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 Of concrete and glass [Roy & Klem]

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2 Avril 2008

C'était à prévoir. C'était à prévoir mais ça n'en est pas moins vexant. Valery maudit son corps, maudit sa magie, maudit le nouvel arrêt de travail qu'il a enfoncé dans le fond de sa poche avec une infinie vexation. Le voila renvoyé chez lui encore une fois, assigné à domicile tant qu'il n'a pas le résultat de ses tests, et privé de représentation. Parce que c'est ce qui aurait du se passer ce soir, à Birmingham, la SEMA présentait sa nouvelle création. Et cette normalité, cette routine -aller au ministère, sortir du ministère, aller danser, finir de danser, rentrer, épuisé, et sombrer dans le sommeil- était rassurante. Il s'était senti bien toute la journée, avec une petite musique d'ascenseur dans la tête, un vague sourire distrait. Il savait qu'il allait rentrer et voir Klemens, maintenant son colocataire, en train de râler contre la télé ou il ne sait quoi, et n'avait qu'une hâte, venir se blottir contre lui et s'amuser de ses râleries ou quoi qu'il pouvait bien faire seul le soir sans Val. L'y aider, éventuellement, si c'est intéressant et implique peu de vêtements. Mais il a manqué de se blesser, encore, à la dernière répétition, alors il rentre tout de suite. Très bien. Soit.

Depuis que le loup-garou à emménagé chez lui, objectivement, peu de choses ont changé. Il y a un peu plus de fringues dans ses armoires, vaguement un ou deux cosmétique à peine utilisé dans sa salle de bain. Klemens vivait déjà chez Val plus qu'à temps partiel, de toute façon. Valery ne devrait pas faire grand cas de ce somme toute minime changement. Et pourtant depuis son installation, il n'arrive pas à réprimer un petit sentiment de contentement très nouveau, très inexplicable, chaque fois qu'il pense à chez... eux. C'est un peu ridicule, comme sensation. N'est-ce pas ? C'est cette même sensation de contentement, d'affection pour Klem et le fait qu'il habite avec lui qui a fait que, malgré le fait qu'il lui ai trouvé un lit et arrangé sa propre chambre, le loup-garou n'a pas encore eu l'occasion d'y dormir, trop occupé à répondre aux ardeurs excessivement renouvelées du danseur.

C'est à cela précisément qu'il pense en ouvrant la porte de chez lui. Le bruit de discussion animée/gentille dispute entre potes lui vient avant d'avoir l'image. Quelques bouteilles de bière vides, un paquet de carte, un carton de pizza, et Klem et Roy en train de débattre sur un point spécifique d'une règle de poker, avec la télé en fond sonore qui diffuse un concert de Jazz. Cela n'aurait pas été choquant, comme scène, ordinairement. Mais la vue de Roy fait remonter les évènements d'il y a quelque jours en pleine tête à Valery, qui titube presque. Il s'est soigneusement appliqué à les ignorer, sa journée à Sainte-Mangouste comme sa soirée et ce qu'il a osé faire, a coulé une dalle de béton par dessus pour les confiner et se permettre de vivre normalement sans mourir de honte ou d'inquiétude, alternativement. Il n'est pas prêt à affronter Roy et ses regards et ses "pourquoi" déçus. Cela fait trop peu de temps, il a été trop occupé pour trier ses sentiments -amertume, anxiété, infinie tristesse, un certain soulagement, aussi-, les aligner bien à plat et les presser dans un livre pour les faire sécher et pouvoir les conserver sans plus s'en sentir concerné. Stratégie qu'il applique un peu trop généreusement depuis qu'il tombe dans les pommes sans raison.

Une ombre passe dans ses yeux en étudiant la scène. Quelque chose qui ressemble à s'y méprendre à de la panique. Il n'arrive pas à regarder Roy en face, traverse le salon sans rien dire, même s'il devrait faire bonne figure, faire semblant, pour n'alarmer personne, surtout pas Klemens qui ne doit rien savoir. File dans la cuisine pour déposer la nourriture à emporter qu'il a glané sur son chemin, et y reste un peu trop longtemps, se versant de l'eau pétillante bien froide pour se calmer, tournant le dos à la porte de la cuisine. Il appose ses mains sur la surface froide et polie du comptoir en inox. C'est fou comme il tire de calme des étendues dures et froides -éviers, tables de métal, carrelage en tout dernier recours.
Quoi faire ? Il n'arrive pas à se détacher de son comptoir pour les affronter. La simple vue du trafiquant l'anime grandement, le tiraille. Il l'a embrassé. Il l'a embrassé et il s'est fait repousser, et ce n'était ni à cause de l'alcool ni de son état. A quoi diable pouvais-tu t'attendre, espèce d'idiot. Pourquoi diable as-tu voulu faire ça en premier lieu ? Peut-être est-il grand temps d'arrêter de se voiler la face.

Lorsque d'inévitables pas se font entendre en direction de la cuisine, il a l'impression de ne jamais avoir eu aussi mal aux articulations. Sa synovie semble avoir été remplacée par de l'acide et il ronge et il se sent paralysé.

Puis il se retourne et fait face à celui/ou les deux qui se sont pointé pour voir ce qu'il se passait. Sourire de façade, verre d'eau à la main, et rien ne peux cacher ses cernes et sa lèvre mordue un peu plus tôt pour s'empêcher de leur hurler de débarrasser le plancher et d'aller exister ailleurs, loin hors de sa vue.

- Je suis pas allé à ma représentation, finalement. Vous jouez au poker ? Qui gagne ?

Qu'elle sonne faux, cette voix guillerette.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem vida sa deuxième bouteille de bière avant de poser son regard perplexe sur Roy. Il était en train d'inventer une règle là non ?  Il leva un sourcil perplexe avant de poser calmement son jeu sur la table avec un sourire. Full House. Et là, il allait pas lui dire que sa minable couleur le faisait gagner. Il n'allait certainement pas se faire avoir. Il ramassa rapidement ses jetons avant de battre le jeu de cartes et de le tendre à Roy. Bon ok, peut-être que certaines combinaisons n'existaient pas en Angleterre mais celle-là quand même. Fallait pas abuser.

"Attends. Tu vas pas me dire que mes trois as et mes deux rois se font battre par ta petite couleur là. Arrête de tricher, Roy."

Léger petit sourire en coin et la partie reprit. Mais comme tout jeu avec Roy, la mauvaise foi du trafiquant revenait chaque fois et continuait d'étonner Klement qui ne pouvait s'empêcher d'en rire. Il avait encore fallu débattre d'un point bien spécifique qui ne changeait strictement rien au jeu. Il entendit alors la porte d'entrée s'ouvrir et Val débouler dans la pièce. Un sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'il croisa le regard de son amant - colocataire. Même si concrètement, il n'aurait pas dû être là mais à sa représentation de danse dont il n'arrêtait pas de lui parler depuis des semaines. Son sourire se fripa un peu alors que Valery passait à côté de lui sans un mot. Il le suivit du regard jusque dans la cuisine, étonné de ne pas avoir eu de bisou de bonjour. Peut-être que c'était parce que Roy était là et qu'il ne voulait pas le mettre mal à l'aise. Ou alors, il y avait autre chose, quelque chose de plus profond. Comme la raison réelle de son retour précoce. Il se leva de sa chaise et se dirigea vers la cuisine pour s'arrêter sur le pas de la porte et observer le danseur un instant en silence.

"C'est moi qui gagne. Qui d'autre ?, léger sourire moqueur. Il tient pas la distance le pépère."

Son sourire s'estompa un peu alors que son regard croisait celui de Val. Il n'arrivait décidément pas à cacher son inquiétude. Il avait dû se passer quelque chose pour qu'il ne fasse pas la représentation.

"Tout va bien Val ? Il t'es arrivé un truc ? Un nouveau malaise ou une blessure ? T'es pas trop déçu de pas être sur scène ?"

Il s'avança vers son amant et posa une de ses mains sur sa nuque. Il l'embrassa légèrement, se moquant que Roy regarde ou non.

"Tu sais que tu peux compter sur nous hein. Aller viens, il reste un peu de pizza et des bières. On va te faire de la place et te passer des jetons pour que tu puisses jouer."

Puis sans attendre de réponse du jeune homme, il l'entraîna à sa suite vers la table du salon, transformé pour l'occasion en table de poker.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Saleté de russe polonais à deux balles qui se sent obligé d’avoir les meilleures cartes juste pour  me faire chier. Telle était la pensée de Roy lorsque Klemens lui présenta une main pleine et crut bon de le traiter de tricheur en plus. Le trafiquant haussa un sourcil tout à fait sceptique. Bien sûr qu’il trichait, sinon ce n’était pas drôle. Est-ce qu’il existait des parties de poker sans triche ? Et parce qu’il n’y avait pas non plus de partie de poker sans narcotiques, Roy se fit un plaisir d’envoyer une bouffée de fumée à la figure de Klem, avant de protester, de sa plus grande indignation :

« C’est moi qui triche ? Alors ça, c’est la meilleure. Tu crois que j’ai pas vu ta baguette ? Tu vas pas m’avoir deux fois, je bats les cartes au prochain, donne-moi ça. »

Il arracha plus qu’il ne prit les cartes des mains de Klemens.  La partie reprit de plus belle, les débats avec. Roy songeait au prochain sort informulé qu’il allait utiliser pour clouer le bec à cet impertinent de loup garou, lorsque Valery fit irruption dans l’appartement. Roy n’eut même pas besoin de se retourner pour le savoir, le sourire niais de Klemens suffisait comme indicateur. Il n’avait de toute façon pas très envie de se retourner. Il préférait faire mine d’être absorbé par ses cartes, histoire de se donner une excuse. Son alibi ne tient malheureusement pas très longtemps, puisqu’il ne fallut pas plus de trois secondes à Klem pour se désintéresser de la partie et quitter la table. Roy ne le suivit pas. Pas tout de suite. Il reposa ses cartes avec un long soupir. Génial. Depuis quand était-il si lâche ?

Vraiment cela n’aurait pas du l’affecter plus que ça. Ni lui, ni Val. Mais, si cela avait été anodin, le danseur n’aurait pas changé de comportement envers lui, chose qu’il avait naïvement espéré. Il aurait pu dire que l’alcool l’avait fait déraper, rigoler un coup, et passer à autre chose. Mais Valery ne l’avait pas fait. Valery l’avait embrassé. Valery était amoureux, peut-être, probablement. Et lui ne savait plus où se mettre.
Il n’avait rien dit à personne, bien sûr. Ni à Juliana –surtout pas-, ni même à Klemens, car il se trouvait incapable de prédire sa réaction. Son petit doigt lui disait quand même qu’elle ne serait pas très positive. Roy préférait de toute façon oublier cette histoire, l’enterrer en espérant que les choses se tassent avec Val, qu’ils puissent passer à autre chose. Alors il restait assis, triturait ses cartes sans grande conviction, avec la simple envie de se faire oublier, même s’il écoutait, de loin, même s'il râlait que c'était lui qui gagnait, d'abord.

Il tendit un peu plus l’oreille en percevant le ton inquiet de Klemens, mais n’eut pas à se lever, puisque ses deux amis revinrent à sa table. Sans un mot, il rassembla toutes les cartes, avant de pousser des jetons vers Valery, et se mettre à redistribuer. Il en profita pour lui jeter un coup d’œil rapide, juste de quoi aviser sa mine. Pas terrible. Un peu trop de cernes sous les yeux pour qu’il puisse espérer n’inquiéter personne.

« Pourquoi t’es pas allé à ta représentation, alors ? »

Essaye de paraître un minimum impliqué, Roy. Pose pas la question comme si t’avais juste envie de te barrer. Ah minute, c’était le moment où il était sensé faire une vanne, comme toujours à chaque fois que Val les rejoignait au poker. Bizarrement elle ne sortait pas. Roy se contenta donc de paraître une nouvelle fois étonnamment concentré par son jeu.



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Lorsque Klemens se penche pour l'embrasser, il ne réagit pas tout à fait. Il a, d'une certaine manière, l'impression de l'avoir trompé. Impression qui est ridicule vu la situation et les gens concernés. Klemens l'embrasse plus souvent ces derniers temps et si Valery n'y voit aucun inconvénient - même, cela le fait un peu sourire dans sa tête à intervalles réguliers- il ne s'est pas encore tout à fait habitué. Il le salue d'une claque dans le dos ou d'un coucou de la main, généralement. Il n'arrive définitivement pas à être à l'aise en sa présence, ce soir. Le danseur s'écarte de lui pour déballer les plats thaï qu'il a ramené, des crevettes et des nouilles et plein de choses sucrées, et répondre lapidairement à ses questions.

- Non, tant pis... Une autre fois... Puis j'aime plus danser que être sur scène, tu sais...

Val ne fume pas. C'est mauvais pour sa capacité respiratoire. Et puis ça pue. Et puis c'est pas classe. Il est bien trop smart pour ça. Mais alors qu'il se fait trainer presque de force vers le salon, et que les effluves moyennement légales de ce que peux fumer Roy lui reviennent aux narines, il lui filent une furieuse envie de lui en piquer une taffe. Ou mille. Histoire de se calmer, histoire d'être capable de faire face à la situation. Roy évite soigneusement de le regarder, il ne sourit pas, il ne balance rien de foireux. C'est peu de confort de savoir qu'il n'est pas tout seul dans son agitation. Il marmonne rapidement quelque chose, comme quoi ils jouent pas avec du vrai fric, bande de tapettes, et qu'il refuse de jouer avec eux, parce que lui il joue à la régulière, et qu'il se sent toujours très seul à cause de ça, mais il finit quand même assis à côté de Klem sur le canapé, en face de Roy qui a pris le fauteuil, un éventail de cartes à la main. Pourquoi diable essaie-il de prétendre ? Il aimerait mieux se réfugier dans sa chambre et s'allonger. Il pourrait, bien sûr, mais cela ne ferait qu'éveiller plus de suspicion. Et Roy ne s'est pas levé et ne s'est pas barré en claquant la porte. Pourquoi est-il dans son appartement, dès le départ, d'ailleurs ? Après un tel évènement il aurait pensé que remettre un pied ici aurait été trop d'effort pour lui.

Val n'y a pas repensé. Il n'a pas eu l'occasion d'avoir des larmes à ravaler. Pas que ce soit le cas à présent, hein. Il a bien trop pleuré ces derniers temps, pour ces deux imbéciles là autour de lui. Mais il n'arrive pas à les regarder, néanmoins. Mise vaguement, trop à ses pensées pour comprendre le déroulement du jeu, et admire les petits jetons en plastique bon marché briller sous les lumières tamisées de son salon. Il se frotte les mains, et se terre dans un mutisme sans bornes, ne relevant qu'à peine la tête pour répondre lorsqu'on lui parle de sa représentation.

- Heu... J'ai préféré pas y aller.

C'est beau comme ça n'explique rien, ni sa cheville qui a recommencé à lui faire mal, ni sa magie qu'il sent vaciller, même à cet instant, agitée qu'elle est, comme lui, à être en présence des gens qui le stressent le plus. Micro-regard vers Roy. Il s'engueule mentalement. Quelle idée t'as pu avoir, hein ? Mais l'envie n'est pas partie. Elle est juste accompagné d'une vieille douleur sourde, tout à fait inconnue, parce qu'on ne peut pas dire que Valery ai été déjà amoureux, encore moins de quelqu'un qui ne joue pas le jeu. Il déteste ça, le jeune danseur. c'est un tiraillement, une envie de casser des trucs, et puis en même temps se rouler en boule dans un coin et espérer que cela s'en aille tout seul. Il reconnait à peine la nature de ses sentiments qu'on lui jette déjà à la figure. L'attitude du trafiquant le blesse trop. Il n'arrive pas à se retenir, après un nouveau long silence. Sa voix est dure, et froide, et parfaitement policée.

- Qu'est-ce que tu fais chez moi, Roy ?

Oubliant par la même que ce n'est plus juste chez lui.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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Klem ne chercha pas à discuter l'excuse de Valery et l'entraîna à sa suite dans le salon avec un sourire aux lèvres. Il fut pourtant un peu étonné que Roy ne redresse pas la tête pour saluer leur ami. Et son étonnement ne s'arrêta pas là. Il regarda le trafiquant, surpris, par le ton employé. Il n'y avait même pas eu de plaisanterie derrière. Pas non plus de petite vanne comme à chaque fois que Val jouait avec eux. L'atmosphère était lourde. Ils étaient loin d'une petite partie de poker décontracté histoire d'oublier leurs petits soucis. Rien de tout cela n'était très crédible. Comme si Val et Roy s'étaient disputés et se faisaient la tête. Ce genre de choses avaient souvent lieu entre Klem et Roy. Mais ce n'était pas du tout courant entre le trafiquant et le danseur. Et le sujet devait donc être relativement grave. Il posa son regard sur Valery à sa dernière question. Son regard se baissa alors sur ses cartes. Le coeur un peu lourd. Evidemment, il était chez lui pas chez eux. Qu'est-ce qu'il avait bêtement cru lui ? Que ça y était, parce qu'il habitait avec Val, il était dans son appart à eux ? Non, ils étaient dans l'appart du danseur. Et il l'avait un peu oublié. Surtout en invitant Roy.

"Excuse moi. C'est ma faute, c'est moi qui l'est invité, je pensais que ça te dérangerait pas. Comme t'étais en représentation et je voulais pas être tout seul et comme j'habite là maintenant... Enfin, c'était stupide. J'irais chez Roy la prochaine fois. Désolé, Val."

Bon ok, il était peut-être un peu vexé par le chez moi. Il vida sa bouteille de bière et piqua le joint de Roy pour le porter à ses lèvres. Il ne voulait pas accentuer les tensions entre ses amis mais il aurait bien voulu savoir à quoi rimait tout ça.

"Et euh... vous vous faites la gueule ou bien ? Non parce que plus tendu, j'ai rarement vu hein. Surtout entre vous deux."

Il poussa un soupir et attrapa la dernière part de pizza qu'il avala en trois bouchés. Bon et maintenant, ils jouaient ou ils continuaient à se regarder en chien de faïence ?


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Valery avait l’air à peu près aussi impliqué dans sa réponse que lui dans sa question. Parfait. L’ambiance était bien partie se plomber tout doucement, peut-être même plus vite que prévu. Roy releva un regard pas très avenant envers le danseur lorsqu’il s’enquit froidement de la raison de sa présence. Comme si c’était sa faute. Comme s’il n’avait plus le droit de mettre les pieds ici, après ce qui était arrivé, et dont il n’était pas responsable. La voix injustement assassine de Valery lui faisait passer l’envie de se taire et de se faire oublier, tiens.

« Klemens m’a invité, rétorqua t-il, en appuyant bien sur le nom. Ce n’était pas comme si lui allait l’inviter, étant donné la façon dont il l’évitait depuis plusieurs jours, semblait dire son regard planté dans celui de Val. C’est aussi chez lui, maintenant, nan ? »

Lui semblait-il. Il avait cru comprendre que Klemens avait emménagé chez Valery, Roy n’était plus très au fait de ce qui se passait entre ces deux-là… D’accord. Lui aussi évitait Val. Et peut-être un peu Klemens aussi, du même coup. Précisément pour éviter ce genre de situation où ils se trouveraient forcés de faire comme si tout allait bien, pour ne pas alerter leur ami commun. Bien sûr qu’ils se faisaient la gueule. Ca ne se voyait pas assez ? Ils n’étaient même pas capables de faire semblant, c’était pathétique. Roy cessa de fusiller le danseur de regard, mais ne prit pas la parole pour autant.

« Moi j’ai rien à dire. »

C’était très bien de s’enfermer dans un silence boudeur et de laisser Valery expliquer pour eux deux, finalement. Fidèle à lui-même, rejetant ses propres responsabilités, toujours. Il repoussa quelques jetons, se rendit compte que c’était précisément au danseur de jouer, reposa sa taffe avec une profonde contrariété.

« Bon, tu mises ? »



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Valery a une capacité à se durcir et devenir de marbre qui n'intervient que lorsqu'il contient soigneusement sa colère. Plus d'expression, malgré les mains qui tremblent et les pensées qui explosent en lui. De qui ose se foutre Roy.

- Non je me disais que vu comme tu étais pressé de t'en barrer le plus vite possible la dernière fois et surtout pas assumer les conséquences tu le fuirais un peu, mon appart. Je sais pas, par dignité. Par honte. Mais t'es quand même fichu de te repointer la bouche en cœur trois jours après et me servir du "oh je pensais pas tu serais là". T'as un souci, Roy.

Encore une fois, il dit "mon" appart, mais... Pour le coup il sait qu'il s'en voudra, plus tard. Il sait qu'il s'en voudra mais n'arrive pas à faire autrement, animal qui défend son territoire. Rien que le fait de regarder Roy lui fait mal, lui rappelle son comportement de la dernière fois, alors qu'il était fin pété et au désespoir. Depuis il s'est juré qu'on ne lui reprendra plus, plus jamais, surtout pas Roy incapable de gérer quoi que ce soit. L'attitude de ce dernier renforce au centuple cette résolution et il ne sait vraiment pas pourquoi il reste calme, dans son canapé, à côté de Klemens, alors que la seule envie qu'il a est de le démolir. Peut-être simplement parce que Roy est un point sensible, et qu'au delà de toute la rage et toute l'injustice prise dans la glace de cette fausse conversation policée, c'est la blessure, la déception qui prévalent. La déception envers une illusion de Roy fausse et préfabriquée, dans laquelle Valery s'était réfugié ces derniers temps pour appréhender les côtés les moins faciles de sa vie. Klem disparu, sa maladie... Roy avait semblé le dernier homme encore debout, le dernier rempart avant l'océan.
Ca n'avait pas été le cas. Pire que cela, l'océan était arrivé à lui, et Roy détourne encore les yeux comme si cela allait suffire pour se décharger de cette histoire. Valery le regarde faire exactement à cet instant.

- Mais t'es là comme si rien ne s'était passé donc je me demande si t'es pas venu me narguer. Si t'es pas ici exprès pour que je te colle un pain. Probablement que je devrais, d'ailleurs. Ca te ferait peut-être te sentir mieux à propos de toi même.

Pourquoi faire simple lorsqu'on peut faire passif-agressif et bitchy ? Autrement probablement que Roy aurait déjà été expédié par une fenêtre. Valery attends à présent patiemment que Roy comprenne le message, pose ses jetons, et décide gentiment d'aller finir sa partie ailleurs. Klemens pourrait même aller avec lui, là, s'il le veut, Valery souhaite le calme et l'absence d'être pensants et casse-pieds, ce soir. Il se donne une contenance en décapsulant une bière sur le coin de sa table. Son regard n'a pas bougé de Roy, ne bougera pas tant qu'il n'aura pas quitté l'appart, surveillance infiniment hostile. Et déçue.
Klemens DabroskiLoup-garouavatar
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L'ambiance était vraiment pourrie. Pire qu'à son anniversaire. C'était peu dire. Parce que bon quand même, la fête organisée pour son anniv' a été un vrai fiasco. Mais tout à fini par rentrer dans l'ordre. Mais là c'était vraiment critique entre Valery et Roy. Le trafiquant sur ses gardes qui ne voulait pas engager la conversation et le danseur qui parlait mais qui en même temps ne disait rien. Comment ça, Roy était parti en abandonnant Val ? Et assumer quels conséquences ? Rah, il ne comprenait rien du tout. Et pis Val qui continuait de dire "mon appart". Il allait finir par se vexer à la fin. Et il avait dû vraiment se passer un truc parce que bon Val était pas du genre à faire la gueule pour rien. Il poussa un profond soupir et s'enfonça dans le canapé sans rien dire. Que pouvait-il faire de toute façon ? Rien du tout, c'était leur problème pas le sien et il ne s'en mêlerait pas. Il se leva donc pour aller chercher ou plutôt faire mine d'aller chercher un truc à manger. Il piocha d'ailleurs dans ses propres réserves. En gros, les derniers trucs qui restaient des courses qu'il avait faites la veille parce qu'il en avait marre que ce soit tout le temps Val qui le nourrisse. Enfin, c'était pas grand chose en fait, juste un paquet de chips. Mais depuis qu'il était rentré, il avait perdu son poste de vendeur et il allait très certainement commencer à se pencher du côté des bars pour faire un truc un peu plus légal que dealer et livreur de contrefaçons et de produits pas très légaux. Mais en attendant, ça rapportait assez pour qu'il puisse s'acheter de la bouche, payer sa part de loyer et en garder encore un peu de côté pour ses potions.

"Quelqu'un veut des chips ?"

Pas de réponses, tant pis. Il aurait essayé. Il se laissa lourdement retomber dans le canapé à côté de Valery qui semblait vraiment en colère contre Roy. Klem suspectait même qu'il était vraiment sur le point de foutre Roy dehors. Le loup fronça les sourcils. Il ne savait pas ce qui se passait mais le danseur n'allait clairement pas foutre son invité à la porte.

"Valery"

Sa voix avait claqué sèchement dans la pièce. Il posa son regard blessé et un peu perdu sur son ami.

"Je sais pas ce qui se passe entre vous mais j'apprécie moyen que tu traites mon invité comme ça. C'est moi qui ait demandé à Roy de venir ce soir. Visiblement, c'était une erreur. Mais je vois pas en quoi ces problèmes entre vous me concerne et concerne cet appart que nous partageons. Donc la prochaine fois que tu ne veux pas que j'amène quelqu'un chez nous, tu me le diras avant. Que je débarque pas complet. Et que j'ai pas non plus l'impression d'être de trop chez moi."

Bon... il avait peut-être été un peu fort pour le coup. Mais au moins peut-être qu'il comprendrait un peu mieux la situation maintenant. Et que quelqu'un prendrait enfin la peine de lui expliquer clairement ce qui se passait dans ce foutu appartement.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy reposa ses cartes, d’un geste qui devait paraître calme, qui était en réalité largement contenu. Ce n’était plus le moment de jouer aux cartes, ni de manger des chips. Les premières accusations de Valery lui hérissaient déjà le poil, les dernières furent pires. Assumer les conséquences ? Se sentir mieux à propos de lui-même ? C’était Sainte Mangouste qui se foutait de la charité.

« T’insinues quoi exactement ? Que j’ai aucune raison valable de t’en vouloir ? Que tout est de ma faute, comme d’habitude ? Il me semble que c’est toi qui m’évites depuis un moment. Ouais, je suis venu en sachant qu’il y avait une possibilité que tu sois là. Désolé de pas être aussi lâche que toi. »

Roy était surtout venu parce qu’il ne voyait pas comment décliner l’invitation de Klemens sans que ça paraisse louche. D’accord. Le fait qu’il lui avait dit que Valery ne serait pas là avait aussi largement aidé. Mais il ne l’avouerait pas. Parce que Roy reconnaissait difficilement ses torts, surtout si la personne en face ne reconnaissait pas non plus les siens. C’était rageant, cette façon qu’avait Valery de le foudroyer du regard comme si tout était de sa faute ! Il n’était pas du tout venu le narguer. Cela le choquait presque qu’il pense ça de lui. Comme s’il était profondément mesquin, comme si cette situation loin d’être drôle l’amusait. Qu’est-ce qu’il avait fait, à la fin ? Est-ce qu’il l’avait demandé ce baiser ? Non. Et ça ne lui avait pas non plus fait plaisir de repousser Valery, encore moins dans l’état de désespoir dans lequel il était. De quoi allait-il s’excuser ? D’avoir refusé de lui donner de faux espoirs ? Il ne comprenait pas. Vraiment, il ne comprenait pas cette réaction excessive, quand il pensait avoir fait pour une fois ce qui était mieux à faire.

Roy faisait tourner toutes ces pensées dans sa tête, sans parvenir à les exprimer autrement que par un regard furieux, mais surtout décontenancé, vers le danseur. La voix sèche de Klemens le surprit un peu. Il ne s’attendait pas à ce qu’il se mette à rabrouer Val, lui aussi. Il s’était plutôt imaginé qu’il essayerait  de détendre l’atmosphère, pas d’en rajouter une couche. Si une petite part de Roy se sentit soulagée d’avoir un soutien de la part du loup, elle ne perdura pas vraiment. Parce qu’il se souvint qu’ils n’étaient pas dans un jeu où il fallait remporter le plus de votes. Parce que de toute façon, l’attitude de Klem allait sans doute très vite changer, quand il serait tenu au courant de certains évènements. Roy avisa quelques secondes l’expression du danseur, juste ce qu’il lui fallut pour prendre sa décision. Il était hors de question que Val s’enfuie, et si pour ça il fallait lâcher la bombe qu’ils se lançaient depuis quelques minutes, Roy le ferait. Il était de toute manière incapable de la laisser brûler plus longtemps dans sa main.

« Je vois pas de quoi je devrais assumer les conséquences. Aux dernières nouvelles, c’est pas moi qui t’ai embrassé. »

Et elle avait explosé plutôt calmement.



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Les attaques combinées font ciller Val à plusieurs reprises, dérouté. Blessé. La tirade de Klemens, tout d'abord, qui s'annonce avec un "Val" retentissant comme un tonnerre. Elle lui fait reconsidérer ce qu'il a pu.. penser, ce qu'il a pu commencer à entrevoir entre eux ces derniers temps. Klemens semble plus intéressé et vexé par le fait qu'on ne le considère pas comme habitant des lieux à part entière que par ce que Val semble sous-entendre. Comme si maintenant que l'appart était acquis, s'inquiéter pour celui avec qui il le partage, lorsqu'il semble aussi blessé et peiné que ce que Val peut afficher sur son visage, est accessoire. Ah donc je vous dérange dans votre partie de poker, peu importe mes états d'âme, c'est ça ? Il s'est habitué à plus de délicatesse de la part du loup, surtout ces derniers temps. Mais il n'était pas là le soir où il a bu, et Roy, oui.

Roy... Qui fait preuve d'une mauvaise foi probablement encore pire que la rebuffade du polonais. Valery commence à ne plus contrôler ses sentiments et tout ce qui se mélange violemment en lui. Il aimerait faire des reproches, se défendre contre les accusations, argüer que c'est aussi son appart, surtout, son appart, en premier lieu, et que l'absence d'envie de voir quelqu'un prime sur quoi que ce soit d'autre. Il aimerait dire à Roy que sa version l'arrange bien, et qu'il aurait préféré que le trafiquant le fuie plutôt que devoir composer avec sa présence alors qu'il n'arrive déjà pas à être stable quand tout va bien dans sa vie. Leurs regards couplés, plein de défense/de reproche/d’incompréhension pèsent sur lui et... Il.. n'y arrive pas.

Lorsque Roy évoque le baiser, alors que Valery avait encore cette certitude que jamais il n'allait oser, qu'il allait faire comme si cela n'était jamais arrivé, le danseur se tourne d'instinct vers Klem. Et l'expression qui se peint sur son visage est la dernière goutte.

Posture défensive, bras croisés - plus resserrés autour de lui, présentement, accablé qu'il est et incapable de parler, parce qu'il a bien trop pleuré et qu'il arrive à se retenir, là, et ça ne resterait pas le cas s'il ouvrait la bouche - il se lève sans un mot, les lèvres plissées, blanches d'être trop pressées l'une contre l'autre. Il se lève et puis il s'en va. Il ne s'était jamais senti étranger dans son propre appartement. Il ne s'était jamais senti aussi mal. Son petit monde s'est resserré sur quelque chose de trop malsain et trop hostile et il n'arrive plus à reconnaitre ses marques. Roy, cela était attendu, Roy n'est pas quelqu'un de bien ,après tout. Mais de la part de Klem, la pilule passe plus difficilement.

Il prend l'ascenseur avant qu'on ai pu l'en empêcher. Il va aller se percher sur le toit de l'immeuble comme on fait dans les films, et bouder un peu en admirant la grande constellation nocturne de Londres vivre et se déchirer sous ses pieds.
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Envolée la bonne humeur de début de soirée. Envolée en même temps que l'arrivée de Valery en fait. Il pousse un léger soupir. Il s'en veut un peu d'avoir parler comme ça à Valery. Il n'avait aucune raison de le faire d'ailleurs. Après tout, il a oublié un peu vite tout ce que le danseur fait pour lui, son état de santé mais ces attaques injustifiées contre Roy l'ont énervé. Mais ces mots rageur sont-ils réellement injustifiés ? Il n'en a pas la moindre idée en réalité puisqu'il ne sait pas ce qu'il s'est passé entre ses deux amis. Et lui, il parle, il déverse sa verve et des mots cruels sans rien savoir. Mais lorsque Roy prend la parole, il comprend tout. Il sait enfin. Et il se tend, il pose un regard ébahi, blessé sur Valery. Flot de sentiments indescriptibles. Il ressent tellement de choses contradictoire. De la peine pour le danseur de s'être fait rejeter ainsi. De la trahison de voir que ses amis font ce genre de chose dans son dos. De la... jalousie. Ses yeux s'écarquillent de surprise. Pourquoi de la jalousie ?

Il sent son coeur se serrer lorsque Valery se lève sans un mot et s'en va. La colère l'envahit et il se tourne vers Roy, le visage déformé par la rage. Il sert les poings. Il a bien compris maintenant. Ce trafiquant à deux noises est parti comme un lâche laissant Valery seul avec son trouble sans rien savoir de ce qu'il pouvait ressentir. Il avait blessé son... son quoi en fait ? Peu importe, ce n'est pas le moment de penser à ça. Il se lève tremblant de colère. Il surplombe de toute sa hauteur son ami. Il lui paraît tout à coup si minable, si petit, si insignifiant. Son poing part tout seul et fini par s'écraser sur la joue du trafiquant. Il sent une douleur diffuse dans ses phalanges mais il a la satisfaction de savoir que le lendemain Roy aura un bel hématome.

"T'es vraiment qu'un sale con Roy Calder. Un sale petit con égoïste."

Puis sur un dernier regard dégoûté, il tourne le dos au trafiquant. Il ne supporte plus de voir sa sale tronche. Comment on peut être aussi bête ? Aussi indifférent ? Aussi égoïste et aussi.... Rah, il n'arrive même pas à décrire ce qu'il ressent vraiment. Au fond, il ne devrait pas être aussi dérangé par ce baiser. Il devrait être en colère parce que Roy a blessé Valery mais la vérité c'est que c'est ce baiser qui le dérange. Ce foutu bisou. Il claque la porte de l'appartement derrière lui et inspire profondément lorsqu'il est enfin dehors. Réfléchir. Retrouver Valery. Un pressentiment le saisit et il transplane sur le toit. Un soulagement le prend lorsqu'il aperçoit le danseur. Il s'approche doucement de lui et s'assoit à ses côtés.

"Je suis désolé Val. J'aurais pas dû parler sans savoir."

Il pose son regard sur son amant. Et son coeur se serre douloureusement. Mais Merlin, qu'est-ce qu'il lui arrive à le fin. Il ressent le besoin violent de presser le jeune homme contre lui, de sentir son odeur, de sentir sa peau contre la sienne. Il détourne le regard et se mordille la lèvre inférieure. Il fait mine de fixer l'horizon avant de reprendre la parole.

"Tu l'aimes hein ?"

Et prononcer ces quelques mots fait si mal. Il aurait aimé que les sentiments de Valery soit pour une autre personne. Pour lui... par exemple. Il ferme les paupières. Ne comprenant pas très bien où ses pensées l'entraînent. Ou plutôt, il a peur de le comprendre.


Klemens Dabrosky
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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A quoi s’attendait-il, au juste ? Certainement pas à ça. Il pensait que Valery répliquerait, pour commencer. Que sa provocation suffirait à lui délier la langue, qu’ils s’expliqueraient, enfin. Mauvais calcul. Il a été trop loin, visiblement. Sa déclaration a eu l’effet exactement inverse de ce qu’il recherchait, il n’a fait  que l’encourager à fuir. C’est Roy qui s’est fait avoir. Par l’expression infiniment culpabilisante que lui sert Valery avant de partir. Il n’arrive pas à croire qu’il l’a blessé à ce point.

Il aurait presque pu commencer à se remettre en question, presque. Si la voix furieuse de Klemens n’avait pas piqué le monstre d’ego qui sommeille en lui. Le poing, qu’il est encore trop sonné pour éviter, est la goutte de trop. Il a vraiment envie  de dire zut, pour rester poli. A tous les deux. A Valery, dont il ne comprend plus les réactions. A Klemens, qui lui vomit sa colère sans rien savoir de ce qui a pu se passer, de ce que lui a pu ressentir. A eux deux parce qu’il se sent acculé, comme s’ils s’étaient d’ores et déjà ligués contre lui, sans qu’il ne puisse rien y faire. Comme s’il était devenu, au fond, l’étranger dans ce trio qui avait été jusqu’alors si équilibré, avant que ce que Roy considère comme de stupides amourettes ne viennent s’en mêler.

Il a envie de dire zut parce qu’il s’est trop disputé avec ceux qui sont –étaient ?- ses deux meilleurs amis. Il n’a pas voulu que Valery lui porte des sentiments auxquels il ne peut pas répondre. Il n’a pas demandé ce baiser. Retrouver la complicité qui leur était si naturelle avant que Klemens ne quitte l’Angleterre, voilà ce qu’il voulait. Et s’il poussait sa mauvaise foi jusqu’au bout, il avait presque envie de rétorquer à Klem que s’il n’était pas parti, les choses se seraient sans doute passé différemment. De toute manière, il s’est encore barré. Retrouver Val, sûrement, et Roy… Roy, tout seul dans ce salon, peut aller se faire voir, message reçu.

C’est une colère toute nouvelle qui l’habite. Ce n’est plus celle qui le fait hurler et frapper du poing, parce que cette fois, elle est conjuguée à une espèce… d’infinie tristesse. Il est plus blessé que furieux. Pas seulement sur sa joue qui le lance encore et qui gardera sans doute une marque, c’est dingue, Klemens ne l’a jamais frappé si fort. Ses mots et ceux de Valery lui ont fait plus de mal qu’il ne veut bien l’admettre. Pour autant, il refuse de servir de spectacle désolé dans cet appartement silencieux, plein des vapeurs froides de ce qu’ils ont pu fumer, de leurs rires évanouis avant que Valery n’arrive. Même le lieu lui est hostile. Alors il se lève lentement, et transplane parce qu’il n’a plus rien à faire ici. Qui s’en plaindra de toute manière ? Qui viendra le chercher pour le réconforter ? Plus personne maintenant.

FIN POUR ROY



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C'est fou comme prendre de la hauteur apaise. Tout en haut d'un des plus grands buildings de cette partie de la métropole, les problèmes semblent triviaux, incroyablement futiles. Des vols d'étourneaux cherchent un coin pour passer la nuit, loin tout en bas dans le parc à quelques rues de chez lui. Un avion lézarde l'horizon d'une grande trainée de vapeur blanche, ses lumières de simples points colorés dans un ciel où les étoiles sont absentes, dévorées par la luminosité insomniaque de la capitale. Le craquement d'un transplanage l'étonne un peu, mais pas assez pour qu'il daigne relever la tête. Il pensait qu'on allait le laisser tranquille, trop énervé ou trop déçu pour l'affronter. Il ne veut pas regarder Klemens. Il aimerait bien une clope. Il n'a pas pensé à en prendre. Il a peur d'avoir plus de reproches, de l'éclat de colère, de la part du loup, mais ils ne viennent pas. Klemens s'installe à côté de lui et Valery n'arrive pas à franchir la distance entre eux, même s'il aimerait plus que tout au monde poser sa tête sur son épaule et fermer les yeux. Mais il a vu l'expression sur le visage de son amant. Au delà de l'étonnement, de la compassion pour lui... Il a reconnu autre chose, qui ne lui est pas inconnu non plus, lorsqu'il est question de Klemens. Il y a un déséquilibre manifeste dans la dynamique si soigneuse et bien huilée de leur amitié, à tous les trois. C'est une évidence. Et probablement que c'est à lui de faire quelque chose pour rectifier le tir. Il le doit à Klemens... il se le doit, aussi, à lui. Et... Et au trafiquant aussi. Des explications, peut-être un coup de poing ou deux. Il n'a pas le droit de laisser leur amitié dans une telle déliquescence.

Tu l'aimes, hein ? Ses pensées sont coupées court. Une grande douleur explose dans sa poitrine. Mettre des mots... Si crument, si tristement sur ce qu'il ressent pour Roy l'anéantit, très brièvement. Il chancèle malgré qu'il soit assis, ferme les yeux et se mord la langue pour ne pas laisser passer son expression. Puis hausse les épaules.

- C'est plus très important.

Et se lève. Laisse glisser une main le long de la nuque et dans les cheveux de Klemens; pour rassurer, pour lui affirmer que ça va aller, qu'il va arranger ça. Que c'est un sentiment réparable, oubliable. Il a pris sa décision. C'est l'heure d'aller s'expliquer une bonne fois pour toute avec Roy. Quitte à perdre son amitié tout à fait. Peu importe. Conserver celle avec Klem semble prévaloir, à l'instant.

- Je reviens. Je vais aller l'engueuler. Je reviens.

Assurer qu'il ne part pas, qu'il ne va pas voir Roy avec des sentiments positifs, en espérant que cela n'attise pas la jalousie de Klemens. Il a tellement peur que tout soit ruiné avec lui, tout ce qu'il a pu entrevoir ces derniers temps et qui semblait d'un côté si effrayant... Mais tellement désiré, en même temps. Il s'éloigne, ses pas crissant dans les graviers du toit d'immeuble trop moderne, et il transplane finalement. Chez lui en premier, puis vers l'appart de Roy lorsqu'il comprend que leur appartement a été vidé de toute présence.
L'heure des explications a sonné et sa colère remonte lentement en lui.


FIN DU RP
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Of concrete and glass [Roy & Klem]

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