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 Les copains ! [PV Juliet, Jeremy & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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Dernière édition par Irving Whitaker le Jeu 29 Mai 2014 - 15:40, édité 1 fois
18 Avril 2008


« Monsieur Whitaker, né le 08 août 1990 ? »

« C’est bien ça. » répondit Irving en hochant poliment la tête.
 
L’employée du département Magique Internationale l’observa par-dessus ses lunettes rondes pour comparer son visage avec  la photo de la pièce d’identité qu’elle tenait entre les mains. Elle était chargée d’accueillir les arrivants par portoloins internationaux mais le moins que l’on puisse dire, c’est que son accueil était loin d’être chaleureux. En effet, la jeune femme était aussi gracieuse que la porte d’Azkaban. De son air revêche, elle scrutait Irving avec une telle intensité que ce dernier ne savait pas trop ce qu’il devait faire. Il finit par esquisser un vague sourire en passant une main dans ses boucles brunes.
 

« Baguette. » exigea-t-elle d’un ton sec.
 
Irving tâtonna toutes ses poches à la recherche du précieux sésame avant de  le déposer sur le bureau en marbre. L’employée murmura alors plusieurs formules tout en agitant sa propre baguette au dessus de celle du jeune homme.
Surement des sortilèges anti-contrefaçon, songea Irving en se balançant  machinalement d’avant en arrière.
A dire vrai, il se sentait un peu stressé par ce contrôle. Pourtant, il n’avait rien à se reprocher: Ses pièces d’identité étaient en règle et il n’avait pas eut de problème durant le voyage mais il craignait qu’un coup du sort l’empêche de franchir l’ultime étape de son dessein : Revenir enfin au pays.
 
Cela faisait quasiment un an qu’il avait quitté le Royaume-Uni. Enfin neuf mois pour être exact mais il estimait que son séjour en France avait été bien assez long. Après une tentative de scolarité à Beaubatôns pour le moins chaotique, il était de retour chez lui et rien ne pouvait lui faire plus plaisir. Certes, il revenait sans diplôme en poche mais il avait tout de même foi en l’avenir. Il fallait juste que cette odieuse mégère l’autorise à rejoindre officiellement le territoire…
 
Comme si elle avait deviné l’objet des pensées du jeune homme , l’employée leva un regard inquisiteur dans sa direction avant de répliquer froidement :
 
« Je vois que vous avez été soumis à un mois d’interdiction d’utilisation de votre baguette par la cours de justice magique française. »
Le sourire d’Irving se figea légèrement.
-Euh… Ouai mais c’est bon maintenant…. J’ai payé ma dette vous savez, expliqua-t-il à voie basse pour ne pas être entendu des autres voyageurs, J’ai fait cent heures de Travaux d’ Intérêt Généraux, vous pouvez appeler l’service des Transports Magiques Français, ils vous l’confirmeront, ajouta-t-il un brin paniqué.
 
Et voila, sa crainte se vérifiait ! Il allait rester bloqué là, dans ce foutu bureau miteux du Ministère sans même avoir pu voir une seule seconde le ciel londonien !
 
-Ce ne sera pas nécessaire, répliqua-t-elle cinglante. Elle marqua une courte pause qui sembla durer une éternité avant de tendre sa baguette et ses papiers à Irving en beuglant un : SUIVANT !
 
L’ex-Gryffondor resta interdit durant quelques secondes mais la femme lui fit signe de dégager le passage afin de permettre au voyageur suivant d’avancer …
 
Bordel, il avait réussi ! Il était de retour !
 
-Merci M’dame ! claironna-t-il avec un large sourire en oubliant presque à quel point elle avait été odieuse. Il attrapa alors son sac de randonnée et ses nombreuses malles et quitta la zone de contrôle sans demander son reste. En quelques minutes, il rejoignit l’Atrium et ses salons de thé. Le stress du voyage lui avait noué le ventre toute la matinée mais maintenant, il avait une faim de dragon. Il commanda donc un sandwich et s’installa pour le déguster non sans avoir sortit un morceau de parchemin et une plume de son sac à dos.
 
« Chère Nora… 

J’espère  que tu vas bien…» inscrivit-il sur le bout de papier avant d’examiner sa feuille avec une moue dubitative.
 
Non. Il ne pouvait pas commencer comme ça. Cela faisait près de trois mois qu’il ne lui avait pas écrit. Ni à elle ni à personne d’autre d’ailleurs. Il ne pouvait décemment pas faire comme si de rien était ! Pourtant il avait des millions de choses à raconter à ses amis- qui expliquaient d’ailleurs la raison de son silence- mais il devait le leur dire en face, et non pas dans un vulgaire courrier.
Il effaça donc ce qu’il avait écrit et décida de jouer la carte de la sincérité. De toute manière, c’est que ce qu’il faisait le mieux.
 
« Nora,

J’aurais vraiment voulu t’écrire plus tôt, sincèrement. Tu peux le dire, j’ai fait de la merde. J’aimerais pouvoir t’expliquer les raisons de mon silence de vive voix, donc, si tu as quelques minutes à m’accorder, je souhaiterais te revoir. Dis moi quant et où, et je viendrais.

Affectueusement,

Irving. »
 
Le jeune homme relut son texte et estima que sa missive était convenable bien qu’elle manqua quelque peu de fantaisie. Avec un léger sourire aux lèvres il ajouta un petit astérisque après le « quant et où » afin de faire un renvoi en bas de page:
 
« Si possible, évites juste la forêt interdite en pleine nuit. » inscrivit-il en se remémorant le fiasco de leur  dernière escapade nocturne dans ce lieu.
 
Cette fois, il était satisfait. Il plia la lettre et l’inséra dans une enveloppe sur laquelle il nota le nom et le prénom de Nora ainsi que la mention Poudlard. Il rejoignit ensuite le service de poste magique de l’atrium où il loua les services d’un petit hibou jaune poussin en guise de messager.
 
Voila, une bonne chose de faite, songea-t-il en regardant la petite tache jaune disparaitre dans un conduit de cheminée. Certes, il devait encore reprendre contact avec tous ces anciens camarades de classe mais Nora était la plus spéciale à ses yeux.
 
Le jeune homme poussa un vague soupir nostalgique, avant d’attraper toutes ses valises entre ses mains. Il devait maintenant passer à la phase deux de son come-back, il lui suffisait pour cela de rejoindre sa prochaine destination, Aberystwyth.
 
Irving ferma les yeux afin de se couper visuellement du monde extérieur puis il se concentra sur cette ville qu’il avait découverte sur les cartes postales que lui avait envoyées Juliet. Lorsqu’il rouvrit ses mirettes, il était dans une petite impasse derrière un enchevêtrement de poubelle et de carton à trier. L’air fleurait bon l’eau iodée, signe que la mer n’était pas bien loin. Manifestement, il avait réussi son transplanage. C’était bien l’un des rares enchantements qu’il maitrisait parfaitement.
 
Satisfait, il quitta le coin sombre et s’aventura dans les ruelles de la ville. Un soleil timide perçait par intermittence entre les nuages et c’était plutôt agréable de flâner un peu. Il rejoignit la côte et observa les vagues pendant de longues minutes puis il se décida finalement à demander son chemin dans un magasin moldu. On lui indiqua de poursuivre sa route jusqu'au bout de la jetée et de tourner vers le bar le Piers.
 
Irving suivit donc les consignes du vendeur et se trouva rapidement devant la petite maison de Juliet et de ces colocataires. A dire vrai, il avait longuement hésité avant de venir ici. Allait-il être bien accueilli alors qu’il n’avait pas donné signe de vie à son amie depuis des mois ? Légèrement en proie au doute, Irving balaya la rue du regard.
Peut-être serait-il  plus judicieux d’envoyer une lettre pour s’annoncer… songea-t-il en se rongeant l’ongle du pouce. Il secoua alors la tête de gauche à droite en se rendant compte du ridicule de la situation. Bordel de Troll. C’était Juliet,  Ju, son amie, sa conseillère en matière de drague, la chanteuse charismatique des Dark Boursouf, celle qui avait été là dans les bons moments comme dans les pires … Elle ne pouvait quand même pas lui claquer la porte au nez quant même…Si ?
Un peu ragaillardi mais pas pleinement rassuré, Irving se baissa pour ramasser une petite violette qui avait miraculeusement poussée entre les pavés de la rue balayée par les rafales de vent. Il interpréta cela comme un signe et se décida à franchir le pas.
 
L’ex-gryffondor s'avança jusqu'à la porte d'entrée puis il prit une profonde inspiration et frappa trois coups. Il entendit des bruits de pas s’approcher de l’autre côté de la porte et lorsque celle-ci s’ouvrit, il tendit la petite fleur devant lui en soufflant un maigre :
 
« Salut. »


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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On avait prévenu Juliet que les débuts de la grossesse n’étaient pas les plus agréables à passer, et c’était un pur euphémisme. Elle avait passé des matins enfermée dans la salle de bain, prise de nausées plus au moins intenses, et les sautes d’humeur qui s’opéraient chez elle étaient également une des principales causes de sa fatigue. Il fallait dire que la jeune femme avait été légèrement émotive, ces derniers temps, passant du rire aux larmes sans la moindre logique. Cependant – et Merlin merci – tout cela semblait s’atténuer depuis quelques jours. Elle avait terminé son premier trimestre de grossesse, et – comme on lui avait assuré – les désagréments commençaient à s’estomper, et son ventre à s’arrondir. Elle posa une main sur ce dernier, toujours surprise par le contact. C’était surprenant, extraordinaire et légèrement effrayant aussi, de constater tous ces changements qui s’opéraient en elle. Elle allait devenir mère, dans un peu moins de six mois. Cette pensée lui paraissait toujours un peu incongrue, tant elle avait encore du mal à réaliser qu’elle s’apprêtait à fonder une famille avec Jeremy. A la pensée de son petit-ami, la jeune femme secoua la tête pour revenir à la réalité, et saisit dans le frigo deux boissons, avant de quitter la cuisine pour retourner dans le salon où elle retrouva Jeremy.

Cette naissance allait complètement bouleverser leur vie, songea Juliet en lui tendant une bièraubeurre avant de s’asseoir près de lui, une bouteille de jus de citrouille à la main. Pourtant, malgré cette perspective relativement effrayante, l’ancienne Gryffondor restait plutôt sereine face à tous ces changements. C’était sûrement parce qu’il  n’était pas dans ses habitudes de prévoir l’avenir sur vingt ans. Jamais elle ne s’était dit qu’elle attendrait d’avoir trente ans pour avoir des enfants, ou qu’elle prévoyait de se marier à vingt-six ans. Elle était d’accord avec ses parents lorsqu’ils disaient que c’était tôt, qu’elle n’avait que dix-neuf ans. Mais elle se sentait étonnement prête à accueillir cet enfant. Elle avait envie également de prouver qu’elle pouvait le faire, qu’elle pouvait élever son enfant, qu’elle pouvait lui donner tout l’amour dont il aurait besoin, quoiqu’il arrive. Esquissant un sourire, plongée dans ses pensées, Juliet vint finalement se blottir contre Jeremy, posant sa tête contre son torse.

« T’as passé une bonne journée ? » l’interrogea-t-elle en faisant courir machinalement ses doigts sur son torse, parfaitement calée dans les bras de son petit-ami, aspirant à présent à y passer la fin de l’après-midi.

Un évènement survint toutefois, qui l’obligea à quitter cette position si réconfortante et agréable. Trois coups furent en effet toqués sur la porte, ce qui lui fit pousser un léger soupir.

« Je te parie que c’est encore le vendeur qui est venu hier et mardi. » lança-t-elle, lasse de devoir renvoyer le jeune homme qui cherchait à lui vendre une étrange machine depuis le début de la semaine. « Je reviens. » souffla-t-elle en volant un baiser à Jeremy, avant de se lever du canapé, rassemblant toute la motivation du monde.

Elle parcouru les quelques mètres qui la séparait de la porte d’entrée, avant de poser la main sur la poignée pour l’ouvrir, persuadée de se retrouver face à face avec le vendeur à l’uniforme d’un bleu douteux. L’image fut toute autre, et c’est une Juliet complètement surprise qui observa le visage si familier d’un de ses plus proches amis qui était parti en France neuf mois plus tôt, et qui n’avait pas donné de signe de vie depuis plusieurs mois. Irving était devant sa porte. Irving ! Irving, son ami, son petit frère de cœur, qui avait été présent tout au long de l’année dernière, lorsqu’elle avait traversé  des moments difficiles, celui qui avait fondé les Dark Boursouf… Elle avait du mal à y croire, et restait sans voix devant son ami, bien qu’un sourire soit venu éclairer son visage. Evidemment qu’elle avait été déçue lorsqu’elle s’était aperçue qu’Irving ne répondait que très rarement à ses missives. Evidemment qu’elle avait été attristée lorsque ses nouvelles s’étaient faites plus rares, puis complètement inexistantes. Mais, étrangement, alors qu’il était là, sur le pas de sa porte, ce n’était ni la tristesse ni la déception des mois passés qu’elle pouvait ressentir, mais bien une joie immense à l’idée de retrouver quelqu’un qui comptait énormément pour elle.

« Irving ! » s’exclama-t-elle finalement, en secouant la tête, riant à moitié. Elle s’avança vers lui, et, après avoir saisi la petite fleur qu’il lui tendait, l’attira contre elle pour le serrer dans ses bras, en une étreinte libératrice. Elle finit par le relâcher pour l’observer, toute souriante. Il avait changé, depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu. Il était plus grand, et lui paraissait plus adulte, aussi. Sa masse de cheveux, elle, était restée la même, cependant, nota Juliet.

« Qu’est-ce que tu fais là ? Tu reviens en Angleterre ? Comment ça va ? » questionna-t-elle rapidement, bien consciente de faire subir un interrogatoire à son ami. Eh bien. Il n’avait pas qu’à aller habiter de l’autre côté de la Manche, aussi. « Entre, entre ! » l’invita-t-elle en se reculant pour le laisser passer, avant de l’étreindre à nouveau. « Tu avais perdu l'usage de la plume, chez les français ? » plaisanta-t-elle avec un clin d’œil, histoire de lui montrer qu’elle ne lui en voulait pas tant que ça – il était revenu, c’était le principal. « Jerem ? Jerem, on a de la visite, viens voir ! » appela-t-elle en posant sur Irving un regard ravi.

En attendant la venu de son petit-ami, elle se rapprocha d’Irving et, tendant le bras, passa sa main dans les bouclettes de son ami.

« Tu m’as manqué. » souffla-t-elle.

Il y avait des gens, comme ça, qui pouvaient partir pendant près d'un an, qui pouvaient ne pas donner de nouvelles pendant des mois, et qui restaient pourtant toujours présents.



Kit par Irving Ship
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy passa un bras autour de Juliet et se mit à caresser distraitement son épaule, tout en savourant la boisson qu'elle venait de lui apporter. Il avait passé la journée à travailler ses cours pour l'académie et sentait que son cerveau était sur le point d'imploser, aussi la pause auprès de Juliet était-elle bienvenue. Lui qui avait craint de manquer d'exercice en arrêtant le Quidditch à sa sortie de Poudlard ne s'était jamais senti fatigué, à force de courir partout. Aux cours à Lycaon et à Aberystwyth et aux moments passés auprès de Juliet, qui suffisaient déjà largement à remplir son emploi du temps, s'étaient ajoutés les moments passés auprès de sa famille éparpillée, entre sa mère elle aussi enceinte et son père avec qui il avait enfin fini par se réconcilier. Sa vie était folle ces derniers temps et il en perdait souvent le sommeil, trop occupé à penser aux deux bébés qui allaient bientôt entrer dans sa vie, lorsque ses nuits n'étaient pas hantées par les images du cadavre d'Ulrich. Pourtant, en dépit de la fatigue et des crises de panique occasionnelles qui l'envahissaient, Jeremy se sentait optimiste et heureux. A la fin de la journée, il pouvait toujours retrouver Juliet, lui raconter ses aventures et observer avec un mélange d'appréhension et d'émerveillement son ventre qui s'arrondissait lentement. C'était probablement heureux que sa vie soit si rythmée ces derniers temps, cela lui avait empêché de passer ses journées à se demander s'ils étaient en train de commettre une erreur magistrale. La décision était prise et ils allaient affronter les obstacles que cette grossesse mettraient sur leur chemin, sans trop réfléchir, comme les courageux Gryffondor qu'ils étaient. Pour l'instant, pour Jeremy, il s'agissait surtout de servir de soutien psychologique à Juliet... et de balancer des propositions de prénom à base de joueurs de Quidditch célèbres.

"Oui ça a été, journée studieuse aujourd'hui, j'ai travaillé sur mon travail de groupe avec Bianca. Je crois qu'on touche au but, notre oiseau avait ses deux yeux cette fois !"

Il s'apprêtait à retourner la question à la jeune fille lorsque quelques coups furent frappés à la porte. Jeremy poussa un léger soupir en espérant qu'il ne s'agissait pas d'un visiteur indésirable. La colocation était vide ce soir et il avait bien l'intention d'en profiter avec sa petite-amie... Comme Jeremy s'apprêtait à le découvrir, il s'agissait bien d'un visiteur, mais il n'avait rien d'indésirable. Intrigué par le ton joyeux de Juliet, Jeremy abandonna sa biéraubeurre sur la table basse et bondit sur ses pieds, avant de s'élancer vers l'entrée. La vue des bouclettes si reconnaissables d'Irving lui soutira une exclamation de surprise et il se figea un quart de secondes, surpris par cette visite si inattendue. Puis il reprit ses esprits et bondit sur son ami pour le serrer à l'étouffer, en une étreinte qui n'avait rien de très virile.

"VINGOUNEEEEEEEET !", s'exclama-t-il d'un ton ravi en relâchant le pauvre Irving, avant de l'observer sous toutes les coutures.

"Wahou, t'es parti élever les bouclettes ? Z'ont pas de coiffeurs en France ?", le taquina-t-il, pleinement conscient que lui-même aurait bien mérité une coupe de cheveux. "Ah ça fait plaisir de te voir ! Entre !"

Jeremy échangea un sourire ravi avec Juliet et partit chercher une biéraubeurre pour Irving, avant de rejoindre les deux autres dans le salon. Jeremy s'affala dans le canapé avant d'interroger son ami :

"Alors, comment ça va ? T'es là pour combien de temps ?"

Il avait beau n'avoir échangé qu'une lettre avec Irving en début d'année, Jeremy appréciait énormément son ancien camarade de Poudlard. Ils avaient de très bons souvenirs ensemble et avaient partagé toutes sortes de moments, depuis les aventures à Poudlard et les concerts des Dark Boursouf jusqu'à l'effondrement du plafond en Laponie, en passant par le douloureux enterrement du père d'Irving. Lorsque le jeune homme était parti en France, Jeremy avait tenté de garder contact pendant environ dix minutes, puis sa vie s'était emballée et il avait été embarqué par le tourbillon des récents évènements. Il avait déjà du mal à garder contact avec ses amis en sol anglais, alors Irving exilé, quelle idée ! Jeremy n'avait jamais été très doué pour donner des nouvelles et à en juger par ce que lui avait dit Juliet, Irving non plus. Mais cela n'enlevait rien à leur amitié, et ces retrouvailles ravissaient Jeremy. Bien sûr, il avait rencontré plein de personnes très intéressantes à Lycaon et il croisait toujours ses anciens camarades de Poudlard à l'université magique, mais Irving, c'était autre chose ! Il nota néanmoins que le jeune homme était venu ici pour voir Juliet et qu'il ne s'attendait peut-être pas à le trouver aussi. Juliet et Irving étaient proches, il le savait, et Jeremy se tint prêt à s'éclipser s'il s'avérait que sa présence dérangeait Irving. Après tout, cela faisait bien des mois qu'il n'avait pas eu de nouvelles, et Jeremy n'avait aucune idée de ce qui s'était passé dans la vie d'Irving ces derniers mois...


Irving WhitakerAubergisteavatar
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L’appréhension qu’Irving avait ressentit quelques minutes plus tôt s’envola immédiatement lorsque Juliet l’accueillit chaleureusement. Son amie avait toujours été une fille sincère et si elle avait l’air aussi radieux aujourd’hui, c’est qu’elle était vraiment contente de le voir. L’ex-gryffondor referma donc son étreinte sur sa grande sœur de cœur et savoura cet instant complice. Comme c’était bon de la retrouver ! Au bout de quelques secondes, la jeune femme finit par s’éloigner légèrement de lui pour l’observer toute souriante.
Elle n’avait pas changé songea Irving en riant comme un gamin, Elle avait juste l’air un peu plus mûr mais elle faisait toujours partie de ces femmes au charme naturel.
 
« Content d’te voir. » lâcha-t-il finalement avec un large sourire.
 
Son amie l’assomma alors de questions tout en l’invitant à entrer. Irving ne se fit pas prier. Il déposa ses malles, son étui à guitare et son sac à dos dans le vestibule de la petite maison moldue avant de se tourner vers la jeune femme pour lui répondre.
 
« J’crois qu’uis pas très doué pour donner de mes nouvelles, souffla-t-il en arborant une mine piteuse, ni pour en prendre d’ailleurs. »

 
Il haussa les épaules un brin fataliste et  passa une main dans sa chevelure bouclée.  C’était un fait connu de tous, il n’était déjà pas un homme de plume à la base et si on ajoutait à cela les récents événements qui avaient chamboulés sa vie, on pouvait aisément comprendre les raisons  de son silence. Heureusement, il allait enfin avoir l’occasion d’expliquer tout cela à l’ancienne chanteuse des Dark Boursouf…Et même à quelqu’un d’autre puisque Juliet s’exclama subitement:
 
« Jerem ? Jerem, on a de la visite, viens voir ! »
-Jerem’ est là ? s’enquit l’ex-gryffondor alors que son visage s’illuminait à nouveau.
 
Il se tourna en direction de la porte qui semblait desservir le reste de la maison avant de reporter vivement son attention sur Juliet.
 
« Trop cool ! Chuchota-t-il en frétillant d’impatience.
 
Il avait l’air aussi excité qu’un gamin le matin de Noël. En effet, il était intimement convaincu que les retrouvailles avec Jeremy allaient bien se passer. Il faut dire qu’il n’avait pas promis neuf mois plus tôt  qu’il allait lui écrire aussi souvent que possible (contrairement à ce qu’il avait affirmé à Nora ou Juliet).
 
Alors que Juliet s’appliquait à le décoiffer affectueusement en soulignant combien il lui avait manqué, Irving passa un bras autour de l’épaule de son amie et tendit l’autre bras en direction de Jerem’ pour l’inviter à les rejoindre dans une étreinte collective.
 

« Comment va mon sportif m’as-tu-vu préféré ???! » taquina l’ex-gryffondor lorsque le dit sportif fit son entrée.
 
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les trois amis se retrouvèrent les uns collés aux autres dans une longue embrassade. S’il avait été un niffleur, Irving aurait probablement ronronné de satisfaction. Jeremy fut le premier à s’écarter des deux autres avant de vanner gentiment son cadet sur son surnom ridicule et ses éternelles boucles brunes.
 
« Bwaaah ! répondit Irving en lissant une bouclette devant son visage,  J’laisse tout ça en friche, ajouta-t-il en relâchant la mèche de cheveu qui s’enroula sur elle-même telle un ressort, mais j’vois qu’tu sais d’quoi j’parle ! » conclut-il en ébouriffant la tignasse blonde de Jeremy.
 
Après plusieurs accolades échangées, ses deux amis l’accompagnèrent alors dans la pièce à vivre de la charmante maison. Irving s’installa sur un fauteuil et observa la décoration moldue du salon en attendant que Jeremy lui rapporte une bièrraubeurre.
 
« Merci vieux, souffla-t-il en décapsulant la canette avant de se tourner vers Juliet, C’est sympa chez toi. T’habites toujours avec Sam’ et Finnigan ? S’enquit-il en se remémorant les passages des lettres de son amie où elle évoquait la vie en colocation.
 
Irving but une longue rasade de bière en écoutant la réponse puis il reporta son attention sur Jerem’ qui venait de prendre la parole. Bon le temps des explications était manifestement arrivé puisque l’ex-capitaine le questionnait déjà sur la durée de son séjour en Angleterre. Irving regarda tour à tour ses deux amis et prit une profonde inspiration :
 
« Et bien…j’uis d’retour définitivement. »
 
Il s’appuya sur le dossier de son siège tout en faisant tourner légèrement le liquide doré dans sa canette.
 

« J’me suis fait virer d’Beauxbâtons. » expliqua-t-il d’un ton neutre avant de poursuivre tout aussi sereinement, mais c’est loin d’être une catastrophe. Franchement, j’ai jamais été aussi bien qu’aujourd’hui. Vraiment. L’école c’était plus pour moi, que ce soit Poudlard ou BeauxBat’. » expliqua-t-il en usant du petit surnom des étudiants français pour leur école.
 
Il haussa les épaules mais il n’y avait aucune trace de ressentiment ou de honte sur son visage. Ce choix d’arrêter définitivement ses études, il l’avait mûrement réfléchi et il assumait pleinement les conséquences de ses actes. Il esquissa d’ailleurs un faible sourire avant d’enchainer :
 
« Épargnez-moi le discours qui consiste à essayer de me faire changer d’avis. Toute ma famille a déjà essayé ! Expliqua-t-il en secouant la tête de gauche à droite d’un air amusé, j’ai fait mon choix et, j’vous rassure tout d’suite, c’est pas un coup de tête. » 
Il regarda tour à tour Jeremy et Juliet et ajouta :
 
« Même si- j’vous l’accorde-quant on me connaît un temps soit peu, on pourrait l’croire ! »

 
Irving savait qu’il était réputé pour ses réactions impulsives et irréfléchies. Ce comportement l’avait souvent mis en difficulté et c’était d’ailleurs l’un de ses coups de sang qui lui avait couté sa place à Beauxbâtons. Toutefois, trois mois après cette éviction, il était convaincu d’avoir fait le bon choix même s’il savait que tout ne serait pas facile :
 
« J’vais chercher du boulot chez les moldus. J’ai un peu travaillé chez eux en France donc ça devrait le faire. »
 
Il hocha doucement la tête et poursuivit :
 
« De toute manière je peux toujours crever pour espérer obtenir du taf dans l’monde magique anglais puisque j’suis pas diplômé supérieur… »
 
Pour la première fois depuis le début de la conversation, la voix d’Irving était teintée d’agacement, voir même d’aversion. Sa mine était plus dure et son visage s’était fermé.
Cela faisait un certain temps qu’il n’était plus convaincu du tout par la politique gouvernementale, mais, comme ses deux amis ne partageaient peut-être pas son avis sur les différentes réformes menées par le MIM, il décida à ne pas s’étendre sur le sujet, du moins, pour le moment. De ça, il en parlerait avec Cassie et avec Samantha, enfin, si cette dernière consentait à lui adresser de nouveau la parole. Mais, pour le moment, il était résolu à ne pas gâcher ces retrouvailles avec des discussions politiques. L’ex-gryffondor but donc une nouvelle gorgée de liquide avant de reprendre :
 
« J’visite plusieurs apparts demain. A la Cité Nimbus, à Londres, à Bristol et ici. J’sais pas encore trop où j’vais m’poser à vrai dire, mais ça, ça m’inquiète pas vraiment. »
 
Il esquissa un petit sourire en coin et détailla ses deux camarades d’un air calme et tranquille. Comme c’était amusant de les voir, tous les deux, assis côte à côte dans le salon d’une petite maison.
 

« Et vous alors ? A c’que j’vois, c’est une affaire qui roule … lança-t-il avec un brin goguenard, Un vrai p’tit couple idéal ! J’uis sûr qu c’est pour bientôt l’appart ensemble, le mariage,le boursouf, les mômes … » railla-t-il sans savoir qu’il ne croyait pas si bien dire…


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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C’était si bon, songea Juliet alors qu’elle était attirée dans une embrassade collective. Irving comptait beaucoup pour elle, depuis leur rapprochement l’année dernière, alors qu’ils étaient encore à Poudlard. Avec Jeremy, ils avaient formé un trio de Gryffondor sympathique, prêts à faire les quatre-cent coups, ou à donner des cours de drague plus ou moins douteux… Evidemment, les choses étaient différentes, aujourd’hui. Ils n’étaient plus à Poudlard, en pouvaient plus décider sur un coup de tête de se rendre dans la cabane hurlante pour boire, parler de leurs histoires de cœur, et effrayer Jeremy avec une poule démoniaque… Mais c’était toujours bon de retrouver leur ami, qui était parti bien trop longtemps en France à son goût – et sans donner de nouvelles, en plus de ça. Pour ce dernier point, elle aurait pu s’en douter. Enfin, le principal était qu’il soit revenu et qu’il vienne leur donner des nouvelles ! Juliet ne savait pas vraiment pour combien de temps il était là, mais si Irving restait suffisamment longtemps, ils pourraient peut-être réunir quelques élèves de leur promotion le temps d’une après-midi. Il y avait bien longtemps que Juliet n’avait pas vu Eva, Horace et Olivia.

Juliet observa les accolades des deux garçons avec un léger sourire aux lèvres. Une douce sensation de chaleur se diffusait en elle au fur et à mesure de ces retrouvailles, et c’est avec plaisir qu’elle suivit Irving et Jeremy dans le salon. Elle se laissa tomber dans le canapé, en face du fauteuil qu’occupait désormais Irving, et attendit que Jeremy revienne de la cuisine avant de commencer l’interrogatoire qu’elle comptait faire subir à son ami. C’était qu’il l’avait laissé sans nouvelle longtemps, en même temps ! Et elle voulait connaître sa vie en France dans les moindres détails. Après tout, Juliet avait partagé la salle commune de Gryffondor avec Irving durant plusieurs années. Elle avait été au courant de toute sa vie, de ses notes un peu désastreuses en potions – ils pouvaient se soutenir, comme ça – de ses sentiments pour Nora… Alors le changement radical avait été difficile – et déroutant.

« Oui, j’habite toujours avec eux. Mais ils ne rentrent pas ce soir ! On a toute la soirée pour t’interroger… » lâcha-t-elle avec un sourire malicieux.

Jeremy posa une première question – mais pas des moindres – et la jeune femme posa un regard curieux sur Irving, qui ne tarda pas à répondre. Il revenait ? Définitivement ? Juliet ne pu empêcher un sourire réjouit de venir étirer ses lèvres. Elle s’apprêtait à lâcher une exclamation ravie, lorsque son ami poursuivit. Le laissant poursuivre son histoire, elle resta silencieuse. Alors comme ça, Irving avait été renvoyé de Beauxbâtons ? Et il avait décidé d’arrêter ses études, sans chercher à les reprendre en Angleterre ? Juliet fronça légèrement les sourcils, avant d’observer le visage du guitariste. Etonnement, ce dernier était serein, prouvant que sa décision était ce qui le rendait heureux – et surtout, qu’il ne la regrettait pas. Et c’était le plus important, au final, songea Juliet, alors qu’un léger sourire apparaissait sur ses lèvres, au fur et à mesure du récit d’Irving.

« Je ne te ferais pas la morale ! » promit-elle. « Ça ne sert à rien de t’enfermer dans des années d’études si tu n’aimes pas ça. Autant que tu trouves un job qui te plaise. » elle observa son ami quelques instants. « Je te fais confiance, t’es assez réfléchi pour prendre les bonnes décisions qui te concernent. » Et, surtout, elle n’avait rien à redire sur son choix de vie. Irving faisait ce qu’il voulait.

Elle l’écouta ensuite évoquer son travail chez les moldus, et nota le ressentiment dans sa voix lorsqu’il parla des métiers sorciers. Oui, c’était tout le problème. Il fallait un certain diplôme pour travailler. Et, depuis l’apparition de l’université magique, il fallait également accomplir ses deux années obligatoires avant de pouvoir travailler réellement. En soit, Juliet était d’accord pour dire que l’université magique offrait des opportunités intéressantes. Mais il y avait également de sacrés désavantages. Peut-être était-ce ce côté « obligatoire » qui la dérangeait autant.

« Tu finiras pas trouver. » déclara-t-elle, confiante. « Tu sais ce que tu voudrais faire, chez les moldus ? » l’interrogea-t-elle.

« Tu peux rester dormir ici cette nuit. » proposa-t-elle, lorsqu’Irving évoqua ses recherches d’appartement. « Le canapé est assez large pour qu’on dorme dessus, et personne ne doit rentrer avant demain matin… Si tu n’as pas envie de rentrer directement à la Cité, bien entendu. » ajouta-t-elle en haussant légèrement les épaules.

Irving ramena ensuite les choses à eux, et Juliet lui lança un clin d’œil, avant de lâcher un éclat de rire lorsqu’il affirma qu’ils formaient le « p’tit couple idéal ».

« On ne change pas une équipe qui gagne, que veux-tu ! » répliqua-t-elle, malicieuse, en glissant sa main dans celle de Jeremy. Par Merlin, elle se souvenait encore du jour où Irving les avait surpris ensemble au détour d’un couloir, à Poudlard, aux débuts de leur relation… Comme cela lui semblait loin, à présent ! La suite de la tirade de son ami, d’ailleurs, lui arracha un sourire mystérieux, et elle hocha doucement la tête.

« Tu ne crois pas si bien dire… » lâcha la jeune femme, en jetant un regard à Jeremy, avant d’esquisser un nouveau sourire.

Il s’en passait des choses, en neuf mois.



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Jeremy lâcha une exclamation ravie lorsque son ami leur annonça être rentré définitivement. Irving était de retour pour de bon ! La fine équipe allait être réunie ! C'était une excellente nouvelle pour le jeune homme, qui réfréna néanmoins son enthousiasme lorsque la raison de ce nouveau déménagement leur fut révélée. Irving, renvoyé de Beauxbâtons ? Qu'avait-il donc bien pu faire pour mériter tel châtiment ? Bien sûr, les Gryffondor qu'ils étaient avaient tous enfreint les règles de Poudlard un certain nombre de fois mais n'avaient jamais rien fait qui aurait mérité une expulsion définitive, songea Jeremy en oubliant commodément la soirée mousse. Toujours est-il qu'Irving n'avait pas dû y aller de main morte sur les bêtises pour se faire renvoyer et ce retour en Angleterre était pour le moins intriguant...

Jeremy garda le silence, laissant Irving leur expliquer ses choix pour le futur. D'un petit hochement de tête, il indiqua qu'il ne comptait pas lui faire la morale sur ses choix, conscient qu'il serait probablement difficile à Irving de décrocher ses ASPIC et de passer aux études supérieures vu la situation. Jeremy, bon élève qu'il était, trouvait cela dommage, mais Irving n'était pas le premier d'entre eux à abandonner les études en cours de route. Tant qu'il ne suivait pas le même chemin que Killian et Kelsey...

"J'te vois bien dans la restauration moi !", proposa Jeremy lorsque Juliet interrogea le jeune homme sur le métier qu'il souhaiterait exercer. Irving avait le contact facile et l'air engageant, il pouvait facilement l'imaginer au contact des clients. Quoi qu'il en soit, quelles que soient ses ambitions, Irving devrait probablement se contenter du travail que l'on voudrait bien lui donner. Sans qualifications ni diplôme, il lui faudrait déjà trouver comment remplir un CV avec toutes ces années passées dans le monde sorcier dans une école inconnue du monde moldu.

"T'es le bienvenu chez moi à Bristol aussi", ajouta-t-il à la suite de Juliet. Il songea d'ailleurs qu'Irving pourrait prendre la place de l'un ou de l'autre dans leurs colocations respectives, puisqu'il était fort probable qu'ils n'y restent pas bien longtemps. Juliet et Jeremy n'en avaient encore pas beaucoup discuté mais Jeremy comptait bien emménager avec la jeune femme pendant l'été. Hors de question qu'ils continuent leurs colocations étudiantes loin l'un de l'autre une fois que leur enfant serait né...

"C'est une ville sympa, je te la recommande ! Animée !"

Oui, Bristol était animée, il n'avait pas idée à quel point... Jeremy serait bien resté sur le sujet, heureux de vanter les mérites de la ville dans laquelle il faisait ses études, mais Irving décida qu'il était temps de parler d'eux. Jeremy joignit nerveusement son rire à celui de Juliet et serra sa main dans la sienne. Ah, le voilà à nouveau, ce moment gênant où il devait expliquer qu'ils allaient devenir parents à vingt ans... Jeremy aurait bien gardé le silence pour laisser Juliet faire la grande annonce, voire pour laisser Irving s'en rendre compte tout seul à force de voir le ventre de la jeune femme s'arrondir, mais à en juger par le regard malicieux de la jeune femme, c'était à son tour.

"Hum, oui, en fait, on est un peu en avance sur le programme...", commença-t-il en adressant un petit sourire gêné à son ami. Comment allait-il le prendre ? C'était toujours difficile de savoir... Certains de leurs amis l'avaient très bien pris, comme Samaël et Théo, mais d'autres se demandaient quelle mouche les avait piqué. Horace, par exemple, lui avait annoncé qu'il était fou et que leurs soirées jeux vidéos lui manqueraient. Jeremy assumait leur choix, là n'était pas la question, mais il était toujours délicat d'annoncer ce genre de chose. Même s'il comprenait les réactions de certains de ses amis, c'était toujours un peu décevant...

"Je ne sais pas pour le boursouf mais... On va être parents. La naissance est attendue pour octobre."

Son sourire s'agrandit presque malgré lui, à la pensée qu'Irving serait présent à la naissance de leur enfant.


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Comme il s’en était douté, ses deux amis ne s’enthousiasmèrent pas pour sa décision d’arrêter l’école mais ils se montrèrent toutefois bienveillants à son égard et respectèrent son choix. De toute manière, Irving ne leurs demandait pas d’approuver ses actes, juste de l’accepter, lui, tel qu’il était. Même s’il devait l’avouer, les deux personnes face à lui n’étaient pas les plus difficiles à convaincre. Mise à part Nora, l’ex-gryffondor ne connaissait pas de personnes plus tolérantes que Jeremy et Juliet ! Quoique, Danny, peut-être.
 
D’ailleurs son meilleur pote avait lui aussi arrêté l’école l’année dernière et il avait réussi à rejoindre assez facilement le monde moldu, comme l’exigeait la réforme. Certes, Danny était issu d’une famille de non sorcier –ce qui facilitait considérablement la chose- mais il était tout de même parvenu à trouver un job de prof de surf sur l’une des plages de Bude. Aux dernières nouvelles, il filait même le parfait amour avec une jolie hippie… L’ex-bassiste des Dark Boursouf était la preuve vivante que les sorciers arrivaient à trouver leur place dans le monde non-magique et Irving était bien décidé à suivre l’exemple de son ami.
 
« J’ferais n’importe quoi, j’irais où on a b’soin d’moi, répondit-il à Juliet en haussant les épaules. Quoiqu’il en soit, il ne pouvait pas faire la fine bouche, Porter des caisses, ramasser des ordures, surveiller des dépôts la nuit,… J’ai fait ça en France pendant deux mois. L’plus dur c’était d’pas s’endormir mais sinon, c’était cool ! » Expliqua-t-il avec un sourire.
 
En effet, suite à son éviction de Beauxbatons, Irving avait été embauché en temps que stagiaire dans une entreprise de veilleur de nuit. Il avait passé ses journées à faire ses TIG pour l’État Magique Français avant d’enchainer sur son boulot moldu. Le rythme de chaque semaine avait été terrible avec seulement quelques heures de sommeil par nuit mais il avait tenu bon.
Ponctualité, Assiduité, Jovialité … sans Irritabilité ! Les maîtres mots pour revenir au pays. Finalement, sa doctrine avait porté ses fruits puisqu’ il avait réussi.
Alors aujourd’hui peu importait le travail, que ce soit un job de manutentionnaire ou de serveur comme le suggérait Jeremy, Irving serait heureux. Tout simplement parce qu’il l’avait décidé. Certes, certaines injustices le révoltaient toujours mais il ne voulait plus se laisser ronger intérieurement par toute cette merde. C’était sa nouvelle résolution de 2008 !
Bon, ok, rétrospectivement, ses résolutions des années précédentes n’avaient pas fait long feu : En 2006, il avait pris la décision de faire davantage de sport avec Nora. Au final, il n’avait fait qu’un footing ensemble durant lequel ils avaient trouvés le moyen d’inonder la salle commune de Serpentard, et au passage à l’année 2007, Irving avait pris la décision de ne pas faire imploser toutes ses amitiés…
Hum, no comment.
 
Pourtant, malgré son départ et son silence radio, il avait encore des amis sur qui compter, la preuve, Juliet lui proposait de rester dormir ici ce soir tout comme Jérémy qui l’invitait à Bristol.
 
« Merci mais vous inquiétez pas pour moi ! Le clan Whitaker veille au grain, lança-t-il en levant les yeux au ciel, j’m’installe à la Cité chez Sue, ma sœur, le temps de me retourner. Et Judy va m’aider pour les démarches administratives moldus en vu du job. S’savez, c’est mon autre frangine, celle qu’est institutrice, précisa-t-il puisque Juliet et Jeremy connaissait l’existence de sa sœur cracmole depuis une fameuse conversation dans le hangar à balais de Poudlard bien des années plus tôt.
 
« Si j’vous dis qu’je gère…c’est qu’je gère ! » lança-t-il enfin pour les rassurer avec un large sourire presque candide.
 
Il termina alors sa bièraubeurre et décida de changer de sujet en charriant gentiment ses deux copains. Après tout, on avait assez parlé de lui. Il avait raté tellement de choses en neuf mois qu’il voulait rattraper le temps perdu et tout savoir : Comment se déroulaient les études en métamorphose de Jeremy ? Est-ce que son pote arrivait à se changer en animal comme Nolan ? Est-ce que Ju’ était devenue la poursuiveuse vedette  de son équipe de quidditch ?
 
Alors qu’il s’apprêtait à poser toutes ces questions, Juliet lança une remarque pour le moins énigmatique en fondant un regard complice en direction de son amoureux.
Irving fronça les sourcils et pointa son index vers le ciel avant de lancer :
 
« Hop.Hop.Hop. Temps mort. C’était quoi ce p’tit regard ? Qu’est ce que vous m’cachez tous les deux ? » questionna-t-il en les scrutant tour à tour.
 
Bien que cela fasse un certain temps qu’il ne les avait pas vus, Irving connaissait assez ses deux potos pour deviner qu’ils lui cachaient quelque chose. S’étaient-ils fiancés ? Projetaient-ils de se marier ?
 
« Allez putain crachez l’morceau ! » s’exclama-t-il en posant ses avant-bras sur ses genoux, l’air surexcité.
 
"Hum, oui, en fait, on est un peu en avance sur le programme...Je ne sais pas pour le boursouf mais... On va être parents. La naissance est attendue pour octobre."
 
Le sourire d’Irving se figea pendant quelques secondes. Les connections dans son cerveau avaient un peu de mal à se faire pour le coup.
 
« Octobre. Mais tu veux dire octobre de cette année ? » questionna-t-il avec un air un peu benêt.
 
*Non, Octobre 2050 patate !* rétorqua son cerveau tandis qu’il percutait enfin. Pendant une fraction de seconde, Irving parut stupéfait mais son expression changea bien vite :
 

« BORDEL DE TROLL ! OCTOBRE ! » s’exclama-t-il enfin en se levant de son siège, les bras en croix pour venir embrasser ses deux amis. Son air réjoui ne laissait pas de place au doute concernant ses intentions : Loin de lui l’idée de juger ses deux camarades –cela ne lui avait même pas traversé l’esprit d’ailleurs- il voulait juste les féliciter en enserrant dans ses bras leur deux têtes blondes :
 
« BORDEL ! J’arrive pas à y croire ! Vous allez avoir un bébé ! » Répéta-t-il en relâchant son étreinte, c’est trop cool ! » Il  joua des fesses pour se frayer une place entre les deux tourtereaux sur le sofa et ajouta, J’uis trop content ! »
 
Irving se lança dans des petits applaudissements frénétiques (et ridicules) avant de se pencher en direction du ventre de Juliet :
 
« Alors ? Y a un p’tit sportif m’as-tu-vu là-d’dans ? Un p’tit Gryffy comme ses parents ?  Si c’est un garçon, vous l’appelez Irving, hein ! précisa-t-il en donnant un léger coup de coude dans les côtes de Jeremy sans toutefois lâcher des yeux le petit ventre rebondi de son amie.
 
« Et toi alors ? Ça va ? S’enquit-il finalement en cherchant le regard de Juliet, Pas trop fatiguée ? Vomissements ? Nausées ? » Avec une demi douzaine de neveux et une filleule,  il avait l’expérience des femmes enceintes. Et pour le vol ? Tu fais comment au travail ? C’est pas trop dangereux ? »
 
Bon, dix questions en moins de quinze secondes, il aurait peut-être fallu qu’il se calme mais c’était plus fort que lui. Ses deux amis allaient être parents, n’était-ce pas merveilleux ?
 

*Si, ça l’est*, songea-t-il en esquissant un sourire.
 Le jeune homme se laissa tomber contre le dossier du canapé et passa ses bras autour des épaules de ses deux camarades. Au passage il ébouriffa une nouvelle fois la tignasse de Jerem’ avec un ricanement puis il finit par se taire, afin de savourer pleinement ce moment.


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Juliet serra doucement la main de Jeremy dans la sienne alors qu’il annonçait à Irving qu’ils allaient être parents. En octobre. Merlin, cela lui semblait étrangement proche. La jeune femme adressa un petit sourire à son ami, restant silencieuse pour guetter la réaction de son ami. Lorsqu’ils avaient commencé à annoncer sa grossesse à leurs proches et leurs amis, les réactions avaient été très disparates. Il y avait ceux qui avaient accepté l’idée très rapidement, comme Théo et Samaël, ceux qui avaient émit des réserves, et ceux qui avaient clairement démontré leur désaccord avec leur décision de garder l’enfant. Tu es en train de gâcher ta jeunesse, Juliet. avait-elle entendu à de nombreuses reprises. Elle comprenait qu’on puisse émettre certaines réserves face à l’idée qu’ils deviennent parents si jeunes, mais la jeune femme désirait toutefois qu’on respecte son choix. Elle savait qu’on la connaissait pour agir sans réfléchir, mais elle avait longuement pesé le pour et le contre avant de soumettre à Jeremy son vœu de garder l’enfant. Vœu qu’il partageait finalement, puisque c’était ce qu’il avait souhaité aussi. Depuis cette fameuse discussion, ils avaient toujours assumé leur choix, mais il n’était jamais agréable de faire face à des réactions négatives.

« Oui, octobre prochain. » confirma Juliet d’une voix douce.

L’exclamation d’Irving qui suivit acheva ses doutes, et un immense sourire vient s’étirer sur ses lèvres alors qu’il se levait pour les embrasser tous les deux. Elle le serra longuement dans ses bras en ébouriffant affectueusement ses boucles brunes. Elle rit en se décalant pour laisser le jeune homme s’asseoir entre eux, et l’observa avec un sourire attendri se pencher vers son ventre pour lui parler.

« Oui, on va avoir besoin de toi pour lui dire que les joueurs de Quidditch sont des sportifs m’as-tu-vu parce que avec ses parents… » lança-t-elle avec un sourire amusé. « Irving si c’est un garçon ? Et si c’est une fille ? Irvina ? » le taquina-t-elle.

Elle posa un regard affectueux sur son ami, heureux qu’il prenne la nouvelle aussi bien.

« Fatiguée, si, de plus en plus ! Nausées et vomissements, au contraire, beaucoup moins depuis quelques semaines, presque plus en fait. Merlin merci. J’ai juste des sautes d’humeurs. Parfois. » lâcha-t-elle en offrant à Jeremy un sourire innocent et adorable.

Disons qu’elle était un peu émotive, ces derniers temps. En d’autres termes, elle pouvait passer du rire aux larmes en quelques instants, et pour la moindre contrariété complètement futile. Elle détestait ça, à vrai dire, mais n’y pouvait absolument rien. Visiblement, cela passait, et elle avait hâte.

« Pour le vol, j’ai dû quitter l’équipe. Tu imagines bien que voler en étant enceinte, ce n’était même pas imaginable, surtout avec les Cognards. Et bon, ça m’étonnerait que je réussisse à percer une deuxième fois dans le Quidditch professionnel, même si j’y ai fait une assez bonne entrée. Donc je vais me réorienter, je pense ! Dans quoi, telle est la question… »

Elle avait bien quelques idées, mais rien encore de bien concret. Il y avait bien le journalisme sportif, qui l’intéressait, mais encore fallait-il connaître du monde dans le milieu. Ses cours à l’université parvenaient également à lui faire envisager d’autres perspectives de profession.

Juliet esquissa un sourire avant de pencher vers Irving qui venait de passer un bras autour de son cou pour lui déposer un baiser sonore sur la joue. Elle avait réellement de la chance de pouvoir compter Irving comme un de ses plus proches amis.

« Tu seras un peu comme son oncle, en fait. Celui qui lui apprendra tout ce que ses parents n’ont pas le droit de lui apprendre ! » plaisanta-t-elle avec un sourire entendu. « Tonton Irving, c’est très mignon ! » lança la jeune femme en riant.

Elle poussa un soupir bienheureux en observant tour à tour Jeremy et Irving. Leur petite bande de Gryffondor lui avait tellement manqué, et elle était heureuse de retrouver sa complicité avec Irving ! Et en pensant à Irving, il y avait bien une chose qu’elle ne lui avait pas demandée, et qui pourtant avait piqué à vif sa curiosité…

« Et d’ailleurs, Irving ! Y a un truc que tu ne nous as pas dit, tiens ! Qu’est-ce que t’as fait à Beauxbâtons pour te faire virer de l’école ? » l’interrogea-t-elle en glissant vers lui un regard curieux.

Après tout, ils en étaient aux révélations, alors autant continuer sur cette lancée… Et puis Juliet avait bien l’intention de rattraper tous ces mois passés sans la moindre nouvelle de son ami. Il avait dû en vivre des choses, en France ! La jeune se retint de justesse de le questionner sur les jolies françaises, préférant d’abord avoir la réponse à sa question…



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy retint un sourire moqueur devant l'expression du visage d'Irving, qui avait visiblement un peu de mal à faire le calcul. Passé l'angoisse de l'annonce aux parents, révéler la grossesse de Juliet pouvait parfois s'avérer assez amusant, ne serait-ce que pour voir les visages des gens. Il aurait du penser à prendre une photo à chaque fois, ça aurait fait de chouettes souvenirs pour la naissance du bébé... Heureusement, Irving se révéla aussi gentil que d'ordinaire en réagissant avec un enthousiasme qui émut presque Jeremy. Lui-même n'avait pas été aussi ravi quand Juliet lui avait appris sa grossesse... Mais c'était peut-être parce que c'était lui qui allait devoir se lever la nuit pour changer les couches, tandis qu'Irving écopait du rôle plus glorieux de Tonton à bouclettes. Jeremy serra Irving contre lui en riant, son humeur augmentant d'un cran face à la joie d'Irving. Lui ne les jugeait pas et c'était par ce genre de réactions que Jeremy s'autorisait à apprécier ce qui leur arrivait, oubliant les "tu vas bousiller ta vie" et autres "c'est une erreur monumentale" qu'on avait pu lui sortir.

Jeremy se serra dans un coin du canapé en grognant pour la forme quand Irving s'incrusta et lui ébouriffa les cheveux, avant d'éclater de rire à nouveau quand il parla au ventre de Juliet. Lui aussi aimait bien faire ça, persuadé que son fils ou sa fille deviendrait le nouvel espoir du Quidditch anglais s'il lui récitait le Quidditch à travers les âges à travers le ventre de sa chérie. C'était une occupation comme une autre, après tout !

"Mais non Juliet, tu es toujours adorable", répliqua Jeremy avec ironie quand Juliet évoqua ses sautes d'humeur. En réalité, il trouvait un certain plaisir à se plier en quatre quand la jeune femme avait besoin qu'il lui apporte quelque chose ou simplement de passer ses nerfs, conscient que c'était elle qui portait son bébé et que lui s'en sortait plutôt bien, dans l'affaire. Tant mieux parce qu'il détestait être malade et qu'il n'aurait jamais supporté tant de nausées. Le jeune homme laissa Juliet expliquer à Irving ce qui allait advenir de sa carrière en sirotant sa bière, approuvant d'un hochement de tête frénétique quand elle mentionna les Cognards. Jeremy adorait le Quidditch plus que tout, ou presque, mais il était presque soulagé de voir Juliet reposer son balai. Il ne savait que trop bien à quel point ce sport pouvait être dangereux, et c'était sans doute pourquoi il avait souvent trouvé des excuses pour éviter de venir voir tous ses matchs avec Flaquemare : il devenait fou chaque fois qu'un cognard s'approchait d'un peu trop près de Juliet.

"Tonton Irving !", s'exclama Jeremy d'un ton ravi. "Tant que tu ne donnes pas de cours de drague à mini-Baker, on devrait s'entendre. Mon fils sera un Don Juan comme son papa ! Et si c'est une fille...Oui, non, si c'est une fille, le mot drague ne fera même pas partie de son vocabulaire."

Parce que Jeremy comptait l'enfermer dans la plus haute tour du plus haut donjon du château le plus reculé d'Angleterre avant qu'elle ne rencontre un Killian ou ne devienne une Kelsey. Juliet réorienta la discussion sur la raison pour laquelle Irving avait été expulsé de son école et Jeremy tourna un visage curieux vers son ami.

"C'est vrai ça, t'as jamais eu trop d'ennuis à Poudlard. Ils sont plus stricts à Beauxbâtons ou t'as vraiment fait une grosse bêtise, genre agresser un première année avec une bouteille de Whisky Pur Feu ?", s'enquit-il en grimaçant à la référence à Killian. D'un ton plus joyeux, désireux de ne pas mettre Irving mal à l'aise, il ajouta : "Raconte-nous toute ton année chez les mangeurs de grenouille !"

Oui, ils en avaient, des choses à se raconter, songea Jeremy en se demandant si Irving avait suivi l'actualité anglaise pendant son exil. Il s'en était passé des choses, dans sa Cité natale...


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Tonton Irving. Ça sonnait plutôt bien. Il avait déjà une tripoté de neveux et nièces mais c’était agréable de voir que ses anciens amis le  considéraient comme un proche parent de la future famille qu’ils allaient fonder. C’était assez hallucinant d’ailleurs de voir à quel point les choses évoluaient vite : Juliet et Jeremy allaient fonder un foyer, il allait lui-même trouver un job et un appart… Ils n’étaient pas encore de véritables adultes mais ils n’étaient plus vraiment les adolescents hilares qui s’étaient installés à l’ombre d’un arbre du parc de Poudlard pour se donner des cours de séduction, comme se remémorait justement l’ancien Capitaine de Gryffondor en raillant gentiment Irving.
 
« Pop.Pop. Laisse-moi te dire qu’j’me suis perfectionné en matière de drague en France. Il afficha une mine sérieuse avant qu’un sourire coupable ne le contredise, bon ok. En fait, j’me suis perfectionné à mon insu, révéla-t-il en ricanant. Il se tourna alors vers Juliet pour la prendre à témoin et poursuivit, J’pouvais dire la plus grosse connerie du monde, il suffisait que je parle en anglais ou juste avec l’accent et hop ! Les filles me souriaient, elles étaient gentilles, charmantes…!  Il hocha la tête frénétiquement comme si tout cela relevait du miracle et ajouta : J’vous jure ! Mieux qu’l’Amortensia ! »

 
Son regard se perdit dans le vague durant quelques secondes puis il souffla « L’exotisme. C’est la Clef.  J’lui dirais ça à vot’gosse : Tu veux trouver une nana ? Pars à l’autre bout du globe loin de tes parents ! » s’exclama-t-il alors en se penchant une nouvelle fois sur le ventre de Juliet. Tout en disant ça, il rentra sa tête entre ses épaules, persuadé qu’un coup de coussin punitif ne tarderait pas à venir de la part de l’un ou de l’autre mais se fut une toute autre chose que ses amis lui assénèrent puisqu’ils lui demandèrent la raison de son exclusion de Beauxbâtons.
 

« Ah. Ca y est. Nous y voila. » lâcha-t-il en conservant toutefois son sourire bien qu’il soit un peu moins assuré, alors je peux vous faire la version courte mais tout d’abord  il faut que l’fœtus me promette de ne jamais faire comme son Tonton Irving… »
 
C’était reculer pour mieux sauter, il le savait et ce n’était pas quelques boutades qui amoindriraient le teneur des délits qu’il avait commis, aussi, il prit une parfonde inspiration et énuméra :
 

« Refus d’obéissance. Effraction dans les appartements privés d’un professeur. Fugue avec tentative de quitter le territoire. »
 
L’ex-gryffondor grimaça et regarda tour à tour ses deux amis :  « Je sais j’ai bien merdé… »
 
Toutefois, comme tout le monde le sait, quant Irving fait une bêtise, il a toujours une bonne raison, selon lui. Aussi il ne résista pas à l’envie d’apporter un peu plus de précision à cette histoire.  Il se leva et s’assit sur le rebord de la table basse, face à ses deux amis. Même s’ils le connaissaient suffisamment pour savoir qu’il n’était pas un mauvais bougre dans l’âme, il leurs devait bien une explication plus fournie pour justifier ce nouvel écart de conduite.
 
« Bon, j’ai fait la rentrée normalement en septembre. Beaubâtons est assez différent de Poudlard mais Jared et Joseph étaient là pour m’aider à m’intégrer. Avec les autres élèves, ça se passait plutôt bien par contre en cours, j’étais vraiment paumé… Il marqua une courte pause et consentit à avouer : Bon Ok, j’étais déjà paumé à Poudlard mais là, encore plus. »
 
Il posa ses coudes sur ses genoux, entrelaça ses doigts et poursuivit :
 
« Et puis j’arrivais pas à me sortir de la tête tout ce que j’avais laissé derrière moi. Vous. Les DB. Nora. Cassandre et Samantha et notre projet de faire bouger les choses à la Cité Nimbus… J’me suis abonné à la Gazette du sorcier et au Nimbus News pour pouvoir suivre ce qui se passait à la Cité… Ouais, moi, abonné à des journaux… souligna-t-il tant cela pouvait paraitre incongru, J’voulais voir si les filles arrivaient à faire bouger les choses, savoir comment ça évoluait… »
 
Ce qu’il ne racontait pas, c’est que ce projet l’avait complètement obnubilé. Il collectionnait le moindre avis de décès par Consumeuse à la Cité et il épluchait les articles de presse pendant les cours de potions. Il passait ses soirées à fomenter des plans pour revenir définitivement en Grande-Bretagne en décembre, mais ça, c’était sans compter avec Vivianne Whitaker.
 
Lorsque les vacances de Noël arrivèrent enfin, cette dernière l’informa qu’ils ne passeraient pas les fêtes à la Cité, comme prévu initialement, mais que le reste de la famille Whitaker viendrait en France à la place. Une violente dispute éclata entre la mère et le fils, Irving étant intimement persuadé qu’elle cherchait à l’éloigner des troubles qui couvaient à la Cité Nimbus à ce moment là. Toutefois il n’eut pas d’autres choix que de lui obéir et il regagna Beauxbâtons en janvier, amer et désabusé sans avoir pu remettre les pieds sur le territoire britannique.
 
«  Et puis le 13 janvier, j’ai vu l’article. »
 
 La mâchoire légèrement crispée, Irving vrilla ses prunelles dans celle de Jeremy. Il se doutait qu’il n’avait pas besoin de préciser de quel article il s’agissait. Le rapport sur l’étude entre la Consumeuse et la chaine de fabrication de balais avait assez fait parler de lui et Nimbus de Pompadour Père faisait régulièrement la Une des journaux depuis.
 

« Il le savait. Depuis-treize-putain-de-longues-années, Ajouta-t-il en articulant chaque syllabes, Et il est venu à l’enterrement de mon père. Il m’a serré la main. » Poursuivit-il sans chercher à masquer le dégoût que lui inspirait le comportement de Lawrence.
 
Irving décroisa les doigts et passa une main sur son visage tout en se levant. Même trois mois plus tard, il ressentait toujours le même élan de haine et d’indignation que lui avait inspiré la lecture de cet article. Il n’y avait pas de mot pour caractériser ce qu’il ressentait. Rien n’était assez fort. Il avait été bien bête de penser pendant toute sa jeunesse que la famille Nimbus était les bienfaiteurs de la charmante petite ville ouvrière. Il s’était trompé sur toute la ligne. Enfin, on l’avait trompé. Et c’était Nimbus de Pompadour le responsable. Il les avait tous envoyé à une mort certaine. Tous sans exception. Il avait personnellement veillé à leur réserver le plus funeste des sorts juste pour satisfaire son profit personnel.
Le jeune homme fit quelques pas dans la pièce en secouant la tête de gauche à droite pendant plusieurs secondes. A le voir comme ça, on pouvait aisément deviner à quel point cette révélation avait été choquante pour lui… Il finit par se réinstaller dans son fauteuil et après une nouvelle profonde inspiration, il lâcha subitement :
 
« J’voulais l’tuer. Franchement si j’l’avais eu en face de moi, il serait déjà mort. »
 
Le pire, c’est qu’il ne plaisantait pas. Irving aurait pu l’étrangler avec ses propres mains, lui arracher les yeux. Il y pensait d’ailleurs bien trop souvent. Il aurait voulu l’entendre gémir de douleur, comme avait hurlé l’Epouvantard de son père dans la chambre de sa vieille voisine. Il aurait voulu lire la souffrance puis la peur dans ses yeux au moment même où son cœur arrêterait de battre…
L’ex-gryffondor savait qu’un procès se préparait pour juger Lawrence Nimbus de Pompadour mais aucune peine ne serait assez lourde pour compenser les centaines de vies qu’il avait brisées.
 
 
«  J’ai demandé une audience auprès du directeur de Beauxbâtons afin de pouvoir exceptionnellement quitter l’école ce jour là. J’savais que ça allait bouger à la Cité et j’voulais y être mais il a refusé car une sortie était déjà prévue quatre jours plus tard. Il m’a dit que je n’avais qu’à attendre… Quatre jours. J’pouvais pas. Il fallait que j’y sois à ce moment précis. »
 
C’était vital. Il ne pouvait pas faire comme si de rien n’était. C’était tout bonnement impossible.
 
«  J’ai quitté le bureau du directeur et j’uis pas retourné en cours. Je savais que Beauxbâtons était protégé par des sortilèges anti-transplanage alors j’ai même pas essayé. J’avais qu’un seul moyen pour rejoindre le pays rapidement : Le réseau d’poudre d’Cheminette. Comme les ch’minées des parties communes étaient pas ouvertes au Réseau, j’suis rentré dans l’appartement d’un prof en brisant une fenêtre et j’ai utilisé la sienne. »

 
Il marqua une courte pause et s’appuya sur son dossier, les deux bras posé sur les accoudoirs.
 
« C’que j’savais pas c’est qu’y a une sorte de douane dans l’réseau d’cheminette…. J’me suis fait arrêter et mettre en garde à vue pour tentative de quitter l’territoire illégalement. Ils ont cru qu’j’étais un espèce de trafiquant de Mandragore et ils ont même fouillés dans mes bouclettes pour voir si j’cachais pas d’la drogue dedans… » expliqua-t-il en arborant une expression à la « What The Fuck ».
 
« Après, ça c’est compliqué : ils ont prévenus ma mère et l’directeur de Beauxbâtons et j’uis passé en Conseil de Discipline deux jours plus tard. Le conseil a trouvé qu’j’avais des circonstances atténuantes avec la mort de mon père, genre comme si j’étais traumatisé, enchaina-t-il sur un ton dédaigneux. Il n’aimait pas vraiment envisager les choses sous cet angle, mais ça c’est corsé quant ils ont sorti mon dossier scolaire de Poudlard… »
 
Le jeune homme se racla la gorge et commença à énumérer :
 
« Janvier 2006 : Maltraitance sur un animal dans le parc de l’école. C’était pas n’importe quel animal, précisa-t-il en levant son index, juste le rat d’O’Connor. Et j’ai pas fait exprès de le putréfier, j’voulais juste le pétrifier. »
 
Il se gratta la joue et poursuivit :
 
« Février 2006 : Fugue. Est retrouvé dans un bar à Pré-Au-lard en pleine nuit, bon, c’était l’concert des Bizarr’ Sisters ! j’pouvais quant même pas rater ça ! Mai 2006 : Insolence envers le professeur d’Astronomie et Tentative d’effraction dans la salle commune de Poufsouffle. Octobre 2006 : Nouvelle fugue. Est retrouvé à l’hôpital St-Mangouste de Londres. Janvier 2007 : Propos diffamatoires envers un enseignant, tiens ça c’était avec toi Ju ! ajouta-t-il en souriant légèrement puis il chantonna LE tube des Dark Boursouf qui lui avait valu cette ligne dans son dossier scolaire, Ana Sorden, tu joues la reine, crachant ta haine telle une murène… »
 
Il agita le doigt en rythme pendant quelques secondes avant de reprendre : « Bref, vous voyez l’genre, ils ont estimé qu’j’étais une sorte de multi-récidiviste de la fugue et un élément fortement perturbateur. Ils ont aussi dit qu’j’avais tendance à embrigader des élèves plus jeunes dans mes galères : Nora, Donald, Danny… que j’pouvais avoir une mauvaise influence… »
 
Il haussa les épaules, pas franchement convaincu par ce scénario –il suffisait de lire le dossier scolaire surement déjà bien rempli d’un Donald McWilde pour se rendre compte que ses amis n’avaient pas besoin de lui pour faire des conneries- mais il poursuivit « Et au final, on est tous arrivé à la même conclusion :  J’étais vraiment pas fait pour l’école. Pour une fois j’étais d’accord avec les profs, y avait juste ma mère qui était effondrée. Ca été dur avec elle au début, elle m’en voulait beaucoup.»
 
Irving passa une main dans ses cheveux, l’air un peu gêné. Il n’aimait pas décevoir les gens et il savait que sa mère avait nourri à son égard un profond ressentiment. Se faire virer d’une école à quelques mois des ASPICS… Merlin, elle n’en dormait plus la nuit !  Elle  qui avait traversé une année précédente si difficile au côté de Bradley voila qu’elle se retrouvait maintenant avec son grand dadet de fils sur les bras ! Mais Irving était bien décidé à lui montrer qu’il était capable de se prendre en charge, condition sine qua non pour qu’il puisse rentrer au pays.
 
« Finalement j’ai trouvé un p’tit job de gardien de nuit chez les moldus. La journée, j’avais des Travaux d’Intérêts Généraux Sorciers à faire. On n’s’aventure pas chez les gens ni dans le réseau d’poudre de Cheminette illégalement  impunément, expliqua-t-il, j’ai été rattaché à l’entretien et au nettoyage des conduites d’ailleurs. Ramoneur en somme. C’était cool, le Réseau est vraiment un truc hallucinant ! » 
 
Ce travail lui avait vraiment plu (même s’il avait côtoyé un certain nombre de délinquants français pas très fréquentables lors de ces TIG) le Réseau était un endroit fantastique. Un véritable dédale qui renfermait de multiples secrets. Irving avait beaucoup apprécié pouvoir se promener dans cette ville cachée et il nourrissait le souhait de pouvoir un jour explorer plus en détail le Réseau de Cheminette britannique.
 
« Bref, j’me suis fais un peu d’blé et ça a rassuré ma mère de voir qu’j’pouvais m’débrouiller. Quant mes heures de TIG se sont terminées elle m’a dit que j’pouvais repartir en Angleterre, si c’était vraiment ce que je voulais, mais qu’elle ne reviendrait pas avec moi. J’ai attendu d’avoir un peu plus d’argent pour me lancer… et voila. »
 
Il écarta les bras avant et les laissa retomber mollement de part et d’autres des accoudoirs.
 
« J’sais pas c’que l’avenir m' réserve mais j’sais qu’suis au bon endroit… J’vais m’installer, tranquille, faire c’qui faut pour vivre ma p’tite vie et suivre de très près le procès Nimbus. J’veux être aux premières loges pour sa condamnation… Enfin. S’il est condamné parce que vu tout c’qui se passe en ce moment, j’ai l’impression qu’le Monde Magique tourne plus vraiment rond.»
 
Il s’interrompit quelques secondes et observa ses deux amis. Ils savaient que Jeremy était un très bon élève qui avait toujours eu beaucoup de facilité dans certaines matières, notamment en Méta. Juliet n’était pas en reste et elle pouvait très facilement envisager une reconversion post-quidditch à un poste plutôt élevé. En somme, ils étaient l’avenir du pays, du moins, ceux que le gouvernement voulait contenter et avoir dans sa poche. L’ex-Gryffondor était curieux de connaitre leur position sur les choix du Ministre de la Magie actuel et sur les scandales qui éclaboussaient son mandat.
 
« J’sais pas c’que vous en pensez vous. Ni comment tout est perçu du côté des étudiants… mais moi j’me d’mande de plus en plus si ces histoires de MIM c’est pas une belle saloperie… »
 
Il laissa sa phrase en suspens et attendit la réaction de ses camarades.


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet observa Irving avec curiosité, une fois sa question posée. A Poudlard, la seule personne qui était parvenue à se faire renvoyer, c’était Killian Gray, pour avoir agressé un première année, alors qu’il était à moitié ivre. Même Darren O’Connor n’était pas parvenu à cet exploit, avec ses discours racistes, machistes, et insolents! Pourtant, Juliet savait très bien que son ami n’avait pas l’étoffe d’un Killian ou d’un O’Connor. Irving avait peut-être enfreint le règlement quelques fois lorsqu’il était à Poudlard, mais il avait un bon fond, elle le savait pertinemment. S’il avait été renvoyé, elle refusait de croire que c’était pour violence ou quelque chose dans le même genre. Son ami apporta d’ailleurs rapidement une réponse à ses questions silencieuses, et Juliet haussa les sourcils, le temps d’assimiler l’information. Refus d’obéissance. Effraction dans les appartements privés d’un professeur. Fugue avec tentative de quitter le territoire.. Elle avait raison, donc, d’une certaine façon. Ce qui avait poussé ses professeurs à renvoyer Irving, ce n’était pas un violent ou un mauvais comportement. Cependant, elle était curieuse de savoir ce qu’avait bien pu vouloir faire Irving pour être accusé de « fugue avec tentative de quitter le territoire. » Elle s’apprêtait à prendre la parole pour lui demander, mais il fut plus rapide qu’elle et commença à se justifier de lui-même.

Préférant rester silencieuse, Juliet laissa son ami parler et s’expliquer. Elle hocha la tête régulièrement, se concentrant sur son récit. Elle se doutait bien que laisser tout ce qu’il avait toujours connu pour suivre sa mère en France n’avait pas dû être une chose facile pour le jeune homme. Il avait passé sa vie à la Cité, il avait lié des amitiés très fortes à Poudlard… Certes, le changement avait dû être bénéfique, dans un sens, mais ce n’était jamais évident de tirer un trait définitif sur les choses ou les personnes que l’on aime. Et notamment sa ville natale, comme semblait le préciser Irving, lorsqu’il mentionna qu’il s’était abonné à deux magasine pour y suivre l’évolution. Le rapport se fit brusquement dans l’esprit de Juliet, alors qu’elle posait sur Irving un regard désolé, au même moment où il évoquait l’article sur la Consumeuse. Bradley était mort de cette maladie qui touchait les habitants de la Cité Nimbus, et apprendre que Nimbus de Pompadour père était au courant de tout cela depuis treize longues années avait dû être un coup difficile à encaisser pour le jeune homme. Ce dernier confirma d’ailleurs sa pensée, en évoquant son envie de tuer Lawrence.

Juliet hésita à intervenir, puis garda finalement le silence, se penchant légèrement pour écouter Irving attentivement. Son discours accusateur trouvait des échos dans sa propre pensée, et elle le laissa poursuivre, approuvant parfois ses paroles. Elle esquissa un sourire à la mention des fraudes qu’Irving avait pu commettre à Poudlard, et eut même un léger rire quand il évoqua leur fameuse rencontre avec Ana Sorden – elle n’était pas prête de l’oublier ! Lorsque la longue tirade d’Irving prit fin, Juliet resta silencieuse quelques instants, prenant le temps d’assimiler tout ce qui venait de se dire. Visiblement, son ami gardait une profonde rancœur pour le gouvernement, ce qu’elle pouvait comprendre. Après tout les drames qui étaient survenus au cours de l’année, il y avait de quoi protester contre le MIM et contre le gouvernement…

« Je pense que le MIM a voulu faire trop de choses. Que son programme était bien trop étendu. Il a donné beaucoup trop de libertés aux entreprises. A Nimbus, mais aussi à Chaudrillon. Et forcément, les répercussions sont terribles. La Consumeuse, les potions frelatées, la pleine lune sanglante, avec maintenant le mécontentement des loups-garous… Ah, et sans parler de la menace Mardolienne. » ajouta Juliet, en fronçant légèrement les sourcils, devant une telle énumération. « Et puis, l’université magique ne semble pas vraiment fonctionner non plus. Les cours y sont parfois intéressants mais… Ca ne nous permet pas de nous insérer dans le monde du travail facilement. On ne peut commencer à travailler qu’après avoir obtenu ce diplôme… Alors qu’il est parfois parfaitement inutile ! Et pour ceux qui n'ont pas envie de continuer les études ? Aucune voie professionnelle ne leur est accessible.»

Pourtant Juliet, toute juste majeure, avait voté sans hésitation pour le MIM. Le programme était novateur, elle avait envie de croire à cette possibilité d’ouvrir un peu leur monde aux moldus. Et elle était déçue du résultat de ces élections.

« Et puis, à part les cours d’Etude des moldus obligatoires et la création d’un DOM au ministère… Je ne vois pas réellement l’ouverture qui a été faîte aux moldus. » lança-t-elle. « La société reste la même. Les Sang-Pur ont toujours leurs privilèges, par exemple, et très peu de lois sont passées pour faire évoluer un peu le monde magique. Bon, je sais bien que d’autres choses préoccupent le gouvernement, la crise nimbus et chaudrillon, la menace terroriste... Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit laisser ce genre de choses arriver ! » déclara Juliet en faisant un geste de la main pour englober tout ce qu’elle venait d’énumérer. « Je ne sais pas trop quoi en penser. Mais il paraît que les choses ont commencé à bouger à la Cité ? »



Kit par Irving Ship
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Si Jeremy esquissa un petit sourire amusé face aux boutades d'Irving concernant leur futur enfant, il garda son air sérieux, tout aussi désireux que Juliet de connaître la raison du renvoi de son ami. Le jeune homme ne fut pas très surpris de découvrir que tout ceci avait à voir avec la mort récente du père d'Irving et les récents développements du scandale de la Consumeuse. A vrai dire, il s'était à moitié attendu à voir Irving débarquer au pays quand l'affaire avait éclaté. Il était directement concerné, la maladie de son père était encore fraîche et douloureuse, et puis il avait fait équipe fut un temps avec la fille qui avait dévoilé le rapport Nimbus... Jeremy ne pouvait qu'imaginer à quel point il avait dû être dur pour Irving de se retrouver si loin de la cité au moment où, après des années de silence, la vérité éclatait enfin. Jeremy ne blâmait pas Irving pour sa réaction. Lui-même avait déjà enfreint le règlement de Poudlard pour des causes bien moins nobles que celle-ci, et il n'était pas surpris d'apprendre qu'il y avait une très bonne raison au comportement d'Irving. Celui-ci n'avait jamais été du genre à très mal se comporter pour le plaisir...

En dépit du sérieux du récit, Jeremy ne put retenir un sourire approbateur à la mention du rat d'O'Connor. D'accord, ce n'était pas très amusant pour le pauvre rat, mais il fallait reconnaître que putréfier au lieu de pétrifier... Eh bien, c'était quand même drôle. Toutes les autres infractions du dossier d'Irving se justifiaient parfaitement aux yeux de Jeremy, qu'il s'agisse de ne pas manquer le concert des Bizarr' Sisters, de s'en prendre à des horreurs enseignantes telles que Dérébusor ou Sorden, ou bien de se rendre à l'hôpital. Irving n'avait rien d'une mauvaise influence, bien au contraire ! Jeremy estimait que c'était l'un de ses amis les plus fréquentables. Il avait simplement eu sa dose de malchance dans la vie, voilà tout... 

Un peu attristé par le récit de son ami, Jeremy laissa Juliet lui répondre en premier quand Irving les interrogea au sujet du MIM, avant de serrer l'épaule de son ami avec compassion. Lui-même s'était assez peu intéressé à la politique cette année, tout occupé qu'il était, mais ils recevaient la Gazette à la coloc' et il avait lu les articles qui portaient sur la cité, Nimbus et Chaudrillon. C'étaient des scandales qui les affectaient tous, Irving et son père, Jeremy, Juliet et leur enfant imprévu... Quant aux mardoliens, ils commençaient à se faire à l'idée qu'il leur faudrait vivre avec cette menace sans savoir si les aurors parviendraient à les arrêter un jour. Ce n'était pas très rassurant de faire venir un bébé au monde dans un tel climat, songea Jeremy tandis que Juliet s'interrompait. 

"J'espère bien que ça comment à bouger. Si ça ne bouge pas après ça...", répondit-il d'une voix sombre, avant d'ajouter : "Pour être honnête, je n'ai pas trop parlé politique avec les autres étudiants cette année. A Lycaon, il n'y a presque que des étrangers, alors ça leur passe un peu au-dessus. Sinon y'a bien Rosie mais elle vote SPAM, et Bianca pense un peu comme moi. Le MIM avait un beau programme, il incarnait l'espoir alors que l'APPEL avait fini par décevoir, et on s'y est tous laissé prendre. Franchement, le MIM a manqué de réalisme dans son programme et s'est concentré sur les mauvaises batailles. Ils ont déçu une bonne partie de leur électorat je pense, et pourtant Fiennes était tellement populaire y'a deux ans !"

Jeremy haussa les épaules, désabusé. La perspective de voter Weasley en désespoir de cause aux prochaines élections ne l'enthousiasmait vraiment pas...

"Après, et qu'on se comprenne bien, je dis pas que le MIM a bien agis, mais je ne crois pas que ça soit entièrement sur leurs épaules que repose la responsabilité du scandale. Enfin, pour les mardoliens et Chaudrillon, j'veux bien, ils ont été laxistes. C'est bien beau de se concentrer sur Aber et sur une université inutile mais en attendant, personne ne s'occupe des vrais problèmes ! Et puis le pire c'est quand même Dalnox. Que Mardol soit difficile à arrêter, j'veux bien, mais Keller ! Même moi j'me suis rendu compte qu'il était pas net, et pourtant il était dans leur service...et rien", s'indigna Jeremy avant de réaliser qu'il avait dérivé du sujet. Il avait encore énormément de mal à digérer cette histoire, plus encore que l'affaire Chaudrillon qui avait pourtant causé un impact bien plus considérable sur sa vie.

"Mais pour en revenir aux scandales sanitaires, comme tu dis, ça fait treize ans que ça dure, le MIM existait même pas et Fiennes devait avoir des boutons d'acné. Bon, j'exagère mais...à peine ! Tu m'étonnes qu'après des entreprises comme Chaudrillon se croient tout permis... Tout ça pour dire qu'il y a un problème fondamental dans notre société, qui dure depuis des années. A croire qu'on n'a pas encore tiré les leçons de la guerre, parce qu'au final, c'est toujours pareil. Le MIM a raison sur ce point, la société est fractionnée, les divisions y sont très fortes et c'est mauvais. Mais c'est pas entre les sorciers et les moldus le problème, c'est entre les différentes classes sociales... En ce moment j'me dis que je suis content que mon frangin n'ait même pas essayé de s'en sortir chez les sorciers..."

Jeremy savait que lui-même n'était pas à plaindre, né d'une famille aisée, raisonnablement sorcière, aux métiers respectables. Pourtant, la fracture sociale, il la voyait au quotidien, tout autour de lui. Un minimum d'empathie suffisait pour qu'il se sente concerné...

"J'sais pas, des fois quand je parle avec Rosaleen Lestrange, j'ai l'impression qu'on vit dans deux différents mondes. Voire deux différents siècles ! Et Jordan Nimbus de Pompadour qui se pavanait dans Poudlard comme un coq dans son poulailler ! Tu mets quelqu'un comme elle, comme lui et comme toi, Irving, dans une pièce fermée pendant une heure et j'te parie ce que tu veux que ça finit dans le sang et les larmes... Il faut que les choses changent, c'est clair, qu'elles changent vraiment. Mais comment ?"



Irving WhitakerAubergisteavatar
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L’avis de Juliet et de Jeremy importait beaucoup pour Irving. Il s’était toujours vu comme moins intelligent qu’eux aussi il était curieux de voir s’ils envisageaient les choses de la même façon que lui. Il avait parfois l’impression que sa perception était un brin manichéenne : Les gentils ouvriers contre les méchants dirigeants alors il voulait être sûr de ne pas être dans le faux. Sa mère lui avait souvent dit qu’il n’était pas vraiment objectif compte tenu de ce qui était arrivé à Bradley. De ce côté-là, il avait parfaitement conscience que la haine qu’il ressentait à l’égard des Nimbus n’était pas très saine mais il n’avait pas non plus l’impression de se laisser aveugler par la vengeance au point d’en faire un transfert sur la classe politique. Il y avait des dysfonctionnements notables depuis que le MiM était au pouvoir et il était satisfait de voir que Juliet semblait partager son avis. Et même plus puisqu’ elle n’hésitait pas à souligner à quel point l’Université Magique était inutile.

« C’est clair, ajouta-t-il en hochant la tête, quant j’ai voté pour Fiennes j’étais favorable à l’ouverture pro-moldue mais j’pensais pas que ce changement impliquerait qu’j’sois complètement rejeté du monde Magique juste parce que j’n’avais ni l’envie, ni les capacités de suivre ce cursus. Alors, si tu m’dis qu’en plus ça apporte rien… »

Il se tourna alors vers Jeremy qui souligna à quel point le MiM s’était concentré sur les mauvaises batailles, oubliant de placer la Société Magique au cœur de leurs préoccupations. Pour illustrer ses propos, son ami fit d’ailleurs une petite parenthèse en évoquant  l’affaire du « Vengeur Masqué » dont l’identité avait été révélée quelques semaines plus tôt.

« Putain ouai, j’ai vu ça ! s’exclama-t-il , y a pas qu’le gouvernement qui s’est fait avoir d’ailleurs, dire qu’Keller était Préfet-en-Chef à Poudlard ! »

Contrairement à Jeremy, Irving n’avait jamais eu à faire à Ulrich mais cette nouvelle l’avait tout de même ébranlé. Il avait passé cinq ans à côtoyer un fou furieux sanguinaire sans même le savoir. Le malaise devait être encore plus grand pour les Serpentard et les gars qui avaient partagé son dortoir et pour  la première fois de sa vie, Irving avait plaint O’Connor : Même s’il le détestait, personne ne méritait ce qui était arrivé à lui et à sa famille.
Mais l’ex-capitaine de l’équipe de quidditch de Gryffondor ne semblait pas vouloir s’appesantir sur les malheurs de son ancien rival puisqu’il poursuivit son exposé politique d’un ton résolu.
Alors que son pote s’enflammait presque, Irving esquissa un léger sourire devant tant de détermination. Il ne se moquait pas, loin de là, il était juste content de voir que ses deux amis se sentaient aussi concernés que lui  et qu’ils partageaient surtout son avis. Jeremy et Juliet avaient une vision plus globale et une manière de présenter les choses plus structurée mais leur inquiétude était semblable à la sienne.  Ils étaient tous les trois alertés par le climat de tension qui s’était installé dans le monde magique anglais. Ses deux camarades pointèrent d’ailleurs du doigt les inégalités entre les différentes classes sociales du pays pour expliquer ce phénomène.

Peut-être qu’ils avaient raison, songea l’ex-gryffondor en s’accordant quelques minutes de réflexion. Il ne connaissait pas cette fameuse  Rosaleen dont parlait Jerem’ mais il était quasi-certain qu’il ne trouverait jamais un terrain d’entente avec Jordan Nimbus de Pompadour. Comme le disait son ami, ils n’appartenaient tout simplement pas au même monde… Alors, comment pouvaient-ils sensibiliser les politiques à cette problématique de fracture sociale ?

Irving haussa les épaules, bien incapable d’apporter une réponse.

« En France, ils auraient fait une manifestation. Ils manifestent pour tout là-bas ! » Répondit-il finalement avant d’esquisser un léger sourire, J’nous vois bien comme une p’tite bande de révolutionnaires anarchistes. Genre, on montrait des barricades sur l’Chemin d’Traverse ! » Ricana-t-il devant cette éventualité complètement incongrue, Juliet avec ton gros ventre tu bloquerais facilement le passage, c'est cool.ajouta-t-il sur le ton de la boutade avant de retrouver un peu de son sérieux : Bon. Franchement.  C’est vrai qu’le MiM peut pas êtr’ tenu pour responsable de tout mais en attendant j’sais qu’j’voterai pas pour eux aux prochaines élections…, grommela-t-il d’un air catégorique.
Il se leva pour rejoindre de nouveau son fauteuil et se laissa tomber dedans en soufflant, :
« Pffiou dire qu’on va d’voir s’ taper Fiennes pendant encore trois longues années… »

Le jeune homme soupira sans se douter une seule seconde que les jours l’actuel ministre de la magie étaient comptés. Il regarda alors ses deux camarades tour à tour et afficha soudainement un petit air taquin :

« Alors, parlons peu, parlons bien. L’mariage c’est pour quant ?, L’art de passer du licheur au boursouf,  Ju, tu vas quant même pas vivre dans l’péché toute ta vie ! »

[RP Terminé]


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Les copains ! [PV Juliet, Jeremy & Irving]

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