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 The Rains of Castamere

Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
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Dernière édition par Aaron Finnigan le Mar 17 Juin 2014 - 20:10, édité 1 fois
Mardi 20 mai 2008 - Début de soirée

Il pleuvait comme dans un mauvais film, comme ces légendes où le temps s'accorde à l'humeur du jour. Une pluie torrentielle ponctuée d'éclairs vifs et de coups de tonnerre assourdissants. C'était un orage comme la capitale britannique n'en voyait guère souvent.

Aaron n'aurait su dire si le temps pansait sa douleur ou la ravivait. La seule chose dont il aurait été certain, s'il avait pu avoir un pensée cohérente, était que la météo correspondait à son humeur. La pluie - les larmes, la tristesse, l'incompréhension, la pluie qui brouillait tout et le laissait dans un brouillard irréel. Les éclairs - de lucidité, qui tranchaient le marasme apaisant dans lequel il se plongeait et qui, tels des poignards, ravivaient la douleur. Et le tonnerre - l'envie de hurler, de violence, de se réveiller et de s'apercevoir que ce n'était qu'un mauvais rêve. Mais il n'y aurait pas de réveil.

Et c'était sans doute pour cela qu'Aaron se tenait, trempé, hagard et blême, les vêtements débraillés, tremblant, sur le Chemin de Traverse déserté. Devant T&T. Comment tout avait pu basculer aussi vite?

Il avait joué au petit moldu tout le week-end avec ses amis d'enfance. La bande avait prévu un week-end en Ecosse depuis plusieurs mois. Ah, qu'il avait râlé de devoir payer le train, de feindre qu'il ne connaissait pas la région alors qu'il savait Poudlard à quelques pas. Mais Telford's College était plus près d'Edinburg, et il avait été heureux de ne pas utiliser sa baguette pendant ces trois jours. Le temps du voyage était un faiseur de souvenirs et les sorciers ignoraient ce qu'ils perdaient. Il était revenu, s'était laissé happer par la semaine, le travail, le ministère aux prises avec les contestations qui débordaient un peu partout. Et soudain, Seamus était venu le chercher, au DOM, pour l'emmener solennellement au Bureau des Aurors.

Il hésitait à frapper et resta là plusieurs minutes.

On lui avait dit de prendre sa journée, après d'interminables questions. Il n'avait pas vraiment eu le choix. Il était parti, avait erré sur les plages d'Aberystwyth sans trop savoir pourquoi il ne ressentait rien. Il était vide, face à un mur blanc sans signification aucune. Puis les questions étaient venues. Ce serait dans la Gazette de demain. Etait-ce vrai? Comment avait-il pu ne pas le savoir? Ne rien sentir? Vivre trois jours heureux alors qu'elle gisait, abandonnée, dans la ruelle puis dans la morgue? Comment avait-il pu?

Il réalisa soudain qu'il n'était plus sur la plage, mais dans un bar de Londres, seul à une table dissimulée dans l'ombre. Il avait bu plusieurs verres. Pas encore trop - il le savait car la douleur pulsait encore, compagne noire et latente. Peut-être assez, cependant, pour ne pas réaliser qu'il allait faire une erreur.

Il frappa.

Il avait besoin de compagnie, réalisait-il confusément. Mais il ne voulait pas de la compassion de Jeremy, de l'incompréhension de ses amis moldus. Il voulait la colère de Darren, mais Darren ne savait rien. Il voulait pleurer, il voulait maudire, il voulait crier. Il voulait comprendre, il voulait expliquer, il voulait le silence. Il voulait qu'on le comprenne, pas qu'on le console. Ainsi, c'est avec la logique parfaite des esprits embrumés qu'il se dirigea vers la personne qui, du monde entier, serait celle qui le comprendrait sans doute le moins.

"Elle est morte" dit-il en tremblant, quelques interminables secondes après que Swann eu ouvert la porte.


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Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Indifférente à l’orage qui grondait à l’extérieur Swann était d’humeur joyeuse. L’emménagement officiel avec Jacob était prévu pour la fin de semaine et elle ne pouvait pas être plus heureuse. Après moult visites d’appartements (comme elle le désirait) et de manoirs (comme le souhaitait Jacob), ils avaient enfin réussi à trouver le parfait compromis avec une superbe maison de ville magique non loin du Ministère.
L’ancienne maison bourgeoise, totalement rénovée dans un style moderne et actuel jouissait  d’un emplacement stratégique au cœur de Londres. En effet, Swann n’avait pas souhaité s’installer dans l’ancienne demeure de Jacob et ce pour plusieurs raisons : Tout d’abord, elle était une citadine convaincue et elle n’envisageait pas une seule seconde de devoir aller acheter son pain en transplantant. Ensuite la jeune femme désirait élire domicile dans un lieu qui lui convenait parfaitement. Les manoirs à la Harris ou à la De Pompadour rivalisaient d’élégance mais ce n’était clairement pas le type d’endroit où elle souhaitait vivre. En femme accomplie et indépendante, elle voulait avoir l’opportunité de choisir son futur foyer et d’emménager chez elle et non pas chez Jacob.
Elle n’avait toutefois pas imposé la vente du manoir Swinton à son futur mari, loin de là,  mais ils avaient conjointement décidé que le château de Jacob deviendrait leur résidence secondaire et qu’ils  s’en serviraient pour les vacances.
Et éventuellement pour les soirées mondaines, songea Swann en tentant d’évaluer la capacité d’accueil de la salle de réception du manoir.

Un puissant coup de tonnerre sortit alors l’ex-préfète de ses pensées. Merlin, elle devait arrêter de rêvasser de la sorte ! Elle avait encore des dizaines de cartons à faire, à commencer par ceux de ses chaussures. La jeune femme fit léviter une demi-douzaine de paire d’escarpins d’une pièce à l’autre avant de s’occuper de ses paires de bottes. Elle était justement en train de sceller la dernière malle lorsque quelqu’un frappa à la porte du magasin en contre bas.
Swann leva la tête en direction de l’horloge qui indiquait vingt et une heure passée. Il n’était pas rare que certains commerçants du Chemin de Traverse viennent la voir en fin de journée mais ils passaient généralement juste après la fermeture de leur commerce, deux heures plus tôt. L’ex-préfète arqua un sourcil en se demandant qui pouvait bien venir la voir à cette heure tardive : Jacob avait une réunion au ministère, Sheiba ne rentrait qu’en fin de semaine de Salem –et elle ne se serait pas embêtée à frapper- quant à Natasha, elle était passée l’après-midi même pour commander une robe sur mesure.

Désireuse de connaitre l’identité du visiteur, Swann noua rapidement sa longue chevelure et  enfila à la va-vite un gilet pour descendre dans la boutique. Elle déboucha dans  le commerce obscur et silencieux en rangea sa baguette à porté de main, au fond de sa poche. La pluie qui ruisselait sur la vitrine l’empêchait  d’identifier la personne, mais à en juger par sa stature, il s’agissait d’un homme. Intriguée, la jeune femme déverrouilla la porte et l’entrouvrit pour découvrir …

« Aaron ?! Mais. Qu’est-ce que tu fais là ? » Demanda-t-elle en resserrant le col de son gilet.

Ils ne s’étaient pas revus depuis la soirée au Ministère et, à vrai dire, ce n’était pas plus mal. Swann n’avait pas particulièrement envie de nouer une nouvelle amitié avec lui. Elle avait perdue toute confiance en Aaron un an plus tôt et leur récente conversation n’avait fait que renforcer ce sentiment. La jeune femme avait même tendance à se méfier de ses penchants Serpentard et de son goût pour les mensonges puisqu’elle avait appris, à ses dépens, combien il pouvait s’avérer faux et trompeur.
Toutefois, il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour se rendre compte que quelque chose clochait et qu’Aaron n’allait vraiment pas bien. En plus d’être trempé jusqu’aux os, il était complètement livide. Ce n’était pas normal.

« Qu’est-ce qui…. » Commença-t-elle, inquiète, avant d’être interrompu par un cinglant "Elle est morte".

« Qu…Quoi ? » demanda Swann en fronçant les sourcils alors qu’elle avait parfaitement compris ce que venait de dire Aaron. On pouvait lire l’incrédulité dans son regard et une pointe d’affolement. Le ton de l’annonce laissait à penser qu’il s’agissait d’un proche, de quelqu’un que Swann et Aaron connaissait. Mais qui ? Le cœur de l’ex-Serpentard se mit à battre plus vite tandis que son cerveau, lui,  fonctionnait comme au ralenti.
Qui est mort, songea-t-elle sans parvenir à formuler de vive voix son questionnement intérieur. Le moindre bruit parasitait ses pensées : Les gouttes de pluies projetées sur la vitrine, le ruissèlement de l’eau dans les égouts, les coups de tonnerre. Et pourtant, au fil des secondes, d’horribles éventualités se dessinèrent : Natasha ?  Non elle était passée cette après-midi à la boutique, ça ne pouvait pas être elle. Maïa ? Une telle annonce aurait été plutôt mal venue… Alors qui ?
Comme frappée par un éclair de lucidité, Swann porta subitement ses deux mains devant sa bouche.

« Oh Merlin. » souffla-t-elle sans parvenir à détacher son regard d’Aaron, «  Ne m’dis pas que c’est… »

Elle n’arrivait même pas à le dire. Non, ça ne pouvait pas être l’adorable Amy, la jeune sœur de son ex-petit-ami. Swann et elle étaient restés en contact quelques temps, même après la rupture entre Swann et Aaron. Elles s’étaient toujours très bien entendues et l’ex-préfète avait même œuvrée dans l’ombre pour réunir Amy et son amoureux, Franklin Darrel.

Merlin, ce n’était pas possible ! Pas elle !

Swann jeta un regard implorant à Aaron en espérant sincèrement se tromper…


Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
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Dans le brouillard qui entourait ses pensées, il ne vint pas à l'esprit d'Aaron que Swann puisse se méprendre sur l'identité de la défunte. Il se détesterait sans doute plus tard en revoyant la scène, il se dirait qu'il était évident que Swann n'aurait pas pris cette mine horrifiée pour quelqu'un d'aussi basse extraction que Kelsey Lorgan. Si elle avait lu la nouvelle dans le journal, elle se serait probablement fendue d'un regard incrédule avant de filer chez Natasha pour dire que c'était bien prévisible qu'une fille d'aussi mauvaise vie finisse assassinée dans une ruelle obscure, probablement par un dealer. Mais à l'instant présent, il ne réalisait pas. confusément soulagé de voir que Swann le comprenait, il balbutia:

"Si." Un sanglot lui monta à la gorge et sa voix se brisa. "Elle a tué Ulrich et maintenant… on l'a tuée, elle."

Il aurait voulu ne pas craquer comme ça, mais la scène qu'il s'était construite surgissait devant ses yeux. Le froid, la fatigue, les émotions et la vue de Swann, qui provoquait toujours chez lui des sentiments contradictoires, tout cela brisait les barrières. Il posa une main devant ses yeux, comme pour nier la réalité, mais les mots sortaient, hachés, entrecoupés de larmes, et son dos se courbait sous le poids du chagrin et de l'horreur.

"Et moi… moi je ne savais pas… J'étais… trois jours! Trois jours…"

Il était bien heureux qu'il fit noir et qu'aucun passant ne se risqua sur l'allée commerçante. Il se souvint furtivement que Swann était sans doute la dernière personne à qui il aurait aimé se montrer dans cet état et tenta vainement de se redresser pour paraître moins misérable. Peine perdue.

HRP:
 


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Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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"Si"

Ce simple mot résonna comme le glas alors que Swann se demandait déjà comment cette horreur avait pu se produire. Amy était encore à Poudlard, elle avait dû avoir un accident là-bas. Etait-ce le Loup-garou de Pré au Lard qui avait encore frappé ? Une mauvaise chute en balai ?
Quoiqu'il en soit, le temps n'était pas aux suppositions. Aaron était dans un état lamentable, et malgré leurs différents, Swann ne pouvait pas le laisser comme ça.

"Oh Merlin. Entre." Souffla-t-elle la gorge nouée par l'émotion en l'entrainant par le bras à l'intérieur de la boutique. Elle attrapa la chaise qu'elle réservait à ses clientes les plus âgées puis elle le fit asseoir, tout en s'accroupissant près de lui. Dans des moments aussi tragiques, il fallait parfois savoir mettre entre parenthèse les conflits. Il s'était tourné vers elle malgré leurs passifs et elle devait être assez forte pour l'épauler.
La jeune femme tenta de refréner les larmes que la mort de la petite Amy lui inspirait, puis elle posa une main réconfortante sur le dos trempé de son ancien amant.

"Je suis tellement désolée..."

Elle essuya rapidement la larme au coin de son œil pour qu'Aaron ne la voit pas avant d'attraper le poignet du jeune homme pour le presser doucement.

"Je suis là." Finit-elle par murmurer en le voyant perdre complètement pied. Merlin, ce qu'elle n'aimait pas le voir comme ça. Alors qu'elle s'apprêtait spontanément à l'enserrer dans ses bras -les mots de réconfort ne servaient à rien dans de tels moments- le jeune homme prononça alors une phrase pour le moins énigmatique qui arrêta Swann dans le geste qu'elle s'apprêtait à faire.

Ulrich ? Mais que venait-il faire là celui-là ? Et puis d'abord, Amy n'avait rien à voir avec son assassinat. Ce n'était pas elle qui avait tué le vengeur masqué, c'était... Lorgan.

Swann fronça imperceptiblement les sourcils tandis que les détails de son dernier échange avec Aaron au ministère lui revenait en mémoire.

Ce pouvait-il que....
Non ce n'était pas possible !

L'ex-préfète écarquilla les yeux et rompit tout contact physique avec Aaron avant de se relever lentement.  Il était toujours secoué par des sanglots et bredouillait des paroles incompréhensibles qui témoignaient de sa détresse mais Swann se contenta de le fixer pendant d'interminables secondes avant de demander d'une voix blanche.

"De qui est-ce que l'on parle au juste..."


Spoiler:
 


Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
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Dès qu'il eu franchi le seuil de la porte, Aaron sut qu'il avait eu raison de venir. Swann avait toujours été là pour le soutenir et l'encourager pendant la courte année qu'ils avaient passé ensemble. Elle n'avait pas que des mauvais côtés. Et lui, comme un idiot, l'avait oublié à trop ressasser ses griefs à son encontre. Il lui adressa un pauvre sourire en s'asseyant sur la chaise. Son subconscient n'était pas aussi ingrat et savait ce dont il avait besoin. C'était lui qui avait guidé ses pas jusque chez Swann, dans cette boutique où il avait tant de bons souvenirs. Le simple fait d'être au sec lui éclaircissait déjà les idées.

Mais cela n'enlevait rien à son chagrin, et il continua à sangloter un long moment sans s'apercevoir que son hôtesse s'était éloignée de lui. Ce fut seulement lorsqu'elle parla que son instinct l'informa du danger. Un danger confus qu'il s'identifiait pas, mais qui lui fit relever la tête immédiatement. A travers ses larmes, il vit la mine défaite de Swann et réalisa que quelque chose clochait. Conscient qu'il allait avoir besoin de se calmer pour affronter les évènements, Aaron se força à prendre plusieurs inspirations avant de parler, pour calmer les sanglots. Les larmes arrêtèrent de couler, et si sa poitrine continua à être secouée de spasmes par moment, l'oxygène lui aéra le cerveau. Il n'était pas encore très vif - puisqu'il ne réalisa pas à quel point l'identité de la défunte rendait sa visite malvenue - mais il compris qu'il était normal que Swann soit perplexe, car elle ne savait rien de l'histoire.

Oups.

"Kelsey" dit-il en la dévisageant, car que l'on parle d'elle lui semblait pourtant évident. Le simple fait de prononcer son prénom manqua de le faire replonger, et il serra les dents. Il ferma les yeux, autant pour se soustraire au regard de Swann que pour se donner du courage.

"Tu ne savais pas. C'est normal… J'pouvais pas te le dire… On sortait ensemble - pour de vrai. Sortir, pas coucher" ajouta-t-il immédiatement en se remémorant la réaction de Jeremy.

Une petite voix au fond de lui lui dit que Swann ne le croirait pas. C'était la petite voix de la raison, évidemment, puisque c'était l'une des multiples raisons qui faisait qu'il n'avait pas parlé de Kelsey le soir où il s'était revus. L'autre étant évidemment Dalhiatus. Ah, les exs et les futurs. Mais Aaron savait très bien comment Swann réagirait à une pareille nouvelle et n'avait eu aucune envie de voir ses soupçons confirmés.

"Vas-y, moque-toi…" Il se détourna. "Tu as bien le droit, après tout…"

Il laissa la phrase en suspend, mais l'image de sa réaction face à Jacob fut vite effacée par une pensée plus pernicieuse qui vint finir sa phrase. "…quand on voit où ça m'a mené…"


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Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Lorgan. Ils parlaient de la pouf des Poufsouffle depuis le début. Swann ressentit immédiatement un immense soulagement mêlé de culpabilité. Soulagement, car la petite Amy allait bien et qu'elle était en pleine forme. Culpabilité, car ce n'était pas vraiment correct de se sentir si soulagée suite au décès de quelqu'un. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. C'était terrible à dire mais elle était contente qu'il ne s'agisse que de Lorgan. Oh Merlin, venait-elle vraiment de penser ça ?
Face à ces sentiments contradictoires, Swann fit quelques pas en arrière et s'assit sur le rebord d'un présentoir où un mannequin grandeur nature était exposé. Elle avait besoin de quelques secondes pour mettre en ordre ses pensées et tout ce que  ces événements sous-entendaient: Aaron pleurant à chaudes larmes la mort de la Poufsouffle. Sa détermination à l'appeler toujours Kelsey plutôt que Lorgan. La présence de l'ex-Serdaigle lors de l'assassinat d'Ulrich. Toutes les pièces s'imbriquaient pour former un puzzle (interdit au moins de 18 ans):
Aaron s'était tapé Kelsey. L'idée était à la fois incongrue et répugnante. Comment son ex-petit ami avait-il pu tomber si bas en couchant avec cette greluche ? Comment avait-il pu passé d'elle -une jeune fille si élégante et raffinée- à ce sac d'os vulgaire !?

Aaron confirma alors en partie ses déductions: Oui il couchait bien avec Lorgan mais il faisait même plus: Il sortait avec elle. Swann ne put contenir une réaction d'humeur et haussa un sourcil d'un air dubitatif.
C'était possible ça ?
En sept années passées à Poudlard auprès de la Poufsouffle, l'ex-préfète n'avait pas le souvenir d'avoir vu une seule fois Kelsey officiellement en couple. Peut-être avec Killian Gray, si l'on envisageait les unions libres comme un engagement amoureux.

"Au cas où tu ne le sais pas Aaron, quant on est avec quelqu'un, on a pas honte de le dire."
Répondit-elle du tac au tac lorsque le Serdaigle lui expliqua qu'il n'avait pas pu lui parler de sa relation avec Kelsey lorsqu'ils s'étaient vu au ministère.
Il ne pouvait pas, foutaise, en fait il ne voulait pas ! Swann était prête à le parier. Aaron n'assumait pas cette situation. Elle le connaissait assez pour savoir que l'ex-serdaigle avait une haute opinion de lui même et que sa relation avec une trainée notoire écornerait quelque peu son image de garçon sérieux. Il avait beau dire que Swann était futile et superficielle à vouloir toujours maitriser son image, mais elle, au moins, elle assumait !

Le soulagement et la culpabilité laissèrent place à une sourde colère lorsqu'Aaron insinua qu'elle allait certainement se moquer de cette situation. Comme si elle pouvait rire du deuil qu'il devait traverser. Sérieusement ? Aaron avait toujours été très doué pour la faire sortir de ses gonds, mais là, c'était trop. Elle détestait sa manière de se victimiser en la faisant passer pour la plus méchante des deux. Au fond, elle se fichait bien de l'identité des femmes qu'Il fréquentait. Elle se doutait qu'il n'était pas resté seul depuis leur séparation et même si son ego venait d'en prendre un coup en apprenant l'identité de sa remplaçante, ce n'était pas ça le problème. Ce qu'elle haïssait plus que tout, c'était la manière qu'avait Aaron de présenter les choses, comme si c'était elle la fautive. Elle qui le poussait à mentir, à cacher la vérité. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils s'étaient séparés un an plus tôt, parce qu'elle était celle qui ne comprenait pas, elle ne le comprenait pas. Il ne s'était pas gêné pour le lui dire d'ailleurs. Alors, dans ce cas, que faisait-il ici ?

Swann l'observa quelques secondes avant de serrer la mâchoire. Il était hors de question qu'elle joue le rôle de la bonne poire de service, songea-t-elle en se levant. Elle rejoignit donc la porte d'entrée du magasin d'une démarche saccadée puis elle posa sa main sur la poignée et se tourna finalement vers Aaron.

"Je suis désolée de ce qui t'arrive, répéta-t-elle sans aucune once de compassion dans la voix cette fois, mais j'aimerai que tu t'en ailles. Je ne peux rien pour toi." Lança-t-elle, implacable."Si ce n'est envoyer un patronus messager à Jeremy si tu n'es pas en état de le faire, ajouta-t-elle en sortant mécaniquement sa baguette de sa poche, mais je n'ai aucune envie de t'écouter ni de te consoler. "

La mâchoire un peu tremblante, elle resserra sa poigne autour du loquet.

" Tu as été très clair au Ministère l'autre jour: je crois que nous nous porterons mieux si nous allons chacun notre chemin, comme nous l'avons fait jusqu'à présent." Lança-t-elle d'un ton froid. Elle avait ressortit la phrase d'Aaron, mot pour mot, parce que mine de rien, cette remarque l'avait profondément vexée. L'ex-Serdaigle ne faisait que récolter ce qu'il avait lui-même semé avec ses mensonges et ses remarques désobligeantes. Swann ouvrit donc la porte à la volée, la clochette tinta et la fraicheur de l'orage s'engouffra de nouveau dans la boutique...


Aaron FinniganPersonnage décédéavatar
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Et dire qu'un moment auparavant, Aaron pensait avoir trouvé l'aide qu'il cherchait chez Swann. Si les bons côtés de la jeune femme avaient sombrés dans les limbes de son subconscient, ça n'était pas sans raison. C'était Miss Morale dans toute sa splendeur. Aaron ne vit pas Swann qui encaissait la nouvelle - et il se serait pourtant réjouit de lui avoir cloué le bec pour quelques secondes. Il n'entendit que sa phrase horriblement moralisatrice. Il n'avait pas honte de dire qu'il était sorti avec Kelsey. Oh, si, il avait eu honte pendant un temps, mais il était passé par dessus. Il l'avait dit à toutes les personnes à qui il pouvait le dire, le seul ignorant encore la vérité étant Darren, pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec la honte.

Et oui, il éprouvait un malaise à le dire à Swann. Il refusait de penser qu'il avait honte - mais une horrible petite voix lui murmurait qu'elle n'avait pas complètement tort. Non, décida Aaron. Il n'avait rien dit parce qu'il savait très bien qu'elle se vexerait, lui lancerait des piques assassines, pérorerait dessus dès qu'elle en aurait l'occasion. Parce que lui, il avait suffisamment de présence d'esprit pour savoir qu'annoncer à son ex qu'on va se fiancer la première fois qu'on lui parle depuis votre séparation, ce n'était pas le meilleur moyen d'entamer une relation saine. Mais, comme d'habitude, Miss Twilfit était d'une suffisance horripilante.

Toutes ces pensées ne lui vinrent à l'esprit que lorsque Swann le mit à la porte. Avant, la tristesse prenait le pas sur le ressentiment, mais ses dernières phrases, le souffle froid de l'orage et son ton assassin lui rappelèrent l'autre raison de sa venue. Il voulait exploser. Et s'il y avait une chose de sûr, c'est qu'eux deux dans la même pièce menait inéluctablement à cet épilogue. Aussi se laissa-t-il aussitôt envahir par la fureur que déclenchèrent les mots de son ancienne petite-amie. Refusant de sortir, il bondit simplement de sa chaise et hurla:

"Ah, et qu'est-ce que tu voulais que je dise d'autre quand, alors qu'on se revoit pour la première fois depuis notre séparation, tu me présentes ce vieux con qui tente de m'humilier par tous les moyens et que toi tu… tu…"

Il s'arrêta un instant, assimilant la réaction instantanée de Swann à la mention du nom de Kelsey: rejet total. Peut-être était-ce une crise de jalousie. Peut-être comprenait-elle quel avait été son sentiment lors de leur rencontre au ministère. Eh bien, elle se prenait magistralement dans la figure ce qu'elle lui avait envoyé l'autre soir. Ce n'était que justice. Mais loin d'être calmé, Aaron, enhardit par l'alcool, continua de vider son sac.

"Tu me prend pour le roi des imbéciles en me servant le plus beau bobard de la galaxie! J'adorerai te voir à notre mariage" singea-t-il. "C'était pour quoi, l'hypocrisie, l'insulte? Pour te venger de notre rupture ?"

Tous ses souvenirs sur Swann affluaient, repoussant la sombre pensée de Kelsey morte au fond de sa mémoire. Il se souvenait le goût amer de sa réaction, froide et impersonnelle, qui refusait de comprendre sa détresse. Sa détermination à jouer la Préfète Parfaite plutôt que d'écouter cinq minutes son petit-ami. Peut-être était-ce cela qui la rapprochait de Dalhiatus. Froids et ambitieux, rien d'autre ne les caractérisait. Aaron se rappelait aussi ses regrets après cette entrevue, ces journées à se demander si tout ça n'aurait pas pu se terminer autrement. Sa tentative désespérée de la rattraper avant qu'elle ne parte à Milan.

"Tu me signaleras quand tu arrêteras de m'en vouloir, parce que si tu crois que je ne me le suis pas assez fait payer moi-même, tu… tu…"

Il leva une main rageuse et la laissa lourdement retomber sur la table, s'appuyant au meuble pour garder l'équilibre. Il ne savait pas quoi, sinon qu'il venait de dire une énorme bêtise. Ou plutôt une énorme vérité qui n'aurait jamais du franchir ses lèvres au vu des capacités de Swann à lui enfoncer un poignard dans le coeur à chaque morceau de lui-même qu'il lui dévoilait. Il détestait l'alcool. Pourtant, Aaron se sentait étrangement rasséréné, comme s'il avait recraché un morceau avalé de travers. Parce que ça ne s'était pas terminé, comme il se l'était répété durant des mois. Et que c'était tout le problème.


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Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Swann eut un mouvement de recul lorsqu’Aaron bondit littéralement de sa chaise et se mit à hurler. La jeune femme resserra machinalement sa main autour de sa baguette prête à l’immobiliser s’il se montrait trop virulent : La douleur et l’alcool était un cocktail explosif et nul doute qu’Aaron était sous l’emprise des deux.  Mais contre toute attente, ce fut elle qui explosa littéralement lorsque son ex petit-ami eut le culot d’insulter Jacob. Son ressentiment se mua subitement en colère froide tandis qu’elle brandissait sa baguette devant son visage, furibarde :

« Fais attention à ce que tu dis Aaron. Fais très attention, le menaça-t-elle en s’approchant de lui.

Elle voulait bien être un minimum serviable en appelant Jeremy afin qu’il vienne le chercher mais si Aaron s’amusait à l’injurier, Swann était prête à le mettre dehors avec un Everte Statum.
Elle était chez elle et elle n’avait pas envie de se laisser malmener par son ancien amoureux, et ce quelque soit la détresse dans laquelle il se trouvait. Leur relation avait toujours été électrique mais aujourd’hui, ils n’étaient plus obligés de se supporter ni de se parler. D’ailleurs, elle ne comprenait toujours pas pourquoi Aaron était venu la trouver elle, plutôt que ses vrais amis. Que cherchait-il en venant là ce soir ? De l’aide ? De la compassion ? Ou une occasion pour régler ses comptes avec elle ?
Manifestement, c’était plutôt pour la troisième proposition qu’Aaron avait fait le déplacement puisqu’il  fit dériver leur échange vers un tout autre sujet que la mort de Kelsey Lorgan, à savoir leur histoire, sous-entendant même que Swann se conduisait aussi froidement pour se venger de leur rupture. L’ex-préfète laissa échapper un rire sans joie avant de vriller ses pupilles dans celle d’Aaron.

« Me venger ? Sérieusement ? Tu sembles oublier que c’est moi qui ait mi un terme à notre relation, cracha-t-elle en posant un index sur sa poitrine, Moi qui n’en pouvait plus de tes mensonges et de ta volonté de faire fi du Secret Magique, souffla-t-elle un ton plus bas en faisant référence à l’histoire avec Maïa. Elle s’approcha encore un peu plus de lui et ajouta :
« Ne crois tu pas que si j’avais vraiment voulu me venger de quoique ce soit, j’aurais pu faire quelque chose de nettement plus diabolique que de t’inviter à mon mariage ? »

Elle le scruta quelques secondes d’un regard flamboyant le temps qu’il assimile bien ces paroles. Oui, elle aurait pu dénoncer Maïa aux oubliators. Oui, elle aurait très bien pu parler de cette histoire de Secret Magique à Jacob qui était clairement l’homme de la situation pour résoudre efficacement ce genre de bavure. Au fond, si elle avait voulu, Swann aurait pu le réduire en miette. Anéantir complètement sa vie politique et ses perspectives d’avenir. Fiennes ne l’aurait jamais accepté dans son équipe si ce scandale avait été révélé au grand jour. Pourtant, elle n’avait rien fait de tout ça.

« Je ne veux pas me venger Aaron, sache-le, finit-elle par dire en reprenant petit à petit le contrôle de ses nerfs, notre rupture est juste la meilleure chose qui me soit arrivée, c’est tout. » Révéla-t-elle en posant un regard dur sur le jeune homme.

Elle n’avait pas toujours pensé ça, loin de là, mais elle avait fini par s’en persuader.
Un an plus tôt, elle avait vécu de longues nuits d’insomnie après leur rupture durant lesquelles elle s’était demandé s’ils ne gâchaient pas tout à cause d’un simple problème de communication.
Elle avait failli l’accoster de nombreuses fois au château, prête à clarifier les choses, à mettre de l’eau dans son vin, mais elle ne l’avait jamais fait. Par orgueil ? Par peur d’être rejetée ? Elle ne le savait pas elle-même mais l’année scolaire s’était terminée sans qu’ils ne s’adressent de nouveau la parole.
Puis il y avait eu le projet de la filiale à l’étranger, Milan et enfin, Jacob. C’était essentiellement pour lui qu’aujourd’hui l’ex-préfète se refusait à remuer le passé. Elle était heureuse et amoureuse dorénavant. Elle allait se marier et elle  n’avait aucune envie d’entendre Aaron cracher sa haine à son encontre. Elle était désolée pour lui mais il semblait incapable d’avancer. Il restait bloqué sur une image qu’il se faisait d’elle, lui prêtant des intentions qu’elle n’avait pas, interprétant le moindre de ses mots comme une bravade. Swann était fatiguée par ces querelles incessantes et ce dialogue de sourds.
Pourtant l’ultime phrase de l’ancien Serdaigle la fit légèrement tiquer puisque pour la première fois depuis un an, elle perçut une pointe de regret dans ses propos. La jeune femme resta quelques secondes interdite devant cette déclaration. Que sous-entendait-il ?
Merlin, elle avait peur de comprendre et elle n’était pas disposée à aborder ce sujet aujourd’hui. Ça non. Pas à quelques jours de son emménagement avec Jacob. Pas à l’horizon d’un si grand tournant dans son existence. C’était surement une manière de fuir ou de contourner le problème, mais elle n’avait jamais eu le courage d’une Gryffondor. Et puis, quoi qu’il en soit, les regrets d’Aaron arrivaient trop tard.

« Tu as trop bu. » le coupa-t-elle d’un ton froid. Elle se fichait de paraitre insensible,  tout ce qu’elle voulait, c’ était  pouvoir vivre pleinement son bonheur sans avoir à se poser des dizaines de questions sur la réalité des sentiments d’Aaron à son égard. Soucieuse de couper court à la conversation, elle chuchota une incantation et remua sa baguette. Jeremy semblait être la personne la plus disposée à venir récupérer son camarade dans cet état, songea-t-elle en voyant apparaitre son patronus messager.


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Ah, elle s'énervait. Ce qu'elle pouvait dire, Aaron n'en avait rien à faire, il était juste heureux qu'elle quitte son masque de petite fille de bonne famille, qui sait dire les pires choses poliment et transformer une vérité en belle hypocrisie. Ainsi, Dalhiatus était sa corde sensible? Eh bien, vu le comportement du bonhomme, ils allaient être nombreux ceux qui mettraient Swann en rogne. Elle aurait pu sortir avec n'importe qui, n'importe quel autre directeur qui était une personne aimable (et un peu moins âgée, soit dit en passant), et les problèmes se seraient évanouis. Mais Dalhiatus était si méprisant et arrogant que ceux qui l'appréciaient devaient se compter sur les doigts d'une main. Les gens de son espèce - de celle de Swann.

"Mes mensonges ?" se moqua-t-il lorsque Swann évoqua pourquoi elle l'avait quitté - comme si elle était partie et qu'il était resté la supplier. "Je ne t'ai jamais menti et c'est bien ça qui a fait qu'on s'est séparé."

Alors comme ça, elle s'auto congratulait de l'avoir quitté? N'importe quoi! Ils s'étaient séparés d'un commun désaccord, de cela il était certain. Mais Swann avait toujours été douée pour présenter les choses sous l'angle qui l'arrangeait le plus. Faire d'Aaron un menteur chronique et d'elle une courageuse qui prenait de la distance par intégrité, c'était tout à fait son genre.

Elle le menaça ensuite à demi-mots de révéler l'histoire avec Maïa. Les réflexes d'Aaron étaient trop émoussés pour la prendre au sérieux. Elle ignorait que Maïa n'était plus une menace pour personne, que Shawn était considéré comme responsable de tout et que ses allégations ne seraient pas prises au sérieux. Fiennes étoufferait la rumeur dans l'oeuf, Seamus avait bien géré l'affaire. Non, elle n'avait rien contre lui. Et quand bien même il existait un risque, Aaron savait confusément qu'elle ne le ferait pas. Cela trancherait trop avec l'image proprette qu'elle avait d'elle-même. Trahir son ancien amant par esprit de revanche, au vu et au su de tous? Non, nul doute que cela serait dévoiler à la face du monde une image de vieille fille amère et revancharde, des sentiments opposés à celle de femme moderne et ambitieuse qu'elle voulait donner.

En revanche, lorsqu'elle prétendit que leur rupture était la meilleure chose qui lui soit arrivée, il accusa le coup. Il ne savait pas au juste pourquoi cela lui faisait aussi mal qu'elle dise ça. C'était comme avoir reçu un coup de poing dans l'estomac. Il savait juste qu'il n'arrivait plus à réfléchir, et qu'il fallait qu'il oublie ces mots - non, qu'il les lui rende. Mais que pouvait-il bien dire qui ébranle le monstre de self-estime qui se tenait devant lui?

"Je suis censé te croire?" grogna-t-il d'une voix rauque. Il n'arrivait pas vraiment à dissimuler son choc. "Tu veux me mettre à la porte de chez toi à la seconde où tu comprends que je sors avec une autre fille, et je suis censé croire que tu n'as aucun regret sur notre séparation?"

Elle était sûrement persuadée de n'avoir aucun regret. Après tout, Aaron n'avait jamais été à la hauteur de ses ambitions, et il avait été naïf de ne pas s'en apercevoir. Mais il était plutôt content de sa répartie - avec un peu de chance, elle se rendrait compte que lui aurait été poli avec Dalhiatus s'il ne lui avait pas sauté dessus. Lui s'était pris le couple de Swann dans la figure sans avertissement et avait accepté de parler avant de prendre ses distances. Elle n'avait même pas tenu jusque là. Alors, qui des deux était le plus susceptible? Qui des deux se mentait à lui-même?

"Tu me prends vraiment pour un idiot."

Hélas, ce n'était ni la première fois, ni la dernière qu'elle le prenait pour un idiot. Ou plutôt si - c'était la dernière, décida-t-il soudainement. Il n'en pouvait plus de retrouver Swann sur son chemin quoiqu'il fasse. Il y avait toujours eu quelqu'un, quelque chose pour le ramener à Swann depuis leur rupture, et il n'en pouvait plus. Il voulait en finir, maintenant, tout de suite. L'oublier elle pour pouvoir concentrer son énergie à Kelsey - au souvenir de Kelsey. Parce que Kelsey méritait cela, et non Swann. Il haussa les épaules lorsque la jeune femme fit remarquer qu'il avait bu.

"Je ne vois vraiment pas ce que ça change."

Peu importait qu'il soit sobre ou non - toutes leurs discussions finissaient invariablement en disputes sanglantes, et celle-ci n'y ferait pas exception. Il ne savait pas trop ce qu'il voulait dire, il voulait juste se débarrasser de ce poids qui l'handicapait depuis trop longtemps. Il n'en pouvait plus. Peu importait que Swann veuille entendre ce qu'il s'apprêtait à lancer. Peu importait qu'elle oublie tout dès qu'il aurait passé la porte, ou au contraire qu'elle n'en dorme pas pendant des mois - et il doutait de cette dernière hypothèse au vu de son manque d'empathie.

Aaron vit le Patronus messager sortir de la baguette et se diriger vers la boutique et se décida rapidement. Il n'avait aucune intention de croiser Jeremy ce soir, alors il devait faire vite. Il pris une grande inspiration.

"La tolérance, c'est bien une chose que Kelsey a et que tu n'auras jamais. Avec elle, au moins, on peut discuter, s'expliquer quand on n'est pas d'accord. On peut avoir des problèmes sans subir de grands discours moralisateurs ou des pressions pour agir comme il faut. Il n'y a pas d'ultimatum, elle m'accepte comme je suis. Elle n'essaie pas de me transformer en chose parfaite qui répond à tous ses critères."

Aaron savait confusément qu'il arrangeait les choses à sa manière. Quant à Kelsey, ou les rôles de son précédent couple étaient inversés. Et quant à Swann, qui n'était pas complètement intolérante, loin de là. Elle était même plutôt ouverte d'esprit, en témoigne son amitié avec Sean Fitcher autant qu'avec Darren O'Connor. Mais, comment dire? Elle avait des valeurs auxquelles elle tenait beaucoup - un peu trop, ce qui la rendait parfois hermétique aux différents modes de pensées. Sa volonté de fer et son amour du high standing étaient épuisants. Elle était ambitieuse et loin d'être bête, mais cela lui donnaît une fâcheuse tendance à croire qu'elle pouvait avoir un avis sur tout sans se soucier des conséquences, son amour pour les commérages en était le témoin.

Son ton s'accélérait à mesure qu'il parlait, et sa voix oscillait entre le grave et l'aigu, entre l'hésitation et la précipitation. Seule demeurait la dureté de ses paroles et l'envie de tout dire, même si cela devait signer la fin - la vraie - de tous ses rapports avec Swann. Car, à mesure qu'il parlait, Aaron réalisait que c'était bien la seule chose qui lui ferait du bien à l'avenir. Il ne pouvait pas affronter deux fantômes en même temps.

"Tu peux avoir la plus haute estime de toi-même, mais tu ne vaux pas mieux que moi. Parce que moi, au moins, j'accepte de reconnaître que j'ai fait des erreurs qui ont blessé l'autre. Je ne me complais pas dans l'image sans défaut que je m'invente. Tu veux croire que c'est moi qui ai foutu notre couple en l'air, et je veux bien reconnaître que j'ai mes torts, mais tu oublies que tu as refusé de m'écouter au moment où j'en avais besoin. Je n'étais pas d'accord avec toi sur le seul truc qui me tenait à coeur? Dehors, je n'ai pas de temps à perdre, il faut que j'invente une nouvelle tenue pour briller devant la Haute."

Il était mordant, méchant, et cela le soulageait de toutes les contrariétés passées et présentes qu'il ressassait depuis plus d'un an. Mais comment lui dire autrement à quel point il s'était senti rejeté, délaissé, méprisé par son brusque départ? Comment ne pouvait-il pas lui reprocher, comment lui expliquer simplement qu'il aurait aimé que les choses se passent autrement? Le jeune homme s'était senti nié en bloc par sa réaction. Et le fait que Swann ait eu raison à propos de Maïa et du secret magique n'avait rien adouci au problème, bien au contraire, cela n'avait fait que verser du sel sur ses plaies. Il se demanda combien de temps Jacob tiendrait à la hauteur de ses exigences, combien de temps il mettrait à craquer - ou si le joli et jeune minois de Swann le rendrait aussi volontaire qu'un chat obèse entre ses mains.

Aaron s'interrompit brusquement, presque haletant, surpris lui-même d'avoir terminé, de n'avoir plus rien à dire. Après un bref instant de flottement, il se dirigea fermement vers la porte, vers l'orage hurlant, et la claqua après un bref:

"Adieu, Miss Parfaite."

Swann n'avait pas tort quand elle disait que leur rupture était la meilleure chose qui soit arrivée. Ils n'avaient pas simplement pas la même notion de la séparation - car pour Aaron, elle venait d'être faite. Et dire qu'il avait fallu la mort de Kelsey pour cela. Lui pardonnerait-elle jamais?

[RP Terminé]


Sing me a song of a lad that is gone
Say, could that lad be I?
Merry of soul he sailed on a day
Over the sea to Skye
Billow and breeze, islands and seas
Mountains of rain and sun
All that was good, all that was fair
All that was me is gone

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The Rains of Castamere

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