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 Deal with it ! [Roy/Kelsey]

Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Dernière édition par Kelsey Lorgan le Lun 14 Juil 2014 - 23:06, édité 1 fois


La lecture de ce RP pourrait ne pas convenir aux plus jeunes. Et la drogue, c'est mal.

4 Mars 2008 - Début d'après-midi

"T'es sûr qu'il est réglo ton type ? demanda Kelsey en fronçant les sourcils pour déchiffrer les deux mots que Killian venait de lui inscrire sur un coin de serviette. Roy Carter c'est ça ?
- Calder, corrigea machinalement Killian. Tu peux lui faire confiance, il connait son business.
- Hum. Kelsey était plutôt septique, sachant pertinemment que toutes les relations de Killian n'étaient pas forcément fréquentables, mais elle n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Tu restes pas ? Killian fait non de la tête. Comment je le reconnaitrai ?
- Il te reconnaitra, vous êtes que deux blondes, je lui ai dit de chercher la plus maigre. Kelsey fit claquer sa langue d'agacement et darda un regard noir sur Killian. Non mais sérieux mange un peu, t'es moins grosse que la barre.
- T'occupes pas de ça, s'il-te-plait.
- Je dis juste que...
- Tu dis rien. C'est tout. Merci pour le nom. Kelsey fourra le papier dans la poche de sa veste. A plus tard."

Elle n'aurait pas dû demander ça à Killian, mais elle ne tenait plus. Elle ne pouvait pas éternellement continuer de prétendre que tout allait bien, continuer à vivre comme si rien n'avait changé, comme si elle n'avait pas tué quelqu'un, comme si elle n'en rêvait pas toutes les nuits. Oui, Aaron l'aidait. Il l'aidait beaucoup, elle se sentait bien avec lui, elle oubliait un peu. Sauf qu'un peu ce n'était plus suffisant, elle essayait la méthode douce depuis deux mois et les choses ne s'arrangeaient pas. Les seuls moments où elle parvenait enfin à se vider complètement l'esprit et à tout oublier c'était quand elle partageait un joins avec Candice avant le boulot, où quand Killian rajoutait une ou deux pilules blanches dans son verre.

Au fond elle savait bien que ce n'était pas une solution. C'était éphémère, c'était artificiel, ce n'était qu'une illusion, ça n'arrangeait pas les choses. Mais ça lui faisait du bien. Et si ça lui faisait du bien, elle avait décidé que ça ne pouvait pas être quelque chose de mal. Elle s'était convaincue que ce n'était pas une mauvaise chose, et pourtant elle s'était juré de le cacher à Aaron. Elle n'avait pas envie de le décevoir, pas alors qu'elle se décevait déjà elle-même. Elle s'en voulait un peu, d'en être de nouveau arrivée là, de recommencer au point de départ, mais c'était comme ça. Elle s'était convaincue que c'était une fatalité. Et puis elle avait fait les choses bien cette fois, le type que Killian lui avait conseillé était apparemment un gars plus honnête que le gnome vérolé qui lui servait de dealer avant. Il ne pouvait pas être pire de toute façon...

4 Mars 2008 - Plus tard dans la soirée

Kelsey replia sa jambe autours de la barre métallique et se laissa lentement glisser jusqu'au sol dans un mouvement sensuel qui fut salué d'un sifflement appréciateur. Elle adressa son plus beau sourire aux gars de la table la plus proche. Un sourire aussi faux que les diamants qui ornait son décolleté. Tout n'était qu'artifices au Sucré, le corps des serveuses, le comptoir en marbre, les jolis sourire de tout le monde, les paillettes. La réalité, sous ce vernis de débauche et de luxure, était bien moins affriolante. En regardant bien on voyait l'atmosphère chargée de fumée en humant l'air on sentait l'alcool et la transpiration et quand on était un peu curieux on découvrait des histoires de vie pathétiques. Les filles d'ici étaient des filles paumées, des adolescentes grandies trop vite, de jeunes mères dépassées. Elles souriaient, elles étaient aguicheuses, mais elles avaient toutes mal au dos, elles étaient toutes lasses et fatiguées. Bien trop fatiguées pour des filles de vingt ans.

La jeune femme balaya rapidement la salle du regard, à peine aveuglée par la lumière faiblarde d'un vieux spot qui faisait office de projecteur, en se demandant qui pouvait bien être Roy Calder. Le type aux cheveux long là-bas ? Le brun pas très grand au fond de la salle ? Impossible de le savoir pour le moment. Elle verrait bien quel serait le dernier présent au moment de la fermeture, peut-être même qu'il n'était pas encore arrivé.

Kelsey descendit lestement de l'estrade, laissant la place à Candice, et reprenant un peu le service en attendant. Le temps passait particulièrement lentement ce soir. Pourtant elle ne retrouvait pas Aaron cette nuit, mais elle avait une autre raison d'être impatiente. Une mauvaise raison diraient certains, mais elle s'en fichait un peu. Le bar commençait enfin à se vider et elle sentait une sensation familière l'envahir. C'était comme si son corps se réveillait, comme si elle découvrait un nouveau désir. Mais ce n'était pas nouveau, elle connaissait très bien cette envie, ce besoin, c'était un de ses vieux démons.

La salle était presque vide, ne restaient que quelques habitués et ce type brun qu'elle avait remarqué un peu plus tôt. Kelsey s'approcha de sa table, posa les coudes sur le dossier d'une chaise vide et se pencha un peu vers lui.

"Roy Calder ? interrogea-t-elle en haussa un sourcil, évaluant son aversaire du regard en se demandant si elle pouvait lui faire confiance.Il parait qu'on doit parler affaires..." poursuivit-elle avec un sourire engageant.



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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En poussant la porte du Sucré, la fumée et les effluves d’alcool agacèrent les narines pourtant habituées de Roy. Il n’avait pas envie de ça, ce soir. Il n’avait pas envie de grand-chose ces derniers temps, à dire vrai. Il chercha du regard celui qui l’avait invité à passer, sans succès, préféra chercher un endroit calme où s’asseoir. Killian Grey, un de ses clients réguliers, un garçon qui devait avoir l’âge de son petit frère, à tout casser. Adolescents paumés et jeunes adultes en quête de sensations fortes constituaient une grosse part de sa clientèle sur ses ventes de drogues sorcières, c’était un fait, et Roy n’était pas là pour juger si c’était bien ou pas. Cela faisait un moment qu’il s’était débarrassé des états d’âme qu’il avait pu avoir à ses débuts de dealer. Peu à peu, l’argent était devenu son principal outil d’appréciation, et il semblait que cela s’empirait avec les années. Ainsi, il jugeait que Grey était un bon gars, car il lui apportait souvent de nouveaux clients. Tout bonnement.

La dernière fois qu’il l’avait vu, Killian n’avait amené personne avec lui, s’était simplement contenté de lui parler d’une employée de son bar. Brièvement, il lui avait expliqué qu’elle cherchait un nouveau fournisseur, après s’être faite avoir par le précédent. Roy avait accepté sans tellement demander plus. Car Grey n’était pas de ceux qui lui refilaient des affaires peu fructueuses, les benêts de la jeunesse dorée, pour ne pas les citer, qui lui prenaient quelques grammes comme ça, pour rire, avant de disparaître. Non, Roy savait que le déplacement ne serait pas inutile et que sa future cliente serait régulière.

En attendant qu’elle se présente… Eh bien, assis au fond de la salle, le trafiquant ne profitait pas vraiment de la vue, ses pensées toutes tournées vers un autre sujet de préoccupation. Comme souvent ces derniers jours, dès que son boulot ne l’occupait pas, il se remettait à triturer ses neurones sur les mêmes questions, revenant sans relâche. Il avait abandonné l’idée de trouver Klemens avait bien pu fuir. Pourquoi, en revanche ? Quand bien même la coïncidence de son départ avec ce qu’on appelait dorénavant la nuit sanglante lui faisait deviner quelques réponses, Roy ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi Klemens s’était volatilisé de la sorte comme s’il n’avait pas une vie ici, et des amis qui méritaient d’être prévenus. Dès le lendemain de l’annonce dans le journal, Roy s’était empressé de toucher deux mots à celui en qui il avait placé sa confiance pour lui procurer des potions tue-loups. Une entrevue bien agréable qui n’avait pas manqué de se finir en accrochage. Foutre en l’air la réputation de cet arnaqueur avait été une petite vengeance qui ne lui avait apporté qu’un court instant de satisfaction. Les vraies réponses n’étaient pas là pour autant. Les nouvelles de Klem non plus.

Roy chassa de son esprit ces sombres histoires de règlements de compte et de loups-garou lorsqu’il constata que le Sucré était bien plus vide que lorsqu’il était arrivé. Il ne savait même plus depuis combien de temps il laissait son regard sauter entre les verres d’alcool, les visages des clients et les jambes des danseuses. L’impatience commençait à poindre, et la musique à lui échauffer sérieusement les tympans. Où était cette blonde maigre dont lui parlait Grey ?

Le trafiquant n’eut pas à chercher très longtemps. Son regard finit par croiser celui d’une jeune femme qui s’approchait de lui. Il devina à son air à la fois méfiant et engageant qu’elle était précisément celle qu’il attendait. Il hocha simplement la tête lorsqu’elle lui demanda confirmation de son nom.

« Il paraît, oui » répondit-il calmement, l’invitant d’un bref sourire à s’asseoir face à lui.

Roy étudiait la jeune femme du regard. En général, il ne cherchait pas à connaître les histoires de ses clients, par professionnalisme, mais aussi parce qu’il savait qu’elles étaient rarement agréables à entendre. L’attente l’avait rendu plus curieux, il fallait croire. L’attente et la maigreur visible de cette jeune femme, qui gâchait un peu la beauté pulpeuse de son visage. Jeunesse dorée ou moins reluisante ?  Roy se trouvait bien incertain de le déterminer, il n’était même pas sûr qu’elle entre dans la catégorie « jeunesse » tant il était difficile d’estimer son âge derrière le maquillage et les néons. Quelque chose dans son regard, comme une étincelle de manque, lui soufflait toutefois qu’elle n’en était pas à sa première dose.

« A qui ai-je l’honneur ? Grey ne m’a même pas dit ton nom… Plutôt étonnant que ton patron te refile de quoi te droguer, d’ailleurs. »

Une remarque l’air de rien, plus pour lancer la conversation qu’autre chose, chercher à en savoir plus, quelque part. Roy ne cherchait pas à la fliquer –ce n’était pas comme s’il en avait une quelconque crédibilité-, l’approche n’était d’ailleurs pas des plus subtiles pour la mettre en confiance. Il s’efforça de lui faire un sourire plus probant, ce n’était pas bien difficile, après tout, elle était plus que jolie. Il y avait très certainement un rien de séduction dans ce sourire, d’ailleurs, c’était plus fort que lui.

« On m’a dit que ton ancien dealer a essayé de te rouler ? Un amateur, sans doute. Pas lui, bien sûr. L’art de se jeter des fleurs à la Calder. Partons sur de bonnes bases. Pas de crédit, pas de retard de paiement, c’est tout ce que je demande. Je suis réglo avec ceux qui sont réglos avec moi. C’est aussi simple que ça. »

Roy préférait poser clairement ses conditions dès le départ, même si les modalités pouvaient se négocier par la suite. Il laissa à sa nouvelle cliente le temps d’absorber l’information, avant de finir par poser la question pour laquelle tous deux étaient venus :

« Alors, qu’est-ce qu’il te faut ? »

La mandragore était ce qu'on lui réclamait le plus souvent. Mais Roy vendait également des drogues plus fortes, moins connues, et... plus chères, retenait-il surtout. Cela dépendait de ce que cette femme avait besoin d'oublier, pour faire appel à ses services. Et il était prêt à user de tout son baratin de vendeur pour lui faire croire qu'elle était plus désespérée qu'elle ne le croyait.

Spoiler:
 


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Kelsey tira la chaise qui se trouvait devant elle et s'assit face à son interlocuteur qu'elle ne pouvait s'empêcher de détailler du regard, toujours un peu méfiante malgré le sourire avenant de ce dernier. Elle ne pouvait pas se permettre de faire confiance à n'importe qui -une mauvaise expérience avec de la cocaïne mal coupée lui avait suffit- mais d'un autre coté elle n'avait pas vraiment d'autres choix. Et puis, elle faisait confiance à Killian, peut-être à torts, et Killian faisait confiance à ce type, alors pourquoi pas. Il avait l'air étonnement...sain, d'ailleurs, par comparaison avec son ancien dealer dont les pupilles dilatées et les orbites creusées auraient fait fuir un épouvantard. A la grande différence de l'homme qui lui faisait face et qui n'était pas désagréable à regarder. C'était plutôt encourageant.

"Kelsey, répondit-elle simplement quand il lui demanda son nom. Vous êtes sûr de bien le connaitre ? demanda-t-elle, mi-méfiante mi-amusée quand l'homme s'étonna du fait que Killian n'empêche pas ses employés de se droguer. On a vu plus sérieux comme patron..."

Killian bossait bien, elle ne disait pas le contraire. Le bar était tenu correctement et il n'hésitait pas à mettre les clients trop insistants dehors, ce qui était appréciable, mais il n'avait pas grand-chose du patron traditionnel. Kelsey avait beau n'avoir jamais travaillé ailleurs -ses quelques semaines aux Trois Balais l'été dernier ne comptaient pas- elle était persuadée que la plupart des patrons ne couchaient pas avec leurs employés, et ne leur fournissaient ni alcool ni drogue. Mais les règles n'existaient pas vraiment ici.

"Un abruti, corrigea-t-elle, amère, quand Calder qualifia son ancien dealer d'amateur. J'espère qu'il choppera le sida."

Ce n'était pas très charitable comme pensée, mais elle estimait qu'il le méritait. Se droguer c'était "mal", mais ça ne faisait de mal à personne. Fidéliser sa clientèle avec des drogues dures, ça c'était lamentable. Il lui avait fait vivre un véritable cauchemar, et elle n'était pas prête de le lui pardonner. La jeune femme aurait d'ailleurs préféré que Killian ne mentionne pas cette histoire à Calder, qui devait la voir comme une pauvre fille trop naïve maintenant. Ce dernier lui exposa toutefois des règles qui paraissaient honnêtes et Kelsey hocha la tête en signe d'approbation.

La question qui les intéressait tous les deux fut enfin lancée et Kelsey réfléchit un instant. Qu'est-ce qu'il lui fallait ? Elle ne savait pas vraiment. Son corps lui réclamait ce dont elle l'avait privé après l'y avoir habitué pendant plusieurs mois, mais son esprit lui soufflait qu'elle aurait besoin de quelque chose de plus fort…Non, elle n'en avait pas besoin. De la mandragore lui suffirait, cela lui avait toujours suffit jusque-là. Ce n'était pas très fort, mais assez pour que son corps s'y soit habitué, c'était de ça dont elle avait besoin. Pourtant elle avait beau se le répéter, elle continuait de penser qu'il lui fallait aussi autre chose. Elle avait envie d'autre chose. Il ne s'agissait plus de rendre ses soirées moins pénibles et de lui couper toute sensation de faim, il s'agissait d'oublier. Oublier ses mains tremblantes crispées autours des lames métalliques. Oublier le cadavre effrayant d'Urich Keller. Oublier la mare de sang qui grandissait sous ses yeux chaque fois qu’elle avait le malheur de les fermer.

Elle avait laissée faire le temps, pensant que ses souvenirs ne finiraient pas être moins présents, mais ils étaient toujours là. Aaron ne suffisait plus à l'aider. Sa présence était la seule chose qui pouvait la calmer quand elle se réveillait en pleine nuit après un nouveau cauchemar, mais il n'était pas toujours là. Et elle était effrayée par l'idée d'être si dépendante de la présence du Serdaigle à ses côtés. Elle serait dépendante de la drogue aussi, mais au moins cela s'achetait. Certaines choses avaient de la valeur, les autres avaient un prix.

"Je prenais de la mandragore, avant..." expliqua-t-elle, consciente que cela ne répondrait pas vraiment à la question de son interlocuteur.

Elle était de moins en moins certaine que la Mandragore lui suffise aujourd'hui, mais quoi d'autre ? Elle avait beau ne plus vraiment être une novice, les drogues dures l'effrayaient un peu. Elle avait déjà observé, avec un mélange de fascination et de crainte, des gens se servir d'une seringue. "Du bonheur en intraveineuse", disait son ancien dealer. Est-ce que c'était vraiment efficace ? Kelsey posa un regard hésitant sur l'homme qui lui faisait face et se mordilla nerveusement la lèvre inférieure.

"Qu'est-ce que tu as de plus fort ?" lança-t-elle finalement d'une voix qui la faisait paraitre plus assurée qu'elle ne l'était vraiment.

Elle avait abandonné le vouvoiement, jugeant qu'il n'était pas vraiment de rigueur et voyant que son interlocuteur ne s'en encombrait pas. La balle était dans son camp à présent. il s'y connaissait bien mieux qu'elle et saurait certainement lui dire ce qu'il lui fallait. Elle ne pouvait que lui faire confiance de toute façon...



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy hocha la tête lorsque la dénommée Kelsey lui désigna Killian comme un patron peu conventionnel. C’était un euphémisme de le dire. Il trempait allègrement dans la drogue sans même se cacher, il était effectivement mal placé pour donner des leçons à ses employées. Gray était jeune, trop jeune pour être déjà patron, n’importe qui mettrait sa politique laxiste sur le compte de son insouciance. Une politique imprudente qui finirait par lui jouer des tours un jour ou l’autre, jugeait le trafiquant. Mais pour le moment, il fallait reconnaître que son bar tournait très bien, et Roy y trouvait son compte en ayant plus de clients par son intermédiaire, il n’avait rien à y redire.

« Pas faux, ça n’aurait pas dû m’étonner, c’est pas le genre à faire les choses à moitié » reconnut-il.

La pique que lança par la suite Kelsey à l’égard de son ancien dealer lui arracha un rire teinté d’une certaine surprise de la voir si vindicative. Sans compter que l’insulte était… assez originale. Il releva un sourcil sceptique vers elle, sans se départir de son sourire en coin.

« Carrément ? Je sais pas ce que t’as fait ce type, mais ça devait pas être beau à voir… Je compte pas m’attirer une de tes malédictions de ce genre, si ça peut te rassurer. »

Ce fut le moment où il en profita pour rebondir et lui proposer de partir sur de bonnes bases. Roy amena assez rapidement la discussion sur le sujet pour lequel il était venu. La demi-réponse qu’elle lui fournit, le court silence qu’elle se laissa pour réfléchir, le regard nerveux et hésitant qu’elle posa sur lui suffirent à se faire une idée sur les pensées de la jeune femme. A force d’années passées dans la peau d’un trafiquant, il avait appris à déceler le manque, le trouble, l’angoisse dans le regard de ses clients. Il pouvait affirmer avec une quasi-certitude que cette Kelsey en était rendue à un stade où il était difficile de retourner en arrière. Elle n’était pas de ceux qui se droguaient juste pour essayer en soirée ou par envie occasionnelle d’adrénaline. Non, elle était déjà dépendante, à un point assez facile à deviner, quand on la voyait triturer ses lèvres de cette façon. A sa question, Roy sut qu’il avait gagné. Pour qu’elle s’enquiert elle-même de ce qu’il avait de plus fort, sans qu’il ne lui propose cette option, c’est qu’elle en était déjà à un certain niveau de désespoir. Et le désespoir était un argument formidable pour convaincre quelqu’un… Il ne lui restait plus qu’à sortir son discours de séduction.

« La mandragore, c’est l’idéal, commença t-il, d’un ton neutre, comme s’il ne disait qu’une banalité. L’idéal quand tu veux te détendre quelques heures. Parfait pour une déprime, un coup de barre insistant… Tu connais les effets, la sensation de planer, les hallucinations, je ne te fais pas un dessin. Mais… »

Laissant volontairement un léger suspens dans sa phrase, Roy sortit une minuscule fiole de sa poche emplie d’une poudre légèrement violacée, sans quitter Kelsey des yeux. Il la lui présenta juste sous son regard, entre son pouce et son index, de façon à la mettre bien en évidence. Ce fut le moment où sa voix changea de façon presque imperceptible, aussi légère que la caresse qu’il laissait traîner dans son ton :

« Connais-tu le Volubilis, Kelsey ? On l’appelle aussi le liseron bleu. A la base, c’est une plante qui pousse très vite, en s’enroulant autour de son support. C’est drôle de constater comme l’image s’applique même sur ses graines réduites en poudre… L’effet est presque immédiat. Imagine. En quelques minutes, une douce euphorie t’enveloppe et ne laisse plus rien t’atteindre pendant de longues heures. Ca n'a rien à voir avec ce que peut faire la mandragore, l'effet est beaucoup plus... exaltant. »

Ses doigts se mirent à faire tourner l’objet dont les parois miroitaient les couleurs tapageuses des spots. La musique ne semblait plus qu’un lointain fond sonore.

« C’est l’idéal, répéta t-il, cette fois-ci, avec un sourire. L’idéal quand il n’est plus question d’une simple déprime. Si tu l'ingères à la bonne dose, c’est une arme redoutable contre l’angoisse. »

Et tout était précisément dans la dose, c'était le risque principal. Trop de gourmandise pouvait vite devenir fatal, avec une drogue dure de ce type, dont raffolait les sorciers, mais qui était dangeureusement proche du LSD que consommaient les moldus. Roy ne fit pas ce rapprochement dans son discours, conscient que si Kelsey parlait de sida et se faisait embaucher dans un bar moldu, c'était qu'elle était assez au fait de leur culture. Parler de LSD était un coup à la faire fuir.
Roy cessa de jouer avec la fiole, et la reposa sur la table, l’avançant légèrement vers la danseuse. Il ne tenait qu’à quelques centimètres qu’elle cède.

« Si tu crois avoir déjà connu le bien-être un jour dans ta vie, laisse-moi te faire changer d’avis, Kelsey. »


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Kelsey avait regretté ses mots à la seconde où ils étaient sortis de sa bouche. Elle aurait du s'en tenir à la mandragore, que cela lui suffise ou non. Elle avait pu tester une drogue plus forte, contre son gré, et avait constaté les dégâts que causait le manque avec de telles substances. Elle ne voulait pas retomber là-dedans. Une petite voix, peut-être celle de Calder, lui souffla que si elle ne voulait pas souffrir des effets du manque, elle n'aurait qu'à jamais en manquer...Mais alors, comment pourrait-elle s'arrêter ? Elle ne pourrait pas, c'était aussi simple que ça. Si elle acceptait le marché ce soir, elle se lançait dans quelque chose qu'elle ne pourrait peut-être plus arrêter ensuite...La peur lui noua le ventre.

Calder lui présenta alors une toute petite fiole contenant une fine poudre violette que Kelsey fixa avec intensité, presque hypnotisée par le mystère que le jeune homme laissait planer autours de cette étrange substance. La voix du dealer résonnait à ses oreilles, et semblait faire écho à ses propres sentiments. C'était comme s'il avait deviné ce qu'elle ressentait et qu'il savait exactement ce dont elle avait besoin. L'habitude, sans doute. Kelsey ne pouvait plus détacher son regard de la petite fiole, qui se teintaient de douces couleurs sous la lumière des spots, alors que Calder la faisait tourner entre ses doigts.

Elle hocha distraitement la tête quand il ajouta que c'était l'arme idéale contre l'angoisse. C'était parfait. C'était ce qu'il lui fallait. Elle n'avait jamais entendu parler du Volubilis, elle en avait encore moins consommé, pourtant elle était convaincue d'en avoir besoin. Il lui en fallait, à tout prix. Mais le prix, justement, était un sujet que Calder avait soigneusement évité jusqu'alors. Alors qu'elle réalisait cela, Kelsey leva les yeux vers le dealer, mettant ainsi fin à l'étrange sensation qui l'avait envahie depuis qu'elle observait la petite fiole en verre.

"Et tu vends ça combien ? demanda-t-elle, tout en sachant très bien que la réponse ne la freinerait pas. Plus rien ne l'arrêtait désormais. Une autre question lui traversa l'esprit et elle s'agita sur sa chaise. Elle hésita un instant, mais se décida finalement à la poser, quitte à passer pour une jeune ingénue, ce qu'elle ne pensait plus être depuis longtemps. Ça se fume ?"

L'incertitude dans sa voix semblait refléter tant la crainte qu'une forme un peu étrange de fascination. Elle avait fumé sa première cigarette à un peu plus de treize ans, avec Killian. Elle avait avalé la fumée, s'était étouffé, et avait toussé pendant plusieurs minutes sous les éclats de rire de son camarade. Elle avait renouvelé l'expérience, un ou deux ans plus tard, et l'avait bien plus apprécié. Elle avait commencé à fumer régulièrement, à essayer la mandragore de temps en temps. Récemment sa consommation était passée de ponctuelle à quotidienne, mais cela restait une drogue douce, presque inoffensive. En acceptant l'offre de Calder, elle avait l'impression de quitter définitivement le monde de la jeunesse en quête de sensations, pour plonger dans celui des adultes qui luttaient contre leurs démons. Quelque part, elle savait qu'elle en faisait déjà partie.

Légèrement incertaine, elle tendit le bras et caressa la fiole du bout des doigts, avant de la prendre au creux de sa main. Et elle sut qu'elle ne reculerait pas. Peu importe les dangers que cette poudre violette pouvaient représenter, elle voulait croire que ça pouvait l'aider, que c'était une solution. Pas la meilleure des solutions, mais en attendant de trouver la bonne réponse à ses problèmes, cela ferait l'affaire. Comme s'il avait peur de la voir hésité, Calder reprit la parole pour lui assurer que son produit lui offrirait un bien-être tel qu'elle ne l'avait jamais connu. Loin d'avoir l'effet escompté, cette déclaration fit éclater de rire la jeune femme, qui garda tout de même la fiole dans sa main.

"Si tu savais le nombre d'hommes qui m'ont promis le septième ciel Roy Calder...lança-t-elle finalement. Vous êtes rarement à la hauteur de vos promesses...ajouta-t-elle en se calant contre le dossier de sa chaise. Mais si tu veux relever le pari..."

Sa main jouait toujours avec la fiole, posée sur la table, et elle laissa négligemment son pied venir caresser la jambe de son interlocuteur. Elle risquait de dépenser plus que prévu ce soir, mais elle pouvait toujours essayer d'obtenir un tarif intéressant...



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Tout en parlant, le dealer observait avec attention les réactions de sa cliente, afin de savoir dans quelle direction ses mots devaient aller. Bouger légèrement la fiole lui permit de s’assurer que Kelsey ne la quittait pas des yeux, et à vrai dire, Roy était prêt à parier que c’était l’avidité qui faisait briller son regard. Il ne lui restait plus grand-chose à faire, désormais. Bien sûr, la question du prix arriva, mais il ne se fit pas vraiment de souci. Quand la dépendance s’était déjà installée –et cela semblait être le cas de Kelsey-, le consommateur était prêt à entendre n’importe quel prix, qu’il soit au-dessus de ses moyens ou non. Pour de la drogue, on trouvait toujours de quoi payer, Roy l’avait bien compris, c’était bien pour cela qu’il s’était lancé dans ce marché lucratif. Il s’apprêtait à répondre quand Kelsey posa une autre question en se tortillant sur sa chaise. Il hocha la tête en signe de négation, un léger sourire aux lèvres, amusé par l’attitude confuse de la jeune femme.

« Pas sous cette forme. C’est plus compliqué pour la fumer, t’es obligée de la couper. En poudre, c’est de la came pure. Les effets durent plus longtemps comme ça, quand tu la sniffes. »

Conscient que si elle posait cette question, c’était qu’il s’agissait là de sa première poudre, Roy explicita ses termes en faisant le geste. Il ne doutait pas qu’elle comprendrait rapidement le principe, peut-être même qu’elle avait déjà vu d’autres personnes le faire, dans ce bar où la drogue circulait aussi facilement l’alcool. Le moment où Kelsey s’empara de la fiole fut celui que Roy choisit pour préciser son prix de sept Gallions le gramme. C’était relativement bon marché, il pouvait se permettre de baisser un peu le prix par rapport à d’autres dealers qui vendaient plus cher encore. Cela restait cinq fois plus coûteux que la mandragore, mais c’était proportionnel à l’augmentation et à la force des effets. Il s’assura que Kelsey l’avait bien compris en lui susurrant une autre phrase vendeuse, à laquelle elle éclata de rire, ce qui ne le surprit pas autant que le pied qu’il sentit remonter le long de sa jambe.

Qu’on ne s’y trompe pas, Roy aimait séduire autant qu’être séduit. Il se plaisait parfaitement dans ses habitudes de coureur de jupon. Mais c’était pour lui un jeu autant qu’une faiblesse, car il ne savait pas s’arrêter. Il y avait des personnes comme Kelsey qui avaient besoin de leur dose quotidienne de drogue. Lui ne résistait pas à une femme. Qu’il soit « officiellement » en couple avec Juliana depuis quelques jours n’y changeait pas grand-chose, malheureusement. Il n’eut pas tant de scrupules que ça à dévisager la danseuse, puis à laisser glisser son regard plus bas. Il avait déjà noté plus tôt la beauté très codifiée de son visage : des lèvres pleines, un nez retroussé, un visage anguleux, derrière une bonne dose de maquillage et sous une chevelure platine. Qu’était donc Kelsey Lorgan ? Le cliché revu de la blonde pulpeuse, oui, mais un cliché toujours aussi efficace. Elle n’avait pas besoin de beaucoup pour plaire, surtout dans sa tenue très déshabillée de danseuse de bar, maintenant que Roy y prêtait davantage attention. Non, il n’était pas insensible aux charmes de la jeune femme, comme beaucoup d’autres hommes avant lui.

Mais il n’était pas stupide non plus. Qu’elle se livre soudainement à une tentative de séduction, à ce moment précis, après qu’ils aient plus ou moins conclu l’affaire, était une façon de les faire entrer dans l’étape des négociations. Le trafiquant n’était pas dupe, les intentions de sa cliente n’étaient pas inintéressées. Non pas qu’elle avait manqué de subtilité, c’était simplement que d’autres femmes à court de Gallions lui avaient déjà joué ce numéro, Roy avait appris à le reconnaître. Kelsey le faisait juste avec un peu plus de répartie, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Autant jouer cartes sur table et dire les choses avec clarté.

« Un paiement nature ? T’es culottée. »

Volontairement, il dégagea sa jambe de son emprise, puis se détacha du dossier de son siège pour se rapprocher de Kelsey, par-dessus la table.

« Si tu savais le nombre de femmes qui m’ont fait ce petit numéro, reprit Roy, reprenant volontairement le ton et la formulation qu’elle avait employés plus tôt. Mais je n’ai rien à te prouver, ma belle. Pourquoi est-ce que je devrais relever ton pari quand je peux avoir ton argent à la place, hum ? »

D’un geste leste, Roy subtilisa la fiole d’entre les mains de la danseuse. Son tranquille sourire aux lèvres la défiait clairement de se montrer convaincante, si elle souhaitait obtenir cette petite dose de bonheur en poudre.


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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- Ça va. J'ai compris.

Elle avait été un peu plus sèche, soudainement, mais voir Calder lui mimer les gestes à faire la faisait se sentir comme une gamine stupide, et elle détestait ça. Elle n'aimait pas cette image d'adolescente paumée et encore ingénue que cela renvoyait d'elle, parce qu'au fond ce n'était pas bien loin de la vérité. Elle avait beau jouer les habituées, elle n'avait pas beaucoup plus d'expérience que les riches sang-purs en quête de sensation fortes. Elle consommait de la mandragore depuis un moment, mais rien de plus. Quelque part elle était encore du coté de la petite consommation pas vraiment sérieuse, presque banale. Si elle acceptait le marché elle passait dans la cour des grands. Elle n'avait pas envie de voir les choses comme ça, pas envie de sentir le contrôle de sa vie lui échapper complètement. C'était tellement plus simple de se dire que tout était déjà fichu, qu'elle était déjà accro de toute façon.

Occupée à jouer avec la petite fiole en verre, comme hypnotisée par son contenu, elle ne répondit rien quand Calder lui annonça le prix. Sept Gallions. Ce n'était pas donné, et beaucoup plus cher que de la mandragore. Le dealer lui assura évidement que cela en valait la peine, que les effets étaient bien plus forts et plus durables qu'avec de la mandragore, que tout ça était proportionnel. Il était bon vendeur, et ça marchait. Si extérieurement elle n'en montrait rien, Kelsey s'inquiétait un peu du prix donné par son interlocuteur. Si elle consommait autant de cette poudre qu'elle consommait de mandragore habituellement, elle ne tiendrait pas très longtemps. C'était au dessus de ses moments. Mais le plus inquiétant était qu'au fond, elle savait très bien qu'elle l’achèterait quand même.

Comme pour l'aider à résoudre ce problème, Calder se permit alors une remarque sur laquelle la jeune femme s'empressa de rebondir. Si elle était encore novice en matière de drogues, comme il se plaisait visiblement à lui faire remarquer, il y avait un terrain sur lequel elle avait déjà acquis beaucoup trop d'expérience pour son jeune âge. Un terrain sur lequel elle se donnait dix minutes pour battre Roy Calder et lui faire baisser son prix d'au moins deux Gallions.

La tâche se révéla toutefois plus ardue qu'elle ne l'avait imaginé, puisque le dealer se dégagea sa jambe de son emprise et se pencha vers elle pour lui renvoyer sa propre remarque en pleine figure. On lui avait déjà fait le coup. Évidement. Elle n'était pas vraiment surprise, bien qu'un peu vexée que sa manoeuvre n'ait pas eu l'effet escompté. Mais elle n'avait pas pris son dernier mot. S'il y avait un domaine dans lequel elle refusait de perdre, c'était bien celui-là.

- Comme tu veux, répondit-elle avec nonchalance en haussant les épaules. Je pensais que tu t'intéressais à un autre plaisir qu'à celui de l'argent... Mais si ça te suffit tant mieux, on se console comme on peut.

Les hommes cherchait dans la richesse le plaisir qu'il n'arrivait pas à trouver ailleurs, et s'offraient avec leurs milliers de Gallions des filles qui parvenaient à les satisfaire un temps. En acceptant de diminuer un peu son prix, Calder ne faisait que supprimer un intermédiaire dans la chaine du commerce, finalement. Et Kelsey gardait pour elle deux Gallions que son dealer se serait probablement empressé d'aller dépenser auprès d'une belle-de-nuit. C'était du commerce équitable.

Avec un soupir las, elle se pencha -généreusement- en avant pour attraper son sac posé près de la table. Son regard se posa sur les chaussures élimées de son interlocuteur et quand elle se redressa ce fut pour afficher un sourire compatissant et un brin provocant.

- Tu as peut-être raison de courir seulement après l'argent, ce serait un trop grand "pari", comme tu dis. Et...petits pieds, petite....chaussure, termina-t-elle avec un regard insolent. Dommage...

Elle afficha une petite moue déçue tout en sortant son porte-monnaie de son sac. Mais elle ne l'ouvrit pas encore. Elle se pencha par dessus là table, posant de façon parfaitement malencontreuse sa main sur l'avant-bras de son interlocuteur.

- Ça restera entre nous, souffla-t-elle à son oreille avant de se reculer, non sans un clin d’œil complice.



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Le dealer ne se formalisa pas du ton sec de la danseuse, sûrement vexée d’être prise pour une novice. Si elle n’avait jamais fumé que de la mandragore, c’était ce qu’elle était, ne lui en déplaise. Roy se fichait pas mal de ces considérations, il ne la jugeait pas là-dessus, surtout que cela n’avait rien de définitif, si elle acceptait de prendre cette petite fiole en verre… Et elle allait la prendre, à n’en pas douter.

Il pouvait faire le malin, mais son tour de se faire piquer ne tarda pas à venir. Kelsey avait du répondant, il le reconnaissait volontiers. Si Roy conserva son sourire en façade, il n’aimait pas beaucoup ce qu’elle insinuait. Il se plaisait à dire qu’il n’avait pas besoin de payer pour avoir une femme, après tout, la méthode gratuite de la séduction était plus longue, mais bien plus gratifiante. Pour autant, s’il y avait une chose que le trafiquant avait appris ces dernières années, c’était que mettre de l’argent, dans n’importe quelle entreprise, la rendait tout à coup beaucoup plus opérante... C’était une expérience différente de payer une professionnelle, bien souvent concluante, loin de déplaire au trafiquant. Pourquoi s’en priver quand il pouvait s’en offrir ? Roy voyait ça comme la pleine réalisation de ses désirs, plutôt que la démonstration de son impuissance, comme semblait l’insinuer Kelsey. Qu’est-ce qui pourrait freiner son appétit des femmes ? Pas l’argent, il en avait plus que nécessaire à dépenser. Pas la vue du corps de Kelsey non plus, dont il pouvait apprécier absolument chaque courbe, derrière sa tenue de scène plus que légère, pas quand elle prenait un malin plaisir à le lui exposer.

Elle le provoquait. Il n’allait pas s’en plaindre, il l’y avait poussée. Elle le provoquait et elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Feindre de se rétracter pour mieux l’appâter, en glissant au passage un petit commentaire juste assez blessant pour qu’il se sente obligé de la détromper, Kelsey avait son propre domaine de prédilection, et Roy y était entré dans la plus parfaite imprudence. Le sourire du dealer s’étira en coin. Il s’était bien fait avoir.

Au moment où elle se recula, il la retint en posant sa main sur son poignet, leva les yeux vers son visage. Même le regard métallique de la jeune femme avait un certain charme. Il n’en était pas dénué non plus, Roy savait l’utiliser à bon compte, notamment quand il s’agissait de sourire avec insolence.

« Ce qui est dommage, Kelsey, c’est de te précipiter de me juger sur de vieux dictons. »

Il laissa courir ses doigts un peu plus haut sur son bras, dans une légère caresse.

« Tu sais parler aux hommes, je le reconnais, poursuivit-il, avec un bref haussement d’épaules d’excuse, comme s’il reconnaissait son impuissance à y échapper. Mais tu n’es pas la seule à avoir de l’expérience, crois-moi, tu aurais tort de me juger au premier coup d’œil. »

Et il allait assouvir son envie passagère, parce que Kelsey était désirable, et son insolence ne la rendait que plus attrayante aux yeux du trafiquant. Parce que Roy se moquait bien de faire l’impasse sur un ou deux Gallions, pour une affaire parmi tant d’autres, quand la contrepartie était bien plus divertissante. Parce qu’il avait beau se défendre de se laisser bêtement provoquer, il y avait des mots comme « grand » ou « petit » qui faisaient mouche. Parce que même s’il avait Juliana, Roy avait toujours eu le plus grand mal à se fixer et à se contenter d’une seule femme. Sa philosophie de vie consistait plutôt à saisir les occasions lorsqu’elles se présentaient. Kelsey en était une qu’il aurait été dommage d’ignorer, voilà tout. Oh Juliana n’avait rien à se reprocher, il aimait sincèrement toutes les petites choses tendres que leur couple tout émouvant de nouveauté partageait. Elle ne souffrait d’aucune rivalité avec Kelsey dans son esprit, cela relevait davantage de… la complémentarité. Il aimait se sentir capable de s’emparer de ce que chaque femme pouvait lui offrir. Et si Kelsey pouvait lui offrir quelque chose de plus intense, même si c’était plus éphémère, pourquoi s’en priver ?

Toujours assis, il tira légèrement sur le poignet de la danseuse pour la faire se pencher, et lui chuchoter à l’oreille quelques paroles beaucoup moins décentes. Puis il la lâcha pour la laisser reculer si elle le souhaitait, sans la quitter du regard, avec la même assurance qu’elle, plus tôt.

« Puisque tu veux jouer les commerçantes, Kelsey, tu sais ce qu’on dit toujours. C’est satisfait, ou remboursé. »

Il ne tenait qu’à elle de lui prouver qu’elle ne parlait pas dans le vide et tenait ses promesses.


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Au moment où Roy Calder la retint en posant une main sur son bras, Kelsey sut qu'elle avait gagné la partie. Elle n'en montra rien. Peu importait combien de temps ils resteraient là à négocier, à se provoquer, à se tourner autour, ce soir elle ne rentrerait pas seule. Et cette certitude la faisait se sentir bien, confiante. Elle ne savait pas faire grand chose. Elle n'avait jamais été une élève brillante, était une sorcière plutôt médiocre, n'avait aucun talent particulier, si ce n'était celui de la séduction. Séduire elle savait, tous les hommes. Talent acquis par de trop nombreuses expérience considérant son jeune âge. C'était peut-être tout ce qu'elle savait faire, mais elle le faisait bien.

Et elle adorait ça. Elle aimait séduire, elle avait besoin de ça pour sentir qu'elle avait encore un peu de contrôle. Souvent elle avait le sentiment que toute sa vie lui échappait, qu'elle dépendait toujours de la mauvaise personne, qu'elle faisait toujours les mêmes erreurs. Séduire lui rendait un peu de pouvoir. C'était elle, pourtant, qui donnait ce qu'ils voulaient à touts ces hommes. Elle qui assouvissait leurs envies, accédaient à toutes leurs requêtes, réalisait le moindre de leur désir. Mais elle le faisait parce qu'elle le voulait bien. Et, pendant un temps, c'était eux qui dépendaient d'elle, eux qui la désiraient, qui avaient besoin d'elle. Elle aimait voir le désir dans les yeux d'un homme, sentir qu'il avait envie d'elle, et de personne d'autre. A cet instant il n'y avait plus de grands hommes, de petits trafiquants, d'élèves maladroits ou d'amants expérimentés. Ils étaient tous réduits à cette envie, cette attente à laquelle elle seule pouvait mettre fin.

- Je crois ce que je vois, répondit-elle quand il lui reprocha de le juger sur de vieux dictons. On m'a toujours dit de ne pas faire confiance aux étrangers, ajouta-t-elle avec un sourire faussement candide, contredit par son regard insolent.

Tous les enfants avaient eu droit à ce sage conseil durant leurs enfances. Ne pas faire confiance aux inconnus. Ne pas trainer avec les mauvais garçons. Deux consignes qu'elle aurait gagné à appliquer. C'était un peu trop tard maintenant. Elle laissa le dealer l'attirer à lui et ne rougit pas lorsqu'il lui murmura à l'oreille des paroles qui auraient tuer Perséphone Harrington sur place. Lorsqu'il la lâcha elle se recula juste assez pour le regarder dans les yeux avec l'assurance de la fille qui en avait déjà trop entendu. On lui avait dit bien pire. On lui avait fait bien pire aussi.

Elle laissa échapper un éclat de rire débordant d'assurance lorsqu'il lui expliqua que, puisqu'ils faisaient du commerce, c'était "satisfait ou remboursé", comme on disait. Croyait-il avoir à faire à une jeune ingénue ? Elle manquait peut-être d’expérience dans le monde de la drogue -et il pouvait se moquer d'elle sur ce terrain- mais certainement pas dans le domaine qu'il s’apprêtait à explorer. Si quelques temps plus tôt il devait la regarder comme une débutante, elle savait qu'elle le ferait vite changer d'avis. Parce que ses talents ne s'arrêtaient pas à la séduction. Elle savait faire en sorte qu'un homme ait envie d'elle, mais aussi lui donner envie de revenir. Il n'y avait pas que les dealers qui savaient fidéliser leurs partenaires.

"C'est une garantie que tu veux, Calder ?" souffla-t-elle à son oreille en se penchant à nouveau vers lui.

Kelsey glisse une main dans la nuque de Roy, leurs lèvres se frôlent, les siennes font mine d'hésiter, pour finalement venir se presser avec fougue contre celle du trafiquant. La pensée d'Aaron s'impose dans son esprit, elle la chasse rapidement. Ce n'est pas le moment. Ça n'a rien à voir. Elle se concentre sur Roy, approfondit leur baiser. Elle sait exactement quoi faire. Elle sait comment le faire se sentir aimé, désiré, alors que ce n'est pas le cas. Elle sait le faire se sentir puissant, important, spécial, parce que c'est ce qu'aiment les hommes. Elle en a connu des dizaines d'autres avant lui, mais c'était comme si lui était différent, comme si avec lui elle avait réellement envie. Elle joue si bien les femmes conquises.

Elle se sépare finalement du dealer, le souffle court, le regard brillant d'un désir à peine feint. Comme d'habitude elle a fini par se laisser avoir à son propre jeu, par se convaincre elle aussi qu'elle en a envie. C'est qu'il n'est pas si mal, le Roy. Et elle préfère s'étourdir dans ses bras plutôt que de s'endormir seule.

"On va chez moi ?"



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Si Roy aimait la partie où l’on se tournait autour, il appréciait tout autant celle où les efforts étaient récompensés. Il accueillit le baiser de Kelsey en passant un bras derrière sa taille, pour la rapprocher de lui et y répondre avec la même ferveur. Il n’eut même pas la décence de penser à Juliana à cet instant-là, la serveuse était complètement sortie de son esprit, pour se laisser remplacer par une danseuse tentatrice. Il n’avait rien promis, après tout, mais même si cela avait été le cas, il n’aurait pas fallu davantage pour qu’il se parjure. Car Roy avait un problème, Roy aimait les femmes, et il les aimait toutes. C’était toujours différent, c’était ce qui faisait qu’il ne se lassait pas, mais qui le laissait toujours insatisfait, quelque part, puisqu’il était incapable de se poser une limite au-delà de laquelle il se déclarait repu. De femmes, ou d’autres choses, Roy n’était jamais repu, bien au contraire, son avidité ne faisait que se dilater au fil des années, et il était trop bien installé –ou trop aveugle- pour comprendre qu’il ne faisait que creuser son propre gouffre… Dans tous les cas, la danseuse maniait bien son jeu, car le trafiquant se laissa volontiers flatter par l’ardeur que Kelsey mit dans leur étreinte, puis par le regard qu’elle posa sur lui lorsqu’elle se détacha. Le sien brillait de la même envie, au moment où il répondit :

« Je te suis. »

Et Roy n’en regretta rien. Si sa drogue était toute différente de celle que consommait Kelsey, les deux adultes trouvèrent un moyen de s’entendre, malgré tout, cette nuit-là... Les premières lueurs du jour firent rouvrir les yeux au trafiquant, qui eut quelques secondes de flottement en n’apercevant pas le canal de Bristol à travers sa fenêtre. La moitié de matelas à sa droite était encore creusée par la présence récente d’une jeune femme, à n’en pas douter, enfin, il espérait, parce qu’il se sentait un peu tout nu sous sa couverture, quand même.

Le bruit continu d’un jet d’eau acheva de le sortir des vapes et, alors que ses souvenirs se reconstituaient, son premier geste fut de se pencher vers sa veste, étalée sur le parquet au pied du lit, parmi d’autres vêtements. La fiole de Volubilis était toujours là, dans l’une de ses poches. Roy l’en extirpa, pour la garder fermement dans sa main, qu’il passa en-dessous de ses couvertures, avant que le bruit d’une porte ne l’interrompe dans son geste pour les retirer. Kelsey sortait de sa douche, pas franchement plus vêtue que la veille dans sa petite serviette, ce qui arracha un sourire au trafiquant.

« J’aurai pas dit non à un deuxième tour, mais j’ai du boulot. »

Et c’était vrai, son petit détour par ce lit, bien que tout à fait plaisant, avait été imprévu. Il était censé s’occuper d’autres choses cette nuit, et même s’il travaillait à son propre compte, Roy aimait suivre une certaine rigueur dans ses affaires. Il se pencha de nouveau pour saisir ses sous-vêtements cette fois, qu’il entreprit d’enfiler sous ses draps, avant que sa main ne heurte le flacon plein de poudre. Il le prit entre ses doigts, l’agita face à la blonde, avec un léger sourire en coin.

« Ok, j’suis pas mauvais joueur, Kelsey. On dit cinq ? »

Roy était peut-être pingre, mais il n’était pas mauvais joueur, en effet. En toute honnêteté, il avait passé un bon moment avec la jeune femme. Elle l’avait même rendu de bonne humeur pour sa journée, elle méritait bien deux petits Gallions en moins.


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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[Post réécrit à partir des vestiges de l'ancien, qui a sombré dans les méandres d'Aresto Suspect Je manque un peu de motivation à le refaire en entier donc il sera peut-être un peu résumé, désolée ]

Kelsey soupira d'aise en sentant l'eau brûlante ruisseler sur son corps et sur son visage. Elle s'était réveillée quelques minutes plus tôt, n'avait pas été surprise de trouver quelqu'un dans son lit mais avait eu besoin de quelques instants pour se souvenir de qui il s'agissait, et s'était réfugiée dans la douche. C'était ce qu'elle faisait en général, s'enfermer dans la salle de bain jusqu'à ce que son partenaire de la veille ait la bonne idée de s'en aller. Les petits-déjeuners en tête-à-tête et autres conversations sur l'oreiller n'étaient pas vraiment son truc, sauf avec Aaron.

Mais ce n'était pas Aaron qui dormait dans son lit ce matin, c'était Roy Calder, et elle ne pouvait pas le laisser s'échapper pendant qu'elle était sous la douche. Ils avaient à parler affaire. Ils avaient peut-être conclu cette nuit, mais leur transaction, elle, restait en suspens. Et Kelsey espérait avoir mis son partenaire commercial dans d'assez bonnes dispositions pour faciliter la négociation. Quoiqu'il en soit, s'enrouler dans une serviette bien trop petite ne pouvait pas la desservir.

La jeune femme retourna donc dans la chambre, où elle trouva un Roy Calder éveillé qui lui affirma devoir partir travailler, même s'il n'aurait pas dit non à un deuxième tour.

- Un troisième tour tu veux dire ? corrigea-t-elle avec un sourire mutin.

C'était qu'on avait le temps d'en faire, des choses, en une nuit ! Elle s'assit sur le bord du lit et leva les yeux au ciel en voyant son amant s'habiller sous les couvertures -tant de pudeur ! Son expression devint tout de suite beaucoup plus intéressée quand il sortit de sous les couvertures la fiole de Volubilis. Visiblement il n'avait pas oublié leur deal et la lui offrait pour cinq galions. C'était raisonnable, et elle la lui achèterait à n'importe quel prix de toute façon. Mais Kelsey était joueuse, et toujours insatisfaite, elle avait donc bien envie de gagner quelques galions supplémentaires.

- T'as eu droit à plus que prévu hier...commença-t-elle avec un sourire suggestif. Ça mérite bien une réduction, non ?

Elle était à peu près certaine de pouvoir l'avoir à l'usure. Elle pouvait toujours laisser malencontreusement tomber sa serviette, elle était même prête à lui offrir ce deuxième-troisième tour qu'il réclamait. Malheureusement, son interlocuteur semblait pressé de partir, il aurait du travail apparemment. Il était dealer, pas banquier, il pouvait bien rester un quart d'heure, non ? Kelsey garde toutefois cette réflexion pour elle, consciente que se montrer dédaigneuse ne l'aiderait certainement pas à s'attirer les faveurs de son interlocuteur.

Elle était néanmoins décidée à le faire rester assez longtemps pour le faire fléchir, et s'il fallait lui parler de la pluie et du beau-temps pour cela, elle le ferait ! heureusement, elle se souvint de quelque chose qui lui avait traversé l'esprit la veille, et qui lui offrait un sujet de conversation bien plus intéressant que la météo.

- Tu connaitrais pas Adrian Calder par hasard ? On était ensembles à Poudlard.

A vrai dire Adrian Calder avait un an de moins qu'elle, et ils n'avaient jamais été ensembles comme elle aurait aimé qu'ils soient ensembles. Mais s'il était effectivement un frère ou un cousin de Roy, elle pourrait avoir un prix d'ami, non ? Et elle était presque certaine que c'était le cas : même nom de famille, même peau mate, le monde magique n'était pas assez grand pour que Roy Calder et sa copie-conforme-avec-quelques-centimètres-de-plus ne se connaissent pas.



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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La voir réclamer une réduction plus généreuse arracha un sourire à Roy. Il s’était attendu à ce qu’elle tente les négociations, elle était le genre de femme à savoir ce qu’elle voulait, après tout, elle le lui avait bien prouvé. Il n’était pas décidé à céder si facilement pour autant. Il lança, avec un sourire railleur :

« Je suis dur en affaires, je ne te l’avais pas dit ? »

Sur ces mots, il se leva pour enfiler le reste de ses vêtements. Cinq Gallions, c’était très bien, sauf si Kelsey trouvait un moyen de le retenir… La question qu’elle lui posa eut le mérite de l’arrêter dans ses gestes. Roy se tourna vers la danseuse, fronçant les sourcils, le temps d’assimiler ce qu’elle venait de dire.

« Vous étiez… » répéta Roy, perplexe, sans que le mot « ensemble » ne parvienne à franchir ses lèvres.

Qu’est-ce que Kelsey sous-entendait par « ensemble », exactement ? Le mot pouvait prêter à confusion, mais il y avait une certitude, sur un point. Si Kelsey avait fréquenté Poudlard en même temps que son petit frère et qu’elle se souvenait de lui… il y avait de fortes chances pour qu’ils n’aient que quelques années d’écart, sûrement pas autant que les onze ans qui séparaient Roy et Adrian. Et peut-être Roy et Kelsey aussi, du coup.

« Attends, tu as quel âge exactement ? »

Toute trace de sourire avait disparu de son visage, Roy fixait la jeune femme, aussi incrédule que méfiant, dans l’attente de sa réponse. Il avait la sensation désagréable d’avoir été dupé. Ce n’était pas très juste, comme accusation. Après tout, Kelsey n’avait pas menti. Roy pouvait se chercher des excuses. Les lumière du bar, le maquillage, l'assurance de la jeune femme... Toute cette poudre aux yeux qui avait troublé son jugement. La vérité était que Roy ne s'était simplement pas posé de question, et avait foncé tête baissée, comme toujours. Si ses soupçons s'avéraient justes, il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même.


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Kelsey sourit avec satisfaction en voyant Roy interrompre brusquement ses gestes en entendant qu'elle avait fréquenté son frère à Poudlard. Plutôt ravie de son petit effet, la jeune femme s'allongea sur le lit, posant son menton dans ses mains et regardant son interlocuteur avec une fausse innocence. "Être ensembles", "fréquenter", cela pouvait vouloir dire bien des choses, et elle comptait bien profiter de ce fait pour semer le trouble dans l'esprit du dealer.

- Ensembles, répéta-t-elle clairement, comme si elle ne se doutait pas que Roy avait en réalité parfaitement entendu ce qu'elle venait de dire.

C'était un plan qui pouvait fonctionner. Lui faire croire que son jeune frère -ou cousin, peu importait- avait obtenu des faveurs d'elle avant que lui ne le fasse, profiter de cette rivalité toute masculine pour blesser un peu l’orgueil de son dealer, puis le rassurer sur sa virilité en se laissant tomber dans ses bras une nouvelle fois. Si avec ça elle n'obtenait pas une plus grande réduction, elle changeait de dealer. Malheureusement, Roy n'avait pas l'air d'être perturbé par le fait qu'elle ait pu connaitre son frère avant lui puisqu'il se contenta de lui demander son âge avec méfiance.

Kelsey le fixa un moment avec incrédulité avant de lever les yeux au ciel. C'était tout ce qui le préoccupait là, son âge ? Il voyait bien qu'elle n'était plus à Poudlard, donc majeure et diplômée, alors où était le problème ? Elle avait toujours fait un peu plus vieille que son âge, et était un peu vexée que Roy puisse s'inquiéter de son âge, comme s'il craignait qu'elle ne soit une adolescente de quinze ans en fugue. Parce que pour Kelsey c'était bien la seule chose qui pouvait inquiéter le dealer : le fait qu'elle soit mineure. Une fois adulte la différence d'âge ne comptait plus vraiment. Aux yeux de la jeune femme, du moment que les deux partenaires étaient des adultes consentants il n'y avait pas de problème. D'ailleurs elle considérait qu'être adulte n'avait rien à voir avec le fait d'être majeure, mais ce n'était pas elle qui écrivait les lois.

- 19 ans, relax, répondit-elle finalement avec nonchalance. Tu n'as violer aucune loi, ajouta-t-elle, un peu moqueuse, avant de se souvenir qu'elle parlait à un type qui vendait de la mandragore, entre autre. Enfin, pas celle-là en tout cas.

Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi il s'inquiétait de ça maintenant. S'il avait une sorte de code de conduite ridicule il lui aurait posé la question avant. Et puis il était dealer : il vendait de la drogue à des gens qui n'avaient plus que ça pour fuir leurs problèmes, il devait avoir une conception de la morale un peu douteuse. Alors qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire qu'ils aient une dizaine d'année d'écart ? Elle ne résista pas à l'envie de le lui demander, de façon détournée.

- Pourquoi ? T'as un tarif moins de vingt ans ? demanda-t-elle avec un sourire insolent.

Parce que Kelsey ne perdait pas le nord, et qu'il était toujours question d'obtenir un prix avantageux sur la marchandise de Roy Calder.



Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Bien. Il venait de coucher avec une fille qui avait sans doute fait la première fois de son petit frère. Où pouvait-il se creuser un trou ?

On n’aurait sans doute pas attendu d’un coureur de jupon doublé d’un malfrat avec peu de morale comme Roy qu’il se soucie de l’âge de ses conquêtes. Et pourtant, inexplicablement, cela avait une certaine importance pour lui. Il ne tapait pas dans les femmes qui approchaient la cinquantaine tout comme il ne couchait pas avec des… fillettes qui sortaient à peine de Poudlard, par Merlin ! C’était encore plus gênant avec une femme trop jeune, il avait la sensation de s’être fait « avoir » par une fille qui n’était pas sensée avoir de l’expérience. Un problème d’ego, en somme, comme souvent avec Roy. Il s’en serait moins formalisé si Kelsey n’avait pas évoqué Adrian, toutefois. Il y avait des règles de vie de base, dans la cellule familiale des Calder sous l’égide d’un père de famille traditionnel, dont Roy gardait inconsciemment une espèce d’éducation stricte. Quel genre de frère répugnant était-il pour récupérer des femmes qui étaient passées dans le lit de son cadet ?

Et Kelsey qui confirmait le fait avec fierté, comme si cela pouvait l’arranger… Elle s’était trompée. Elle ne pouvait pas espérer titiller sa fierté masculine en parlant d’un autre homme de sa famille. La seule chose qu’elle titillait, c’était une espèce de honte qu’il n’assumait pas du tout. Par Godric, pourquoi fallait-il toujours qu'il lui arrive des bourdes de ce genre ? La façon dont elle répliqua avec insolence fit froncer les sourcils d’impatience au trafiquant. Ca allait deux minutes, elle n’allait pas faire la maligne avec lui deux fois. Il avait déjà la désagréable sensation de s’être fait duper par une gamine.

« Mon tarif moins de vingt ans, c’est cinq Gallions. Pas plus, pas moins. » répliqua t-il en tendant sa main, toute trace de badinerie disparue de son visage.

Il attendait qu’elle sorte son argent, avant d’accepter de lui tendre sa drogue tant attendue. Et de déguerpir d’ici au plus vite, évidemment.
Spoiler:
 


Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
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Kelsey perdit son sourire insolent face à la réponse sèche de Roy. Elle avait simplement voulu piquer un peu l'égo masculin du dealer, mais l'avait visiblement vexé. Quelle susceptibilité ! Toutefois, elle avait le sentiment que ce n'était pas tant le fait qu'elle ai put connaitre son frère mais plutôt le fait qu'elle ait dix-neuf ans qui le dérangeait. Et elle ne comprenait pas pourquoi. Il voyait bien qu'elle n'était pas une petite ingénue dont il aurait pu voler l'innocence. Elle avait fréquenté des hommes plus vieux que lui, et avait peut-être même plus de conquêtes que lui sur son tableau de chasse. Alors où était le problème ?

Elle se serait bien engagé dans un débat sur la question, mais était consciente que le terrain était dangereux. Pour une raison qui lui échappait, c'était un sujet qui semblait énerver le trafiquant, et c'était quelque chose qu'elle préférait éviter. Elle avait déjà eu des problèmes avec son ancien dealer, elle n'avait pas envie de se mettre celui-ci à dos. Mais la jeune femme était agacée par son comportement, qui lui donnait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. Elle n'avait rien à se reprocher, s'il lui avait demandé son âge plus tôt elle le lui aurait donné. Se serait-il comporté autrement pour autant ? Elle imaginait que non. Il voulait toujours lui vendre son volubilis, et si filer de la drogue à ce qu'il considérait sans doute comme une gamine ne le dérangeait pas, elle ne voyait pas pourquoi il se gênerait pour coucher avec. Mais visiblement ils n'avaient pas la même façon de voir les choses.

" T'as un drôle de sens moral Roy Calder, vraiment, soupira-t-elle en attrapant son sac à main pour en tirer cinq galions qu'elle tendit au dealer. Tiens."

Elle saisit la fiole de volubilis qu'il lui donna en échange et la fit tourner entre ses doigts, l'observant avec une pointe de regrets. En avait-elle vraiment besoin ? Rien ne l'obligeait à l'utiliser tout de suite, de toute façon. Mais elle savait bien qu'elle craquerait vite, au premier moment de faiblesse elle n'aurait besoin que d'un peu de cette poudre magique pour oublier ses problèmes, et elle n'hésiterait pas. Elle espérait ne pas avoir besoin de lui en redemander avant un moment, mais dans le doute elle préférait rester en bon termes avec le dealer.

"Killian sait où te trouver, j'imagine, lança-t-elle en rangeant la fiole de volubilis dans le tiroir de sa table de chevet. A la prochaine alors ? ajouta-elle, tout en espérant que cette prochaine fois n'arriverait pas trop vite. Et, pour ce que ça vaut : j'ai pas couché avec ton frère, ou ton cousin, ou peu importe, lança-t-elle en haussant les épaules. Trop jeune pour moi..." ajouta-t-elle avec un sourire amusé, espérant que cela détendrait un peu l'atmosphère.

Killian lui avait assuré que Calder était un type réglo, et elle ne connaissait aucun autre dealer, alors elle espérait qu'il oublierait leur conversation et qu'il se souviendrait plutôt de la nuit qu'il avait passé. Elle aurait dû s'en tenir à ses habitudes et le laisser filer pendant qu'elle trainait sous la douche. Elle le saurait pour la prochaine fois. Quand le trafiquant referma la porte de sa chambre derrière lui, Kelsey se laissa tomber sur son lit, décidée à profiter de la matinée pour ne rien faire, et peut-être même dormir un peu. Elle se levait pour se diriger vers la salle de bain, histoire d'enfiler quelque chose d'un peu plus chaud que son débardeur pour dormir -les draps lui paraissaient bien froids quand elle était seule- quand des coups frappés à la porte lui annoncèrent que son programme de la matinée venait de changer.
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Deal with it ! [Roy/Kelsey]

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