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 Règlements de compte [Klemens]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Dernière édition par Roy Calder le Jeu 17 Avr 2014 - 22:19, édité 1 fois
18 mars 2008, chez Klemens

Roy avait eu besoin d’une bonne nuit de sommeil, pour se remettre de toutes ses émotions de la veille. Du mois serait plus juste. Trop d’engueulades, de situations bizarres en si peu de temps. Roy avait l’impression de l’avoir vécu trop vite, tout en l’ayant subi très lentement. L’attente du retour de Klem-parce qu’ils n’avaient fait que ça, au final, avec Val, attendre qu’il daigne revenir, faute d’indices pour pouvoir le retrouver- avait été une interminable succession d’inquiétudes, qui l’emmenait chaque jour un peu plus à considérer les pires scénarii. Roy avait rarement connu plus épuisant moralement.

Il avait bien besoin de vacances, tiens. Mais c’était moyen de plier bagage juste après le retour de Klem, quand même, se disait-il. Alors il restait, et il allait même s’expliquer avec Klemens. Il sentait que la présence de Valery la veille avait un peu bridé le loup sur ce qu’il aurait voulu lui dire. Après tout, il avait transplané chez lui. C’était bien qu’il avait quelque chose à lui dire, d’abord à lui ? Et si ce n’était pas le cas, ce n’était pas très grave, Roy se chargerait de faire la conversation. Parce qu’il avait des choses à éclaircir, des choses qui, pour faire simple, l’empêchaient de dormir sur ses deux oreilles depuis un bon moment.

Le temps de Klemens lui ouvre la porte de son appart, il se rendit compte que c’était la première fois depuis une éternité qu’il venait le voir directement dans son appartement. Ca allait sans doute le surprendre, mais tant pis.

« Salut. Je peux rentrer ? »

Le ton était bien plus serein que celui qu’il avait pu avoir la veille. Il avait eu la nuit pour se remettre de ses émotions, et surtout de sa colère. Roy attendit que Klemens le laisse entrer, avant de se tourner vers lui, les bras croisés, dans une posture un peu appréhensive.

« Alors… Ca va ? »

Cette capacité qu’il avait à engager les conversations sérieuses était assez impressionnante.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Les coups frappés contre le battant de sa porte lui tirèrent un grognement. Qui pouvait bien venir le réveiller à cette heure là ? C'était à la limite de l'indécence. Bon peut-être pas tant que ça vu l'heure qu'indiquait son vieux réveil un peu rouillé sur les côtés. Midi. Il ne dormait pas autant d'habitude et encore moins dans ce lit pourri. Un second grognement de douleur cette fois-ci lui fut arraché. Saloperie de matelas à ressort qui lui défonçait le dos, il avait beau essayer de la réparer comme il pouvait avec un sort, le matelas semblait insensible à toute modification, comme si il avait été ensorcelé pour rester en sale état et que son propriétaire soit obligé dans racheter un. Le truc, c'est qu'il avait pas les moyens en ce moment. Encore moins depuis son escapade en France puisqu'il n'avait concrètement rien fait à part boire dans des bars et s'amuser avec quelques français et françaises. Rien de très productif en soit. Juste de quoi lui faire oublier ce maudit journal et le souvenir de l'horrible goût du sang dans sa bouche à son réveil. Il ne souvenait de rien de ce qu'il avait pu faire au cours de ses chasses nocturnes lorsqu'il reprenait forme humaine. Mais il savait lorsqu'il était le loup et lorsqu'il était la bête, il le sentait. Il se souvenait de la colère et de la faim. A partir, il n'était pas compliqué de deviner que ces deux filles attaquées à Pré-au-Lard étaient ses victimes à lui. Enfin, à la bête qu'il tentait de retenir. Une morte, l'autre devenue comme lui. Il avait mis du temps à l'accepter, c'est quelques semaines loin de Londres et de l'Angleterre l'avait aidé et lui avait aussi fait oublier la rencontre avec Jacek. Les coups contre la porte devenait plus insistants, il finit donc par se lever et enfila un caleçon propre avant d'aller ouvrir. Sur Roy. Mais qu'est-ce qu'il faisait là ? Il s'effaça néanmoins pour le laisser passer.

"Salut."

Le trafiquant était la dernière personne qu'il s'attendait à voir chez lui. Non, la dernière personne qu'il s'attendait à voir là était Valery mais... bref. Les retrouvailles, la veille, ne s'étaient pas exactement déroulées comme il l'avait imaginé. Il avait bien senti la colère latente chez ses amis. Il la comprenait et en même temps, il avait eu envie de leur dire merde. Ils ne savaient pas par quoi, il était passé alors certes, il n'aurait pas dû partir comme ça sans les prévenir mais sur le moment la honte avait été si forte qu'il n'avait pas vu d'autre solution que la fuite. Il poussa un léger soupir et s'ébouriffa les cheveux, ils étaient décidément bien trop long, il allait devoir les faire couper.

"Ça... peut aller. Et toi ?"

Le silence était pesant et gênant et il sentait qu'il devait encore une fois s'expliquer. Du moins auprès de Roy qui avait joué un rôle même minime dans tout ça.

"Bon écoute, je suis désolé d'être parti sans rien dire mais... Bordel, j'avais honte ok ? C'est..., deux gamines merde. Et je sais pas, j'avais peur de votre réaction. Je voulais pas que vous me jugiez ou quoi et ouai, du coup, je suis parti. Parce que putain, il en a tué une Roy. Cette espèce de bête en moi. Je... il me dégoûte. Et je croyais... la potion... mais elle a pas marché alors je sais pas. Il s'est passé quoi ? Qu'est-ce que tu m'a refourgué ?"

Il était en colère, déçu et triste en même temps. Sans pouvoir l'expliquer réellement. Parce que Roy n'était pas réellement à blâmer au fond, ce n'était pas sa faute.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Dernière édition par Roy Calder le Dim 30 Mar 2014 - 3:31, édité 1 fois
Roy hocha machinalement la tête, conscient que ce n’était là que des formules de politesse. En vérité, il n’allait pas bien du tout. Ni la honte, ni la culpabilité n’étaient des sentiments qu’il avait l’habitude d’expérimenter, il s’était toujours débrouillé pour reporter la faute sur les autres, merci à sa mauvaise foi. C’était lui qui lui avait vendu cette potion défectueuse. En vérifier la qualité aurait été compliqué, ce n’était pas comme s’il pouvait la boire avant, ce n’était pas non plus comme si c’était lui qui la fabriquait, se disait-il pour se rassurer. Mais il restait que c’était lui qui l’avait vendue, bon gré, mal gré, il avait participé à réveiller une bête assoiffée de sang. Klem lui avait fait confiance, il n’avait pas su tenir ses promesses. Plus que son honneur professionnel, c’était leur amitié qu’il craignait d’avoir mise à mal.

Alors il attendait que Klemens engage la conversation, car, s’il pouvait ressentir des remords, les exprimer était une tout autre affaire. Reconnaître ses torts à haute voix l’avait toujours bloqué. Sinon, il s’entendrait bien mieux avec Jason, pour commencer.

Heureusement, le silence ne s’éternisa pas, et très vite, la sélection d’informations s’opéra. Une phrase, en particulier, eut beaucoup de mal à passer dans le cerveau du trafiquant.

« Tu… Il en a tué une ? » répéta t-il, hagard.

Il n’était pas au courant, de ça. Comment aurait-il pu savoir ? La Gazette avait mentionné un certain nombre de victimes, sans identifier des noms. Or, Roy n’avait pas eu d’autre source d’informations que ce que la Gazette avait daigné fournir, puisque Klem n’était pas là pour lui raconter quoi que ce soit… Mais c’était logique. Il avait été stupide. Pourquoi la nouvelle le choquait tant ? C’était presque prévisible. Klemens ne serait pas parti de cette façon s’il n’avait pas fait quelque chose de grave cette nuit-là, outre le fait de se transformer.

Est-ce que il l’aurait jugé, s’il était resté ? Roy s’aperçut avec un pincement au cœur que c’était déjà chose faite. Il n’avait fait que le juger, depuis le début. Il n’avait fait que maudire Klem d’être parti, et la veille, il lui avait jeté toute sa verve à la figure, histoire de bien le faire culpabiliser. Sans même penser une seconde que son ami avait besoin de soutien. Et lui, au lieu de le lui apporter, il avait préféré ajouter au poids que devait se traîner Klem, bien plus lourd qu’avant.

Il avait attaqué quelqu’un. Il avait tué une gamine.

Qu’est-ce qu’il était sensé lui dire ? C’est pas grave, mec, ça va s'arranger ? C’est pas ta faute ? C’était la sienne un peu aussi, du coup… Roy se passa une main sur le visage, dans une vaine tentative de reprendre contenance. Non, cela allait trop loin.

« Je… sais pas ce qu’il s’est passé, Klem. C’est pas juste ta potion qui a été mise en cause. On dirait qu’il y a eu une masse de potions Tue-loup défectueuses d’un coup, alors… J’sais pas. Je fabrique pas les potions, je prends juste celles qu’on me file. C’est… hors de mon contrôle. »

Il l’avoue piteusement. Cela sonnait comme une excuse pathétique. Il détestait perdre le contrôle sur les choses, ces derniers temps, cela lui arrivait bien trop souvent. Il détestait se sentir impuissant, lui qui s’était toujours plu à penser qu’il avait du pouvoir, de la chance, du succès. Quelle blague. Les derniers évènements du mois avaient complètement ébranlé sa petite bulle mafieuse dont il se plaisait à se sentir maître. Fini, le jeu, Roy. Il avait pu prendre pleinement conscience de la mascarade dans laquelle il évoluait, il n’était qu’un petit pantin dans une masse où il y avait bien plus puissant que lui, bien plus silencieux et inactif, aussi. Il se sentait comme une cocotte minute que le manque d’informations dans les journaux, le manque de réaction des gens, du gouvernement, alimentaient pleinement. Ce paquet de ressentiment qu’il se traînait depuis les derniers évènements du mois, il avait bien envie de le laisser exploser. En attendant, il serrait les poings, il grinçait des dents.

« Y a pas qu’à moi que ça échappe, j’ai envie de dire. On sait rien de ce qui se passe vraiment dans ce pays. Tu sais quoi ? Depuis le temps, tu devrais l’avoir gratuite, ta potion, et de bonne qualité. Le gouvernement est pourri, ça fait des siècles qu’ils font pas leur boulot de protéger leurs citoyens. Pas étonnant que ça pète, à un moment... C’est pas ta faute, Klem. »

Roy le regardait intensément, l’air de lui dire qu’il lui interdisait de culpabiliser à s’en rendre malade comme il était actuellement en train de le faire, c’était sûr.



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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A la réaction de Roy, Klem se rendit compte que le trafiquant n'était pas au courant de toute l'histoire. Pourtant, il avait cru qu'il avait deviné, il avait pensé que ses amis, au vu de leurs réactions et des journaux, savaient qu'il avait dû être impliqué dans les attaques. Visiblement, ils n'avaient pas été jusqu'à supposer qu'il avait pu être la cause de quelques morts et attaques. Klemens se figea un instant, se refermant comme une huître. Le visage figé de Roy ne lui disait rien de bon. La peur s'empara de lui et si il le rejetait ? Mais contrairement à ce qu'il pensait, il ne rajouta rien de plus qu'une question qui resta sans réponse. Le loup-garou écouta sans vraiment l'entendre les vagues excuses de son ami. Ça ne changeait strictement rien qu'il soit ou non le seul touché. Les faits étaient là et il n'avait pas su quoi faire, la culpabilité le rongeait et personne ne saurait jamais qui avait attaqué ces filles. Personne, sauf lui. Et Roy désormais. Il écouta à peine les mots de réconforts qu'il prononça. C'était sa faute, en quelque sorte. La bête ne se serait jamais trouvé là, n'aurait jamais attaqué les gamines si il n'était pas allé à Pré-au-Lard. Si il n'avait pas été voir son crétin frère. Qui lui avait dit quoi au final ? Il se détestait d'avoir été aussi faible. Il tourna alors le dos à Roy pour faire semblant d'aller chercher un t-shirt et un pantalon propre mais ce fut surtout pour cacher les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux étrangement humides. Tout cela lui rappelait étrangement ce qu'il avait ressenti lorsque Katzia était morte. Sa première victime. Mais étrangement, ses deux victimes de plus avaient plus de mal à passer. Peut-être que son flegmatisme s'éteignait avec l'âge. Peut-être s'était trop affaibli ? Peut-être commençait-il à trop s'attacher à certaines choses. A devenir sentimental. Jamais, il ne serait revenu, il y avait dix ans. La preuve, il n'était pas retourné en Pologne. Sans doute parce que personne ne l'attendait et que personne ne tenait réellement à lui. Mais tout de même.

"Ouai peut-être. En attendant, c'est quand même ma faute si je me suis retrouvé à Pré-au-Lard au lieu d'être dans ce taudis de merde rempli de cafard. Ici, j'aurais cassé des meubles mais je serais sans doute pas sorti, la porte est toujours fermé pendant la pleine lune. Et là... nan. Il a fallu que mon frère m'écrive une lettre pour que j'accoure à un rendez-vous au cours duquel, il n'a fait que m'insulter. La meilleure journée de ma vie."

C'était ironique évidement. Il s'essuya une dernière fois les yeux avant d'enfiler son t-shirt et se retourna vers Roy. Il n'avait plus tellement envie d'être patient. La veille, il avait bien compris la colère de ses amis. Rajoutant une couche de culpabilité mais aujourd'hui, il avait juste envie de reprendre ses marques tranquillement. Voir si son patron voudrait encore de lui après son absence et voir pour le loyer parce qu'il n'avait plus une noise. Il poussa un soupir.

"Tu peux éviter d'en parler à Valery s'te plaît ? J'ai pas envie qu'il fuit en courant la prochaine fois qu'il me voit. C'est encore un gamin malgré ce qu'il dit."

Il esquissa un léger sourire amusé. Il savait que Roy ménagerait Val si il lui demandait. Il se passa une main las sur le visage. Il manquait de sommeil, les nuits étaient longues lorsque Morphée ne voulait pas vous ouvrir ses bras.

"Tu voulais quoi sinon ? J'imagine que ce n'est pas pour me demander comment je vais que tu t'es déplacé. T'as du boulot à me donner ? Ou alors, tu viens me dire que j'ai pas fini de te payer ma dernière potion."

Parce que c'était peut-être vil de sa part mais après la soufflante de la veille, il voyait mal Roy venir pour autre chose que ça.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Le manque de réaction de son ami alarma Roy. Il crut voir deux yeux un peu trop brillants, avant que Klem ne lui tourne le dos. Le message passa clairement. Roy fit mine de détourner le regard, officiellement pour le laisser s’habiller, plus sourdement, pour qu’il se reprenne. Il n’aimait pas le voir dans cet état qui ne faisait que lui faire davantage ressentir son impuissance. Heureusement, la voix de Klemens ne laissa pas le silence plomber tout à fait l’atmosphère.

« Ton frère ? T’es allé voir ton frère ce jour-là ? » Il se souvint de la seule fois où Klemens lui avait parlé de son frère, quelques mois plus tôt, lorsqu’ils s’étaient réconciliés. Klem lui avait clairement  fait comprendre que les relations avec son frère étaient plus que tendues. « Vous avez parlé de quoi ? »

Roy posait franchement la question, avec un ton presque autoritaire, quitte à paraître indiscret. Il s’en fichait de mettre les pieds dans le plat, dorénavant, il prendrait moins de précautions si ça pouvait débloquer Klem sur ce problème qu’il avait à se confier aux autres. Roy mourrait parfois d’envie de le secouer et de lui hurler dans les oreilles qu’il était son –meilleur ?- ami et qu’il ne comptait pas le laisser se débrouiller seul. Mais comment était-il sensé l’aider si Klemens ne disait rien ? Presque quatre ans qu’ils se côtoyaient, et Roy ne connaissait même pas les informations de base. Pas étonnant qu’il ne sache pas où le chercher, quand il partait. Pas étonnant que Klemens préfère s’en aller, plutôt que se reposer sur eux, s’ils ne savaient rien sur lui.

Il hocha machinalement la tête à la question de Klemens. Non, il ne dirait rien à Valery. Pour le ménager, pensa tout d’abord Roy, avant qu’il ne se souvienne combien, tout comme lui, Val avait mal vécu ce silence que leur avait imposé le loup. Avait-il une idée d’à quel point c’était fatiguant d’attendre que quelqu’un à qui vous teniez vous parle enfin de ses véritables problèmes ?

Finalement, non. Il changeait d’avis.

« Moi, je lui dirai rien. C’est pas à moi de le lui dire. »

Roy regardait Klem d’un air indéchiffrable, puis, soupira en se grattant la nuque d’un air gêné, sans trop savoir comment exprimer ce à quoi il pensait.

« Tu devrais pas lui cacher ça… Il vaut mieux que ça soit toi qui lui dise plutôt qu’il l’apprenne de lui-même. Il bosse au ministère, il saura forcément un jour ou l’autre. Et puis, Val peut peut-être  t’aider si jamais y a une enquête, t’y as pensé à ça ? C’est pas juste un gamin ou un fardeau » finit-il, une pointe de reproche dans la voix.

Il avait été à deux doigts de lui parler des malaises de Valery chez lui, mais s’était ravisé, pour ne pas culpabiliser le loup plus que nécessaire. L’affaire de ce départ précipité était close, Roy estimait avoir dit à peu près tout ce qu’il avait sur le cœur la veille, il n’allait pas revenir dessus et rappeler chaque jour à Klem qu’il avait été un connard d’être parti sans rien dire. En revanche, il comptait bien changer la donne pour la prochaine fois que son ami aurait des ennuis et serait tenté de se reprendre un petit mois sabbatique. Le culpabiliser sur le fait qu’il ne leur disait pas grand-chose était un bon début.

« Nan, je viens pas te parler d’argent ou de boulot, contra t-il, en haussant les épaules. C’est si étonnant que je vienne te demander comment tu vas ? J’ai aucune idée de ce que t’as pu vivre ce dernier mois. T’as l’air de pas aller trop mal, mais j’sais pas, c’est peut-être juste un air que tu te donnes pour pas nous inquiéter. »

Il avait un sourire ironique, fade, las, en disant ça. Il ne savait plus comment faire comprendre à Klemens qu’il n’attendait qu’une chose, c’était qu’ils parlent, pour de vrai. Dire qu’il avait cru que les non-dits, c’était fini, depuis la dernière fois, quand ils s’étaient réconciliés. Roy faisait nerveusement tourner sa baguette entre ses doigts depuis quelques minutes, sans vraiment oser lever le regard. D’accord, il y avait peut-être encore autre chose.

« Klem… Tu m’en veux vraiment, pour la potion ? »



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Il n'aurait jamais dû parler de son frère. Un nouveau flot de questions s'abattit sur lui. Il posa son regard sur Roy et poussa un léger soupir las. Il n'avait pas le choix, il allait devoir lui en parler, le ton de son ami ne laissait aucune place à la discussion. Et peut-être qu'après tout cela lui ferait du bien d'en parler. Au lieu de tout garder pour lui comme d'habitude. Il était peut-être temps qu'il apprenne à se confier un peu à ses amis. Ils s'étaient vraiment inquiétés pour lui, il s'en était rendu compte la veille et ça aurait été bien mal les remercier que de leur cacher des choses futiles comme celles-là. Et peut-être que finalement, ils ne voulaient pas être ménagés. Mais Klem se protégeait d'abord en faisant ça. Il ne voulait pas qu'ils finissent par l'abandonner. Il ne voulait pas se retrouver seul.

"Il est venu pour des affaires à la base. Et comme il était en Angleterre, il en a profité pour me donner rendez-vous. J'avais pas l'intention d'y aller mais j'étais curieux de savoir comment il avait su que j'étais ici. Donc j'y ai été. Mais je regrette amèrement maintenant. Il était là sur demande de ma mère. Elle est mourante, elle veut que j'aille la voir une dernière fois. Mais Jacek, lui m'a bien fait comprendre que je n'avais pas intérêt à y retourner. Il en a profité pour m'insulter, insinuer que je ne valais pas mieux qu'une prostituée, ce qui n'est pas tellement faux au fond. Il m'a aussi appris que mon père m'avait fait suivre pour selon mon frère "surveiller que je n’entachais pas trop leur nom". Comme si ça pouvait vraiment changer quelque chose."

Le dégoût qu'il ressentait été palpable. Il poussa un nouveau soupir et enchaîna aussitôt avant que Roy ne puisse le couper et lui poser d'autres questions. Il esquissa un sourire rassuré lorsque le trafiquant accepta de ne rien dire à Valery. Il voulait le ménager le plus possible. Néanmoins, il ne s'attendait pas à la réplique suivante de son ami. Il hocha distraitement la tête. Oui, il devrait sans doute lui dire un jour. Mais ce n'était pas chose facile. Combien de ses secrets pourraient-ils réellement encaisser ? A partir de quel moment partirait-il en courant ? A quel moment se rendrait-il compte qu'il n'était qu'un monstre ?

"Je ne considère pas Val comme un fardeau."

Klemens était indigné. Comment Roy pouvait-il réellement penser ça de lui ? Jamais pour lui Valery ne pourrait être un fardeau. Lui qui lui avait ouvert sa porte si généreusement. Lui qui ne le jugeait pas. Mais il ne voulait pas impliquer le jeune danseur dans ses problèmes. Il voulait le voir insouciant, comme avant. Sans une barre d'inquiétude sur son front lorsqu'il le regardait. Cette chape de tristesse dans ses yeux. Il voulait préserver Valery et son innocence.

"Je tiens juste beaucoup trop à lui pour lui faire subir ça. Tu crois vraiment qu'il va pas s'inquiéter pour moi ? Que rien ne va changer ? Je ne veux pas qu'il ait pitié de moi."

Il devait vraiment changer de sujet. Tout cela devenait bien trop personnel à son goût. Roy avait réussi à lui soutirer quelques aveux. Il se passa une main dans les cheveux et s'enquit de la présence de son ami chez lui. D'une façon peut-être un peu méchante à la réflexion. Pourtant le trafiquant ne sembla pas s'en formaliser. Et Klem esquissa même un léger sourire. Il avait vu juste, il faisait semblant de ne pas aller trop mal. Mais si il ne le faisait pas il s'effondrerait complètement et il n'était pas certain de pouvoir se relever. Il n'avait pas vraiment envie de devenir le genre de type ruminant les crimes d'une bête qu'il n'avait jamais voulu devenir. Faire comme si rien n'était arrivé était tellement plus facile. Il avait baissé la tête, un peu honteux que Roy ait vu juste. Mais il la redressa presque aussitôt. C'était donc la culpabilité qui avait fait venir Roy. Un petit sourire triste s'afficha sur ses lèvres.

"Je ne t'en veux pas Roy. Ce n'est pas ta faute, tu n'es pas dans les potions. Je sais bien que tu n'a spas voulu tout ça. Mais c'est arrivé et on y peut rien. A partir du moment où j'ai été mordu, je suis devenu un danger potentiel pour tous mes proches. Je l'ai accepté et je vis avec. Les potions m'offraient une certaine sécurité jusque là. Maintenant, je me rends compte que ce n'est plus le cas. Alors oui, j'ai peur. Non, je ne me sens pas bien. Oui, je culpabilise à un tel point que j'ai fui en croyant pouvoir effacer ce sentiment. Visiblement, ça sert à rien. J'ai fui aussi parce que je me suis dit que ça pourrait très bien encore arriver un jour où vous ne seriez pas très loin de moi et que pour le coup, c'est vous que je blesserais. Je ne veux pas vous perdre. C'est pour ça que je suis revenu. Parce que je peux pas vivre sans vous. Vous êtes ma famille maintenant... en quelque sorte. Alors ouai, j'ai agis en lâche, ouai j'aurais dû donner des nouvelles et ouai, je suis un crétin. Mais j'ai peur, Roy."

Son regard se baissa à nouveau. Il n'aimait vraiment pas se dévoiler de la sorte. Il venait de se mettre à nu, d'avouer ses peurs. Il venait aussi de révéler son sentiment sur la relation qu'ils entretenaient tous les trois. Comme une famille. Du moins, Klem le voyait ainsi ou presque. Avec Roy, le grand frère et Valery le petit qu'il fallait protéger. Mais son sentiment à l'égard du danseur était beaucoup plus complexe que cela encore et il n'arrivait pas à le définir pleinement. Ou alors, il ne comprenait pas complètement ce qu'il ressentait réellement ou peut-être ne voulait-il pas savoir.


Klemens Dabrosky
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Roy resta silencieux le temps que la langue de Klemens se délie enfin. C’était la première fois qu’ils abordaient vraiment le sujet de sa famille. Roy découvrait sa situation, même s’il avait déjà compris qu’elle n’était pas glorieuse. Ses connaissances sur le sujet se limitaient au fait que Klem provenait d’une famille bourgeoise qu’il avait fui, et qu’il avait un grand frère qu’il détestait.

Ses révélations lui firent un petit choc, il ne se doutait pas de l’ampleur des choses. Roy pouvait se plaindre de sa propre situation familiale, conflictuelle depuis des années avec ses parents, avec Jason, même avec Irina et quelques autres membres de sa famille. Mais il allait les voir, de temps en temps, malgré tout. Il n’avait pas complètement coupé les ponts, il s’était juste éloigné d’eux pour avoir de l’air et vivre la vie qui lui convenait. La porte de la maison familiale lui était toujours ouverte, malgré les reproches, malgré l’ambiance tendue à chaque fois qu’il la franchissait. S’il décidait de partir définitivement, Roy savait que sa famille ferait tout pour le retenir, qu’elle n’aurait pas une réaction complètement détachée et froide comme celle que Klemens lui exposait de son père. Et surtout, Roy n’avait pas un de ses parents ou de ses frères sur le lit de mort. Ce fut ce qui perturba le plus le trafiquant, s’imaginer à la place de Klemens, avec sa propre mère mourante.

« Et donc, tu vas retourner voir ta mère en Pologne ? Ou tu vas écouter ton frère ? »

Il posa la question avec plus de précautions dans la voix que plus tôt. Il n’avait aucun droit de le juger, surtout quand il connaissait si peu son histoire, et ne faisait que se baser sur des suppositions. Quoiqu’en dise Roy, la valeur de la famille, on l’avait éduqué avec, il l’avait presque dans le sang, preuve en était qu’il était incapable de couper complètement les liens. Par conséquent, il concevait mal le fait que Klemens ne soit pas déjà accouru au chevet de sa mère. Les choses devaient être trop compliquées, se dit-il, regard vrillé sur son ami.

Roy décroisa les bras quand la conversation dériva vers le sujet Valery. Sa posture devint plus nerveuse, il ne savait pas comment expliquer à Klemens la gravité de la situation sans tout lui balancer. "Tout" incluant le fait que la santé de Valery s’était dégradée, quoiqu’en dise le concerné. Roy avait toujours le plus grand mal à retenir ses mots, il préférait parler, quitte à dire des choses qu’il regretterait. Pourtant, se taire lui serait bénéfique, de temps en temps, la sagesse et la retenue ne faisaient malheureusement pas partie de ses vertus.

« Il aura pas pitié de toi, arrête avec ça, soupira t-il. Mets toi un peu à sa place. Si Val avait des problèmes graves, tu préférerais savoir plutôt que d’être gardé dans l’ignorance parce qu’il aura voulu te protéger, nan ? Il a pas besoin que tu le ménages, il a besoin que tu lui parles. T’as essayé de le ménager en te barrant, bah résultat… Il allait le dire. Il allait vraiment le dire. Val a fait des crises. Voilà. »

Il l’avait dit.

«  C’était pas la première fois, mais… J’sais pas, cette fois-ci il m’a vraiment fait peur. Ca lui a fait un gros choc que tu sois parti sans rien dire. Alors si tu veux continuer à garder le silence, libre à toi,  mais ne crois pas que tu le ménages en faisant ça. »

Valery allait le tuer. C’était sûr. Mais Roy ne regrettait pas d’avoir parlé à la place du danseur, parce qu’il savait pertinemment que sinon, cette histoire serait passée aux oubliettes. Certes, Klemens culpabiliserait sans doute encore plus après cet aveu, mais s’il fallait ça pour qu’il ne refasse pas un coup du même genre… C’était en tout cas ce que le trafiquant se disait pour légitimer son geste.

Klemens devait sentir que le terrain était glissant pour lui, Roy ne fut pas étonné de le voir changer de sujet. C’était à son tour de passer à la table des accusés, et tout à coup, il faisait bien moins le fier. Oui c’était pour ça qu’il était venu. Pour s’entendre dire que ce n’était pas grave, que Klem lui pardonnait, pour la potion. Que ce n’était pas sa faute. Roy détestait être en faute, avoir tort, ne pas comprendre, bref, toutes ces choses qui le faisaient se remettre en question. Aussi la réponse de son ami le soulagea autant qu’elle l’étonna. Lui qui espérait des confidences avait été grassement servi.

Il était tellement rare de voir Klemens se dévoiler autant que Roy ne sut que répondre tout de suite. Il lui fallait d’abord apprécier l’étendue du désastre, qu’il avait sous-estimée. Lui qui était presque parti pour conclure « On fera plus attention aux potions la prochaine fois, et tout ira bien ! » s’apercevait de sa naïveté. Bien sûr que non, ça n’irait pas, ça ne suffirait pas. Quoiqu’il fasse, Klemens serait hanté par ses premières victimes. Quelque soit les dispositifs de sécurité qu’ils pourraient imaginer, sa confiance était définitivement perdue. Il aurait toujours cette petite part de peur que le contrôle lui échappe de nouveau. Ca, Roy ne pourrait pas le changer, sauf s’il trouvait le remède miracle pour le débarrasser de sa lycanthropie.

Il était totalement impuissant face à cet état de fait.

« Désolé. »

Il l’était même sincèrement. Roy avait mal au crâne rien qu’à essayer de décortiquer ce que Klem pouvait ressentir, alors qu’est-ce que ça avait dû être pour lui, quand il s’était réveillé, avec deux cadavres dans les bras ? Qu’est-ce qu’il aurait fait à sa place ?

« J’avais pas pris conscience de tout ça, c’est juste… une histoire de dingue. Il ferma les yeux, inspira profondément, dans une vaine tentative de remettre de l’ordre dans ses idées. Mais nous aussi, on veut pas te perdre Klem. C’est pour ça qu’on a un peu… réagi avec force et violence ? Roy ne trouvait pas l’expression exacte. Il grimaça juste en désignant sa joue, en écho à celle de Klem, un peu abîmée des coups qu’il avait pris la veille. Désolé pour… bref. Alors du coup… ça t’a aidé de partir ou pas ? »

La question était posée en partie pour changer de sujet et masquer son embarras, l’autre partie parce qu’il était tout simplement curieux de savoir, même s’il était sceptique quant à la réponse, compte tenu de la tête que tirait Klem depuis son retour. Il laissa un petit temps, avant d’ajouter, son regard ancré dans celui du loup :

« T’arriveras pas à surmonter ça tout seul, Klem. »

Au fond, c’était tout ce qu’il voulait qu’il comprenne.



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"J'en sais rien... Honnêtement Roy, je sais plus trop où j'en suis. J'ai pas envie de me retrouver face à mon vieux et encore moins face à Jacek. Et ma mère... si vraiment elle avait voulu de mes nouvelles, elle m'aurait écrit. Les hiboux, c'est fait pour ça. En dix ans, elle aurait largement eu le temps."

Il cachait son malaise derrière de la rancœur, comme toujours. Il venait de s'en rendre compte. Il n'était pas vraiment honnête avec lui même. Il avait justifié son non retour en Pologne comme dû au fait qu'il n'était pas désiré là-bas. Que sa famille ne voulait pas de lui. Mais c'était lui qui été parti de son plein gré avant d'attendre la moindre remontrance. Mais vivre dans un endroit qui lui aurait rappelé sa soeur en permanence n'était pas envisageable. Et retourner là-bas, même après toute ses années, rien que l'idée, le faisait souffrir d'avance. Il poussa un léger soupir et les confidences s'enchaînèrent. Et il encaissa le fait que Valery avait fait des crises. Plusieurs. Beaucoup. Trop. L'inquiétude de Roy était palpable. Et tout était sa faute. Il n'aurait jamais dû partir. Mais ça avait été plus fort que lui. Il avait ressenti un besoin urgent de quitter l'Angleterre et tout ce qu'elle représentait désormais. De faire comme avec la Pologne et comme avec Katzia. Tirer un trait tout simplement. Mais la donne avait changé aujourd'hui. Il y avait Roy et surtout, il y avait Valery. Et il ne pouvait pas lui dire, encore moins maintenant, il ne voulu surtout pas lui créer de choc trop important. Qu'importe ce que disait Roy. Le silence parfois était beaucoup plus bénéfique.

Et il y eu d'autres aveux. Beaucoup plus durs ceux là. Et Roy s'excusa. Klem releva la tête et croisa son regard. Des vrais excuses. Il ne s'était pas attendu à ça, le trafiquant ne s'excusait jamais habituellement. Il haussa les épaules comme pour dire que ce n'était pas vraiment important au fond. Il n'a pas besoin de le prendre avec autant de fatalisme. Ce qui est fait est fait. Et il la question de Roy le laissa perplexe un instant. Suffisamment longtemps pour que son ami reprenne la parole et affirme qu'il n'allait pas s'en remettre tout seul. C'était probablement vrai. Il ne s'en était pas complètement remis. La preuve, il sentait les larmes et la honte affluer. Mais il ne devait pas pleurer. Et non, il n'avait pas envie d'un câlin non plus. Ni de se loger dans les bras de Valery pour oublier et pour obtenir un peu d'amour et de chaleur humaine. Il aurait tout donner pour être avec Val à ce moment et tout oublier. Lui faire des bisous et des câlins et encore beaucoup d'autres choses qui le faisait sourire d'anticipation.

"Non, ça m'a pas tellement aidé."

Il posa un regard hésitant sur son ami, un regard légèrement humide .

"Tu crois que j'arriverais à surmonter ? Honnêtement, je sais pas. Je sais plus. Mais c'est clair que je me suis rendu compte que tout seul... je pourrais pas. Si ça peut te rassurer sur le fait que je vais pas repartir."

Léger sourire sans joie. Il y a tellement de choses qui le retiennent ici à la réflexion. Sa peur de sombrer complètement et son manque de motivation à abandonner Roy et son amitié et sa ronchonnerie et sa sale tête d'avare et puis, surtout, il y a Valery et sa tête adorable et son sourire et sa souplesse et son indéfectible affection et ce petit truc en plus qui le fait sourire dès qu'il pense à lui et dès qu'il le voit. Il se sent tellement mieux lorsqu'il est avec lui.


Klemens Dabrosky
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Roy hocha simplement la tête, en guise de réponse, signe qu’il comprenait, et en même temps, qu’il ne savait pas quoi dire. Lui était avis qu’en dix ans, précisément, Klemens aussi aurait du avoir le temps de regretter d’être parti, ou au moins, hésiter à rentrer chez lui. Dix ans. Dix années qu’il n’avait pas vu son frère, son père. Sa mère. Roy s’aperçut qu’il ne savait pas non plus pourquoi Klemens les avait quittés, de façon visiblement définitive. La seule fois où ils en avaient parlé, il avait évoqué un milieu bourgeois qu’il ne supportait pas. Roy pouvait comprendre. Les règles, la pression, les attentes familiales, le désaccord avec un certain mode de vie… Oui, il pouvait comprendre que Klemens ait eu besoin de couper le cordon, de prendre de l’air. Mais… Pendant dix ans ? Sans jamais envisager aucun retour, pas même quand sa mère était mourante ? Difficile à concevoir. Quelque chose n’était pas logique ou alors, un détail de l’histoire manquait.

Il mit de côté ses suspicions sur lesquelles il n’aurait probablement pas de réponse tout de suite. Les aveux venaient, les uns derrière les autres, à mesure de ce que Klemens était capable de dévoiler. Roy lui-même n’était pas sûr de pouvoir en encaisser plus d’un coup. L’entendre dire qu’il avait agressé deux innocentes était un choc suffisant. Assez pour que Klem en soit au bord des larmes, chose qui le mit étrangement mal à l’aise. Trop de fois, il s’était trouvé dans cette situation inconfortable, avec Valery notamment. Si Klem s’y mettait aussi…

« T’as plutôt intérêt à pas repartir, ouais. » marmonna t-il en détournant les yeux.

Roy se connaissait. Cette explosion de colère et de violence la veille… ne lui ressemblait pas tant que ça. Lui il était plutôt du genre à balancer sa verve froidement, avec juste ce qu’il fallait de répliques assassines. Il aurait dû en rester à ce stade, sans franchir la limite de la perte de contrôle, voilà ce qui lui ressemblait. Depuis combien de temps n’était-il pas sorti de ses gonds de la sorte ? Il n’y avait que Jason qui était capable de le mettre dans des états si extrêmes, et encore, c’était rare. Jason… Et Klemens, donc.

« J’sais pas non plus, Klem, avoua t-il, en décroisant les bras. La seule chose que je sais, c’est qu’on te laissera pas tomber. »

Oui, ça il en était sûr. Aussi inutile que pourrait être son soutien, Roy le lui offrait tout entier, sans crainte de ce qu’était son ami. Il avait beau savoir ce dont le loup en Klem était capable, il sous-estimait peut-être encore la situation. Jusque là, il avait eu un rapport assez distant avec sa lycanthropie, sans trop prendre conscience de tout ce qu’elle impliquait. Les choses devenaient d’un coup beaucoup plus réelles. Klemens pouvait tuer, même deux pauvres innocentes. Même ses amis, même eux. Roy avait beau se répéter ça, son être entier refusait de le laisser tomber, peut-être bien maintenant plus que jamais.

Pour autant, il était totalement ignorant de la façon dont il fallait gérer la situation. Klemens avait tué. Roy, tenu dans la confidence, était en quelque sorte complice. Bien. Quelles options s’offraient à eux ? Pas grand-chose, à priori, à part enterrer ce secret, Roy ne voyait rien d’autre.

« Alors… Tu vas faire quoi, maintenant ? Tu sais qui sont les deux gamines ? »



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Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem hocha la tête et remercia implicitement Roy. Il avait très certainement fait semblant de ne pas voir ses yeux étrangement humide et cela lui convenait parfaitement. Il n'était pas du genre à pleurer. Il était plutôt pudique au fond. Il n'aimait pas tellement se dévoiler à ce point. Il avait franchi un cap dans son amitié avec le trafiquant. Une sorte de barrière avait dû sauter pour qu'il se sente autant à fleur de peau. Il esquissa un léger sourire et balança son poing dans l'épaule de son ami. Beaucoup plus viril déjà comme comportement.

"Merci Roy."

La question du trafiquant le laissa pourtant perplexe un instant. Il avait décidé de ne rien faire. Il pensait pourtant que sa fuite avait apporté la réponse. Il n'avait pas l'intention d'assumer plus aujourd'hui qu'à l'époque. Mais la réflexion que tout cela suggérait, le dérangeait un peu. Non, il ne les connaissait ces deux gamines. Il avait vaguement vu leurs visages dans le journal mais il ne voulait pas en savoir plus. Il ne voulait rien connaitre d'elle. La culpabilité n'en serait que plus profonde. Il commencerait à s'imaginer quel genre de vie, elles avaient avant qu'il ne vienne tout leur arracher. Quel genre de filles seraient-elles devenues sans lui et sans cette horrible nuit ? Tout un raisonnement qu'il ne voulait pas tenir, des questions qu'il ne voulait pas se poser. Il se complaisait dans sa lâcheté. Mais que répondre à Roy pour ne pas passer pour un minable sans cœur ? Il n'y avait sans doute pas de bonne ou de mauvaise réponse de toute façon dans ce genre de situation.

"Je sais pas trop. J'ai vaguement vu leurs photos dans le journal mais sinon, je les connais pas ces filles. Et très honnêtement, je pense que c'est beaucoup mieux ainsi. Que la survivante reste une étrangère pour moi et ce qui m'aidera sans doute le plus à oublier. En fait, je vois pas trop ce que je pourrais faire."

En réalité, il avait bien une petite idée mais l'idée d'aller se rendre ou de se faire connaître ne l'enchantait pas vraiment pour l'instant. Il était relativement allergique à tout ce qui représentait l'autorité et puis pour l'instant, il arrivait encore à peu près à gérer ses remords. Même si ces derniers ne faisaient que grossir au fur et à mesure que le temps passait.

"Et ici ? Que s'est-il passé en mon absence ?"


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Roy se laissa gentiment pousser, tandis qu’un vrai sourire ornait ses lèvres, en réponse aux remerciements de Klem. Non pas que le loup lui devait une quelconque gratitude, mais enfin, il ne rejetait pas leur soutien. La pression du dernier mois retombait, un peu. Pas totalement. Cette histoire n’était pas tout à fait finie. Elle ne faisait que commencer, en vérité. Les répercussions judiciaires, notamment, l’inquiétaient. Klemens était-il condamnable pour des actes qu’il avait commis en toute inconscience, en étant dans la peau d’un autre ? Le statut des loups-garou avait toujours été flou, à tous les niveaux, depuis des siècles, malgré quelques minimes changements. Personne au ministère n’avait eu le cran de s’attaquer au problème à bras le corps.

Qu’aurait-il fait à sa place ? Difficile à déterminer. Roy était un courageux Gryffondor… qui avait la sagesse de préférer la lâcheté de temps en temps. Il était bien tenté de dire à Klemens de tourner purement et simplement le dos à cette affaire, d’oublier ces deux jeunes filles dont il avait totalement bouleversé –ou anéanti- l’avenir. En quelques mots, se montrer clairement égoïste et soucieux de son avenir à lui. Roy n’avait aucune envie de retrouver son ami à Azkaban, condamné par une lycanthropie dont il était la première victime. Si pour cela il fallait fermer les yeux sur ce qui s’était passé la nuit du vingt-deux février, soit.

« Je pense aussi que c’est mieux ainsi, commença t-il, avec prudence. Le mieux à faire c’est d’essayer d’oublier. Tu t’es assez torturé l’esprit comme ça. »

Il lui rendit sa tape amicale sur l’épaule, un sourire un peu désolé aux lèvres. Il était conscient qu’oublier était plus facile à dire qu’à faire, et qu’il ne pouvait pas faire grand-chose, à part être présent, si son aide, ou son écoute lui étaient utiles.  

Sa question suivante demandait réflexion, Roy ne répondit pas immédiatement. Il avait l’impression que beaucoup de choses s’étaient produites dans ce dernier mois, mais en même temps, que tout était allé à une lenteur affligeante. Il y avait Val, et leur amitié qui s’était renforcée, cessant de dépendre uniquement de Klemens. C’était peut être le seul point positif du dernier mois. Le reste n’était que frustration, déceptions, et surtout colère. Il y avait la colère du monde magique, qui ne faisait qu’augmenter de jour en jour, après le scandale de la Consumeuse, les attaques de loups, les émeutes et manifestations qui éclataient un peu partout en Angleterre… Il y avait sa colère à lui.

« Pas mal de choses, finit-il par répondre dans un soupir. C’est un peu tendu et compliqué, en ce moment, t’arrives pas au meilleur moment. »

Il n’avait d’ailleurs pas spécialement envie d’en parler. Manque d’envie, manque de force, surtout. La discussion s’était montrée bien assez déprimante comme ça. Klemens était revenu. Et il avait assez de soucis comme ça sans qu’il n’en rajoute une couche. Roy lui-même en avait marre de ressasser les siens. Il était peut-être temps d’apprécier le côté positif dans le retour de son ami...

« T’as pas envie de te changer les idées plutôt ? J’sais pas ce que t’as pu boire en France, mais y a pas moyen qu’ils aient des bars meilleurs que les nôtres. Profite, je paye la tournée, ça t’arrivera pas souvent. »

… Et tenter de détendre l’atmosphère, tant bien que mal. Roy n’attendit pas vraiment l’accord de Klemens pour le kidnapper, cela faisait bien trop longtemps qu’ils n’avaient pas fait de concours de boisson tous les deux, ou d’autres jeux stupides.

FIN DU RP



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