AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 For the greater good [Kelsey]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
Messages : 654

Voir le profil de l'utilisateur
17 mai 2008

De nombreux hommes attiraient les soupçons dès le premier regard, en particulier lorsqu'ils rodaient dans de petites ruelles comme celle-ci, du côté moldu de Londres. Il y avait ceux qui cherchaient à passer inaperçus, visages dissimulés dans l'ombre d'une capuche ou d'un chapeau, ceux dont l'apparence elle-même appelait la méfiance des honnêtes citoyens - le regard fuyant, la tenue vestimentaire d'un délinquant ou bien l'air un peu trop atypique et pas assez anglais. Pourtant, les habitants de ces quelques rues plutôt mal famées savaient pertinemment que l'habit ne faisait pas le moine. Un homme comme celui qui approchait, avec son costume impeccable, sa mallette sombre, sa tête haute et son sourire confiant, pouvait se révéler tout aussi dangereux que quelqu'un a l'allure moins fière. Et pour cause, il s'agissait là du richissime et puissant directeur du département de contrôle et de régulation des créatures magiques, Leopold Marchebank, dont la présence dans ces lieux était pour le moins déplacée. Mais cela, de modeste moldus n'auraient pu le savoir...

Leopold s'immobilisa vers l'angle de la ruelle, du côté où il avait posté Alan pour détourner l'attention des éventuels passants qui décideraient à se risquer dans ces lieux. Un autre de ses fidèles était censé se trouver de l'autre côté, au cas où les choses tourneraient mal. Il lui fallait prendre ses précautions car ce n'était pas n'importe qui, qu'il s'apprêtait à rencontrer, aujourd'hui. Personne ne devait savoir de quoi il s'agissait, sorcier ou moldu, sinon les conséquences seraient terribles. Ce n'était pas seulement sa carrière qui était en jeu mais bien sa vie elle-même. Pour autant, Leopold n'était pas particulièrement nerveux. S'il devait s'affoler chaque fois qu'il risquait la prison, il serait constamment au bord de la crise cardiaque. Non, au contraire, il se sentait d'humeur impatience et survoltée, sifflotant un air entre ses dents en priant pour que tout se déroule bien. Il avait tant attendu ce moment...

S'asseyant sur un banc à la propreté douteuse, il jeta un coup d'oeil à sa montre et constata qu'il avait quelques minutes d'avance. Leopold espérait que l'autre serait à l'heure, car beaucoup de travail l'attendait au ministère et il préférait que sa disparition passe inaperçue. Bien sûr, mentir et trouver des alibis n'était pas un problème pour lui mais il se devait d'avoir l'air le plus normal possible jusqu'à ce que son plan parvienne à exécution. Leopold devait apparaître au-dessus de tout soupçon... Pourquoi, dans ce cas, prendre le risque de venir en personne ? Car il n'avait pas vraiment eu le choix. A vrai dire, même les deux gardes-du-corps qu'il avait emmené en guise de renforts n'étaient pas censés être là, et s'étaient déguisés pour paraître les plus normaux possibles. Tellement normaux et si peu soupçonnables que l'un d'entre eux allait bientôt être accaparé par une grand-mère cherchant son chemin, au point de ne pas voir la jolie blonde qui se faufilait dans la ruelle...

Leopold fit mine de pianoter sur son téléphone portable jusqu'à ce qu'un homme apparaisse face à lui, si silencieusement qu'il ne l'avait pas vu arriver. Leopold redressa la tête et le jaugea du regard un moment, avant qu'un sourire approbateur n'apparaisse sur ses lèvres. L'homme avait l'air bien sous tous rapports et inspirait confiance, avec sa mise impeccable et son regard clair. Il s'assit à côté de lui sur le banc sans mot dire, si bien que Leopold décida d'engager la conversation.

"Leopold Marchebank, heureux de faire enfin votre connaissance", lâcha-t-il d'un ton joyeux. "On peut dire que vous prenez vos précautions."

"C'est nécessaire", se contenta de répondre l'autre, sans dévoiler son nom. Qu'à cela ne tienne, Leopold savait déjà qui il était. Ses espions avaient fait un travail remarquable, bien que laborieux, et il disposait désormais d'informations qui valaient gros. Pourtant, Leopold avait décidé de les garder pour lui pour en tirer son parti, fidèle à sa philosophie habituelle. La conversation se poursuivit à mots-couverts pendant quelques minutes, chacun s'assurant de la fidélité de l'autre, avant de finaliser les détails du plan. Celui-ci était plutôt bien ficelé, finalement, car aucun des deux ne pourrait trahir l'autre, c'était de la destruction mutuelle assurée.

"Alors, nous sommes bien d'accord ?", demanda finalement l'autre, son regard de glace fixé sur le directeur.

"Oui. Vous allez assassiner le ministre Fiennes. Et ensuite..."

"La récompense. Si on peut appeler cela comme ça."

"Je parlerais plutôt d'un échange de bons procédés", sourit Leopold en se relevant du banc. "Hé bien, ce fut un plaisir de faire votre connaissance, mon cher. On se parle bientôt."

L'instant d'après, l'homme avait transplané, laissant Leopold seul dans la petite ruelle. Du moins, presque seul...



Christoph Waltz, merci à Roy
Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
Messages : 271

Voir le profil de l'utilisateur
Kelsey enfila sa veste en grimaçant, maudissant son dos qui lui faisait payer les trop nombreuses contorsions qu’elle lui imposait. Quatre heures autours d’une barre et elle avait l’impression d’être plus vieille qu’Adamson ! Fatiguée, elle mit un moment à rassembler ses affaires et à tasser les vêtements qu’elle n’avait pas la force de renfiler au fond de son sac. Elle n’habitait pas loin, elle pouvait rester en tenue de travail le temps de rentrer. Le short était un peu court et les talons bien trop hauts –même pour elle- mais elle n’habitait pas loin et ne croiserait de toute façon personne à cette heure-ci de la nuit. La jeune femme fut donc la dernière à quitter les vestiaires du Sucré et claqua bien la porte derrière elle avant de prendre le chemin de la chambre qu’elle louait dans le quartier.

Elle habitait juste au bout de la rue, et aurait pu être rentrée en moins de trois minutes, mais elle trainait toujours un peu des pieds. Ce n’était pas l’envie de se débarrasser de ses douze centimètres de talons et de ses faux-cils pailletés qui manquait, mais elle ne se sentait pas tranquille chez elle, depuis ce qui c’était passé au début de l’année. Elle passait une partie de son temps chez Aaron, et l’autre à chercher un autre appartement, histoire de conserver un peu d’indépendance, mais ses recherches restaient désespérément vaines. Le quartier avait beau faire partie des moins cher de la ville, il restait dans Londres, et tout était bien trop cher pour elle. La jeune femme ne gagnait pas trop mal sa vie pourtant, Killian la payait une misère mais elle parvenait régulièrement à doubler son salaire avec ses pourboires. Mais c’était de l’argent liquide, plein de billets de petites valeurs qui disparaissaient à une vitesse affolante, sans qu’elle ne sache trop comment. Dans des chaussures, des sorties, des cigarettes, et en partie dans les poches de Calder, aussi.

Penser au trafiquant lui rappela qu’elle devait avoir un peu de mandragore au fond de son sac, et de papier à cigarette. Cela ne lui faisait plus vraiment d’effet maintenant qu’elle s’était habituée à des choses un peu plus fortes, mais ça ne pouvait pas lui faire de mal, elle avait besoin de bien dormir cette nuit et savait que la mandragore tenait généralement ses cauchemars éloignés. Elle ne cessait pas de se répéter qu’elle ferait mieux d’arrêter, avant de devenir complètement dépendante, mais elle repoussait sans cesse le moment d’agir, et il avait fini par être trop tard. C’était devenu un vrai problème, qu’il lui faudrait régler un jour, mais pas aujourd’hui. Elle était jeune, elle avait bien le temps de faire des erreurs et de les réparer ensuite.

Mais s’il y avait bien une erreur qu’elle préfèrerait éviter, c’était de se faire attraper par la police pour consommation de substances illicites. Elle n’était pas certaine que la police moldue soit compétente pour arrêter les gens pour détention de mandragore, mais on n’était jamais trop prudent, et le quartier grouillait de flics en civil. C’en était d’ailleurs probablement un, posté devant l’entrée d’une ruelle étroite et occupé à expliquer son chemin à une grand-mère. Profitant du fait que le peut-être-flic soit occupé, Kelsey se faufila discrètement dans la ruelle derrière lui et s’y enfonça suffisamment loin pour être certaine de n’être ni vue ni entendue.

Une fois certaine d’être à l’abri de tout regard, la jeune femme ouvrit son sac et entreprit de mettre la main sur ce dont elle avait besoin. Malheureusement, le mythe qui voulait que le sac à main d’une femme soit toujours un vrai bazar n’en était pas un. Elle fit tomber un tube de rouge à lèvres au sol, manqua de faire la même chose avec sa baguette, et regretta d’avoir entassé si grossièrement ses vêtements sur le haut de son sac. Elle pestait intérieurement contre ce maudit sac trop petit et pas assez pratique quand un éclat de voix lui fit relever la tête. Sans qu’elle ne s’aperçoive de rien, deux hommes étaient entrés dans la ruelle à leur tour et s’était assis sur un banc, apparemment pour discuter. C’était un endroit plus qu’étrange pour avoir une conversation entre amis ou entre collègue et, intriguée, Kelsey ne put s’empêcher de tendre l’oreille.

Le plus âgé des deux hommes se présenta comme Léopold Marchebank et Kelsey fronça les sourcils. Ce nom lui était étrangement familier, sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi. Elle réfléchit un instant avant de se rappeler avoir déjà vu ce nom dans la Gazette du sorcier. Marchebank était même le directeur d'un département du ministère, si ses souvenirs étaient bons, son divorce avait fait l'objet d'un article entier dans Sorcière Hebdo. La rumeur disait maintenant qu'il allait épouser Rosaleen Lestrange. Kelsey se souvenait vaguement de Rosaleen, qui était dans sa maison et devait avoir deux ans de plus qu'elle. Jamais elle n'aurait pensé qu'elle puisse être une croqueuse de diamants. Mais la jeune femme était mal placée pour juger quiconque quant à ses fréquentations. De toute façon la question n'était pas de savoir pourquoi une jolie fille de vingt ans épousait un vieil homme riche -la réponse était si évidente- mais plutôt de savoir ce que le vieil homme riche en question venait faire dans une ruelle sombre au milieu d'un quartier moldu malfamé.

Kelsey s'avança prudemment en direction du banc, prenant garde à ne pas faire claquer ses talons sur le sol. Elle resta à bonne distances, mais était désormais suffisamment proches des deux hommes pour ne pas perdre une miette de leur conversation. Si celle-ci s'avéra d'abord plutôt banal, elle prit rapidement un tournant inquiétant. Ils ne pouvaient pas parler sérieusement, ils ne prévoyaient tout de même pas d'assassiner le ministre de la magie ? Elle avait sûrement mal entendu, ou alors c'était une plaisanterie, mais pourquoi deux sorciers viendraient-ils se cacher jusqu'ici pour raconter des bêtises ? Mais s'ils étaient sérieux, alors...Alors elle venait de surprendre le complot qui causerait la mort de Fiennes. Son cœur se mit à battre un peu plus fort dans sa poitrine alors qu'elle prenait conscience de la dangerosité des hommes qu'elle avait sous les yeux. Ils prévoyaient de faire tuer le ministre, que feraient-ils d'un pauvre témoin ?

Elle avait du mal à réaliser que tout ça était réel, qu’elle était vraiment en train d’écouter deux sorciers planifier l’assassinat de leur ministre. Pourtant elle sentait le danger, presque instinctivement, son cœur cognait de plus en plus fort dans sa poitrine, ses mains devenaient moites et ses genoux tremblaient un peu. Elle avait peur, elle ne pouvait pas le nier. Elle ne chercha même pas à se rassurer, ou à relativiser, consciente qu’elle avait toutes les raisons du monde d’être effrayée. La peur était un sentiment plutôt raisonnable dans le cas présent, et l’invitait à la plus grande prudence, ce qui n’était pas un mal.

Elle aurait voulu ne jamais avoir entendu ça. Ce n'était pas très brave comme pensée, elle aurait sans doute dû être soulagée de les avoir entendus et fière de pouvoir empêcher la réalisation de leurs sombres desseins, mais elle n'avait jamais eu une âme d'héroïne, et elle n'avait pas envie de cette responsabilité. Trop de choses dépendaient d'elle à présent, et elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Maintenant il était hors de question de rentrer tranquillement chez elle, elle n'avait plus qu'à prévenir Aaron, qui alerterait la justice magique, et elle serait encore interrogée pendant des heures, prise des ennuis qu'elle n'avait même pas cherché. Mais elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas faire comme si de rien était, elle se devait d'essayer. Sinon elle ne se le pardonnerait pas.

Le bruit typique d'un transplanage la tira de ses pensées. Le plus jeune des deux hommes avait disparu mais Marchebank était toujours là. Prise par la crainte irrationnelle qu'il ne vienne dans sa direction, Kelsey fit précautionneusement un pas en arrière. Le talon de sa chaussure heurta le tube de rouge à lèvre qu'elle avait fait tomber plus tôt et celui-ci fut projeter contre le pied métallique d'un escalier de secours, provoquant un tintement sonore qui raisonna dans toute la ruelle. Pétrifiée, Kelsey s'immobilisa aussitôt et cessa même de respirer, priant pour que Marchebank ne vienne pas par ici. Elle s'accrochait à l'idée qu'il allait se contenter de transplaner au plus vite, mais n'y croyait pas vraiment et sentit son sang se glacer dans ses veines alors qu'elle songeait à ce qui pourrait arriver.



Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
Messages : 654

Voir le profil de l'utilisateur
Leopold poussa un soupir de satisfaction et s'apprêta à rejoindre le bout de la ruelle pour retrouver Sheppard, quand un grand bruit métallique retentit dans toute la ruelle. Leopold se figea aussitôt et retint instinctivement sa respiration tandis que son sang se glaçait. Qu'est-ce qui avait provoqué ce bruit ? Il y avait une très maigre chance pour que ça soit un chat ou un rat, mais tout semblait indiquer qu'il n'était pas le seul humain dans ces lieux. Peut-être que quelqu'un était là, ayant déjoué la vigilance de son garde, quelqu'un qui avait potentiellement entendu toute la conversation. Un moldu inoffensif, à n'en pas douter, qui n'aurait jamais entendu parler d'Alan Fiennes et ne saurait jamais retrouver la trace de Leopold, mais on n'était jamais trop prudent. Dans un complot tel que celui-ci, il ne fallait rien laisser au hasard...

Leopold ne resta immobile qu'une seconde, tandis que son esprit analysait la situation, avant de prendre la seule décision qui s'imposait. Quel qu'il soit, l'intrus ne pouvait pas s'échapper, il fallait qu'il le rattrape et qu'il le réduise au silence...d'une façon ou d'une autre. Alan pourrait probablement l'aider à lancer un Oubliette tellement puissant que le moldu ne se rappellerait même pas de son propre prénom. Mais avant cela, il fallait le coincer, en utilisant une arme dont il comprendrait l'utilité... Tout en s'avançant vers le coin de la rue, Leopold mit la main dans la poche de son pantalon et en tira un objet métallique et brillant, qu'il pointa devant lui. Sa baguette magique se trouvait dans son autre poche, à portée de main, bien que d'une utilité toute relative... Leopold ne s'était jamais retrouvé en réelle situation de danger, aussi espérait-il que sa maladie saurait se faire discrète s'il devait à tout prix lancer un sort.

Le coeur battant à tout rompre dans sa poitrine, le vieux sorcier passa le coin de la rue d'un pas hâté et s'immobilisa une seconde fois tandis que son regard horrifié se posait sur une jeune femme. Elle était blonde et séduisante, vêtue d'une façon osée qui aurait probablement attiré l'attention de Leopold si son regard terrifié ne trahissait pas le fait qu'elle avait probablement entendu la totalité de la conversation. Qu'en avait-elle comprit ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais probablement suffisamment pour avoir peur, ce qui signifiait que Leopold était purement et simplement dans la bouse de dragon. Il poussa un juron intérieur en s'approchant de la jeune femme, tout en la menaçant avec son arme. C'était la première fois qu'il se faisait prendre en flagrant délit par un témoin. Comment allait-il s'en dépêtrer ? Sans doute faudrait-il appeler ses gardes du corps, mais comment faire sans attirer l'attention ? Leopold ne pouvait s'éterniser dans les lieux, sous peine de voir d'autres moldus débarquer... Le vieux directeur n'était pas un homme de terrain, il le savait bien, et se trouvait légèrement pris de court, posant un regard frustré et furieux sur sa prisonnière. Qu'était-on censé dire ou faire dans ce genre de situation ?

Le directeur ôta le cran de sécurité de son pistolet d'une main qui ne tremblait pas, cherchant simplement à intimider la jeune femme. Ce n'était qu'une pauvre fille, pour traîner dans les bas quartiers en tenue légère, une idiote sans défenses dont il n'avait pas grand chose à craindre. Elle avait simplement eu le malheur d'être au mauvais endroit au mauvais moment, et maintenant elle traînait dans ses pieds.

"Qui êtes vous ? Qu'est-ce que vous avez entendu ?", s'enquit-il finalement, tout en portant sa main libre à sa poche qui contenait sa baguette magique. Quelques étincelles de couleur ne lui demanderaient pas trop d'efforts et permettraient d'attirer l'attention de ses acolytes...



Christoph Waltz, merci à Roy
Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
Messages : 271

Voir le profil de l'utilisateur
Il se passa une longue seconde pendant laquelle rien ne bougea dans la ruelle sombre. Kelsey avait cessé de respirer, et pas un bruit ne vint troubler le silence tendu qui régnait dans l'ombre. La jeune femme ne se détendit pas pour autant et resta immobile, par prudence. Elle commençait à croire que Marchebank n'avait rien entendu, qu'il ne viendrait pas vers elle. Mais ses espoirs disparurent quand une silhouette sombre se dessina à l'entrée de la ruelle. La jeune femme ne l'aurait probablement jamais reconnu dans l'obscurité mais savait qu'elle faisait face à Leopold Marchebank. Leopold Marchebank qui venait de prévoir l'assassinat de Fiennes.

Son esprit lui dictait de s'enfuir, peu importe comment, de hurler pour signaler sa présence, de se jeter sur sa baguette, mais elle ne fit rien de tout cela et regarda l'homme approcher, la peur au ventre et le souffle court. Sa peur s'accrut et elle blêmit en découvrant le revolver que Marchebank brandissait devant lui. Elle se serait attendue à le trouver armé d'une baguette, mais le découvrir tenant une arme à feu le faisait paraitre encore plus dangereux. Elle s'était déjà trouvé face à un sorcier armé d'une baguette, les possibilités étaient bien plus nombreuses qu'avec un revolver, mais il fallait lancer le sort à voix haute, sort qui bien souvent pouvait être arrêté avec un bon bouclier. Elle ne savait même pas s'il existait un sort pour repousser les balles.

Marchebank était trop prêt pour qu'elle ne prenne le risque de le quitter des yeux pour chercher sa baguette dans son sac. Elle était désarmée. Elle vit l'homme ôter le cran de sécurité du pistolet, comme elle avait vu tant de méchanst le faire dans des films d'action, et elle frémit. Il pourrait la tuer à tout instant, maintenant, dans dix secondes, dans une minute. Pourtant quelque chose lui disait qu'il n'allait pas le faire. Il avait l'air énervé, mais elle croyait déceler une lueur d'hésitation dans son regard. Peut-être sa seule chance de survie.

Elle ne répondit pas à ses questions, trop occupée à chercher un moyen de s'enfuir. Elle était tentée de crier, pour se faire entendre de l'homme qu'elle avait pris pour un agent de police, à l'angle de la rue, mais craignait qu'il ne travaille pour Marchebank. La ruelle était une impasse, la seule sortie se trouvait derrière son adversaire, contre lequel elle n'avait aucun moyen de se défendre. Prendre conscience de son impuissance fit monter en elle un sentiment de panique et elle se mit à trembler. C'était comme si elle ne réalisait que maintenant la gravité de la situation. Marchebank, qui était assez fou pour projeter d'assassiner le Minsitre de la Magie, se tenait à tout juste deux mètres d'elle, un revolver pointé dans sa direction.

Elle allait mourir. Elle avait déjà conscience qu'il pouvait la tuer à tout instant. Mais elle comprenait maintenant qu'il allait la tuer, forcément. Il devait la tuer. Alors elle devait l'en empêcher. Prise d'un instinct de survie qu'elle ne se serait pas soupçonné, Kelsey fit un pas en avant et envoya de toutes ses forces son pied heurter la main de Marchebank qui tenait le revolver. L'arme fit un vol plané et s'écrasa bruyamment sur le sol. Sans prendre le temps de réfléchir, la jeune femme envoya son sac à main dans la tête de son adversaire, pas assez fort pour l’assommer malheureusement, mais assez pour l'empêcher de l'arrêter alors qu'elle passait à sa hauteur, courant vers la liberté. Elle était incapable de réfléchir à quoi que ce soit, de penser à l'arme qu'elle avait abandonnée au lieu de la ramasser, aux hommes qui faisaient sans doute le guet pour Marchebank à la sortie de la rue, elle ne pensait plus à rien d'autre qu'à sa survie. Et son esprit ne lui hurlait qu'une chose : fuir.

Lancée dans sa course pour la vie, elle ne vit pas l'énorme fissure sur le sol inégal et s'étala de tout son long. Sa peur se décupla alors qu'elle sentait ses chances diminuer. Il était trop tard pour fuir, mais elle pouvait encore lutter. Elle pouvait se battre, et elle allait se battre. Elle se sentait investie d'une étrange forme de courage et de détermination qui ne pouvait résulter que de l'énergie du désespoir. A genoux sur le sol glacé, la jeune femme tendit le bras vers son sac, qu'elle avait lâché dans sa chute, et y chercha frénétiquement sa baguette. Ses doigts ne rencontrèrent jamais l'objet recherché, et elle sentit des larmes d'impuissance lui monter aux yeux alors que des bruits de pas dans son dos lui indiquaient que son adversaire l'avait rattrapé. Elle se retourna et leva un regard craintif vers Marchebank, qui avait récupéré son arme.

Il était armé, elle ne l'était pas. Il était debout et la dominait de toute sa hauteur alors qu'elle s'était effondrée sur le sol. Elle n'avait plus la moindre chance, pourtant elle refusait d'abandonner. Elle ne mourrait pas. Pas comme ça, pas ici, pas maintenant. Elle ne pouvait plus rien faire que gagner du temps à présent. Elle ne pouvait plus se battre, mais pouvait toujours essayer de faire renoncer Marchebank. Réveiller en lui assez de compassion et d'humanité pour qu'il la laisse filer était sa seule chance.

"Kelsey, j'm'appelle Kelsey, répondit-elle d'une voix tremblante. J'ai pas entendu grand-chose, je comprenais rien...Il n'aurait aucune raison de tuer une simple moldue qui n'avait rien saisi de ses sombres plans. Je...je connais même pas Alan Fiennes."

A la seconde où les mots sortirent de sa bouche, elle se rendit compte de son erreur. De toute sa conversation avec son acolyte, Marchebank n'avait jamais mentionné le prénom de Fiennes. Une erreur qui pourrait lui coûter la vie. Profitant de la confusion qu'elle avait peut-être involontairement crée dans l'esprit de son adversaire, Kelsey se releva, ignorant l'arme pointée sur elle, et se mit à courir. Il pouvait l'abattre d'une balle dans le dos à n'importe quel moment, mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Parce que peut-être qu'il ne le ferait pas. Peut-être qu'il ne tirerait pas. Peut-être qu'elle avait une chance de s'en tirer, de s'enfuir, et de vivre. Et elle s'accrochait à ce peut-être de toute ses forces. Elle s'accrochait à la vie.



Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
Messages : 654

Voir le profil de l'utilisateur
Il aurait dû la tuer tout de suite. La situation était telle qu'il ne pouvait se permettre aucune erreur, aucun témoin, aucun dérapage. Leopold ne pouvait se permettre de faire dans les sentiments et cette jeune femme, aussi triste que cela soit, devait être une victime collatérale dans son accession au pouvoir. Voilà les pensées qui traversèrent son esprit quand Leopold sentit une douleur fulgurante dans son poignet, tandis que son revolver était projeté au sol. Poussant un grognement de douleur quand le sac de la jeune femme lui atterrissait dans l'oeil, Leopold mit quelques instants pour réagir, que sa cible mit à profit pour tenter de s'échapper. Le directeur retrouva bien vite son sang-froid, mû par la crainte de la voir lui filer entre les doigts, et se précipita au sol pour récupérer son arme avant de se lancer à sa suite. Un rictus de satisfaction déforma ses traits quand il l'avisa au sol, ayant visiblement trébuché, et avança vers elle d'un pas martial, l'arme luisante pointée devant lui. Ses sourcils se froncèrent quand il remarqua que la jeune femme ne semblait pas se relever mais préférait visiblement chercher quelque chose dans son sac...

Mais que pouvait-il bien y avoir dans le sac à main d'une jeune bimbo moldue qui lui permettrait de se défendre contre un homme armé ? Un spray au poivre ? Un couteau, peut-être, si elle était vraiment prévoyante ? Certainement pas une arme à feu, et la seule autre possibilité qui venait à l'esprit de Leopold ne le réjouissait pas un instant... Le doute et la méfiance s'étaient infiltrés en lui, le confortant dans l'idée selon laquelle il fallait d'urgence réduire cette jeune femme au silence. Du silence, elle semblait justement vouloir se départir, probablement consciente d'être piégée. Kelsey, elle s'appelait Kelsey... Leopold la dévisagea avec un mépris non dissimulé, allongée sur le sol crasseux dans sa tenue provoquante, maigre comme un clou, trop maquillée. Elle faisait peine, vraiment. Pourtant, cette créature qu'il avait sous-estimé avait bien failli réussir à s'échapper et paraissait bien avoir d'autres talents que celui de plaire à un homme... Kelsey serait-elle une sorcière ? Une de ces âmes perdues en monde moldu ?

"Alan Fiennes ?", répéta-t-il d'une voix froide, prêt à souligner son erreur à la jeune femme. Kelsey semblait pourtant en avoir pris conscience d'elle-même, puisqu'elle mit une seconde fois à profit la curiosité du directeur pour tenter de s'enfuir. Leopold lâcha un nouveau juron et se lança à sa poursuite, bien vite essoufflé. Kelsey ne payait peut-être pas de mine mais elle semblait bien plus en forme que lui. L'avantage de la jeunesse... La peur de se faire distancer le prit, car il avait bien conscience qu'Alan ne pourrait rien faire si elle déboulait en pleine rue moldue, aussi cessa-t-il momentanément de courir et leva le bras. Il n'avait plus le temps de réfléchir, plus le temps de viser, il ne pouvait que tirer et prier pour que sa balle atteigne sa cible... 

Les deux coups retentirent dans la ruelle silencieuse, glaçant Leopold jusqu'au sang. Le premier rata Kelsey de peu. La seconde fois, elle s'étala au sol, provoquant un intense soulagement chez son agresseur. Leopold se hâta vers elle tandis qu'Alan surgissait de l'autre bout de la rue, alerté par les coups de feu. Leopold le vit lancer quelques sorts pour assurer la tranquillité des lieux et reporta son attention sur Kelsey, qu'il rejoint d'un pas hatif. Il ne fallait pas s'éterniser ici...

Le directeur s'arrêta à la hauteur de Kelsey, la surplombant de toute sa hauteur, ses cheveux blonds éparpillés à quelques centimètres de ses chaussures. Leopold eut du mal à détâcher son regard de sa blessure, dans la jambe un peu au-dessus du genoux. Allait-elle en mourir ? Probablement pas, et certainement pas tout de suite. D'ailleurs, la jeune femme était toujours consciente... Quelques secondes s'écoulèrent ainsi, hors du temps, Leopold restant immobile, comme fasciné par sa victime. Puis il fut ramené sur terre par ses deux comparses qui l'avaient rejoints et semblaient passablement inquiets par la tournure des évènements.

"Elle a une baguette quelque part, trouvez-là. Fouillez ses affaires et prenez tout ce qui n'est pas moldu. Et ses papiers."

Ses ordres donnés, Leopold ne prêta plus aucune attention à ce qui se passait dans la ruelle, comme hypnotisé par Kelsey, par le sang qui s'écoulait hors de sa jambe, par les couleurs qui semblaient s'échapper de son corps et le laisser pâle comme la mort.

"Quel est ton nom de famille, Kelsey ? Qu'est-ce que tu fais seule par ici ?", interrogea-t-il, curieux d'en savoir plus sur la personne dont il venait de ruiner la vie. S'agenouillant près d'elle, il murmura :

"Tu comprends pourquoi tu dois mourir, n'est-ce pas ? Ce pays a besoin d'un nouveau dirigeant. Des mesures drastiques doivent être prises, pour le bien de tous. Je ne peux pas laisser quelqu'un comme toi ruiner l'avenir du pays, ruiner mon avenir..."




Christoph Waltz, merci à Roy
Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
Messages : 271

Voir le profil de l'utilisateur
Kelsey courait comme elle n'avait jamais couru auparavant. Elle ne sentait pas sa gorge sèche, ses poumons en feu, ses jambes fatiguées et son cœur qui n'en pouvait plus. Plus rien de tout cela n'avait d'importance, elle ne pouvait même plus penser, sa fuite occupait tout son esprit. Une fuite en avant qui pouvait lui sauver la vie. Elle n'avait rien d'autre à faire que courir, courir tant qu'elle le pouvait, aussi loin que possible. Et à mesure que l'extrémité de la ruelle se rapprochait, la jeune femme sentait l'espoir renaitre en elle. Ce n'était peut-être pas fini. Elle pouvait s'en sortir. Elle avait encore une chance. La peur lui donnait des ailes, elle allait y arriver.

La détonation assourdissante provoqué par un premier coup de feu fit voler cet espoir en éclat.  Le bruit résonna froidement dans la tête de la jeune femme, faisant vibrer chaque parcelle de son corps. Sa peur redoubla alors que son sang se glaçait dans ses veines. Elle ne s'arrêta pas de courir. Elle entendit la seconde détonation un instant avant de sentir une douleur fulgurante lui traverser toute la jambe. Elle s'effondra sur le sol, et son maigre espoir s'effondra avec elle. Sa dernière chance venait d'être réduite à néant.

La douleur prenait petit à petit le pas sur la peur et Kelsey laissa échapper un gémissement en essayant de bouger la jambe pour se relever. C'était peine perdue. La douleur se diffusait à l'ensemble de son corps et elle parvint tout juste à se retourner sur le dos pour voir son agresseur s'approcher d'elle. Elle posa sur lui un regard confus où se lisait aussi bien la crainte, que la haine et la douleur. Sa respiration s’accélérait et sa vision se troublait à mesure que ses forces l'abandonnaient. L'odeur de son propre sang, qui se répandait lentement sur les pavés, la prit à la gorge, et elle réalisa e qu'elle était en train de mourir. Marchebank n'avait qu'à rester là, à la regarder agoniser, et elle finirait par se vider de son sang.

Kelsey n'avait jamais accordé plus de valeur que nécessaire à sa propre vie. Elle faisait partie de ces jeunes qui se mettaient en danger en assurant qu'il "fallait bien mourir de quelque chose". Elle fumait, elle buvait, elle avait eu des dizaines d'amants, elle mangeait peu, ne dormaient pas et elle s'en fichait parce que de toute façon c'était Rock’n’roll de mourir jeune. Elle s'était toujours imaginé quitter ce monde à même pas trente ans, à l'instar d'un Kurt Cobain ou d'une Janis Joplin. Elle voulait mourir avant de vieillir, être belle pour toujours, et regrettée de tous. Du moins c'était ce qu'elle voulait, avant.

Comme pour beaucoup de choses, ce fut au moment où sa vie l'abandonnait qu'elle prit conscience de sa valeur. Elle ne menait pas une vie parfaite, une vie dont elle aurait pu rêvé étant enfant, elle avait abandonné depuis longtemps ses rêves de gloire et de prince charmant. Non, elle n'était pas devenu la nouvelle Beyoncé, comme elle l'aurait voulu à l'âge de huit ans. Elle n'était pas mariée à un beau chirurgien sorti tout droit d'une série hollywoodienne. Mais elle avait une vie qui valait quand même la peine d'être vécue. Elle était jeune, elle avait encore le temps de corriger ses erreurs et de se trouver de nouveaux rêves. Elle avait Aaron, avec qui elle avait appris à aimer autrement. Elle avait une vie, une vie qui comptait, et pour laquelle elle voulait se battre.

Mais c'était un combat perdu d'avance. Elle laissa échapper un nouveau gémissement alors la douleur dans sa jambe se faisait plus forte. Elle voyait flou, et les ordres que distribua son agresseur lui parvinrent étouffés, comme s'il s'était trouvé à des dizaines de mètres d'elle. Pourtant il se tenait juste à coté, menaçant. Kelsey le suivit du regard alors qu'il s'accroupissait à sa hauteur. Plus les secondes passaient, plus ses chances de survivre à cette blessures s'amenuisaient. De toute façon il ne la laisserait pas vivre, elle le comprenait dans son regard. Quoiqu'elle réponde à ses questions, il la tuerait. Des larmes d'impuissance et de colère lui montèrent aux yeux alors qu'elle posait sur son agresseur un regard suppliant.

Si elle avait prit conscience de la valeur de sa vie, en sentant la fin approcher, son agresseur lui ne lui en accordait aucune. Elle n'était rien pour lui, comme il le disait lui-même, la voix teintée de mépris. Elle était un obstacle un peu dérangeant dans sa course folle pour le pouvoir. Un nuisible qu'il aurait tôt fait d'écraser. Elle savait ce que ça faisait de tuer quelqu'un. Elle avait ôté la vie à Ulrich Keller, le vengeur masqué, un assassin qui avait massacré des familles entières, et elle n'en dormait plus la nuit. Marchebank allait la tuer, et il dormirait certainement sur ses deux oreilles. Rien que pour ça, elle valait bien plus que lui. Elle était pleine de défauts, mais elle n'était pas cruelle. Lui était incapable de la moindre compassion.

- Quelqu'un comme moi vaut dix fois plus que vous, cracha-t-elle entre ses dents serrées, luttant contre la douleur, et le froid qui s'insinuait doucement en elle.

L'effort de prononcer quelques mots avait puisé dans le peu de forces qui lui restait et elle dû prendre plusieurs respiration saccadées pour qu'un peu d'oxygène parvienne jusqu'à ses poumons. La haine qu'elle ressentait à l'encontre de son agresseur disparut doucement alors que sa peur grandissait encore. Il était désormais le seul à pouvoir la sauver. Elle-même ne pourrait plus lutter très longtemps, et cette pensée lui faisait oublier toute sa colère, au profit d'une angoisse démesurée qui habitait tout son être.

- Vous êtes pas obligé de faire ça...souffla-t-elle en cherchant à accrocher le regard de son agresseur malgré sa vision de plus en plus trouble. S'il-vous plait...gémit-elle alors qu'une nouvelle vague de douleurs lui arrachait de premières larmes.



Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
Messages : 654

Voir le profil de l'utilisateur


Dernière édition par Leopold Marchebank le Ven 4 Juil 2014 - 9:31, édité 1 fois
La belle assurance de Leopold fondit comme neige au soleil lorsqu'il vit la peur se substituer lentement à la haine dans les yeux de sa victime, qui s'emplirent de larmes. Soudain, Leopold prit conscience de ce qu'il était en train de faire, à savoir prendre la vie d'un autre être humain. Il n'était pas question de valeur, d'importance, de destin : il s'agissait d'un meurtre, purement et simplement. Et cette fois, il en était le seul instigateur et celui qui l'accomplissait, de ses propres mains. Il n'y avait pas d'intermédiaire, il n'y avait pas d'échappatoire pour sa conscience : lui, Leopold, allait tuer cette femme, de sang-froid, sans hésitation, sans vraiment de raisons. Sans doute aurait-il pu trouver un moyen de l'éviter. Sans doute avait-elle raison, il n'avait pas à faire cela. Elle pouvait encore être sauvée, il pouvait encore trouver un autre moyen de la réduire au silence...

Mais il savait pertinemment qu'il n'allait pas le faire. Car voir la vie s'échapper lentement du corps de cette femme l'emplissait d'une foule de sentiments d'une complexité et d'une intensité plus fortes que tout ce qu'il avait ressenti auparavant. Ni ses plus grandes réussites professionnelles, ni ses plus belles conquêtes sentimentales, ni même le meurtre de son père n'étaient comparables au fait de voir ce qu'il avait lui-même provoqué en tirant sur cette fille, en voyant le sang qui s'échappait de sa plaie pour maculer le sol sale et gris de la ruelle... Pour un homme si froid, si insensible que lui, c'était impossible de renoncer à cette décharge d'adrénaline, à cette peur écrasante, à cette joie morbide teintée de stupéfaction qui l'envahissaient à la pensée qu'elle allait mourir. Il n'allait pas la tuer parce qu'il devait le faire. Il allait la tuer parce qu'il en avait envie, parce qu'il en avait besoin.

Fasciné par la vue qui s'offrait à lui, il secoua légèrement la tête en signe de dénégation quand elle le supplia de l'épargner.

"C'est trop tard", souffla-t-il en se penchant sur elle, les yeux écarquillés par le choc provoqué par son propre geste. Sa main libre se tendit vers le visage de Kelsey, et il ne put résister à la tentation de frôler sa joue, comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle. Il repoussa une mèche de cheveux blonds qui obstruait son visage puis se releva et la surplomba de toute sa hauteur, tandis que son rythme cardiaque s'emballait.

"Au revoir, Kelsey", lâcha-t-il en guise d'adieux, la voix vacillante, tout en tendant le bras en direction de son cœur. Sa main tremblait lorsqu'il pressa la détente. Le coup partit et surprit le directeur, qui sursauta avant de lâcher l'arme instinctivement aux pieds de sa victime. Il avait bien visé et elle était morte sur le coup, il pouvait le voir à l'expression figée de son visage et à la rigidité de son corps. Le souffle coupé, sous le choc, Leopold resta aussi immobile que sa victime pendant de longues secondes. Sa main fourmillait comme s'il pouvait sentir la balle partir une seconde fois, ses oreilles raisonnaient encore du coup de feu. Ce coup, il lui semblait que le monde entier l'avait entendu. Ce coup avait fait tomber une femme hors du monde et avait ébranlé l'âme de Leopold, qui n'en serait plus jamais vraiment le même.

"M. Marchebank, il faut partir", criait la voix familière d'Alan, qui semblait à des kilomètres de lui. "LEOPOLD ! Tout de suite !"

Oui, il fallait partir. Il ne fallait pas qu'on les surprenne ici, réduisant tous ses efforts à néant et rendant ce meurtre inutile. Pourtant, Leopold restait incapable d'esquisser le moindre geste, si bien qu'il finit par sentir la main de son acolyte saisir son poignet d'autorité. Le vieux sorcier eut le temps d'apercevoir le corps sans vie de Kelsey une dernière seconde avant de sentir la sensation caractéristique du transplanage accrocher son nombril et l'entraîner loin, très loin de cette ruelle dans laquelle son destin venait de basculer.

Il comprit au moment où ses pieds touchèrent le sol de la petite chambre d'hôtel moldue réservée pour l'occasion qu'il avait changé à jamais. Une noirceur venait d'envahir son âme, qui n'était pas vraiment là auparavant. C'était sans doute la première fois de sa vie d'adulte que des larmes coulaient de ses yeux, de vrais larmes de choc et d'incompréhension, des larmes nerveuses. Un trop plein d'émotions l'avait envahi, trop pour qu'il puisse l'assimiler. Lui qui ne connaissait que l'indifférence avait été touché par le sort de cette fille, cette Kelsey qui était bien trop jeune pour mourir, qui n'avait pas fini de brûler sa vie, cette fille que quelqu'un aimait probablement quelque part. Oh, Leopold ne regrettait pas, mais il avait conscience que cet acte le marquerait probablement bien plus que toutes les horreurs qu'il avait pu commanditer. Car cette fois, c'était lui qui avait appuyé sur la gâchette, lui, l'impuissant, lui qui n'aurait jamais pu lancer un Avada Kedavra avait envoyé quelqu'un six pieds sous terre.

"Ca va", siffla-t-il entre ses dents à l'attention de ses acolytes, désireux de se trouver seul pour accuser le coup. "Allez-vous-en."

Il avait ressenti quelque chose. Il avait vécu. Il avait pris la vie d'une jeune femme pour pouvoir vivre lui-même. Voilà ce qu'il devait faire, prendre aux autres pour grandir, les mettre à terre pour s'élever, et leur faire honneur en atteignant la grandeur...  Comme Kelsey, il allait brûler sa vie par les deux bouts, jusqu’au jour où il ne serait plus l’assassin... Mais l’assassiné.

Spoiler:
 



Christoph Waltz, merci à Roy
Kelsey LorganPersonnage décédéavatar
Messages : 271

Voir le profil de l'utilisateur
Kelsey avait toujours considéré qu'elle avait trois choses pour elle. Elle était séduisante, elle était jeune, et elle savait obtenir ce qu'elle voulait d'un homme.

Kelsey n'avait jamais été très jolie. Elle n'était pas de ces filles à la beauté naturelle qui n'ont rien à faire pour être belles, mais elle avait été séduisante. Elle avait su plaire à tous les hommes. A ceux qui étaient trop vieux, à ceux qui préféraient les brunes, parfois même à ceux qui préféraient les hommes, aux Gryffondors, aux Serpentards, aux machos, aux timides. Ils avaient tous craqué, souvent pour une nuit, parfois plus. Peu l'avaient aimé, mais ils avaient tous aimé la regarder, elle l'avait vu dans leur yeux. Oui, elle plaisait aux hommes, à tous les hommes ou presque, comme si elle n'appartenait à aucun "type" de femmes, ou à tous à la fois. Cela ne tenait pas à grand-chose. Parfois il suffisait d'un sourire, ou d'un regard, d'un mordillement de la lèvre, d'une façon de marcher, d'une bretelle qui glisse. La séduction était dans l'attitude, et Kelsey l'avait compris très jeune. Trop jeune sans doute. Et elle en avait séduit des hommes. Un peu trop sans doute.

Aujourd'hui elle n'avait plus rien de séduisant. Le sang qui quittait peu à peu son corps, emportant sa vie avec lui, laissait son visage livide. Sa pâleur faisait ressortir la dureté de ses traits, ses pommettes saillantes, ses joues creusées. Son regard, autrefois brûlant, était déjà presque vide et aux fonds de ses yeux gris on ne distinguait plus que la peur. Ses larmes avaient fait couler son maquillage un peu partout sur son visage, traçant des sillons d'un noir charbonneux sur sa peau trop blanche. Elle serrait les dents dans une expression douloureuse pour contenir la souffrance qui irradiait de sa jambe. Sa poitrine se soulevait à un rythme irrégulier alors que sa respiration s'affolait. Ses bras et ses jambes trop maigres étaient agités de tremblement incontrôlables. Kelsey faisait peur à voir, peine aussi, mais elle n'était plus séduisante du tout.

Elle n'était plus vraiment jeune non plus. Pourtant elle n'avait pas encore vingt ans, elle aurait du vivre encore longtemps. Elle n'avait pas la vie dont elle avait pu rêver étant enfant. Et peut-être qu'elle aurait eu une vie misérable, peut-être qu'elle aurait souffert toute sa vie. Elle ne croyait plus aux contes de fées et aux princes charmant depuis longtemps. Alors oui, peut-être que sa vie aurait été une succession d'échecs et de déception, peut-être qu'elle aurait fini par souhaiter mourir, mais peut-être que non. Peut-être aurait-elle accompli un de ses rêves, peut-être aurait-elle connu l'amour, peut-être aurait-elle eu un futur avec Aaron. C'était tous ces "peut-être" qui faisaient que la vie valait la peine d'être vécue, même quand elle n'était pas parfaite. Et ils étaient tous en train de partir en fumée. Elle n'avait plus de peut-être, parce qu'elle n'avait plus de temps. Sa vie était à peine commencée qu'elle finissait déjà.
Kelsey avait toujours brûlé la vie par les deux bouts, préférant profiter du temps qu'elle avait plutôt que de penser au jour où elle n'en aurait plus. Ce jour qui était arrivé beaucoup trop vite.

Parce qu'elle ne vivrait pas. Elle le savait parce que cette fois elle n'obtiendrait pas ce qu'elle voulait de l'homme qui lui faisait face. Elle ne le ferait pas changer d'avis, elle le voyait dans ses yeux. Beaucoup d'émotions semblaient s'agiter derrière ses prunelles sombres, mais aucune trace de compassion ne s'y cachait. Il allait la tuer. Et s'il ne le faisait pas il la laisserait se vider de son sang, et elle mourrait tout aussi vite, tout son corps le lui hurlait dans un ultime cri de détresse. Cette certitude qu'elle allait mourir l'emplissait d'une peur glaçante qui se diffusait dans tout son corps, plus douloureuse encore que sa blessure à la jambe. Elle sentait déjà l'air lui manquer, elle suffoquait, luttant pour inspirer la moindre bouffée d'oxygène. Ses membres affaiblis ne répondaient plus et étaient dépourvus de la moindre force. Ils ne pouvaient plus que trembler de peur, complètement incontrôlables.

Sa vision se brouillait mais elle ne voulait pas fermer les yeux, terrifiée à l'idée de ne plus jamais les ouvrir. Elle s'accrochait à ce qu'elle voyait, au visage de son agresseur penché sur elle. Elle le vit tendre une main dans sa direction, ne sentit pas le contact de sa peau sur son front. Elle plongea son regard paniqué dans ses yeux où elle trouva en réponse une sorte de fascination morbide. Elle préférait voir ça, elle préférait affronter le regard fou de son assassin plutôt que le noir complet. Tout pouvait s'éteindre, d'un instant à l'autre. Dans quelques minutes, quelques secondes, tout serait peut-être terminé. Que se passerait-il alors ? Kelsey n'avait jamais été croyante, mais alors que sa vie la quittait peu à peu, les paroles de Perspéhone Harrington lui revinrent en mémoire. Et elle pria pour qu'elles soient vraies. Parce que les histoires terrifiantes de la Serdaigle étaient moins terribles que ce qui l'attendait réellement. Rien. Elle ne serait plus rien. Un corps sans vie, sans âme. Elle n'existerait plus. Et cette idée lui tordait les entrailles d'angoisse.

- Je vous en supplie...gémit-elle d'une voix à peine audible.

Prononcer ses quelques mots lui avait demandé un effort considérable, et elle sentait le peu de forces qui lui restait la quitter doucement, mais elle ne voulait pas abandonner. Elle ne voulait pas mourir. Elle avait peur. Et elle voulait continuer d'avoir peur, d'avoir mal, d'avoir froid. Elle voulait continuer de vivre, même douloureusement.

- Non...souffla-t-elle quand son agresseur se releva.

Kelsey le suivit du regard, impuissante, l'angoisse au fond des yeux. Il tendit le bras dans sa direction, l'arme pointée vers son cœur qui s'affola, utilisant toute la vie qu'il lui restait pour faire palpiter sa peur dans tout son être, battant si fort qu'elle avait l'impression qu'il brûlait. Il s'arrêta d'un coup. Frappé dans sa lutte pour sa survie. Réduit au silence. Figé à jamais. Kelsey n'avait même pas entendu le coup de feu. Toutes trace de peur avait disparu de son visage dont les muscles se détendirent doucement. Elle n'avait plus peur. Et elle n'aurait plus jamais peur.

Kelsey avait été la première fois de nombreux hommes, parce qu'elle était jeune, séduisante, et savait ce qu'elle voulait. Aujourd'hui Kelsey était livide, froide, et sans vie, parce qu'elle avait été la première fois de Léopold Marchebank.


RP TERMINE



Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

For the greater good [Kelsey]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 1.06 All Good Things Must Come to an End
» Good Morning England - Demande de partenariat
» Kelsey.L.Hudson (en cours)
» 07. It's a new day, a new start, and I'm feeling good!
» Good morning, Ireland ! (23/01/12 à 10h12)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Londres,-