ferons tout pour rendre notre enfant heureux, et nous sommes prêts à faire face à toutes les difficultés. Alors oui, nous sommes optimistes, et c’est parce qu’on a eu le temps de nous habituer à l’idée. J’ai envie d’avoir cet enfant, Jeremy aussi. Et quand je dis « cet enfant » je ne pense pas simplement à un bébé, mais à l’adolescent qu’il deviendra ensuite, puis à l’adulte. »

Et c’était, d’une certaine façon, important de le préciser.

« Nous avons pris cette décision, et nous ne comptons pas revenir dessus, parce que tout ce que vous nous dîtes, nous l’avons déjà pensé et repensé auparavant. Et vous… Vous ne pouvez pas me pousser à l’avortement. » lança-t-elle en secouant la tête de gauche à droite. Il était impensable pour elle d’avorter, alors qu’elle avait passé plusieurs semaines avec l’idée qu’elle allait devenir mère. « Nous ne sommes plus des enfants, et nous savons qu’il s’agit sûrement d’une des plus grandes décisions que nous avons eu à prendre jusque là. Mais nous sommes confiants, et j’aimerais, quant à vous, que vous ayez confiance en nous. » termina-t-elle d’une voix posée, avec assurance.

Elle glissa un regard vers Jeremy. Elle avait beaucoup parlé pour lui durant son discours, et espérait ne pas se tromper…



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Puisse le sort vous être favorable ! [Jeremy, Juliet & ces chers parents 2.0]

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